AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

Jake's Seven

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Message posté : Jeu 23 Jan - 16:16 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil

Sur les hauteurs de Los Angeles, une réception qui accueillerait les notables de la ville et certains grands noms s’apprêtait à débuter. Robert Maroni, amoureux des arts, puissant homme d’affaires et, surtout, figure importante du « milieu », en était l’instigateur, et c’était au sein même de sa propre villa qu’allait avoir lieu la soirée. À partir de dix-neuf heures, il allait recevoir le maire de la ville, Joshua Smithers, le directeur du LAPD, Anthony Higgins, le gouverneur de Californie, Terrence Gambling, ainsi que quelques vedettes du cinéma, réalisateurs, producteurs, acteurs. La fête n’avait d’autre but que de montrer à quel point il pouvait se montrer généreux avec ses concitoyens, certains ayant même l’autorisation exceptionnelle d’accéder à une zone sécurisée, sa collection d’art privée, rassemblant de nombreux trésors, peintures, sculptures, bijoux… Et bien sûr, en plus de ses propres hommes pour la sécurité, la police de Los Angeles était présente. Âgé de plus d’une soixantaine d’année, Maroni était un homme sûr de lui, imbu de sa personne, et immensément riche, ce qui lui permettait des folies ou des contournements de la loi qui seraient couverts par ses amis…

♥♦♣♠
Deux jours avant

Il ne doit pas savoir que c’est ça que nous voulons, dit Jake, en montrant une image sur le grand écran, dans les appartements de Maléfique.

Une coquille en or, qui avait la particularité d’être bien plus qu’un simple bijou. Prof avait fait des recherches, était tombé sur une vieille histoire, découlant directement La petite sirène, qui faisait mention de l’existence d’un objet capable de priver quelqu’un de ses sens… Et avait fini par trouver le propriétaire. Maroni. Et découvert que l’objet n’était pas n’importe quel objet de sa collection : Maroni portait le pendentif, constamment. S’en servait-il, ou y attachait-il simplement une importance particulière ? La question demeurait sans réponse, mais de toute manière, la réponse importait peu.

Une heure auparavant, avant de commencer à exposer le plan, Jake avait fait les présentations. Abban avait déjà rencontré Shrek et Maléfique, mais c’était la première fois qu’il croisait Prof. Le petit homme s’était montré enthousiasme et avait vigoureusement serré la main de l’Irlandais. Clochette, elle, s’était contentée de le toiser et, méprisante, était allée se percher quelque part. Wildcard la sentait un peu jalouse, il se promit de garder un œil sur elle, au cas où elle voudrait s’en prendre à Abban… et donc, tous allaient faire partie du cambriolage, une petite opération qui méritait de la préparation. Et Macha serait de la partie également.

Si vous ne vous faites pas repérer, vous pouvez prendre d’autres trucs, ça ne devrait pas lui manquer, il en a plein…

Et peut-être que ça détournerait l’attention de Maroni du véritable objectif du Gang…

♥♦♣♠
D-day

Grâce à Maléfique et Macha, Wildcard avait pu établir un plan de vol sécurisé pour atterrir sur le toit de la villa sans se faire remarquer. De là, il attendrait le bon moment pour lancer la machine. À l’entrée, les premiers invités se bousculaient déjà pour venir profiter de l’alcool qui allait couler à flot, des filles payées pour amuser les hommes, et même de la piscine, si certains se sentaient de se baigner un peu. Parmi les jeunes serveurs et serveuses engagés pour l’occasion, un Irlandais se faufilait avec adresse parmi les convives. Il avait repéré la maison, confirmé l’emplacement de la porte sécurisée qui menait au sous-sol, vers la collection, et attendait désormais la suite. Maroni, de son côté, saluait ceux qui franchissaient le seuil de sa maison.

Ah, monsieur Zukovski, quel plaisir de vous accueillir ici ! Et vous avez une femme tout à fait charmante, accueillit-il Shrek, qui avait Maléfique à son bras.
Ah, ce n’est pas mon épouse, lui répondit Vladimir, de son habituel accent. Natacha m’accompagne pour la soirée !

Dans sa robe rouge, elle attirait les regards. Et les hommes luttaient pour ne fixer que ses yeux et ne pas s’intéresser à ce superbe décolleté. Maroni y compris. Peu après, un homme de petite taille se présenta, tout vêtu de blanc, avec une superbe chevelure d’un blanc tout aussi immaculé, coiffée d’une mèche impeccable, et qui lui donnait un peu l’air d’un ahuri, avec ses grands yeux. Le personnage était en place. Il tendit la main à l’hôte de la soirée.

Môssieur Marôni, c’est un plâisir que de vous râncontrer, articulait-il exagérément. Balthazar Werner, côllectionnêur venu d’Aûtriche.
Ah, Mr Werner, je vous attendais. Soyez le bienvenu.

Prof s’inclina bien bas et entra à son tour, d’une démarche un peu chaloupée. Jake, depuis le toit, secoua la tête. Il en faisait un peu trop, là… Une dizaine de minutes plus tard, tout le monde était dans la place, et la majorité des invités était arrivée également. Maroni en profita pour prendre la parole, une flûte de Champagne à la main, au bord de la piscine.

Je tiens tout d’abord à vous remercier d’être présents. Vous êtes des invités de marque, des amis, et il est important pour moi de savoir que je peux compter sur vous. Il y eut des applaudissements, des verres levés. Wildcard, lui, poussa un soupir exaspéré. Pour ceux qui le souhaitent, je commencerai à organiser des visites de ma collection dans quelques minutes. Par groupes de trois personnes. Bonne soirée !

Applaudissements. Jake, de son perchoir, attendit que Balthazar Werner se manifeste pour être l’un des premiers à franchir la porte. Il s’approcha d’un bord, s’assura qu’il n’y avait personne, puis entreprit d’escalader le mur pour descendre. Son plan était simple : être le plus malchanceux possible, pour détourner l’attention de tous sur ce qui allait se produire. Maléfique se chargerait de séduire le patron et ses hommes, s’ils ne se montraient pas assez convaincus par la malchance, Shrek serait là pour leur casser la figure s’il le fallait, tandis que Prof, étant au sous-sol, pourrait soit s’emparer de quelque bien de valeur, soit casser quelque chose pour encore plus détourner l’attention…

Oh putain !

Jake se retrouva étalé dans l’herbe, sur le dos, après une chute de deux mètres. Il n’avait pas imaginé que la chance l’abandonnerait aussi tôt… Pour l’occasion, il avait revêtu un costume et ne portait pas son maquillage. Il se releva péniblement, contourna la position d’un colosse de la sécurité, et jeta un œil à l’assemblée. Abban était là, au milieu. Son Irlandais était l’issue de secours ultime. Mais surtout, il coordonnait la position de chacun, grâce à Macha, et pouvait improviser si jamais la situation tournait mal pour chacun. Savoir se téléporter était un avantage loin d’être négligeable.

L’air de rien, Jake s’avança à découvert. Il ne vit cependant pas la traîne d’une robe, et se prit les pieds dedans. Pour atterrir directement sur le buffet, les mains dans les petits fours. Immédiatement, deux hommes accoururent pour lui prendre chacun un bras et l’emmener à l’écart.

Cool, les gars, j’suis désolé, j’ai pas fait exprès !
T’es qui ?
Valentin Zukovski, le fils du critique, là-bas !

Il pointa Shrek, dont le rire tonitruant retentissait. Qui pouvait se méfier d’un homme aussi débonnaire ? Les deux vigiles le regardèrent un moment, puis le laissèrent filer, avec une mise en garde.

Promis, je fais gaffe.

Puis il retourna vers le buffet, demanda une flûte de Champagne et… la laissa échapper.

Han, j’suis désolé ! J’vais ramasser… Je… Ouaille !

Il se maudit intérieurement d’avoir eu cette idée à la con. Sa malchance venait tout simplement de le faire se couper en ramassant le verre. Un homme lui tapota l’épaule, et il se retourna, après avoir pris une serviette sur la table la plus proche. Maroni en personne.

Le fils de Vladimir Zukovski, hein ? Je n’ai pas eu l’occasion de vous accueillir, pourtant.
Ouais, je sais… Je… j’me suis faufilé, j’voulais v’nir, mon père voulait pas…
Faufilé ? Par effraction ?
Nan, j’suis passé par la porte, les mecs regardaient pas…
Ah ! Valentin ! Mr Maroni, permettez, je m’en occupe… C’est un gamin un peu turbulent, il n’est pas bien méchant, vous n’avez rien à craindre de lui, je vais le corriger.

Shrek prit Jake par l’oreille et l’entraîna à l’écart, à l’abri des oreilles indiscrètes. Pendant ce temps-là, Maroni se faisait aborder par Maléfique. Et son décolleté.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 23 Jan - 18:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil

Un jour auparavant

Jessy voulait devenir actrice. Elle était venue à Los Angeles droit du Dakota du Nord pour donner un coup de boost à une carrière qui s’annonçait brillante. Mais pour l’heure, Jessy n’avait joué que dans de petites publicités. Elle avait constipée dans une publicité pour des dragées, yeti dans une publicité pour des bonbons à la menthe et syphilitique dans un spot de prévention contre les maladies sexuellement transmissibles. Elle n’en doutait pas, cependant : avec un peu de persévérance, elle finirait par percer dans une série télévisée, un film, peut-être même dans le manequinat.

En attendant, elle était caissière le jour et, le soir, serveuse dans les réceptions mondaines. Elle avait exactement une heure trente entre ses deux emplois. Ce jour-là, elle employait l’heure en question à déboutonner la chemise d’un Irlandais particulièrement charmeur. Elle avait trop vu la mâchoire carrée de ses compagnons d’infortune, dans les salles d’attente des studios, avec leurs sourires tout faits et leurs charmes interchangeables. Lorsqu’Abban avait débarqué dans son supermarché, elle avait senti un inexplicable exotisme. Lorsqu’il lui avait frôlé la main en récupérant sa carte bancaire, elle avait senti son cœur battre. Lorsqu’elle avait retrouvé dans sa main le petit mot qui lui disait de le rejoindre dans les stocks, elle n’avait pas hésité une seule seconde.

— Qu’est-ce que c’est ?

Interrogea-t-elle presque ingénument, tandis qu’elle plongeait une main aventureuse dans le pantalon de l’Irlandais.

— Waaa…
— Pilule magique. Tu veux ?

Sur l’index, Abban tendit un cachet à la jeune fille. Elle parut incertaine d’abord, mais ce qui se tramait dans le pantalon, tandis qu’Abban pensait très fort à Jake, était bien trop prometteur pour qu’elle se fît incertaine. Et puis, elle avait peur de paraître ridicule en refusant. Elle ouvrit la bouche, Abban déposa le cachet sur ses lèvres et, trois secondes plus tard, Jessy la presque-actrice s’effondrait mollement. Abban reboutonna sa chemise. L’Irlandais et sa victime disparurent.

***

Une heure plus tard

— Et qui vous a parlé de nous ?
— Jessy. Vous savez, blonde, grande comme ça…
— Oui. Une de nos meilleures serveuses.
— Eh bien, elle est malade, et je me suis dit que peut-être, je pourrais la remplacer. J’ai besoin de me faire un peu d’argent.

L’accent de l’Irlandais était devenu très britannique et ce n’était pas la seule chose qui avait changé : ses gestes étaient beaucoup plus mesurés, sa syntaxe beaucoup plus correcte et son apparence un peu plus timide. Abban renouait avec ses prouesses de jeunesse : les jumeaux Mac Aoidh, piliers des arnaques de leur père. Auxquelles ils n’avaient pas tardé à donner plus d’ampleur. La femme de l’agence de services parcourut son CV une nouvelle fois.

