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La honte suit l'orgueil

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Message posté : Mar 29 Avr - 19:21 Message
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De Principatibus

ϟ Âge : 28
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 19/09/1989
ϟ Arrivée à Star City : 25/04/2014
ϟ Nombre de Messages : 7703
ϟ Nombre de Messages RP : 761
ϟ Célébrité : Francisco Lachowski
ϟ Crédits : Cookie
ϟ Doublons : /
ϟ Âge du Personnage : Antédiluvien
ϟ Statut : /
ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
ϟ Liens Rapides :     


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La honte suit l'orgueil


Quartier du Front de Mer. Kane Street. La rue destinée aux jeunes étudiants et aux artistes branchés mais sans le sou du moment. À rouler devant ces façades semblables les unes aux autres bien que pas une ne fut pareille à une autre, Louis se demandait s'il n'y avait pas là quelque bien à vendre qu'il pourrait acquérir afin de ne plus dépendre de sa tante qui le logeait actuellement. Ce n'est pas qu'il craignait d'être jeté dehors, mais commençait à lui peser de ne pas disposer d'un logis où vivre à sa convenance et, surtout, où se doter d'une sorte de base d'opérations. Mais le quartier ne l'intéressait guère plus que cela, et il n'était pas urgent de se loger ni d'accéder à l'indépendance domestique. Cela viendrait plus tard, il était inutile de presser les événements. Longeant la rue, le chauffeur du taxi demanda au jeune homme perdu dans ses pensées où il devait s'arrêter et le descendre. Louis, peu désireux d'attirer l'attention sur lui, ordonna que le véhicule s'arrête dès à présent, et après avoir réglé ce qu'il devait au conducteur à la tête peu affable, il s'en alla sur le trottoir en gardant au bout de ses doigts la carte de visite de celle qu'il allait voir. Emma Melbourne, détective privé. C'était bien la première fois qu'il allait rencontrer ce genre d'individus, et il se demandait s'il serait à l'aise au cours de l'entretien qui suivrait sans doute des présentations cordiales. Un peu serré dans son costume de travail, car il venait de quitter la répétition générale du prochain concert donné à l'opéra Beaudrie, il s'arrêta devant un loft aux allures modernes et pratiques qui indiquait le numéro désigné sur la carte. Était-il au bon endroit ? Tout semblait l'indiquer, mais il avait un mauvais pressentiment, qu'il écarta et mit sur le compte de la gêne que suscitait en lui les causes de sa venue. Le souvenir encore brûlant des événements lui faisait l'effet d'une gifle chaque fois qu'il y repensait, et Louis ne savait pas toujours dissimuler son trouble sous un sourire. Parfois la façade craquèle.

Il fourra la carte de visite dans son sac, une besace de cuir ocre, et hésita un instant avant d'entrer. Était-ce un strict lieu de travail, où bien ce bâtiment abritait-il aussi un lieu de vie, une résidence ? La résidence du détective, peut-être ? Cela n'avait en soi aucune espèce d'importance, mais la curiosité de Louis lui dictait parfois de surprenantes questions. Il s'avança, franchit la porte. Un large sourire s'étira sur ses lèvres, avant de disparaître presque aussitôt. On l'accueillit avec sympathie, et le pria d'attendre dans un salon où sa patience ne fut pas mise à si rude épreuve, puisqu'il fut reçu très rapidement par celle qu'il était venu voir. En dépit du nom sur la carte, qui ne pouvait tromper sur l'identité du détective, Louis garda pour lui l'étonnement qu'il éprouva de voir, face à lui, une femme. Ce n'est pas qu'il avait quelque préjugé à l'égard de ce sexe, mais il avait sans doute à l'esprit que la profession était masculine et conservatrice. Mais étant donné qu'il ne pouvait se targuer de connaître beaucoup de détectives privés, il s'amusa lui-même de sa niaiserie et se figura donc qu'une fois de plus, ce n'était qu'une vague séquelle de son propre parcours professionnel : rares étaient les femmes à tenir la baguette de chef, dans les orchestres à travers le monde.  « Bonjour, mademoiselle Melbourne. Je suis Louis d'Ax, et je crois que nous avons déjà communiqué par téléphone. Vous souvenez-vous ? » Modestement, il la suivit jusque dans le bureau où, pensait-il, l'entretien allait se dérouler. Il ne manqua pas, avant de s'installer où elle l'y invita, d'observer tout autour de lui, sans l'air d'y toucher, l'environnement qui conditionnerait leur conversation pour les moments à venir. Ce n'est pas qu'il était particulièrement sensible à ces questions mobilières, mais en y accordant de l'intérêt, il allégeait ses paupières du fardeau incommodant des images de l'événement qui motivait sa venue ici. Et justifiait le recours au service d'un détective privé.

Légèrement gêné par la situation, Louis croisait les jambes et n'affichaient plus le sourire désinvolte des débuts de la journée, mais plutôt la moue qui le caractérisait quand il ne savait trop où se mettre, non de honte, mais d'inconfort. Le fauteuil où il avait pris place n'était pas responsable, aussi ferait-il contre mauvaise fortune bon cœur.  « Je vais être honnête avec vous, je ne suis pas tout à fait à l'aise à l'idée d'être ici, avec vous. Ce n'est pas que j'ai quelque chose contre vous. » Il insista sur ces derniers points avant de poursuivre en serrant d'une main tendue son genou. « Mais les raisons de ma venue sont assez embarrassantes. Je ne doute pas de votre... éthique professionnelle... » Ces mots lui coûtèrent plus qu'il n'y parut. Après tout, l'idée qu'il se faisait du travail d'un détective privé n'était jamais loin du mauvais rôle de tous les vaudevilles nauséeux, bien loin de la figure d'un Sherlock Holmes. Lui-même, d'ailleurs, venait voir Emma Melbourne pour une histoire plus ridicule que sérieuse. Il essaierait malgré lui de ne pas projeter sur elle le propre dégoût que lui inspirait sa conduite. « … mais je préfère m'assurer que vous comprendrez la nécessité de ne rien ébruiter de ce que je vous confierai. Vous avez toutes les obligations d'un confesseur, non ? Le secret, la discrétion, à l'égard du client, n'est-ce pas ? » Il ne put retenir un rictus famélique. À son poste, la demoiselle avait sans doute entendu bien des histoires farfelues. Celle de Louis pêcherait par défaut d'originalité, sans doute, et ses motivations à lui seraient, hélas, bien trop proches de celles de tous les hommes de la terre qui connurent ce qui l'amenait ici. Et comme il comptait miser gros sur la tête de la détective, qui l'aiderait dans ses desseins, il espérait bien en avoir pour son argent et ne pas seulement offrir en pâture à une âme gonflée de voyeurisme le spectacle de sa déconvenue.
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Message posté : Mar 29 Avr - 23:51 Message
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Les affaires fonctionnaient plutôt bien. En effet si Emma n'était installée à Star City que depuis quelques mois, la ville semblait avoir besoin de personnes de sa profession. Le bouche à oreilles avait fonctionné et elle ne manquait pas de travail, elle s'était même offert le luxe d'avoir une secrétaire à temps partiel, pour gérer l'accueil et la paperasse sans importance. Il faut dire que ses capacités hors du commun et la possibilité de porter le masque de Vengeance une fois la nuit tombée l'aidaient grandement pour résoudre des cas délicats, ce même si elle s'arrangeait toujours pour que le lien ne soit pas fait entre la justicière et la détective, quitte à y perdre un peu. Les affaires se résolvaient, et si y super y avait mis son grain de sable, personne ne s'en souciait : c'était commun dans cette ville.
Mais même avec une secrétaire, elle avait toujours à faire. Rien que la comptabilité par exemple : peut-être son sang suisse, mais elle se sentait investie du devoir de gérer ses finances elle-même, et de décider du budget consacré au développement de son cabinet... Et de sa cave, accessoirement. Ce qui était le cas en ce jour. Le mot cave avait bien évidemment un double sens et si sa secrétaire pensait que la détective était en ce moment en train de faire l'inventaire de ses grands crus de Bordeaux, elle se mettait le doigt dans l'oeil. Elle lui avait dit de ne pas la déranger et de simplement la prévenir par l'interphone lorsque son rendez-vous arriverait.
Car la jeune détective s'occupait actuellement de son « autre » cave. Celle dont l'accès était sécurisé et qui renfermait quelques secrets qui ne gagneraient pas à être dévoilés. Les archives de sa mère transformées en base pour Vengeance, mais aussi en nouvelles archives, pour Emma. Elle y conservait les informations sur certaines enquêtes, tout comme sur ses diverses rencontres depuis son arrivée. Elle conservait les éléments qu'elle jugeait utile, ainsi que tout début de piste concernant la mort de sa mère dix ans plus tôt. Décidée à découvrir la vérité, elle avait finalement franchi le cap et repris contact avec des personnes qui connaissaient la défunte. Si à l'époque elle ignorait tout des histoires de cœur de sa mère, elle savait enfin qu'il y avait probablement quelqu'un et que cet individu était peut-être celui qui avait aussi perdu la vie dans l'accident de moto qui l'avait privée de celle qui avait toujours pris soin d'elle. Alors elle cherchait à en savoir plus sur cet homme, en apparence droit dans ses souliers.

Ce travail d'investigation personnel lui prenait du temps, c'est ainsi qu'elle fut surprise d'entendre sa secrétaire l'appeler via l'interphone en plein milieu d'une lecture d'article. Elle releva la tête et se dirigea vers l'appareil pour répondre qu'elle arrivait. Juste le temps d'enlever un peu de poussière sur la jupe parfaitement repassée de son tailleur avant d'attraper une bouteille remplie d'un sombre breuvage et de monter les escaliers.
Elle tendit la bouteille à son employée en lui donnant des instructions claires sur le lieu et les conditions de conservation (il fallait toujours avoir quelque chose de prêt à être consommé dans le bureau en cas d'affaire résolue) puis elle s'avança jusqu'à la salle d'attente, entrant avec un sourire poli pour rejoindre ce nouveau client et lui serrer la main. Elle le laissa se présenter tout en hochant la tête avant de répondre sur un ton accueillant.


« Monsieur D'Ax, bien entendu, enchantée. Suivez-moi je vous prie, le bureau est par ici. »

Avec un nom comme celui-là il devait être d'origine francophone mais Emma se retint de lui révéler qu'il s'agissait de sa seconde langue maternelle. Elle l'invita donc à traverser un couloir pour entrer dans un bureau de style baroque, à dominante boisée. L'endroit pouvait presque sembler vieillot pour qu'une jeune femme de son âge y travaille, mais c'est ainsi qu'elle l'aimait, sobre et chic à la fois, une ambiance où régnait le calme propice à la confiance.
Emma désigna un siège à son potentiel client avant de contourner son large bureau pour prendre place à son tour et se mettre à son aise afin de signifier qu'elle était toute ouïe. Et, sentant un léger inconfort de la part de monsieur D'Ax -ce qui n'était pas rare chez les personnes qui pénétraient pour la première fois dans ce type de bureau, elle l'invita à s'exprimer.


« Je vous écoute. »

Il commença par lui expliquer sa gêne, ce qu'elle ne prit pas mal, se contentant de conserver une attitude calme et ouverte. Cependant, plus il en disait, plus elle commençait à se poser des questions, jusqu'à ce qu'il lui demande de conserver le plus grand secret sur la raison de sa présence. Comme si elle allait lui jurer de tout crier sur les toits... Bien évidemment que le secret professionnel la concernait, tant qu'il ne lui avouait pas avoir tué et extrait les fluides de 24 femmes et recourir à ses services pour trouver la 25ème qui lui permettrait de créer le parfum parfait. Ceci dit, il était inutile d'ironiser sur la question : c'était un client, et un client inquiet de surcroît. Alors elle ferait comme elle avait fait avec tous ceux qui lui demandait de la discrétion : la promesse de garder le silence et en cas de nécessité, la signature d'une clause de confidentialité -si accord il y avait.

