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En Amérique, il n'y a pas de chats... [Mikhaïl]

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Message posté : Dim 25 Mai 2014 - 18:10 Message
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ϟ Âge : 28
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 19/09/1989
ϟ Arrivée à Star City : 25/04/2014
ϟ Nombre de Messages : 8160
ϟ Nombre de Messages RP : 863
ϟ Crédits : Hedgekey
ϟ Célébrité : Francisco Lachowski
ϟ Âge du Personnage : Antédiluvien
ϟ Statut : /
ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
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En Amérique, il n'y a pas de chats...


Chaque fois qu'il se rendait dans le district Est de la ville, Louis se voyait frappé par l'étonnant contraste offert par le secteur. Non content d'accueillir certaines des rues les plus riches de la ville, il était par endroit gangrené par la pauvreté et souillé par le crime. Ce n'était un secret pour personne, et tout le monde savait qu'il valait mieux avoir une bonne raison de fréquenter ces sombres ruelles : trop de badauds que le hasard avait poussé là n'en revinrent jamais. Fort heureusement pour lui, Louis n'avait pas grand chose à craindre en ces lieux : il n'était pas assez imprudent pour se détourner des raisons qui l'y poussaient. Il n'allait par exemple jamais dans le quartier de Lincoln, mais fréquentait assidûment Chinatown pour notamment se pourvoir en thé – il connaissait dans ce coin de la ville un établissement tout indiqué pour ces achats qu'il n'aurait confié qu'à une maison d'excellente réputation. Mais ce jour-là, il ne s'y rendit pas pour y trouver de quoi garnir ses théières. C'est devant le Collège de Providence que le taxi qu'il prit l'arrêta, car Louis y avait été invité pour participer comme conférencier à un colloque dont l'objet était le rayonnement de l'art slave du début du XIXème siècle à nos jours. Ce fut le directeur lui-même du Collège, assisté du coordonnateur de l'événement, qui vint en personne à l'Opéra Beaudrie pour le prier d'intervenir lors de la conférence publique qui porterait sur le renouveau de la musique russe, « de Glinka au Groupe des Cinq ». L'invitation, très intéressante, était toutefois assortie d'un bémol : Louis ne percevrait nul traitement, nul cachet, pas un sou en somme, car le Collège, en dépit du prestige de son ancienneté, se devait de suivre une cure d'économies des plus drastiques. Le directeur lui-même concéda d'ailleurs que ce serait faire une faveur à l'établissement que d'y associer l'Opéra Beaudrie et le chef d'orchestre d'Ax, car cela participerait de son désir de redonner quelque patine au blason terni de l'un des plus vieux établissements d'éducation et d'enseignement de la ville. Inutile donc de préciser que Louis, quand il donna son accord et assura le directeur de sa participation « bénévole et enthousiaste », n'en pensait pas un mot, et qu'il regretta presque aussitôt d'avoir cédé aux feux d'une générosité tout aussi gratuite que motivée par sa vanité d'homme accompli. Mais une fois sa parole donnée, il n'avait pas l'intention de la déshonorer.

D'autant qu'il était invité pour parler d'un sujet qui lui tenait à cœur, la musique. En tant que musicien et chef d'orchestre, d'ailleurs, il connaissait toute l'influence d'un Korsakov, notamment, sur l'orchestration de son temps et donc sur celle d'aujourd'hui. Le « Groupe des Cinq », il le connaissait bien, en parler n'en serait donc que plus facile et plus agréable, d'autant qu'il aurait devant lui un parterre d'étudiants initiés à la musique, ou de profanes intéressés par le sujet – car monsieur tout le monde que la musique slave n'intéresse pas n'a guère de temps à perdre pour aller assister à pareille conférence. Après avoir payé le taxi, Louis se dirigea vers les marches qui conduisaient au bâtiment d'accueil du Collège, mais il fut devancé par un petit bonhomme tout rond qui s'empressa de le rejoindre et de le saluer. Il se présenta et Louis découvrit donc l'un des professeurs d'histoire de l'art du Collège, qui participerait lui aussi à la conférence comme intervenant. Après avoir serré la main de celui qui se présenta comme Homer Borwell, Louis le suivit jusqu'à l'intérieur. Une vieille horloge le rassura : il était largement en avance et aurait tout le temps nécessaire à ce qu'on lui expliquât le déroulement de l'événement. Il eut également tout le temps qu'il voulut pour constater à quel point la rumeur disait vrai : le Collège avait connu des jours meilleurs. Il n'était pas en ruine, mais d'autres écoles plus ou moins anciennes de la ville avaient mieux su résister à la fuite du temps et à ses inconvénients. Louis fut conduit dans l'amphithéâtre qui accueillerait la conférence, et il ne put s'empêcher de sourire en remarquant qu'il était propre et que de nombreux artifices avaient été employés pour dissimuler les cicatrices de l'usure du temps : des pots de fleurs devant des fissures murales, des affiches plaquées à la hâte sur la peinture écaillée des cloisons... Cela serait convenable, mais en dépit de tout le mal que probablement les organisateurs s'étaient donnés pour redonner son lustre à cet amphithéâtre, c'était de toute évidence peine perdue. Sur la chaire en revanche, Louis admira une belle et longue table, qu'une nappe blanche recouvrait. Au moins il serait bien assis. Il nota aussi, en y montant, qu'au pied de la chaire, sur plusieurs guéridons, étaient mis à dispositions de nombreux tracts et brochures, faisant la publicité des manifestations culturelles de l'établissement ou d'autres en ville, notamment il y vit le dépliant présentant la programmation saisonnière de l'Opéra Beaudrie. Il ne put s'empêcher de ricaner devant pareille malice.

Avant que ne se pointe l'heure fatidique, Louis rencontra les différents intervenants de la conférence. Ils étaient au nombre de quatre à part lui : le professeur rondelet qu'il connaissait déjà, mais aussi Lisa Durmass, une historienne de la musique, Nikolas Bokanine, professeur de musique originaire de Moscou et de passage en Amérique, et Bryan Payne qui prévint à la dernière minute qu'il ne pourrait participer à la conférence. La dame était charmante, pour une femme de son âge, qui demeurait difficile à déterminer... d'après Louis, elle aurait pu avoir soixante ans comme en avoir quatre-vingt, tant il était difficile de savoir les causes de la décrépitude de son visage. Les crevasses noires de ses orbites en disaient long en tout cas sur son mode de vie. Quant au russe lui-même, il aurait eu l'allure charmante s'il n'avait eu cette bouche de tueur en série et les yeux de ces statues qu'on ne voit qu'aux portes des cimetières. Il était assez compliqué de savoir s'il était mécontent d'être là où si l'urticaire lui dévorait les cuisses, qu'il se grattait à intervalles réguliers. Bizarrement, Louis s'amusa de cette compagnie si peu glorieuse : il se savait bien au Collège de Providence, et se demandait s'il ne venait pas de se compromettre lui-même en acceptant de paraître aux côtés de ces gens qui ne méritaient qu'un qualificatif de sa part : c'était des ploucs. Finalement, cinq heures de l'après-midi sonnèrent et l'amphithéâtre peu à peu se remplit jusqu'à la demi, qui marquait le début de la conférence. Le directeur du Collège fit son allocution, Louis joignit aux autres ses applaudissements et tout put enfin commencer. Le professeur Borwell prit la parole en premier, présenta tout le monde et dit un mot de l'absence de monsieur Payne, un mot qui suscita quelques éclats de rire dans la salle – même Louis se surprit à sourire. Il annonça ensuite le programme de la conférence : chacun présenterait son affaire, viendraient ensuite les questions et les échanges, et enfin tout le monde serait attendu pour une petite réception avec, en prime, buffet gratuit, concert et réjouissances. Puis, il céda la parole à Lisa Durmass qui entama un long discours pour présenter la musique slave, la musique russe, ses origines, ses enjeux, ses sources, ses influences, son rayonnement. Ce fut long mais intéressant, pour peu qu'on sût résister à sa voix hypnotique. Vint le tour du professeur venu de Russie qui expliqua ce qu'il restait aujourd'hui de cet héritage là dans la musique contemporaines des pays slaves. Louis nota qu'il se garda d'évoquer une seule fois l'Ukraine dans son discours. Puis, ce fut au tour du professeur Borwell qui entreprit un long laïus sur les subtilités de la science musicale née en Russie avec le Groupes des Cinq. Ce qui permet à Louis d'embrayer sur les questions à la fois techniques et plus prosaïques de la réception de la musique slave par un public désormais mondial. Et après un développement qu'il orienta pour le rendre le plus accessible possible, il finit par conclure d'un trait qu'il crut le plus juste :  « C'est bien à mon sens parce qu'elle puise au cœur de l'âme slave que la musique d'un Borodine ou d'un Moussorgski ou même d'un Korsakov, pourtant si différentes, ont un tel goût d'universel. C'est que l'essence même de leur composition dépasse les questions de la technique ou de la transcendance pour donner à entendre quelque chose qui touche à l'immédiat, à l’immanence, en bref à quelque chose que nous pouvons tous savourer sans forcément nécessiter un quelconque bagage pour y goûter. »

Sur ces quelques mots les applaudissements d'usage vinrent terminer la première phase de la conférence, et quand le silence revint, le professeur Borwell fit savoir à tous qu'arrivait le temps des échanges et des questions.

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Message posté : Dim 25 Mai 2014 - 20:34 Message
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En général, les animations qui se déroulaient à Chinatown n'étaient pas vraiment dans les goûts de Micha. Ou disons plutôt qu'elles parlaient rarement de sujets qu'il connaissait un minimum, mais cette fois-là, c'était un peu différent ! Xia lui avait parlé d'unr conférence qui se déroulerait apparemment au collège de Providence et qui aurait pour thème la musique russe. Forcément, elle connaissait le goût qu'il avait pour tout ce qui touchait à son pays et notamment pour le violon dont il jouait assez souvent – bien qu'à un niveau assez basique. Après une courte hésitation, Mikhaïl avait donc décidé de s'y rendre, mais seul comme son amie ne serait malheureusement pas en mesure de l'accompagner comme elle allait aider la vieille femme de l'appartement à côté du leur. Il avait donc attendu que l'heure approche avant de se rendre sur place, mais conformément à son naturel en retrait, le trentenaire avait laissé entrer quasiment toutes les autres personnes ici présentes avant d'aller s'installer à son tour. Sans personne derrière lui, bien évidemment. On n'était pas tireur d'élite sans prendre quelques mauvaises habitudes ou tics.

Le Russe avait donc écouté la présentation avec attention et cela bien que son anglais le laissait quelques fois sceptique sur les paroles du discoureur. Il avait beau s'être amélioré depuis son arrivée ici, les termes employés ce soi-là n'étaient pas aussi familiers que ceux qu'il entendait au quotidien, alors plusieurs explications lui passèrent largement au-dessus de la tête. Cependant, dans l'ensemble Micha s'en sortait plutôt bien et il fut relativement satisfait d'avoir entendu parler de cette conférence puisqu'il apprit pas mal de choses et se sentit même un peu de retour chez lui. Ce n'est qu'en ressentant cette étrange sensation qu'il se rendit compte que, finalement, la mère patrie lui manquait plus qu'il ne le pensait. Lorsqu'il avait été dans la marine marchande, même si ce n'était pas en Russie, il était entouré de compatriotes et avait donc l'impression d'y être. Mais là.... Chassant ces pensées, le trentenaire porta une attention plus poussée au dernier discoureur dont le visage lui rappelait vaguement quelqu'un. Mikhaïl n'était pas physionomiste, mais il avait une bonne mémoire des visages, ancien métier oblige, ce qui lui permettait de se souvenir – grossièrement – des personnes qu'il avait déjà pu rencontrer ou croiser de loin. Peut-être était-ce un habitué de Chinatown, comme un professeur du collège par exemple ? Il se renseignerait un peu.

