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Besoin d'une secrétaire peut-être ?

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Message posté : Sam 10 Mai 2014 - 19:57 Message
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Suite à une mission avec Wildcard au début du mois d’avril, Ginger avait fait une réalisation qui avait plus ou moins changé sa vie en tant que criminelle du Cartel Rouge. Elle avait intégrer le Gang des Fables peu après son arrivé et, rapidement, elle s’était rendue compte qu’elle avait horreur de devoir rendre des comptes à quelqu’un. Plus précisément, elle avait horreur de devoir avoir l’aval de quelqu’un pour faire quelque chose. Si elle avait cru pouvoir s’y faire, la Renarde aimant assez les sensations et la théâtralité pour intégrer le Gang, s’était vue à laisser ce plan d’avenir de côté, misant plus sur sa carrière solo de voleuse. Toutefois, un mois plus tard, force était de constater qu’elle ne serait peut-être pas en mesure d’avancer seule. Elle s’était équipée, avec armes, véhicules et costumes. Toutefois, ce n’était pas assez. Bien malgré elle – enfin, elle l’avait cherché – elle se retrouvait avec une longue liste d’ennemis qui ne semblaient pas tout à fait apprécier la brune. Elle ne s’en souciait peu, ayant une parfaite confiance en ses propres capacités, mais elle devait admettre craindre le jour où ils arriveraient à lui mettre la main dessus ou encore s’ils se rencontraient et se découvraient une ennemie commune, à savoir sa magnifique personne. Bien que certaine d’être en mesure de survivre au manoir Pennington, il n’était peut-être pas tout à fait sur qu’Adrian accepte de l’héberger encore s’il venait qu’à avoir vent de ce qu’elle faisait réellement. Elle n’était pas qu’une voleuse de bas étage. Jamais.

C’est donc pour cette raison principalement, car elle craignait légèrement pour sa survie, compte tenu qu’elle avait bien malheureusement fait face à des mentalistes en mesure de lui résisté, qu’elle se rendit avec sa moto au Chinatown. Sa moto, son nouveau joujou, une nouvelle acquisition qui était plus que géniale, compte tenue qu’elle était armée principalement d’un lance-flamme et d’une mitraillette. N’ayant jamais réellement passé son permis de conduite, elle pouvait toutefois remercier Juan Pablo qui l’y avait initié, la laissant donc en mesure de conduire de façon plus ou moins sécuritaire. Ayant entendue quelques rumeurs ici et là, ayant aussi fait ses propres recherches avec l’aide de son don, elle se trouva rapidement face à la maison de thé du Chinatown. Tout portait à croire que le Mandarin, grand chef de la Triade, devait s’y trouver. Elle gara sa voiture et s’assura qu’elle avait bien retiré les clés pour ensuite se rendre jusqu’à l’entrée. Ses cheveux cascadaient sur ses épaules alors qu’elle avait revêtue un bustier sombre avec de la dentelle pourpre par endroit et une paire de minishorts pourpre aussi. Chaussée d’escarpins sombres alors qu’elle déambulait d’une démarche gracieuse, elle attirait quelques regards presque lubriques des passants. Poussant la porte de la petite échoppe, ses talons vinrent rapidement claquer contre le sol, faisant raisonner ses pas dans l’endroit silencieux. Une dame vêtue d’un kimono – ce que ce pouvait être cliché – s’approcha de la belle, l’accueillant dans l’endroit qui semblerait presque chaleureux.