« Monsieur D'Ax, je comprends vos inquiétudes, mais pour obtenir la plaque qui est fixée à l'entrée de ce cabinet, j'ai prêté serment : tout comme les médecins. Saviez vous qu'aujourd'hui, certaines personnes n'ont plus recours à la police pour certains litiges pourtant sans importance, uniquement car en faisant appel à un détective leur vie privée sera préservée et leur personne traitée avec respect ? »

La voix d'Emma restait douce et pas une seule intonation ne s'élevait plus fort qu'une autre. Elle semblait honnête dans ses propos et ne cherchait ici qu'à prouver qu'elle était en mesure de tenir sa langue sur ce qu'il aurait à lui dire. Elle alla même jusqu'à ouvrir un tiroir pour en sortir un modèle type de clause de confidentialité, pour le lui donner afin de prouver sa bonne parole.

« Si votre doute persiste, il existe ce genre de garantie. Même si ce sont d'habitude les grosses sociétés qui demandent une signature. »

Un légère tentative d'humour, pour essayer de décoincer l'ambiance. Emma comprendrait vite si la vue de ce genre de document suffisait à lui faire oublier ses craintes. Mais s'il se trouvait dans ce bureau à l'heure actuelle c'est qu'il avait déjà réfléchi à la question et ne souhaitait se l'entendre dire que pour être conforté dans sa démarche. Alors ne restait qu'à entendre sa requête et en discuter.
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Message posté : Mer 30 Avr - 0:49 Message
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La dominante baroque avait séduit le chef d'orchestre, qui se sentait comme chez lui dans ce bureau en dépit des sombres motifs qui l'y avaient conduit. Fait d'abondance et de redondance excentrique, il ne pouvait que plaire à cet esprit pétri d'une culture musicale italianisante. Comme tout élève ayant reçu ses cours de solfège dans les conservatoires français, il avait ce goût de conquérant pour tout art ayant sa source en Italie. Un peu comme si le vieux rêve Milanais des Valois lui avait été musicalement transmis. Ou n'était-ce qu'une lubie d'étudiant passionné de musique et d'histoire ? Non content d'admirer le bureau, Louis apprécia également la réserve silencieuse de la demoiselle, qui se tut et le laissa parler sans réagir – un simple haussement de sourcils de sa part aurait suffi à le convaincre d'aller partir pour s'adresser à un autre détective privé. Mais elle sut garder et tenir sa place, et il l'en sut gré. Il l'écouta donc avec d'autant plus d'attention lorsqu'elle fit référence à sa plaque de détective, ainsi qu'au rôle croissant de ces derniers qui parfois même supplantaient la police dans l'esprit du public. Louis n'y avait jamais réfléchi, aussi se surprit-il à douter de prime abord de la véracité des propos de la professionnelle. Sans doute prêchait-elle pour sa paroisse ? Mais ses paroles faisaient sens, il en était de plus en plus convaincu à mesure qu'elle parlait. Ce qui acheva de le persuader, c'est le document qu'elle délogea d'un des tiroirs de son magnifique bureau. Il s'agissait d'un document type, une clause de confidentialité dont le but était d'assurer le client du détective privé de son entière discrétion. Cela ferait l'affaire. Cela ferait même parfaitement l'affaire ! Louis s'était convaincu, s'il parvenait à un accord, il s'en remettrait à elle. Un tel saut dans le vide lui donna sur l'instant quelques frissons d'amusement. Il n'avait aucun moyen de jauger l'efficacité de la demoiselle dans son travail, mais après tout, que risquait-il ? Le péril était faible, et la promesse du gain était sérieuse. Elle serait donc payée en conséquence, et lui en aurait pour son argent. Il ne restait donc qu'à déterminer le contrat.  « Très bien. Je vous prie de pardonner mon excès de précautions. Je ne suis pas encore tout à fait sensible aux mœurs américaines. » Il était bien évident qu'en France, la figure du détective privé n'était pas parmi les plus favorisées du public. « Nous intégrerons cette garantie au contrat. J'imagine qu'il me faut vous narrer l'aventure qui m'a conduit jusqu'à vous, maintenant. »

Louis inspira avec gravité. La vanité tressait un bâillon à ses lèvres, aussi dut-il se contraindre à débuter le récit de cette nuit qu'il n'oublierait jamais. Mais la joliesse de l'ensemble mobilier qui décorait le bureau suffit à le défaire de ses derniers doutes. Emma Melbourne était une femme de goût, elle était donc nécessairement une personne de confiance. Louis s'amusa intérieurement de ce grotesque raccourci.  « C'était le soir du vingt et un février de cette année. À seize heures de l'après-midi, je dirigeai, à l'Opéra Beaudrie, la première de Rinaldo, l'opéra d'Haendel, d'après un livret de Giacomo Rossi. Vous y étiez peut-être ? » Il guetta un instant la réponse, mais ne sembla guère s'y attarder ni s'y intéresser vraiment. Louis maîtrisait malgré lui trop bien les ficelles d'une mondaine conversation. « Et à vingt heures, j'étais à la soirée qui a suivi à l'opéra, un gala organisée par madame Melissande Beaudrie, personnalité que vous connaissez certainement, elle dirige l'opéra et œuvre assez activement au sein du gratin de Star City. » Il avait dit cela non sans une certaine note de mépris dans la mélopée de sa douce voix où perçait trop souvent encore l'accent de son pays natal.  « Il se trouve que je suis son neveu. Je ne sais pas si cela vous sera utile, mais je le précise malgré tout. » Il se tut, cette fois-ci plus longuement et son regard se perdit dans le vide. Il ne regardait plus la demoiselle face à lui, mais le plat du bureau de travail où le provoquait la clause de confidentialité qu'il ne manquerait pas de signer. Puis, revenant à lui, il respira un bon coup, comme on dit, et reprit la parole en regardant la détective droit dans les yeux.  « Je suis veuf. Il m'arrive d'oublier mon état dans des bras étrangers, certains soirs, et spécialement les nuits qui suivent une représentation magistrale. Et croyez-moi, la première de Rinaldo fut mémorable. Alors au cours de la soirée qui a suivi, j'ai rencontré plusieurs personnes susceptibles de... tiédir mon lit de leur aimable présence, si vous voyez ce que je veux dire. J'avais le choix, ce soir-là. J'aurais pu repartir avec le fils d'un des banquiers les plus en vue de la ville, ou même avec la sœur du chanteur qui tenait le rôle d'Argante. J'aurais même pu repartir avec l'épouse d'un des plus proches collaborateurs de monsieur le maire. » Ce qui prêtait le plus à rire, dans ce discours, c'est que Louis disait cela avec provocation mais sans vantardise, et qu'il était d'ailleurs peu conscient de l'image de fanfaron qu'il pouvait donner de lui-même. Ou peut-être la percevait-il et s'en amusait-il tout autant ? Mystère !

 « Hélas, j'ai jeté mon dévolu sur une demoiselle d'une grande beauté. Et après une fin de soirée des plus agréables et une nuit très reposante, à mon réveil, elle n'était plus là. Je ne m'en suis pas formalisé, c'est toujours ainsi, j'exige qu'ils s'en aillent avant que je ne quitte le sommeil. » Louis soupira mais cette fois, ce n'était pas de dépit, de honte, ou de lassitude. C'était de rage. Une rage qu'il ne dissimulait plus. Et le ton particulièrement grinçant de sa voix ne laissait aucun doute sur ce qu'il pensait de cette délicieuse créature de la nuit qui était, malgré elle, l'héroïne de son récit.  « Et qu'ai-je découvert à mon réveil ? J'ai constaté plusieurs disparitions d'objets très précieux dans mon appartement. Cette ingrate m'a volé, mademoiselle Melbourne. Goûtons vous et moi l'ironie de ce qui m'est arrivé. » Et presque aussitôt il éclata d'un rire qui lui venait non pas du cœur, mais du ventre. C'était le rire du joueur conscient d'avoir été battu et qui attend impatiemment le prochain tour de cartes. Et au creux de son ventre, au plus profond de ses tripes s'était noué les ronces d'une promesse. Celle de reprendre la main.
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Message posté : Jeu 1 Mai - 13:00 Message
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S'il n'y avait presque plus aucun doute à ce sujet, l'homme confirmait tout de même qu'il n'était pas d'origine américaine en expliquant qu'il n'était pas au point sur les mœurs locales. Soit, sa nationalité importait peu tant qu'il payait. Il souhaitait d'ailleurs faire usage de la clause de confidentialité -si elle avait bien compris- ce qui coûterait un peu plus cher. Pourquoi faire payer plus pour un simple bout de papier signé ? La question était pertinente puisqu'après tout, les détectives étaient tenus au secret professionnel. Eh bien ce document était un service comme un autre, une garantie bonus, et une garantie, c'est quelque chose que l'on achète. De plus, le prix est synonyme de qualité, rendre ce service gratuit aurait été une faute professionnelle ou une incompétence. Mais ils n'en étaient pas encore à la négociation du contrat alors inutile de mentionner les détails de la facture dès maintenant.
Comme le soulignait le francophone, il était temps pour lui de raconter ses mésaventures afin qu'Emma puisse voir ce qu'elle était en mesure de faire pour lui. Et si elle s'était attendue à cela, elle aurait sans doute pris pop-corn et soda. Cet individu était hors du commun, sa manière de raconter lui donnait presque l'air d'une diva. Le terme collait puisque effectivement, il semblait dire qu'il travaillait à l'opéra. Il n'y avait aucun doute, il aimait ce qu'il faisait et souhaitait le montrer puisqu'il demandait à Emma si elle était présente à cette fameuse représentation. Hélas pour lui, elle secoua lentement la tête de gauche à droite.


« Navrée, ma présence était requise ailleurs. »

Si son « navrée » était complètement hypocrite, elle ne le montrait pas, employant un ton compatissant. Elle ne voulait pas se hâter et se faire une idée préconçue du personnage, mais il lui rappelait déjà certains camarades de l'université privée suisse dans laquelle elle avait commencé des études de journalisme. Un comportement « exquis », une certaine élocution qui laissait à penser qu'ils étaient au centre du monde et que leur art faisait l'épanouissement de tous. Emma n'aimait pas ce genre de personne mais, par habitude, avait appris à cohabiter et même à se faire apprécier d'eux. Après tout, la plupart n'avaient pas conscience des réalités du monde extérieur, d'avoir vécu dans un cocon de dorures les avait conditionnés. Alors un chef d'orchestre -puisqu'il disait avoir dirigé la représentation- n'échappait probablement pas au cliché, le monde de la musique classique était une niche souvent réservée à l'élite.
Le fait qu'il appartienne à la famille Beaudrie confirmait ses origines bourgeoises. Et si les parents d'Emma avaient à l'époque fréquenté les milieux huppés, ce n'était pas son cas : malgré le milieu dans lequel elle avait grandi, elle avait fini par comprendre que son âme ne s'épanouirait pas dans les galas mondains, elle était une version émancipée de sa mère, celle qui avait su totalement rompre avec l'étiquette pour mener sa vie comme bon lui semblait. Mais pour en revenir à notre mélomane, elle l'encouragea à ne pas omettre de détail comme il avait jugé bon de le faire en donnant le nom de sa tante.


« Toute piste est bonne à prendre, n'hésitez pas. »

Maintenant qu'il avait précisé de quel milieu il venait, voilà qu'il entrait enfin dans le vif du sujet, donnant au passage quelques détails sur sa vie privée. Elle songea un instant à une blague alors qu'il listait les potentielles conquêtes d'un soir, ne voyant toujours pas où il voulait en venir. Fallait-il qu'elle compatisse sur la difficulté qu'il pouvait éprouver à choisir parmi un panel aussi large de partenaires sexuels ? Ou qu'elle le félicite de ne pas sombrer dans un deuil éternel ? Au lieu de cela, elle resta à l'écoute, en apparence totalement compréhensive : c'était un client, rien de plus.
Et ce client en venait enfin aux faits : sa conquête du soir -elle était étonnée de ne pas savoir dans quelle pièce ni dans quelle tenue ils avaient conclu- lui avait dérobé quelques biens de valeur. C'est à ce moment-là que la vraie Emma lui aurait lancé à la figure un claironnant « On vous a jamais dit qu'il faut se protéger avec les partenaires d'un soir ? » mais elle se retint, ne lâchant même pas un sourire en imaginant cette réplique. Au lieu de cela, elle baissa les yeux comme pour partager sa peine.
Puis elle les releva pour fixer son interlocuteur un long moment avant de se décider enfin. Elle était là pour lui porter conseil et l'aider dans sa démarche, le motiver à mettre en œuvre tous les moyens pour punir cette criminelle. Non pas que ce qu'elle venait d'entendre la touche, les enquêtes qui la passionnaient réellement concernaient les véritables injustices, mais ce type-là connaissait du monde et semblait bavard, alors si elle parvenait à l'aider, la popularité de son cabinet serait boostée aux EPO.


