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Je peux vous aider ? #Chase

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Message posté : Mer 30 Avr - 14:12 Message
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Beaucoup de choses avaient changé dans sa vie ces derniers temps. Il y avait les évènements positifs, comme le fait d’emménager avec Jonas, en quittant l’appartement familial. Certaines rencontres, une en particulière. Ensuite, il y avait les évènements un peu plus dérangeant comme le fait qu’elle était maintenant fiancée, à quelqu’un qu’elle ne connaissait même pas. Puis il y avait ce qui ne lui convenait pas du tout, l’apparition d’un pouvoir dont elle se serait bien passée. Être mutante dans sa famille ce n’était pas tolérable, elle devenait tout ce qu’ils détestaient et, hormis Jonas, elle se gardait bien de le faire savoir. Il y avait un peu trop de chamboulements dans sa petite vie parfaite, sur le papier, où tout était toujours prévu et où il convenait de ne jamais sortir des clous. Pour pallier à ces changements, Heather avait fini par passer plus de temps dans diverses associations, au moins, là, les choses étaient comme elles devaient l’être. C’était réconfortant.

Ce soir-là, elle se trouvait dans une chambre à lui multiple, assise sur une chaise, à lire une histoire à plusieurs gamines qui commençaient à s’endormir. L’histoire parlait d’un roi qui avait séparé son royaume en plusieurs parties pour les offrir à ses trois filles, quand elles auraient trouvé un mari. Il était question de deux jeunes héros qui, étrangement, ne semblaient pas vraiment coller à cet univers mais, dans les livres pour enfants, on ne demandait pas de tenir une trop grande logique. Puis c’était bien mieux que de se retrouver à lire les histoires des parents de Leyland. Heather n’eut pas l’occasion de connaitre la fin de cette histoire, toute la chambre avait fini par s’endormir et elle avait encore des choses à faire, plutôt que de bouquiner dans son coin.

Le livre dans les mains, elle quitta discrètement la chambre avant de reprendre un pas plus vif dans les couloirs pour aller à la bibliothèque. A cette heure-ci, il était plutôt rare de croiser des gens, il y avait bien du personnel qui tournait un peu dans les couloirs mais, ça restait quand même parmi les moments les plus calmes de cet établissement. Le livre rangé, elle quitta la grande pièce pour aller faire un tour dans le bureau de celle qui gérait l’endroit.

« Elles se sont endormies ? »
« Oui, c’est bon. »
« Alicia n’arrête pas de faire des cauchemars ces derniers temps mais, quand quelqu’un lui lit une histoire avant de s’endormir, ça semble se calmer. »

Heather laissa passer un sourire face à ce discours qui sonnait comme une justification pour l’avoir envoyé lire une histoire à des enfants. Elle avait bien demandé ce qu’elle pouvait faire en arrivant, ça ne lui avait pas posé le moindre souci de se coller à cette activité, il n’y avait donc pas de raison de se justifier.

« Il y a autre chose à faire en priorité, sinon, je vais aller faire un peu de rangement dans la salle commune. »

Une activité qui semblait convenir à la directrice des lieux. Heather quitta le bureau pour se rendre à l’endroit prévu, en se demandant ce que les enfants avaient pu avoir comme activité dans la journée tellement c’était le bordel. Aucun jeu de société n’était rangé, dans le coin des petits, des légos trainaient encore partout dans des formes inachevées. S’attaquant à la table la plus proche, la Cooper rangea le jeu qui était sorti et répéta cette opération plusieurs fois. Le temps passa et elle avait rangé la moitié de la pièce quand un bruit, à la porte, la fit sursauter. Un plateau de monopoly dans les mains, elle se retourna pour voir un jeune homme à l’entrée de la salle.

« Bonsoir. »

Elle avait beau chercher, elle était certaine de ne jamais l’avoir croisé dans l’orphelinat jusqu’à présent. Les nouvelles têtes n’étaient pas impossibles : un nouvel employé ? Un nouveau bénévole ? Les théories pouvaient être nombreuses et jamais elle n’aurait songé à la véritable identité du jeune homme en question. Qui le pouvait ? Partant du principe qu’il était nouveau, elle assura un sourire encourageant.

« Je peux vous aider ? Vous cherchez quelque chose ? »

L’orphelinat était grand et, s’il ne connaissait pas les lieux, il était facile de s’y perdre. Bon s’il se mettait à lui demander où se trouvait la chambre d’un gamin en particulier, elle commencerait peut-être à s’inquiéter. Si Heather restait souriante, qu’elle pensait qu’il était nouveau aussi, elle gardait en tête qu’il pouvait aussi ne rien avoir à faire ici. Elle garda en tête de lui demander son identité mais, avant ça, elle préféra attendre les réponses qu’il pouvait lui apporter, sans se défaire de son sourire.
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Message posté : Lun 5 Mai - 22:25 Message
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***

Citation :
Liste des choses à faire :
— Programmer Clank comme ventilateur d’appoint ;
— Débloquer un Magmar spécial ;
— Acheter du beurre ;
— Voler les plans du Musée des Supers ;
— Acheter un vrai ordinateur portable à Lukaz ;
— Se venger des Cooper ;
— Trouver un club d’échecs ;
— Repérer la bouilloire.

***

Heather Cooper n’était pas très méfiante. Certes, elle n’avait a priori aucune raison de soupçonner qu’un mentaliste surpuissant et vindicatif s’était lancé à ses trousses pour lui faire payer les opinions ultra-conservatrices de sa famille et du journal qui les diffusait, et c’était probablement à cause de cette ignorance pleine d’innocence qu’elle ne changeait pas trois fois de taxi en se rendant d’un point à l’autre de la ville, pas plus qu’elle ne faisait attention aux araignées en apparence tout à fait naturelles, en réalité tout à fait robotiques, qui croisaient fréquemment son chemin, depuis le retour d’Alex à Star City.

J’aurais été elle, je me serais méfié, mais comme certaines personnes ici cultivent en leurs personnages, avec un zèle criminel, une parfaite insouciance, Heather méritait amplement ce qui allait lui tomber dessus : une catastrophe à la peau sombre, au physique quelque peu athlétique et aux vêtements très à la mode. Noctis — mais vous pouvez l’appeler Dieu si vous préférez — s’était lancé en effet sur les traces de la Cooper, avec la ferme intention de faire comprendre à sa famille que l’humanité était d’ores et déjà engagée dans un prompt et irrémédiable déclin. Certes, il n’avait pas encore de plan très précis, mais suivre Heather de droite et de gauche était sans doute un excellent début, en attendant que l’inspiration vînt.

Et l’inspiration vint. La silhouette de l’orphelinat se détachait dans la nuit de Star City. Adossé à un mur, de l’autre côté de la rue, dans son très seyant blouson de cuir (merci Abban, même si tout cela n’est pas très vegan), Noctis observait la bâtisse. Il n’avait aucun mal à suivre l’esprit de Heather, dans les couloirs, puis dans la chambre, où elle faisait la lecture aux enfants. Cet esprit-là avait été une heureuse, en vérité une très heureuse découverte. L’humanité des Cooper était peut-être sur le déclin, mais tout n’était pas humain dans la famille. Nul besoin d’être un mentaliste fort talentueux pour se rendre compte que l’esprit de la nouvelle fiancée (félicitations) n’était pas commun.

Noctis s’était senti naître aussitôt une vocation pédagogique enfouie. N’était-il pas de son devoir de solidarité métahumaine que d’aider la petite Heather à progresser sur la voie du mentalisme à grands pas, jusqu’au point où il ne serait plus possible à personne d’ignorer ses spécificités ? Ce fut plein de ces nobles intentions que le professeur en devenir traversa la rue, pénétra dans l’orphelinat, subjugua le gardien de nuit et se fraya un chemin jusqu’à la salle commune, où Heather, en bonne fille de capitaliste, était en train de ranger soigneusement les billets du Monopoly.

— ‘Soir.

Alex secoua la tête avant de rentrer dans la pièce et de promener un regard savamment nostalgique sur les murs, en avançant à pas lents. Si le crime ne payait pas, il pourrait toujours se reconvertir dans le cinéma.

— Non, juste… ‘Fin, j’devrais pas être là, hein, mais j’passais dans l’coin, puis James m’a laissé rentré.

James, c’était le gardien, désormais convaincu dur comme fer, et pour le reste de son existence, qu’il venait de retrouver en Alex un ancien pensionnaire qu’il avait particulièrement apprécié.

— Ça a pas tellement changé, en fait.

Il fit un geste vers un tableau de liège où étaient punaisés des dessins d’enfant.

— ‘Fin sauf ça, ‘videmment, mais d’un côté, j’suis content qu’y ait plus mes gribouillages, j’aurais eu trop la honte.

Semblant sortir de ses réminiscences un brin mélancoliques, Alex tendit la main à Heather.

— J’m’appelle Alex. J’ai vécu ici, pas mal, quand j’avais cinq ans, puis après, aussi. Avant d’être placé.

Après avoir serré la main de la jeune femme, Alex déclara, avec toute la serviabilité qui caractérise toujours les psychopathes multidimensionnels à incarnations multiples :

— J’vais vous filer un coup de main.

Et le jeune homme entreprit de ranger ce qui restait, une activité désespérante à laquelle il n’était pas vraiment habitué : non seulement aucun robot n’était là pour le faire à sa place (à se demander à quoi pensaient les gestionnaires de l’orphelinat), mais il ne pouvait pas utiliser ses pouvoirs pour ordonner en quelques secondes le capharnaüm qui l’entourait. Pourquoi tous les enfants ne passaient-ils pas, comme lui, leur temps à sagement démonter l’électroménager, à jouer aux jeux vidéos et à déshabiller leurs Action Men pour les faire participer à des joutes sportives, viriles et pleines d’une étroite camaraderie ?