La brune lui adressa un sourire. « Dit donc ma belle » commença-t-elle d’un ton mielleux. « Tu ne sauras pas quand Tzin Ming sera de retour ? » Elle avait demandé en toute innocence, avec un large sourire sur les lèvres. La demoiselle sembla hésiter jusqu’à ce que son regard croise celui de la brune et que cette dernière lui enlève toute barrière de volonté qu’elle aurait pu avoir. « Il devrait être là d’ici un quart d’heure. » Ginger la remercia donc et en profita pour commander un thé au gingembre. Elle avait horreur du thé, mais bon, pour les besoins de la cause, elle pouvait bien en prendre un en attendant patiemment que le désiré arrive. Elle s’appuya donc contre le comptoir tout en saisissant la tasse qui lui était tendu. Prenant une gorgée, elle grimaça avant de continuer à boire la boisson chaude. Pour peu que celui qu’elle attendait soit en retard, ce serait la catastrophe pour la belle brune. Finalement, un homme entra dans la petite échoppe, semblant plus ou moins âgé. Hors de tout doute, elle était certaine d’avoir en face d’elle le Mandarin. Souriante, elle déposa la tasse sur le comptoir et attendit que ce dernier se soit avancé avant de se redresser pour lui faire face.

Debout sur ses escarpins, peut-être un peu trop légèrement vêtue pour être parfaitement décente, elle avait croisé les bras sur sa poitrine qui attirait bien des regards alors que le sien se posait sur l’homme. « Monsieur Ming je présume ? » demanda-t-elle d’une voix douce alors qu’elle lui adressait un sourire qui semblait presque sincère. À la différence étant que Ginger ne l’était jamais. Peut-être allait-il la reconnaître ? N’étant pas totalement inconnue, elle avait fait quelques coups pour le Cartel qui avaient sut se faire remarquer, sans compter son habitude de laisser des victimes consentantes derrière elle. Sans compter le cas Feuerbach, qui avait pu lui permettre d’amasser un bon paquet d’argent. C’était surtout à cause d’elle qu’elle cherchait à se protéger. Car si elle avait réussi son coup, l’idée d’avoir à dos une demoiselle à la force herculéenne ne lui tentait que moyen. « Vous croyez que vous avez quelques temps à me consacrer ? » lui demanda-t-elle sur un ton aimable. Alors que tout portait à croire qu’elle ne lui permettrait sûrement pas de se défiler. Si elle était venue ici, ce n’était pas pour le voir lui filer entre les doigts. Personne ne faisait faux bon à la Renarde, surtout pas lorsqu’elle était déterminée. Malgré son sourire qui se voulait aimable, le regard qu’elle venait de poser sur l’homme lui ferait certainement comprendre qu’elle n’était pas venue pour lui taper la discussion et lui parler du temps qu’il faisait dehors. « Il serait peut-être mieux d’avoir un endroit plus tranquille » lui conseilla-elle, malgré qu’autre les quelques personnes travaillant au salon, semblerait-il qu’il n’y avait personne. Un moyen comme un autre de lui faire comprendre qu’elle ne souhaitait pas non plus que quiconque ainsi puisse les déranger.
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Message posté : Mar 10 Juin 2014 - 12:48 Message
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Le Dr. Ming n’attendait personne – ou du moins pas aussi tôt. Sans doute surpris mais jamais vraiment pris au dépourvu, l’homme d’affaire s’attardait sur le pas de la porte pour suivre du regard cette interpellation inattendue. Son corps restait immobile, solidement planté sur ses deux pieds, seule sa tête pivotait lentement, tout en souplesse, pour appréhender l’inconnue qui s’était levée d’une des tables pour aller à sa rencontre. C’était une très belle femme, selon les critères occidentaux, gracile, altière, finement dessinée à bien des égards, mais totalement étrangère à ces lieux pour autant qu’il en savait. Le bleu de ses iris, grand, profond, d’une intensité peu commune, lui évoquait en revanche un vague souvenir qu’il ne situait pas encore entièrement. Ses sourcils se rapprochèrent l’un de l’autre dans un mouvement subtil de perplexité, mais si ses yeux restèrent fixés sur la jeune femme son attention se porta un peu plus loin, derrière ses épaules dénudées. Dans le même angle de vision, un peu plus en retrait, une hôtesse en habits traditionnelles sortait timidement de l’arrière-salle. Sentant s’appesantir sur elle le regard de l’homme le plus puissant de Chinatown, elle se ratatina sur elle-même mais lui-même se contenta de retrousser son menton. Plus tard, lui signifiait-il. Puisqu’ils en étaient là, autant savoir ce que voulait la petite Occidentale.