Mikhaïl ne connaissait pas grand-chose aux noms des compositeurs ou des choses de ce genre, pour lui les musiques étaient reconnaissables à leur sonorité, mais il aurait été incapable de dire ce que les personnes citées par le jeune homme pouvaient avoir composé. Au terme de ses questions, les personnes qui assistaient à la conférence furent invitées à poser leurs questions si elles en avaient, mais Micha resta silencieux et immobile. Il ne venait pas ici pou interagir avec les intervenants. D'une part parce qu'il ne parlait pas assez bien la langue pour se faire comprendre, puis ensuite parce qu'il ne connaissait pas suffisamment le sujet pour pouvoir débattre à ce propos. Mais fort heureusement, ce n'était pas le cas de toutes les personnes ici présentes et plusieurs mains se levèrent pour pouvoir poser leurs questions.

« Ne pensez-vous pas que beaucoup de compositeurs actuels s'inspirent beaucoup trop de leurs prédécesseurs ? La musique slave ne finira-t-elle pas par tourner en rond ? »

Micha observa la personne d'un air sceptique, comprenant mal en quoi deux musiques pouvaient être les mêmes sachant qu'il existait une infinité d'accords qui permettaient d'offrir de nombreuses sonorités très différentes les unes des autres. Quoi qu'il en soit, il conserva son silence alors que d'autres questions étaient lancées sans que les intervenants n'aient le temps de répondre aux précédentes.

« L'opéra Beaudrie va-t-il emprunter des sonorités de musiques slaves pour ses prochaines représentations, ou est-ce seulement l'avis d'un amateur de ce type de musiques ? »

Beaudrie ? Le nom lui disait quelque chose. Le regard clair du Russe se posa sur le jeune homme à qui s'adressait la question, mais une autre arriva entre-temps, sans que qui que ce soit puisse répondre avec plus de précision.

« Pensez-vous que la sensibilité d'une musique vienne des notes qui ont été produites, ou du musicien qui les effectue ? Est-ce que vous croyez que certains talents sont plus aptes que d'autres à donner toute sa force à une symphonie ? Faut-il être un patriote Russe pour jouer convenablement la Kalinka, ou est-ce à la portée de tout le monde ? »

Cette question ne manqua pas de faire sourire Mikhaïl puisque c'était bien le premier morceau de musique qu'il avait appris sur son violon – enfin celui de son grand-père. Ce dernier prétendait que seuls les véritables Russes pouvaient le jouer comme il fallait et que tout patriote qui se respectait devait être capable de le faire. Bien évidemment, les arguments du vieil homme étaient plus que discutables et Micha s'en souvenait à peine, mais une fois de plus cette question anodine lui rappela à quel point il était difficile d'oublier d'où l'on venait.
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Message posté : Lun 26 Mai 2014 - 1:48 Message
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Les questions fusèrent, comme il fallait s'y attendre, avec bien peu de discipline. C'était commun à tous les amphithéâtres du monde, à tous les parterres d'étudiants : personne ne semblait se soucier des questions posées par d'autres, seules importaient manifestement celles qu'on formulait soi-même. Il fallut au professeur Borwell toute son autorité d'homme rondelet pour imposer le retour au respect et à la courtoisie de tous. Lui-même semblait se piquer d'être féru de bonnes manières, mais il avait au cours de la première partie de la conférence plusieurs fois coupé la parole à ses confrères. Quand le silence revint et qu'il n'y eut plus dans les gradins que des mains tendues, des chuchotements pressés et des griffonnements hâtifs, il céda la place au natif de Russie pour répondre à la première question posée. Celui-ci, après avoir éclairci bruyamment se gorge déjà sèche, s'exprima d'un ton de cathédrale. Son accent russe était presque caricatural.  « La musique slave ne saurait tourner en rond, elle est ce qu'elle est, obéit à des codes ancestraux qui puisent dans le folklore de la Russie mais pas seulement. Le fond, qu'il soit religieux ou païen, nous parle à tous, et trouve des échos jusqu'à aujourd'hui. Il y a beaucoup à apprendre des compositeurs russes des siècles précédents. Mais leur héritage n'est pas un carcan, c'est aussi un tremplin vers de nouvelles productions. Le plus bel exemple de ce que je vous décris n'est autre que le renouveau du Bolshoï et de ses programmations qui ont étendu sa renommée jusqu'à Tokyo. Une belle récompense, je crois, pour cette mythique institution. » Il se tut et quelques uns applaudirent, mais Louis, de son côté, trouvait l'explication bien maigre. Il s'empressa donc d'ajouter à la suite, pour mieux la compléter. La première phrase qu'il prononça le fut d'ailleurs dans la langue de Tchaïkovski, que Louis connaissait bien. « Le russe est fait pour le voyage, et plus encore pour le retour. Ces mots sont de l'autocrate Catherine, il me semble. Ils décrivent assez bien ce que vous avez expliqué, avec brio. J'ajouterais cependant que les compositeurs que nous avons cité au cours de la conférence ont tous été des voyageurs qui sont allés puiser en Europe et parfois jusqu'en Amérique ou même en Chine les trésors musicaux de ce monde, afin d'en nourrir leur œuvre. Mais ils le firent sans jamais oublier de rentrer au pays, et d'y consacrer leur art : Tchaïkovski nous apparaît comme le plus européen des compositeurs russes, mais est-ce une surprise s'il est aujourd'hui le compositeur classique préféré en Russie ? Non. C'est parce qu'il a su renouveler la musique russe en lui faisant goûter à l'étranger sans la dénaturer. Et c'est je crois le génie de l'âme slave que d'être ainsi ouverte au monde sans jamais risquer le reniement. Ou l'ennui. » Et même la géographie semblait donner du crédit à cette interprétation : grandes et vastes sont les plaines et les steppes de Russie, qui virent passer tant de hordes et tant d'armées étrangères, qui ne firent justement qu'y passer tandis que le peuple russe, lui, demeurait, sujet à toutes les influences et pourtant férocement attaché à ses traditions. Un caractère des plus admirable.

La question d'après fut l'affaire de Louis, naturellement, tout le monde s'inclina pour lui laisser y répondre – il était après tout l'ambassadeur de l'Opéra Beaudrie, ce partenaire si précieux de l'événement.  « La programmation de la saison est définie pour de bon jusqu'en août, et s'est consacrée comme vous le savez au renouveau de l'opéra en Europe après la tornade Wagner. Mais je peux d'ores et déjà vous annoncer que la saison prochaine fera la part belle à la musique populaire européenne que nous avons voulu mettre à l'honneur. Bien sûr, le folklore musical russe est trop riche pour ne pas avoir été tenté d'y piocher quelques œuvres à présenter au public. Je n'en dirai pas plus, mais je suis assez fier du travail que fournissent les musiciens de notre orchestre pour satisfaire un public toujours plus nombreux. » S'il n'en disait pas plus, c'était aussi parce qu'il manquait à son cheptel de musiciens un ou deux interprètes pénétrés des façons locales de faire pour donner aux partitions choisies toute la beauté qu'elles méritaient. Il était entre autres très difficile de trouver à Star City un chanteur capable d'user de sa voix à la manière des tyroliens, ou encore un violoniste assez habile pour jouer du violon à la manière des tziganes si jaloux du secret de leur art. La dernière question, assez touffue, ne manquait pas de piquant et le professeur Borwell se chargea d'y répondre.  « Tout dépend il me semble de l'approche que vous avez de la musique. Une approche technique vous fera dire que la partition est universelle, et que l'interprète importe peu. Mais dans ce cas, une machine suffirait à remplacer n'importe quel musicien. En revanche, une approche plus ouverte vous fera dire qu'il existe autant d'interprétation qu'il existe d'interprète pour un même morceau. Mais dans ce cas, à quoi bon rédiger des partitions ? C'est une question très intéressante, qui touche à la métaphysique de la musique... » Et Louis s'empressa d'intervenir avant que l'homme ne noyât son auditoire dans les rondeurs de son discours, qui s'annonçait plus adipeux que son bas-ventre.  « Cela est fort juste, il y faut toutefois apporter quelques éclairages. La valeur d'une interprétation peut se juger d'après la technique de l'interprète, ce qui obéit à de nombreuses règles et limite ainsi le champ des possibles : le morceau sera ou non bien interprété, c'est-à-dire avec ou sans fautes. C'est valable tant pour une sonate au piano que pour une symphonie polyphonique. Mais à dire vrai, non seulement il existe autant d'interprétation que d'interprètes, car la sensibilité de chacun transpire nécessairement dans le jeu musical, mais à mon sens il existe aussi autant d'interprétation qu'il y a d'auditeurs. Car mes oreilles ne sont pas les vôtres, et nous ne serons pas sensibles aux mêmes choses. Tel chanteur vous plaira et me déplaira, tel guitariste vous arrachera des larmes et me fera sourire... La Kalinka, par exemple, a été prise et reprise de nombreuses fois. Ce fut parfois heureux, parfois moins. Le jeu Tetris en a fait par exemple sa marque de fabrique, et l'on a dansé sur cet air si entraînant plus d'une fois dans les soirées où la musique électronique s'en saisissait. Mais je vous assure, pour l'avoir vu et entendu sur la perspective Nevski à Saint-Petersbourg, qu'un tel morceau n'a de sens et de valeur qu'interprété par un russe qui le joue ou le chante et même le danse sur son sol natal. Je ne dis pas qu'il n'existe que de mauvaises interprétations en dehors de celle-ci, je dis simplement que de toutes, c'est celle qui aura le plus de sens. Car un morceau n'est pas qu'une mélodie et un rythme, c'est aussi un souvenir, une promesse. L'ignorer, c'est comme se boucher les oreilles. » Et le professeur Borwell, satisfait malgré lui d'avoir été complété, se tourna vers le parterre, afin de donner la parole à d'autres pour une nouvelle série de questions.
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Message posté : Lun 26 Mai 2014 - 13:47 Message
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Les explications apportées par les professionnels restaient assez claires pour que Mikhaïl puisse les comprendre, bien qu'il ratait quelques détails dont les termes étaient trop inhabituels pour qu'il les comprenne clairement. La réponse du Russe à l'accent traînant, comme Micha, fut assez.... attendue ? Même quelqu'un qui ne s'y connaissait pas comme lui aurait pu répondre la même chose et visiblement c'est ce que le jeune homme au visage familier comprit puisqu'il compléta la réponse de son comparse par des explications bien plus travaillée. Après, il était vrai que le Russe ne connaissait pas assez la musique étrangère pour pouvoir dire que c'était un argumentaire qui pouvait s'appliquer à d'autres pays, mais malgré son patriotisme il doutait que ce soit le seul où la musique était renouvelée. Il n'y avait qu'à voir dans son village natal, les musiques – pratiquement tous les habitants – inventaient souvent leurs propres morceaux pour pouvoir les jouer lors des fêtes du village. En somme, c'était quelque chose de naturel selon Micha même si, une fois de plus, son manque d'expérience ne lui permettait pas d'étendre sa réflexion plus loin.

