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Fire on Babylon

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Message posté : Mar 22 Avr 2014 - 10:07 Message
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***

21 avril 2014
(Début de soirée.)

— Roberts, Roberts-Amberson, Amberson, Amberson toujours, Amberson ! Amberson-Hevner, Hevner dribble et Hevner maaaaarque !
— S. T. A. R.
S. T. A. R.
Star High !

We reach for the stars !

— Et il ne reste plus qu’une minute au compteur. Les joueurs se replacent. Remonter va être difficile pour Nashua.

Soixante secondes plus tard, l’équipe de basketball de Star High était couverte d’applaudissements par ses supporters, tandis qu’elle serrait la main aux malheureux perdants de Nashua. Jouer à domicile était décidément une expérience des plus plaisantes et Jace chercha du regard, dans les gradins, le visage de ses amis, puis de ses coéquipiers et enfin ses yeux s’arrêtèrent sur Christopher. Son sourire s’affirma un peu plus. Gagner devant son petit ami ajoutait une saveur toute particulière à la fierté qui l’emplissait après la victoire. L’équipe se dirigea vers les vestiaires.

— Jace ? Hé. Jace !

Alan Amberson claqua des doigts devant les yeux de Jace, qui releva le regard.

— Tu m’entendais pas ?
— Non, j’étais… Désolé.

Cela faisait plus d’une dizaine de secondes qu’Alan tentait, dans les vestiaires, de capter l’attention de son ami, assis sur l’un des bancs, les yeux perdus dans le vide.

— On a fini. Tu peux y aller.
— Merci.

Jace se releva, récupéra ses affaires et se dirigea vers les douches désormais désertes où il ne risquait de blesser personne.

— Hey, Jace !
— Hmm ?

Le blond se retourna vers Alan.

— Super match, ce soir.

Un peu distraitement, il répliqua :

— Ah, euh, oui. Merci. Toi aussi, toi aussi…

Alors que l’eau commençait à couler, lavant la fatigue de la rencontre sportive, Jace essayait de faire le point. Il avait la sensation étrange de savoir quelque chose, quelque chose d’encore imprécis et vague, comme si, d’un coup d’œil dans un parc, il avait repéré un individu au comportement suspect. Il avait vu, appris, entendu un détail, quelque part, qui retenait son attention. Mais quoi ? Où ? Comment ? N’était-ce pas un simple mauvais pressentiment ? Un peu plus fort, un peu plus insistant que les autres. Le jeune homme secoua la tête et tenta d’éclaircir son esprit.

***

21 avril 2014
(Milieu de soirée.)

Les mésaventures de James Bond n’avaient pas réussi à retenir assez longtemps l’attention de Jace et il avait fini par rouler sur le côté, se caler entre les bras de Christopher et s’endormir. Le match de basket avait eu raison de son énergie pour la soirée et, pendant que 007 continuait, pour les seuls yeux du brun désormais, à se démener contre les forces criminelles qui tentaient une fois de plus de dominer le monde, le talentueux joueur reposait sur les lauriers de sa victoire, avec une respiration lente et régulière. Collé à Christopher, qu’il tentait de serrer comme un ours en peluche, le grand Thunder avait l’air bien fragile.

Le film était fini depuis une bonne dizaine de minutes maintenant, l’ordinateur portable repoussé, le silence revenu dans la chambre de Jace, quand ce dernier commença à s’agiter. De très légers spasmes, ceux des mauvais rêves, parcoururent son corps et, soudain, il se redressa brusquement. Assis sur le lit, les yeux perdus dans le vague, confus après un réveil aussi soudain, le jeune homme essayait de reprendre son souffle et ses esprits.

Une évidence s’était imposée à lui.

— Il va se passer quelque chose.

***

22 avril 2014
(Début d’après-midi.)

Au sommet de l’un des petits buildings du centre, Thunder regardait la ville d’un air songeur. Fort heureusement, la veille, Christopher l’avait dissuadé de se plonger dans des recherches et le sommeil lui avait fait le plus grand bien. Mais depuis ce matin-là, il avait cherché à donner un sens aux étranges intuitions qui avaient agité sa soirée, après le match de basket. Incapable de les expliquer d’abord, il avait été intimement convaincu de leur exactitude. Ensemble, les deux Alphas avaient élaboré des théories. Connexion intuitive aux informations des réseaux, scannées inconsciemment par son esprit ? Sens de l’observation digne de son intelligence, mais pas encore bien maîtrisé, qui avait été retenu, à retardement, par un détail aperçu dans la journée ? Difficile à dire.

En tout cas, Thunder savait qu’il allait se passer quelque chose et il savait qu’ils auraient besoin d’intervenir. Ils avaient donc revêtu leurs combinaisons et ils guettaient, depuis l’un de leurs perchoirs. Une nouvelle fois, Jace s’approcha du bord de l’immeuble et jeta un coup d’œil vers la rue, vingt étages en contrebas, avant de se détourner pour se rapprocher de Christopher.

— Peut-être je me trompe.

Il avait du mal à y croire cependant.

— En tout cas, t’es super patient. T’as du mérite, comme garçon, tu sais, ça ?

Thunder déposa un baiser héroïque au coin des lèvres de Megastar, avant de se détourner une nouvelle fois, pour reprendre son poste sur le rebord du toit. Il plissa les yeux. Avant de désigner un nuage de fumée, caractéristique des incendies, qui s’élevait, du côté du district ouest.

— J’sais pas si c’est ça, mais en tout cas, c’est un truc.

Et d’un pas supplémentaire, Thunder se jeta dans le vide — avant de s’envoler.
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Message posté : Jeu 24 Avr 2014 - 1:29 Message
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Sur le toit du petit immeuble, Christopher ne regardait pas les alentours, l’horizon, à la recherche d’un signe quelconque, d’un danger imminent. Il regardait Jace, qui lui avait au contraire les yeux rivés sur le paysage urbain. S’il devait se passer quelque chose d’important à Star City, il allait le voir. Là, tous les deux, perchés en centre-ville, ils étaient vêtus de leurs combinaisons pour les missions spéciales, celle du brun ayant la possibilité de s’étendre à mesure qu’il prenait la carrure de Megastar. Pour l’heure, il était lui-même, et il tâchait de ne pas avoir l’air trop inquiet. Jace avait-il vraiment eu une prémonition, et dans ce cas, quelque chose allait se produire ? Ou bien avait-il juste rêvé et s’accrochait-il à une impression qui pouvait s’avérer totalement fausse.

La veille, Christopher avait regardé un James Bond avec son petit ami blotti dans les bras, et l’avait vu peu après la fin du film s’agiter dans son sommeil. Il rêvait. Et puis, Jace s’était soudain redressé en affirmant qu’il allait se passer quelque chose. Après quelques minutes à reprendre ses esprits, il s’était emparé de l’ordinateur portable avec la ferme intention, apparemment, d’en apprendre plus, tout de suite. Ce dont Chris avait réussi à le dissuader : mieux valait d’abord dormir, d’autant qu’il était crevé, et se mettre au boulot le lendemain, pour voir si l’intuition se vérifiait ou non.

Et là, en ce jour, elle ne se vérifiait pas vraiment. Du moins, il n’y avait aucun signe visible d’un incident quelconque. Christopher haussa les épaules quand Jace lui attribua le mérite d’être patient, avant de lui déposer un baiser au coin des lèvres. C’était un geste d’affection assez inhabituel, même s’il n’y avait aucun public, et d’autant plus qu’ils étaient dans leurs costumes de super-héros. Mais ce fut apprécié à sa juste valeur, et c’est avec un petit sourire que le brun posa son regard sur le lointain. Avant de repérer, tout comme le blond, le nuage de fumée. Si c’était le signe qu’attendait Jace, ça semblait, d’où ils étaient, assez impressionnant. Et si ça n’était pas ça, il valait quand même mieux qu’ils y aillent.

Et alors que Thunder sautait dans le vide et prenait son envol, Megastar remplaça Christopher, prenant de l’ampleur tant en hauteur qu’en largeur. En un rien de temps, il revint à hauteur du leader de la Team Alpha et, peu après, ils atterrissaient à proximité de l’incendie, non loin de la côte. Il n’était pas étonnant qu’ils aient vu énormément de fumée, le feu était en train de ravager la moitié d’une villa qui avait dû être assez classe et spacieuse. Hormis une femme et un enfant, qui regardaient, l’air choqué, les flammes dévorer l’habitation, il n’y avait personne aux alentours. Sûrement parce que l’incendie venait juste de se déclencher.

Madame, ne restez pas là, écartez-vous ! lança le colosse de l’espace, en s’approchant de la femme, pour les éloigner du feu.
Mon mari ! Mon mari ! cria-t-elle alors, comme si elle sortait d’une sorte de transe.

Et là, Chris réalisa que le mari en question devait être à l’intérieur. S’il était dans la partie encore intacte, mais sûrement pas pour longtemps, il y avait peut-être encore des chances pour qu’il soit en vie. Sinon… Au loin, les sirènes des camions de pompiers se firent entendre. Le temps de réaction avait été très court, ce qui était une bonne chose, mais il n’y aurait plus grand-chose à sauver. Se tournant vers Thunder, Megastar prit un ton catégorique.

Je vais voir à l’intérieur.

L’uniforme, ignifugé, résisterait assez longtemps pour qu’il puisse faire une recherche rapide. Et son armure intégrée pourrait le protéger pendant quelques minutes. Sans hésitation, il fonça par une fenêtre dont la vitre avait éclaté. Au milieu des flammes, il ne voyait pas grand-chose. La fumée, qui aurait intoxiqué n’importe qui, ne lui faisait aucun effet. Après avoir vérifié les pièces accessibles, il tâcha de dégager un peu le passage, là où le plafond s’était déjà effondré, mais il ne vit aucune trace du mari. Quand la chaleur devint difficile à supporter, il ressortit, bredouille.

Je ne l’ai pas trouvé… aucune trace… fit-il, alors que les pompiers préparaient leurs lances.

Soit le mari s’était retrouvé coincé quelque part, soit son corps était déjà carbonisé, soit il n’était tout simplement pas dans la maison quand le feu s’était déclenché. Alors que la femme était prise en charge par les secours, avec son enfant, Megastar se tourna vers Thunder.

C’est ça, que tu as pressenti ?

