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Parce qu’un jumeau est plus important qu’un désaccord #Chase

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Message posté : Jeu 6 Mar 2014 - 17:14 Message
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« Non, moi tout c’que j’dis c’qu’une infiltration, c’pas un élément d’déco. » Elle balança la main en direction du mur. « Puis sérieux, c’est l’meilleur moyen d’se chopper v’là les maladies trop zarbes. »

Aishlinn détourna son regard sur l’avocate, essayant de l’imaginer avec un troisième bras, sans trop savoir où le situer. Des yeux derrière la tête, par contre, ça, ça pouvait être carrément cool enfin, sauf si elle était capable de tourner la tête à 360 degrés. Là, ça perdait de son intérêt. Waouh, Abban, lui, il avait trop de chance avec son pouvoir qui lui permettait de voir des endroits où il ne se trouvait pas. Ouais, c’était le plus fort de toute façon.

« Je suppose que tu n’es pas venue pour me parler de ma décoration intérieure ? » Tu m’étonnes, il n’y en avait aucune.
« Non, non, c’la dit, pendant qu’on y est, faudrait aussi r’voir vos fréquentations. Sérieux, un marchand d’armes, ça fait pas très… Euh… Avocate ? »
« Et comment tu es au courant de ça ? C’est Jay qui t’en a parlé ou c’est l’inverse ? » Oups.
« Ouais euh alors… j’ai des questions d’ordre juridiques, super-sérieuses, toussa toussa. »

Mettant subtilement – ou pas – de côté le sujet de ses fréquentations, Aishlinn s’installa dans le canapé du salon pour donner un dossier à Charlie. Quitte à vouloir ouvrir un restaurant, qui ne serait pas au nom des jumeaux, autant voir comment ils pouvaient se protéger un minimum. Hors de question, qu’un jour quelqu’un revendique leur petite entreprise plus que florissante parce que, s’il y avait bien une chose dont l’irlandaise ne doutait pas, c’était de la réussite qu’ils pouvaient avoir dans ce domaine. Puis étant donné ce qu’elle faisait pour l’avocate, cette dernière pouvait bien lui offrir une consultation gratuite, non ?

Pendant pas mal de temps, Aishlinn resta des plus sérieuses, écoutant consciencieusement les avis, propositions et idées de l’avocate sur un plan juridique. Non parce que, imaginons que, par le plus grand des hasards, le restaurant devenait un repère pour les gens du Cartel, il fallait bien savoir comment ils allaient se justifier, non ? Évidemment, Aishlinn n’annonça pas les choses de cette manière puisque l’avocate, aux dernières nouvelles, n’était pas au courant de grand-chose de ce côté-là. Discussion des plus intéressantes jusqu’à ce que Charlie pointe son trousseau de clés.

« C’est normal qu’il se mette à clignoter comme ça ? »
« Qu’est-ce j’en sais moi, c’pas mon porte-clés. »
« Non mais c’est celui qu’Abban m’a passé et, il n’a jamais fait ça. »
« Sérieux ? »

Aishlinn posa rapidement son regard sur sa montre et tenta de communiquer avec la voiture pour avoir des informations mais, étrangement, aucun retour. Chose qui n’était jamais arrivé jusqu’à présent. Se relevant d’un bond, elle ne chercha même pas à s’expliquer avec l’avocate qu’elle avait déjà traversé la porte d’entrée pour fuir l’appartement. Deux étages plus haut elle s’apprêta à traverser la porte de Lukaz quand elle se stoppa d’un coup. C’est qu’elle n’avait pas très envie de finir bavant comme une limace parce qu’elle était entrée sans prévenir. A bat les mentalistes. Elle sonna à la porte. Deux fois. Attendit deux secondes et, estimant avoir assez prévenu que quelqu’un était là, elle traversa la porte sans plus de cérémonie.

« Hey, le génie » aux yeux baladeurs « T’es là ? »

Aishlinn avait les yeux encore rivés sur sa montre alors qu’elle débarqua dans le salon, sans même se soucier de ce que pouvait faire un couple dans un appartement.

« J’crois qu’tu t’es foiré dans la conception d’ta montre. Ça débloque complet ton truc là. »

Sauf que Chase était une des personnes qu’elle détestait la plus dans cette ville. Pas forcément pour des raisons rationnelles mais ça, ça n’avait pas la moindre importance pour elle. Alors si l’adolescente était en train de braver sa crainte du mentaliste pour lui parler d’un problème de montre c’était qu’elle n’était pas si certaine que ça que le problème vienne de la conception. Si elle osait venir ici c’était parce qu’elle pensait qu’Abban avait un souci et, comme elle était incapable de le retrouver par manque de pouvoir, il fallait bien qu’elle demande à l’autre génie à la noix. Appuyant sur tous les boutons, elle continua.

« Y a Lane, là, en-dessous, son truc s’est mis à clignoter et, depuis j’essaye d’établir un contact mais il ne s’passe que dalle. »
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Message posté : Jeu 6 Mar 2014 - 18:58 Message
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À quelques dimensions de là…

— Eeeeeeerk ! Trop dégueu ! Non, sérieux, les mecs, trop, trop dégueu ! Ah, putain, bordel, putain de bordel de chiasse de […] de fils de… […] de Britannique de mes… […], qu’est-ce que vous avez foutu dans mes cheveux ?

Abban se tortilla dans l’espoir d’apercevoir le haut de son crâne, mais c’était peine perdue. Il était intégralement recouvert d’une substance visqueuse et malodorante qui le collait au mur. Et pendant ce temps, sous ses yeux, les sbires de Bidule Chouette s’affairaient autour de Macha. Pour l’heure, la voiture les électrocutait consciencieusement, mais dieu sait combien de temps elle résisterait à leurs ardeurs mécaniques. L’Irlandais espérait que le message de détresse envoyé juste avant de pénétrer dans le vortex était arrivé à bon port.

***

À bon port…

— Non.
— Rien. Qu’une. Seule fois.
— J’ai dit : non.

Chase aurait pu jurer que Clank venait d’émettre un soupir. L’hélice au sommet du crâne du petit robot s’activa et il partit ranger les ciseaux. C’était la cinquième fois cette semaine-là qu’il tentait de convaincre Chase d’accepter de le laisser exprimer ses talents de coiffeur. Le mentaliste se reprochait désormais vivement d’avoir laissé le robot regarder tant d’émissions de relooking en son absence : jamais il n’aurait cru que Clank se laisserait tant influencer par On n’a échangé nos coiffeurs et Extreme Hair Styles of America. En tout cas, hors de question de passer entre les ciseaux de Clank — déjà que Chase n’avait pas une chevelure exceptionnelle, il ne tenait pas à aggraver son cas.

Alors que le robot traversait le salon, il tomba nez à nez avec Aishlinn et se mit à beugler :

— Intruse ! Intruse ! Intruuuuse ! Protocole d’annihilation.

Chase émergea de la chambre et précisa à tout hasard, tandis que Clank agitait furieusement ses ciseaux :

— Il a pas de protocoles d’annihilation. Va ranger cette paire de ciseaux tout de suite !
— Intruse.
— Oui oui, c’est ça. Allez.

Le son caractéristique de l’hélice s’éloigna alors que le robot disparaissait dans le bureau.

— Fais voir.

La Machmontre se détacha du poignet d’Aishlinn pour voler jusqu’aux mains de Chase. Le mentaliste ne releva même pas que l’Irlandaise connaissait Charlie — il se demandait bien comment, et pourquoi — ni qu’elle venait de faire irruption sans vraiment d’autorisation dans son appartement. S’il ne la portait pas dans son cœur, il appréciait assez Abban — trop, même, dirait Lukaz —, comptait assez sur son amitié avec le Mac Aoidh dans sa progression au sein du Cartel et tentait trop de plaire à Suzaku pour la brosser dans le mauvais sens du poil. En somme, aux yeux de Chase, Aishlinn était un pivot de son petit monde.

— Hmmm. Viens, on va dans le bureau.

Le bureau était une sorte de petit atelier électronique d’appoint, très éloigné de ce qu’abritait le quartier général d’Argos, le Bigsby Building ou, à plus forte raison, la Forteresse Onirique. Mais là, déjà, entre les plans et les dossiers, serpentaient des dizaines de câbles, reliés à des machines toutes moins compréhensibles les unes que les autres. À peine le Neutron-Grey avait-il mis les pieds dans la petite pièce que tous les objets se mirent à voler, à se réarranger, alors que le mentaliste faisait place nette. Sur une table, un ordinateur se posa, pour être connecté bientôt à la montre par un câble. Des données défilèrent à l’écran.

— Elle fonctionne parfaitement. C’est le protocole 45632. T’as pas lu le manuel d’utilisation de Macha ?

Chase jeta un regard interrogatif à l’Irlandaise. Il ne se rendait pas compte qu’il était le seul à avoir parcouru le volumineux manuel de bout en bout et que tout le monde ne l’avait pas trouvé, comme lui, aussi passionnant qu’un bon roman. Devant l’air de l’Irlandaise, il se fendit tout de même d’une explication :

— En cas de danger insoluble et urgent, par exemple avant d’être désactivée, capturée ou transportée dans un endroit éloigné contre son gré, Macha envoie un signal de détresse aux Machmontres et à certains appareils qui lui sont connectés, comme le localisateur de Charlie. C’est un flux d’informations aussi minimal que possible, pour être quasi indétectable : juste des coordonnées de sa dernière position. Médée, affiche ça sur le plan de la ville.
— Tout de suite, Mentalis.

La voix de l’intelligence artificielle créée par Chase au courant du dernier hiver était sortie de l’ordinateur portable. Sur l’écran, les données furent remplacées par une carte des alentours de Star City, non loin de la centrale de la baie. Un point se mit à clignoter.

— Photos ?

L’écran se divisa en deux et des photographies d’une route presque campagnarde, à bord de falaise, s’affichèrent à leur tour.

— Vue satellite ?
— Dois-je utiliser les satellites d’Argos ?
— Non. Passe par mon cheval de Troie à l’UNISON.

L’écran se divisa à nouveau, cette fois-ci dans le sens de la hauteur, et une image satellite de la zone vint compléter les représentations.

— Juste le satellite. Agrandis sur les coordonnées.

Chase se pencha sur l’écran où s’étalait l’image complète. Des vues satellite, depuis qu’il travaillait à la tête d’Argos, il en avait vu défiler des dizaines.

