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Deux Légionnaires à Miami

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Message posté : Dim 23 Mar 2014 - 10:03 Message
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***

21 mars 2014

— Tu crois qu’il va gérer ? Je suis sûr qu’il va gérer. Je me demande s’il va gérer. Il va gérer.

Après avoir fini les jeux du magazine de bord, soit cinq minutes passé le décollage, Jace avait commencé à s’inquiéter de Star City, qu’ils laissaient derrière eux, et de la Team Alpha. Est-ce que Qaletaqa saurait s’en sortir seul ? Il avait demandé à Sydney de garder un œil sur lui et sur le reste des Légionnaires, bien entendu, un peu comme une mère trop protectrice qui confierait ses enfants à une amie pour aller faire à un rendez-vous important. Mais savait-on jamais ! Plus l’avion s’éloignait de sa ville natale, qu’il n’avait presque pas quittée depuis que ses pouvoirs étaient apparus, plus Jace avait l’impression que Star City s’enfoncerait dans les flammes infernales d’un chaos sans fin, en son absence.

— On peut utiliser les téléphones, tu crois ? Je pourrais les appeler. Pour voir si tout va bien. Au moins cinq fois par jour.

Jace jeta un regard à son petit ami.

— Trois fois par jour ? Trois fois, c’est pas beaucoup.

Dire que l’adolescent trouvait le moyen de se plaindre que sa mère surveillait un peu trop ses activités extra-scolaires ! C’était à peine s’il ne s’était pas proposé de mettre un bracelet électronique à tous les membres de la Team restés à Star City pour surveiller constamment leurs activités pendant qu’il profiterait de son bref week-end de vacances, à Miami, chez Tante Georgy, en compagnie de Christopher. Naturellement, « vacances » et « profiter » ne faisaient pas exactement parti du vocabulaire de Jace, qui n’avait pas dû se reposer véritablement, au-delà des pures nécessités physiologiques, depuis plusieurs années.

Tel était pourtant bien le but du séjour. Depuis le dîner en demi-teinte où Christopher avait été officiellement présenté comme petit ami à ses parents, les Roberts seniors n’avaient pas cessé de raviver l’idée d’une visite de leur fils et de son compagnie à la sœur de Mrs. Roberts, pour lui faire plaisir, évidemment, à cette pauvre Georgy — mais en vérité pour éloigner Jace, dont ils craignaient un surmenage aux effets dévastateurs, du tourbillon d’activités dans lequel il était perpétuellement plongé, à Star City. Les Roberts s’étaient trouvés en la matière un complice rêvé quoique inattendu en la personne de Christopher et Jace, attaqué de tous les côtés, avait bien dû céder, faire sa valise et profiter d’un week-end au soleil.

Le Commander avait bien sûr dû le dissuader de contacter l’antenne de la Légion à Miami, qui n’aurait probablement pas besoin de son aide ce week-end là et il l’avait fait formellement promettre qu’il ne tenterait pas de profiter de son voyage pour enquêter sur la mafia cubaine. Mrs. Roberts avait fourré de force une Nintendo 3DS, de la crème solaire et un boxer de bain dans son sac, en avait retiré un communicateur d’urgence et un plan militaire de la ville. Et c’est ainsi que Jace Roberts se retrouvait sans Thunder dans un avion sur le point d’atterrir loin de chez lui.

À l’arrivée, les salles de débarquement étaient envahies de leur habituelle cohue et l’anglais était loin d’y être la langue la plus parlée. Dans le mélange des langues latines et des familles précipitées, Jace tenta de ne pas être séparé de son compagnon. C’était à vrai dire la première fois qu’il prenait l’avion de ligne sans ses parents et l’aéroport qu’il fréquentait le plus était le petit aérodrome à partir duquel opérait la société d’avions de tourisme du Commander : autant dire qu’il n’était pas habitué aux tapis des bagages, aux portes, aux douanes. Heureusement, le vol domestique leur épargnait la plupart des formalités administratives et, une fois son gros sac à dos récupéré et harnaché, Jace put gagner le hall en compagnie de Christopher.

Pas besoin d’être un génie pour y trouver Tante Georgy. Élancée, aussi blonde qu’un Thunder au sommet de sa forme, avec les mêmes yeux bleus, le même sourire et le même air d’avoir présentement autre chose à faire que d’attendre les bras croisées, la femme d’une trentaine d’années attendait, les lunettes de soleil dans les cheveux, en scrutant la foule pour y repérer la tête blonde d’un neveu qu’elle n’avait pas vu depuis plusieurs d’années — en dehors des photos, de la télévision parfois et de quelques articles de journaux, envoyés par sa sœur.

Ms. Georgia Pherson, ou plutôt Georgia Pherson M.D., neurologue de bonne réputation, n’avait pas l’habitude de rester les bras croisés. Dès son neveu repéré, elle fendit la foule et s’exclama :

— Jace Roberts !

Machinalement, Jace jeta un regard à droite, à gauche. Personne ne réagissait. Soit on ne l’avait pas entendue, soit ils jouissaient à Miami d’un anonymat de plus en plus rare à Star City. Il sourit donc à Georgia et, après une hésitation, la serra dans ses bras.

— Il était temps.
— Je sais. Georgy, c’est…
— Christopher Peck.

Le regard bleu de Georgia n’était pas moins analytique que celui de Jace et Christopher fut passé au rayon X.

— Alors comme ça, on séduit mon neveu ?

Fit Georgia en ébouriffant les cheveux de Jace.

— Hé…
— Quoi ?
— Rien, c’est juste que…

Il y avait tout de même beaucoup de gens autour. Georgia eut un air un peu songeur, puis elle finit par hausser les épaules.

— Venez, j’suis garée en double file.

Aussi difficile de rater la voiture de Georgia que Georgia elle-même : la décapotable noire attendait près du hall, au mépris de toutes les règles de stationnement.
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Message posté : Mar 25 Mar 2014 - 0:49 Message
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Après un voyage assez rapide, qui avait été régulièrement ponctué par les inquiétudes de Jace concernant la Team Alpha, les deux jeunes Légionnaires avaient pu voir, par les hublots, Miami, capitale du vice pour certains, ville plutôt paradisiaque pour d’autres, mais surtout, lieu de vacances pour Chris, qui espérait bien que son petit ami allait en profiter sans se préoccuper de ce qu’il avait bien pu laisser à Star City. Le brun, à chaque fois, avait tempéré le blond, le rassurant sur les capacités de Cal et le fait que Sydney ne laisserait rien partir à vau-l’eau en son absence. Il avait fini par trouver un film qui monopolisa un minimum l’attention de Jace et lui avait pris la main.

Une fois l’atterrissage effectué et le débarquement passé, ils récupérèrent leurs bagages sur les tapis avant de sortir pour rejoindre la zone où les gens retrouvaient leurs amis ou leur famille. Il ne se passa pas bien longtemps avant qu’un tonitruant « Jace Roberts » retentisse dans le hall. À Star City, un tel appel aurait créé une émeute. Mais là, rien ne se produisit, et Christopher put enfin découvrir qui était la fameuse tante Georgia. Si on avait demandé à Chris de décrire un mannequin, il aurait sans doute imaginé une femme comme elle, grande, la trentaine, élancée, de longs cheveux blonds et des yeux bleus semblant vous passer au rayons-X. Et la première remarque qu’elle adressa au brun eut pour effet de… le faire rougir, de façon assez violente.

Il suivit le mouvement vers l’extérieur, le regard fixé sur ses pieds. Et dans l’affaire, il n’avait même pas prononcé un seul mot. Ce qui était particulièrement malpoli. Aussi attendit-il d’être devant elle, près du coffre de la voiture garée à un endroit sûrement pas réglementaire, et tâcha-t-il de rattraper un peu son mutisme. Il avait beau être un grand timide, on lui avait décrit la tante Georgy comme une femme généreuse et très ouverte, il n’y avait donc aucune raison pour que ça se passe mal. Même si elle avait fait fort dès le début…

Euh… oui, donc, je suis Chris, et je suis ravi de vous rencontrer, madame.

Nul doute que la manière de s’adresser à elle était un peu trop formelle, mais il ne la connaissait pas, en fait, en dehors de ce qu’on avait bien voulu lui dire d’elle, mais c’était la première rencontre, et même la toute première fois qu’ils se parlaient. Mais au moins, elle était déjà au courant de la situation entre lui et son neveu… Un policier fit alors son apparition un peu plus loin, et remarqua le véhicule mal stationné.

Y a un policier qui arrive…

Chris se demanda pour quelle raison est-ce qu’il avait signalé ce fait. Pensait-il qu’elle leur dirait, soudainement : « montez, vite », et qu’ils partiraient à toute vitesse pour éviter l’amende ? Irait-elle voir le représentant de la loi pour lui faire du charme et ainsi… éviter l’amende ? Ou bien avait-elle un caractère bien trempé qui risquait de créer un esclandre ? Il n’en savait rien. Et si jamais il fallait intervenir, il n’allait tout de même pas s’en prendre à un policier. Aussi, il ferma le coffre dans lequel avaient été rangés les bagages, et monta à l’arrière de la voiture. Pour juste attendre la suite. Même s’il n’avait pas envie que la Légion, qui avait une antenne à Miami, soit alertée. En fait, dans cet environnement qu’il ne connaissait pas, il avait peur que tout lui échappe. Ou plutôt, que tout échappe à Jace et qu’il soit totalement impuissant pour l’empêcher.

Madame, s’il vous plait ! lança le policier, en s’approchant.

