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Réunir des opposés #Jay

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Message posté : Dim 2 Fév - 18:11 Message
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« Niles ? »
« Oui, madame ? »

Heather détourna la tête de la vitre de la voiture, cessant de regarder le paysage défiler pour poser son regard sur son chauffeur. Le même depuis… pff, elle avait l’impression de l’avoir toujours connu et c’est sûrement pour cette raison qu’elle avait finie par l’interpeler. Beaucoup de questions lui trottaient dans la tête en ce moment, beaucoup trop et, surtout, des questions qu’elle n’aurait jamais dû avoir à se poser. Il faut croire que voir la ville passer à travers une vitre de voiture lui donnait envie de s’interroger, d’interroger quelqu’un et d’avoir des éclaircissements mais le « madame » de Niles venait de lui rappeler que, même s’il était dans le paysage depuis longtemps, il restait un employé de son père. Elle ravala ses questions, qui de toute façon étaient trop personnelles pour être abordées avec quelqu’un d’autre que Jonas, et afficha un sourire.

« On arrive bientôt ? » Elle s’en fichait, il lui fallait juste une question passe-partout.
« Cela devrait être rapide, oui, à cette heure-ci, le trafic est fluide. »

Elle le remercia et reporta son regard dehors, assise à l’arrière de la berline qui la ramenait chez elle. A côté d’elle, une boite avec une robe à l’intérieur, pour un gala approchant, qu’elle venait d’acheter. Enfin, que sa carte de crédit alimentée par papa Cooper venait d’acheter. L’approche d’un tunnel, très étrangement la fit sourire. Tunnel, voiture, chauffeur, princesse Diana… Café dans le quartier du front de mer. Elle secoua la tête avant de délaisser à nouveau la vue en sentant son téléphone vibrer et, ne se préoccupant plus de l’extérieur elle afficha le message qu’elle venait de recevoir mais, elle n’eut pas le temps de le lire.

Niles s’était engagé dans le tunnel, sans trop de voitures, quand une sorte de tremblement se fit sentir suite à un éboulement. Sur le coup, elle était bien incapable de dire ce qui se passait. En fait, elle avait la tête baisser sur l’écran de son téléphone quand Niles perdit le contrôle de la voiture, freinant le plus fort possible et passant malgré lui sur la voie d’en face. Ça avait été tellement vite qu’elle n’avait pas eu le temps de relever la tête que le chauffeur se retrouva à emboutir un pick-up venant en face. La trentenaire, face au choc – bien diminué par le fait qu’il avait eu le réflexe de freiner –, se retrouva avec le haut de la tête percutant l’appuie tête du siège passager. Il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre plusieurs choses : 1, ils venaient d’avoir un accident. 2, elle venait de se péter l’arcade sourcilière. 3, …

« Niles, vous allez bien ? » Lui s’était éclaté le nez sur le volant mais, à part ça rien à signaler.
« oui, je vais bien. Et vous ? » En fait il chercha à détacher sa ceinture pour faire le tour et aller voir de lui-même comme elle allait. « Je suis coincé. »
« ça va, je vais bien. » Juste un peu la tête qui tournait. Son regard se porta sur l’avant de la voiture et comme aucune fumée suspecte ne se faisait voir, elle estima qu’il n’y avait pas urgence pour aider Niles. « Je reviens, je vais voir comment va l’autre chauffeur. »

Niles protesta mais, il n’était pas son père alors il pouvait bien le faire qu’elle ferait quand même ce qu’elle avait dit. Une quinte de toux se fit entendre venant de la trentenaire quand elle sortit de la voiture, l’éboulement, de part et d’autre du tunnel, avait dégagé une poussière assez dense. Les seules lumières provenaient des phrases des voitures et de l’éclairage de secours vacillant, le tout restant assez opaque à cause de la poussière. Elle passa la manche de son pull – qu’elle avait tiré un peu – sur son arcade, et s’approcha du pick-up, côté conducteur. Ce n’est que quand elle aperçut un homme qu’elle se décida à parler.

« Est-ce que ça va ? » Nouvelle toux, foutue poussière. « Vous êtes blessé ? Je suis désolée. » En même temps ce n’était pas elle qui conduisait et, pas elle qui avait provoqué cette situation. « Je ne sais pas ce qui s’est passé mais… » Mais on s’en foutait. « Ça va ? »

Oui elle se répétait mais, en fait elle s’inquiétait vraiment de l’état de santé du conducteur du pick-up. Ils venaient de lui rentrer dedans, de ce qu’elle avait compris alors, d’une certaine manière, elle se sentait un peu responsable.
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Message posté : Mar 4 Fév - 21:53 Message
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Jay avait déjà emprunté cette route des dizaines de fois, ce n'était donc pas inhabituel pour lui de s'enfoncer sous terre pour rejoindre plus rapidement la maison qu'il partageait avec le reste de sa fratrie. Pas qu'il soit pressé de revoir les sales trognes de sa famille, mais disons que c'était une habitude. Rentrer directement chez soi, comme les gamins qui sortaient de l'école. Le trafic était fluide aujourd'hui, la plupart des personnes devaient encore être au travail. Il s'était donc engage dans le tunnel sans aucune appréhension, mais autant dire que lorsqu'il entendit un grondement sourd avant que des tremblements ne commencent à agiter la voiture, Jay comprit que quelque chose buguait. Il n'eut pas le temps de réagir que déjà le type devant lui freinait à mort comme pour éviter un obstacle sur la route. Il dût piler pour éviter de lui emboutir l'arrière, mais le type derrière lui devait avoir moins de réactivité puisqu'un brusque choc se fit sentir, repoussant le pick-up de quelques centimètres. Bien sûr, le texan ne portait pas sa ceinture, mais le fait que le véhicule soit arrêté lui évita de gros dégâts. Ce n'est qu'en levant les yeux qu'il comprit que les choses se présentaient sous un angle plutôt inquiétant. Jurant entre ses dents, Jay constata que la semi-obscurité qui avait envahi le tunnel en même temps qu'une masse de poussière ne pouvait signifier qu'une chose : il y avait eu un éboulement.

« Bordel de merde. »

Il était à la fois énervé parce que son précieux pick-up venait de se faire emboutir alors qu'il avait réussi à être épargné par l'éboulement du tunnel, mais aussi parce qu'il avait une putain de poisse. Combien de chances y avait-il pour qu'il passe sous ce tunnel pile au moment où il décidait de s'écrouler ? Franchement, il avait dû faire un génocide de petits pandas dans une autre vie pour que le destin s'obstine à ce point à lui rendre la vie compliquée. Évidemment, le texan avait gardé la fenêtre ouverte pendant qu'il roulait ce qui voulait dire que toute la poussière était entrée. Même si le véhicule était déjà crade de base, il se serait bien passé de se remplir les bronches avec toute cette merde, déjà qu'il fumait rarement. Quoi qu'il en soit, les choses se présentaient sous un angle inquiétant et Jay s'apprêtait à quitter sa voiture lorsqu'une gonzesse se pointa tout à coup à côté du pick-up. Le texan lui jeta un regard quelque peu accusateur vu que dans son esprit, si elle venait de derrière c'était forcément elle qui lui était rentrée dedans. Quoi de plus logique vu que c'était une nana ? Femme au volant, mort au tournant comme le dit si bien l'adage ! Une chance que ce putain de tunnel filait en ligne droite. Voulant tout d'abord lâcher un soupir lassé, Jay se retrouva à tousser à cause de la poussière qui retombait encore, à croire qu'ils étaient dans un film post-apocalyptique ! Il ne restait qu'à espérer qu'il n'y avait pas de zombies dans le coin, au pire des cas il leur filerait la gonzesse qui attendait toujours sa réponse.

« Tu l'as déjà demandé. » Ça ne répondait pas à la question, mais il s'en foutait. Évidemment le tutoiement s'était fait automatiquement. « Pousse-toi, la porte est coincée. »

Il lui laissa à peine deux secondes pour se décaler, le temps de changer de position, puis expédia un coup de pied dans le bas de la portière qui s'ouvrit brutalement. Mieux valait ne pas être devant, effectivement ! Sans se soucier de savoir si elle allait bien, elle avait du sang donc logiquement non, Jay s'extirpa de sa voiture avant de regarder autour d'eux. Il y avait plusieurs voitures coincées comme eux et apparemment d'autres blessés. Reportant son regard sur la gonzesse, Jay constata qu'il avait affaire à une petite minette comme celles qui avaient le don de lui taper sur le système. Super ! Il n'y avait qu'à espérer qu'elle retournerait rapidement se planquer dans sa caisse hors de prix et qu'elle lui lâcherait les baskets. Histoire de s'assurer que ce soit le cas, il reprit d'un ton un peu rogue.

« Tu devrais retourner dans ta caisse et attendre qu'ils viennent te sauver. » Il ne s'incluait pas dedans, bien évidemment. « Mais vu que tu sais pas conduire, évite de redémarrer parce que j'accepterai pas de me faire emboutir une deuxième fois. » Oui il l'avait vraiment mauvaise d'avoir son bébé ainsi abîmé ! « T'as pas un téléphone ou une connerie du genre pour appeler les secours ? »

Logiquement tout le monde en avait un, mais pas lui. Il ne savait même pas si c'était possible de téléphoner dans les tunnels ou si ça coinçait, allez savoir. Avec les technologies tout allait bien jusqu'à ce que vous essayiez de vous en servir, là tout foirait ! Comme avec les gonzesses en fait. Elles allaient bien avec du coup !
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Message posté : Mer 5 Fév - 9:37 Message
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Oui, elle l’avait déjà demandé mais, en même temps, elle n’avait toujours pas de réponse. Au moins il répondait donc, s’il avait quelque chose, ce n’était pas trop grave. On se rassure comme on peut. Heather ne se formalisa pas tellement pour le tutoiement, d’une certaine manière elle y était habituée à cause des jeunes qu’ils pouvaient croiser lors de sorties de quartier, ou avec les enfants de l’orphelinat dans lequel elle se rendait régulièrement. L’homme n’avait rien d’un enfant ou d’un adolescent mais, étant donné la situation, elle avait bien d’autres choses à penser que la manière dont il s’exprimait comme, par exemple, se pousser. La trentenaire avait à peine eu le temps de faire un pas pour se pousser que la portière s’ouvrit assez violemment suite au coup que l’homme avait mis dedans. Penser à aller jouer au loto, elle avait déjà bien de la chance de ne pas s’être retrouvée sous l’éboulement – toujours positiver –, de ne pas avoir eu d’accident grave et, maintenant, elle venait d’échapper à l’attaque d’une portière !