— On dirait pas qu’il y ait eu d’accidents. Il faudrait aller sur place. Si on arrive pas à se connecter à Macha, ça veut dire soit qu’elle est très, très, très loin, soit qu’elle est désactivée.

Sans parler du fait qu’Abban était introuvable et que l’Irlandais ne s’attrapait pas aisément.

— C’est toi qui conduis. J’espère que t’es pas venue à pied.
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Message posté : Ven 7 Mar 2014 - 18:32 Message
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Protocole d’annihilation ? Aishlinn se retrouva à hausser un sourcil en posant son regard sur le petit robot et sa paire de ciseaux. Dans le doute, elle était prête à se dématérialiser parce qu’il était hors de question de faire confiance à un truc venant de Chase – c’était forcément son idée à lui ce truc à la con. Mais comme le truc hostile repartait déjà après que le mentaliste soit intervenu, elle laissa tomber.

« Hey ! » Sa montre avait déjà quitté son bras pour venir entre les mains de Chase ce qui la fit soupirer. « J’t’en prie, fais comme chez toi ! »

Le fait qu’il soit effectivement chez lui ne changea pas grand-chose pour l’Irlandaise puisque, jusqu’à présent, son corps lui appartenait et qu’il venait d’en extirper un élément. C’est dans un soupir qu’elle suivit Neutron-Grey dans l’antre du diable. C’était trop flippant ce genre de bureau avec tout qui pouvait bouger comme lui le voulait. Les mains dans les poches, pour se donner une certaine contenance, elle n’était franchement pas à l’aise. Pourquoi Lukaz n’était jamais là quand elle avait besoin de lui ? Ça se trouve Chase allait la transformer en robot et personne n’en sera jamais rien. Elle aurait peut-être dû dire à Charlie qu’elle montait ici, au moins si elle venait à disparaitre, quelqu’un interrogerait le mentaliste.

« Le protocole quoi ? » Elle secoua la tête comme si cette idée était absurde. « Vas-y, est-ce qu’j’ai une tête à lire une notice deux fois plus grosse qu’moi ?! »

Ils avaient déjà lu comment faire démarrer Macha la première fois, c’était un putain d’exploit. Après quand ils avaient des questions, ils demandaient directement à la voiture. C’était fait pour ça les intelligences artificielles non ? Cela dit les explications de Chase n’étaient pas ce qu’on faisait de plus rassurant. Pourquoi Macha aurait été déconnectée ? Puis personne ne pouvait l’éloigner contre son gré, c’était une super-voiture ! Non c’était forcément Chase qui s’était foiré sur une dernière réparation et qui avait complètement détraqué la voiture.

Pendant qu’il demandait plusieurs photographies, l’Irlandaise attrapa son téléphone pour composer le numéro d’Abban et tomba directement sur la messagerie. Ok… Est-ce qu’elle pouvait paniquer maintenant ? Parce que ça lui ferait du bien sérieusement. En fait, elle était surtout en train de se dire que tout ça devait être une machination de Chase, qu’il avait tendu un piège à Abban. Il n’y avait pas d’autres explications possibles. Son jumeau pouvait se téléporter alors, forcément, s’il s’était fait avoir par quelqu’un, c’était par une personne qu’il connaissait. La meilleure stratégie qu’elle pouvait employer, c’était de faire semblant de croire Neutron-Grey.

« J’suis un deux roues, si t’as un casque c’est l’moment d’le prendre. »

Pas pour sa sécurité mais parce qu’elle comptait allait au plus vite en traversant quelques bâtiments alors, le casque, c’était surtout une manière de ne pas pouvoir identifier les personnes sur la moto. Sortant de l’appartement, elle s’arrêta à l’étage de Charlie, demandant deux secondes à Chase. Sans prévenir elle traversa la porte de l’avocate.

« Ah Aishlinn tu as… »

Oublier ton casque… Mais elle n’avait pas eu le temps de finir sa phrase que l’irlandaise avait déjà récupéré le casque en question pour passer à nouveau la porte et sortir de de l’immeuble. Une fois installée sur la moto, offerte par Abban, Aishlinn se décida à une petite précision.

« J’te conseille d’penser à respirer quand on travers’ra rien. »

Parce que le reste du temps, ils seraient en mode intangible et respirer ne serait possible pour aucun des deux. Pas qu’elle se souciait particulièrement de la santé du mentaliste mais, elle préférait éviter qu’il panique et la transforme malencontreusement en légume. Bref le trajet jusqu’aux coordonnées de Chase ne fut pas si long que ça, quand il y avait moyen de passer en ligne droite en passant au travers de nombreuses choses. Et puis, les lignes droites ça permettaient d’exploser le compteur, et ça, c’était carrément cool selon l’adolescente. Le dérapage à l’arrivée pour freiner la moto fut des plus contrôlés et, le moteur éteint, la béquille mise, elle put descendre pour regarder les environs. Ce n’est qu’une fois son casque enlevé, qu’elle se tourna vers Chase de manière sceptique.

« T’es sur d’toi là ? Parc’que y a qu’dalle ici ! » Elle plissa les yeux. « Tu lui a fait quoi à Macha, hein ? Parc’que, t’vois j’trouve ça carr’ment zarbe que… »

Elle se stoppa un instant et ferma les yeux avant de se retourner vers un point précis et s’y avancer. C’était juste une sensation, difficile à expliquer mais…

« Ça craint. » Elle se tourna vers Chase, ayant soudainement perdu l’envie de l’accuser de quoique ce soit. « Y a eu un portail d’fait ici. Genre, l’truc dimensionnel. »

Les résidus de magie, en fait, ça se sentait pour quelqu’un comme elle. Un truc qu’elle avait travaillé après son voyage dans son pays natal.
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Message posté : Ven 7 Mar 2014 - 19:08 Message
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— Hmm…

Le voyageur dimensionnel à la télékinésie ravageuse et à la télépathie surpuissante, après avoir laissé à son petit ami un mot succinct (« Je suis parti sauver Abban d’une mort certaine ») regardait avec circonspection la moto. Déjà qu’il n’aimait pas embarquer en voiture, alors si c’était pour se retrouver sur un machin comme ça, sans casque, conduit par une Mac Aoidh, très peu pour lui. Même Macha, il n’y embarquait jamais. Pour mourir dans d’atroces souffrances, encastré dans un arbre, merci bien. Le blond jeta un regard un peu incertain à l’Irlandaise, mais, parce qu’il n’avait pas envie de se tourner en ridicule, il réprima un soupir et s’installa derrière elle.

Pendant les quelques minutes que dura le trajet, Chase regretta amèrement d’être un athée convaincu : dans le cas contraire, il eût ardemment prié Dieu pour préparer son existence dans l’autre monde. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était de se cramponner à Aishlinn et de penser en boucle :

* J’ai un bouclier télékinésique, j’ai un bouclier télékinésique, j’ai un bouclier télékinésique.*

Lorsqu’ils descendirent, le jeune homme inspira profondément, plusieurs fois, en tentant de calmer les palpitations de son cœur. Heureusement qu’il était passé maître dans l’art de la méditation, sans quoi, il eût sans aucun doute vomi ses Chocopops du goûter sur les chaussures de l’Irlandaise. Après avoir passé une main dans ses cheveux pendant qu’Aishlinn furetait à la recherche de traces de son frère, Chase rejoignit la jeune fille qui lui faisait part de ses observations.

— C’est fou, cette ville est un vrai gruyère dimensionnel !

Probablement qu’il aurait dû essayer d’avoir l’air moins ravi que ça.

— Ma théorie, c’est qu’il y a des replis successifs de l’espace-temps, qui créent des trous de vers, probablement à cause d’un ancien incident gravitationnel répercuté sur les différentes boucles temporelles, de sorte que la masse critique dévie les…

L’enthousiasme de Chase tomba quand, d’un coup d’œil, il comprit que sa camarade n’en avait strictement rien à secouer, de sa théorique quantique sur les troubles dimensionnels locaux.

— Bon, OK, laisse tomber. Fais voir, ton portail.

Il s’approcha, ferma les yeux et tenta de percevoir les fluctuations de la réalité auxquelles il était habitué. Chaque dimension avait son effet bien particulier, une sorte de longueur d’onde, avait-il souvent songé, et celle-ci était familière. Il en avait visité beaucoup, ces derniers mois, à l’aide du portail du Bigsby Building, pour y ancrer ses perceptions, dresser une liste et y revenir par ses propres moyens. La plupart du temps, il se contentait de débarquer par le portail, de retourner à Star City grâce à ses pouvoirs et de consigner quelques observations sommaires — sauf quand les lieux présentaient un intérêt immédiat. Son répertoire n’avait ainsi cessé de grossir et comptait désormais plusieurs dizaines de mondes.

— Hmm. Je vois. Viens, on va chercher un coin tranquille, pour ranger ta moto.

Ce ne fut pas de gaieté de cœur qu’il remonta sur l’engin. Quelques dizaines de mètres plus loin, ils trouvèrent un chemin de traverse qui s’enfonçait dans les bois et qui, sans aucun doute, ne devait pas être des plus fréquentés, à une pareille heure. Chase s’empressa de descendre de l’engin de la mort et fit signe à Aishlinn de s’asseoir sur l’une des pierres qui longeaient le sentier, avant de s’y installer à son tour.

— OK. C’est très simple. T’as pas à faire grand-chose. Tu te détends. Tu bouges pas, surtout. Tu me regardes. Dans les yeux. Bien dans les yeux. Voilà. Pendant dix minutes. Panique pas. Si tu sens des trucs bizarres, c’est normal. On passe dans l’autre dimension.

Oui, comme ça. Il y avait des gens qui conduisaient des motos à travers le salon de leurs contemporains, lui, il passait d’un monde à l’autre. Ses yeux bleus s’étaient braqués dans ceux de l’Irlandaise et, bientôt, Chase donna la preuve qu’en matière d’immobilité, il ne plaisantait pas. En quelques secondes, tous les petits mouvements parasites normalement incontrôlables avaient quitté son corps. Cinq minutes plus tard, c’était à peine s’il respirait et les contours du monde, autour d’eux, pulsaient comme une membrane cardiaque, à un rythme lent, très lent d’abord, puis de plus en plus rapide, jusqu’à en devenir assourdissant. Plus le rythme ralentit de nouveau, les perceptions sensorielles reprirent leur droit et au sentier de forêt s’était substitué un intérieur rustique.

