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Nec pluribus impar

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Message posté : Ven 7 Mar 2014 - 22:40 Message
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***

CHAPITRE I
Comment Chase trouva l’inspiration en Lady Diana



7 mars 2014

Depuis quelques semaines, la vie de Chase Neutron-Grey, héritier de moins en moins digne d’une famille pourtant très digne, Chase Neutron-Grey, l’illustre et jusque là fort respectable mentaliste, agent de l’UNISON, grand champion d’échecs, criminologue en herbe, auteur d’ouvrages, inspiration lointaine de films de super-héros, la vie de Chase Neutron-Grey était devenue quelque peu difficile. C’était que les journaux avaient appris au grand public une terrible vérité : Chase Neutron-Grey aimait les zizis. Beaucoup. Un peu trop, même, selon certains.

L’article originel, paru dans le Daily Herald, n’avait d’un point de vue factuel, il était bien contraint de le reconnaître, rien contenu de véritablement inexact. Oui, il avait eu une sexualité particulièrement active, dès sa sortie du Bigsby Building. Oui, il avait un penchant certain pour les hommes (beaucoup) plus âgés que lui. Oui, il avait fréquenté des clubs libertins, et même des donjons sado-masochistes. Il n’avait pas démenti. Et puis, tout cela, c’était le passé, n’est-ce pas ? Sauf que le passé n’intéressait pas autant les médias que le présent et des journalistes moins scrupuleux, après eux des bloggueurs, après les bloggueurs d’illustres inconnus avides d’un quart d’heure de gloire, s’étaient mis à broder de nouvelles histoires, de plus en plus fantaisistes, mais que le passé, justement, rendait crédibles.

Chaque jour, en tout cas chaque semaine, une nouvelle histoire paraissait, dans les journaux, beaucoup plus souvent en ligne. Un homme, plus ou moins jeune, plus ou moins attirant, racontait ce que Chase lui avait supposément demandé. On lui prêtait plusieurs relations à la fois. On assurait qu’aucun de ses vices n’étaient révolus. La Danger Diamond Society commençait à voir d’un fort mauvais œil les frasques du chef des Argonautes rejaillir sur sa prestigieuse image de marque et même si Chase, considérablement appuyé de ses pouvoirs, évitait avec un brio rare les journalistes à scandales, l’affaire, chassée des unes des plus grands quotidiens, ne s’apaisait pas pour autant.

Le mentaliste abordait les choses… sans aucune philosophie. Lui qui avait toujours été soucieux de l’avis des autres ressentait vivement toutes les attaques. Il n’osait plus sortir. Pour se distraire ou se détendre, il se réfugiait dans d’autres dimensions, où personne ne le connaissait. Certains soirs, parfaitement taciturne, il passait de longues heures à traquer, sur Twitter, sur les blogs, les nouvelles mentions le concernant. Clank l’irritait plus que de coutume. La lenteur des choses, la stupidité des gens, la faiblesse des humains, tout l’agaçait. Il dormait peu, mangeait peu et pestait beaucoup.

Sur Lukaz, il se reposait entièrement. Sans vraiment lui demander son avis. Trop préoccupé par ses propres problèmes, par son image de marque qui s’effondrait, par les attaques dont il était la victime, Chase ne s’interrogeait presque pas sur la manière dont son petit ami pouvait percevoir les choses. Pas un seul instant, il n’avait supposé que Lukaz pût prendre au sérieux la moindre des allégations qui couraient les médias. Pourtant, certaines étaient plus que probables. Toutes les prétendues conquêtes du jeune homme n’étaient pas de doux cinglés aux histoires abracadabrantesques. Il y avait parmi eux de jeunes gens fort bien faits de la personne, avec un récit travaillé à la perfection, sûrs de pouvoir faire la tournée des talk shows.

Sans s’en rendre compte, Chase accumulait ainsi les erreurs. La fatigue aidant, sa patience de pédagogue s’était à peu près évaporé et, à chaque fois ou presque qu’il se lançait dans une explication sur point de son travail, sur les futurs pouvoirs de Lukaz, sur quelque principe de physique ou d’informatique, il ne fallait pas plus d’une minute pour qu’il s’arrêtât devant un froncement de sourcils et marmonnât d’une voix lasse « non mais laisse tomber ». Préoccupé par ses problèmes, il n’avait rien deviné des soupçons qu’une évocation maladroite d’Abban avait fait naître chez Lukaz et puisque Abban était le seul véritable ami qui lui restât, le nom de l’Irlandais revenait incessamment dans la conversation.

En somme, Chase se sentait comme la première fois où il avait mis les pieds hors du Bigsby Building, après des années d’enfermement : perdu dans un monde beaucoup trop hostile où il accumulait sans s’en rendre compte les pires erreurs possibles. Les aspects les plus désagréables de sa personnalité fleurissaient bien malgré lui : son sentiment de supériorité intellectuelle, son impatience face à l’humanité, sa complaisance à se décrire comme la victime de persécution, son attentisme face aux catastrophes imminentes. Plus la tristesse refermait son emprise sur lui, moins le jeune homme était capable d’exprimer la fantaisie, la créativité et la force insouciante qui étaient d’ordinaire les revers glorieux de ces travers.

Ce jour-là, comme bien d’autres, Chase l’avait passé enfermé dans le laboratoire d’Argos. Seul avec ses machines, irritable pour les autres Argonautes et plus encore pour le personnel de la DDS extérieur à son équipe, le jeune homme était parti tôt le matin, n’était pas revenu le midi et avait laissé Lukaz livré à lui-même, sans véritablement l’informer sur son emploi du temps. Il n’avait pas été là quand le soleil avait réveillé le Français, il n’avait pas été là pour partager son petit-déjeuner avec le Français, il n’avait pas été là quand le Français avait récupéré, dans la boîte aux lettres, une enveloppe marron.
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Message posté : Mar 18 Mar 2014 - 19:46 Message
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Solar

ϟ Âge : 33
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/07/1985
ϟ Arrivée à Star City : 22/05/2012
ϟ Nombre de Messages : 6699
ϟ Nombre de Messages RP : 732
ϟ Doublons : Ezekiel Nakamura
ϟ Crédits : Smiley Vanille
ϟ Célébrité : Tom Felton
ϟ Âge du Personnage : 29 ans
ϟ Statut : célibataire libertin
ϟ Métier : voleur du Cartel Rouge
ϟ Réputation : Niveau 5
ϟ Signes particuliers : Blond cendré, yeux bleus, finement musclé, svelte et agile, un piercing à la langue, deux piercings dissimulés et un tatouage à découvrir...
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise des lames

- Absorption d’énergie solaire
- Absorption de la lumière
- Force solaire (8T)
- Résistance solaire
- Régénération solaire

- Projection d’énergie solaire
- Explosion aveuglante
- Stroboscope
- Rayon solaire
- Flèche solaire
- Lame solaire
- Sabre-laser

- Immunité solaire
- Immunité aux laser

- Vol solaire

- Forme invisible

- Forme lumineuse

- Physiologie solaire
- Subsistance solaire

- Photoportation

- Contrôle thermique

- Brouillage mental

- Costume renforcé
- Costume autorégulé
- Protèges-poignets lance-fléchettes
- Lunettes de vision nocturne
- Lunettes ultra-photoniques
- Ceinture utilitaire (recycleur d'air, balles fumigènes, billes incapacitantes, bombes collantes, bombes électriques, boule disco lévitante, émetteurs à ultrasons, spray réfrigérant)
- Armes : accumulateur stellaire, filet d'Hélios, pistolet tranquillisant pliable, revolver apache de maître
- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

- Scorpio (super-voiture)
- Nisshoku (super-voiture)
- Nautile bioluminescent (submersible)
- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
- Clank (robot)
- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
- Forteresse Onirique (base)
Cela faisait plusieurs semaines maintenant que les événements des fêtes de fin d'année s'étaient dissipés. Le retour à Star City depuis une île paradisiaque, même si elle n'avait absolument rien de tropicale, et dans le même temps, le retour à la réalité. Une réalité qui prenait toutefois un sens nouveau pour Lukaz, le Français ayant décidé de procéder à certains changements dans sa vie. Aux côtés de Chase, il avait découvert ce que représentait ce que l'on pouvait appeler une vie héroïque et de ce fait, il avait pris la décision de se créer sa propre vie héroïque. S'il avait accepté le travail d'homme à tout faire, à son arrivée à Star City, c'était d'abord parce que c'était la seule chose légale qu'il savait faire, mais aussi, parce que ça lui permettait de faire des repérages pour ensuite commettre des vols et se faire un peu d'argent. Autrement dit, une vulgaire carrière de petite frappe...

Mais avec le temps, Solar s'était peu à peu fait une réputation et le fait d'avoir réussi toutes les épreuves lui avait permis d'intégrer les Neuf Fils du Dragon. Il n'était dès lors plus un petit voleur, surtout quand on regardait les capacités qu'il avait développées et la voiture qu'il conduisait... Dès lors, le métier officiel qu'il occupait faisait un peu tâche et Lukaz avait donc décidé d'y mettre fin, gagnant suffisamment d'argent pour vivre à côté. Il ne lui restait plus qu'à s'installer dans une grande maison avec Chase, comme ils en avaient parlé sur cette île, et le tableau du grand voleur criminel serait presque parfait. Ne manquerait plus que quelques petites touches ici ou là, mais pour l'essentiel, c'était déjà là !

Malheureusement, tout cela semblait déjà presque appartenir au passé... En effet, les rêves de base secrète et de maison s'envolaient doucement à mesure que l'humeur de Chase devenait plus maussade et triste. Lukaz avait déjà connu cela et il avait dès lors fait son maximum pour tenter de faire sourire son compagnon, mais ce n'était pas chose aisée, tant son humeur se dégradait rapidement. Il avait ainsi fait son possible pour ignorer les articles et tous les commentaires que l'on pouvait découvrir et lire sur Internet, parce que de toute façon, tout cela, c'était le passé. N'avait-il pas expliqué ça à Chase, au sujet de Melissande ? Alors, quel genre de petit ami serait-il s'il se mettait à reprocher toutes ces choses à Chase ? D'accord, c'était tout sauf agréable de lire ce que de supposés compagnons lui avaient fait subir, mais le voleur cherchait à en faire abstraction autant que cela lui était possible. Ça n'était pas facile, mais il y arrivait quand même plutôt bien, mine de rien. S'il n'y avait l'humeur de son petit ami, tout cela aurait pu être oublié très rapidement. Après tout, selon les journaux, Chase aurait déjà du se marier avec une avocate et être père, ce n'était donc pas compliqué d'ignorer leurs histoires abracadabrantesques.

Si seulement les choses pouvaient être aussi simples... En effet, quoi qu'il ait pu dire et penser, au fond de lui, Lukaz commençait doucement à être en proie aux doutes. D'une part, il n'arrivait plus à communiquer aussi facilement avec Chase, ce qui dénotait la présence d'un gros problème entre eux, mais pourtant, impossible de mettre le doigt dessus. Lukaz essayait, mais Chase fuyait, alors que pouvait-il seulement faire ? C'était sa première vraie relation et il se sentait perdu, sans aucun manuel pour savoir quoi faire... En plus, comme si cela ne suffisait pas, les rares discussions plus poussées qu'ils avaient ramenaient irrémédiablement le même nom sur la table. Abban par-ci, Abban par-là... Cela ne faisait qu'accentuer les doutes que Lukaz pouvait avoir quant à cette relation amicale. Après tout, Abban avait déjà tenté de draguer Chase et maintenant qu'il pouvait lire les journaux, il était très probable qu'il avait du sauter sur l'occasion. En plus, avec ses pouvoirs et sa voiture, il avait tout pour plaire à Chase... C'était juste totalement logique qu'il passe son temps là-bas... Mais ça ne rendait pas la situation plus plaisante pour autant et de fait, Lukaz ne disait rien, pour éviter d'avoir à faire face à la vérité. Parce que la vérité, finalement, c'est difficile à supporter et il comprenait mieux Chase. Peut-être lui faisait-il payer Melissande ? A moins qu'il ait découvert ce qu'il y avait eu avec Andrea Parker ? Difficile à dire...

Tout ce qu'il y avait à dire, c'était simplement, qu'une fois de plus, ce matin-là, Chase était absent. C'était de plus en plus fréquent et Lukaz espérait de tout son cœur qu'il soit simplement au laboratoire et non pas chez un certain Irlandais. Comme il aurait voulu être mentaliste, en cet instant ! Après un petit déjeuner pas forcément joyeux, un début de SMS destiné à Suzaku effacé et une tentative ratée de devenir invisible pour espionner Abban, le voleur était parti relever le courrier, tombant sur une enveloppe relativement intrigante. Remontant à l'appartement, il déposa le tout sur le plan de travail avant de se saisir d'un couteau pour ouvrir le pli et découvrir son contenu. Une boule se forma alors dans sa gorge. Il n'était plus question de messages internet ou d'articles fumeux dans un journal de seconde zone... Non, ce qu'il avait sous les yeux, c'était des photographies. Des photographies parfaitement claires qui présentaient Chase dans une situation des plus intimes avec une autre personne. Personne nommée d'un nom qui n'était pas inconnu à Lukaz. Il ne s'agissait en effet ni plus ni moins que de l'assistant de son compagnon. Et c'est alors que tout s’emboîta, dans l'esprit de Lukaz.

Si Chase s'était ouvert à lui pendant les vacances de Noël, c'était simplement parce que contrairement à ce qu'il disait, tout cela n'appartenait pas au passé. S'il l'avait fait, c'était uniquement parce qu'il le faisait déjà avec un autre... Un autre qui, si les souvenirs du Français étaient bons, avait été remplacé voilà peu, ce qui expliquait sans aucun doute possible la tristesse de Chase... Peut-être s'était-il attaché à lui plus qu'à Lukaz et qu'il regrettait maintenant son départ, ce qui le poussait peu à peu dans les bras d'Abban, parfait remplaçant de ce technologue. C'était la logique même et ça expliquait absolument tout. Le voleur avait peu à peu été remplacé, peut-être parce qu'il avait perdu de son intérêt, ou simplement parce qu'il était trop idiot. Bon au lit, mais nul partout ailleurs, au point que Chase ait été obligé de chercher une compensation. Il l'avait toujours redouté et voilà que ça se concrétisait. Il avait fait une promesse à Chase et ce dernier brisait la sienne sans aucune honte... Dégoûté, le Français abandonna les photographies sur place avant de se diriger vers la salle de bain et de s'enfermer dans la douche. L'eau chaude lui permettrait sûrement de chasser ces horribles pensées... Tout en dissimulant ses larmes.