Les réponses apportées ensuite attirèrent un peu plus l'attention du Russe qui constata que le jeune homme lié à l'Opéra avait l'air de parler couramment le Russe. Peut-être était-ce pour cette raison qu'il avait été convié ici ? Après tout, certains étrangers étaient bien plus passionnés par la musique que les natifs d'un pays, il ne fallait pas être né sur le territoire pour s'y intéresser. Forcément, l'attention du trentenaire fut décuplée et il se montra assez satisfait d'apprendre que le folklore de son pays allait apparemment être mis en avant dans les temps à venir. Il faudrait qu'il se renseigne à ce propos, ce serait un excellent moyen pour Xia de découvrir la culture Russe. Puis sachant qu'elle adorait lorsqu'il jouait au violon, il y avait fort à parier que ce serait une sortie plus qu'agréable puisque des professionnels étaient largement plus qualifiés qu'un amateur qui avait appris sur le tas. Quant à la dernière question,... disons qu'elle fut plus nébuleuse ! Mikhaïl l'avait trouvée intéressante, sauf que l'homme qui intervint en premier parvint à rendre le tout plus... incompréhensible ? C'était le terme ! Micha fronça les sourcils en craignant de voir un sujet intéressant se transformer en quelque chose de trop technique pour lui, mais fort heureusement le jeune homme de l'Opéra sauva la mise en fournissant des arguments plus à la portée d'un public composé d'amateurs. Malgré lui, Mikhaïl dût admettre qu'il trouvait cette conférence bien plus intéressante qu'il ne l'avait songé en s'installant dans son siège. Forcément, après ces précisions, de nouvelles questions furent glissées tandis que certains prenaient des notes ou enregistraient ce qui se disait.

« En parlant des musiques détournées, pensez-vous que ce soit une bonne chose de dénaturer ainsi des œuvres souvent très importantes pour en faire le générique d'un jeu vidéo, par exemple ? Ne serait-ce pas préférable de les garder à leurs places, c'est-à-dire dans un Opéra ? » Quelques toussotements se firent entendre. « Il faut une sensibilité spéciale pour être amateur de musiques classiques, pourquoi les transformer pour les mettre à la portée des autres ? »

Micha trouvait cette question un peu hautaine : il était sensible à cette musique, même sans jamais avoir été dans un lieu où elle était appréciée à sa juste valeur. Son grand-père l'adorait alors qu'il n'avait jamais quitté les plaines de Sibérie où il avait vu le jour. En bref, il ne fallait pas naître dans une famille avec de gros moyens pour apprécier ce type de musique, même si ce n'était pas exactement ce que l'homme avait demandé. Et bien sûr, comme la fois précédente, de nouvelles questions fusèrent peu de temps après celle-ci.

« Est-ce qu'il ne faudrait pas justement pousser les compositeurs moins connus à être plus cités ou joués ? Tout le monde connaît les grandes pointures du milieu, mais ce n'est pas pour autant que la culture slave est reconnue à sa juste valeur. Ce serait comme de dire qu'Elvis Presley était le seul chanteur de son style, il faut ouvrir les portes à de nouveaux compositeurs. N'est-ce pas un filet de sécurité que prennent les chefs d'orchestre en tablant sur des valeurs sûres ? »

Une question supplémentaire qui ne concernait pas vraiment Micha vu qu'il ne goûtait pas aux subtilités de ce genre, mais comme il avait une question qui s'était installée dans son esprit depuis quelques instants, le trentenaire commença à se demander s’il n'allait pas la poser. C'était quelque chose d'un peu égoïste puisque c'était quelque chose qu'il s'était souvent demandé puisqu'il était concerné, mais comme le Russe n'avait pas vocation à changer de voie pour se recycler dans la musique, il décida de la poser simplement pour satisfaire sa curiosité. Bien sûr, le fait qu'il parle Américain aussi bien qu'une vache Espagnole compliqua un peu son intervention, mais il profita d'un moment de silence pour glisser sa question, anodine et assez basique comparée aux autres, c'était évident.

« Est-c'qu'vous pensez qu'il faut faire beaucoup d'écoles pour savoir jouer comme à l'opéra, ou les gens du peuple peuvent aussi apprendre seuls ? »

Ce n'était pas très clair, mais en somme il demandait s’il était possible de devenir un bon musicien sans jamais avoir fait d'école dédiée à ce genre de carrière. Après tout, les compositeurs de génie n'avaient pas tous faits de grands écoles pour en arriver là.
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Message posté : Lun 26 Mai 2014 - 17:53 Message
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ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
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 « Est-il nécessaire d'être Da Vinci pour apprécier le sourire de Mona Lisa ? Je ne crois pas qu'une vision si étriquée, si élitiste, et si académique de la musique classique puisse convenir à un esprit mélomane. Il est vrai qu'une œuvre entendue et écoutée dans sa forme prévue à l'origine conserve tout le charme que lui voulait son auteur, mais est-ce à dire qu'il faut l'y enfermer ? Les compositeurs eux-mêmes ont souvent joué de l'extrême diversité des supports pour la musique. Camille Saint-Saëns, par exemple, dans la partie du Carnaval des Animaux qu'il consacre aux Fossiles, fait intervenir des mélodies qu'il emprunte à d'autres ou qu'il puise dans ses œuvres plus jeunes... Vous admirerez le jeu de mot autour de ce qu'est un fossile, ce qui prouve bien que le compositeur avait beaucoup d'humour. Il ne fut pas le seul. Avant lui Mozart fit de même, et après lui d'autres encore détournèrent des morceaux faits à l'origine pour l'Opéra pour les adapter aux temps présents. Je ne crois pas qu'il faut s'offusquer des libertés prises de nos jours à l'égard de la musique lyrique, au contraire. À mon avis, l'opéra s'est vu enfermé par une certaine élite sociale, comme un bijou indigne d'être touché des mains sales des petites gens, pour reprendre les mots d'Oscar Wilde. C'est hélas une sorte de reniement, puisqu'à l'origine, le chant lyrique est une fête, une célébration à la portée de tous, héritière des réjouissances païennes de l'Antiquité. Il ne me paraît donc pas nécessaire de cantonner la musique classique, et lyrique en particulier, aux beaux quartiers quand elle ne demande qu'à tourner autour de toutes les oreilles du monde. » C'était bien quelque chose que Louis défendait dans son travail. Il n'était pas du genre à voir l'opéra comme un temple où seuls quelques élus auraient droit de venir prier. Il n'était pas particulièrement à l'aise à l'idée de mettre un instrument de musique entre les mains de tout le monde, mais il ne voyait pas ce qui s'opposait à ce que toutes les oreilles pussent profiter de la belle musique. En somme à ses yeux, l'élite devait être dans l'orchestre, afin de servir Euterpe et Melpomène, les muses de la musique et du chant. Le public, quant à lui, se voyait devenir alors l'invité d'une danse qui mêle aux oreilles le miel d'Olympie. Louis se tut et l'on sut qu'il n'irait pas plus loin pour répondre à une question qu'il jugeait trop pédante pour mériter qu'on s'y attardât davantage.

À la deuxième question, Louis s'abstint de répondre dans un premier temps. Il avait un avis très clair à ce sujet : se reposer toujours sur les mêmes vieilles lunes plongeait dans l'oubli des compositeurs parfois géniaux mais méconnus du public, et parfois même éclipsait les compositeurs plus récents ou contemporains qui peinait à séduire les directeurs des programmations des grandes salles de concert du monde entier. Cela ne touchait pas seulement la musique classique mais la musique dans son ensemble : les maisons de disque prenaient trop rarement des risques pour lancer la carrière de jeunes musiciens parfois bourrés de talent mais hélas inconnus du grand public. Ce fut Lisa Durmass qui prit la parole, de sa voix de vieille grenouille alcoolisée. « Je pense que vous avez raison. Les classiques sont usés mais ils font leur preuve auprès d'un public habitué et frileux à la nouveauté... Qui connaît les merveilleux concerti de Poulenc ? Personne. Qui ignore les concerti de Beethoven ? Personne. Pourtant les premiers méritent vraiment le détour. Ce n'est pas vous, Louis, qui allez me contredire, n'est-ce pas ? » Interpellé, Louis tourna vers la vieille dame un regard bienveillant et légèrement amusé. Elle n'avait pas tort, mais lui était sûr que personne dans la salle ou presque ne saurait qui est Poulenc... Une lacune que trop peu d'ailleurs prendraient soin de corriger. « Malheureusement, les chefs d'orchestre ne sont pas seuls à décider des œuvres qu'ils dirigent et présentent. Ils doivent aussi se plier aux décisions des directeurs d'opéra et des salles de concert. Un peu comme le patron d'un club choisit les groupes qui viendront s'y produire. Toutefois, il est vrai que rares sont mes confrères à faire preuve d'audace ou d'imagination quand ils ont l'occasion de donner leur avis... Ils sont trop confortablement peut-être installés sur les lauriers de leur gloire. Il m'est arrivé d'y céder, moi aussi, à cette facilité, mais quand j'ai décidé d'aller présenter à Vancouver il y a six ans un chef d’œuvre du baroque français, j'ai pris un gros risque, et si l'accueil du public fut d'abord nuancé, le succès vint très vite récompenser mon choix et les efforts des musiciens qui me suivirent dans cette aventure. » Il n'hésiterait pas à en prendre de nouveaux. À présent qu'il n'avait plus grand chose à prouver dans son domaine professionnel, et qu'il était certain de trouver sa pitance à l'ombre de l'Opéra Beaudrie, il pouvait prendre tous les risques de son choix. Quitte à faire venir un groupe de « folk metal » pour se produire dans la plus grande salle de l'opéra !

La dernière question en revanche suscita grandement son intérêt. Il avait posé sur celui qui la formulait un regard étonné. Louis avait cru percevoir dans son accent les reliefs d'une origine étrangère mais il n'en avait pas entendu assez pour déterminer avec exactitude cette origine. Il s'amusa intérieurement de l'expression « jouer comme à l'opéra » et répondit d'un ton amène. « Je crois qu'avoir accès très tôt à un professeur pour accompagner son apprentissage sur une longue période aide grandement à devenir un musicien de talent. C'est inévitable, mais pour autant, ce n'est pas la seule voix possible. C'est toutefois la plus courante. Mais j'ai connu en Belgique un vieux monsieur sur le retour qui, a soixante-trois ans, a commencé à apprendre le piano avec beaucoup d'enthousiasme et s'il ne deviendra jamais un virtuose comme le furent Mozart ou Liszt, il ne me paraît pas impossible qu'il sache atteindre un niveau des plus appréciables. Et d'une toute autre manière, j'ai connu en Argentine une fillette de seize ans qui, sans aucune notion de solfège ni aucune technique musicale, était capable de jouer de l'orgue de son église avec beaucoup de talent. Il n'y a pas qu'une façon d'entrer dans la musique, à mon avis, sinon qu'il faut y mettre de son cœur et de son temps. »
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Message posté : Lun 26 Mai 2014 - 23:36 Message
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La réponse qui se fit à propos de l'élitisme inutile plût beaucoup à Mikhaïl. Il avait trouvé cette question déplacée et était relativement content de ne pas être le seul dans ce cas-là ! C'était une bonne chose qu'une personne apparemment aisée et avec un niveau d'instruction sans aucun doute poussé – sans quoi il ne serait pas là – puisse se mettre du côté des petites gens. Cela dit, personne ne s’appesantit sur cette question pour la bonne et simple raison qu'elle n'avait pas vraiment besoin d'être approfondie vu sa nature égoïste et vaniteuse. L'autre interrogation eut droit à une première réponse de la part de la femme qui connaissait apparemment le jeune homme de l'opéra. Le regard clair du Russe oscillait entre les deux personnes qui en savaient visiblement beaucoup sur le sujet et Micha essaya de graver le nom cité dans son esprit pour faire des recherches à ce propos à la bibliothèque. C'était plutôt pratique d'avoir une bonne mémoire des noms et prénoms finalement ! Quant arriva la réponse du jeune homme aux cheveux bouclés, Mikhaïl comprit qu'il avait apparemment affaire à un chef d'orchestre vu ce qu'il disait en parlant de « ses collègues ». Des déductions logiques et qui pourraient finir par le pousser à vérifier pour de bon à qui il avait affaire.

