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Engrenages

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Message posté : Dim 16 Mar 2014 - 14:48 Message
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16 mars 2014

— Et là, j’ai sauté, tu vois, enfin, sauté, volé, plutôt, et donc, j’atterris derrière lui, et le mec, il soupçonne rien du tout. En fait, les gens sont vachement trop lents, c’en devient presque trop facile !

Dans les allées du zoo de Kingston, Jace marchait à pas lents à côté de Mary. Dans la foule dominicale qui se pressait là pour regarder les girafes, les rhinocéros ou les éléphants, pour tenter de surprendre le panda roux quand il daignerait sortir de sa cabane, les deux super-héros ne se présentaient pas, pour la plupart des passants, comme Lady Patriot et Thunder. Perdus dans l’anonymat d’une sortie des plus conventionnelles, ils n’étaient que Mary et Jace — deux têtes blondes parmi beaucoup d’autres et, vraisemblablement, sans y réfléchir, une bonne partie des gens qu’ils croisaient devaient les prendre pour une sœur et son frère cadet.

Pourtant, Jace était en train de raconter l’un de ses derniers combats, contre un groupe de petits malfaiteurs qui avait sévi un moment à Little Italy mais que l’intervention du leader de la Team Alpha avait conduit jusque derrière les barreaux. Parfois, l’adolescent s’interrompait pour empêcher, d’un coup de langue précis, sa glace de fondre sur le carnet et jusqu’à ses doigts. Le mois de mars était déjà bien avancé et les premières chaleurs enveloppaient Star City, trop rares encore au goût de Jace, qui attendait, comme chaque année, l’été avec impatience. Il n’en tirait pas moins profit de la première occasion de se dorer au soleil.

— Enfin bref. Des fois, je me dis qu’il y a des petites frappes qui doivent pas regarder les journaux, parce que dans une ville avec l’UNISON et la Légion, et je parle pas des vigilants, se lancer dans le crime quand on est pas particulièrement doué, c’est un aller direct pour la prison. Dans le meilleur des cas.

Jace lécha un peu de framboise avant de poser les yeux sur un lion avachi dans son enclos qui, de temps à autre, levait une paupière ensommeillée pour observer, sans grand intérêt manifeste, les visiteurs. Là, les parents tentaient d’extasier leurs enfants sur la puissance incomparable de cet animal en cage qui ne faisait pas grand-chose. Trois lionnes sur le côté faisaient leurs toilettes. Jace, pour sa part, avait un peu de mal à ne pas trouver le spectacle triste, en une certaine façon, et après quelques secondes, il détourna le regard, comme ils dépassaient l’enclos en marchant.

— Oui, donc, peu importe. Désolé, je me suis embarqué dans mon histoire.

C’était que la sortie n’avait pas pour seul but, originellement, de se raconter les dernières nouvelles. Jace considérait Mary comme une amie, sans aucun doute, mais il était loin de se sentir le droit de l’appeler simplement pour aller se promener, comme il pouvait le faire avec Sydney : il connaissait Lady Patriot beaucoup moins bien et leurs rencontres avaient la plupart du temps une raison bien précise. Cette fois-ci, comme souvent, c’était une question légale qui l’avait fait appeler la jeune femme, et ce n’était qu’à la faveur des premiers mots échangés qu’il s’était laissé emporté dans son récit.

— J’ai lu le bouquin que tu m’as filé, l’autre jour.

L’autre jour, c’était l’avant-veille, et le bouquin en question était une somme de deux milles pages qui servaient d’introduction au droit criminel américain pour les jeunes adultes qui s’engageaient dans des études d’avocat. Deux milles pages qui étaient censées accompagner l’étudiant tout au long de son cursus. Mais depuis que la super-intelligence de Jace s’était développée, ses lectures étaient sans cesse plus rapides et s’il n’allait pas plus vite, ce n’était pas parce que son esprit avait besoin de prendre un peu plus de temps, mais parce que ses yeux n’arrivaient pas toujours à suivre.

— Et je me demandais comment ça se passait d’un point de vue international. Tu sais, Interpol, les extraditions, les mandats d’arrêt internationaux, tout ça, comment ça marche ?

Jadis, les questions légales que l’adolescent adressait quasi systématiquement à Mary se résumaient à des points fondamentaux sur les droits des super-héros, sur l’arrestation citoyenne, sur les procédures pénales les plus courantes. Depuis quelques semaines, Jace s’était pris d’intérêt pour les ramifications légales les plus subtiles des affaires les plus complexes et il en savait déjà long, grâce à Mary et à ses lectures guidées. Le fait de travailler comme coursier dans le cabinet de Charlie Lane était également un avantage considérable : il se trouvait aux premières loges.

— En fait, j’ai du mal à distinguer ce qui relève, disons, de la diplomatie, de la politique internationale, tout ça, et du droit en lui-même. Des juges, des forces de l’ordre, tu vois. Et…

L’adolescent s’interrompit brusquement, fronça les sourcils et examina le vaste enclos des chiens de prairie.

— T’as pas senti un truc ?

La question était presque rhétorique. Ce qui l’avait arrêté dans sa question était une perception qui lui était propre : une activité électrique et cybernétique inhabituelle, pour un enclos animalier. Le jeune super s’approcha de la barrière qui séparait les visiteurs de la fosse et, plus loin, de l’enclos. Les yeux plissés, il scruta le paysage reproduisant l’habitat naturel des animaux, avant de murmurer tout bas, pour la seule intention de Lady Patriot :

— Y a quelque chose qui cloche, là-bas…
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Message posté : Lun 17 Mar 2014 - 16:50 Message
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Camouflés de leur enveloppe de gens normaux, les deux héros déambulaient dans les allées du parc zoologique, suivant un tracé implicite, dessiné par la foule de badauds sautant d'un enclos à l'autre, tirés par des gamins tantôt surexcités, tantôt apathiques. Le soleil était haut dans le ciel, faisant planer un climat propice à ce genre de flânerie sans réel but. Là où le jeune homme avait opté pour une glace au parfum estival, Mary avait quant à elle, choisie de picorer des churros encore chauds, et sucrés à souhait. Ces petites pâtisseries ibériques étaient parmi les favorites qu'affectionnait la proc, ou son assistante, lors de ce genre de sortie. Son mari ne se serait pas privé de lui faire une remarque sur les calories qu'elle allait avaler, mais il n'était pas là pour la titiller avec ce genre de petite pique bien sentie, qu'elle faisait toujours mine de ne pas entendre. Après tout, elle faisait suffisamment d'exercice pour se permettre quelques excès de temps à autre. N'ayant pas vraiment besoin de faire attention à son environnement – si ce n'est d'éviter par moment quelques mômes – Mary laissait ses yeux vadrouiller d'un animal à l'autre, tout en écoutant attentivement son interlocuteur, lequel lui racontait l'un de ses derniers combats contre des malfrats. Tant d'enthousiasme et de jeunesse faisaient sourire la trentenaire.

« Tu tomberas sur des gens qui se feront surprendre, mais aussi sur des personnes plus promptes à réagir. Du moment que tu ne considères pas que la victoire est acquise avant d'avoir passé les menottes à un type, tout va bien. »

Sans s'inscrire dans une mise en garde comme le ferait une mère à son enfant, Mary lui fit part, tout simplement, de son expérience. Des fois, les individus qu'ils combattaient, étaient les derniers des abrutis, lents et balourds, et parfois, sous des apparences anodines, se cachait un être plus malveillant et bien plus entrainé. Il ne fallait pas se laisser surprendre, même si ça semblait facile de prime abord. Elle ajouta, toujours sur le ton de la conversation, alors que ses yeux s'attardaient eux aussi sur le spectacle pitoyable qu'offraient le lion et ses lionnes, emprisonnaient dans leur enclos.

« Le problème, c'est que bien souvent ils commencent par de petits délits, puis ils enchainent par des crimes et autres activités illégales. Et, ces petites frappes comme tu dis, sont l'instrument de réseaux plus importants qui délèguent, ou qui recrutent. Bon après, tu as raison, tu en as toujours, on se demande bien ce qu'ils ont dans la tête et ce qu'ils espèrent en se mettant en porte à faux avec la justice. »

Elle soupira. C'était toute sa vie ça. Elle en avait vu, des malfrats de l'acabit d'un bébé tyranique volant les jouets de ses camarades à la crèche. Parfois, elle en avait défendu, elle en avait fait condamné aussi. Toujours les mêmes motivations, l'argent facile, la promesse de gain rapide. Mais ce n'était jamais simple, et la plupart de ces jeunes, fautes de suivi ou de structures adaptées, se retrouvaient, à leur sortie de prison ou du poste de police, seuls, livrés à eux-mêmes, et ils recommençaient les conneries. Certains plus malins, arrivaient à passer au travers des mailles du filet, et souvent, ils terminaient leur carrière de criminel dans des organisations mafieuses ou autres joyeuseté de ce genre.

Mary se consola en croquant dans un churros à pleine dent, délaissant le lion et ses matrones (à moins que ce ne soit l'inverse) après avoir dépassé l'enclos. Malgré sa chemise aux manches courtes, l'assistante du procurer de Star City commençait à avoir chaud. Finalement, elle aurait peut être due opter pour une glace elle aussi. Elle se doutait bien que Jace ne lui avait pas proposé une balade juste pour se raconter des potins héroïques. Il était souvent demandeur en terme de droit. Cela dit, Mary ne l'aurait surement pas envoyé bouler s'il lui avait proposé un après-midi à musarder au parc. Il fallait qu'elle songe à le côtoyer dans d'autres circonstances que celles dévolues au droit, qu'il soit public, pénal ou privé, voir international. Après, il se pouvait fort bien que l'adolescent eut d'autres propriétés dans la vie que de passer son après-midi avec une trentenaire bien tassée. Elle comprenait tout à fait. Ainsi donc, il avait déjà terminé le bouquin qu'elle lui avait filé l'avant veille. Impressionnant. Mary lui jeta un coup d'œil en coin pour voir s'il se moquait d'elle, mais les questions qui suivirent chassèrent immédiatement ce petit instant de suspicion.

La jeune femme nota au passage que les conversations qu'elle avait pu avoir sur l'aspect général du droit, dans sa globalité, étaient loin désormais. Elle causait avec un juriste maintenant, du moins, avec quelqu'un qui n'était plus un novice concernant la théorie. L'ex New-yorkaise était bluffée qu'il ait assimilé autant de chose en si peu de temps. Il promettait d'être un excellent élément, voir un bon justicier, si tant est si bien qu'il allait vers cette carrière. Alors qu'il continuait sur sa lancée, expliquant le fond de sa pensée et les points qui lui faisaient obstacles pour une compréhension pleine et entière des interactions entre les pays vis-à-vis du droit international, ils arrivèrent non loin de l'enclos des chiens de prairies, des animaux que Mary trouvaient pour le moins mignons. Cependant, le jeune homme s'arrêta brusquement dans son phrasé, passant du coq à l'âne. La blonde tenta de rebondir sur la déclaration de son interlocuteur.

« Si j'ai senti un truc... ? »

Les yeux bleus de la jeune femme scrutèrent l'enclos des chiens de praire, ainsi que les alentours, s'attardant sur des gens en particulier tirés au hasard par son observation, laquelle s'était vue attirée par un châle d'une couleur particulière, une casquette, une laisse de chien, etc. Perplexe, Mary braqua finalement son regard sur l'étudiant, alors qu'ils s'appuyaient tout deux contre la barrière de délimitation de la fosse et de l'enclos des rongeurs.

