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Il était une fois... [Emma & Jake W.]

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Message posté : Lun 17 Mar 2014 - 20:36 Message
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Le Hasard

ϟ Sexe : Masculin
ϟ Arrivée à Star City : 07/04/2012
ϟ Nombre de Messages : 3596
ϟ Nombre de Messages RP : 3227
ϟ Célébrité : L'Homme Mystère
ϟ Crédits : © Renan
ϟ Âge du Personnage : Tous et aucun
ϟ Statut : Tous et aucun
ϟ Métier : Hasard
ϟ Liens Rapides : Star City Heroes
En tant que détective privé, Emma Melbourne pouvait remplir toutes sortes de mission. La dernière en date lui avait été donnée par un couple tout ce qu'il y avait de plus normal, en apparence. Il s'agissait ni plus ni moins que de retrouver leur seul et unique enfant, une jeune fille tout juste sortie de l'adolescence qui avait disparu. La police avait déjà été informée des faits mais n'ayant pas trouvé la moindre preuve d'un enlèvement, elle en avait déduit qu'il s'agissait d'une fugue. Aussi, bien que les dispositions aient été prises, cette affaire n'avançait pas très vite, contrairement à l'inquiétude des parents qui ne cessait de croître.

C'est donc comme cela qu'ils étaient arrivés dans le bureau de la détective, lui promettant une grande récompense à la condition qu'elle leur ramène leur fille. Emma avait ainsi accepté et avait rapidement débuté ses recherches, apprenant à connaître la jeune femme et ses habitudes. Tout cela l'avait peu à peu conduite vers le quartier peu recommandable des Marais, sous-quartiers du quartier des Théâtres.

Entre prostitution et délinquance, ce secteur était le lieu de vie de Wildcard et de son Gang des Fables et l'on racontait souvent que rien ne pouvait s'y passer sans qu'il ne le sache. Cela avait peu à peu convaincu la détective que Wildcard ou son Gang était mêlé à toute l'affaire, parce que disparition, il semblait bel y bien y avoir... La question restait toutefois de savoir si le Gang avait kidnappé cette jeune fille ou si elle avait volontairement disparu pour les rejoindre, adoptant une nouvelle identité connue seulement du criminel recherché. Si Emma voulait le savoir, elle allait devoir se frotter plus avant au Gang, ce qui pourrait la mettre en danger... A moins qu'elle ne décide d'intervenir sous l'identité de Vengeance, afin de faire payer les criminels. Ce choix lui revenait... Mais... Ferait-elle seulement le poids face à Wildcard et à sa chance surnaturelle ? Peut-être aurait-elle plus de chance en tentant de les infiltrer ? Était-ce seulement possible ?


*** *** ***

Voilà pour vous, chers Enfants du Hasard !

Nous vous offrons une rencontre du Destin sur le thème de l'Héroïsme et nous vous avons mis dans une situation où vous pourrez vous confronter l'un à l'autre. La situation est plutôt basique et vous êtes évidemment libres de l'agrémenter à votre guise. Que va-t-il se passer ? Difficile à dire ! Mais pour le savoir, il n'y a qu'une chose à faire, vous lancer ! Votre avenir est entre vos mains, à vous de décider

Ceci n'est qu'une introduction pour vous et à partir de là, vous entrez dans un sujet à mener vous-mêmes, selon vos envies ! N'hésitez pas à communiquer entre vous, si vous le souhaitez et surtout, ne tardez pas trop à répondre à votre partenaire ! Je me réserve toutefois le droit d'intervenir à un moment que je jugerais opportun, si besoin est, pour vous servir une belle surprise...

Prenez garde aux caprices du Destin !
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Message posté : Mar 18 Mar 2014 - 14:03 Message
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Une affaire comme celle-ci, jamais Emma ne l'aurait refusée. L'argent ne l'intéressait pas, bien qu'il fasse partie de son métier, mais ces parents lui rappelaient son père, lorsqu'elle avait quitté l'Amérique pour la Suisse contre son gré. Il n'avait pas compris qu'elle raconte être parti du jour au lendemain uniquement pour répondre à un besoin de reconnexion avec ses origines maternelles. Il avait eu raison, Emma avait du mentir pour cacher son lien « accidentel » avec le Tau (ceux-là même qui l'avaient expédiée en Suisse), société secrète qui lui avait injecté un sérum sensé augmenter les capacités physiques et qui avait eu chez elle un effet exponentiel. Alors elle souhaitait découvrir ce qui était arrivé à cette jeune fille, espérant de tout son cœur qu'il ne s'agisse que d'une crise d'adolescence à retardement. Pour cela elle avait dut se rajeunir : elle n'était pas vieille, mais elle avait utilisé un look à la mode pour aborder les fréquentations de la demoiselle nommée Lena Samuels. On lui avait raconté qu'elle avait parlé du quartier des marais, dans lequel elle avait dit devoir se rendre. Emma avait suivi la piste revêtue d'une tenue lambda, un soir, pour aborder les prostituées avec du café et des préservatifs de marque, pour obtenir leur sympathie. Et sous ses airs de bénévole, elle les avait questionnées pour savoir si elles n'avaient pas vu cette jeune fille. L'investigation n'avait pas donné grand chose, Lena n'avait pas été vue ni sur le trottoir, ni chez un maquereau (selon les rares femmes qui avaient osé lui répondre), en revanche un travesti à la langue bien pendue lui avait dit de se méfier du Gang des Fables et d'abandonner ses recherches avant d'attirer l'attention à force d'interrogatoires. Emma, qui avait grandit jusqu'à ses 14 ans à Star City n'avait jamais entendu parler d'un tel gang et son récent retour lui prouvait qu'elle avait manqué quelques épisodes. Le fameux gang avait pour leader un certain Wildcard, mais impossible d'avoir davantage d'informations intéressantes. Un criminel local, probablement. Restait à mesurer le danger que représentait un tel individu : s'il avait un gang -et pourquoi pas des réponses concernant Lena- il faudrait une intervention solide. Pas une intervention pour Emma, mais plutôt un travail digne de Vengeance. Le problème était que la rumeur disait que le fameux Wildcard était au courant de tout ce qui se passait dans le secteur. Le fait qu'une bénévole sympathise avec les prostituées pour leur parler d'une jeune fille était-il passé inaperçu ? Elle l'espérait car cela voudrait dire que la fille des Samuels n'était pas liée d'une manière ou d'une autre à ce gang. Il fallait vérifier : même si cela n'apporterait peut-être rien à l'enquête, Vengeance serait ravie de s'attaquer à un réseau criminel.

Si Emma souhaitait agir sous couvert, elle devait trouver une solution et fricoter avec le côté obscur semblait une bonne option. Enfin, cela dépendrait de la manière dont serait accueillie une femme masquée dans le coin. Elle laissa donc passer un peu de temps après son enquête auprès des prostituées, expliquant comme elle pouvait aux Samuels que l'affaire prenait une tournure délicate. Après quoi elle attendit un soir de pleine lune pour sortir en taxi avec un sac à dos. Emma avait appris comment brouiller ses pistes : elle sortait vêtue pour cacher sa combinaison (plutôt moulante, afin de loger sous ses vêtements) puis une fois proche du lieu d'intervention, elle trouvait une ruelle ou une impasse et s'assurait que les éboueurs ne passaient pas ce soir-là, afin de cacher son sac et ses vêtements dans une benne à ordures, pour revêtir son masque. Et c'est précisément ce qu'elle avait fait ce soir-là, prenant soin de se changer en Vengeance avant la frontière des Marais. Les chauffeurs de taxi de Star City ne semblaient pas non plus trop curieux, de ce fait elle n'avait pas eu à justifier sa destination.

Et voici que Emma, masquée, les cheveux tirés en arrière pour former une longue queue de cheval, s'aventurait dans le quartier du marais. Les rares visages présents se tournèrent vers elle, tandis qu'elle arpentait les rues du secteur malfamé. Impossible de croiser le visage de la demoiselle recherchée. Il fallait qu'elle attire l'attention de Wildcard, mais aucune opportunité ne se présenta, jusqu'à ce que...
Un type louche, la voyant arriver dans une ruelle proche des commerces pour adultes, s'approcha d'elle pour lui demander vulgairement combien elle prenait. Elle crut d'abord à une blague, mais l'homme la reluqua de haut en bas. Cette tenue, destinée à la rendre plus discrète dans l'obscurité, pouvait aussi être perçue différemment par les hommes à l'esprit mal placé. Cela, Emma ne l'avait jamais imaginé, fille de bonne famille qu'elle était. Mais il fallait se rendre à l'évidence, l'homme lui disait de venir le fouetter, sans quoi lui le lui ferait. Il s'approchait trop et la ruelle était plutôt déserte. Emma tenait enfin son ticket -pourvu qu'elle soit vue en train d'agir- et attrapa l'homme par le col, avant de le lancer dans la poubelle la plus proche. Cet acte serait-il suffisant pour attirer l'attention du gang des fables ? Elle n'avait pas vu de véhicule de la police patrouiller dans le secteur et l'éclairage naturel de la lune faisait partie de son plan pour être remarquée. Alors elle s'approcha de l'homme qui l'avait importunée -et qui était à la fois sonné et effrayé suite à cette impressionnante démonstration de force- et le ressaisit par le col pour cette fois-ci le décoller du sol en le plaquant contre un mur. Elle ne souhaitait pas lui faire de mal, mais simplement l'intimider afin d'obtenir des réponses rapides.


« Tu connais le Gang des Fables ? Tu dois bien avoir une petite idée de la manière dont je peux les contacter ? »

Emma avait parlé sur un ton ferme, sans une note d'hésitation et de manière parfaitement audible. Elle ignorait si cet homme savait quoi que ce soit mais son intuition doublée de son expérience lui permettraient probablement de déceler le mensonge. Il était cependant impossible d'entendre le moindre indice dans sa voix qui permettrait de dire si elle venait en collaboratrice ou en ennemie. En attendant la réponse de l'homme, elle tourna brièvement la tête pour jeter un coup d'oeil aux alentours afin de vérifier si quelqu'un les observait. L'avantage de son récent retour en ville, c'est qu'on avait probablement jamais entendu parler de Vengeance dans ce quartier, puisque son côté masqué n'y avait jamais mis les pieds auparavant.
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Message posté : Jeu 20 Mar 2014 - 22:07 Message
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Au dernier étage de l’As de Pique, Wildcard était installé à côté de Maléfique, qui pianotait à grande vitesse sur son clavier. Sur les multiples écrans devant eux défilaient des images qu’il parvenait à peine à voir, mais sa comparse de longue date semblait, elle, parfaitement savoir ce qu’elle cherchait et, surtout, comment le trouver. Et ce qu’elle cherchait, c’était l’image de cette fille aperçue un peu plus tôt, dans la soirée. Si la police n’avait aucune influence ni même aucun moyen d’obtenir des informations dans le quartier des Marais, il existait tout de même quelques caméras de surveillance, discrètes, contrôlées par Maléfique elle-même. Les rares forces de l’ordre qui parfois s’aventuraient dans les rues un peu glauques ne faisaient en général que passer. Parce qu’attirer l’attention était l’assurance de voir quelques individus louches s’approcher d’un air menaçant.