Au sortir de la douche, Lukaz s'était affalé sur le lit, au Soleil, espérant que ce dernier l'aiderait un minimum à chasser les noires pensées qui obscurcissaient son esprit. Combien de temps était-il resté là ? Il n'en savait rien, mais il s'était assoupi avant d'être réveillé par la porte qui s'ouvrait. Se levant, il se frotta le visage dans le but d'effacer un peu les traces de tout ce qui lui avait traversé l'esprit, mais au passage devant le miroir, le voleur dut avouer qu'il n'avait vraiment pas une bonne tête. Tant pis. Quittant la chambre pour rejoindre le salon, il s'affala dans le canapé sans vraiment lancer de regard à Chase. Vu l'attitude de ce dernier durant les jours précédents, mieux valait éviter. Néanmoins, parce que tout cela le travaillait, Lukaz se décida à aborder directement le sujet fâcheux, même s'il ne le faisait pas vraiment de la meilleure des façons. « Y a eu du courrier, aujourd'hui. C'est dans la cuisine. » Mais comme cela sonnait un peu innocent, le voleur précisa ses propos. « Je pense que tu devrais regarder, ça te concerne. » Le ton n'était pas vraiment très amoureux et encore moins habituel, dans la bouche de Lukaz. Mais c'était ainsi.
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Message posté : Mer 19 Mar 2014 - 14:56 Message
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— Viens, ma chérie, on passe sur l’autre trottoir.

Depuis que l’article était paru, et plus encore dans les jours qui avaient suivi, Chase sortait moins volontiers dans les rues de Star City. S’y promener avait pourtant toujours fait partie de ses habitudes, depuis qu’il était sorti du Bigsby Building et qu’il l’avait découverte, cette ville, sa ville, autrement que par les fenêtres surplombantes de la forteresse Neutron-Grey. Il allait dans le centre-ville marchand, il longeait les quais sur les promenades, et son regard comme son esprit sautait de passant en passant. C’était ainsi d’ailleurs qu’il avait rencontré un dragon. Ainsi que, dans les premiers temps, faute d’action, il avait pu entraîner un peu sa télépathie.

Mais plus maintenant. Maintenant pesait sur lui le regard des autres, maintenant il sentait que l’on scrutait son esprit et ce que la médiocre humanité de ses ennemis répandus par toute la ville ne parvenait pas à y percevoir réellement, leur imagination le comblait. Ceux qui en manquaient lisaient les journaux. La nuit n’était pas encore tombée, ce soir-là, sur Star City ; les jours commençaient à s’allonger et s’il n’avait pas été trop préoccupé par ses propres problèmes, Chase s’en fût réjoui : pour Lukaz, c’était un peu plus de soleil. Chase pressa le pas. Rentrer le plus vite possible, se réfugier chez lui, ruminer : le même programme, ou à peu près, que tous les soirs.

— Allez, viens.
— C’est Chase Neuton-Grey !
— Neutron. Ne le dérange pas.

Il savait très bien pourquoi il ne fallait pas le déranger.

— Ne parle pas à des gens comme ça. C’est… pas propre.

La gamine leva les yeux vers sa mère. Comment ça, pas propre ? Chase s’arrêta pour observer la dame qui s’éloignait avec son enfant. Une colère froide montait en lui, de la même source que celle qui s’était déjà réveillée, quelques jours plus tôt, quand Adrian avait assuré que le sort des créatures magiques enfermées dans leurs talismans était ce qu’il y avait de mieux pour tout le monde. Là, il l’avait réfrénée. Cette fois-ci, son esprit bondit, fouilla dans celui de la passante, balayant souvenirs et pensées, jusqu’à en extirper une aussitôt implantée dans l’esprit de la petite fille.

De loin, il put entendre l’enfant interroger de nouveau :

— Maman ? Pourquoi tu embrasses le jardinier comme Papa ?

Après avoir profité une ou deux secondes du trouble répandu dans l’esprit de sa victime, Chase reprit son chemin, à plus grandes enjambées. En peu de temps, il avait rejoint l’immeuble de la quarantième avenue où il résidait, passé la porte, gravi les escaliers. Heureusement, il n’y avait croisé personne. À peine avait-il ouvert la porte de son appartement que le sac à dos glissa de ses épaules et ses lacets se défirent. Ses chaussures ôtées, il laissa son manteau voler jusqu’au porte-manteau et, les mains dans les poches, gagna le salon — où l’ambiance était pour le moins glacial. L’accueil, tout autant.

— Ouais, ben bonjour aussi, hein…

En temps normal, Chase se fût sans doute inquiété de ce qui tracassait son compagnon. Mais quels problèmes pouvait bien avoir Lukaz qui fussent plus importants que les siens ? La vie du voleur n’était-elle pas idyllique ? Parfaitement anonyme, libre de tous ses gestes, fort bien intégré à la Triade, entouré de nombreux amis, soutenu, même de loin, par une famille aimante : pour Chase, Lukaz vivait l’existence parfaite. Une existence qu’il jalousait un peu et dont il se sentait de plus en plus exclu, malgré ses efforts. Aishlinn ne l’aimait pas. Suzaku ne l’aimait pas. Le reste des fréquentations de Lukaz demeurait pour lui une sorte de mystère.

Le mentaliste tourna les talons, manifestement contrarié, pour rejoindre la cuisine, et sans prêter d’abord attention à l’enveloppe, se servit un jus de fruit. Ce ne fut qu’une fois le verre vidé qu’il s’empara du fameux courrier. Cinq secondes plus tard, toutes les étagères de l’appartement se mirent à trembler. Chase inspira profondément, reprit le contrôle de son pouvoir et passa les premières photographies pour regarder les autres : on le voyait avec Llewellyn. Discuter à la terrasse d’un café. Lui caresser la main. Sourire. Rire. Quelques clichés plus loin, ils s’embrassaient. Encore plus loin, ils faisaient l’amour.

Pendant quelques instants, l’esprit du Neutron-Grey resta parfaitement vide. Il était tout à fait sûr de ses souvenirs : rien de cela ne s’était produit. Il ne l’avait même pas souhaité : Llewellyn avait été un Argonaute, un employé, et puis, de toute façon, il y avait Lukaz. Pourtant, impossible de le nier : c’était bien son corps à lui. Il en reconnaissait les marques, les cicatrices. Le montage était d’excellente facture. Qui pouvait bien avoir fabriqué de semblables preuves ? Chase ne manquait assurément pas d’ennemis. Oniris non plus.

Ce ne fut que dans un second temps que son esprit se détacha du délicat problème des photographies et de leur origine pour se reporter sur Lukaz. Dans le salon, de toute évidence, son compagnon broyait du noir. Chase embarqua les clichés et se laissa tomber sur un canapé, en face du Français. Sans doute, avec l’aide de ce dernier, allait-il pouvoir remonter à la source de ce mystérieux expéditeur.

— Qu’est-ce que tu…

Chase s’interrompit.

— Une seconde.

Pour la première fois, il se rendit compte qu’il avait peut-être mal interprété la réaction du voleur. Il avait supposé, naïvement, spontanément, que Lukaz était éprouvé par cet envoi sinistre dont il percevait tous les ressorts factices. Mais la vérité était peut-être toute autre. Chase plissa les yeux.

— Attends, t’es pas un colère avec moi, t’es en colère contre moi.

Il y avait cru. Comment pouvait-il y croire ? Le dernier rempart de Chase contre la tornade médiatique venait de s’effondrer. À quoi donc Lukaz croyait-il encore ? Les pupilles du mentaliste se dilatèrent légèrement. Il avait oublié sa promesse. Parler plutôt que chercher les réponses. Ne jamais utiliser ses pouvoirs. Il voulait savoir, tout de suite, avec certitude, ce que Lukaz croyait de lui, ce dont il l’estimait capable, malgré leurs promesses échangées, malgré leur vie à deux. Les pensées du Français tourbillonnèrent dans son esprit, s’ordonnèrent peu à peu, et Chase y lut la conviction que le Breton avait de ses frasques avec Llewellyn et Abban.

Les larmes lui montèrent aux yeux et il détourna le regard. Après un temps de silence, d’une voix amère, il suggéra :

— Tu sais quoi, Lukaz ? Tu devrais écrire à un de ces magazines. Leur raconter ton histoire, je suis sûr qu’ils payent cher pour ça, franchement, c’est une bonne affaire. Vous trouverez bien un titre sympa. « Ma vie avec cette trainée de Neutron-Grey », ou un truc du genre, vu que c’est c’que tu penses. Tu pourras raconter quel gentil chien-chien pervers j’ai été, ça te soulagera, je suis sûr.

« Ne pas placer tous ses œufs dans le même panier » était un proverbe étranger à Chase : il avait placé toute sa confiance et toute sa solidité mentale en Lukaz, il s’était imaginé, du haut de sa vingtaine, vivre l’histoire parfaite d’un amour éternel, il avait cru en quelques semaines avoir triomphé aux côtés de son compagnon de tous les obstacles d’une vie à deux et que rien n’altérerait jamais l’union de leur couple. Personne d’autre n’avait toute sa vie en main : Maxime, Tesla ou Charlie n’étaient dépositaires que d’une infime partie de ses projets, de ses rêves, de ses ambitions et de ses doutes. Sans l’étreinte protectrice de Lukaz, sans le regard admiratif que le Français portait toujours d’ordinaire sur lui, Chase se sentait vide, faible et naïf.

— J’en reviens pas. Ça fait des mois que j’attends comme un imbécile à la porte de ta petite vie, avec Suzaku, et ton petit gang, et le reste. Ah, les jumeaux, pas de problèmes. Eux on les connait pas, ils font cavaliers seuls, mais c’est pas grave, c’est comme des amis de la famille. Mais non, Chase, il peut remuer tout Star City, ça restera jamais que la potiche de Lukaz qu’on tolère parce que Lukaz, on l’aime bien.

Ça sortait de nulle part, mais pour Chase, tout était lié. Incapable de retenir les reproches anodins qu’il avait longtemps ruminé, il voyait se dessiner le spectacle complet de son humiliation. Suzaku, c’était certain, avait monté contre lui Lukaz. Aishlinn aussi. C’était de leur faute si Lukaz prêtait si facilement foi à un vulgaire photomontage. Une culpabilité qui n’exonérait en rien, aux yeux de Chase, son petit ami.

— Ce qui est fou, Lukaz, c’est que tu prends même pas la peine de me poser la question. T’as juste là avec ton regard accusateur. T’es comme tous ces connards dans la rue qui me fixent comme si j’étais une merde à pousser dans le caniveau. Ces mecs-là, ils seront jamais le millième de ce que je suis, et je baisse les yeux en passant mon chemin, pour pas faire de vagues. Je passe mon chemin, je vais jusqu’à toi et toi tu me jettes dans le caniveau ? Sérieux, Lukaz, t’es un imbécile.

Il n’avait jamais entendu parler de Photoshop ou quoi ?
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Message posté : Sam 22 Mar 2014 - 16:44 Message
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ϟ Signes particuliers : Blond cendré, yeux bleus, finement musclé, svelte et agile, un piercing à la langue, deux piercings dissimulés et un tatouage à découvrir...
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise des lames

- Absorption d’énergie solaire
- Absorption de la lumière
- Force solaire (8T)
- Résistance solaire
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- Armes : accumulateur stellaire, filet d'Hélios, pistolet tranquillisant pliable, revolver apache de maître
- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

- Scorpio (super-voiture)
- Nisshoku (super-voiture)
- Nautile bioluminescent (submersible)
- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
- Clank (robot)
- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
- Forteresse Onirique (base)
Lorsque Chase s'affala dans le canapé, il ne tarda pas à comprendre ce qui faisait que Lukaz broyait du noir. Oui, en effet, il était en colère contre lui. Contre lui, tout ce qu'il ne disait pas et tout ce qu'il cachait volontairement. Mais pas uniquement. Se levant du canapé, le voleur contourna la table basse pour faire face à celui qui partageait jusqu'alors sa vie. « De te poser la question ? Comme tu viens de le faire, là ? Tu m'avais promis de ne jamais faire ça, de me parler, et là, tu oublies tout pour lire mes pensées. Qu'est-ce qui me prouve que tu as été capable de respecter tes autres promesses ? » C'était un fait, s'il rompait si facilement un pacte pour utiliser un pouvoir qui faisait entièrement partie de lui, pourquoi ne pas en rompre un autre pour en revenir à d'autres choses qui faisaient partie de ce qu'il était ? Chassez le naturel et il revient au galop.

« Et parlons-en, du caniveau, tiens. Toi, tu attends à la porte de ma vie ? C'est sérieux, ça ? Franchement, j'ai l'impression de rêver ! Tu te fous de ma gueule ou quoi ? » Oui, c'était bien la première fois que Lukaz parlait de cette manière à Chase, mais en ce moment, tous les doutes qu'il avait pu accumuler au cours des semaines précédentes faisaient exploser les vannes de ce qu'il avait retenu, en silence, pour éviter de blesser son petit ami par ses reproches. « Je t'ai présenté Suzaku, moi ! On a même vu mes parents en Bretagne. D'accord, c'était ton idée, mais ça change rien ! Moi, j'attends encore de voir la tienne, de famille ! Mais nan, je comprends, le petit Breton bricoleur ne doit pas être assez bien pour fréquenter les si célèbres NG ! Il n'est rien, lui ! Je l'ai toujours dit, que je m'en branle que tu sois célèbre, mais j'espérais quand même pouvoir connaître un minimum ta vie, moi aussi ! J'ai jamais rencontré ton frère ou tes sœurs et tu m'as même jamais emmené chez toi ! Non, les rares fois où on s'est approché du Bigsby, le gentil Lukaz est resté dans la voiture, sagement, à attendre devant la porte ! » Et là, ça n'était absolument pas une image mais bel et bien la réalité des faits. Si Chase avait l'impression d'être à la porte de la vie du Français, lui, il avait toujours été littéralement laissé à celle de la vie passée de son compagnon.

