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Toc toc ?

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Message posté : Lun 23 Déc 2013 - 17:38 Message
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23 décembre 2013

— À nous deux !

Abban fit craquer tous ses orteils, enfin, tout du moins, il essaya. Puis il fit craquer sa nuque. Puis ses doigts. C’était le moment de vérité. Elle était là, elle le narguait, la rampe. Mais il allait lui faire sa fête. Laissant tomber sa planche sur le sol, le jeune homme partit à l’assaut de l’obstacle, prit de la vitesse, sauta et glissa dans une figure parfaite le long de la barre métallique, avant de retomber sur le bitume, de remonter une pente et de se réceptionner avec élégance au sommet de l’un des ilots du skatepark. Il récupéra sa planche dans la main et se pencha pour saluer le public.

— Merci ! Merci !

Bon, en fait, de public, il n’y en avait pas. Le skatepark était absolument désert, perdu au milieu d’une zone industrielle, dans la froidure hivernale. C’était du reste précisément la raison pour laquelle Abban l’avait choisi lui plutôt qu’une autre installation plus centrale : il ne tenait pas à avoir des spectateurs en cas d’échecs. L’Irlandais laissa tomber sa planche, ouvrit son sac à dos et sortit ses rollers, qu’il commença à enfiler. Sa journée à Hidden Valley, dans le nord du New Jersey, pour skier avec Jake avait certes été très agréable, mais elle l’avait aussi mis face à une cruelle évidence : ses souvenirs de glisse étaient un peu lointains.

Il avait donc chercher à se rassurer en ressortant son skateboard et ses rollers. Plus exactement, il avait essayer de se rassurer en volant un skateboard hors de prix et des rollers. Ses désastreuses descentes sur les fesses, le long des pistes vertes, n’étaient peut-être qu’un accident de parcours. De fait, en quelques minutes, il avait retrouvé ses marques en skateboard et, alors qu’il s’élançait sur ses rollers tout neufs, il ne lui fallut pas plus de temps pour se souvenir des gestes et des figures. Tout ce qui lui manquait, là, maintenant, c’était une bombe de peinture.


Un quart d’heure plus tard, un peu essoufflé mais ravi, Abban vidait une bouteille d’eau, perché au sommet d’un entrepôt qui surplombait le skatepark et sur lequel il venait de se téléporter, les rollers toujours aux pieds, pour admirer la vue. Tout de suite, c’était la folie des grandeurs : il envisageait de s’inscrire à un quelconque concours de glisse urbaine pour remporter le trophée et le faire admirer à Aishlinn. Il imaginait déjà les yeux pétillants de sa jumelle posés sur lui alors qu’il écraserait d’un revers de roulette d’infortunés compétiteurs. Il y avait naturellement plus discret pour un criminel, mais que ne ferait-on pas pour un instant de gloire ?

Ses rêves furent néanmoins troublés par un incident désagréable et presque meurtrier. Le regard posé sur l’océan qu’il apercevait au loin, le regard même absorbé par l’océan, comme il lui arrivait si souvent, désormais, intensément plongé dans une seule sensation, les autres sens entièrement déconnectés par son pouvoir, Abban n’avait pas entendu les bruits de pas sur la tôle, derrière lui — à sa décharge, leur discrétion avait été exemplaire. Pour lui, le coup était sorti de nulle part. Il ne fut d’abord qu’une violente douleur au dos et le bitume, en bas, qui se rapprochait de plus en plus, à mesure qu’il chutait vers le sol.