— Vous travaillez ici ?

Interrogea Alex qui fourrait les légos à pleines mains dans la boîte idoine.

— J’me souviens pas d’vous, et j’ai bonne mémoire, j’suppose que vous êtes nouvelle.
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Message posté : Mar 6 Mai - 15:52 Message
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Heather ne méritait rien du tout, parfait produit d’une éducation conservatrice, elle ne demandait rien à personne, se contentait d’être là où elle devait être sans jamais faire la moindre vague. C’était le genre de personne qui, même sans connaitre les gens, serait capable de se faire toutes les boutiques « vertes » du coin pour essayer de satisfaire le moindre invité afin de ne pas totalement le dépayser. A partir de là, comment aurait-elle pu être la cible d’une personne ? Bon, évidemment, le journal tenu par son père avait fait un article peu avantageux pour un mentaliste aux capacités sortant de l’entendement mais, ce mentaliste en question était mort, son corps probablement dissout dans une explosion de laboratoire où se trouvait un tas de produits non identifiés – c’est qu’ils sont bizarres chez les NG ! Alors, de quoi aurait-elle pu s’inquiéter ?

Sa prétendue insouciance – pourtant loin d’être comparable à une blonde avocate –, pas si prétendue que ça, l’entraina donc à accueillir avec un sourire ce nouveau venu. Mais il était tellement chou, avec son regard nostalgique se portant sur les dessins punaisés à un tableau. Si encore il s’était pointé avec un sourire de travers, en parlant mal, et en exposant un long plan diabolique – ils étaient toujours trop long, bien pour ça que les « gentils » pouvaient les déjouer – Heather aurait été en mesure de réagir ou, au moins, de rester sur ses gardes. Se prendre un plateau de Monopoly sur le coin de la figure, ça pouvait faire mal. Oui, oui. Et ne parlons même pas des pions aux formes étranges qui peuvent crever un œil !

« Enchantée. » Tendant la main à son tour. « Heather. »

Dans les films, quand deux personnes ayant une base commune dans un pouvoir, ça faisait toujours des choses étranges, mettant la puce à l’oreille du Héros qui pouvait se mettre à douter de la personne qui lui faisait face. Là, rien, que dalle ! Enchantée, d’une certaine manière, elle l’était réellement. Que des anciens reviennent ici, ça prouvait que l’endroit n’était pas si terrible. Et puis, fallait le voir, il n’avait pas l’air d’être le jeune qui sort du ghetto avec une capuche sur la tête, un jogging sans forme et trois dents en plaqué or pour se la raconter devant ses potes : « Wesh gros, bien ou bien ? ». Puis si James l’avait laissé alors, tout allait bien, non ? Elle le remercia pour son aide et continua de ranger de son côté.

« Un peu moins de deux ans. » Elle prit quand même le temps de réfléchir mais, oui, c’était bien ça. « Cela dit, je ne suis que bénévole ici. »

Ce qui n’avait rien à voir avec les gens qui travaillaient réellement ici avec des plages horaires bien plus conséquentes que les siennes. La mémoire du jeune homme était donc en bon état, il aurait été dommage que ce soit le contraire à son âge, en même temps. Une boite d’un jeu français, aux allures pourtant d’un autre pays, avec des pions qu’il fallait bouger de manière moins complexe qu’un jeu d’échec et plus intéressant qu’un jeu de dames, elle continua.

« Vous êtes parti depuis combien de temps ? D’ailleurs, la directrice est toujours la même depuis une éternité, elle est dans son bureau, ça lui ferait sûrement plaisir de savoir ce que vous êtes devenu. »

Ce n’était, cela dit, qu’une supposition. Ça se trouve, elle s’en fichait complètement mais, de manière générale, elle avait l’air assez impliquée avec les jeunes présents alors, savoir ce qu’ils devenaient, en dehors de ces murs, ça devait être un peu valorisant, non ?

« Avec un peu de chance, elle garde même un carton avec tous les dessins qui ont été fait ici, vous pourriez retrouver les vôtres. »

Le ton avait été plus léger, elle avait bien compris qu’il ne comptait pas réellement revoir ce qu’il avait pu dessiner entre ces murs. Évidemment, elle aurait été bien moins détendue si elle avait su que, dans cet ancien résident – qui n’avait rien d’ancien, ni de résident – savait qu’elle avait un problème. Un foutu gène qui décidait de foutre la merde dans son code génétique, faisant d’elle tout ce que sa famille pouvait détester. Un problème qui, elle en était certaine, trouverait une solution. Après tout Jonas avait dit qu’il chercherait un moyen de neutraliser ce gène pendant que, en attendant ce moment, elle se rendait en secret chez un mage centenaire qui lui apprenait, comme il le pouvait, à maitriser ce pouvoir. Conseils qu’il tenait d’ailleurs du fameux Chase Neutron-Grey qui, à ce moment très précis, était devant elle à l’aider à ranger de manière parfaitement humaine.

« Vous savez, je peux finir toute seule, si vous voulez aller revoir certaines personnes. »

Elle n’était pas certaine que revenir ici pour ranger une salle de jeux était dans son optique et, elle ne voulait pas qu’il se sente obligé de faire quelque chose. Peut-être qu’il était trop poli pour le dire.
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Message posté : Mer 7 Mai - 10:42 Message
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— Cinq ans. Ça va faire cinq ans bientôt.

Alex rassemblait les pièces d’un puzzle pour les fourrer dans la boite et, s’il avait été de meilleure composition, il eût sans doute éprouvé une forme de compensation pour les humains qui rangeaient tous les jours des pièces de puzzle de cette façon. Leur vie ne devait vraiment pas être facile. Mais comme Alex n’avait pas d’affection particulière pour les babouins, il n’en avait pas non plus pour les humains.

— J’passerai la voir, j’pense. Elle doit s’souvenir d’moi, j’lui ai mené la vie dure, un peu.

Il esquissa un sourire amusé, comme s’il évoquait le souvenir finalement attendrissant d’une enfance quelque peu turbulente, à courir dans les couloirs de l’orphelinat. Il n’avait pas pris le temps de s’informer sur le personnel de l’orphelinat et s’il ne doutait pas de pouvoir sans peine convaincre la directrice de sa petite histoire, comme il l’avait fait avec le gardien de nuit, il lui était nécessaire d’anticiper un peu la rencontre, pour que l’inévitable confusion de cette future victime ne mît pas la puce à l’oreille de Heather. Tout en faisant mine de se remémorer sa jeunesse turbulente, il rajouta avec un sourire :

— Non, ça m’dérange pas d’ranger, ça m’rappellera les punitions. Et puis, à cette heure-ci, à part James et la directrice, doit pas y avoir grand-monde. Je repasserai p’têtre en journée si…

Il fut interrompu par le violent claquement des volets. Avec un sursaut bien calculé, le jeune homme tourna les yeux vers les fenêtres et murmura, perplexe :

— C’est bizarre, y avait pas d’vent, tout à l’heure. J’vais les fermer avant qu’ça en réveille de trop.

Il posa la boite de puzzle sur la table, ouvrit une fenêtre et, de fait, aucun vent violent ne s’engouffra dans la pièce. Au fur et à mesure qu’il en faisait le tour, les volets cessaient de claquer, alors que sa télékinésie cessait de les agiter et bientôt, seule la lumière électrique de l’intérieur, privée de la lune et des lampadaires de la rue, éclairait la salle de jeu presque entièrement en ordre. Alex referma la dernière de fenêtre et, comme si l’incident des volets n’inspirait pas en lui de plus amples réflexions, il entreprit de ranger les dernières boites de jeu, en reprenant sa conversation.

— Vous comprenez, c’est sympa de revoir tout ça, mais c’est aussi… Un peu difficile, j’crois. Dans la vie de tous les jours, on essaye de faire comme si on avait pas d’passé, enfin, que’que chose comme ça, mais ici, on est quand même obligé de se souvenir de pourquoi on est arrivé et de quand on est reparti.

Au-dessus de leurs têtes, très lentement et très silencieusement, les épaules se dévissaient.

— V’z’appelez comment, en fait ?

Alors qu’Alex se retournait vers Heather, les lumières s’éteignirent et, aussitôt, les ampoules se revissèrent. Quand la lumière revint, toutes les chaises étaient empilées en pyramide sur les tables. Alex était tout de même heureux de ne pas pouvoir pâlir : il y avait des limites à son talent de comédien. Pour l’occasion, il reste les yeux fixés sur l’empilement improbable des chaises, en espérant intérieurement que Heather avait bien vu ses classiques du cinéma d’horreur. Une seconde, deux secondes, trois secondes et le jeune homme tourna un regard apeuré vers Heather.

Pendant ce temps, l’esprit de Noctis se refermait sur celui d’une petite dormeuse, deux étages plus haut. Pour l’enfant, le Royaume des Rêves prenait des traits de plus en plus effrayants, l’atmosphère se faisait de plus en plus oppressante et, bientôt, la gamine se réveilla brusquement dans un long cri de terreur, qui résonna jusqu’aux étages inférieurs. Rien de plus qu’un cauchemar, mais quand on venait d’être témoin d’un poltergeist, ne réagissait-on pas au quart de tour ?

Plein d’un noble courage, Alex laissa tomber la boite qu’il était en train de ranger et partit en courant en direction des étages supérieurs. Il prenait juste assez d’avance sur Heather pour pouvoir…

— Mais qui êtes-v…

La main de Noctis se posa sur le front de la direction et, la seconde suivante, la femme murmura :

— Bonsoir, Alex. Heureuse de te revoir.