Ce n’était pas la politesse qui étouffait cet homme, en tout cas. Le fait qu’il lui demande de retourner dans sa voiture à attendre les secours, en fait elle trouvait ça très logique. C’était une femme et, donc, pas apte à gérer une situation de crise – merci l’éducation conservatrice de ses parents. C’était plus le ton qu’il employait que la teneur de ses propos qui était impoli mais, bon courage pour tenter de voir une expression d’agacement chez la trentenaire. Elle n’avait pas de sourire sur le visage parce que la situation ne s’y prêtait pas mais, elle n’avait pas non plus le moindre signe de contrariété face à ce qu’il venait de dire.

« Vu les circonstances un peu exceptionnelles de la situation, je suppose qu’il est excusable de perdre le contrôle de son véhicule. » Elle ne se défendait pas en disant ne pas être la conductrice. Niles devait déjà s’en vouloir et flipper des réactions de la famille Cooper quand ils apprendront qu’il avait mêlé Heather à un accident de voiture. Autant éviter qu’un autre type lui tombe dessus parce que son pick-up avait été embouti. « Je ne me souviens pas, en cours de conduite, d’avoir appris à réagir face à un éboulement. » Le ton était super-calme, en rien critique ou agressif mais les paroles laissaient seulement entendre qu’il convenait d’être un peu tolérant face à la situation. Entre temps Heather avait attrapé son smartphone, sans réseau – évidemment – qu’elle leva légèrement pour le désigner. « Pas de réseau, c’est juste bon à faire de la lumière. » D’un autre côté ils étaient dans un tunnel donc ce n’était pas très étonnant. « Mais je doute que l’éboulement soit passé inaperçu, quelqu’un à déjà du prévenir les secours. »

Au risque de se répéter : toujours positiver. Heather était le genre de personne à se dire, quand sa tartine tombait au sol du côté confiture, que c’était qu’elle ne devait pas la manger, voilà tout. Évitant d’inspirer trop fort à cause de la poussière elle regarda autour d’elle, même si on n’y voyait pas grand-chose. Bon, des gens allaient sûrement se mettre à paniquer, il y en avait toujours. Du coup, le mieux était sûrement d’essayer de voir s’il n’y avait pas un moyen de sortir d’ici.

« Je vais regarder s’il y a une issue pour sortir d’ici. » Et elle rencontrerait sûrement des blocs de pierre pour lui barrer le passage : des bras ne seraient pas de trop pour l’aider en cas de besoin. « J’aurais sûrement besoin d’aide, vous savez, en cas de porte coincée. Si vous voulez bien venir. » Après tout, elle n’était qu’une pauvre petite femme sans la moindre force. « Enfin, sauf si… » Elle désigna la voiture d’un geste de la main. « Vous préférez attendre dans votre voiture que les secours arrivent. Je comprendrai. »

Elle ne croyait pas une seule seconde que l’homme soit du genre à attendre tranquillement dans sa voiture – après tout, il ne s’était pas inclus dans les personnes à sauver – mais, si l’éducation et le caractère de la trentenaire lui avaient bien appris quelque chose, c’était à cerner les gens rapidement. Et là, dans la situation actuelle, elle avait estimé que le meilleur moyen d’avoir de l’aide, c’était encore en lui disant qu’il ne pouvait attendre sagement comme il aurait pu demander à une femme de le faire. Il n’y avait même pas un ton de défi dans la voix d’Heather, comme si sa question était la plus naturelle et innocente du monde. Cherchant l’application lampe torche sur son téléphone portable, elle avait fini par hausser les épaules.

« C’est comme vous voulez. »

Toujours donner le choix aux personnes ou donner l’impression de ne pas chercher à les influencer. Après elle pouvait complètement se planter sur la manière qu’il avait de réagir, tout ce qu’elle savait de lui c’était deux ou trois phrases qu’il avait balancées.
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Message posté : Mer 5 Fév - 15:33 Message
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Jay s'était attendu à ce que la gonzesse l'envoie paître en l'informant qu'ils ne vivaient plus au siècle dernier, un peu comme toutes les féministes qui s'imaginaient que parce que certains types avaient admis qu'elles puissent éventuellement être l'égal de l'homme, tout le monde pensait de la même manière. Il était évident que le texan, avec son caractère de merde et ses manières de paysan, n'envisageait pas une seule seconde que cette nana soit capable d'autre chose que de pondre des gamins et les élever – et encore, uniquement si le papa avait un droit de regard dessus pour éviter d'en faire des féministes. Bref, c'était donc assez surprenant qu'elle reste neutre face à un tel discours, mais ce n'était pas pour autant que le trentenaire allait faire preuve de gentillesse ou de compréhension parce qu'il n'était pas tombé sur une emmerdeuse. L'excuse qu'elle lui balança ne fut pas acceptable selon les critères très sommaires du texan : lui avait réussi à piler avant de rentrer dans la bagnole face à lui, non ? C'était la preuve que c'était une chose aisément réalisable à condition d'avoir un gène Y dans le tas bien sûr. Et comme pour montrer qu'elle était réellement inutile, la bimbo – oui, il avait décidé que s'en était une – sortit un téléphone de sa poche en l'informant qu'il était inutilisable. Et bien, ça servait d'avoir le must de la technologie si à côté vous n'étiez même pas capable de passer un simple coup de téléphone ! Mais bon, la logique et les femmes, ça faisait dix.

Jay détourna finalement son regard de la gonzesse, cherchant comment lui rabattre le caquet et l'inviter, pour de bon, à retourner dans sa bagnole. Mais elle le prit de court en reprenant la parole pour l'informer du fait qu'elle allait chercher une sortie dans le coin. Il songea à lui dire que c'était inutile, mais au fond, le texan n'en savait rien. Non, ce qui le contrariait réellement, c'était qu'il avait lui-même prévu de fouiller la zone pour essayer de trouver un moyen de sortir le temps que son pick-up soit libéré, mais cette nana avait réagi avant. Une chose était sûre : Heather savait s'y prendre avec les gens, parce qu'elle dit exactement ce qu'il fallait pour pousser Jay à la suivre. Son esprit contradictoire le poussait à faire le contraire de ce que l'on attendait de lui, c'est donc après avoir secoué la tête qu'il se dirigea vers elle.

« Je compte pas attendre bêtement qu'on vienne nous dégager. Les types des secours sont des crétins doublés d'incapables, si on doit attendre de sortir d'ici avec leur aide, on a le temps de crever une dizaine de fois de vieillesse. »

Comme ça le ton était donné ! Heather pourrait voir que Jay râlait et se montrait désagréable avec tout le monde et pas uniquement avec les femmes. Inutile de préciser que ce n'était pas parce qu'il acceptait de venir avec la jeune femme qu'il allait forcément se montrer plus aimable avec elle ! Le trentenaire avait un don pour prendre les choses du mauvais côté – et plus précisément avec sa sœur. Heather allait rapidement le découvrir. Après s'être hissé à la hauteur de la demoiselle, le texan reprit la parole d'un ton toujours aussi rogue.

« Ça sert vachement d'avoir un téléphone s'il ne sert même pas à passer un coup de fil. » Le fait que c'était dû à un manque de réseau semblait lui passer au-dessus de la tête. « Et j'étais aussi pris dans l'éboulement au moment où je roulais, je suis pas rentré dans la voiture devant moi pour autant. » Il lui décrocha un regard qui exprimait clairement ce qu'il pensait de cette situation. « Faudra peut-être songer à prendre des cours de conduite hors des parkings de magasins. »

Parce qu'il était évident qu'une femme passait son temps libre à acheter des choses inutiles dans les magasins hors de prix. Une chance que la génitrice des Lane soit trop volumineuse pour pouvoir entrer dans la voiture, ça évitait qu'elle ne dépense tout l'argent de la famille. Quoi qu'il en soit, après ces quelques paroles le trentenaire n'attendit pas de savoir ce que sa compagne d'infortune allait décider de faire et se mit à avancer. L'éboulement avait eu lieu des deux côtés et une partie des gravas était tombée à l'intérieur. Heureusement les voitures avaient été épargnées, mais ça ne signifiait pas qu'ils étaient à l'abri pour autant. Si c'était à cause d'un tremblement de terre il pouvait y avoir une réplique qui compliquerait grandement la situation, sauf que Jay préférait éviter d'y songer. Il regarda autour d'eux, presque tous les occupants des voitures étaient sortis et plusieurs échangeaient vivement des paroles qui semblaient chargées d'inquiétude. Le texan soupira avant de se diriger vers le mur du fond.

« Logiquement il y a des portes sur les côtés, ça remonte jusqu'à l'extérieur dans une ruelle du coin. C'est par là que les types de l'entretien passent. » Il tourna la tête vers la jeune femme. « T'as au moins des chaussures pour marcher normalement ? Si tu te casses la cheville, compte pas sur moi pour te porter. »

La situation était posée, à Heather de voir si elle continuait sur cette voie ou non.
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Message posté : Jeu 6 Fév - 15:11 Message
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Heather se garda bien de sourire, se contentant de hocher la tête à la décision qu’il avait pris de ne pas attendre dans sa voiture. Un peu comme si cette décision était la sienne à lui, et qu’à aucun moment elle n’avait cherché à influencer ce choix. Apparemment, elle n’était qu’une femme et, à partir de là, il était évident qu’elle ne pouvait lui imposer une décision. Enfin c’était de cette manière que ça devait fonctionner dans l’esprit de l’homme, selon Heather. Du coup, le tout était de ne pas chercher à se montrer trop directive. Ce qui était certain, en revanche, c’est qu’il semblait avoir une mauvaise opinion de tout le monde, elle était presque certaine qu’il trouverait le moyen de critiquer la personne la plus irréprochable. Le mieux était encore de ne pas chercher à défendre le boulot des secours, histoire de ne pas le braquer en moins de deux minutes. Elle baissa la tête vers son téléphone face aux critiques de l’inconnu et se retrouva à hausser légèrement les épaules.