Là, annonça soudain Aurora, en désignant l’écran de droite.

On y voyait deux prostituées du coin, en conversation avec une jeune femme… De dos. Et aucune possibilité d’avoir un meilleur angle. Avait-elle remarqué les caméras ? Quelques minutes de visionnage plus tard, l’informaticienne put obtenir un profil, et lança immédiatement les recherches. Le lendemain matin, elle annonça à son chef qu’elle avait fait chou blanc. Impossible d’avoir un bon visuel du visage de la demoiselle qui avait posé des questions sur une certaine « Lena ». Ladite Lena, Wildcard n’avait aucune idée de qui elle était… Mais deux jours plus tard, il en savait plus. Lena Samuels avait disparu, ses parents étaient morts d’inquiétude et avaient engagé… une détective privée : Emma Melbourne. Maléfique avait aussitôt approfondi son analyse et confirmé que la fille posant des questions était bien l’enquêtrice. Le conteur avait balayé les inquiétudes des siens : qu’elle mène sa petite investigation, il était curieux de voir ce qu’elle était capable de faire pour obtenir des informations.

***

Vas-y, lâche-moi ! gueula l’homme qui regrettait à présent de s’être approché de cette nana habillée en pute, mais qui visiblement n’en était pas une.

Elle était forte, elle était déterminée, et elle le soulevait de terre. Autant d’éléments qui dissuadèrent l’importun de chercher la négociation. Il décida tout bêtement de dire la vérité, qui après tout ne l’incriminait pas.

J’connais pas le coin, j’suis pas de là ! J’venais juste comme ça, j’suis désolé ! Lâche-moi !

La scène ne se déroulait pas sans spectateur. En effet, une petite frappe qui travaillait pour le Gang des Fables observait, depuis un coin sombre, l’agression face à un potentiel client du commerce de charme. Il prit la décision d’intervenir, non sans se munir d’un couteau.

Hey, minette, lâche-le donc, qu’il aille vraiment aux putes, tu nous bouffes notre gagne-pain.

En employant le « nous », il indiquait clairement que, lui, était du quartier. Il resta tout de même à une bonne dizaine de mètres de la nana masquée, par précaution, parce qu’il n’avait pas envie de se retrouver propulsé contre une poubelle.

On trouve pas le Gang des Fables. C’est l’Gang des Fables qui t’trouve. Continue comme ça, et ça va t’tomber sur le coin d’la tronche.

À l’autre bout de la ruelle, une grande silhouette fit son apparition. Un peu de renfort pour la petite frappe. Elle avait décidé de jouer la maligne, elle allait être servie. À moins qu’elle n’ait pas d’intentions hostiles, et il était dans ce cas-là possible de discuter un peu, avant qu’elle ne soit raccompagnée aux limites des Marais.

Wildcard aime pas qu’on vienne fouiner par chez lui. Pourquoi tu veux l’trouver ? Tu viens chercher quoi ici ?

Ledit Wildcard, lui, était étendu sur le toit de son squat, à regarder les étoiles. Lena Samuels était bien quelque part dans le quartier. En vérité, elle était à deux-cents mètres, aux dernières nouvelles, de l’endroit où se trouvait Emma. Dans les sous-sols d’un autre squat, un squat fréquenté par quelques junkies. La particularité de l’endroit était la propension de ses « locataires » à mourir d’overdose. C’était sans doute l’immeuble de Star City qui détenait le record en la matière. Mais le principal pour le Gang, c’était que cela rapporte de l’argent.

Si tu viens chercher les emmerdes, c’est c’que tu vas trouver. Si tu veux t’battre, tu vas trouver à qui parler. Et si tu viens proposer tes services pour rejoindre nos filles, tu t’y prends vachement mal, faut pas s’en prendre aux clients, c’est pas bon pour le business.

Oui, la petite frappe, un type connu sous le nom de « Bill », était très bavarde. Il aimait s’entendre parler, même s’il avait une voix plutôt désagréable, un peu grinçante. Son copain, « Al », de l’autre côté, ne parlait en revanche jamais. Tous les deux, en quelque sorte, faisaient la paire. D’ailleurs, Al s’était rapproché, et se tenait, désormais, également à une dizaine de mètres d’Emma. Qui, si elle désirait attirer proprement l’attention du maître des Marais, n’avait pas trente-six solutions.
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Message posté : Ven 21 Mar 2014 - 2:47 Message
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Le pauvre type ne semblait pas mentir. Après tout, vu l'intérêt de la police pour ce quartier, c'était probablement l'endroit parfait pour trouver des prostituées sans risquer de finir en garde à vue. Alors l'individu sans manières était venu faire son shopping. Mais cela n'avançait pas Emma à grand chose. Elle reporta son regard vers l'homme et le fixa un long moment, hésitante, avant de voir son attention détournée par une autre voix. Un petit gars, couteau à la main, tentait de jouer les sauveurs non sans déclencher un sourire sur les lèvres de Vengeance. Cette scène avait un air de monde à l'envers et prise de pitié, la jeune femme laissa sa proie regagner la terre ferme... Sans grande délicatesse, cela va de soi. Elle pouvait maintenant se concentrer sur celui qui l'avait interpellée et restait distant. Et après qu'il ait parlé de « notre » gagne-pain alors qu'il n'avait rien d'une prostituée, eh bien, le moins qu'on puisse dire c'est qu'Emma le détestait déjà. Elle attendit encore un peu avant de répondre, histoire de voir s'il avait quelque chose de plus intéressant à ajouter.
Et bonne pioche ! Le quartier était à la hauteur de sa réputation et un moindre grabuge suffisait à faire rappliquer des individus rattachés au Gang des Fables. Enfin, au moins quelqu'un qui en avait connaissance, vu la manière dont il en parlait. Il essayait d'ailleurs d'intimider Emma en la menaçant. Elle avait confiance en elle malgré le fait qu'elle s'aventure en terre inconnue, mais rien ne l'empêchait de rester prudente et de ne pas passer directement par la case provocation. Il fallait faire avancer l'enquête et il n'y avait pas trente-six solutions. Alors, quand elle vit débarquer le collègue costaud, elle esquissa un sourire et ne put s'empêcher de répondre verbalement à la menace.


« Eh bien ça tombe vite. »

Elle faisait bien entendu référence à sa petite tirade sur le Gang qu'il ne fallait pas chercher. Mais sa remarque tomba aux oubliettes dès que le petit se mit à poser les fameuses questions. Elle eu envie de lui dire qu'elle faisait une promenade touristique mais se retint, il n'était pas encore temps de les provoquer. De toutes façons elle n'en n'aurait pas eu le temps puisqu'il reprenait encore la parole, émettant des suppositions plus fausses les unes que les autres. Proposer ses service... C'était un comble, elle n'arrivait même pas à croire une seconde qu'il ait réellement dit ça. Elle se jeta donc sur l'occasion pour l'ouvrir, à peine la phrase du petit gars terminée.

« Je ne sais pas d'où vient le nom Fables, mais toi en tous cas, t'es un sacré moulin à paroles. Bref, il y a deux solutions : soit vous me dites où je peux trouver le patron de la boutique, soit... Un petit clic métallique indiqua qu'elle venait de dégainer sa matraque. Vous ruinez cette belle amitié qui n'a pas encore commencé. »

Vengeance effectua quelques pas en direction de monsieur gros-bras. Elle était presque à portée de ses poings mais gardait tout de même une oreille tendue pour vérifier que le plus petit ne s'approche pas dans son dos. Elle espérait ne pas avoir à engager le combat, pour l'instant. Alors, se disant que gros gabarit ne voulait pas nécessairement dire petit cerveau, elle lança un regard interrogateur à celui qui était jusqu'à présent resté silencieux. Tout en gardant le poing serré sur sa matraque, au cas où.

« Et toi, tu en penses quoi ? »
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Message posté : Sam 22 Mar 2014 - 17:25 Message
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T’obtiendras rien de lui, mignonne, il cause pas. En revanche, il cogne. Al, fais une démonstration.

Et Al s’exécuta, levant les poings pour s’en prendre à la frêle demoiselle qui ne semblait pas avoir compris qu’il valait mieux déguerpir. Malheureusement pour lui, il prit une raclée, sa force physique contrebalancée par une maladresse dont elle profita pour le mettre à terre, recroquevillé sur lui-même, pleurnichant. Bill, de l’autre côté, était soudain beaucoup moins fier. Il regarda autour de lui, à la recherche de renforts, ou d’une porte de sortie. Et hésita sur la suite des opérations : valait-il mieux fuir, ou bien rester pour essayer un minimum de faire comprendre à la fille que, quand même, elle n’était pas chez elle. Le choix fut vite fait : il partit en courant. Pour mieux envoyer un message qui arriva jusqu’à Maléfique.

J’ai du nouveau, dit-elle au téléphone, quand Jake eut décroché.
Du nouveau sur quoi ? demanda-t-il, d’une voix somnolente.
Une fille masquée qui fait la justice dans nos rues.
La justice ?
Elle cherche à entrer en contact avec nous.
On dirait qu’elle a réussi…

Après avoir raccroché, Wildcard ouvrit la fenêtre de sa chambre et jeta un œil à l’extérieur. C’était calme. Il appela Shrek.

J’ai besoin de toi.
Pour faire quoi ?
Une fille qui traîne dans le quartier, masquée. Faudrait que t’ailles à sa rencontre, et moi je resterai dans les parages.
Ok. Quel coin ?
Je sais même pas… Je sors, je te dis. Descends, en attendant.

Et hop, le chef du Gang des Fables, avec Clochette, prit son envol, en direction de la limite la plus proche du quartier. Trois minutes plus tard, il repérait une silhouette qui pouvait correspondre à la description. Il envoya un message à Shrek pour donner l’adresse, et il s’installa sur le rebord du sommet d’un immeuble.