Abban disparut et refit son apparition sur le toit, juste à temps pour ne pas s’exploser au pied de l’entrepôt. Un gémissement de douleur lui échappa alors qu’il se redressait pour considérer son adversaire. D’adversaire, il n’y en avait pas. Rien. Méfiant, l’Irlandais tendit l’oreille. Il y eut un bruit sur sa gauche ; il se retourna prestement : rien. Il y eut un bruit sur sa droite, même geste, même néant. Mais un violent coup à la gorge lui rappela le bon souvenir de son agresseur fantôme. Abban tomba à genoux, toussant, incapable de reprendre sa respiration et, avant qu’il ne pût disparaître, ses réflexes d’ordinaire surhumains considérablement ralentis par la douleur, une botte militaire s’appuya sur sa main gauche. Et la sensation familière d’un canon froid sur sa nuque, qui l’empêchait de relever les yeux.

— Le Passeur, donc. Mes employeurs vont être ravis de cette prise. J’avoue être moi-même un peu déçue de son manque de combatti…

La femme n’eut pas le temps de finir sa phrase. Abban lui avait saisi la cheville et les deux avaient disparu, pour se rematérialiser cinq mètres au-dessus du sol. Là, l’Irlandais abandonna l’inconnue, disparut du nouveau pour revenir sur le sol et admirer sa chute. Sans un cri, la femme s’écrasa au sol avec un craquement sinistre. Un frisson parcourut la colonne vertébrale du jeune homme, qui peinait toujours à reprendre sa respiration. Mais il n’avait pas de remords : ç’avait été lui ou elle.

Il eut encore moins de remords quand « elle » se redressa, offrant d’abord le spectacle peu ragoûtant de son corps désarticulé, mais se remboîtant bientôt méthodiquement ses os. Abban écarquilla les yeux. Il était temps de partir, probablement. Mais alors qu’il allait disparaître, une nouvelle brûlure à la gorge le retient, alors qu’un second agresseur était en train de le garrotter. L’Irlandais battait pitoyablement des jambes dans le vide, soulevé du sol par un homme beaucoup plus fort que lui.

— Vous ne croyiez pas que j’étais venue seule, cette fois-ci ?

Comment ça, cette fois-ci ? Était-ce la même femme masquée qui avait tenté de l’assassiner une première fois et dont Wildcard l’avait libéré ? Mais que lui voulait-elle précisément ? Ces questions fusèrent dans l’esprit d’Abban, avant de s’embrouiller tandis que l’oxygène commençait à lui manquer. Une nouvelle fois, il disparut avec son agresseur. Cette fois-ci, il avait changé de tactique et ce fut un demi-centimètre au-dessus de l’océan qu’ils refirent leur apparition, avant de s’y enfoncer. Profitant de la confusion, l’Irlandais balança un coup de roller dans la descendance de celui qui le retenait et nageait aussi vite que possible vers la surface.

Il se hissa sur la digue. Une main secourable l’attrapa par les cheveux et le tira hors de l’eau avant de le jeter contre le mur de pierre de la digue, pour lui arracher encore un gémissement de douleur. La femme n’avait pas tarder à rejoindre les quais — une vitesse aussi inquiétante que surprenante, à vrai dire — et elle balança pour fêter l’occasion un coup de poing dans le visage de l’Irlandais, qui sentit bientôt le sang couler de sa lèvre. Incapable de respirer correctement, le dos irradié de douleur, la gorge brûlée, Abban pensait déjà à l’extrême-onction.

La femme s’approcha de lui avec un sourire ravi et victorieux. Mû par l’énergie du désespoir, Abban employa un coup de dernier recours. Pas très élégant. Mais il n’était plus à cela près. Ses dents se refermèrent soudainement sur l’oreille de la femme et il tira de toutes ses forces. Un hurlement de douleur retentit alors qu’il recrachait un bout d’oreille. La femme avait eu le temps de lui envoyer son genou dans l’entrejambe, mais Abban avait finalement disparu, disparu vers l’endroit où il était persuadé qu’Aishlinn se trouvait, vers l’endroit où il espérait retrouver la seule présence qui pût le rassurer, le soigner et le consoler, mais incapable de se situer, incapable d’utiliser un autre pouvoir que ce simple réflexe de disparaître, il se téléporta au manoir Pennington.