— Je vois que ce ne serait pas votre première expérience.
— Non Madame.
— Je vais peut-être appeler certains de vos anciens employeurs.
— Je vous en prie.

La femme composa le numéro de Lord Sylvester of Pembroke. À Star City, Thabo décrochait l’un de ses très, très nombreux téléphones portables.

— Pembroke.

***

Abban rajusta son nœud papillon.

— J’t’ai jamais vu ici.
— Je viens d’arriver.
— T’es étudiant ?
— Comédien. Enfin, j’essaye, quoi.

Son collègue d’un soir esquissa un sourire légèrement moqueur avant de commenter :

— Hmoui. Comme tout le monde. Tiens, prends le plateau de canapés au saumon.

Abban se saisit docilement du plateau et quitta une nouvelle fois les cuisines pour naviguer entre les différents invités. Rien n’échappait à son regard et peu de choses à ses oreilles. Il passait des uns aux autres, avec son pantalon noir, sa chemise blanche et son nœud papillon de serveur, sagement coiffé, plein de modestie et de discrétion, humble devant les ponctuelles récriminations du gratin de Los Angeles. N’était-il pas le serveur parfait, celui que l’on appréciait d’avoir puis que l’on oubliait aussitôt ?

Et quelle maîtrise ! Comme il avait habilement évité de renverser son plateau de canapés de saumon, quand Valentin Zukovski s’était vautré dans le buffet, en manquant de le renverser au passage ! Comme il s’était prestement décalé, pour laisser passer l’un des gardes, le frôlant au passage ! Comme il avait élégamment glissé une main dans la veste du garde, détaché la carte magnétique retenue par une pince en plastique, cachée la carte sous dans son autre main, sous le plateau ! Ce garçon-là avait tout pour devenir maître d’hôtel.

De retour dans la cuisine, Abban troqua son plateau de saumon vide pour un plateau de flûtes de champagne et sans attendre, il se relança dans le tourbillon de la fête. Tandis que Maléfique entrait en grande conversation avec le maître des lieux, l’Irlandais offrait une coupe de champagne, avec sa petite serviette d’usage, à telle ou telle célébrité : Daniels le producteur, Jessica Folds l’actrice, Balthazar Werner, le collectionneur autrichien. La carte magnétique glissée dans la serviette, la serviette tendue avec une flûte à Prof, Abban poursuivit son tour de l’assemblée.

De retour en cuisine, il annonça d’un ton un peu las.

— Il n’y aura pas assez de champagne.
— Descends en chercher à la cave. Tu as le code ?
— Non.

Le chef des serveurs fit un signe à l’un des gardes qui passaient par là et lui intima d’accompagner Abban dans la cave. Flanqué d’un colossal acolyte, le jeune homme descendit donc les escaliers de pierre pour arriver devant une immense cave à vins, collection parmi d’autres chez Maroni. Elle était protégée par une baie vitrée blindée et une porte à digicode. Le garde composa le code.

— C’est immense !
— Hmm hmm.

Abban se gratta la nuque, perplexe devant tant de bouteilles. Et appuya sur un petit bouton caché dans son col. À quelques kilomètres de là, Macha provoquait une surcharge dans le périmètre électrifié de la villa. Une alarme silencieuse se déclencha. La montre du garde se mit à clignoter. Il hésita, en fixant Abban, qui marmonna d’une voix des plus trainantes :

— Je vais en avoir pour des plooommbes…
— Bon euh. Tu refermes bien que tu as fini.
— Vous restez pas ? J’ai besoin d’aide pour porter !
— Débrouille toi.

Le colosse tourna les talons. Quand il eut disparu, Abban pressa son oreillette miniature.

— C’est ouvert.

Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 24 Jan - 0:08 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Tu devrais avoir honte, mon fils !
Oui, j’ai honte, papa…
Ah, très bien… Tiens-toi correctement, ne me fais pas honte !
Promis, papa !

Ces quelques paroles avaient été échangées à voix haute, de façon à ce que les voisins immédiats se rendent bien compte que le jeune Valentin se faisait remonter les bretelles. La suite fut bien plus discrète :

C’est bizarre de pas avoir de chance, quand même… Mais au moins, ça marche. Je vais en rajouter une couche. Fais gaffe à ta compagne.
Elle se débrouille très bien, dit Vlad, en jetant un œil à Maléfique, qui riait de bon cœur à l’humour sans intérêt de Maroni. Et ce pervers en profitait pour poser le regard directement dans le décolleté.
Le poisson est ferré, au moins.

Prof, de son côté, muni du pass magnétique, attendait qu’on l’invite à se rendre vers les sous-sols, pour admirer la collection privée. Maroni sembla à regret quitter la superbe Natacha pour rassembler les trois personnes qui bénéficieraient les premières du privilège qu’il octroyait. Et alors qu’il s’adressait à un premier homme, l’attention de Jake fut attirée par quelque chose… Une étincelle… Il fronça les sourcils, avant d’entendre, dans son oreillette, le signal donné par Abban. Qui devait être en bas.

Regarde s’il y a d’autres barrières de sécurité… Enfin, doit y avoir des caméras… Bref, repère un maximum de trucs, je vais détourner l’attention de tout le monde… dit-il, en retour, en faisant semblant de refaire son lacet.

Shrek s’en était retourné parmi les invités, et prit le bras de Maléfique. Maroni avait l’air quelque peu préoccupé, et il disparut à l’intérieur. Certainement pour s’intéresser aux raisons qui avaient déclenché l’alarme silencieuse. Il était temps pour Wildcard d’aller se mettre bien en vue des caméras et de faire quelques bêtises. Malchance : ON. Alors qu’il s’avançait parmi les convives, l’un de ses lacets eut l’idée saugrenue de se dénouer. Il marcha dessus, et s’étala lourdement aux pieds du directeur de la police. Qui sursauta et se renversa un peu de Champagne sur le costume.

Désolé ! Pas fait exprès, désolé ! lança aussitôt « Valentin », en attrapant la première serviette qui passait.

Celle que tenait un serveur. Serveur qui tenait aussi un plateau. Des dizaines de verres chutèrent donc, et se brisèrent en touchant le sol. Et dans sa volonté d’aider, il y alla un peu fort, et le pauvre chef du LAPD perdit définitivement le contenu de son verre, alors qu’un garnement l’assaillait à coups de serviette, à grands renforts de « désolé, désolé, désolé ! », un garnement qui fut bientôt saisi par deux colosses de la sécurité.

Han, cool, les gars, j’ai pas fait exprès ! C’est vrai ! J’ai trébuché ! criait-il, alors qu’il se faisait traîner vers l’intérieur.

Il voulut se redresser un peu, mais son pied accrocha celui de l’un de ses porteurs, et les trois hommes s’écroulèrent dans un méli-mélo de membres emmêlés. Jake s’extirpa du tas.

J’suis désolé ! J’sais pas c’qui m’arrive ! C’est… wah, attendez !

Et il se mit à courir dans le jardin, poursuivi par les deux hommes. Pendant ce temps-là, un Maroni passablement énervé refit son apparition. Mais la douce Natacha vint se placer juste devant lui et posa une main sur son poignet, avant de lui glisser des paroles rassurantes. Shrek, de son côté, observait le manège d’un air amusé. Quand on vint lui demander pourquoi il ne disait rien, il lança sur le ton de la plaisanterie que, pour une fois que son fils faisait du sport, il n’allait pas intervenir.

Il ne mange que ce que je prépare, mais il préfère surtout les plats un peu gras, alors forcément…

Prof, lui, avait été invité à gagner le vestibule, où se trouvait la porte pour descendre. Il arriva avant les deux autres privilégiés et vit que la porte était ouverte… Il la joua donc très innocent et s’avança pour la pousser, et regarda dans l’escalier : personne. Le gouverneur, derrière lui, l’interpela :

Nous devrions attendre, monsieur ! Monsieur… ?
Werner ! Balthazar Werner ! Poûr voûs servir, môssieur ! salua-t-il, en s’inclinant, avant de montrer l’escalier. Puisque c’est oûvêrt, nous devriôns y aller, nôn ?

Et sans attendre la réponse, il commença à descendre. Jessica Folds, l’actrice, passa devant Higgins pour suivre ce drôle de petit Autrichien. Le gouverneur se résigna et descendit à son tour. Pendant ce temps-là, Jake était en train d’essayer de se sortir d’un massif de roses dans lequel il s’était empêtré après être tombé une nouvelle fois. Shrek riait de bon cœur, et Maléfique avait réussi à emmener Maroni à l’écart, sur les chaises longues de la piscine, pour lui faire une série de compliments bien sentis.

Ah ! Noûs ne sômmes pas seûls ! Un jeûne serveûr ! Avec du Champâgne !
Vous voyez bien, il y a une autre porte, impossible de passer. Je vais chercher Maroni.

Higgins remonta, laissant la starlette seule avec deux criminels.

Ah, vous devaîz avoîr besoîn d’aîde pour toût ça, jeûne hômme ! s’exclama joyeusement Balthazar, avant de lui prendre les bouteilles qu’il avait dans les mains et… de les donner directement à Folds. Tenez, aîdez-noûs dônc !

Elle fut si abasourdie d’être traitée comme ça qu’elle n’eut aucune réplique, demeurant simplement bouchée bée.

Ah ! Ah ! Allez ! En hâut ! insista Prof, en agitant les mains pour qu’elle se presse.

Outrée, elle obtempéra cependant, disant quelque chose qui devait ressembler à « ça ne se passera pas comme ça ».

Ah, enfin ! J’entre !

Utilisant la carte, Prof déverrouilla la porte suivante, et entra dans… la galerie des rêves. En tout cas, ce qui devait ressembler à une galerie des rêves pour un collectionneur. De grandes œuvres hors de prix s’alignaient le long des murs, sur des piédestaux… Il balaya l’ensemble du regard et repéra très vite ce qui valait le plus cher : une toile de maître. Le cri, de Munch. Acheté 119 millions de dollars. Il ressortit discrètement, regarda Abban, se prit le visage entre les mains et émit un cri muet, avant de redevenir impassible, juste au moment où un colosse posait le pied sur la dernière marche.

Vous faîtes quoi, là ? tonna l’armoire à glace, avant de se tourner vers Abban. Alors, il vient, ce Champagne ?
C’est une mêprise ! Je pensaîs ! Pârdonnez-moâ ! Où est dônc nôtre hôte ?
Occupé. La visite, c’est moi qui gère. Le type ouvrit la porte, que Prof avait bien pris soin de refermer derrière lui. Allez, entrez.

Au-dessus, Jake était encadré, dans le bureau de Maroni, par deux pitbulls en costard noir, face au patron en personne. Et Natacha s’était fait une place à côté du maître des lieux, une main sur son épaule.

Allons, Bobby, vous n’allez pas punir ce garçon pour sa maladresse.
Ouais, c’est vrai, elle a raison, je… oups.

« Valentin », qui avait saisi là l’occasion de clamer son innocence, s’était avancé sur sa chaise et avait malencontreusement tapé dans une des deux jolies statuettes posées sur le bureau. Crash. La restante se retrouvait orpheline de sa jumelle… Maroni avait rougi, et les jointures de ses mains étaient blêmes. La prochaine étape, là, était un peu floue. Mais elle devait impliquer la disparition soudaine du Cri. Pour mettre la maison en branle-bas de combat… Prof, au sous-sol, se tenait justement devant le tableau. Qu’Abban ne devrait avoir aucun mal à identifier.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 24 Jan - 18:37 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
— Bien reçu.

Abban laissa son oreillette en paix et s’adossa à un tonneau. Les repérages étaient devenus bien plus aisés pour lui depuis qu’il pouvait se reposer sur sa perception hors du commun, mais il préférait malgré tout être aussi près de ce qui l’intéressait, pour pouvoir réagir vite et bien aux éventuels imprévus. Loin d’être parfaits, ses sens, lorsqu’il les utilisait à distance, avaient tendance à se montrer quelque peu sélectif : l’image sans le son, le son sans l’image, une partie du son, tout cela exigeait d’être complété pour une appréhension plus traditionnelle de la situation.

