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Roughney’s Show [Jonas & Jace]

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Message posté : Lun 17 Mar 2014 - 20:37 Message
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Le Hasard

ϟ Sexe : Masculin
ϟ Arrivée à Star City : 07/04/2012
ϟ Nombre de Messages : 3596
ϟ Nombre de Messages RP : 3227
ϟ Célébrité : L'Homme Mystère
ϟ Crédits : © Renan
ϟ Âge du Personnage : Tous et aucun
ϟ Statut : Tous et aucun
ϟ Métier : Hasard
ϟ Liens Rapides : Star City Heroes
Le plateau de WCOC fourmille de petites mains, certaines arrangeant les câbles des multiples caméras et autres spots, d’autres retouchant rapidement le maquillage. L’atmosphère était encore frisquette, mais on avait prévenu les participants : d’ici à ce que toutes lumières soient branchées il allait faire chaud, très chaud, alors autant se mettre à l’aise dès maintenant. Quelques tests, prise de son, d’image, enregistrement d’un spot promotionnel pour l’émission à venir, puis le décompte commence et le présentateur, tout sourire, se lance dans l’arène :

« Mesdames, messieurs, jeunes et moins jeunes, bienvenue dans le Roughney’s Show ! le programme qui parle des Star Citoyens aux Star Citoyens. Aujourd’hui nous allons évoquer un sujet de société qui a toujours fait couler beaucoup d’encre dans notre chère ville, une ville exceptionnelle s’il est puisqu’il a été démontré que nous comptons plus de métahumains que partout dans le monde. Vous l’avez bien compris, nous parlerons bien des supers ! quel modèle donnent-ils à la jeunesse d’aujourd’hui ? Ces justiciers sont-ils les nouveaux représentants des grandes valeurs de l’Amérique ou un mouvement surmédiatisé et moins morale qu’on ne le pense ?

« Pour en parler nous accueillons tout d’abord Jonas Cooper, militant des Citoyens pour l’Ordre, la Décence et l’Éthique, dit plus simplement le CODE. M. Cooper est ainsi impliqué depuis longtemps dans une campagne d’information et de réflexion sur la place (peut-être trop importante) des supers dans notre vie.

« Comment pourrions-nous cependant parler des supers et de la jeunesse sans laisser la parole à la jeunesse elle-même ? C’est pourquoi le jeune Thunder nous fait l’honneur de sa présence ici ce soir ! Thunder c’est le fils du Commander mais aussi le chef de la Team Alpha, une équipe de jeunes supers affiliés à la Légion des Étoiles. Il nous livrera son témoignage de ce que cela signifie de jongler entre une vie d’adolescent et de héros.

« Mesdames, messieurs, jeunes et moins jeunes, voilà un débat qui promet d’être captivant ! »



*** *** ***

Voilà pour vous, chers Enfants du Hasard !

Nous vous offrons une rencontre du Destin sur le thème de la Vie Quotidienne et nous vous avons mis dans une situation où vous pourrez débattre à bâton rompu. La situation est très basique et vous êtes évidemment libres de l'agrémenter à votre guise. Que va-t-il se passer ? Difficile à dire ! Mais pour le savoir, il n'y a qu'une chose à faire, vous lancer ! Votre avenir est entre vos mains, à vous de décider

Ceci n'est qu'une introduction pour vous et à partir de là, vous entrez dans un sujet à mener vous-mêmes, selon vos envies ! N'hésitez pas à communiquer entre vous, si vous le souhaitez et surtout, ne tardez pas trop à répondre à votre partenaire ! Je me réserve toutefois le droit d'intervenir à un moment que je jugerais opportun, si besoin est, pour vous servir une belle surprise...

Prenez garde aux caprices du Destin !
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Message posté : Mar 18 Mar 2014 - 14:15 Message
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— HiiiIIIiIIIIiIIIIiiIIIIiiIIIIIIiiiiiIIIiii !
— Ah oui, quand même.

Commenta sobrement Jace en laissant ses yeux parcourir la foule à 99% féminine et à 90% en pleine puberté qui s’était massée contre les barrières encadrant l’entrée des invités. Si le jeune homme construisait patiemment et sûrement une personnalité médiatique susceptible de le transformer en futur porte-parole de la Légion, il n’avait jamais mesuré très clairement sa popularité au sein des citoyens de Star City. Il avait bien l’impression que, depuis quelques semaines, les gens le reconnaissaient un peu plus aisément, dans la rue, qu’il fût en civil ou en tenue de super, mais il était tout de même difficile de juger précisément de la passion qu’il pouvait susciter.

Personne n’avait songé à l’avertir que sa photographie torse nu avait pris place dans quelques tops en ligne. Personne ne lui avait envoyé le lien vers la Unofficial Thunder Fanpage où, dans un choix graphique douteux et plutôt tape-à-l’œil, s’étalaient (beaucoup) de photographies à sa gloire et (un peu) de textes sur ses différentes activités. Mieux informé, Jace n’eût sans doute pas été surpris par l’hystérie collective que sa descente de voiture, au pied du WCOC Building, suscitait. Le Commander, que tout le monde ignorait, parce qu’il n’avait plus vingt ans, qu’il n’était pas aussi médiatique, ni aussi blond, ni aussi souriant que sa télégénique progéniture, se pencha au-dessus de la boite de vitesse pour suggérer une dernière fois à Jace d’annuler ce débat télévisé.

L’adolescent secoua la tête. Si son père n’était pas à l’aise devant les médias et tentait de tenir au strict minimum ses apparitions publiques, il en allait tout autrement du jeune Thunder. Pour lui, les responsabilités d’un super-héros étaient loin de s’arrêter à l’arrestation des malfrats ni au secours porté aux civils en détresse : il y avait la prévention, la communication, les campagnes de presse. N’avait-il pas tourné dans un spot contre la possession des armes à feu, qui lui avait valu de vives critiques de la part des Républicains mais un soutien renouvelé des Démocrates ? N’avait-il pas recruté, avec Megastar, de jeunes vigilants en pleine déshérence pour leur offrir une place au sein de Star High ? N’avait-il pas raconté des histoires héroïques aux enfants, dans les restaurants familiaux, dans les bibliothèques, dans les classes ?

Les mains dans les poches de son jean, Jace marcha à pas lents jusqu’à l’entrée des invités, les yeux passant d’une pancarte à une autre. Les « I Love Thunder » le disputaient aux « Thunder For Ever » et aux « Jace Marry Me », brandis tout décolletés dehors à bout de bras, avec des numéros de téléphone. C’était précisément le genre d’attention frénétique qui rebutait le Commander et qui plaisait tant à Jace : avoir des fans était pour lui une consécration, une forme de reconnaissance, un peu curieuse, un peu embarrassante, sans aucun doute, mais reconnaissance tout de même. Un sourire, quelques signes de main et le jeune homme disparut, pour la plus grande déception de ses admiratrices, à l’intérieur du bâtiment.

Pendant qu’une cohorte de jeunes filles enthunderisées se précipitaient de l’autre côté du building afin d’avoir les meilleures places dans le public, Jace passait entre les mains d’une costumière, qui tenait à lui donner des habits « un peu plus soulignés », « vous comprenez, pour les caméras », une coiffeuse, qui insista pour « mettre un peu d’énergie dans vos cheveux » et une maquilleuse qui proposa diplomatiquement de « corriger quelques imperfections, c’est normal, c’est la puberté ». Quinze minutes plus tard, Jace fixait son reflet dans le miroir de la loge : cheveux un peu fou, peau anormalement parfaite pour un adolescent, yeux un peu plus profonds qu’à l’ordinaire, tee-shirt fait pour dégager les biceps et les pectoraux. En somme, le message était clair : si lui n’avait pas compris exactement ce qui suscitait l’enthousiasme de ses fans, la production, elle, ne s’y était absolument pas trompée et était bien décidée à satisfaire le public.

Pour lui-même, Jace murmura :

— Et j’suis censé débattre sérieusement, comme ça ?

Il avait plutôt l’impression qu’on essayait de le jeter dans un boys band. Après un regard jeté à la porte de la loge, il tenta d’aplatir ses cheveux, sans grand succès, et ce fut en l’état qu’on le traîna bientôt jusqu’au plateau, pour l’asseoir dans un fauteuil. La maquilleuse surgit de nouveau.

— Pour corriger le tir. Avec les projecteurs. On va vous mettre une montre, aussi.
— C’est pas comme si j’allais regarder l’heure pendant le débat.
— Oui mais ça fera plus masculin.
— Mais on s’en fout, non ?

La maquilleuse s’arrêta, pinceau en l’air, pour le regarder comme le dernier des demeurés, avant de beugler derrière elle :

— Jerry ! Une montre pour l’invité 1.

Au fond de lui, alors que les dix minutes du compte à rebours, sur l’immense horloge numérique, au-dessus des gradins du public, avaient commencé à s’égrener, Jace espérait qu’au moins, son antipathique adversaire subissait le même traitement infernal que lui.
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Message posté : Mar 18 Mar 2014 - 19:48 Message
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L'avantage lorsque vous veniez d'une famille aussi peu médiatisée – du moins en ce qui concernait la vie privée – que celle des Cooper, c'était que les gens vous laissaient plutôt tranquille. Pour le coup, tandis que le fils du Commander avait droit à une arrivée très remarquée, Jonas lui s'était contenté – et avec plaisir – d'une entrée bien plus tranquille et surtout solitaire. Sa jumelle n'était pas là aujourd'hui, une demande que le trentenaire lui avait faite en lui faisait savoir que le débat serait trop épineux pour qu'il soit déconcentré par sa présence. Bien sûr, le récent aveu de Heather qui lui avait avoué être elle-même touchée par le gène mutant n'y était pas pour rien. Il ne pourrait tout simplement pas baver sur le compte des Supers alors qu'au final, sa jumelle qui se trouvait non loin de lui était dans le même cas. Les choses seraient bien plus simples si la jeune femme n'était pas sur place. Bref, c'était donc pour cette raison que le Cooper était seul à attendre le fameux débat qui allait l'occuper pendant l'heure à suivre. Ce n'était pas une nouveauté pour Jonas : bien qu'il n'était pas très friand de télévision, au final ce n'était rien de plus que le même genre de débats qu'il avait au quotidien avec les jeunes rencontrés lors des fêtes de quartier. Que celui-ci soit diffusé à la télévision ne changeait pas grand-chose, il avait pour habitude de se donner à fond quelles que soient les personnes qui pouvaient l'entendre.