Va y avoir un peu d’animation, ma princesse.
Gling gling gling.
T’inquiète pas, elle nous causera pas d’ennuis.

Peu après, la silhouette massive de Shrek entrait dans le champ de vision de la demoiselle incognito, qui venait tout juste d’abattre un autre colosse. Mais celui-ci était d’une toute autre trempe. Quand elle fut suffisamment proche de lui, le Russe lança, avec son fort accent :

Alors, mademoiselle, on se promène ? Le quartier n’est pourtant pas une référence en matière de tourisme, surtout le soir. Du moins, pas pour les jeunes filles comme vous.

Elle qui cherchait le Gang des Fables savait-elle à quoi ressemblait le chef ? Penserait-elle avoir devant elle un membre du groupe ou, même, le chef lui-même ? Ou bien avait-elle obtenu quelques informations sur Wildcard et saurait donc qu’il avait une tête de mort sur le visage ? Les bras croisés, le colosse russe jaugeait la fille devant lui : athlétique, vêtue de ce qui pouvait s’apparenter à un costume de « super-héros », il y avait peu de chances pour qu’elle soit là par hasard. Menait-elle une enquête ? Avait-elle une vengeance personnelle à assouvir ? Ou bien souhaitait-elle être recrutée ? La méthode pouvait fonctionner, mais il doutait qu’elle soit là pour ça.

Elle a l’air pas mal, mais on voit pas bien.
Gling gling gling !
Je te taquine, Clochette, pas besoin d’être jalouse. Je sais que ça a été dur avec Abban, n’en rajoute pas parce que je regarde d’autres personnes. En plus, c’est vrai, on voit pas bien. Et si ça s’trouve, elle est moche sous son masque.

Ces paroles rassurantes ne suffirent pas à empêcher la fée de bouder. Mais ça lui passerait. Et pendant ce temps-là, dans les rues adjacentes, quelques hommes se réunissaient, en petits groupes, prêts à se précipiter vers le lieu de rencontre si besoin était. Mais le besoin ne s’en ferait sans doute pas ressentir : Shrek était plus fort qu’elle et, même si sa carrure ne l’indiquait pas, il était plutôt agile. Au pire, Wildcard descendrait et enverrait une petite dose de gaz soporifique. La demoiselle avait donc intérêt à se tenir à carreaux, si elle ne voulait pas avoir d’ennuis. Le risque était qu’elle soit balancée à la flotte, et qu’on ne retrouve jamais son corps…
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Message posté : Mar 25 Mar 2014 - 23:43 Message
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Les deux types auxquels Emma faisait face n'étaient décidément que de piètres brutes. Aucun sens de la communication, c'était navrant. Elle était venue masquée dans l'hypothèse où justement, elle se retrouverait face à ce genre d'individu et devrait utiliser ses aptitudes pour s'en débarrasser. Elle ne voulait pas être vue sous sa véritable identité en train de mettre à terre de manière rapide et efficace un homme de deux fois son poids. Car l'affrontement fut inévitable et une esquive suivie d'une clé de bras et d'un coup dans le genou suffirent à mettre à terre le malfrat pleurnichard. Emma voulut ensuite faire la morale au petit gars mais celui-ci s'enfuit. Oh, certes elle aurait pu le rattraper, mais elle préférait le voir fuir pour aller pleurnicher après du Gang des Fables -l'espérait-elle- afin qu'ils viennent enfin à sa rencontre.
Son plan jusqu'ici n'avait rien de détaillé, ni de raffiné d'ailleurs. Elle était certaine de pouvoir trouver Lena détenue par le Gang, restait à savoir dans quel état. L'organisation de Wildcard devait probablement gérer pas mal d'affaires dans le secteur, comme la prostitution ou toute autre activité davantage crapuleuse. Emma avait édité une liste de probabilités. Si enlèvement il y avait, ce n'était pas contre rançon (ou les parents n'avaient rien dit), la détective avait donc pour première mission de découvrir si le Gang pratiquait le trafic de personnes ou d'organes. Elle savait qu'elle misait un peu gros sur cette hypothèse, alors elle avait envisagé l'idée d'une fugue. Lena avait un copain qui selon ses amis semblait « louche », qui portait des vêtements amples et usés, avait des tatouages jusque dans le cou et portait de larges écarteurs sur ses oreilles, du genre à pouvoir influencer une adolescente et l'inciter à fuguer pour le suivre dans son délire de petit caïd des quartiers mal famés. Selon cette description Emma pensait que la gamine pouvait à son tour avoir rejoint le Gang, même si elle n'était pas encore certaine que son compagnon en soit membre : une autre piste à suivre. Fugue ou enlèvement, ce type était certainement mêlé à la disparition, bien qu'il eut été impossible de trouver un nom ou la moindre photo, même sur les réseaux sociaux.

Après avoir laissé fuir la petite frappe, Emma avait donc continué sa promenade nocturne, cherchant des visages, s'attendant à faire de nouvelles rencontres tout aussi amicales que la précédente. Et elle fut bientôt servie. Un type surgit d'une ruelle, armé d'une batte de baseball. Sérieusement ? Le fuyard n'avait trouvé que cela pour l'affronter... Avec son avantage en matière de rapidité, Vengeance n'avait eu qu'à lui asséner un coup de matraque sur le poignet au moment où il brandissait son arme. Furieux, il lui avait envoyé son poing valide dans la joue qu'elle tendait sans grande crainte : son pied à elle vint s'écraser sur les valseuses du pauvre gars. Un de plus à terre, même si elle n'était pas venue pour faire le ménage.
Emma passa sa main sur sa jour pour vérifier qu'il n'avait pas laissé de marque puis secoua lentement la tête. La douleur s'estompait déjà là où certains auraient nécessité un sac de glaçons. Elle était consciente que cela n'avait rien de légitime et n'éprouvait aucune fierté à mettre ce genre d'homme à terre. Ce qu'elle avait du mal à s'avouer, c'est qu'il était agréable d'avoir un combat concret à mener, tant qu'il était contre des individus à la morale douteuse. Elle n'eut de toutes façons pas le temps de s'interroger sur ses méthodes puisqu'elle remarqua un homme à la carrure massive non loin d'elle. Il était de loin le plus impressionnant qu'elle ait vu de la soirée et il s'approchait. Le déjeuner ?
Vengeance conservait sa matraque en garde, observant l'attitude du nouveau venu. Elle ne se sentit pas directement menacée : ce ne sont pas des coups, mais bien des mots qu'il lui adressa avec (cela l'amusa presque) le même accent que le patron du bar à caviar dans lequel elle se rendait parfois en Suisse. Son niveau d'éducation surpassait de loin celui de tous ceux qu'elle avait croisé dans le coin auparavant. Pourtant il ne faisait qu'avoir une apparence polie. Et il ne mentionnait pas le Gang des Fables. Cela voulait-il dire qu'il en était un représentant ? En tous cas elle entendait au ton de sa voix qu'il cherchait à savoir ce qu'elle faisait ici. Elle n'allait pas le décevoir.


« Ils ne parlaient pas assez des Marais dans le Wikipédia de la ville. Je m'intéresse à l'économie locale. Il paraît qu'elle est gérée par un certain Wildcard ? »

Emma n'en savait pas beaucoup sur Wildcard, à part qu'il était le baron du crime local. Le simple fait de prononcer ce nom ferait-il réagir son interlocuteur ? Elle ne lui en laissa pas le temps, car du temps, elle en avait assez perdu. Elle voulait des réponses, quitte à faire preuve d'une once de culot.

« Car je suis venue négocier... Pas de la manière dont les types qui traînent par là négocient, ça manque de tact. Je souhaite savoir ce qui est arrivé à quelqu'un, ici. Et j'ai entendu dire que le Gang des Fables est lié à tout ce qui se passe dans le secteur. Je doute qu'on m'ait menti. »

De sa main libre (elle gardait sa matraque prête, au cas où), Emma saisit une photo de Lena dans une poche plaquée contre son flanc. Elle la tendit à son interlocuteur pour qu'il la prenne tout en sachant qu'il y avait de fortes chances qu'il nie l'avoir vue. Et si c'était le cas, elle aviserait, ou sa matraque le ferait. Mais elle espérait qu'il lui offre une opportunité de négocier de manière civilisée. On pouvait toujours rêver...
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Message posté : Jeu 27 Mar 2014 - 23:00 Message
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Si la jeune femme ne se montrait pas plus inquiète que ça à la vue d’un gaillard comme Shrek, elle n’en lâcha pas pour autant sa matraque. Et c’est d’une voix assurée qu’elle nomma directement celui qui contrôlait le quartier. Et alors que le Russe demeurait impassible, Wildcard se pencha un peu avant, pour être sûr de ne pas en rater une miette. Ainsi, elle était bien venue pour le rencontrer. Pour ça, elle n’allait sûrement pas être déçue. La manière dépendrait de son attitude… Et elle parla de « négocier ». Négocier ? Ainsi, elle devait avoir quelque chose à offrir… Car c’était bien le but d’une négociation, non ? Proposer quelque chose en échange d’autre chose ? Jake n’était pas un as en commerce, mais il était à peu près sûr que ça fonctionnait comme ça. Surtout sur son territoire. Ou du moins, ceux qui y venaient avaient tout intérêt à avoir quelque chose à offrir…

Et ainsi, elle les accusait presque d’avoir enlevé quelqu’un. Ou du moins d’être au courant d’un rapt dont la victime aurait été conduite dans les Marais. C’était une assertion grave, qui méritait une punition si aucune preuve n’était apportée… La fille s’approcha de Shrek, lui tendant une photographie. Il n’avait pas bougé, il était bien conscient que si elle l’attaquait, il pourrait prendre le dessus, et ce même si elle avait soudain sorti une arme à feu. Après quelques secondes, le Russe prit l’image et l’observa à la vague lueur d’un réverbère. S’il le reconnaissait, il n’en montrait rien. Un instant un après, il tendait le bras vers le haut, brandissant la photo, et il attendit.

Clochette, tu vas me la chercher, s’il te plaît ?