Cependant les cris continuaient et, de concert avec sa directrice retrouvée après de touchantes années de séparation, Alex reprit sa course pour déboucher dans la chambre où, gagnée par une brusque torpeur, l’enfant s’était replongée dans un sommeil parfaitement calme, comme l’ensemble de ses camarades du dortoir. On eût juré que personne n’avait été réveillé par les cris et qu’ils n’avaient existé que dans l’imagination des trois adultes venus voler à sa rescousse.

La directrice avança à tout hasard :

— C’était peut-être le vent… ?

Et avec un soupçon de théâtralité, Alex murmura :

— C’est une nuit sans vent…
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Message posté : Jeu 8 Mai - 13:45 Message
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Le claquement des volets l’avait surprise, ce qui chez Heather, voulait dire qu’elle avait, un peu soudainement, relevé la tête. C’est que, chez la famille Cooper, on apprend, dès le plus jeune âge, à contrôler tous ses faits et gestes, sinon comment renvoyer l’image d’une famille parfaite qui ne l’ait pas réellement ? Elle ne s’était même pas interrogée plus que nécessaire sur ce phénomène qui, de toute façon, devait avoir une explication logique. Transposée la Cooper dans un film d’horreur, et elle serait celle qui assurerait à tout le monde qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, avant d’aller vérifier courageusement dans la cave d’une vieille maison que rien ne s’y trouvait. En clair, c’était le personnage que tous les scénaristes tuaient en premier pour prouver, au public, que le film n’était pas fait pour des enfants. La lumière qui s’éteint pour les plonger dans la pénombre ? Pff, même pas peur. L’électricité n’était plus aussi fiable qu’avant, voilà tout. Des chaises mystérieusement mises en pyramide sur des tables ?

Euh…

Elle en oublia de répondre à la question du dénommé Alex, ce qui, chez elle, était déjà un summum de l’inquiétude. Tout comme la manière dont elle se figea, les sourcils froncés, en regardant les chaises. Elle essaya, pourtant, de trouver une explication logique mais, rien ne lui vint. Ses parents n’avaient, évidemment, jamais trouvé utile de parfaire l’éducation de leurs enfants avec des films d’horreur cultes, son esprit ne se tourna pas vers un poltergeist. Rapidement, elle posa son regard sur Alex, ouvrit la bouche à la recherche d’une phrase rassurante qui aurait été complètement inutile et déplacée dans cette situation. Un cri l’empêcha de dire quoique ce soit. Ce n’est qu’avec le cri d’une enfant qu’elle laissa tomber la boite qu’elle avait dans les mains pour courir vers les chambres. Alex la devança et, avant qu’elle ne sorte de la pièce, Heather se stoppa.

Une sensation étrange lui parcourra le corps sans qu’elle ne puisse l’identifier, un peu comme si tout son corps lui hurlait de se protéger contre une attaque invisible. D’accord, finalement, peut-être qu’elle avait bien plus peur que ce qu’elle imaginait. Une théorie qu’elle préféra plutôt que d’émettre l’hypothèse, pourtant réelle, d’un second pouvoir existant chez elle, cherchant à la protéger d’éventuels dégâts physique, si la situation venait à s’aggraver. Elle arriva dans la chambre, où se trouvait la petite Alicia… Endormie. La théorie déjà bancale de la directrice fut mise à rude épreuve par l’observation de l’ancien pensionnaire et, avant qu’Heather ne puisse dire quelque chose, un bruit résonna fortement dans le couloir menant aux chambres. D’un mouvement, la trentenaire se retourna, en même temps que la directrice, pour finalement voir un homme apparaitre dans l’encadrement de la porte, les mains relever en signe d’excuse, légèrement courbé sur lui-même à cause d’un souffle trop court.

« Ce n’est que moi. » Qui venait de se prendre le pied dans un meuble et avait fait tomber une sorte de vase métallique horrible qui n’avait même pas eu la décence de se casser au passage. « Je… J’ai… » Respirer, puis essayer de parler ensuite, c’était mieux. « J’ai entendu crier, je suis venu aussi vite que possible. »
« Où étais-tu ? »
« J’étais. » En train de fumer une cigarette magique dans les toilettes qu’il désigna, avant de se dire que c’était une mauvaise idée. Montrant la direction opposée, il reprit. « En train de faire une ronde du côté des chambres des garçons. »

Ses yeux, brillants comme pas permis, ne laissant pourtant peu de toute sur la nature de ses activités. Aaron, puisque c’était son prénom, avait 28 ans, sec et grand – ce qui se voyait surtout quand il se tenait bien droit, contrairement à maintenant – n’était pas bien méchant mais, définitivement, il vivait sur une autre planète. C’était bien la première fois qu’Heather ne le voyait pas avec ce sourire stupide sur le visage, comme s’il venait de se raconter une blague ou voir un évènement dont il avait été le seul témoin.

« On devrait sortir d’ici avant de réveiller quelqu’un. »

Heather désigna la porte, et avant de s’éclipser, alla tout de même vérifier qu’Alicia dormait bien. Ce qui était bien le cas. Elle referma la porte de la chambre derrière pour se retrouver avec le petit groupe improvisé.

« Non mais, rassurez-moi, vous avez bien entendu crier aussi ? » Aaron en était à se demander ce qu’il venait de fumer. Son dealer, il fallait qu’il le recroise si ça venait de là parce que, selon lui, l’expérience était trop chouette. Capable de passer d’une chose à une autre, juste en voyant un élément, son regard croisa le visage d’Alex. « Hey, t’es nouveau ? »
« C’est un ancien pensionnaire, Alex, tu ne l’as pas connu, il était parti avant que tu n’arrives. »
« Oh chouette, salut Alex, moi c’est Aaron mais tout le monde m’appelle… »
« Est-ce qu’on peut se concentrer sur notre problème ? »
« Ah ouais ,ouais, le poltergeist. »
« Le quoi ? »
« Ben, vas-y Heather, t’as pas la télé chez toi, c’est comme dans l’exorcisme. Enfin, sauf que la gamine, elle ne rampe pas au plafond, quoi. »

Il chercha un appui stratégique chez Alex qui, du groupe, était le plus jeune et donc, forcément, il devait savoir de quoi il parlait. Heather et la directrice devaient être aussi pragmatique l’un que l’autre, à la différence que la Cooper avait assisté aux déplacements de chaises.

« Il y a une autre explication. Hallucination, ou c’était un autre bruit que l’on a associé à un cri. Voilà tout. »
« Il s’est passé quelque chose d’étrange dans la salle commune. » Heather s’étonna elle-même de sa phrase. « La lumière s’est éteinte et les chaises se sont retrouvée empilée sur les tables. »

Façon œuvre d’art que personne ne pouvait comprendre parce que, c’est bien connu, personne, hormis l’artiste lui-même – et encore – ne pouvait donner une explication à de l’art. La directrice porta un regard étrangement sceptique sur la Cooper. Peut-être voyait-elle le même dealer qu’Aaron.

« Ouais voilà. C’est comme dans les émissions à la télé, peut-être qu’on devrait appeler une équipe GhostBuster ? »
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Message posté : Ven 9 Mai - 12:51 Message
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— Ouais, euh…

Tout se déroulait à merveille. Alex cachait tant bien que mal sa jubilation intérieure, sous un regard un peu incertain qui, en tout bon et ancien pensionnaire, se dirigea vers la directrice, cette figure d’autorité, à la recherche d’une approbation. Le jeune homme tenta :

— Ça existe pas, les poltergeists, hein… ?

Naturellement, dans une ville comme Star City, tous les doutes étaient permis : entre les mentalistes qui semaient la panique dans les rues, les mutants beaucoup plus concrets qui détruisaient beaucoup plus concrètement les rues, les créatures magiques de Port-Royal, les forêts enchantées sur lesquelles couraient des légendes rien moins que légendaires, les habitants de la grande ville étaient jour après jour conduits à réviser leur scepticisme. Très à propos, Aaron souligna :

— Y a quelques mois, y a une liche qu’a dévasté le Star Perk, j’sais pas c’qu’il vous faut…
— Très juste.
— Peut-être pouvons-nous commencer par des théories plus terre à…

La directrice était brusquement livide. Elle fixait un point derrière Aaron et, quand les trois autres se retournèrent, ils ne virent qu’un couloir vide : seule Alicia profitait de l’illusion créée par Noctis, où une petite fille au visage brûlée chantait d’une voix trainante une comptine pour enfants. Rien de mieux que les classiques du genre pour produire les meilleurs effets. Noctis avait hésité à généraliser son illusion, mais il préférait ne pas alerter trop tôt la méfiance de Heather : ignorant l’ampleur réelle des pouvoirs de la jeune femme, il estimait le risque de les réveiller beaucoup trop grand. Il lui fallait des victimes intermédiaires.

— M’dame ?

La petite fille disparut et Alicia murmura d’une voix lointaine :

— J’dois être… Je suis fatiguée, c’est tout. La journée a été longue.
— Peut-être que l’orphelinat a été construit sur un ancien cimetière indien.
— Bah il a pris son temps pour s’réveiller, l’cimetière indien, parce que, quand j’étais là, personne s’amusait à faire d’l’art contemporain avec les tabourets.
— Et vous ne pensez pas que ça pourrait être…

… un mentaliste. Noctis, qui guettait l’émergence des hypothèses dans les esprits d’Aaron et d’Alicia, balaya cette solution trop proche de la réalité des pensées de la directrice, qui se défirent aussitôt, laissant la femme dans une confusion évidente.

— … je ne sais pas.

Il lui avait semblé, quelques secondes auparavant, tenir un raisonnement logique : Star City était une ville pleine de mutants, l’orphelinat accueillait chaque jour de nouveaux pensionnaires, et donc… et donc… Mais sa raison butait invariablement aux portes de la conclusion et elle finit par passer une main dans ses cheveux.