« Je n'utiliserai pas le terme ironie. Cette personne malhonnête a injustement profité de vous et cela est intolérable. En venant à vous elle était probablement au fait de votre patrimoine, elle a dupé votre confiance. »

Son ton était sans appel et Louis pourrait facilement se sentir soutenu s'il se contentait de boire les paroles d'Emma. Elle n'allait cependant pas trop en faire, elle garderait le discours de psychologue pour plus tard. Tant qu'elle avait la parole, autant en profiter pour collecter un maximum d'éléments afin d'évaluer la difficulté de l'investigation et d'établir un devis. Puis il fallait tout de même l'avouer, elle était curieuse d'en savoir plus sur le genre de femme qui pourrait bien offrir son corps à un veuf fortuné dans l'unique but de le déposséder de quelques biens.
Emma se redressa donc pour se rapprocher de son bureau et récupérer un calepin vierge ainsi qu'un stylo. Prête à noter, elle adressa son regard le plus sérieux au potentiel client.


« J'ai besoin d'un maximum d'éléments pour vous aider. Tout d'abord... Vous a-t-elle abordé la première ou était-ce vous ? Avez-vous beaucoup parlé avant votre « nuit » ? Quels sujets de conversation ? Que savez-vous d'elle ? Même un surnom, un endroit qu'elle fréquente, feraient l’affaire pour commencer. Elle marqua une pause, faisant mine de réfléchir. Il me faut aussi sa description physique dans les moindres détails. »

Elle avait l'impression qu'elle serait servie sur ce dernier point. C'était à lui de jouer, donner des informations ne l'engageait à rien, le premier contact au cabinet était totalement gratuit, seule l'ouverture d'un enquête était facturée.
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Message posté : Jeu 1 Mai - 14:10 Message
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ϟ Âge : 28
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 19/09/1989
ϟ Arrivée à Star City : 25/04/2014
ϟ Nombre de Messages : 7703
ϟ Nombre de Messages RP : 761
ϟ Célébrité : Francisco Lachowski
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ϟ Doublons : /
ϟ Âge du Personnage : Antédiluvien
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ϟ Métier : Fondateur et patron secret de la Rose des vents ; propriétaire de Fragonard - Parfums et cosmétiques ; propriétaire du Jardin du Dragon
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
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Intolérable ? Le s'envola dans l'esprit de Louis comme la pie qui s'échappe à l'issue d'un larcin. Ce n'était pas intolérable, en tout cas Louis ne le voyait pas ainsi. Il considérait plutôt, avec le recul, l'événement comme inévitable, comme l'est tout fil inscrit dans une tapisserie médiévale, qu'on déroule et qu'on lit comme un roman. Le présent chapitre donnait à Louis le rôle de la victime, mais qu'en serait-il au prochain ? La délicieuse créature qui lui avait dérobé quelques biens de valeur avait pris la décision, malgré elle, d'ouvrir avec lui le récit d'une aventure intéressante, et Louis comptait bien le poursuivre, y ajouter sa griffe, et peut-être le clore. Ce n'était donc pas intolérable, il connaissait les risques, les acceptait, les embrassait, et savait déjà qu'il ne cherchait pas l'identité de la voleuse pour la traîner devant les tribunaux et la jeter en pâture aux magistrats. Tout au contraire il désirait la découvrir une fois de plus, la connaître, et s'armer du glaive qui flétrira sa chair au tranchant d'une mémorable vengeance. Mais cela, la détective privée n'avait pas besoin de le savoir pour bien faire son travail. « Intolérable ? Oui, sans doute. » Il se contenta de ne pas aller plus loin, il n'était pas désireux de partager outre mesure le fond de ses pensées que la demoiselle, confortablement assise à son bureau, aurait pu juger, ironiquement, intolérable. Louis n'en avait cure, il n'était pas là pour se plaindre et attirer à lui la compassion béate d'une oreille attentive. Si ce fut un jour le cas, il aurait certainement choisi d'aller voir un prêtre, et pas un détective. Il avait donc approuvé les propos d'Emma sans pour autant y mettre toute la conviction qu'il n'avait guère par ailleurs, mais il pouvait bien feindre. Tous deux n'étaient là que pour les affaires, après tout, et celles-ci imposent toujours un certain sens de la mise en scène. Tout comme en musique la lecture de la partition n'est à jamais dissocier de son interprétation. Sauf au risque d'une reproduction mécanique de gestes éculés et vide de tout sens comme de tout intérêt.

Le détective se disposa pour une prise de notes attentive et déclama une série de questions que Louis écouta avec grande attention et beaucoup d'intérêt, puisqu'il comptait bien se faire une idée de l'efficacité de la demoiselle à l'examen de ses méthodes de travail. À l'outil comme à l’œuvre on connaît l'artisan, non ? Louis réfléchit quelques instants afin de mettre de l'ordre dans ses pensées et décida très arbitrairement de donner d'abord le plus précis souvenir qu'il avait de la description physique de la voleuse, convaincu que cela permettrait de raviver en sa mémoire la souvenance de tout le reste.  « Je ne crois pas me tromper en vous disant qu'elle était de taille respectable, pour une femme. Pas loin du mètre soixante-dix, peut-être moins, sa tenue lui allait comme un gant et trompait l’œil, croyez-moi. Elle portait une belle tenue de soirée très élégante, noire évidemment. Ses chaussures affichaient des talons insensés, à donner le vertige. Plutôt fine, je dirais même maigre sans être mal nourrie. De figure, plutôt affable, voire même princière avec ses beaux yeux bleus et sa peau blanche. Le teint clair, le visage en triangle inversé, mais point anguleux. Harmonie des formes et des coutures. Elle aurait fait un excellent modèle de nymphe ou de néréide, pour un peintre de l'école néoclassique. Les rondeurs mammaires en moins, j'imagine, puisque tout comme je vous l'ai dit, elle n'est pas une de ces rondelettes boules de suif à la générosité bien visible. Mais si vous interrogez tous ceux qui étaient là, ils vous diront qu'elle était belle et très inspirante, comme demoiselle, en dépit de ses calmes et bienveillantes manières. Beaucoup d'hommes la regardaient, c'est d'ailleurs ce qui m'a séduit, et poussé à tenter cette conquête. Beaucoup de femmes la jalousaient, parce qu'elle était certainement de toutes la plus fraîche, la plus nouvelle. Depuis mon arrivée à Star City, et depuis que je travaille à l'Opéra Beaudrie, il y a bientôt deux ans, c'est la première fois que je l'y ai vue. Croyez bien qu'à ce sujet, ma mémoire ne saurait me tromper. » De la poudre aux yeux pour dissimuler les plus fourbes intentions. Souvent la perfidie revêt le masque de la vertu, après tout. C'était de bonne guerre. Louis s'interrompit, afin de laisser quelques temps à la demoiselle pour bien circonscrire ses notes, et poursuivit ensuite avec ce qu'il pensa être le bon ordre des informations à donner. C'était la première fois qu'il se trouvait dans une telle situation, à conter une aventure à quelqu'un qui, par la suite et sur cette base, enquêterait pour lui. Forcément, il était partagé entre le souci de bien faire et l'excitation de la nouveauté.

 « Que sais-je d'elle ? Qu'elle aime se maquiller, et dissimuler sous le masque de la sainte la perfidie du démon. Et quand vous l'aurez trouvée, qu'elle vit dangereusement. » La sournoiserie et la duplicité du sourire qu'il affichait en disait long sur ses intentions véritables. Mais Louis n'était pas là pour expliciter tout ce qu'il réservait à celle qui crut bon de se jouer de lui. Il ne mettait jamais la charrue avant les bœufs, il ne vendrait donc pas la peau de la voleuse avant de l'avoir écorchée.  « Plus sérieusement, peu de choses. C'est une demoiselle fort charmante, plutôt agréable. De bonne compagnie, douce, de conversation intéressante. Elle cache bien son jeu, en somme. Je l'ai abordée, à l'issue de la représentation. Elle comptait parmi les inconnus les plus intrigants de la soirée. Nous avons discuté, elle m'a complimenté, a félicité le travail de l'orchestre. Nous avons parlé de Rinaldo, d'Haendel, de la salle, de l'orchestre, des musiciens, de ma tante, de moi. Très peu d'elle, en vérité, et beaucoup de mon travail, il faut l'avouer. C'est une de mes faiblesses, qu'y puis-je ? » Il souriait avec la franchise d'un dindon qui sait qu'il ne peut voler. « Depuis toujours j'ai été sensible aux compliments. Je n'ai pas toujours été là où je suis, vous savez, j'ai beaucoup oeuvré à ma propre réussite, pour m'extraire du marasme de misère et de pauvreté où je suis né. Travail, travail, travail, c'est toute ma vie, et j'en suis très heureux. Alors quand on me félicite, avec un beau sourire, j'ai quelque mal à tenir les barricades d'une futile résistance. Et cette inconnue était si délicieuse que très vite j'ai vu la belle prise qu'elle représentait. Mais je m'égare. » C'est en tout cas ce qu'il donnait à croire. Il était difficile de savoir si Louis se perdait vraiment dans le fil de ses pensées ou si, au contraire, ce fil était par nature sinueux et entortillé. Il se reprit néanmoins pour fournir d'autres détails afin d'alimenter la réflexion d'Emma Melbourne.  « Je n'ai cependant pas eu la présence d'esprit de la questionner sur elle-même, et pensez-vous, si je l'avais fait, j'aurais commencé par demander son nom. Maintenant que j'y pense, il faudrait que je sermonne tous ceux qui ont discuté avec nous sans me la présenter. Mais à mon avis, elle n'a dû en effet donner d'elle que très peu d'informations à très peu de monde, voire pas du tout. Avant de venir vous voir, j'ai questionné certains de mes amis, et tous m'ont fait remarquer qu'elle n'a jamais donné ni nom ni prénom. Même sur la liste des invités de la soirée qui a suivi la représentation, elle ne figurait pas. Ce qui m'invite à croire qu'elle a pu soudoyer quelqu'un pour qu'on l'y laisse entrer, mais là, je crois que j'empiète un peu sur le gros de votre travail. » De sa main droite il saisit le bas de sa mâchoire, comme pour la remettre en place. Il ne voulait pas trop en dire tout d'un coup et voulait ménager à la demoiselle qui prenait toujours des notes du temps pour lui poser d'autres questions si elle en avait.
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Message posté : Mar 6 Mai - 19:28 Message
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Alors que le potentiel client commençait à décrire sa voleuse, Emma se mit à prendre des notes de manière très sérieuse jusqu'à ce que la mine de son crayon ne stop net. L'homme parlait comme dans les romans à l'eau de rose et il était difficile de savoir s'il ne brodait pas sur certains points. La détective prit donc une décision radicale et se mit à effectuer une prise de notes de type universitaire. Uniquement des mots clés, rationnels et précis. Elle ne sut d'ailleurs -dans l'instant- pas comment traduire le terme « inspirante » sans faire appel à des mots qui n'ont pas leur place dans un document de travail et décida de le laisser de côté, se disant pour elle-même qu'en gros, la femme décrite était un piège à hommes.
La fin du monologue descriptif fut quant à lui des plus intéressants. Non seulement elle obtenait une information sur le client : il était ici depuis deux ans, mais aussi des pistes sur la cambrioleuse : soit elle venait d'arriver et pouvait avoir fait la même dans d'autres villes, soit elle butinait à différentes fleurs, l'opéra Beaudrie n'en étant qu'une parmi des dizaines. Soit c'était un one-shot, mais vu la description qui en était faite, cette demoiselle avait cherché à attirer. Pas de manière vulgaire comme la nymphomane, mais tout en faisant dans la subtilité et dans la classe, pour accomplir son forfait. Des détails qu'Emma ne notait pas encore sur le papier car une toile d'araignée se tissait peu à peu dans sa tête pour imaginer le panel de profils qui pourraient le plus correspondre.