« Et tes amis, parlons-en ! C'est pas grâce à toi que j'ai rencontré Charlie et si elle était pas venue à cause de sa porte, je l'aurais toujours pas vue aujourd'hui ! A croire que tu as honte de moi, quoi que tu dises ! Et c'est pas tout, tiens. Tu m'as toujours laissé croire que tu avais aucun ami et pourtant, tu as rencontré Charlie parce que tu avais besoin de son aide pour un de tes amis ! Tu m'en as jamais parlé, de ça, et tu m'as jamais présenté ce type alors qu'il était là quand on s'est mis ensemble. Ça t'a pas empêché de me reprocher à moi de pas te présenter les miens, d'amis ! Franchement, tu trouves peut-être ça équitable, toi ?! On dirait que y a que toi qui a des soucis dans la vie ! » Non pas qu'il ait pu être égoïste, mais un peu quand même. Il était vrai que Lukaz n'était pas forcément le genre de garçon à pleurer sur une épaule, le soir venu, après avoir vidé un pot de glace, mais ça n'empêchait pas qu'en cherchant un peu, on pouvait lui faire parler de ses doutes et de ses problèmes. Seulement ça, ça ne se faisait que trop rarement... « Non, les seuls mecs dont tu parles, c'est ceux d'Argos ou Abban. Et comme par hasard, on reçoit ces photos. C'est pas un peu louche, ça ? Sans compter que tu penses à Abban alors qu'on vient juste de faire l'amour. Si toi ça te semble normal, j'suis désolé, ça l'est pas pour moi ! J't'ai jamais obligé à être fidèle, c'est toi qui l'a voulu. Moi, j'ai accepté et je suis jamais allé voir ailleurs. Si tu te sentais pas capable de tenir, fallait pas me le demander, dans ce cas ! »

Faisant demi-tour, tournant le dos à Chase, Lukaz tenta de se calmer un peu, cherchant à reprendre une attitude plus normale. Il ne s'était jamais trouvé dans ce genre de situation et là, même s'il était vrai qu'il avait eu le tort de ne pas demander, il prenait très mal le fait qu'on le rende coupable alors que le blondinet avait plus que largement sa part d'erreurs. « Franchement, là, j'en ai marre. J'ai toujours fait mon possible pour pas te faire de peine et malgré tout, tu me reprochais des trucs. Y a eu la fille du Cartel. Y a eu Melissande... Mais tout ça, c'est rien à côté de ce que toi tu as fait et pourtant, j'ai jamais rien dit. J'ai accepté. Mais là, ce qu'on lit dans les journaux... Et ces photos ! Je suis peut-être rien, moi, je suis pas un grand et puissant NG, mais j'ai toujours essayé de faire au mieux, même quand tu me laissais de côté. Ma vie, je l'ai partagée avec toi, je t'ai emmené voler et tout. Mais toi, qu'est-ce que tu as partagé de la tienne avec moi ? Si t'as tellement honte de moi, suffit de le dire et je me casse. J'imagine que tu trouveras bien assez de mecs pour venir te faire plaisir. J'ai jamais voulu me mettre avec quelqu'un pour éviter les problèmes de ce genre, mais pour toi, j'ai cédé et j'ai fait une exception. J'ai même promis que j'irais pas voir ailleurs. Mais on dirait qu'en fait, j'étais juste là pour réchauffer ton lit, parce que sinon, ça fait longtemps que tu m'aurais fait entrer dans ta vie. J'espère que je me trompe, hein, mais franchement, quand je vois ce que tu me reproches alors que t'as fait bien pire, j'ai de quoi douter. Et avec tout ce que tu me caches, j'ai de quoi me poser des questions au sujet de ces photos ou d'Abban et de tous les autres. »
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Message posté : Sam 22 Mar 2014 - 20:36 Message
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Dans le manuel de la Version Noire 2 de Pokémons, il n’avait pas une entrée qui expliquait comment on gérait les disputes de couple — franchement, c’était à se demander ce que pouvaient bien fabriquer les professeurs Pokémons. Ah, ça, pour expliquer des détails parfaitement évidents sur la manière d’allumer son PC personnel ou de gérer son stock de Pokéballs, pas de problèmes, mais pour les vraies affaires de la vie, il n’y avait plus personne ! Et comme Chase n’avait jamais joué aux Sims de toute sa vie, il était parfaitement pris au dépourvu quand il s’agissait de gérer les ouragans dans les jauges émotionnelles de son existence.

De toute façon, il ne songeait pas à gérer quoi que ce fût. L’idée de corriger Lukaz ne lui vint même pas. Drapé dans sa fierté blessée et beaucoup trop déboussolé pour se montrer capable d’agir avec pondération et maturité, le puissant mentaliste redevenait un jeune homme à peine sorti d’une adolescence chaotique et aux capacités sociales d’un diable de Tanzanie. De toute façon, l’affaire Llewellyn fut bientôt noyée dans une avalanche de reproches de toutes sortes : goutte d’eau dans un océan, Chase comprit brusquement que le couple idyllique qu’il avait pensé formé avec Lukaz, si idyllique qu’il en était même à chercher un anneau de fiançailles (avec un communicateur intégré et un rayon laser, par exemple), n’était qu’une vaste illusion aux yeux de son compagnon.

Chase ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, incapable d’articuler de plus éclairantes paroles que quelques pronoms personnels désordonnés, puis il finit par secouer la tête et murmurer froidement :

— En fait, t’es bien comme les autres…

Sur le coup, il ne sut pas ce qu’il avait voulu dire par là. C’était quelque chose que tous les couples qui se disputaient dans toutes ses séries télévisées disaient, avec « ma mère m’avait prévenu », mais comme il n’avait pas de mère, il s’était rabattu sur ces quelques mots qui n’avaient aucun sens, parce que Lukaz, précisément, était le seul et unique compagnon avec lequel il eût jamais vécu.

— Tu comprends rien. Tu t’en fous juste, de moi. C’est quoi ton problème, sérieux ? Tu veux venir dîner au Bigsby Building ? Tu veux voir Jack et Tesla, hein ? Tu veux qu’on aille passer Thanksgiving là-bas ? Non mais réveille-toi. T’as aucune idée de ce que c’est, cette famille. T’as aucune idée de ce que c’est, mon monde. ‘Tain, j’ai pas grandi avec les machines à churros, Lukaz. J’t’ai ptêt parler d’mes problèmes, mais apparemment, j’aurais pu parler à un mur, ça aurait eu l’même effort. J’ai été bien con, ouais, de croire que t’en avais quelque chose à foutre de moi, et que je pouvais avoir confiance en toi. Si j’étais si abject que ça, t’avais qu’à ouvrir ta gueule plus tôt, et on aurait pas perdu tous ces mois ensemble.

Et même si ça sonnait parfaitement faux, même s’il sentait bien que ces mots étaient creux et qu’il n’y avait mis aucun cœur ni aucune émotion, parce que ces mois prétendument perdus avaient été les seuls qu’il avait le sentiment d’avoir véritablement vécus, Chase était particulièrement content de sa formule. La dispute, découvrait-il, était une sorte d’exercice de style : une machine à broyer les gens qui pouvait tourner à vide indéfiniment.

— T’sais quoi, j’t’aurais ptêt présenté des gens si t’avais été plus intéressé. Moi j’ai d’mandé tes parents, j’ai d’mandé Suzaku, j’ai fait des plans pour des maisons, pour tout. Toi, t’attends juste, et quand ça vient pas, tu m’plantes un poignard dans le dos. Bah désolé d’pas avoir vu qu’tu t’intéressais à ma vie, mais c’est ptêt que c’était pas des masses évident. En fait…

Chase cherchait le mot foudroyant, mais rien ne venait. Plus il parlait, plus il se sentait perdre pied. En désespoir de cause, pour rattraper un peu d’un prestige grotesque dans toute cette affaire, il décida de tenter un coup d’éclat :

— En fait, rassure toi, tu vas retrouver ta vie parfaite. T’es pas contente ? Eh ben j’me casse. Pense c’que tu veux d’moi, j’en ai plus rien à foutre. Tu cherches la première excuse pour me jeter, bah bravo, c’est réussi. J’vais r’trouver ma célèbre famille, les Neutron-Gret à Paradis-Land, et toi, tu vas r’trouver ton pote Suzaku, et tout l’monde s’ra content, hein ? Chacun dans son monde ? Puisque y a que comme ça que tu comprends la vie.

Et fort de cette décision pleine d’autorité, Chase tourna les talons et claqua la porte derrière lui. Dans la plupart des appartements autour d’eux, des disputes éclataient au gré des pensées incontrôlées de Chase : les couples se déchiraient, les parents criaient sur leurs enfants, les adolescents sur leurs parents et les célibataires sur leurs chats. Le jeune homme dévala les escaliers et sortit dans la rue. Il lui fallut une bonne dizaine de mètres en direction du Bigsby Building pour se rendre compte qu’il était pieds nus. Mais il était un peu trop tard pour faire marche arrière et récupérer quelques affaires.

Il n’avait de toute façon plus envie de remettre les pieds dans cet appartement et de revoir Lukaz. Plus jamais de la vie. Il en était aussi sûr et certain, avec toute la force de sa vaste expérience, qu’une semaine plus tôt il avait été sûr et certain de leur mariage imminent.
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Message posté : Sam 5 Avr 2014 - 20:55 Message
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ϟ Âge : 33
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/07/1985
ϟ Arrivée à Star City : 22/05/2012
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ϟ Nombre de Messages RP : 732
ϟ Doublons : Ezekiel Nakamura
ϟ Crédits : Smiley Vanille
ϟ Célébrité : Tom Felton
ϟ Âge du Personnage : 29 ans
ϟ Statut : célibataire libertin
ϟ Métier : voleur du Cartel Rouge
ϟ Réputation : Niveau 5
ϟ Signes particuliers : Blond cendré, yeux bleus, finement musclé, svelte et agile, un piercing à la langue, deux piercings dissimulés et un tatouage à découvrir...
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise des lames

- Absorption d’énergie solaire
- Absorption de la lumière
- Force solaire (8T)
- Résistance solaire
- Régénération solaire

- Projection d’énergie solaire
- Explosion aveuglante
- Stroboscope
- Rayon solaire
- Flèche solaire
- Lame solaire
- Sabre-laser

- Immunité solaire
- Immunité aux laser

- Vol solaire

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- Physiologie solaire
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- Costume autorégulé
- Protèges-poignets lance-fléchettes
- Lunettes de vision nocturne
- Lunettes ultra-photoniques
- Ceinture utilitaire (recycleur d'air, balles fumigènes, billes incapacitantes, bombes collantes, bombes électriques, boule disco lévitante, émetteurs à ultrasons, spray réfrigérant)
- Armes : accumulateur stellaire, filet d'Hélios, pistolet tranquillisant pliable, revolver apache de maître
- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

- Scorpio (super-voiture)
- Nisshoku (super-voiture)
- Nautile bioluminescent (submersible)
- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
- Clank (robot)
- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
- Forteresse Onirique (base)
Les disputes, c'était vraiment quelque chose de très chiant, mais pour le coup, Lukaz ne pouvait pas vraiment faire autrement. Il avait des doutes sur un certain nombre de choses et même si ces doutes n'étaient pas fondés et qu'il n'y croyait pas plus que cela, une part de lui ne pouvait s'empêcher d'y croire malgré tout. De ce fait, ces doutes avaient peu à peu grandi et summum de toute cette histoire, le courrier et les reproches de Chase avaient achevé de faire céder les digues qui retenaient ce flot de problèmes et de reproches. Une chose était certaine, Chase n'apprécierait pas. Malheureusement, il était un peu trop tard pour revenir en arrière.

Le pire était peut-être que dans ses tentatives de se justifier, le mentaliste ne faisait que s'enfoncer un peu plus encore. Oui, c'était vrai, le Français n'avait aucune idée de ce qu'était sa famille. Mais la faute à qui ? Certainement pas la sienne... Alors oui, d'accord, Chase avait eu des problèmes avec eux mais jusqu'à preuve du contraire, Lukaz avait eu ses propres problèmes avec sa famille, non ? Vol, drogue, rejet, ce n'était pas non plus des points anodins et pourtant, il avait eu la preuve que tout ce qu'il avait imaginé n'avait soit pas eu lieu, soit s'était dissipé avec le temps. Alors dans le cas des NG, n'y avait-il pas aussi la possibilité que Chase se soit trompé ? Ou que les choses changent avec le temps ? Mais non, évidemment, le grand Mentalis ne se trompait jamais alors c'était forcément que Lukaz avait tort de vouloir en apprendre plus. Tort de découvrir sa vie. Il était tellement plus simple de lui rejeter toute la responsabilité de ces échecs.

Et avec ça vinrent d'autres reproches, à savoir ceux de ne pas s'être intéressé davantage à lui. Une fois de plus, Lukaz eut l'impression que Chase se moquait de lui. A chaque fois qu'il avait tenté de gratter un peu cette carapace qui dissimulait ce qu'était Chase, ce dernier s'était renfermé et il avait été très difficile d'en apprendre ne serait-ce qu'un minimum. C'était d'ailleurs encore plus vrai au cours des dernières semaines mais visiblement, une fois de plus, il en était l'entier responsable. Peut-être aurait-il dû se mettre à genoux pour supplier Chase de lui parler de sa vie ? N'importe quoi ! La vie de couple, c'était définitivement des conneries ! Par chance – tu parles... - Chase décida qu'il était temps de régler tout ça et sans vraiment laisser le temps à Lukaz de se justifier ou de lâcher un commentaire bien senti, le mentaliste avait claqué la porte et s'éloignait doucement. Bon débarras !

Se laissant tomber dans le canapé, Lukaz se rendit compte qu'il se sentait un peu coupable de ce qui venait d'arriver, mais fort du sentiment qu'il avait raison et qu'il n'avait aucun tort dans cette affaire, il se retint de courir après Chase. Il était hors de question de lui donner ce plaisir ! Il avait fait des erreurs, il l'avait traité comme une merde en lui balançant en plus toute la responsabilité de ses erreurs alors s'il voulait arranger les choses, ça serait à lui de venir s'excuser. Jetant un coup d’œil autour de lui, le Français décida qu'il allait lui-aussi prendre l'air. Il n'avait aucune idée de rester là, dans cet appartement plein de trop nombreux souvenirs. Il fallait qu'il décompresse. Récupérant ses affaires, Lukaz sortit donc à son tour, fermant la porte derrière lui tout en oubliant totalement Clank qui devait se trouver dans le bureau. Il était impossible de dire ce que ce dernier avait compris de ce qu'il venait de se passer, pour peu qu'il avait saisi quelque chose... Par contre, il y avait de grandes chances que la décoration des lieux aient été revue, après une absence un peu trop longue...

Arrivé dans la rue, le voleur prit instinctivement la direction opposée à celle du Bigsby Building, marchant sur le trottoir, les mains enfoncées dans les poches. Que devait-il faire ? Il n'avait aucune envie de sortir ou d'aller dans un bar, mais en même temps, il ne voulait pas non plus rester seul. Devait-il aller chez Suzaku ? Non, certainement pas. Certes, son ami serait très certainement présent pour lui, mais comprendrait-il seulement la situation ? Il y avait de grandes chances qu'il en veuille à Chase et Lukaz préférait éviter qu'il ne décide de s'en prendre à lui. Ce serait bien trop dangereux, pour chacun d'eux... Chloé, alors ? Il l'avait retrouvée quelques temps plus tôt, mais le Français ne se voyait pas vraiment débarquer comme ça chez elle pour pleurer sur son épaule. Ça serait un peu... étrange. Aishlinn, dans ce cas ? … Non, peut-être pas. Elle était un peu trop jeune pour ça. Puis... c'était la sœur d'Abban, quoi. Levant les yeux pour scruter les alentours, Lukaz reconnut une petite ruelle. Laissant donc le hasard décider pour lui, il en prit la direction et sonna à la porte d'un petit immeuble. Celle-ci s'ouvrit alors et tandis qu'il montait, le voleur se demandait s'il n'était pas en train de faire une erreur. Peut-être, mais au fond, il s'en moquait un peu, pour le moment. Arrivé sur le palier, il prit la direction d'un appartement dont la porte s'ouvrit sur une jeune fille. Une de ses anciennes conquêtes, dans un certain sens. « Surprise ! » Visiblement, la surprise avait l'air de plaire et c'est sans vraiment savoir ce que la suite allait donner que Lukaz vit la porte se refermer derrière lui. Chase l'avait cherché, non ?
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Message posté : Sam 5 Avr 2014 - 22:15 Message
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— …



Chase ?