« Qu'est-ce qui cloche ? »

Mary n'avait pas les dons naturels de son homologue, lequel pouvait sentir une activité électrique, ce qui n'était pas vraiment le cas de Lady Patriot, à moins qu'elle ne mette ses doigts dans une prise. Mais parlait-on de ce genre de sensation ? Rien n'était moins sur. Elle scruta de nouveau l'enclos, cherchant un indice quelconque au changement de comportement du garçon. Elle décida de le taquiner, comme elle savait le faire parfois, même si ce n'était pas une de ses spécialités, il fallait bien le reconnaître :

« Tu sens un petit chien en détresse ? »

Elle accompagna sa phrase d'un petit rire pour marquer la plaisanterie.
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Message posté : Mar 18 Mar 2014 - 13:21 Message
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— Non, c’est pas les chiens, c’est…

Jace s’interrompit, en comprenant que Lady Patriot s’était aimablement moquée de lui. Il jeta un regard en coin à la femme, afficha une moue faussement boudeuse et marmonna :

— Très drôle !

Il ne l’avait pas mal pris — en tant que chef d’équipe, il devait avoir l’habitude de ce genre de petites moqueries sans conséquence. Ses yeux se reportèrent sur l’enclos et il finit, après quelques instants, par secouer la tête en murmurant, pas très convaincu par sa propre conclusion :

— J’ai dû rêver.

Après tout, ce n’était pas impossible : dans une foule où chaque individu ou presque transportait au moins un téléphone portable, quand ce n’était pas un téléphone et un appareil photographique, une tablette numérique, dans un zoo où les caméras de sécurité, les serrures des enclos ou les systèmes de communication des employés fonctionnaient à l’électricité, le courant était partout, tout le temps. Jace avait appris très tôt à ne pas prêter attention aux bruissements ordinaires d’une vie urbaine, pour n’être attiré que par les phénomènes curieux, mais il n’était pas infaillible dans le domaine. Oui, il avait dû se tromper.

Il reprit donc la marche, en tentant de rattraper les dégâts que cet instant d’égarement avait fait subir à sa glace. Le silence était donc revenu tandis qu’il se consacrait à cette importante activité et ce ne fut que lorsqu’il eut fini d’engloutir complètement le cornet biscuité, alors qu’il s’essuyait consciencieusement les mains, qu’il reprit la parole.

— …autant y a des trucs qui sont relativement clairs, genre le droit de la guerre, la définition des territoires, les eaux internationales, autant je trouve que certaines choses sont beaucoup plus floues.

Ils avaient fini par s’engager dans le vivarium : le long tunnel qui abritait les reptiles dans les conditions les plus propices menaient vers la seconde partie du zoo, où l’on pouvait admirer les animaux aquatiques. Là, serpents et tarentules se disputaient l’admiration des enfants — ou bien les incitaient à passer promptement leur chemin. Devant une vitre qui ouvrait sur un box vide, deux soigneurs, identifiables à leur tenue, murmuraient entre eux avec un air préoccupé. Jace ne put s’empêcher de ralentir le paix et de tendre l’oreille, pour écouter leur conversation.

— Ce n’est pas possible, voyons. C’est hermétiquement fermé.
— Et moi je te dis que personne ne l’a pris. Il n’est pas à l’infirmerie.
— Ce n’est pas comme s’il avait pu s’échapper. On est pas dans Harry Potter.
— Et alors c’est quoi, ta théorie ?
— Quelqu’un l’a emmené pour lui faire passer des tests et a oublié de signer la feuille.

L’adolescent jeta un coup d’œil au carton qui décrivait l’habitant absent du vivarium.

Disphilidus typus — Boomslang ou Serpent des Arbres
Serpent largement répandu dans l’Afrique sub-saharienne, le boomslang est un reptile diurne arboricole de la famille des Colubridae. Il se nourrit de lézards, de grenouilles, d’œufs et de petits mammifères. Son venin est extrêmement dangereux et peut tuer un homme en pleine santé, en causant des hémorragies internes et externes.

Jace haussa un sourcil et, pour en avoir le cœur net, se tourna vers les soigneurs et interrogea avec une fausse naïveté :

— Dites, on ne peut pas voir le serpent, là ?
— Non, il est…
— … à l’infirmerie.

Les deux soigneurs n’avaient pas l’air très à leur aise — et le regard perçant que Jace posait dans le leur n’aidait pas.

— Malade ?
— Non.
— Oui.
— Je vois.
— Vous venez souvent ici ? J’ai l’impression de vous connaître.
— J’adore les serpents. Merci.

Et sans laisser aux soigneurs le temps de fouiller dans leurs souvenirs à la recherche de son visage, Jace se détourna des deux hommes pour reprendra son chemin à côté de Mary. Dès qu’ils furent un peu éloignés, il murmura, aussi bas que possible :

— Ils ont perdu un serpent. Un serpent dangereux. Cette fois-ci, je suis sûr que j’ai senti quelque chose près de l’enclos des chiens de prairie. Une présence électrique inhabituelle. Différente des téléphones et du reste. Ça ne peut pas être une coïncidence : il se passe quelque chose d’étrange dans ce zoo.

Et évidemment, Jace était bien décidé à mener l’enquête — particulièrement depuis qu’il avait fini sa glace. Leurs pas les portèrent rapidement hors du vivarium et, tandis qu’une partie de la foule se séparait du chemin principal pour s’entasser dans un amphithéâtre en plein air, encerclant une piscine où allaient bientôt se produire des dauphins, Jace entraîna Mary jusqu’à un banc, afin de s’asseoir et de faire le point.

— Je pourrais me concentrer pour voir si je retrouve quelque chose, mais très franchement, y a beaucoup de bruit, enfin, je veux dire, d’interférences électriques, et je suis pas sûr que ça fonctionne. Mais ils ont pas mal de caméras de sécurité. Les soigneurs vont pas se précipiter pour dire qu’ils ont perdu un animal comme ça. Si on ne fait rien, dieu sait ce qui pourrait arriver.
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Message posté : Mer 19 Mar 2014 - 13:48 Message
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Mary accompagna la prise de conscience du jeune homme concernant le fait qu'elle venait de se moquer gentiment de lui, par un sourire, répondant de ce fait à sa moue boudeuse. Non qu'elle voulait remettre en cause ses compétences et les sensations qu'elles lui apportaient, la jeune femme considérait bien souvent qu'il ne fallait pas voir le mal partout, et ce d'autant plus quand on faisait parti des justiciers, masqués ou pas. C'était un chemin facile à prendre, et cet engrenage malheureux finissait par bouffer la vie de son arpenteur, et lui faire faire exactement l'inverse de ses convictions de départ. Chassant rapidement ces quelques pensées de sa tête blonde, Mary emboita de nouveau le pas au jeune homme, les guidant alors vers le vivarium. Dans le même laps de temps, elle termina ses pâtisseries sucrées, froissant le papier glacé entre ses doigts, pour finalement le propulser dans l'une des nombreuses poubelles se répartissant l'espace du parc zoologique. Comme une enfant, elle suçota distraitement ses doigts, histoire d'en chasser le sucre et cette désagréable sensation collante qui l'accompagnait bien souvent.

Malgré ce petit intermède au niveau de l'enclos des chiens de prairies, l'étudiant rebondit sur les derniers propos qu'il avait tenu juste avant, concernant le droit international et ses subtilités. La situation s'y prêtant de nouveau, l'assistante du procureur se mit en quête de satisfaire cette curiosité.

« Bien que nous ayons des organisations internationales, auxquelles de nombreux pays adhèrent, le droit international n'est pas indépendant de la diplomatie et de la politique et je pousserai même le vice à rajouter du commerce. Si on prend l'exemple des extraditions par exemple, on se rend compte que certains pays n'ont pas d'accord à ce niveau là avec d'autre, et cela est dépendant et du contexte politique des deux pays, et des accords diplomatiques, commerciaux, et j'en passe, que les deux pays entretiennent. Si on ne peut pas enlever quelque chose à un pays, c'est bien sa souveraineté, et du coup, tu comprendras aisément que le droit international doit se placer dans l'espace laissé libre entre toutes ces implications. C'est naturellement compliqué. »

Elle marqua une pause à son envolée lyrique. Elle voulait être sûre que le jeune homme comprenait bien toute la complexité de la chose. Elle jeta un coup d'œil vers lui, avant de reprendre, concluant son propos :

« Les gouvernements de ces pays, y comprit le notre, ne nous y trompons pas, doivent faire face à des demandes politiques venant de l'intérieur de leur frontière par les citoyens qu'ils représentent, tout en essayant de caser tout ça à l'international pour que les échanges, qu'ils soient commerciaux, diplomatiques, etc. puissent s'opérer. Et quand on sait, grand bien nous fasse, que les dirigeants sont élus par leur peuple, c'est normal qu'ils pensent surtout aux intérêts de leur pays. »

Bien que c'était de nature à entrer dans ses compétences, Mary était plus à l'aise en droit criminel qu'en droit international, même si ce dernier comporté un aspect du premier dans ces textes. Sans parler de ces pays européens, la France par exemple, dont l'histoire de l'Europe avait mené vers un droit écrit, codifié, différent de celui des États-Unis et plus largement, des pays anglo-saxons et leur droit jurisprudentiel. Bref, il fallait faire un droit international unifié avec des normes communes, alors que tout à la base différé. Un sacré nœud de serpent !

En parlant de serpent, les deux jeunes gens arrivèrent devant un vivarium abritant une espèce commune n'ayant rien à fichtre là : deux êtres humains en pleine discussion. Cet intermède mit de côté les explications de Mary, alors que tous deux tendaient l'oreille pour écouter la petite discussion qui animée les deux soigneurs. Le jeune homme en profita rapidement pour débroussailler la situation auprès des employés qui était tout, sauf nette. Vite expédiée, la conversation s'arrêta entre l'étudiant et les soigneurs. Mary laissait faire, laissant son compagnon de promenade lui faire part de ses soupesons. La procureur ou du moins son assistance, prit le temps de réfléchir. S'ils avaient effectivement perdu le serpent, ce qui semblait être le cas vu le degré de confusion des deux larrons, et que quelqu'un se faisait mordre par l'animal, les conséquences économiques pour le zoo seraient conséquentes, et le procès médiatique, pour peu que la personne décède. Et s'il s'agissait d'un enfant... Autant ne pas y penser. N'empêche que comme Lady Patriot ne sentait rien de particulier dans l'air, elle ne comprenait pas vraiment les liens implicites que le jeune homme soupçonnait. Ils firent le point sur un banc, alors qu'un spectacle mettant en scène des dauphins allait se produire.

« Tu crois que tout ça est lié ? J'avoue que ce serait dramatique si quelqu'un se faisait mordre, mais de là à soupçonner quelque chose de plus important... » Elle devait peser ses mots. Après tout, elle n'avait pas les capacités du jeune homme, l'inverse étant vrai également. « N'empêche que cette histoire de serpent me préoccupe. »

Elle fit mine de réfléchir, laissant ses yeux s'attarder sur un des mammifères effectuer un saut dans un cerceau que lui tenait une dresseuse en tenue de plongée. L'instant suivant, deux autres dauphins la faisaient s'élever dans les airs en la propulsant de la pointe de leur museau fichée sous ses pieds. Elle saluait la foule avec un grand sourire alors que les cétacés à dent effectuaient des tours du bassin.