Arriva enfin la réponse à sa question. Lorsque le regard du jeune homme se posa sur lui, Micha regretta quelque peu d'avoir cédé à cette pulsion. Il n'aimait pas faire office d'acteur et préférait largement rester cantonné au rôle de spectateur, mais bon. Une fois de temps en temps ce n'était pas la mort non plus ! Pour ce qui était du professeur, il était assez logique qu'il faille en avoir un pour devenir un véritable virtuose. Ce n'était pas avec un coup de chance que l'on trouvait ce qui n'allait pas dans sa manière de jouer – et il parlait en connaissance de cause vu le nombre de fois où son grand-père l'avait repris. Cela dit, c'était plutôt rassurant de savoir qu'il était possible de se débrouiller en comptant uniquement sur son talent ! Bien sûr, Mikhaïl ne pensait pas à lui, mais dans son village natal, plusieurs gamins se débrouillaient très bien avec les instruments à leur disposition et il avait toujours trouvé dommage qu'ils ne puissent pas approfondir leur maîtrise. Peut-être que le futur compositeur du siècle se trouvait là-bas et personne ne le saurait jamais ?

Quoi qu'il en soit, après la question du Russe, quelques autres se posèrent et furent rapidement réglées avant que l'homme en charge de la présentation de la conférence n'indique que celle-ci prenait fin, mais que tout le monde pouvait rester ici pour en profiter pour échanger un peu. Micha hésita un bon moment, se demandant s'il ne valait pas mieux rentrer au cas où Xia aurait terminé sa journée plus tôt que prévu, mais il songea aussi que c'était l'une des rares fois où il avait l'occasion de reparler de son pays natal. Son regard céruléen se promena sur la foule alors qu'il se redressait et il croisa notamment le regard du Russe dont l'expression fut suffisante à le convaincre de ne pas aller lui adresser la parole. Dommage. Il aurait bien aimé reparler sa langue maternelle quelques instants, mais l'individu avait l'air peu fréquentable et lui rappelait trop l'un de ses très désagréables supérieurs dans les Spetsnaz. Alors qu'il se détournait pour gagner la sortie, son attention se posa sur le jeune homme de l'opéra qui finissait d'être abordé par une jeune femme assise dans le public juste avant. Que ce soit pour la conférence ou pour le joli minois du présumé chef d'orchestre, elle avait l'air sincèrement intéressée par ce qu'elle disait, ce qui n'empêcha pas que la conversation se termine après quelques échanges. Micha considéra que c'était un signe de là-haut, en bon croyant qu'il était, puis décida donc de lui adresser la parole. Alors que le jeune homme se portait à sa hauteur, le Russe en profita pour l'aborder.

« C'était bien, votre parlé. Étonnant aussi. J'croyais les Américains moins intéressés par les musiques d'ailleurs. » Il se rendit compte que sa remarque pouvait avoir l'air raciste. « Enfin, j'connais pas assez pour juger. » Avant d'éviter de vexer le jeune homme, Micha changea de sujet. « J'suis désolé, j'ai déjà vu votre visage quelq'part, mais j'sais plus où. » Pas à l'opéra assurément. « Vous êtes célébrité ? Chef d'orchestre ? » Un léger haussement d'épaules désolé. « Pas vraiment mon domaine, j'connais pas trop. » Et ça avait l'air de lui coûter d'avouer ça. « Mais vos réponses, très bien. Faciles à comprendre aussi, c'était apprécié. »

En somme, il avait beaucoup apprécié ses réponses et notamment la clarté qu'elles avaient, comme quoi la musique classique pouvait être à la portée de tout le monde du moment que les gens prenaient la peine de l'expliquer un peu aux profanes.
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Message posté : Mar 27 Mai 2014 - 5:15 Message
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Et la valse des questions se poursuivit jusqu'à sa dernière mesure, qui vit le professeur Borwell clore la conférence pour annoncer la tenue très prochaine de la réception ouverte à tous. Ce fut alors la cohue dans l'amphithéâtre. Certains se pressèrent vers la sortie, pour gagner la salle de la réception où attendait le buffet gratuit. D'autres demeurèrent à leur place et patientèrent que la foule se disperse. D'autres encore se ruèrent sur la chaire afin de féliciter ou de questionner encore les quatre conférenciers qui n'eurent pas tous la même attitude. Le professeur Borwell demeura sur sa chaise et, dans une posture très académique, répondit aux questions qu'on lui posa. La vieille dame, déjà lasse ou affamée, se rua vers la salle de la réception sans demander son reste. Le professeur venu de Moscou quant à lui sembla errer d'un bout à l'autre de l'amphithéâtre, affairé à nul ne savait quels salmigondis. Quant à Louis, il serra quelques mains, quitta la chaire et se mêla au parterre, où il fut plus à l'aise pour recevoir les félicitations des uns et répondre aux questions des autres. Il aimait mieux agir de la sorte plutôt que de rester sur le piédestal de l'estrade, d'où il jetterait en contrebas son regard sur les mortels indignes de son auguste proximité. Non, pour cette occasion, quitte à clore la conférence de belle façon, autant le faire de noble manière et donner à voir aux gens venus pour lui la plus belle image de sa générosité. Il serait bon prince et répondrait volontiers à toutes les questions, même à celles plutôt sottes d'une jeune demoiselle manifestement peu cultivée. Louis fit bien des efforts pour répondre aux autres questions, car parfois les personnes qui vinrent à lui pour les formuler n'étaient manifestement pas tant intéressés par ses réponses que par sa proximité. À croire que nombre des étudiants du Collège présent à cette conférence aspirait à quelque emploi au sein de l'Opéra Beaudrie, dont il était l'une des têtes et le représentant ici. C'était de bonne guerre, sorte de rançon d'une gloire qu'il construisait depuis longtemps. Il se fraya un chemin parmi la foule, tentant de suivre le flot des personnes qui, peu à peu, se dirigeait naturellement vers la sortie, vers la salle de réception qui déjà s'emplissait des curieux et des gourmands. Le professeur Borwell lui emboîta le pas en lui demandant s'il avait apprécié cette conférence autant que lui. « Mais à n'en point douter, cher ami. »

Louis n'était qu'à moitié sincère. Il avait apprécié cette conférence, mais le professeur Borwell ne comptait pas parmi ses amis. Progressant toujours, il parvint à la hauteur d'un homme à la drôle d'allure et aux yeux d'un bleu si rare que Louis en fut presque choqué. Plus étonnant encore furent les mots qu'il proféra, s'adressant à Louis, d'un ton criblé des signes d'un accent bizarre et dans un anglais correct quoique parfois très approximatif. Au prix d'un léger effort de mémoire, Louis se souvint de la question posée par cette même personne dont il n'avait su tout d'abord reconnaître l'accent, qui à présent qu'il l'entendait encore n'avait aucun secret pour lui. Il avait bien sûr reconnu le relief si particulier du phrasé slave. Louis sourit de bon cœur quand il perçut la bienveillante chaleur des propos de cet homme, de cet inconnu qui, à sa manière, venait de lui offrir des félicitations des plus originales. « Les journaux parfois m'ont consacré quelques portraits... c'est là sans doute que vous m'avez vu. Je suis chef d'orchestre en effet, mais de là à dire que je suis une célébrité... c'est me faire un honneur que je ne mérite point. » Et dont il ne voulait guère, Louis n'aurait d'ailleurs pas du tout apprécié qu'on le mît un jour dans le même sac que ces basses vedettes qui, pour vendre, glissent dans les eaux troubles qui abreuvent les fleuves qui inondent la petite lucarne. Plutôt mourir que d'être un jour associé de près ou de loin à ces créatures sordides qui ne vivent que pour la gloriole d'une émission de télévision !  « Si la musique m'intéresse tant, c'est peut-être parce que je suis français, et non américain... Un défaut que je vous prie de ne pas ébruiter, » ajouta Louis avec malice, «  car sinon, je perdrai un peu de mon public à Star City ! Plaisanterie mise à part, j'apprécie votre compliment. J'ai toujours eu en horreur les enragés de la musique qui la croit destinée à une élite, et donc hors de portée de la majorité des gens. Je sais bien qu'il y aura toujours une poignée d'irréductibles qui seront insensibles aux plaisirs musicaux, mais si je peux toucher ne serait-ce qu'une minorité de ces gens-là, alors j'estime mon devoir accompli. » Et Louis poursuivit sa marche vers la réception, invitant l'homme et ses yeux bleus à le suivre.

 « Alors dîtes-moi, qu'est-ce qui vous a conduit à cette conférence ? Je crois deviner à votre accent que vous n'êtes pas vous-même américain de naissance, mais plutôt russe, voire même sibérien. J'ai été amené à voyager dans ce beau pays, et sa langue m'est devenue familière avec le temps. » Il n'irait pas jusqu'à dire qu'elle n'avait plus aucun secret pour lui, car cela aurait été un bien vilain mensonge. Mais il parlait la langue de Dostoievski avec aisance et, pour avoir parcouru ses immensités blanches et surtout connu de nombreux natifs du pays, il avait appris à distinguer les russes blancs des autres et les russes de Sibérie du reste encore. C'était d'ailleurs à Novgorod qu'il avait reçu des mains d'un ermite sibérien l'icône dérobée par la voleuse qu'il cherchait activement. « Ma déduction est peut-être audacieuse, mais après tout, vous êtes venus à une conférence sur la musique russe... La coïncidence serait pour le moins frappante, si votre accent n'était qu'un hasard de la génétique. » En effet, s'il parlait ainsi du fait d'une déformation labiale, Louis voulait bien ravaler sa fierté et manger toutes les baguettes de l'Opéra Beaudrie ! Cochon qui s'en dédit, chien qui tape sans tenir !
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Message posté : Mar 27 Mai 2014 - 12:03 Message
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L'homme ne sembla pas mal interpréter les paroles maladroites du Russe et ce dernier en fut rassuré. Il apparaissait donc de temps en temps dans les journaux ? Mikhaïl avait pris l'habitude de lire les journaux des environs pour améliorer sa lecture de l'anglais, puis en même temps se tenir au courant des dernières nouvelles qui se produisaient en ville. Certainement que le visage de cet homme était apparu à un moment ou à un autre et que la mémoire du trentenaire en avait gardé une trace. Quant à l'annonce sur ses origines françaises, Mikhaïl s'autorisa un léger sourire. Il avait la mauvaise habitude de penser que tous les gens qui vivaient en dehors du quartier slave ou de Chinatown étaient originaires de ce pays. En y repenser, le jeune homme aux cheveux bouclés avaient un anglais plus clair et plus facile à comprendre que celui des Américains pure souche, signe qu'il n'était pas d'ici. Micha l'avait remarqué avec la jeune Anglaise qu'il avait rencontré à la bibliothèque. Bien sûr, il prit cette précision comme une plaisanterie sachant que les Européens avaient l'air d'être appréciés dans le coin, plus que les slaves du moins. Après, c'était très relatif avec les habitants de ce pays : ils avaient l'air d'avoir un esprit patriotique très développé.

Lorsque l'homme l'invita à le suivre, Micha s'exécuta par habitude et ne fut pas déçu du voyage : une expression de surprise passa sur les traits du Russe lorsqu'il entendit son interlocuteur identifier avec exactitude d'où il venait. En général, les étrangers ne différenciaient pas les différentes origines des Russes, pourtant dieu savait à quel point elles étaient variées ! Même au sein de la Sibérie, que ce soit celle orientale ou occidentale, le parlé n'était pas comparable. C'était une raison pour que Mikhaïl comprenne qu'il n'avait effectivement pas affaire à un novice dans le domaine et que le mystérieux Français avait certainement une bonne connaissance des pays slaves. Un nouveau sourire se dessina sur les lèvres du trentenaire lorsqu'il entendit l'hypothèse émise par son interlocuteur.