Elle eut le temps de souligner quelques petites choses sur sa feuille alors que la description physique de la femme semblait terminée. Puis Louis D'Ax reprit, lui donnait le peu d'informations -à peine utiles hélas- qu'il avait sur cette femme. Emma releva sa tête d'un mouvement vif et fixa son interlocuteur droit dans les yeux afin d'y sonder la moindre piste sur ses intentions lorsqu'il dit que la voleuse vivait dangereusement. Que sous-entendait-il ? Parlait-il seulement de l'envoyer derrière les barreaux ou de la faire payer ? La détective haussa les sourcils, entrouvrant ses lèvres, hésitante.
Finalement elle se rétracta, s'il réussissait à retrouver la coupable, Vengeance pourrait toujours garder un œil sur elle pendant quelques jours. Elle esquissa donc un sourire naïf pour tenter de faire oublier la tête qu'elle venait de faire, puis continua d'écouter, stylo dans les starting blocs. Inutile de noter que la voleuse était maline : lorsque le plaignant expliqua qu'il avait beaucoup parlé de lui, Emma s’imagina à la place de celle qui l'avait dépossédé de quelques biens et il ne fallait pas sortir de Saint Cyr pour comprendre que les éloges suffisaient à berner le pauvre homme. En apparence tout du moins. Voilà pourquoi il faut toujours en savoir un minimum sur le personne que l'on conduit jusqu'à sa couche sans se laisser aveugler par quelques flatteries.
Bref, il avouait enfin son erreur, et mieux que ça : il avait déjà fait une partie du travail en demandant autour de lui si personne n'avait eu connaissance de son nom. Bien évidemment que non : la femme semblait être une professionnelle. Mais lorsqu'il émit l'hypothèse qu'elle ait glissé un pot de vin pour entrer, un large sourire désolé se dessina sur le visage de Emma. Les vrais voleurs n'avaient même pas besoin de cela. Elle termina donc de griffonner deux-trois notes avant de finalement poser le stylo et reporter son attention sur ce futur client.


« Il se peut qu'elle ait réussi à entrer sans l'aide de personne. J'imagine que je pourrai compter sur vous pour obtenir les coordonnées des entreprises -traiteur, service, sécurité, organisation- qui géraient la réception ? Il faudra aussi que je visite les lieux, afin de mieux comprendre comment elle est entré. Je peux avoir accès aux registres de la police et vois si certaines plaintes correspondent. Sans mettre en commun ces affaires, ne vous inquiétez pas. »

Comme elle ignorait encore s'il souhaitait la livrer aux autorités, il était nécessaire de le rassurer en lui disant qu'elle ne le ferait pas à sa place. Elle s'arrangeait simplement pour avoir quelques amis policiers et leur accorder quelques faveurs, qu'ils devraient lui rendre. C'était ici l'occasion d'utiliser ses contacts. Mais elle devait encore réunir d'autres informations.

« Pas de tatouage ? Pas d'étiquette de tailleur ou de location de tenues sur sa robe ? Pourriez vous me décrire cette dernière ? J'ai l'impression que cette femme n'en est pas à son coup d'essai et cela m'étonnerait qu'elle conserve les tenues qui lui ont servi pour ses forfaits, le plus intelligent serait de les louer et avec une description suffisamment détaillée, je pourrai peut-être retrouver la boutique dans laquelle elle est allée. »

Elle en disait peut-être un peu trop sur ses méthodes de travail, mais ce client semblait avoir besoin d'être rassuré. Reprenant son stylo, elle se prépara à écrire mais s'interrompit pour ajouter quelques détails.

« Idem pour son sac à main et ses bijoux. Vous avez la chance d'avoir contacté une adepte de la mode pour résoudre cette affaire, alors autant exploiter les sources les plus prometteuses. »

Un sourire confiant se dessina sur son visage : elle connaissait bien les boutiques un minimum chic de la ville, alors peut-être que certains détails pourraient l'interpeller. Elle semblait d'ailleurs fin prête à débuter les investigations et même s'ils n'avaient pas fini de discuter du cas, il s'agissait sans doutes du moment propice pour découvrir si monsieur D'Ax était prêt à mettre la main au portefeuille.

« … Si bien sûr vous souhaitez toujours avoir recours à mes services. »

La phrase avait été prononcée sur un ton léger, il ne s'agissait en aucun cas de mettre la pression sur le chef d'orchestre, juste d'avoir confirmation.
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Message posté : Mar 6 Mai - 23:03 Message
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Louis opina du chef, quand la détective demanda si elle pourrait compter sur lui pour obtenir toutes informations utiles sur les diverses entreprises qui se mêlèrent de l'organisation de la réception. Il allait de soi qu'il coopérerait avec elle dans la mesure de ses moyens. Il était déterminé à remporter la main, à obtenir ce qu'il désirait, à savoir une juste revanche sur la chatte déguisée en pintade, et pour cela il s'était résolu à tout faire, à considérer sans rejeter aucun des moyens à sa portée et à sa disposition. Emma Melbourne était de ceux parmi les plus accessibles. Si ce sentier-là ne menait nulle part, Louis rebrousserait chemin et recommencerait comme à zéro. Mais tant qu'il suivrait cette route, il ne tortillerait pas des deux roues et s'assurerait des meilleures chances de réussite. S'il fallait pour cela ouvrir les secrets de l'opéra Beaudrie à la détective, il l'acceptait avec un certain fatalisme. Les promesses de prudence et de discrétion de la professionnelle, du reste, l'encourageait à ne rien lui cacher. Elle serait liée par son contrat, après tout, et si elle prenait la décision de s'en écarter d'un seul alinéa, Louis veillerait à retourner contre elle les feux de sa revanche, qui prendraient des formes aussi féroces qu'inattendues. Car cette Emma Melbourne lui inspirait une drôle de confiance en dépit du peu d'habitude qu'il avait de fréquenter des personnes de sa corporation. Mais sa méthode rigoureuse et d'une logique inexorable impressionnait le chef d'orchestre qui, plus que tout, appréciait, dans son travail, la rigueur et le sérieux. En d'autres circonstances, s'il n'avait été ici présent pour des raisons si graves, Louis aurait cherché à connaître un peu mieux la jeune femme, et s'il avait découvert en elle une musicienne, il aurait très certainement tenté et fait le nécessaire pour l'intégrer à l'orchestre philharmonique de Star City. Mais l'heure n'était pas au badinage, il fallait se concentrer pour répondre au mieux aux questions de la demoiselle.  « Bien sûr que je souhaite recourir à vos services. Croyez-moi, mes mâles faiblesses vous assureront un beau revenu. »

Si Louis rit de son propre calembour, ce fut pour mieux s'aérer l'esprit et se remémorer la figure de la voleuse, dont le souvenir lui était désormais vénéneux. En effet, il soufflait en lui comme un vent de peste, et chaque instant qui lui plaquait l'image de la vile créature sous les paupières lui causaient mille tourments de rage et de colère qu'il contenait sans mal, mais à quel prix ? Reprenant la parole, Louis s'en tint à une description la plus stricte possible de ce que sa mémoire avait conservé de ce qu'il avait vu, ce soir-là. Pas de tatouage, Louis pouvait l'affirmer, vu qu'il avait eu le loisir d'observer la demoiselle dans toute sa nudité. La robe était achetée, rien n'indiquait donc qu'elle eût été l'objet d'une location. Louis avait reconnu la signature du créateur italien Versace. La robe était longue, noire, ceinturée avec des épingles à nourrice. Une bretelle métallique, à gauche, relevait, par le cou, un pan du bustier de la robe, qui ruisselait donc sur la poitrine, à droite. Une fente ajoutait à la sensualité du tout. À son poignet brillait un bracelet de diamants, frère de la rivière qui lui ornait le cou. Ses boucles d'oreille étaient de diamants, elles-aussi, et pendaient discrètement, comme des larmes oubliées. Tous ces bijoux n'étaient guère des contrefaçons, sa tante, Melissande Beaudrie, le lui avait assuré. Quant au sac à main, il était petit, rectangulaire, de cuir gris patiné, attaché d'une chaîne d'argent reprenant le motif de la clé grecque. Le même motif ornait le tour de la breloque argentée, dont le cœur figurait la tête de méduse, qui servait de crochet pour la fermeture. Un pompon de métal complétait le tout. « C'est malheureusement tout ce que je peux vous dire, je n'ai pas eu le loisir d'observer l'intérieur de son sac ou le revers de sa robe... pour des raisons qu'il n'est plus utile de répéter, il me semble. »

Louis rit de nouveau, plus à l'aise. D'une certaine manière, avoir dressé ainsi le portrait le plus fidèle qu'il pouvait faire de la voleuse l'avait soulagé d'une certaine charger qui lui pesait depuis ce fameux soir. En un sens, c'était comme s'il avait rendu la liberté à l'oiseau enfermé dans sa cage, et désormais pouvait s'ouvrir une partie de chasse qui se terminerait par du plomb dans l'aile de la volaille. Content de lui, il se demandait si la détective irait jusqu'à exiger plus de détails de lui. Il se sentait bien incapable d'en fournir, malheureusement, mais se tenait prêt à devoir déployer un surcroît d'effort pour creuser sa mémoire. Mais la mine de ses souvenirs n'était pas intarissable. « Et bien entendu, il va de soi que vous aurez accès à toutes les informations qui vous paraîtront utiles et que je pourrai vous donner, concernant cette soirée. La liste des invités, la liste des prestataires, tout ce qui vous semblera intéressant. Quant à l'accès à l'opéra, considérez-le comme acquis, vous y serez en quelque sorte mon invitée. Et maintenant que j'y pense... » Mais il se tut. Il venait de se faire une réflexion des plus amusantes, en songeant que souvent les opéras mettaient en scène des hommes trop sûrs d'eux que des femmes plus habiles roulaient dans la farine de leurs vices. Louis sourit. Pour une fois, c'est l'homme qui aurait le dernier mot, et la vile demoiselle n'aurait que ses yeux pour pleurer. Ou pas, si Louis ne laissait derrière lui que deux orbites évidés. « … je crois même que ma tante pourra vous donner des informations sur à peu près tout le gratin qui se trouvait à cette réception. Cela vous sera peut-être utile, à vous de voir. » Il s'était ravisé au dernier moment, conscient qu'il eût été stupide de partager les véritables desseins qui le motivaient à vouloir retrouver la voleuse.
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Message posté : Lun 12 Mai - 14:35 Message
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Ce cher Monsieur D'Ax confirmait toujours vouloir avoir recours aux services de la détective. Parfait, elle espérait ne pas le décevoir et lui livrer la malheureuse voleuse sur un plateau d'argent : il venait de parler d'un beau revenu après tout. Par respect, elle ne rit pas avec lui, se contentant d'un sourire compatissant. Succomber au charme d'une belle jeune femme était une faiblesse honorable, cela n'avait rien de malsain quand on pensait aux êtres sur lesquels pouvaient fantasmer certains hommes. Alors elle ne pouvait pas le réprimander là dessus, c'était davantage cette cambrioleuse qui lui faisait pitié car c'était une sorte de prostitution détournée à laquelle elle se livrait. Et d'ici quelques jours, Emma serait certaine que la mystérieuse femme ne recommencerait pas.