Hélas, les deux voyageurs de la Terre Prime ne purent profiter pleinement du décor : on pointait cinq revolvers sur eux. Un homme mal rasé avec un fort accent texan interrogea :

— Qu’est-ce qu’on fait d’eux, Billy ?
— C’est des putains de sorciers. Moi, je dis, on les bute. Y a que ça, avec ces putains de sorciers indiens : on les bute.
— Z’ont pas l’air tellement indiens quand même.
— Elle, on est obligés de la buter ? On peut pas s’amuser un peu avant ?
— Moi, j’m’amuserais bien avec lui…

Quatre des hommes se retournèrent brusquement vers celui qui venait de parler.

— Non mais euh, je plaisantais.

Et pour les en convaincre, il ponctua son assertion d’un rire gras.

— Messieurs…
— Ta gueule, l’Indien.
— Nous allons prendre vos vêtements, vos armes et votre argent.
— Oh que non.
— Oh que si.

Les sourires s’effacèrent brusquement du visage des cinq individus. En même temps que toute expression. Ils laissèrent lourdement leurs armes tomber au sol, puis commencèrent à se dévêtir avec des gestes de somnambules. Ce ne fut qu’une fois dans de grossiers sous-vêtements mal taillés qu’ils s’effondrèrent tous en même temps sur le sol, inconscient. Chase fit voler une paire de Santiag et un chapeau devant ses yeux.

— On va se fondre dans le paysage.

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Message posté : Sam 15 Mar 2014 - 13:24 Message
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En deux phrases, il l’avait déjà saoulé pour les 50 ans à venir avec son début d’explication sur sa théorie dont elle n’avait pas écouté plus loin que le troisième mot. Ranger la moto était hautement plus intéressant, ça, c’était une certitude. Mais, très vite, Aishlinn acquit une nouvelle certitude : Chase était un danger pour l’humanité. Il ne se contentait pas de réduire le cerveau des gens en bouillie, il torturait ses victimes en leur demandant de s’asseoir, sans bouger et en le regardant. 10 minutes à faire ça ? Mais comment il voulait qu’elle ne se mette pas à paniquer ? Déjà il fallait qu’elle reste sans bouger : mort assurée. En plus elle devait le regarder : un léprechaun était plus intéressant. Et pour finir… En 10 minutes, il avait le temps de lui retourner le cerveau, ça se trouve, elle allait se prendre pour une américaine, se trouver un gentil mari et faire plein de gamins.

10 secondes s’étaient écoulée et elle avait déjà envie de se pendre avec sa ceinture et la branche d’un arbre, il fallut qu’elle pense aux horribles dangers que courraient Abban pour se forcer à faire ce que Chase lui demandait. 50 ans, plus tard, elle commençait à se sentir pas très bien. Voilà, il était en train de lui bouffer le cerveau télépathique, parce que c’était comme ça qu’il puisait son pouvoir : en bouffant les neurones des autres. Chase lui avait demandé de ne pas paniquer alors c’est ce qu’elle fit, rien que par fierté – pour Abban surtout mais, ça, on l’avait compris. Puis d’un coup… Piouff, ils étaient ailleurs avec des types qui n’avaient pas vu un dentiste de toute leur vie.

S’amuser avec elle ? Non mais, et puis quoi encore ? Même pas il foutait ses mains dégueulasses sur elle, Aishlinn avait quand même certaines exigences, il ne fallait pas déconner non plus. Puis merde, elle n’avait pas une tronche d’indienne, elle était Irlandaise : est-ce qu’elle avait une plume dans les cheveux ? Non, bah voilà ! Même si elle n’avait pas bougé physiquement, le trajet avait eu quelque chose de dérangeant alors, le temps qu’elle arrive à comprendre ce qui était en train de se passer, Chase avait pris les choses en main… Enfin, télépathiquement.

« Non, c’mort même pas j’fous un orteil dans c’trucs là. » Elle désigna les vêtements. « C’t’un truc à chopper tétanos. » Ouais, elle n’était pas très calée en maladie, en vrai. « J’suis sûre ils ont jamais pris d’douches de leur vie, et qu’leurs fringues ont jamais vu d’l’eau d’près. »

Elle croisa les bras en secouant la tête. Foi de Mac Aoidh, jamais elle ne portera les fringues de types aussi crades. Et encore, elle ne parlait même pas de l’esthétisme.

« Puis ça s’trouve, on s’fond très bien dans décors comme ça. Ouais, ‘Fait, on est sur un plateau d’tournage pour l’dernier western spaghetti. »

En le pensant elle trouvait ça super logique, en le disant : beaucoup moins déjà. Un soupir plus tard, elle oublia sa foi de Mac Aoidh pour enfiler un poncho puant, trois fois trop grand, trois fois trop lourd, trois fois trop moche, trois fois tout. L’avantage c’est que le truc était assez grand pour qu’elle puisse garder son jean sans avoir à enfiler un pantalon – qu’elle n’aurait jamais mis de toute façon. Enfilant une paire de santiag et visant un chapeau sur sa tête, l’Irlandaise avait déjà l’impression d’être atteinte d’une maladie incurable.

Après avoir marché pendant un petit moment, les deux arrivèrent devant une ville : Daisy Town. Tous les clichés étaient réunis : la botte de foin qui passe devant alors que personne ne traine dans les rues, le panneau à la peinture pour dire que les étrangers ne sont pas les bienvenus et ainsi de suite.

« Très accueillant. »

Pas désert que ça le patelin parce qu’ils étaient à peine entrés que déjà trois types s’approchaient d’eux en mode « on est les rois d’la ville ». Une insigne étoilé sur celui du milieu – étoile qui avait déjà dû recevoir quelques coups de pistolet – laissa très vite comprendre qui étaient ces personnes.

« Hey vous deux. » Se stoppant devant eux, Aishlinn garda la tête légèrement baissée. « Qu’est-ce qui vous amène ici, on n’est pas très fan des étrangers. Z’êtes qui ? »

Bon, ils étaient là pour retrouver Abban alors, Aishlinn décida d’aller droit au but. Relevant la tête, elle désigna Chase.

« Voici l’agent Mulder. » Et se désigna. « Je suis l’agent Scully. » Ben quoi ? « On fait partie d’une brigade spéciale dépêchée par l’état pour enquêter sur les évènements étranges qui se sont produits autour de Daisy Town. »
« Mais t'es qu'une gamine. » En plus d’être de sexe féminin.
« C’est le côté « spécial » de brigade spécial, personne ne va soupçonner une personne comme moi. » Puis histoire d’éviter de le faire trop réfléchir, elle enchaine. « Est-ce que vous avez vu quelque chose d’étrange ces derniers temps ? »

Comme une boite de ferraille trop classe, trop belle, montée sur quatre roues – et devant atteindre les 88 miles/h sur une voie ferrée - avec un Irlandais à la coiffure censée être impeccable dedans ?

« J’traite pas avec les gonzesses moi, ‘sont juste bonnes à servir dans les bordels. »
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Message posté : Sam 15 Mar 2014 - 18:05 Message
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— Ah, tu vois, en fait, c’est très… Ça a l’air très…

Chase, dans ses Santiags, son pantalon en cuir marron, sa chemise et son chapeau, un revolver à la hanche, détaillait Aishlinn de haut en bas.

— …confortable.

Les maladies et l’odeur, le mentaliste en faisait abstraction : Argos l’avait fait crapahuter pendant des heures dans des jungles maladorantes, visiter des égouts russes et creuser dans la boue des forêts canadiennes (en vain, merci Leyland), alors il n’était plus à quelques effluves près. Il se promit simplement de faire un détour par le Bigsby Building, pour se laver et se changer, afin de revenir chez lui — histoire que Lukaz n’exigeât pas de le faire dormir sur le canapé.

Ainsi équipés, les deux acolytes se transportèrent jusqu’aux portes de Daisy Town et furent bientôt accueillies par les autorités locales. Le shérif, qui avait chiqué du tabac pendant toute l’explication d’Aishlinn, se tourna donc vers Chase après avoir remis Aishlinn à sa place. Pour éviter que l’Irlandaise n’égorgea sur le champ leur premier contact, l’agent Mulder prit rapidement la parole et répéta la question :

— Alors, quelque chose d’étrange ?
— Comme quoi ?


— Pourquoi est-ce qu’on irait pas prendre un verre ?
— Hmm. Ouais, mais la fille…

Chase planta son regard dans celui du shérif et articula :

— …peut venir avec nous.
— …peut venir avec nous.

Les trois hommes pivotèrent d’un seul mouvement et commencèrent à s’éloigner en direction du saloon. Chase se retint d’adresser un sourire victorieux à Aishlinn, même s’il était plutôt fier de lui. Les mains sur la ceinture qui retenait son revolver, le jeune homme tentait de prendre un air aussi virilement cow boy que possible, même si les seuls westerns qu’il eût jamais vu impliquaient des cow boys adeptes d’une mâle promiscuité qui chiquaient tout autre chose que du tabac. En apercevant son reflet dans une vitre, le jeune homme comprit que son attitude n’était pas exactement convaincante et il décida d’arrêter les frais.

Reprenant sa démarche normale, il laissa donc courir son regard sur la rue unique qui traversait Daisy Town. À Daisy Town, il y avait un saloon, une blanchisserie, une épicerie, un relai de télégraphe qui servait également de bureau de poste, la prison et une petite banque de dépôt. Un peu loin, un coiffeur et la maison du médecin formait l’essentiel de l’activité économique locale. Aux fenêtres, des femmes et des hommes regardaient le shérif passer avec les deux étrangers et lorsqu’ils pénétrèrent enfin dans un salon enfumé aux vapeurs de sueur, toutes les conversations s’arrêtèrent.

Le shérif fit un signe au barman.

— Quatre bières et un lait de chèvre, Johnny.

Puis il se tourna vers une table, fit déguerpir un pilier de comptoir qui y buvait seul et s’installa. Les conversations reprirent partout autour, sauf à leur table. Chase ne faisait aucun effort pour raviver la flamme d’une discussion si prometteuse : son esprit était trop occupé à éplucher les souvenirs récents du shérif et de ses deux adjoints, très rapidement, à la recherche des silhouettes familières d’Abban et de Macha. Sans succès. Pendant ce temps, le shérif chiquait du tabac et les adjoints reluquaient Aishlinn.

Le barman vint enfin déposer les consommations. Le lait de chèvre était évidemment destiné à l’Irlandaise, mais Chase s’empressa de troquer sa bière contre cette seule boisson non-alcoolisée, ce qui offrait une nouvelle occasion au shérif pour souligner :

— Décidément très spéciaux, comme agents. C’est l’État qui vous envoie ?
— Oui.
— On a pas vraiment besoin de l’État, à Daisy Town. Il se passe rien ici. C’est une ville tranquille. Une petite communauté tranquille. Comment vous êtes arrivés ?