Il était trop tard pour la première option, la fuite. Et du coup, un peu honteusement, Christopher espéra que ce serait la seconde qui se produirait, un peu de charme, le flic dans la poche, et ils pourraient quitter l’aéroport sans avoir été vraiment inquiétés. Le policier, un homme d’une trentaine d’années, sportif, semblait presque taillé dans le même moule que Georgia, mais version masculine. Et il n’avait pas l’air particulièrement menaçant, au contraire, il avait même l’air d’avoir bien remarqué à quel point la propriétaire du véhicule était… séduisante. C’était toujours ça de pris. Quoi qu’il en soit, Chris fixa un point droit devant lui. Pas envie d’avoir des ennuis.
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Message posté : Mer 26 Mar 2014 - 15:05 Message
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Jace jetait de fréquents coups d’œil à Christopher tout en s’approchant de la voiture de Georgia — même si la voiture en question avait pendant quelques secondes retenu une grande partie de son attention. Puisqu’ils étaient à Miami, puisque personne ne les connaissait, peut-être pouvaient-ils, ici, en public, se faire un peu plus démonstratifs ? Jace n’avait pas une violente envie de peloter son compagnon devant tout le monde en permanence, mais il songeait de plus en plus que le secret qu’ils avaient choisi n’était pas très confortable — et pas très sain. Ces vacances pour la première fois, même brèves, lui apparurent comme l’opportunité de faire un premier pas.

Pour l’heure, quand Georgia eut le dos tourné, Jace leva un pouce pour son petit ami, afin de le rassurer sur le contact établi. L’irruption d’un policier interrompit les retrouvailles et Georgia se tourna vers l’homme, ravi de toute évidence d’avoir trouvé sur son chemin une si accorte contrevenante à l’ordre et la morale. Mû par un instinct masculin protecteur un peu idiot et un peu sexiste, Jace vint se poster à côté de Georgia et, en constant la ressemblance entre les deux blonds, le policier interrogea un peu perplexe :

— C’est votre fils.
— Jace ? Il serait beaucoup trop grand. C’est mon neveu. C’est le fils de ma sœur.

L’homme parut soulagé.

— Je viens de le récupérer à l’aéroport, il arrive de Star City, vous savez ce que c’est, les terminaux, les portes d’embarquement, difficile de s’y retrouver.
— Hmm hmm.

Confirma le policier en tentant de se concentrer sur les yeux plutôt que la poitrine de son interlocutrice.

— Bienvenue à Miami.
— Merci.

Georgia afficha un sourire enjôleur, appuyé par le sourire plein de confiance de Jace, et devant la machine de guerre que constituait le duo, le policier ne tarda pas à battre en retraite :

— Il faudrait quand même dégager le passage, ce n’est pas vraiment fait pour le stationnement, vous comprenez.
— Oh, évidemment ! Je suis navrée…
— Ce n’est pas grave, Mademoiselle.

Et le policier posa les mains sur sa ceinture, pour incarner l’autorité virile et néanmoins bienveillante. Avec un dernier sourire, Georgia embarqua aux côtés de son neveu et la décapotable démarra pour s’éloigner, tandis que la femme roulait des yeux.

— Les hommes…

Et, en imitant le ton de la voix du policier, elle répéta :

Ce n’est pas grave, Mademoiselle.
— Oui, enfin, tu ne l’as pas corrigé non plus…

Ne devait-on pas après tout l’appeler « docteur » ? Georgia haussa les épaules alors que la voiture prenait rapidement de la vitesse.

— Pas envie de payer une amende.
— Question de principe.
— Tout n’est pas toujours une question de principe, Jace.

La femme jeta un coup d’œil en biais à son neveu. Elle avait bien noté la réticence instinctive de Jace à une démonstration publique de ses liens avec Christopher et elle était décidée à bousculer un peu son neveu. Après tout, les Roberts devaient l’avoir envoyé pour cela, non ? Les vacances, ce n’était jamais qu’une bonne excuse pour une leçon de vie. Le reste du trajet se déroula cependant en menu bavardage : sur le vol, sur le temps à Miami, sur les activités, sur l’emploi du temps de toute façon chargé de Georgia, qui ne craignait pas de livrer les deux adolescents à eux mêmes.

Après un petit demi-heure, la décapotable se rangea dans le garage abrité par un immeuble de copropriété quelque peu luxueux et les deux jeunes gens purent bientôt découvrir l’appartement de leur hôtesse : un large salon encadré par une cuisine équipée et, de l’autre côté, une grande terrasse, en formait le cœur et donnait sur trois suites de chambres, salles de bains et dressing — signe que Georgia, malgré un apparent célibat, comblait son quotidien avec de nombreux invités.

— Maria n’a préparé qu’une chambre, hein, je suppose que vous dormez ensemble.

Jace rougit et tâcha de contenir sa satisfaction : l’occasion ne s’en présentait somme toute pas si souvent, pour eux, à Star City.

— Ben, euh, oui, ‘fin, si c’est possible, tu vois…
— Évidemment. De toute façon, moi, je dors de l’autre côté.

Il fallut plusieurs secondes à Jace pour comprendre ce que Georgia insinuait à propos de l’isolation phonique de l’appartement et des activités auxquelles ils étaient nuitamment susceptibles de se livrer. Un nouveau rougissement accueillit cette illumination et Georgia secoua la tête, avant de suggérer très sérieusement :

— Détends-toi, Jace. T’es pas le premier ado gay.
— J’suis pas gay.

Sous un regard interrogateur de sa tante, Jace déglutit péniblement avant de marmonner d’une voix à peine intelligible.

— Bi, alors, on s’en fiche.
— Dis pas ça.
— Pourquoi ?
— Ça fait… bizarre.
— Crois moi, y a des choses plus importantes dans la vie que de s’occuper de ce qui fait bizarre ou non.
— On est obligés de parler de ça ?

Georgia secoua la tête.

— Je te laisse ranger les affaires dans la chambre du fond.

Sans rien dire, Jace s’éclipsa et Georgia harponna Christopher avant de lui donner l’occasion de le suivre.

— Viens par ici, toi, on va préparer à boire.

Et elle l’entraina vers la cuisine et son bar. Alors qu’elle sortait les verres et les sodas, elle interrogea :

— Il est toujours comme ça ? Ça doit pas être facile à vivre, pour toi…
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Message posté : Jeu 27 Mar 2014 - 12:19 Message
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Finalement, Georgia s’en sortit parfaitement et put s’installer au volant de son cabriolet, non sans faire un commentaire sur la manière dont le flic lui avait parlé. Et ça faisait partie des choses que Christopher ne comprendrait jamais chez les femmes… Moins d’une demi-heure plus tard, elle se garait dans le parking souterrain d’un immeuble luxueux. Et introduisit les deux jeunes hommes dans l’appartement, qui apparaissait immense pour une femme seule. Chris ne put s’empêcher de rougir de nouveau quand Georgia souligna qu’il dormirait sûrement dans le même lit que Jace. Mais au fond, il était ravi. Sauf qu’il ne savait tellement pas comment le montrer qu’il choisit de porter son attention sur un tableau moderne, le genre tellement abstrait qu’il peut appeler n’importe quelle interprétation. Lui, par exemple, voyait un vaisseau spatial… Et il se félicita d’avoir eu l’idée de se détourner, parce qu’il rougit encore plus quand il comprit l’allusion de la tantine aux activités nocturnes de son neveu et son copain…

Il y eut ensuite un rapide débat sur la sexualité de Jace, qui ne savait pas s’il pouvait se définir comme « gay » ou « bi », avant qu’elle ne l’invite à aller ranger les affaires dans la chambre. Ce qu’il accepta. Christopher n’eut pas le temps de pivoter pour lui emboiter le pas qu’il sentit une main sur son épaule. Une injonction assez claire plus tard, il suivait Georgia vers la cuisine, jusque derrière le bar. Et alors qu’elle commençait à sortir de quoi boire, elle engagea la conversation, ciblant sans attendre son neveu. Que répondre à ce genre de question ? Soit il faisait la carpe et c’était mal élevé, d’autant qu’elle était très agréable et, malgré son attitude un peu rentre-dedans, correcte, et même ouverte, soit il se décidait à mettre une paire de claques à sa timidité pour apparaître comme un garçon plus sûr de lui. Il dut se faire violence, tout de même, pour mettre en place la seconde option…

En fait… Comme on s’expose pas, qu’on montre rien en public, il est pas vraiment comme ça. Devant tout le monde, on est juste Jace et Chris. Enfin, Thunder et Megastar. Mais il est un peu trop formaté « super-héros », le mec qui doit être toujours là au service des autres, qui parle aux gens, qui les aide, et parfois, j’ai l’impression qu’il pense que c’est pas compatible, aux yeux des gens, avec une relation… avec un autre garçon… En même temps, c’est normal, toutes les histoires de super-héros, on voit le héros avec une fille au bras, parfois plusieurs, c’est logique, c’est l’image qu’on s’en fait…

C’était la première fois que Chris parlait autant à quelqu’un de choses personnelles. Il fallait croire que Georgia était douée pour le mettre en confiance, qu’elle en était suffisamment digne pour qu’il se livre un peu. Il jeta un regard en arrière, pour voir si Jace arrivait.

Il a eu une copine, avant moi, et ça s’est pas trop bien terminé… Moi j’ai jamais eu personne, et je sais pas si… enfin, avec les garçons, quoi… si y avait pas eu Jace. Quand je suis arrivé à Star City, que j’ai été recruté par la Légion, c’est lui qui m’a accueilli. Et…

Christopher se sentit de nouveau rougir. Il ne savait pas exactement ce qu’il allait ajouter, mais son esprit avait lentement vogué vers des souvenirs… charnels. Le genre de souvenirs, donc, qu’il allait précieusement garder pour lui, sous scellés.