Et même si elle était en train de bouder, la fée s’exécuta. Un point de lumière tomba donc du ciel, faucha la photo dans la main de Shrek, et remonta aussi sec pour la remettre au leader du Gang des Fables. Et elle resta juste à côté pour qu’il puisse voir le visage… d’une adolescente. Ah, ainsi, c’était une adolescente qui avait été enlevée, et la piste avait mené jusqu’aux Marais. Jake prit son téléphone portable, prit une photo du cliché, et l’envoya ensuite directement à Maléfique. En bas, Shrek, les bras croisés, prit la parole :

Qu’est-ce qui vous fait croire que cette demoiselle est dans le quartier ? Star City est une grande ville. Vous êtes une sorte de détective ? Qui mettez un masque la nuit pour aller faire la justice ?

Clochette redescendit et vint se poser sur l’épaule du colosse, qui lui reprit la photo avant de la tendre à la femme masquée.

Gardez-la, vous pourriez en avoir encore besoin, fit-il, avant de croiser de nouveau les bras. Si jamais elle est bien dans le quartier, n’ayez crainte, elle sera retrouvée.

Il ne précisa pas dans quel état, parce que le Gang ne contrôlait pas chacun des individus qui vivaient dans les Marais. Tous avaient leur volonté propre, et cette volonté propre se salissait volontiers quand la drogue et l’alcool s’en mêlaient. Et le trio pouvait alors se compléter quand arrivait… Le sexe. Vingt-cinq mètres au-dessus, Jake reçut un message d’Aurora, qui confirma avoir trouvé la fille disparue sur des images de la vidéo-surveillance. Elle était donc bien dans le coin. Avec légèreté, il sauta dans le vide, et pour atterrir en toute délicatesse derrière la damoiselle.

Vous voulez négocier quoi ? lança-t-il.

Tout de noir vêtu, capuche sur la tête, mains dans les poches, seul ressortait le blanc de son maquillage, cette tête de mort qui était sa particularité. Clochette quitta l’épaule de Shrek pour rejoindre celle de Wildcard, qui se tenait à cinq mètres de la fille. Il n’y avait aucune attitude hostile, de la part d’aucun des deux membres du Gang des Fables. Parce qu’ils avaient beau être des criminels, il était tout de même des gentlemen. Du moins, tant que la situation le permettait. La seule hostilité avait été montrée par les minables qui l’avaient accueillie, mais c’était parce qu’ils étaient l’un comme l’autre dépourvus de tout sens de la réflexion. Le genre d’individus utiles pour les basses besognes ou pour aller se faire ouvrir la tête en première ligne.

C’était à elle de parler. Et si elle n’avait pas reconnu Wildcard, il n’allait certainement pas se présenter. Un peu comme dans un jeu, il allait simplement attendre de voir si elle se convainquait que c’était bien lui, ou si elle restait dans l’incertitude devant ce drôle d’individu censé contrôler tout un quartier de Star City. Shrek, en bon slave, restait de glace. Et même s’il aurait préféré être en train de se préparer un bon petit repas en dégustant un verre de vin rouge français, il était bien là, au service de Jake, du Gang, face à une intruse qui avait intérêt à savoir ce qu’elle faisait.
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Message posté : Ven 28 Mar 2014 - 14:41 Message
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L'homme à la large carrure avait pris la photo, ce faisant Emma s'attendait à ce qu'il lui dise si oui ou non il reconnaissait la demoiselle. Mais au lieu de cela, il tendait l'image en l'air. Vengeance ne put s’empêcher de resserrer la poigne sur son arme en le voyant engager un mouvement. Mais à sa grande surprise, il restait ainsi, bras en l'air, jusqu'à ce qu'un étrange phénomène se produise. Elle avait certes grandit à Star City, mais ne se doutait pas de l'incommensurable probabilité de phénomènes qui pouvaient se produire dans une simple rue. Ici, c'était une chose lumineuse qui volait jusqu'à la photo pour la prendre et l'emporter plus loin. Fascinée, Emma la suivit du regard, ne se préoccupant plus de son interlocuteur pendant quelques instants. La petite chose était si rapide et discrète qu'elle la perdit rapidement de vue, reportant son attention sur l'homme qui lui faisait face, avec un regard interrogateur. Elle avait soudain envie de lui demander ce qui venait de se passer mais ça n'aurait pas été très professionnel. Cela lui donnait au moins une information sur la situation : ils n'étaient pas seuls et quelqu'un les observait.
Après cette brève intervention, le costaud lui répondit enfin, mais par des questions. Rien qui ne lui donne plus d'informations sur Lena. Soit il détournait la conversation, soit il ne savait rien de l'adolescente. C'est ce qu'Emma devrait déterminer, tout en souriant lorsqu'il lui demanda si elle était une détective. Avait-elle un profil aussi cliché que ça pour être ainsi cataloguée ? Bon, en même temps, il n'avait pas tord. Mais Vengeance ne perdait pas contenance pour autant et récupéra la photo que la petite créature venait rapporter pour la remettre dans sa poche. Puis l'homme la rassura par des paroles étonnamment sympathiques. Il lui disait que Lena serait retrouvée... Mais comment ? Était-ce un avertissement ? Emma souhaitait rester prudente et ne pas prendre pour acquis ce qu'elle venait d'entendre.


« Croyez moi, si je suis venue jusqu'ici ce n'est pas pour vous déranger. Cette fille est dans le quartier, mes sources sont fiables. Quant à moi, une détective ? Vous me flattez. Je donne simplement un coup de main, et le masque est en vogue à ce qu'il paraît. »

Elle hésita à pousser l'argumentaire jusqu'à raconter qu'elle vivait dans le quartier et ne voulait pas être reconnue, mais cela aurait rimé avec pousser le bouchon un peu trop loin. De toutes façons elle n'aurait pas eu le temps d'en dire plus puisqu'une voix venue de derrière l'interrompit. Une question simple et pleine de sens fut formulée, poussant Emma à se retourner en un claquement de doigt. Un homme dont le maquillage ne passait pas inaperçu lui faisait face. En plus de cette tête peinte pour dessiner un crâne, il portait une capuche, et une tenue entièrement noire. La nouvelle mode gothique ? Ou bien autre chose ? Elle avait eu le temps de voir ses pieds se poser délicatement au sol et n'avait entendu aucun bruit de pas. Deuxième phénomène étrange de la soirée, et en parlant de ça, la petite créature vint sur son épaule, indiquant à Emma la forte probabilité que ce soit à lui qu'elle ait apporté plus tôt la fameuse photo. La situation devenait intéressante. Fixant le visage aux peintures mortuaires, Emma repensa à sa dernière phrase.

« ...Le maquillage aussi... A qui ai-je l'honneur? »

Le nouvel arrivant avait directement évoqué les négociations en faisant son apparition. Il avait l'air de ne pas parler pour ne rien dire, certainement quelqu'un qui savait quelque chose, ou qui faisait partie du Gang des Fables. Se pouvait-il que son accoutrement soit en rapport avec sa place dans la hiérarchie ? Se pouvait-il qu'il soit Wildcard ou une sorte de bras droit ? Les personnes qu'elle avait interrogé quelques jours avant ne semblaient pas enclins à délier leur langue à ce sujet alors Emma évoluait dans le flou. Quelque chose lui disait que les réponses finiraient par venir d'elles-même alors autant poursuivre son enquête. Elle ne ressentit pas pour autant le besoin de ressortir la photo de Lena, cela confirmerait si oui ou non la petite créature l'avait apportée à celui face à qui elle se tenait.

« Ce que je veux négocier dépend de l'aide que vous pouvez m'apporter. Votre Gang -j'imagine ne pas me tromper en affirmant cela- n'a pas très bonne réputation. Celle-ci s'améliorerait sûrement si vous m'aidiez à retrouver ma jeune amie, celle sur la photo. »

Emma pensait toujours que le Gang des Fables était lié à la disparition et songeait ici à leur laisser une porte ouverte. Elle était loin de réaliser qu'elle pointait du doigt les mauvais individus et que cela pouvait à juste titre les vexer, mais quand on se fait appeler « Gang » il faut s'attendre à ce que l'on s'en fasse une image proportionnelle à ce qu'inspire ce mot.
Et dans l'impulsion du moment, Vengeance commença une phrase qu'elle interrompit rapidement en réalisant qu'elle mettait un pied hors de la zone de confort dans laquelle elle s'était installé pour le moment:


« Sinon... Euh, j'imagine que nous n'avons pas besoin d'envisager un « sinon », n'est-ce pas ? »
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Message posté : Ven 28 Mar 2014 - 23:20 Message
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« Ne pas déranger ». La demoiselle avait une drôle de manière de « ne pas déranger », elle qui s’aventurait dans un quartier en cherchant quelqu’un, quelqu’un qu’elle était sûr d’y trouver, et quartier contrôlé par un chef de Gang qui aimait bien savoir tout ce qui s’y passait. Et donc, avec son « masque en vogue », elle ne dérangeait pas, elle faisait juste un peu de bénévolat pour un commanditaire mystérieux… Bénévolat ? Non, mieux valait pour elle qu’elle soit payée alors qu’elle s’aventurait dans les Marais. Shrek demeura impassible alors que la demoiselle pivotait pour faire face à Wildcard, qu’elle ne reconnut pas. Normal si elle ne l’avait encore jamais vu, mais si elle s’attendait à ce qu’il se présente, elle pouvait toujours courir. Elle avait eu exactement la réaction attendue, l’occasion idéale donc pour jouer un peu avec elle.

Quand elle reprit la parole, alors que Wildcard était resté immobile, neutre et silencieux, ce fut pour se permettre une petite note d’humour involontaire. Car après avoir parlé d’une quelconque aide qui pouvait lui être apportée, elle remarqua que le Gang ne devait pas avoir une bonne réputation, et qu’elle était en mesure d’aider à l’améliorer si par hasard la fille était retrouvée avec le concours de ses membres. Le leader n’eut absolument aucune réaction. Le Russe, en revanche, éclata de rire, un rire tonitruant qui résonna dans le silence de la rue. Il dut même s’éloigner un peu pour se calmer. Alors que la vengeresse masquée soulignait l’inutilité d’un « sinon ». De longues secondes s’écoulèrent sans que rien ne soit dit, et alors que Shrek reprenait son sérieux. Et puis…

Le Gang des Fables a une certaine réputation. Qu’elle soit bonne ou mauvaise dépend des points de vue. Du vôtre, elle n’est pas très reluisante, je dois en convenir. Du mien… je dois dire que je n’ai pas à m’en plaindre. Après tout, nous n’exerçons pas nos activités pour nous attirer les remerciements des pauvres citoyens de Star City…

Le ton, toujours neutre, n’avait pour autant pas été monocorde. Parfaitement articulé, il avait été prononcé par le personnage, celui qui parlait peu, mais toujours à bon escient, à mots choisis… Le colosse ayant retrouvé sa contenance, après une franche rigolade, prit le relai.