Bonne question.

— Euh… À cheval.
— Et ils sont où, vos chevaux ?

Très bonne question.

— On les a attachés, plus loin.
— Dans le désert ? Ils vont pas mourir de soif ?

Excellente question.

— Parlons plutôt de vous. Deux adjoints pour un shérif, dans une ville aussi paisible que Daisy Town, ça ne fait pas un peu beaucoup.
— Les bonnes gens de Daisy Town aiment être en sécurité.
— Et pourquoi ne le seraient-elles pas ?
— Des fois, les Indiens ou quelques hors-la-loi viennent jusqu’à nous. Mais on leur apprend vite la vie.

Les deux adjoints ricanèrent.

— Et récemment ?
— Quoi, récemment ?
— Des hors-la-loi en particulier ?
— Daisy Town est une ville paisible…
— Shérif, il faut avouer une chose : votre constance dans l’illogisme n’a d’égal que l’abîme de votre cordialité.

Chase ne put retenir un sourire de joie enfantine en voyant les sourcils de son interlocuteur se froncer. On pouvait presque entendre les neurones grincer à l’intérieur de son crâne tandis qu’il tentait de décoder la dernière phrase de son visiteur. Il fallut donc plusieurs secondes pour que l’homme sifflât entre ses dents :

— Tu te moques de moi, Corne Verte ?
— Très perspicace. Maintenant…

Il y eut le déclic de deux revolvers, alors que les adjoints venaient de planter le canon de leurs armes dans les côtes du shérif. Chase était ravi. Avec Argos, avec son frère, et même, souvent, à Star City, il était toujours contraint de faire preuve de circonspection et de pondération. Dans une autre dimension, personne ne risquait de le reconnaître et il pouvait laisser libre cours à son esprit d’initiative.

— … l’agent Scully et moi, on voudrait vraiment en apprendre plus sur Daisy Town.

Le shérif jeta un coup d’œil à chacun de ses adjoints.

— Ne les regardez pas comme ça. Ils sont tellement idiots que j’aurais pu les faire danser la macaréna quand j’avais huit ans.
— La quoi ?
— Laissez tomber. Concentrez-vous plutôt sur cela : vous n’imaginez même pas à quel point les agents Mulder et Scully sont spéciaux.

Les canons s’enfoncèrent un peu plus brutalement.

— Alors je vous suggère de vous montrer un peu plus collaboratif, avant que je ne vous transforme en cornemuse.
— En quoi ?
— Laissez tomber.
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Message posté : Mar 18 Mar 2014 - 19:01 Message
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La situation inspirait pas mal de choses à l’Irlandaise qui était posée, sur une chaise, devant une chope de bière : un, ne jamais contrarier Chase – attitude qu’elle ne tiendrait jamais – parce qu’elle n’avait aucune envie qu’il se la joue Jedi sur elle. Deux, lui offrir une encyclopédie avec, en gros, l’explication du mot confortable, parce qu’il était clair qu’il ne connaissait rien à ce niveau-là ! Puis bon, sans déconner, les santiags c’était passé de mode, à moins d’avoir un délire sur le viril cow-boy… Elle posa un regard sceptique sur Chase avant d’abandonner l’idée de vouloir comprendre ses délires et préférences. Trois, elle ne regarderait plus jamais un western de la même manière. Et, quatre, il était hors de question qu’elle pose ses lèvres sur ce foutu verre qui n’avait jamais été lavé, seulement rinça avec eau trop crade. Elle n’était pas Abban, qui était cent fois pire qu’elle à ce niveau-là mais, elle avait quand même des limites.

Elle imagina son pauvre jumeau, aux mains sales d’une bande de types qui le forçait à boire de la bière américaine – beuuurk – dans un verre contenant des milliards de bactéries. Il fallait vraiment qu’elle le sorte de là. Ça devenait vraiment urgent, plus elle attendait, plus elle prenait le risque qu’on le menace de le transpercer avec un couteau rouillé. Ne prenant même plus la peine de cacher le moindre accent, elle porta son regard sur le shérif qui, de toute évidence, ne connaissait rien à la vie. Qui ne savait pas ce qu’était une cornemuse ?! Pff, sans déconner !

« Bon abrège Papy, c’quoi l’délire dans c’tte ville ? »
« Hein ? » Elle soupira, ouvrit la bouche mais ne fut pas la plus rapide à parler.
« Shérif ? » L’homme tourna la tête vers le barman.
« Quoi ? »

Le type désigna l’heure à travers une fenêtre qui donnait directement sur le clocher de Daisy Town. Le shérif, en moins d’une seconde, avait changé de couleur. Il avait ses deux adjoints qui avaient leurs flingues sur lui et il ne bronchait pas. Il regardait l’heure et il devenait aussi blanc qu’un Irlandais normalement constitué.

« C’quoi l’problème ? » L’homme reporta son attention sur Chase, toujours pas décidé à traiter avec Aishlinn.
« Vous avez choisi un mauvais jour pour v’nir ici. » Aishlinn lui balança son verre de bière à la figure.
« C’bon là, t’vois qu’j’existe ? »

Tout le monde dans la pièce c’était levé d’un bond, toutes mains posées sur les armes qu’ils avaient à la ceinture. Ok… Le verre de bière gâché ne semblait pas être la meilleure chose à faire. La bonne nouvelle c’est que l’homme daigna, enfin, reporter son regard sur l’adolescente.

« Tu ne vas pas exister longtemps à continuer comme ça ! » Elle se pencha légèrement en avant.
« P’tit gars, t’as d’jà deux types qui braquent leurs armes sur toi, t’crois vraiment qu’ça va être un problème d’faire en sorte qu’tous les autres fassent pareil ? »

Et est-ce que Chase pouvait faire en sorte que ça se passe comme ça ? Oui, évidemment, tout le monde disait que c’était le plus doué des mentalistes, alors il pouvait tout faire, non ? Une théorie qui n’eut pas besoin d’être vérifiée. Le shérif, malgré les deux armes qui restait sur lui, fit un mouvement de main pour dire à tout le monde de se calmer. Aishlinn s’était imaginée que la vie reprendrait normalement dans l’endroit mais, au lieu de ça, tout le monde scrutait avec une foutue l’inquiétude l’heure qu’il était.

« Vous voulez des évènements étranges, hein ? » Et il se forçait à regarder les deux, parce qu’il restait encore quatre verres à vider. « Pourquoi, à votre avis, personne ne traine dans les rues ? » Une cloche se fit entendre dans la ville et tout le monde semblait retenir son souffle. « Bienvenue à Daisy Town. »

Le temps sembla s’obscurcir et Aishlinn se leva pour aller à une fenêtre. De là, elle pouvait voir distinctement une sorte de brume opaque envahir doucement la ville. Un peu comme celle qu’elle avait pu voir, avec Abban, dans le musée des Supers. Le nez collé à la vitre, elle s’adressa au Shérif.

« J’ai d’jà vu un truc d’ce genre mais c’était un système d’sécurité. »
« ça vient, une fois par semaine, toujours le même jour, toujours à la même heure. Avec le temps on a réussi à trouver des trucs pour protéger les bâtiments, ça ne peut pas rentrer. »

D’où le fait que personne ne courait dans tous les sens pour se cacher mais, une femme hurlant un prénom masculin dans la rue – la seule rue, d’ailleurs – venait casser la théorie que tout le monde s’enfermait.

« Shérif c’est la mère West, Billy a dû échapper à sa vigilance. »
« Et qu’est-ce que j’y peux bordel, tout le monde connait les consignes ! »
« Faut aller l’aider, on n’entre pas dans les critères. »
« Ben vas-y Bob, qu’est-ce que tu attends ? »
« C’est vous l’Shérif ! »
« Quel courage les gars. Bravo ! »

Elle se savait pas trop ce qui se passait mais, peut-être qu’en aidant quelqu’un, elle allait pouvoir passer un peu mieux et avoir des réponses par la suite. Du coup, sans trop réfléchir, elle passa les portes battantes et se retrouva rapidement dehors. Un regard sur la gauche, elle vit la brume s’avancer dangereusement. Un regard sur la gauche et elle vit une femme cherchant à récupérer son fils qui, lui, ne semblait pas décider à quitter le toit qui lui servait de perchoir. C’est dans cette direction qu’elle courut pendant que, à l’intérieur, le shérif posa son regard sur Chase.

« Elle va se faire prendre. Ça emporte toujours des gens en dessous de 20 ans, on n’sait pas pourquoi. Et là, ça fait trois semaines que c’truc n’a pas réussi à prendre une personne de la ville. »

Aishlinn n’avait pas eu de difficulté à monter sur le toit mais, en regardant du côté de la brune, elle comprit qu’elle n’aurait pas le temps de faire descendre le petit Billy pour le faire entrer quelque part. Sortant un stylo de sa poche, il lui fallut quelques secondes pour dessiner une rune sur la paume gauche de sa main. La brume buta contre son bouclier, alors qu’elle avait attrapé la main du gamin qui, de son côté, trouvait l’expérience très amusante. C’est là que les choses devenaient compliquées, Aishlinn devait se concentrer pour maintenir son bouclier, tout en gardant le gamin en place et faire en sorte de résister aux assauts de la brume qui se faisaient de plus en plus violents. Plus qu’à espérer que ce truc en aurait marre, qu’il avait un temps limité ou que quelqu’un aurait une autre idée de génie parce qu’elle ne pouvait pas gérer plus que ce qu’elle faisait déjà.
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Message posté : Mer 19 Mar 2014 - 14:54 Message
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— J’ai déjà vu un truc de ce genre, mais c’était dans Lost.

Merci Chase. Le mentaliste n’avait pas eu besoin d’hypnotiser les autres consommateurs : l’horloge l’avait fait bien mieux que lui. Le jeune homme s’était donc désintéressé du shérif et de ses hommes pour se lever et, les mains croisées dans le dos, observer la brume qui progressait. En voilà une chose étrange. Il avait bien des phénomènes curieux au cours de sa jeune existence, mais les brouillards vindicatifs étaient indubitablement une première. Jetant un coup d’œil par dessus son épaule, alors que le nuage continuait à progresser dans la rue et qu’Aishlinn se jetait au secours de la mère West, Chase interrogea :

— Et vous avez mis en place la circulation alternée, j’espère ?
— La quoi ?
— Vous êtes désespérant.