Enfin… en tout cas, c’est gentil de nous accueillir… Ça a dû vous faire bizarre quand vous avez appris que Jace… enfin, et moi, quoi. Doit pas y avoir grand-monde qui peut croire que dans la famille, va y avoir des… des gays. Enfin, bi… Ouais, gays. Il veut pas le dire, mais…

De vagues formes irlandaises, plutôt musclées, lui vinrent à l’esprit, et de nouveau, il sentit le rouge lui monter aux joues. L’occasion était donc toute trouvée pour changer de sujet. S’accoudant au bar, tourné vers l’appartement, il prit un ton aussi dégagé que possible.

C’est joli, chez vous. Et c’est grand. Et puis, il fait beau, ça change de Star City, et mon petit appart’ en bazar…

Le virage avait-il était bien pris ? Georgia reviendrait-elle sur les aveux de Chris ? Jace arriverait-il à ce moment-là ? D’ailleurs, Christopher se demanda ce que son petit ami avait bien pu faire dans la chambre. Y avait-il un placard dans lequel mettre les vêtements ? S’était-il occupé de celles de Chris ? La dernière fois que quelqu’un avait touché ses fringues, ce devait être sa mère, des années en arrière… Est-ce que ce genre de choses faisait partie de la vie de couple ? De nouveau, il constata que ses pensées retournaient d’elles-mêmes vers sa relation avec le neveu de Georgia. Il secoua la tête et se mura dans le silence, un verre de soda non encore entamé à la main.
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Message posté : Lun 31 Mar 2014 - 13:53 Message
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Jace avait affreusement honte — ce n’était pas peu dire. Envolé, le jeune homme qui débattait avec une relative assurance, quelques jours plus tôt, sur un plateau de télévision, avec le représentation le plus connu du CODE ! Envolé le super-héros qui se posait au milieu d’une zone sinistrée et rassurait la population ! Comme souvent dès que l’on abordait un problème un peu trop personnel ou qu’il se retrouvait placé devant un échec trop mal défini pour appeler des mesures concrètes, Jace se sentait affreusement faible — un sentiment qui ramenait systématiquement en lui le souvenir de ses premières années d’adolescence, faite d’inutilité, de déception et de maladie.

Dans la chambre, celui qui n’avait plus grand-chose d’un super-héros sentait les larmes lui monter aux yeux alors qu’il rangeait avec son habituel esprit méthodique ses chaussettes et celles de Christopher en un bel alignement. Qu’est-ce qu’il devait penser de lui, justement, Christopher ? Il devait le trouver lâche, c’était certain, et fuyant, et trop peu affectueux. Un traître, en somme, à ce qu’ils vivaient ensemble et qui, Georgia avait raison évidemment, n’était rien que tout à fait normal, habituel et acceptable.

Pendant ce temps, dans la cuisine, Georgia écoutait les explications de Christopher — non sans se sentir elle-même un peu coupable. Dire qu’elle n’avait pas l’esprit de famille n’eût pas été lui faire une injustice. Elle n’avait pas suivi de très près l’enfance et la jeunesse de son unique neveu et en dehors de quelques coups de fil à sa sœur, sa présence aux côtés des Roberts n’avait été qu’épisodique. Ce qu’évoquait Christopher lui parlait en réalité assez peu : la Légion, l’UNISON, Star City et sa concentration de métahumains étaient pour elle des spectres lointains qui intervenaient parfois dans les conversations téléphoniques mais qu’elle cernait mal.

Et pourtant, elle comprenait en écoutant Christopher que Jace aurait eu besoin d’elle — de quelqu’un à ses côtés qui n’eût pas été ses parents, ni un super-héros, quelqu’un pour l’aider à construire son identité privée aussi harmonieusement que son identité publique. Toute à sa réflexion, après avoir aligné orangeade et citronnade sur un plateau, elle demeura silencieuse avant de secouer la tête.

— Ça ne me fait pas bizarre. Mais je viens pas vraiment de votre monde, disons. Viens, on va sur la terrasse.

Jace revint de la chambre les yeux un peu rougis, son travail de rangement accompli, alors que Georgia servait la citronnade sur la terrasse ensoleillée, tout en répondant à la remarque de son invité.

— C’est bien rangé surtout parce que ce n’est pas moi qui range, et puis en vérité, je ne passe pas beaucoup de temps ici, je suis toujours à droite, à gauche, entre le travail et le reste.

Un trait en commun avec Jace. Le jeune homme s’assit sur un canapé d’osier à côté de Christopher. Après un instant d’hésitation, comme pour se rattraper, il étendit un bras sur le dossier pour le passer autour des épaules de son petit ami. Le geste fut accueilli par un discret sourire de sa tante.

— Je vous laisserai quelques adresses, des bars sympas, même si vous ne buvez pas d’alcool, hmmm… ?

Elle leur lança un regard légèrement suspicieux et Jace secoua sagement la tête.

— Bien. Et des scènes musicales, des restos, des petites plages. Vous pourriez louer une voiture, peut-être, pour aller sur les plages un peu plus loin, moins fréquentées.
— On ira en volant, sinon.

Georgia haussa les sourcils.

— Hmoui, en volant, évidemment. Je suis désolée, Christopher, je ne suis pas sûre d’avoir exactement compris ce que tu, euh…

Comment est-ce qu’il fallait dire ? Pas très sûre de ses mots ni de l’endroit où elle mettait les pieds, Georgia jeta un regard à son neveu et tenta :

— Est ? Ou fait. Je ne sais pas trop. Je veux dire, tu es comme Jace, un mutant, ou bien… ? C’est Megastar, ton surnom, donc. Et hm… Sans vouloir te vexer, autant je comprends bien le rapport entre Jace et Thunder, autant, là, comme ça, en te voyant, il ne me viendrait pas spontanément à l’idée de t’appeler Megastar.

De fait, Christopher n’était pas tout à fait une armoire à glace.

— Il a un artefact extraterrestre.
— Bien sûr !

Un temps.

— Sérieusement ? Mais hm… C’est, je ne sais pas, courant ? Un héritage familial ? Une découverte chanceuse. Enfin, chanceuse, ça dépend des points de vue, je suppose.
— C’est pas très courant, non. En tout cas, individuellement. Y a des organisations, comme l’UNISON, qui travaillent sur ces questions. Des initiatives du secteur privé, comme Argos. Mais chez les particuliers, ça reste rarissime.

Jace avait pris l’habitude de faire l’interface sociale entre Christopher et le reste du monde, pour pallier à la timidité de son petit ami. Mais puisqu’ils étaient en famille, le mieux était peut-être de laisser à son compagnon le soin de conter sa propre histoire. Sans s’en rendre compte, Jace caressa son épaule du bout des doigts.

— Mais vas-y, raconte, toi.
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Message posté : Mar 1 Avr 2014 - 12:37 Message
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Christopher, assis sur le canapé de la terrasse vit Jace revenir de la chambre et s’installer près de lui. Et en quand le bras passa autour de ses épaules, il surprit le petit sourire de Georgia. Lui-même posa une main sur la cuisse de son petit ami, en toute innocence, alors que la tantine proposait de leur donner quelques adresses sympas à visiter durant leur séjour. La suggestion d’y aller en volant était parfaite pour Star City, mais à Miami, ça serait sûrement vu différemment. Les supers devaient y être beaucoup moins présents, et deux adolescents dans les airs se feraient certainement remarquer. Georgia en vint alors à demander ce qui caractérisait « Megastar », qui sous son apparence humaine portait particulièrement mal son surnom. Après quelques explications de Jace, Chris sentit que c’était à lui. Il but une gorgée de soda avant de parler.

En fait, j’étais parti camper, dans une forêt près de Chicago, quand un vaisseau extraterrestre s’est écrasé pas loin de moi… Je savais que ça pouvait être dangereux, mais j’y suis allé. Y avait un seul survivant, qui m’a donné un truc…

Levant le poignet, le brun montra le bracelet métallique qu’il portait.

Ça m’a totalement recouvert, c’était une enveloppe de métal… J’ai cru que j’allais mourir, mais en fait, c’était comme une deuxième peau… Après, y a les ennemis des extraterrestres, d’autres extraterrestres, qui sont arrivés, ils ont voulu récupérer l’artefact, et c’est là que j’ai découvert ce que je pouvais faire avec le MEGAS.

C’était un résumé concis, n’employant aucun mot trop spécifique, comme les noms précis des extraterrestres, les Grues, la République de Lor…

Quand je l’active… Je vous montrerai plus tard, là je risque de bousiller mes fringues, je deviens un colosse de l’espace. Je suis plus grand, plus musclé, j’ai cette peau métallique, j’ai une force surhumaine, je peux voler à très grande vitesse, et je peux aller sans risque dans l’espace. Grâce à tout ça, je m’en suis sorti face aux aliens.

Le souvenir était encore vif. La peur qu’il avait ressentie à ce moment-là avait été surpassée par sa surprise de découvrir qu’il était capable de terrasser de nombreux agresseurs. Ensuite, il était rentré chez lui, et Jade, sa petite sœur, lui avait suggéré de contacter la Légion des Étoiles.

La suite, c’était Star City, et Jace… fit-il, en tournant la tête vers le blond, pris d’une irrésistible envie de l’embrasser.

Mais il n’en fit rien, parce qu’il n’était pas encore certain d’être capable d’une telle démonstration d’affection devant… qui que ce soit. Même une femme aussi ouverte que Georgia, qui avait parfaitement accepté les choix de son neveu. D’ailleurs, il en profita pour revenir sur les doutes qu’il avait concernant leur « moyen de transport ».

T’es sûr que tu veux te déplacer en volant ? À Star City, ça choque personne, c’est normal, la ville est pleine de supers, mais là, c’est pas courant, j’imagine… On risque de se faire remarquer.