Derrière les successions de bouteilles et de fûts, une immense porte blindée était dissimulée par des panneaux de bois ouvragés, qui préservaient l’intégrité de la décoration rustique réalisée pour la cave à vin. La porte à code qu’Abban avait passée grâce au garde n’était qu’un avant-goût des sécurités au-delà : la seconde porte-blindée ouvrait sur un couloir, ou plutôt sur une succession de pièces, où était conservée une partie de la collection, les objets les moins coûteux ou les plus difficiles, en raison de leurs dimensions, à dérober. La carte magnétique dérobé quelques instants plus tôt pourvoirait sans doute à ce premier obstacle.

Mais derrière, une troisième porte, avec ce qui ressemblait fort à des contrôles biométriques, ne s’ouvrirait qu’à l’aide de Maroni. Il fallait donc espérer que Natacha fût convaincante. Le Gang se reposait sur un subtil équilibre psychologique : il fallait un peu de temps à Natacha pour s’attirer les faveurs de Maroni, mais un Maroni trop bien disposé n’aurait plus de goût pour les visites de sa collection. Il fallait donc que quelque chose de plus sérieux que quelques visiteurs l’attirât dans sa galerie. La disparition, par exemple, d’une toile de maître. Même invendable sur le marché noir.

Le contenu de ces coffres, en revanche, ne les intéressait guère. Ce qui comptait, c’était que Natacha pût convaincre Maroni de la laisser visiter un peu plus longtemps la toute dernière salle, après toutes les portes. Là, quand elle aurait ménager un tête-à-tête, les précieuses protections de Maroni se seraient refermées les unes après les autres, pour lui ménager toute l’intimité souhaitable. Là, Macha absorberait l’énergie électrique de la villa et Maroni serait enfermé, avec son précieux collier, dans sa propre forteresse, pris au piège de ses précautions. Maléfique aussi, certes, mais Maléfique avait ce que Maroni ne possédait pas : un téléporteur. Elle aurait alors amplement le temps de lui subtiliser son collier, discrètement ou par la force, et de s’enfuir avec Abban, comme les autres, sans que Maroni pût contacter ses gardes et les gardes se lancer à leur poursuite. Le reste du plan concernait la délicate extraction du Gang, pour quitter Los Angeles.

Étape 1 : utiliser la carte magnétique pour ouvrir la deuxième porte, sans être repéré. Il fallait que Prof et ses amis d’un soir pussent accéder à la première partie de la collection et prétendre que la porte avait déjà été ouverte — conséquence improbable mais possible, n’est-ce pas, du dysfonctionnement dans le périmètre de sécurité, tel que l’avait provoqué Macha. Les caméras de sécurité repérées, Abban sortit de ses poches une arme redoutable : des autocollants. Il disparut, apparut dans le vide, colla ici, disparut, apparut, colla là, disparut, se réceptionna au sol. En moins de deux secondes, les objectifs des caméras avaient été obstrués.

Dans le centre de surveillance des caméras, en haut, les gardes avaient d’autres chats à fouetter : le fils d’un célèbre critique gastronomique était en train de mettre une pagaille sans nom dans la réception et de tourner en ridicule le service d’ordre du célèbre Maroni. La soirée, qui devait asseoir un peu plus la réputation du Don, prenait un tour désastreux et aucun des employés du mafieux n’avait envie d’en être tenu pour responsable : plutôt que de se pencher sur les écrans de surveillance des caves, de toute façon bien trop protégées, on essayait de parer à toute mauvaise surprise pour les invités.

Prof descendait avec ses deux compagnons d’un soir. Abban replaça une mèche, rajusta son nœud papillon et sortit avec deux bouteilles en main, dont Prof se saisit bientôt avant de les confier, avec une désarmante assurance, à la sculpturale actrice. Les deux criminels purent pénétrer seuls dans le coffre, après en avoir d’abord identifié le contenu et retiré les caches sur les caméras, lorsqu’un garde se présenta pour les y conduire. Il ne comprenait certes pas très bien ce que le serveur faisait là avec un Autrichien, mais on ne le payait pas pour poser des questions.

— C’est euh…

Abban fixait la toile.

— Moche.

Le garde haussa les épaules. On ne le payait pas non plus pour être critique d’art. Abban secoua la tête.

— Définitivement pas mon truc. Je vais remonter, sinon, on va me virer.

Mince solidarité entre les employés, le garde hocha la tête. Il suivit du regard Abban le temps que l’Irlandais rejoignît la cave à vins et que la porte de la collection se refermât derrière lui, avant de se retourner vers Prof. Quelques secondes plus tard à peine, cependant, un bouteiller se renversa dans un immense fracas. Le garde sursauta et marmonna, avant de laisser Prof devant le tableau, en lui intimant de ne surtout pas bouger. Il n’avait même pas ouvert la porte qu’Abban apparaissait devant la toile et il n’était même pas arrivé devant les bouteilles répandues au sol que la toile, Prof et l’Irlandais apparaissaient dans la chambre de Maroni.

L’Irlandais jeta un coup d’œil à sa montre. Si tout était bien chronométré, Jake n’aurait pas le temps de se faire passer à tabac par les sbires de Maroni ou Maroni lui-même : leur garde à eux reviendrait dans la salle, découvrirait la disparition du Cri et sonnerait le branle-bas de combat. L’Irlandais appuya sur son oreillette.

— D’une seconde à l’autre.

Un toast à la main, Shrek surveillait quelques gardes, pour cerner leur réaction. Lorsque l’alarme silencieuse fit à nouveau clignoter leur montre, le critique gastronomique donna à ses acolytes le signal.

Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 27 Jan - 0:27 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
La disparition du Cri, ce serait une catastrophe tellement violente pour Maroni qu’il mettrait sûrement plusieurs heures avant de réaliser qu’autre chose, de bien plus important sans doute, avait également été volé. L’objectif des membres du Cartel Rouge présents à la réception, c’était de sortir tranquillement pas la porte, comme tous les autres convives. Et à peu près en même temps qu’eux, sans la compagnie de quelques policiers. Si jamais ça devait en arriver là, Jake saurait toujours arranger la situation, mais en attendant, ça se déroulait très bien. Lui était toujours encadré par des colosses prêts à lui faire bouffer ses dents, Maléfique s’assurait de garder le contact avec Maroni, Shrek profitait des petits canapés et les commentait même, alors que Prof et Abban se trouvaient désormais dans la chambre du maître des lieux, avec le Cri en question.

Si j’avais su que c’était lui qui avait ce tableau ! Quel dommage ! Enfin, il faut s’en débarrasser… Essaie donc de trouver le véhicule de la jolie actrice… Ou non, plutôt, la voiture du directeur de la police. Et mets-y le tableau ! Ça fera un beau scandale !

Une rapide analyse de la chambre avait permis de découvrir qu’il n’y avait aucune caméra, et sûrement aucun micro. Espace privé, caché aux yeux du monde, personne n’avait le droit de savoir ce qui se passait dans la pièce quand le patron y était. Et c’est très détendu que Prof enfila une paire de gants en plastique et se mit à ouvrir les tiroirs, les placards, à la recherche d’il ne savait trop quoi. Alors que deux étages plus bas, un agent de sécurité constatait que non seulement, le riche collectionneur autrichien n’était plus là, mais en plus, qu’un tableau manquait. Un mec sur un bateau, et qui criait, quelque chose comme ça. Il donna l’alerte.

Dans le bureau de Maroni, la tête des deux mastodontes quand ils posèrent les yeux sur leurs montres suffit à alerter leur boss. Qui se leva, en entraîna un à l’écart, et comprit que ça venait d’en bas. Il blêmit. Natacha s’engouffra dans la brèche.

Oh, qu’avez-vous, Bobby ? lança-t-elle en s’avançant vers lui, sincèrement peinée pour lui.

Jake se félicitait intérieurement de l’avoir un jour engagée : en plus d’être indispensable à ses affaires, elle était une excellente comédienne. « Bobby » plongea. C’est avec elle à son bras qu’il descendit pour constater l’ampleur du désastre. Au passage, il avait laissé Valentin partir, parce que ce « petit con » ne méritait pas autant d’attention. Wildcard s’en retourna donc parmi les convives, histoire de profiter un peu du buffet, sans rien renverser cette fois. Il croisa son « papa », qui lui adressa un clin d’œil, et tous deux se postèrent à des endroits stratégiques pour couvrir facilement toute la zone du regard.

Patron… Le… C’est… Le Cri l’informa timidement son chef de la sécurité quand Maroni arriva au milieu des bouteilles brisées.

Qui au passage lui avaient déjà fait un choc. Mais apprendre le vol de la pièce maîtresse de sa collection eut un effet… dévastateur. Il sembla pendant un moment chercher son souffle, puis il s’effondra. Maléfique eut une demi-seconde pour se rendre compte qu’il faisait une crise cardiaque et que c’était là une chance inespérée pour elle. Elle se jeta sur lui en criant « Bobby, Bobby », au niveau de sa poitrine, alors qu’autour on paniquait et on constatait qu’il fallait remonter pour appeler les secours. Et donc, pendant une poignée de secondes, on se préoccupa plus de cet appel que de Maroni lui-même.

Au niveau du jardin, on comprit rapidement que quelque chose se passait quand le chef de la sécurité revint au rez-de-chaussée en courant et appelait ce qui semblait être les urgences. L’un des convives se manifesta immédiatement pour dire qu’il était médecin, et l’employé eut du coup le réflexe assez stupide de raccrocher. Dans les dix minutes qui suivirent, Maroni revint à la vie, perdit connaissance, sembla mourir de nouveau, les urgences furent cette fois vraiment appelées. Maroni, sur le canapé de son grand salon, marmonnait des incohérences sur un tableau volé. Maléfique, secouée, jouait l’incompréhension, un verre d’eau à la main, et se remettait de ses « émotions ».

L’avantage que possédait le Gang des Fables dans cette situation, c’était que Maroni avait pu catégoriquement refuser qu’une équipe entière de la police scientifique débarque, et que personne n’avait moufté. Du coup, pas de surprésence policière. En revanche, parmi les quelques présents, certains allaient sans doute ne pas laisser passer l’occasion de commencer à enquêter. En profitant, par exemple, qu’aucun invité ne soit encore parti. Ted Simmons, par exemple, un détective privé, qui travaillait beaucoup pour Maroni, commençait déjà à fouiner un peu, à sonder les gens… Et toujours dans le salon, presque éplorée, « Natacha »… qui avait glissé dans son décolleté un pendentif subrepticement dérobé au convalescent…
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 27 Jan - 12:45 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
— Bon, et comment j’transporte ça ? J’le roule ? Quand même pas.

Prof hocha la tête d’un air distrait et Abban contempla le tableau, d’un air dubitatif. Il n’avait aucune idée personnelle de sa valeur, mais le chiffre que lui avait donné son acolyte était colossal et le Mac Aoidh avait malgré tout une forme de respect intuitif pour l’art, même quand il ne le comprenait pas. Il se voyait mal rouler un chef-d’œuvre en tuyau, comme une vulgaire affiche de film. Les œuvres d’art, ce n’était pas vraiment sa spécialité : il volait plutôt des données, des disques dur, des clés USB, des armes, des prototypes. De l’espionnage industriel de grandeur ampleur, en somme.