Instinctivement, Jack regretta sa question. Elle lui avait paru très normale, pourtant, attendue même, quand son neveu était rentré au Bigsby Building, un soir, la première fois depuis des semaines, quand il l’avait croisé les yeux rougis, le regard vide, il lui avait demandé ce qui n’allait pas. Mais le mentaliste s’était arrêté, avait relevé le regard et l’avait planté dans celui de son oncle et une peur vague mais de plus en plus oppressante lui avait enserré le cœur.

Il en fallait beaucoup pour faire trembler un pilote aussi chevronné, mais il en fallait encore plus pour résister à Mentalis. Chase prit une profonde inspiration, détourna le regard et murmura :

— Rien.

Pendant quelques secondes, Jack fut incapable de réagir, et quand il recouvra ses esprits, Chase était déjà parti s’enfermer dans ses anciens appartements. Cela faisait des années, si l’on exceptait la mésaventure de la Pierre de Lune, que les pouvoirs de son neveu ne s’étaient pas exercés de lui. Par le passé, durant les premiers temps de leur découverte, dans l’enfance du jeune garçon, les choses avaient été différentes. Chase était incapable alors de bien les contrôler. Mais cette fois-ci, Jack le sentait, il y avait eu plus de volonté dans le mal.

Il déglutit péniblement. Il allait devoir en parler à Tesla.

Dans sa chambre, cette nuit-là, Chase rumina. Il était beaucoup plus facile d’en vouloir à Lukaz quand il l’avait sous les yeux, dans le feu de la dispute, qu’une fois seule dans le noir, les yeux fixés sur le plafond de sa chambre. Parfois, ses pensées se détournaient de son (ancien ?) compagnon pour s’arrêter sur la Pierre. Il en sentait la présence, là-haut, quelques étages au-dessus, il la sentait dans son esprit, plus nette que jamais. La conversation avec Adrian lui revint à l’esprit. Juste un catalyseur, avait suggéré le mage. Tout du moins, c’était que le mentaliste avait bien voulu comprendre.

Puis ses pensées revenaient à Lukaz. D’abord, évidemment, il le trouva particulièrement injuste. Puis il dût bien reconnaître que le Français n’avait pas entièrement tort. Et les accusations qui étaient, elles, complètement infondées, sans doute Lukaz ne les avait-il pas pensées — et dans le pire de cas, il serait aisé de le convaincre, non ? Chase n’avait après tout que lui, dans l’existence, lui seul auquel il pût se confier entièrement, et la perspective de se retrouver abandonné dans un monde où il se reconnaissait de moins en moins était trop froide et sombre pour qu’il se convainquît que la dispute était irréparable.

Les voitures s’étaient faites plus discrètes, elles revinrent en même temps que le matin. Chase n’avait pas dormi et le manque de sommeil ne lui avait pas exactement clarifié les idées. Un mal de tête commençait à poindre — le sang battait, où était-ce la Pierre ? La Pierre battait contre ses temps, insistante comme jamais. Mais il était sûr de ce qu’il voulait. Lukaz. Le jeune homme s’extirpa péniblement de son lit. Lukaz. Fermer les yeux. Se concentrer. Le retrouver. L’esprit du Français lui était si familier que Chase se sentait capable de le débusquer à l’autre bout de la Terre — et Lukaz n’était pas allé très loin, la veille, en quittant leur ancien appartement commun.

Ce matin-là, des dizaines d’esprit, sur le passage de sa recherche, furent pendant une ou deux secondes égarés et confus, alors que celui de Mentalis les visitait à la recherche du seul qui comptait. Lukaz trouvé, Chase, sans prendre la peine de se changer, enfila des baskets et sortit du Bigsby Building. Sans manteau, la fraîcheur du mois de mars le fit frissonner, mais il hâta le pas, indifférent aux quelques commentaires matinaux qui pavèrent son chemin, comme souvent, désormais. Sortir du célèbre bâtiment, quand on avait son visage, c’était le moyen assuré d’attirer l’attention.

Malgré quelques détours, Chase n’eut pas grand mal à trouver la ruelle. L’appréhension commençait à monter en lui. Ce n’était pas Nalebo Hall, ce n’était pas l’ancien appartement des jumeaux, ce n’était aucune des planques qu’il leur connaissait, ni aucune de celles de la Triade, ce n’était pas chez Suzaku. C’était nulle part. Quelle raison Lukaz avait-il eu de venir ici ? Sans délicatesse, Chase défonça le verrou de la porte de l’immeuble, gravit rapidement les escaliers et frappa à la porte.

Une demoiselle brune vêtue d’une chemise qu’il connaissait très bien lui ouvrit, les cheveux encore en bataille.

— Hmmoui… ?
— Je… euh… Je cherche Lukaz…

C’était dérisoire, parce qu’il avait déjà compris. Mais il avait été pris au dépourvu. La brune — elle était jolie, songea-t-il — la brune secoua la tête et murmura d’une voix ensommeillée :

— Il dort encore…

Et Chase eut besoin de savoir. De voir, tout, dans le détail. Ses pupilles se dilatèrent au moment où son esprit moissonna les souvenirs les plus récentes de la jeune femme, l’arrivée de Lukaz, la fameuse surprise, les étreintes qui avaient suivi. Une fois de retour dans la rue, il ne se souvenait même pas de s’être détourné de la porte et d’avoir descendu, lentement, comme dans un songe, les escaliers.

Surprise.

Quelques étages plus haut, la jeune femme se laissait tomber dans le lit à côté de Lukaz en marmonnant :

— Non mais laisse, c’tait un type bizarre, je sais pas trop. Son visage me disait quelque chose, quand même.

Elle se retourna sur le dos en soupirant :

— Je sais pas c’que j’ai, j’ai super mal à la tête…

Surprise.

Tu parles d’une surprise.
Chase regagnait à pas lent le Bigsby Building. Tout était cassé. Lukaz, disparu ! Le monde, autour de lui, noir. Tout le monde le détestait. Ou le méprisait. Tout le monde pensait du mal de lui. Et Lukaz ne pensait déjà plus à lui. Toutes ces pensées dérangées, déplacées, tout son bel ordre, sa double vie parfaite, réduite à néant. Comment s’était-il retrouvé devant le laboratoire de Tesla ? Il avait marché dans la rue sans s’en rendre compte, plus occupé par les idées et les souvenirs qui pullulaient dans les esprits des passants que par le béton, et le métal des feux de signalisation, et le bruit des voitures.

Elle était là.
Ça se sentait bien.
Ça au moins, c’était clair.
Un catalyseur avait dit Adrian.
C’était parfait, ça, un catalyseur. Tout le monde a toujours besoin d’un catalyseur.

La porte blindée du laboratoire bien protégée de Tesla, après de longs grincements plaintifs, sortit de ses gonds et vola à travers les ateliers du Bigsby Building.

— Chase ?

La voix d’ALEX résonna.

— J’vais juste… J’veux juste… Récupérer un truc…

Sans bouger de sa place, Chase tendit la main, paume vers le ciel. À l’intérieur, le caisson qui enfermait la Pierre de Lune sortait, en défonçant le sol du laboratoire, puis se tordait à son tour, jusqu’à libérer son précieux contenu. Une alarme avait commencé à retenir, sans doute.

— Chase ?
— Cinq minutes, juste…

N’était-il pas le mentaliste le plus puissant du monde ? Il lui suffisait simplement d’arranger les pensées et les souvenirs de Lukaz, puis d’ôter toute trace des articles parus à son propos de l’esprit de chaque habitant de la ville, et tout serait parfait. Il pourrait rentrer chez lui, retrouver son compagnon et reprendre son existence. Sa main se baissa un peu quand le poids de la Pierre s’y fit sentir, et aussitôt, la roche commença à luire.

Cette fois-ci, hors de question d’y aller petit à petit. La prudence était vaine : il avait besoin de toute l’énergie qu’elle lui fournirait. La Pierre de Lune, elle était faite pour lui. Déjà, la lumière l’enveloppait. Il les sentait, ces esprits, juste, précis, nets, dans le sien. Dans la rue, dans le quartier, dans la ville, le long de la côte, à l’intérieur des terres, au nord, au sud, à l’est, à l’ouest, esprits familiers, esprits nouveaux.

— Chase ?

Mais était-ce bien important, finalement ? Où était le sien, parmi tous ces esprits ? Ses propres pensées, infiniment moins nombreuses que celles qui se réunissaient en lui. Quel monde eût-il cherché à trouver que celui de ces souvenirs si nombreux ? Le monde de pure matière se courbait un peu. Se déchirait un peu. Les autres dimensions s’ouvraient. Comme à chaque voyage. Non : différement. Il les voyait plus claires. En même temps. Le multivers, et tous les esprits qui l’habitaient, et la lumière si froide et si calme qui l’enveloppait et à laquelle il se confondait. Il suffisait de voyager entre les dimensions. La clé suprême de l’apaisement : ne plus avoir de corps. C’était comme ça qu’on passait d’une dimension à l’autre. C’était comme ça que…

***


Une étoile s’éteint

par Alberta Jones pour le Daily Star (le lendemain, une)

Chase Neutron-Grey n’est plus. Les rumeurs couraient depuis hier matin, lorsqu’une lumière étrange a enveloppé le Bigsby Building avant qu’une vague de panique ne s’empare des passants de la 40th Avenue, elle a été confirmée aujourd’hui par la conférence de presse des services de l’UNISON. Le célèbre mentaliste, qui avait récemment défrayé la chronique, a trouvé la mort dans un incident dont les circonstances restent encore à déterminer. L’enquête sera d’autant plus longue et confidentielle que la famille du défunt s’est refusée, pour l’heure, à tout commentaire.

Des experts estiment d’ores et déjà, néanmoins, que le jeune homme avait perdu, ce matin-là, le contrôle de ses pouvoirs. « Le mouvement de panique observé sur la 40th Avenue était caractéristique, estime le Dr. Jordan Halver, de l’Université d’Harvard. J’ai pu m’entretenir avec quelques passants présents sur les lieux et tous décrivent des symptômes propres à l’intervention d’un mentaliste. Et seul Chase Neutron-Grey parait avoir eu des pouvoirs susceptibles d’un phénomène d’une telle ampleur. »

La panique en question a en effet concerné plus d’une cinquantaine de personnes et occasionné des milliers de dollars de dégâts en accidents routiers, bris de vitrine et frais médicaux, ainsi que de nombreux blessés. Les témoins décrivent une peur irrépressible de quelques secondes, suivie d’un immense sentiment de vide. Mais pour l’heure, ces éléments ne permettent que les spéculations.

On se souviendra de la vie active de ce jeune héros trop tôt enlevé aux siens, qui dès son plus jeune âge…

[…]
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Message posté : Jeu 10 Avr 2014 - 21:02 Message
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- Costume autorégulé
- Protèges-poignets lance-fléchettes
- Lunettes de vision nocturne
- Lunettes ultra-photoniques
- Ceinture utilitaire (recycleur d'air, balles fumigènes, billes incapacitantes, bombes collantes, bombes électriques, boule disco lévitante, émetteurs à ultrasons, spray réfrigérant)
- Armes : accumulateur stellaire, filet d'Hélios, pistolet tranquillisant pliable, revolver apache de maître
- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

- Scorpio (super-voiture)
- Nisshoku (super-voiture)
- Nautile bioluminescent (submersible)
- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
- Clank (robot)
- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
- Forteresse Onirique (base)
8 mars 2014, au petit matin.

En se réveillant ce matin-là, Lukaz avait eu la confirmation de ce qu'il avait déjà senti la veille, en pénétrant dans cet appartement. Ça avait été une erreur. Une grossière et terrible erreur. Sous le coup de la colère, il avait inconsciemment décidé de faire payer à Chase ses écarts. Après tout, pourquoi devrait-il être le seul à s'amuser ? Mais si dans la théorie les choses avaient l'air très simples, ça n'avait finalement pas été le cas. Alors que ses vêtements avaient disparu l'un après l'autre, Lukaz avait su qu'il commettait une erreur, même s'il avait persisté malgré tout. Pourquoi ? Difficile à dire. Peut-être que c'était simplement sa nature passée qui avait repris le dessus, pour un temps, mais cela ne l'avait pas empêché de s'en vouloir.

Aussi, lorsqu'il fut réveillé le lendemain matin, c'était honteux qu'il se découvrait dans ce lit qui n'était pas le sien. Pas le leur non plus, d'ailleurs. Qu'il avait été con ! Oui, Chase avait commis un certain nombre d'erreurs, ça, rien ne le changerait. Mais ça ne lui donnait pas le droit de lui dire ce qu'il avait dit, ni de faire ce qu'il avait fait. La peur qu'il avait ressenti face à l'idée de voir Chase s'éloigner, alors qu'il était bien le seul avec qui il s'était lié à ce point, l'avait poussé à le chasser lui-même, pour ainsi dire, comme si les choses en seraient moins terribles. Ce qui n'était évidemment pas le cas. C'est donc en réfléchissant à ce qu'il pourrait bien faire pour se faire pardonner que Lukaz entendit frapper à la porte. Après quelques instants, la brune avec qui il avait réalisé cette erreur revenait vers lui, parce qu'il ne dormait évidemment pas, contrairement à ce qui avait été dit. Mais Lukaz et Chase n'étaient pas les seuls à réfléchir à certaines choses, ni les seuls à faire des plans... Et pourtant, ce qu'elle révélait ne pouvait pas laisser place au doute. Le Français s'attendait déjà à un drame. Qu'est-ce qu'il avait été con !

S'habillant en vitesse, le voleur avait jeté un dernier – et il allait bel et bien être le dernier – regard vers sa compagne d'une nuit. « Bon, j'suis désolé mais va falloir que j'y aille, j'ai des trucs à faire. T'as qu'à garder la chemise. » Puis, sans plus de cérémonie, Lukaz avait quitté l'appartement, dévalant les marches pour rejoindre la rue. Évidemment, c'était trop tard et il n'y avait plus personne. Que faire ? Débarquer au Bigsby Building ? Non, certainement pas. Trop risqué. Et puis, qu'est-ce qu'il pourrait bien dire ? C'est donc en réfléchissant à tout cela que le voleur s'enfonça dans la foule du début de matinée.


*** *** ***


9 mars 2014, toujours au petit matin

Après avoir passé une nouvelle nuit chaste loin de chez lui – de chez eux – Lukaz se promenait dans les rues autant pour s'aérer l'esprit que pour espérer trouver l'illumination quant à ses problèmes. Croisant un kiosque à journaux, il jeta machinalement un regard aux Unes avant de soudain faire volte-face pour revenir sur ses pas. Une étoile s'éteint. C'était quoi ce délire ? Chase ne pouvait pas être mort ! C'était des conneries, tout ça ! Il le savait, Chase était très fort, alors c'était juste impossible qu'une telle chose arrive. Même quand le Planificateur l'avait fait enterrer vivant, il était revenu, les vêtements à peine sales. Non, ça devait juste être une nouvelle tentative pour vendre des tirages. S'éloignant, Lukaz décida finalement de passer outre ses craintes et prenant son téléphone, il composa le numéro de Chase. Rien... Seul le répondeur prenait. Une deuxième et une troisième tentatives suivirent, toujours avec le même résultat.