Déjà que Chris n’aimait pas se faire remarquer dans sa propre ville, alors qu’il y était célèbre, imaginer qu’on puisse le repérer dans une autre cité, où il était pourtant anonyme, c’était assez compliqué. L’idéal, en fait, ça aurait été une voiture avec des vitres teintées, histoire d’être sûr que personne ne le voit, et des lunettes de soleil quand il était à pied. Heureusement, les lunettes de soleil, c’était un accessoire courant à Miami, qui le ferait donc passer inaperçu. Le tout étant de ne pas avoir les mêmes qu’Horatio Caine.

On peut pas louer une voiture ? Un truc… discret. Ou une moto, je sais pas, enfin, un véhicule, quoi. Parce que toi, si tu voles, tu es… toi, mais moi, quand je vole, je suis Megastar, et ça va être chiant de prévoir à chaque fois des fringues que je risque pas d’agrandir ou de déchirer.

L’inconvénient de devenir un colosse de l’espace, c’était que la garde-robe devait pouvoir s’adapter. Mais comme Chris n’avait pas envie de sacrifier ses goûts vestimentaires au côté pratique, il avait quand même des t-shirts, des chemises ou des jeans dans la tendance, un peu moulants, et qui donc souffriraient d’un soudain gonflement de volume. Après, il ne fallait pas non plus que la location revienne trop cher. Il n’en parla pas, de peur de passer pour quelqu’un de trop précautionneux, et sachant pertinemment que Georgia avait largement les moyens, s’il le fallait, de leur acheter carrément une voiture. Elle ne le ferait pas, évidemment, mais rien qu’y penser était rassurant. Elle avait réussi sa vie, était heureuse de revoir son neveu, ils n’auraient donc sans doute pas à s’inquiéter pour leurs frais durant le séjour à Miami.

Chris eut une vague pensée pour sa famille, loin au nord, à Chicago. Sa mère malade, sa petite sœur… Il aurait aimé pouvoir en profiter avec elles, et même, peut-être, avec son père. Chassant leurs images de ses pensées, il se reconcentra sur son verre, espérant ne pas être apparu comme trop prudent aux yeux de Jace.
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Message posté : Mer 2 Avr 2014 - 15:08 Message
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Georgia tenta de conserver un visage égal en écoutant le récit de Christopher. S’il était parfaitement compréhensible, il était aussi parfaitement incroyable. Les extraterrestres faisaient certes de temps à autre la une de l’actualité et, entre les Grues et Omega, il était difficile de se défaire des souvenirs parfois douloureux de leurs velléités coloniales, mais depuis quelques années, le calme revenu et la relative discrétion de l’UNISON tenaient le grand public éloigné de ces événements cosmiques. Imaginer qu’un adolescent pouvait se retrouver brutalement impliqué dans une confrontation tout sauf terrienne pour avoir campé au mauvais endroit au mauvais moment était pour le moins effrayant.

La Californienne hocha donc la tête sans rien dire et Christopher eut le bon sens de ne pas s’étendre sur ces questions exotiques pour en revenir à des considérations plus quotidiennes et non moins essentielles. Jace, qui avait vécu toute son existence à Star City, plus encore au sein de la Tour de la Paix, n’avait aucune idée de l’attention qu’un métahumain pouvait attirer dans une autre ville. Il lui manquait l’expérience de Chicago — et ce furent les arguments vestimentaires, à vrai dire, bien plus que les considérations de publicité indésirable, qui le convainquirent.

— Ou on peut prendre les transports en commun, non… ? Je sais pas, avec une carte du réseau…

Il ne savait pas très bien le montant d’une location automobile, mais il le soupçonnait de dépasser de beaucoup ses modestes économies de collégien — théoriquement consacrées, il est vrai, à l’achat d’une voiture, mais en réalité systématiquement absorbées par toute sorte de projets annexes.

— Les transports communs à Miami ? Vous allez y perdre des heures.

En réalité, elle n’en avait aucune idée.

— Louer une voiture, c’est bien.
— Mais on ne voudrait pas…
— Tu penses, pour une fois qu’on se voit, ce n’est pas souvent.

Et deux heures plus tard, la citronnade consommée, Georgia signait d’un trait rapide quelques documents de garantie pour la location d’une voiture qui n’avait certes pas l’élégance de sa propre décapotable mais qui suffirait amplement aux trajets des deux lycéens. Une fois les documents repoussées et les clés tendues à Christopher, au grand désespoir de Jace, dont le permis jamais véritablement utilisé n’était de toute façon valable que dans le New Jersey, Georgia jeta un coup d’œil à sa montre.

— J’ai un conseil d’administration dans une clinique. Ce soir je vais à un vernissage. Ne m’attendez pas pour manger, je vous fais confiance pour vous débrouiller tout seuls.

Ce n’était pas une question et elle n’avait de toute façon guère envie de les chaperonner.

— Je vous ai donné les clés de l’appartement ?

Jace hocha la tête et ils furent livrés à eux-mêmes, avec une liste d’adresses, un plan fourni par la société de location et une petite voiture. Assis sur le siège passager, Jace examinait une carte qui lui était bien moins familière que la disposition des rues et des immeubles à Star City.

— Tu veux faire quoi, d’abord ? Y a les musées, et euh… Les monuments historiques…

Il avait dit cela surtout pour paraître un peu cultivé, mais l’envie d’admirer des tableaux et des vieilles pierres, alors que le soleil brillait, ne l’étouffait pas.

— Sinon, y a les plages qu’elle nous a indiquées !

Évidemment, c’était beaucoup plus enthousiaste, mais Jace plaidait coupable : quand on lui avait parlé de venir à Miami, il s’était imaginé en train de bronzer au soleil plutôt que de profiter du patrimoine culturel de la ville. Et puis, les musées, c’était sans doute ouvert le soir, aussi ? Difficile, avec le regard que le jeune homme posait sur son chauffeur, de le trainer devant des peintures renaissantes. Ce fut donc vers l’une des plages de Miami que la voiture partit. Plus ou moins.

— C’est, euh… À droite. Enfin, je crois. Non, je suis sûr : à droite.

Habitué à contempler sa ville d’en haut et de ses propres yeux, Jace avait quelques difficultés à faire coïncider les indications abstraites d’une carte inconnue avec la réalité physique qui les entourait, mais au prix de quelques brefs détours, les deux Légionnaires progressaient sûrement vers leur but ensablé. De temps à autre, sur une ligne droite où l’on se passait de ses indications hésitantes de copilote novice, l’adolescent regardait par les fenêtres.

— C’est fou ce que c’est différent, quand même. À Star City, je me rends pas compte qu’on était aussi nombreux, je veux dire, comparé aux autres villes. Mais là, les gens sont…

Normaux, selon les critères communs, sans doute ; différents, selon ceux de Jace. Depuis sa confrontation avec Jonas Cooper, le jeune homme ne pouvait s’empêcher de réfléchir souvent à la question.

— Qu’est-ce qu’ils pensent de nous, tu crois ?

Par « nous », il voulait dire les métahumains. Le jeune homme détacha les yeux de la rue pour les poser sur Christopher.

— Qu’est-ce que tu pensais, toi ? Je veux dire, tu sais, des mutants. Des gens comme moi.

Ce n’était après tout pas la même chose de tirer ses capacités de ses propres gènes et d’exploiter les ressources d’un objet magique ou extraterrestre.
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Message posté : Mer 2 Avr 2014 - 20:54 Message
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Après une négociation rondement menée par Georgia, les deux adolescents se retrouvèrent finalement les heureux locataires d’une voiture. Chris rougit quand la tante de Jace lui tendit les clés, mais il se ressaisit vite. Il avait passé son permis à Chicago, et n’avait pas conduit depuis… Heureusement, au volant d’un automatique, il allait pouvoir s’en sortir. Les musées, les expos, les monuments, bref, le tourisme culturel, ça ne branchait pas le brun plus que ça. Tout comme son petit ami, il avait envie de profiter du soleil. C’était la première fois qu’il quittait le nord des États-Unis, ça n’était sûrement pas pour aller s’enfermer dans des galeries… Grâce aux indications plus ou moins claires de Jace, il parvint à prendre la direction de la plage. Et pendant le trajet, le blond ne put s’empêcher de comparer avec Star City. Ce que Chris lui-même faisait, mais en silence. Il haussa les épaules à la première question, avant d’être directement interrogé sur ce qui lui pensait des mutants…

Je sais pas… J’y ai jamais vraiment réfléchi, en fait. Je trouvais ça cool, mais j’étais pas à fond dessus, c’était pas mon délire. C’est après que c’est venu, quand j’en ai rencontré… Au départ, je me suis demandé si j’étais comme vous, et en fait, ça revient un peu au même, sauf que moi, c’est pas dans mes gênes.

Le véhicule longeait désormais la côte. Mais la plage choisie par Jace était un peu plus loin.

T’as vu la couleur de la mer ? J’ai jamais vu un bleu comme ça… fit-il, en tournant la tête sur sa droite pour apercevoir l’étendue marine.

Avant de promptement reposer les yeux sur la route, juste à temps pour s’arrêter à un feu rouge. L’avantage des voitures automatiques, c’était qu’elles ne calaient pas…

Eux, je sais pas ce qu’ils peuvent penser, ils ont pas autant l’habitude que les gens de Star City… J’imagine que certains doivent être emballés, comme des fans, tu vois, mais que d’autres ont peur… C’est normal, quand on connaît pas… Enfin, faut pas se poser la question, j’ai pas l’intention de d’utiliser le MEGAS ici.