Et tel le videur de boite de nuit impitoyable, le manoir Pennington, bien protégé par sa barrière magique, le rejeta dans la rue. Abban ne comprit pas d’abord ce qui venait de se passer. Il avait bien songé une fois — et même plusieurs — à se téléporter chez Adrian, alors même qu’Aishlinn lui en avait assuré l’impossibilité, mais son intuition localisatrice, plus calme, en avait bien senti l’impossibilité, de sorte qu’il n’avait jamais, véritablement, essayé. Ce ne fut que lorsque son visage embrouillé de larmes fit le point sur la rue qu’il se souvint de la fameuse protection magique, et après avoir murmuré :

— …putain d’sorcier…

Abban se mit à pleurer, en se recroquevillant contre le mur le plus proche.
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Message posté : Mar 24 Déc 2013 - 14:11 Message
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Eldoth
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ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4516
ϟ Nombre de Messages RP : 1515
ϟ Doublons : Renan Le Guerec, Mikhaïl Lesovsky, Jonas Cooper
ϟ Crédits : Moi + Savage Garden
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Âge du Personnage : 118 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours bien coiffés, yeux marrons. S'habille en costume trois pièces.
ϟ Pouvoirs : Maîtrise de la Magie. Liste détaillée ici.
ϟ Liens Rapides :
Les visites au manoir étaient toujours aussi rares, bien que l'agitation avait grandement augmentée depuis la venue d'Aishlinn. Les fêtes de fin d'années n'avaient en rien changé cet état de fait puisque la plupart des voisins d'Adrian avaient décidé de s'exiler dans une autre région pour fêter Noël au bord de la plage par exemple. Toujours est-il que pour ces raisons, l'atmosphère du manoir était particulièrement calme. June n'était pas ici – et Adrian devait avouer qu'il en était un peu soulagé étant donné qu'il collectionnait les boulettes avec elle ces temps-ci – et Sallah vaquait donc à ses occupations en silence pendant que le propriétaire des lieux essayait de retrouver un passage précis dans un imposant bouquin posé sur le bureau face à lui. Autant dire que l'arrivée « percutante » d'un nouveau venu fut remarquée. Même sans être sensibilisé à la magie, l’Égyptien qui servait d'intendant avait ressenti une étrange sensation. Cette dernière était due au fait que le sort qui empêchait la téléportation dans l'enceinte du manoir était directement lié à la structure de celui-ci. En étant à l'intérieur, on ressentait forcément une impression étrange plus ou moins forte selon ses compétences en matière de magie. Pour Adrian, inutile de dire que la surprise fut au rendez-vous, il ne voyait pas qui pourrait bien tenter de se téléporter à l'intérieur de sa propriété et décréta rapidement que le meilleur moyen de le savoir était d'aller vérifier par soi-même !

Sur ses gardes puisque les sorciers mal-intentionnés existaient malheureusement, l'Archimage se dirigea vers la porte d'entrée en ordonnant à Sallah de ne pas mettre le nez dehors, puis il s'y glissa en promenant son attention sur les environs. Adrian savait où la tentative avait eu lieu et il n'eut donc aucune peine à localiser l'endroit où le téléporteur devait se trouver, mais il s'attendait à tout sauf à tomber sur un gamin en larmes. Sa première idée fut d'offrir son aide au gamin, mais il se modéra toutefois en s'assurant qu'il n'y avait personne d'autre dans le coin avant de faire quoi que ce soit. Heureusement ce n'était – apparemment – pas le cas et Eldoth put donc s'approcher du jeune homme pour s'arrêter à ses côtés et s'accroupir histoire de se retrouver à sa hauteur.