« Peut-être, lui accorda-t-il, sans chaleur mais sans réelle animosité non plus. Il se dit que les hommes de toute nation et de tout âge trouvent toujours quelque temps à consacrer aux jolies filles. Mais je ne vous apprends rien, n’est-ce pas ? »

Il s’attarda, incisif, sur les plus subtils des muscles de son visage, guettant une réaction qui pouvait lui en apprendre beaucoup sur les intensions de la demoiselle, puis, satisfait de son petit test, il releva la tête pour faire signe à l’hôtesse de leur préparer un salon privé. La devançant de peu avant de l’inviter à entrer la première, il eut l’occasion de capter un relent piquant de gingembre. Selon la culture dont elle avait pu s’inspirer cela pouvait signifier bien des choses, mais rien d’anodin dans tous les cas : une épice aussi piquante ne se choisissait pas au hasard. En attendant de se prononcer il commanda pour deux un thé vert Long Jing et prit place en face de la table basse, où il reprit son observation attentive.

« Les hommes de mon âge n’ont plus la mémoire de leur jeune temps, s’excusa-t-il finalement, gorgé de cette humilité simulée dont s’était de tout temps affublé la politesse chinoise. Auriez-vous l’amabilité de me rappeler votre nom ? »

Pour chaque visage, un nom – un grand homme ne pouvait parler affaire (quelle que soit l’affaire) avec un anonyme.
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Message posté : Mer 8 Oct 2014 - 16:58 Message
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Elle était une jolie demoiselle et elle le savait. Les hommes tombaient devant elle pour venir lui embrasser les pieds, ne serais-ce que pour qu’elle daigne leur accorder un minimum d’attention. À la réponse de l’homme, elle lui adressa un léger sourire amusé, bien qu’un air confiant se dessina sur ses fins traits. « Vous savez, la beauté est quelque chose de subjectif. » Bien que, de ce qu’elle avait pu comprendre, avec les années, c’était qu’elle faisait parti de celles qui représentaient l’archétypes de la beauté américaine – et occidentale, en quelque sorte. « Mais je vais le prendre comme un compliment. Donc, merci. » C’était ce qui était coutume de répondre, surtout lorsqu’il s’agissait d’un homme à l’influence et à la puissance de celui qui se trouvait devant moi. Elle le suivit sans rien ajouter, ses talons vertigineux claquant contre le sol de l’endroit. Elle se tint toutefois debout face à la table basse, bien droite, ne serais-ce que parce que l’homme ne l’avait pas invité à prendre place. Si elle avait bien compris quelque chose, c’était qu’elle devrait sûrement éviter de s’imposer. En cette salle, face à cet homme, chacun de ses gestes se devaient d’être calculer et réfléchi. Elle ne pourrait rien dire ni même poser aucun geste sans qu’ils ne soient observés et évalués, elle en était certaine. De ce qu’elle avait entendu, à droite et à gauche, c’était sûrement que le Mandarin était un homme intelligent, mais surtout, quelqu’un d’observateur. La brune se devait donc de faire attention. C’était son futur qu’elle jouait.