Le jeune homme reporta son attention sur la rue, juste à temps pour voir Aishlinn grimper sur un toit et s’emparer du gamin, tandis que la mère West était engloutie par la brume. À en croire le shérif, elle ne risquait pas grand-chose, mais l’Irlandaise, si Chase se souvenait bien de l’insistance d’Abban à lui rappeler sa date d’anniversaire, n’avait encore que dix-neuf. La tentation de le laisser se faire capturer était grande, pas par sadisme, mais pour pouvoir suivre son esprit à la trace. Encore fallait-il que la brume ne la tuât pas sur le coup. S’il libérait Abban mais lui présentait le cadavre de sa jumelle, l’Irlandais trouverait le moyen d’être vexé.

Avec un soupir, Chase marmonna :

— C’est bon, c’est bon, je vais la chercher.

Il se détourna de la fenêtre pour se retrouver nez à canon avec un revolver.

— Sérieusement ?

L’adjoint à l’autre bout de l’arme vola brusquement à travers la pièce pour s’écraser dans l’escalier. Chase lança un regard à la ronde et interrogea :

— D’autres volontaires ?

Pas d’autres volontaires. Le mentaliste, qui avait vingt-deux ans, partit donc jouir de son privilège d’aînesse dans la rue. Et certes, la brume noire ne tentait pas de la capturer ou de l’ententaculer, comme dans tout bon hentaï qui se respecterait, mais l’expérience n’en restait pas moins désagréable. C’était un peu comme faire du jogging derrière un vieux bus diesel à Mexico City. Rapidement, un bouclier télékinésique sphérique se forma autour du mentaliste, repoussant le nuage de toute part. Une quinte de toux plus tard, Chase fixa son attention sur l’esprit d’Aishlinn et s’orienta de la sorte, jusqu’à l’auvent sur lequel Billy s’était perché. Chase s’éleva du sol et vint se poser à côté de l’Irlandaise.

Un petit éclair d’énergie jaillit pour disparaître dans la brume, quand les deux boucliers rentrèrent en contact.

— Désolé.

La forme du bouclier télékinésique se modifia légèrement. Il était heureux qu’Aishlinn eût le sien propre : Chase n’en était pas encore à pouvoir en produire un assez large pour les abriter tout trois.

— Bon, OK. Je sais pas combien de temps ça va durer, ce truc, alors on va essayer de se déplacer un peu. Vous allez voir, c’est comme les montagnes russes.
— Les quoi ?
— C’est un jeu, petit. Fastoche. Tu fermes les yeux. Tu t’accroches à la dame. Ça va bien se passer. On prend une grande inspiration…

Soudainemet, Aishlinn et Billy, enveloppés par la force télékinésique du mentaliste, s’élevèrent du toit pour foncer, comme un boulet de canon, vers le bâtiment le plus proche. Le mur en explosa juste avant l’impact et les planches se recomposèrent après leur passage, alors qu’ils atterrissaient en douceur, après une décélération, dans le salon très fleuri du pasteur et de son épouse. Pendant ce temps, Chase sautait de son toit pour se poser au sol et tendait l’oreille. Il aurait juré entendre un vague cliquetis dans le tourbillon dans la brume, mais l’opacité de la fumée amortissaient les sons.

Peu à peu cependant, le nuage se dissipa. Cinq minutes avaient passé depuis l’heure fatidique quand le soleil revint au-dessus de Daisy Town. Les curieux du saloon pointaient leur nez aux fenêtres et, à découvrir la mère West et Chase seuls dans la rue, il leur paraissait que leurs sinistres pronostics avaient été réalisés : nulle trace ni d’Aishlinn, ni du petit Billy, réfugiés chez le pasteur. Chase dissipa son bouclier et posa les yeux au sol, sans prêter attention aux lamentations de la mère West, qui croyait son fils perdu.

Là, dans la poussière de la Grand-Rue, des traces qui ne ressemblaient ni aux bottes des cow-boys, ni aux sabots des chevaux, témoignaient que quelque chose d’autre avait passé dans le brouillard. Des petits points régulièrement espacés. Chase regrettait de n’avoir pas accès à Médée pour analyser la géométrie des traces. Mais il en était sûr, désormais : la brume servait de couverture à l’activité de kidnappeurs bien plus consistants. Et il paraissait de plus en plus probable qu’Abban en eût été la victime également. Mais pour l’heure, il fallait remettre la main sur Aishlinn.
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Message posté : Mer 19 Mar 2014 - 18:27 Message
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Ouais, ben, désolé il pouvait l’être mais elle était bien trop concentrée pour lui faire la réflexion. Non mais, sans déconner, si pour lui : voler, faire un bouclier, imposer sa volonté sur 6 milliards de péquins, et ainsi de suite, lui était naturel, ce n’était pas le cas de l’irlandaise qui luttait pour maintenir son putain de bouclier. Et l’autre là, il débarquait comme une fleur et il se permettait d’entrechoquer sa protection contre celle d’Aish. Mais où va le monde quoi ?! Plissant les yeux, elle se concentra à nouveau pour ne pas laisser une brèche là où il avait tapé. Tout son discours sur la marche à suivre lui passa au-dessus de la tête, impossible pour elle de faire plusieurs choses en même temps. Tout ce qu’elle comprit c’est que le gamin s’accrocha à elle. Quelques secondes plus tard, les deux gamins – non, le gamin et la grande fille, parce qu’elle n’était plus une enfant – se retrouvèrent dans un salon inconnu.

« Seigneur ! »
« Ouais, ça m’va. » C’était toujours mieux que de se faire appeler « gamine », il lui plaisait bien ce type.
« Mon mur… Comment ? »
« C’est les montagnes Russes. » Le gamin était trop heureux.
« Les quoi ? »

Elle laissa le gamin expliquer au pasteur ce nouveau jeu trop marrant qui consistait à décoller d’un toit pour atterrir dans le salon de quelqu’un. La femme du pasteur était déjà à genoux en train de prier parce que, selon elle, tout cela n’était pas très naturel.

« Billy éloignes-toi de cette… Personne. »
« J’préférai Seigneur. »
« Mais… »

On ne demanda pas l’avis du petit Billy, le pasteur lui attrapa le bras pour l’éloigner de l’Irlandaise. Sauver des mioches et voilà comment on vous remerciait. Ah ben les gens à Daisy Town, ils n’étaient vraiment pas au point. Pff. La clarté du jour revenant à travers les fenêtres du salon, Aishlinn pensa que c’était le bon moment pour quitter les lieux et, elle ne s’embarrassa pas d’ouvrir la porte, se contentant de passer au travers du bois. La femme manqua de s’évanouir : Dieu les testait. Son arrivée dans la rue de la ville fut remarquée assez rapidement par la mère de Billy. Elle se mit à hurler en courant vers Aishlinn.

« Billy, Billy. » définitivement, Seigneur, était bien plus cool. « Où est mon petit Billy. » Ah ? Ça…
« Chez l’autre malade, là. »

Elle désigna la maison du pasteur, bien contente qu’Abban ne l’entende pas définir un homme de Dieu comme étant un fou. Aishlinn se retrouva bien vite auprès de Chase. Son regard se posant sur le sol pour voir les quelques traces qui étaient présentes : c’était bien ça qu’il semblait regarder avant qu’elle n’approche, non ? Mais avant de faire la moindre réfléxion dessus, elle leva les yeux vers Chase.

« J’pouvais très bien m’en sortir toute seule ! » La fierté, ça ne s’inventait pas. Elle réajusta son chapeau pourri sur le haut de son crâne et marmonna : « Merci. » Sur quoi elle se racla la gorge, avec un peu de chance, il n’aurait pas entendu et, elle, elle aurait la conscience tranquille. Elle désigna les traces au sol. « Alors, c’quoi ça ? »
« Vous êtes complètement malade ! »

Le Shérif avança vivement vers eux, obligé de tenir son chapeau pour ne pas qu’il ne s’envole à chacun de ses pas. Elle roula des yeux et se tourna pour faire face à l’homme qui se stoppa devant eux.

« Est-ce que vous savez le temps que ça nous a pris pour protéger cette ville ? Et vous, vous débarquez et c’est le bordel. »
« Si t’voulais un truc d’efficace, gars, fallait songer à attacher les gens pour pas qu’ils sortent, surtout si c’est à heure fixe ! C’comme toi qu’a une p’tain d’insigne et qu’est pas foutu d’sortir aidé un gamin. »

Il se retourna pour s’assurer que le reste des troupes était bien en retrait, histoire que personne ne puisse rebondir sur cette réflexion et se calma un peu. Et, histoire de ne pas changer ses habitudes, il posa son regard sur Chase pour s’adresser à lui.

« Vous l’avez vu ? » Son regard avait légèrement dévié sur les traces au sol, ce qui expliquait de qui il parlait. « Un type, grand, un œil rouge. »
« Rouge ? Genre l’gars il est défoncé ? »

Un œil rouge, un nuage opaque autour de lui, on était en droit de se poser des questions mais, ce que venait de dire Aishlinn semblait ne pas atteindre les oreilles du Shérif qui l’ignorait avec trop de facilité. Ce type commençait réellement à la gonfler, comme venait de le faire comprendre le long soupir bruyant qu’elle venait de lâcher.

« Shérif, Shérif. » Manquait plus que le Pasteur, qui arrivait en courant en désignant Aishlinn. « Elle est avec lui, j’en suis certain. C’est une sorcière, elle a fait de la magie, je l’ai vu. » Il avait vu quoi ? Elle était juste apparu dans son salon avec des planches de bois qui se démontaient et se remontaient toutes seules. En plus, ce n’était même pas son œuvre. « Elle peut même passer au travers des murs. » Ah, là, en revanche, c’était son œuvre.
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Message posté : Jeu 20 Mar 2014 - 10:14 Message
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Ah ah ah ah !
Victoire !
Aishlinn avait dit merci.

Dans trois ans, elle lui serrerait la main, dans cinquante, Chase serait considéré à part égale dans le petit monde de Suzaku, Lukaz, les jumeaux Mac Aoidh et le reste de leurs criminels associés. À cette pensée, la satisfaction du jeune homme n’était pas sans se teinter de l’amertume grandissante qu’éveillait en lui l’attitude de Suzaku et Aishlinn, en premier chef, à son endroit. Il haussa évasivement les épaules avant de se redresser, après avoir examiné les traces. Juste à temps pour se faire agresser par un pasteur — il ne manquait plus que cela — un shérif incapable et un troupe de curieux.