Sauf en cas de force majeure, mais il espérait ne pas être confronté à ce genre de situation. Ils étaient en vacances, pas en mission. Et si jamais il s’avérait qu’ils étaient témoins de quelque chose de grave, un acte criminel, il y avait des forces de l’ordre qui étaient là pour ça. La voiture entra sur le parking et Chris eut la chance de trouver rapidement une place, qu’il prit en marche avant.

Pfiou, ça faisait un bail que j’avais pas conduit… Et j’ai pas vraiment été aidé par mon copilote.

Après un regard entendu à Jace, il quitta rapidement le véhicule pour éviter toute répression sanglante. Il mit ses lunettes de soleil et observa la plage. Il n’y avait pas trop de monde, ils pourraient donc trouver un endroit tranquille où se poser. Sachant bien sûr que Thunder allait éviter de s’aventurer dans l’eau, pour des raisons évidentes de sécurité.

Je pense pas que je vais aller me baigner… En plus, elle doit être froide, fit Chris en allant vers le coffre. Du coup, pas besoin de maillot de bain.

Il avait avisé les alentours et n’avait pas vu d’installations pour se changer. Hors de question pour lui de se mettre en maillot entre deux portières. De toute façon, il était déjà en short, ça irait amplement. Surtout qu’il allait avoir du mal, déjà, à se mettre torse nu. Prenant le sac avec les serviettes et les maillots, pris au cas où, il referma le coffre, puis la voiture. Et puis il se souvint que personne, ici, n’allait le reconnaître. Que Christopher Peck alias Megastar était resté à Star City, qu’ici il était juste Chris. De sa main libre, il attira Jace contre lui pour l’embrasser.

J’suis super content d’être là, avec toi, tous les deux, en vacances. Jusqu’au dernier moment, je me suis demandé si t’allais pas te débiner. Mais c’est bien d’oublier toute l’agitation qu’il y a là-bas. Là, on va juste profiter. Le soleil, la générosité de ta tante, la plage, et puis, toi et moi.

Après un nouveau baiser, il prit la main de Jace et s’avança vers la plage. Ils attirèrent quelques regards indifférents, les moues déçues de deux filles, et commencèrent à avancer dans le sable. Chris s’arrêta pour retirer ses chaussures, ses chaussettes, et enfiler des claquettes, bien plus pratique.

On a qu’à se mettre par-là, y a pas beaucoup de monde, on va être tranquille. J’espère.

Après avoir posé le sac, mains sur les hanches, il regarda autour de lui. Le décor lui faisait penser aux films et aux séries qui se passaient à Miami. Il fallait simplement espérer qu’il ne leur arriverait rien de ce qui se déroulait dans ces films et ces séries. Pas de trafic de drogue, pas de crime sanglant, pas de course-poursuite. Quand vint le moment de s’installer, il déploya sa serviette sur le sable et… s’assit dessus. Pas envie de retirer son t-shirt…
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Message posté : Jeu 3 Avr 2014 - 15:29 Message
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Avec la belle maturité de ses dix-sept ans, Jace tira la langue à son petit ami qui remettait en doute ses compétences de copilote et s’extirpa de la voiture, émerveillé par la mer. Évidemment, elle était là aussi à Star City et même, techniquement, c’était toujours l’Océan Atlantique, mais sous le soleil de Floride, l’adolescent avait l’impression que l’odeur des embruns et la couleur des flots étaient un peu différentes. Et puis, à Star City, il n’allait pas vraiment à la plage : l’été, il y avait beaucoup trop de monde et aux saisons les moins fréquentées, trop peu de soleil. Au sud, les choses étaient différentes.

Le jeune homme s’était défait de ses chaussettes dès son arrivée sur la plage et si le baiser de son petit ami l’avait d’abord rendu nerveux, il avait finalement serré la main de Christopher dans la sienne, bien décidé à se rattraper de ses hésitations, devant Georgia, une ou deux heures plus tôt. Il n’empêchait qu’en avançant entre les quelques serviettes posées là, il ne pouvait s’empêcher de guetter le regard des autres occupants, comme s’il s’attendait à tout moment à ce que quelqu’un le reconnût, le pointât du doigt et se mît à l’insulter. Mais il n’y eut pas de commentaires et ils purent étendre leurs serviettes.

Jace, après s’être débarrassé sans hésitation de son tee-shirt et de son pantalon, en noua une autour de sa taille le temps de troquer son boxer contre un caleçon de bain, même si la baignade était exclue — c’était pour mieux se fondre dans le paysage. Une fois changé, il laissa retomber la serviette et inspira profondément. Avec son tatouage tribal autour du biceps et sa carrure de super-héros, les cheveux blonds au soleil, il avait tout du surfeur à la recherche de ses prochaines vagues. Un instant, ses yeux restèrent fixés sur la mer interdite.

Parfois, à Star City, il allait se baigner. Il choisissait une plage très isolée, ou bien il allait à la piscine d’entraînement de la Tour de la Paix, quand il n’y avait absolument personne et qu’aucune victime collatérale d’un moment d’inattention ne pourrait être déplorée. Malgré tout, l’idée de ne pas pouvoir se livrer aux jeux aquatiques où ils voyaient s’ébattre, ça et là, près du rivage, des groupes de jeunes de son âge, cette idée-là avait quelque chose d’un peu désolant.

Mais Jace ne regrettait que rarement sa situation de mutant et de super-héros, qu’il avait trop ardemment désiré, et cette brève mélancolie fut bientôt balayée alors qu’il s’asseyait sur sa serviette. Il jeta un regard à Christopher et ne fut pas vraiment surpris de le trouver encore tout habillé : son compagnon avait déjà du mal à dire bonjour à la boulangère quand ils n’étaient pas en mission officielle, alors il ne s’était pas attendu à le voir se changer sous les yeux même indifférents de parfaits inconnus.

Jusqu’à lors, Jace n’y avait pas prêté attention. Difficile d’inciter un simple ami à ne pas avoir honte de son corps et la conversation n’avait jamais atteint le sujet. Mais les choses avaient changé et le blond regrettait que son compagnon ne pût pas profiter pleinement du soleil qui les réchauffait.

— Hey…

Le blond lui posa la main sur l’épaule et le poussa en arrière.

— Vas-y, allonge toi.

Jace l’imita sur sa propre serviette avant de rouler sur le ventre et de se redresser sur les coudes, pour lui faire face.

— T’es très bien, tu sais ? Je veux dire, physiquement, t’es très bien. Je dis pas ça seulement de mon point de vue, mais objectivement, t’es musclé comme il faut, et c’est pas désagréable à regarder. Même, de toute façon, on s’en fout. Tu serais mieux sans ton tee-shirt.

Il ne savait tout de même pas trop comment s’y prendre.

— ‘Videmment, t’es pas obligé ou quoi, hein. Tu fais comme tu veux, et si faut que ça devienne une épreuve pour toi, c’est pas la peine. Mais franchement, si ça s’trouve, ça te fera stresser cinq minutes, et puis après tu oublieras. Si c’est les gens qui t’inquiètent, je crois qu’ils en ont rien à foutre. Ils sont venus pour la plage, c’est tout.

Évidemment, ce n’était pas tout à fait vrai, il y avait des regards rapides, mais à la fin, personne n’allait élire Mister Beach 2014.

— Réfléchis-y comme ça : même quand t’es pas Megastar, on fait des entraînements, à l’équipe, de l’endurance, de la musculation, ce genre de trucs.

Et Thunder était réputé pour être un leader particulièrement exigeant en la matière. Évidemment, la musculation ne constituait pas une priorité dans le programme qu’il avait dessiné pour Christopher, en raison du pouvoir du jeune homme, et elle y jouait le rôle de défi physique et psychologique plutôt que d’instrument pour développer les muscles. Il n’empêchait que Christopher était un Légionnaire, en bonne condition.

— T’as pas besoin du MEGAS pour être un bon athlète. C’est ce que j’ai encore dit à Cal : même sans vos pouvoirs, vous êtes mieux entraînés que la plupart des gens. Alors ton corps, tu vois, il est très bien. Maintenant, tu fais comme tu veux…

Jace replia la coude et posa la tête sur ses avant-bras.

— … mais moi, j’ai besoin d’crème solaire.
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Message posté : Ven 4 Avr 2014 - 22:26 Message
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Si Chris faisait preuve d’une certaine pudeur sur cette plage pourtant loin d’être bondée, ce ne fut pas le cas de Jace, qui appliqua la bonne vieille méthode de la serviette et se retrouva bientôt en short de bain. Et son petit ami put l’admirer un moment au soleil, tel un surfeur australien s’apprêtant à aller dompter les vagues. Sauf que Jace n’irait pas dompter les vagues. Mais au moins avait-il adopté la tenue appropriée à la situation. Après quoi, il entreprit de rassurer le brun sur son physique et sur le fait que personne ne ferait attention. Ils étaient à la plage, il était normal qu’ils soient en maillots de bain, tout le monde était en maillot de bain, et si certains en effet, en profitaient pour mater, l’essentiel n’était pas là. Mais faire fi du regard des autres, de leurs jugements, Christopher ne savait pas faire, et il n’avait pas les moyens de ne plus s’en préoccuper.