« Je suis assez d’accord, la technologie ce n’est pas très au point. » Relevant la tête qu’elle secoua, elle balança légèrement une main. « Comme les autoradios dans une voiture. Le moindre tunnel et, poufff, plus de musique. » Ça c’était juste histoire de dire que c’était normal de ne pas avoir de réseau sous un tunnel mais elle avait balancé ça comme un exemple au hasard. « Et, vous devez avez de bien meilleurs réflexes. » … Que son chauffeur mais elle garda ça sous silence, pour répondre à ce qu’il venait de dire.

Heather se contenta d’un haussement d’épaules dans un hochement de tête à l’idée de devoir prendre des cours hors parking. Elle n’allait pas lui dire qu’elle allait le faire alors, autant le laisser penser ce qu’il voulait. Ce n’était pas comme si c’était vraiment elle qui lui était rentrée dedans, du coup, elle ne pouvait pas réellement se sentir concernée par ce qu’il venait de dire. Pas de raisons de se vexer. Elle suivit le mouvement vers le mur du fond, pendant qu’il expliquait un truc sur les sorties de secours.

« Bonne idée. » Le ton avait été un peu plus enthousiasme. En fait, d’une elle trouvait que c’était réellement une bonne idée. Deux, son éducation faisait que c’était un réflexe d’encourager les gens quand ils avaient des idées exploitables. « Si jamais je dois me casser la cheville, il est préférable de me laisser ou je suis de toute façon. Parce que, je vais avoir mal, je vais me mettre à chouiner, puis à me plaindre tout le temps. Enfin, ça ne sera agréable pour personne. »

Ce n’était pas vrai, parce qu’elle n’était pas du genre à se plaindre mais, ça ne devrait pas l’étonner d’entendre ce genre de discours. Le discours était ironique mais c’était perceptible pour ceux qui la connaissaient parce que le ton ne l’était absolument pas. Elle avait dit ça, comme elle aurait pu dire autre chose, en fait. Puis elle avait préféré aller dans ce sens-là plutôt que lui expliquer que les talons, sur lesquels elle marchait, étaient parfaitement adaptés à toutes les situations. En fait, lui mettre des baskets était bien plus dangereux tellement elle n’y était pas habituée. Elle laissa l’homme ouvrir la porte de secours, avec l’éboulement les murs avaient légèrement bougé obligeant d’y mettre un peu de force pour l’ouvrir. Chose qu’elle n’aurait pas été capable de faire, même avec beaucoup de volonté.

Entrant dans un couloir éclairé par quelques lumières de secours faiblardes, à la suite du trentenaire, Heather avait à peine fait quelques pas qu’un bruit d’éboulement se fit entendre derrière eux. En fait, en ouvrant la porte, le mur qui l’entourait avait été un peu affaibli créant une chute de pierres qui venait de bloquer l’endroit par lequel il était arrivé. La Cooper trouvait toujours le moyen de se dire qu’ils auraient pu être en dessous, cela dit, il y avait une chose qu’elle souhaitait :

« J’espère que la sortie ne sera pas condamnée. »

Autant être clair, elle n’était pas super enchantée à l’idée de se retrouver enfermée dans un couloir – qui pouvait aussi s’effondrer – avec un type comme lui. Elle se garda, cependant, de le faire comprendre. Pointant son téléphone sur le sol pour mieux éclairé le chemin, elle continua d’avancer. L’issue de secours n’était, finalement, peut-être pas une si bonne idée parce que, si la sortie avait été dégagée cela aurait été bien trop facile, n’est-ce pas ? Son téléphone – qui soi-disant ne servait à rien – éclaira un amas de trop gros cailloux bloquant la sortie.

« Je suppose qu’il n’y a pas d’issue de secours dans une issue de secours ? » Question rhétorique, elle laissa passer un soupir en s’avançant vers ce qui bloquait le passage. Évidemment qu’elle avait essayé de pousser sur les blocs de pierre, c’était un réflexe mais, comme c’était imaginable, ça ne bougea pas d’un pouce. « C’est là que vous me dites que vous êtes une de ces personnes avec des super-pouvoirs et que vous avez une solution pour ça. »

Elle s’était tournée vers lui et désigna les pierres d’un mouvement de main. En réalité, il était préférable qu’elle ne soit pas en face d’une personne avec des pouvoirs : bonjour le cas de conscience après. Elle leva son téléphone à la recherche d’un semblant de réseau, ce qui lui paraissait plus réaliste que d’être, comme par hasard, avec un type capable de pousser un poids conséquent.
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Message posté : Jeu 6 Fév - 20:07 Message
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La précision qu'Heather avait lancée à propos des radios qui ne fonctionnaient pas dans les tunnels tomba à plat. Jay n'était pas un amateur de musique et la radio dans sa voiture ne servait strictement à rien, il aurait donc été parfaitement incapable de répondre quoi que ce soit à ce propos. La gonzesse avait décidé de lui emboîter le pas et le trentenaire la laissa se dénigrer, trop heureux d'avoir enfin trouvé une nana capable de se rendre compte toute seule qu'elle était tout bonnement inutile. Peut-être qu'il avait eu de la chance dans son malheur ? Même si l'idée de tomber dans ces emmerdes avec des types dans son genre était plus enthousiasmante, au moins n'était-il pas coincé avec une pimbêche tout juste bonne à râler. Bien évidemment, l'idée qu'elle entrait dans son jeu pour éviter de le braquer ne lui effleura pas une seule seconde l'esprit. Jay était de ces personnes aisément manipulation pour la bonne et simple raison qu'il était toujours franc et naturel. Pas forcément d'une bonne manière – les gens n'aimaient pas toujours entendre la vérité dans certains cas – et cela le rendait quasiment incapable de détecter l'ironie. Sauf lorsque ça venait de sa sœur bien évidemment, là c'était plutôt l'opposé : il voyait toujours des critiques même lorsqu'elle se contentait de lui parler normalement.

Il passa donc devant pour ouvrir la porte de secours qui résista un peu en raison de l'éboulement. Jay s'assura simplement qu'il ne risquait pas de se retrouver avec tout le plafond sur la tronche puisqu'à l'instant présent il était comme n'importe quel humain, son pouvoir n'étant pas nécessaire pour débloquer l'huis. Ils entrèrent donc dans ce qui ressemblait à une espèce de couloir mal éclairé. Super glauque, mais prometteur si l'on considérait que c'était la seule manière de sortir de ce trou à rats. Le texan s'avança dans le corridor jusqu'à ce qu'un bruit peu engageant se fasse entendre. Tournant la tête vers la porte, il vit quelques cailloux rouler à l'intérieur, indiquant que, malheureusement pour eux, ils venaient de se faire enfermer. Super ! Seul avec une gonzesse, les pires instants de sa vie à n'en pas douter. Bref, après avoir lâché un soupir lassé devant la poisse qui le poursuivait, le trentenaire emboîta le pas à la nana dont il ignorait toujours le prénom. Finalement, son téléphone n'était pas si inutile que ça ! Comme elle éclaira une masse de cailloux face à eux, ce fut tout de suite pour tenir un discours défaitiste. Il lui décrocha un regard un peu contrarié, se demandant s'il avait affaire à une nana qui ne supportait pas les mutants comme lui. Rien qu'à cause de ça, il avait envie de les sortir de là pour lui fermer le caquet. Comme elle s'éloignait, Jay s'approcha du tas de pierres et testa la solidité de l'ensemble.

« Pourquoi ? Ça te ferait tellement chier que ce soit le cas ? » Question rhétorique vu qu'il enchaîna aussitôt. « Et là tu vas me dire que t'es une de ces personnes qui détestent les individus avec des super-pouvoirs, c'est ça ? »

Au fond, il s'en foutait. Et c'est pourquoi il ne se fatigua pas à essayer de la ménager, activant son adrénaline pour que tout le reste se mette en marche. Avec soixante tonnes de force, il devait bien réussir à leur dégager quelque chose non ? Fermant le poing, sans prendre garde à ce que l'autre pourrait bien lui dire, Jay commença par frapper la zone la plus dégagée de l'amas. Il avait beau être con, il ne voulait pas se retrouver avec toute la galerie sur le coin de la gueule, se montrer prudent était donc plus que conseillé ! Bien évidemment, sous un pareil choc les morceaux de mur éclatèrent en petits morceaux. Comme Jay se trouvait devant, la jeune femme fut épargnée des éclats et lui ne subit aucun dégât en raison de sa résistance accrue. Malheureusement, ce simple geste fut suffisant pour provoquer un nouveau mouvement et si cela dégagea en partie la porte de sortie, l'intégralité de la galerie se mit à vibrer avant de s'immobiliser à nouveau. Levant les yeux vers le plafond, le trentenaire baissa à nouveau son poing plein de poussière avant de tourner la tête vers la gonzesse.