Avec d’étranges histoires.


Chase était fasciné.

— C’est fascinant.

Avec un peu d’impatience, il fit un vague geste de la main vers le pasteur en murmurant :

— Silence.

Et le réquisitoire inquisitorial — le comble, pour un protestant — du pasteur prit brusquement fin, alors que toute envie de s’exprimer s’éteignait en lui et qu’il entreprenait de fixer la poussière de la Grand-Rue de Daisy Town d’un œil apathique.

— Rouge comment ?
— Rouge comme…
— Non mais ce n’est pas vraiment une question. Regardez moi dans les yeux, détendez-vous, tout va bien se passer.

Le shérif cligna des yeux d’un air absent tandis que Chase moissonnait les souvenirs de meilleure qualité dans son esprit, pour obtenir un premier aperçu du type géant à l’œil rouge. Quelques secondes plus tard, le jeune homme se retournait vers Aishlinn avec un grand sourire et s’exclamait joyeusement :

— C’est un robot !
— Un quoi ?
— Laissez tomber.

Alors que le shérif tentait de reprendre ses esprits, Chase rêvait tout haut à sa théorie :

— Ce serait tellement, tellement cool ! Il y aurait des turbines pour produire un brouillard dissimulateur, et ensuite le robot viendrait dans la ville, pour enlever les gens. Avec l’œil rouge, il scanne les conditions biologiques, détermine l’âge et sélectionne les meilleurs cobayes pour des expériences médicales absolument inédites !

Définitivement cool ! Le sourire de Chase s’effaça cependant quand il se souvint que ce qui lui tenait lieu de seul ami était précisément aux mains du robot atteint de conjonctivite aiguë. Le jeune homme désigna la direction par laquelle la brume avait pénétré dans le village.

— Je propose d’aller voir par-là, en remontant les traces, dans le désert, ça devrait pas être trop compliqué. Il nous faut juste des chevaux.
— Une seconde, je croyais que vous aviez attaché vos chevaux à la sortie de la ville.
— Ben oui, et ils sont morts de soif, c’est vous qui l’avez dit.
— Shérif !

Voilà qu’il reprenait du poil de la bête, lui.

— J’exige que vous enfermiez ces agents du démon. Vous avez le devoir de protéger notre communauté.
— Jamais il lâche l’affaire, lui… ?

Chase se retourna vers le shérif et une bonne partie des habitants de la ville, qui commençaient à chatouiller leurs revolvers. D’un geste de la main, le mentaliste lança une onde de choc télékinésique qui renversa les courageux citoyens au sol, dans un choc brutal.

— Y a des volontaires pour tenter d’enfermer les agents du démon ou bien on nous prête des chevaux ? Si vous faites ça vite et si les chevaux sont bien, on reviendra jamais. Parole de…

Chase se pencha vers Aishlinn et murmura :

— C’est toi la sorcière, qu’est-ce que je dois dire pour faire genre ?

Et à tout hasard, il compléta :

— …serviteurs d’Apophis !

Avant de se tourner vers l’Irlandaise et de reconnaître :

— Bon, OK, c’est dans Stargate, mais je suis sûr que ça marche quand même.

Il était beaucoup plus probable que l’onde de choc qui avait renversé une vingtaine de personnes, le vol, les propos excités du pasteur et la scène dans la Taverne avaient été des arguments plus convaincants que le discours démoniaque improvisé de Chase. Toujours est-il qu’un groupe d’habitants, soucieux de ne pas s’attirer l’ire de nouveaux envahisseurs — un robot brumeux, c’était déjà bien assez — se détacha et revint bientôt avec deux chevaux. Pas exactement des étalons, mais de belles bêtes somme toute. Après avoir réceptionné les animaux, les deux primo-Terriens s’éloignèrent en les tenant par la bride.

Alors qu’ils étaient à une distance raisonnable du centre du village, où les habitants, en grande conversation, balançaient successivement entre le pasteur, qui préconisait des actions vigoureuses, et le shérif, fidèle à lui-même et adepte de l’immobilisme, Chase s’arrêta pour faire face à l’équidé qui le fixait d’un air égal.

— Parfait, parfait. Bon, sinon, y a juste un truc…

Le cheval secoua la tête pour chasser une mouche et Chase recula d’un pas.

— Je sais pas exactement comment on monte à cheval…



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Message posté : Ven 21 Mar 2014 - 17:14 Message
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Le remercier n’empêchait pas Aishlinn d’avoir envie de lui balancer une canette au travers de la tronche. Malheureuse, elle n’en avait pas sous la main, pas plus qu’elle n’avait un verre de lait de chèvre. Non parce que là, il était en train de trouver fascinant un robot qui, potentiellement, scannait les gens pour des expériences. Il n’y avait RIEN de fascinait là-dedans puisqu’il était question de son jumeau ! Inspirer, prendre sur elle, parce que, qu’elle le veuille ou non, Chase semblait être le seul interlocuteur avec qui les gens avaient envie d’échanger. Vive les États-Unis. Vive le Texas.

Et en plus il la traitait de sorcière. Ok, c’était pour reprendre les mots de l’autre abruti mais quand même ! Bon, en même temps, elle se sentait moins stupide avec son Mulder et Scully puisque lui en était à balancer des références sur le fait de vénérer un faux Dieu, bien connu de l’équipe SG1. Ah, Jonas Quinn et ses fossettes. Toute une histoire. Tient, ça lui passait presque l’envie de bouder et de rétorquer que ce n’était pas une sorcière ! Un peu plus loin. Un peu plus tard. Ils étaient avec les deux chevaux et un Chase complètement paumé. Ah ben il était beau le meilleur mentaliste de tous les temps.

« Sérieux ? T’as cru qu’j’avais une tête à savoir comment on monte sur un ch’val ? » Il en connaissait beaucoup des familles d’accueil qui possédaient leur propre cheval pour des balades dans les rues de Dublin ? « Ça a pas d’moteur c’truc, j’y connais rien. Pour ton info, comme partout, j’viens d’un endroit où y a des voitures ! »

Comme partout sauf en France où ils se baladaient en vélo. En Russie où c’était en luge avec une bouteille de vodka. En Italie où c’était en gondole. En Inde, en dos d’éléphant… Ouais, il n’y avait qu’en Irlande où les gens étaient civilisés, voilà tout ! Puis il était hors de question qu’elle fasse confiance à un cheval, sauf s’il était sous forme de steak dans son assiette.

« Eh, pstt, psttt. » Le petit Billy sortit de nulle part - et qui a changé de couleur parce que, le orange c'est trop douloureux pour les rétines -, arriva à leur hauteur en vérifiant vers le groupe d’habitants que personne ne l’avait vu. « J’peux vous expliquer moi, j’m’y connais. »
« Ta mère est où ? »
«Avec les 5 enfants du pasteur Camben, à essayer de réanimer sa femme. »

Ils n’avaient rien inventé avec 7 à la maison. Le gamin, qui avait encore échappé à la vigilance de sa mère, afficha un grand sourire en regardant les deux étrangers tour à tour.

« Si je vous explique, faudra me refaire faire les montagnes Russes parce que c’était vraiment trop marrant. Vous d’vez promettre sinon je vous montre rien du tout. » Sale môme. Il cracha dans sa main avant de la tendre vers Aishlinn. « Alors, deal ? »
« Euh… » Elle regarda la main tendue. « Ouep, s’tu veux mais garde c’tte main loin d’moi. »
« Les filles c’trop nulles, ça veut jamais faire d’deal. » Du coup, il tendit sa main en direction de Chase. « Toi aussi, tu promettre. Deal ? »

Le gamin avait un regard plein d’espoir sur le mentaliste. Aishlinn avait un regard plein d’espoir sur le mentaliste. Pas pour les mêmes raisons que le gamin, quoique, si, en fait, elle trouverait une certaine satisfaction à voir Chase serrer la main dégueulasse du petit Billy. Une forme de victoire pour tout ce qu’elle lui reprochait. Ah, et des choses à lui reprocher elle en avait une liste longue comme la circonférence de la terre. Bon, là tout de suite, il n’y en avait pas autant qui lui venait en tête mais ce n’était pas bien grave.

Une fois un accord conclu avec le mioche, qui en était à s’essuyer le nez du revers de la manche, le p’tit Billy commença ses explications. Foutre les pieds là, s’aider de son autre pied pour faire ça, tenir les trucs comme ça, effectuer quelques pressions de cette manière – on sent la fille qui est très au fait de la manière de monter sur un cheval, hein ? – et blablabla et blablabla. Aishlinn avait trouvé le moyen de monter sur son cheval… Après quatre essais peu concluants mais, le premier qui se moquait, elle le réduisait en poussière avec ses horribles pouvoirs de sorcières sous les ordres d’Apophis !

« Maintenant vous d’vez m’emmener avec vous. »
« J’crois pas non. »
« Si, parce que j’vous ai pas dit la vérité sur la manière de diriger l’cheval, y a que moi qui sait comment on fait. » Il afficha un grand sourire, tout fier. Un doigt dans le nez, parce qu’il était définitivement trop crade ce morveux, il se tourna vers Chase et son canasson. « J’monte avec toi, les filles ça sent pas bon le propre. »

Retirant son doigt, il tendit la main à Chase pour que ce dernier l’aide à monter derrière lui sur le cheval. Et, au cas où il se serait pas convaincant, il ajouta assez rapidement.

« T’façon, j’connais la région et j’sais où y a des trucs bizarres. »
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Message posté : Sam 22 Mar 2014 - 19:34 Message
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— Hmmm…

Chase poussa un soupir résigné.

— Deal.

À peine avait-il lâché la main du petit Billy qu’il se l’essuya aussi consciencieusement que possible sur le pantalon de toute façon dégueulasse piqué aux types zombifiés de la grange et se tourna vers son cheval. Il essayait de faire abstraction de la présence d’Aishlinn, même si, après s’être vautré dans la poussière deux fois, avoir fait fuir le cheval de quelques mètres une fois et s’être tordu le poignet sur la bride une quatrième fois, il avait l’impression qu’il allait mourir de honte. L’idée de calmer la bête grâce à un peu de télépathie lui avait traversé l’esprit, mais la dernière fois qu’il s’était exercé sur un animal, l’oiseau était tombé raide mort à ses pieds et à ceux de Qaletaqa et Charlie : mieux valait ne pas tenter sa chance.