Étendu sur la serviette, il fixait le ciel bleu au-dessus de lui, tâchant de laisser s’immiscer les bonnes ondes transmises par Jace. C’était vrai, ça, qu’il faisait de la musculation. Et même s’il n’était pas une armoire à glace, il se défendait plutôt, en fait. Il resta un moment silencieux et immobile, avant de se redresser en position assise. Et en fouillant dans le sac pour attraper la bouteille de crème solaire, il tomba sur son short de bain… Était-il capable de dépasser cette peur stupide et de se changer, là, devant tout le monde. Il regarda autour de lui pour constater que personne n’avait la tête tournée dans sa direction, et que les gens les plus proches étaient à une dizaine de mètres. Pour la plupart, ils faisaient juste bronzette, plus soucieux de la pigmentation de leur peau que d’autre chose…

S’assénant un coup de poing mental, Chris se leva et… retira son t-shirt. Non sans s’assurer que personne n’en avait profité pour poser les yeux sur lui. Hormis Jace, mais Jace, c’était différent. Lui, il savait ce qu’il valait à ses yeux… Mais en fait, quiconque s’intéressant à lui aurait vu un adolescent en bonne forme physique, finement musclé, sans la moindre trace apparente de graisse. Délaissant son t-shirt, il se pencha pour ramasser sa serviette et, non sans un coup d’œil à Jace pour requérir des encouragements pour cet exploit qu’il était en train de réaliser, il se la noua autour de la taille, avant de retirer son short et son boxer. Ce fut le moment le plus difficile, parce qu’il craignait par-dessus tout que la serviette tombe, ou s’envole. Il rougit et tâcha de se dépêcher, mais pas trop, pour ne pas risquer de se retrouver les fesses à l’air en public. Enfin, ce fut avec un énorme soulagement qu’il étala de nouveau sa serviette et prit la crème solaire.

Tu… euh… t’allonges sur le ventre ? fit-il, en réalisant qu’il allait tartiner son petit ami devant des inconnus.

À genoux, courageusement, il entreprit d’étaler la crème sur le dos de Jace, du creux des reins jusqu’à la nuque, sur les épaules, puis sur les mollets et le bas des cuisses, jusqu’à ce qu’elle soit bien imprégnée. Et en fait, il avait presque oublié les circonstances.

Tu te retournes ? dit-il ensuite, alors que le blond s’étendait sur le dos.

Là, normalement, il n’y avait besoin d’aucune assistance, les zones devant étaient accessibles, mais maintenant qu’il avait commencé, Christopher avait bien envie d’aller jusqu’au bout. Il commença par le ventre, remonta sur les pectoraux, fermes au toucher, et acheva par les jambes. Avant d’en mettre un peu aussi sur le visage, qui était une zone à ne pas négliger. D’ailleurs, il fit même un commentaire :

Je t’en mets aussi sur le visage, manquerait plus que t’attrapes un coup de soleil et que tu puisses plus m’embrasser…

Dit comme ça, ça faisait intéressé, ce qui en fait était le cas. Quand il eut terminé, il posa la bouteille et se frotta les mains pour se débarrasser du surplus de crème. À présent, il avait bien envie qu’on lui rende la pareille. Mais avant ça…

T’as raison… et puis, t’as toujours les bons mots… Quand y a un truc qui va pas, t’es là. Faut pas se demander pourquoi je suis tombé amoureux…

Ces derniers mots le firent rougir, aussi s’empressa-t-il de s’allonger sur le ventre, le visage tourné de l’autre côté. Le soleil commençait déjà à faire ressentir la force de ses rayons. La baignade aurait sans doute été rafraichissante, mais Chris craignait qu’elle ne soit encore trop froide pour s’y aventurer. Si Megastar n’était pas frileux, lui qui naviguait dans le vide de l’espace, son alter-ego humain l’était. Mais là, étendu sur le sable, il se prit à réaliser ce qui se passait : il était en vacances à Miami, à la plage, avec son petit ami. Il avait été un temps où ç’avait été un rêve. Un fol espoir. Mais qui s’était concrétisé. Souriant, il tourna la tête, pour cette fois-ci pouvoir regarder Jace en action.
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Message posté : Sam 5 Avr 2014 - 13:20 Message
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Il n’allait tout de même pas l’applaudir, mais à défaut, il lui adressa un sourire encourageant. À bien des égards, Christopher et Jace étaient le jour et la nuit. Le premier était toujours timide en public quand le second débordait d’assurance, mais Christopher était plus calme et pondéré, face aux conséquences et aux implications de leur existence héroïque, que ne pouvait l’être un Jace de plus en plus névrosé.

— Tu vois, pas si difficile.

Tu parles. Christopher avait eu l’air à deux doigts de faire une crise de panique quand il avait retiré son sous-vêtement, mais comme finalement aucun crabe n’était venu lui attraper le moindre appendice, Jace put se faire copieusement tartiner de crème solaire — une occasion qui ne se présentait pas souvent à Star City. Il se redressa sur les genoux et entreprit de rendre la pareille à son compagnon, pas vraiment certain du dosage à adopter. L’idée de laisser ses mains dériver un peu lui traversa l’esprit, mais sa propre incertitude devant les démonstrations d’affection publiques et le désir d’épargner à Christopher une attaque cardiaque prématurée le dissuadèrent de protéger les fesses de son petit ami contre les assauts féroces du soleil de Floride.

Jace fourra de nouveau le flacon dans le sac et se rallongea sur le dos. Il se rendait finalement compte que l’hiver de Star City lui avait semblé long, cette année-là, probablement parce qu’il avait coïncidé, pour lui, avec la difficile période où ses nouveaux pouvoirs s’étaient développés. Le jeune homme, les mains croisées sous la nuque, les paupières fermées pour n’être pas ébloui par le soleil, poussa un long soupir de soulagement et confessa à mi-voix :

— On pourrait presque en prendre l’habitude…

Presque, parce qu’au fond de lui, il ne se serait pas vu lézarder au soleil jusqu’à la fin de ses jours. À chaque fois que Jace pensait à des vacances, il imaginait des explorations lointaines de culture exotique et le week-end chez la tante Georgia, aussi nécessaire fût-il aux yeux de ses proches, n’était pas tout à fait sa définition rêvée du dépaysement.

— Dites…
— On veut pas vous déranger…

Jace ouvrit une paupière. Il s’était peut-être endormi, au soleil, finalement. Il jeta un coup d’œil à sa montre, protégée contre à peu près tout (et avant tout lui-même). Une quinzaine de minutes. Se redressant, il avisa deux jeunes filles qui devaient avoir à peu près leur âge et qui tenaient dans les mains un ballon.

— Ça vous intéresse…
— …une partie de…
— … beach volley ?

L’adolescent plissa les yeux en les entendant parler d’une si étrange manière et put constater finalement, malgré le contre-jour, qu’en dehors de la couleur du maillot de bain, les deux demoiselles étaient identiques.

— Euh…

Il jeta un coup d’œil à Christopher, tandis que les jumelles palpitaient intérieurement d’impatience : elles voulaient jouer. Pour de vrai. Elles avaient proposés à d’autres jeunes gens, à trois reprises, et à trois reprises avaient fini par se faire draguer. Ainsi commençaient-elles à désespérer de trouver des partenaires de jeu plus intéressés par leur ballon que leurs poitrines — si bien que Christopher et Jace, repérés un peu avant, constituaient naturellement à leurs yeux des partenaires sportifs idéaux.

— Je sais pas vraiment jouer.
— C’est pas très…
— … compliqué. On vous expliquera.

C’était la première fois que Jace croisait un duo gémellaire et celui-ci semblait particulièrement efficace. Il finit par se lever, tendit la main à Christopher pour l’aider à en faire de même et emboîta le pas aux jumelles. Tandis que celles-ci menaient la marche en direction du filet installé par leurs précédents dragueurs finalement rabroués, Jace se tourna vers son compagnon.

— Ça t’dérange pas ? J’me suis dit, ça fait un peu partie d’l’expérience de la plage. À défaut de se baigner…

Arrivés sur le terrain improvisé, les jumelles se retournèrent d’un seul mouvement vers eux. C’en était presque effrayant.

— Je m’appelle Ana.
— Et moi Anya.

C’était pratique, tiens. Jace grave dans sa mémoire : Ana, bleu. Anya, vert. Au moins avaient-elles le bon sens de ne pas s’habiller de la même manière, sans quoi il eût été contraint de déclarer forfait. S’en suivit une brève explication des règles du jeu, puis les jumelles rejoignirent leur côté du terrain. Et si les deux super-héros étaient en excellente condition physique, doués de réflexes solidement entrainés et d’un vrai sens tactique, les jumelles avaient pour elle le poids de l’expérience et d’une coordination que Jace finit par soupçonner de n’être pas entièrement humaine. Sans communication aucune, elles mariaient parfaitement leurs mouvements et le score se creusait en leur faveur de minute en minute.

Jace finit par demander un temps mort, pour vider l’une des bouteilles d’eau de leur sac à dos et fixer leurs deux adversaires avec insistance.

— Quoi ?
— Rien rien.

Le jeune homme se retourna vers son compagnon et murmura :

— C’est juste moi qui suis mauvais joueur où elles sont vraiment un peu trop douées ?
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Message posté : Dim 6 Avr 2014 - 16:42 Message
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Jace et Christopher ne profitaient pas du soleil depuis très longtemps quand ils furent abordées par deux voix féminines assez semblables, appartenant à… des clones. En se redressant, Chris avait vraiment eu cette impression, mais il l’avait lui-même tempérée en revenant au stade « jumelles ». Mais contrairement à beaucoup de jumeaux qu’il avait pu croiser, et qu’on pouvait toujours différencier pour un petit détail, là, il n’y avait d’autre moyen pour savoir qui était qui que la couleur de leurs bikinis. Elles se complétaient quand elles parlaient, elles se tenaient de la même manière, elles avaient aussi la même démarche. Et pour couronner le tout, elles s’appelaient « Ana » et « Anya ». Comme quoi, les parents des jumelles auraient très bien pu n’avoir qu’une seule fille, plutôt que de faire deux fois la même. Le brun avait secoué la tête à la question de son petit ami. Faire un peu de sport, ça permettrait de s’activer un peu.