« Je me plante peut-être, mais j'crois pas que ce soit une excellente idée de sortir pas ici. Je peux toujours essayer de dégager le reste pour ouvrir la porte, mais après on risque de se taper la moitié de la galerie sur le coin de la gueule. » Il haussa les épaules comme si l'idée ne le contrariait pas vraiment. « Ou alors le reste du tunnel pourra s'écrouler. Ça me ferait chier parce que j'ai pas franchement envie de changer mon pick-up. » Les autres survivants n'entraient pas en ligne de compte. « Une autre idée brillante ou je continue ? »

Parce que forcément, c'était elle qui avait suggéré de pousser les blocs de pierre, pas lui ! S'ils se retrouvaient coincés sur les débris, ce serait donc par sa faute à elle et non la sienne. Jay, ou l'art de se débarrasser de toutes les responsabilités.
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Message posté : Ven 7 Fév - 14:15 Message
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En fait, elle avait dit ça comme elle aurait pu lui demander s’il avait les clés d’une serrure, s’ils s’étaient retrouvés face à une porte verrouillée. Cela dit, puisque la question se posait : oui ça l’emmerderait d’être avec quelqu’un qui avait des pouvoirs. Enfin, elle s’en fichait un peu mais, s’ils arrivaient à sortir grâce à des pouvoirs, ça soulèverait des questions de la part de son entourage – une fois qu’ils seront au courant de ce qui s’était passé dans le tunnel – auxquelles elle n’aurait pas envie de répondre. En tout cas dans l’esprit d’Heather les choses étaient assez claires : Un, ils allaient forcément s’en sortir. Deux, Papa-Bruce serait au courant de l’accident. Trois, on demanderait à Heather comment elle s’est sortie d’une issue de secours qui était condamnée par des pierres bien trop lourdes, parce que Niles devait bien l’avoir vu partir et regarder la direction qu’elle avait prise. Quatre, elle ne se voyait pas expliquer que sa libération était due à une personne avec des pouvoirs, ce qui ne serait pas au goût de son père.

Comme il ne cherchait pas réellement à entendre de réponses à ses premières questions, elle préféra se taire en continuant sa quête de réseau. Dans le doute il était préférable de se taire parce que, forcément, même enfermés tous les deux, elle tiendrait le même discours que sa famille. Faudrait réellement qu’elle estime n’avoir aucune chance de survie pour se mettre à aborder le sujet avec franchise et, en éternelle optimiste, il y avait peu de chances pour en arriver là. Le truc c’est que, ce qu’elle avait dit sans réellement être sérieuse, se trouvait être une vérité. Non parce qu’humainement, ce n’était pas réellement possible de mettre un coup avec une telle force dans ce qui les empêchait de sortir ! Elle profita d’être derrière lui pour écarquiller un peu les yeux, en se disant que, finalement, elle n’était peut-être pas poursuivie par la chance. Expression qu’elle abandonna bien vite pour se retenir en tendant le bras vers une paroi quand le sol trembla à nouveau face à l’impact. Définitivement pas humain.

Bon, nouvelle stratégie : dans le doute, ne surtout pas donner son nom de famille. C’était plus prudent. C’est toujours calme et sans sembler contrariée qu’elle écouta les explications de l’homme. Ah, ben, maintenant on en était à demander l’avis de la femme ? Bravo ! Sans parler du fait que si elle s’inquiétait pour les autres occupants du tunnel, lui ne se préoccupait que de son pick-up. Et après on se demandait pourquoi sa famille n’aimait pas les Supers, avec des gens comme lui on alimentait un tas d’articles pour expliquer la mauvaise gestion d’un pouvoir. Elle secoua la tête.

« Non, laissez, on va éviter de risquer un éboulement. Déjà que l’arrière de votre véhicule est endommagé, ça serait dommage de provoquer plus de dégâts. » Le ton n’était toujours pas ironique, il restait calme et assez neutre en fait. Bien qu’elle se fichait complètement de l’état de son pick-up. « Là, dans l’immédiat, j’ai bien peur que ma seule brillante idée, soit d’attendre que les secours arrivent pour sécuriser la zone. »

Elle était déjà capable de se sentir responsable parce que Niles avait embouti Jay, ça serait vraiment pire si le tunnel venait à s’écrouler sous les coups de Jay. D’ailleurs en parlant de l’attaque qu’il avait commise sur l’éboulement, elle désigna son poing d’un mouvement de tête.

« Comment va votre main ? » Et elle se garda bien d’avoir un geste pour prendre la main du type et regarder par elle-même. L’envie ne lui manquait pas mais, de son avis, ça risquait d’être mal interprété. « A la force où vous êtes capable de taper, j’espère que vous avez la consistance qui va avec. »

Le ton n’était pas critique, il y avait un fond d’inquiétude en réalité. Ce n’était pas le tout de frapper fort, quand bien même elle serait capable de le faire, ses os ne résisteraient même pas à l’impact. Il n’aurait pas fallu qu’il se fasse mal en voulant les sortir d’ici, surtout que ça n’avait pas fonctionné et la légère obscurité l’empêchait de voir par elle-même. Elle inspira légèrement histoire d’éviter de respirer trop de poussière d’un coup.

« Pour ce que j’ai dit tout à l’heure, ce n’était pas très malin, c’est seulement la première chose qui m’est passée par l’esprit. » Qu’il prenne ça comme il voulait, ça n’avait pas de réellement importance mais, c’était bien des excuses. Elle secoua légèrement la tête histoire de ne pas s’éterniser sur le sujet avant de reporter son attention sur la sortie qui était bouchée. « Je m’appelle Heather. »

Quitte à rester bloqué ici, autant lui filer un prénom. En fait, il pouvait rester aussi désagréable qu’il le voulait, qu’elle trouverait toujours le moyen de rester sociable. Cela dit, elle n’allait pas jusqu’à lui retourner la question pour savoir son prénom, autant qu’il garde le choix de le donner ou non. Si elle lui demandait elle se voyait déjà avec une réponse comme « Qu’est-ce ça peut te foutre. »
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Message posté : Ven 7 Fév - 19:03 Message
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Une fois de plus, l'indifférence qu'Heather pouvait avoir face aux priorités de Jay ne fut pas remarquée. Vu qu'elle n'avait pas adopté le ton irritant des nanas désireuses de vous contrarier, il considérait que c'était parce qu'elle était d'accord avec lui. Point barre. Pour une fois qu'une gonzesse faisait autre chose que d'essayer de le contrarier, le texan se voyait mal lui renvoyer des critiques en plein visage. C'était un peu con à dire, mais le meilleur moyen de ne pas se mettre Jay à dos était, au final, de rester parfaitement calme et de ne surtout pas le provoquer. Une attitude que peu de femmes – ou même hommes – acceptaient d'avoir, mais qui avait un effet direct. Le texan lâcha un soupir agacé à l'idée qu'ils doivent patienter jusqu'à ce que les secours ne viennent régler le problème. Est-ce qu'elle avait entendu ce qu'il pensait de ces personnes ? Inutile de dire que s'il n'y avait pas eu son pick-up, puis le risque de se ramasser la totalité de la galerie sur le coin de la gueule, il aurait testé la sortie par la force. La présence de la jeune femme n'entrait absolument pas en ligne de compte évidemment, qu'elle puisse se faire écraser dans l'éboulement ne l'inquiétait franchement pas. C'était elle qui avait décidé de venir ici avec lui, qu'elle assume !

Il resta donc silencieux alors qu'elle reprenait en s'interrogeant sur l'état de sa main. Quoi ? Elle pensait peut-être que s'il venait de se péter la main, il resterait là à discuter calmement – oui, parce que c'était calme ? Elle n'avait pas tort. Le texan n'avait pas toujours eu cette résistance améliorée et au début, à frapper à « seulement » deux tonnes de force, il s'était plusieurs fois brisé les os de la main en s'attaquant à une matière trop dure, comme un béton par exemple. La remarque sur ce point ne tarda pas à arriver.

« Ouais, c'est compris dans le lot. C'était en promotion. » Il ne comptait pas lui donner tous les détails pour autant. « Ce serait con de pouvoir frapper, mais de pas pouvoir le faire sous peine de se péter la main. »

C'était parfaitement logique ! Pour Jay, les choses étaient claires : il n'avait jamais cherché à travailler son pouvoir avant d'entrer au Circus pour la bonne et simple raison qu'il ignorait comme cela fonctionnait. Depuis qu'il s'entraînait de manière plus ou moins poussée, le texan avait clairement développé sa maîtrise de son don et celui-ci commençait à lui donner des possibilités vraiment intéressantes. C'était donc uniquement sa faute, puis celle d'une partie de sa famille, s'il n'avait pas cherché à le développer davantage avant ce jour. Bien entendu, l'idée qu'elle puisse réellement s'inquiéter pour lui ne lui effleura pas une seule seconde l'esprit. Si elle lui posait la question, c'était uniquement parce qu'elle craignait de devoir pousser les prochains blocs de pierre qu'ils rencontreraient. Bref, ce sujet était réglé, du moins pour lui.

« T'as pas à flipper, je vais pas te demander de pousser les prochains rochers parce que je me suis cassé un ongle. »

Une critique machiste, mais elle devait certainement s'y attendre ! Le trentenaire lâcha un nouveau soupir, agitant légèrement la main pour repousser la poussière volatile qui lui donnait envie d'éternuer. Saleté d'endroit, quelle idée avait-il eu en acceptant de venir ici ! Bordel ! La jeune femme reprit alors la parole pour justifier l'idée qu'elle avait lancée juste avant, puis se présenta. Mouais. Dans une heure, voire avant, il aura oublié ce prénom et vu qu'il ne comptait pas donner le sien, l'affaire était réglée. Ce n'était pas par impolitesse, mais plutôt par habitude. Terry répétait souvent que donner son nom, c'est faciliter l'identification en cas d'emmerdes. Parce qu'en effet, les Lane étaient des spécialistes des situations d'emmerdes. Jay haussa les épaules.

« Ouais, cool pour toi. » C'était mieux que d'être impoli, même si ce n'était pas vraiment ça. « Bah maintenant si t'as d'autres idées, vaudrait peut-être mieux la dire histoire qu'on fasse le contraire. Genre attendre les secours ça me semble pas franchement être un bon plan. » Au moins comme ça c'était dit. « J'suis sûr que c'est une merde dans la construction qu'a provoqué ça. Sûrement une entreprise de bras-cassés avec des étrangers. » Il était macho et malpoli, autant montrer qu'il était aussi raciste ! « De toute manière, on saura jamais rien, ils vont cacher ça comme à chaque fois. »

Ce n'était pas un amateur de la théorie du complot, mais il était clair que de nombreuses affaires liées aux mutants ou aux supers avaient été dissimulées. Comme il était peu probable que ce soit quelque chose de naturel, il apparaissait clair que le maire allait s'arranger pour camoufler tout ça. Lâchant un énième soupir, le texan prit appui contre l'un des murs de la galerie, détournant son regard d'Heather.