« C'est vrai, j'suis de Russie. De Sibérie. » Son regard se posa sur le visage du Français. « Vous connaissez bien. Les gens devinent mal d'habitude. » Pas son origine exacte du moins. « J'aime la musique. Mon pays aussi, alors j'ai profité. » Et quelqu'un l'y avait poussé, sinon il ne serait certainement pas venu. « Vous connaissez bien le pays, alors ? C'est pour ça... » Il désigna la chaire d'un geste du menton. « Votre phrase en russe, elle était bien dite. » Avec l'accent et l'intonation. « Vous parlez beaucoup de langues. »

Déduction liée au fait qu'il avait dit être français, qu'il parlait le Russe comme un natif du pays et enfin, qu'ils conversaient en Américain sans que le jeune chef d'orchestre ne semble gêné par un manque de connaissances à ce niveau. Il n'était pas aussi hésitant que le trentenaire qui devait sans cesse chercher ses mots, puis même là il réussissait à se tromper parfois et à employer les mauvais – ou ceux peu adaptés. Au moins son interlocuteur le comprenait-il, c'était déjà ça ! L'attention de Mikhaïl se détourna brièvement du jeune homme pour se promener sur les environs, geste familier lorsque vous aviez été habitué à faire attention à chaque personne qui se trouvait autour de vous afin d'assurer votre survie. Des tics qui restaient ancrés dans l'esprit ! Le jeune homme reporta finalement ses yeux clairs sur le visage du Français et, après avoir à peu près ordonné ses pensées, reprit la parole.

« Vous êtes jeune, vous avez beaucoup fait d'écoles pour être déjà chef ? » Ce qui rejoignait un peu sa question précédente, même si ce n'était que de la curiosité. « Vous travaillez à l'opéra... hum... » Le nom était un peu inhabituel à prononcer et il employa la solution de facilité. « Celui parlé avant, sur scène ? » Celui cité plus précisément. « C'est bien de venir ici. Les autres parlaient bien aussi, mais c'était plus clair avec vous. »

Autrement dit, sans lui cette conférence aurait très certainement été beaucoup trop compliquée pour qu'il puisse comprendre quoi que ce soit. Et là ce n'était pas seulement en raison de son manque d'aisance avec la langue, son éducation avait beau avoir été améliorée avec les années d'armée, il restait un enfant issu d'un petit village perdu au fin fond de la Sibérie et où l'éducation restait très sommaire. Cet individu lui apparaissait très appréciable. Que ce soit par ses idées concernant la musique ou encore par sa manière de parler, le fait qu'il appréciait apparemment la Russie était une raison supplémentaire pour lui donner des bons points. Forcément, une dernière question arriva.

« Ça remonte, la visite en Russie ? »

Peut-être qu'il en avait entendu parler, qui sait ?
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Message posté : Mar 27 Mai 2014 - 21:51 Message
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Louis remarqua sans peine la surprise de son interlocuteur, quand il lui révéla qu'il le distinguait comme d'origine russe et plus précisément comme d'origine sibérienne. Il s'en amusa. Sans doute cet étranger n'avait-il pas l'habitude d'avoir affaire à des personnes assez cultivée par le goût et du voyage et l'invitation à la découverte. Il était à regretter que les États-Unis, cette patrie si férocement attachée à son sol, ne montrât pas plus d'intérêt pour les cultures d'ici et de là-bas. Trop souvent les Américains ne daignaient pas même regarder plus loin que le bout de leur nez, si bien que parfois les choses plus évidentes leur échappaient. Mais Louis savait bien que le commun des mortels n'auraient su connaître les subtilités qui distinguaient le langage d'un coiffeur de Novgorod de la marmelade d'un boulanger d'Azov. Aux yeux de tous ici ou presque, cet étranger aurait donné l'air d'être Russe, point, l'évaluation n'aurait pas été plus loin. Après tout, les Américains avaient longtemps considéré les Russes comme leurs ennemis idéologiques et politiques sur la planète, pourquoi les gens du commun auraient-ils cherché à connaître les nuances de la palette des couleurs slaves ? Quand il lui confirma que sa supposition était la bonne, Louis éprouva beaucoup de satisfaction – il était toujours heureux d'avoir raison ou d'avoir deviné juste. C'était une sale manie qui ne le quittait plus depuis l'enfance, depuis les premiers satisfecit, depuis les premières récompenses. Il apprécia également les louanges et le compliment du slave qui aurait pu lui arracher des rougeurs d'adolescent s'il n'avait eu l'habitude d'en recevoir en pareilles circonstances. La vanité de Louis le préservait en somme de l'embarras d'une modestie trop maladroite. « Je connais certainement moins bien la Russie que vous. J'ai eu la chance d'y voyager et d'y donner quelques concerts, mais aussi d'y rencontrer des personnes qui m'aidèrent à perfectionner mon phrasé. Le russe est l'une des langues que je sais parler, en effet, et elle compte parmi mes préférées. » Sans doute parce qu'elle était si différente du français que Louis y trouvait quelque chose d'exotique, et de mystérieux. Le dépaysement était total dans sa bouche, en quelque sorte. Mais comme tant d'autres français avant lui, Louis s'était laissé séduire, adolescent et jeune homme, par la culture si vaste et si profonde de ce pays d'Europe de l'Est à la fois si proche de l'occident et si lointain, gigantesque trait d'union entre l'Europe continentale et l'Asie plurimillénaire.

Leurs pas les menèrent en dehors de l'amphithéâtre, dans un couloir bondé où circulaient tant bien que mal une foule bruyante qui se dirigeait comme eux vers une grande salle de réception qui promettait d'être à l'image de la précédente : nettoyée à l'excès et dans l'illusion de pouvoir cacher les fêlures du temps qui passe. Sans pour autant se trouver oppressé par tous ces gens qui les environnaient, Louis goûta fort peu la proximité de toutes ces personnes – il n'aimait guère les rassemblements trop encombrants. Heureusement la compagnie du slave le distrayait un peu, et la question qu'il lui posa acheva de détourner son attention de la foule alentour. « Jeune ? Il est vrai qu'il est rare qu'un trentenaire accède à la baguette de chef d'orchestre, mais il faut croire que j'ai eu beaucoup de chance. » Et sans doute assez de talent pour mériter les portes qu'on lui ouvrit si rapidement. « Plus sérieusement, je ne fus pas si chanceux. J'ai beaucoup travaillé en effet pour parvenir où je suis aujourd'hui, et j'y travaille encore. Comme une abeille qui n'en finit jamais de servir la ruche, voyez-vous ? Et aujourd'hui je travaille à l'Opéra Beaudrie, en effet. Louis d'Ax, directeur de l'orchestre, et tyran des musiciens sous contrat avec l'établissement, c'est moi ! Si vous devez m'annoncer que votre sœur est harpiste à l'opéra et qu'il faut que je la traite avec plus d'égards et d'indulgence, attendez que j'ai bu quelques verres, et je répondrai favorablement à l'injonction d'un grand frère si consciencieux. » Louis éclata d'un rire franc qui surprit quelques personnes autour d'eux. Il riait pourtant d'une situation aussi insolite qu'elle était improbable, car s'il ne doutait pas une seconde que le slave qui lui parlait n'avait aucune intention particulière, aucun dessein caché dans sa démarche auprès de lui, il se souvenait sans mal des nombreux individus qui, au cours d'événements semblables, avaient tenté de l'approcher pour infléchir sa façon de faire à l'égard des musiciens qu'il dirigeait au gré des répétitions et des concerts. Plus d'une fois il avait écouté les gémissements plaintifs d'un père, d'une mère, d'un frère ou d'une sœur soucieux de le voir ménager les humeurs de tel ou tel musicien qui parlait du « chef » comme d'un tyran sanguinaire, comme d'un Staline, comme d'un Napoléon même – eu égard au moins à ses origines françaises. « Pardonnez ce ridicule trait d'humour. J'apprécie votre propos, il est vrai que mes confrères ont souvent tendance à entourer leurs discours d'une pompe qui ne convient pas à tous les publics. J'ai un credo très différent, pour ma part. Les meilleurs doivent être dans l'orchestre, pour permettre à tous les autres, dans le public, d'être sensible à la musique. Il en va de même quand on parle d'elle, il faut la rendre accessible, et non point l'éloigner par de stupides complications d'un langage trop ampoulé. »

Ils se trouvèrent bientôt tous deux à l'entrée de la salle de réception qui offrit à la foule un espace suffisant pour qu'elle se dispersât un peu partout. Louis éprouva un grand soulagement, il n'aurait pas voulu, pour continuer à discuter avec son interlocuteur, être obligé de se coller à lui pour lui chuchoter à l'oreille les réponses à ses questions. Celles-ci étaient nombreuses, et Louis se demanda d'ailleurs ce qui motivait cette curiosité particulière. Peu méfiant de quoi que ce fût, car il n'avait a priori rien à craindre à parler des souvenirs de son voyage en terre russe, il répondit avec plaisir tandis qu'il invitait le slave à le suivre vers les buffets où réceptionnistes et serveurs se préparaient à faire honorer leur prestation.  « J'y suis allé plusieurs fois, trop peu longtemps pour m’imprégner de souvenirs forts, dans un premier temps, mais j'y ai fait un long séjour en 2008, à la demande d'un confrère, pour une tournée de concerts à l'Ouest du pays. Puis, à sa demande et comme il m'était sympathique, je l'ai accompagné pour un voyage de Novgorod à l'Oural et de l'Oural jusqu'aux frontières de la Chine et de la Mongolie Un sacré périple ! » Et un long pèlerinage qui lui fut fort utile pour détacher sa mémoire des trop amères réminiscences de la mort de son épouse en 2007.
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Message posté : Mer 28 Mai 2014 - 0:53 Message
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Est-ce qu'il connaissait forcément mieux la Russie, étant né là-bas ? Cela dépendait de pas mal de choses. Même si Mikhaïl avait vu le jour en Sibérie, il n'en était pas sorti avant sa majorité et avait ensuite passé plus de temps dans les camps d'entraînement de l'armée qu'à visiter les environs. Au final, il n'y a qu'après sa formation chez les Spetsnaz qu'il avait commencé à se déplacer et à voir différents horizons. Cela dit, ce n'était pas franchement le genre de discussion qu'il avait l'habitude d'avoir, aussi laissa-t-il le jeune homme penser ce qu'il souhaitait – ce n'était pas lui qui avait dit cela après tout ! Il n'empêche que le Russe se demandait si son interlocuteur avait appris le russe « officiel » ou plutôt celui adapté de différents dialectes. Les gens de son « peuple » ne parlaient pas le véritable russe, mais un dialecte propre leur ethnie. Cela dit, ils savaient tous employer la langue officielle et c'était donc probable que son comparse puisse avoir appris celle-ci.

Il enchaîna alors sur son âge, expliquant que son poste était dû à beaucoup de travail et qu'il avait donc mérité cette place à la sueur de son front, chose dont Micha ne doutait pas une seule seconde. Il eut un peu de mal à comprendre la plaisanterie sur la sœur au départ, mais finit par cerner que c'était un trait d'humour. Parfois, les blagues ne passaient pas de la même manière suivant les langues employées. Un sourire éclaira brièvement ses lèvres tandis qu'il conservait son silence pour écouter la suite. Mikhaïl avait toujours été plus enclin à écouter qu'à discourir et ce n'était pas seulement lié à son manque d'aisance avec la langue, même en conservant en russe il agissait ainsi.