Finalement, après avoir réfléchi, Lukaz sortit le pendentif qu'il portait autour du cou et s'approcha d'une porte, la première qu'il put trouver. Glissant la clé qui pendait à la chaine d'or dans la serrure, il ouvrit le battant et arriva dans la Forteresse Onirique. Là non plus, il n'y avait pas la moindre trace de Chase. Les robots-araignées vaquaient à leurs occupations et Lukaz décida de s'adresser à MEDEE mais l'IA programmée par son petit ami ne put rien lui apprendre de plus que ce qu'il savait déjà. Et ça, ça devenait réellement inquiétant... Ne sachant plus trop quoi faire, le voleur décida de retourner dans le monde réel afin de se rendre chez Suzaku. Ce dernier pourrait certainement l'aider. Il le devait !


*** *** ***


11 mars 2014, en journée

Il fallait en venir à l'évidence, Chase n'était plus de ce monde. Peut-être était-il réellement mort ? A moins qu'il ne soit simplement allé dans une autre dimension, à la recherche du bonheur perdu. Peut-être auprès d'un autre Lukaz, plus sage et moins con... Il aurait eu raison, peut-être, parce que lui ne le méritait pas, après ce qu'il avait fait. Et ce fut là l'une des nombreuses choses que Lukaz raconta à Suzaku, ce dernier devant pour une fois jouer le rôle du confident, de celui qui rassurait et qui consolait, là où généralement les rôles étaient inversés. Malgré tout, Lukaz n'arrivait pas à se défaire de sa culpabilité. Il était purement et simplement responsable de la mort de Chase Neutron-Grey. Quel exploit !


*** *** ***


20 mars 2014, en journée

Lukaz reprenait doucement du poil de la bête. Un peu trop vite, même, pour que ça ait l'air réellement sincère. Il ne fallait pas être dupe pour comprendre qu'il porterait encore longtemps sa croix. La perte de Chase était doublement horrible pour lui, parce que non seulement il l'avait perdu, mais qu'en plus, c'était de sa faute. C'était lui qui avait forcé le mentaliste à partir, de part son comportement. Et ça avait encore une fois été son comportement qui avait montré à Chase qu'il n'était pas quelqu'un de bien... Qu'il avait été con !

Dès lors, le voleur avait décidé de changer son comportement. Les promesses jadis faites à Chase devaient devenir son nouveau mode de vie et il avait dans le même temps décidé de se donner pleinement dans ce qu'il ferait. Il allait être un Fils du Dragon exemplaire ! C'était pour cela qu'il s'entraînant jusqu'à l'épuisement, mais aussi, parce que mort de fatigue, il tombait dans un sommeil profond et sans rêve, ces derniers n'étaient pas particulièrement joyeux ou supportables, pour l'heure. Et dans le but de rendre hommage à son défunt petit ami, Lukaz avait fait son possible pour tenter de devenir invisible. Le plus incroyable était même qu'il y était finalement arrivé, même si seul son corps disparaissait à la vue, ses vêtements restant toujours parfaitement visibles. Mais c'était un début, surtout quand on ajoutait à cela sa capacité à donner corps à des sabres-laser. Et bien entendu, le fait que Chase ait pu aimer les films Star Wars n'avait absolument pas inspiré Lukaz...


*** *** ***


22 mars 2014, dans la nuit

Si Lukaz avait en quelques sortes été l'instrument de la disparition de Chase, il s'était aussi rendu compte que tout cela avait découlé d'une seule et unique chose : la lettre. Il l'avait pratiquement oubliée mais elle avait été bien réelle. Encore plus que les articles de presse ou les billets sur des blogs. C'était d'autant plus vrai que cette lettre lui avait été adressée à lui, dans son appartement, ce qui était somme toute particulièrement louche, même si sur le coup, il n'y avait pas réfléchi. Passant donc en coup de vent à leur appartement, faisant mine de ne pas voir les désastres commis pas Clank, Lukaz récupéra l'ensemble du pli avant de repartir en direction du garage. Situé à deux pas de là, ce local loué était celui où il garait l'un de ses biens les plus précieux. Un cadeau de Chase. La Scorpio.

Montant à bord, Lukaz partit en destination du Dragon Tigre, l'agence de détective privé de Chen Sun, l'une des membres des Neuf Fils du Dragon. Malgré la difficulté qu'il y avait dans cette tâche, le voleur lui fit part des derniers événements et il lui remit les photos. Ce qu'il voulait savoir, c'était qui avait bien pu lui envoyer cela. A Chen de le découvrir.


*** *** ***


30 mars 2014, en soirée

Rodrigo Amaro. Ce nom ne disait absolument rien à Lukaz et pourtant, c'était visiblement lui qui avait envoyé ce courrier. Pourquoi ? Il n'en savait encore rien, mais ça n'allait plus tarder. En effet, le voleur attendait l'homme chez lui et il n'allait pas faire dans la dentelle. L'affaire était trop sérieuse pour qu'il lui laisse la moindre chance. Aussi, à peine l'homme alluma-t-il la lumière qu'il dut faire face à Solar, se dernier l'empoignant par le col avant de le plaquer au mur, faisant tomber deux cadres photos au passage. Montrant une des photos de son autre main, il exigea que l'homme réponde à ses questions. « Pourquoi tu m'as envoyé ça ? Qu'est-ce que tu voulais ?! » « Je... Rien, ce n'est pas moi, vous devez faire erreur! » « Me prends pas pour un con, je sais que c'est toi. Alors, tu parles ou je t'écrase la gorge... » Pour appuyer ses propos, Lukaz donna une légère pression, dans le seul but de faire monter un peu la pression. Cela sembla visiblement marcher puisqu'après un instant d'hésitation, Rodrigo se décida à parler. « C'est le boss qui m'a demandé de faire ça, alors je l'ai fait. J'en sais rien de ses raisons, mais il en veut beaucoup à quelqu'un et c'était la première partie de son plan. » « Et ton boss, c'est qui ? » « Si je le dis, je vais me faire tuer! » « Et si tu le dis pas, je te démembre. » Rodrigo sembla pâlir avant de finalement reprendre la parole. « Le Gros Bobby. »

Solar libéra l'homme alors même que des souvenirs lui revenaient. Le Gros Bobby, c'était cet homme qu'il avait doublé, plusieurs mois plus tôt. Celui qui avait débarqué dans son appartement, le jour où il avait réellement appris à connaître Chase. Celui qui avait cherché les services du Planificateur, aujourd'hui mort. Visiblement, il n'avait pas encore lâché l'affaire. Peut-être même que tous ces désagréments l'avaient mis encore plus en rogne ? En tous les cas, il avait bien prévu son coup, parce que le montage photo, confirmé par Chen, avait été très recherché. Cet homme devait avoir des moyens et il était probable qu'il n'était plus une simple petite frappe... Un déclic fit pivoter Solar, qui se retrouva face au canon d'une arme à feu. Un sourire invisible apparu sur son visage. « Grosse erreur. » Et dans le silence le plus absolu, un sabre de lumière apparut dans sa main et traversa de part en part le dénommé Rodrigo.


*** *** ***


5 avril 2014, en journée

Alors qu'il menait des recherches pour découvrir où pouvait bien se cacher le Gros Bobby, Lukaz eut une très étrange sensation. Il ne sut se l'expliquer, mais c'était comme si quelque chose d'important était en train de se produire. Mettant en pause pour quelques instants ce qu'il était en train de faire, il finit néanmoins par reprendre le fil de sa journée. Il avait une mort à venger.
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Message posté : Jeu 10 Avr 2014 - 22:17 Message
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10 avril 2014

— Ouais, non mais d’façon, ça, c’t’encore un truc d’la Triade, faut pas chercher, c’est Suz…

Abban s’interrompit brusquement et releva les yeux de son téléphone et de sa nouvelle victoire à Candy Crush. Depuis que Chase avait débarqué comme une fleur sur son perron — ou plus précisément à l’entrepôt-garage où Macha subissait ses contrôles techniques — les deux jeunes gens s’étaient considérablement rapprochés, sans doute parce que Chase n’avait personne d’autre à qui parler sincèrement et qu’Abban s’était au fond pris d’affection pour le mentaliste.

Et ainsi, à chaque fois que la conversation s’approchait un peu trop de Lukaz, l’Irlandais la déviait habilement — enfin, la déviait, parce que l’habileté et le tact n’étaient pas vraiment deux des qualités principales chez les Mac Aoidh. La voix de Chase monta depuis le capot de la voiture, où le mentaliste triturait le moteur hors norme de Macha.

— Non mais c’est bon, vas-y.

La tête du jeune homme apparut. La nouvelle.

— Je t’ai dit que je m’en fichais, de lui, maintenant.
— Hmm hmm.
— Quoi ?

Abban reposa son téléphone et souligna :

— Jake et moi, on s’dispute souvent. Mais ça veut trop rien dire, t’sais.
— Cool pour vous.
— Tu d’vrais lui téléphoner.
— Merci de tes conseils, Docteur Love.
— Nan mais écoute, mec, sérieux, tire toi les doigts du cul. T’crois quoi ? Les gens comme nous, les mutants criminels avec une case en moins, un caractère de merde et des histoires à la con, des mecs, ils en trouvent pas des charrettes sur leur chemin. En croiser un qui marche, c’est d’jà en exploit, s’en trouver un avec qui ça t’retourne l’estomac, ça t’arrivera pas tous les jours, tu vois. Et m’dis pas qu’c’est pas c’que tu crois aussi, parce que sérieux, si tu t’en foutais vraiment, tu s’rais déjà dans un de tes mondes zarbis envahis par les robots. Alors pour un Américain, t’as quand même une putain de mentalité d’Irlandais à la con. Conseil d’expert : arrête de faire l’fier et offre lui des baskets.
— Des baskets ?
— Tout l’monde aime les baskets.

Abban ressortit son téléphone pour reprendre sa partie.

— J’ai acheté des baskets à Jake, l’était très content.

Et puis content ou non, c’était la même chose : il n’allait pas le laisser se promener avec des chaussures pourries.

Chase replongea sous le capot, le cœur battant. Abban n’avait pas tout à fait tort et il fallait de toute façon reconnaître que l’Irlandais n’avait pas besoin d’une perspicacité hors norme pour soupçonner les réelles motivations du retour de Chase sur la Terre Prime. Le mentaliste passait à temps considérable à souligner que Lukaz ne l’intéressait plus, si bien que le nom du Français revenait toutes les cinq phrases dans la conversation. Si l’on considérait qu’il avait perdu son précédent corps pour avoir voulu récupérer Lukaz, qu’il avait reconstitué le suivant pour revenir dans la ville où vivait Lukaz, il était difficile de prêter foi à sa déclaration de désintérêt.

Bon.
C’était juste par curiosité.

Juste par curiosité, Chase posa son voltmètre, ferma les yeux et rechercha dans tout Star City la trace psychique de Lukaz.
Juste par curiosité, Chase survola les souvenirs les plus récents de Lukaz et sonda légèrement son état d’esprit.
Juste par curiosité, Chase fit émerger un souvenir quelconque de lui dans les pensées du Français pour observer la réaction.

Un sourire se dessina sur ses lèvres.

***

Le Gros Bobby n’était pas gros. Certains que prétendaient que le gros Bobby avait fait un long régime, sans jamais changer de surnom. Mais les mieux informés savaient que ce qui était gros, chez Bobby, ce n’était pas lui-même, c’était la fortune. Oh, le Gros Bobby n’était pas un Cesar ou un Mandarin, mais il possédait plusieurs night-clubs, quelques magasins, deux ou trois restaurants et une collection d’art qui valait cher. Le Gros Bobby était un mafieux à l’ancienne, qui de gros bras était devenu lieutenant, de lieutenant second et de second, après la mort accidentelle certainement mais opportune de son ancien chef, le boss, le vrai : Gros Bobby.

— Alors gamin ? Qui c’est qui t’envoie ? Les Dominicains ?

Les mains dans les poches, Chase laissa son regard parcourir le bureau, à l’arrière de Seraphia. Au-delà de la porte, après le long couloir insonorisé, il y avait le club en lui-même, où la jeunesse de Star City se déhanchait, consommait au bar, consommait auprès des dealers du Gros Bobby, et alimentait sans s’en soucier réellement la prospérité criminelle de la ville. Dans le bureau du Gros Bobby, cependant, on n’entendait rien de la musique à la mode qui agitait les corps, à quelques mètres de là. Et si Gros Bobby en donnait l’ordre, à quelques mètres de là, dans la salle, on n’entendrait rien du coup de feu qui abattrait l’intrus.

— C’est quoi ton nom ?
— Noctis.

Le Gros Bobby se mit à rire grassement.

— Tu regardes trop la télé, gamin. Alors ? Qu’est-ce t’es venu faire ici ?
— J’attends de la visite.
— Vraiment ?
— Il ne devrait plus tarder.
— Qui ça ? Ton prince charmant ?

Nouveau rire gras.

— Peut-être…

Les deux hommes de main du Gros Bobby étaient tout de même un peu perplexes, partagés entre la conviction que le gamin était complètement cinglé et la crainte que, dans une ville comme Star City, il n’eût des raisons d’être aussi assuré qu’il le paraissait. Gros Bobby saisit le gamin par le col.

— Touchez pas à mes vêtements.
— J’vais te faire passer l’envie de…

Gros Bobby fut brusquement projeté contre le mur opposé.

— C’est le Passeur qui les a choisis, vous savez. Ils coûtent très chers. Enfin, je crois. J’ai pas vraiment payé pour les avoir.
— Mais faites quelque chose abrutis !

Les abrutis en question se contentaient de fixer Noctis d’un air absent.

— Navré, Bobby. Je crains que vos hommes ne soient mes hommes, désormais. Vous savez ce que c’est, la roue tourne, les boss se succèdent. Mais rassurez-vous, je ne compte pas vous tuer. Enfin, pas tout de suite. Je suis sûr que mon prince charmant aura envie de vous parler. Après tout, c’est d’abord pour vous qu’il vient. Moi, je ne suis jamais que la cerise sur le gâteau.

Noctis baissa les yeux et le Gros Bobby, même s’il n’était pas si gros que ça, tomba lourdement au sol. Le jeune homme fit un vague signe de main à ses recrues avant d’ordonner :

— Débarrassez-moi ça. Emmenez-le dans la réserve, restez avec lui et ne le laissez pas partir.