« Je pige pas pourquoi t'es pas restée dans votre bagnole. Franchement, mis à part te salir, tu peux rien faire ici. » Il secoua la tête. « Laisse-moi deviner, soit t'es journaliste et t'as besoin de fouiner pour faire ton article, soit t'es du genre « peace and love » à vouloir aider tout le monde. Je me plante ? »

Son ton montrait bien qu'il n'y croyait pas.
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Message posté : Sam 8 Fév - 17:25 Message
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Elle laissa passer un sourire amusé quand il parla de promotion : trop bien, deux pouvoirs pour le prix d’un. Bon, dans les faits ça n’avait rien pour la réjouir mais, c’était juste la façon de dire les choses qui l’avait amusé. Elle hocha la tête, étant assez d’accord sur le fait qu’il aurait été dommage d’avoir une certaine force sans pouvoir sans servir… Quoique, dommage ou pas. Elle ne le montrait pas mais la situation avait un côté un peu dérangeant pour elle, se retrouvant coincé entre ce qu’elle devait penser et ce qu’elle pensait réellement. Parce que là, elle était supposée faire quoi ? Rester super sociable, faire en sorte que les choses se passent bien, tout en sachant que sa famille pouvait mener la vie dure aux gens comme lui ? Le mieux était encore d’éviter le sujet.

Sur le coup, elle ne comprit pas tellement pourquoi il lui disait de ne pas s’inquiéter, qu’elle n’aurait pas à pousser un tas de pierres. Ça lui prit deux ou trois secondes avant de faire le lien avec son inquiétude qui n’avait pas dû elle prise de cette manière. Semblant soudain comprendre ce qu’il venait de lui dire, elle décida de pousser dans les clichés en haussant les épaules et en levant une main qu’elle agita légèrement.

« Oh, je ne comptais pas pousser quoi que ce soit, je sors de ma manucure. »

En plus de ne pas être vrai, elle s’en fichait un peu. Quand bien même elle se casserait un ongle, elle aurait une armée d’esthéticienne pour lui arranger le coup en cas de gala. Mais bon, autant se retrograder elle-même, au moins ça évitait que ce soit lui qui le fasse. Elle laissa retomber sa main alors qu’il ne donnait pas de prénom en retour. Ok, info enregistrée. Bon, le tout était de réfléchir puisqu’il avait un problème avec les secouristes. En fait, il avait un problème avec tout le monde. Quitte à parler de journalisme, ce type aurait pu faire un bon journaliste critique, comme rien ne semblait lui convenir et qu’il était pour la théorie du complot – c’est comme ça qu’elle le comprit en tout.

Continuant, de temps en temps, à passer la manche de son pull sur son arcade pour éponger un peu le sang – l’arcade, ça saigne pas mal – elle allait répondre à son interrogation mais, en fait, non. Il voulait deviner, alors qu’il devine. Sur le coup elle se demanda si la désigner comme journaliste était un métier balancé au hasard ou si, en fait, il avait une vague idée de qui elle pouvait être. Dans le doute, elle préféra se dire qu’il avait balancé ça par hasard. Laissant retomber son bras le long de son corp, elle finit par secouer la tête.

« Non, en fait c’est seulement que je n’aime pas rester enfermée, chercher une sortie m’a semblé être une bonne idée. » Elle haussa les épaules. « Je sais, j’aurais dû faire le contraire de mes idées. » ça elle avait bien compris qu’il était parti du principe qu’elle n’avait que de mauvaises idées. Faussement hésitante, elle leva légèrement son portable. « Je peux éclairer… En plus de me salir. » Argument auquel elle ne croyait pas une seconde alors, reprenant un air un peu plus sérieux. « Mais, non, je n’ai rien d’une journaliste. Drôle d’idée, d’ailleurs. Je ne vois pas trop ce qui peut vous faire penser ça ? »

Autant tater un peu le terrain de manière parfaitement innocente. Parce que si elle n’était pas journaliste, elle en connaissait pas mal grace à un père possédant un quotidien en ville. Elle éclaira les parois qui les entouraient à la recherche d’une solution miracle qui, de toute façon serait écartée par le type qui était coincé avec elle.

« Je ne suis pas certaine que ça vienne des constructions. Ça vient vraiment du haut, les parois n’ont pas tellement de fissures en fait. » Elle réfléchissait surtout à voix haute, du coup, elle se reprit assez rapidement. « Enfin, je n’en sais rien, je n’y connais rien en construction. » Ce qui était vrai, cela dit. « c’est juste que, quitte à ce que le travail soit mal fait. » A cause d’ouvriers étrangers, bien évidemment. « Je me dis que tout se serait écroulé. » Et adieu son cher pick-up. Elle se tourna vers l’homme. « Du coup, si je dois donner mes idées pour qu’on les écarte, je me demande si ce n’est pas possible de pousser des pierres de manière à libérer un passage sous forme d’arche. » Elle dessina une arche du bout de l’index. « Histoire de laisser de quoi tenir ce qui sert de plafond. »

En réalité, elle n’avait aucune idée de si l’idée était faisable ou non parce que ce n’était pas un ingénieur spécialisé dans les constructions de pont. Mais, elle était assez limité dans ses propositions puisqu’il fallait écarté un tas de choses.
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Message posté : Sam 8 Fév - 21:13 Message
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Elle n'arrêtait pas de tripoter son arcade qui saignait, à croire qu'elle était maso. Enfin, est-ce que c'était le genre de choses qui faisait mal ? Aucune idée ! Jay n'avait jamais vraiment souffert ou alors, ça remontait à tellement loin qu'il s'en souvenait à peine. Non, à l'heure actuelle, chaque fois que le trentenaire commençait à avoir mal, il activait machinalement son don pour éviter que ça ne prolonge trop. Est-ce que c'était de la faiblesse ou une simple habitude, il n'en savait rien et s'en foutait totalement en vérité. Au terme de quelques explications peu crédibles, de l'avis de Jay, ce dernier se contenta de hausser les épaules comme Heather lui demandait ce qu'il pouvait bien relever chez elle, lui la fasse passer pour une journaliste. Pour comprendre, il aurait fallu connaître le point de vue que le texan avait des journalistes et des autres personnes de ce genre, mais ce n'était pas le cas.

« Tu fous ton nez partout. Les journalistes c'est ceux qui vont chercher à suivre les flics ou les secours pour pouvoir filmer le truc le plus gore possible pour attirer le public. » Belle visite du métier ! « Puis toi, bah dès que ça s'est écroulé t'es directement sortie pour mettre ton nez partout. Si tu l'étais pas, tu serais rentrée dans ta caisse et t'aurais sagement attendu. Alors si t'es pas journaliste, t'aurais dû l'être. » Il désigna son portable d'un geste du menton. « Puis ces conneries, ça fait aussi caméra non ? »

Question rhétorique, mais vu la manière dont Jay dépeignait le métier de journaliste, il apparaissait évident que s'il désignait Heather comme une journaliste par nature, ce n'était pas le meilleur des compliments. Mais d'un autre côté, il avait aussi entreprit de critiquer les policiers, les secouristes et tout un tas d'autres corps de métiers, du coup Heather n'avait pas vraiment à se sentir contrariée par tout ça.

Elle préféra d'ailleurs se concentrer sur la cause de cet éboulement, remettant en doute l'hypothèse de Jay quant au fait que c'était les constructions qui craignaient. Elle n'avait pas tort, mais dans son obstination, le trentenaire restait convaincu qu'il devait avoir raison. Peut-être que la partie encore debout avait été construite par des américains et le reste par des immigrés qui sait ? Enfin par des texans plus que des américains puisque c'était connu que les habitants de cette région valaient largement plus que les autres. Quoi qu'il en soit, le Lane laissa la gonzesse émettre ses idées et conseils, le tout en conservant un air peu concerné. Apparemment l'idée de se retrouver enfermé ici ne l'inquiétait pas plus que ça. En vérité, il avait toujours été incapable de se sentir réellement en danger depuis qu'il possédait son « sens du danger ». Ce don qui lui permettait de sentir venir les emmerdes. Il n'avait rien vu venir avec l'éboulement et là non plus, donc pour lui c'était le signe que ce n'était pas réellement dangereux. À la fin des suggestions de la jeune femme, Jay haussa finalement les épaules.

« Ouais. On peut essayer, mais j'suis pas maçon alors si ça s'écroule, c'est pas de ma faute. » Ce n'était jamais sa faute de toute manière. « De toute manière, piger pourquoi c'est arrivé, c'est pas notre problème. Enfin perso, j'm'en fous totalement. » Il se détourna d'elle pour commencer à dégager la zone sans danger en essayant de faire ce qu'elle venait de lui conseiller. Après quelques pierres il reprit tout de même. « Peut-être que c'est des supers. Ils aiment bien ça, se bastonner sans regarder autour. Peut-être qu'un a frappé là où il fallait pas et que tout s'est écroulé. » Il secoua la tête. « Y'a qu'à espérer qu'il sera pas là pour jouer les héros et sauver tout le monde. »

Apparemment, il était possible d'être mutant et de ne pas apprécier les héros. Ou même les vilains puisqu'il avait généralisé en parlant des « supers ». Bien sûr, Jay n'avait jamais ouvert une page du Daily Herald et ignorait même qu'il existait un journal capable d'incendier les personnes « comme lui », mais même si cela avait été le cas, il s'en foutrait. Il n'avait jamais cherché à se faire apprécier des autres et ça ne changerait pas maintenant. Quelques pierres avaient été dégagées et la structure restait intacte, mais ils n'accédaient pas encore à la porte.