Votre « jeune amie » serait donc dans le quartier ? Intéressant. Je serais curieux de savoir quelles sont vos sources fiables. Je dois avouer que j’en manque cruellement, surtout par ici…

Il poussa un soupir exagéré.

Mais comme l’a souligné mon camarade, que souhaitez-vous négocier ? Ne me faites pas croire que vous êtes venue avec la seule intention, en sus de retrouver la demoiselle disparue, d’aider le Gang des Fables à avoir une meilleure image. Vous êtes plus intelligente que ça.

Ce n’était pas de la flatterie, simplement un constat. Sauf que l’intelligence était plutôt mal utilisée par sa détentrice : elle s’était quelque peu emmêlée et avait même manqué de se fourvoyer en proférant une menace…

Qu’aurait-on réellement à gagner, si d’aventure nous vous « aidions » ? Car seule une contrepartie positive pourrait nous amener à réfléchir. Toute proposition débutant par « sinon » d’une, serait parfaitement mal venue, de deux, devrait être particulièrement solide pour peut-être faire flancher nos certitudes.

Seule dans un quartier mal famé, elle partait perdante. Et si ça dégénérait, elle aurait de la chance de partir indemne. Ni Shrek ni Wildcard n’avait l’intention de porter la main sur elle, tous deux respectaient trop les femmes pour envisager de leur faire du mal, mais il y avait dans les environs des individus avec des principes beaucoup plus vacillants, voire fluctuants, sur à peu près tous les sujets ayant trait à la tolérance, la bienséance, ou tout ce genre de bêtises. Wildcard décida de conclure en répétant la question, d’un ton ferme, indiquant ainsi qu’il avait besoin d’une réponse claire.

Vous offrez quoi ?

De manière générale, il y avait assez peu de choses susceptibles d’être vraiment intéressantes. Le Gang possédait des millions de dollars, des dizaines de biens immobiliers, des moyens technologiques avancés, et tout ça était contrôlé par une équipe soudée, aux talents divers. Le sort de Lena Samuels dépendait donc de la capacité d’une enquêtrice masquée à se sortir d’un dialogue avec le Gang des Fables. S’il y avait quelque chose qui pouvait faire pencher la balance, qui toucherait la corde sensible de Jake, c’était peut-être le jeu… Un défi, il ne pouvait refuser. Mais il fallait pour ça qu’elle découvre sur quel terrain s’aventurer. D’autant qu’étant repérée, elle n’avait plus aucune chance de mener son enquête dans les Marais sans avoir en permanence les petites frappes de Wildcard sur le dos…
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Message posté : Lun 31 Mar 2014 - 0:55 Message
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L'homme à la tête de mort marquait un point. Emma avait été maladroite en proposant une négociation positive plutôt qu'une menace, bien que cette dernière idée n'aurait pas plus fait avancer les choses. Le rire de l'homme à l'accent russe la déconcerta. Elle essayait de ne pas montrer son agacement face à une telle réaction et se concentrait donc sur le mystérieux individu qui n'avait pas eu la politesse de se présenter comme demandé. La réputation de son Gang lui convenait. Il utilisait l'adjectif « pauvres » pour parler des citoyens de la ville. Et d'après le peu d'informations dont disposait la détective, la joyeuse troupe de criminels faisait aussi dans le cambriolage. Alors une idée commença à germer dans sa tête. Un leurre dont elle disposait mais qui servait principalement à protéger sa double identité. Si la situation s'envenimait trop, elle leur offrirait réellement de quoi négocier. Mais elle espérait ne pas en arriver là car c'était à l’œuf de Fabergé présent dans sa famille depuis des générations auquel elle songeait. Et au GPS qui y était incrusté.
Pour le moment, elle devait se focaliser sur les options présentes sur le terrain. Et maintenant que l'homme en noir venait de casser sa proposition, son imposant collègue s'y mettait : il ne riait plus, mais il continuait de se payer sa tête. Emma gardait la tête haute et ne manifesta pas le moindre haussement de sourcil lorsqu'il évoqua son intelligence. Elle savait qu'elle venait en terre inconnue mais insouciante, elle s'était dit qu'elle improviserait quelque chose, que pour une fois qu'une enquête lui offrait une potentielle poussée d’adrénaline, elle ne devait pas s'arrêter uniquement parce que le danger serait potentiellement supérieur à ses pouvoirs. Pouvoirs dont elle ne connaissait pas les limites. Alors elle hésitait. Menacer de donner du grain à moudre au Daily Herald ne serait probablement pas suffisant puisqu'elle n'avait pour l'instant que trop peu d'informations su le Gang des Fables. Et ils avaient ce qu'elle cherchait, cela les rendait maîtres de la situation. Si elle se dégonflait, tout était fichu. Elle devait terminer ce qu'elle avait commencé.

Son temps de réflexion n'allait pas l'avantager. Le fait de conserver son assurance en revanche lui faisait marquer des points. Et quand l'homme au maquillage semblait perdre patience et reposant sa question, elle soupira, baissant la tête quelques secondes. Puis elle la releva en raccrochant sa matraque à sa ceinture, avec un mince sourire.


« Ma gratitude, mais elle vous serait inutile. Alors dites moi ce qui vous plairait, si bien sûr vous êtes en mesure de me conduire jusqu'à la demoiselle. »

Ils semblaient vouloir tout contrôler par ici, alors autant se prendre au jeu et leur laisser le choix des termes de la négociation. Elle regarda tour à tour les deux hommes pour jauger leur attitude puis fixa le russe plusieurs secondes pour le détailler de haut en bas, avant de se retourner vers celui dont le visage inspirait la mort. Elle tenta de sonder son regard mais il était difficile de ne pas se laisser distraire par le maquillage. Ainsi paré, il ne lui inspirait que la froideur avec laquelle il s'exprimait. Cela lui rappelait un homme qu'elle n'avait que trop bien connu. Ce ton ferme, cette attitude glaciale, la manière dont il s'était comporté la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Charles Thompson avait changé de visage lorsqu'elle avait découvert la société secrète dont il était membre honoraire et le sérum qu'ils administraient aux privilégiés. Elle l'avait pourtant connu amical et généreux, presque sincère. Preuve que les hommes changent lorsqu'on touche à leurs affaires privées.
Emma se demandait donc si elle pouvait appliquer la psychologie inversée et partir du personnage qui lui faisait face pour découvrir l'homme. Ce maquillage n'était pas un truc de gang, son collègue se montrait sous son vrai visage, il y avait donc une signification propre, comme une énigme à déchiffrer. Il en allait de même avec son identité, qu'il avait refusé de décliner. Était-ce simplement pour intimider ? Ou pour se donner à soi-même de l'assurance en arborant les traits d'une chose que la plupart des gens craignent ? En tous cas, Vengeance lui montrait clairement que ce genre d'apparat ne fonctionnait pas avec elle en soutenant son regard. Il n'y avait là aucune provocation, simplement le signe qu'elle ne se sentait pas en danger direct et qu'elle était déterminée à venir à bout de cette conversation avec des réponses. D'ailleurs, elle s'offrait le luxe de poser une autre question, maintenant que cela l'intriguait. Sa voix avait quelque chose d'innocent, pour lui faire entendre qu'il ne s'agissait pas d'une nouvelle provocation.


« Pourquoi une tête de mort ? »
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Message posté : Mar 1 Avr 2014 - 0:42 Message
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En dehors de sa « gratitude », qui était sûrement la dernière chose qu’un gang de criminels espérait obtenir d’une demoiselle soucieuse de rendre service, il s’avérait qu’elle n’avait… rien à proposer. Si Wildcard avait été du genre à montrer ce qu’il pensait ou ressentait, il aurait soupiré d’agacement. Au lieu de ça, il demeura impassible. Et si jamais elle espérait, à la lueur des réverbères, lire quelque chose dans son regard, elle pouvait s’accrocher. Même à la lumière du jour, elle n’aurait pas pu découvrir quoi que ce soit. Elle avait devant elle un maître bluffeur, un homme qui pratiquait le poker et savait exactement transmettre ce qu’il voulait à ses concurrents. Mais là, il était clair que la jeune femme n’avait aucune carte de valeur en main. Aucun atout. C’était trop facile, ennuyeux. Il ignora totalement la question, à se demander s’il l’avait entendue, et s’adressa à Shrek :

Tu peux y aller.

Le colosse, sans demander son reste, pivota et s’en retourna tranquillement vers l’As de Pique, pour aller sans doute se préparer un sandwich digne de ce nom. Ainsi ne resta-t-il que deux personnes dans la rue. Une femme masquée visiblement assez peu sûre de ses possibilités, et le patron du quartier, qu’elle avait peut-être enfin reconnu, à sa manière de dire au colosse qu’il pouvait partir. Et si jamais elle hésitait encore, et bien, tant pis pour elle. D’ailleurs, Wildcard l’observa encore quelque secondes, avant de finalement tourner les talons. Il n’avait pas l’intention de s’envoler, il voulait juste s’éloigner. Peut-être trouverait-il de l’animation un peu plus, quelque chose d’intérêt, puisque son interlocutrice du soir n’avait pas l’air de vouloir lui procurer de l’excitation. Pas de défi, pas de possibilité pour elle d’obtenir des informations…

Suis-moi de loin, on va voir si elle me rattrape, dit Jake à Clochette, qui prit son envol.

Il sortit son portable et envoya un message à Maléfique pour demander si elle était sur le coup. Elle répondit brièvement qu’elle cherchait à localiser la disparue tout en suivant d’un œil les déplacements de son boss et de la féline vengeresse. Pendant ce temps-là, Prof s’était aventuré dans les établissements les plus malfamés du quartier, à la recherche de l’adolescente. Un homme de petite taille et d’un certain âge, c’était une proie facile, mais tous les potentiels prédateurs, pourtant, préféraient ne pas s’en approcher, le risque d’en subir les conséquences étant trop important, ça n’en valait pas la chandelle. De toute manière, Prof avait cette faculté à parler tellement que ses agresseurs auraient fini par mourir d’ennui.