Lorsqu'ils débouchèrent dans une nouvelle salle, le regard clair du Russe se promena sur les environs pour repérer les yeux, les personnes et les sorties qui s'y trouvaient, puis revint sur le français qui reprenait déjà la parole. Ainsi donc il avait été en Russie il y a de cela huit années ? Micha se trouvait encore à Moscou à cette période-là et il n'était pas impossible qu'il puisse avoir entendu parler de la venue de ce chef d'orchestre, même si à l'époque ses priorités étaient légèrement différentes d'aujourd'hui. Le français avait donc eu l'occasion de visiter la Russie d'un bout à l'autre ! Peut-être qu'ils avaient été non loin l'un de l'autre sans le savoir, un hasard qui amusait beaucoup le slave, même si, au final, cela n'apporterait rien à la discussion.

« J'vous crois. J'étais à Moscou cette année. Ça peut être aussi pour ça que j'crois vous connaître. » Il haussa les épaules. « J'retiens les visages plutôt bien. » Puis il n'avait pas le physique d'un Russe, raison de plus pour le remarquer. « C'est bien de voyager. La Russie, c'est un grand pays avec beaucoup de personnes différentes. » Ce qu'il savait apparemment pour l'avoir identifié comme étant de Sibérie. « Vous parlez le vrai russe, ou ils vous ont aussi appris les... j'connais pas le terme. Les langues des villages ? Différentes de la vraie langue ? » Il parlait des dialectes propres aux peuplades de Sibérie – et d'ailleurs. « C'est bien de s'intéresser au pays comme ça. J'suis plein de surprise devant ça. »

Il était étonné en somme. Ce qui était parfaitement vrai, comme le fait de ne pas s'attendre à tomber sur quelqu'un d'aussi ouvert, jeune et disposé à communiquer que son interlocuteur. En vérité, lorsqu'il avait été question de Russie, Mikhaïl s'attendait davantage à croiser des personnes comme l'intervenant Russe : hautaines et peu aptes à la discussion avec le « petit peuple ». Quoi qu'on en dise, après avoir vécu dans un milieu pauvre comme celui dont il était issu, il était difficile de penser que les gens fortunés de ce pays étaient très ouverts. Mais peut-être que les chefs d'orchestre n'étaient pas très riches dans ce pays ? Difficile à dire. Après un léger haussement d'épaules, pour lui-même, le sibérien reprit.

« Beaudrie, c'est ça. » Il hocha la tête comme pour mémoriser. « Vous êtes chef depuis long ? À l'Opéra aussi ? » Micha ne connaissait pas trop le fonctionnement de ces milieux. « Si mes sœurs étaient dans le pays.... » Ce qui n'était pas si idiot que cela finalement. « … elles apprécieraient la dureté. » Il avait l'air sûr de lui. « Le grand-père était musicien et il était plus sévère qu'un général de l'armée rouge. » Et Micha savait de quoi il parlait ! « C'est bon. En étant gentil plus qu'il faut, les gens progressent mal. C'est mieux de pas trop féliciter, ça pousse à mieux pour l'avoir. »

En somme, il avait connu et approuvait aujourd'hui l'éducation dite « à la dure ». Micha n'avait jamais eu droit aux félicitations de son grand-père et avait toujours cherché plus loin pour pouvoir les obtenir. Bon, au final il n'y était arrivé, mais c'était secondaire. Maintenant lorsqu'il se retournait vers cette époque, c'était plus avec fierté qu'avec déception. Puis de toute manière, après avoir passé dix ans dans l'armée vous approuviez forcément ce mode d'éducation sans quoi vous faisiez rapidement vos bagages pour aller voir ailleurs ! Le fait de parler de son grand-père lui fit d'ailleurs penser à une réplique que le jeune chef d'orchestre avait eue plus tôt dans la conférence. C'est donc sur ce sujet qu'il enchaîna.

« Vous avez dit... hum, qu'il y'a trop de musiques pour trouver des joueurs pour toutes. » De manière plus claire et mieux orthographiée. « Ça veut dire que vous cherchiez là-bas, ou c'est juste pour constater ? » Il parlait de chercher des musiciens en Russie. « Y'a des bons joueurs tziganes. Sans école, mais bons quand même. Vous en avez pas rencontré ? » Il y avait un excellent violoniste dans son village natal par exemple. « Enfin, on doit dire des choses comme ça tous les jours. Ça doit être pas facile de choisir vos musiciens. Et c'est vous qui décidez des chansons jouées alors ? »

Le fonctionnement d’un opéra lui échappait totalement, donc autant en profiter pour se renseigner, non ?
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Message posté : Mer 28 Mai 2014 - 12:14 Message
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♦️ Voyage dimensionnel (III)
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♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
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♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

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♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

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En effet la Russie était un grand pays, tant par sa géographie que par la diversité de ses paysages, de ses cultures, de ses traditions et de son folklore qui puise au fond des âges. N'y a-t-il pas autant de différences entre un cosaque de Tauride, un fils de boyard moscovite et tatare de Sibérie, qu'il y en a entre un paysan breton, un guerrier massai et un moine tibétain ? Une telle diversité des peuples ne pouvait se justifier que par l'étonnant gigantisme d'un pays qui n'en finit plus de nous surprendre chaque jour, et qui n'a pas encore révélé ses derniers mystères au regard impatient de l'Histoire. Louis avait eu la chance d'en goûter la grandeur et son voyage lui permit d'en mesurer toutes les subtilités comme éventées aux quatre coins de ce pays qui n'est ni tout à fait européen, ni tout à fait asiatique.  « Vous parlez des dialectes locaux, n'est-ce pas ? Ce qu'en France les Parisiens appellent avec condescendance les « patois provinciaux »... J'en ai appris quelques uns sur le tas, mais j'ai peur de ne connaître que quelques mots et expressions propres à certaines régions, rien qui puisse me permettre de me fondre dans la masse de telle ou telle peuplade de la vaste Russie. La langue que j'ai apprise, c'est celle de Moscou, celle de l'Ouest du pays en somme, celle qui permet de lire vos journaux et de parler avec les officiels. Celle qu'on enseigne dans les universités du monde entier, en somme. Je crains malheureusement qu'aux yeux de trop de professeurs ignorants elle ne soit la seule parlée en Russie, ce qui est idiot si vous voulez mon avis, et constitue une négation de la diversité des peuples que réunirent sous leur couronne vos tsars, quand ils conquirent l'immense territoire qui devait former le pays dans ses frontières d'aujourd'hui. » Louis s'étonnait toujours de voir avec quel esprit de réduction certains savants avaient l'habitude de considérer les choses qui n'étaient pas de chez eux, de voir comme ils aimaient cantonne à des cases précises et inexorables les langues, les cultures, les traditions et les coutumes venues d'ailleurs sans chercher à les comprendre dans leur diversité ou les liens avec d'autres langues, cultures, etc. Et à ce titre s'il admirait le patriotisme américain pour sa fraîcheur spontanée, il regrettait beaucoup qu'il fût parfois tant exclusif qu'il allât jusqu'à nier chez les autres la complexité : tous les Russes, par exemple, ne sont pas des communistes enragés. Il s'était déjà disputé à ce sujet quelques fois avec sa tante Melissande, qui n'échappait pas à ce travers fâcheux.

 « Votre grand-père aurait aujourd'hui encore mille fois raisons, le mérite en repos s'endort dans la paresse. L'excès de louange est néfaste au talent tandis que la sévérité le maintient constamment dans le doute qui le fortifie et l'assure. Et trop souvent les prodiges se gâtent en croyant tout acquis, en croyant que tout doit leur revenir. Ce n'est pas ma philosophie. Le travail seul conduit aux meilleures récompenses, il est même à mes yeux lui-même plus intéressant. La chasse est toujours plus agréable que la prise, non ? C'est en tout cas ce qui m'a permis d'être là où je suis aujourd'hui. À l'opéra Beaudrie, je suis chef depuis que je suis arrivé à Star City. Et depuis le temps, les musiciens ont appris à craindre mes colères et à ne pas se reposer sur mes félicitations. » Il rit. Il était vrai qu'il abusait parfois de son tempérament, mais il savait aussi qu'il avait vu progresser nombre d'entre eux sous sa direction, et comprenait qu'à terme, les novices devenus talentueux auraient pour lui bien des remerciements. Louis nota pour lui-même que le grand-père du russe était musicien. Et vu qu'il en parlait pour justifier les bienfaits de la sévérité plutôt que d'évoquer la figure paternelle, il se demanda si son interlocuteur et ses avaient avaient été élevées par ce grand-père dans le village où ils grandirent – il y avait peu de véritables villes dans la région d'où avait dit venir le russe qui lui parlait. Lui-même n'avait pas vraiment connu son père, mais avait été élevé par des femmes qui ne le ménagèrent jamais. Elles furent longtemps à ses yeux, quand il était enfant, des harpies tyranniques et méchantes, sévères et injustes, mais il avait compris depuis qu'en l'éduquant comme elles le firent, elles lui permirent de se dépasser et d'atteindre aujourd'hui les sommets qu'il toisait avec facilité. Tant de rigueur par le passé lui avait donné l'aisance et la sûreté qu'il n'aurait obtenu s'il avait connu des maîtres trop indulgents, des professeurs trop sympathiques, des éducateurs trop laxistes. En somme à présent, il n'avait pour les harpies que des remerciements et de la gratitude.

 « Quand je voyage, j'ai toujours l’œil ouvert sur les musiciens que je peux rencontrer, qu'ils sortent des grandes académies ou jaillissent des lieux les plus improbables. En Russie, il est vrai que j'ai rencontré pas mal de ce qu'on appelle bêtement des « musiciens amateurs » qui sont en fait souvent les héritiers d'une tradition locale très ancienne. Il y en a par exemple que j'ai rencontré sur les rives de la mer Caspienne et que j'ai introduit auprès d'un confrère à Moscou. Il chantait à merveille, ce jeune homme, et méritait qu'on le tire de la misère qui gangrenait sa vie. Vous avez toutefois raison, il n'est pas facile de trouver des musiciens. Il faudrait faire le tour du monde dans ses moindres recoins pour être sûr d'avoir le meilleur pour ce qu'on cherche, mais on manque de temps et parfois de moyens. Alors il faut prendre des décisions et à l'Opéra Beaudrie, par exemple, c'est à moi qu'il incombe de sélectionner les musiciens, chanteurs ou instrumentistes, qui participeront aux programmes de la saison. Le choix des partitions jouées chaque année n'est pas de mon seul fait, c'est une décision collégiale prise avec d'autres membres de la direction de l'établissement. Mais j'ose croire que mon avis compte assez pour entraîner celui des autres. Si je n'avais pas insisté pour consacrer la saison prochaine au folklore slave, sans doute aurions-nous eu droit aux mêmes classiques que les années précédentes. Mais il était temps qu'un peu d'originalité se présente aux oreilles d'un public endormi dans la facilité. Il me reste bien assez de temps pour trouver les musiciens que je cherche et pour les convaincre de venir jouer pour moi, quitte à aller les chercher jusque dans les steppes glacées de Sibérie s'il le faut. »

Et tandis qu'un serveur passait à proximité avec un plateau couvert d'amuse-gueules, Louis en saisit un au passage qu'il fourra dans sa bouche avec élégance mais non sans gourmandise. Tant parler lui donnait faim, et soif.
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Message posté : Mer 28 Mai 2014 - 15:08 Message
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Mikhaïl hocha la tête lorsque son interlocuteur donna le nom exact du mot qui lui échappait. Ce n'était pas très surprenant qu'il ait appris le « vrai » russe sachant que c'était celui le plus utilisé dans le pays. Ajoutez à cela que bien souvent ces patois étaient propres à un seul village vu que celui d'à côté employait des mots différents et vous compreniez rapidement pourquoi il était plutôt inutile de se lancer dans leur apprentissage, à moins d'avoir du temps à perdre bien évidemment. Et ça ne semblait pas être le cas de son interlocuteur qui avait visiblement une vie particulièrement chargée ! Pour le reste, malgré le phrasé assez soutenu du jeune chef d'orchestre, Micha comprit le gros de l'idée et acquiesça une fois de plus. C'était le genre de discours que son grand-père, l'homme qui l'avait élevé, tenait souvent. Il se désolait fréquemment du fait que leur président ait l'idée de supprimer plusieurs peuplades pour en faire des Russes « normaux » et leur ôter leur particularité. Les gens avaient tendance à préférer voir les autres entrer dans le moule et c'était valable partout, pas seulement en Amérique.