« Et si l'autre côté est coincé, on fait quoi ? On croise les doigts pour avoir de la chance ? » Jay tourna la tête vers Heather. « Arrête d'y toucher. Plus tu vas essuyer, plus ça va saigner. Ça va finir par sécher, sauf si tu le tripotes sans arrêt. »

Son arcade bien sûr.
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Message posté : Lun 10 Fév - 20:12 Message
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Ils n’avaient pas la même vision d’un journaliste parce que, dans l’esprit de la trentenaire, ce n’était pas la recherche du truc le plus gore qui primait. D’un autre côté, il y avait fort à parier qu’ils avaient une vision des choses différentes sur, un peu près, tous les sujets. Un peu incrédule, elle avait fini par baisser le regard sur son téléphone. Oui, ça faisait bien caméra mais, enfin, elle n’y avait même pas songé. Le journaliste, en tout cas, ne bénéficiait pas d’une meilleure réputation que le secouriste ou le maçon étranger. Est-ce qu’il y avait seulement un métier qui pouvait avoir un semblant d’avis favorable aux yeux de ce type ? Elle ne quitta pas son ton des plus posés, en essayant de rétablir un point.

« En fait, techniquement, je n’ai pas mis mon nez partout, juste à votre véhicule parce que ma voiture venait de l’emboutir. » Notons qu’elle ne disait toujours pas qu’elle était au volant de la voiture. Elle fit mine de réfléchir. « Je devrais plutôt rentrer dans la catégorie des secouristes, du coup, non ? » Elle secoua la tête semblant se souvenir de quelque chose. « Ah non, j’ai peut-être réagi trop rapidement pour ça. » Puisque de son point de vue, à lui, on pouvait mourir dix fois avant de voir un secouriste arrivé. D’ailleurs si les journalistes devaient suivre les secouristes – lents – partout, ils ne devaient pas avoir beaucoup de scoop si on suivait le raisonnement du Texan. Heather secoua la tête. « Non mais, en fait, je n’ai pas de métier. » Elle haussa les épaules. « Ça simplifie les choses. »

Quoiqu’il devait bien avoir un avis négatif des personnes qui n’avaient pas d’emploi non plus. Peu importe, il en faudrait plus à Heather pour qu’elle se sente vexée, puis en fait, elle ne le trouvait pas si hostile que ça. D’accord il semblait avoir les idées bien arrêtées, un ton un peu brut de décoffrage mais, à côté de ça, il ne lui hurlait pas dessus et ne l’insultait pas personnellement. A partir de là, elle ne voyait pas vraiment ce qu’elle devait prendre de travers pour s’insurger face à ses propos. Surtout que ce n’était pas son style. Par contre, le trentenaire était assez dur à suivre. Il ne voulait pas suivre ses idées mais était quand même d’accord pour essayer de libérer un passage. Le truc c’est qu’elle pensait qu’il allait refuser, du coup, elle trouvait que c’était un peu dangereux de le laisser essayer. C’est qu’elle n’avait pas envie qu’il se retrouve écrasé sous un éboulement. En le voyant commencer, elle leva une main s’apprêtant à lui dire de faire attention mais, elle rebaissa son bras et ravala sa phrase. Pas certaine que ce soit bien pris.

Toujours en train de trifouiller son arcade –pensant que c’était de cette manière qu’elle stopperait le sang – elle se sentie un peu perdu quand il en vint à critiquer les Supers. Euh… C’était logique, ça, en sachant qu’il en faisait partie ? Elle voulait bien faire un effort pour essayer de comprendre les gens mais, lui, c’était quand même un cas à part sérieux !

« Si c’est à cause d’un Super et qu’il n’a pas été capable de prendre en compte le danger autour, je doute qu’il prenne soudainement conscience des choses pour chercher à jouer les héros.. » Elle s’appuya contre une des parois. « En plus de ne pas prendre conscience de ce qui les entoure, ils se sentent généralement au-dessus de tout. »

Bref, elle ne croyait absolument pas à l’hypothèse d’un Super destructeur de pont se mettre à vouloir sauver les gens qu’il avait piégés. Après tout, c’était le genre de discours qu’on attendait d’elle, non ? Même si, dans les faits, personne n’était là pour l’entendre. Le dos contre le mur elle reporta, une fois de plus, la manche de son pull à son arcade alors que l’homme l’interrogeait sur la suite des évènements – parce que, après tout, les choix faits ne seront jamais de sa faute ! Et elle allait répondre quand il enchaina sur quelque chose qu’elle ne comprit pas tout de suite.

« Hein ? » Sang… Arcade… « Ah. » Elle baissa sa main, un peu incrédule. « D’accord. Merci. »

Même si elle n’était pas certaine que quelqu’un avec une bonne consistance sache réellement ce qu’il convenait de faire en cas de blessure. Mais sa méthode à elle étant peu probante, elle décida de suivre les conseils du trentenaire. En fait, elle avait même envie de voir ça comme une sorte de petite victoire. Le type qui ne s’inquiétait même pas des gens de l’autre côté – mais seulement de son pick-up – et qui avait une mauvaise opinion de tout, venait de lui donnait un conseil pour que sa blessure cesse de saigner. Truc de ouf ! Elle ne s’y attarda pas pour autant.

« En fait, vous aviez l’air de ne pas vouloir attendre les secours mais, si ça tenait qu’à moi, j’attendrai qu’ils arrivent. » Elle n’aurait pas tellement eu le choix, vu qu’elle était incapable de pousser un bloc de pierre. « Ils vont forcément finir par arriver, même s’ils sont lents, et nous trouver. » Et elle avait l’air bien sûr d’elle pour une personne qui était isolée du reste des gens pris au piège du tunnel. Mais Niles ne risquait pas de partir sans elle. « Vous pouvez continuer d’essayer de dégager un passage mais, en réalité, ça m’ennuierait assez qu’il puisse vous arriver quelque chose. » Elle haussa les épaules, un peu navré de lui devoir lui dire ça. Sauf que ça restait une réalité, cependant, elle allégea bien vite ses propos. « Enfin, je veux dire que ça m’ennuierait d’avoir à me casser un ongle en essayant de dégager un bloc de pierre. »
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Message posté : Mar 11 Fév - 0:38 Message
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Pas sûr que le fait de rentrer dans la catégorie des secouristes était une meilleure chose pour la jeune femme. En vérité, le texan n'aimait aucun corps de métier et même ceux qui restaient chez eux ne trouvait pas grâce à ses yeux. Ce qu'il fallait pour qu'il vous accepte ? Être de sa famille, tout simplement. Ce n'était pas étonnant que Jay soit aussi réticent à l'idée de pouvoir tout laisser tomber pour imiter sa frangine lorsqu'on avait l'occasion de voir comment est-ce qu'il se démerdait avec autrui. S'il se mettait à vouloir vivre tout seul, autant dire qu'il avait aussi toute une éducation à refaire. Pour Charlie c'était facile : elle était beaucoup plus liante que lui et en plus c'était une gonzesse, ça lui donnait forcément des avantages ! La mauvaise foi du trentenaire n'était pas uniquement valable avec les étrangers, ça il en faisait profiter toute sa famille aussi ! Il resta silencieux alors qu'Heather déclarait finalement ne pas avoir de métier, aveu qui ne l'étonne pas vraiment. C'était une nana, elle devait être mariée et avoir une tripotée de gamins qui l'attendaient à la maison, logique qu'elle n'ait pas de boulot ! Sauf si elle était simplement le moutard d'un riche type de la ville qui lui refilait du fric dès qu'elle claquait des doigts. De toute manière, elle entrait dans les stéréotypes imaginés par Jay dès qu'il croisait une femme.

« Ouais, je m'en doutais. »

Mais il ne développa pas davantage le pourquoi du comment. Tout était clair pour lui, à quoi bon s'emmerder à gaspiller de la salive pour une nana qu'il ne connaissait pas ? Oui, Jay n'était pas très pédagogue, c'est un fait ! Comme la donzelle de bonne famille – il avait décidé d'opter pour cette possibilité – reprenait en critiquant les supers, Jay lui décrocha simplement un regard pour vérifier quelle tête elle faisait. Mouais, elle avait l'air sérieuse. C'était bizarre, habituellement les gens étaient plutôt à fond sur les supers, du genre à collectionner les cartes et toutes les conneries de ce genre qui existaient à leur effigie. Enfin vous voyez le genre. Cette nana était définitivement bizarre et il ne pigeait pas si elle était en train de les défendre en niant leur implication, ou si elle les enfonçait en disant qu'ils étaient inconscients. Les nanas étaient bien trop compliquées pour lui !

« J'en sais rien, j'suis pas dans leurs têtes. » Il ne se considérait pas dans le tas, bien évidemment. « J'pige pas si t'es en train de les défendre ou de les aider là. » Léger haussement de sourcils interrogateur. « Logiquement, les gens ils sont fan des supers, t'es vraiment bizarre. »

Ça lui allait bien de dire ça. Mais pour un type comme Jay, la normalité était très relative ! Charlie était par exemple normale malgré ses habitudes plutôt... étranges, admettons-le. Les bourreaux de travail n'étaient pas si fréquents que ça, du moins pas dans le monde du texan. Et cette nana avec ses ongles soit-disant manucurés était tout sauf normale aux yeux de Jay. Mais ça, elle devait l'avoir pigé depuis un moment. Après le petit conseil qu'il lui fit concernant son arcade qui pissait le sang, elle décida – étonnamment – de l'écouter avant de reprendre la parole. Bon, alors elle donnait des idées pour régler le problème de leur situation et lorsqu'il s'y mettait, elle commençait à lui dire que c'était peut-être préférable qu'il reste calmement assit à attendre ? Laissant retomber sa main, Jay se tourna vers elle pour lui décrocher un regard qui signifiait clairement « t'as décidé de me faire chier ? » en un peu moins agressif qu'au début de leur discussion cela dit. Lâchant un soupir, il chassa les relents de poussière qui flottaient dans les airs.