Après quelques minutes, Wildcard finit par s’arrêter juste devant un bar, probablement l’un des moins miteux du coin. Il fit signe à deux loubards installés à une table en terrasse de dégager, ce qu’ils firent sans demander leur reste. Quand il fut assis, un serveur accourut aussitôt. La trentaine, plutôt bien habillé, il tranchait presque dans le décor. Aux tables voisines, les conversations s’étaient tamisées. La plupart des gens présents habitaient dans le quartier, et ils n’avaient pas tous rencontré Wildcard, mais son maquillage suffisait en général à dissuader quiconque de le déranger. Il n’était pourtant pas méchant, mais la réputation était une arme suffisante. Après avoir demandé un simple Coca, il fit signe à la fille rencontrée un peu plus tôt, qu’il aperçut un peu plus loin. Qu’elle ait cherché à le suivre ou se soit laissée porter dans le coin par hasard, qu’importait.

Joignez-vous à moi ! lança-t-il. On sera sûrement bien mieux pour discuter !

Quand elle fut un peu plus proche, il désigna l’autre place.

Peut-être que si vous me parlez un peu de la fille qui a disparu, ça deviendra plus clair. Vous buvez quoi ?

Si elle se sentait menacée, il n’y avait pourtant aucune hostilité ni dans les paroles, ni dans le ton. Mais de là à ce qu’elle se sente totalement en sécurité, il y avait un grand pas qui n’était pas encore franchi. Après tout, si on excluait les quelques clients un peu fauchés, la plupart des mecs présents avaient le physique de taulards et certains avaient même réellement fait de la prison.

Moi, je n’ai besoin de rien. Rien que vous ne puissiez m’offrir, en tout cas. Vous venez ici, dans mon quartier, en espérant retrouver une adolescente, qui a peut-être fugué, qui a peut-être été kidnappée, rien n’est certain, et vous vous attendez à… quoi ? Une coopération ? Un échange de bons procédés ? Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.

Il prit le temps de boire une gorgée de coca, avant de poursuivre.

Vous avez dû remarquer, mais sans doute le saviez-vous déjà, que les forces de « l’ordre » sont absentes. Ce n’est pas un hasard. Il y a eu quelques tentatives d’intrusion, mais elles en sont toutes restées au stade de tentatives…

Et sur ces derniers mots, il se tut, pour siroter tranquillement son soda. Il était rarement aussi bavard, il ne fallait donc pas s’attendre à ce qu’il parle plus. Il avait de toute manière distribué les cartes, à elle d’exploiter celles qu’elle avait en main.
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Message posté : Mar 1 Avr 2014 - 14:30 Message
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Le silence de l'homme à la tête de mort était décevant. Emma se serait au moins attendue à ce qu'il lui propose un marché qui la désavantagerait et qu'elle ne pourrait décemment pas accepter, mais rien de cela. A vrai dire, il était totalement impassible, et s'il ne répondait pas non plus à la question sur son maquillage, Vengeance pouvait tout de même se faire une nouvelle idée du personnage : les morts ne son pas très bavards et encore moins réactifs. Peut-être était-ce donc une peinture pour mettre en garde ceux qui lui faisaient face de sa froideur.
Elle craignait donc d'échouer les négociations, surtout lorsqu'il dit à son collègue à la large carrure de partir. C'était fini. Elle lança un dernier regard interrogateur à l'homme maquillé, sans rien percevoir dans ses yeux à lui, puis avant qu'elle ne trouve quelque chose à dire, il s'en allait.
Emma resta donc plantée ici, apparemment seule et sans solution de secours. Elle repensa à la manière dont il s'était exprimé en parlant au colosse : un ordre simple et concis, qui avait été exécuté aussi sec. Vengeance observa la silhouette sombre s'éloigner. Était-ce possible qu'il s'agisse de Wildcard en personne ? L'ordre donné à un homme de main, le maquillage, la manière d'être et le fait qu'il soit arrivé de nulle part. Elle demandait confirmation, et pour l'obtenir, elle longea les murs à pas de chat, restant à bonne distance de lui. Quitte à ne pas être venue ici pour rien, autant glaner des informations sur le Gang des Fables.

Sa filature la conduit non loin d'un bar où elle assista à une scène étrange. Il suffisait au supposé chef de gang de faire un signe pour que des clients à l'air peu commode libèrent la table. Elle savait au moins qu'elle n'avait pas affaire à n'importe qui, puisque même l'ambiance du lieu s'était relativement calmée. Emma décida donc de s'approcher un peu plus, sa silhouette révélée par l'éclairage d'un réverbère. Et, à sa grande surprise, l'homme la remarqua puis l'invita à le rejoindre sur un ton moins froid que celui emprunté jusqu'à maintenant. S'agissait-il d'un piège ? Les individus présents ne lui inspiraient pas vraiment confiance. En revanche, ses pouvoirs, eux, lui faisaient garder confiance en elle. Alors, curieuse, elle ne put résister à l'invitation puis s'approcha, s'installant face à lui suite à son signe. Il semblait même l'inviter à consommer et lorsque le serveur (qui jurait avec le reste du décor, ça en était presque suspect) passa par ici, elle lui demanda un Perrier.
Elle ne sirota pas de suite sa boisson, trop curieuse d'écouter ce que l'homme à la tête de mort avait à lui dire puisqu'il se décidait enfin à devenir plus bavard. Ses paroles confirmaient peu à peu son identité puisqu'il désignait enfin ce quartier comme le « sien ». Mais il n'y avait rien de positif dans ce qu'il disait, plaçant la cerise au sommet du gâteau en précisant que la police n'avait aucune chance par ici. Voulait-il dire par là qu'elle était seule et livrée à son propre sort, tout comme la pauvre Lena ? Emma commençait à se demander si les parents de la gamine n'avaient pas omis quelques détails en la contactant. Savaient-ils qu'elle était dans les Marais et que la police n'irait donc jamais la chercher pour eux ? Avaient-ils caché d'autres détails ? Il aurait été stupide de ne pas tout lui dire, elle espérait ne pas faire fausse route sur ce coup-là.

Avant de répondre, Emma se désaltéra, non sans avoir jeté un coup d'oeil à l'intérieur du verre au préalable. De toutes façons, si la boisson contenait du poison, elle s'en remettrait. Mais elle doutait que le chef de Gang ait besoin d'avoir recours à ce genre de solution. Quoique, comment la police avait-elle été repoussée ? Le sujet intéressait Emma.


« Et que leur avez-vous fait, aux forces de l'ordre ? »

Commençant à cerner le personnage, elle avait des doutes quand à l'espoir d'obtenir une réponse claire à sa question. Elle jeta tout de même un coup d'oeil à la clientèle du bar avant de discrètement vérifier qu'elle était toujours en possession de sa matraque. Et, n'attendant pas vraiment de réponse à sa question, elle enchaîna pour directement lui parler du cas Lena.

« Nous parlions de réputation tout à l'heure. Vous vous imaginiez vraiment que je n'allais pas faire le lien entre le Gang des Fables et la disparition de cette enfant ? Vous n'avez apparemment que peu de considération pour le bien-être des citoyens de cette ville. Alors qui me dit que vous n'attirez pas des âmes fragiles dans votre quartier, à l'abri de la police, pour leur infliger Dieu-ne-sait-quoi ? »

Le ton de Vengeance exprimait clairement son ressenti, elle ne supportait pas l'injustice et sentait que cette dernière infestait le quartier. Mais elle tentait de rester objective dans le but d'achever son enquête. Il ne faisait pas bon s'éterniser ici alors autant ne pas se faire provocatrice. Il fallait faire comprendre à Wildcard qu'elle n'était qu'un intermédiaire, quitte à broder un peu et à « enjoliver » l'histoire -ou l'inverse.

« Cette gamine est complètement naïve, mais elle ne mérite pas pour autant ce qui lui arrive. Et même si par miracle vous n'étiez pas responsables de sa présence ici, ses parents son prêts à n'importe quoi pour la retrouver. On m'a demandé de me charger de ça avant que ça ne dégénère vraiment. Ce n'est pas de moi que vient la principale menace. »

Vengeance semblait convaincue dans le ton qu'elle utilisait. Elle avait toujours détesté le poker pour sa part, à l'inverse de son père qui avait absolument voulu lui apprendre à en maîtriser les combines. Alors elle savait mentir dans de moindres mesures, tant qu'il y avait une part de réalité dans ce qu'elle disait. Et les Samuels lui avaient proposé une coquette somme pour retrouver leur fille. Si elle avait pour le moment réussi à éviter d'avoir à leur annoncer que leur fille était peut-être aux mais d'un gang (elle n'avait fait qu'évoquer la piste des Marais et disait y mener une investigation discrète), elle ne pourrait plus esquiver le sujet pendant longtemps, ils avaient posé un ultimatum et se faisaient pressants. Alors vu leurs moyens financiers et leur détermination, rien n'indiquait qu'ils ne soient pas prêts à engager une escouade d'hommes de main pour faire une descente dans les Marais et liquider quiconque ne serait pas en mesure de leur livrer Lena.
Bien sûr, à ce niveau-là d'hypothèse, Vengeance faisait quelque peu marcher son imagination, mais en y repensant, cela n'était pas complètement improbable. Car si sa propre mère avait toujours été contre l'acharnement thérapeutique et la médecine brutale lorsqu'elle était une enfant malade, tous les parents n'étaient pas aussi fidèles à leurs convictions lorsqu'il s'agissait de la vie de leur enfant. Et certains étaient prêts à tout pour protéger ou même venger la vie de leurs chères têtes blondes.
Alors autant jouer sur ce créneau. Emma but une nouvelle gorgée de Perrier et posa délicatement son verre avant de prendre un air grave et d'utiliser un ton désolé, qui n'avait rien de menaçant.