« Tu veux qu'on ... »

le cherche ce serpent aurait été la fin de sa phrase si un gamin sur leur droite n'avait pas hurlé un truc du genre : « r'garde maman, le poisson veut sortir ! » Il pointait son doigt en direction du centre de l'amphithéâtre ce qui attira le regard, irrité, d'avoir perdu un tympan dans l'histoire, de Mary vers le centre de l'arène. A sa plus grande stupéfaction, un des dauphins étaient entrain de foncer sur la vitre épaisse qui maintenait l'eau salée pour le spectacle. Une fois que son nez la percutait, il reprenait de l'élan et repartait à toute vitesse se cogner sur le verre. Une nappe de sang commença à se former dans son sillage alors qu'il reprenait de plus belle et qu'une des personnes s'occupant des dauphins essayait tant bien que mal de l'empêcher de foncer comme un dératé, mais rien n'y faisait.

« Merde... mais qu'est-ce qui lui prend. »

Réellement interloquée, la jeune femme avait posé sa main sur l'avant bras, qu'elle serait mollement, de l'étudiant. Il se passait effectivement quelque chose dans ce zoo. Ce comportement était pour le moins inhabituel, et autodestructeur. On pouvait également se fier aux sens plus développés des animaux pour sentir les choses. Dans un intervalle très court, une femme hurla elle aussi alors que les soigneurs marins ouvraient l'enclos pour faire sortir les dauphins de la piscine centrale servant au spectacle. Délaissant sa vitre, le mammifère s'élança comme une fusée par l'ouverture pour réintégrer son bassin de soin. Plusieurs personnes se mirent à crier, et une clameur générale s'éleva dans amphithéâtre où se déroulait un spectacle des plus incongru. Une myriade de paons multicolores investissaient les lieux, glissant entre les gens, pour certains émerveillés, pour d'autre paniqués, car les oiseaux se montraient agressifs, n'hésitant pas à distribuer des coups de becs et des coups de serres aux badauds, meurtrissant les chairs d'entailles dignes de coup de couteau. Ils poussaient leur cri caractéristique, le fameux « léon » tonitruant. Tour à tour, les paons ouvraient leur plumes pour montrer leur roue aux couleurs chatoyantes, essayant d'intimider les gens qui commençaient à sortir par gros paquet par les entrées de l'amphi. Heureusement, il n'y avait pas de bousculades trop importantes.

Les oiseaux n'étaient pas encore parvenus du côté de Jace et de Mary, laquelle jugeant plus prudent de prendre le chemin de la sortie. C'est alors qu'une mère située à quelques travées de nos deux supers cria à son gosse :

« Nathan, laisse ce serpent tranquille ! »
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Message posté : Jeu 20 Mar 2014 - 9:05 Message
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Les préoccupations diplomatico-juridiques de Jace avaient été définitivement remisées au placard, en attendant un moment plus propice, où il aurait le loisir de se pencher sur l’intrication de forces aussi diverses. Il avait au moins compris qu’il était impossible d’étudier le droit sans se pencher sur la politique et, par conséquent, l’économie : autant de domaines qu’il avait regardés déjà avec un intérêt sincère mais qu’il n’avait pas pris la peine d’étudier, faute de temps. Maintenant que l’étude était devenue pour lui une seconde nature, il allait sans aucun doute pouvoir s’y consacrer plus pleinement.

Un autre jour. Jace sentit bien tout d’abord que Mary n’était pas aussi prompte que lui à tracer des liens entre les deux phénomènes et il jeta un coup d’œil à Lady Patriot, prêt à défendre son affaire devant ce petit manque de confiance. Un plaidoyer qui fut bientôt rendu inutile par le comportement suicidaire puis quasi meurtrier des animaux du zoo. Entre le dauphin kamikaze et les paons sadiques, aucun doute n’était désormais permis : on avait fait quelque chose aux bêtes. Et Jace, la mâchoire crispée, pouvait confirmer que tout cela n’avait rien à voir avec les premiers signes du printemps.

— Y a un… putain de…

Bruit ? Non. Il n’entendait rien — que les cris des animaux et des humains — mais c’était autre chose : une intense activité électrique, insensible jusque là. Alors que les deux Supers se dirigeaient vers la sortie pour pouvoir surplomber quelque peu la situation et intervenir posément, alors que l’amphithéâtre se vidait tandis que les soigneurs s’y précipitaient, armés des deux — et très insuffisants — fusils tranquillisants de l’établissement, Mary et Jace tombèrent nez à absence de nez avec un serpent. Un serpent, Nathan, et sa mère.

Jace secoua la tête.

— J’te laisse les animaux. Y a une machine derrière tout ça, c’est forcé, je la sens. J’vais la retrouver et on se donne rendez-vous… Je sais pas. On se retrouvera.

Il n’y avait pas de temps à perdre : les requins, les serpents et les paons, c’était une chose. Mais en admettant que la machine encore un peu hypothétique touchât tous les animaux du zoo, ils allaient bientôt avoir de sérieux problèmes aux noms de grizzlis, rhinocéros et éléphants. Sans compter les fauves. Tout ce monde-là ne pouvait certes, en théorie, s’échapper de ses enclos, mais le serpent n’était pas censé non plus jouer au passe-muraille depuis son vivarium. À peine son ébauche de plan énoncée à haute voix, Jace referma par réflexe la poche plastifiée de son pantalon où était rangé son téléphone (et protégé de ses propres pouvoirs), avant de s’élever dans les airs.

Flottant à quelques mètres au-dessus du sol, il ferma les yeux et tenta de faire abstraction de la confusion qui régnait dans le parc animalier. Sa perception des phénomènes électriques s’était considérablement affinée à mesure que ses pouvoirs de technokinésie et de cyberpathie s’étaient développés, mais pour une recherche de cette ampleur, il avait encore besoin de concentration. Bientôt, des infimes signaux ordinaires qui peuplaient le zoo, il parvint à dégager un vrombissement beaucoup plus spécifique, quelque part à l’ouest.

Aussitôt, le jeune super fusa dans les airs, les yeux rouverts, slalomant entre les massifs arborés, jusqu’à atterrir dans un endroit qui attirait peu les visiteurs : derrière une grande palissade et une porte réservée au personnel s’étendait la partie du parc consacrée à la gestion des déchets. Là s’entassaient toutes les feuilles que les koalas n’avaient pas daigné manger, les prospectus inusités des spectacles sortis de la programmation et toutes les ordures générées quotidiennement par le zoo. Les bennes étaient soigneusement alignées et étiquetées. Et l’une d’entre elles rompait la belle régularité de cet agencement.

Jace se précipita vers cette poubelle-là, en souleva le couvercle et, sur la pointe des pieds, se pencha pour observer ce qui se tramait à l’intérieur. Une grosse machine dont le fonctionnement lui échappait complètement, mais qui n’avait rien à faire là et qui, par conséquent, avait sans doute tout à voir avec ce qui se passait dans le zoo. À défaut de pouvoir l’éteindre correctement, Jace posa la main sur l’un des câbles et entreprit d’en aspirer l’électricité : des étincelles montèrent sur ses doigts, sur ses bras, jusqu’à entourer bientôt tout son corps et, en quelques secondes, le générateur de l’appareil fut à plat et la machine s’éteignit.

Partout dans le zoo, les animaux retrouvaient leur comportement ordinaire — sauf ceux que leur nouvelle situation, hors des enclos, effrayait. Et cependant, tout restait encore à faire. Qui avait bien pu installer un tel appareil et dans quel but ? Comment le serpent, même remonté, avait-il pu s’enfuir de son vivarium ? Quel était le fonctionnement exact de la machine qu’il avait désactivée ? Toutes ces questions demeuraient sans réponse et laissaient craindre, irrésolues, de nouvelles attaques du même genre dans l’avenir.

Jace sortit son téléphone portable et chercha le numéro de Mary dans le répertoire, espérant sincèrement que son aînée eût réussi à maîtriser la situation animalière dans laquelle il l’avait laissée.
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Message posté : Ven 21 Mar 2014 - 14:48 Message
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La balade dominicale virait au désastre, et pour le couple d'amis, et pour les familles ici présentes. Sans parler des soigneurs qui ne savaient plus où donner de la tête en se demandant bien ce qui pouvait arriver à leur petits protégés, qu'ils soient à plume, à poil, ou à écaille. Il ne fallait pas chercher bien loin en quête d'une preuve supplémentaire que cette situation était exceptionnelle. Deux employés du zoo entrèrent tels des gladiateurs, dans l'amphithéâtre, armés de fusil tranquillisant. Vu le nombre de poulets bariolés de plumes multicolores qui caquetaient des « léons » à tue tête en faisant fuir les badauds, les deux types allaient être aussi efficace qu'une goutte de pluie dans un océan. Mary pensait qu'ils auraient au moins du prendre un fusil à poudre classique, et tirer un coup en l'air pour disperser les animaux qui devaient, comme tous leurs congénères, détester ce chant de mort. Mais bon, est-ce qu'ils avaient ça en stock dans ce parc ? N'empêche que pour le moment, la super avait un autre problème, et de taille : le gamin et son intérêt pour un serpent qui n'avait rien à fichtre ici. Dans le même temps, Jace exposa brièvement ses intentions à Mary avant de décoller de quelques mètres pour flotter dans les airs. Apparemment, ce dernier ne se souciait pas de cramer son identité. Bon après tout, il était le fils du porte parole de la légion, ça devait surement faire de lui quelqu'un de public.

Profitant de cette diversion, la blonde s'adressa au gamin qui approchait dangereusement, malgré le bordel, du serpent. « Hey petit, regarde, un super-héros qui vole ! » Rien de tel pour capter l'attention du garçon qui tourna la tête vivement vers le son de la voix qui le hélait. Rapidement, il capta les mouvements dans les airs et remarqua Jace. Le serpent n'existait déjà plus dans son esprit et c'est en passant en trombe devant une mère soulagée qu'il courut se mettre à la perpendiculaire de l'homme dans les airs avant que celui-ci ne fuse vers un autre point du zoo. Sans perdre une minute, l'assistante du procureur dépassa la maman qui tentait de retenir son fiston, pour s'approcher du serpent. Il ne fallait pas que quelqu'un d'autre ait la bonne idée de vouloir s'en faire un collier pour le fun. Si c'était le reptile qui s'était échappé de son vivarium, alors il était très dangereux. Certes, Mary avait le don de pouvoir soigner les blessures des gens, mais elle ne tenait pas spécialement à en faire une démonstration publique. C'est qu'elle gardait son identité secrète elle ! Personnage public important de la cours de justice, elle ne voulait pas être importunée dans sa vie quotidienne, ainsi que lors de ses audiences ou autre. De plus, cette duplicité fausserait les débats, influencerait les jurés, et les procès se retrouveraient truqués malgré tout, chose qui aurait le chic de rendre Mary plus que malade.