Billy eût sans doute adopté un air consterné s’il n’avait pas bon espoir de vivre des aventures magiques auprès de ces deux cavaliers… pas du tout magiques. Avec une aide télékinésique considérable, Chase finit par s’installer sur son cheval. Le mentaliste poussa un soupir de soulagement mais le répit fut de courte durée, parce que Billy recommençait ses âpres négociations. S’il était toujours possible de fouiller dans l’esprit du morveux (très littéralement) pour en extirper les précieuses informations qu’il disait contenir, Chase craignait de perdre un temps considérable en triant entre la meilleure manière de fabriquer une fronde et les données véritablement utiles. Il attrapa donc la main du mioche et le souleva pour l’aider à s’installer en croupe — ce que Billy fit, et c’était vexant, avec une aisance remarquable.

Le mioche qui murmurait à l’oreille des chevaux leur prodigua les dernières conseils pour maîtriser leurs montures et les deux animaux partirent au galop — enfin au trot, pour l’heure, en direction de l’est.

— C’est normal que ça tangue autant ?
— Mais oui ! C’est chouette, hein ? C’est encore mieux au galop.
— …génial.

Chase, qui n’était déjà jamais ravi en montant en voiture, qui prenait toujours l’hélicoptère avec un soupçon d’appréhension et qui lisait consciencieusement les manuels de pilotage de tous les avions où il était contraint d’embarquer, venait de se trouver en matière de transport une nouvelle inquiétude : les chevaux.

— Pourquoi est-ce qu’il secoue la tête comme ça ?
— À cause des mouches.
— Il a peut-être la rage.
— Mais non. La dernière à avoir eu la rage, c’était Jenny.
— Une jument.
— Non, la boulangère.
— Ah.

Après quoi Billy donna enfin les instructions pour le galop, pendant bien des kilomètres, les mains de Chase restèrent crispées sur les brides, les jointures blanches. Quand, près d’un quart d’heure plus tard, Billy cria qu’ils étaient arrivés à l’Étang des Démons, les chevaux s’arrêtèrent et le mentaliste dut faire de considérables efforts pour desserrer les mains et retrouver l’usage de ses articulations. Enfin, il put considérer l’Étang des Démons.

Le nom était peut-être excessif. Certes, il y avait bien une eau poussiéreuse et trop salée, à la couleur impossible à définir, d’où émergeaient des plantes noirâtres, dont il était impossible de dire si elles étaient mortes ou vivantes. Mais plutôt qu’un étang, Chase y voyait une très grosse flaque, et en matière de démons, l’endroit n’était pas très bien servi.

— Et donc ?
— Et donc c’est de là que vient le monstre ! Celui que vous avez appelé le Gros Beau !


— Robot.
— Ro-bot.
— Oui, voilà.

Chase « descendit » de cheval et, après s’être relevé de terre, il prit Billy par la taille et l’aida à son tour à regagner le sol. Le mentaliste commença alors à inspecter les pourtours de l’étang.

— Tu cherches quoi ? Tu t’appelles comment ? T’as quel âge ?
— Des traces comme dans la rue du village. Mulder. Vingt-deux ans.
— C’est vachement vieux !

Chase ne put s’empêcher de sourire.

— Hé ouais, qu’est-ce tu veux.

Il jeta un coup d’œil à l’enfant. C’était drôle, en fait, un enfant.

— Jamais les gens du village, ils n’ont essayé de remonter les traces du monstre dans la brume ?
— Pfff, non, ils ont trop peur. Le shérif, il fait rien. Il a trop peur.
— C’est parce qu’il a peur qu’il a deux adjoints, comme ça ?
— Non, ça, c’t’à cause de la bande à Nuage Mauve.
— Nuage Mauve ?
— C’t’un Indien, mais i’ vit p’us avec les Indiens, et maintenant, il attaque les trains, avec les frères Warman et Josy la Joviale.
— Et ils font ça à Daisy Town ?
— Ils sont v’nus une fois, pis ils ont ravagé le saloon, et i’ ont dit qu’i r’viendraient.
— Je vois.

Chase se pencha pour ramasser quelque chose dans la poussière et, après l’avoir frottée, examina un petit objet noir.

— C’est quoi ?
— Du plastique.
— Connais pas.
— Exactement.

Un matériau un peu trop récent pour ce qu’ils avaient vu de Daisy Town et de sa technologie. Chase empocha sa trouvaille et posa les yeux sur Billy.

— Comment ça se fait que tu saches que le monstre vient d’ici, si personne l’a jamais suivi ?

Le gamin eut soudainement l’air embarrassé.
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Message posté : Dim 23 Mar 2014 - 19:32 Message
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Aishlinn fut bien contente d’être le « sexe faible », au moins, ce n’était pas elle qui se ramassait les questions du petits Billy, la laissant tranquille pour se concentrer convenablement sur le cheval. C’était trop nul ce truc, pas de bruit caractéristique d’un moteur, pas de mode sport à enclencher, pas de vitesse à passer – peut-être pour ça que les américains aimaient les automatiques, souvenirs de leurs balades sur un canasson. Et puis ça faisait mal aux fesses ! Elle fut encore plus contente au moment d’arriver à destination. La fin du calvaire. Retrouvant la terre ferme, sans le moindre bitume, Aishlinn s’éloigna assez rapidement pour examiner une autre zone que celle de Chase. Pas qu’elle avait confiance dans l’observation du mentaliste mais, elle devait bien faire un effort : retrouver Abban rapidement, c’était sa principale priorité. Ce qui ne devait pas être celle du Neutron-Grey puisqu’il passait plus de temps à parler avec le mioche qu’à faire autre chose. Tant pis si cette réflexion n’était pas justifiée.

Elle se gratta la tête devant l’étang dans lequel elle n’aurait pas foutu un orteil. Une impression étrange, quelque chose qu’elle n’aurait pas su expliquer. Un peu comme la première fois qu’elle s’était retrouvée devant le manoir Pennington mais, en différent, moins intense. En parler à Chase ne lui sembla pas être une bonne idée. Un bouclier autour d’elle, ça restait explicable comme étant un pouvoir mutant comme un autre. Ressentir les choses étranges, c’était différent. Réflexion très stupide puisqu’elle avait été capable de dire qu’un portail dimensionnel avait été créé dans leur monde. Son regard se fixa sur le sol, évitant de marcher sur des herbes noirâtres qu’elle était incapable d’identifier, à la recherche de traces comme il y avait dans la rue de Daisy Town.

Un sourire se dessina sur ses lèvres quand elle en trouva avant de comprendre qu’elle était trop éloignée des deux autres pour que ça puisse se voir. Déception. Redressant la tête, elle siffla pour interpeller les deux autres : les chevaux relevèrent la tête. Déception. Secouant la tête, elle interpella Chase et Billy dans un « Hey » très humain. Le mioche vit, dans cet appel, le moyen d’esquiver la dernière question de Mulder. Et même si on ne pouvait pas faire confiance à une fille, il passa outre son conditionnement pour aller la rejoindre. Comme ce n’était pas Billy qui l’intéressait, elle attendit que Chase soit proche pour reprendre la parole.

« C’est juste… Génial. » Un grand sourire émerveillé se posa sur son visage. « Trop bien pensé. »
« T’comprends quelqu’chose toi ? »

Aishlinn passa son regard sur l’un et l’autre, pour chercher à définir si, au moins, Chase comprenait ce qu’elle était en train de dire. Secouant la tête, elle pointa l’étang du bout du doigt.

« Genre c’t’un système d’sécurité. ‘Fin, pas vraiment mais. Euh… » Elle laissa retomber ça main et prit une inspiration. « C’qu’une illusion mais, genre, super-bien faite. Personne s’approch’rait trop d’là et, encore moins pour y foutre les pieds. »
« On vient nous avec des copains, c’est l’jeu. A celui qui s’approche l’plus près. »
« Quelqu’un a déjà touché l’eau ? »
« Non, c’grand Bill qui a l’record, il s’est approché tout près mais, l’eau a commencé à bouger. Il voulait pas s’faire bouffer par l’monstre. »

Et, comme dans l’esprit d’Aishlinn c’était parfaitement clair, elle lança un regard à Chase qui voulait dire : Tu vois, j’ai raison ! Une illusion qui servait de système de sécurité pour éloigner toutes les personnes. S’approcher trop de l’eau la faisait évoluer pour donner l’impression qu’un monstre allait en surgir et finir d’achever les plus courageux.

« R’garde. » Elle bougea pour désigner les traces au sol qui, avant l’eau, s’arrêtait de manière assez nette. « C’que j’crois c’est qu’sous cette prétendue eau, en fait, y a un truc. »

Elle sauta à pieds joints sur un tas d’herbes inquiétant, assez fort – autant qu’elle le pouvait en réalité – pour qu’un léger bruit métallique et creux se fasse entendre. Un sourire victorieux, à la découverte d’une porte dérobée qui permettait de descendre sous l’étang, se dessina sur son visage avant qu’elle ne se pousse et désigne l’endroit à Chase de manière à ce qu’il puisse l’ouvrir avec ses pouvoirs. Parce que, bon, il ne fallait pas rêver, elle n’allait pas foutre ses mains là-dedans pour dégager une porte qui s’ouvrait sur le sol.

Une fois fait, un escalier primaire descendait dans les entrailles de la terre et, le robot devait avoir une vision nocturne parce qu’il n’y avait aucune lumière pour d’éventuels visiteurs. S’enfonçant un peu dans l’escalier fait de terre, Aishlinn hésita une seconde avant de se décider à éclairer l’endroit. Ok, elle ne devait pas utiliser la magie devant n’importe qui mais, tout était une question de priorité et, un jumeau en danger, lui donnait le droit de faire taire toutes les recommandations. Cela dit, Aishlinn n’était pas Adrian, elle n’avait jamais réussi à faire une sphère lumineuse qui pouvait les suivre à la trace. Ouvrant les mains, une lueur apparut dessus sans qu’elle ne soit capable de la détacher. Bon, c’était toujours mieux que rien. Ça l’obligeait à mettre les mains en avant – ce qui n’était pas pratique pour se défendre en cas de problème – mais, au moins, ça leur permettait d’y voir plus clair.

« T’es vraiment une sorcière, z’avaient raison les gens d’la ville. »

Elle n’arriva pas à savoir s’il était impressionné où s’il avait peut. Peut-être un peu de deux parce que, très courageusement, le petit Billy s’était foutu derrière Chase, se servant de lui comme d’un rempart.