L’heure n’était cependant pas à la tergiversation et le jeune homme s’exécuta. Il n’avait pas de meilleure suggestion que celle de Prof et ce fut donc dans le vaste garage de Maroni, là où les employés avaient précautionneusement aligné les voitures hors de prix des invités de la soirée, que le jeune homme apparut, la seconde suivante, sa toile de maître sous le bras. Ce n’était pas les voitures qui manquaient et il n’avait aucune idée de celle qui appartenait au chef de la police. Aussi s’adossa-t-il dans un coin, dans l’ombre, pour fermer les yeux et parcourir du regard, au-dessus de lui, les différentes pièces de la maison où discutaient les convives.

L’animation n’était pas encore à son comble et Maroni n’avait pas atteint son coffre. Abban était à la recherche du chef de la police. Il passa quelques visages en revue avant de tomber sur le bon. Maintenant, il s’agissait de regarder à l’intérieur des poches, un exercice que l’obscurité rendait un peu délicat. Mais à force de concentration, Abban trouva le porte-clés et devina la forme caractéristique d’un cheval. Il rouvrit les yeux et se mit à observer, cette fois-ci, les différentes voitures, à la recherche d’une Ferrari. Il n’y avait pas qu’une seule mais, apparu successivement près de chacune d’elle, il n’eût pas de mal à repérer la radio dans celle du chef de la police. Quel professionnalisme.

Forcer le coffre d’une Ferrari n’était pas exactement une partie de plaisir et le faire tout en douceur pour qu’il n’y parût pas, au moins de prime abord, était encore plus délicat : il fallait tout le doigté d’un Mac Aoidh anciennement transporteur pour réussir dans une pareille entreprise, et une bonne dose de patience. Accroupi à l’arrière du véhicule, le jeune homme laissait son sens du toucher s’insinuer dans la serrure. Il n’avait pas souvent l’occasion d’explorer cette partie de ses perceptions distanciées, mais elle s’avéra, ce soir-là, fort utile. Et quelque peu perturbante. Toucher de l’intérieur une serrure inaccessible pour en comprendre la forme exigeait de son cerveau un travail d’abstraction et de géométrie spatiale pour le moins inhabituel.

Finalement, il avait été moins rapide et plus absorbé qu’il n’avait voulu, mais il avait exécuté les ordres de Prof : quelques minutes plus tard, le tableau était dans la voiture et Abban disparaissait pour arriver dans un placard, non loin de la cuisine. Collant son oreille à la porte, il écouta les différentes rumeurs qui montaient de la fête. Certains invités, la plupart à vrai dire, parfaitement inconscients de ce qui se tramait dans la maison, continuaient à discuter. Mais Maroni avait fait un malaise, Maléfique s’était emparée du collier, Prof était revenu de son exploration et il n’y avait plus qu’à attendre de pouvoir sortir tranquillement.

Le jeune homme poussa la porte du placard et sortit dans le couloir désert. Il allait reprendre ses fonctions aux cuisines quand une voix, derrière lui, appela :

— Garçon !

En bon serveur, Abban se retourna, non sans avoir au passage rajusté son nœud papillon. Trop sûr de sa couverture, il ne s’était pas assez tenu sur ses gardes : à peine avait-il reconnu, en se retournant, le visage de Ted Simmons qu’un coup de poing l’assomma et le plongea soudainement dans l’obscurité.

***

— Abban Mac Aoidh.

L’Irlandais rouvrit péniblement les yeux.

— Si je croyais vous trouver à Los Angeles… Dublin n’était plus assez bien pour vous ?
— Vous d’vez… faire erreur… sur la personne.

Simmons afficha un sourire narquois. À cheval sur une chaise en aluminium retourné, il observait le visage familier du Passeur. L’Irlandais avait un peu grandi et ses traits avaient un peu mûri, à leur manière, mais il le reconnaissait sans peine. Ce n’était pas la première fois qu’il croisait son chemin et la première, particulièrement humiliante, avait été difficile à oublier.

— C’est ça. Où est le tableau ?
— On est où ?
— Dans une des caves de Maroni. Une des caves secrètes. J’ai des amis dans l’équipe de sécurité. Pendant que le patron se remet de ton petit numéro, j’ai décidé qu’on discuterait après. Tu sais, pour que je puisse lui apporter de bonnes nouvelles, quand il sera sur pied.

Abban baissa les yeux. Ses pieds à lui étaient menottés à une chaise, qui était elle-même attachée à un conduit d’eau immense, encastré dans le mur. À moins d’emporter toute la villa avec lui, il risquait d’avoir du mal à s’en sortir.

— T’es tout seul ici ?
— Non, j’suis v’nu avec ta mère, connard.

Abban agita ses poignets à l’intérieur des menottes qui lui retenaient également les mains. Simmons lui avait pris la Machmontre. Mais l’appareil ne pouvait pas être loin. Avec son système de localisation.

— Très spirituel, comme toujours. Cela dit…

L’homme se leva, fouilla dans sa poche et sortit un petit couteau.

— Je suis pas venu équipé, mais j’ai ça et pas beaucoup de temps. Du coup, j’te conseille de parler vite, si tu veux conserver c’qui reste de ton joli petit minois.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 27 Jan - 15:49 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Le calme était plus ou moins revenu sur la propriété de Robert Maroni. Ce dernier était à présent assis sur le canapé, un tube branché au bras, avec une substance certainement très efficace qui lui coulait à présent dans les veines, depuis un sac plastifié suspendu au-dessus de lui. Il était pâle, mais l’expression qu’il affichait était résolument sévère. Il avait fait réunir tout le monde, et constaté qu’il manquait trois personnes. Balthazar Werner, tout d’abord. Le collectionneur autrichien vu pour la dernière fois au sous-sol, au milieu de la collection. Ted Simmons, ensuite, le détective, que personne n’avait pour autant vu quitter les lieux. Les taupes dans l’équipe de Maroni ne l’avaient pas encore vendu. Et enfin, le jeune serveur britannique, recrue du soir, le petit nouveau. Dans un coin, Vladimir portait une assiette de petits fours et se les enfilait tranquillement, indifférent à l’ambiance générale, plutôt morose. Jake, lui, était nerveux. Où était donc passé Abban ? Natacha, elle, était assise à côté de Maroni. Autant jouer la comédie jusqu’au bout. D’autant qu’il n’avait pas encore remarqué la disparition de son pendentif.

Mon petit Blake, vous avez montré les limites de vos compétences ce soir. Vous êtes viré. Kowalski, vous prenez la relève.

Le dénommé Kowalski adressa un sourire goguenard à l’ex-chef de la sécurité. Puis il fit signe à la vingtaine d’hommes arrivés entretemps et ils se réunirent dans le couloir. Objectif : fouiller. Y compris les notables. Parce que si les notables passaient entre les mailles du filet, ils savaient très bien que Maroni avait largement les moyens de leur nuire par la suite. L’avantage de la disparition de ce tableau, c’est que personne ne pouvait, même roulé, le porter sur lui sans que ça se remarque. On demanda donc à chacun de remettre aux gardes les clés des voitures, et la fouille des véhicules put être lancée. Jake, lui, tapotait discrètement son oreille. Aucune réponse. Aucun moyen de contacter son petit ami… Macha. Il fallait entrer en contact avec Macha. Mais pour sortir, il fallait une diversion…

Natacha. Discrètement, il se mit dans la ligne de mire de Maléfique, et attendit qu’elle pose les yeux sur lui. Mains jointes, il se désigna du pouce, et se tapota l’index. « Moi », « me faire la malle ». Il lut dans ses yeux qu’elle avait compris. Elle demanda si elle pouvait faire un tour aux toilettes, tout en se levant. Avant de défaillir. Pendant la seconde où toute l’attention fut sur elle, Jake s’éclipsa vers le jardin, avant de quitter les zones filmées. Contre le mur, il émit un petit sifflement, qui passa inaperçu à l’intérieur, au milieu de l’agitation. Après quelques secondes, un petit tintement résonna au-dessus de sa tête. Et Clochette apparut.

Salut ma beauté ! Vite, j’ai besoin de voler !

Quelques instants plus tard, après un slalom au milieu des ombres pour ne pas se faire repérer, Jake atterrit près de Macha. Qui, n’ayant plus de contact non plus avec Abban, lui ouvrit. Installé au volant, il lui demanda de localiser la montre. Toujours dans la maison, mais impossible de savoir où exactement, les murs étaient trop épais…

Pendant ce temps-là, on avait retrouvé l’Autrichien. Qui avait eu le temps, puisque l’Irlandais n’était pas venu le rechercher, de se monter une jolie petite histoire. Tout était allé très vite, on l’avait assommé alors qu’il était en bas, et il s’était réveillé ici, seul, dans une chambre verrouillée. Visiblement de l’extérieur. Il fut conduit devant Maroni, qui se montra particulièrement perplexe devant le rebondissement. Heureusement, Kowalski apparut, portant fièrement Le cri.

Abban est quelque part dans la maison. Dans une cave, apparemment, transmit Wildcard à ses acolytes sur place, alors qu’il effectuait le vol de retour.

Au même moment, quelqu’un remarqua que le petit blond maladroit avait disparu. Maroni explosa, se leva, arrachant au passage la perfusion, et alla attraper Joshua Smithers par le col. Le directeur de la police tâcha de se défendre, mais l’adrénaline qui avait pris le mafieux le terrassa. Il se retrouva bientôt au sol, sous une pluie de coups. Et personne n’osa intervenir, hormis Shrek, qui avait pris soin de poser l’assiette sur une table avait de saisir Maroni à bras le corps.

Doucement, doucement ! Il a commis un vol, mais il mérite d’être jugé ! Si vous le tuez, imaginez un peu le déferlement sur cette maison, et vos affaires !
Lâchez-moi, je vais fumer cet enculé ! Et les complices ! Trouvez les complices !

Le Russe alla caler Maroni sur le canapé et pointa un index sévère sur sa poitrine.

Vous restez tranquille, si vous ne voulez pas subir une nouvelle attaque, ordonna-t-il, avant de se tourner vers Kowalski. Et vous, alors, vous faîtes quoi ? Vous avez trouvé le voleur, faites-le arrêter ! Et retrouvez ceux qui ont disparu ! Faites votre travail, bon sang !

Aussitôt, Kowalski sortit de sa torpeur pour se mettre au travail. Wildcard en profita pour revenir au milieu des convives, donnant à ceux qui le virent revenir une excuse sympathique, « j’étais allé pisser dans le jardin ». Maléfique, elle, était toujours enfermée dans les toilettes, où on l’avait conduite après son « malaise ». Elle s’était connectée, avec son téléphone, au réseau local, et grâce aux données envoyées par Macha, elle tâchait de trianguler la position de l’Irlandais. Et finit par déterminer qu’il devait se trouver quelque part sous ses pieds.

Je l’ai. Je me débarrasse de mon ange-gardien, et je vais voir ça.

Elle tira la chasse, ouvrit la porte, rajusta un peu sa robe devant le miroir, puis entrouvrit la porte du couloir.

J’ai besoin de vous, permettez ?

Au moment où il entrait, elle éteignit la lumière, ferma la porte, et laissa les ombres se charger de lui. Puis elle retourna, l’air de rien, dans le couloir, avant de se faufiler par l’escalier. Là, elle tomba sur deux hommes. Qui l’empêchèrent de passer. Mais se prirent chacun une petit giclée de gaz. L’avantage de faire partie du Gang des Fables, c’est qu’on disposait de plusieurs gadgets particulièrement utiles. Elle localisa l’endroit où devait se situer à peu près Abban et se plaça devant un mur nu… Au-dessus, Jake s’était approché de son « père ». Il était temps qu’ils mettent les voiles.

Ah, et je pense qu’il est temps de renvoyer tout le monde chez soi. Qu’en pensez-vous ?