Mais trêve de blablatage, ce nouveau client commençait une description détaillée des artifices qui avaient orné la belle durant la soirée. La prise de notes était assurée -et de longue haleine. Le fait qu'il soupçonne la robe d'avoir été achetée interpella Emma. Cette magnifique tenue, censée appâter la potentielle victime était en quelques sortes l'arme du crime si l'on poussait la réflexion assez loin. Alors pourquoi la conserver ? Cela nécessitait quelques recherches. Une tenue de cette classe ne courrait pas les rues, elle aurait peut-être plus d'informations en contactant les bonnes personnes, quitte à se faire passer pour une acheteuse passant par la vente entre particuliers et voulant s'assurer que le produit n'était pas de contrefaçon. Elle procéderait différemment pour les bijoux et le sac, elle irait se renseigner auprès des créateurs et revendeurs. Histoire de voir s'ils n'avaient pas été tout bonnement volés.
Quand la description -et la prise de notes- fut achevée, Emma posa le stylo puis écouta la conclusion de son interlocuteur, qui semblait déçu de ne pas pouvoir lui en dire plus. Elle haussa les sourcils, surprise par sa manière de penser. Car au contraire, c'était une mine d'or en matière d'informations, elle avait définitivement des sources à exploiter maintenant. Et dire qu'elle n'avait pas fini de l'interroger, l'affaire était déjà sur la bonne voie, aussi sentit-elle le besoin de le rassurer sur ce point.


« Ne soyez pas si pessimiste, votre mémoire vient déjà de nous offrir une aide précieuse. »

D'ailleurs, il semblait déjà regagner confiance, lui annonçant qu'elle disposerait de toute l'aide nécessaire pour faire progresser l'enquête. Elle hocha la tête avec un sourire en signe de remerciement lorsqu'il lui annonça le libre accès à l'opéra. Qui sait, peut-être qu'elle pourrait offrir en bonus quelques conseils dignes d'un audit en sécurité pour empêcher à l'avenir ce type d'intrusion malvenu.
Puis il s'interrompit avant d'ajouter quelque chose. Les sourcils d'Emma se froncèrent un bref instant, curieuse de savoir quelle réflexion l'avait poussé à ne pas terminer sa phrase. Bien éduquée, elle patienta jusqu'à ce qu'il reprenne pour lui annoncer que sa tante serait à même de lui donner des informations sur la quasi totalité des personnes présentes à la réception. Ce qui donnait effectivement une idée à Emma, qu'elle jugea bon de partager immédiatement.


« Excellente idée. Je ne sais pas si cela servira, mais si l'un des invités s'avère être un excellent dessinateur et se souvient du visage de cette femme... Nous pourrons disposer de bien mieux qu'un vulgaire portrait robot. Et bien entendu, j'utiliserai de faux prétextes pour obtenir ce croquis, loin de moi l'idée de révéler à qui que ce soit votre mésaventure. »

Les faux prétextes, le cheval de bataille des détectives privés. Emma était devenue experte en la matière. Alors Louis pouvait dormir sur ses deux oreilles, personne dans son entourage ne saurait ce qui lui était réellement arrivé. Et si elle réussissait à obtenir à un croquis fidèle au visage de la voleuse, elle pourrait toujours montrer patte blanche pour écumer les soirées mondaines de Star City jusqu'à mettre le grappin sur la séductrice et la livrer encore fraîche à son client.

Cependant il restait un dernier point à évoquer pour mettre toutes les chances du côté de monsieur D'Ax. En effet, il avait été dépossédé des ses biens. Et il aurait été fou de les conserver, le but des cambrioleurs n'est-il pas après tout la revente ? Cela faisait un moment qu'Emma avait la pègre dans le collimateur, elle souhaitait pouvoir dresser un dossier complet sur les diverses organisations du crime présentes à Star City, ainsi qu'identifier leurs membres et leurs leaders. De plus, ces criminels avaient tendance à toujours lui mettre des bâtons dans les roues durant ses enquêtes -ou les missions de Vengeance- parfois même malgré eux. Alors le fait d'avoir des objets volés identifiés clairement à retrouver lui permettrai de remonter du receleur jusqu'au fournisseur, en capturant peut-être par la même occasion des informations sur les intermédiaires du réseau. Cette enquête lui plaisait de plus en plus et c'est avec difficulté qu'elle masqua l'enthousiasme qu'elle avait à poser cette nouvelle question.


« Nous n'avons pas encore évoqué ce sujet en détails, mais pourriez vous me fournir la liste des objets qu'elle vous a dérobé ? Car si elle cherche à les revendre autant la prendre la main dans le sac avant qu'elle n'y parvienne. »

Cette fois-ci, elle ne put retenir un clin d'oeil accompagné d'un sourire espiègle. Elle prouvait ici qu'elle avait plus d'un tour dans son chapeau et peut-être cela permettrait-il de faire monter les enchères lorsqu'ils en viendraient à aborder les modalités de règlement. Car elle avait pour l'instant abordé toutes les pistes qui lui étaient venues à l'esprit, alors la question fatidique ne saurait tarder.
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Message posté : Lun 12 Mai - 17:35 Message
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ϟ Signes particuliers : Cheveux indisciplinés, bruns. Yeux chocolats, étirés. Peau hâlée. Lèvres pleines, grande oreilles. Grande taille. (193 cm). Grands pieds. (Pointure 45)
ϟ Pouvoirs : ♦️ Dragon (Ω)
♦️ Clairvoyance mystique (Ω : reconnaissance et identification des êtres et objets magiques)
♦️ Cœur de Feu (II : immunité et soin par le feu)
♦️ Magie des dragons (Strun Bah Qo, )
♦️ Cérébropyre (VI : super-intelligence, super-mémoire, bouclier de protection mentale, réseau de projection mentale)

♦️ Voyage dimensionnel (III)
♦️ Failles dimensionnelles (I)

♦️ Divination élémentaire (Ω : hydromancie, pyromancie)
♦️ Maître du feu (Ω : pyrokinésie, œil d'Héphaïstos IV, météores d'Héphaïstos IV)
♦️ Maître de l'eau(Ω : aquakinésie, griffes de Borée IV, frisson de Borée IV)
♦️ Maître de l'air(Ω : aérokinésie, fouet d’Éole IV, spirale d’Éole IV)
♦️ Maître de la terre(Ω : géokinésie, fléau d'Hadès II, rupture d'Hadès IV)

♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
♦️ Maître de l'Hermétisme (Ω)
♦️ Mithridatisation (Ω)

♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
♦️ Oeil de Pravladon (I : négation de la magie)

♦️ Gobelins (Torgnole, Châtaigne, Coquillard, Golodon, Sakashima, Napoléon, Tatie Musaraigne, Tali'Koris, Ishaï, Carcasse)
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Louis fut rassuré d'entendre la demoiselle qui lui garantissait qu'il était déjà d'une aide précieuse. Il avait eu peur que la description qu'il fit de la voleuse fût insuffisante, mais manifestement il se trompait. C'était une très bonne chose, car s'il pouvait lancer au mieux la professionnelle sur cette affaire, cela le rapprochait d'autant plus du succès et la voleuse leur dévoilerait peut-être bientôt son identité. De là, Louis aurait toute latitude pour agir contre elle. Content de lui, il sourit à la détective et, plutôt fier de sa bonne mémoire, inclina légèrement la tête en signe d'approbation reconnaissante. Il se sentait plus à l'aise qu'aux débuts de leur entretien, c'était sûr. Quand Emma Melbourne évoqua l'idée que lui inspirait l'éventuelle présence parmi les convives de la réception d'un dessinateur de talent, Louis approuva intérieurement avec beaucoup de vigueur. Que n'y avait-il pensé plus tôt ! « L'idée me paraît excellente, et à vrai dire, il me semble bien avoir aperçu au cours de la soirée le peintre Francis Quake, propriétaire d'une galerie en ville et qui s'expose actuellement au Kirby. Vous en avez peut-être entendu parler ? Il me semble même que l'exposition, qui se termine bientôt, sera reproduite l'année prochaine, tant elle a eu de succès... » Succès bien mérité, à dire vrai. Louis avait beaucoup apprécié cette visite au musée, et s'était émerveillé devant les toiles du peintre, si charmantes et si audacieuses, qui ne sacrifiaient rien à l'impératif critique de leur créateur. Quake était à ses yeux un des rares artistes contemporains dont l’œuvre eût encore du sens, et ses tableaux l'enchantaient justement parce qu'ils rompaient avec la tradition absurde et détachée de le pensée de la grande majorité des peintres qui faisaient pourtant la richesse des salles de vente les plus en vue du monde. Le goût du musicien l'inclinait davantage vers la peinture plus classique, mais il s'offrait parfois quelques aventures plus improbables et Francis Quake répondait parfaitement à ses attentes. « C'est l'un des... proches amis de ma tante, elle pourra certainement vous aider à l'approcher et à le convaincre de faire ce que vous désirez le voir faire. Il ne peut rien lui refuser, et vous devinez sans doute pourquoi. » Le sourire de Louis en disait long. Depuis des lustres, l'instrument de la domination des femmes sur les hommes pendaient entre les cuisses de ces derniers, après tout !

Par la suite, le jeune homme remarqua l'enthousiasme de la détective et fut intérieurement ravi de constater que non seulement elle serait professionnelle dans son travail, mais également intéressée par bien plus que le seul tarif dont il leur faudrait convenir. Il lui rendit son sourire et fit mine de réfléchir. Il avait bien entendu toujours en tête la liste exacte des objets qui manquaient à l'appel chez lui et que la voleuse avait dérobés, car il était très possessif et attaché à ses affaires. S'il prit son temps, c'est qu'il désirait présenter une liste ordonné d'après la valeur qu'il attachait aux biens considérés, et surtout qu'il voulait accompagner chaque élément d'une brève explication afin de mieux aider la détective. Plus elle aurait d'informations sur ces objets, mieux son enquête irait, du moins Louis le croyait. « Voici donc la liste que vous demandez. Une antiquité égyptienne véritable, de grande valeur. Il s'agit d'une statuette en diorite sombre qui représente Amon protégeant Toutankhamon : le roi et son protecteur sont debout et dans la même orientation, le roi et chauve tandis que le dieu est coiffé et porte la barbe traditionnelle des divinités du panthéon égyptien. La statuette est de taille moyenne... » Louis, de ses deux mains, mima une approximation et se tut quelques instants pour laisser à la détective le temps de prendre des notes. Il attendit d'elle, à chaque fois, un signe pour continuer.  « Ensuite, il s'agit d'une reproduction en verre et cristal de Murano du Paganini peint par Eugène Delacroix. Elle a été volée avec son coffret, pour le transport j'imagine... j'ai bien précisé à cette voleuse d'où venait cette babiole, elle a eu la décence de la dérober avec précaution... C'est une pièce unique, une figurine d'environ vingt centimètres de haut et sans doute celle qui a le plus de valeur marchande. » En effet, Louis l'avait reçu en cadeau de la part d'une vieille et noble dame autrichienne qu'il avait rencontré à l'occasion d'un concert à Venise. Cette vieille dame ne l'avait pas seulement approché pour son talent au violon, mais aussi parce qu'elle partageait avec lui certains liens avec les franges mystiques de ce monde. « Vient alors une série de bijoux. Trois colliers, des chaînes d'or, simples et sobres. Deux bagues, des anneaux d'or également, ornés de pierres, mais je ne peux en dire plus. Ce sont des bijoux de femme, je ne les porte pas donc... Et pour finir avec les bijoux, des boucles d'oreille, en argent et criblés de diamants. »

Il se tut. La liste n'irait pas plus loin, il ne manquait qu'un objet, et c'était malheureusement pour Louis celui dont le vol lui était le plus douloureux.  « Et pour finir, elle a dérobé une icône orthodoxe qui m'a été donnée par un ermite rencontré à Novgorod. C'est une icône de l'école de Vladimir-Souzdal, qui représente la Vierge Marie. Au dos, sur le bois sec, sont inscrits des gribouillis aujourd'hui incompréhensibles et peut-être ce qui serait la signature du tsar Alexandre Ier. C'est un objet très vieux, qui n'a d'intérêt, à l'achat, que pour les collectionneurs. Mais les dorures sur sa tranche ont sans doute attiré l’œil de cette maudite pie. Voilà tout. S'il vous faut d'autres précisions, n'hésitez pas. Je suis assez possessif, je connais bien les objets qui sont à moi... » Il avait dit cela comme un enfant jaloux de conserver les fèves de sa collection.  « Enfin, sauf pour les bijoux féminins... je préfère les offrir plutôt que les conserver. »
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Message posté : Mar 13 Mai - 16:26 Message
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Bonne nouvelle, un artiste avait été présent à la réception et serait peut-être en mesure de pouvoir dresser un portrait de la voleuse. Et son nom, Francis Quake, disait effectivement quelque chose à Emma. Lorsqu'elle avait fait rénover le loft en janvier, elle avait sillonné les galeries d'art à la recherche de décorations pour la partie cabinet, comme pour son propre domicile, à l'étage. Alors maintenant que son nom se voyait mentionné, la détective se souvint avoir justement fait l'acquisition de l'une de ses toiles, qui ornait désormais le petit couloir conduisant aux toilettes du rez-de-chaussée. Ce n'était certes pas le meilleur endroit pour mettre en valeur l’œuvre d'un artiste en vogue, mais cela montrait la classe et la richesse du cabinet jusque dans ses moindres recoins.
Alors un sourire illumina le visage de la détective, non pas parce que Louis D'Ax lui disait que sa tante pourrait convaincre le peintre de dresser un portrait de la voleuse, mais parce pour la première fois depuis le début de la conversation, les paroles de cet homme sonnaient parfaitement juste à ses oreilles. Elle qui l'avait pris pour un être superficiel, se disait maintenant qu'il était un véritable passionné d'art et s'exprimait d'une manière illustrée car il vivait en quelques sortes dans un autre monde. Elle hocha finalement la tête pour lui montrer qu'elle avait déchiffré le sous-entendu sur l'influence que sa tante pourrait avoir sur l'artiste.