Il fallut bien évidemment se plier aux quelques caprices des employés de WCOC, mais contrairement à son homologue, Jonas ne se laissa pas « conseiller » pour la meilleure manière de se présenter aux téléspectateurs et pour une bonne raison : il avait appris à gérer son image publique avant même d'entrer au lycée. Des tests passèrent, des publicités aussi tandis que le présentateur se préparait, puis ils entèrent – enfin – dans le vif du sujet. Se lançant dans une introduction qui laissait penser que ce débat allait être celui du siècle, alors qu'aux yeux de Jonas il n'était pas différent d'un autre, le charismatique individu présenta rapidement les deux protagonistes qui purent en profiter pour vérifier leur popularité – ou son absence – auprès du public. Une fois de plus, pour le Cooper ce n'était pas ce qui importait. Dans les discussions qu'il avait lors de ses sorties, il était plus souvent exposé aux critiques qu'aux compliments, la salle aurait aussi bien pu se mettre à le huer du début à la fin qu'il n'aurait pas laissé cette démonstration entacher son sourire de circonstance. Comme à son habitude, Jonas avait l'air plus qu'avenant et d'excellente humeur, même si c'était loin d'être le reflet de ce qu'il pensait et ressentait exactement à cet instant précis.

Comme le présentateur retombait dans le silence après sa présentation et que l'adolescent installé dans l'autre fauteuil n'avait pas l'air désireux de se lancer le premier, Jonas décida d'entamer les hostilités ! Non, la discussion. Le but du Cooper était bien de pousser au débat et à l'opposition, mais sans jamais quitter le rôle du parfait gentleman. Contrairement à son géniteur, le trentenaire n'allait pas dans la provocation pure et dure, mais simplement dans les piques polies qui faisaient réagir l'autre personne. Thunder était-il du genre impulsif ? Il le saurait bien assez tôt.

« La présence de la jeunesse est une bonne chose, mais je regrette malheureusement que nous n'ayons que la présence d'une jeunesse baignant depuis toujours dans le mode de vie de ces justiciers auto-proclamés. » Une manière comme une autre de rappeler que la vision de Thunder était forcément influencée par celle de son père – comme celle de Jonas par ailleurs. « Je ne suis pas certain que l'on puisse réellement parler d'une vie d'adolescent normal lorsqu'on est dans la position de votre jeune invité. Ne serait-ce qu'en raison de l'environnement dans lequel il vit et je sais de quoi je parle. »

C'était simplement pour couper l'herbe sous le pied de son interlocuteur, si tant est qu'il puisse avoir eu l'idée de lui faire savoir qu'il était exactement dans le même cas que lui. Le but du trentenaire était bel et bien d'empêcher l'autre invité de retourner ses propres paroles contre lui, mais il ne comptait cependant pas faire preuve d'un réellement mordant à son égard. Vu la quantité de fans que ce gamin avait l'air d'avoir, il était préférable de ne pas trop égratigner son image publique, même si Jonas soupçonnait que les adolescentes ici présentes s'intéressaient certainement plus au physique qu'au discours de ce type. Histoire d'alléger ce qu'il venait de dire, il reprit donc d'un ton plus léger.

« Mais je vous laisse l'honneur d'ouvrir le débat, la jeunesse se plaint souvent de ne pas avoir la parole, évitons que ce soit le cas ce soir ! »
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Message posté : Mer 19 Mar 2014 - 15:32 Message
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De Jonas Cooper, Jace ne savait en vérité que peu de choses. Il s’était informé, bien entendu, il avait lu quelques articles publiés par le journal que la famille éditait et il en avait vu assez pour deviner que son interlocuteur ne serait pas chaleureusement disposé à le rejoindre sur ses positions. Mais sur la personnalité de Cooper lui-même, les données étaient plutôt laconiques. Il présentait bien, soit ; cela, Jace l’aurait deviné tout seul en le voyant sur le plateau. Mais pour le reste, impossible à dire. Quand bien même en aurait-il appris plus, d’ailleurs, que Jace n’aurait pas su quoi en faire. Il était là pour un débat d’idées, n’est-ce pas ? Non de personnes.

Les projecteurs étaient tous allumés, le décompte avait atteint zéro et la caméra, les caméras les filmaient. Jace sentit l’appréhension monter en lui. C’était une forme d’inquiétude très différente que l’adrénaline à laquelle il était habitué, pendant les missions, avant les combats. S’il avait toujours trouvé dans la pression de quoi se lancer à l’assaut des adversités, il se sentait, devant ce public réel et l’autre, virtuel, et bien plus considérable, un trac tout différent et bien moins positif. Mais c’était son affaire. Comment pouvait-il prétendre conseiller Christopher pour ses apparitions journalistiques s’il n’était pas lui-même capable de mener un petit débat ?

Il se força donc à sourire d’un air aussi tranquille que possible pendant que le présentateur décrivait succinctement son parcours. Il ne savait pas ce qu’il devait faire de ses mains. Croisées ? Bien à plats sur les accoudoirs ? Est-ce qu’il se tenait assez droit ? Ou trop droit ? Il avait peut-être l’air guindé. Mais il ne voulait pas paraître non plus négligé. Tant de questions et si peu de temps pour y répondre ! Jace en était encore à s’interroger sur la coiffure qu’on lui avait imposée quand Jonas prit la parole et, agressif ou non, le moins que l’on pût dire, c’était que Cooper démarrait fort.

Aussitôt, une bonne partie de l’inquiétude générale de Jace le céda à la machine de sa super-intelligence qui se mit en marche. Trouver une réponse, c’était sans comme rendre un coup, non, en moins violent ? Ou esquiver. À peu près la même chose. Le jeune homme se tourna instinctivement vers la caméra, comme il l’avait fait souvent, en pleine rue, après une intervention qui avait attiré les journalistes et dont il fallait rendre compte.

— M. Cooper a absolument raison.

Jace fit un effort pour ne pas détacher les yeux de la caméra et guetter la réaction du public à ce début contre-intuitif.

— Je ne mène pas une vie d’adolescent normal. Oui, je crois que comme tous les adolescents ici, dans le public, tous les adolescents chez eux, devant la télévision, je ne mène pas une vie d’adolescent normal. Je ne suis même pas sûr de savoir ce que c’est. En fait, des adolescents, j’en ai croisés beaucoup, forcément, à l’école, pendant les missions aussi, des métahumains ou non, des Américains de souche, des immigrés de toutes les origines, des pauvres, des riches, des hétéros, des gays, que sais-je, et pour eux, pour chacun d’eux, la vie était pas normale : il était difficile, étrange, particulière. Alors c’est sûr, les politiciens, ils aiment bien ça. Parler de l’Américain normal. L’Américain moyen. Demander son avis à l’Américain moyen. Sauf que l’Américain moyen, perso, j’en ai jamais rencontré, et je crois pas qu’il existe.
— Alors vous prétendez que rien ne vous distingue de n’importe quel adolescent pris dans la rue ?

Avait coupé le présentateur pour se prémunir d’une éventuelle envolée lyrique interminable de la part de son invité. Jace secoua la tête.

— Justement le contraire. Tout m’en distingue, comme tout distingue cet adolescent-là du suivant.
— Vous ne pouvez pas nier que vous appartenez quand même à un groupe d’individus très particuliers.
— Bien sûr. Ceux qui tentent d’aider les autres et qui s’organisent pour ça. C’est un groupe qui compte les Légionnaires, et la Croix Rouge, et la Soupe Populaire, et les médiateurs de voisinage. Tous ces gens, toutes ces associations, pour reprendre les mots de M. Cooper, sont autoproclamées. Parce que c’est ça, la première valeur américaine : quand les gens n’attendent pas qu’on leur dise quoi faire, mais quand ils le font d’eux-mêmes, par esprit d’initiative et de solidarité. Si j’étais médecin, je serais à Médecins du Monde. Il se trouve que j’ai des pouvoirs, alors je suis à la Légion.

Roughney avait marqué un temps d’arrêt devant l’argumentation de l’adolescent, avant de reprendre son sourire professionnel. Si tout le monde pouvait à peu près se représenter Thunder lançant des éclairs et recouvert des étincelles, la super-intelligence de leader de la Team Alpha était bien moins médiatisée et le présentateur avait été pris au dépourvu par un invité qu’il avait choisi d’abord pour séduire une frange de l’audimat que les débats politiques, ordinairement, n’intéressaient qu’assez peu.
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Message posté : Jeu 20 Mar 2014 - 22:05 Message
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Écouter les autres était un excellent moyen de se forger une idée de leur personnalité. En voyant le fils du Commander installé dans son fauteuil quelques instants plus tôt, Jonas avait eu l'impression d'avoir affaire à un gamin lambda terrorisé à l'idée d'aller inviter la fille qui lui plaisait au bal de fin d'année. Mais dès qu'il commença à parler, le Cooper fut bien obligé de constater qu'il se retrouvait face à quelqu'un de compétent et qui savait argumenter. Tant mieux. Aussi étrange que cela puisse paraître, le trentenaire s'était toujours senti davantage dans son élément face à des individus qui avaient des discours cohérents et qu'il pouvait contrer avec des répliques toutes aussi logiques. Les conversations anarchiques basées sur de simples craintes ou probabilités le lassaient rapidement. En bref, face à un jeune homme qui semblait doté d'une grande intelligence, Jonas se sentait bien plus sous pression, mais de la bonne pression. Il laissa les deux autres protagonistes avoir une discussion entre eux avant de se permettre d'intervenir. C'était la première chose qu'il avait apprise lors de ses sorties : toujours laisser l'autre terminer de parler et se montrer respectueux. Personne n'avait envie d'appuyer un butor qui coupait la parole à tout-va. C'est d'ailleurs sans quitter son air affable qu'il répliqua à Thunder.