Il ne craignait pas d’être désobéi : il avait si bien reprogrammé ses deux victimes, pendant le temps du petit interrogatoire de Bobby, qu’il doutait qu’il restât en eux le moindre velléité d’indépendance. Ils étaient transformés en robots — la personnalité en moins. Les deux hommes s’emparèrent de Bobby chacun par un bras et le trainèrent hors du bureau. Les cris de l’ancien propriétaire du Seraphia résonnèrent dans le couloir, mais le couloir était bien insonorisé et, à quelques mètres de là, la jeunesse de Star City put continuer à danser sans se soucier des intrigues de palais.

Chase poussa un soupir et secoua la tête, en faisant voler devant ses yeux les deux revolvers que ses gorilles avaient abandonnés là.

— Ah, les humains…

Les deux armes retombèrent au sol et le jeune homme traversa la pièce pour contourner l’imposant bureau et se laisser tomber dans le fauteuil du patron, avant de croiser les talons sur le rebord du bureau. Il ne lui restait plus qu’à attendre. Lukaz serait là, ce soir : il l’avait lu dans son esprit. Et après… Et après, il ne savait pas très bien comment les choses pourraient se passer. Il n’était même pas sûr de ses sentiments à l’égard de son ancien compagnon. Pas sûr de tout ses sentiments. Il lui en voulait ? Un peu. Quelque part.

Pour lui, tout cela s’était déroulé il y avait de cela si longtemps — et si loin. Depuis, le Multivers l’avait happé. Le Multivers l’avait rendu. Pour tromper sa nervosité, le jeune homme força d’un coup d’œil l’un des tiroirs du bureau et fit voler jusqu’à lui un dossier contenant les papiers relatifs à la gestion du Seraphia. Il était temps de devenir un véritable homme d’affaires.
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Message posté : Ven 11 Avr 2014 - 20:50 Message
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Solar

ϟ Âge : 33
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ϟ Arrivée à Star City : 22/05/2012
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ϟ Statut : célibataire libertin
ϟ Métier : voleur du Cartel Rouge
ϟ Réputation : Niveau 5
ϟ Signes particuliers : Blond cendré, yeux bleus, finement musclé, svelte et agile, un piercing à la langue, deux piercings dissimulés et un tatouage à découvrir...
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise des lames

- Absorption d’énergie solaire
- Absorption de la lumière
- Force solaire (8T)
- Résistance solaire
- Régénération solaire

- Projection d’énergie solaire
- Explosion aveuglante
- Stroboscope
- Rayon solaire
- Flèche solaire
- Lame solaire
- Sabre-laser

- Immunité solaire
- Immunité aux laser

- Vol solaire

- Forme invisible

- Forme lumineuse

- Physiologie solaire
- Subsistance solaire

- Photoportation

- Contrôle thermique

- Brouillage mental

- Costume renforcé
- Costume autorégulé
- Protèges-poignets lance-fléchettes
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- Ceinture utilitaire (recycleur d'air, balles fumigènes, billes incapacitantes, bombes collantes, bombes électriques, boule disco lévitante, émetteurs à ultrasons, spray réfrigérant)
- Armes : accumulateur stellaire, filet d'Hélios, pistolet tranquillisant pliable, revolver apache de maître
- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

- Scorpio (super-voiture)
- Nisshoku (super-voiture)
- Nautile bioluminescent (submersible)
- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
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- Fallaenn (base)
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10 avril 2014, en journée

Grâce aux informations récupérées par Chen Sun, Lukaz avait une bonne idée de ce qu'avait pu faire le Gros Bobby depuis qu'il l'avait doublé. Dans un certain sens, il était normal que ce dernier ait voulu faire payer à Lukaz la perte de cette clé USB, même si le voleur ne savait pas ce qu'elle avait bien pu contenir. Mais à son sens, elle était bien mieux entre les mains du Mandarin, alors ça ne l'avait pas dérangé de ne pas respecter sa parole. Évidemment, il y avait eu un retour négatif, mais il avait su le contrer, grâce à ses pouvoirs. Et comme depuis lors, il était devenu encore plus puissant, il ne devrait plus avoir de mal à se faire respecter. Le souci, c'était que comme il avait rompu la promesse qu'il s'était faite de ne s'attacher à personne, ces gens se retrouvaient en danger. Chase avait déjà été menacé avant d'être enterré vivant. Et voilà que maintenant, il était mort...

Pour le Français, c'était terriblement inquiétant. Après tout, si même Chase n'avait pas survécu aux manigances d'un vulgaire criminel, qui pourrait se dire en sécurité ? Bien entendu, le Gros Bobby n'avait été qu'un déclencheur et Lukaz savait pertinemment que le vrai responsable de cette disparition, c'était lui. En temps normal, il aurait simplement eu à sonner à la porte du Bigsby Building avec des fleurs et une boite de chocolats aphrodisiaques mais avec Chase, il n'y avait jamais rien de normal. La question, c'était simplement de savoir si sa mort était définitive. En théorie, elle l'était, au grand damne du voleur, mais il avait découvert tellement de choses ces dernières années, des aliens aux mondes parallèles en passant par les dieux, qu'il y avait très certainement une solution à son problème. Pourrait-il seulement faire revenir Chase à la vie ? Il devrait poser la question à Suzaku, ce dernier le saurait sans doute. Et si ce n'était pas lui, Raijin le saurait, lui. Il était quand même un dieu, non ?

Ces considérations mises à part, Lukaz était donc à la recherche du Gros Bobby et cela depuis plusieurs jours. Il avait même refait un passage par le Circus Maximus, lieu qui lui déplaisait aujourd'hui particulièrement, mais qui restait le meilleur endroit où trouver des infos. Ce qu'il ne faisait pas pour Chase, quand même ! A force de recherches et de recoupements, Lukaz avait fini par mettre un nom sur ce qu'il recherchait. Seraphia, le nom d'un nightclub. Voilà où il frapperait, cette nuit même. Pour Chase.


*** *** ***


Même jour, à la nuit tombée

Cela faisait un petit moment que Lukaz observait le club depuis le toit d'un immeuble voisin, se servant pour cela des lunettes que Chase lui avait offertes. Bien sûr, tout cela pouvait avoir un arrière goût un peu trop sentimental, mais il fallait aussi avouer que c'était rudement pratique, ce genre de lunettes ! Quoi qu'il en soit, il n'avait rien repéré de très suspect et ce lieu avait l'air de n'être qu'un club occupé par un criminel, avec quelques gorilles pour le protéger. Rien d'insurmontable, en somme. Soupirant en s'imaginant que tout serait tellement plus simple s'il pouvait devenir invisible en même temps que ses vêtements, Lukaz se fit la note mentale de demander à MEDEE si elle n'avait pas un moyen de lui concevoir une tenue capable d'épouser ses formes autant que ses pouvoirs. Ça devait bien exister, nan ?

Ça ne serait d'ailleurs pas la seule chose qu'il devrait trouver, parce que maintenant qu'il était passé au niveau supérieur de sa carrière de voleur, il allait lui falloir un peu de matériel. Quand il était encore là, Chase était très efficace, c'était certain, avec ses pouvoirs. Mais aujourd'hui, il allait probablement avoir besoin d'objets capables de voir ou d'entendre à travers les murs, ne serait-ce que pour éviter de tomber sur une salle remplie de gardes. Sa maîtrise du sabre-laser n'en était encore qu'à ses débuts et vu la tête que faisait Miyako, elle allait être longue. Incapable de devenir invisible, Lukaz opta donc pour sa forme solaire qu'il pourrait alimenter grâce aux lumières de la ville et du club. Il était encore visible, mais c'était mieux que rien. Précautionneusement, il s'approcha de l'arrière du bâtiment et après avoir assommé le videur qui en gardait la porte, il se glissa à l'intérieur. De couloir en couloir, Lukaz avança, profitant des ombres pour se dissimuler, cherchant dans le même temps à éviter les gardes histoire de n'alerter personne. Il finit par atteindre le couloir menant au bureau du propriétaire et en quelques pas, il fut face à la porte. Dans un silence quasi-religieux, il colla son oreille sur le battant et écouta. Rien. Il semblait ne régner que le silence, mais ce n'était pas normal.

Inspirant profondément pour se donner du courage, Lukaz finit de se préparer à un affrontement et il ouvrit brutalement la porte pour entrer dans la pièce. Le spectacle qu'il découvrit n'était pas vraiment ce qu'il avait attendu... Deux armes gisaient au sol et un jeune homme noir se tenait dans le fauteuil du boss. D'une, il n'était pas le Gros Bobby, à moins d'avoir sérieusement changé. De deux, il ne devait pas être son associé, parce qu'il était un peu trop jeune, pas vraiment dans le genre des lieux et surtout, qu'un associé n'aurait jamais osé s'asseoir comme ça dans ce fauteuil. En plus, il y avait un truc bizarre, ici. Faisant marcher sa mémoire, Lukaz ne se rappela pas avoir déjà vu ce type ce qui voulait dire que soit il était très discret, soit nouveau dans le business. Dans les deux cas, c'était assez fou. « Euh... Salut. » Belle entrée en matière. « Je sais pas trop qui tu es et ce que tu fous là, mais t'es pas le Gros Bobby. » Sérieusement ? « Alors écoute, en fait, tu fais ce que tu veux, hein. T'étais là le premier, alors tu prends tout ce que tu veux, je m'en fous. Je veux juste savoir une chose, il est où, Bobby ? » Après tout, seul un autre voleur pouvait être entré comme ça, non ? « J'ai une affaire à régler avec lui. Un truc assez vieux, en fait, mais qu'il faut terminer. C'est vraiment important pour moi. Je veux juste le voir et... Bon, peut-être qu'il faudra un peu le bousculer. Mais j'ai des trucs à régler avec lui. Tu l'aurais pas vu, par hasard ? » Parce que cela faisait quand même plus d'un mois que Chase avait disparu et qu'il était plus que temps de rappeler à ce criminel ce qui allait lui en coûter. « Hum... On se connaît ? » Lukaz avait quand même une impression bizarre, alors autant voir ce qu'il en était.
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Message posté : Ven 11 Avr 2014 - 21:22 Message
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Il était là.

Depuis quelques secondes, Chase s’était désintéressé des rapports financiers du Seraphia, qu’il se promit de faire absorber à Médée — il était hors de question qu’il se perdît dans la gestion purement administrative de sa toute nouvelle acquisition. Il était beaucoup trop jeune pour apprendre la comptabilité — pas assez chauve, aussi. Et puis il ne portait pas de lunettes. Définitivement pas un travail pour lui. La présence de Lukaz, non loin de là, était de toute une trop grande distraction. Chase se sentait tout chose.

Ah, ça, il avait joué l’indifférent devant Charlie, l’indifférent devant Abban, mais à la vérité, il pensait à Lukaz en se couchant, il pensait à Lukaz en se levant, il pensait même à Lukaz en se rasant, parce que maintenant, il se rasait (ce que c’était, tout de même, un nouveau corps). Parfois, les images de la nuit que Lukaz avait passée avec cette brune décérébrée qu’il n’avait pas assassinée — un bel exemple de maturité, avouons-le — repassaient dans son esprit, mais la déception et la colère qu’il éprouvait alors ne faisaient que lui donner la mesure de ses sentiments pour le Français.

Lorsque Solar fut à sa porte, Chase fit mine de se reprendre de passion pour ses rapports financiers, et quand le mutant débarqua dans son bureau, Noctis releva distraitement les yeux. Non, il n’était pas Bobby.

— Ta perspicacité n’a d’égale que l’obscurité de ton teint. Et il y en a pour dire que j’ai abusé du bronzage…

Noctis ôta les pieds du rebord du bureau pour pivoter sur la chaise et posa les coudes sur le meuble, après s’être débarrassé de son dossier. Dieu qu’il était beau. Dieu qu’il sentait bon. Dieu que son accent français était charmant. Pour un peu, Chase aurait pu en oublier tout son ressentiment et ce d’autant plus aisément qu’il voulait bien reconnaître, réflexion faite, une part de responsabilité dans leurs mésaventures : il comprenait, en comparant son existence entièrement libre des derniers jours, combien sa vie précédente avait été surchargée et lui avait laissé peu de temps pour s’occuper de son compagnon.

— Gros Bobby est dans la réserve.

Une phrase que l’on n’avait pas souvent l’occasion de prononcer. Noctis s’appuya sur le dossier de son siège et fit un vague signe des mains.

— Il fallait bien que je le mette quelque part, il commençait à devenir désobligeant. Tu aimes le bureau ?

Le jeune homme se releva, enfonça les mains dans les poches et se mit à marcher à pas lents, pour combler petit à petit la distance qui le séparait de la porte et de Solar.

— Moi, je trouve ça un peu sombre, d’un autre côté, c’est un night club. Mais la décoration…

À gauche, une photographie avec un grand voilier, à droite, une très belle voiture de course. Probablement des trophées du Gros Bobby.

— Je crois que je vais changer la peinture. Enfin pas moi, personnellement, hein. Je suis pas super bricoleur. Enfin, ça dépend des domaines, hein, mais pour la peinture, par exemple, je suis pas super bricoleur. L’électronique, voilà : l’électronique, c’est plus mon truc. Je me demandais, tu vois, si j’avais pas perdu la main, mais ça va. Je gère. Donc là…

Noctis désigna le mur de gauche.

— Je pensais à Coruscant, en digital art. Et là…

Le mur de droite.

— Gallifrey ?

Noctis était enfin parvenu devant Solar. Tout bas, le jeune homme murmura :

— Fais voir ton visage…

Ce n’était pas vraiment une demande : l’esprit du mentaliste s’imposa brièvement à celui de Lukaz pour l’inciter à reprendre forme humaine et les nouveaux yeux du jeune homme détaillèrent les traits toujours familiers de son ancien compagnon.

— C’est fou, tout le monde a l’air fatigué. Et après, on dit de moi que je mène une vie trop mouvementée…

Les yeux de Noctis remontèrent pour se poser dans ceux de Lukaz et sa voix s’en tenait toujours aux murmures :

— Mais c’est vrai, c’était trop mouvementé. J’étais bête. C’est fou, hein ? Je te fabrique tous les robots que tu veux, mais comment ça marche la tête d’un garçon, même moi, je comprenais pas. Peut-être que j’aurais dû regarder directement, tu sais, peut-être que j’aurais vu le coup venir. Mais qu’est-ce que tu veux, j’avais promis, que je regarderais pas. C’est pas une excuse. Mais on en fait, hein, des choses bêtes, pour un garçon. Regarde, j’ai enfermé le Gros Bobby dans sa réserve pour un garçon. Et avant ça, j’ai joué avec le feu, enfin avec une pierre, mais avec le feu quand même, pour un garçon. Après, j’étais tranquillement inexistant, et puis hop, me revoilà, pour un garçon.

Noctis esquissa un sourire triste avant de secouer la tête.

— Enfin, c’est d’autant plus bête que le garçon en question, la première chose qu’il trouve à faire, quand on se dispute, c’est de courir chez une fille.

Chase recula de quelques pas et étendit les bras.

— Manque de bol, Lukaz. Toujours. Pas. De poitrine.

Finalement, son ressentiment n’était tout de même pas très loin.