« Parfait. De plus, il sera peut-être ravi d'aider une cliente. Je ne l'ai pas rencontré en personne, mais je ne suis pas repartie les mains vides de la galerie où il expose. La toile est ici-même d'ailleurs, mais passons. »

Il était inutile de détourner la conversation vers l'art pour le moment, ils auraient tout le loisir d'en discuter après l'entretien, s'il tenait à constater par lui-même. Alors avant qu'il ne puisse répliquer, Emma lui avait demandé de lui fournir la liste détaillée des objets volés. Elle avait même prévu le coup en entamant une nouvelle page pour sa prise de note : elle avait compris qu'il était pointilleux en matière de détails et ne voulait pas risquer de créer le chaos dans sa prise de notes en commençant à faire la liste des objets sur la même feuille qui contenait le descriptif des parures de la belle.
Puis elle l'écouta tout en notant. Elle était plus rapide à l'écriture qu'au clavier d'ordinateur, raison pour laquelle sur ce point, elle travaillait à l'ancienne. Puis n'avait-elle pas désormais une secrétaire pour mettre au propre ses gribouillages ? C'était grand luxe. Tout comme les objets qui avaient été dérobés à monsieur D'Ax, en espérant qu'il ne la roule pas dans la farine et cherche à s'emparer de possessions qui n'étaient pas les siennes. Son enquête le lui dirait : une partie de son travail consistait aussi à se renseigner sur le client pour ne pas œuvrer en eaux troubles.
Elle hochait la tête à chaque fois qu'il marquait une pause pour l'attendre, lorsqu'elle terminait de prendre des notes. Heureusement que la culture générale avait était au cœur de son éducation étant enfant, ainsi les références à des personnages historiques lui parlaient : il aurait été mal vu de balancer un claironnant « c'est qui Amon ? ».
Elle tiqua tout de même à un moment, non pas pour une carence de détails, mais en l'entendant dire qu'il avait vanté la valeur d'une babiole à la voleuse. Elle s'abstiendrait de tout commentaire car elle avait à présent cerné son client, qui avait agi naïvement en pensant charmer davantage sa conquête d'un soir. Alors elle continua de noter. Jusqu'à ce qu'il conclue par cette fameuse icône de la Vierge Marie, qui semblait lui tenir à cœur. Le fait que ce soit un objet de collection serait un gros plus, il serait extrêmement difficile de la revendre et il y aurait des fuites d'informations sur le marché noir dans le but de trouver un acheteur, qu'Emma pensait être à même de capter... Si bien sûr la voleuse décidait de s'en débarrasser.

Emma acheva enfin sa prise de note, tandis que Louis D'Ax concluait en disant qu'il ne tenait plus vraiment aux bijoux féminins. « Plus » dans le sens où Emma s'imagina au ton de sa voix qu'ils avaient du appartenir à sa défunte femme, puisqu'il était veuf. Car souvent les proches ressentaient le besoin de garder près d'eux les possession de l'être perdu, même sans s'en servir. Et ils ne réalisaient que ces objets étaient inutiles que lorsqu'on les éloignait d'eux. Cette partie-là du cambriolage n'était peut-être pas si néfaste sur la route du deuil du musicien... Mais ce n'était là qu'une interprétation et la détective ne souhaitait pas mettre les pieds sur un terrain auquel elle n'était pas autorisée à accéder. Elle posa enfin son stylo et se replaça contre le dossier de son fauteuil, l'air sereine et compréhensive à la fois.


« J'imagine qu'ils étaient à votre épouse ? J'en suis navrée. Je ferai mon possible pour qu'ils vous soient restitués, après quoi vous serez libre de décider quoi en faire. Et encore une fois, n'hésitez pas à me fournir un visuel des objets volés, vous avez peut-être des photos qui n'ont pas pour but de les immortaliser et sur lesquelles ils apparaissent, même de loin ? »

Il est vrai que l'on y pensait que rarement, mais une simple photo de famille pouvait rapidement devenir une mine d'informations, que ce soit dans le cadre d'une affaire de vol, ou dans un cas de litige avec les assurances. Emma le savait car lors de sa formation, la pire affaire sur laquelle elle avait été affectée consistait à éplucher un carton entier de photographies sur lesquelles elle devait identifier et lister les richesses d'une maison qui avait brûlé.

S'il trouvait quelques images, ce serait parfait, sinon, elle avait largement de quoi débuter son investigation. Alors Emma se redressa et jeta un dernier coup d’œil au notes quoi se trouvaient face à elle avant d'inspirer et de prendre un ton concluant.


« Bien. Je crois avoir suffisamment d'éléments pour ouvrir l'enquête. Si vous permettez, parlons du contrat : une base fixe est à régler dès l'ouverture du dossier, quant à la prime, sa valeur peut varier selon les éléments découverts et les moyens déployés. La restitution de biens volés, par exemple, peut s'avérer beaucoup plus délicate si la police n'est pas impliquée. Ma secrétaire peut vous envoyer un devis par courriel, si cela vous arrange ? »
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Message posté : Mer 14 Mai - 12:33 Message
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Une cliente ? Se pouvait-il donc qu'en plus d'être une femme professionnelle et méthodique dans son travail, Emma Melbourne fût aussi une femme de goût et amatrice de bel art ? Elle ne cessait d'étonner Louis dont le sourire ne voulait part s'éteindre sur ce visage illuminé par cette découverte. Bien sûr, qu'elle fût cliente de Francis Quake ne présageait pas qu'elle partagerait avec Louis toutes ses opinions en matière de peinture. Cela n'était même pas signe que sa démarche était intellectuellement honnête – peut-être n'avait-elle acheté l'une de ses toiles qu'en brave mouton d'un mouvement du marché de l'art. Mais Louis se résolvait à croire que le geste de la demoiselle augurait de bonnes choses. En tout cas, il inspirait à Louis d'accorder plus encore sa confiance à cette professionnelle qui, il s'en persuadait, ne le décevrait pas. Sans même songer aux résultats de l'enquête qu'elle conduirait pour lui, il se persuadait qu'elle mettrait du cœur à l'ouvrage et sa rigueur au service de son travail. C'était parfait. Louis se retint de demander de quelle toile il s'agissait, conscient que s'il ouvrait la porte d'une conversation sur l'art avec la demoiselle, il n'était pas sûr de pouvoir la refermer, lui qui savait être si bavard quand il évoquait des sujets qui lui tenaient à cœur. Louis fit donc la liste des objets qui lui manquaient, qui avaient été dérobés, et se tut pour écouter le commentaire de la détective. Celle-ci, se permit une question qui aurait pu le froisser, quelques mois plus tôt, quand à son arrivée à Star City, il avait dû subir les condoléances navrées de personnes très en retard sur le calendrier de la mort de son épouse. Et chaque fois il avait dû offrir les mêmes regards contrits, les mêmes sourires gênés, les mêmes paroles béates d'hypocrisie, de lassitude et de fatigue. Mais à présent, il était insensible à la colère qu'inspirait en lui la compassion quasi-contactuelle des gens. À vrai dire, ces gestes, paroles et attitudes attendus ne lui inspiraient plus que des sourires automatiques, et le laissait de marbre. Toutefois, sans doute parce que la demoiselle se garda de parler de Sylvie mais n'évoqua que l'origine des bijoux, il éprouva pour elle un peu de gratitude : il lui était reconnaissant de ne pas l'entraîner à jouer la mélodie du chagrin propre aux trop jeunes veufs et aux trop jeunes orphelins.

 « Certains appartenaient à mon épouse effectivement, d'autres à ma tante, qui a l'habitude, depuis que je suis à Star City, de me considérer comme le receleur idéal, pour les babioles dont elle ne veut plus. Une sale manie qui fait que j'ai chez moi des tiroirs plein de lingerie que je n'ai pas l'occasion d'utiliser. » Louis n'alla pas plus loin, il n'était pas nécessaire d'insister pour que la demoiselle comprît qu'il s'en amusait bien plus que cela ne le gênait. Il acceptait son sort avec fatalité puisqu'il vivait dans un appartement dont il n'était pas le propriétaire, et dont sa tante ne voulait pas se séparer. Quand il aurait fait les démarches pour s'installer enfin chez lui, dans un lieu qu'il pourrait appeler son foyer, alors sans doute mettrait-il un frein aux passions de Melissande pour le tri par le vide. Louis tira de la poche intérieure de sa veste un porte-cartes dont il choisit d'extraire un petit rectangle rouge aux multiples rubans de couleurs vives. « Tenez, voici la carte de ma tante, elle pourra vous fournir les photographies qui vous seront utiles. N'hésitez pas à l'approcher de ma part, il va de soi qu'elle est au courant pour... toute cette histoire. Nous sommes une famille très unie. » Avec ses rivalités, ses amitiés, ses affinités, ses échecs et ses passions, mais la loyauté familiale n'était jamais en péril au sein de leur « clan ». Lui-même s'y était parfaitement intégré depuis que son grand-père s'était précipité aux portes de la tombe. « Quant aux bijoux de mon épouse, je vous ferai parvenir au plus vite des copies des photographies où ils seront visibles. Cela m'obligea à feuilleter quelques albums, mais ce devrait être rapide. Je ne crois pas qu'il y en aura des centaines, mais je pense pouvoir en trouver quelques unes au moins. »

Puis, forte de ces informations, la demoiselle précisa que le gros de l'entretien était terminé et qu'elle disposait à présent d'éléments pour débuter son enquête. Louis était ravi, et le fut bien davantage quand elle évoqua le détail du contrat qui restait à rédiger entre eux. Après tout, il n'était pas là dans un couvent, mais bien chez une professionnelle.  « À dire vrai, je n'ai rien contre entendre de votre bouche le prix que j'aurai à payer pour votre prestation, ainsi que ses déclinaisons selon vos résultats. Nommez-le sans détour, je ne suis pas venu pour négocier. Vous m'avez été recommandée, et quand on m'a vanté votre talent, on m'a aussi parlé de vos tarifs. Ils ne m'effraient pas, et comme vous avez pu le constater, ma détermination à voir cette enquête menée jusqu'à son terme est totale. Je pourrais même vous signer un acompte tout de suite. » Il ne plaisantait qu'à moitié. Louis se savait véritablement investi et transporté par les promesses nées avec cet entretien, aussi était-il bien décidé à suivre la détective dans ses démarches. Bien sûr, il ne ferait qu'aligner la monnaie, mais quelle importance ? Chacun sa place. Lui œuvrerait une fois déterminée l'identité de la voleuse.
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Message posté : Mer 14 Mai - 23:49 Message
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Emma hocha la tête avec un large sourire lorsque Louis évoqua les manies que sa tante avait de se débarrasser d'affaires en les lui donnant. Ce n'était certes pas un sourire moqueur, mais elle avait cru relever une pointe d'humour dans sa manière de l'annoncer. Madame Beaudrie semblait être un personnage haut en couleurs vu la description qu'il en faisait. Emma devrait la rencontrer rapidement et par la même occasion vérifier dans les archives de sa mère si rien ne parlait de la dame, car ce nom, hormis l'opéra, disait quelque chose à la détective. Peut-être avait-elle été à l'époque une connaissance de sa mère, elle était trop jeune pour se soucier des fréquentations de la défunte journaliste à l'époque.
Bref, le point était fait sur la provenance des bijoux, Emma doutait qu'il puisse mentir là dessus et n'aurait pas à beaucoup gratter pour lui accorder sa confiance. D'ailleurs voici qu'il lui tendait la carte de sa tante, dont elle se saisit d'un geste léger avant de jeter un œil à son contenu. Elle la plaça ensuite sur les notes qu'elle avait prises, bien en évidence, elle ne manquerait pas de s'en servir. Puis elle acquiesça d'un hochement de tête lorsqu'il dit faire partie d'une famille unie.