Pendant quelques instants, elle garda le silence. Son nom ? Que devait-elle dire ? Son cerveau se mit en marche pour réfléchir à toute allure, se demandant vaguement si elle devait se présenter sous son nom civil ou alors sous le surnom qu’elle avait adopté en intégrant le Gang des Fables, il y avait de cela quelques temps. « Vous donnez mon nom est quelque peu compliqué. » Ginger avait toujours aimé la théâtralité, d’en mettre un peu trop pour attirer l’attention des autres. Elle était ainsi, depuis aussi loin qu’elle se souvient, et c’était pour cette raison qu’elle avait cherché, plus jeune, à rejoindre le Gang des Fables. « Il y a plusieurs noms sous lequel on peut me reconnaître. » Elle allait être franche. Et si jamais le tout dérapait, elle n’aurait qu’à appeler les services des dons que la vie lui avait donner plusieurs années plus tôt, alors qu’elle frôlait du bout des doigts la vie d’une adolescente lambda, follement amoureuse d’un homme aussi malsain qu’attentionné vis-à-vis elle. « Mais je crois que, pour le moment, je peux me contenter de me présenter comme étant Ginger Pennington. » Et puis, après tout, il était presque impossible qu’il puisse connaître son cousin éloigné. Adrian n’avait très certainement rien à faire ici, entre son travail plus qu’ennuyant et son mode de vie de coincé du cul – et ce, c’était parce qu’elle ignorait pour son siècle passé, bien évidemment.

Un léger sourire vint étirer ses lèvres. Un sourire calculateur, qui n’avait rien d’amusé ni même de sincèrement sympathique. Ses yeux bleus se posèrent sur son interlocuteur. « Toutefois, si je ne m’abuse, je crois que vous pouvez comprendre. » Décidément, si elle n’aimait pas spécialement perdre son temps – elle ne tournait pas spécialement autour du pot, en règle générale – ce n’était pas pour autant qu’elle allait se gâcher le plaisir que d’installer un certain suspens entre eux deux. C’était un petit jeu auquel elle aimait bien s’adonner, ce petit plaisir dont elle ne pouvait se passer. Elle aurait fait une excellente actrice, elle en était certaine. « Après tout, il n’y a pas que sous le nom Tzin Ming que l’on vous connaît, non ? » Et après, elle verrait jusqu’où elle pouvait aller, jusqu’où pouvait-elle en dire et, surtout, qui se trouvait réellement devant elle. À force de rumeur, de non-dits et d’esprits vidés de toutes leurs informations - informations arrachés de force – elle en était venue au verdict que tout portait à croire que cet homme, le Dr. Ming, ne pouvait qu’être le Mandarin. « De mon côté, de plus en plus d’hommes et de femmes en viennent à parler de moi sous un différent pseudonyme. » Un léger sourire étira ses lèvres alors qu’elle tentait de contenir cette fierté démesurée dont elle était dotée. « La Renarde. Vous savez, comme ce conte où le renard, usant de sa ruse, en vient à voler le fromage du corbeau ? » Toujours ce léger sourire. « La seule différence étant que je n’ai pas besoin de supporter l’horrible chant de mes victimes. »
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Message posté : Jeu 9 Oct 2014 - 15:50 Message
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Affabilité. Maîtrise. Quelque chose qui s’approchait du calcul mais se voulait naturel. Z’yeux-bleus (le nom lui semblait approprié, au moins à titre provisoire) faisait visiblement preuve d’une concentration de tous les instants, mais son ton adoptait la même légèreté que les fins pans de tissu qui épousaient ses courbes. En parole comme en style vestimentaire elle avançait masquée, d’un voile qui laissait deviner au moins autant qu’il cachait. La mise-en-scène n’avait rien d’inédit (le vieil homme n’en réclamait pas tant), mais elle ne manquait ni d’audace, ni d’une certaine virtuosité. L’entretien improvisé pouvait bien s’avérer être une pure perte de temps, un caprice de jeune femme en manque d’attention, mais pour l’instant il lui inspirait assez d’amusement pour le laisser poursuivre son cours. Les mains posées sur ses genoux, il avait d’un geste invité la jeune femme à s’installer à l’autre extrémité de la table basse. Tout le long son visage gardait la même expression affable, impassible, clignant brièvement des yeux à chaque information stratégique. Ginger Pennington. L’autre nom présumé de sa personne. La Renarde. C’était donc ça. Il savait désormais où il avait vu ces yeux-là. Un mince sourire qui ne présumait de rien étira ses lèvres.