Malheureusement, le destin avait décidé que la tempête n'était pas encore totalement passée. Le bassin fut agité de remous importants, faisant déborder l'eau de mer sur les premiers rangs de l'amphithéâtre vide. Sans prévenir, une masse conséquente s'élança dans les airs, projetant des montagnes d'onde dans tous les sens. Les paons gueulèrent de plus belle, tandis que les soigneurs, la mère et le gamin, joignaient leur voix aux cris des oiseaux. Sans réfléchir plus que ça, la blonde s'élança entre les travées de sièges, et se positionna au point d'impact présumé de la chose. Elle réceptionna le cétacé, car il s'agissait de ça en l'occurrence, et poussant sur ses bras en expirant tout l'air que ses poumons pouvaient contenir, elle parvint à amortir la chute de l'orque. Sans chercher à stabiliser la bestiole, chose impossible avec ses deux petites mains comparées à la surface importante de l'animal, sans compter sa peau glissante, elle le repoussa vers le bassin en le renvoyant à l'expéditeur. L'orque pesant dans les neuf tonnes, sa chute multipliant surement sa masse par deux ou par trois, Mary ne peina pas tellement pour la manœuvre, mais mal assurée sur ses jambes, elle dérapa et son dos percuta une bout de siège qu'elle cassa en deux. Sale journée. La vague de la chute de l'orque dans le bassin submergea un instant les lieux, entrainant la super vers le bas. Heureusement, elle parvint à s'agripper à un siège avant de heurter le verre du bassin, ou de se retrouver au jus avec le très gros poisson aux envies de grand air plutôt malvenues.

Trempée et meurtrie, la trentenaire se releva péniblement, tout en extirpant de son soutien-gorge son masque, qu'elle gardait continuellement sur elle, prévenante de ce genre de situation où elle allait devoir user de ses pouvoirs rapidement et en public. Elle noua les cordons autour de sa tête, relevant ses cheveux mouillés pour passer le filin en dessous, avant de poser ses fesses sur un siège trempé. Elle n'était plus à ça près. Le calme était retombé dans l'amphithéâtre, l'orque décrivait des cercles dans le bassin qui avait perdu une bonne quantité d'eau, les paons avaient arrêté de hurler et ils cherchaient même à s'enfuir de ce lieu. Les soigneurs en hauteur en avaient eu pour leur frais en terme de spectacle, quant au gamin protestant qu'il voulait aller voir Mary, sa mère le poussait dans le dos pour le faire sortir au plus vite de cet endroit maudit, suivant les oiseaux. Le serpent quant à lui, s'était retrouvé entrainé dans l'eau salé, et il flottait dans une marre proche de la vitre, probablement mort. Après quelques secondes consacrées à la récupération de son souffle, et à une palpation à l'aveugle de son dos avec ses doigts, Lady Patriot se releva et mine de rien, alors que ça lui lancinait salement, remonta les marches de l'amphithéâtre pour récupérer son sac à main, heureusement préservé des flots. Le comportement des animaux semblait plus proche de qui était normal, laissant dire à Mary que l'étudiant, Thunder, avait du trouver la source du problème. Pour ce qui était de l'anonymat de l'assistante du procureur, nul doute que les évènements précipités n'avaient pas permis aux gens, dans la panique, de fixer ses traits durablement dans leur mémoire. Elle passa devant les soigneurs qui l'a fixés tout au long de son ascension vers la sortie. Au passage, elle leur décocha quand même quelques mots :

« Vous allez avoir du boulot pour tout remettre en état. Je suis confuse d'avoir cassé un siège cela-dit. »

C'était sincère, et en dehors de tout orgueil ou vanité. Elle les laissa en plan, décollant vers le ciel pour essayer de repérer son ami. La sensation du vol était exquise, bien que l'air venait encore la refroidir, elle qui était trempée. Malgré tout, cela finirait par la sécher. Quant à l'hématome qui ne manquerait pas de sortir dans son dos, elle comptait bien entendu sur son pouvoir de régénération corporelle pour qu'il soit sur déjà sur la phase de déclin. Ne constatant rien de là haut, elle alla se poser rapidement au milieu de l'enclos des crocodiles, se camouflant dans les feuillages de l'arbre qui étendait ses branches sur l'ilot central composant l'enclos. La conversation juridique qu'elle avait eu avec le jeune homme quelques minutes auparavant semblait lointaine. Pour le coup, elle avait envie d'une bonne douche d'eau douce, car déjà le sel commençait à la démanger. Peut être qu'un petit plongeon dans le bassin des alligators calmerait tout ça ? L'idée lui sembla d'emblée mauvaise, aussi resta-t-elle sur son perchoir, à l'abri des regards et des prédateurs qui n'avaient pas mouftés en contrebas, se dorant la pilule au soleil. Son mobile sonna dans son sac alors qu'elle se tenait en équilibre. Cela devait être Jace qui tentait de la contacter après ses découvertes. Pour un peu et elle filait chez elle à vitesse grand V pour se changer.

Il était au niveau des poubelles du parc, dans un endroit peu fréquenté. Elle reprit de l'altitude après avoir délaissé son arbre, pour scruter les environs. Avec le soleil, elle ne manquerait pas d'être rapidement repérée par les touristes. Elle ne tarda guère à trouver l'espace réservé à la gestion des déchets, c'était plus simple de faire du repérage en altitude. Elle se posa en douceur près de son comparse. Elle devait être affreuse.

« Qui a dit que la pêche au gros était relaxant ? »
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Message posté : Sam 22 Mar 2014 - 18:58 Message
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Bien. Jace n’avait pas été particulièrement ravi d’avoir à fouiller les problèmes, mais en considérant l’état de Mary, il retint ses plaintes pour lui. L’assistante du procureur n’avait pas fière allure et le masque de super-héroïne derrière lequel elle s’était dissimulée ne suffisait pas à rehausser le charme d’une tenue dont la coupe n’était plus qu’un lointain souvenir. Jace haussa un sourcil interrogateur en entendant le commentaire de la jeune femme et son regard se perdit un instant dans le vide, alors que son esprit se connectait au téléphone de Mary, du téléphone à Internet et d’Internet à Youtube. Il ne tarda pas à trouver ce qu’il cherchait.

— Heureusement que tu as pas joué dans Sauvez Willy, dis donc.

Quelques secondes plus tard, la vidéo disparaissait mystérieusement de la plateforme de partage et du téléphone, encore dans le zoo, d’où elle avait été envoyée. Puis le cyberpathe reprit un air un peu plus présent et sourit à son amie.

— J’ai trouvé le… Euh… Perturbateur Animalier ? Non, il faudrait lui trouver un meilleur nom que ça. Le truc.

Il fit un signe de la main vers la poubelle, dans laquelle la machine continuait à dormir.

— Pour l’instant, on va pas aller très loin avec ça. Ce que je te propose, c’est qu’on rentre à la Tour avec la machine. Elle a pas l’air très, très lourde et je pense qu’à deux, on peut la transporter. Enfin, toi, surtout, à vrai dire.

Jace n’avait pas du tout la force surhumaine de son père et s’il s’entraînait consciencieusement dans les techniques martiales développées pour lui par Sydney et le Commander, il n’en restait pas moins un athlète humain — accompli, certes, mais humain, et par conséquent très loin d’avoir les ressources de Lady Patriot.

— Tu pourras en profiter pour te changer et te remettre un peu. Pendant ce temps, je démonterai ça et… Je sais pas. Y a peut-être des pièces rares, ou des numéros de série. Des trucs qu’on peut tracer.

***

La Tour de la Paix, pour Jace, était un foyer. Le Commander avait ses appartements au sommet, avec leur plateforme de décollage, et d’autres Légionnaires vivaient également dans les étages supérieurs du célèbre bâtiment. Là aussi se trouvaient les salles d’entraînement, les serveurs informatiques qui abritaient les bases de données, les salles de réunions, de stratégies, les ateliers de recherche et de mécanique. Les étages inférieurs, ouverts au public, offraient encore des infrastructures moins confidentielles que l’on pouvait visiter, des services administratifs, tout le nécessaire à l’organisation d’un groupe aussi important. Il n’y avait en somme pas que pour l’adolescent blond qu’elle était un foyer.

Le lycéen avait abandonné son blouson sur une chaise et, en tee-shirt, une lampe retenue par un bandeau au-dessus du front, des outils à la main, il avait entrepris de décortiquer, dans l’un des ateliers, l’appareil trouvé au zoo. Jace avait toujours eu un goût prononcé pour la mécanique en particulier et le bricolage en général ; ce goût s’était mué en véritable spécialité depuis que l’intelligence du jeune homme s’était développée de manière phénoménale grâce à ses pouvoirs et que sa compréhension des machines était devenue intuitive. Quelques mois auparavant encore, il eût délégué cette tâche à un Légionnaire au cursus scientifique solidement établi. Désormais, il était capable de l’accomplir seul.

— Hmm, tiens, c’est toi que je veux…

Jace plongea précautionneusement une pince dans le cœur de l’appareil et en retira un petit composant électronique. Absorbé par cette dissection mécanique, il en avait oublié le temps. Mary pouvait très bien être partie se changer depuis cinq minutes ou une heure que cela ne faisait plus de différence pour lui. Il arrivait désormais souvent qu’une activité intellectuelle un peu trop intéressante captivât le jeune homme à un tel point qu’il en oubliât tout ce qui l’entourait — et le Commander commençait même à s’inquiéter des proportions que prenaient ces nouvelles capacités de concentration.

Le jeune super-héros se détourna de la machine pour poser le composant sous un microscope et, après l’avoir réglé, il releva consciencieusement le numéro de série invisible à l’œil nu. Il ne restait plus qu’à appeler le fabricant en faisant valoir l’enquête d’utilité publique que la Légion menait et le tour était joué. Bien sûr, aucune loi n’obligeait réellement le fabricant à communiquer les détails de ses transactions à un Légionnaire — mais Jace savait qu’avec un peu d’insistance et beaucoup de flatterie, les industriels qui n’avaient rien à cacher se faisaient souvent coopératifs.

Le jeune homme s’assit donc sur une chaise et composa le numéro trouvé sur Internet. Quelques secondes plus tard, il parlait de tout et de rien avec une sympathie employée, nullement pressé d’en arriver à l’objet de son appel — le tout était d’acquérir la confiance de son interlocutrice. Puis il se mit à raconter l’affaire du zoo : le serpent dangereux, les paons, le cétacé, la machine infernale, la puce retrouvée, le numéro de série — et le petit numéro de charme porta ses fruits. Enfin, Jace griffonna l’adresse de l’acheteur sur un morceau de papier.
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Message posté : Lun 24 Mar 2014 - 17:26 Message
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« Ouais à qui le dis-tu. » Elle souriait franchement même si son dos lui faisait un mal de chien. Après tout, elle avait quand même assuré sur ce coup là. Mary se demandait bien comment il avait fait pour connaître l’histoire alors qu’elle s’était contentée de rester évasive sur le sujet avec sa petite remarque sarcastique. « Ne me dis pas que je suis déjà sur la toile ? Notre époque est dingue... » A croire que les gens avaient des caméras à la place des yeux pour enregistrer aussi rapidement. Ou un téléphone greffé sur la main, à voir. Il ne pouvait y avoir que cette explication pour que Jace soit informé de ces récents - et c’est peu de le dire - exploits. Néanmoins, elle ne parvenait pas à comprendre comment il s’y prenait, l’abstrait de la chose la dépassant totalement. Ce dernier revint d’ailleurs vers la machine qu’il avait trouvée, ne laissant pas le temps à la blonde détrempée de lui poser de plus amples questions. Le « truc » comme il l’appelait était assez conséquent, tout en restant de taille modeste pour être disposé dans une poubelle incognito comme pu le constater Mary en se penchant par dessus le rebord du bac à déchet. Jace en profita pour lui exposer rapidement son plan, ainsi que la suite des évènements. La curiosité de Lady Patriot était piquée au vif. Maintenant qu’elle avait joué un rôle dans tout ce bordel, elle était bien décidée à en comprendre les ficelles.