Sous cet aspect métallique, il faisait presque cinquante centimètres de plus que le blond. Et était plus large…

Parce que pour l’instant, ça ressemble juste à un…

La fin de sa phrase fut couverte par une explosion. Une partie de la villa voisine venait de voler en morceaux, alors qu’une boule de feu s’échappait du trou béant. Un nouvel incendie. Deux d’un coup. Là, en effet, ça commençait à en valoir la peine.
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Message posté : Jeu 24 Avr 2014 - 10:54 Message
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Thunder tâcha de faire abstraction du nœud de son estomac quand Megastar plongea dans les flammes. Voir ses coéquipiers risquer leur vie était toujours inquiétant, mais depuis que sa relation avec le second de la Team Alpha s’était faite plus intime, le jeune homme avait parfois quelques difficultés à mettre ses sentiments de côté pour assurer à sa mission tout le professionnalisme dont elle avait besoin. Mais Megastar ne risquait rien, protéger par une armure que Jace aimait croire, jusqu’à preuve du contraire, invulnérable. Il se retourna donc vers les deux survivants et les incita à reculer, pour dégager un périmètre de sécurité, favorable à l’intervention des pompiers.

Les secours ne tardèrent pas à se déployer et s’activaient déjà alors que Megastar refaisait son apparition. Thunder secoua la tête d’un air perplexe, mais il n’eut pas le temps de répondre à son compagnon que, déjà, une seconde explosion les soufflait. Des ordres criés s’élevèrent parmi les pompiers, contraints de se scinder, tandis que les deux Alphas s’envolaient pour couvrir rapidement le peu de distance qui les séparaient de l’autre bâtisse. Avec l’efficacité et l’autorité qui étaient ordinairement les siennes, Thunder décréta :

— Tu rentres là-dedans, tu fais un tour rapide, tu récupères les survivants, moi je…

L’adolescent s’interrompit et plissa les yeux. Derrière un nuage de fumée, une ombre se dessinait, qui paraissait pressée de quitter les lieux de l’explosion.

— Moi, je me charge de ça…

Puisqu’il ne pouvait pas sans risque investir la maison, le partage des tâches avait été somme toute aisé à faire. Sans attendre, Thunder prit son envol et fonça vers l’ombre. Il traversa un nuage de fumée, évita de justesse une poutre enflammée qui tombait sur le sol et, à quelques mètres au-dessus du sol, scruta les alentours pour repérer à nouveau l’ombre qu’il poursuivait. Il n’eut pas longtemps à observer pour remarquer un trou calciné dans la haie qui entourait la maison, comme un petit bocage, et aussitôt, il vola au-dessus du parc de la propriété pour déboucher sur la route côtière.

Un moteur vrombissait et, d’un sentier boisé, une moto s’élança. Cette fois-ci, le doute n’était plus permis : il poursuivait un individu de chair et d’os, qui n’était de toute évidence pas étranger aux deux explosions. Thunder pressa son oreillette.

— Je suis à la poursuite d’un suspect.

Et il s’élança. Lancée à pleine vitesse, la moto eut sans doute été un peu plus rapide que lui, mais dans ces routes qui serpentaient le long du littoral, le pilote n’avait pas le loisir de pousser l’engin au maximum de ses possibilités, et Jace n’avait aucun mal à se maintenir à sa hauteur. La partie délicate était de l’arrêter. Bien sûr, dans l’absolu, il eût suffi de couper l’électricité qui assurait le bon fonctionnement des transmissions, mais l’arrêt brutal aurait sans nul doute entraîner la mort du suspect et Jace préférait ne pas en arriver à cette extrémité — jamais.

Alors la moto fonçait et, au-dessus d’elle, le jeune super-héros fonçait aussi. Un peu plus loin, Jace crut apercevoir un passage à niveau. En se concentrant, il parvint à en faire retenir la sonnerie. Les barrières s’abaissèrent. Tout indiquait le passage imminent d’un train et, quand bien même le pilote n’eût pas été dupe, foncer à pleine vitesse, en moto, dans les barrières de sécurité eût été des plus dangereux. Comme Thunder l’avait prévu, le véhicule s’arrêta dans un dérapage. Comme il ne l’avait pas prévu, une boule de feu jaillit de la main du pilote pour foncer vers lui.

Thunder cessa brusquement de voler pour tomber de deux mètres, reprendre sa lévitation juste à temps et se poser sur le sol. Il avait évité de justesse le projectile enflammé, mais déjà un second fusait vers lui. Le jeune homme roula sur le côté et, un instant, il ne put pas voir ce que le suspect manigançait. Il entendit simplement la moteur de la moto rugir. Qu’à cela ne tînt : il reprendrait la course-poursuite. Mais le pyromancien avait eu une autre idée : c’était sans pilote que la moto fonçait vers Thunder, qui venait de se relever.

Il fallut une fraction de seconde à l’intelligence du jeune super pour comprendre les intentions de son adversaire. Juste assez de temps pour s’envoler droit, aussi vite que possible. Il avait mis entre le sol et lui plusieurs mètres quand une nouvelle boule de feu atteignit la moto et la fit exploser. Le souffle agita le vol de Jace et quand l’adolescent eut repris le contrôle de ses mouvements et rejoint le sol à côté de la carcasse enflammée du véhicule, le suspect avait disparu.

Thunder balaya du regard les alentours. Où avait-il bien pu aller, dans cette route unique qui suivait la côte pour rejoindre les nationales, mais beaucoup plus haut, ou Star City, mais beaucoup plus ? Un autre pouvoir ? Les battements de cœur du jeune homme reprirent un rythme plus calme quand il se rendit finalement à l’évidence : le suspect lui avait échappé. Et ce n’était pas la moto en piteux état qui leur livrerait des indices sur son ancien propriétaire.
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Message posté : Jeu 24 Avr 2014 - 18:24 Message
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Alors que Thunder se lançait à la poursuite d’une ombre, Megastar prit de nouveau son envol et traversa un mur de flammes pour atterrir au milieu de ce qui avait sans doute été le salon de la villa. La partie où s’étaient sans doute situées les chambres était complètement détruite. La mezzanine, qui avait dû abriter un bureau, céda et s’écroula, manquant de peu d’écraser le jeune super. Il n’y avait personne, aucune trace d’un être vivant… D’un coup d’épaule, il défonça la porte qui menait au garage, en-dessous. Et c’est là qu’il tomba sur une femme, qui serrait contre elle sa petite fille, qui serrait contre elle un petit chat. Le tableau aurait pu être attendrissant en d’autres circonstances. Levant les yeux, Christopher vit une fissure se dessiner sur le plafond.

Ne vous inquiétez pas, je vais vous sortir de là ! lança-t-il, avant de se projeter contre la porte du garage.

L’épaisse plaque métallique quitta ses rails et tomba à plat sur le sol. Revenant en arrière, Megastar prit doucement la femme dans ses bras, embarquant dans le même mouvement la fillette et son chaton. Puis il quitta rapidement les lieux, juste avant que le reste de la villa ne s’effondre sur lui-même. Aussitôt, les secours prirent les survivants en charge. Ce qui surprenait le Légionnaire, c’était l’absence d’homme, comme à côté. Une femme, un enfant, pas de mari. Les pompiers luttaient contre les flammes avec acharnement, mais il n’y avait désormais plus grand-chose à sauver, si ça n’était peut-être les habitations voisines.

Megastar ? l’interpela un homme, derrière lui. J’ai quelques questions à vous poser.

Pivotant sur lui-même, Christopher baissa les yeux sur un homme qui pourtant était grand, plus d’un mètre quatre-vingt-dix, portant un imperméable beige et une petite moustache grisonnante, tout comme sa crinière de cheveux noirs.

Bien sûr. Vous êtes ?
Capitaine Roland Hutch. Je travaille au commissariat de la Marina.
Ah. Je vous écoute.
Rien de suspect, à l’intérieur ?
Je n’ai pas vraiment eu le temps de voir quoi que ce soit. Le plus suspect, c’est quand même la vitesse à laquelle les incendies se sont propagés. En dehors du fait qu’il y en a eu deux à la suite, bien sûr.
Des idées sur l’origine ?
Mon coéquipier s’est lancé à la poursuite d’un suspect.
Un suspect ? Est-ce vous…
Vous avez une carte ?
Oui, la voici. Et donc, ce suspect ?
Veuillez m’excuser, mais je vais rejoindre mon partenaire.
Mais pourriez-vous…

Mais le flic ne put terminer sa question, son interlocuteur ayant quitté vivement le sol pour s’élever à une altitude de cinquante bons mètres.

T’es ? demanda-t-il, grâce au système d’oreillettes.

Quelques minutes plus tard, il se plaçait en vol stationnaire au-dessus de la moto calcinée. Il en communiqua la position à la police, utilisant le numéro de Hutch, qu’il venait de récupérer, puis il scruta les environs du regard. Après quelques secondes, il pointa un filet de fumée qui s’éleva brièvement à deux-cents mètres de là.

Là ! Il ne progresse pas vite, il a dû tomber sur des obstacles…

Dans ce coin-là, la végétation faisait encore sa loi, et il était difficile de circuler dans la mesure où l’on optait pour des trajets peu conventionnels, en coupant à travers les fourrés, par exemple. Megastar se posa à l’endroit où il avait aperçu la fumée. De nombreux arbustes formaient une sorte de barrière naturelle, et l’homme s’était vu forcé d’y pratiquer un trou à l’aide du feu. Heureusement, aucun incendie ne s’était déclenché, et il y avait eu juste la place pour lui de passer.

À cette vitesse, il ne peut pas aller bien loin…

D’ailleurs, il eut la confirmation de l’immédiate proximité du suspect quand, en reprenant de l’altitude, il fut forcé d’éviter une énorme boule de feu. Qui sans doute ne lui aurait rien fait, mais ça avait été un réflexe. Un autre projectile enflammé, puis un autre, furent envoyés dans leur direction, alors que leur lanceur prenait de nouveau la fuite. L’inconvénient que rencontraient à présent les deux héros, c’était que le vol ne leur servait pas à grand-chose : le fuyard venait d’entrer dans une zone boisée, où les cimes des arbres étaient particulièrement touffues et serrées.

Va falloir descendre là-dedans… dit Megastar, en effectuant une sorte de vrille, pour se retrouver la tête en bas, et se laisser tomber à travers les feuilles.

Il embarqua quelques branches au passage mais arriva au sol sans égratignures. Seul son uniforme avait quelques accrocs.

Il fait plutôt sombre, là-dessous, il est parti par où ?