« Si ses parents venaient à savoir, vous et le Gang des Fables seriez en danger, Wildcard. »

Elle ne savait pas comment il interpréterait cette affirmation, mais elle espérait que le fait d'avoir prononcé ce qu'elle pensait être son pseudonyme le conduirait à réfléchir. Son maquillage le rendait-il à ce point inatteignable, sa confiance en sa domination du quartier était-elle absolue ? Ou se pourrait-il qu'il considère réellement les propos de Vengeance ?
Quoi qu'il arrive, Emma se tenait prête à affronter son courroux. Elle ne le connaissait pas assez pour savoir s'il était oui ou non quelqu'un de susceptible, mais si c'était le cas, elle craignait qu'il n'entende ses propos comme une menace directe. Raison pour laquelle elle avait essayé d'expliquer que sa présence ne servait qu'à tenter d'éviter le pire. Elle s'était même surprise en mettant en garde Wildcard comme si elle avait cherché à les protéger, lui et son gang.
Elle lui montra finalement qu'elle n'avait rien à ajouter en posant ses lèvres sur son verre pour se mettre à boire lentement son Perrier.
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Message posté : Jeu 3 Avr 2014 - 0:18 Message
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Wildcard aurait pu bailler. Mais il se retint. Ce qui ressortait des paroles de la demoiselle au masque, c’était le potentiel danger que représentaient les parents. Peut-être avaient-ils les moyens d’être menaçants, mais la menace était plus un moyen d’exciter le leader du Gang des Fables que de le dissuader. Sans un peu de risque, la vie serait d’un ennui mortel. Et en parlant d’ennui mortel, il nageait en plein dedans. Son interlocutrice était arrivée dans les Marais avec l’idée préconçue que le Gang était responsable de la disparition d’une adolescente. Et une matraque. Rien de plus, rien d’exploitable, d’autant qu’elle se rendait compte de qui était le personnage face à elle. Elle l’avait enfin reconnu, et il y avait eu dans son affirmation un certain poids, comme si elle avait cherché à lui montrer, en sachant très bien qui il était, qu’elle pouvait faire pression sur lui, le déstabiliser.

Dans sa poche, il sentit son téléphone vibrer. Il le sortit donc, s’octroya une gorgée de coca, et lut rapidement le message envoyé par Maléfique. Ainsi, Prof était parvenu à retrouver la fugueuse-enlevée. Et il semblait qu’elle avait servi de cobaye pour une substance illicite. Après quoi, le petit homme du Gang l’avait… laissée où elle était. En attendant simplement les consignes du boss. Ce dernier envoya un message en réponse, demandant une photographie de la fille. Puis il posa son téléphone sur la table. Après quelques secondes à observer la justicière, il prit la parole.

Si les parents sont si désespérés, si… décidés à employer tous les moyens en leur possession pour retrouver leur gamine, pourquoi est-ce qu’ils vous ont envoyée, vous ? Si vous êtes la meilleure dans votre domaine, je trouve que vous avancez beaucoup à tâtons, avec trop peu d’éléments… Et s’ils ont les moyens de me mettre « en danger », pourquoi n’envoient-il pas la cavalerie ? La police ne s’aventurerait pas par ici. Le FBI a autre chose à faire. La Légion des Étoiles ? Laissez-moi rire. Des organismes privés ? Ce serait la meilleure solution, sans doute, mais personne ne connaît aussi bien le quartier que moi et mes camarades.

Autrement dit, les Marais pouvaient devenir un véritable dédale pour qui s’y précipiterait. Le téléphone vibra. Wildcard y jeta un œil. Lena Samuels, reconnaissable d’après la photo montrée un peu plus tôt, était étendue sur un lit, visiblement inconsciente, pâle, transpirante, avec ce qui ressemblait à des piqûres dans le bras. Il détailla un peu plus l’image, impassible. Il renvoya un message pour demander comment elle s’était retrouvée là, avant de reposer, nonchalamment, l’appareil près de son coca.

Pourquoi n’appelez-vous donc pas les parents pour leur demander comment va se dérouler la suite des opérations ? Je suis certain qu’ils attendent plus qu’impatiemment de vos nouvelles. Peut-être même sont-ils prêts à mettre la machine en branle dès que vous leur direz où elle se trouve exactement… Mais vous ne savez pas où elle se trouve exactement, c’est votre problème. Vous spéculez. Peut-être n’est-elle même pas dans les Marais…

Ça, c’était un petit coup de bluff gratuit, sans intérêt, pour le fun. Il lut le nouveau SMS envoyé par Prof. Un stock d’héroïne était arrivé du Mexique, il avait fallu la tester, et c’était tombé sur une gamine qui passait dans le coin. Le responsable, Marcelo Diaz, était un dealer d’origine vénézuélienne, à la réputation vacillante, qui tâchait de se faire bien voir de Wildcard, mais qui enchaînait les histoires foireuses. Nouveau message à destination de Prof. Puis un autre pour Maléfique. Et enfin un dernier à Shrek. Il retrouva ensuite la photo prise de Lena et, après l’avoir observée quelques secondes de plus, il tourna l’écran vers son interlocutrice.

C’est elle ? demanda-t-il, avant de poursuivre sans attendre la confirmation. Apparemment, la vérité se trouve quelque part entre la fugue et l’enlèvement. C’est toujours facile de blâmer les criminels, ils sont là pour ça, et ils le méritent, la plupart du temps. Mais quand ce sont des ados qui sont concernés, on oublie trop souvent la responsabilité des parents…

Il termina son coca d’une longue gorgée et reposa la bouteille.

J’ai un marché à proposer, puisque vous-même, vous n’avez rien… fit-il, en sortant un jeu de cartes de sa poche, qu’il se mit à mélanger. Si vous appelez les renforts, plus d’accord.

Il mit les cartes en éventail dans sa main, faces cachées, et en prit une au milieu. Trois de cœur. Puis une autre à droite. Roi de carreau. Et enfin une à gauche. As de pique. Il les étala devant lui, tournées vers elle. Un. Trois. Roi.

Vous saviez que les rois sur les cartes à jouer portent des noms ? Alexandre, Charlemagne, David… Celui-là, c’est Jules César.

Il jeta le reste des cartes derrière lui tout en se levant, une main dans la poche.

Retrouvez-moi là aussi vite que possible… fit-il en désignant les trois cartes.

Puis il pivota sur lui-même et s’éloigna d’un pas rapide. Il passa l’angle de la rue et, à l’aide de la poussière de fée dans sa poche, qu’il jeta en l’air au-dessus de lui, il prit son envol. Sa destination : le 13 de la rue César. Allait-elle deviner qu’il y avait une rue César dans les Marais ? En arrivant, elle trouverait porte ouverte. Et derrière… sûrement une autre énigme. Une énigme simple, en réalité : aurait-elle retenu les noms des quatre rois ? Saurait-elle les écrire convenablement sur le tableau noir, sous la question : « qui sont les rois ? ». Si ça n’était pas le cas, le tableau ne pivoterait pas… et elle ne trouverait pas le couloir…
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Message posté : Jeu 3 Avr 2014 - 14:52 Message
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Un chose était maintenant certaine concernant Wildcard : il manquait cruellement de savoir-vivre. Non seulement il ne faisait même pas semblant de considérer une seule seconde tout ce que venait de lui dire Emma, mais en plus de l'ignorer, voilà qu'il portait toute son attention sur son téléphone. Comme ces jeunes dans les cafétérias étudiantes, qui préfèrent avoir les yeux rivés sur leur petit écran plutôt que de profiter d'être réunis à la même table pour communiquer. Emma posa donc son verre en l'observant avant qu'il ne daigne enfin laisser son jouet technologique. Après quelques secondes d'attente, il lui répondait. Et il ne se souciait guère de ce qui pourrait se passer si des parents désespérés en venaient à engager une équipe de nettoyage. Il avait l'air on ne peut plus sûr de lui et par la même, replaçait encore une fois le pion de Emma sur la case départ. Elle tenait cependant à corriger ses dires sur un point.

« Je n'ai jamais prétendu être la meilleure. »

Elle n'avait aucun mal à l'admettre, elle préférait même être sous-estimée. Sauf qu'ici, elle n'était pas estimée du tout. Mais elle ne souhaitait pas donner plus d'informations, elle ne répondait qu'à la question la plus facile. Cela lui évitait ainsi de broder sur le fait que les parents n'aient pas engagé Vengeance, mais seulement un jeune détective. Et puis, rien ne disait qu'il avait entendu parler de la femme venue quelques temps plus tôt pour offrir du café aux prostituées et leur poser des questions. Elle l'espérait, tout comme l'idée qu'il ne disposait d'aucune information sur elle.
Le téléphone de Wildcard interrompit le silence qui venait de se réinstaller. Emma était curieuse de savoir si c'était en lien avec son enquête, ou s'il faisait juste partie de ce gens qui passaient leur temps à envoyer des sms. Pas la moindre indication sur cette interrogation lorsqu'il reprit la parole pour la rabaisser de nouveau. Il cherchait à la provoquer, à voir si oui ou non elle avait imaginé cette histoire de parents prêts à tout. Il parvenait presque à l'agacer et lui faire perdre patience, mais Vengeance tentait de garder la tête froide, buvant une gorgée de Perrier avant de lui répondre.


« Elle est ici. Mais vous avez raison, si j'avais l'adresse je ne serais pas assise à cet endroit. »