« Faisons comme-ça. Le transport ne devrait pas être un problème. J’irai me changer après. »

C’est donc en compagnie de l’adolescent que Mary ramena la machine, alias le « truc », le perturbateur de comportement animalier, à la tour de la paix. N’estimant pas la perte d’une poubelle d’une importance capitale après les différents évènements survenus au parc zoologique, la jeune femme décida de l’emmener dans son récipient d’un tout autre usage, afin de ne pas en perdre une pièce. Quant à la poubelle, elle ferait un petit détour en fin de journée pour la redéposer au zoo.

***

La Tour de la Paix était située sur la place du Centenaire, abritant le quartier général de la Légion des Etoiles. Construit par Dédale, la tour était une merveille architecturale, le communs pouvant s’y rendre, du moins, en restant au rez-de-chaussée, le reste des étages étant réservés aux affaires internes, et ne concernant que les membres habilités, supers et consorts. Mary avait laissé le jeune homme en tête à tête avec la machine, le temps pour elle d’aller se faire une toilette, rincer cette eau salée désagréable, et prendre une tenue un peu plus adéquate, à savoir, son costume. Quelque chose lui disait que la journée n’était pas terminée pour Lady Patriot. Prévoyante, elle embarqua également une tenue civile plus classique pour passer incognito si la situation l’exigeait. La jeune femme ne culpabilisait pas tellement de laisser Jace travailler sur la machine, elle même ne piffant rien à tout cela. Les gadgets, l’électronique et la mécanique, ainsi que toutes les variables tournant autour de ces thèmes, n’étaient pas dans son domaine de compétence. Alors à quoi bon s’efforcer d’être utile quand elle serait au final, inutile. A chacun ses compétences.

Mary revint donc à la tour au bout d’une bonne heure, passant par le toit par l’entrée des artistes volant, avant de descendre vers l’atelier où l’adolescent travaillait sur le truc. La jeune femme pénétra dans la pièce au moment même où ce dernier raccroché le combiné du téléphone, après son entretient avec une opératrice de la marque qui avait commercialisé le composant électronique au centre de l’attention. Elle jeta un coup d’œil aux notes griffonnée par le jeune super.

« 2028, 76th Ohio avenue » lut-elle à voix haute. « Je sais où ça se trouve, c’est dans le district Est, à Lincoln. »

Elle s’approcha de la machine, étudiant rapidement du regard l’entrelacement des fils et des composants. La jeune femme était incapable de dire quel composant avait quelle fonctionnalité. De même qu’elle ne comprenait pas comment un tel engin pouvait produire un comportement irrationnel chez les animaux, les poussant à être agressif, voir suicidaire. Et puis, comment expliquer que le serpent se soit téléporté d’un endroit à un autre sans que personne n’ait rien vu ? Le mystère demeurait entier. Peut être qu’en mettant la main sur le type qui l’avait fabriqué, les deux jeunes gens comprendraient mieux les finalités de la manœuvre. Une chose était cependant claire : on cherchait délibérément à nuire au zoo, voir à la population de Star City.

« Alors, tu as trouvé qui a fabriqué ce truc ? Si tu veux qu’on consulte les fichiers de la police sur la personne, on peut accéder au serveur avec mes identifiants. »

Bien qu’elle savait que c’était possible depuis les serveurs de la Légion.
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Message posté : Mer 26 Mar 2014 - 15:04 Message
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Les bras croisés, Jace observait la machine. Il secoua la tête aux questions de sa coéquipière du jour.

— Il… Ou elle n’a pas gravé son nom dans les composants, non. Mais enfin, c’est une fabrication experte, mais pas industrielle. Tu vois, par exemple, les soudures, là, là et là, c’est clairement fait à la main, pas par un robot de montage sur une chaîne. Puis la plupart des composants est accessible sur le marché traditionnel, pour peu d’avoir accès aux bons fabricants. Ce que je veux dire, c’est qu’on a clairement pas affaire à un prototype industriel.

Du reste, l’intérêt commercial d’un pareil engin lui aurait échappé, mais on pouvait tout aussi bien le considérer comme une arme un peu avant-gardiste, d’inspiration hitchcockienne. Il y avait bien des rumeurs sur les dauphins démineurs et les abeilles tueuses ; après les chiens de garde, ce n’eût pas été la première tentative de transformer les animaux en instruments des conflits entre humains.

— Mais ça, ce composant là, ça court par les rues, et c’est comme ça que j’ai pu obtenir l’adresse. Évidemment, l’acheteur, c’est une société, peut-être un simple dispositif juridique écran pour des transactions de ce genre, peut-être un vrai truc : Net-Com Age. Vu que le truc est à Lincoln, c’est pas exactement Hamelin, je penche plutôt pour la première solution. Mais en tout cas, je crois qu’on va être obligé d’aller jeter un coup d’œil sur place.

Au fond de lui, malgré le caractère presque dramatique des événements du zoo qui n’avaient, apparemment, fait aucune victime, Jace ne pouvait s’empêcher d’être enthousiaste à la perspective de mener une mission en compagnie de Mary : opérer aux côtés de Lady Patriot était un privilège qu’il n’avait jamais eu encore. La jeune femme faisait son admiration : tout à la fois héroïne de premier plan et femme de carrière brillante, elle prenait place, avec Charlie Lane et Sydney Stevens, dans la galerie de ses modèles féminins.

— Je vais prendre en photo les composants les plus atypiques et t’envoyer les clichés. Si on trouve tous ces trucs au même endroit, ce sera vraisemblablement qu’on s’est pas trompé de porte.

Jace attrapa une tablette numérique propriété de la Légion, agença les composants en question sur l’une des tables de l’atelier et prit un cliché dégagé, avant de l’envoyer par mail à Mary. Cette opération faite, après avoir rangé sa table de démontage et étiqueté soigneusement la machine pour qu’un autre Légionnaire n’eût pas l’idée saugrenue d’y jouer du tournevis, les deux héros furent prêts à s’envoler, en direction de la fameuse Ohio Avenue.

Fameuse n’était peut-être pas le nom. Ohio Avenue était bel et bien une avenue, mais elle n’avait pas l’activité commerciale du centre de Star City : les rangées d’immeubles avaient jadis abrités des boutiques au rez-de-chaussée, mais nombre d’entre elles avaient fermé en attendant un repreneur des murs qui ne viendrait peut-être jamais, tandis que les magasins survivants présentaient aux clients potentiels, rares d’ailleurs sur le trottoir déserté, une vitrine peu engageante. L’endroit avait beau être, pour le secteur de Lincoln, comparativement calme, il ne donnait guère envie de se promener.

— Accueillant…

Ce n’était certes pas la première fois que Jace parcourait les rues du District Est, où se concentrait une bonne part de l’activité criminelle de Star City. Après avoir jeté un coup d’œil aux numéros de la rue, le jeune homme commença à la remonter, jusqu’à l’adresse précise. C’était un immeuble résidentielle et sur les interphones, les noms des habitants étaient griffonnés sur des bouts de papier à moitié arrachés. Parmi eux, la société Net-Com Age se fondait dans la masse.

— On va éviter de sonner pour pas donner l’alerte, hein.

Thunder posa la main sur la poignée de la porte et, après une brève concentration, un déclic se fit entendre, alors que le dispositif électronique lié à l’interphone, sous l’impulsion du mutant, déclenchait l’ouverture de la porte et leur ouvrait un passage. Passé un hall de boites aux lettres qui offraient au courrier des occupants une sécurité des plus discutables, ils s’engagèrent dans une cage d’escaliers sombre, faute de savoir l’étage occupé par Net-Com Age.

Six étages plus haut, Jace poussait un soupir en voyant, sur une porte, une petite plaque reproduire le fameux nom. Cette fois-ci, difficile de ne pas manifester sa présence : l’adolescent poussa la sonnette. Après quelques secondes, la porte s’ouvrit et le jeune homme la poussa pour pénétrer… dans un cabinet de dentiste. En tout cas, ça ressemblait beaucoup à un cabinet de dentistes. Une odeur de produits ménagers montait de l’appartement réagencé. La porte d’entrée donnait sur un vaste hall où une réception semi-circulaire en bois était surmonté des mots « Net-Com Age » dans un logo stylisé et futuriste.

Derrière la réception, une femme d’une trentaine d’années attendait.

— Bienvenue à Net-Com Age, l’âge du futur.

Jace ne put s’empêcher de froncer les sourcils, tant le tableau de propreté élégante et futuriste qui s’offrait à eux cadrait peu avec la rue puis l’immeuble qu’ils venaient de visiter. Il ne s’en approcha pas moins de la réception.

— Je m’appelle Melinda. Est-ce que vous aviez un rendez-vous ?

Jace jeta un coup d’œil à Mary, pas très sûr de lui.

— Euh… Non.
— C’est la première fois que vous venez chez nous ?
— Oui.
— Alors l’un de nos conseillers va vous recevoir. Je vous laisse patienter en salle d’attente ?
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Message posté : Lun 31 Mar 2014 - 9:34 Message
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En matière criminelle, Mary était plutôt calée avec le temps. Elle trouvait en effet étonnant que la personne derrière cette drôle de machine eut laissé autant de trace, mais les dires de son partenaire du jour lui confirmèrent que ce n’était pas le cas. Il lui rapporta rapidement les conclusions auxquelles il était parvenu, allant même jusqu’à lui montrer les différents procéder techniques ayant servi à constituer la machine. Il devait s’agir d’un fin technicien pour arriver à un tel résultat. La piste des composants avait néanmoins payé car le jeune homme était remonté jusqu’à une société - Net-Com Age - dont le siège se trouvait à Lincoln. Mary partageait l’avis de Jace sur le fait qu’il s’agissait probablement d’une société écran servant de camouflage à des activités un peu moins légales. Oui, il était temps d’aller y jeter un coup d’œil. Mary consulta son téléphone pour constater qu’elle avait reçu le mail avec les pièces jointes, à savoir les photographies, qu’elle enregistra dans la mémoire de son Smartphone histoire de les avoir à disposition laissant ainsi juste le temps pour le jeune homme de ranger son atelier, et de prendre quelques précautions. Cette épopée technologique allait apporter deux trois connaissances en plus à l’assistante du procureur, qui n’était d’ailleurs pas bien en veine avec les appareils informatiques et autres joyeusetés de ce genre là. D’ailleurs, le fait que son dimanche soit gâté par une machine rendant les animaux complètement cinglés ne l’étonnait pas vraiment. Bon il était temps pour les légionnaires de faire la lumière sur cette affaire, et de montrer à l’auteur qu’ils étaient sur le coup. C’est pour cela que Mary resta Lady Patriot pour aller jeter un coup d’œil à la société sur Ohio Avenue.