Une sorte de silence pesant régnait. Pas un seul oiseau. Même le souffle du vent n’atteignait pas cet endroit sombre et couvert. Megastar jeta u œil à Thunder. Ils s’étaient lancés à la poursuite d’un pyrurgiste qui avait en plus l’air de pouvoir disparaître dans l’obscurité. À moins qu’il ne soit tout près, attendant juste l’occasion de les attaquer de nouveau.
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Message posté : Ven 25 Avr 2014 - 11:01 Message
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D’un revers de main, Jace chassa les petites brindilles qui étaient restées accrochées à son costume et promena un regard perplexe autour de lui. Megastar l’avait rejoint, ils avaient pu poursuivre pendant quelques secondes leur suspect, mais dans l’obscurité des bois, la piste s’était à nouveau refroidi. Inutile de chercher plus : dans la pénombre, entourés de fourrés, scruter les environs était parfaitement vain. Et partir dans une direction quelconque, c’était tout aussi bien s’éloigner de leur cible. Alors Thunder se rapprocha de Megastar, jusqu’à coller son dos contre le torse — enfin, le ventre, plutôt — du colosse de l’espace.

— Protège moi.

Une demande un peu atypique de la part de Thunder, mais l’Alpha rajouta, très bas, dans un murmure :

— J’ai besoin de me concentrer vraiment.

Et pendant ce temps, il ne pourrait pas se défendre : il voulait donc que Megastar n’eût qu’à refermer les bras pour l’emporter dix mètres au-dessus du sol, si un danger survenait. En attendant, le jeune homme ferma les yeux et tenta de faire, autant que possible, le vide dans son esprit. La forêt était pour une fois un environnement particulièrement propice à l’expérience qu’il se proposait : repérer les signaux électriques inhabituels et, en l’occurrence, dans un pareil endroit, n’importe quel signal électrique.

Il y eut d’abord ce à quoi il s’était attendu. Sa montre. Son oreillette. La montre et l’oreillette de Megastar. Puis plus rien tout autour d’eux, ni un peu plus loin, jusqu’à ce que la batterie d’un téléphone portable se détachât clairement dans sa conscience. Leur proie ne les avait pas attendus et poursuivait sa fuite, tant bien que mal, et à en juger par la lenteur de sa progression, elle n’était pas plus expérimentée qu’eux dans la course en forêt. Jace se concentra un peu plus. Le volume du téléphone se régla au maximum.

Le jeune homme murmura :

— À deux heures, devant nous. Attends…

Une musique pop retentit brusquement dans la forêt, alors que Jace venait de la déclencher sur le téléphone de sa cible.

— T’y vas de face, vu que tu vas pas tellement être discret, je contourne, je le choque et ça devrait être bon.

Le jeune homme rouvrit les yeux et s’élança tout à la fois dans la direction du signal électrique et du son. Un peu avant d’atteindre leur proie, il mit son plan à exécution et entama un détour. Il ne doutait guère de l’efficacité de sa tactique : personne n’avait l’idée de chercher un autre adversaire quand se présentait devant soi un colosse de l’espace en armure renforcée qui pouvait écarter les arbres sur son passage. Le discret et timide Christopher pouvait difficilement, sous les traits de Megastar, éviter d’attirer l’attention.

Jace regrettait tout de même de n’avoir pas mis plus sérieusement à exécution ses projets d’entraînement en milieu naturel. Il était rare que les missions de la Team Alpha les conduisissent hors de la ville elle-même, en forêt par exemple, mais en de semblables occasions, il eût été préférable de pouvoir se déplacer aussi discrètement que possible. Évidemment, entre la musique qui continuait à résonner, malgré les efforts du pyromane pour couper le son de son téléphone curieusement rétif, et la progression monumentale de Megastar derrière lui, Jace aurait pu marcher sur toutes les brindilles du monde qu’il n’eût pas beaucoup attiré l’attention.

Quand il estima avoir suffisamment contourné ce que l’arrivée de Megastar n’allait pas tarder à transformer en front de la bataille, Jace commença son approche. Il s’agissait de procéder aussi promptement que possible. Il n’avait aucune envie de tester la résistance de l’armure de son coéquipier. Et quand bien même : il suffisait d’une boule de feu mal placée pour déclencher un incendie de forêt. En dehors du désastre environnemental, de nombreuses maisons donnaient sur les bois. Quand il aperçut donc sa proie, Jace n’hésita guère et il se précipita sur elle. L’effet de surprise était intact, la main du jeune homme se posa sur la nuque du motard et une puissante décharge électrique parcourut son corps.

***

— Ça va, je vous dis.

Difficile de savoir s’il s’adressait à la secouriste qui achevait son bandage ou à Christopher juste à côté de lui. En posant la main sur la peau du pyromane — enfin, de la pyromane, comme ils l’avaient découvert, une fois qu’il avait pu l’observer de plus près — Jace s’était brûlé. Mais sur le bord de la route qui partait des villas et longeait la forêt, l’adolescent ne s’inquiétait pas trop d’une blessure qui n’était que superficielle. Tout au plus allait-il avoir quelques difficultés avec les travaux de précision, sur ses automates.

La police les avait rejoints après avoir localisé la moto, tandis qu’ils avaient porté leur suspecte — enfin, que Megastar l’avait portée, plus tôt — hors de la forêt. La femme devait avoir une trentaine d’années, mais en dehors de cela, elle n’offrait pas beaucoup d’éléments : caucasienne, les cheveux courts, pas de papiers d’identité. Pourquoi avait-elle décidé de brûler ces deux villas ? Le pur amour du feu était une hypothèse qui n’avait séduit Thunder que jusqu’au moment où Christopher l’avait informé que dans la seconde villa non plus, aucun homme n’avait été retrouvé. C’était une coïncidence…

… que Jace ne s’expliquait à vrai dire absolument pas. Il avait bien des dizaines d’hypothèses, plus ou moins farfelues, mais il manquait cruellement d’éléments. C’est pourquoi il interrogea le capitaine Hutch :

— On peut visiter les maisons ?

L’homme se gratta la nuque.

— Je crois. Mais pas tout seuls. Quand il y a un incident criminel, il y un marshall du feu qui enquête. Il va falloir voir avec elle ou lui, il devrait être sur place. Nous, on va embarquer la demoiselle et essayer de lui trouver une cellule où elle ne fera pas trop de dégâts.
— On peut se tenir au courant ?

Hutch parut hésiter quelques secondes, puis il finit par hocher la tête. La Team Alpha acquérait petit à petit assez de réputation pour que les forces de l’ordre fussent moins réticentes à une collaboration. Tandis que les voitures de police et l’ambulance s’éloignaient, Jace rajusta son bandage puis croisa le regard de Christopher.

— Je te dis que ça va. J’suis pas un colosse de l’espace, mais je suis pas en sucre, quand même !
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Message posté : Ven 25 Avr 2014 - 22:54 Message
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Dans le silence et l’obscurité, la seule chance qu’avaient les deux Légionnaires, c’était d’employer un moyen peu conventionnel : Thunder allait se concentrer sur l’énergie électrique que le fuyard pouvait dégager, s’il possédait par exemple un téléphone portable. Megastar l’entoura donc de ses bras, prêt à le protéger s’il le fallait, au cas où une boule de feu leur serait lancée. Pendant quelques minutes, il ne se passa rien, et ils restèrent dans cette étrange posture, jusqu’à ce qu’enfin leur cible soit repérée. De la musique s’éleva alors, un peu plus loin, indiquant clairement, si ce n’était pas la position de l’homme qu’ils poursuivaient, la direction à suivre. Le plan d’attaque était très simple, et fut rapidement exécuté. Thunder neutralisa ce qui était en fait une femme, se brûlant au passage, et Megastar se chargea de la transporter, non sans s’inquiéter de la gravité de la brûlure.

T’es sûr que ça va ? demanda le colosse, alors qu’ils se dirigeaient vers l’une des villas.

Jace avait beau avoir un bandage, il avait été blessé. Mais il se voulait rassurant, alors ils n’allaient pas s’attarder dessus. Christopher reprit son apparence humaine, perdant en taille et en épaisseur, alors que son uniforme se détendait. Pour les minutes à venir, il n’allait a priori pas avoir d’être très grand et très fort. Et au pire, il pourrait activer rapidement le MEGAS. Ils franchirent un cordon de sécurité et tombèrent sur un homme en combinaison blanche, qui les détailla de la tête aux pieds, avant de pivoter et de s’éloigner. Chris jeta un œil à Jace.

Si c’est le marshal qu’on doit voir, il est pas très causant… et puis c’est pas vraiment une tenue de marshal.

En guise de marshal, en fait, ils rencontrèrent une femme qui ne devait pas avoir plus d’une trentaine d’années. Les pouces glissés dans la ceinture, elle détaillait une fissure au plafond. Autour, ce n’était que désolation. Le mobilier était réduit en cendres, et la moitié de la bâtisse n’était plus qu’un tas de ruines. Quand elle vit les arriver, elle leur adressa un grand sourire en leur tendant la main.

Marshal Stacy Cooke, chargée de l’enquête.
Euh… Nous, c’est…
Thunder et Megastar, je sais.[/b]
Oui… euh… des idées, des pistes ?

Quand il ne faisait pas deux mètres vingt, il était moins impressionnant et, surtout, moins sûr de lui. Mais la jeune femme ne lui en tint pas rigueur en reprit la parole :

À première vue, dans les deux villas, ce sont les réserves de gaz qui ont été visées, d’où les explosions. Heureusement, les structures sont suffisamment résistantes pour que le feu ne se propage pas rapidement par la suite. Même si les températures atteintes ont l’air d’avoir été assez élevées… Vous avez arrêté une suspecte, donc ?
Une femme qui lance des boules de feu et qui se trouve sur les lieux de deux incendies criminels, pour moi, ça ressemble plus à une coupable qu’une suspecte…
Certes. Les équipes se sont assurées que rien ne s’écroulerait, et on cherche d’éventuels combustibles, ou détonateurs…[/b]
Peu de chances pour que vous en trouviez… À mon avis, en plus de créer le feu et le contrôler, la femme y est totalement immunisée… En un seul contact, elle l’a brûlé, et même pas avec les mains…

Christopher avait désigné Jace. Cooke acquiesça. Une voix s’éleva du garage où Megastar avait sauvé la femme, sa fille et le chaton.

Marshal ? Venez voir !

Les deux Légionnaires, naturellement, emboitèrent le pas de l’officier et arrivèrent à l’étage du dessous, réservé au garage, à un atelier de bricolage et…

Regardez, là, fit l’homme en combinaison blanche croisé plus tôt, en désignant une porte métallique masquée par un bloc de béton tombé du plafond. Je savais pas que ces villas étaient équipées d’abri anti-atomiques…
Un abri… anti-atomique ?
Je plaisante, marshal, je plaisante. Mais avouez qu’une porte blindée dans un garage, c’est pas commun.

Christopher comprit alors qu’il était le seul à pouvoir faire quelque chose. Il offrit donc le privilège à Cooke et son clown de voir le MEGAS s’activer.