« C'est important. Merci pour la carte. »

Il annonça ensuite être prêt à faire quelques recherches dans ses vieux albums photo. Emma releva bien évidemment le verbe qu'il avait employé, « obliger ». Cela ne semblait pas le ravir -ce qui était compréhensible, Emma elle-même éprouvait quelques difficultés lorsqu'elle tombant dans les archives de la cave sur d'anciennes photographies de sa mère. Elle hésita à proposer de laisser sa secrétaire s'en charger, mais ces photos faisaient peut-être partie du jardin secret du musicien, qui sait s'il avait envie qu'une étrangère y jette un œil?

« Contentez vous du minimum, faites moi savoir si vous avez besoin d'aide. »

Bien sûr, sa secrétaire seule ne pourrait identifier les bijoux volés, mais elle pourrait au moins les scanner et zoomer pendant que le client chercherait les autres images. C'était déjà ça, restait à voir s'il préférait directement fournir les photos concernées.
Mais en attendant, rien de plus ne pourrait être accompli en direct, alors Emma avait évoqué le sujet parfois épineux pour certains clients : la facturation. Elle aimait entendre les futurs clients dire que l'argent n'était pas un soucis, car les impayés faisaient parfois partie des aléas de la profession. Alors quand monsieur D'Ax lui dit être prêt à entendre le montant qu'il aurait à verser, la réaction de la détective fut positive, tout en restant polie. Elle n'avait pas sous les yeux de devis type, mais elle connaissait ses tarifs et pouvait parfaitement lui faire une estimation à vue d’œil. De plus il avait dit qu'Emma lui avait été recommandée, ce qui était très bon signe : sa réputation grimpait peu à peu et elle pouvait désormais assumer ses tarifs sans se remettre en question.
Elle lui dit donc de patienter avant d'aller chercher des documents dans un tiroir en bas d'une large étagère. Puis en revenant, elle posa une feuille face à son client et en conserva une de son côté, tout en se rassoyant. Elle replaça correctement ses lunettes au sommet de son nez, puis elle tendit son doigts vers différentes lignes du document qui se trouvait face au musicien.


« Parfait. Nous partons donc sur la base d'une recherche de personne, à laquelle s'ajouteront des options. La clause de confidentialité, j'imagine que vous en avez conscience, rend l'investigation auprès des personnes plus délicate. Si vous souhaitez toujours la signer, son montant s'élèvera à 90 dollars. Quant à l'acompte, qui témoigne de l’ouverture de l'enquête, son montant s'élève à 400 dollars, dont la moitié vous seront reversés si vous décidez de clore l'affaire avant qu'elle n'ait été résolue, si bien sûr les frais d'investigation engagés à ce moment -temps de travail compris- y son inférieurs. Pour ce qui est de la prime de réussite, elle s'élève à 1500 dollars. Elle peut cependant être majorée selon les frais annexes engagés, auquel cas vous serez prévenu avant qu'une dépense ne soit effectuée. Enfin, si nous ajoutons la restitution des objets volés, le montant peut varier selon la quantité, la difficulté de la saisie et leur valeur initiale. »

Il était évident qu'Emma ne se donnerait pas autant de mal pour une babiole que pour une véritable œuvre d'art. Il fallait s'assurer d'une récompense digne de ses efforts, et Louis D'Ax semblait en mesure de mettre la main au portefeuille. Loin d'elle l'idée de tirer un profit maximal de l'enquête, elle avait déjà bien assez d'argent, mais la qualité du service avait un coût. Surtout si Vengeance devait œuvrer dans l'ombre pour dérober les articles volés dans un lieu dangereux.
Et s'il venait à s'étonner de ses prouesses en cas de réussite, elle n'aurait qu'à dire qu'elle avait été aidée par quelques employés occasionnels, d'anciens US Marines par exemple.
Mais maintenant qu'elle y pensait, le musicien avait semblé plus intéressé par l'idée de retrouver la voleuse, que les objets volés en eux-même. N'était-ce pas elle qui avait demandé à en savoir plus sur les fameux biens ? Alors maintenant qu'ils étaient sur le point du conclure, pourquoi ne pas se monter un peu plus curieuse?


« Si je puis me permettre... Lorsque vous tiendrez enfin le nom de cette femme, comptez vous le partager avec d'autre victimes de ses forfaits ? Ou... »

Elle s'abstint de finir, c'était peut-être trop déplacé, finalement. Elle se devait d'être professionnelle et ne pas dépasser son champ d'investigation.
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Message posté : Jeu 15 Mai - 3:24 Message
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Louis apprécia le tact et le professionnalisme de la détective. C'était un plus, et cela jouait en sa faveur, puisque cette attitude bienveillante et cette posture de compassion inclinait Louis à la générosité. Ce qui tombait bien, car la détective s'apprêtait à aborder la question du prix qu'il aurait à payer. C'était une étape obligée et si elle déplaisait à beaucoup, Louis savait qu'elle était nécessaire. Lui-même connaissait bien ce processus parfois désagréable – plus jeune, il avait donné des concerts privés souvent non déclarés au fisc, qu'il donnait pour financer ses études à la Sorbonne. À l'époque, il n'était pas encore l'homme financièrement à l'aise qu'il était devenu à présent. Vu l'état du bureau et même du loft de mademoiselle Melbourne, Louis se doutait qu'elle ne connaissait pas la panade financière, mais ce n'était pas une raison dédaigner cette étape cruciale. Il s'y plierait donc avec plaisir, et l'écouta dûment et précautionneusement quand elle reprit la parole pour détailler ses tarifs. Comme charité bien ordonnée commence par soi-même, Louis se fit attentif tant pour noter le prix que pour en évaluer la justesse. La demoiselle lui avait été recommandée : il avait également entendu parler du prix de ses diverses prestations, et sa mémoire était excellente, pour ces choses-là, si matérielles. Si importantes à ses yeux. Il prit le temps de bien réfléchir aux diverses rubriques comprises dans le tarif global qui représentait une somme rondelette qu'il n'aurait heureusement aucun problème à débourser. Comme le disait un philosophe grec de l'Antiquité, la richesse est dans l'usage bien plus que dans la possession, aussi Louis était-il bien décidé à faire usage de l'argent qu'il gagnait. Pourquoi accroître un trésor froid comme le marbre des palais italiens de Florence ?  « Je comprends bien et je ne discuterais pas ces tarifs. On dira que c'est parce que je suis de France, et que là-bas les marchandages ont mauvaise presse... mais non, je suis conscient que le travail que vous allez devoir fournir vaut son prix. Et vu que retrouver cette voleuse vous expose à certains risques, il est bien normal de le facturer aussi. Nous sommes à Star City, après tout, les dangers sont partout pour qui suit la trace des voleurs, même des plus élégants et distingués... Mais enfin, je vais vous faire un chèque pour l'acompte dès aujourd'hui. » Ce qu'il fit après avoir extrait son chéquier de son sac.

Et tandis que sa plume glisser sur la traite, Louis écouta d'une oreille distraite la dernière question posée par la détective, question qui manifestement la gênait un peu. Il releva sur elle un regard bleu de silence et vide comme l'eût été la bouteille d'un ivrogne après minuit. Il glissa le chèque complété devant elle, et en relevant sa main, remarqua qu'un peu d'encre noire avait maculé le bout de son index. Il fronça les sourcils et tira un mouchoir de tissu de ce même sac où il avait rangé son chéquier et sa plume. « Votre question est légitime, mais ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué, n'est-ce pas ? Admettons que vous me donniez l'identité précise de cette voleuse. Je me suis moi-même demandé ce que je ferais de cette trouvaille, sur le chemin de votre cabinet. » Il se posait cette question en vérité depuis le matin de la ridicule et terrible découverte. « Je n'exclus pas des poursuites judiciaires contrairement à ce que j'ai pu entendre, notamment si je ne retrouve pas les objets qui m'ont été dérobés. » Il y avait moins de conviction dans sa voix qu'il n'y a d'eau dans le Sahara. De toute évidence, jamais Louis ne traînerait la voleuse devant les tribunaux, dans un geste typique de l'américain moyen amoureux de son prétoire.  « Mais en vérité, je ne sais pas. J'imagine que je chercherai à retrouver mes possessions en allant à sa rencontre. Non, vraiment, je ne sais pas. » Ce qui était un bien vilain mensonge. Louis savait évidemment ce qu'il ferait de la voleuse une fois qu'il aurait son nom. Il la chercherait, la retrouverait, la traînerait dans son antre et l'y punirait jusqu'à ce qu'à la rage succédât la lassitude puis l'ennui. Et quand il n'y aurait plus que des lambeaux de chair sur les os de la créature, il contemplerait son œuvre et rirait de la stupidité de son geste ; car la vengeance est un échanson porteur d'un vin qui n'étanche jamais la soif.

Naturellement cette vision imagée de ce que ferait Louis serait bien loin de la réalité, et quand bien même il ne pouvait le déclarer devant la détective sans risquer de passer pour un fou furieux. Ce qu'il était en quelque sorte, s'agissant de cette voleuse, qui, de l'avoir trompé, floué, dupé sous son nez même, lui crevait les yeux d'une folie frénétique et rageuse. Ce n'était plus l'eau froide de la honte qui menaçait de noyer sa tête, mais bien le brasier de la revanche qui incendiait son cœur.  « Que me conseilleriez-vous ? Si vous étiez à ma place, moi à la vôtre, si je retrouvais pour vous le nom de cette voleuse, que feriez-vous de cette information ? » Fort curieux de la réponse qu'elle lui ferait, Louis joignit ses mains, le mouchoir de tissu toujours coincé entre ses doigts. Sans doute la demoiselle, professionnelle, demeurerait le plus neutre possible et lui dirait que n'étant pas à sa place, elle ne pouvait que donner de mauvais conseils. En un sens, elle n'aurait pas tort. En beaucoup d'autres, ce serait oublié que le principe même d'un conseil, c'est d'être donné par quelqu'un qui n'est pas à votre place, en aucune façon. Louis n'ajouta rien, se contenta de sourire, et d'attendre la réponse d'Emma Melbourne, dont il espérait beaucoup. Il ne regrettait vraiment pas d'être venu à elle, et de lui avoir confié le soin de retrouver la mystérieuse voleuse. Vraiment pas.
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Message posté : Mer 21 Mai - 19:38 Message
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Parler tarifs était toujours un peu gênant et Emma fut rassurée d'entendre que monsieur D'Ax était prêt à mettre la main au portefeuille. Après tout, avec combien de clients s'était-elle entretenue pendant un bon moment avant de les entendre se plaindre des tarifs et lever le camp ? Comprenaient-ils au moins en quoi consistait le travail qu'ils étaient venus lui demander d'effectuer à leur place ? Ce n'était pas si simple et outre les tours de passe-passe, il y avait le temps passé à enquêter : Emma ne comptait pas ses heures. Et ne faisait pas une tarification doublée les dimanches et durant la nuit. Alors c'était un soulagement -comme à chaque fois que cela se produisait- de voir un client prêt à payer sans broncher. Surtout qu'il évoquait la réputation de Star City et les risques qu'elle encourait. Elle se demandait parfois si les clients étaient naïfs ou s'ils pensaient vraiment qu'elle sortait juste indemne de ses prises de risques. C'était encore un miracle qu'on ne l'ait pas cuisinée plus que cela : si elle maîtrisait désormais l'art de détourner le sujet de conversation lorsqu'il s'agissait de parler des situations pendant une enquête qui avaient mis en péril sa vie, il lui était arrivé d'essuyer quelques blessures ou situations de combat. Et personne ne l'avait soupçonnée d'avoir des facultés hors du commun. Et que cela continue, pourvu que le français (puisqu'il parlait de ses origines) la laisse faire son enquête sans lui demander comment elle ferait en cas de couac. D'ailleurs son anecdote sur la tendance des français l'avait amusée, aussi lui répondit-elle dans la langue de molière même, mais avec un accent plus grave et moins rythmé.