« Ouep, et tu d’vrais faire gaffe, j’bouffe des gamins au p’tit-dej. »


Sur cette information pas très judicieuse et, absolument pas nécessaire, Aishlinn continua d’avancer dans une succession de galerie.
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Message posté : Lun 24 Mar 2014 - 11:02 Message
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Sous l’égide de Scully, la fine équipe découvrit une porte dérobée. Chase avait fixé l’étang d’un air songeur. Une illusion qui opérait sur la matière elle-même plutôt que les esprits ? Est-ce que c’était de son ressort ? Est-ce qu’il pouvait développer ça ? Est-ce qu’il pouvait y résister ? Y avait-il encore des failles dans un bouclier mental parfait au fil des années ? Un autre eût peut-être été contrarié de cette amère découverte ; il en était pour sa part ravi : enfin un peu d’aventure dans un monde psychisme bloqué sur le niveau débutant depuis beaucoup top longtemps.

L’aventure consistait certes, pour l’heure, à ouvrir une porte et à se promener dans un couloir avec celle qui était peut-être une sorcière. Chase jeta un coup d’œil à Aishlinn quand la lumière se forma dans ses mains. Les NG étaient assez versés en génétique, par la force des choses, pour savoir que tous les pouvoirs d’un mutant se devaient d’être cohérents, et même si cela pouvait couvrir une vaste amplitude de capacités, comme c’était le cas pour Abban et, dans une certaine mesure, Lukaz, il voyait mal le rapport direct entre une lampe torche innée et l’intangibilité. Entre cette prouesse de luminaire et la détection du portail dimensionnel, quelques heures plus tôt, sur la Terre Prime, Chase était en passe de classer Aishlinn dans la catégorie des mages. Adrian ne lui avait-il pas dit, deux jours plus tôt, que rien n’empêchait un mutant de développer également des pouvoirs magiques ?

— Ça doit être pratique la nuit, pour lire au lit.

(On ne s’en lasse pas.)

Ceci étant dit, Chase avait commencé à frôler les murs des bouts des doigts — et les murs étaient bien des murs, non des parois : ce n’était pas un tunnel de terre, mais une coursive bétonnée et métallique qui s’enfonçait à marche régulière de quelques mètres dans le sol, avant de résorber sa pente et de continuer en une large courbe. Ce n’était pas la première que Chase voyait un fossé technologique entre deux civilisations, au même endroit, dans une dimension parallèle : lorsque Maxime et lui avaient visité la Terre Vaticane, pendant l’hiver, la différence entre les peuples qui l’habitaient avait été colossale.

— Hop, hop, hop.

Suggéra Chase. Le mentaliste s’était arrêté.

— Tu sens ça ?
— Quoi ?
— C’pas à toi que je cause, c’est à Ai… Scully.

Chase fit un vague geste de la main vers l’obscurité dans laquelle le cour se continuait.

— Il y a des fluctuations dimensionnelles.
— Quoi ?
— La plupart du temps, c’est le signe d’un générateur dimensionnel instable.
— Quoi ?
— Le générateur parcourt en permanence des dimensions. En fait, il y a une faille dimensionnelle préexistante et le générateur stimule l’instabilité de la faille, pour la maintenir ouverte et passer de dimension en dimension, un peu comme une radio qui chercherait une fréquence.
— Quoi ?
— Possible qu’Abban ait pas été enlevé sciemment. Possible qu’il soit tombé dans une micro-faille correspondante. C’est de la technologie aléatoire, mal maîtrisée, comme celui qu’on a au Bigsby Building. Abban est peut-être très proche et l’intensité des fluctuations brouille mes perceptions. Quant à Macha, possible qu’elle ait été déchargée par un bond dimensionnel trop brusque.
— Quoi ?
— Billy.

Chase s’était brusquement retourné vers l’insistant petit garçon. Dans la gueule du loup, la présence d’un guide encore plus perdu qu’eux n’était plus très utile. Le garçon, habitué à être ignoré, avait sursauté, mais son regard avait rapidement été captivé par celui du mentaliste. Au bout de quelques secondes, Billy hocha la tête et tourna les talons, pour partir en courant dans le tunnel, rejoindre les chevaux, en emprunter un et repartir vers la ville — un plan qui n’était pas vraiment le sien, à vrai dire. Ces ordres fort efficacement donnés, Chase se retourna vers Aishlinn et hocha la tête, pour indiquer qu’ils pouvaient continuer.

Quelques mètres plus loin, ils atteignirent une lourde porte en fer qui n’était pas sans rappeler les écoutilles d’un sous-marin. Chase murmura :

— Y a pas mal de monde de l’autre côté. Ce serait sans doute plus discret de se débarrasser de nos habits de cow-boys.

Quitte à se retrouver en chaussettes, mais au moins, il ne ferait pas claquer malgré lui les éperons de ses Santiags. Quelques secondes plus tard, Chase, de nouveau en habits de ville, fixait la porte en plissant les yeux.

— Je peux ouvrir ça mais ça risque d’attirer l’attention. Ce serait mieux de passer au travers. Je sais pas exactement à quoi ça ressemble de l’autre côté, mais dans cette direction, là…

Il désigna un point entre la porte et le mur.

— On dirait qu’il n’y a pas grand monde. Ce serait peut-être un bon endroit pour commencer, je crois.
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Message posté : Lun 31 Mar 2014 - 7:00 Message
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Non mais quelle connerie les réflexes à la con ! Chase parla de ses mains et, du coup, Aishlinn posa son regard sur les siennes, manquant de se cramer la rétine en se prenant la luminosité soudaine en plein dans la tronche. Soupir. Haussement d’épaules.

« Pas plus qu’une lampe d’ch’vet ! »

La lampe était même une meilleure option parce que, tenir un livre avec ce qui servait de source de lumière c’était tout sauf pratique. Et ne parlons même pas du moment où il fallait tourner les pages. Enfin, ça restait des suppositions puisque, chez elle, dans sa chambre, il y avait justement une foutue lampe de chevet qui servait à lire… Ce que, d’ailleurs, elle ne faisait jamais avant de dormir, ça va quoi, elle n’avait pas 50 ans ! Oui, lire pour s’endormir c’était sur le même plan que regarder Thalassa, faire des mots croisés ou mettre des charentaises.

Levant les yeux au ciel – au plafond. Bref, au truc métallique au-dessus d’eux – elle se retourna. Bon, c’est quoi maintenant ? Des boules quies. Il lui fallait des boules quies. Aishlinn devait avoir sensiblement la même réaction que le petit Billy. Mais, vas-y, qu’est-ce qu’il racontait ? Elle décrocha aux premiers mots, « fluctusionnelles », elle ne savait même pas ce que c’était. Mais, « Abban », le mot magique de son vocabulaire, la fit retrouver un semblant d’attention pour chercher à comprendre ce qu’il disait. L’irlandaise essayait d’associer les mots prononcés par Chase à quelque chose qu’elle comprenait pendant que Billy avait, soudainement, envie de quitter les lieux. Quand le mentaliste reporta son attention sur elle, Aishlinn secoua la tête dans un soupir.

« Sérieux, t’es vraiment pas normal com’type. »

Elle parlait de sa façon de s’exprimer, pas de la manière dont il s’était débarrassé de Billy – ça c’était une bonne chose. Le nouvel arrêt ne fut pas long mais, là, en revanche, elle comprit très bien – et très vite – quand il parla de se séparer de leurs vêtements. Limite, il n’avait pas eu besoin de finir sa phrase pour qu’elle se débarrasse de ce refuge pour maladies oubliées depuis des millénaires. En chaussettes, elle posa son regard sur la deuxième option : celle qui comportait le moins de personne. Ben, elle était bien obligée de faire confiance à Chase sur ce plan-là, puisqu’elle n’avait pas de super-vision comme son jumeau.

« Bon… bah, on y va. »

A Chase, elle ne tendait pas la main parce qu’on ne pactise pas avec l’ennemi ! Elle attrapa la manche du mentaliste, ce qui était bien suffisant comme contact pour traverser à l’endroit qu’il avait préconisé. Arrivant dans une nouvelle pièce, elle n’avait pas eu le temps de lâcher Chase qu’un type se retourna dans leur direction. Rectification, les yeux rouges laissaient plutôt penser à un cyborg. Ou à un robot, Chase avait parlé de robot, oui. Une arme braquée sur eux, le regard rouge lâcha un faisceau servant sûrement à les analyser. Aishlinn lâcha Chase pour qu’il retrouve sa consistance et se fasse analyser, pendant qu’elle restait dématérialisée. Elle était visible mais, il n’y avait rien de palpable à analyser alors, du coup, le truc se désintéressa très vite d’elle pour pointer son arme exclusivement sur Chase.

« Identité ? Planète ? Année ? »

Et comme il était face à une menace inconnue, son bras droit commença à se diriger vers un bouton qui servait à donner l’alerte. Jamais l’alarme ne fut atteinte, le robot se mit à répéter difficilement sa série de questions avant que ses yeux ne faiblissent et que le truc entier s’écroule au sol. Derrière lui, Aishlinn – qui avait pu bouger puisqu’il n’avait pas fait attention à elle – tenait un circuit imprimé dans les mains, qu’elle avait récupéré dans le corps du robot en dématérialisant sa main. Le regard de l’irlandaise se porta sur le circuit qu’elle avait dans les mains.

« Pas à chier, j’préfère les moteurs. »

Elle haussa les épaules en balançant le circuit en direction de Chase, si jamais il avait envie de voir comment c’était fait. Après tout, c’était son domaine, non ? Elle récupéra l’arme du robot, sans trop savoir à quoi elle servait, comment elle fonctionnait et les options qui étaient dessus. Si elle ne comptait pas s’en servir, sauf en cas d’extrême nécessite – tuer des robots, ce n’était pas vraiment de la violence – peut-être que ça pourrait intéresser Abban. Oui, parce qu’ils allaient le retrouver.

« ‘Tain, sérieux, ils pourraient faire des trucs plus légers quoi. » Elle soupira « C’truc doit faire au moins 6 tonnes et demi, quoi ! » Se tournant, elle remarqua deux portes. « Bon et maint’nant TomTom, ton GPS intégré, il dit quoi ? » Elle posa son regard sur l’arme. « Doit bien y’avoir un truc de masse là-d’ssus pour foutre tout l’monde chaos direct. »

L’optimisme naturel des jeunes, même quand ils ne comprenaient rien au symbole des différents boutons offrant de nombreuses options sur une arme. C’était un peu chiant quand même, parce que bon, entre jeter un jet d’eau et balançer une bombe nucléaire, il y avait une putain de différence.
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