Maroni eut un vague geste de la main. Suffisant pour que chacun comprenne qu’il était temps de partir, et que les gardes les laissent faire. Hormis bien sûr le chef de la police. D’ailleurs, les premiers invités qui sortirent manquèrent de peu de rencontrer le capitaine Michael McCain, accompagné d’une vingtaine de policiers. Shrek et Prof échappèrent donc aux flics, alors qu’ils rejoignaient tranquillement Macha. Jake, lui, abandonna les faux-semblants et descendit directement au sous-sol.

Je ne trouve pas le système d’ouverture…confessa Maléfique.
Avec un peu de chance, je vais y arriver, répliqua Wildcard, avec un clin d’œil.

Il passa la main sur le mur, avant de repérer, sur sa droite, un défaut. Une défaut parmi les aspérités. Il y glissa le doigt, et le mur coulissa. Un couloir.

File d’ici. Utilise ton pouvoir, avec les ombres, les flics viennent d’arriver, ils te laisseront pas partir. Non, ne proteste pas. Tu as…

Elle avait mis la main dans son décolleté, et sorti le pendentif. Il resta quelques secondes à le fixer.

Emporte-le. Si je suis pris, je ne veux pas que Maroni le récupère. Tu as été formidable. Maintenant, file.

Elle obtempéra et se glissa dans une ombre proche. Jake prit une grande inspiration et pénétra dans le couloir, sombre. Sur les côtés, il y avait de nombreuses portes. Qui donnaient sûrement sur des toutes petites pièces. Abban était derrière l’une d’elle. Quand il ouvrit la première, l’Américain sut qu’il avait vu juste. Il se baissa à temps pour éviter le coup, mais il n’eut pas le temps de sortir un gadget, qu’un coup de genou dans le nez l’envoyait au pays des rêves.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 27 Jan - 17:49 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Dublin, un an plus tôt

— Et vous êtes ?
— Un cinéaste amateur.

Abban adressa un grand sourire, depuis le confortable fauteuil qu’il occupait. Le fauteuil de Simmons, derrière le bureau de Simmons, dont il avait négligemment repoussé les dossiers, pour pouvoir y poser les pieds. Il avait pioché dans la réserve de bonbons à la menthe du détective privé et les avalait les uns après les autres, manifestement pas perturbé par l’arrivée du maître des lieux. Dans le petit bureau, encombré par les papiers, les tableaux en liège où l’on avait épinglé des cartes, les deux se faisaient face à face. L’Irlandais, tranquille, plein de morgue, le détective, un peu perplexe.

— Je vous conseille de vous relever au plus vite, si vous ne voulez pas sortir d’ici en bien plus mauvais état que vous n’y êtes entré.
— Ouais, super histoire, mec. Les menaces, tout ça, waouh, j’suis méga effrayé. Mais ferme plutôt ta gueule et regarde ça.

L’Irlandais pressa un bouton sur le lecteur de DVD portable qu’il avait emporté avec lui et tourna l’écran vers Simmons. Ce dernier put bientôt se voir en train de déshabiller une femme, puis de l’allonger sur un lit, de se mettre à genoux devant elle et de se lancer dans une série d’activités pour le moins plaisante. Certes, il n’avait à rougir ni du physique de sa compagne, ni de ses propres performances. Pourtant, il avait pâli à vue d’œil et sa mâchoire s’était contractée.

— C’est bien la femme d’l’ambassadeur de Chine, hein ? On est d’accord ?

Simmons ne répondit rien. Abban rabattit l’écran du lecteur de DVD, retira les pieds du bureau et se redressa.

— OK. Alors maintenant, voilà l’message, et t’as intérêt à bien enregistrer. Mes employeurs veulent que t’aies dégagé de Dublin d’ici trois jours, où ils se font un festival improvisé de porno amateur, à l’Ambassade de Chine. Est-ce que c’est clair ?

Silence, toujours, du détective. Abban articula avec un plaisir évident :

— Est-ce que c’est clair ?

À contrecœur, Simmons répondit :

— Très clair.

Et Abban disparut.

***

— Depuis le temps que je rêvais de faire ça…

La lame du canif ouvrit légèrement la joue d’Abban, juste assez pour faire couler un filet de sang. La paupière de l’Irlandais avait frémi. Mais depuis qu’il était arrivé à Star City, il en avait vu d’autres. Cependant, il n’était pas certain de voir une issue à cette désagréable situation. Le Gang des Fables pouvait bien ne pas se rendre compte immédiatement de son absence, et quant à la retrouver, c’était une toute autre histoire. Il allait avoir besoin de beaucoup de chance pour s’en sortir.

— J’écoute.

L’Irlandais haussa comme il le pouvait les épaules. Avec un sourire ravi, Simmons approcha la lame du canif de la gorge de son prisonnier.

— J’ai dit : j’écoute.
— OK, OK, vas-y, zen, t’énerves pas. C’pas moi qu’ai l’tableau, en plus.
— Donc c’est bien toi qui l’as volé ?
— ‘Videmment, qu’c’est moi, tu crois quoi ? Qu’j’me suis reconverti dans la restauration, sérieux ?
— Tu as des complices ?

Abban fit une moue hésitante. La lame se pressa un peu plus fort contre son cou.

— Héééé…. ! Ouais. Deux types, dans l’service de sécurité, pour les caméras, les trucs comme ça.
— Leurs noms.

L’adolescent n’eut pas le temps d’affabuler : la porte venait de s’ouvrir et, quelques secondes plus tard, Jake l’avait rejoint, sur une chaise, à côté de lui, tout aussi solidement menotté. L’Irlandais était ravi. Son petit ami venait certes de se prendre un cou, mais au moins, c’était avec lui une sacrée dose de chance qui se trouvait désormais attachée au radiateur. Il ne restait plus qu’à attendre qu’il se réveillât et se décidât à utiliser son pouvoir. Il s’agissait de gagner du temps.

— C’est le fils du critique.
— Ouais.
— Je croyais que tes complices, c’était des gardes.
— Ouais.
— J’te conseille d’arrêter de me mentir…

Simmons empoigna les cheveux de Jake pour lui tirer la tête en arrière et libérer son cou.

— …sinon je t’offre un petit spectacle.

Froidement, Abban répliqua :

— Bah vas-y, qu’est-ce tu veux, pour c’qu’j’en ai à foutre, moi…

Simmons plissa les yeux, tentant de jauger la sincérité des réactions de l’Irlandais.

— Si c’est pas ton complice, qu’est-ce qu’il fout ici ?
— Il me colle. Tain, il m’a mis la main au cul quand j’servais l’saumon, tout à l’heure, le mec, c’t’une vraie plaie. J’en ai connu des types lourds, mais lui, franchement, c’est l’pompon.

Le détective privé haussa un sourcil.

— Il te colle ?
— Bah ouais, quoi. Il veut avoir d’la chance. Tremper son biscuit. M’butiner la fleur. Faire la bête à deux dos. Ramoner la cheminée. Visser l’étagère. Pointer son télescope vers la lune. J’sais pas, faut t’le dire en quelle langue ? Tu veux un dessin ?
— Non, OK. OK, j’ai compris.

Il ne voulait surtout pas un dessin. D’un air méfiant, il observa Jake.

— Il a pas l’air…
— Ah bah putain, j’sais pas c’qu’il te faut. À part un tee-shirt Village People, il lui manque pas grand-chose, au mec. Sérieux, t’as vu ses fringues ?

Abban espérait sincèrement que son chanceux compagnon finirait par se réveiller, parce qu’il n’était pas certain de pouvoir soutenir indéfiniment une semblable conversation.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 27 Jan - 23:29 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Quand Jake ouvrit les yeux, il avait mal sur le côté du visage. Puis il se rappela le genou, qu’il avait vu arriver à grande vitesse, et le seul réflexe qu’il avait eu, c’était de tourner la tête pour ne pas se faire broyer le nez. Et se prendre le projectile anatomique dans la joue, ça avait suffi à le mettre KO. Il devait certainement avoir un bleu, ou un hématome, ou quelque chose. Mais il ne devait pas saigner. Quand il réussit à faire le point, il vit que Ted Simmons était assis devant lui. Ah, le détective. Puis il tourna la tête, et vit Abban. Ah, c’était donc ce mec-là qui avait capturé son petit ami… En plissant un peu les yeux, il vit la coupure sur la joue. Cet enfoiré, en plus, torturait l’Irlandais ?

Valentin Zukovski ?
Ted… connard… Simmons ?

Jake avait un peu de mal à articuler, sa bouche était un peu engourdie. Le geôlier-tortionnaire éclata de rire, avant de se tourner vers Abban, en désignant le « fils du critique ».

Il a de l’humour, ton copain… Pardon, celui qui voudrait être ton copain.

Heureusement, il avait un défaut : il était bavard. Wildcard put comprendre rien qu’en une phrase où Abban l’avait emmené. Simmons croyait que Jake espérait se faire le petit serveur. Il fallait donc jouer là-dessus, le temps de se défaire des menottes.

Et surtout, il t’emmerde… Tu fais quoi, là ? Tu cherches quoi ?
Pas à moi, Valentin, pas à moi… D’ailleurs, tu n’as pas l’accent, contrairement à…
J’ai grandi ici, connard. T’es pas très fin, pour un enquêteur.
Doucement, mon petit, doucement. Si tu continues, je vais être forcé d’abimer un peu plus ton joli minois, et alors, pour arriver à le séduire, c’est…
Ouais, si je finis avec ta gueule, c’est sûr, même les chiens vont me fuir.

Simmons tiqua, mais garda son sang-froid. Là, l’objectif du leader du Gang des Fables était simple : le faire sortir de ses gonds. Parce que le seul moyen pour que sa chance agisse, c’était que l’autre soit actif. La chaise pouvait lui jouer des tours, il pouvait perdre l’équilibre en se levant, et il n’y aurait plus qu’à lui balancer une bonne dose de gaz dans la tronche.

Quoi, tu crois qu’t’es beau ? Ou tu sais qu’t’es moche et ça t’plaît pas qu’on te l’répète sans cesse ? En même temps, vu ta gueule… Si encore t’étais vraiment un bon détective, mais t’as même pigé pour mon accent…

La gifle était partie, et Jake retint une exclamation de douleur, la main ayant touché violemment l’hématome qu’il devait avoir au visage. Il serra les dents. Et quand il tourna la tête vers Simmons, ce fut pour lui cracher au visage. L’homme resta un moment immobile, impassible, mais on sentait qu’il commençait à bouillir intérieurement. Pendant ce temps, Wildcard avait pu constater, quelle chance, qu’un des bracelets de ses menottes n’était pas bien mis. Il avait donc une main libre.

Tu es… Simmons sortit un mouchoir de sa veste. … particulièrement… Il s’essuya la joue. … coriace. J’aime beaucoup.

Il prit le temps de ranger le mouchoir, avant de se tourner vers Abban.

Tu devrais envisager de lui laisser sa chance, à ce petit.
Et toi tu devrais envisager d’arrêter tes conneries. Tu veux quoi ?
Le Cri. Je veux Le Cri.
Le quoi ?
Le Cri ! Le tableau !
Han, c’est comme ça que ça s’appelle… Le tableau ?
Le tableau que tu as volé !

Simmons perdait patience. Excellente chose. Jake se garda de sourire. Poker. Ne pas montrer qu’il avait les meilleures cartes en main.

Il est où ?
Eh ben, tu vois, si t’avais pas voulu faire ton justicier solitaire, cowboy, t’aurais appris qu’ils ont déjà trouvé le tableau et le voleur…

Là, le détective afficha un air réellement surpris, désarmé.

Ils ont trouvé le… C’est qui ?
Ah ben, s’tu crois que j’vais te dire, fallait être là, mon vieux…

Nouvelle claque.

Et en plus, la violence… Franchement, j’ai rarement un mec comme toi, un connard tout faible qui sait que faire mal pour obtenir c’qu’il veut…

Simmons se redressa. Et comme l’avait anticipé Jake, sa position bâtarde sur la chaise le déstabilisa un peu. Juste ce qu’il fallait pour dégager sa main libre et saisir le petit spray dans la poche de sa veste. Le détective se récupéra et se figea.