Écartez-vous, fit-il, sur un ton autoritaire, avant d’attraper le bloc.

Qui, maintenant qu’il était en Megastar, ne pesait pas si lourd que ça. Quand il essaya d’ouvrir la porte, il la découvrit verrouillée. Il frappa, au cas où quelqu’un serait à l’intérieur.

Y a quelqu’un ? Ouvrez !
Un peu plus de dégâts, ça ne vas pas faire une grosse différence, vous pou…

Le colosse n’attendit pas la fin de la phrase pour pousser le battant, dont les gonds cédèrent, et qui tomba à plat devant lui. Après quelques mètres d’un couloir bétonné, il y avait un escalier qui descendait.

Un escalier ? Ce n’est pas sur les plans, ça… commenta Cooke, en fronçant les sourcils.

Elle prit son talkie et passa un appel à son équipe dans l’autre villa. On lui confirma qu’il y avait bien, là aussi, une porte blindée verrouillée. Elle ordonna qu’on vérifie si c’était le cas partout, ou au moins ailleurs.

J’ai une lampe-torche, je passe devant. Vous permettez ? lança-t-elle ensuite, en passant devant Megastar, indifférente aux risques qu’on prenait en bousculant un colosse de l’espace.

Qui haussa les épaules avant d’indiquer le chemin à Thunder. Il fermerait la marche. Pendant que l’homme en blanc restait là, à continuer son travail.
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Message posté : Lun 28 Avr 2014 - 15:22 Message
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Devant les ruines de la villa, Jace ne pouvait qu’être impressionné par le travail qui attendait la marshall du feu et les membres de la police scientifique : une scène de crime était déjà bien assez complexe à analyser, alors dans une situation pareille, il lui avait toujours semblé que l’habileté des enquêteurs tenait du miracle. C’était, pour sa part, la première fois qu’il revenait sur les liens d’un incendie pour tenter d’en découvrir plus : il lui était arrivé de s’approcher de très près des flammes, pour sauver des civils en détresse, mais jamais de poursuivre dans les décombres une investigation.

Ainsi, il observait, à côté de Christopher, les méthodes de la marshall. La conversation n’avait pas été très longue qu’ils furent déjà orientés vers une porte mystérieuse et le couloir sur lequel elle donnait. Il était finalement possible que les activités de leur pyromane ne fussent pas le fruit d’une passion gratuite pour les bâtiments enflammés. Derrière Cooke, Jace progressait dans le tunnel, suivi lui-même de Thunder, et le trio ne tarda pas à déboucher dans une pièce unique, située sous la dalle de béton principale qui supportait la maison, probablement.

— Un bureau, semblerait-il.

Le faisceau de la lampe torche que tenait Cooke balaya une table informatique, un meuble métallique qui renfermait sans doute des dossiers et un meuble de bureau. Il n’y avait pas de poussière sur les meubles et l’atmosphère ne sentait pas le refermer : de toute évidence, avant l’incendie, un système de ventilation avait assuré le renouvellement de l’air, témoignage que la pièce n’était pas une relique frileuse de la Guerre Froide, mais un élément à part entière de la maison.

— L’électricité a sauté dans l’incendie. On va devoir embarquer l’ordinateur pour voir ce qu’il y a dedans.
— Allons donc.

Thunder s’assit sur la chaise informatique et posa sa main valide à plat contre l’unité centrale. Quelques étincelles la parcoururent, puis le bruit caractéristique des ventilateurs qui se mettaient en marche témoignèrent du démarrage de l’ordinateur. Bientôt, l’écran jeta une nouvelle lumière bleutée dans la pièce et, une fois le mot de passe aisément contourné par les pouvoirs du jeune homme, le bureau virtuel apparut. Cooke se tourna vers Megastar et glissa :

— Il en a, de la ressource, votre chef.

L’intéressé esquissa un sourire pour lui-même, tandis qu’il parcourait en cascade les dossiers contenus dans l’ordinateur.

— Bon, il y a des rapports financiers, des notes de projets, des… Oh.
— Comment ça, oh ?
— Il y a des dossiers du DOD.
— Oh.

L’idée de voir les autorités militaires débarquer sur son enquête n’avait pas l’air d’enchanter Cooke.

— Oh oh.
— Quoi encore ?
— Précisément, c’est la DARPA.
— Mais encore ?

Thunder pivota sur la chaise informatique pour faire face à Cooke et Christopher.

— C’est une agence de recherche gouvernementale, qui dépend de la Défense, et qui développe des projets technologiques exploratoires avec des applications militaires.
— Par exemple ?
— Internet.

Entre autres.

— Et le rapport avec notre victime fantôme ?
— Rudolph Albino, c’est le nom de l’homme qui vit, enfin vivait ici ?
— Apparemment.
— Il est chef de projet, si j’en crois le matériel sur son ordinateur.
— Mais c’est, je ne sais pas, secret… ?
— Ça dépend ce que vous entendez par secret.
— Je ne sais pas.

Cooke haussa les épaules, et avec un peu de réticence, tenta :

— Genre CIA.
— Ah ! Non, loin de là. Je veux dire, les projets sont confidentiels, industriellement et militairement, soumis au secret défense, pour la plupart, mais ni plus ni moins que les départements de R&D de n’importe quelle industrie, de la DDS, du Phare à la Légion, ce genre de choses. Albino est pas un espion, hein, c’est un chercheur-manager qui fabrique, je sais pas… Des armes, des systèmes de communication.
— Et on pourrait vouloir le tuer ?
— Dans la mesure où on a fait cramer sa maison, ça parait probable.

Cooke esquissa une moue un peu contrariée et Jace comprit qu’il était préférable de ne pas persévérer dans ses tentatives d’humour.

— Je sais pas trop. Je veux dire, en dehors des tas de raison que n’importe qui peut avoir de tuer n’importe qui, pour ce qui est la DARPA en particulier, ça pourrait être… Non, je sais pas. C’est pas comme si le tuer allait permettre d’arrêter un projet, il serait vite remplacé. C’est pas non plus comme si, tout seul, il pouvait reconstruire quoi que ce soit qu’il y a là-bas.
— Écoutez, le truc, c’est que moi j’étudie la progression de l’incendie, je fais mon rapport pour la police et le bureau du procureur, mais l’enquête sur la disparition, l’incendie criminelle, ça relève de la compétence propre de la SCPD, et à ce que vous me dites, la police militaire risque de préempter le dossier.
— Elle n’a pas juridiction. Y a pas de raison que ça sorte de la SCPD pour l’instant.
— Oui, enfin, entre la théorie et la pratique.

Jace haussa les épaules.

— Nous, on ne dépend ni des uns, ni des autres.
— Ce que je veux dire, c’est que je peux pas vous laisser emporter des disques durs ou des dossiers sans savoir qui va assumer le contrôle des preuves.
— Qui parle d’emporter quoi que ce soit ?
— Je sais pas, j’ai supposé que…
— On jette juste un coup d’œil, on laisse tout en place, pendant ce temps, vous inspectez le bâtiment de votre côté et comme ça, tout le monde est content ?

Cooke hocha lentement la tête. Avant de fourrer sa lampe torche entre les mains de Christopher et de tourner les talons, pour reprendre sa propre enquête technique. Quand elle fut partie, Jace releva les yeux vers Megastar.

— Bon, jamais je pourrais tout retenir de ce qu’il y a dans l’ordi et les dossiers. Avec un peu de chance, c’est trié par ordre chronologique, je propose qu’on se concentre sur les noms liés à son dernier projet, en supposant que c’est plutôt un truc d’actualité qui a déclenché tout le bordel. Si on sait un peu qui sont les collaborateurs à DARPA, dans le secteur privé et au DOD, on pourra au moins continuer l’enquête. Ça te va comme ça ?
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Message posté : Mar 29 Avr 2014 - 13:38 Message
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Megastar, alors que Thunder souriait pour lui-même à la remarque de la Marshal, eut un petit signe de tête et un léger haussement d’épaules. Il avait l’habitude, parce que c’était devenu si simple pour le leader de la Team Alpha, ça faisait juste partie du quotidien en mission. Et grâce à ça, ils purent donc accéder aux données à l’intérieur de l’ordinateur. Apparemment, l’homme qui vivait ici, Rudolph Albino, était un chercheur du Département de la Défense. La conclusion première qui pouvait être tirée de toute l’affaire, c’était que le propriétaire des lieux avait peut-être été la cible, en raison de son métier. Mais c’était sûrement un peu hâtif. Finalement, les deux Légionnaires se retrouvèrent seuls dans le bureau souterrain, alors que la femme retournait à son enquête sur l’incendie.

Christopher hocha la tête à la proposition de Jace, mais son attention, alors qu’il balayait la pièce du faisceau de la lampe-torche, fut attirée par un câble. Il avait remarqué que rien ne passait, aucun réseau, la transmission des données devait donc forcément se faire par des moyens plus physiques. Le fameux câble semblait emprunter une sorte de conduit. Se redressant, Megastar se situa dans l’espace avant de pointer le mur.

Par-là, il y a l’autre villa qui a brûlé… Il pivota vers Thunder. Je te laisse chercher un peu tout seul, je reviens.

Il laissa la lampe à son coéquipier et se servit de sa montre pour au moins ne pas tomber dans les escaliers. Revenu à la surface, il se dirigea immédiatement vers Cooke.

Vous avez déjà terminé ?
Non, mais j’ai des questions. Vous savez s’il y a la même installation à côté ?
On ne m’a pas encore do…
C’est possible de demander, s’il vous plaît ?

La Marshal prit son talkie et contacta son équipe dans la villa voisine. On lui indiqua qu’on avait trouvé une porte qu’il avait fallu forcer, et qui donnait sur un escalier. En bas, ils avaient trouvé un bureau.

Demandez-leur s’il y a un câble qui traverse le mur, en direction de l’autre villa.

Elle obtint la réponse.

En effet, il y a un câble… Et un autre, mais l’incendie a en partie détruit les conduits.
L’autre câble, il va où ?
Vers le nord.

Christopher sortit et observa les ruines de la villa voisine, avant que son regard suive la route et aille jusqu’à la mer, un peu plus loin. Il traversa pour aller voir s’il trouvait quelque chose. Et après quelques minutes, il découvrit une petite antenne, tordue, arrachée. Et l’endroit où elle avait dû être plantée. Un endroit parfaitement discret, à moins de savoir où elle était exactement. Il retourna auprès de Cooke.

Il y a un ordinateur aussi ?
Apparemment, il y a la même installation.
Le nom du propriétaire ?
Walter Perkins.
Merci.