La notoriété de la super-héroïne dans la populace de Star City n’était plus à faire, si bien qu’elle pouvait se permettre d’enquêter en étant drapée de ses atours sans qu’on la prenne forcément pour une usurpatrice. Qui plus est, elle disposait de sa carte de légionnaire, pour convaincre les plus méfiants. Même si la juge qui était en elle préférait de loin opérer à visage découvert pour les actions d’enquêtes, elle ne pouvait pas se le permettre dans le cas présent. Il suffisait de se souvenir du petit passage aquatique du parc zoologique pour comprendre que dans cette affaire, une intervention héroïque pouvait avoir lieu à tout instant. Du moins, c’était le sentiment général de la blonde qui décida donc de rester attifé de ses atours bleus, rouges et blancs.

En volant, le trajet vers l’avenue qui n’en portait plus que le nom, fut assez rapide. L’endroit était sinistré d’un point de vue commercial, et les habitants devaient faire face à une criminalité constante, appelée par la pauvreté. Accueillant était ironiquement le mot. Mais bon, la justice devait s’exporter dans ces quartiers, même si un peu d’aide sociale suffirait à arranger certains problèmes. Le duo ne tarda guère à trouver la société qu’ils cherchaient. Jace préféra user de ses pouvoirs pour entrer dans l’immeuble, plutôt que de sonner. Pourquoi pas, même si Mary préférait agir plus officiellement. Disons que si ce n’était une société écran comme ils le pensaient tout deux, ils s’y rendaient en les considérants déjà comme malveillant. Hors, il pouvait s’agir d’une usurpation d’identité, tout simplement.

« Allons y. »

Ils furent rapidement dans l’immeuble et rapidement devant la porte de la boite après s’être farcie six étages de grimpette dans les sinistres escaliers du bâtiment. Le fameux logo de la boite était apposé sur une porte agrémenté d’une sonnette qui une fois actionnée, délivra le sésame pour entrer dans les locaux de la société Net-Com Age. Mary s’attendait à tout sauf à ça. Les lieux étaient proprets, aux parfums de produits ménagers et une secrétaire attendait patiemment leur bon vouloir derrière un comptoir. En parfaite professionnelle, elle se présenta tout en demandant les formalités d’usage dans ce qui ressemblait à un cabinet de dentiste. Jace prit une nouvelle fois les choses en main, et si le costume de Mary fit effet auprès de la trentenaire de l’accueil, elle n’en manifesta rien. Tout cela était étrange.

« Bien, nous patientons. »

Elle leur indiqua d’un geste de la main la salle d’attente en question. Le mobilier de cette dernière n’était pas bien différent de l’ensemble architectural de l’accueil et les deux jeunes gens purent s’asseoir confortablement dans des chaises rembourrées en cuir. Partout sur les murs étaient placardés des posters représentant des couples, des enfants, ainsi que le logo de la boite. Mary ne disait rien pour le moment, se demandant bien dans quoi ils s’étaient fourrés. D’un autre côté, elle aurait pu demander à l’hôtesse d’accueil de plus amples renseignements mais elle était curieuse de rencontrer le conseiller histoire de faire une idée des services proposés ici. Au bout de quelques minutes, un homme en costume cravate pénétra dans la salle d’attente et leur fit signe de les accompagner. Il devait également avoir la trentaine, cheveux soigneusement plaqués en arrière, bruns, un dossier à la main. Après un passage rapide par un couloir immaculé, le petit groupe arriva dans le bureau du bonhomme, où une plaque affichait clairement son nom et prénom. Pas sa fonction.

« Bonjour Madame, Monsieur, je suis Benjamin Richards. »
« Bonjour Monsieur Richards. »
« Alors c’est la première fois que vous venez nous rendre visite. Pas trop stressée ? »
« Pour le moment, ça va. » Mary essayait de comprendre tout en lui faisant la conversation. L’autre reprit, un sourire contrit sur le visage.
« Je dois reconnaître que je le suis moi, ce n’est pas tous les jours que je m’occupe de clients comme vous. » Il jeta un coup d’œil à Mary engoncée dans son costume de Lady Patriot. Cette dernière balaya l’intervention d’un geste nonchalant.
« Faites comme-ci nous étions de parfaits inconnus. »
« Je vais essayer, croyez-moi. » Il marqua une petite pause. « Vous avez emmené votre dossier médical je présume ? Il va falloir que nous y jetions un œil avant de passer aux choses sérieuses. Je vous préviens mais vous devez le savoir, ils le disent toujours dans les hôpitaux publics, les chances de réussites sont de l’ordre de 36%, mais vous êtes au meilleur endroit dans cette ville et nous nous vantons, à juste titre d’ailleurs, d’avoir un taux de réussite de 42%. » Si jace avait comprit de quoi il retournait, Mary, elle, était complètement pommée.
« Nous ne sommes pas vraiment là pour ça. Je peux savoir de quoi vous parlez exactement ? »
« Je ne comprends pas, si vous êtes ici, c’est que vous cherchez à avoir un enfant, et que ça ne marche pas naturellement, non ? » Il arqua un sourcil, ajoutant : « C’est le seul service que l’on propose. » Mary était décomposée derrière son masque de super, à la limite de la crise de rire tellement la situation était grotesque.
« En fait, nous enquêtons sur une affaire qui concerne Star City. » Joignant le geste à la parole, l’assistante du procureur glissa d’une des poches internes de son costume son téléphone. Affichant les photos, elle les présenta à son interlocuteur, non sans avoir jeté un coup d’œil amusé à Jace. « Ce composant a été acheté par Net-Com Age. Est-ce que l’on peut voir votre patron ? Ce sera surement plus simple. »
« Euh... Oui, ne bougez pas, je vais le prévenir. »

Il semblait perplexe, mais il avait à peine jeté un coup d’œil aux photos. Ca ne voulait peut être rien dire, toujours est-il qu’il quitta son bureau pour aller prévenir son patron. Au bout de cinq minutes, il ne revenait toujours pas.
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Message posté : Lun 31 Mar 2014 - 18:27 Message
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Dans son fauteuil, dans la salle d’attente, Jace feuilletait un magazine sur les voiliers, en s’interrogeant sur le lectorat de semblables publications. Au bout d’un moment, il finit par se pencher pour remarquer, en chuchotant :

— C’est quand même pas très explicite, tout ça…

Il parlait du nom de la société et des photographies sur les murs, qui pouvaient tout aussi bien illustrer les activités d’un promoteur immobilier, d’un gestionnaire de parcs de loisirs, d’une clinique de fertilité ou d’un conseiller en thérapie collective. Aucun détail sur les projets menés par la société n’apparaissait et en dehors des publications somme toute des plus traditionnelles qui s’étalaient sur la table basse, et en l’absence de tout autre client, les deux Légionnaires demeurèrent dans le brouillard le plus complet. Jusqu’à ce que, assis sur d’autres fauteuils, dans un bureau, un conseiller perdu tentât de leur fourrer un bébé dans les bras. Ou presque.

Jace avait ouvert des yeux ronds. Et quand le conseiller s’était absenté, il se retourna vers Mary et interrogea très spontanément :

— J’ai l’air si vieux que ça ?

Ou Lady Patriot avait une tête à aimer ses compagnons très jeunes. En tout cas, à dix-sept ans, Jace se sentait beaucoup trop jeune pour ne fût-ce que commencer à envisager de se décider à penser à méditer la possibilité de peut-être se pencher sur la question des enfants dans un futur très lointain. Un peu perturbé qu’on les eût pris pour un couple, le jeune homme n’avait guère prêté attention à la réaction — ou plutôt la relative absence de réaction — du conseiller devant les photographies. Cependant, bientôt, il commença lui aussi à trouver le temps un peu long.

— Tu penses qu’il compte revenir un jour, ou bien… ?

Ce n’était que l’une des nombreuses questions qui se pressaient désormais dans son esprit. En admettant que Net-Com Age eût un rapport quelconque avec la machine retrouvée au zoo, quel pouvait bien être l’intérêt d’une clinique de fertilité pour un semblable coup d’éclat ? Avait-on en effet usurpé leur identité ? Mais alors, comment expliquer le comportement plus qu’étrange des employés ? Accueillir Lady Patriot dans leur salle d’attente ou se voir interrogés sur des composants électroniques étranges a priori sans rapport avec leurs activités médicales ne semblait pas les surprendre.

Après une nouvelle minute, Jace se releva.

— Je vais jeter un œil.

L’adolescent disparut dans le couloir et ne tarda pas à revenir passer la tête par l’entrebâillement de la porte pour signaler :

— C’est désert.

Ni conseiller, ni réceptionniste. Ni directeur, d’ailleurs. Jace avait fait un rapide tour du propriétaire et les locaux de la société, pas très grands au demeurant, semblaient bien avoir été promptement évacués. Difficile de se lancer à la poursuite de leurs occupants sans savoir comment ni pourquoi ils s’étaient enfuis.

— Du coup, je suppose qu’on a le temps pour jeter un œil aux alentours.

Il n’y avait pas grand-chose à voir : outre la réception et la salle d’attention, les locaux étaient composés de deux bureaux parallèles, exactement identiques, qui accueillaient les conseillers, d’un bureau plus grand qui devait être celui du directeur et d’une salle d’examen. Autant dire que ce n’était pas là que la clinique pourrait stocker ses embryons ou même mener la moindre expérience médicale. Jace commençait à se demander si cet excellent taux de réussite n’était pas plutôt une arnaque bien montée en plein cœur de Lincoln quand ses suppositions furent brutalement interrompues par un spectacle un peu glaçant.

— OK. Euh… Lady Patriot ? Tu, euh… OK. Tout va bien se passer.

Par acquis de conscience, Jace avait finalement contourné le bureau de la réceptionniste dans l’espoir d’y découvrir un carnet d’appels ou de rendez-vous. La surprise avait été bien plus considérable en la personne de deux pains de plastique et d’une minuterie qui faisait déjà défiler les secondes. C’était sa toute première bombe. Il en avait étudié des schémas en théorie, comme ça, parce qu’il avait bien fallu s’y étendre, mais c’était autre chose de voir le cadeau en vrai.

Beaucoup plus pour lui-même que pour quiconque, Jace murmura :

— OK. Électronique, électrique, c’est mon domaine. Tout va bien se passer.

Le jeune super-héros posa une main tremblante sur le cadran du minuteur. C’était simplissime. La première chose qu’il eût jamais appris : on absorbait toute l’énergie électrique et la machine arrêtait de fonctionner. Un jeu d’enfants. Avec un demi-kilo d’explosif à la clé. Nouvelle inspiration. Le mutant sentit les étincelles monter le long de ses doigts, rentrer sous sa peau et, après trois secondes supplémentaires, le minuteur s’éteignit dans un bip plaintif. Jace rouvrit les yeux et ne put s’empêcher de pousser un soupir de soulagement. Avant de préciser, tout de même, pour la forme :

— Non mais je savais ce que je faisais, hein, quand même.