« Merci. Je vous suis reconnaissante de ne pas chercher à négocier : en suisses, nous cherchons toujours à donner le juste prix. »

Son accent américain avait toujours été parfait puisqu'elle n'avait connu que ce pays jusqu'à ses 17 ans. Alors il pouvait être surprenant de l'entendre parler français avec son accent suisse, puisque cela ne sautait pas aux yeux de prime abord. Mais ça faisait son petit effet, puis elle savait que ses origines maternelles véhiculaient une image : une forte réputation en matière de précision... Et de neutralité. Enfin, elle ne savait pas non plus exactement ce que les français pouvaient penser de ce peuple voisin, mais ils partageaient au moins la même langue : si la mère d'Emma maîtrisait parfaitement l'allemand, elle avait enseigné à sa fille la langue familiale, le français. Et la jeune femme ne pouvait pas se vanter de savoir prononcer une phrase beaucoup plus évoluée que celles commençant par « gutten » dans la langue germanique.
Bref, inutile de broder ou de faire une démonstration linguistique plus poussée. Le désormais client signait le chèque et semblait même ne pas supporter une simple tâche d'encre sur son doigt. Emma se contenta de faire semblant de n'avoir rien vu en prenant le rectangle de papier avec un hochement de tête respectueux en guise de remerciement. Puis vint la question sur le destin de la voleuse. Louis D'Ax marquait un point en disant qu'il ne fallait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, mais Emma se montrait toujours positive quand aux chances de réussite d'une enquête. Peut-être un défaut, mais une qualité selon elle : elle croyait en son travail, en espérant que cela soit communicatif.
Il disait donc peut-être envisager de la traîner en justice, mais la conviction n'était pas au rendez-vous dans le timbre de se voix. Alors quoi ? Une satisfaction personnelle ? Du harcèlement ? Pourvu que l'idée de retrouver ses possessions l'appâte plus que de se venger d'une manière qui lui porte plus préjudice à lui-même qu'à elle. Il concluait d'ailleurs en demandant à Emma ce qu'elle ferait à sa place. Le point de vue extérieur, toujours une bonne chose à prendre. Car si elle n'était en apparence que l'exécutante de la recherche, son métier devait aussi faire d'elle une conseillère. Et si elle avait un jour fait sauter une usine de terraformation, il lui était nécessaire de tenir des propos bien plus sages et raisonnés. Il ne s'agissait que du vol d'un homme aisé : que ferait-elle du coupable du vol de son œuf de Fabergé -si cela arrivait?


« Eh bien... J'imagine que je chercherait à récupérer mes biens, mais je me rendrai rapidement compte que le voleur ne les a plus en sa possession. J'irais alors voir la police... Avec les preuves fournies par un détective privé. »

Emma esquissa un petit sourire en mentionnant sa profession. Elle avait cette fois-ci parlé en anglais afin de conserver le ton professionnel de la conversation. Et son regard se posa sur le mouchoir du client, tacheté d'encre. Le fait de vouloir effacer une simple trace était-il typique d'une personne maniaque ? Elle repensa au mot anglais « maniac » cela voulait aussi dire fou, mais était-ce le cas de l'homme qui se tenait face à elle ?
En un sens il avait raison, il fallait déjà abattre l'ours, ou démasquer la voleuse. Après... Emma tenterait de mettre la main sur quelques uns des objets dérobés. Cela ne serait pas une mince affaire. Puis resterait à constater si cela lui était suffisant. Il avait l'air d'un homme délicat, pas le genre à passer à tabac une femme avec qui il avait couché uniquement pour lui faire payer. Cependant, les apparences étaient parfois trompeuses, puis il suffisait d'engager un mercenaire pour ne pas avoir à se salir les mains. Alors Emma, prenant un ton faussement naïf, se fit conciliante.


« Mais vous avez raison. Il faut déjà tuer l'ours. Nous nous occuperons de sa peau en temps voulu. »

Si cette remarque se voulait humoristique, il n'en était rien. D'abord répondre aux demandes du client, et ensuite assurer le service après vente. Et le « nous » employé signifiait son désir d'être mise au courant des décisions que prendrait son client.
Sur ce, elle prit son stylo puis signa les deux exemplaires de contrat qu'elle avait sorti plus tôt, ajoutant sur le papier quelques annotations pour préciser que l'acompte avait été versé, quel était le montant de la prime, l'ajout de la clause de confidentialité, etc... Et une fois les documents dûment complétés, elle les plaça face au musicien, en ajoutant le stylo puis en lui montrant du bout du doigt ce qu'il aurait à remplir.


« Il faut juste une signature ici, et là, s'il vous plaît. »
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Message posté : Mer 21 Mai - 23:35 Message
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♦️ Maître des Potions (Ω : dont élixir de Jouvence, hystérie collective, potion de soins, potion d'anthropomorphisme, venin de Cronos, sérum de vérité, potion de résistance, antidote universel)
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♦️ Morguse (IV : robe, capuchon, gants, bottes)
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Le sourire de Louis se fit croissant de lune quand il entendit la belle mélodie de la langue française s'évanouir hors des lèvres de la délicieuse Emma Melbourne. L'accent de la demoiselle n'était pas déplaisant, elle parlait donc une langue étrangère en plus de celle de ses pères avant elle. C'était très encourageant. Elle parlait de la Suisse. Était-elle originaire d'une des plus vieilles républiques d'Europe ? Vu le parallèle à faire avec les propres mots de Louis, c'était une déduction honnête. Cela aurait été une originalité des plus élégantes. Louis avait bon souvenir des quelques séjours qu'il fit dans les Cantons, que ce fût à Genève, à Zurich, ou même à Lausanne. Songeant qu'il y retournerait bien, notamment pour aller goûter à la quiétude des rives du lac Léman, il ne dit toutefois rien qui pût trahir le regain d'intérêt qu'il avait pour les rares informations que la demoiselle glissait par moment pour en dire davantage sur elle-même sans en donner l'air. C'était indiscutable : elle avait l'étoffe des grands esprits qui font donc les meilleurs détectives. Il y avait en elle un peu de Vidocq et de Pinkerton en elle. Et qu'elle fût Suisse ou non d'origine ne pouvait que plaider en sa faveur : passionné d'histoire depuis longtemps, Louis connaissait les liens ténus entretenus par les deux nations depuis bientôt cinq cent ans, il partageait avec de nombreux français une certaine affinité particulière pour ces voisins des montagnes alpines. Puis la demoiselle fut amenée par Louis à donner son avis, à le conseiller, à lui recommander une position vis-à-vis de la voleuse, s'il venait à retrouver son identité à l'issue de l'enquête qu'elle mènerait. Quand bien même il savait déjà très bien ce qu'il ferait d'elle, il écouta l'avis qu'on lui donnait avec beaucoup d'attention et d'intérêt. Il admira notamment le ton très amusé de la réponse qu'on lui fournit, et lui-même ne put s'empêcher de sourire. Cette professionnelle connaissait son métier, l'évidence était là, mais elle en savait également beaucoup sur le rapport du prestataire au client ! Une parfaite suissesse dans son horlogerie, pour tirer à elle la couverture, n'aurait pas mieux fait ! Admiratif, Louis rit de bon cœur. Et il ne rit que davantage lorsque la demoiselle conclut en reprenant à son compte l'expression qu'il avait lui-même employée pour désigner la voleuse selon le vocabulaire de la chasse. Tremble, ourse vile ! Ta peau ornera bientôt la grande salle de l'Opéra Beaudrie !

 « N'ayez crainte, je suis certain qu'à la toute fin, nous saurons quoi faire de notre proie. » Le terme n'était pas choisi au hasard. Louis s'imaginait chasseur, percevait la voleuse comme sa proie, et la détective serait donc le limier qui le conduirait jusqu'à elle. Une belle métaphore pour décrire le triangle qui se jouait là. « Et puis, si je retrouve tous les objets qui m'ont été dérobés, il se peut même que ma joie supplante l'envie que j'ai de traîner la voleuse par l'enfer des tribunaux de la ville. Puisque le vol aura été réparé, et les objets restitués, à quoi bon déranger les magistrats déjà si occupés ? » En effet, Louis n'aurait de toute façon aucune raison de vouloir conduire l'affaire devant les juges, ce qui aurait exposé sa réputation et son nom aux éclaboussures d'un scandale humiliant. Tout cela lui déplairait fortement. Néanmoins, même s'il venait à retrouver l'intégralité de ses possessions perdues, sacrifiées à sa vaniteuse naïveté, Louis n'en demeurerait pas moins décidé à exercer sur la voleuse la juste vengeance qu'elle méritait. Car en lui infligeant cet affront, elle lui en donna le droit malgré elle, et Louis, comme tout autre, était soucieux de faire respecter ses droits. S'il fallait pour cela anéantir cette voleuse afin qu'elle ne nuisît plus à personne, il s'en donnerait à cœur joie ! D'autant qu'il se méfiait assez d'elle pour se douter qu'elle serait plus dure à cuire qu'un mauvais morceau de viande.  « Seulement deux autographes ? Moi qui m'attendez à devoir parapher tout un dossier de plusieurs centaines de pages... » Et dans son sourire, Louis laissa transparaître la joie que lui inspirait la globalité de leur entretien. Il quitterait ce bureau avec le cœur léger et la tête dévouée à d'autres problèmes plus urgents.

De ses mains désormais libres, parce qu'il avait rangé le mouchoir taché d'encre, Louis saisit le bout des accoudoirs du fauteuil, signe qu'il songeait que prenait fin leur première rencontre. Mais il n'osa point encore se lever de peur de paraître impoli. « Bien, il me semble que c'en est assez pour cette fois-ci... Je vais vous laisser toutes mes coordonnées pour que nous puissions communiquer au mieux, et je vous prierais de me faire savoir sans tarder toutes les informations que je dois vous transmettre au plus vite. Il serait fâcheux qu'à cause d'un défaut de mémoire, votre... notre enquête prenne du retard. » Louis, en effet, n'était pas favorable à semer plus de délais que nécessaire entre lui et ses retrouvailles avec la voleuse. Patient de nature, il n'aimait pas pour autant perdre son temps en vaines expectatives.  « Avez-vous encore d'autres questions pour moi ? Je serai ravi d'y répondre. Dans le cas contraire, je ne voudrais pas abuser de votre temps. Vous avez déjà votre chèque, après tout, ma présence ne me paraît plus nécessaire... » Il éclata d'un rire mélodieux et calculé. Depuis qu'il avait accédé à une certaine aisance financière, Louis aimait beaucoup se moquer de lui-même et, notamment, de la vanité de son statut social. Généreux avec ceux qu'il jugeait méritant, il n'avait aucun problème avec la dépense utile, comme l'avait sans doute déjà bien compris Emma Melbourne. Alors il aimait à plaisanter et l'occasion s'y prêtait : elle venait de s'ouvrir la bourse pleine d'un client enthousiaste. Que demander de plus ? Mais elle avait peut-être encore d'autres questions. Et peut-être Louis devrait-il se rendre ensuite auprès de sa secrétaire pour compléter quelque formulaire ou document particuliers. Il s'y plierait volontiers.
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La honte suit l'orgueil

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