— Après, peut-être que si là tu me décapites, au troisième essai, je reviendrai en blonde à forte poitrine. Tu pourras m’appeler, je sais pas… C’est quoi le féminin de Chase ?
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Message posté : Sam 12 Avr 2014 - 14:51 Message
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Solar

ϟ Âge : 33
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/07/1985
ϟ Arrivée à Star City : 22/05/2012
ϟ Nombre de Messages : 6699
ϟ Nombre de Messages RP : 732
ϟ Doublons : Ezekiel Nakamura
ϟ Crédits : Smiley Vanille
ϟ Célébrité : Tom Felton
ϟ Âge du Personnage : 29 ans
ϟ Statut : célibataire libertin
ϟ Métier : voleur du Cartel Rouge
ϟ Réputation : Niveau 5
ϟ Signes particuliers : Blond cendré, yeux bleus, finement musclé, svelte et agile, un piercing à la langue, deux piercings dissimulés et un tatouage à découvrir...
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise des lames

- Absorption d’énergie solaire
- Absorption de la lumière
- Force solaire (8T)
- Résistance solaire
- Régénération solaire

- Projection d’énergie solaire
- Explosion aveuglante
- Stroboscope
- Rayon solaire
- Flèche solaire
- Lame solaire
- Sabre-laser

- Immunité solaire
- Immunité aux laser

- Vol solaire

- Forme invisible

- Forme lumineuse

- Physiologie solaire
- Subsistance solaire

- Photoportation

- Contrôle thermique

- Brouillage mental

- Costume renforcé
- Costume autorégulé
- Protèges-poignets lance-fléchettes
- Lunettes de vision nocturne
- Lunettes ultra-photoniques
- Ceinture utilitaire (recycleur d'air, balles fumigènes, billes incapacitantes, bombes collantes, bombes électriques, boule disco lévitante, émetteurs à ultrasons, spray réfrigérant)
- Armes : accumulateur stellaire, filet d'Hélios, pistolet tranquillisant pliable, revolver apache de maître
- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

- Scorpio (super-voiture)
- Nisshoku (super-voiture)
- Nautile bioluminescent (submersible)
- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
- Clank (robot)
- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
- Forteresse Onirique (base)
Il n'y avait pas à dire, c'était parfois très frustrant de préparer quelque chose dans ses moindres détails pour au final que ça ne puisse pas se faire parce que la situation se trouvait être totalement différente. Et qui que soit ce type, il était vraiment très bizarre et c'était assez difficile de le suivre dans ses propos. Bon, déjà, le fait que le Gros Bobby soit dans la réserve prouvait bien qu'il ne travaillait pas pour lui, mais ça n'expliquait pas ce qu'il faisait là. Cela étant dit, ce n'était pas les affaires de Lukaz, du coup... Méfiant, le voleur resta sur ses gardes quand l'autre se mit à lui parler comme s'ils se connaissaient et surtout, quand il se mit à approcher. Non, c'était définitivement louche, cette histoire. Et pourquoi est-ce qu'il lui racontait tout ça, d'ailleurs ?

Ses goûts de geek mis à part, le plus tordu fut encore que d'une simple phrase, il força Lukaz à reprendre son apparence normale et ça, c'était vraiment pas bon. Un mentaliste ? Si oui, le Français n'avait plus la moindre chance... Mais ça n'expliquait pas ce qu'il lui voulait, s'il lui voulait quelque chose. Pourquoi ne pas simplement le laisser aller dans la réserve ? Le voleur ne le savait pas, mais à mesure que l'inconnu se mit à parler, il sentit son cœur s'accélérer, parce que ce qui était dit faisait drôlement écho à ces dernières semaines. Mais... Ce n'était pas possible, si ? Ou alors, il était en train de lire dans son esprit pour le torturer. Peut-être que ça faisait partie du plan de Gros Bobby ? Mais non, certainement pas, vu qu'il ne bossait pas pour lui. Enfin, c'était ce qu'il lui laissait croire. Les doutes étaient présents mais... C'était bien des doutes qui avaient causé la mort de Chase alors pour une fois, Lukaz allait éviter de se prendre la tête et croire son intuition.

Terriblement stressé à l'idée que ce pouvait bel et bien être Chase, Lukaz ouvrit la bouche avant de la refermer, sans qu'aucun son n'en soit sorti. Il n'avait pas vraiment imaginé se retrouver dans une telle situation, alors il ne savait pas trop comment faire. Il se contenta donc de faire écho aux paroles prononcées par l'inconnu pas si inconnu que ça. « On en fait des choses bêtes, pour un garçon. » Oui, c'était stupide et ça n'expliquait rien. Du moins, pas directement. « Je... Je sais que j'ai été un véritable idiot et j'ai aucune excuse pour me justifier. J'aurais dû te parler, te croire. C'est comme ça que ça marche, normalement. Mais... Je sais pas, j'avais l'impression que tu t'éloignais un peu alors j'ai cru que... Que je n'étais plus forcément assez bien pour toi. » Et ça, Chase ne pourrait pas le nier. Plongé dans la tourmente médiatique, il avait plus ou moins rompu le dialogue avec Lukaz et la situation avait doucement changé, entre eux. Le voleur n'y avait alors vu qu'une explication. Il ne savait pas se téléporter, il ne savait pas construire de sabre-laser, alors c'était bien normal que Chase se détourne de lui, non ? Les crêpes, ça va bien cinq minutes mais après, il faut relever le niveau.

« Alors ouais, je sais que c'est pas une excuse mais je crois que j'avais tellement peur de te voir partir que... Ben que j'ai été assez con pour te forcer à le faire. C'est stupide, hein, de se dire que c'est parce que tu l'as décidé et pas parce qu'on te l'a imposé ? Mais je l'ai regretté, presque tout de suite. Et j'ai quand même enfoncé le clou. Et cette fille aussi, je l'ai regrettée. C'était une connerie. Une pure connerie. Je me disais que les choses pourraient peut-être simplement revenir comme avant, tu vois. Mais c'est pas possible. Juste parce qu'avant, ben y avait pas toi et qu'après toi, le reste n'avait plus d'intérêt. Toutes les filles du monde ne pourraient pas compenser ta perte. J'aurais dû le savoir, ça, mais je sais pas, je le voyais pas. Et puis, je l'ai compris, mais c'était trop tard. » Ne disait-on pas qu'un seul être vous manque et tout est dépeuplé ? Lukaz l'avait clairement compris, même s'il n'avait jamais eu la fibre très romantique. Seulement, les gens changent et avec la disparition de Chase, il avait pris la mesure des changements qui avaient eu lieu pour lui, au cours des dix derniers mois. Il n'était plus vraiment le même. Mais il avait foiré le coche et Chase n'était plus.

« Je sais pas ce que je peux faire pour me faire pardonner. Mais je peux jurer que je referais jamais plus une erreur de ce genre. Aujourd'hui, j'ai clairement compris et ça, tu peux facilement le vérifier. Tu trouves que j'ai l'air fatigué... C'est simplement parce que j'ai pas dormi des masses, depuis un mois. J'ai... » Fallait-il vraiment le dire, dans un endroit comme ça ? Peut-être, oui. « On sait tous les deux comment j'ai été, avant, mais pourtant, tu es le premier que j'ai pleuré. Je savais que je t'aimais, tu vois, mais c'était encore plus fort que ce que je pensais. Et puis, j'ai voulu tenter de me faire pardonner, en t'impressionnant, où que tu ais pu être. Je me suis amélioré, en me disant que si tu étais dans un autre monde, ça te ferait peut-être revenir. Mais aussi, parce que je voulais trouver le responsable de tout ça. Lui faire payer ce qu'il m'avait fait faire. Et après, j'aurais cherché un moyen de te faire revenir. De te faire revivre. Pour le coup, tu m'as devancé, même si tu es... différent. Mais... Je sais que c'est toi et ça me fait vraiment plaisir. Et peur, aussi. Peur que tu sois revenu mais que je puisse pas te retrouver. Moi, je suis là et sans toi, ça n'a aucun intérêt. Alors dis-moi ce que je dois faire pour effacer mes erreurs. Je ferais n'importe quoi. » Et on pouvait lire toute sa détermination dans son regard, mais aussi, toute sa sincérité. Il n'y avait aucun doute à avoir, Lukaz avait compris et avec la mort de Chase, une part de lui-même avait disparu. La mauvaise part, celle du Lukaz d'avant. Aujourd'hui, il était prêt à faire toutes les efforts qu'il fallait pour que ce genre de choses ne se reproduise plus.
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Message posté : Sam 12 Avr 2014 - 15:35 Message
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C’était un peu théâtral, mais Chase n’avait pas résisté à l’envie d’enfoncer le clou. Au fond de lui, de son nouveau lui pas si nouveau que cela, il avait retrouvé la crainte puérile qui l’avait poussé, un mois auparavant, à forcer les portes du laboratoire de sa sœur, au Bigsby Building, pour s’emparer de la Pierre de Lune : la crainte de n’être pas assez puissant, la crainte d’avoir perdu tout ce qui le rendait suffisamment exceptionnel aux yeux de Lukaz et qui compensait le reste, la somme immense de ses défauts, ses discours confus, son incompréhension chronique de la vie, ses moments d’inquiétude, ses imperfections physiques. Il avait voulu être plus fort, il avait voulu…


Et ce soir-là, il voulait enfoncer dans le crâne de Lukaz combien il était différent du reste de l’humanité à quel point aucune femme, jamais, ne pourrait le remplacer. Il s’était emparé d’un club en une minute, il était revenu avec un nouveau corps, il avait triomphé de la Mort et du Gros Bobby, et Lukaz, nécessairement impressionné par cette démonstration de force, allait lui tomber dans les bras. Chase, en substance, nourrissait les mêmes projets que l’adolescent qui, pour séduire la plus jolie fille du lycée, économisait afin de s’acheter une voiture décapotable.

Il s’agissait désormais de conserver une belle froideur supérieure et ténébreuse et Chase dut s’empêcher de sourire alors que Lukaz se répandait en plates excuses. Pour la première fois depuis son retour, le mentaliste prenait conscience de toute la séduction qu’exerçait sur lui cette possibilité toute simple : retrouver Lukaz, et reprendre non comme avant, mais mieux, plus libres, plus forts. Et pour la première fois, il s’interrogeait sur ses propres capacités à ignorer ce qui s’était passé. Parce qu’une fois la Pierre de Lune, la réincarnation, les sabres lasers, Gros Bobby, les médias, les morts et les retours écartés, il restait cette vérité toute simple, toute banale et la plus douloureuse : Lukaz l’avait trompé.

Les propos du Français furent suivis par un silence de quelques secondes, jusqu’à ce que Chase, d’une voix beaucoup moins assurée et beaucoup moins maîtresse de la situation, ne murmurât :

— Je sais pas.

Il secoua la tête.

— Je sais pas ce qu’il faut faire. Je sais pas exactement ce que je pense. J’ai vu, un peu, ce que tu pensais. Ce que tu sentais. Puis je sais que tu es sincère. Mais t’étais sincère, aussi, avant, quand tu me disais que tout ça, c’était fini, et ça t’a pas empêché à la première dispute de…

Le jeune homme eut un bref rire amer.

— T’as vu ? J’ai passé quatre semaines connecté au Multivers, j’ai vu des choses, Lukaz… Tu ne peux pas imaginer. Parfois, j’avais l’impression d’être partout. Et là je reviens, je reviens dans ce monde-ci, et je peux même pas te dire à quel point il me parait… différent. Je peux pas te dire comment je me sens. C’est pas seulement ce corps, c’est… Avant la puissance était toujours… Je sais pas. Compartimentée ? Très Neutron-Grey, tu sais. Maintenant, j’ai l’impression d’avoir le Multivers au bout des doigts, la réalité prête à plier si je veux, et je suis ça, je suis… tellement, tellement plus qu’un humain, ou qu’un mutant, ou que… J’aurais pu aller n’importe où, j’crois que j’aurais pu… trouver un monde, ou me fabriquer un monde. Et à la place, je reviens ici, je reviens là, dans cette ville, et la question qui m’intéresse le plus dans tout le Multivers, c’est de savoir si tu vas de nouveau me tromper avec la première fille venue.

Un sourire triste s’installa sur les lèvres de Noctis.

— C’est fou, hein ? On pourrait croire qu’à partir d’un moment, à partir d’une certaine puissance, je serais plus… je sais pas, digne. Que j’arrêterais d’être l’idiot de service qui cherche le garçon parfait. Alors je sais pas, Lukaz. Je sais pas ce que j’attends de toi, je sais pas ce que tu peux faire pour te faire pardonner, parce que je sais même pas si je t’en veux vraiment. Je sais pas ce que je vais faire, si je vais le faire dans ce monde-ci, je sais à peine qui je suis. Et… Et…

Chase inspira profondément, se passa une main sur le visage et essaya de reprendre d’une voix plus posée :

— Non. Écoute, c’est pas important. Pour une fois, on va faire les choses normalement. On va oublier cinq secondes que j’ai un nouveau corps, que tu viens d’entrer sous forme solaire dans le club géré par un mafieux qui a fabriqué de fausses preuves contre moi et que je viens d’informer dans sa réserve après avoir lavé le cerveau de ses hommes de main, et on va supposer, tu sais, genre, théoriquement, on va supposer qu’on est un couple normal et que je reviens de chez ma mère après une séparation. Par exemple.

Chase jeta un coup d’œil au canapé qui formait, avec deux fauteuils, un petit salon autour d’une table basse. Le meuble vola à travers la pièce pour se poser derrière Lukaz et le jeune homme fit signe à son ami de s’y asseoir. Il l’y rejoignit en laissant entre eux deux une distance diplomatique.

— Donc. J’ai essayé d’être tout le monde en même temps. Un Neutron-Grey avec ma famille, un Mentalis avec Argos, un Oniris au Cartel, Chase avec toi, et ça a pas marché. J’ai voulu trop, et j’ai pas pris le temps de me poser, de réfléchir, de parler avec toi, et tout. T’avais des doutes, et ils étaient franchement idiots, et t’aurais dû en parler, mais j’ai rien fait pour les empêcher de venir, alors c’est un peu ma faute. Maintenant, Abban, c’est un ami, et je te le dis clairement : je l’ai vu quand je suis revenu, en même temps que Charlie, parce qu’avec eux c’est pas compliqué. Si ça te pose un problème, tant pis pour toi. Si tu te fais des idées, tant pis pour toi. Mais c’est comme ça, et y a pas de raison de s’inquiéter.

Pour le reste… J’aurais voulu être plus dans ton monde, et j’ai eu l’impression que tu t’en foutais, j’ai eu l’impression que personne me laisserait jamais entrer, j’ai eu l’impression que vous les premiers, les jumeaux, Suzaku, toi, vous m’enfermiez au Bigsby Building. Je me rends compte seulement trop tard à quel point je vous en ai voulu de votre espèce de test permanent. J’aurais voulu que tu t’imposes à Suzaku, que tu lui dises que c’était avec moi ou sans toi. Et j’étais tellement obnubilé d’être la victime de ça que je me suis pas demandé si t’avais envie de découvrir ma vie à moi, aussi parce que j’en voulais plus, de cette vie. Sauf Charlie. Charlie, c’était une erreur. J’aurais dû te la présenter tout de suite. On aurait dû faire plus de trucs ensemble. Des trucs normaux, avec les gens.