Évidemment !
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Message posté : Dim 6 Avr 2014 - 9:52 Message
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La décoration n’apportait en effet rien de plus sur les activités de la société, pas plus que les magasines disposaient sur la table dans l’attente d’être feuilletés par les visiteurs des lieux. Heureusement pour les deux jeunes gens, le conseille vint à leur rescousse assez rapidement, les entrainant de son bureau. La petite épopée linguistique se termina par la sortie du type qui devait aller chercher son directeur, comme le lui avait demandé Lady Patriot. A la question de l’adolescent, Mary répliqua :

« T’sais, ils doivent voir de drôles de personnes par ici. Alors un jeune et une super... »

Une explication comme une autre, mais qui avait le mérite de tenir la route. N’empêche que le conseille ne semblait pas vouloir revenir avec son directeur. Peut être que ce dernier était en réunion, ou déjà occupé, et que l’employé attendait sagement qu’il se libère ? Ou peut être que les questions de la jeune femme concernant cette pièce en particulier de la machine, l’avait effrayé et qu’il avait décidé de se faire la malle. C’était une autre possibilité à prendre en compte. L’histoire du bébé avait de quoi faire réfléchir la trentenaire qui n’avait pas encore enfanté, alors qu’elle était mariée depuis un moment déjà, avec une situation financière stable. Les activités de super n’y étaient pas étrangères, Mary n’en doutait pas. Quant à savoir si Ash désirait un enfant... C’était une conversation qu’ils n’avaient jamais vraiment eu jusqu’à présent. Quelques allusions parfois, mais sans plus. C’était décidé, elle lui poserait la question en rentrant. Après tout, la communication permettait de résoudre pas mal de non-dits dans le couple, et Mary en faisait une arme redoutable avec son mari. La blonde fut tirée de ses rêveries bambines par son compagnon d’enquête.

« Ca fait un moment oui... »

S’il attendait vraiment que son patron se libère, pourquoi ne pas revenir les prévenir ? Avec les tarifs que la société devait pratiquer dans le marché juteux de la conception médicalement assistée, une tasse de café n’aurait pas été du luxe. Non, tout cela sentait le roussi. Devançant sa comparse, l’adolescent décida de jeter un coup d’œil pour voir de quoi il retournait. Il ne tarda pas à revenir, pour annoncer que les lieux étaient déserts. Ils s’étaient tous enfuis en silence pendant qu’ils attendaient là comme des imbéciles. Le bon côté des choses résidaient dans le fait qu’ils avaient désormais les locaux pour eux tout seul afin d’enquêter. Mais est-ce qu’ils resteraient des traces quelconques de leur implication dans le « truc » ? Après tout, la médecine telle qu’ils l’entendaient, et la mécanique électronique étaient des sciences assez éloignées. L’assistante du procureur n’arrivait pas à faire des liens logiques entre cette société de façade, car ils avaient la preuve désormais que s’en était bien une, et l’entreprise hasardeuse de perturber le comportement des animaux du parc zoologique.

En tout cas, le silence dans lequel ils avaient évacué les lieux était bluffant. Pas un pied de chaise n’avait grincé, pas une porte qui couine, rien. Les types étaient des pros, et ils s’attendaient à se faire démasquer un jour.

« M’étonnerait qu’il reste grand chose à voir, mais allons-y. »

Mary entreprit de regarder dans l’ordinateur du conseiller qui les avait reçus. Avec un peu de chance, elle finirait par trouver quelque chose de compromettant, ou ne serait-ce qu’une piste pouvant mener vers un commanditaire. Jace l’appela depuis la réception, et le ton qu’il employait suggéra à Mary d’aller voir fissa. Elle se pencha par dessus le comptoir de la secrétaire pour voir sur quoi l’adolescent était penché. Son sang ne fit qu’un tour, suffisamment rapidement pour que son cœur ne rate un battement. L’électricien était déjà à l’œuvre, murmurant des choses pour se donner du courage. La blonde n’ajouta rien, considérant que ce n’était pas le moment de le stresser d’avantage. Elle n’était pas loin de l’attraper par le col et de traverser un mur en s’envolant pour s’éloigner de ces chiffres défilant un peu trop vite vers le zéro au goût de la super-héroïne. Finalement, les pouvoirs de l’ado finirent par pomper tout le jus de la bombe, la désactivant par la même occasion.

La jeune femme se rendit alors compte que ses poumons avaient capté tout l’air qu’ils pouvaient, et qu’elle retenait son souffle depuis qu’elle avait posé les yeux sur la bombe. Avec un soupir de soulagement, elle se laissa tomber sur une chaise. Jace y alla de sa petite remarque, ce qui fit faiblement sourire la blonde.

« Quand même ouais... »

Et s’il avait envoyé de l’électricité plutôt que la pomper, la bombe aurait explosé. D’un côté, s’il n’avait pas tenté sa chance, la bombe aurait pété également. Donc au final, il venait de leur sauver la vie, ainsi que celle d’innocents résidants aux alentours, ou simples badauds marchant dans la rue qui auraient été soufflé par le souffle de l’explosion et les débris. Bref, ils étaient tous en vie, et les locaux pouvaient être soumis à une inspection un peu plus fouillée. Peut être qu’ils avaient été négligents en pensant que la bombe effacerait la majeure partie des traces restantes. Mary pariait la dessus, car sinon, leur piste s’arrêtait là.

« Bon, je vais regarder du côté des ordinateurs. Sait-on jamais. »

La jeune femme essayait d’y mettre de l’entrain, histoire de motiver les troupes. Mais qui ne se sentait pas plein de vie après avoir vue une bombe prête à exploser ? L’ordinateur du conseiller n’était pas allumé, et quand Mary le démarra, il demanda comme de juste, un mot de passe. Peut être que son collègue, l’as de l’électricité, s’y frotterait-il pour voir un peu ce qu’il contenait. Du coup, Mary démarra les ordinateurs éteints, les laissant arriver sur la fenêtre du mot de passe. Ils devaient être connectés en réseau, si bien qu’une fois dans l’un, on pouvait accéder aux autres. Mais elle laissait ça à son ami, elle-même n’étant pas une pirate informatique de premier ordre.

« Les ordinateurs sont tous protégés par un identifiant et un mot de passe, tu penses pouvoir faire quelque chose ? »

De son côté, l’assistante du procureur fit de nouveau le tour du propriétaire. Pourquoi vouloir faire exploser le bâtiment ? Elle ne comprenait pas trop la finalité de ce geste, si ce n’est celle de les tuer tous les deux. A moins que les choses compromettantes ne se trouvaient pas à cet étage précisément, mais quelque part dans l’immeuble. Est-ce que la bombe avait un pouvoir détonnant assez important pour faire péter la barre entière d’appartement ? Pas sans laisse un maximum d’indices. Alors quoi, c’était juste pour se débarrasser d’eux ? Il y avait bien des dossiers, mais en les parcourant rapidement, Mary ne dénicha pas grand chose de probant. Bien souvent, il s’agissait de couple désireux d’enfanter et ne pouvant pas y arriver naturellement. Les sommes d’argents étaient faramineuses, alors que les dates étaient assez récentes. Ca ne devait pas faire longtemps que les locaux étaient ouverts. Est-ce qu’ils servaient à blanchir de l’argent ? Le procédé n’était pas anodin. Peut être qu’en rencontrant ces gens, Mary et Jace pourrait se faire une idée, histoire de voir s’ils s’étaient fait arnaqués ou pas. Peu probable que ce ne soit pas le cas, les locaux ne présentaient aucune salle de manipulation biologique, aucun laboratoire, pas même une infirmerie. Alors comment faisaient-ils les prélèvements, et tout ce qui allait avec ensuite ?

Au fil de son questionnement et de son cheminement dans les locaux, Mary tomba sur une porte dérobée. Probablement par là qu’ils avaient filé en toute discrétion. L’huis semblait fermé à clé, mais ce n’était pas pour arrêter notre super-héroïne qui en forçant un peu, cassa le mécanisme de fermeture. Avec une prudence toute relative, la blonde poussa la porte pour suivre le couloir exigu qui serpentait derrière.

    Lancer de dé du hasard :
  • Réussite : Mary trouve une salle de travail.
  • Echec : Le couloir amène directement sur une issue de secours.


Continuant sur une dizaine de mètres, le couloir amena la jeune femme vers une autre porte, dépourvue de poignée standard, mais comportant une longue barre horizontale qu’il suffisait de pousser pour débloquer la porte. Mary ne s’y fit pas prier. L’air s’engouffra dans le couloir, faisant virevolter quelques mèches blondes. Il s’agissait d’une issue de secours. Un escalier en fer typique s’étalait sur la façade du bâtiment, et les leviers déverrouillant les échelles étaient abaissées. Oui, ils avaient du partir par là. Ne trouvant rien de particulier, la jeune femme effectua le trajet retour rapidement. Revenant vers Jace, elle lui fit part de ses trouvailles, sur un air un peu dépité, il fallait le reconnaître.

« Les dossiers n’apportent rien de particulier, et j’ai trouvé par où ils étaient sortis. Mais ça n’avance pas à grand chose. Tu as réussi à pirater les ordinateurs ? »

En espérant que la recherche informatique soit fructueuse.
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Message posté : Dim 6 Avr 2014 - 9:52 Message
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Message posté : Dim 6 Avr 2014 - 12:48 Message
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Jace laissa les battements de son cœur se calmer. Il avait connu des combats plus mouvementés, mais il n’avait jamais eu l’impression de frôler d’aussi près la mort. Contre un adversaire, c’était très différent : on pouvait toujours espérer une erreur humaine, il y avait des dizaines des possibilités, un environnement, des circonstances infiniment variables. Une bombe, c’était beaucoup plus simple, et donc beaucoup plus terrifiant : ça explosait ou ça n’explosait pas, voilà tout. L’adolescent finit par inspirer profondément pour reprendre ses esprits et l’inspection reprit. Il ne tarda pas à se retrouver en charge d’une tâche tout à fait de son domaine, tandis que sa coéquipière continuait à fouiller les locaux.

L’adolescent s’assit devant l’ordinateur du conseiller qui les avait brièvement reçus et les écrans de mots de passe, dans tout le cabinet, disparurent pour céder la place au bureau. Pour Jace, c’était un jeu d’enfants — pas même un piratage : il suffisait de réécrire les données de la machine. Un jeu d’enfants pour lequel il avait eu besoin de plusieurs semaines d’entraînement, certes, malgré une intelligence hors du commun et un sens intuitif de l’électricité. Mais l’entraînement, comme souvent, avait fini par payer.

Les yeux fixés sur l’écran par habitude plutôt que nécessité, Jace ouvrait des dizaines de fichiers, les parcourant mentalement, sans véritablement les voir, à la recherche d’une information marquante. Les maquettes de brochures publicitaires le disputaient aux notes de réunion et pour une entreprise de façade, l’adolescent devait bien reconnaître que la quantité de documents produits était impressionnante. Lorsque Lady Patriot revint vers lui, il pivota sur sa chaise et hocha la tête.

— Mais c’est bizarre tellement c’est pas bizarre.

Certes. À côté de lui, sur l’écran du conseiller, quelques documents s’affichèrent en même temps, sans qu’il n’eût touché ni à la souris, ni au clavier.

— J’ai trouvé tout ce qu’on pouvait s’attendre à trouver : un calendrier avec des rendez-vous, des mémos de services, des publicités pour la société, des objectifs de vente, etc. Je veux dire : à part le fait qu’on soit en plein District Est et qu’on ait tenté de nous faire exploser, ça a l’air tout ce qu’il y a de plus normal. Il y a même une clinique, à Bayview. Enfin, la clinique est pas entièrement à eux, c’est un polygone médical : y a plusieurs espaces et ils ont des bureaux et une salle médicale là-bas.