— Faut appeler des spécialistes !
— Parce que t’as l’numéro des chasseurs de fantômes dans ton répertoire, toi, p’têtre ?
— Hmm…
— Et… je, l’UNISON, ils ne s’occupent pas de ce genre de choses ?
— Euh… J’crois pas. ‘Fin, j’ai jamais bien compris c’qu’ils faisaient, m’enfin, j’me vois mal appeler le standard et leur dire qu’on a peur, parce qu’on a entendu une gamine crier.

Des bruits sourds résonnèrent au-dessus d’eux, alors que Noctis était en train de déplacer par télékinésie des meubles à l’étagère supérieur. De concert, ils levèrent les yeux vers le plafond.

— Faut évacuer.
— Il y a plus d’une centaine d’enfants ici et nous ne sommes que quatre, en comptant James. C’est trop compliqué à gérer. Et puis… Et puis tout cela est absurde.
— Alicia… Aaaa… Liii… Ciaaaa…

La voix enfantine résonnait à nouveau dans les seules oreilles de la directrice, qui regarda tout autour d’elle.

— Qu… quoi ?

Alex échangea un regard entendu avec Heather, tandis qu’Aaron jubilait. Le jeune homme s’approcha de la bénévole et murmura à son oreille, d’un ton préoccupé :

— Vous pensez pas qu’on devrait appeler un médecin, surtout ? J’veux dire, v’s’avez, un psychiatre ? Parce qu’elle a pas l’air…

Il n’eut pas l’occasion — comme c’est étrange — de finir sa phrase. Des voix, cette fois-ci bien audibles par tous, s’élevèrent en concert, qui répétaient à leur tour le prénom de la directrice. Et pour cause : l’esprit de Noctis s’était immiscé dans celui des dormeurs et, dans les chambres, chaque enfant de l’étage, dans son sommeil, murmurait en boucle le prénom. Pareille adhésion populaire ne paraissait pas enchanter l’objet de toute cette attention et, après avoir plaqué les mains sur ses oreilles — une tentative futile, alors que la voix fantomatique, elle, résonnait depuis l’intérieur de ses pensées — la directrice, à bout de nerfs, hurla :

— SILEEEENCE.

Et le silence se fit, brusquement, dans sa tête, dans le couloir, alors que les enfants goûtaient à nouveau à un sommeil entièrement paisible. Un silence qui n’avait plus rien de la saveur du calme nocturne : pesant. Embarrassé. Lourd du pressentiment des événements futurs. Alex, pour sa part, songeait sérieusement à se reconvertir dans le cinéma ou les parcs d’attraction.
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Message posté : Lun 12 Mai - 10:57 Message
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Heather voulait une explication rationnelle et, elle aurait volontiers été en chercher une si, depuis quelque temps, comme une adolescente à la noix, elle n’allait pas voir secrètement un certain mage. Là, son esprit alla à l’essentiel : poltergeist > paranormal > mystique > magie. Si le groupe ne pouvait pas évacuer l’orphelinat – un peu extrême – mais qu’ils n’avaient pas de solutions immédiates, ils avaient peut-être besoin de l’avis de quelqu’un de plus spécialisé, non ? Quand Alex demanda à Aaron s’il avait le numéro d’un chasseur de fantômes, Heather redressa la tête, ouvrit la bouche et, avant de dire quoi que ce soit, elle se rétracta.

Ses pensées s’étaient dirigées vers Adrian et le téléphone qu’elle avait dans une de ses poches. Il aurait été facile de l’appeler, de lui demander conseil. Elle le savait mage, elle le savait centenaire, il avait forcément un avis sur la question. Mais 1) elle ne se voyait pas, en tant que Cooper, dire à tout le monde qu’elle connaissait peut-être une personne – l’appel devrait être passé avec plus de discrétion. 2) elle n’avait aucune envie de réveiller tout le manoir – puisque le centenaire en question n’avait pas de portable – pour quelque chose dont elle n’était même pas certaine. 3) il y avait une explication forcément plus terre à terre.

Elle quitta ses pensées pour lever, comme tout le monde, la tête au plafond. La directrice avait eu un début d’hypothèse avant de se rétracter mais, en fait, à y regarder de plus près, elle semblait être la plus touchée par le phénomène. Alex – et il faut vraiment que j’arrête de vouloir écrire Chase – sembla le remarquer aussi, vu les mots qu’il glissa à Heather. Mots contredits presque instantanément. Ok. C’était carrément flippant. Quand le silence se fit à nouveau, Heather alla devant la directrice et tenta de capter son regard.

« Alicia ? » Elle attrapa les mains de la directrice. « Alex à raison, s’il devait y avoir quelque chose d’étranges avec ces lieux, il y aurait eu des signes bien avant. » Alex, ou Dieu, avait toujours de raison de toute façon, c’est seulement que tout le monde n’était pas au courant. « Il doit y avoir un nouvel élément qui déclenche tout ça. »

L’élément en question était dans son dos, pas très loin. En tout cas, c’est la conclusion qu’était en train de se faire Aaron, suite aux paroles d’Heather – les drogués, ils ont toujours raison, seulement on ne les écoute jamais. Un peu sceptique, il porta son regard sur le fameux Alex qui revenait comme par hasard le soir où tout ce bordel avait lieu. Sauf que la trentenaire, de son côté, était dans une tout autre optique et ne vit pas ce regard interrogatif qu’il pouvait porter à Alex.

« Katie fait des cauchemars depuis combien de temps ? »
« Je... Euh… »

La directrice agita la tête un instant, avant qu’Heather n’encadre son visage de ses mains pour la forcer à se concentrer sur elle et sur la question qu’elle venait de lui poser. La théorie d’un esprit, la trentenaire n’y croyait plus tellement, elle misait plus sur la découverte d’un nouveau pouvoir de mentaliste d’une des jeunes résidantes de l’orphelinat. A bien y réfléchir c’était ce qui lui semblait le plus logique… Non, en fait, c’était ce qui lui paraissait le plus acceptable. Comprendre que la magie existait réellement avait déjà été un assez grand pas en avant mais, elle n’était pas prête à en voir partout autour d’elle sous différentes formes.

« Je ne sais pas… Je… Quelques jours. »

Aaron, dont les neurones avaient été altérer par des substances inspirées, ou par la volonté d’un mentaliste, n’avait toujours rien dit de ce qu’il pensait, ou ce qu’il pensait penser et, il décrocha complètement son regard d’Alex quand Heather se tourna vers lui.

« Aaron, donnez-moi votre briquet, s’il vous plait. » Parce qu’il fallait rester polie en toutes circonstances.
« Un briquet, moi ? Mais… Mais, j’ai pas ça. »

Elle tendit la main et agita les doigts de manière à lui faire comprendre qu’il n’était pas crédible. A contre cœur, il fouilla dans une de ses poches pour sortir le petit objet qu’il déposa dans sa main.

« Qu’est-ce que tu comptes faire Heather ? J’suis pas sûr que foutre le feu au bâtiment soit une bonne idée. »
« Je vais faire ce qu’on fait quand on croit qu’un monstre est sous le lit. »
« Le brûler ? »
« Voir dessous. »

Elle fit demi-tour et quitta le couloir pour entrer doucement dans la chambre où se trouvait la jeune Katie. Honnêtement, elle ne savait pas trop ce qu’elle comptait trouver dans la chambre, ni même si elle allait voir quelque chose sur la gamine en question mais, cette dernière était perturbée depuis quelques jours alors, peut-être que ça avait un rapport. Dans la pénombre de la pièce, elle dut s’y reprendre à deux fois pour réussir à allumer le criquet, qui semblait avoir été bien utilisé, histoire d’avoir un semblant de lumière, sans réveiller tout le monde et pour se diriger sans problème vers le lit de la petite.
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Message posté : Mar 13 Mai - 10:48 Message
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Le doute germait dans l’esprit d’Aaron et, avec une subtilité de toxicomane, ce dernier fixait obstinément Alex, qui tourna les yeux vers lui et lui adressa un sourire assez rassurant pour convaincre n’importe qui de changer d’identité et d’émigrer au Panama. Aaron sentit un frisson parcourir son échine mais le mentaliste ne fit aucun effort pour le rassurer artificiellement, et reporta son attention sur Heather, qui partait courageusement inspecter les dessous de lit. Un acte héroïque qui aurait sans doute valu une bonne dizaine de points, si les administrateurs étaient plus cléments.

En attendant, Alex avait recommencé à sourire à Aaron et, peu à peu, le surveillant soupçonnait anguille sous roche. Anguille ? Que dis-je : baleineau sous gravillon.

— Ça t’amuse, tout ça ?
— Tout le monde aime un bon mystère, non ?
— C’est toi qui…
— Chuuut…

Alex posa l’index sur ses lèvres et Aaron fut plongé dans une sorte de léthargie éveillée. Le mentaliste tourna un instant le regard vers Alicia, qui sentit à nouveau la peur monter en elle, mais cette fois-ci accompagnée d’une ferme conviction quant à la marche à suivre : la directrice tourna donc les talons pour retourner à son bureau. Les yeux du mentaliste se reportèrent sur la porte de la chambre où Heather inspectait le lit de Katie et le battant claqua violemment, bientôt suivi du verrou, enfermant l’infortunée Cooper avec les enfants réveillés en sursaut.

Alex fit signe à Aaron de le suivre, et avec une parfaite docilité, le surveillant emboita le pas à ce sympathique ancien pensionnaire. Quelques minutes plus tard, Aaron était assis dans les sous-sols, par terre, dans la poussière, et il se balançait d’avant en arrière en murmurant « Noctis, Noctis », tandis que Noctis, Noctis, lui, avait rejoint le bureau de la directrice, qui mettait en application sa brillante solution : regarder dans le vide. Ambiance. Alex fixait la femme, adossé au mur, près de la fenêtre.