« Vous allez bien ? Question plutôt stupide, il était visiblement blessé et s'il pleurait, c'était que quelque chose n'allait pas.
Pourquoi avez-vous essayé de rentrer dans le manoir ? »

Son regard scruta le visage du jeune homme qui avait l'air relativement jeune. Ses traits avaient l'air étonnamment familiers à Adrian qui était pourtant persuadé de ne jamais l'avoir rencontré. Il lui fallut quelques secondes avant de comprendre qu'il avait certainement affaire au frère d'Aishlinn. Les deux jeunes avaient des traits très semblables – normal pour des jumeaux me direz-vous – et même si le gamin était un homme, il gardait des traits relativement doux qui le faisaient paraître bien plus jeune qu'il ne devait l'être. Le reste du calcul n'était pas difficile à faire, il devait avoir eu des ennuis et avait cherché à joindre sa jumelle qui passait beaucoup de temps au manoir depuis quelques temps. Malheureusement pour lui, elle n'était pas là aujourd'hui.

Ne se voyant pas laisser le pauvre gamin contre le manoir à attendre que sa sœur vienne – si elle comptait venir avant la fin de l'année ce qui n'était pas certain – Eldoth se redressa pour finalement reprendre la parole d'un ton volontairement apaisant.

« Venez, vous serez mieux à l'intérieur. Il hésita un bref instant.
Vous arrivez à vous déplacer ? »

Il ne s'était peut-être téléporté que par habitude et non par réel handicap ? Dans le doute, l'Archimage lui tendit la main pour l'aider à se redresser si jamais il en avait besoin. Même sans connaître les jeunes, le centenaire savait qu'ils n'aimaient pas toujours avoir de l'aide de la part « de vieux » et il ne l’ennuierait pas si l'adolescent ne lui demandait pas directement. La porte d'entrée ne se trouvait pas très loin d'ici et Adrian se dirigea donc vers elle en jetant des coups d’œil vers le nouvel arrivant pour vérifier qu'il ne tournait pas de l’œil entre-temps. Lorsqu'ils furent dans le hall « décoré » d'objets ésotériques qui avaient suffisamment étonnés Aishlinn lors de sa première visite, Eldoth referma la porte, mais sans la verrouiller, comme il le faisait avec la jeune femme. Le salon était visible de l'entrée et plusieurs sièges permettraient au jeune homme de se reposer un peu. Ce ne fut que lorsqu'à ce moment que l'ancien super reprit la parole.

« Vous êtes le jumeau d'Aishlinn n'est-ce pas ? Sallah débarqua dans le salon à ce moment, décrochant un regard interrogateur à Adrian qui hocha la tête pour lui assurer que tout allait bien.
Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Vous êtes blessé ou c'est superficiel ? Il promena son regard sur le jeune homme histoire de vérifier s'il voyait du sang ou quelque chose de ce type.
Je suis navré, mais votre sœur n'est pas ici aujourd'hui.... »

Vu le ton qu'il employait, c'était sincère. Il n'était pas ravi de devoir annoncer une pareille nouvelle à quelqu'un qu'il ne connaissait pas – et qui était apparemment très possessif avec sa sœur.
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I hurt myself today, To see if I still feel, I focus on the pain, The only thing that's real, The needle tears a hole, The old familiar sting, Try to kill it all away, But I remember everythingHurt


Message posté : Mar 24 Déc 2013 - 19:24 Message
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Il allait mourir, c’était certain. Enfin, c’était aussi ce qu’il se disait quand sa crème pour les mains lui faisait très légèrement rougir la peau ou quand quelqu’un s’asseyait à côté de lui, à l’arrêt de bus, alors qu’il était tranquillement en train de faire les poches d’un gardien de sécurité d’une grande firme, et qu’il se mettait à fumer une cigarette. Mais cette fois-ci, Abban se sentait un peu plus fondé que d’habitude à céder à sa panique sanitaire. Il avait probablement quelque chose de cassé/perforé/déchiré/déplacé/broyé/tassé et Dieu savait quoi encore. D’ailleurs, il était temps de songer au salut de son âme.