Et l’endroit existait vraiment : Jace se souvenait de l’avoir survolé à plusieurs reprises et il était sûr que l’une de ses camarades avait son ophtalmologue parmi les médecins des plus traditionnels qui se partageaient les locaux.

— J’comprends pas tellement ce qu’ils essayent de faire. La bombe, le grand coup dans le zoo, la fuite, ça a tout l’air d’une opération jetable, express, mais elle est bien implantée. Tu crois pas qu’on devrait aller voir les supposés clients, pour savoir exactement ce à quoi ils ont eu le droit ?

L’alternative consistait à se rendre à la clinique et à risquer une nouvelle bombe qui, si par malheur ils ne la retrouvaient pas à temps, feraient un nombre considérable de victimes. Le plus sage était donc bien, comme l’avait pensé Mary elle-même, de s’informer plus amplement sur les activités de la fameuse clinique. Après s’être assuré que les ordinateurs ne contenaient plus d’informations capitales, Jace hocha la tête et emboîta le pas à son acolyte. Munis de la liste des clients imprudemment abandonnée par leurs hôtes terroristes, ils s’envolèrent pour des quartiers beaucoup plus cossus et beaucoup plus résidentiels de Star City.

C’était l’heure du porte-à-porte.

— Oui… ?
— Bonjour, nous sommes…
— Je sais qui vous êtes.

Ils avaient sonné à leur première porte et une femme d’une trentaine d’années les regardait tour à tour, visiblement surprises de recevoir la visite de deux super-héros.

— Vous euh… Entrez, je vous en prie.

Jace échangea un regard avec Mary. À force, il allait commencer à soupçonner des pièges partout, mais quelques secondes plus tard, ils étaient installés dans un spacieux salon sur un confortable canapé. Il était temps d’expliquer leur visite.

— Nous souhaiterions savoir si vous êtes effectivement cliente d’une société appelée Net-Com Age.
— Pardonnez-moi, mais j’ai du mal à voir en quoi cela pourrait vous concerner…
— Je comprends que la question soit indiscrète, mais cette société est manifestement impliquée dans des activités illégales et nous avons des raisons de penser que vous en avez été victime.
— Comment avez-vous obtenu mon adresse ?

Jace eut l’air gêné un instant.

— Nous avons enquêté dans les locaux de Net-Com Age, dans le District Est. Vous connaissez, peut-être… ?

La jeune femme hésita et finit par hocher la tête.

— Pardonnez-moi cette question, mais… Hm… Vous semblez avoir des moyens, euh…

Jace promena le regard dans le salon design qui les entourait.

— … confortables. Vous pourriez sûrement recourir aux services d’un établissement situé dans un quartier moins dangereux ?
— Tous les établissements ne nous accueillent pas volontiers, à vrai dire.

La jeune femme désigna d’un geste de la tête un cadre sur une petite table, contre le canapé, et Jace jeta un œil à la photographie qui s’y trouvait : on pouvait y voir leur hôtesse dans les bras d’une autre femme. Un couple qui ne devait effectivement pas plaire à tous les médecins.

— Je vois. Est-ce que vous pouvez nous parler un peu de cette société ? Comment vous l’avez connue, les services qu’ils vous ont proposé, ceux auxquels vous avez effectivement eu accès. Ce genre de choses.
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Message posté : Jeu 10 Avr 2014 - 16:17 Message
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Mary trouvait les pouvoirs du jeune homme pour le moins fascinant. Il pouvait, comme ça, se connecter aux appareils électriques et en faire usage, parcourant les fichiers de données, même les plus sensibles, en écartant sur son chemin les par-feux et autres barrières du genre. Cela voulait sans nul doute dire qu'il pouvait, s'il le souhaitait, s'immiscer dans la vie privée des gens en étant pas loin de leur téléphone portable par exemple. Tout cela n'était pas vraiment du goût de notre héroïne, mais le bon côté des choses, c'était que l'adolescent était du justement du bon côté. En soit, c'était une forme de protection contre les abus, même s'ils pouvaient exister. Après tout, il était facile de céder à la tentation d'aller jeter un coup d'œil dans le téléphone d'un ami, rapidement, histoire de voir ce qu'il pouvait raconter sur soi. La méditation silencieuse de Mary quant aux pouvoirs de son acolyte, fut interrompue par les commentaires de ce dernier.

En effet, tout cela était dès plus étrange. Rien dans cette société ne respirait l'illégalité, tout était ordonné, tout était conforme. Il y avait des carnets de commandes, une liste de clients, de fournisseurs, de la publicité, même des factures, et cette clinique dont ils jouissaient d'une partie des locaux. Alors à quoi ils jouaient ? Pourquoi faire exploser les locaux s'ils n'avaient rien à se reprocher ? Et pourquoi avoir acheté du matériel destiné à faire péter un boulon aux animaux ? Mary ne comprenait pas les tenants et les aboutissants de l'affaire. Maintenant qu'ils avaient essayé de faire exploser ce bâtiment avec eux dedans, la blonde en faisait une affaire personnelle. On n’attentait pas à sa vie et à celle d'autrui impunément. Il semblait que Jace était également dans une impasse vis-à-vis de cette affaire et des conclusions qu’on pouvait en tirer.

« Oui je pense que ça reste une bonne idée, et pourquoi pas aller voir cette fameuse clinique ensuite si ça ne donne rien. » Songeuse, elle se pinça les lèvres entres elles, avant d’ajouter, l’œil déterminé : « Mais cette fois, je ne les laisserai pas faire joujou avec des explosifs. »

Il était en effet hors de question de laisser une bombe exploser dans une clinique. Le densité de la population autour et dans l’établissement de soin était bien plus conséquente que dans la rue et dans les immeubles alentours. Si un tel engin explosait, les conséquences seraient encore plus catastrophiques qu’ici même. Après, une surveillance de l’activité de la clinique pouvait s’envisager, histoire de faire ça de loin et de ne pas risquer un conflit ouvert avec ces gens là, qui semblaient, au final, très déterminés. On ne pouvait pas leur enlever cela. C’est donc tout naturellement que les deux associés sur cette affaire, se mirent en quête d’aller discuter avec les couples étant passés par cette entreprise d’aide à la procréation. La liste facilitait grandement la démarche. Ils arrivèrent rapidement dans un quartier plus cossu, correspondant à tout le moins à la clientèle susceptible de se payer les tarifs que pratiquaient Net-Com Age.

Ils furent reçus par une jeune femme qui les reconnut immédiatement, les invitant à entrer pour discuter. Jace se débrouillait bien, et il mena « l’interrogatoire » de manière prudente et courtoise. C’était délicat de s’immiscer dans la vie de particulier, surtout quand il s’agissait d’un domaine qui faisait peur pour les couples, et plus ou moins tabou pour les couples de même sexe.

« Avec mon amie, nous avons cherché sur le net après un nouveau refus d’une clinique privée du centre-ville. D’autres couples faisaient état sur un forum consacré à la santé, d’une petite entreprise récente qui acceptait tout le monde. Les publicités disaient également qu’elle garantissait un taux de réussite plus important que la moyenne des autres cliniques. »

Elle marqua une pause. L’histoire était plausible, certes, mais quelqu’un de plus attentif se serait posé des questions, du moins du point de vue de Mary. Cette dernière ne fit pas de commentaire, et pour marquer son empathie auprès de son hôtesse, elle posa simplement le plat de sa main sur l’avant bras de la jeune femme, l’invitant par la même occasion à continuer.

« Je sais, dit comme ça, ça ressemble à une arnaque, mais nous étions tellement désespérées de ne pas trouver un établissement… Du coup, nous avons prit rendez-vous. Claire était réticente au départ, elle travaille au service contentieux d’une grande assurance, et elle ne sentait pas trop l’affaire. Mais je l’ai poussée un petit peu et finalement, nous avons sauté le pas. »

Elle se leva, pour se diriger vers la cuisine, et revint avec un pichet de thé glacé, de l’eau, et trois verres.

« De l’eau ou du thé glacé ? Je n’ai rien d’autre à vous proposer, je suis désolée. » Elle fit la distribution des commandes, un thé pour notre super-héroïne blonde, quant à Jace, c’était à lui de voir. La jeune femme se servit également du thé et après une gorgée, elle replongea dans son récit. « Ca me fait bizarre de parler de tout ça avec vous. » Elle soupira, avant d’ajouter : « Mais vous parlez d’activités illégales ? C'est-à-dire ? »

Mary décida qu’il fallait en dire un peu plus pour obtenir plus d’information du côté de la jeune femme.

« Nous les soupçonnons de terrorisme. Nous pensons qu’il s’agit d’une entreprise de façade, peut être pour blanchir de l’argent, peut être pour masquer d’autres activités un peu moins… disons, honorables. »

Elle en avait dit assez pour provoquer une espèce d’indignation sur les traits de leur hôtesse. Cette dernière se renfonça dans son fauteuil.

« Comme je vous l’ai dit, nous avons sauté le pas. Nous avons rencontré un certain monsieur Richards, un commercial, qui nous expliqua les méthodes et les procédés. Il a guidé nos démarches de A jusqu’à Z et il semblerait que Claire soit enceinte désormais. C’est pour ça que je ne comprends pas bien… »

Mary ne savait plus que penser. Maintenant, ils avaient une société qui faisait le travail qu’elle prétendait faire, et bien semble-t-il, mais qui trempait également dans des malversations. Sans parler de cette bombe. Au final, l’explosif semblait leur être destiné personnellement, puisqu’ils n’avaient rien trouvés dans les locaux, de compromettant. Alors quoi ?

« Je vous avoue que nous nous posons certaines questions également. Quoiqu’il en soit Madame, l’agence à Lincoln a fermé, nous avons trouvé une bombe à l’intérieur. Pour le suivie de votre compagne, il va falloir trouver une autre clinique. D’ailleurs, où est-ce que les examens médicaux, l’insémination à eut lieu ? Pas à Lincoln, si ? »

Si c’était là bas, alors ils étaient passés à côté de quelques salles. Mais Mary avait des doutes. Ils avaient quand même bien fouillé l’endroit de fond en comble.

« Non, à la clinique de Bayview, il y a un centre médical important là-bas. »

Voilà qui confortait Mary dans le fait qu’ils n’avaient probablement rien loupés d’important dans les locaux sur Ohio Avenue. Bref, elle se leva, invitant Jace à faire de même. L’assistante du procureur masquée par son masque de Lady Patriot serra la main de la jeune femme. Il était temps pour les deux légionnaires de s’en aller. Il ne fallait pas abuser de l’hospitalité de cette brave dame.

« Merci pour tout Madame, et je vous souhaite plein de bonheur, à vous et votre compagne, pour cet heureux évènement. »

Sur quoi elle s’en alla. A moins que Jace n’avait d’autres questions à formuler. Auquel cas, Mary pouvait bien attendre un peu. Une fois éloigné de la maison, la blonde se tourna vers le blond.

« Je suis perdue. Je pense que la clé de cette affaire se trouve dans cette clinique. Ce que je vais te proposer n’est pas très catholique, mais ce serait une bonne idée que nous rentrions dans les locaux de la clinique cette nuit, question de sécurité publique. »

Ca ne plaisait pas tellement à Mary de faire cela, mais c’était préférable que de risquer de voir le bâtiment exploser. Et peut être qu’en intervenant de nuit, ils tomberaient sur des activités un poil moins en rapport avec les activités diurnes d’aide à la procréation…
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