— C’est pas vraiment amusant, vous savez. On imagine ça, enfin, j’imaginais ça, avant ce soir, que la vengeance, c’était quelque chose d’amusant, ou de satisfaisant, au fond du ventre, comme un bon repas. En fait, on a toujours l’impression que l’autre souffre moins qu’on a souffert.

Un sourire triste passa sur le visage de Noctis.

— J’imagine comment elle se voit. C’est un peu pareil pour tout le monde, je suppose. Vous êtes riche, vous êtes raisonnablement célèbre, et vous vous dites : c’est ma famille, c’est pas moi. C’est ma famille qui fait ceci et cela, c’est ma famille qui prêche la morale, c’est ma famille qui publie un journal, finance des campagnes électorales, va aux débats télévisés, travaille pour l’UNISON ou le CODE. Les Cooper, les Veidt, les Roberts, les NG… Chacun peut se dédouaner. Moi, pour une fois, j’aimerais que chacun prenne ses responsabilités, que chacun assume son allégeance. Ou devienne transfuge.

Alicia n’était peut-être pas un public très attentif et Noctis renonça à expliquer ses motivations.

— On va passer un coup de fil.

La directrice de l’orphelinat s’anima brusquement, se saisit du combiné de son téléphone et composa le numéro de téléphone de sa bénévole préférée qui, contrairement aux mages centenaires, avait un portable.

— Heather… C’est Aaron… Je crois qu’il est devenu fou, je crois que… Je ne sais pas où il est parti. J’ai peur pour les enfants. Heather… J’ai peur pour… Je sais pas ce qu’il a fait à Alex, je…

Et par un calme d’automate tranchant radicalement avec cet ultime pic d’anxiété, Alicia raccrocha le combiné, avant de sentir son esprit se vider un peu plus. La pièce tourbillonna autour d’elle et elle finit par s’évanouir. En voilà une qui, finalement, s’en tirait à bon compte. Noctis ferma les yeux et son corps se mit à luire de la lueur caractéristique de la Pierre de Lune — puis la lumière se dissipa et, dans la demi-obscurité du bureau de la directrice, Noctis avait entièrement disparu. Quelques mètres plus bas, en revanche, Aaron retrouvait brusquement son calme et se redressait.


Le surveillant fit rouler ses épaules, rouvrit et ferma sa mâchoire, laissa les os de son cou craquer, une fois à gauche, une fois à droite.

— Bizarre.

Aaron ferma fort les paupières et les rouvrit après quelques secondes. Ses yeux, qui avaient brillé jusque là d’une lumière surnaturelle, retrouvèrent leur apparence normale.

— Plus discret. Excellent, excellent.

Il n’empêchait : Noctis ne serait pas fâché de retrouver son propre corps. Et à en juger par la manière dont il se sentait dans celui-ci, Lukaz non plus. En attendant, Aaron sortit de son cagibi du sous-sol et se mit à parcourir les couloirs à la recherche d’un ustensile bien précis.

— Il doit bien y avoir une hache d’incendie, dans le coin…
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Message posté : Ven 16 Mai - 0:54 Message
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Ça ne faisait pas très longtemps qu’elle s’était avancée dans la chambre que, déjà, la porte claquait derrière elle. Le briquet éteint, elle se retourna vivement. Pas de vent, ça, elle l’avait bien compris. Dans un premier temps, elle songea au fait que la directrice, ou une autre personne, avait refermé la porte derrière elle pour que les bruits de couloir ne réveillent pas les gamines. Fermeture qui avait foiré et c’était fini en un claquement. Le bruit du verrou qui suivit, la fit changer d’avis. Elle luta contre son envie de courir vers la porte et de hurler de lui ouvrir, une non-action motivée uniquement parce que les six fillettes de la chambre venaient de se réveiller en sursaut. Pas la peine de les inquiéter encore plus, avec la vision d’une adulte s’acharnant sur une porte.

« Heather ? Qu’est-ce que si se passe ? » La trentenaire se tourna vers la petite Ambre qui venait d’allumer la lumière de chevet à côté de son lit mais, pas le temps de répondre.
« J’ai peur. »
« J’ai fait un cauchemar horrible. »

Les six y allaient de leurs sentiments, certaines restaient en boule sur leur couette, d’autres cherchaient à comprendre, et l’une commença à pleurer. C’est vers cette dernière qu’Heather alla et, quelques secondes plus tard, une Katie dans les bras, la Cooper se tourna vers les autres petites filles.

« Il ne faut pas vous inquiéter, c’est le vent. Juste le vent. » Théorie à laquelle elle ne croyait pas une seule seconde.
« Mais, y a pas d’vent. »
« Parce que, justement, on a fermé toutes les portes et les fenêtres. »

Un argument comme un autre. Heureusement – ou pas – elle n’eut pas le loisir de trouver une autre explication qu’elle sentit son téléphone vibrer dans sa poche. Relâchant Katie, elle attrapa l’objet pour voir le numéro de l’orphelinat s’afficher. Une pointe d’inquiétude fut déjà présente quand elle décrocha, pour grandir quand elle n’arriva pas à faire en sorte que la directrice se calme. La communication fut coupée et Heather se demanda pourquoi est-ce que c’était elle qu’Alicia avait appelé, si Aaron était devenu fou, c’était la police qu’il fallait prévenir.

« Ce n’est pas l’vent, hein ? »
« ça va aller. » Non, ce n’était pas le vent.

La Cooper composa le numéro censé la ramener directement à la police mais, forcément, c’est à ce moment que son téléphone décida de ne plus capter. Ok. Les téléphones portables, ce n’était pas ce qu’on faisait de plus fiable : le mieux était de descendre pour aller utiliser le téléphone du bureau de la directrice. Se tournant à nouveau vers les gamines, elle décida d’aller vers Ambre qui semblait être celle qui restait le plus calme. Accroupi, devant la gamine, elle posa son regard sur elle.

« Ambre, je vais avoir besoin que tu fasses quelque chose de très important pour moi, tu veux bien ? »
« Un peu comme une mission de confiance ? »
« C’est tout à fait ça. » Elle attrapa son trousseau de clés et en sortit une. « C’est la clé de votre chambre. Je vais sortir d’ici et je veux que tu refermes à clé derrière moi. »
« Tu peux pas partir. » Heather tourna la tête.
« Je vais revenir très vite. » Elle revint sur Ambre. « Tu peux faire ça pour moi ? »
« Oui. »

Heather la remercia, la félicita, et se releva pour se diriger vers la porte. Une fois déverrouillée, elle se tourna à nouveau vers la petite Ambre.

« Tu n’ouvres à personne d’autre que moi, d’accord ? Même si c’est quelqu’un que tu connais. Je reviens. »

Et c’était bien ça l’idée : revenir le plus rapidement possible. Rassembler tous les enfants pour les mettre dans la même pièce aurait pris beaucoup trop de temps, surtout au réveil alors, le mieux était d’aller au plus rapide pour appeler des secours. Elle traversa quelques couloirs en courant pour arriver dans le bureau, où son regard tomba sur une directrice inerte.

« Alicia ? »

Rapidement, elle s’approcha et comprit, avec soulagement, qu’elle était seulement inconsciente. Cette soirée ne faisait pas que virer au cauchemar, ça l’était réellement. Inspirant, elle essaya de ne pas céder à la panique, il fallait penser aux enfants ici et ne pas jouer les héros en espérant pouvoir régler la solution toute seule. Si elle avait un pouvoir pouvant la protéger des attaques extérieures – ce qu’elle ignorait – ce n’était pas le cas des pensionnaires. Elle décrocha le téléphone pour composer le numéro de la police.
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Message posté : Sam 17 Mai - 10:36 Message
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— Excellent.

Aaron ôta la hache de son support, sur le mur, et la manipula maladroitement. C’était bien la première fois qu’Alex maniait un pareil engin et le corps d’Aaron n’était pas vraiment taillé pour les activités de bûcheronnage, mais comme, à proprement parler, il ne comptait abattre aucun arbre ni décapiter qui que ce fût, pour le spectacle, ça suffirait bien. Aaron allait quitter le sous-sol quand Alex songea à couper la ligne téléphonique. Dans les vieux films d’horreur qu’il avait vus — et par vieux, il entendait ceux qui n’étaient pas encore en 3D — les lignes téléphoniques étaient toujours coupées. Mais d’un autre côté, à une époque où tout le monde, sauf les mages centenaires, avait un téléphone portable, quel pouvait bien être l’intérêt ? Délaissant cette entreprise vaine, Aaron se dirigea vers les étages supérieurs, tandis que Heather joignait la standardiste du 911.

En d’autres termes, les secours allaient sans doute arriver. Heather était une Cooper et les Cooper ne contactaient sans doute que les forces de l’ordre les plus traditionnelles, quand ils se trouvaient prisonniers d’un orphelinat hanté, à la merci d’un fumeur de drogue possédé par le Malin. La Légion était sans doute plus à même de gérer une semblable situation, mais enfin… La hache sur l’épaule d’Aaron, Alex méditait la situation. Il comptait bien retrouver la Cooper, l’effrayer un peu avec un discours bien senti, mais il n’aurait sans doute pas le temps de faire plus : la police allait arriver et il fallait qu’on le retrouvât lui. Ou bien qu’il passât pour mort. Comme il n’avait aucune envie de faire une déposition, la seconde solution lui parut la plus appropriée.

Lorsqu’il arriva à l’étage du bureau de la directrice, Aaron saisit sa hache à pleine main et se mit à adopter une démarche plus erratique. Un peu comme un zombie. Chase n’avait jamais fait de théâtre et s’il avait toujours été (très) doué pour les mensonges de sang-froid, c’était un autre art que d’incarner un personnage, et il n’avait aucune idée de ce qui faisait le possédé le plus convaincant. Le zombie, c’était donc un bon compromis : il se mit ainsi à traîner un peu de la jambe. Et puis à respirer fort. C’était parfait. Fixer un point devant soi, essayer de baver un peu — même si ce n’était pas si facile que cela, de baver sur commande.