Abban était très sincèrement en train de prier, en songeant à Aishlinn, puis Jake, puis Macha, puis sa mère, puis Tahbo, puis Charlie Lane. Il avait ainsi fait la liste exhaustive et classée de toutes les personnes qu’il considérât comme des êtres humains sur cette Terre sordide où des inconnues sadiques vous jetaient contre des digues en pierre, quand Dumbledore, la barbe en moins, sortit enfin de son antre pour lui offrir l’hospitalité qu’il avait si poliment requise en tentant de s’introduire dans les toilettes sans y avoir été invité.

L’Irlandais leva des yeux embués de larmes vers Adrian et murmura avec un net soulagement :

— ‘Fait, vous êtes vachement vieux.

Quand Aishlinn lui avait dit que son maître-magicien n’avait pas de barbe, Abban avait un peu craint qu’elle passât ses journées avec un sémillant Sylvain Mirouf, mais il était rassuré de constater qu’Adrian avait bien cinquante ans tout tassé, ou alors quarante, ou trente, enfin plus de vingt-cinq, quoi, autant dire qu’iil s’approchait à grands pas de la retraite. C’était une médiocre consolation que le ciel lui offrait ainsi avant de quitter le monde, mais Abban ne parvint tout de même pas à sourire.

D’une voix laborieuse, il marmonna :

— J’ai l’air d’aller bien ?

Tu parles d’un perspicace érudit ! C’était à peine s’il ne crachait pas des lobes de poumons sur la chaussée. Abban songea tout de même qu’il était peut-être de temps de se montrer légèrement plus aimable, s’il ne voulait pas vomir son foie en plus. Il hocha donc ambitieusement la tête quand Adrian l’interrogea sur ses capacités à se mouvoir, attrapa la main qu’on lui tendait et se releva avec un long gémissement de douleur, alors que dans son dos, dans son ventre, dans sa tête, dans sa gorge, la douleur irradiait de plus belle. Sa main se crispa dans celle d’Adrian.

En boitillant, Abban rejoignit le hall du manoir et parcourut du regard la décoration. Le cas Pennington n’étant pas le sujet favori à Nalebo Hall, il n’avait qu’une vague idée de ce à quoi pouvait ressembler la demeure d’Adrian. En fait, il se l’imaginait à peu près comme Poudlard, en plus petit. Son regard délaissa donc les objets magiques pour insister sur l’escalier, parce qu’il attendait qu’il se produisît quelque chose d’exceptionnel. L’apparition d’un vieil Égyptien, c’était déjà un début.

Abban s’était effondré dans un fauteuil et sa respiration sifflante ne présageait somme toute rien de bon. Autour de sa gorge, la trace du garot était encore nettement visible. Sa lèvre était toujours fendue et son dos comme son ventre, sous son pull, étaient couverts des vêtements — sans compter les innombrables éraflures partout sur son corps, la crispation de ses muscles provoquée par la téléportation précipitée et le découragement qui ne l’incitait pas à surmonter ses souffrances avec toute la pugnacité souhaitable.

D’ailleurs, il fondit à nouveau en larmes quand Adrian lui apprit qu’Aishlinn n’était pas là et, entre deux sanglots, il murmura, avec son habituel manque de cohérence :

— …elle m’abandonne…

Puis il fut bien contraint de ravaler ses larmes, parce que les sanglots, eh bien ça lui donnait l’impression qu’on lui arrachait les côtes les unes après les autres. Il inspirait profondément, gémit de douleur.

— J’pensais… J’pensais qu’elle serait là, l’est toujours là, tout l’temps, j’pensais… J’pensais qu’j’pourrais la voir, une dernière fois, avant de mourir.

Tout de suite. Dans deux secondes, il allait téléphoner au graveur pour commander sa stèle funèbre. En tout cas, sa déclaration pas tout à fait finale avait été prononcée à toute vitesse avec un accent irlandais qui exigeait de sérieuses compétences linguistiques, à la limite de la clairvoyance, pour être démêlé. Même si cela ne se voyait pas trop cela dit, Abban tentait tout de même de se calmer et de penser de manière un peu plus pragmatique et de repousser le moment où le Père Fitzpatrick aurait la difficile tâche de compenser une oraison funèbre à sa mémoire.