Maintenant je suis là et je veux plus de ça. Je veux plus être ton apprenti. Je veux plus être contrôlé, testé, évalué par des gens. Je veux être un partenaire. J’dis pas que je veux être là systématiquement, je sais pas. Juste que si on doit faire des trucs comme ça ensemble, juste que si on doit faire des trucs ensemble, Suzaku, il m’accepte, et je reste dans mon coin, mais j’attends plus son bon vouloir. Et je veux aussi… Je sais pas, mais tu vois, je crois que tout est plus simple, maintenant. J’ai plus à m’inquiéter de ce que la presse va dire de moi. De toute évidence, j’ai plus à m’inquiéter qu’on me reconnaisse. J’ai plus rien d’autre à faire que ce qui me fait envie. Et j’pense que c’est mieux, enfin, j’me sens mieux. J’pense que j’pourrais être un… euh… compagnon, ouais, plus, moins… Moins égocentrique ? Quelque chose comme ça.

Maintenant…


Chase fut pris d’une quinte de toux. Il se releva brusquement, tout en toussant, observa les alentours, se dirigea droit vers le minibar pour se verser un grand verre d’eau. D’une voix un peu rauque, depuis l’autre côté de la pièce, il expliqua :

— Désolé, j’ai plus l’habitude de, euh, parler. J’avais oublié qu’on pouvait pas faire ça en continu, c’est pas comme la pensée.

Les aléas des réincarnations à délai, apparemment. Le jeune homme avala un second verre d’eau, avant de revenir se laisser tomber sur le canapé.

— Maintenant, pour la fille, je sais pas. Je sais vraiment pas. J’ai envie de t’éviscérer, tu vois, là maintenant, et puis d’un autre côté, je suis terrifié à l’idée que, euh… ma nouvelle coupe de cheveux soit pas à ton goût.
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Message posté : Sam 12 Avr 2014 - 17:41 Message
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- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

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- Nisshoku (super-voiture)
- Nautile bioluminescent (submersible)
- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
- Clank (robot)
- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
- Forteresse Onirique (base)
Installé dans le canapé, Lukaz avait écouté tout ce que Chase avait bien pu lui dire. Oui, c'était vrai qu'il l'avait trompé et le voleur n'avait aucune excuse pour avoir fait cela. Il ne voulait même pas en chercher et il assumait son erreur. Il était aussi vrai qu'il avait fait des promesses non tenues, mais aujourd'hui, les choses étaient très différentes. « Cette fille, c'était une erreur. Je l'ai fait sans vraiment le vouloir, parce que j'étais con. Alors non, ça n'arrivera plus jamais. Ni dans ce monde, ni dans aucun autre. J'ai... Si je l'ai fait, c'est parce que j'étais jaloux, je crois. C'est idiot, hein ? En fait, je crois que j'aimais bien être celui avec qui tu découvrais le monde, dans un sens, et du coup, ça m'a fait peur qu'Abban devienne aussi important pour toi. Et je me suis fait des idées. Mais... C'était une réaction stupide. J'aurais dû te faire confiance, même si tu m'aides pas en te choisissant des amis aussi mignons. Mais bon, j'ai compris. Abban, c'est un peu ton Suzaku et si c'est ton ami, je vais pas aller contre ça. C'est même bien, que tu ais des amis. »

Souriant, Lukaz modifia un peu sa position sur le canapé pour faire face au nouveau Chase. Il garda un moment le silence, rassemblant ses pensées, sans trop savoir ce qu'il pourrait bien dire. « Je... J'avais pas l'impression de te laisser comme ça, de côté. J'en suis désolé. C'est vrai qu'en y repensant, on a fait des trucs ensemble, mais rien qui concernait certaines activités particulières. Je... Je sais pas pourquoi, en fait. Je t'ai peut-être sous-estimé ou alors, j'avais peur que tu sois meilleur que moi. C'est idiot, sans doute, mais déjà que les jumeaux sont là pour faire le boulot que je suis incapable de faire, je crois qu'inconsciemment, j'avais peur que toi, en débarquant simplement comme ça, tu sois aussi meilleur que moi. Tu sais, pendant un moment, j'ai pensé que j'étais doué. Et puis j'ai du me rendre compte que j'étais tout ce qu'il y avait de plus normal et que des tas de voleurs étaient meilleurs que moi. Ça remettait tout en cause... Mais ça va changer. Ça a déjà changé. Du coup, je comprends ce que tu veux dire. Mais je ne l'avais pas vu. »

Il avait effectivement laissé Chase sur la touche alors qu'il craignait qu'on fasse pareil avec lui, ce qui n'était pas forcément une bonne chose. Au final, leur couple si parfait avait eu de nombreux problèmes. Malheureusement, aveuglés par leur amour, ils n'avaient rien vu, jusqu'à ce que tout explose. Mais dans un sens, ils avaient une nouvelle opportunité, celle de recommencer quelque chose de plus solide et de plus simple. Il n'y avait plus de Chase Neutron-Grey suivit par des hordes de fans et de paparazzis. Il y avait juste un nouveau Chase, libre de faire ce qu'il voulait, sans que personne ne vienne le faire chier. Et ça, c'était très certainement ce dont ils avaient le plus besoin. « T'es le premier garçon avec qui j'ai vécu un truc comme ça et je crois que je me suis laissé dépasser par les événements. Mais je peux t'assurer que depuis que c'est arrivé, j'ai compris pas mal de choses et je sais que tout ce que j'ai foiré, ça ne m'arrivera plus. J'ai... J'aurais pu tourner la page, je crois, mais j'en avais aucune envie. Tout ce que je voulais, c'était que tu puisses revenir. Alors je peux t'assurer que je ne vais pas gâcher cette nouvelle chance. La question, c'est simplement de savoir si tu veux essayer de me faire à nouveau confiance. »

Se levant du canapé, Lukaz fit quelques pas dans la pièce, histoire de calmer un peu sa tension. C'était quand même vachement compliqué d'essayer de se faire pardonner ! Rien que pour ça, il était hors de question qu'ils se disputent à nouveau. Et pour l'éviter, il fallait simplement combler un vide. « Je ne sais pas ce que tu as prévu, en revenant. Mais... Les Neuf Fils du Dragon ne sont que huit. Si tu as toujours envie d'intégrer mon monde, je persuaderais Suzaku. Tu sais, il est sympa, Su'. C'est vrai qu'il a toujours eu des doutes sur toi, mais il faut le comprendre aussi, c'est pas simple de faire confiance à quelqu'un dont on ne sait pas grand chose. Mais il est comme nous et maintenant que tu n'es plus un NG, je suis certain que vous pourriez devenir amis. J'aimerais que ça puisse être le cas. » Faisant volte-face en souriant, Lukaz revint vers le canapé, les mains dans les poches. « Mais si tu préfères bosser de ton côté et ben... On peut bosser ensemble. Je laisserais jamais tomber Su', ça tu le sais, mais ça m'empêchera pas de faire aussi des trucs avec toi. Et puis, j'ai des choses à te montrer. » Sortant sa main de sa poche, Lukaz la tendit devant lui et en un instant, un sabre de lumière s'y matérialisa, comme s'il sortait de son poing refermé. Il manquait juste le bruit caractéristique d'un certain film. « Je me suis entraîné à ça pour toi. Je voulais m'en servir pour le Gros Bobby, un peu comme si tu avais été là, avec moi, pour le faire. Et puis, je voulais t'impressionner. Être ton Sith à toi. » Est-ce que ce n'était pas romantique, ça ?

Laissant la lame disparaître, Lukaz revint s'asseoir sur le canapé, sans plus tenir compte de la distance diplomatique que Chase avait installée quelques instants plus tôt. « On est libre de faire ce qu'on veut et ce dont je suis sûr, c'est que j'ai envie de les faire avec toi. Alors, si tu peux me laisser une seconde chance, quitte à m'éviscérer plus tard, on pourrait essayer, non ? » Posant son bras sur le dossier du canapé, Lukaz détailla alors du regard son (ex-)compagnon, le jaugeant de haut en bas. « T'aurais pas vraiment pu trouver un corps plus différent de celui que tu avais avant mais... J'aime bien. C'est très... intriguant. » La main de Lukaz se déplaça un peu en direction de Chase, sans pour autant établir le contact physique entre eux. « Tu m'as manqué, Chase. Tu peux pas savoir à quel point. »
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Message posté : Dim 13 Avr 2014 - 11:02 Message
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Il ne l’aurait pas cru, comme ça, de prime abord, mais parler était en effet beaucoup plus efficace que de garder ses récriminations pour soi, de les ruminer, de faire des reproches sortis de nulle part et de se quasi-suicider avec une pierre extraterrestre. Chase, beaucoup plus sûr de lui, détaché de ses inquiétudes médiatiques et familiales, se sentait plus à même d’exposer ce qui le traversait réellement ; et un sens, tout ce qui l’évoquait, ou tout du moins la plus grande partie, appartenait à cet être passé qu’il avait laissé derrière lui, comme la dépouille d’un serpent après la mue, et il était d’autant plus aisé de l’évoquer qu’il se sentait entièrement nouveau.

Lukaz était revenu s’asseoir près de lui et les propositions qu’il avait tant attendues, sans jamais le dire clairement, affluaient enfin. Neuvième Fils du Dragon. Il ne savait pas s’il en avait véritablement envie. Peut-être pas. Travailler en équipe ? Ce temps-là était peut-être révolu. Mais que la chose fût ou non réalisable, ou même simplement désirable, n’ôtait rien à la valoir de la démarche. Peu à peu, les barrières qu’ils avaient érigé sans le savoir entre eux, parce qu’ils les avaient héritées de leur passé respectif, les habitudes du milieu et de la famille, tombaient les unes après les autres, et les yeux de Chase, fixés sur Lukaz, avaient bien du mal à conserver l’impassibilité de façade que le jeune homme aurait aimé leur donner.

Le Français porta d’ailleurs un coup fatal à l’air distant de son petit ami.

— Trop cool !

Une admiration toute enfantine avait fait pétiller le regard du mentaliste à la démonstration de sabre-laser — admiration semblable à celle qu’il avait éprouvée, de plus en plus, au cours des dernières semaines, pour les merveilles sans cesse nouvelles du Multivers, admiration qui l’avait conduit à traquer les reliques extraterrestres et qui naissait d’un goût pour l’ailleurs et le lointain, le nouveau et l’exceptionnel, l’aventure et la liberté, , un goût assez puissant chez lui pour renverser bien des contraintes morales et éthiques, mais assez puissant aussi pour l’inciter à créer des forteresses volantes dans des dimensions oniriques.

Chase tenta d’effacer son sourire, mais il était difficile de ne pas l’imaginer conquis par la déclaration de Darth Solarius. Lukaz se rassit près de lui et cette fois-ci, sans vraiment y réfléchir, Chase se retourna vers son compagnon. Il esquissa un sourire et murmura :

— J’ai pas choisi.

Ses yeux se posèrent une seconde sur la main de Lukaz et un frisson le parcourut. Ils revinrent dans ceux de son compagnon.

— Le corps, je veux dire. C’est difficile à décrire. Quand je suis revenu, j’étais persuadé que des années avaient passé. Ou des heures. J’aurais pas su dire. Et je me suis jamais senti aussi… En phase. Tu sais. Avec mes pouvoirs. Comme si y avait un truc qui s’était débloqué.

S’il considérait ses précédents pouvoirs comme bloqués, il y avait de quoi s’interroger sur l’ampleur de ses nouvelles perspectives.

— Enfin bref, je sais pas comment ça se fait. Je veux dire, le corps fonctionne, euh… Normalement. Autant que j’aie pu voir, depuis trois ou quatre jours. Mais j’ai pas fait de tests génétiques, ou de trucs comme ça. Et je suis pas sûr d’avoir vraiment envie de savoir.

Pus il parlait, plus il sentait la nervosité monter en lui et plus la nervosité montait en lui, plus il sentait le besoin de parler. Timidement, il étendit à son tour la main sur le dossier du canapé et frôla du bout des doigts le dos de celle de Lukaz.

— J’pourrais pas te dire que tu m’as manqué au début, parce qu’au début, je pensais pas vraiment. C’était pas très… individualisé. Mais je crois que je suis revenu pour ça. Pour toi. Au début, je veux dire, les premiers jours, je me trouvais un peu idiot, honnêtement. J’avais l’impression de venir revivre ma vie comme une série pour ado alors que j’aurais pu la vivre ailleurs, comme une épopée. Mais tu sais…

Chase glissa un peu sur le canapé pour se rapprocher définitivement de son petit ami.

— Je m’en fiche d’être maître du monde. J’ai compris ça, à Argos, je crois. Ça sert à quoi d’être le chef, à part avoir plus de responsabilités encore ? C’est drôle parfois, mais… Je veux pouvoir partir en vacances avec toi quand j’ai envie, partir visiter des mondes quand j’ai envie. C’est ça que j’ai toujours voulu, c’est à ça que je rêvais quand je regardais la rue depuis les fenêtres du Bigsby Building, et pourtant, quand j’en suis sorti, j’ai pas cessé de trouver de nouvelles organisations, et de nouvelles règles, et de nouvelles contraintes. J’arrêtais pas de te dire que je voulais être libre et j’empilais obligation sur obligation dans mon emploi du temps.

Les doigts du mentaliste s’étaient noués à ceux de Lukaz.

— Je peux pas te promettre que tout se passerait mieux tout le temps. Que parfois je vais pas me demander ce que t’es en train de faire, avec qui… Et, tu sais, être jaloux, tout ça. Je suis pas sûr de t’avoir pardonné, tu vois. Sur ça. Le reste… Le reste, c’était de notre faute à nous deux. C’est juste, j’veux juste, je veux…

Chase haussa les épaules et acheva avec un sourire nerveux :

— Toi.

Sa main libre se posa sur la nuque de Lukaz pour l’attirer vers lui, tandis qu’il tendait le cou, et leurs lèvres se rejoignirent enfin. Le baiser fut bref. Chase recula un peu le visage, tandis que sa main glissait sur l’épaule de Lukaz.

— Ça fait pas pareil…

Pas le même corps, pas les mêmes sensations. À tout hasard, il précisa :

— C’est bien, hein !

Un peu intimidé quand même, comme s’ils en étaient à leur premier baiser, Chase lâcha la main de Lukaz et se releva.

— Bon, c’est pas que c’est pas super romantique, le bureau du Gros Bobby, mais je me vois pas passer non plus la soirée ici. Si tu veux le voir, il est dans la réserve. Moi…

Noctis haussa les épaules.

— Je m’en fiche. T’en fais ce que tu veux. Mais abîme pas les gardes, ils sont à moi, maintenant.
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Nec pluribus impar

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