« Et pourquoi la Légion ? » La question avait l'air sincère. « Il y a tant d'autres groupes qui pourraient vous convenir en tant que personne dotée de pouvoirs. Oh, vous pourrez me donner la justification de la présence de votre père à la têt de cet organisme et je serais bien incapable de vous jeter la pierre. » Après tout, lui aussi suivait le chemin du sien. « Toutefois, venant d'une personne qui prône le fait que la normalité n'existe pas, je m'attendais à un comportement un peu moins... digne d'un mouton qui suit le troupeau et à une recherche d'émancipation. » Roughney qui n'attendait qu'une chose, à savoir que les deux hommes haussent le ton, en profita pour glisser une question.
« Vous êtes en train de l'accuser d'être un mouton et de suivre le mouvement ? »
« Absolument pas. Je m'interroge simplement sur les raisons de ce choix. Après tout, rien n'empêche un individu doté de pouvoirs ou de capacités particulières, d'agir en solitaire. Il pourra faire exactement la même chose qu'au sein de la Légion, mais sans pour autant devoir lui être affiliée. » Son regard se porta sur Thunder. « Savez-vous que d'après les statistiques, une majorité des dégâts réalisés lors de « sauvetages » sont imputables à la Légion ? Les indépendants sont bien moins.... démonstratifs dans leur genre. Peut-être justement parce qu'ils n'ont pas le prestige de la Légion pour assurer leurs arrières. » Il haussa légèrement les épaules. « Je ne dis pas que toutes les actions des Supers sont mauvaises, il faudrait être aveugle pour ne pas voir le bien qu'ils font parfois. Ce que je déplore, c'est de constater que c'est au détriment de nos lois. La justice sauvage est une arme à double tranchant. » C'était peu de le dire. « À mes yeux, les membres de la Légion sont comparables aux rock-star qui se permettent de dévaster une chambre d'hôtel sous prétexte qu'ils sont célèbres et qu'ils peuvent tout se permettre parce que le public les adule. Tous n'agissent pas ainsi, vous m'avez par exemple l'air d'être quelqu'un de très réfléchi, mais vous en conviendrez que bon nombre de membres de la Légion ne possèdent pas votre self-contrôle. »

Il ne cherchait pas à passer de la pommade au jeune homme pour se le mettre dans la poche, c'était ce qu'il pensait. Rien qu'à l'entendre parler, il semblait évident qu'il était doté d'un esprit analytique que devait lui permettre d'éviter des catastrophes comme certains héros pouvaient être responsables. Cependant, ce n'était pas pour autant que Jonas allait le considérer comme quelqu'un avec qui il pourrait s'entendre. Ce n'était pas comme si les Cooper pouvaient se lier à quelqu'un d'extérieur à leur famille cela dit.

« Et qu'en-est-il des vilains ? »
« La même chose. Que ce soit clair, je ne cible pas un groupe en particulier. Si je parle de la Légion à l'heure actuelle, c'est parce qu'il s'agit du groupe le plus médiatisé. Ce serait la même chose si nous venions à parler des célébrités : c'est souvent les mêmes qui reviennent. » Son but était bien de montrer qu'il n'avait rien de particulier contre la Légion. « J'ai une autre question pour votre invité. » Son regard se porta vers Thunder. « Pourquoi la majorité de ces héros ont besoin d'agir en anonyme ? Que ce soit vous ou votre père par exemple, vous êtes connus du public et vous assumez vos choix, preuve que ce n'est pas impossible à réaliser. Alors, ma question est donc : pourquoi ce besoin de masquer son visage ? Pour éviter d'avoir à rendre des comptes à cause des débordements dont ils peuvent faire preuve ? »

Le ton était réellement intéressé et en vérité, la réponse à cette question avait vraiment de l'importance pour Jonas. Ce n'était pas un simple débat télévisé à ses yeux, il voulait aussi comprendre pour mieux condamner.
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Message posté : Sam 22 Mar 2014 - 14:51 Message
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La tentation de continuer à parler indéfiniment pour ne pas laisser la moindre seconde à son adversaire avait été grande, mais Jace avait été contraint par la logique de son propre discours à s’acheminer vers une conclusion et à s’en tenir au silence. C’était une chose de rebondir sur quelques mots qui ouvraient le débat et de se lancer dans un argumentaire susceptible de chatouiller la fibre patriotique de l’auditoire, c’en était une autre, et beaucoup plus intimidante, que de répondre aux objections. Cooper faisait cela depuis bien plus longtemps que lui et Jace avait toujours beaucoup trop de mal à se convaincre de son nouveau pouvoir pour croire que cette intelligence mûrie au fil des derniers mois lui permettrait de rattraper par la pure force de l’esprit tout ce qui lui manquait en matière d’expérience.

Rapidement, il se rendit compte que la principale difficulté n’était peut-être pas l’agressivité d’un adversaire somme toute assez courtois ou le ton vindicatif qu’il ne se sentait pas apte à adopter et que Jonas n’employait finalement pas, mais la multiplicité des pistes ouvertes en une seule réponse par son interlocuteur : la loi, l’identité masquée, le groupe et les individus, les statistiques, suivre le troupeau, il y avait tant de choses et Jace ne savait pas s’il devait répondre à toutes, individuellement, par souci d’efficacité, au risque de perdre la discussion dans des points de détail, ou bien opposer des arguments généraux, quitte à laisser Jonas marquer des points sur un domaine où il n’aurait pas été assez combatif.

Le jeune homme tenta de se convaincre qu’il n’était jamais engagé que dans un combat comme un autre — avec des paroles plutôt que des prises d’arts martiaux. Et son père comme Sydney le lui avaient appris : mieux valait se prendre quelques coups et s’offrir le luxe de la réflexion que de répliquer à tort et à travers. Alors, quand Jonas eut fini de parler, le silence revint pendant quelques secondes sur le plateau, alors que Jace réfléchissait.

— Thunder… ? Vous semblez…

Jace sentit qu’il importait de ne pas laisser Roughney signer la victoire hypothétique de Jonas et il coupa la parole au présentateur.

— Les dégâts produits par une guerre menée par nos troupes sont infiniment plus importants que ceux d’un homme seul avec une mitraillette dans Kaboul. Évidemment que les dégâts provoqués par la Légion sont plus importants : c’est parce que la Légion intervient sur des affaires de grande ampleur. La Légion est une organisation et elle existe précisément pour répondre à vos exigences, M. Cooper. La Légion est là pour que les super-héros ne soient pas seuls et livrés à leurs propres lois, maîtres de toutes leurs actions. La Légion les regroupe, leur impose une discipline, des partenariats : elle les forme, elle leur apprend à se soumettre aux lois.

Il est absurde de prétendre que les Légionnaires opèrent dans l’illégalité quand la Légion est précisément l’émanation de la loi, quand la Légion est une collaboratrice de l’UNISON et du gouvernement. Pour les citoyens de cette ville, de ce pays et de cette planète, la Légion est une force active de protection et d’intervention ; pour ceux qui en sont membres ou qui le deviendront, elle est un endroit où les ambitions délirantes et les pouvoirs mal contrôlés deviennent plus raisonnables. Ce que vous appelez de vos vœux, un plus grand encadrement, une transparence importante, une sécurité garantie vis-à-vis des métahumains, c’est précisément par la Légion qu’il a été obtenu, dans le passé, et le sera dans l’avenir.

— Donc vous condamnez les justiciers indépendants ?
— Disons plutôt que je constate que pour qu’une démocratie fonctionne, il faut que de grands groupes soient représentés par des instances qui puissent discuter les unes avec les autres : pour les travailleurs, dans tous les domaines, il y a les syndicats, pour les groupes d’intérêt, il y a les associations, pour l’État, il y a les administrations et pour les métahumains, il y a la Légion. Et de la même manière qu’il serait regrettable qu’un ouvrier, à un entretien d’embauche, soit obligé de dire s’il est syndiqué ou non, il serait regrettable que chaque super-héros doive révéler son identité. Le Commander en tant que porte-parole de la Légion, moi-même, sommes des figures publiques et médiatiques, en quelque sorte des représentants syndicaux et c’est ainsi que fonctionne une démocratie. Ce que suggère M. Cooper n’a rien d’une transparence plus grande au service de la démocratie : c’est un monde sans représentation et sans discussion, où la suspicion est généralisée.

Roughney, flairant l’attaque directe qui pourrait être reprise dans les journaux, se pencha en avant, avec l’espoir de faire émerger la formule choc.

— Vous voulez dire que le CODE serait une organisation totalitaire ? Ou même fasciste ?

Alerte rouge. Jace se voyait en passe de quitter la confortable position du super-héros injustement agressé pour adopter celle de l’agresseur. Avec beaucoup de maladresse, bien moins à l’aise sur ce terrain plus spécifiquement politique que sur les questions, longuement travaillées et répétées, relatives à la Légion et aux super-héros, se contenta d’une réponse évasive.