Muni de ses informations, Megastar redescendit dans le bureau souterrain. Il se mit aussitôt derrière Thunder pour poser les yeux sur l’écran. Il pointa alors un nom.

Walter Perkins. C’est le voisin, qui a disparu aussi. Apparemment, c’est la même chose à côté. J’ai même trouvé une antenne détruite, ça devait être un moyen de communication avec l’extérieur. En tout cas, ils bossaient ensemble. Si ça se trouve, c’est le DoD qui a fait construire les logements.

Les deux hommes devaient avoir suffisamment d’importance pour qu’on leur prévoie de pouvoir travailler à domicile, que ça soit pour du travail courant ou pour des urgences.

Si ça se trouve, ils ont été enlevés… ou alors, ils ont senti le truc venir et ils sont en fuite. J’imagine qu’il doit y avoir des projets qui attisent la convoitise, mais de là à foutre le feu à deux baraques, et risquer de tuer des innocents…

Il se repensa aux deux femmes et leurs enfants, qui avaient heureusement réussi à échapper aux incendies qui avaient totalement détruit leurs maisons. Chris s’approcha du meuble métallique et rencontra une résistance : verrouillé. Le MEGAS lui permit brièvement d’être capable de contourner cette difficulté, et il eut bientôt un dossier en main, qu’il vint poser sur le bureau pour l’éclairer à l’aide de la lampe-torche.

C’est beaucoup, beaucoup de chiffres… Des statistiques sur l’économie de guerre, des factures pour des armes… Rien là-dedans.

Il en prit d’autres et ouvrit le premier.

Tiens, là, il y a des photos satellites. Par contre, j’arrive pas à savoir où c’est… Y a les coordonnées… Je suppose qu’y a pas Internet, là ? Ça doit être en réseau fermé…

Le brun fit défiler les photos et tomba sur un document un peu plus explicite, qui parlait d’Amérique du Sud, de Cuba, de Turquie, et même de Russie. Chaque ligne comportait une longue série de chiffres sans aucune logique apparente.

Y a ces documents dans l’ordinateur ? Y a une imprimante, il a dû garder les originaux numériques…

L’affaire commençait déjà à devenir floue. Puis Chris, en regardant d’un peu plus près les lignes, fit un lien pas forcément évident, qui pouvait aussi être une fausse piste.

Dis… On est à Star City. Tu crois pas que les chiffres, là, ça pourrait être le nombre de Supers dans les autres pays ?

Il balaya rapidement la pile et tomba sur une photo qui lui avait vaguement dit quelque chose. La Tour de la Paix. Et dans les listes, il y avait bien une ligne « USA ». Avec des chiffres à côté aussi.
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Message posté : Mer 30 Avr 2014 - 12:50 Message
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Tout intelligent et efficace qu’il fût, Jace demeurait parfois impuissant devant les documents qui défilaient dans son esprit, à défaut de s’afficher à l’écran. Sans explication et sans contexte, certains d’entre eux n’étaient que des assemblages de données obscures et pour ceux qui avaient du sens, il arrivait que leur intérêt pour l’enquête ne fût pas des plus évidents. Certes, il y avait des schémas de missiles, certes, il pouvait comprendre qu’il s’agissait de missiles, et après ? Évidemment, si le propriétaire des lieux avait eu la bonne idée de pressentir l’attaque dont il avait de toute évidence été la victime, il n’avait pas consigné ses soupçons dans un journal intime.

Lorsque Christopher revint, Jace tourna sur sa chaise pour le suivre des yeux. Il n’avait pas vraiment besoin de regarder l’écran pour continuer à parcourir le contenu de l’ordinateur. La dernière supposition de son ami le laissa un peu perplexe.

— Le nombre de supers ? C’est euh…

Diplomatiquement, Jace avança :

— Une possibilité.

Manifestement, il n’était pas encore tout à fait convaincu.

— Fais voir tes trucs.

Il tendit la main pour récupérer les documents découverts par son ami et les examina les uns après les autres. Les photographies satellites n’étaient pas particulièrement éclairantes et les coordonnées ne lui disaient rien.

— Tu sais, ça pourrait être plein de trucs. Personne ne connait vraiment le nombre de métahumains, et évidemment on pourrait établir une liste des supers actifs à partir des actualités, mais ça serait beaucoup de suppositions pour des certitudes très faibles. Et je vois pas comment on pourrait établir une détection fiable, sachant que les pouvoirs ont des origines et des manifestations très différentes. Et entre Veidt Industries, les laboratoires Stevens, le Bigsby Building, l’UNISON, le projet du Phare à la Légion et que sais-je encore, Star City peut attirer des scientifiques de l’armement pour beaucoup de raisons.

C’était une petite leçon de choses dont Jace ne mesurait pas très bien le côté un peu catégorique. Le développement de ses capacités intellectuelles n’avait jusque là pas creusé une distance trop considérable entre Christopher et lui, mais le jeune homme n’était pas toujours capable de maîtriser entièrement les certitudes qu’elles lui donnaient et la manière dont il les exprimait.

— Cuba, la Turquie, la Russie…

Jace avait répété la liste des noms de pays pour lui-même. De temps à autre, il revenait à la photographie de la Tour de la Paix, qui donnait assurément du crédit aux hypothèses de Christopher. Mais c’était bien le seul élément de cette affaire. Le jeune homme murmura :

— C’est très… Guerre Froide, quand même.

Le Département de la Défense et le Secrétariat d’État étaient désormais beaucoup plus préoccupés par la situation au Moyen-Orient et en Asie de l’Est que par la lente agonie du communisme cubain, les percées de l’Amérique du Sud ou la perpétuelle confrontation turco-soviétique. Jace poussa un soupir et finit par décréter :

— On rentre à la Tour, on identifie les photographies, on localise les coordonnées et on verra peut-être plus clairement de quoi il est question.

Le jeune homme se releva et, grâce à la lampe torche, ils se frayèrent un chemin hors du tunnel. Dans le garage, l’équipe de Cooke était toujours à l’œuvre et l’examen complet des débris prendrait sans aucun doute un temps considérable à l’enquêtrice. Après l’avoir brièvement saluée, les deux héros décollèrent et ne tardèrent à prendre de la vitesse, pour se poser sur l’une des plateformes de la Tour de la Paix. En chemin, Jace s’était rendu compte, mais un peu tard, que sa réponse aux suggestions de Christopher n’avait pas été aussi compréhensive qu’il l’aurait souhaité.

Alors que son coéquipier désactivait le MEGAS, Jace se rapprocha de lui.

— Désolé. Pour, euh, ton idée, je la trouve pas mauvaise. C’est juste, dans l’ordi, y avait rien que des trucs super classiques, des missiles, des flottes, ce genre de choses. Et pareil dans le reste des dossiers, apparemment, à c’que tu m’as dit, l’économie de guerre, tout ça. Alors des statistiques sur les supers, sans compter que c’est dur à obtenir, ça ferait un peu tâche dans le tableau. Mais c’est vrai qu’à côté de ça, avec la photo de la Tour de la Paix, on peut se poser la question. Et puis, à ce stade-là, toutes les hypothèses de travail sont bonnes.

Jace essaya de deviner l’effet de ses excuses sur son compagnon, sans poser sur lui un regard un peu trop insistant. Parfois, il avait l’impression de passer son temps à lui demander de pardonner ses maladresses et il s’inquiétait un peu, sans jamais le lui demander, de ce que Christopher pouvait penser de la qualité de leur relation.

— Attends, une seconde.

Jace s’arrêta brusquement et reprit les quelques feuilles sur l’économie de guerre qu’il n’avait que trop rapidement examinées.

— Y a un truc qui colle pas. Là, si c’est la dépense en dollars des États-Unis, c’est…

Dans le couloir de la Tour, le jeune homme était désormais absorbé par les détails de comptabilité des différents postes du budget. Il finit par secouer la tête.

— C’est pas notre dépense annuelle, ça. En tout cas par pour cette année. J’ai pas les chiffres précis en tête, mais c’est pas ça.

Les chiffres précis, son esprit était déjà parti les chercher en se connectant aux serveurs de la Tour, sur Internet. Les données du réseau défilaient dans son esprit et, après quelques secondes à regarder dans le vide, Jace releva les yeux et, avec une évidente incrédulité, fit part à Christopher de ses résultats.

— Tout le document sur l’économie de guerre, c’est pour les années de la Guerre Froide. La liste de chiffres avec les noms de pays, c’est les effectifs militaires en 1977. Je me disais bien que les plans de missiles, dans l’ordi, étaient un peu… Pas complètement dépassés, mais tu vois, pas le sommet de la technologie non plus.

Mais qu’est-ce qu’une photographie de la Tour de la Paix pouvait bien venir faire dans une mine d’archives sur la Guerre Froide ?
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Message posté : Sam 3 Mai 2014 - 23:21 Message
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Christopher haussa les épaules aux paroles de Jace concernant sa suggestion sur les chiffres. La globalité des documents trouvés avaient l’air vraiment tournée vers le passé : ça faisait en effet très Guerre froide. Il emboita ensuite le pas de son leader pour retourner à l’extérieur, et de là, ils décollèrent pour retourner vers le centre, vers Star City. Sur la plateforme de la Tour de Paix, Megastar désactiva l’artefact pour quitter son apparence de colosse de l’espace. Son petit ami tâcha alors, assez maladroitement, de rattraper ce qu’il avait dit dans le sous-sol. Ce qui n’eut pas vraiment l’effet escompté, Chris ayant vraiment l’impression que Jace s’était senti obligé de le faire. Puis, le blond eut un flash et se plongea sans attendre, et alors qu’ils marchaient dans les couloirs, dans l’examen minutieux de quelques documents rapportés avec eux.

Finalement, après quelques minutes de recherche, Jace fit part de ses conclusions. L’homme, dans son bureau, possédait des documents datant de l’année 1977, avec des données de l’époque. Christopher soupira.

Y avait d’autres trucs, dans les tiroirs. D’autres dossiers comme celui-là. Peut-être d’autres années, du coup… Il aurait fallu que je regarde.

Ils étaient partis sans regarder en arrière, et l’hypothèse avait été formulée après.

Tu peux trouver le numéro de Cooke ? Faudrait que son équipe nous apporte tout ce qu’y a dans le bureau… Et sûrement ce qu’y a dans l’autre, aussi…

En attendant que tout leur soit livré, ils ne pouvaient donc pas s’occuper de tout ça. Jace, connecté au réseau, lui donna le numéro, et Christopher appela sans attendre la Marshal, qui n’y vit aucun inconvénient : les deux pièces souterraines n’avaient pas été touchées par l’incendie, et la Légion étant déjà sur l’enquête les concernant.