« Des noms intéressants, admit-il, qui ont leur propre généalogie, leur mythologie. Des significations qui parfois dépassent ceux qui les portent, et leur collent à la peau. Prenons la Renarde. (Ses yeux s’étrécirent et sa voix se fit murmure pour citer dans la lettre le vers de La Fontaine,) Si son ramage se rapporte à son carnage, il est dommage de ne pas profiter et de la pitance et du show. »

Sur ces entrefaites l’hôtesse était revenue, le plateau chargé d’un service à thé et d’une bouilloire fumante. L’opération, délicate et très ritualisée, fit momentanément plonger le salon dans un silence religieux, presque méditatif. Tzin Ming n’ignorait rien du dernier exploit de la Renarde du Gang des Fables (ni de la très belle prime que la César lui avait versé en échange). Pour avoir assisté à partir de sa loge privée au combat inaugural de The Doll il devait admettre que le fait méritait un instant d’attention. Guère plus, toutefois.

« Le bestiaire des Fables a des richesses insoupçonnées, poursuivit-il quand ils furent à nouveau seule, mais je vous avouerai que j’ai mes propres volières à gérer et que je ne tiens plus, dit-on, du loup que du corbeau. Boire à mes côtés, c’est prendre le risque de troubler mon eau… »

Deux doigts se posèrent sur l’anse de sa tasse de thé dans un air de défi. Si la fille cachait derrière sa roublardise affichée la tendresse d’une agnelle, il lui était encore temps de détourner l’invitation.
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Message posté : Ven 10 Oct 2014 - 15:24 Message
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Pourquoi la Triade ? C’était la question que plusieurs pourraient se poser, alors que, depuis qu’elle avait quitté le Gang des Fables, elle s’était redécouverte en tant que voleuse et, en tout juste un mois, elle avait sut gravir les échelons d’une notoriété dont elle commençait tout juste à jouir. Pourquoi ne pas se contenter que de travailler seule, sachant qu’elle était incapable que d’accorder sa confiance à qui que ce soit ? Parce que, si elle était une femme solitaire, qui travaillait sans l’aide de rien ni personne, il n’en restait pas moins que les ennemis qui s’accumulaient sur la liste devenaient de plus en plus nombreux, mais, surtout, de plus en plus dangereux. Si un jour ils se trouvaient et se découvraient une ennemie commune, à savoir la jolie Renarde, elle pouvait dire adieu à son joli minoi – elle en était certaine. C’était pour cela qu’elle se retrouvait à s’assoir face à celui qu’elle soupçonnait être le Mandarin, ne serais-ce que pour s’offrir un sursit bien mériter. Pour cesser de craindre la menace alors que ses talons vertigineux claquaient sur le sol extérieur et qu’elle s’avançait de sa démarche altière dans une ruelle qui n’offrait guère de protection et dont l’allure en aurait dissuader plus d’un. Elle l’écouta parler, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Il connaissait ses fables, la source même du surnom dont s’était affubler la voleuse. Cela en revenait à son côté très théâtrale, sa façon dont elle avait de tout mettre en scène, piur donner de l’effet aux paroles qui glissaient entre ses lèvres. Certains appréciaient bien que beaucoup trop s’en lassaient, au final, la Renarde n’en avait que faire de leurs avis. Car peu semblaient enclin à contrarier celle qui déposerait une arme entre vos mains pour vous inciter à appuyer sur la détente, l’arme contre votre tempe.