Quand la partie commença, les deux Légionnaires furent forcés de constater que la complémentarité était aussi présente dans le jeu. Elles ne se parlaient pas, elles ne se regardaient même pas, et pourtant, elles étaient chaque fois exactement au bon endroit, elles sautaient dans un timing parfait, elles se déplaçaient avec légèreté… Même si les deux garçons avaient la condition physique de leur côté, ça ne suffisait malheureusement pas à contrecarrer la mécanique bien huilée des jumelles. C’était assez effrayant, en fait. Au bout d’un moment, et alors que le score se creusait irrémédiablement, Jace demanda un temps mort. Chris, sa bouteille à la main, commençait à regretter d’avoir accepté…

Son esprit repassait les phases de jeu à l’issue desquelles ils avaient marqué des points. Et il se rendait compte que c’était réellement dû à de bonnes manœuvres de leur part, à des mouvements stratégiques imparables, et aucunement à des erreurs commises par les demoiselles. D’autant que, quand ils avaient tenté de réitérer les mêmes tactiques, elles étaient parvenues à les contrecarrer et à retourner la situation à leur avantage. Pour finalement transformer le match en une petite humiliation. Après une longue gorgée d’eau salvatrice, Chris répondit :

Y a plus que l’expérience ou l’habitude, c’est comme si elles analysaient ce qui se passe pour en tirer un avantage…

Était-il possible qu’ils aient affaire à deux mutantes ? Contrairement à eux, elles ne burent même pas. Comme si la chaleur et l’effort n’avaient aucun effet sur elles.

Alors…
… on reprend ?
Oui, oui, on arrive.

Et alors qu’elles retournaient de leur côté du terrain, Chris se demanda s’il y avait une possibilité de les battre. De tester un peu leurs véritables capacités. Lui ne pouvait, hormis pousser l’analyse, pas faire grand-chose de plus, ses pouvoirs ne se manifestant qu’à travers le MEGAS.

Faut oublier la tactique, en fait. Faut surprendre. J’ai une petite idée…

Après avoir reposé leurs bouteilles, ils retournèrent sur le terrain et purent engager. Après quelques passes, Chris fit signe à Jace de lui préparer un smash. Le coup partit vite, très vite, sans aucune intention de marquer le point à l’un des angles du terrain. Non, sa cible, c’était l’une des jumelles en personne. Ana, qui ne s’attendait pas à ça, eut juste le temps d’empêcher le ballon de l’atteindre en plein ventre. Christopher leva la main pour s’excuser, avant de se tourner vers Jace et lui adresser un clin d’œil. Peu après, il réitérait la même attaque, sur l’autre, qui eut le réflexe qu’il fallait pour ne pas perdre le point, mais fut suffisamment déstabilisée derrière pour que la belle coordination avec sa jumelle soit mise à mal.

Elles sont agiles, et elles ont des schémas bien précis en tête. Par contre, elles ont pas l’habitude d’être « attaquées ». Elles vont finir par l’intégrer, mais en attendant, on peut marquer des points.

Une dizaine de minutes plus tard, le match s’arrêtait, remporté de peu par les jumelles.

Pour des garçons…
… qui ne savent pas trop bien jouer…
… vous vous êtes bien débrouillés.

Chris les remercia d’un signe de tête, avant de prendre la main de Jace pour l’entraîner vers leurs serviettes.

C’est malin, j’ai besoin d’une douche, maintenant… fit-il en s’installant, avant de voir débarquer, leurs sacs sur l’épaule, les deux filles…
On peut…
… se joindre…
… à vous ?

Et sans attendre la réponse, elles déployèrent leurs serviettes, identiques, avant… de retirer le haut de leurs bikinis. Christopher rougit et détourna le regard, avant de s’étendre sur le dos.

Au fait…
… vous vous appelez comment ?
Chris, lança le brun, un peu sèchement.

Son moment avec son petit ami sur la plage était en train d’être ruiné par une paire de filles aux seins nus. Après avoir obtenu leurs réponses, elles s’assirent, d’un même mouvement, sur le dos, avant de demander :

Vous qui faîtes…
… ça si bien,
Vous nous mettriez…
… de la crème solaire ?

Chris se redressa, comme à l’aide d’un ressort. Si elles croyaient que deux garçons homosexuels, ensemble, allaient les aider à se tartiner les seins, elles rêvaient. Mais il fallait trouver une façon diplomate de leur dire. Sauf que rien ne vint à l’esprit du brun, qui se rallongea et ferma les yeux. Peut-être que, quand il les rouvrirait, elles auraient disparu.
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Message posté : Lun 7 Avr 2014 - 13:07 Message
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Avec la suggestion de Christopher, certes quelque peu assassiné pour leurs adversaires, les deux Légionnaires parvinrent à remonter au score et la défaite ne fut pas si cuisante. Jace reprit son souffle en souriant aux félicitations des jumelles. Lui qui était membre de l’équipe de basket, à Star High, il avait l’habitude des rencontres sportives et de leurs résultats décevants — or, cette fois-ci, et elles avaient raison, Christopher et lui ne s’en étaient pas trop mal tirés. Jace embarqua son sac pour retrouver avec son compagnon le coin agréable qu’ils avaient d’abord repéré.

Ils ne tardèrent pas à être abordées par les jumelles et Jace se prit d’un intérêt soudain pour le vaste océan quand elles se dévêtirent un peu trop à son goût. Au-delà de leur côté quelque peu perturbant, les jumelles étaient des femmes et les femmes, Jace n’en avait pas extraordinairement l’expérience. Il avait déjà vu Loïs en maillot de bain, certes, mais telle avait été la limite de leur dénuement respectif et le reste de ses images en matière venaient d’inavouables intérêts cinématographiques, le soir, dans sa chambre. Et puis, le souvenir de la crise Seán était encore vivace et Jace n’osait imaginer la réaction de Christopher s’il exprimait son intérêt, même lointain et purement esthétique, pour un individu de sexe féminin.

Le mieux était encore de procéder avec honnêteté, en observant l’écume de la marée.

— Euh, on est pas forcément très, comment dire ? Ouais, ça nous mettrait un peu mal à l’aise, disons.

Ana et Anya relevèrent la tête d’un même mouvement pour le regarder d’un air surpris. Jace avait l’impression d’être un touriste qui comprenait mal les habitudes du pays, mais enfin, à Star City, on ne palpait pas des inconnues.

— Pas…
— …grave.

Jace sourit à la mer, pour ne pas avoir à se retourner vers les demoiselles, avant de s’allonger à son tour sur le dos. Rester sans rien faire, sur une serviette, pour bronzer, n’entrait déjà pas dans ses habitudes, alors il trouvait la situation encore plus bizarre, quand il y jouxtait deux étrangères. Il finit par se redresser pour faire la conversation.

— Et sinon, vous avez quel âge ?
— Dix-neuf ans.
— Vous faites des études, ici ?
— Chimie.
— Et c’est bien comme ville ?
— Très.
— Y a des activités et tout, pour les jeunes ?
— Pas mal, oui.
— Et c’est pas trop dur, quand on est mutant ?

Une nouvelle fois, les deux jumelles levèrent la tête. La question lui avait brûlé les lèvres, depuis la partie de volley-ball, et puisque c’était un point commun, il ne voyait pas de véritable objection à la poser. Il se rendit compte un peu trop tard que le sujet était peut-être moins aisé à aborder à Miami qu’à Star City. L’adolescent tourna finalement le regard vers ses interlocutrices et afficha un sourire rassurant.

— Disons que vous êtes vraiment, vraiment, très coordonnées.
— Ça s’appelle…
— … une osmose kinétique…
— … et psychique.

Jace hocha la tête. Il avait tout de même un peu de mal à s’imaginer ce qui devait se passer dan la tête des jumelles. Leur vie de tous les jours. Leurs perspectives d’avenir. C’était la première fois qu’il rencontrait un cas pareil. Dans un sens, il comprenait l’attitude peu loquace des deux jeunes femmes : difficile sans doute de s’intéresser au monde extérieur, quand on vivait en permanence dans un monde différent, rien qu’à soi.

— Vous n’êtes pas…
— … d’ici ?

Le jeune homme secoua la tête.

— Chris et moi, on vient de Star City. Enfin, lui, de Chicago avant ça, mais on vit à Star City.

Dans un même mouvement, les jumelles se rassirent en tailleur et Jace vira au cramoisi avant de détourner le regard. Elles éclatèrent d’un rire absolument identique et entreprirent de remettre leurs hauts pour ménager la sensibilité pubère de leur nouvel ami.

— On aurait voulu…
— …vivre à Star City…
— … parce que ça a l’air plus simple.
— Mais nos parents vivent ici…
— … alors forcément, c’est moins cher.

Pour deux mutantes comme elles, Jace comprenait sans peine l’attrait que pouvait exercer la ville des Supers. Il hocha la tête.

— C’est très différent, c’est sûr. J’en parlais à Chris, tout à l’heure. On vient d’arriver, on reste pas longtemps, et on se rend compte que c’est pas la même ambiance. Je veux dire, c’est sympa ici, la plage, genre, c’est vraiment chouette, mais on est un peu moins, euh… Libre. De ses mouvements.
— Parce que vous aussi…
— … vous en êtes ?

L’adolescent hocha la tête.

— On va peut-être se passer de démo publique, en revanche, parce que c’est pas forcément super discret.