L’ambiance de la soirée compensait sans doute ce qui manquait à Aaron en termes de potentiel effrayant quand il débarqua dans le bureau de la directrice, hache à la main. Le surveillant possédé fixa Heather et murmura dans un râle :

— Heather… Tu… es…

En bas, dans la rue, les sirènes résonnèrent. Au téléphone, Heather avait dû être assez convaincante, parce que la police n’avait pas tardé à se lancer vers l’orphelinat — le nom Cooper y était peut-être pour quelque chose. Accessoirement, dans une ville comme Star City, la police était toujours plus disposée à croire aux histoires abracadabrantesques qu’ailleurs.

— … maudite…

Aaron commença à être enveloppé par la lumière de la Pierre de Lune. Au rez-de-chaussée, l’agent Svenson fit signe à l’agent Garner de se diriger vers le couloir de droite, tandis qu’elle-même montait à l’étage. Tandis qu’à l’étage, la lumière se dissipait et qu’Aaron, sans connaissance, heurtait violemment le sol en lâchant sa hache, la lumière enveloppait l’agent Svenson, qui s’arrêta à mi-chemin, dans la cage d’escalier, un frisson lui parcourant le corps. Elle cligna des yeux plusieurs fois et murmura :

— Oh… ça c’est…

Étrange. Alex fit rouler ses épaules pour sentir le poids de sa poitrine, qui n’était certes pas considérable, mais enfin… Et ce n’était pas le seul détail féminin de ce nouveau corps qui le dérangeait. Tout en espérant intérieurement qu’aucune de ses incarnations ne vînt à l’avenir le coincer définitivement dans un semblable habitacle, il reprit sa route et, pour ne pas arriver trop au but, ce fut avec une lenteur méticuleuse d’agent consciencieux que Svenson progressa dans le couloir qui menait au bureau de la directrice. De temps à autre, elle vérifiait :

— Garner ? Vous trouvez quelque chose ?
— Tout est calme. C’est peut-être une mauvaise blague ?
— Restez sur vos gardes.

Évidemment, les réjouissances à l’orphelinat étaient finies et Alex essayait d’improviser une nouvelle activité. Il voulait encore avoir quelques minutes seul à seule avec Heather, pour enfoncer le clou. Intérieurement — à l’intérieur de Svenson, précisément — il se reprochait de ne pas avoir anticipé l’appel à la police. C’était… En réalité, c’était beaucoup trop normal pour lui. Que lui restait-il ? Conduire Heather et Alicia jusqu’au commissariat, pour prendre les dépositions. Là-bas, il trouverait bien un moyen de la prendre entre quatre yeux. Après tout, Alex était mort et si Heather avait embrassé son statut de mutante, nul doute qu’elle aurait pu le sauver. Il espérait bien que la Cooper serait réceptive à cette culpabilité.

— Miss Cooper ? Agent Svenson, SCPD. Miss Cooper ?
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Message posté : Lun 19 Mai - 0:45 Message
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Un tas de choses lui passa par la tête – façon de parler – quand Aaron se pointa dans le bureau avec sa hache. Heather, qui avait été penchée au-dessus d’Alica pour tenter de la réveiller, s’était redressée soudainement et avait bloqué. Figé par une peur. Jonas : ce fut la première personne à qui elle pensa. Retrouvée une jumelle morte, une hache plantée dans la tête, ce n’était pas ce qu’on faisait de moins traumatisant. Puis tout s’était enchainé : les enfants dans leur chambre, un mage, la directrice inconsciente, l’ancien pensionnaire qui avait mal choisi son jour pour revenir. C’est bien plus loin, qu’elle commença à s’interroger, toujours à une vitesse folle, sur la manière dont elle allait mourir parce que, en fait, elle n’avait pas réellement envie de finir sa vie de cette manière. Malgré tout ce qui pouvait se passer dans sa petite tête, malgré son rythme cardiaque qui allait finir par faire expulser son cœur si ça continuait comme ça, malgré tout ça, une seule chose traversa ses lèvres à la déclaration d’Aaron.

« Je suis au courant. »

Elle n’avait pas réellement besoin qu’un type qui avait pris un shoot sévère lui explique ce qu’elle savait. Elle n’était pas humaine et, franchement, c’était bien pire que toutes les malédictions qui pouvaient exister selon elle. Par contre la théorie du type drogué qui avait pris quelque chose de très étrange s’évapora au moment où il fut enveloppé par une lumière avant de s’écrouler sur le sol. Heather se laissa glisser, à son tour, sur le mur où elle s’était plaquée en le voyant arriver. Les genoux repliés contre elle, la tête enfermée dans ses mains, elle essaya de contrôler sa respiration, de se raccrocher à quelque chose pour : 1, ne pas céder à la panique. 2, ne pas devenir complètement folle. 3, ne pas penser à tout ce qui pouvait être bizarre dans cet orphelinat.

Le souvenir des gamines enfermées dans la chambre eut raison de son état. Doucement, elle se releva, fit des efforts considérables pour ne pas poser son regard sur tous les cors inertes de cette pièce, et ouvrit l’un de tiroirs du bureau d’Alicia pour en prendre le trousseau de clés. En tout cas c’est ce qu’elle essaya de faire mais ses mains tremblaient beaucoup trop pour réussir à faire quelque chose. Une main en appui sur le bureau, elle ferma les yeux, inspira profondément et… Sursauta. Ils avaient une formation pour faire peur aux au SCPD ou quoi ?!

« Aaron il a… Il est… Je crois que… Euh… » D’accord, si elle n’était même plus fichue de garder un discours cohérent, les choses allaient devenir compliquées. Mais parler d’une lueur, puis de tout ce qui s’était passé… Elle soupira. « C’est un cauchemar. »

Et elle aurait vraiment souhaité que ce soit le cas. Si, là, elle pouvait se réveiller dans son lit, elle en serait plus que soulagée. Mais, non ! Ou un délire collectif, une drogue dans les canalisations. Ou même que sur elle, un truc ingurgité contre son gré et, hop, elle avait vu des choses qui n’étaient pas possibles. Oui, ça aussi ça serait bien comme explications mais impossible. Par contre, pas sûr qu’elle se sente coupable d’une mort parce que, tout ce qu’elle pouvait faire, à sa connaissance, c’était d’empêcher les gens de rentrer dans son esprit – pour ce que ça fonctionne – du coup, n’ayant pas conscience d’un autre pouvoir, elle aurait difficilement pu sauver quelqu’un. Elle passa sa main de libre sur son visage, et arriva à prendre le trousseau de clés.

« Les filles… » Elle posa son regard sur l’agent qui venait de faire son entrée dans le bureau. « Il faut que j’aille voir les filles, dans la chambre 12 pour être sûre qu’elles vont bien. »

Comme une preuve de sa bonne volonté, elle leva les clés, comme si ça constituait une preuve en soi. Sauf qu’elle n’était pas très certaine qu’on lui laisse quitter une pièce, avec des personnes inconscientes sur le sol, et une hache, juste parce qu’elle le disait. En fait, elle n’avait juste aucune idée de la manière dont ce genre de choses se passait, puis son cerveau semblait vouloir tourner au ralenti. La seule chose à laquelle elle avait pensé, c’est prendre ces fichues clés pour ouvrir, au cas où Katie ne voudrait pas ouvrir.

« J’étais avec elles quand la directrice à appeler pour dire qu’Aaron était… Euh qu’il était bizarre qu’il s’en était pris à Alex et qu’elle avait peur pour les enfants. » Elle venait de le vivre donc tout ça coulait de source pour elle. « Les filles, je leur dis de s’enfermer dans la chambre pour qu’il ne puisse pas entrer mais… »

Mais il n’était pas entré, puisqu’elle le désigna d’un geste de la tête, sans pour autant poser son regard sur lui.
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Message posté : Lun 19 Mai - 11:50 Message
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— D’accord. Ça va aller, calmez-vous. Asseyez-vous.

Alex était très doué en policière salvatrice — ou alors il avait regardé beaucoup de séries télévisées, c’était plus probablement cela. Lui-même n’avait pas une idée précise des protocoles réellement appliqués, par les vrais services de police, dans une situation de ce genre, alors il puisait dans la mémoire de Svenson. Hélas, son hôtesse n’avait pas eu d’expériences précédentes, dans sa carrière, où elle avait trouvé une représentante du gratin de la ville au milieu du carnage, une hache près d’elle. Pour donner le change, Svenson se pencha et prit le pouls d’Aaron.

— Il est toujours vivant.

Puis elle activa le talkie-walkie sur son épaule et lança :

— Garner, montez à l’étage, j’ai trouvé quelque chose.

Avant de se retourner vers Heather :

— On va vérifier que les petites vont bien, et vous m’accompagnez au commissariat.

***

Alex n’avait pas encore décidé s’il laisserait filtrer l’information numéro 1 de la soirée : Heather Cooper avait été conduite au commissariat. Il n’y avait pensé qu’après coup, que son ennemie du genre était aussi une personnalité médiatique et que la presse serait sans aucun doute fascinée de pouvoir se répandre en spéculation sur les crimes commis par la jeune femme. C’était rendre aux Cooper la monnaie de leur pièce et Alex devait bien avouer que la perspective ne manquait pas de charme. Mais il déciderait de cela plus tard. Pour l’heure, Svenson avait installé Cooper dans une petite salle à l’écart et lui avait servi un café, avant de s’éclipser, le temps d’en apprendre plus sur les événements à l’orphelinat. Le temps de réfléchir.