— Je crois que ces mots ont un sens précis et historique. Et je ne suis pas historien.
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Message posté : Sam 22 Mar 2014 - 20:12 Message
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Être invité dans une émission pareille présenterait toujours le même problème du point de vue de Jonas : avoir une personne qui ne cessait d'intervenir pour lancer de l'huile sur le feu et essayer de provoquer les deux invités pour qu'ils en viennent à s'en mettre plein la tronche. Le Cooper ne comptait pas tomber là-dedans. Son calme et sa maîtrise de lui-même étaient ses meilleures armes et il ne possédait aucun don, contrairement à son interlocuteur. Il avait donc l'intention de laisser ce débat se dérouler comme il le devait et non de l'orienter pour le pousser sur la pente savonneuse de la discussion musclée qui glissait vers le règlement de compte physique. Celui qui le ferait sortir de ses gongs n'était pas né et il espérait que ce serait aussi le cas de Thunder. Certainement. Malgré son jeune âge, Jonas avait l'impression que l'adolescent s'en sortait plutôt bien pour garder une maîtrise de la situation, cependant il ne comptait lui épargner aucune critique. Qu'il apprécie les capacités démontrées par l'autre participant du débat ne signifiait pas qu'il allait se montrer plus amical. Au contraire : autant rendre honneur au self-contrôle du jeune homme en l'attaquant directement.

C'est donc avec attention que le trentenaire écoutait les réponses fournies par Thunder, ignorant superbement les interventions totalement inutile de l'animateur. Quel clown celui-là, encore un que Jonas ne pourrait pas blairer, même si rien dans sa physionomie ne le laissait savoir. Les paroles du blondinet étaient pleines de sens et il semblait qu'il s'appuyait lui aussi sur des choses véridiques et non un simple idéalisme censé tout régler. À écouter les fanatiques, il suffisait d'être un patriote pour que tout puisse se régler. Le seul changement perceptible qui se fit dans l'expression de Jonas fut lorsqu'un léger sourire naquit sur ses lèvres au moment où l'animateur parla du CODE. Un organisme fasciste, ce qu'il ne fallait pas entendre. La réplique prudente de Thunder suffisait à noyer le poisson, mais Jonas ne comptait pas laisser passer cette réplique aussi facilement.

« Le CODE. » Commença-t-il en portant son regard sur le clown de service. « N'est pas un organisme totalitaire. Je tiens à vous rappeler qu'il est essentiellement composé de parents qui cherchent à offrir un lieu de vie sain et sans danger à leurs enfants. Si ça vous parle davantage, vous pouvez toujours les comparer aux parents d'élèves qui opèrent dans les écoles, à la seule différence qu'ils le font pour la ville. » Il esquissa un sourire qui se voulait amusé. « S'il était réellement totalitaire, il serait bien moins tolérant à l'égard des Supers qu'il ne l'est actuellement. »
« Parce que vous trouvez qu'il l'est ? »
« Absolument. Le Herald est bien plus virulent à l'égard des problèmes posés par ces individus et il ne s'agit là que de faits rapportés par les autorités. Alors, oui, je trouve que le CODE est très compréhensif à l'égard des Supers. Tout ce qui leur est reproché, c'est de ne pas faire attention à l'effet papillon produit par leurs actions. »
« Qu'est-ce que vous entendez par là exactement ? »
« Certains jeux vidéos ou films sont interdits aux plus jeunes pour la bonne et simple raison qu'ils sont très influençables. Comment pensez-vous qu'un enfant de dix ans réagira s'il voit un Super sauter du sommet d'un toit pour s'envoler ? Il voudra faire de même. Les interdictions sont là pour sécuriser les jeunes, iriez-vous pour autant prétendre que les producteurs de films sont totalitaires ou fascistes ? »

La comparaison était peut-être exagérée, mais plutôt que de chercher à convaincre les deux hommes assis sur les fauteuils à ses côtés, Jonas cherchait à toucher les personnes derrière l'écran. Peut-être qu'il n'allait pas réussir à s'imposer autant qu'il le faudrait dans cette conversation, la suite le dirait, mais il tenait à ce que ses paroles soient entendues par les mères de famille et qu'elles y pensent sérieusement. Sans laisser le temps au clown de reprendre, le Cooper porta son attention sur Thunder.

« La Légion est effectivement un regroupement officiel, mais il y a bien davantage de Supers indépendants qu'au sein de la Légion, vous ne le nierez pas je présume ? Proportionnellement, les dégâts les plus importants sont tout de même imputables à ce groupe et je ne pense pas que le fait qu'elle intervienne sur de « grosses affaires » y change quoi que ce soit. » Il haussa les épaules. « Le FBI ou la CIA interviennent sur des affaires largement plus délicates et importantes que celles de la police du coin, ce n'est pas pour autant qu'ils font plus de dégâts, sauf dans les films d'action évidemment. » Il secoua la tête pour chasser cette plaisanterie. « Je crois donc que le problème vient bien du mode de fonctionnement et non des affaires elles-mêmes. » Ce n'était pas une question, mais bien une déclaration. « Là où je suis d'accord avec vous, c'est que la Légion n'opère pas dans l'illégalité et je n'ai jamais dit une telle chose. » Il l'avait sous-entendu, mais pas exprimé clairement, ce qui faisait toute la différence. « Je parle simplement d’une justice sauvage et là, je ne ciblais pas la Légion comme je l'ai bien précisé suite à la question de notre cher ami. » Lequel hocha la tête. « Ces individus que l'on appelle Vigilants et qui tuent ceux qu'ils estiment être mauvais, approuvez-vous ce type de comportement ? Ils infligent une peine de mort de leur propre chef et se substituent aux juges, jurés et au bourreau. C'est de ce genre de personnes que je parle lorsque je souhaite un encadrement plus important. » Il secoua la tête. « Si la Légion ne peut pas s'assurer que les soit-disant gentils n'agissent pas selon leurs envies, comment leur faire confiance ? »

La question s'adressait plus au public qu'à Thunder cependant.

« Quant au problème ses individus masqués, je vois une grosse différence entre un individu capable de tuer avec ses pouvoirs et qui refuse d'apparaître à visage découvert, puis un ouvrier qui refuse de dire s'il fait partie d'un organisme censé défendre l'intérêt du plus grand nombre. » Il ne quitta pas Thunder des yeux. « Et je ne comprends pas vraiment en quoi le fait de connaître le visage de ceux censés nous protéger empêcher une discussion ou une représentation. Il faut toujours des représentants à la tête d'un organisme ne serait-ce que pour faciliter les discussions, c'est l'évidence même, mais je ne comprends pas le lien entre leur existence et le fait d'apparaître à visage découvert. Vous me trouverez peut-être vieux jeu, mais j'ai tendance à être moins suspicieux lorsque je peux regarder mon interlocuteur dans les yeux. Si je connaissais le visage de ceux qui représentent « notre sécurité », peut-être que je serai plus à l'aise. »

Ou pas. Mais c'était un autre débat.
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Message posté : Dim 23 Mar 2014 - 9:38 Message
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Jace se maudit intérieurement : quelques adjectifs malheureux constituaient, il le comprenait désormais, une cuisante erreur. Cooper ne l’attaquait certes pas directement, mais il pouvait s’envelopper dans la supériorité de l’âge, à la défense des mères de famille et des pères soucieux de l’éducation vertueuse de leur enfant, le ravalant lui au rang de l’adolescent inexpérimenté, incapable de comprendre les problèmes complexes et inaltérables que posaient la vie de famille — et s’il y avait bien, avec le patriotisme, une valeur américaine, c’était celle-ci. Évidemment, avec sa coupe de cheveux stupide et ses vêtements idiots, Jace avait bien conscience que la comparaison entre lui et Jonas cravaté ne jouerait jamais en sa faveur.

Une nouvelle fois, il se sentit un peu perdu dans les chemins obliques ouverts par Jonas et, une nouvelle fois, il lui parut que chaque détail méritait une réponse, qui devait prémunir les téléspectateurs contre une interprétation malheureuse. L’idée d’évoquer les exactions de la CIA au Chili lui vint spontanément, mais il comprit aussitôt que toute attaque contre les organisations officielles ne servirait qu’à mettre en doute son propre patriotisme et à comparer la Légion à des administrations inefficaces ou viciées : c’était se tirer une double balle dans le pied. Puis la conversation se déroulait, plus Jace comprenait que son erreur initiale allait lui coûter cher : il s’était contenté de répondre à Cooper sans prendre la main sur la conversation et il ne pouvait désormais que réagir aux attaques successives de son interlocuteur.

Chaque discours de Cooper se finissait par une question. Le moyen de ne pas y répondre tout de suite sans avoir l’air de l’éviter ? Et le moyen d’y répondre tout de suite sans concéder la victoire sur tous les autres points qui la précédaient ? Jace sentit les regards de tout le public, et tout les téléspectateurs invisibles mais de plus en plus présents derrière les voyants des caméras.

— Je ne me sentirais personnellement pas plus en sécurité si je pouvais connaître l’identité de tous nos agents secrets, ni celle de tous les agents du SWAT et je ne pense pas que nos forces de l’ordre seraient aussi efficaces si tous les agents de police étaient si largement connus du grand public qu’ils ne puissent entreprendre des missions sous couverture.

La stratégie de Jace était simple, somme toute : rapprocher aussi constamment que possible les activités et les spécificités de la Légion de ce qui caractérisait d’autres organisations non problématiques. La Légion était comme un syndicat, la Légion était comme le SWAT — et l’on ne pouvait l’attaquer sans remettre en cause le fonctionnement de grands piliers de la Nation.

— Les situations ne manquent pas où la discrétion est nécessaire à l’efficacité de notre système. Et un agent du SWAT, vous en conviendrez je suppose, n’est pas moins efficace qu’un super-héros. Et vous le reconnaissez : puisque la Légion est soigneusement encadrée par la loi, puisque ses représentants en sont publics et reconnus, l’anonymat de certains de ses membres n’est en rien une manière de se dégager des responsabilités qui leur incombent, de la même manière que l’anonymat d’un agent d’intervention, à l’armée, dans les renseignements ou dans les forces de police, ne le transforme pas en franc-tireur sur lequel ni la hiérarchie ni les lois de la société n’ont de pouvoir.

Jace dut se retenir de chercher du regard, dans les réactions du public, une marque d’approbation : il devait avoir l’air absolument sûr de son fait, pour en convaincre les autres.