Tu… Comment… C’est quoi, ça ?
Bonne nuit, connard.

Nuage de gaz. Simmons se recula pour l’éviter, mais il en avait inhalé un peu, suffisamment pour se sentir soudainement très somnolant. Il vacilla un peu, et dans sa confusion, il refit un pas en avant, juste ce qu’il fallait pour que Jake puisse attraper la cravate. Il tira, et Simmons s’écroula en avant, pour s’assommer sur… un genou de l’Américain. Qui d’une main, le retourna, avant de mettre la main sur la clé. Il défit ses propres menottes, se leva, asséna un violent coup de pied dans le flanc du connard, puis se retourna vers Abban.

Ce salopard t’a coupé… J’aurais dû arriver plus tôt… J’suis désolé, mon cœur…

Puis il réalisa qu’il n’avait pas détaché l’Irlandais, et il s’exécuta immédiatement, avant de les remettre aux poignets et mollets de Simmons. Puis il prit Abban dans ses bras.

On a réussi… Maléfique a piqué le pendentif… Et Prof a pu mettre la main sur deux, trois trucs dans la chambre… J’suis désolé que ce mec te soit tombé dessus…

Il ne restait qu’à retrouver les autres pour faire le bilan, et apporter quelques soins aux deux ex-prisonniers de Simmons.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 28 Jan - 17:19 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Pour Abban, le pouvoir de Jake était une sorte de panacée miraculeuse capable de les sortir de n’importe quelle situation et, pendant quelques secondes, il sentit son ventre se nouer d’angoisse en constatant que les choses n’étaient peut-être pas aussi simples qu’il l’avait cru d’abord. Jake ne pouvait pas faire magiquement apparaître un piano à queue au-dessus de la tête de leur geôlier, comme dans les cartoons, et la chance était une chose subtile qu’il fallait savoir ménager. Ce n’était pas une téléportation, simple et efficace, dont on pouvait tout savoir et tout anticiper.

À chaque fois que Simmons portait la main sur Jake, Abban sentait monter en lui un peu de plus de colère froide. Il avait ressenti souvent ce sentiment pour Aishlinn, quand l’Irlandaise se retrouvait aux prises avec un adversaire un peu trop indélicat. Il l’avait ressenti pour Jake, déjà, aussi — la première fois lorsque les Russes nouveaux venus avaient tenté de forcer leur coopération. À chaque fois, elle lui semblait et plus forte et moins impétueuse. Avec un calme qui l’effrayait, il devinait en lui des envies violentes et sanglantes que Star City avait lentement nourries. Des envies toute nouvelles de vengeance.

La chance de Jake finit par tourner en leur faveur — une nouvelle fois. Abban ne comptait plus les occasions dans lesquelles le pouvoir de son compagnon les avait tirés d’affaire tous les deux ou, tout du moins, l’avait sauvé lui d’une mort quasi certaine. En quelques minutes, Simmons était passé du rôle d’interrogateur à celui du victime, inconsciente et malmenée, sur le sol, et Abban avait pu se relever dans un bond pour passer les bras autour du cou de Jake et le serrer contre lui, incapable de contenir parfaitement, avec toute l’indifférence que son statut de criminel endurci eût exigé de lui sans doute, l’inquiétude qui l’avait possédé.

L’Irlandais se détacha et désigna Simmons d’un signe de tête.

— Lui et moi, on s’est d’jà croisé. L’année dernière. À Dublin. Bouge pas, bébé.

Abban et Simmons disparurent et, la seconde suivante, l’adolescent refit son apparition en face de Jake. À tout hasard, il précisa :

— J’l’ai pas buté.

Simmons venait d’échouer dans la réserve de combinaisons de plongée, dans un poste de gardes-côtes, sur le littoral californien, à plus d’une centaine de kilomètres de la villa Maroni. Pourtant, l’idée de se défaire bien plus radicalement du détective privé l’avait chatouillé pendant quelques instants, quand il l’avait observé, dans l’obscurité, entre deux bouteilles à oxygène. Ses pulsions meurtrières lui avaient paru bien plus palpables, encore, que lorsqu’il avait failli descendre le chef des Russes, plusieurs mois en arrière. Alors il avait pris peur, il était revenu près de Jake et il avait tenté d’assurer sa probité avec un naturel parfait.

L’Irlandais observa son compagnon avant de passer une main sur sa propre joue. La coupure n’était pas profonde, mais elle saignait encore un peu et, surtout, elle était parfaitement visible.

— On va avoir du mal à s’fondre dans le paysage avec une gueule pareille. Toi, encore, on va pouvoir faire quelque chose. Viens.

Ce n’était pas une suggestion : à peine avait-il fini de parler qu’ils apparaissaient dans la salle de bain de Maroni. S’ils devaient sortir sans éveiller les soupçons, pour éviter de s’attirer des complications au moment d’embarquer à l’aéroport pour Star City, mieux valait que Jake n’eût pas l’air d’avoir été passé à tabac. Abban ouvrit successivement tous les placards et sortit un pot de fond de teint. Il s’approcha de l’Américain et murmura :

— Bouge pas. J’ai d’jà fait ça, ça suffira pour une heure ou deux. Ça va pas être super agréable, mais surtout bouge pas.

Une bonne partie du pot de fond de teint, que Maroni utilisait pour avoir l’air plus jeune qu’il ne l’était réellement, fut consacrée à effacer l’hématome du chef de gang. Abban referma le pot et le rangea à sa place, avant de préciser :

— Essaye juste de pas faire la bise aux gens, parce que là, t’vas leur laisser ton plâtre.

Il se retourna vers le miroir pour éponger avec un coton le sang de sa coupure. Le coton rangé dans la poche — hors de question de laisser son sang traîner partout — il en sortit la Machmontre récupérée auprès de Simmons, la remit à son poignet et appela :

— Macha. J’ai b’soin d’un peu d’discrétion. Occupe toi d’l’éclairage.

Puis il se retourna vers Jake.

— J’te ramène en bas. Essayez d’sortir avec les invités, j’vais passer avec le personnel. Si jamais y a un problème, appelez-moi. Mais efficacement. Genre, avec votre nom. Que j’vous localise et qu’j’vous récupère.

Arriver à s’enfuir, avec un associé comme le Passeur, n’était jamais véritablement une difficulté : ce qui comptait était de le faire le plus en douceur possible. Pour l’heure, ils avaient certes semé les corps et les coffres sur leurs passages, mais il n’y avait personne de conscient pour pointer le doigt sur eux. Et quand la villa fut brutalement plongée dans l’obscurité, il devint évident pour tous les invités que l’heure était définitivement arrivée de fausser compagnie au maître des lieux : la fête tournait court et personne n’avait envie de se retrouver mêler à une affaire trop désagréable.

Pendant que le service de sécurité était débordé par l’insistance des notables de Los Angeles au goût desquels le départ ne se faisait pas assez vite, un serveur déposait un baiser sur la joue valide du fils d’un célèbre critique gastronomique, dans un couloir du rez-de-chaussée, avant de rejoindre en cuisines ses collègues d’un soir, chez qui l’inquiétude n’était pas médiocre.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 28 Jan - 21:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Jake mit quelques secondes à réaliser l’information qu’il venait d’apprendre. Simmons et Abban s’étaient déjà rencontrés ? Vu le moment qu’ils avaient dû passer tous les deux, ça ne s’était sans doute pas très bien terminé. Le détective s’était sans doute fait virer de Dublin avant de rebondir dans l’entourage de Maroni. Sa surprise en revoyant l’Irlandais ici avait dû être grande, et il avait su en profiter pour cuisiner sa vengeance aux petits oignons… Mais c’était sans compte sur l’abnégation de Jake, et son pouvoir, et cette combinaison qui l’avait finalement mis totalement KO. Abban en remit d’ailleurs une couche, en l’emmenant Dieu savait où. L’Américain ne fit aucun commentaire, parce que si son petit ami avait tué Simmons, il ne lui en aurait pas voulu. Ce genre d’enflure ne méritait que de crever.

T’aurais pu… J’l’aurais ptêt fait, moi…

Peu après, ils étaient dans la salle de bain, et l’Irlandais s’appliquait, à grand renfort de fond de teint, à faire disparaître l’hématome qui avait pris forme sur la joue de l’Américain. Quand ce dernier se regarda dans le miroir, il eut l’impression d’avoir été préparé pour une grande scène sur les planches d’un théâtre. Et alors qu’Abban s’occupait de sa coupure, il rétorqua :

Ça va être dur, j’adore faire la bise à des inconnus quand je les croise.

Puis ils se retrouvèrent tous les deux au rez-de-chaussée. Abban aux cuisines, Jake dans un couloir, puis dans le salon, avec les autres invités. Personne ne fit attention à lui, évidemment, puisque l’obscurité avait gagné les lieux. Des lampes torches furent bientôt braquées un peu partout, alors qu’une voix s’élevait au niveau de la porte :

Messieurs, mesdames, s’il vous plaît, un peu de calme ! Capitaine McCain, du LAPD ! Ne cédez pas à la panique ! Je…

Dans la pénombre, Jake devina que les quelques invités qui n’étaient pas encore partis s’étaient regroupés, hormis un, qui venait de bousculer le policier en se précipitant vers la sortie.

Halte ! Vous ! Arrêtez-le !

Le fuyard fut intercepté par les policiers placés en faction à l’extérieur, et on l’entendit bientôt protester, criant qu’il était le directeur de la police, en personne.

Le directeur, bien sûr, et puis quoi, encore ? Bon, il revient ce courant ?

Wildcard tâcha de se rapprocher de l’ouverture qui menait vers le jardin. Une silhouette se tenait là, immobile : Maléfique. Il prit un air exaspéré, que personne ne put évidemment voir, et il s’approcha d’elle.

Qu’est-ce que tu fais encore là ? File !
Je m’inquiétais pour toi. Et… lui.
On va bien tous les deux. Maintenant, rejoins Shrek et Prof, ils doivent déjà approcher de la camionnette.

La sculpturale Aurora resta quelques secondes immobile, avant de se fondre dans le noir. Et de trois. Seuls Abban et lui étaient encore sur place. Jake se devait de demeurer encore un peu, histoire de ne pas griller la couverture de son « papa ». La lumière finit par refaire son apparition. Tout le monde se protégea les yeux pour se réaccoutumer la vue, alors que le criminel allait se poster tout près du canapé. Histoire d’être repéré facilement par Maroni, toujours assis là, toujours aussi pâle.

Ah, ce n’est pas trop tôt. Oh ! Monsieur le directeur… Vous… Je suis tellement confus… Retirez les menottes…
Attendez ! intervint Maroni. Avant ça, ne voudriez-vous pas vous demander pourquoi il s’est enfui ? Cet homme m’a volé un tableau de maître !
Un tableau de…
Oui. Retrouvé dans sa voiture, peu après sa disparition de ma collection.

S’ils commençaient maintenant à parler du vol, ça pouvait durer un moment. L’air de rien, « Valentin » s’installa sur l’accoudoir du canapé. Maroni réagit au quart de tour.

Ah ! Et vous, allez-vous-en ! Avec votre… tiens, où est-il, votre père ? Et Natacha ?
Je crois bien que certains invités sont déjà partis, j’ai pu en apercevoir quand je…
Ah, peu importe ! Embarquez-moi cet homme et interrogez-le. Tout le monde dehors. DEHORS !

C’était encore mieux ! Tout le monde dehors ! Jake se mêla donc aux derniers convives qui rejoignaient la sortie, certains se dirigeant vers le parking. Arrivé dans la rue, il se mit un peu l’écart et parla via l’oreillette, directement à Abban.