Voilà, on devrait recevoir ça… On fait des recherches sur les proprios ? Rudolph Albino, Walter Perkins. Histoire de vérifier qu’ils bossaient bien ensemble pour le Département de la Défense…

Il serait sûrement difficile d’obtenir des réponses claires en appelant directement, mais rien que poser la question pouvait déjà faire réagir. Les deux Légionnaires rejoignirent, comme ils le faisaient souvent, la salle informatique. Quelques employés y travaillaient. Ils saluèrent le duo avant de se replonger dans leur travail. Chris avait brièvement espéré qu’ils seraient seuls, parce qu’il avait une sorte de boule au ventre et qu’il avait envie de parler de ce qu’il ressentait, mais ça relevait du privé, et il était hors de question de dire quoi que ce soit devant d’autres personnes.

Je vais m’occuper des photos… dit-il, en se dirigeant vers un scanner.

Il le programma pour que tout soit envoyé vers un des ordinateurs, et attendit que les fichiers défilent. Puis il alla s’asseoir, après avoir pris soin de ne rien oublier, et il afficha le premier document. C’était clairement une photo du Kremlin. Il fit le tri entre les images et les lignes de chiffres, avant d’arriver à l’image satellite de la Tour de la Paix. Il y avait quelque chose qui ne collait pas. Le bâtiment datait des années 1990, après la fin de la Guerre froide. Récupérant le papier, il l’observa, le toucha, le sentit, et compara à une autre feuille, celle du Pentagone.

Soit c’est une erreur, soit ça a été mis là pour être… je sais pas, caché. C’est pas le même papier… et en fait, la qualité de l’image est quand même mieux.

Chris se mit aussitôt à la recherche des différentes vues satellites de la Tour de la Paix année après année. Elles étaient semblables, aucune modification n’avait été apportée, si ça n’était l’ajout de quelques antennes.

C’est une photo de cette année, ou l’année dernière, mais ça a été fait avec du matériel daté… En même temps, dans le bureau, c’était du vieux matériel…

Le Département de la Défense faisait donc des recherches aussi sur la Tour de la Paix ? À moins qu’Albino n’ait des projets parallèles aux recherches qu’il effectuait officiellement… Son téléphone sonna. Cooke.

Oui, Marshal ?

Pendant quelques secondes, il écouta ce qu’elle avait à dire. Puis il raccrocha sans un mot : il avait pâli.

On aurait pas dû partir… Y a un type qu’est venu, un super, un mec rapide, il a égorgé tout le monde, sauf Cooke… Il veut qu’on abandonne l’enquête, qu’on brûle ce qu’on a trouvé, sinon, il la tue elle aussi, mais… doucement… il veut…

Il imagina la jeune femme en train d’être lentement saignée et eut un haut-le-cœur. Après la femme qui lançait du feu, un autre se mêlait de l’affaire.

Y a ptêt vraiment un lien avec les supers, même si c’est pas vraiment de la manière dont j’en ai parlé…

Il avait fait en sorte que son ton ne soit pas teinté de reproche. À partir de là, soit le DoD faisait en effet des recherches sur les supers, dont ceux de la Légion, soit Albino et peut-être Perkins travaillaient pour leur compte, ou quelqu’un d’autre.
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Message posté : Lun 5 Mai 2014 - 22:17 Message
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Jace jetait de fréquents coups d’œil à Christopher alors qu’il surfait sur Internet dans l’espoir de trouver quelques informations sur les propriétaires des maisons. Il avait du mal à se concentrer et la rareté des informations qu’il dénichait ne l’aidait pas à se consacrer pleinement à ses recherches. Avec Christopher, peu à peu, Jace avait l’impression de reproduire certaines des erreurs qui avaient transformé sa relation avec Loïs en un perpétuel conflit larvé. Lui si doué pour s’exprimer avec les journalistes, pour négocier avec les autorités et même, parfois, les criminels, se retrouvait démuni dans sa vie personnelle : ses sentiments et ceux de ses proches étaient des sujets qu’il connaissait beaucoup moins bien que l’histoire des supers et la politique des États-Unis.

Sur Albino et Perkins, il ne trouvait que des documents assez anciens, qui précédaient sans aucun doute leur embauche au Département de la Défense. Il s’agissait pour l’essentiel de travaux universitaires proches de l’époque où les deux hommes avaient obtenu leur doctorat et sauvegardé dans des plateformes d’archivage académique. Les travaux d’Albino étaient ceux d’un économiste, diplômé de la London School, et concernaient pour l’essentiel l’économie de zones de guerre, en Afrique comme en Asie orientale. Les recherches de Perkins paraissaient avoir mêlé géopolitique et histoire et s’être attachées à la Guerre Froide. En tout cas, aucun des deux n’avait le profil pour construire un missile révolutionnaire ou une machine à ondes dévastatrice. Jace avait du mal à comprendre ce que deux spécialistes des sciences sociales pouvaient bien avoir affaire avec des recherches militaires.

Ses réflexions d’investigateur et ses inquiétudes d’adolescent furent brutalement arrêtées par la sinistre conclusion de l’appel que Megastar venait de passer à Cooke. Jace se releva d’un bond et, pendant cinq secondes entières, il se laissa gagner par la panique. La situation dépassait en ampleur ce à quoi il était habitué, mais bientôt, après avoir profondément inspiré, il se composa un visage plus professionnel et murmura :

— Il faut que je réfléchisse. T’as sans doute raison, deux supers, la photo de la Tour de la Paix, les chiffres, mais ça cadre pas avec le reste, ça cadre pas, il faut que je réfléchisse, il y a forcément un lien, il y a forcément un lien…

Il se parlait à lui-même beaucoup plus qu’à Megastar, alors qu’il faisait les cent pas dans la salle informatique, le cerveau en ébullition — et dans son cas, ce n’était pas peu dire. Les documents s’agençaient dans son esprit, les liens se faisaient et se défaisaient, les hypothèses s’échafaudaient, de plus en plus rapidement, à mesure que l’adrénaline alimentait l’activité de son pouvoir.


— Tour de la Paix, la Russie, la Turquie, les États-Unis, la Guerre Froide. Froide, pyromane ? Non. Pyromane, coureur, Albino… Albino, blanc ? Rouge ? Non. Les chiffres, les… Non…

Les autres supers de la Tour de la Paix, dans la salle informatique, le fixaient d’un air un peu perplexe — de toute évidence, Jace, dans une sorte de transe, ne se rendait pas compte du spectacle étrange qu’il offrait. Ses mains bougeaient dans le vide pour trier les informations et ses lèvres marmonnaient de plus en plus vite des mots de moins en moins compréhensibles. Puis il se figea, se retourna vers Christopher et esquissa un mince sourire.

— Rappelle Cooke, enfin, le mec, dis lui qu’on abandonne l’enquête, qu’on lui ramène les documents et qu’il pourra les brûler lui-même quand il nous aura rendu Cooke. Dis lui qu’on utilisera pas nos pouvoirs, ou seulement pour se protéger, si vraiment on en a besoin, qu’on viendra sans police et sans autre autorité, et s’il a un doute, insiste sur le fait qu’on est des super héros, pas des enquêteurs, et que notre principale préoccupation, c’est de protéger les innocents.

L’enthousiasme de Jace, malgré le caractère tragique de la situation, était palpable. D’ailleurs, il s’approcha de Christopher et, sans réfléchir, prit le visage du brun entre ses mains et l’embrassa passionnément, sous le regard médusé des autres Légionnaires devant leurs ordinateurs, dont il avait manifestement oublié la présence. Leurs lèvres se détachèrent et Jace murmura :

— T’es un génie. Rejoins moi sur la plateforme.

Et Jace sortit de la pièce pour se diriger vers le bureau du Commander, où il entra sans frapper.

— Bonjour fis…
— J’peux utiliser ton téléphone ?
— C’est le seul qui marche ici ?
— J’veux juste que les gens que j’appelle voient le numéro du Commander sur leur écran.

Richard hocha la tête, alors que Jace s’était déjà emparé du combiné.

— Et tu appelles qui ?
— Le standard du Pentagone.
— Département de la Défense bonjour.
— Je sais que vous avez extrait Albino et Perkins.
— Je vous demande pardon ?

Et Jace raccrocha aussi sec, avant de tourner les talons et de regagner la sortie.

— Tu veux me dire ce qu’il se passe ?
— Plus tard !

Ce fut un Thunder littéralement survolté qui se présenta à la plateforme de décollage, quelques secondes plus tard. Il se lança sans attendre dans un flot d’explication.

— Les supers collaient pas avec le reste, parce que c’est trop difficile à compter, mais Albino est un économiste, il a probablement fait un échantillonnage et une extrapolation, enfin, peu importe, ce sont des chiffres théoriques, mais tu avais raison. L’important, c’est la Guerre Froide. Pourquoi la Guerre Froide est froide ? À cause de la bombe atomique, parce que c’est une arme de destruction massive. Albino et Perkins retracent l’évolution structurelle de la Guerre Froide pour prévoir le futur possible d’une situation actuelle. Sauf que la bombe atomique a été remplacée par une autre arme de destruction massive : la métahumanité. En admettant que chaque super puisse être ramené à un missile, à un navire de croisière ou à un bombardier, répartis dans le monde, avec de fortes disparités, le DoD essaye de trouver quel serait l’équilibre de la Terreur, pour éviter un conflit mondial et, le cas échéant, le remporter. Évidemment, c’est secret : ça passe par l’espionnage des autres puissances, le détournement de leur recensement, et par le fichage et la surveillance de milliers de citoyens américains, pour ceux qui sont identifiés, peut-être, dans les phases ultimes du projet, par le dépistage génétique des mutants à la naissance. Tu imagines le scandale médiatique, tu imagines le nombre de terroristes mutants prêts à entrer en guerre contre ça, tu imagines…

Jace inspira profondément pour reprendre sa respiration et un tout petit peu de son calme.