— Le problème, et je vous remercie de le signaler, et il faut le voir, et aussi souvent que possible, le problème, ce sont ceux qui opèrent en dehors des lois, les Vigilants comme vous les appelez, et ces personnes-là, peu importe leurs raisons ou leurs motivations, doivent être encadrées et, si elles ont commis des crimes, punies par la loi. Précisément, le but de la Légion n’est pas seulement de mener des interventions, mais encore de permettre de remettre sur le droit chemin ceux qui s’engageraient dans une voie aussi néfaste. Le but de la Légion n’est pas seulement d’accueillir les métahumains désireux d’agir dans la société, mais encore d’aider la société à comprendre les métahumains. Comme vous l’avez dit, M. Cooper, notre société se comprend encore mal elle-même.

Ce n’était pas exactement ce que Jonas avait dit, bien sûr…

— Et notre histoire est faite de semblables incompréhensions, qui font notre héritage d’aujourd’hui, entre les groupes qui ont composé cette nation. Certaines de ces incompréhensions passées étaient infiniment plus graves et plus violentes que celle que nous vivons aujourd’hui et pourtant, nous avons travaillé ensemble pour les dépasser et nous y travaillons encore. C’est d’un semblable travail dont nous avons besoin autour de la question métahumaine et ce travail, ce travail de discussion, d’information et d’échange, il est aussi entrepris par la Légion.
— Vous voulez dire que selon vous, les métahumains subissent les mêmes discriminations que les Afro-Américains par le passé, par exemple ?
— En aucune manière.

Jace avait répondu aussi promptement que possible, pour ne pas faire exploser la poudrière du racisme.

— Il n’y a rien de comparable à l’histoire de l’esclavage et de l’oppression dans ce pays et aujourd’hui encore, il est plus difficile d’être une femme métahumaine afro-américaine qu’un homme métahumain caucasien. Mais l’horreur d’une oppression n’efface pas toutes les autres : il suffit de parcourir les pages du journal de M. Cooper pour comprendre que l’homophobie ou le racisme ont toujours cours et que les personnalités métahumaines publiques ne sont pas à l’abri de semblables attaques. Il faut envisager ces problèmes de manière cohérente, dans un même ensemble.

Cette fois-ci, Jace avait décidé de relancer la patate chaude dans les mains de Jonas, qui venait d’être érigé en représentant du sexisme, du racisme et de l’homophobie institués.
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Message posté : Dim 23 Mar 2014 - 19:06 Message
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Ils avaient beau « se rejoindre » sur certains points, leurs discours restaient relativement opposés. Jonas trouvait que son adversaire du jour s'en sortait de mieux en mieux, certainement qu'il devait prendre confiance en lui et occulter la présence de la caméra. À moins que ce ne soit simplement une aisance naturelle qu'il avait de parler en public ? Certaines personnes naissaient pour être de grands orateurs, d'autres restaient incapables d'aligner deux mots sans bégayer, c'était la dure loi de la nature. C'était la même chose que lorsque sa jumelle lui annonçait qu'elle possédait des gènes mutants alors que lui-même restait parfaitement normal. La dure loi de la nature. Son silence persistait jusqu'à ce que Thunder n'accuse ouvertement le Daily Herald d'être homophobe. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du Cooper tandis qu'il précisait un point.

« Je ne suis en aucun cas affilié au Daily Herald. Que mon père en soit l'éditeur ne signifie pas que j'y sois lié. » Pas officiellement du moins. « Mais j'ai beaucoup de mal à comprendre où vous voulez en venir en parlant d'homophobie. Je crois que vous faites l'erreur de lire ce qui vous arrange. Je vais prendre un exemple relativement connu, celui de Johnny West puisque le Herald a déjà parlé de lui. Il ne lui a jamais été reproché d'avoir des goûts différents de ceux préconisés par la nature elle-même. Ce qui lui a été reproché, c'est d'en faire étalage devant tout le monde. Et j'irais même jusqu'à préciser que cette critique ne s'adresse pas uniquement aux homosexuels. Lorsque certaines célébrités locales s'affichent au bras d'une nouvelle conquête tous les soirs, elles ont droit aux mêmes critiques. Certaines choses sont faites pour rester privées, vu que vous vous battez pour que les Supers aient ce choix avec leur identité, je suis étonné que vous prôniez l'absence d'intimité dans la vie privée de chacun. » Ce n'était pas ce qu'il avait dit, mais peu importait.
« Le Daily Herald n'a rien contre l'homosexualité ? »
« Le Daily Herald n'a jamais prétendu être homophobe. » Ce qui faisait une légère différence, mais peu importait. « Pour en revenir à ce que vous disiez juste avant, il me semble qu'il soit plutôt aisé d'être un métahumain à Star City. Les habitants de cette ville en font presque l'apologie, ce n'est pas sans raison qu'elle reste celle qui regroupe le plus de personnes dotées de pouvoirs ou de capacités particulières. Prétendre que les Supers sont gardés à l'écart de la société serait donc parfaitement insultant à l'égard des nombreux soutiens qu'ils ont en ville. »

Parce qu'ils en avaient, ça, c'était le moins que l'on puisse dire. Pour avoir souvent été confrontés à eux, Jonas pouvait même dire qu'ils étaient davantage nombreux que leurs détracteurs. Il n'y avait qu'à voir le nombre de membres du CODE et celui des groupes facebook dédiés à telle ou telle personnalité du milieu des Supers. Bref, pour Jonas, ce débat n'avait pas lieu d'être, aussi embraya-t-il sur le reste.

« Comparer le SWAT aux membres de la Légion est, à mon sens, totalement illogique. Le SWAT est une unité d'élite qui a été entraînée pour protéger les habitants. À ma connaissance, il n'existe aucune école ou formation qui puisse assurer la même maîtrise que ces individus ont. » Et si c'était le cas, ce serait une grande révélation. « Ajoutons à cela que le SWAT conserve son anonymat pour sa sécurité des proches de leurs hommes. Le fait que votre famille puisse se montrer à visage découvert sans essuyer de représailles semble-t-il, m'a l'air de prouver que les méchants ou les détracteurs des Supers ont autre chose à faire que de harceler chaque métahumain de leur connaissance. Mais peut-être que je me trompe ? Vous devez être plus au courant que moi, mais il semblerait qu'à par des propositions de mariage, vous ne risquiez pas grand-chose sur le chemin qui vous menait au plateau. » Un coup bas, mais tant pis. « À mes yeux, agir à visage découvert est surtout un excellent moyen pour conserver ses opinions pour soit. Il serait par exemple tellement plus aisé pour le Herald de sous-traiter ses articles les plus incendiaires pour éviter que son bâtiment ne soit la cible des attaques de certains Supers à l'ego froissé. Si même de simples humains arrivent à se protéger contre leur colère, je pense que c'est à la portée d'individus qui sont censés nous protéger, non ? » Une logique qu'il considérait comme à toute épreuve. « Si même vous, vous convenez du danger représenté par les électrons libres qui se substituent aux juges, pourquoi les choses n'ont pas évoluées depuis que la Légion existe ? Si elle ne parvient même pas à empêcher ces personnes de s'en prendre à d'autres, comment parviendra-t-elle à assumer son rôle de gardienne de la sécurité de Star City ? »

La question était franche, une fois n'est pas coutume.
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Message posté : Lun 24 Mar 2014 - 10:30 Message
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Jace eut soudain l’impression de déraper à toute vitesse sur une pente particulièrement savonneuse. L’adolescent sentit son estomac se nouer. L’homophobie n’avait été pour lui qu’un exemple parmi d’autres, avec le racisme et le sexisme, dans la longue liste des discriminations qui continuaient à ses yeux à ronger la société américaine, et il ne s’était pas attendu à ce que son interlocuteur en fît un morceau de résistance. Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? Est-ce qu’il savait ? Est-ce qu’il y aurait une attaque personnelle ? Est-ce que les gens allaient savoir ? Est-ce…

À la régie, une technicienne se tournait vers le producteur-exécutif.

— On a des variations de tensions dans les projos.
— Compensez avec les générateurs auxiliaires, on verra le matériel à la pub.

Sur le plateau, Thunder tentait de conserver un visage égal, même s’il attendait d’un instant à l’autre le couperet, la phrase assassine, « Monsieur, vous êtes un sodomite » ou « Tout le monde sait que vous faites du vélo sans selle ». Il avait lu les articles sur Johnny West et Chase Neutron-Grey, comme la plupart des articles récents du Daily Herald concernant de près ou de loin les supers, et il se savait parfaitement incapable de répliquer calmement et efficacement à ce genre d’attaque. Alors quand le sujet fut laissé de côté par Jonas, Jace put retenir un soupir de soulagement et se détendre à nouveau.

Par lâcheté, il avait déjà décidé de ne pas y revenir, alors même que le conservatisme moral dont venait de faire preuve Cooper était la pierre de touche de tout ce qui le rebutait dans la droite américaine. Mais ce n’était pas le débat, n’est-ce pas ? Ce n’était pas l’objet du jour. Et il n’en avait pas le courage. Les supers, la Légion, le SWAT, les interventions, les Vigilants, tous ces sujets beaucoup plus simples, tout aussi personnels mais moins problématiques pour le jeune héros.

— Cette école que vous appelez de vos vœux existe et c’est précisément la Légion.

Il n’allait tout de même pas trahir Sydney et vanter publiquement les mérites de Star High pour appuyer un argument.

— La Légion n’est pas une simple carte de membre et une couleur sur un costume. Elle est un accompagnement, une formation et un groupe de soutien. Je vois que vous connaissez mal le fonctionnement de notre institution et je vous invite à venir nous rendre visiter, à la Tour de la Paix : elle est ouverte à tous les citoyens, de Star City comme d’ailleurs, et vous pourrez en apprendre plus sur nos activités.

À chacun ces coups bas, mais Jace entendait bien profiter de son statut de Légionnaire pour s’attirer un peu du crédit qui accompagnait la parole experte : lui savait de quoi il parlait, n’est-ce pas, puisqu’il était en permanence dans la place.