« Ça s'utilise dans les villages, pas beaucoup dans les villes. Vous l'utiliseriez pas. »

Certainement comme les langues en France ? Quoique, Mikhaïl n'y connaissait rien à ce pays et s'ils y avaient fait une halte lorsqu'il travaillait pour la marine marchande, le Russe n'y avait jamais vraiment mis les pieds et encore moins cherché à converser avec ses habitants. Finalement, lui aussi se montrer plutôt renfermé, ce n'était pas seulement les riches. Mais lorsque vous parliez mal une langue, parfois votre timidité refaisait surface.

Toujours est-il que le jeune homme était apparemment d'accord avec la politique du grand-père Kazakov ! Ce n'était pas très étonnant cela dit : s'il occupait une place aussi intéressante à son âge, ce n'était pas par manque de travail et il ne devait pas forcément être apprécié par ses musiciens. Ce n'était pas grave, ils lui seraient sans aucun doute redevables dans quelques années. En tous les cas, si Micha avait pu désapprouver l'éducation qui lui était dispensée étant jeune – et encore, il avait toujours été très malléable – aujourd'hui il en était redevable à son grand-père. Par mimétisme, le Russe laissa d'ailleurs un sourire apparaître sur ses lèvres lorsqu'il entendit son interlocuteur se mettre à rire. Ça ne devait pas être désagréable de travailler avec lui, mais peut-être que les Américains étaient moins habitués que les Russes à se faire dicter leur conduite ? Bien sûr, il y avait des exceptions comme partout et Micha savait d'expérience que certains Russes n'aimaient pas franchement obéir aux ordres – certaines de ses sœurs par exemple.

« Vous seriez bon chasseur. » C'était une affirmation. « Ils diront merci à vous, plus tard. C'est toujours la route la plus dure qui donne le mieux satisfaction. »

Enfin ça, c'était ce que son supérieur lui disait à l'armée. « Si tu as le choix entre deux routes, emprunte toujours la plus compliquée et la récompense sera à la hauteur. » Mikhaïl n'avait jamais su si c'était une image ou quelque chose à prendre au sens propre, mais jusqu'à présent sa vie était toujours plus compliquée que facile, il considérait donc que la récompense finale serait à la hauteur – le mariage avec son amie peut-être ?

Quoi qu'il en soit, son vis-à-vis ne devait pas être ignorant dans ce domaine vu qu'il avait visiblement compris que le talent ne se trouvait pas uniquement dans les grandes écoles. Et lorsqu'il fut question d'aller chercher des talents jusqu'au fin fond de la Sibérie, Micha ne put se retenir d'afficher un sourire amusé. Ce serait drôle de voir débarquer un français comme lui dans un petit village comme celui qui l'avait vu grandir, puis essayer d'embaucher les bons musiciens qui s'y trouveraient. C'était malheureux à dire, mais il y aurait probablement beaucoup de jeunes qui seraient « confiés » par leurs parents bien trop heureux de se débarrasser d'une bouche à nourrir. C'était un peu ce qu'il avait connu, même si les choses avaient été présentées avec plus de délicatesse. Se désintéressant des serveurs – il ne mangeait jamais rien qui n'ait été vérifié par ses soins – le Russe resta concentré sur la discussion.

« Bon courage. Trouver les villages est plus compliqué que pour les musiciens. » Même s'il doutait que le jeune homme se lance vraiment. « Les gens ici n'aiment pas la musique slave ? » C'était ce qu'il déduisait du fait qu'il avait dû insister pour la mettre au programme. « C'est bien pour insister. Les gens du quartier aiment le pays et la musique. » Il parlait de ceux des quartiers slaves et songeait à quelque chose. « Ils viennent parfois ? L'opéra, j'en entends parler, mais j'vois jamais les gens y aller. » Quelques secondes passèrent avant qu'il ne reprenne. « C'est comme la question avant... » Il désigna la porte qui menait à la salle d'un geste du menton. « … ils pensent p't'être que les gens riches peuvent seulement aller là-bas ? » Lui en tous les cas, c'était ce qu'il pensait. « Vous jouez instruments je pense ? »

Après tout, pour pouvoir diriger des gens qui jouaient de différents instruments, il devait bien savoir en jouer au moins un, non ? En vérité, le Russe ignorait totalement quel était le parcours à faire pour parvenir à ce métier.
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Message posté : Mer 28 Mai 2014 - 20:21 Message
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 « Ils me remercieront, oui, comme vous dîtes. » Sauf les quelques ingrats qui demeureraient irréductibles à la discipline. Louis le savait et ne s'en formalisait guère : il n'était pas chef d'orchestre pour plaire et convenir à ses musiciens. Il lui importait peu d'être populaire auprès d'eux. Il ne cherchait pas à être leur ami, leur compagnon, il ne cherchait qu'à les pousser aux mieux de leurs capacités pour produire la plus belle des musiques. Vaillant laquais d'Euterpe, que lui importait l'opinion des autres valets ? À la plaisanterie du russe, qui ne donnait pourtant pas l'air de plaisanter, Louis éclata de rire et manqua de s'étouffer avec l'amuse-gueule qu'il mastiquait tranquillement. Effectivement, l'immense étendue de la Russie était couverte de nombreux villages et hameaux qu'un voyageur sans guide du crû ne pourrait jamais trouver seul. Se reprenant, Louis tâcha de réfléchir avant de répondre à la nouvelle question qui lui était posée. Il ne croyait pas vraiment que les habitants de Star City, ceux qui fréquentaient l'opéra et les festivals de musique instrumentale, étaient par nature hostile à la musique slave, mais il connaissait ce public pour être paresseux et endormi dans la facilité des classiques les plus connus, les plus écoutés et les plus produits. Dès lors qu'on parlait musique allemande, on lui répondait Wagner, et dès lors qu'on lui parlait de musique italienne, on lui répondait Vivaldi. Et personne ne semblait plus connaître Mendelssohn ou Salieri. Trop habitués aux mêmes mélodies, aux mêmes chansons, aux mêmes airs, aux mêmes compositeurs, les habitués de l'Opéra Beaudrie et des autres salles de concert s'endormaient dans une routine qui ne concernait d'ailleurs pas seulement la musique classique : il suffisait d'entendre la radio pour écouter toujours la même soupe et pour constater que l'originalité avait fui les devants de la scène. Louis désespérait d'ailleurs de rencontrer en ville un chanteur ou un musicien d'un registre plus moderne que lui avec lequel il pourrait avoir de vraies discussions se rapportant à la musique – quelqu'un qui, en somme, partagerait son goût pour l'originalité et le talent.  « C'est n'est pas qu'ils n'aiment pas la musique slave, c'est qu'ils pensent qu'elle ne touchera pas un public assez large pour attirer suffisamment de monde.. Qui dit moins de monde dit moins de ventes et qui dit moins de ventes dit moins d'argent. Or l'argent nous obsède tous, n'est-ce pas ? C'est pourquoi ils auraient préféré une programmation moins audacieuse et plus tranquillement traditionnelle pour se garantir un revenu comme les autres années. Balivernes si vous voulez mon avis, et sottises. J'ai l'audace de croire que les gens sont mûrs pour du changement, ou en tout cas qu'ils ont eux aussi le goût pour la nouveauté. Les mêmes qui s'endormaient d'entendre toujours la même chose demain danseront et afflueront pour avoir un aperçu des surprises que nous leur avons préparées. »

C'était du moins le pari qu'il faisait. Louis comptait d'ailleurs porter plus loin sa démarche et peut-être contacter les proches du maire de Star City pour se glisser un peu plus près du côté des personnes qui commandaient aux manifestations culturelles en ville, mais cela viendrait en temps voulu. Quand son interlocuteur évoqua le quartier, Louis devina qu'il parlait de Chinatown, qu'occupait une communauté slave assez importante et active dans la zone. Il s'efforça de bien réfléchir à ce qu'il disait pour ne pas mal comprendre la nouvelle question posée, et pour ne point donner l'air d'y songer, il balaya les environs du regard. Il s'amusa finalement de la remarque sur les liens trop évidents que l'histoire avait tissé entre l'opéra et l'opulence. Des liens que Louis savait apprécier comme il savait les regretter, car l'argent creusait entre la musique et le public un fossé souvent très injuste autant qu'il est illusoire : il y a chez les riches autant de mauvaises oreilles qu'il y en a de bonnes chez les pauvres. Un parallèle à faire était d'ailleurs possible chez les musiciens : accéder à un instrument de musique avait un coût, tout comme pouvoir s'inscrire dans une école ou un conservatoire. Une nouvelle fois l'art et la culture se trouvaient comme pris en otage par les plus fortunés d'entre nous, ce que Louis regrettait : un lourd portefeuille peut trop facilement dissimuler l'absence de compétence ou de talent. « Il y a toujours des places à l'opéra qui sont vraiment peu chères. Elles sont souvent ingrates et ne permettent pas de bien voir la scène, mais l'acoustique des salles compense, je crois, largement ce défaut. Et tous les ans nous offrons au moins quelques concerts totalement gratuits. Melissande Beaudrie, la directrice, qui est aussi très active dans diverses œuvres caritatives de la ville, y tient beaucoup. Sa générosité a toutefois ses limites, et l'Opéra Beaudrie ne pourrait vivre si tous les concerts étaient gratuits. » Une réalité que Louis n'avait aucun mal à accepter : toute prestation se monnaie.  « Il arrive aussi parfois que l'orchestre et son chef se déplacent, lors de manifestations particulières en ville. Il m'est même arrivé de donner un concert en plein air, à mon arrivée ici. Et je suis en discussion avec le métropolite de l'église Saint Sébastian pour que soit organisé un concert mettant à l'honneur la musique religieuse orthodoxe. Depuis les chœurs sacrés byzantins jusqu'à la Grande Pâque Russe de Rimski-Korsakov.  » Projet qui lui tenait à cœur, et qu'il veillerait à mener jusqu'au bout. Louis dévoila ensuite qu'il jouait de tous les instruments à clavier et qu'il jouait également de la harpe, ce qui était assez rare dans le métier. C'est à ce moment-là que se rapprocha d'eux le professeur Borwell qui alla même jusqu'à couper la parole du chef d'orchestre.