Les éclairs par temps clair et les colosses de l’espace, ça avait tendance à attirer un peu l’attention.
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Message posté : Mar 8 Avr 2014 - 0:24 Message
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La diplomatie de Jace permit aux jumelles de ne pas se vexer. Il put même apprendre la véritable nature de leurs capacités, non sans révéler, évidemment, qu’eux-mêmes étaient des mutants. Du moins, Chris, qui restait étendu et les yeux fermés, préférait-il qu’elles le classent dans la même catégorie, il n’avait aucune envie de développer sa véritable nature, tout comme il n’avait aucune envie, même en privé, de faire une démonstration. Quand il daigna finalement sociabiliser un peu, il put constater en se redressant que les filles avaient abandonné le topless pour présenter des tenues moins affriolantes, même si les bikinis restaient tout de même minimalistes en termes de quantité de tissu. Quand le silence s’installa, il se poussa un peu à prendre la parole.

Vous avez des origines russes ? demanda-t-il.

Les prénoms l’avaient fait tilter, et le fait qu’elles disent habiter à Star City contredisait leur potentiel statut de touristes.

Nous sommes…
… biélorusses, en réalité.
Nos parents ont quitté…
… l’Europe de l’est quand notre mère…
… était enceinte de nous.

De ce que Christopher savait, la Biélorussie n’était pas un pays dans lequel on accordait beaucoup d’importance aux libertés individuelles.

Et du coup, vous avez grandi ici ?
Nous sommes nées ici…
… et nous ne sommes jamais parties.
Notre père a trouvé une bonne situation…
… et notre mère nous a élevées.

En fait, on finissait par s’habituer au jeu de ping-pong entre les deux filles. C’était un peu comme s’adresser à une seule personne, quelque part, sauf que cette personne était en double devant soi.

Et votre osmose, vous l’avez depuis toujours ? Ça marche tout le temps, partout ?
Apparemment, nous étions déjà…
… connectées dans le ventre de notre mère.
Nous sommes inséparables, mais…
… dans le sens où nous ne pouvons pas vivre...
… l’une sans l’autre.
Les rares fois où nous avons été séparées...
Nous sommes nées ici…
… ça s’est très mal passé.

Elles avaient soudain pris un air sombre, et Christopher s’en voulut d’avoir abordé un sujet pareil. Et c’était typiquement l’une des raisons pour lesquelles il était d’ordinaire si peu bavard : éviter de mettre les pieds dans le plat.

Je suis désolé, je ne voulais pas…
Ça ne fait rien.
C’est du passé.

Il ressentit une pointe de soulagement et jeta un regard à Jace, espérant que son petit ami n’allait pas lui reprocher, à un moment où un autre, sa maladresse. Il savait que ça n’était pas le genre du blond, mais tout de même, il l’aurait sans doute mérité.

Et vous alors…
… vous êtes en vacances ?
Vous êtes dans un hôtel…
… ou chez de la famille ?
Famille. Enfin, la tante de Jace. Moi je n’ai aucune famille par ici. Tout le monde est à Chicago, à part moi.
Nous ne connaissons pas Chicago…
… à part les histoires d’Al Capone.
Y a pas grand-chose à voir. Même Al Capone, c’est loin derrière…
Et toi, Jace, toute ta famille est à Star City ?
Ils sont comme nous, aussi ?
Tout le monde est comme nous, là-bas ?
La cohabitation nous a toujours donné envie…
Mais notre père préfère rester à Miami…
… il n’a jamais eu l’occasion de partir.

Si discuter avec les jumelles était plutôt sympa, au début, là, Chris commençait déjà à se lasser. Non seulement parce qu’elles lui volaient son temps avec Jace, mais en plus, elle faisait exactement le contraire de ce que le brun espérait : elles focalisaient l’attention du blond sur Star City, alors qu’il en était loin et ne devait pas y penser. Mais là encore, il manquait de mots pour faire comprendre poliment qu’il était mieux de changer de sujet, et encore plus pour les inviter sans les vexer à les laisser tous les deux. Après un petit moment à réfléchir sur la manière de le dire, il se résigna au silence. En revanche, il glissa sa main dans le bas du dos de Jace. Peut-être que, par ce geste, il lui ferait comprendre qu’il avait envie de profiter de lui. Uniquement de lui.

Son regard se porta sur l’horizon, alors que ses doigts caressaient la peau de son petit ami. Le bleu de l’océan était incroyable. Si c’était aussi l’Atlantique, à Star City, la différence était flagrante. La couleur n’avait rien à voir, et la température, plutôt exceptionnelle pour la saison, tranchait avec l’hiver plutôt froid qu’ils avaient vécu dans la ville des supers. Et alors que la main frôlait machinalement l’élastique du caleçon de bain, il remarqua un groupe d’adolescents qui courait vers la mer. Ils auraient sûrement une drôle de surprise en pénétrant dans l’eau, elle ne devait pas encore être suffisamment chaude pour une baignade vraiment agréable. Mais ils entrèrent sans souci dans les vagues et entreprirent apparemment de faire la course. La jeunesse…
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Message posté : Mer 9 Avr 2014 - 15:07 Message
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Contrairement à son compagnon, Jace ne se laissait pas de la conversation des jumelles. Mais Jace avait une soif de découverte perpétuelle et rencontrer de nouvelles personnes était pour lui un plaisir sensible et même un besoin vital, que le faisait souvent songer à tout ce qui se passait hors de Russie. Aussi peu attrayante que fût objectivement, peut-être, la Biélorussie, il y voyait l’occasion de nouvelles questions et l’embarras croissant, et même l’ennui, que ressentait son compagnon passa d’abord complètement inaperçu aux yeux du blond. Les jumelles avaient pour un temps volé la vedette à Christopher.

— Pas tout le monde, non, mais y a plus de métahumains qu’ailleurs. Pas que des mutants, d’ailleurs. Des mages, des créatures non-humaines, des… enfin, c’est très divers.

La main dans son dos le fit un peu frémir et, machinalement, il se cambra légèrement. Il jeta un bref regard à Christopher, un peu gêné par ce contact trop tactile en public, devant les jumelles. Ils n’en avaient pas l’habitude, c’était le moins que l’on pût dire, et Jace s’interrogea un temps sur ce qui poussait son petit ami à franchir ainsi leurs limites ordinaires, mais son attention se reporta bien vite sur les jumelles — un peu comme si Christopher faisait partie du décor, à vrai dire, mais cela, il ne se rendait pas vraiment compte.

— Mon père est comme nous, oui. Enfin, il a des capacités, même s’il est pas mutant, c’est un peu compliqué.

Jace choisit ne pas s’étendre sur la question : la description de l’origine des pouvoirs du Commander pouvait mettre la puce à l’oreille des jumelles et l’adolescent n’était pas sans trouver un certain charme à son anonymat d’un temps.

— Mais le reste de ma famille, non, et puis a priori, c’est pareil pour Chris. C’est quand même un peu aléatoire, la mutation. Alors c’est vrai, y a des gens comme les NG, où c’est une marque de fabrique familiale, mais c’est quand même pas le plus courant.
— Ah, les NG…
— … on aime beaucoup…
— … Maxime, il est très…

Elles haussèrent les épaules en même temps et se mit à rire. Jace eut un sourire gêné. Il ne s’était jamais vraiment interrogé sur le sex appeal de l’aîné de la célèbre fratrie, peut-être parce qu’il était un peu trop vieux, peut-être parce qu’il était un peu trop masculin, mais maintenant qu’il y songeait, il fallait bien avouer que Maxime Neutron-Grey ne manquait pas d’arguments. Mais la perspective de discuter « garçons » avec deux filles ne l’enchantait guère et ce fut cette seule et brève fausse note qui le convainquit à prêter un peu plus attention à la main baladeuse de son garçon à lui.

Il posa à nouveau les yeux sur Christopher et comprit cette fois-ci que son peu sociable acolyte commençait à trouver le temps long, tandis qu’il bavardait avec les jumelles. Jace se sentit un peu déçu — c’était la première fois qu’il prenait conscience que leur profonde différence de caractère pouvait créer entre eux de fâcheuses divergences d’opinion. Mais pour l’heure, il n’hésita pas à se retourner vers ses interlocutrices et à dire avec le sourire :

— Cela dit, on va vous laisser, on a encore pas mal de choses à voir, et c’est quand même un peu la course.
— Si vous voulez on peut…
— … vous faire visiter.
— Non, c’est super sympa, mais vous savez, on aime bien se perdre en ville, découvrir et tout, sonder l’ambiance, vous voyez. Mais c’était cool, la partie de volley, franchement, et puis je suis content de vous rencontrer. J’vous laisse mon numéro ?

Et, après avoir griffonné son numéro de téléphone sur un bout de papier tendu aux jumelles, fait la bise à chacune d’elle, Jace avait replié ses affaires, les avait fourrées dans le sac et s’était éloigné, accompagné de Chris, pour regagner la voiture. Sur le chemin qui remontait la plage pour atteindre le parking, il se rendit finalement compte que son compagnon avait été le parent pauvre de cette petite conversation qu’il l’avait tant enchanté et il commença à se sentir un peu coupable.

Prudemment, il tenta :

— Elles étaient sympas, quand même…

Avant de concéder, par esprit tactique surtout :

— … mais un peu envahissantes, c’est vrai.

Là, le plus opportun eût sans doute été d’esquisser un geste d’affection, de lui prendre la main, de lui caresser le dos, mais Christopher était finalement beaucoup plus à l’aise dans le domaine qu’il ne l’était lui-même et Jace se contenta d’un sourire gêné et presque diplomatique. Lui avait bien envie d’inviter les jumelles à Star City, mais il s’abstint de le suggérer — tout comme il s’abstint de souligner qu’elles étaient tout de même très belles.

— Qu’est-ce que… Qu’est-ce que tu veux faire ? On peut trouver une autre plage, c’pas la seule que Georgy nous a indiquée. Ou sinon on peut toujours voir la ville, tu sais. C’est toi qui décides.

En quelque sorte une offrande de paix.
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Deux Légionnaires à Miami

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