— À ce titre comme à bien d’autres, la Légion est exactement comparable au SWAT. Et de la même manière que même les administrations qui cultivent un nécessaire anonymat ont des visages publics, pour que les citoyens, justement, sachent à qui s’adresser, la Légion à son porte-parole. Sommes-nous plus en danger que d’autres parce que nous agissons à visage découvert ? Sans aucun doute. Aussi flatteuses soient-elles, ce ne sont pas les propositions de mariage qui me préoccupent.

Un petit sourire bien placé au public agita les demoiselles d’un murmure — première véritable réaction d’implication depuis que le débat avait commencé et s’était fait beaucoup trop politique et sérieux pour elle. Jace allait rouvrir la bouche quand Roughney capta la caméra et déclama un discours bien rôdé :

— Et c’est sur ces projets matrimoniaux que nous allons marquer une courte page de publicité, le temps pour nos invités de se désaltérer. Nous reprendrons ce débat avec Thunder et Jonas Cooper. Vous êtes sur WCOC avec Roughney au Roughney’s Show !

Une voix sortit de l’ombre pour crier « Pub ! Cinq minutes » et Roughney regarda successivement ses invités, alors que Jace en profitait pour boire.

— Merci, c’est génial, merci. Peut-être que nous pourrions enchaîner sur des sujets plus brûlants ?

Autrement dit : il cherchait une confrontation plus vive, susceptible d’être reprise par les autres chaînes et d’asseoir une fois de plus la réputation du Roughney’s Show.

— Je dois encore répondre à…
— Ne vous inquiétez pas, je pense qu’on a très bien compris, c’est le moment d’aller de l’avant. MAQUILLEUSE !

Et une flopée de maquilleuses et de coiffeurs surgirent sur le plateau pour réparer les quelques imperfections que le débat, la lumière des projecteurs et la chaleur du plateau avaient fait émerger dans le précédent travail. Une fois de plus, Jace se rendait compte qu’il ne maîtrisait rien de la situation et du déroulement du débat. Et de fait, quand les techniciens disparurent, que le plateau fut à nouveau libéré et que les caméras se remirent à filmer, Roughney reprit la parole.

— Mesdames et messieurs, bienvenue et merci de nous retrouver sur WCOC. Je suis Roughney et nous sommes au Roughney’s Show. À ma gauche, Thunder, de la Légion des Étoiles, à ma droite, Jonas Cooper, du CODE. Alors, Jonas, vous nous parliez de la nécessité d’une transparence citoyenne. Êtes-vous favorable à un fichage systématique des métahumains et de leurs capacités, pour assurer la sécurité de tous ?
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Message posté : Mar 25 Mar 2014 - 15:45 Message
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Roughney avait décidé que le débat n'était pas à son goût puisqu'il coupa Jace dans sa réponse, empêchant ainsi Jonas de se défendre contre les « accusations » qui furent lancées à son encontre. Ce n'était pas bien grave, le Cooper n'avait pas dit son dernier mot et le débat se prolongerait après une petite page de publicité, il pourrait parfaitement revenir là-dessus sans en avoir l'air. C'était là tout l'avantage d'être souvent opposé à des détracteurs : ils l'aidaient inconsciemment à savoir se défendre dans n'importe quelle situation. À la remarque de Roughney, Jonas se contenta d'un léger geste de la tête. Il ne se mouillait pas, mais ne comptait pas pour autant jouer le petit jeu que le public attendait d'eux. On le taxait de pompeux dans son dos sous prétexte qu'il abordait des sujets qui ne passionnaient pas vraiment, mais ce soir-là, Jonas était bien décidé à toucher le public qu'il visait au quotidien : la classe moyenne. L'intervention de l'équipe de Roughney se fit une fois de plus, obligeant les deux invités à se plier à ce que l'on attendait d'eux, mais fort heureusement la pause se termina rapidement. Force était de constater qu'elle était bien moins longue que lorsque vous étiez assis devant votre télé dans votre canapé !
À peine l'introduction de cette deuxième partie fut-elle lancée que l'animateur en profita pour redonner la parole à Jonas, lui posant une question à la fois épineuse, mais importante. Le trentenaire ne tarda pas à répondre, signe qu'il avait longuement songé à ce sujet auparavant.

« Oui et non. Il ne faut pas confondre métahumains et Supers en activité. Contrairement à ce que Thunder a laissé entendre.... » Même si ce n'était pas vraiment le cas. « Je ne fais aucune chasse aux sorcières en prétendant que tous les métahumains sont un danger permanent. C'est d'ailleurs ce que le CODE souhaite expliquer : ce qui nous contrarie, c'est les Supers qui usent de leurs pouvoirs sans penser aux conséquences de leurs actes. » Il marqua une légère pause. « Il existe cependant quantité de métahumains qui n'ont pas la vocation à devenir des défenseurs de la loi – ou des délinquants – mais qui veulent simplement vivre une vie parfaitement normale. Je ne pense pas qu'il soit forcément nécessaire que leur voisin puisse savoir qu'ils possèdent tel ou tel don. » Première étape franchie. « Cependant, je pense qu'un fichage aux mains des autorités compétentes pourrait être très utile. Attention, je ne parle pas des policiers du coin, mais bel et bien de personne plus haut placé. Ce ne serait pas un contrôle destiné à mettre une épée de Damoclès au-dessus de la tête des métahumains, nous ne sommes pas pendant la seconde guerre mondiale, mais ce serait pour la sécurité de tous. » Jonas préférait éviter que Thunder ne compare son idée à celle des nazis qui parquaient les juifs dans des cas, il lui coupa donc l'herbe sous le pied. « Cela permettrait aussi de savoir comment évolue le gène mutant. Va-t-il en augmentant ? En diminuant ? C'est avec des statistiques que nous pourrons mieux comprendre comment tout cela fonctionne et c'est à la fois dans l'intérêt de tous, mais aussi pour mieux comprendre. » Il tourna la tête vers Thunder. « Parce que, contrairement à ce que vous avez dit, je ne parle pas d'un sujet que je ne maîtrise pas. »

Il faisait référence à ce qu'il avait pu dire à propos de la Légion et du fait qu'il ne savait pas de quoi il parlait. Bien sûr, dans son discours il ne tenait absolument pas compte du fait que, si fichage il y avait, Heather aurait été détectée dès la naissance et leur vie aurait été bien différente. Bien décidé à ne pas laisser son esprit être parasité par ces inquiétudes qui n'avaient pas leur place ici, le citoyen reporta son attention sur l'animateur.

« Le fichage n'est pas la solution à tout, cela dit elle aiderait beaucoup les autorités. Comme je l'ai dit, les mettre aux mains des polices de quartier ne serait pas une excellente idée, mais ce serait le signe que la loi ne reste pas les bras croisés. » Il glissa son regard clair vers Thunder. « Je suis conscient que beaucoup de personnes se tournent vers les Supers et notamment la Légion parce qu'elles n'ont plus confiance en les capacités des policiers. Cependant, je pense que la solution n'est pas d'ignorer ce problème, mais bel et bien de le régler. Plutôt que de travailler seuls dans leur coin – et là je parle même de l'UNISON – les Supers devraient plutôt collaborer à part égale avec les autorités qui ne possèdent pas de dons particuliers. » Il marqua une légère pause. « Oh, bien évidemment, certains le font, mais la grande majorité préfère aller vers des agents de l'UNISON plutôt que les policiers du coin. Pourquoi ? » Il regarda Thunder avec plus d'insistance. « Ne pensez-vous pas qu'apporter plus de soutien aux autorités permettrait aux citoyens de regagner un peu confiance en elles et, par conséquent, de vous décharger d'un peu de travail pour que vous puissiez régler le problème des Vigilants ? »

Une manière de le pousser à avouer que le fichage était, indirectement, une bonne idée, tout comme le fait que les citoyens accordent moins de crédit aux Supers. Et s'il niait, ce serait le signe que les Supers ne souhaitaient pas aider les autorités. Sauf s'il trouvait une manière d'esquiver le piège tendu, évidemment.
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Message posté : Mer 26 Mar 2014 - 15:06 Message
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Ah, la fichage des métahumains — une riche idée qui revenait en permanence dans le débat concernant les métahumains, véritable marronnier de la vie politique américaine, avec le plafond de la dette, l’immigration mexicaine et la prière à l’école. La ficelle était grossière, mais Roughney n’en avait cure et Jace le comprenait bien. L’adolescent se rendait également peu à peu compte qu’en Jonas, il avait une sorte d’allié, au moins sur certains points : tout comme lui, le Codiste (Codeur ? Codifiant ? Encodé ?) n’avait pas l’air de vouloir se lancer dans un débat de pures émotions et quoique leurs positions fussent radicalement opposées, ils paraissaient au moins avoir pour accord minimal de les exposer.

Sur le reste, en revanche, le désaccord était complet et Jace sentit, à la promptitude et l’aisance avec lesquelles son adversaire avait développé sa réponse, que sa réplique serait cruciale : si Jonas avait mis tout son talent dans la sienne, c’était vraisemblablement que le sujet était central. D’ailleurs, l’attention du public était véritable, soit que les spectateurs se sentissent véritablement concernés, soit que l’habitude du sujet le leur rendait plus familier et donc plus compréhensible.

Jace opta donc pour un début sur un grave hochement de tête.

— Vous avez raison : les Supers doivent étroitement collaborer avec les forces de l’ordre, locales, nationales et internationales. L’UNISON, l’ONU, Interpol, le FBI ou la FEMA sont des interlocuteurs privilégiés, dans les grandes affaires criminelles comme dans les catastrophes naturelles, mais la Légion, et j’y veille personnellement, développe de longue date un partenariat avec la SCPD, pour qu’au quotidien, les Supers puissent accompagner les petites affaires, de la phase d’enquête à l’arrestation, de l’arrestation à l’inculpation et de l’inculpation à l’application de la peine et à la réhabilitation du condamné.