 « Ah, mon cher Louis, vous voilà ! Je ne vous trouvais pas dans cette foule... Quel monde ! Je suis si content. » Il était si volubile, cet homme rondelet, et remuait tant sa coupe de champagne qu'il menaçait d'en asperger tout le monde alentour. « Je vois que vous n'êtes pas seul... » ajouta-t-il en posant ses petits yeux sur le slave qu'il regarda de haut en bas. « Je suis Homer Borwell, professeur » – il sembla insister sur ce mot qu'il brailla presque avec fierté -  « d'histoire de l'art dans cet établissement. Et vous êtes, monsieur... ? »
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Message posté : Mer 28 Mai 2014 - 23:17 Message
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Les explications du jeune chef d'orchestre concernant la programmation de l'opéra, n'étonnaient pas vraiment Mikhaïl. Les gens avaient la mauvaise habitude de s'enfermer dans ce qu'ils connaissaient. Les habitudes étaient dangereuses. Un homme qui, comme lui, les utilisait pour atteindre ses cibles était parfaitement conscient du fait qu'il valait mieux éviter d'en avoir des trop évidentes. Le simple fait que les habitués de l'opéra ne souhaitaient pas changer de style musical était donc propre à la nature humaine et Micha pouvait les comprendre, même s'il ne les approuvait pas. Le problème avec cette manière de faire, c'était que vous finissiez par vous enfermer dans un carcan dont vous ne pouviez plus vous libérer et, au final, seules des vieilles connaissances viendraient assister aux spectacles. Cela assurerait bien un petit pécule, mais rien de mirobolant et encore moins quelque chose qui puisse vous permettre d'atteindre l'excellence. En bon militaire qu'il était – ou avait été – le jeune homme était habitué à viser la lune pour essayer d'atteindre au moins les étoiles en cas d'échec. Certes, c'était très prenant et risqué, mais sans cela vous restiez dans vos habitudes et dans votre vie sans saveur pour finalement vous contenter de survivre, mais sans vraiment profiter de la vie.

« Et d'autres encore. »

En référence aux personnes qui viendront assister à leurs prochains spectacles. Oh, l'avis de Mikhaïl était pas mal faussé par le fait qu'il était un véritable patriote et que, par conséquent, la musique de son pays était forcément la meilleure à ses yeux. Mais c'était sans importance au final.

La discussion se poursuivit sur les places de l'opéra et le jeune homme reprit la parole pour expliquer qu'effectivement, les meilleures étaient destinées à un public aux poches pleines, mais il y avait aussi quelques endroits plus à la portée des bourses comme la sienne – ou celles de quasiment tous les habitants du coin. Bon, il n'avait toujours pas décidé d'y mettre les pieds parce que ce genre d'endroits était souvent trop fréquenté à son goût et qu'il devrait exposer son dos à des inconnus – les habitudes ne se perdaient pas comme ça – mais c’était tout de même une bonne chose à savoir. Et bien sûr, Micha comprenait parfaitement que la directrice de l'opéra ne pouvait pas donner des entrées gratuites à tous les gens qui venaient, sans quoi ce serait à elle de dépendre des associations caritatives dans quelques temps. Quant à l'information à propos des concerts en plein air, elle ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd et le Russe arbora un léger sourire pour montrer qu'il trouvait l'idée vraiment intéressante.

C'est à ce moment qu'un homme vint interrompre la discussion alors que le jeune chef d'orchestre répondait à la dernière question du Russe. Ce dernier posa son regard clair sur le nouvel arrivant, se décalant légèrement pour éviter une douche d'alcool, mais sentit bien le regard qui se posa sur lui. Oui, il n'avait pas l'air d'être très riche ou très cultivé et forcément, sa présence devait être moins appréciée que celle d'un mécène désireux d'aider une école qui perdait sa notoriété. C'est seulement lorsque le nommé Borwell se présenta que Micha constata qu'il ne l'avait pas fait, la politesse lui faisait défaut semble-t-il. Se redressant pas instinct, il répondit donc.

« Mikhaïl Vassiliovitch. » Il disait vrai, chez lui les gens se présentaient avec leur patronyme et non leur nom de famille. « J'suis juste... curieux. » Pas professeur ou quoi que ce soit de ce genre. « J'avais quelques questions, juste. Pas intéressantes pour les autres, alors j'ai demandé à côté. »

Pour une fois, son manque de maîtrise de l'américain lui posait réellement problème : il n'avait pas envie d'être pris de haut par cet homme qui ne le connaissait pas et qui, apparemment, n'était pas forcément mieux que lui. Malheureusement il était fort probable que son accent et son anglais hésitant allaient lui jouer des tours. Peut-être vaudrait-il mieux laisser les deux hommes parler entre eux ? Le regard céruléen du Russe se déporta brièvement vers la sortie avant de revenir sur les deux hommes. Il allait d'abord tenter de voir ce que le nouvel arrivant voulait avant de s'enfuir directement. Son attention se glissa donc sur le visage de l'homme au verre.

« Professeur ? Vous savez beaucoup de choses alors. » Enfin, c'était normalement le cas, non ? « Vous avez spécialisé sur les slaves, ou vous savez ça en loisir ? » Il faisait référence à la conférence pendant laquelle il était intervenu. Son regard se posa alors sur Louis. « J'suis navré, j'avais oublié les présentations. » Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. « J'ai pas l'habitude de croiser des gens comme vous. Importants j'veux dire. » Pas la peine d'être un génie pour le comprendre. « Vous vous connaissez alors ? »

Le gros homme avait l'air d'être ami avec Louis, pourtant ce dernier ne se montrait pas particulièrement chaleureux avec lui, la question semblait donc légitime.
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Message posté : Jeu 29 Mai 2014 - 2:15 Message
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ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
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ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
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♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
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L'interruption du professeur Borwell déplut fortement à Louis qui vit le devant de sa veste atteint par la mitraille de champagne que l'homme tout rond déployait autour de lui. Heureusement, il cessa d'agiter sa coupe de champagne pour toiser le russe qui se présenta finalement. Si la mémoire de Louis voulait bien fonctionner, il se souvint que les russes avaient l'habitude traditionnelle de faire suivre leur prénom du prénom de leur père – géniteur et parfois adoptif – auquel venait se greffer le suffixe -vitch, qui signifiait à peu près « fils de ». Ainsi Alexandre Pavlovitch était donc Alexandre, fils de Paul, Pavlov étant la version russe de ce prénom-là. Sans risquer de danser maladroitement sur la tête d'une épingle, Louis nota à part lui que ce patronyme n'était donc probablement pas le nom de famille de naissance de Mikhaïl, mais il ne pouvait savoir ce que ce dernier avait déclaré aux autorités compétentes lors de son installation à Star City. Peut-être avait-il quitté la Russie et désiré laisser là-bas sa vie d'avant, jusqu'à son nom de famille ? Un mystère qu'il n'appartenait pas à Louis, ce soir-là, de résoudre.  « Vous avez bien fait. Une conversation tranquille est plus appropriée pour des réponses construites et posées. » Le professeur Borwell sembla désapprouver mais il n'en dit rien. Il continuait de regarder Mikhaïl avec insistance, comme s'il jugeait ce dernier fort peu à sa place. Ce qui était assez étrange : qui plus qu'un natif de Russie avait sa place à une telle conférence ? Sans doute la curiosité du professeur rondelet était-elle motivée par des causes nauséabondes qu'il valait mieux ne pas trop creuser. C'était une chose d'aimer la musique d'un pays étranger, et toute autre chose encore d'aimer les gens venus de ces pays lointains. Mais Louis se refusait encore à faire des déductions peut-être faussées par la première impression que lui avait fait plus tôt le professeur du Collège. Brandissant sa coupe de champagne, ce dernier répondit avec aplomb à la remarque qui lui fut faite sur sa profession.  « En loisir ? Ah ça non, je suis un spécialiste, ici, de la question slave, monsieur. Je connais la Russie sur le bout des doigts, et l'Ukraine aussi, et même les pays Baltes. Savez-vous qu'ils étaient russes autrefois ? Vous l'ignoriez sans doute ! Non, non, les slaves n'ont aucun secret pour moi, je suis ici le spécialiste de la Russie ! C'est un pays fascinant, et j'aimerais beaucoup y aller un jour. »

Heureusement pour Louis, il était assez bien élevé pour se retenir d'éclater de rire. Mais la remarque du professeur lui aurait arraché des hurlements d'hilarité tant elle témoignait de la petite hauteur de ses prétentions. Comment pouvait-il se targuer d'être spécialiste de la Russie sans y avoir une seule fois mis les pieds ? Il avait certainement beaucoup lu sur le pays, beaucoup entendu aussi, mais de là à s'estimer le meilleur d'entre tous sans avoir foulé le sol de ce pays... il y avait un énorme fossé qu’apparemment sa vanité avait franchi sans honte ni remords. « Je suis certain que monsieur Vassiliovitch apprécie comme moi-même l'étendue de vos connaissances au sujet de ce beau pays qu'est la Russie, professeur Borwell. » Le ton de Louis se fit caustique. Il se radoucit pour répondre à la question de Mikhaïl. « Vous nous flattez, nous ne sommes pas si importants, vous en conviendrez professeur. Vous enseignez dans un établissement qui dépérit et moi je suis directeur de l'orchestre philharmonique de Star City. Ce sont deux positions bien misérables, après tout, ni vous ni moi n'avons l'oreille du Maire ou de quelqu'un d'important par exemple. » Louis rit intérieurement de voir le visage du professeur virer au rouge du drapeau soviétique pour devenir plus blanc que le contenu d'une amphore de lait. « Oui, oui, bon, enfin, n'oubliez pas que le Collège de Providence est l'un des plus vieux établissements d'enseignement de la ville, c'est quelque chose et ça mérite le respect... Tout de même. Je connais monsieur d'Ax depuis quelques heures en vérité, j'avais évidemment beaucoup entendu parler de lui et j'ai reçu l'honneur d'être celui chargé de l'accueillir aujourd'hui pour la conférence. Nous pouvons presque dire que nous sommes déjà des amis, n'est-ce pas ? » Le regard de Louis ne put exprimer plus de mépris à cet instant précis. « Bien sûr. Ce soir je suis l'ami de tous les amis de la Russie. » Le professeur Borwell n'apprécia guère cette remarque, manifestement, puisqu'il saisit l'occasion pour noyer son irritation dans une nouvelle rasade de champagne avant de retourner son attention sur Mikhaïl qu'il regarda avec une certaine méfiance.

 « Et vous alors ? Pourquoi êtes-vous venu ? Vous êtes musicien sans doute ? Amateur, peut-être ? J'ai reconnu dans le public un trompettiste que je vois souvent dans les transports en commun. Je lui laisse une petite pièce, parfois. » Il ne fit guère attention aux regards courroucés que lui lançait le français et parut attendre une réponse qu'il trancha presque aussitôt pour conclure du même ton : « Heureusement qu'il n'est pas venu avec son clairon celui-là ! Il nous aurait crevé les tympans, il joue comme une patate. Même vous, Louis, n'arriveriez pas à en tirer quelque chose, de ce pauvre garçon. » Et depuis quand le professeur se permettait-il d'être si familier avec lui ? Sans doute depuis qu'il avait bu trop de champagne. En dépit de ses rondeurs fébriles, sa constitution semblait ne pas trop le préserver des effets de l'alcool. Louis s'abstint de répondre à la provocation sinon d'un sourire poli mais agacé. Il n'avait qu'une envie, congédier le professeur Borwell et présentait ses excuses à Mikhaïl pour avoir laissé l'homme lui parlait sur ce ton. Louis, pour avoir connu dans son enfance les brimades des plus fortunés à l'égard des moins bien lotis par le hasard, concevait pour l'arrogance des hautes classes une haine frénétique. Mais dans l'immédiat, le peu qu'il savait pour le moment de Mikhaïl lui laissait croire qu'il était assez endurci pour ne pas craindre les petites vanités d'un homme aussi rond de corps qu'étroit d'esprit.
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En Amérique, il n'y a pas de chats... [Mikhaïl]

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