On est tous sorti. Tu peux fausser compagnie à tes potes de la cuisine.

Puis il rejoignit un coin un peu sombre, où Clochette vint le rejoindre, et tous deux s’envolèrent vers Macha, garée à côté de la camionnette utilisée par le Gang des Fables. Il entra directement à l’intérieur du gros véhicule, où tout le monde était réuni. Maléfique lui tendit sans attendre le bijou, qu’il prit avec beaucoup de précaution, comme si c’était une relique sacrée.

C’est… c’est magnifique…

Il passa la chaîne autour de son cou, avant d’ouvrir pour laisser entrer Abban.

Vous avez été formidables. Y a eu des imprévus, bien sûr, mais vous avez géré…

Il prit son petit ami par la taille et l’embrassa sur la joue non blessée.

Et pour une première vraie collaboration avec Abban, c’était une réussite. Vous êtes les meilleurs. J’ai une sacrée veine de bosser avec vous !
Tu fais dans le sentimentalisme, maintenant ?
Hein ? Euh…

Shrek et Prof éclatèrent de rire, accompagnés par le tintement gai de Clochette. Un peu rouge, malgré le fond de teint, Wildcard conclut :

Ouais… Enfin… On retourne à l’aéroport. Maléfique, ma belle, tu gères notre arrivée ?

Un avion pour transporter Macha et la camionnette, ça demandait un peu de préparation avant le décollage. Et pour ne pas subir d’autres remarques de la part de ses partenaires, Jake monta avec Abban. Il avait son pendentif absorbeur de sens !
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 29 Jan - 11:42 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
— Tu veux de la terrine ?
— Jody !
— Ben quoi ? C’est pas comme s’ils allaient la manger, maintenant.

Dans les cuisines, les serveurs étaient partagés entre l’angoisse et un air de fête. Certains se voyaient déjà soupçonnés, incarcérés et interrogés pendant des heures, ce qui sonnerait assurément le glas de leur brillante quoiqu’encore future carrière d’acteurs, parce qu’ils allaient manquer tous leurs rendez-vous pour tourner dans des publicités pour soupes instantanées. D’autres, en revanche, se voyaient enfin libérés de la charge de servir poliment des plats qu’on leur refusait à des bourgeois imbuvables et les réserves initialement destinées aux invités de Maroni étaient redistribuées dans un pique-nique improvisé.

Abban avait ôté son nœud papillon, déboutonné le haut de sa chemise et ses manches. Il prit le canapé que Jody lui offrait.

— Bon, sérieux, il se passe quoi ? J’étais parti chercher du vin à la cave. Je remonte, y a des flics partout, des gens qui s’agitent dans tous les sens et on y voit que dalle. Franchement, j’ai pas signé pour ça.

Jody haussa les épaules.

— Y a un vol, apparemment.

Dosant soigneusement sa surprise, l’Irlandais s’exclama :

— Pas possible ? Ils ont volé du fric ? Des bijoux ?
— Non, je crois pas. Un tableau ou un truc à la con, comme ça.
— Putain. Et ça va durer longtemps ? J’ai une audition, demain, moi ?

Jody regarda de droite et de gauche, avant de se pencher vers Abban. Difficile de ne pas accorder sa confiance au petit serveur fraîchement débarqué, avec ses airs angéliques et ses sourires enjôleurs.

— Si tu veux, on peut toujours sortir par les grilles de service, pour les livraisons.

Le Passeur afficha une moue dubitative et indécise, avant de glisser :

— Ouais, enfin, on risque pas d’avoir des soucis ?
— Bah, y a ton adresse à l’agence de services, non ? Au pire, les flics viendront t’interroger chez toi, et en attendant, tu peux rentrer te reposer et être en forme pour ton audition.
— Hmmm… Ouais. OK. On fait ça.

Les deux compères s’éclipsèrent donc discrètement des cuisines, pour atteindre les selliers de la villa et, par eux, les portes de service. La police était intervenue en vitesse et sans disposer des plans de l’immense demeure : toutes les entrées n’étaient pas surveillées, loin de là. Jody et Abban se retrouvèrent bientôt sur la grande route qui descendait des beaux quartiers à Los Angeles. D’un geste de la main, la Californienne rompue à l’exercice héla un taxi et les deux jeunes gens s’y embarquèrent. Quelques minutes plus tard, Abban annonçait qu’il descendait ici, glissa quelques billets froissés et regagna la chaussée, avant de disparaître, dès que le véhicule fût hors de vue, pour débarquer devant la camionnette.

Le discours de Jake prononcé, le couple et Macha étaient en route vers l’aéroport. La super-voiture était occupée à scanner les fréquences de la police et à analyser les mesures de sécurité qui seraient mises en place. Pendant ce temps-là, Abban, qui ne conduisait pas trop vite pour ne pas attirer l’attention, tourna le regard vers son compagnon.

— Ça va, bébé ? Ta joue, c’est comment ? J’suis désolé, c’est d’ma faute, j’aurais dû être plus vigilant.

Ils contournaient désormais le centre de Los Angeles pour rejoindre l’aéroport, à la périphérie de la ville.

— Passeur ?
— Oui.

Macha afficha une carte des environs et des portions de route se mirent à clignoter.

— Il y a des barrages ici, ici et ici. Des contrôles à l’aéroport. Une partie des douaniers sont mobilisés.
— Ils avalent plus l’histoire du chef de la police voleur de tableaux ?
— Ils cherchent le collier.
— OK. C’est pas un problème.

Évidemment, que ce n’était pas un problème. Abban avait été transporteur suffisamment longtemps, pour le Cartel, pour savoir comment se tirer de semblables situations. Il se retourna vers son homme.

— Dis à Maléfique de continuer à faire préparer l’avion, sans modifier le plan de vol. Ça, on s’en fout, ça change pas. Va juste falloir changer de tenues et de papiers. On se retrouve…

Il parcourut rapidement du regard l’écran de Macha et pressa du doigt une zone. Une fois agrandie, elle révélait un vaste champ de blés, avec probablement ses chemins de traverse. Une culture OGM géante, comme il y en avait tant aux États-Unis, et qui, en pleine nuit, leur offrirait toute la sollicitude souhaitable. Il fallait simplement un petit détour pour la rejoindre en louvoyant entre les barrages.

— Là.

Les avions privés, comme le petit cargo qu’ils avaient empruntés au Cartel pour affréter Macha, la camionnette et l’équipe jusqu’à Los Angeles, ne volaient pas avec des manifestes ; seul le plan de vol était requis et il ne disait pas grand-chose des occupants de l’appareil. Il faudrait naturellement présenter des papiers d’identité à l’embarquement, aux autorités portuaires, mais des papiers, ce n’était pas ce dont ils manquaient. Abban appuya sur l’accélérateur et la voiture gagna rapidement en vitesse et en silence, pour filer jusqu’au point de rendez-vous, où elle parvint bien avant la camionnette. En attendant que le reste du Gang arrivât, avec leurs réserves de faux documents et de vêtements, Abban se retourna une nouvelle fois vers son ami, une fois le moteur coupé.

— Alors ? T’es content de ton collier ? Tu vas voir, je vais vous faire sortir d’ici en moins de deux. Ensuite, on s’occupera pour de vrai de tes blessures.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 29 Jan - 21:49 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Nan, tu pouvais rien faire, c’est moi, j’aurais dû faire gaffe… J’ai cru que la chance reviendrait vite, mais y a eu un raté, et j’me suis pris le g’nou de ce salaud…

Jake se toucha la joue du bout des doigts, et les retira vivement. Le fond de teint masquait la couleur, mais pas la douleur. Il en vint à se féliciter de porter du maquillage quand il voulait être incognito, et qu’il pourrait donc cacher l’hématome le temps qu’il se résorbe. Même s’il faudrait y apporter quelques soins. Et alors qu’Abban apprenait par Macha qu’il y avait des barrages, Wildcard soupira. Ah, Maroni avait donc finalement découvert que son pendentif avait disparu. Puis il acquiesça aux paroles de son petit ami et activa son oreillette.

Mal’ ? On risque d’avoir de la compagnie, on fait un détour pour se changer et se choisir de nouveaux papiers pour les contrôles à l’aéroport. Macha vous transmet le point de rendez-vous, c’est plus prudent si on se sépare le temps d’y arriver.

Puis, après avoir retiré l’oreillette, pour la ranger dans sa poche, il… bâilla. C’est que ça n’avait pas été de tout repos, cette opération. Il allait certainement dormir dans l’avion. D’ailleurs, il commença un peu à somnoler le temps qu’ils rejoignent le milieu d’un champ de blé. Là, l’Irlandais le tira de son endormissement. Il secoua un peu la tête et s’étira.

J’suis content de l’avoir, faut que j’l’essaye… J’suis excité, j’avoue, mais comme j’ai un coup d’barre, j’ai peur de faire un connerie…

Il tendit la main pour caresser la joue d’Abban, juste sous la coupure.

C’t’enfoiré… J’te jure, si tu l’avais pas embarqué je sais pas où… Il t’a touché… Il t’a… J’savais qu’y avait des risques, mais là, je pensais pas qu’il t’abimerait… Mais t’es beau quand même. Ça fait… blessure de guerre, un peu.

Un peu petit pour une blessure de guerre, mais qu’importait. Jake attira son homme vers lui pour l’embrasser.

T’sais, quand j’ai pas réussi à te joindre, t’à l’heure, j’ai eu peur… J’me demandais où t’étais, j’croyais que… Tu lui as fait quoi, à Simmons ? Il avait pas l’air commode… Heureusement qu’il était un peu con…

La camionnette fit son apparition peu après. Maléfique descendit de l’arrière, débarrassée de sa robe rouge. Elle portait désormais un tailleur noir strict et des talons classiques. Ses cheveux étaient noués en un chignon serré et elle avait des lunettes. Une vraie femme d’affaires. Prof descendit derrière elle, vêtu comme un millionnaire aux habitudes vestimentaires un peu datées. Aurora s’approcha de la fenêtre de la voiture, côté Abban, et toqua.

Je me suis occupée des formalités administratives, nous ne devrions pas avoir trop de soucis au contrôle.

Jake descendit de la voiture et la suivit jusque dans la camionnette. Là, elle désigna une pile de vêtements, avec un passeport sur le dessus. Shrek achevait d’enfiler la veste de son costume noir, qui le faisait passer pour un garde du corps.

Prof sera Ronald Wellington, multimillionnaire versé dans les hautes technologies. Je suis Hillary Keagan, sa secrétaire. Shrek est William « Bill » Hopper, garde du corps. Toi, tu es Thomas Wellington, le petit-fils, fit-il en désignant chacun, avant de terminer par Abban. Et toi, on va te vieillir un peu, tu seras le chauffeur, c’est plus simple pour Macha. J’ai choisi parmi tes passeports Jordan O’Riley. Normalement, tout est en ordre dans les bases informatiques de l’aéroport. Je vous laisse vous changer.

Jake déplia les vêtements qui lui étaient destinés. Le même modèle que pour Prof. Il allait camper un petit-fils sans personnalité… Abban, lui, avait le costume noir classique, et une casquette de chauffeur…

Tu vas être sexy, avec ça, dit Jake, en attrapant la casquette, pour se la mettre sur la tête.

Il ôta veste, chemise, pantalon, et demeura comme ça, avec son couvre-chef.

Je pourrais m’habiller comme ça, ça passerait ptêt inaperçu…

Puis il reprit son sérieux et s’habilla, non sans profiter de la furtive et partielle nudité de son homme. Enfin, ils furent tous parés pour l’étape suivante : la fuite.

Ronald monte avec Jordan. Je vais ranger l’arrière de la camionnette pendant le trajet, où nous serons tous les trois. Clochette… sois discrète.

La fée, jusqu’à présent silencieusement perchée sur un écran d’ordinateur, émit un tintement contrarié.