« Faudrait savoir ce que tu veux. Pourquoi tu me donnes des conseils si deux minutes après, tu me dis que tu préfères attendre les secours ? » La question était sincère, mais il se moquait visiblement de la réponse puisqu'il embraya sur autre chose. « Pas la peine de raconter des conneries, j'ai pas besoin que tu essayes de te faire passer pour quelqu'un de sympa pour que je fasse pareil avec toi. De toute manière ça fonctionnera pas. » C'était en réponse à sa prétendu inquiétude quant à sa santé. « Dis-toi que si y'a un éboulement et que je me fais écraser là-dessous, au moins t'auras plus à me supporter jusqu'à ce que les secours te trouvent. » Il se retourna vers les rochers. « Faut savoir positiver dans la vie. »

Parce que, forcément, c'était positiver que d'espérer qu'il se fasse écraser là-dessous. Comme dit, la logique du trentenaire était plus que discutable. Il continua à dégager le gros de ce qui bloquait la porte sans que le moindre signe d'éboulement ne se manifeste à nouveau. Est-ce que c'était bon signe, ou simplement le calme avant la tempête. Après quelques instants de silence, le trentenaire reprit finalement la parole, sans pour autant reporter son attention sur elle.

« Je pige pas ce qu'une nana comme toi fait ici. Enfin, j'veux dire qu'c'est évident que t'es pas le genre de gonzesse qu'on laisse se balader toute seul. T'as une tronche de gosse de riche ou alors t'es mariée à un type qui t'entretient, ce qui revient au même. Logiquement les nanas comme toi restent chez elle à faire la potiche. » Légère pause. « Alors tu fous quoi ici ? »
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Message posté : Mar 11 Fév - 16:28 Message
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Si on revenait un peu en arrière, le type pensait qu’elle devait être journaliste mais, maintenant, il annonçait qu’il se doutait qu’elle ne foutait rien de sa vie. Normal. Logique. Plutôt que de mettre en évidence une incohérence dans ce discours, Heather, très diplomatique – ou pas –, se contenta de hausser les épaules comme si elle était habituée à ce qu’on pense qu’elle n’avait pas de boulot. En même temps, c’était un peu le cas et puis, ce n’était pas elle qui allait voir ça comme une tare. Dans sa famille, il était plus que logique de ne pas avoir de travail au sens strict du terme. Sinon comment elle trouverait le temps de faire en sorte que tout se passe bien pour un éventuel futur mari, hein ? Bref, ce n’était pas elle qui allait s’énerver et monter sur ses grands chevaux en criant au cliché de la femme au foyer.

Il n’était pas dans la tête des Supers ? En même temps, elle aurait bien parié qu’il n’était dans la tête de personne vue la manière dont il était capable de tout critiquer. En fait, il avait surtout l’air de se foutre un peu de tout ce qui ne le concernait pas. En revanche elle n’avait pas été assez claire en s’exprimant sur les Supers. Parce que, à aucun moment, elle estimait que c’était lui qui n’avait pas compris, enfin, si c’était le cas c’est qu’elle n’avait pas su s’expliquer convenablement. Le laissant la taxer de personne bizarre, elle reprit seulement après.

« Je ne suis pas en train de les défendre. La majeure partie du temps ils se pensent au-dessus de tout, sous prétexte d’avoir des pouvoirs, et ça a une tendance à m’irriter un peu. » Pas tellement en vrai mais, peu importe. « Mais si le fait de ne pas leur vouer un véritable de culte me rend bizarre, franchement, ça me va très bien. »

Elle n’était pas réellement à une critique près. En fait, elle n’arrivait même pas à trouver ce type particulièrement désagréable. Une fois qu’elle avait acquis le fait qu’il devait être comme ça avec tout le monde, elle n’avait aucune raison d’avoir la prétention d’être différente des autres. Du coup elle ne voyait pas les phrases du trentenaire comme une agression particulière contre elle, Heather trouvait même ça assez logique vu la manière dont il pouvait parler de tout le monde, ou des différents corps de métier.

Quand le Texan se tourna vers elle pour lui balancer un certain regard, Heather afficha un air de ne pas comprendre. Ce qui ne dura pas bien longtemps puisqu’il s’expliqua assez vite, pour dire qu’elle changeait d’avis toutes les deux minutes. Bienvenue au club. Mais il ne lui laissa pas l’occasion de s’expliquer tout de suite puisque, déjà, il embrayait sur le fait qu’elle ne devait pas vraiment s’inquiéter pour lui. S’il le disait, alors, c’est que ça devait être vrai ! Et, des deux, elle était sûrement la personne la plus apte à positiver. Pas la peine d’expliquer en quoi ça la ferait chier qu’une personne puisse finir dans un éboulement, cette façon de penser lui était propre et elle estimait que, même avec tous les arguments du monde, il resterait sur ses positions. Pas la peine d’entrer en conflit pour une divergence d’opinions.

« Mais je n’essaye rien du tout en particulier mais, d’un point de vue typiquement féminin, si vous finissez sous un bloc de pierre, je ne pourrais plus discuter. » Quoi le côté pipelette, ça entrait bien dans les clichés de la femme, non ? « Et comme je n’ai pas de réseau, si je ne peux plus parler, je ne vais pas pouvoir survivre. » Quitte à grossir les traits, autant y aller à fond. Elle n’était pas sérieuse mais ne trouvait pas dérangeant que ce soit pris de cette manière. « Et puis vous aviez dit qu’il fallait écarter toutes mes idées alors, je me suis dit que si je préférais attendre les secours, c’est que je devais vous dire le contraire. » D’où l’impression de la voir changer d’avis toutes les deux minutes. « Mais apparemment je ne suis pas très douée pour faire faire ce que je veux. »

A force de passer par toutes les théories de ce qu’elle devait faire dans la vie, il fallait bien qu’il tombe sur ce qui était plus ou moins la vérité. Si encore c’était la première fois qu’on l’associait à une potiche, peut-être qu’elle aurait pu avoir une pointe d’agacement mais, non. Il n’était pas le premier à la voir de cette manière et ne serait pas le dernier.

« Je ne suis pas toute seule, c’est seulement que la personne avec moi dans la voiture était bloquée par sa ceinture alors, j’ai échappé un peu à sa vigilance. » Aller, elle allait même passer pour une chieuse ! Elle haussa les épaules. « Mais vous savez, pour s’occuper correctement d’un intérieur, ça implique forcément de faire quelques achats, pour ça que je n’étais pas enfermée chez moi et que je me suis retrouvée là. » Puis, bon, elle avait une vie aussi. « Mais avec ce genre de discours vous devez en énerver plus d’une, en général, non ? C’est voulu ou juste vous vous en foutez ? »

Le généralement voulant dire que ça ne risquait pas de fonctionner avec elle. Cela dit, elle ne pensait pas réellement que ce soit le but recherché, elle misait plutôt pour le fait qu’il s’en foutait de froisser les gens ou non. Mais bon, autant en être certaine.

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Message posté : Mar 11 Fév - 21:39 Message
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Le sujet des Supers avait l'air de la titiller, à moins que ce ne soit simplement le fait qu'il laisse entendre qu'elle voulait les défendre, allez savoir. Jay s'en moquait de toute manière, elle aurait pu lui dire qu'elle avait toute la collection de l'un des Super-héros de la Légion des Étoiles et qu'elle rêvait de lui toutes les nuits qu'il s'en moquerait tout autant. Disons qu'avec lui, Heather ne risquait rien : même si, par miracle, il se souvenait de son nom et de visage dans quelques semaines et que quelqu'un parlait d'elle comme de « la fille de », Jay ne dirait rien. Non par désir de respecter sa vie privée, mais tout simplement parce que colporter des ragots ne l'intéressait pas. Pour ce genre de comportement, il fallait avoir de l'attrait pour la vie des autres et ce n'était pas le cas du membre du Cartel. Il fit toutefois une simple précision concernant la réponse de la jeune femme.

« Tous les Supers sont pas des mutants. Et tous les mutants sont pas des Supers. Puis franchement, ceux qui se la pètent le plus c'est souvent ceux qu'ont pas de pouvoir. C'est comme les nanas, c'est les plus connes qui l'ouvrent le plus. »

Un exemple macho de plus, mais pour lui c'était tellement naturel qu'il ne s'en rendait même plus compte. Et peut-être qu'avec cette précision, Heather pourrait comprendre pour quelle raison un type capable de péter une pierre à la main se permettait d'insulter les Supers – héros comme vilains. La logique de Jay était tellement anarchique que bien souvent il ne cherchait pas à l'explique. Lorsque quelque chose vous semblait parfaitement normal, vous ne vous amusiez pas à détailler le pourquoi du comment, non ? Et bien avec lui, c'était la même chose.

Le regard que Jay lui avait lancé avant de dire qu'il ne la suivait pas semblait d'ailleurs l'avoir étonnée. Pourtant, il était persuadé qu'elle devait y être habituée ! Dans son esprit, cette fille était quotidiennement exposée aux critiques des gens, parce que ce n'était pas possible d'avoir l'air aussi parfait sans que les autres ne vous trouvent horripilant. Il partait de l'idée que, si lui avec toutes ses imperfections était souvent la proie des critiques, une personne dans le cas contraire devait subir les mêmes traitements. Comme lorsqu'il avait songé qu'Heather était une gosse de riche à cause de ses manières, il se disait que c'était le genre de nana à réussir tout ce qu'elle entreprenait. Vous savez, la nana insupportable que tout le monde avait dans son entourage : elle était belle, elle était intelligente, elle avait une belle maison, vivait dans le plus chouette quartier de la ville, il était certain que même lorsqu'elle pétait ça sentait bon. Bref, la nana rêvée en gros, le type de personnes qui lui tapait sur le système – comme tant d'autres en fait. Le problème avec Jay, c'était qu'il supposait beaucoup, il tirait des conclusions hâtives et fausses les trois-quarts du temps, mais n'allez pas lui demander de changer de comportement : il en serait incapable ! Bref, pour le coup Heather n'avait pas tort, mais Jay avalerait sa langue plutôt que de l'avouer. C'est donc d'un ton un peu grognon qu'il répliqua.