À l’orphelinat, la police inspectait les lieux, mais il n’y avait pas grand-chose à trouver : le mystérieux Alex s’était évaporé et nulle part on ne trouvait de traces de lui, quoique Aaron assurât qu’il l’avait décapité d’un coup de hache. Il y croyait dur comme fer. La directrice, quant à elle, était bien incapable de tenir le moindre discours cohérent, pour l’heure : on avait donc décidé d’attendre qu’elle se remît des émotions. Les agents des services sociaux étaient ainsi venus reprendre en main l’établissement et pour les enfants, la nuit n’avait été qu’un peu mouvementée : aucun ne se souvenait des cauchemars qu’on leur prêtait.

En d’autres termes, jusqu’à preuve du contraire, il n’y avait pas de véritable victime et les enquêteurs sur les lieux étaient prêts à croire à une mauvaise blague d’un surveillant sous l’influence de l’un de ces nouvelles drogues. Alex s’était probablement enfui et il avait eu raison : on le retrouverait, pour prendre sa déposition, grâce aux archives de l’orphelinat. Alex se promit de falsifier les archives en question, dès qu’il serait sorti du commissariat — et du corps de Svenson, accessoirement — si toutefois celles-ci étaient informatisées. Dans le cas contraire, sa petite machination serait sans doute éventée. Mais pour l’heure…

Pour l’heure, Svenson revenait dans la salle où l’on recevait habituellement les familles des victimes ou les témoins. Bien moins intimidant qu’une salle d’interrogatoire, bien plus privé que l’espace ouvert dans lequel s’agitaient perpétuellement les équipes de la brigade. Svenson s’assit devant Heather, croisa les mains sur la table et posa son regard dans celui de la Cooper.

— La directrice de l’orphelinat a été hospitalisée dans un service psychiatrique, au moins pour la nuit et le surveillant est incarcéré. Les services sociaux sont à l’orphelinat. Et on a retrouvé le corps du jeune homme. Alex. Il est mort. Six coups de hache.

Merci le tact pour annoncer les mauvaises nouvelles.

— Une nuit mouvementée, n’est-ce pas ?

Un sourire se dessina sur les lèvres de Svenson. Le verrou de la porte tourna pour la fermer et les persiennes descendirent d’elles-mêmes. Quand y en a plus, y en a encore.

— J’espère que vous avez apprécié. Je suis sûr que quelqu’un d’aussi… particulier que vous a trouvé ça plaisant. Quelque part. Au fond. La sensation que ça éveillait quelque chose. Les gens comme vous, Heather, ne sont pas faits pour le quotidien.

Il n’était pas aussi persuadé qu’il ne voulait bien le laisser entendre qu’Heather eût été ravie de son expérience, mais il souhaitait simplement souligner que les pouvoirs de la jeune femme ne lui étaient pas inconnus. Et histoire d’en rajouter une couche…

— J’ai hâte de lire les gros titres demain. « Une nuit au poste de police pour Heather Cooper ». Qu’est-ce que vous en pensez ? Vous croyez que le Daily Herald relaiera l’information ? Il faut avouer que c’est une histoire croustillante.

Du mystère, des fantômes, des folies inexplicables et une riche héritière : c’était du pain béni pour les journaux. Svenson s’appuya contre le dossier de sa chaise, sans se départir de son sourire.

— Ou peut-être que je pourrais rentrer dans votre corps, vous faire retourner à l’orphelinat, ramasser la hache et commencer à réduire le nombre des pensionnaires. Qu’est-ce que vous en pensez ? Si vous n’étiez qu’une humaine, ce serait facile, évidemment. Mais est-ce que dans ce cas précis, vous n’êtes pas contente de votre mutation ? Les boucliers mentaux, très utiles… Pas infaillibles, certes. Mais très utiles. Vous ne trouvez pas ?
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Message posté : Mar 20 Mai - 11:43 Message
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« Mais… »

Elle releva les yeux sur l’agent de police, cessant de faire tourner le café, qu’elle n’avait pas touché, entre ses mains – déjà un signe plus que visible chez la Cooper où chaque geste était travaillé depuis 30 ans. Elle n’ajouta rien mais, six coups de hache, tout de même. Aaron était arrivé dans le bureau sans la moindre trace de sang et, avec une hache toute propre. Pas qu’elle voulait remettre l’histoire de Svenson en cause mais c’était un peu étrange, non ? Le regard interrogateur d’Heather prouvait son scepticisme mais, à aucun moment, elle n’exprima ses pensées à haute voix, pas certaine de savoir ce qu’elle devait dire ou non.

Elle ne s’interrogea pas longtemps sur la question qu’elle porta déjà son regard sur la porte dans un léger sursaut. Non, pas encore… Devait-être la première pensée qui lui traversa l’esprit avant de se concentrer à nouveau sur Svenson qui, en fait, était bien étrange. Il fallut un temps d’adaptation à Heather pour comprendre le changement de comportement de l’agent de police, sans comprendre ce qu’elle entendait par « particulier ». La porte était encore son meilleur allié, elle avait envie de sortir d’ici, demander à voir quelqu’un de moins bizarre et… Et en fait, la porte était verrouillée, ce n’était pas même pas la peine de tester.

Les mains sur ses jambes, cachées sous la table, Heather encaissa les paroles de Svenson jusqu’à ce qu’il soit question de possession et de pouvoirs. De ses pouvoirs. A elle. Un de ses ongles s’enfonça dans la paume de ses mains : se concentrer sur une douleur mimine, respirer, rester détachée. Facile à dire. Difficile à mettre en œuvre. Oh, et essayer de mettre ses pensées en second plan, derrière d’autres moins importantes : essai qui ne servait à rien mais, elle ne le savait pas.

« Ce sont des enfants. »

Ce qui, à ses yeux, constituait une raison suffisante pour ne pas l’envoyer tuer des pensionnaires. Yeux qui, d’ailleurs, n’étaient toujours pas remontés sur la femme et restaient, obstinément, sur le bord de la table. D’une, la sécurité des enfants lui semblait particulièrement importante. Deux, ça lui donnait une bonne raison pour ne pas avoir à parler de son problème génétique dont Svenson connaissait la nature. Forcément, en premier lieu, Heather s’était demandée si ce n’était pas Adrian qui en avait parlé à quelqu’un, l’info ne pouvait pas venir de Jonas. Impossible. Mais, très vite, elle en était venue au fait que personne n’avait rien dit, que les pouvoirs de la personne d’en fasse étaient bien suffisants pour savoir ce que Heather pouvait faire. Un deuxième ongle s’enfonça légèrement dans la paume de sa main et elle releva la tête pour regarder la femme qui lui faisait face.

« Oui. Je suis certaine que le Daily Herald pourrait relayer l’information si cette histoire venait à sortir. » Elle fit mine de réfléchir un instant. « Je crois même que ça pourrait raconter comment certaines personnes utilisent leurs pouvoirs pour manipuler les autres. Mieux, pour manipuler une personne de la famille Cooper, comme représailles, à cause des articles que peut sortir le journal. » Elle haussa légèrement les épaules. « Oui. En fait, je crois même que ça pourrait donner plus de poids à l’argument majeur du journal. »

Troisième ongle d’enfoncé. Entre l’attitude qu’elle avait et ce qu’elle pensait, il y avait une différence majeure. Une différence qui n’existait que grâce aux plus trente ans d’éducation stricte ou il convenait d’apprendre à rester calme et sûr de soi dans n’importe quelle situation. Ce n’était pas n’importe quelle situation, et elle était loin d’être aussi sereine que ce qu’elle voulait bien le laisser croire.

« Je ne sais pas ce que vous imaginez mais, vous vous trompez. Le quotidien me convient parfaitement. » Une vie parfaitement humaine aussi. « En fait, je ne vois même pas ce qui peut être appréciable dans cette situation. »

Un groupe fillettes terrorisé – ignorant qu’aucun souvenir n’était gardé – une directrice internée, un surveillant qui allait probablement avoir un tas de problèmes. Et un ancien pensionnaire qui… Elle se mit à sourire en secouant la tête, réaction plus nerveuse qu’autre chose. Pas de sang sur la hache, pas de traces sur Aaron, quelques choses de nouveau dans l’orphelinat… Alex ! Et elle n’avait rien vu.

« Pourquoi ? » Parce qu’elle ne comprenait pas vraiment le but de tout ça. « Pourquoi impliquer autant de personnes ? » Et, surtout des enfants qui n’avaient rien demandé. « Les chaises, les volets, ce n’était pas suffisant ? »

Quatrième ongle. Donner l’illusion de maîtriser les choses. Éviter de parler de sa tare génétique.
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Message posté : Mar 20 Mai - 14:35 Message
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Il devait bien reconnaître une chose : Heather avait des nerfs d’acier. Elle eût fait une héroïne sans doute très talentueuse. Peu à peu, Alex se mit à songer à cette possibilité : Heather protégeant les enfants au péril de sa vie. Heather redressant les torts. Elle avait déjà toutes les valeurs nécessaires à une discrète carrière de Vigilante, protégée par une identité publique au-dessus de tout soupçon. Peut-être que quelques incitations suffiraient à la mettre sur une toute autre voie. Peu à peu, le plan d’Alex se modifia — c’était comme une partie d’échecs, quand des ouvertures inattendues se faisaient jour, sur le tard.

Alex profita du discours assuré de Heather pour méditer la suite de la conversation. Quand la jeune femme eut fini, un sourire peu engageant se dessina sur les lèvres de la policière.