Elle n'avait pu dissimuler un léger énervement dans le ton de sa voix, mais cela n'allait pas plus loin. Elle se demandait maintenant si elle avait encore quelque chose à gagner en restant à une table de bar, mis à part le fait de faire face au chef plutôt qu'à ses loubards. Emma vida donc son verre alors que Wildcard reprenait ses activités de texteur compulsif. Elle, n'avait pas sorti son téléphone, même pas pour contacter les parents de Lena.
Et si sa patience était en train de trouver ses limites, elle fut récompensée d'avoir tenu jusqu'ici. Enfin, enfin le chef de gang lui montrait une photo de l'adolescente. Emma ne put s'empêcher de sourire en se disant qu'elle avait eu raison de venir ici puisqu'elle avait enfin une piste solide. Mais son sourire disparu rapidement, la gamine était dans un sale état. Était-elle au moins encore vivante ? De quand datait ce cliché ?
Vengeance ignora la remarque que son interlocuteur faisait sur la responsabilité des parents, elle n'était pas là pour juger ses clients, sinon son affaire ferait faillite. Son boulot, c'était justement d'aider les autres à surmonter leurs erreurs, en quelques sortes. Mais peu importe. Wildcard semblait vouloir proposer un marché. La lumière se fit aussi net sur la raison de son surnom. Il se mettait à mélanger des cartes alors qu'Emma lui dit accepter de ne pas contacter les renforts. De toutes façons, il n'y en avait pas. Puis les choses allèrent très vite : il lui présentait trois cartes tirées au sort et lui faisait une leçon de culture générale sur les rois avant de fuir en lui laissant une énigme. Quelque chose lui dit qu'il était inutile de le poursuivre. Emma saisit donc les trois cartes qu'il n'avait pas délibérément jetées et pris soin de les conserver dans l'ordre où il les avait laissées. Elle les observa minutieusement, recto et verso, pour constater qu'il n'y avait rien d'écrit ni de gravé. De toutes façons, il les avait tirées au sort, et si trucage il y avait, elle ne voyait pas bien lequel car en observant celles qu'il avant jetées à terre, elle constata qu'elles étaient toutes différentes et composaient certainement un jeu entier.
Cette fois-ci, elle sortait son smartphone à son tour. Rien de tel qu'une recherche internet intitulée « Star City Marais Jules César » pour voir s'il existait un bâtiment au nom de l'empereur romain dans le quartier. Bien évidemment, plusieurs résultats n'avaient aucun lien avec le quartier et elle dut passer par Google Maps pour affiner sa recherche aux Marais. Il n'y avait qu'un seul résultat, bingo : une rue César. Mais les deux autres cartes, il les lui avait présentées pour une raison encore non identifiée.
Emma se rendit donc dans la rue César grâce à son plan numérique puis observa les alentours. L'endroit semblait désert et tout aussi miteux que le reste du quartier. Elle avait identifié une carte, le roi. Restait l'as et le 3. Malgré la pauvreté apparente, elle nota que les numéros des habitations étaient notés au dessus des portes. Si l'on se fiait à cela, on pouvait dire que l'as valait pour un 1 et c'est tout naturellement qu'elle se dirigea vers l'habitation... numéro 2. Elle regarda la porte un bon moment avant de se décider à poser la main sur la poignée. C'était verrouillé. Elle sonna, plusieurs fois, jusqu'à ce qu'une lumière s'allume à l'étage, suivie d'un gros bruit, comme quand on réveille quelqu'un en peine nuit. Emma courut se cacher plus loin dans la rue pour s'assurer de l'identité de la personne qui allait ouvrir avant de décider ou non de lui adresser la parole. Et ce fut une femme en peignoir, la tête couverte de bigoudis, qui sortit pour proférer des menace aux petits crétins qui s'amuseraient à réveiller les gens en pleine nuit, avant de définitivement claquer la porte. Bien, c'était donc une mauvaise pioche. Vengeance choisit donc de laisser retomber le calme dans la rue pendant quelques minutes avant de sortir de sa cachette. C'est alors qu'elle remarqua sur sa gauche une maison à l'air abandonné, dont la porte était entrouverte. Instinctivement, elle jeta un coup d'oeil au numéro. Le 13. Elle regarda de nouveau les cartes avant d'esquisser un petit sourire et de murmurer pour elle-même.


« Il y en a au moins un qui s'amuse... »

Elle entra donc au 13, rue César en prenant soin de fermer la porte derrière elle. Elle sortit de nouveau son téléphone pour activer le flash en mode lampe torche. Puis son attention fut rapidement attirée par un tableau noir sur lequel était inscrite une question concernant les rois. Elle fit un tour d'horizon, scrutant la pièce à la recherche d'indice, de n'importe quoi qui pourrait la mettre sur les traces de Wildcard. Mais rien. Juste cette question qui faisait probablement référence au rapide cours sur les cartes qu'il lui avait donné plus tôt. Elle ne voyait rien d'autre. C'était forcément en référence aux cartes, venant de quelqu'un dont le pseudonyme était composé du mot « Card ». Emma se saisit donc de la craie située au bas du tableau. Elle se sentit pendant un instant ridicule, ayant l'impression d'être de retour à l'école, lorsque l'on était appelé au tableau, et qu'il était impossible de voir qui dans son dos chuchotait en se moquant. Mais Vengeance n'allait pas s'arrêter en si bon chemin, elle allait faire face aux moqueries, notant tout d'abord Jules César. Elle se souvint ensuite qu'il avait parlé de Alexandre. Déjà deux. Pouvait-elle écrire « joker » ? Cela pourrait être pris pour de la provocation. Elle ressortit donc son téléphone pour lancer une nouvelle recherche internet, mais malheureusement la 3G ne passait plus ici. Elle se trouvait dans de beaux draps... Puis elle eut un éclat de lucidité : le réseau téléphonique, lui, passait. Elle appela donc un contact pré-enregistré.

« Allô Papa ? Oui ça va. Écoute, je suis un peu pressée là, je te donne des nouvelles demain, mais j'ai besoin que tu me dises comment s'appellent les rois sur les cartes à jouer... Oui, c'est urgent... Non je n'ai pas bu et je ne me moque pas de toi... Je t'appelle demain sans fautes, promis, alors s'il te plaît... Ah, Charlemagne et David, merci ! Oui à demain, bonne nuit. »

Emma raccrocha et rangea son téléphone. Si la pièce était sous écoute, elle était sure de se payer la honte. Mais au point où elle en était... Elle nota donc les deux noms restants sur le tableau et attendit. Soit c'était une vaste blague de Wildcard, soit... Un passage menant à un couloir s'ouvrit sous ses yeux. Elle hésita un instant, mais sa curiosité l'emportait à plates coutures. Et Vengeance s'engouffra dans le nouveau passage, une main proche de sa matraque, tout en se demandant si elle avait fait le bon choix.
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Message posté : Sam 5 Avr 2014 - 0:10 Message
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Au 13 de la rue César, un petit immeuble de trois niveaux, propriété du Gang des Fables, on s’occupait des préparatifs pour l’accueil de la vengeresse-enquêtrice. Au bout du couloir, il y avait une grande salle, qui avait été aménagée en arène, avant des gradins tout autour, pouvant accueillir une centaine de personnes. L’adolescente disparue était étendue face à l’entrée, sur le banc le plus haut, sur un matelas installé là pour son confort. Wildcard était assis en bas, dans le même axe, et attendait patiemment. Marcelo Diaz était lui au centre de l’arène, à genoux, maintenu fermement par Shrek. Un autre homme était présent, sur le côté de la piste, vêtu tel Monsieur Loyal : Prof en personne, mais portant moustache et perruque noires. Ses bottines en revanche le grandissaient à peine, il dépassait toujours de peu le mètre cinquante. Clochette, quant à elle, était assise sur l’épaule de Jake. La dernière membre du noyau du Gang, Maléfique, était quant à elle au premier étage, sur son ordinateur portable, à contrôler le système installé pour accueillir la demoiselle au masque.

L’attente fut plutôt longue, ce qui déçut Wildcard, mais il finit par recevoir, dans son oreillette, l’indication de son informaticienne de choc : la joueuse avait accepté le défi et s’était présentée. Et alors qu’elle se débattait avec l’énigme, Maléfique racontait tout aux autres fabulistes. Aussi, quand enfin le mur pivota, le leader du groupe se leva-t-il et se mit-il à applaudir. Pas de francs applaudissements, nourris, mais plutôt les applaudissements emprunts d’ironie, espacés, forts. Il continua encore un peu après l’apparition de la fille dans l’arène, puis il se rassit. Il n’avait rien à dire, il avait son maître de cérémonie. Une douche de lumière tomba sur Monsieur Loyal, plongeant le reste de l’espace et des gens présents dans la pénombre, puis il s’avança pour se placer devant Diaz et Shrek, le faisceau le suivant.

Bienvenue, bienvenue, mademoiselle ! Vous qui vous êtes aventurée dans un univers de mystère, de mensonge… un univers où les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être… un univers où il faut parfois se battre pour s’en sortir…

Il s’écarta et, de côté, indiqua d’un grand geste du bras la place de Lena, qui fut à son tour éclairée.

Le prix du défi de ce soir : une demoiselle mal en point, désespérément recherchée par ses parents. Le prix, que dis-je ? Pauvre petite. Elle est déjà votre récompense, mademoiselle, pour être arrivée jusqu’ici. Il faut du cran, du nerf, du courage !

Il se remit face à elle, alors que la lumière sur l’adolescente droguée s’éteignait.

Le prix ! Le prix que vous pouvez obtenir, et cela ne tient qu’à vous… Le voici !

Du même geste théâtral, il désigna cette fois… Marcelo Diaz, alors que l’ensemble de l’arène entrait cette fois dans la lumière. Diaz leva la tête et cligna bêtement des yeux.

Pourquoi cet homme ? Parce qu’il est celui qui détenait celle que vous recherchez ! Parce qu’il est celui qui l’a mis dans son état actuel ! Quel monstre !

Prof porta une main à son cœur et plaça le dessus de l’autre sur son front, toujours théâtral. Puis le volume de sa voix baissa soudain, alors qu’il se faisait plus mystérieux.

Comment ? Oui, comment l’obtenir, cet homme ? La réponse est simple, et les lieux ont dû vous mettre la puce à l’oreille…

Shrek, d’un geste, repoussa Diaz, qui s’écroula en avant, mais eu le temps de se retenir pour ne pas se retrouver le nez dans le sable. Car le sol de l’arène était bien du sable. Le Russe fit volte-face et enjamba le bord de la piste pour s’asseoir à côté de Wildcard.

Votre défi, si vous l’acceptez : combattre cet homme. Tous les coups sont permis ! En revanche, pas d’armes blanches, pas d’armes à feu. Faire couler le sang n’est pas interdit, tout dépend de la puissance des impacts, évidemment…

Diaz se redressa, l’air mauvais. Jusqu’à présent, il n’avait pas compris la raison de sa présence en ces lieux et, retenu par Shrek, il n’avait pas osé poser la question. Mais puisqu’il était maintenant conscient du danger de sa situation, il n’allait sans doute pas se laisser faire. Il fit un pas vers Prof, qui lui tournait le dos, avec l’évidente envie de lui faire la peau. Sauf qu’il se retrouva nez à nez avec le canon d’un tout petit pistolet, pointé sur son cœur.

Ce n’est pas parce que les armes à feu sont interdites pendant le combat qu’il n’y en a aucune dans la salle, commenta le petit homme.

Diaz recula.

Si vous acceptez le défi, placez-vous face à lui. Si vous le vainquez, il est à vous. Si vous refusez le défi…
… je vous en proposerai un autre.
Mais ne vous inquiétez pas, vous ne repartirez pas sans la gamine.

Diaz, lui, avait l’air de savoir qu’il avait peu de chances, mais il se décida à les jouer à fond. Dès qu’elle mettrait le pied sur la piste, il se jetterait sur elle. Peut-être avait-il des chances d’être « relâché » s’il la réduisait en purée.

Je servirai d’arbitre, mais je n’interviendrai qu’en cas d’extrême nécessité, conclut Prof, en allant se mettre sur le côté.

Et aux yeux de Jake, « extrême nécessité » englobait très peu de choses. En fait, tant qu’un des combattants n’était pas totalement inconscient, le combat pouvait continuer.
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Il était une fois... [Emma & Jake W.]

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