Le thé arriva et elle garda le silence, comme pour ne pas perturber le calme qui s’installa entre l’imposant homme qui se trouvait sous son regard affûté et elle. Finalement, elle attrapa la tasse de thé poser devant elle, tentant d’en apprécier les effluves alors que, au final, elle n’avait jamais sut apprécier le doux parfum d’un thé. Elle aimait ce qui était fort, que ce soit de l’alcool ou encore un café bien corsé. Avec un petit faible pour l’alcool, c’était un fait. « C’est intéressant que vous vous représentiez comme étant un loup. Fidèle, loyal et vif d’esprit. » Elle eut un léger sourire qui vint étirer la commissure de ses lèvres. « Toutefois, je n’ai pas souvenir du renard qui craint l’eau trouble. » Autrement dit, elle ne craignait pas que de prendre son thé avec lui, ni même comptait-elle se retirer alors qu’elle était, au final, si près du but. Après tout, elle avait réussi à avoir son attention, c’était tout ce qu’elle cherchait. « Si vous n’avez rien du corbeau, je crois qu’il est important de préciser que je n’ai rien de l’agneau. » Aussi douce et agréable pouvait-elle sembler être, c’était une succube qui se trouvait sous ces traits charmants et envoûtants, alors qu’elle attirait les hommes entre ses filets pour mieux les détruire sous ses doigts graciles. « Si je ne suis pas un prédateur, je ne suis pas non plus la proie. » Elle venait de passer au mandarin, de façon aussi subite que naturelle, sans aucun accent et avec une prononciation parfaite. Lorsque l’on était omnilingue et connaissait plus d’une quarantaine de langues – elle les parlait bien évidemment toutes courrament – il fallait parfois savoir quand en tirer profit. « Mais j’imagine que vous vous en doutiez, ce n’est sûrement le premier agneau venu qui s’inviterait ici. »

Assise en tailleur, la brune se félicita que d’avoir opter pour une paire de mini-shorts plutôt que ses éternelles jupes et robes passablement trop courtes. Après tout, certes peu couverte, si l’on comparait à la femme vêtue d’un long kimonon, elle n’était pas venue ici pour arborer ses atouts physiques – bien que cela, elle le faisait tous les jours. Non, si elle était venue ici, c’était pour jouer sa sécurité future alors que, au final, elle avait besoin de protection. Elle, la trop fière Renarde, semblait avoir besoin de quelqu’un. Cela lui en avait pris beaucoup et elle avait écrasé sa fierté et son orgueil pour franchir cette porte. « Le Renard tient ses racines des fables de La Fontaine, effectivement. » Un léger sourire sur ses lèvres. « Ne croyez-vous pas qu’il a sut jouer sur les mots avec brillance ? Il faut un certain talent pour amener les autres à se ranger derrière vous et suivre vos idées. » Et Ginger, son talent, c’était l’hypnose, don dont elle avait conscience que depuis quelques années. « Mais je me demande... » Elle porta sa tasse à ses lèvres, prenant une gorgée du thé chaud qui vint caresser son palais avant de glisser dans sa gorge. « D’où tenez-vous votre... Surnom ? » Elle déposa sa tasse sur la table, posant son regard sur l’homme, toujours ce léger sourire sur les lèvres, toujours aussi calculatrice et confiante. « Il est certes que vous avez tout du stéréotype du mandarin, traînant dans son salon de thé, servi par de jolies demoiselles vêtues de kimono... » Ses fins doigts glissèrent sur la tasse encore chaude alors qu’elle fit descendre son regard jusqu’à sa tasse, regardant avec un faible sourire l’eau trouble de son thé. « Mais je me dis que l’origine du Mandarin doit venir de plus loin, être plus recherchée, non ? » Ses grands yeux clairs revinrent vers lui alors qu’elle attendait patiemment une réponse – et si jamais elle était dans le tort, elle devrait s’assurer que son regard ne quitte pas le sien.
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Message posté : Jeu 23 Oct 2014 - 0:49 Message
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À la façon dont le Dr. Ming brandissait sa tasse, dans une tension tout en souplesse, en équilibre sur deux doigts et l’œil vif et sournois par-dessus la vapeur, on eût dit que c’était une arme. Le regard rivé sur son interlocutrice, il synchronisait les mouvements de son poignet avec le sien dans un jeu de miroir inversé, humant le thé mais sans le boire. Il était encore trop tôt pour de telles familiarités, mais il acceptait tacitement les termes du défi : elle avait une poignée de minutes pour convaincre – convaincre qu’elle était digne de boire à sa coupe, si tel était bien son dessein du moins.