« Ouais, bah logiquement c'était à toi d'écarter la solution et de me servir celle que tu pensais en deuxième. Si t'as pas pigé comment ça fonctionnait, j'y peux rien. » Mauvaise foi, bonsoir. « Et t'imagine pas que te faire la causette ça m'enchante. J'aime pas parler, ça n'attire que des emmerdes la plupart du temps. » Il lui décrocha un regard. « Puis en plus avec une gonzesse c'est encore pire. »

Tous les sujets de conversation qu'il avait à proposer ne seraient certainement pas du goût d'une nana, sauf s'il s'agissait d'un mec réincarné en gonzesse. Mais vu que Jay ne croyait pas à ces conneries, pour lui la seule discussion possible avec une représentante du sexe féminin, c'était une engueulade ! Toujours occupé à déblayer le gros de la zone, il apprit finalement qu'Heather n'était pas seule et qu'il avait donc toutes les chances de s'attirer des remarques de merde de la part d'un pseudo garde du corps ou un truc dans ce goût-là. Super ! Il lâcha un soupire contrarié alors que la jeune femme enchaînait pour finalement terminer sur une question dont la réponse était si évidente qu'elle fusa dès qu'Heather retomba dans le silence.

« J'm'en fous. » Il poussa une brique. « De toute manière les nanas s'énervent pour un rien. Si c'est pas pour ça, ce sera parce que j'ai pas remarqué qu'elle a changé de coiffure ou une connerie de ce genre. Vous râlez toujours, alors franchement, j'vois pas pourquoi est-ce que je devrais m'emmerder à être poli si c'est pour avoir une engueulade à propos d'un autre truc. » Jay marqua une pause comme s'il réalisait quelque chose. « Enfin, toi tu t'énerves pas. Soit t'as fumé un truc pas net, soit c'est la poussière qui te fait cet effet, mais ça va certainement pas durer. » Même Charlie s'énervait lorsqu'ils parlaient, preuve que vraiment toutes les femmes fonctionnaient de la même manière. « M'enfin, t'aurais mieux fait de rester chez toi, parce que vu les dégâts, tes trucs seront certainement bons pour la benne. »

Son avancée dans le déblaiement était plutôt prometteuse, il commençait sérieusement à croire qu'ils allaient pouvoir mettre le nez dehors d'ici quelques minutes, aussi s'accorda-t-il une remarque à l'attention d'Heather.

« J'espère juste que ton pote va pas... »

Il n'eut pas le temps de terminer qu'un nouveau tremblement commença à se faire sentir. Baissant les yeux vers le tas qui s'était formé à leurs pieds, Jay ne remarqua rien de particulier, mais lorsqu'une partie du plafond céda soudain sous le poids des débris qui se trouvaient au-dessus d'eux, il comprit qu'il aurait mieux fait de ne pas les dégager. Maintenant qu'il avait enlevé le soutien du plafond, celui-ci ne tenait plus qu'à un fil et il venait de céder. Le texan n'eut pas le temps de réagir, un nouveau mini-éboulement se produisit, soulevant une masse de poussière et affaiblissant encore davantage les lampes présentes autour d'eux. Lorsque tout se calma, le trentenaire ayant toujours son don d'activé fut tout bonnement incapable de dire s'il était blessé. Quant à Heather ? Il ne la voyait même pas. Peut-être que c'était lui qui allait se retrouver sans personne avec qui discuter finalement.

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Message posté : Sam 15 Fév - 21:27 Message
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En fait, heureusement qu’Heather était de nature patiente, qu’elle ne s’énervait pas et qu’elle n’avait pas un mot plus haut que l’autre. Parce que, si ce n’était pas le cas, survivre de manière zen face à un type comme le Texan, ça devait être un véritable défi. Il raisonnait avec une logique qui, en fait, n’avait rien de logique… Sauf pour lui, du moins, elle espérait qu’il arrivait à s’y retrouver. Et, il allait de clichés en clichés. Il était sûrement très sérieux dans ses propos, et devait y croire mais, si une oreille extérieure prenait ça au second degré, ça pouvait presque devenir amusant et ça évitait surtout de se vexer. Heather, de son côté, avait pris la décision de ne pas prendre ce qu’il disait pour elle de manière personnelle. Le fait de ne pas se sentir visée, en mode paranoïaque, dans chacun des propos de l’homme évitait de la voir se vexer.

Bref, les femmes l’ouvraient tout le temps, encore plus quand elles étaient connes – d’ailleurs, elles devaient toutes l’être au moins un peu, vu la façon dont il avait annoncé les choses – et ceux qui se la racontaient le plus avaient, bien souvent, pas de pouvoirs. Mouais, d’un autre côté, sans pouvoirs, ils ne faisaient pas tellement de dégâts. Si la théorie des Supers se battant sur le pont se tenait, il était clair qu’ils ne seraient pas dans cette situation si ça avait été des personnes sans pouvoirs. Laissant sa réponse sous silence, elle le laissa poursuivre sur le fait que c’était à elle d’écarter la mauvaise solution pour ne laisser que la bonne. Et bien qu’elle ne se sentait absolument pas fautive, elle haussa légèrement les épaules dans un signe d’excuse pour lui dire qu’il avait raison : elle n’avait pas pigé comment ça fonctionnait.

La trentenaire ne trouva rien d’étonnant au fait que l’homme pense que les discussions n’attiraient que des emmerdes. En même temps, vu sa manière de s’exprimer, les gens devaient très vite se sentir contrariés et se mettre à hurler, encore plus avec les représentantes du sexe féminin. C’était bien connu – quitte à jouer sur les clichés – les femmes étaient très susceptibles. Ce qui était « amusant » c’était qu’il arrivait à lui sortir ce genre de discours alors que, en fait, à aucun moment elle n’avait mal pris quelque chose qu’il avait pu dire. Mais cette réflexion trouva bien vite un écho quand il laissa entendre que, si elle ne s’énervait pas, c’était parce qu’elle avait fumé ou qu’elle avait un peu trop abusé de la poussière environnante. Remarque qui la fit sourire plus qu’autre chose. Pour le fait qu’elle aurait mieux fait de rester chez elle, la Cooper soupira légèrement.

« Je ne peux pas revenir en arrière maintenant de toute façon. » Elle était là, c’était comme ça. Et comme elle avait une tendance à positiver, ce n’était pas le genre de personne à réfléchir à comment auraient pu se passer les choses si elle avait agi différemment. « Ce serait si inconcevable que ça, que je puisse être, seulement, quelqu’un de calme par nature ? » La question méritait d’être posée, non ? « Parce que, franchement, je ne sais même pas comment je devrais m’y prendre pour m’énerver. Et puis, de toute façon, jusqu’à présent, je n’ai pas de raison de le faire. »

Ce qui était vrai. C’était dans son caractère et dans son éducation, elle devait se maitriser et ne pas commencer à s’énerver pour un oui ou pour un non. Contrariée, elle pouvait l’être mais, même là, ça ne se manifesterait pas par une engueulade. Heather restait également sincère en disant qu’il ne lui avait pas donné de raisons de s’énerver. Ça viendrait peut-être mais, là encore, elle ne risquait pas de lui signifier par des cris. Toujours appuyée contre une paroi, elle l’écouta mais, en fait, elle ne sut pas ce qu’il voulait dire qu’un tremblement se fit sentir. Instinctivement, Heather se poussa du mur contre lequel elle était appuyée. Peut-être qu’elle s’était bougé trop vite, que le tremblement n’aidait pas à une stabilité parce que, son talon se prit dans le sol et lui fit perdre l’équilibre. Au moins, ça donnerait raison à l’homme : elle n’était pas équipée des bonnes chaussures pour ce genre d’exercice.

Si Heather devait être l’incarnation de la perfection – irritante – incarnée, ça ne l’empêcha pas de chuter comme tout le monde : sans la moindre grâce. Atterrissant sur le dos, sa tête heurta une pierre l’étourdissant un peu sur le moment. Ce qui lui permit d’avoir quelques secondes de répit avant de comprendre qu’une autre douleur, plus vive, se faisait aussi sentir. La trentenaire avait atterri à côté d’un bloc de pierre, sur le sol, dont une des tiges en métal – sûrement là pour soutenir la bâtisse lors de sa construction – ressortait du bloc. Par chance, elle avait chuté juste à côté, la tige ne l’avait donc pas transpercée – ce qui aurait été assez ennuyeux – mais elle était assez près pour ça lui fasse une sacrée éraflure sur le flanc gauche.

Allongée sur le sol, elle se mordit la lèvre inférieure pour s’empêcher de laisser passer une plainte trop sonore à son goût. Ok. Relativiser. 1, elle n’avait pas été empalée sur une tige en métal. 2, elle était vaccinée contre le tétanos. 3, elle n’était pas toute seule, donc elle pouvait se focaliser sur son inquiétude pour les autres. Dans une grimace de douleur, elle se redressa pour descendre son regard sur son flanc. Sa veste était morte, son pull aussi et, ça faisait un mal de chien en fait. Une main appuyée sur sa blessure, elle se releva avec un peu de difficulté, et douloureusement, pour comprendre qu’un de ses talons avait cassé. Mouais, pas très grave.

« Est-ce ça va ? Vous êtes blessé ? »

Ça allait devenir la question du jour. Elle n’y voyait que dalle avec le flot de poussières que ça avait dégagé. Sa main de libre balaya l’air, comme pour espérer y voir plus clair pendant que son autre main rabattait sa veste de manière à cacher la blessure qu’elle avait.

« J’étais super sérieuse quand je disais que ça m’ennuierait si vous finissez enseveli sous les décombres. »

Elle cala son talon valide entre deux pierres et dans un mouvement qui lui arracha une grimace de douleur, elle le cassa. Au moins, un problème de régler, maintenant elle était à la même hauteur sur chaque jambe. Son portable avait disparu pendant sa chute mais plutôt que de le chercher, elle avança dans la direction où était l’homme avant cet éboulement.
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Réunir des opposés #Jay

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