Autant dire qu’il connaissait bien son sujet — et de fait, le leader de la Team Alpha, conscient que les membres de son équipe n’intervenaient, en général, que dans les affaires locales, avait eu à cœur de développer son réseau au sein de la police de Star City et de parfaire sa connaissance des institutions judiciaires les plus immédiates, grâce à Mary et, plus récemment, aux conversations de couloirs du cabinet de Maître Lane. Les réflexes de politicien de Jace étaient solidement ancrés et il savait que serrer la main à un agent de police était toujours une excellente chose — tout comme de s’effacer au moment de l’arrestation.

Naturellement, il n’ignorait pas que les héros de la Légion étaient loin de tous partager son attitude et s’il y insistait régulièrement devant son équipe, à chaque réunion, c’était précisément parce qu’il avait conscience que les Supers étaient parfois trop prompts à s’estimer au-dessus des forces de l’ordre traditionnelles.

— Et c’est un partenariat que nous devons encore développer, toujours développer, parce que la collaboration entre les différentes institutions a toujours fait la force de notre système et que c’est toujours quand cette collaboration s’est mal passée que le public en a souffert. Protéger la loi est une mission commune. Et protéger la loi, c’est aussi protéger la Constitution.

Là venait le renversement.

— Et cette Constitution, vous le savez comme moi, protège tous les citoyens. Cette Constitution est le fondement de notre démocratie et à chaque fois que les gardiens de la loi proposent une mesure anticonstitutionnelle, c’est que les gardiens de la loi ont tort. Rien de plus anticonstitutionnel, rien de plus contraire aux libertés civiles que ce pays a si durement acquises au fil des siècles, que la surveillance que vous proposez. Jusqu’à lors, aucune instance gouvernementale n’a eu le droit de ficher les citoyens et à chaque fois que l’une d’entre elles…

L’une d’entre elles, autant dire la CIA et le FBI, à l’époque faste des luttes contre les guerres ou pour les libertés civiles.

— … s’y est essayée, la justice a très clairement rappelé où était le droit. Et en vous disant cela, je défends moins les Supers d’aujourd’hui que les Supers de demain, ceux que seront, peut-être, comment savoir, ceux que seront peut-être vos enfants, vos nièces et neveux, ceux de chaque membre de ce public ou de notre communauté. Aucun citoyen n’a moins de droit, en raison du hasard de sa naissance, qu’un autre : tel est le principe que nous avons toujours tenu pour fondamental, telle est la loi que nous défendons, à la Légion comme au sein des forces de l’ordre.
— Donc les Légionnaires n’ont de compte à rendre à personne ?
— Je crois avoir dit exactement le contraire. Les Légionnaires sont rigoureusement encadrés par la loi, comme tous les citoyens et plus particulièrement, comme tous les Supers. Toutes les structures légales existent déjà et elles fonctionnent d’ailleurs de manière satisfaisante. Les Légionnaires rendent des comptes aux forces de l’ordre, à l’UNISON, aux tribunaux, comme n’importe qui et comme n’importe quel agent.
— Ne faudrait-il pas alors que la Légion devienne une administration au même titre que l’armée ou la police ?

Oups. En voilà une question à laquelle Jace ne s’attendait pas. Il y eut un moment de silence, une, deux, trois secondes de panique puis de réflexion intense et Jace tenta :

— La Légion est un partenaire de l’État, au même titre que l’UNISON, l’ONU ou une ONG. Toutes les institutions ne sont pas étatiques : il y a des modes d’organisation non-gouvernementaux.

Une réponse technique qui parut perdre quelque peu le public pour lequel l’ONU et l’UNISON étaient toujours, en quelque manière, « le gouvernement ».
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Message posté : Mer 26 Mar 2014 - 19:50 Message
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Thunder ne s'en doutait certainement pas, mais dans son discours il avait touché un point sensible chez Jonas, très sensible même. Depuis l'aveu de sa jumelle à propos de ses « capacités », le Cooper s'était demandé si les gènes communs qu'ils partageaient, pouvaient signifier que ses descendants avaient eux aussi des risques de posséder la même tare génétique. Le simple fait que le blondinet laisse entendre que des membres de sa famille puissent se trouver face à une situation épineuse, à savoir le fichage, posait donc forcément un cas de conscience au trentenaire. Toutefois, il avait décidé que, comme à chaque fois qu'il intervenait en public, son discours resterait le même et occulterait les dernières révélations d'Heather. Un aveuglement forcé qui n'arrangeait pas les choses, mais il n'allait pas remettre tous ses idéaux en question juste à cause de ça. Il laissa donc Thunder poursuivre son argumentaire et être opposé à une question de l'animateur qui ouvrait la voie sur autre chose.

« Comparer l'UNISON à la Légion des Étoiles pose quelques problèmes à mes yeux. Le premier a été mis en place suite à une décision gouvernementale tandis que la Légion s'est créée d'elle-même après l'affrontement contre Omega. Même si elle a eu l'autorisation de l'ONU, il n'empêche que l'initiative venait avant tout des héros qui la composèrent alors. Un peu comme le CODE que vous avez pourtant pointé du doigt. Qu'est-ce que les différencie tellement ? Le fait que l'un soit mené par des héros et l'autre par de simples citoyens ? » Il travestissait la vérité puisque c'était Roughney qui avait ouvertement critiqué le CODE, mais c'était un détail. « L'UNISON n'est en place à Star City, que depuis quatre ans. Je pense que c'est beaucoup trop court pour juger de leur efficacité. C'est sans compter que cet organisme est beaucoup plus réglementé que la Légion, puisque soumise à une véritable organisation et à une hiérarchie stricte, ce qui est loin d'être le cas de votre groupe il me semble. » Preuve qu'il s'était bien renseigné sur ce groupe, contrairement à ce que Thunder avait laissé entendre. « Je pense donc que vouloir à tout prix comparer la Légion à d'autres organismes gouvernementaux est plutôt malvenu. Ce serait comme si nous nous comparions. Nous avons beau avoir des similitudes comme le fait d'être tous deux des hommes dont le visage est plus ou moins connu public, ce n'est pas pour autant que nous nous rejoignons sur nos intérêts ou notre vision des choses. »

Là, il tenait bien à faire comprendre que ce n'était pas parce que l'UNISON et la Légion étaient composés de héros – même si le premier ce n'était pas forcément le cas – que les deux groupes étaient similaires. Jonas avait bien flairé le jeu de Thunder et le fait qu'il essayait de rapprocher son organisme de ceux « dignes de confiance » ou bien vu du public. Dans deux minutes, il allait commencer à jouer sur la fibre patriotique pour toucher tous les quinquagénaires qui ne juraient que par leur pays. Bref, vu que l'attaque simple ne suffisait plus, le Cooper avait décidé de défaire ce que son interlocuteur tentait de tisser comme toile. À voir si ce serait probant ou non.

« Faire appel à la Constitution pour éviter de devoir montrer patte blanche est une technique fréquemment utilisée dans les tribunaux... mais généralement c'est plutôt les accusés qui ont quelque chose à cacher qui agissent de la sorte. » Le sous-entendu était à peine voilé et avant que Roughney n'ait le temps d'intervenir, il enchaîna. « Si les Légionnaires et les autres regroupements de Supers collaborent déjà avec les autorités, je ne comprends pas où est la difficulté de contribuer à rassurer le public. » Il secoua la tête comme si, effectivement, il ne saisissait pas le problème. « Lorsque je constate que la Légion ne bénéficie pas d'une organisation aussi poussée que l'UNISON, par exemple, j'ai surtout le sentiment que c'est une technique pour éviter d'avoir à rendre des comptes à une autorité supérieure. Qu'il s'agissait du Commandant Colt ou de tout autre agent de l'UNISON, ils ne peuvent pas prendre de décision sans avoir à rendre des comptes derrière. La Légion est connue comme un regroupement de Supers et non une institution gouvernementale. Elle est libre d'intervenir ou bon lui semble et l'UNISON a déjà été incapable d'agir en raison des entraves juridiques, ce qui n'a pas empêché la Légion d’intervenir sans se soucier de ces tracas bureaucratiques. À mes yeux, c'est le signe évident que votre groupe ne bénéficie pas du même traitement que les autres. »

Bon, pour le coup Jonas avait l'air de faire l'apologie de l'UNISON tandis qu'il écrasait la Légion, mais pourtant la première était aussi une cible de choix du Herald ou même du CODE, mais c'était secondaire. Une dernière question se posait alors. Après une légère pause, Jonas reprit à l'attention de Thunder.

« Dites-moi, est-ce que le Commander, qui représente tout de même la Légion, connaît le visage de tous les Supers qui officient au sein de son groupe ? Serait-il capable de dire où se trouve tel individu et ce qu'il fait ? Le Commandant Colt le peut. »

Des informations regroupées par les informateurs du Herald laissaient penser que cette information n'était pas en possession du Commander, mais rien d'officiel ne le prouvait. Peut-être qu'il se trompait, mais quelque chose lui disait que la réponse du blondinet allait prouver que la Légion n'avait effectivement rien à voir avec l'UNISON.
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Message posté : Lun 31 Mar 2014 - 13:17 Message
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Damned ! Voilà que sa comparaison commençait à prendre l’eau par tous les côtés. Jace se voyait confronter à la difficile alternative de saborder son propre bateau aussi rapidement que possible pour empêcher Jonas d’y ouvrir des brèches toujours plus considérables ou d’écoper ce qu’il pouvait en gagnant du temps et en espérant une erreur quelconque de la part de son interlocuteur. Aucune des possibilités ne lui paraissait très réjouissante, mais il comprenait sans peine que compter sur un impair de celui à qui il s’opposait ce jour-là était un jeu beaucoup trop dangereux qui peut-être n’en vaudrait pas la chandelle.