« Bien noble description, observa-t-il à la mention de l’animal-totem qu’il s’était attribué, pour une créature que je qualifierais essentiellement de territoriale. »

Avec tout ce que cela impliquait. Relevant la flatterie pour mieux la déjouer, le vieil homme entendait surtout rappeler qu’il n’était pas homme à plaisanter et lui accordait déjà une grande faveur en traitant avec elle sur son propre terrain de chasse. Fort heureusement pour elle (le contraire l’aurait déçu) elle ne se laissa pas démonter par ses menaces déguisées et reprit habilement la rhétorique des fables là où ils l’avaient laissée. Elle ne craignait pas de partager son thé, et lui, disait-elle, n’avait rien à craindre d’elle. Ni prédateur, ni proie. Un sourcil s’arqua, non pas tant à cause de la posture paradoxale, hors de toute chaîne alimentaire, qu’elle s’allouait, mais plutôt des sonorités dans lesquelles elle l’avait exprimé. Le ton était quelque peu policé, sur-articulé, plus proche de l’artificialité des jargons universitaires que d’une vraie langue maternelle… mais au fil des mots force lui était de constater que c’était un des mandarins les mieux maîtrisés qu’il ait entendu de bouche occidentale. Imperturbable en apparence, il contint ses pensées derrière un masque courtois, qui tiqua à peine quand le nom du plus grand des criminels asiatiques. Il n’appréciait guère qu’on l’utilise si légèrement en sa présence, alors qu’il était en civil. La Renarde, par chance, l’avait mis d’assez bonne humeur pour qu’il pardonne cette maladresse, peut-être par ailleurs partiellement volontaire.

« Comment devient-on docteur ? demanda-t-il à son tour, après un long moment de silence. Il avait pour l’occasion utilisé le terme moderne d’origine occidentale, plutôt que l’historique Jinshi Chushens que les Européens traduisaient par « Mandarin », mais selon une certaine acception cela pouvait bien revenir au même. Dans votre pays, poursuivit-il, je me suis laissé dire qu’il fallait suivre de longues études, passer de nombreux examens ; prouver ses compétences, l’originalité de sa pensée. Disons que le mien ne procède pas différemment pour cultiver ses élites. »

Fidèle à sa réputation d’anguille, le Chinois n’avait ni infirmé ni confirmé la véracité des rumeurs qui entouraient sa double identité. Il n’avait pas menti toutefois, ni réellement évité la question, car selon les traditions occidentales comme chinoises il était aussi bien docteur que mandarin. Un sourire énigmatique confirma si besoin qu’il n’y avait aucune moquerie dans la pirouette.

« Les présentations faites, peut-être pourrions-nous en venir aux faits ? »

Il était grand temps que la téméraire Renarde dise ce qu’elle attendait du fourbe Dr. Loup…
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Message posté : Lun 17 Nov 2014 - 17:33 Message
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Ginger n'éprouvait qu'un seul réel problème, concernant les langues. Et pourtant, elle pouvait en parler plus d'une quarantaine sans en éprouver de réelles difficultés. L'anglais se trouvait à être sa langue maternelle, celle qu'elle savait user avec la plus grande des subtilités, et cela amenait parfois quelques soucis sachant qu'il était impossible que de totalement traduire une langue. Le mandarin était doté d'un charme, c'était un fait, qui était toutefois compliqué et difficile à manier avec l'aisance d'une personne qui parlait ladite langue depuis toujours. Ne serais-ce que pour la subtilité de la traduction, où le commentaire de l'homme n'approuvait pas ce qu'elle avait dit mais ne l'infirmait pas non plus. Cela avait quelque chose d'un tantinet agaçant pour la Renarde, qui pourtant n'en laissa rien voir. Une part d'elle avait été convaincue, par cet habile maniement des mots, qu'elle se tenait effectivement face au Mandarin et qu'elle n'avait pas eu le malheur de se tromper de salon de thé. Elle ne vit pas intérêt à y répondre, étant certaine de ce qu'elle avançait. Ginger était passée maîtresse dans l'art de la manipulation et c'était un jeu auquel elle s'adonnait à cœur joie et où il était difficile de la déjouer et de la prendre au dépourvu. Un jeu où le docteur Ming savait aussi s'y prendre, ce qui menaçait de rendre leur rencontre fort intéressante.