— On a pas besoin des documents, c’est juste des données et de toute façon, elles sont copiées sur les serveurs de la Légion. On va tout lui refiler, récupérer Cooke, la mettre à l’abri, mettre les familles d’Albino et Perkins à l’abri et aviser à partir de lui. Il y avait un colloque aujourd’hui à l’université de Star City sur les accords de non-prolifération nucléaires à la fin de la Guerre Froide, je parie tout ce que tu veux qu’Albino et Perkins étaient dans le public et tout ce que tu veux que dès la première explosion, le DoD les a planqués. Je parie…

Le cœur de Jace battait de plus en plus fort. Sa main s’agrippa au poignet de Christopher, il cligna des yeux et recommença ses exercices de respiration, puis murmura, une fois véritablement calmé :

— Waouh… J’ai jamais eu l’esprit aussi clair. J’suis désolé d’avoir douté de toi. T’as toujours eu de supers intuitions. J’suis fier de toi. On y va.
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Message posté : Mer 7 Mai 2014 - 21:15 Message
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Si Christopher avait l’habitude de voir Jace réfléchir, c’était pour les autres occupants de la Tour de la Paix un spectacle beaucoup plus rare. Et encore, jamais il n’avait assisté à un processus aussi poussé. Là, le blond semblait aller presque à l’extrême, déambulant dans la salle sous le regard perplexe des supers de la Légion, tout en marmonnant et en faisant des gestes avec les mains, comme s’il triait ses idées de manière physique. Le brun, lui, l’observait tout en n’oubliant pas l’urgence : une femme était prise en otage par un super et risquait d’y laisser la vie. Mais il savait que Jace allait avoir un résultat, qu’il sortirait de ses réflexions avec une marche à suivre bien définie vers un objectif clair. Quand enfin le fils du Commander se figea, Chris sut que tout s’était passé comme prévu. Il acquiesça et fut totalement désarçonné par ce qui arriva ensuite.

Jace l’embrassa. Devant d’autres personnes. Et des caméras de surveillance. Il avouait au monde entier qu’il sortait avec son meilleur ami. Mais il avait l’air de s’en foutre royalement. Le compliment qui suivit fut comme une cerise sur le gâteau, et Chris resta tout con, immobile dans la salle, alors que Jace était déjà parti. Il finit par réaliser où il était et qu’il était attendu sur la plateforme de décollage. Ignorant superbement les regards étonnés ou choqués, il récupéra tous les papiers rapportés de la maison en ruines et retourna à l’extérieur. Le temps que son petit ami arrive, il commença, déjà, à se demander à quelle vitesse allait se répandre la nouvelle. Si les parents de Jace étaient déjà au courant, a priori, personne d’autre à Star City ne l’était…

Ici Megastar, s’annonça-t-il au téléphone, quand il entendit qu’on avait décroché.
Ici… Cooke… Il…
Je peux lui parler directement ?

Christopher entendit une conversation à voix basse et, après quelques secondes, ce fut une voix masculine, doucereuse, qui lui répondit :

Monsieur Megastar…
On peut se voir ? Nous souhaitons vous rendre les documents, en échange de la Marshal Cooke.
Me rendre les documents ? Vous les avez certainement déjà copiés, j’imagine ?
Vous les voulez, ou non ?
Je ne sais pas… et puis, qu’est-ce qui vous empêchera de vous en prendre à moi ?
Nous voulons juste sauver la vie d’une innocente. Nous ne vous attaquerons pas. Vous avez ma parole.
Votre parole, rien que ça ? Vous vous rendez compte de…
Je suis parfaitement conscient de ce que ça implique.
Vous m’intriguez… Très bien. Retrouvez-moi sur le pont du Splendid, amarré deux-cents mètres après les villas qui ont brûlé.

L’homme raccrocha. Megastar espéra que tout se passerait bien. Quand le blond revint, il se lança dans un monologue assez impressionnant, mais qui éclaircissait énormément la situation. À mesure qu’il parlait, son euphorie, mais de façon moins démonstrative, gagna Christopher. Jace entreprit alors de se calmer, non sans serrer dans sa main le poignet de son petit ami et, quand ce fut fait, il redevint le chef d’équipe qu’on aimait qu’il soit : celui qui félicitait et complimentait.

Moi j’ai les intuitions, et toi tu fais le reste… dit-il, en posant une main sur la joue du blond, avant de l’embrasser doucement. Le type nous attend avec Cooke sur un yacht, à côté des incendies.

Tâchant de reprendre contenance, il activa le MEGAS, qui l’aida grandement sur ce point. Il gardait dans sa grande main les documents. Les deux jeunes super-héros décollèrent pour retourner vers l’ouest. Ils survolèrent bientôt les débris calcinés des villas, et allèrent se poser sur les quais un peu plus loin. Il y avait là trois yachts.

Sea Dancer, Black Swan… Tiens, il est là, le Splendid, annonça Christopher, en désignant le troisième bateau, un peu plus petit que les autres, mais à la ligne plus fine, plus élégante.

Ils commencèrent par s’approcher de la passerelle, où se tenait un homme vêtu de noir et portant des lunettes de soleil. L’individu s’écarta en les apercevant et désignant le yacht.

Par ici, vous êtes attendus.

Sur le pont, ils se dirigèrent vers la tête. Là, ils découvrirent, à la poupe, Cooke, attachée. Elle était en revanche seule, et était bâillonnée. C’est là qu’une voix s’éleva au-dessus d’eux, depuis le pont supérieur. Un homme tout de noir vêtu, également, d’un grand manteau de cuir sur une combinaison moulante. Il portait un chapeau et un foulard lui masquait la moitié du visage, ne dévoilant que ses yeux, bleus, mais étrangement pâles.

Thunder et Megastar, rien que pour moi ! Quelle chance, quelle joie ! s’exclama-t-il. Je vois que vous avez les documents, c’est bien. C’est très bien.

À ce moment-là, de chaque côté, arrivant de bâbord et de tribord sur le même pont qu’eux, les deux jeunes héros purent voir une dizaine d’hommes portant des mitraillettes.

Une simple précaution, vous comprenez ? Cette histoire vous dépasse. Posez doucement les papiers au sol, et reculez.

Chris jeta un œil à Jace, avant de s’exécuter. Heureusement, il n’y avait pas trop de vent. Mais à la moindre rafale, le tout s’envolerait et rejoindrait la mer…
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Message posté : Jeu 8 Mai 2014 - 11:29 Message
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— Je dois avouer que je suis déçu.

En une seconde, dans un flux d’images trop rapide pour être véritablement perçu par les yeux des deux héros, l’homme quitta le pont supérieur pour atteindre le pont inférieur.

— J’a du mal à croire que des gens comme vous protègent des gens comme eux.
— Nous protégeons les innocents.
— Je ne parle pas de Ms. Cooke. Vous avez lu les documents ?
— Rendez-la nous et on vous laisse, vous et vos amis.

Alors que la conversation se nouait, le sens électrique de Jace visitait le bateau, se familiarisait avec les mécanismes électroniques qui en commandaient les moteurs et le gouvernail.

— Vous n’avez peut-être pas exactement compris de quoi ils parlent. Vous n’avez pas compris combien ils vous concernent. Combien l’humanité, avec ses intentions bien innocentes, l’humanité constamment à la recherche de ses nouvelles armes, tourne les yeux vers les gens comme nous.

Huit cent kilomètres heures — la vitesse de pointe de Megastar. Combien à l’accélération ? Pouvait-il surpasser les réflexes des hommes aux mitraillettes pour récupérer Cooke et l’emmener en sécurité ?

— J’ai regardé votre débat avec M. Cooper, cher Thunder. Vous étiez très patriote. Très émouvant. Mais votre patrie, c’est M. Cooper. C’est le fichage. Des gens comme moi. Des gens comme vous.
— Les citoyens sont opposés au fichage des mutants. Ils sont attachés à leurs amendements. Ce débat n’en est un que pour les agitateurs comme vous et Cooper.
— Vous avez raison sur un point. Cooper et moi souhaitons, chacun de notre côté, précipiter un peu les choses. Les conflits larvés n’ont aucun intérêt.
— Vous voulez la guerre ?
— Quitte à être transformé en arme, je préfère encore servir à mon propre camp. Évidemment, vous…

Le regard de l’homme passa sur Megastar et, avec un soupçon de dédain, il glissa :

— … vous avez de drôles de fréquentation.

Jace haussa les sourcils.

— Vous faites aussi vos distinctions. Décidément, votre proximité avec Cooper est à chaque seconde plus frappante.
— Je vois clair, simplement. Il y a les gens comme nous, qui ne se sépareront jamais de leurs pouvoirs. Qui ne pourront jamais être normaux. Et il y a des gens comme votre ami, qui ne font qu’enfiler un costume. Des gens comme le Corbeau. Des gens pour lesquels la normalité reviendra quand les troubles seront trop grands. Mais vous, Thunder, vous serez à jamais comme moi, comme nous tous. Différent. Chaque année de votre vie un peu plus différent des êtres humains. Chaque année plus déterminée par vos pouvoirs. Vous devez l’avoir compris, à présent, non ? Que vous vous éloignez jour après jour de ceux que vous connaissez. Vous savez ce que c’est, quand le monde des humains devient beaucoup, beaucoup trop lent…

L’Alpha sentit un frisson glacé courir le long de son dos. Parfois, en vérité, il passait des journées, à Star High, d’une monotonie obsédante, des journées où chaque conversation lui semblait simplissime, chaque raisonnement, pour les autres, laborieux, des journées où il ne parvenait plus à parler à ses amis, parce que ses amis étaient désormais loin derrière. Il repoussa ces échos.

— Je suis lent à vos yeux et pourtant vous proclamez notre ressemblance. La communauté des mutants que vous me vendez est une illusion, si l’on suit vos propres principes.
— Mais qui vous a parlé de communauté ? Je parle d’un monde libre où chaque métahumain sera à même d’exploiter pleinement ses pouvoirs.
— Vous parlez d’anarchie.
— Voyez ça plutôt comme l’idéal de l’Amérique.
— Rendez-nous Cooke.
— Hmmm…

L’homme s’avança, se pencha pour rassembler les documents, les parcourut d’un rapide coup d’œil et lâcha, négligemment :

— Non.

Il releva les yeux vers ses hommes de main.

— Tuez-les.

Une bourrasque de vent suivit cet ordre alors que l’homme au foulard quittait en courant le Splendid. Au même moment, l’hélice du bateau se mit à tourner à plein régime, tendant les amarres et agitant le bâtiment. Les hommes armés, moins pesants que Megastar et moins prévenus que Jace, perdirent leur équilibre.

— Occupe toi d’elle, je vous couvre.