À nouveau, Jonas revenait sur des problèmes structurels et des détails d’organisation interne qui ne passionnaient certes pas le large public mais qui devaient être centraux pour une bonne partie des décideurs politiques — et Jace commençait à se rendre compte qu’il ne s’adressait pas à une masse indivise de citoyens mus par les mêmes valeurs et les mêmes intérêts. Jonas maniait alternativement le public large des électeurs et celui plus ciblé des décideurs avec une aisance que l’adolescent devait encore acquérir.

— Vous me demandez si le Commander, là, maintenant, peut nous dire où se trouve chacun des Légionnaires ? Pouvez-vous me dire, là, maintenant, où se trouve chacun des employés du Daily Herald ? Pardon, je veux dire…

Jace esquissa un sourire.

— … votre père le pourrait-il ?

Jonas niait son implication directe dans la production et la diffusion du journal, mais en tant que super-héros né d’un super-héros et élevé dans un milieu de super-héros, Jace savait fort bien comment les familles se muaient en dynastie et, officiellement ou officieusement, il ne doutait pas de l’implication du Cooper dans l’affaire des Cooper. Et c’était un point qu’il tenait à souligner pour que le public pût Jonas aux forces conservatrices — si ce n’était réactionnaire — qui soutenaient ses propositions.

— Et de la même manière, le Commandant Colt n’a pas présent à l’esprit la situation de chacun de ses agents. Les informations se récoltent et remontent. Vous vivez de toute évidence avec le rêve d’une surveillance absolue de tous par chacun, puisque personne n’a rien à se reprocher, mais, et vous me permettrez de m’en réjouir, pour bon nombre d’entre nous, ce rêve demeure encore un cauchemar. Comme un employé, un militaire ou un agent de police a le droit sa vie privée, ainsi il en va pour les super-héros et la différence entre un costume et un uniforme est inexistante : ceux qui l’endossent y remplissent un rôle qui peut être distinct de leur existence personnelle et c’est précisément le critère de leur objectivité et de leur efficacité.

Que nous n’ayons rien à nous reprocher ne change rien à la défense de nos droits. Personne ne devrait abdiquer son droit à la liberté sous prétexte qu’il ne sera jamais emprisonné ni son droit à l’égalité sous prétexte qu’il ne sera jamais discriminé. La Légion est un porte-parole pour les métahumains aussi bien qu’un groupe d’intervention et les droits de ses membres sont les droits des citoyens. Et en cela, vous avez raison, la Légion n’est pas structurellement semblable à l’UNISON, car aucun agent de l’UNISON n’est sommé de rendre systématiquement des comptes au public : c’est la machine de l’administration qui le fait à sa place. Au contraire, chaque Légionnaire est individuellement et personnellement exposé au regard de ce même public et cette existence lui impose un plus haut degré de responsabilité propre.


En somme, il avait retourné comme un gant la critique de Jonas et fait de la Légion une plus haute instance de la transparence des métahumains que l’UNISON. Coup audacieux, certes, mais délicat, puisqu’il rouvrait la porte aux thèmes centraux du CODE et ramenait Jonas en terrain bien connu. Jace sentait la nécessité d’élargir le débat et de forcer le représentant du CODE à exposer les soubassements moraux plus discutables de son groupe.

L’adolescent se pencha donc vers Roughney avec un sourire d’excuse et reprit sur un ton amical :

— Mais je suis navré, je crois que nous piratons votre émission en nous concentrant sur un point de détail, alors que vous nous avez invités, si je me souviens bien, à propos de la question beaucoup plus large des métahumains…

Des supers, à vrai dire, ce qui était certes fort différent.

— … au sein de la société. Vous vouliez savoir s’ils représentant les valeurs de l’Amérique et ma réponse serait oui. Et non. Peu importe, à vrai dire : comme n’importe quel groupe de citoyens, les métahumains sont composés d’être divers aux mentalités divers, réunis par les hasards de la nature et les caprices du destin. Et je ne vois pas pourquoi ils se comporteraient différemment que n’importe lequel des groupes fondés sur le sexe, la religion ou l’ethnie dans ce pays. J’avoue ne pas très bien comprendre cette fameuse éthique du CODE qui traitent les êtres plus ou moins bien en fonction de ce qu’ils sont ou ne sont pas…
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Message posté : Ven 4 Avr 2014 - 16:17 Message
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La remarque lancée sur le Daily Herald n'échappa pas à Jonas, il avait bien compris où Thunder cherchait à aller : le lier au journal de manière à faire comprendre que ce qu'il disait était uniquement basé sur les articles du quotidien ! Cependant, même si le trentenaire n'avait jamais nié ce lien – ce serait idiot vu qu'il portait le même patronyme que son géniteur – il ne souhaitait pas que ses paroles soient affiliées au journal alors qu'il était là pour représenter le CODE. Chez les citoyens lambdas, ces trois choses seraient rapidement assimilées ensemble et résumées à un tout : le Daily Herald. C'était à l'opposé de ce que le Cooper attendait et il allait donc devoir se montrer prudent. Il ne put le faire sur-le-champ étant donné que le jeune homme embraya rapidement sur la suite pour expliquer que le Commandant de l'UNISON ne pouvait pas non plus dire où se trouvait tel agent, pas sans devoir consulter ses dossiers du moins. Ce n'était pas faux, mais Jonas avait déjà une réponse toute faite et plus qu'évidente à la situation. S'en-suivit un plaidoyer digne de figurer dans un film patriotique ou sentimental qui devait certainement faire son petit effet dans les demeures de familles moyennes. Le silence du citoyen resta toutefois de mise jusqu'à ce que le jeune homme ne termine en s'adressant directement à celui qui gérait tout le programme.

Penser que Jonas allait s'en tenir là était une bien grossière erreur et ce dernier avait bien l'intention de réfuter les explications avancées par son homologue, mais le tout était de le faire sans avoir l'air d'écraser le patriotisme et tout ce qui s'y rapportait, une délicate affaire en somme.

« Il me semble que vous confondez ce débat avec un autre, mais c'est excusable, je crois que c'est votre première fois, non ? » Il eut un sourire compatissant. « Nous sommes ici pour parler des Supers, si vous les assimilez obligatoirement aux métahumains, je dois vous avouer que ça m'étonne un peu. Est-ce que cela signifie que, pour vous, seuls les gens dotés de pouvoirs ont le droit de pouvoir faire la loi dans cette ville ? Il existe de nombreux Supers qui ne sont pas de métahumains, mais peut-être qu'ils méritent moins d'attention que les autres selon vos dires ? » Ce n'était pas ce que Thunder avait dit, mais à trop jouer sur les mots, ça finissait par se retourner contre soi. « Je vois que vous connaissez mal le fonctionnement de notre institution, vous devriez nous rendre visite un de ces jours, je suis certain que vous auriez beaucoup à apporter au débat. »

Il réutilisait ce que le jeune homme lui avait dit quelques instants plus tôt, prétendant qu'il ne connaissait pas son sujet en parlant de la Légion. Une technique très facile et qui pouvait parfois avoir des effets dévastateurs, mais qui pouvait aussi se révéler très utile dans certains cas : comme pour montrer que Thunder critiquait un comportement qu'il adoptait lui-même.

« Et pour vous répondre au sujet du Herald, je doute que monsieur Cooper sache où vit chacun de ses employés, mais il y a une grosse différence avec la Légion, c'est que là-bas, personne ne prétend sauver la veuve et l'orphelin et ne se promène masque pour faire la loi. Le Herald ne diffère en aucun cas de la poste du coin ou du restaurant à côté de chez vous. » Il voulait ramener le journal au même niveau que le reste de la population. « Et contrairement au Commander, le Commandant Colt connaît l'identité de ses hommes. Il ne me semble pas que ce soit le cas des Légionnaires puisque certains d'entre eux ne sont même pas connus de leurs propres collègues. » Il secoua la tête. « Même au sein du SWAT que vous semblez tant vouloir comparer à la Légion, les hommes connaissent le visage de leurs camarades. Comment voulez-vous pouvoir dire que telle personne ne vous trahira pas ou n'en profitera pas pour changer de camp alors que vous n'êtes même pas capable de le reconnaître si vous le croisez dans la rue ? » Il eut un sourire comme si c'était impensable. « Ce que vous taxez de surveillance absolue Thunder, moi je l'appelle tout simple « comportement normal ». Demandez à toutes les personnes présentes dans le public si elles accepteraient de travailler avec des personnes sans voir leur visage ni rien savoir d'eux, je doute que la moitié puisse accepter de le faire. Il n'est question de vie privée que lorsque cela ne vous concerne que vous et votre famille, c'est différent lorsque vous assurez la sécurité de milliers de citoyens. » Un hochement de la tête. « Mais vous avez raison, nous ne vivons pas dans le même monde. »

Ils ne se ressemblaient pas et ça, personne ne pouvait en douter. Au final, Jonas n'avait rien contre ce gamin, mis à part son appartenance à un groupe qu'il abhorrait et le fait qu'il était métahumain, mais c'était un point que personne – mis à part sa jumelle – ne pourrait confirmer. Au final, Jonas termina sur une note plus « moqueuse ».

« Vous maniez le patriotisme avec brio, quel dommage que vous n'en parliez que pour prouver que vous avez raison. Chaque fois que vous avez abordé ce sujet depuis le début du débat, c'était pour contrer des arguments qui semblaient vous contrarier. J'espère que vous tiendrez le même discours dans d'autres situations. » Il se permettait de remettre son honnêteté en question, en effet. « Le fait est que j'ai du mal à croire que vous rendez réellement compte de toutes vos actions au public sachant que certains individus dans vos rangs peuvent parfaitement dissimuler des desseins moins patriotiques sous d'autres visages. Difficile de savoir si vous êtes capables d'éviter cela vu que vous ignorez effectivement qui ils sont. » Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. « C'est notamment pour cette raison que le CODE craint les actions des Supers : comme je l'ai dit précédemment, il est aisé d'échapper à la justice, la vraie, lorsque votre visage n'est connu de personne et cela même si vous apparaissez souvent à la télévision ou dans les journaux. »
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Roughney’s Show [Jonas & Jace]

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