Elle a raison, tu le sais. Au pire, tu peux t’envoler maintenant et nous retrouver directement à l’avion…

Clochette croisa les bras, visiblement davantage contrariée. Jake soupira et la prit dans sa main.

Je te chasse pas. Je veux juste qu’on arrive tous à Star City, sans se faire arrêter en route. On se retrouve juste à l’avion, ok ?

Toujours un peu réticente, la fée finit par obtempérer. Elle prit son envol et disparut dans la nuit.

Bon, du coup, on y va ? Plus on tarde, moins ça s’ra facile, j’ai l’impression.

Tout le monde à son poste. Attention départ.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 30 Jan - 18:03 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Blessure de guerre, blessure de guerre, il s’en serait bien passé. Abban qui se plaignait toujours de n’être pas assez viril regardait désormais avec angoisse les cicatrices que ses mésaventures diverses, depuis qu’il était arrivé à Star City, avaient laissé sur son corps. Il espérait que cette coupure-là serait assez superficielle pour se résorber sans laisser de trace ou qu’Aishlinn trouverait un moyen d’en effacer les éventuels résidus, grâce à un sort magique quelconque, comme Adrian l’avait fait, le mois de précédent, pour les marques de strangulation que sa dernière agression en date avait manqué de lui laisser au cou.

En attendant, Abban profitait des bonnes dispositions de Jake pour l’embrasser. Quand son ami évoqua Simmons, l’Irlandais esquissa un sourire. Comme souvent, une fois le danger passé, Abban ne mesurait pas très bien les risques qu’il avait courus. S’il avait paniqué sur l’instant, en sentant la torture et la mort s’approcher, il était désormais persuadé, avec une insouciance coupable, que tout avait été sous contrôle. Il haussa les épaules.

— J’l’ai connu à Dublin. Enfin connu, croisé, en fait, surtout. Il fouinait dans les affaires du Cartel, là-bas, des trucs sur l’trafic d’œuvres d’art, pour l’compte d’un gros collectionneur qui s’était fait chourrer une sculpture à la con, j’sais pas trop. ‘Fin bref, j’avais été engagé pour lui r’mettre les idées en place et l’envoyer voir ailleurs. Il couchait avec la fille d’un ambassadeur, à c’t’époque, et j’ai filmé ça, j’lui ai montré la vidéo et j’lui ai dit d’retourner d’où il venait s’il voulait pas finir en morceaux. Il a vite compris la leçon.

Finalement, l’Irlandais avait probablement fait une fleur à Simmons : un autre que lui, avec les mêmes ordres en provenance du Cartel, eût peut-être employé un moyen beaucoup moins détourné de mettre un terme aux assiduités inquisitrices du détective privé. Mais le souvenir de cette humiliation n’avait pas été facile à effacer pour l’enquêteur américain et il y avait fort à parier qu’après ce soir-là, dans la villa de Maroni, son inimitié pour le Passeur ne ferait qu’augmenter. Mais les États-Unis étaient vastes et, de toute façon, comme à son habitude, Abban ne songeait guère aux conséquences de la soirée.

L’arrivée du reste du Gang mit un terme à la discussion et Abban se déshabilla sans aucune pudeur devant les trois autres, pour enfiler sa tenue de chauffeur. Il attrapa la casquette sur la tête de Jake et la vissa sur la sienne, avant de suivre du regard Clochette. Entre la fée et lui, les présentations avaient été plutôt froides. Lui avait du mal à cerner le degré d’humanité de la créature et le comportement de la fée lui paraissait un peu ridicule. Clochette, pour sa part, n’appréciait tout simplement pas que l’on s’approchât de trop près de Jake — et Abban s’en approchait de très, très près.

L’Irlandais resserra sa cravate et se retourna vers Macha.

— Macha. Autorisation passager, Prof.
— Autorisation en cours…

D’un signe de tête, Abban désigna la voiture à Prof.

— Pose la main sur le capot et bouge pas. N’importe où.

Macha prit les mesures biométriques de son nouveau passager pour l’ajouter à la liste des autorisations — n’entrait pas qui voulait. Quelques minutes plus tard, ils purent se mettre en route et Prof eut même le droit de préserver son rythme cardiaque, parce qu’Abban adopta un style de conduite tempéré. Ils parvinrent à l’aéroport en peu de temps. C’était là que jouait l’expertise du Passeur. Une fois le moteur coupé, il se tourna vers Prof.

— Bon, le truc, c’est d’se faire juste assez remarqué pour qu’le côté riche millionnaire avec jet privé soit crédible, et pas assez pour qu’les gens s’posent vraiment des questions. ‘Videmment, ici, ça va être plus simple qu’ailleurs.

Avec Hollywood à deux pas, l’aéroport californien était habitué aux excentricités des grands producteurs, réalisateurs et autres cinéastes. Abban pressa son oreillette.

— L’idée, c’est qu’c’est Maléfique qui parle. On délègue tout à la secrétaire. Si y a un vraiment un problème, c’est l’p’tit-fils qui s’en mêle. Prof devrait garder l’médaillon, parc’c’est l’dernier qu’on tentera d’fouiller. On avance vers les douanes, on passe sans s’poser d’questions, si possible en grillant la priorité à des gens et en ayant l’air de posséder l’monde. On s’fait arrêter, on tend les passeports, on dit qui on est, mais sans expliquer, comme si c’tait juste évident. Les mecs regardent les passeports, moi j’vérifie sur les écrans qu’y a pas d’blême et ensuite, on passe. Si ça coince que’que part… Ben, si on s’fait sérieusement interrogés, j’récupère tout l’monde les uns après les autres, retour au champ et on calculera une extraction par mer ou terre. Mais sérieux, j’pense pas.

Ils avaient tous joués dans la réception de Maroni un rôle différent et il était peu probable que le mafieux et ses contacts dans la police en vinssent d’eux-mêmes à rechercher non pas un voleur isolé mais un groupe de cinq personnes. Le Gang des Fables et le Passeur sortirent donc de leurs véhicules pour gagner le hall principal de l’aéroport et se diriger d’un pas vif et assuré vers les douanes, qui leur étaient ouvertes, bien entendu. Ne l’étaient-elles pas toujours, lorsque l’on s’appelait Ronald Wellington ?
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 30 Jan - 23:21 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
L’extraction allait bientôt commencer. Exit Maroni et ses nombreux contacts. Exit Simmons et ses rancœurs dublinoises. Avec leurs nouvelles identités, les membres du Gang des Fables et Abban roulaient tranquillement vers l’aéroport. Prof avait récupéré le pendentif, posé sa main sur la voiture, et avait pris place aux côtés de l’Irlandais. Le trajet se fit sans soucis, Macha permettant de contourner les barrages, et finalement, les deux véhicules s’arrêtèrent devant une barrière qui bloquait l’accès aux pistes. Un policier s’approcha, regarda la voiture et la camionnette, et leur fit signe de s’avancer. La barrière se leva, avant de se rabaisser. Il y en avait une deuxième, juste derrière, le long d’un bâtiment. Le policier s’approcha de la fenêtre d’Abban et toqua.

Veuillez descendre du véhicule, messieurs, s’il vous plaît. Par ici,fit un capitaine, qui indiqua la porte ouverte derrière lui.

Il fit de même avec les autres, et ils se retrouvèrent dans un grand bureau. Maléfique s’avança. Du haut de ses talons, elle était plus grande que l’officier, qui eut toutes les peines du monde à masquer son trouble, puis il eut l’air contrarié d’être aussi petit. Elle lui tendit l’ensemble des passeports, qu’elle avait gardés, parce que c’était elle qui gérait.

Je suis la secrétaire particulière de M. Wellington…
Faites vite, nous sommes pressés !
… qui est attendu sur la côte est le plus rapidement possible. Je vous prierais donc d’être prompts. Les enjeux sont capitaux.

L’homme, qui avait jeté un regard un peu anxieux à Prof, quand ce dernier était intervenu, eut un sourire crispé.

Vous… Oui, bien sûr… Monsieur est… ?
Monsieur Wellington est une des plus grosses fortunes que vous avez sans doute jamais côtoyées. Et croyez bien que s’il manque une affaire parce que vous nous avez retenus un peu trop longtemps…
Oui, oui…

L’officier disparut par une porte, emportant les passeports avec lui. Pendant ce temps-là, Shrek se tenait près de la porte, dans l’attitude caractéristique du garde du corps sur le qui-vive. Prof avait commencé à faire les cent pas et râlait de plus en plus fort. Jake, lui, était devant la machine à canettes et appuyait sur tous les boutons. L’employée des douanes qui travaillait au comptoir à côté levait de temps en temps les yeux vers lui, visiblement agacée. Mais elle ne disait rien.

Bon, il se dépêche ? Je n’ai pas que ça à faire, moi !
Calme-toi, papy, il fait juste son boulot.
Oui, mais il m’empêche de faire le mien !
Monsieur… euh… Wellington ? Nous… euh, voudrions fouiller la voiture, mais… elle est verrouillée et… j’ai l’impression que…
Je m’en occupe, monsieur, coupa Shrek, qui avait atténué au maximum son accent.

Il prit l’agent par l’épaule et l’accompagna à l’extérieur. Avoir un colosse à côté de soi quand on était, ça pouvait dissuader de chercher à en savoir plus. Mettre un bleu sur une tâche qui pouvait apporter de très nombreuses informations était une erreur au départ. Mais si ladite tâche était effectuée sous le regard de Shrek, elle risquait d’être un échec total. Le capitaine refit son apparition, un peu plus tendu.

Tout est en règle, fit-il, en tendant les passeports à Maléfique, qui remarqua immédiatement que quelque chose clochait.
Il en manque un, pourtant.
Oui… euh… j’aurais besoin de… voir le… le chauffeur, là… Monsieur O’Riley…
Pour quelle raison ?
Rien de grave, rien de grave, ne vous en faites pas ! Juste un… euh… contrôle un peu… plus poussé…

Il était clair qu’ils allaient devoir s’y plier. La secrétaire prit l’air contrarié de celle qui doit annoncer une mauvaise nouvelle à son patron.

Soyez bref. Très bref, fit-elle, avant de s’approcher prudemment de Prof, qui s’était arrêté. Monsieur, il reste une formalité à régler.
Non non non non ! Je suis pressé !
Le capitaine va faire vite, il me l’a promis.

Ce qui était faux. Mais puisqu’elle venait de le dire à un homme susceptible de lui causer des ennuis, l’officier acquieça.

Jordan, ce monsieur requiert votre présence dans le bureau derrière. Obtempérez, nous partirons plus vite.

Jake, un peu nerveux, tâcha de se détendre et de se concentrer. Il allait envoyer un maximum de sa chance autour de lui, pour que tout se passe bien. Si tout se passait bien, dans les vingt minutes, ils seraient dans l’avion, avec leurs véhicules, et ils décolleraient. À l’extérieur, le bleu balbutiait devant Shrek qu’il avait terminé et que tout était en règle, qu’il n’avait rien trouvé de suspect. Alors qu’il n’avait même pas pu jeter un œil à l’intérieur de Macha. Et qu’il s’était contenté d’un regard à l’arrière de la camionnette.

Alors qu’il revenait à l’intérieur, transpirant, le Russe le suivit de près et adressa un clin d’œil discret à Wildcard. Il ne restait donc plus qu’un détail à régler. Abban. Et impossible de savoir ce que lui voulait le capitaine…
Revenir en haut Aller en bas



Jake's Seven

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant


Sujets similaires

-
» Je souffre de bordelisme chronique et de flemingite aigue. [JAKE]
» Jake Aaron Buckley
» (M)Au choix ~ Jake Muller
» Jake Gyllenhaal #008 avatars 200*320 pixels
» Jake Harrison - le benjamin

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-