Et alors qu’il laissait à Megastar le soin d’aller secourir Cooke, Jace s’interposait entre eux et les balles, déployant un bouclier électrique impressionnant où les projectiles ne tardèrent pas à venir s’écraser en rafale. L’avantage était qu’avec une pareille protection, une balle ou cent ne faisait pas une très grande différence ; simplement, Jace n’était pas certain de pouvoir tenir indéfiniment. Heureusement pour lui, qui flottait à quelques centimètres au-dessus du sol, bien à l’abri des remous du bateau, le sens de l’équilibre de leurs adversaires étaient mis à très rude épreuve.
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Message posté : Jeu 8 Mai 2014 - 22:54 Message
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La conversation finit par se nouer, alors que l’homme venait de rejoindre le pont inférieur. S’il entretenait par son accoutrement le côté mystérieux, il ne cachait rien de ses opinions. Il n’avait aucune intention d’être fiché et préférait être l’arme de son propre camp, comme s’il était certain, d’avance, que les projets secrets découverts par les deux jeunes Légionnaires allaient se concrétiser et mettre les mutants à la solde des États. Et en prévision, il préférait donc avoir sa propre faction pour lutter. Et sa propre faction, il allait la constituer de personnes disposant de pouvoirs, dont les capacités surhumaines étaient inscrites dans les gènes. Ce qui excluait donc Megastar, qui dépendant d’un artefact pour être un super-héros. Mais il ne fut aucunement atteint par les paroles de l’inconnu : il était fier de faire partie de la Légion des Étoiles, qu’importait la nature de ses pouvoirs.

Thunder décida de couper court à tous ses mots doux et enjolivés qui promettaient un avenir radieux en exigeant que Cooke soit libérée. Megastar sut qu’il avait un plan, quoiqu’il arrive. Après avoir rassemblé les documents, leur adversaire ordonna à ses hommes de tuer les deux jeunes avant de s’enfuir. Toute armure dehors, le colosse aurait pu résister aux balles, mais il y avait le risque d’un dommage collatéral : Cooke. Il garda l’équilibre quand le yacht démarra, tirant sur ses amarres, et courut vers la jeune femme. Il arracha ses liens sans effort et se pencha vers elle.

Accrochez-vous à mon cou, dit-il, en la soulevant.

Puis il prit son envol, prenant soin de présenter son dos au bateau, au cas où les mitraillettes l’auraient pris pour cible. Il alla déposer la jeune femme sur le toit du club à côté et revint en arrière. Pour détacher les cordes qui reliaient encore le yacht au quai. Ainsi, les hommes à bord ne pourraient pas en descendre et seraient contraints de rejoindre le poste de pilotage, donnant suffisamment de temps aux Légionnaires de s’occuper de Cooke et de retrouver, peut-être, l’homme au visage à demi-masqué. De retour sur le toit, il demanda :

Vous n’êtes pas blessée ? Ils ne vous ont pas fait de mal ?
Non… mais… mon équipe…

La pression retombant, la jeune femme éclata en sanglots. De nouveau, Christopher la prit dans ses bras et il descendit pour rejoindre le plancher des vaches. Il entra dans le bâtiment et tomba sur un homme somnolant derrière un comptoir.

Appelez une ambulance et la police,

L’employé du club demeura quelques secondes bouche bée, jusqu’à ce qu’il soit un peu remué :

Vous attendez quoi ? Bougez-vous ! C’est urgent !

Comme électrisé, il prit le téléphone, alors que le colosse installait la jeune femme sur une rangée de chaises. Puis il contourna le comptoir et entra dans la pièce qui se trouvait derrière. Là, il trouva des serviettes de bain et revint avec pour en couvrir Cooke.

On va essayer de retrouver le mec. Quand les flics arriveront, dites-leur pour ce qui s’est passé dans les villas. On vous tient au courant.

Tout ça s’était en définitive passé assez vite, quelques minutes à peine. De retour dehors, il aperçut le yacht, déjà loin sur la mer, et retrouva Thunder. S’ils avaient rondement mené le sauvetage, l’instigateur de l’histoire leur avait échappé.

Faut essayer de le retrouver… J’y crois moyen, quand même. Au pire, faudra interroger la pyromane : elle est forcément complice, et peut-être qu’elle nous en dira plus.

Une poignée de secondes après, il était dans les airs, et scrutait les alentours. Ils avaient eu beaucoup de mal à repérer leur première cible, mais là, avec un mutant capable de se déplacer à grande vitesse, la tâche semblait quasiment impossible. Ils se séparèrent pour couvrir une plus grande surface, mais c’était peine perdue. Entretemps, les sirènes avaient retenti : une ambulance était venue chercher Cooke, et la police était de retour sur les lieux des incendies. Un détour par-là semblait une bonne option. Sur place, ils trouvèrent les forces de l’ordre, commandées par Roland Hutch, le même costaud à moustache qu’un peu plus tôt.

Encore vous ? Décidément. Vous avez une idée de ce qui s’est passé ?
Un mutant a débarqué pendant l’enquête de Cooke, l’a enlevée, et a tué toute son équipe, résuma Chris, qui ne s’étendit pas sur les découvertes du sous-sol.
Oh. Et donc, vous l’avez sauvée ?
C’est ça.
Hum. Bon, on va voir ce qu’on trouve là…
Vous avez interrogé la femme de tout à l’heure ?
Elle n’a rien voulu nous dire. Elle ne veut même pas d’avocat. Elle est dans sa cellule, et elle attend.
Elle ne fait pas d’histoire ? Elle a brûlé quelqu’un ?
Même pas. C’est comme si elle était éteinte…

Soit elle avait perdu tout espoir, soit elle était sûre que les siens allaient réussir, et peut-être même la sortir de son pétrin. Megastar se tourna vers Thunder : à lui de décider s’il valait le coup d’aller l’interroger, ou s’il y avait une autre piste à suivre. A priori, elle était leur seul moyen de retrouver la trace de l’inconnu du yacht.
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Message posté : Ven 9 Mai 2014 - 17:53 Message
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Depuis longtemps, Thunder savait que l’effet psychologique n’était pas le moindre mérite de ses pouvoirs : le bouclier électrique était particulièrement intimidant et personne n’avait besoin d’explication élaborée pour en comprendre le danger. Si l’on ajoutait à cela le fait que tirer sur deux personnes sans jamais les toucher avait quelque chose de décourageant, il était aisé de comprendre pourquoi les malfrats marquèrent une demi-seconde d’indécision avant de recharger leurs armes, juste assez pour que le jeune héros, alors que Megastar décollait avec Cooke, courut à l’intérieur du bateau.

La nécessité pour ses poursuivants de se rassembler et d’entrer au mieux deux par deux dans le bateau, s’ils voulaient le rattraper, était un contre-temps pour eux dont il espérait bien profiter. Avec son agilité ordinaire, le jeune homme passait au-dessus des meubles, traversa les appartements intérieurs et déboula à la poupe, pour s’envoler aussitôt, au moment même où Megastar venait larguer les amarres : aussitôt, le bateau se propulsa dans la baie, secouant les derniers passagers et les contraignant à gagner aussi rapidement que possible le poste de pilotage, s’ils ne voulaient pas s’écraser contre la digue.

Alors que les autorités maritimes se déployaient dans la marina, déjà alertées par les échanges de tir, les deux héros n’eurent le temps de se poser que quelques secondes, pour constater la disparition, sans surprise, de leur mystérieux et bien trop rapide adversaire, avant de regagner les villas et d’échanger quelques mots avec l’inspecteur Hutch. Alors que le policier retournait déployer de nouveaux périmètres de sécurité autour des lieux du crime, Thunder demeurait silencieux. Dans cette histoire, ils avaient toujours au moins un coup de retard, et pourtant…

— Je savais que quelque chose allait se passer. J’veux dire, je le savais, hier soir, je le savais, tu te souviens, ce matin, je le savais. J’étais sûr, sûr de chez sûr, et c’est pour ça qu’on est là.

Jace releva les yeux. Le trouble l’avait saisi dès après le match de basket, l’avait réveillé le soir, quand il dormait contre Megastar et l’avait agité une partie de la matinée. Puis ils étaient partis sur le terrain et l’habitude en même temps que l’adrénaline l’avaient replongé dans ses méthodes habituelles, certes très efficaces en temps ordinaire, mais pour l’heure quasiment inopérantes. Jace passa une main dans ses cheveux.

— Je pense que… Je pense que j’ai appris quelque chose, ou vu quelque chose, ou senti quelque chose, dans le monde, dans les réseaux, je sais pas, et que j’ai pas tout de suite fait attention. Tu sais, y a des tonnes de trucs qui défilent dans ma tête depuis quelque temps, alors au bout d’un moment, c’est juste un bruit de fond. Comme quand t’es dans le métro, que les gens parlent, tu entends le bruit, mais tu les écoutes pas vraiment. Mon esprit doit tourner tout seul. Y a forcément un indice, quelque part, dans ma mémoire, et faut le faire émerger.

La solution était simple : rentrer, s’asseoir et se concentrer, mais le leader de la Team Alpha n’avait pas pour habitude de quitter le terrain pour méditer et le pari était dangereux. Pouvaient-ils véritablement se permettre de gaspiller un temps précieux en un exercice qui peut-être n’aboutirait pas ? Le jeune homme poussa un soupir et finit par décréter :

— On va au commissariat.

Le trajet ne fut pas long et, avec l’intercession de Hutch, les deux Légionnaires eurent bientôt à leur disposition une salle d’interrogatoire. Jace se retourna vers Christopher.

— Je te laisse faire ça seul. J’vais m’trouver un coin tranquille et essayer, je sais pas, de réfléchir. Ou alors de laisser venir. Avec un peu de chance, au moins un de nous deux, ou les deux, on obtiendra un truc intéressant. J’te fais confiance. Reste en Megastar, au cas où elle s’énerve, mais aussi parce que c’est plus impressionnant. Si elle est comme l’autre, c’est une idéaliste, elle sera pas accessible à la raison, ou à un marché, elle sera pas intéressée par le fait de sauver sa peau. Mais elle cherchera peut-être à convaincre, si tu la lances pas sur les événements, mais sur les idées. Là, elle parlera. Crains pas d’la faire parler beaucoup, même si ça sert à rien au début, juste pour lui donner l’habitude. Vaut mieux qu’elle dise cent trucs dont un intéressant que rien du tout. J’te fais confiance. J’compte sur toi.

Définitivement, il ne fallait pas intégrer la Team Alpha si l’on ne voulait pas se voir confier des responsabilités : une fois de plus, Thunder déléguait une partie cruciale d’une mission à Megastar, de la même manière qu’il n’avait pas tardé à emmener Chaman sur le terrain. Le blond adressa un sourire d’encouragement à son coéquipier avant de le laisser seul dans la salle d’interrogatoire, pour gagner le bureau désert de Hutch. Il poussa un soupir en regardant autour de lui, pas trop sûr de ce qu’il devait faire. Finalement, les exercices de concentration du Corbeau lui parurent les plus appropriés : après avoir fermé porte et persiennes, il s’assit en tailleur sur le sol, ferma les yeux et se concentra. Il était temps de savoir ce qu’il savait.
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