« J'imagine effectivement qu'un homme de votre importance n'a pas de temps à perdre avec ce petit jeu qu'est celui de jouer sur les mots. » Autant dire que Ginger avait compris la subtilité qu'il avait intégré à ce qu'il avait dit précédemment, comme pour lui laisser prendre en considération qu'il n'avait pas affaire à la première jeune demoiselle du coin qui comptait s'hisser au plus haut avec qu'un banal talent qui se disait être la provocation. Ginger était bien plus que cela, bien plus qu'une provocatrice de bas étage qui reculait à la moindre contrariété. Elle était une femme déterminée qui savait ce qu'elle voulait et qui ne reculerait devant rien pour mettre la main dessus. Une jolie jeune demoiselle qui n'avait pas froid aux yeux, en somme. « Alors, je ne passerai pas par trois chemins, si c'est ce que vous demandez. » Elle leva ses prunelles azurées vers l'homme, comme si elle le jaugeait pendant quelques instants avant d'inspirer doucement et de se lancer. « Tout d'abord, j'aimerais avoir s'il y a des risques que notre conversation ici soit surprise. » Avec les ennemis qu'elle traînait derrière elle, elle préférait éviter de voir ces derniers connaître ses derniers faits et gestes. Officiellement voleuse indépendante, c'était une chose qu'elle s'apprêtait à changer et elle ne souhaitait pas voir ces derniers informer qu'elle comptait se protéger. « Je souhaiterais intégrer la Triade. » Elle souhaitait, chose qui, en quelque sorte, n'impliquait en rien le Mandarin. Toutefois, sur le ton qu'avait été soufflées ces quelques paroles, il semblait plus s'agir d'un fait que d'un désir. Elle allait intégrer la Triade, c'était une chose dont elle ne doutait même pas.

Dotée d'un important complexe de supériorité, Ginger se savait forte et avait une parfaite conscience de ses capacités. Autrement dit, elle se savait à la hauteur de rejoindre la Triade et savait qu'elle ne les décevrait pas. Et puis, c'était déjà un effort considérable qu'elle faisait, dans l'actuelle situation, en demandant gentiment au Mandarin que d'exaucer ce souhait qu'elle éprouvait. Après tout, il ne devait certainement pas être inconscient quant à savoir qui était la Renarde et, surtout, des pouvoirs dont elle était dotée. « Sans vouloir sembler présomptueuse, j'imagine que la Renarde est un nom qui ne vous est pas inconnu. » Après tout, tout dernièrement, elle avait fait un coup de maître en vendant une certaine Lucrèce Fueurbach auprès des hautes têtes du Circus Maximus. « J'étais membre du Gang des Fables. » Chose qui s'était sut au sein du Cartel, bien que peu savaient pourquoi elle était partie. Ce n'était pas tant qu'elle n'appréciait pas leur chef, mais disons que sa place au sein du groupe était rapidement venu à la saouler. « Mais bon, vu ma précédente requête, je n'y suis plus. » Car loin d'elle l'idée que d'être auprès de deux groupes qui, bien que travaillant pour la même organisation, n'avait certainement pas les mêmes visions. « Être seule, c'est bien, cela permet assurément plus de liberté de mouvements, comme je n'ai aucun compte à rendre à personne. » Chose qu'avait apprécier l'indépendante Renarde. « Toutefois, cela est quelque chose d'assurément plus dangereux. » Autrement dit, elle venait chercher protection auprès de la Triade, en échange de ses services. Un bon compromis, non ?
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