— Parce que vous croyez que ça m’intéresse vraiment, ce que le journal peut dire sur les… mutants ? Les magiciens ? Les… Je ne sais pas, quel est le terme politiquement correct ? Métahumains ? Supers ? Vous avez été bien élevée, Miss Cooper : toujours à ne penser qu’au tout petit monde qui vous entoure. Un monde bien rationnel. Un monde où l’on peut jouer à force égale. Votre monde. Pas le mien. Moi, je n’ai pas d’intérêt à défendre. Vous voyez…

Svenson se pencha un peu plus en avant.

— Pour moi, humains, mutants, sorciers, chamans, que sais-je encore, pour moi, vous êtes tous à peu près semblables les uns aux autres. Vous courez comme de toutes petites créatures à vos toutes petites affaires, sans vous douter de ce qui monte lentement des profondeurs de votre monde, de la force qui va bientôt surgir et vous écraser tous. Mais je suis fasciné de constater que vous croyiez réellement en vos arguments. Que les enfants soient des enfants, mais, Miss Cooper, ça n’en rendrait leur mort que plus savoureuse…

Le jour où Alex tuerait un enfant innocent n’était certes pas arrivé, mais cela, Heather n’était pas obligée de le savoir.

— Vous me décevez, Miss Cooper. Vous devriez aller plus souvent à la Bible : vous sauriez que le Mal existe. Et que nous ne nous soucions pas de vos préoccupations mortelles. De vos impératifs moraux. Vous et votre journal, et votre bonne conscience, vous et votre monde, vous êtes l’arbre dans lequel monte notre sève empoisonnée. Vous observer en train de vous débattre est à la fois plaisant et pathétique. Alicia ? Plaisante et pathétique, à s’occuper de ses enfants. Alex ? Plaisant et pathétique, à me traquer, à se faire passer pour un gentil petit pensionnaire et à se décomposer. Lui au moins a eu le mérite de comprendre qu’il n’était pas de taille. Je suis sûr qu’il est encore roulé en boule dans un recoin du sous-sol. Vous faites si bien, vous, les humains : vous rouler en boule dans des coins et vous balancer d’avant en arrière, comme si les berceuses allaient vous protéger de l’Enfer. Hélas, Miss Cooper, l’enfer s’ennuie parfois des mortels et il vient les chercher dans leur propre monde. Alors, vraiment…

Svenson se recula.

— Pourquoi impliquer d’autres personnes ? Parce que c’est amusant.

Et la policière fut enveloppée d’une lueur exactement semblable à celle qui, une heure plus tôt, avait émané d’Aaron. En quelques secondes, la lumière se dissipa et Svenson s’affaissa sur sa chaise, avant de glisser au sol, inconsciente comme l’avait été le surveillant. Cette fois-ci, le corps d’Alex se matérialisait à nouveau, pour de bon, dans les sous-sols de l’orphelinat. Il n’était pas mécontent de son histoire : à en croire Svenson la démoniaque, il avait été un jeune vigilant un peu trop sûr de lui qui avait souhaité s’opposer au démon, dont il avait pressenti l’attaque. Sans succès. Il s’agissait désormais de donner le change.

Alex s’assit donc un coin, ramena ses genoux contre lui et se balança une ou deux fois d’avant en arrière, pour prendre le coup. Puis son esprit chercha dans les étages supérieurs un policier secourable susceptible de venir le récupérer. Bientôt, l’agent Reynolds découvrait le jeune homme prostré dans un coin de la cave, le regard dans le vide, et il eut toutes les difficultés du monde à le faire se relever.

— Ça va aller, mon garçon. Qu’est-ce qui s’est passé ?
— J’ai pas été, je peux pas… j’ai pas…
— Tu es en état de choc. On va remonter, d’accord ? C’est fini.

Alex continua à marmonner quelques paroles incompréhensibles, histoire de marquer le coup, tout en se laissant conduire à la surface. Il eut enfin le droit à la traditionnelle couverture, à l’arrière de l’ambulance, le temps de se recomposer un air un peu plus conscient. Il commençait à se demander s’il n’allait pas pouvoir tirer de toute cette soirée un jeu de rôle à succès. En attendant, il commençait à insuffler aux aimables représentants des forces de l’ordre l’envie de le conduire au commissariat. Il avait une Cooper à revoir.
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Message posté : Dim 25 Mai - 23:41 Message
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Oui, bien sûr que oui, elle avait pensé que ça l’intéressait. En fait, elle avait même pensé que c’était, très justement, le problème : ce que le Daily Herald pouvait dire. Heather n’était pas Jonas, elle n’était pas en mode paranoïaque tout le temps mais, les actions contre les locaux du journal, les altercations avec son jumeau, tout ça était bien réel. Parce que, dans son monde à l’apparence parfaite, il n’y avait pas lieu de s’en prendre à des gens, juste pour s’amuser. Alors oui, elle s’était autorisée le droit de penser que tout ça était en rapport avec le journal de son géniteur.

Mais à écouter la femme – qui n’était pas vraiment elle – ça allait bien au-delà de tout ça. Les Cooper, en bons Américains, avaient une éducation religieuse. Les jumeaux, sur ce point, étaient semblables : s’ils donnaient le change en public, ils n’y croyaient pas. Qu’il existe d’autres forces définies comme bien ou mal, pourquoi pas. Mais, dans un monde entouré de Super, des personnes avec des pouvoirs, la dimension religieuse était, au sens d’Heather, superflue. C’est seulement que, à une époque, les gens ne savaient pas identifier les pouvoirs. Un type avait marché sur l’eau : ok, c’était un être supérieur. Tout n’était, finalement, qu’une question de pouvoir. Ça n’avait toujours été que cela.

Une croyance profondément ancrée malgré l’éducation reçue, un peu mise à mal par les paroles de la « chose » en face d’elle. Le meilleur mentaliste s’éteignait et, à sa suite, surgissait quelque chose d’autre. L’ironie. Voilà pourquoi elle n’était pas contre les Super, parce que, quoiqu’on en dise, les humains n’étaient pas de taille contre certaines menaces. Difficile de réfléchir à tout ça, difficile de savoir quoi dire, difficile de savoir quoi faire. Elle encaissait les paroles, se décomposant un peu plus que ce qu’elle ne le voulait mais, les propos avaient été horribles, surtout la partie concernant les enfants… Sûrement, aussi, celle qui faisait référence au fait que quelque chose allait surgir. Tout ça, juste parce que c’était amusant…

L’agent Svenson s’écroula au sol et, dans le même instant, Heather se releva en vitesse. En temps normal, c’est vers Svenson qu’elle se serait dirigée, pour s’assurer qu’elle allait bien mais, rien n’était normal dans cette soirée. Heather se retrouva à la porte, dans l’incapacité de l’ouvrir, à tambouriner dessus pour attirer l’attention de quelqu’un. Il devait y avoir 50 façons de sortir d’ici : regarder si Svenson avait les clés, se servir du moyen de communication de l’agent au sol, … Mais non, au lieu de réfléchir, Heather avait été à ce qui demandait le moins de réflexion.

« Qu’est-ce… » L’homme qui ouvrit la porte porta son regard sur la collègue au sol. « Qu’est-ce que vous avez fait ? »
« Rien ! »

Elle se poussa laissant passer l’homme qui, accroupit à côté de Svenson, comprit qu’elle était seulement évanouie. Apparemment, ça joua sur son humeur qui se fit un peu moins accusatrice.

« Qu’est-ce qui s’est passé. »
« Je… Euh… Je n’en sais rien. »

Elle expliqua, tout de même, cette histoire de lueur autour de l’agent, se garda de parler du dernier échange assez menaçant qu’ils avaient pu avoir. Heather enchaina sur le fait que ça c’était déjà produit à l’orphelinat sur le surveillant mais, le policier fut plutôt sceptique.

« Vous êtes sérieuse là ? »
« J’ai vraiment l’air de rire ? »
« Non mais, vous êtes une Cooper et, voir des Super qui font n’importe quoi, partout, c’est un peu votre philosophie, non ? »

Lui dire, dans des termes polis qu’il n’était qu’un abruti fini, avec des idées complètement obtus lui traversa l’esprit mais, se mordant légèrement l’intérieur de la joue, elle se ravisa.

« Vous devez bien avoir des caméras, vous n’avez qu’à regarder les enregistrements puisque, apparemment, parler de pouvoirs est forcément une extrapolation venant de ma part. »

L’homme lui désigna la porte en lui demandant de sortir mais de ne pas trop s’éloigner parce qu’il aurait sûrement d’autres questions à lui poser. La Cooper ne se fit pas prier trop longtemps, elle quitta la pièce, ne fit pas tellement attention aux gens autour d’elle et prit la sortie la plus proche, le plus rapidement possible. Dehors, l’air frais eut quelque chose de réconfortant alors qu’elle essayait de reconnecter son cerveau. Appeler quelqu’un. Elle devait appeler quelqu’un. Mais qui ? Jonas, c’était hors de question, il allait être inquiet et dès que ça touchait Heather, il ne se maitrisait plus aussi bien. Autant éviter. Son père ? Ça allait virer au scandale. Adrian ? Drôle d’idée bien que c’était sûrement le plus apte à l’aider quand il était question de choses étranges. Non, le mieux était encore d’attendre, de voir comment les choses allaient se passer, gagner du temps, établir une stratégie avec l’autorité familiale et…

Ses pensées furent interrompues quand une voiture arriva et qu’un jeune en sortit avec une couverture sur les épaules. Heather parcouru les quelques mètres qui les séparaient, passa à côté d’une autre policière qui préféra interrompre son geste visant à arrêter la progression de la Cooper.

« Alex ? Est-ce que ça va ? »

Et dire que, quelque temps plus tôt, elle avait été prête à l’accuser de tout ce qui venait de se passer mais, cette théorie ne tenait plus après les paroles entendues dans la salle, et ne correspondait pas non plus à l’état dans lequel il se trouvait.
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