— J’crois qu’j’suis blessé. J’ai mal…

Comment dire ?

— Partout.

Voilà.

— ‘Zont tenté d’me tuer. Encore.

Non, il ne parlait pas des autres clients aux derniers soldes, chez Micromania. Machinalement, il leva la main et la passa autour de la blessure à son cou, preuve s’il en fallait que, cette fois-ci, il n’exagérait rien.

— J’veux pas aller à l’hosto, i’ vont m’injecter des trucs et m’enfermer. J’ai besoin de… J’ai besoin d’un…

Très sérieusement, Abban acheva :

— J’ai besoin d’un prêtre.
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Message posté : Mar 24 Déc 2013 - 22:54 Message
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Le regard d'Adrian avait rapidement repéré quelques signes de blessures chez le jeune homme, ce qui laissait présager qu'il avait dû avoir des ennuis, mais avec qui ? Aishlinn ne lui avait jamais parlé d'ennuis qu'ils auraient eu, même si le sujet de Chase avait été abordé et que visiblement la demoiselle n'avait pas une très bonne vision du mentaliste. Cela dit, Adrian avait autant de mal à imaginer Chase en train de frapper ce gamin qu'à le voir en train de monter son propre groupe de super-vilains pour prendre le contrôle de la ville, en bref, le Neutron-Grey fut rapidement écarté de la liste des suspects. Eldoth fit le choix de rester silencieux face aux déclarations assez emmêlées de jumeau de son apprentie. Le voir sangloter ne l'arrangeait pas franchement, il n'avait jamais été doué pour rassurer ou consoler les autres, encore moins lorsqu’il ne connaissait pas la personne en question.... Quoi qu'il en soit, le centenaire ne comprit pas tout ce qui sortait de la bouche du jeune homme vu que certaines parties avaient l'air prononcées dans une autre langue – peut-être celle des jeunes allez savoir – et subitement, il regretta de ne pas avoir son assistante à ses côtés. Elle aurait tout compris avec son don pour les langues. Étouffant un soupir de dépit, le mage resta concentré sur les paroles d'Abban – s'il se souvenait bien de son prénom – et pensa pouvoir tirer une conclusion assez grossière de ce qui était arrivé à l'adolescent. L'Archimage ne s'anima qu'à la fin des paroles de l'Irlandais, lui offrant un sourire qui se voulait rassurant.

« Allons, calmez-vous, en vous énervant vous aurez juste plus de mal à respirer. Ce n'est pas la peine d'appeler un prêtre, vous n'en aurez pas besoin. Même s'il trouvait assez étrange qu'il ne veuille pas aller à l'hôpital, Adrian ne releva pas ce point.
Je peux vous soigner. Pour les blessures légères du moins, pour le reste, il faudra voir. Attendez-moi ici, je reviens dans deux minutes. »

Eldoth se redressa – il s'était accroupit à côté du fauteuil – puis s'éloigna vers la porte débouchant sur le hall de manière à se rendre dans le bureau où il donnait les cours à Aishlinn. Il voulait chercher un baume qu'un alchimiste lui avait donné il y a de cela plusieurs décennies. Il était normalement censé atténuer les douleurs et accélérer la régénération des cellules, mais Adrian ne l'avait jamais testé. Cela dit, il avait assez confiance en son créateur pour le confier au jeune homme. Pendant l'absence du propriétaire des lieux, Sallah était à nouveau arrivé dans le salon pour approcher une serviette propre à Abban de manière à ce que celui-ci puisse un peu s'essuyer puisqu'il avait l'air d'avoir fait un plongeon avant de venir ici. Il déposa aussi un verre d'eau claire sur la table à côté du siège au cas où l'adolescent voudrait se rincer le gosier, puis il s'éclipsa sans avoir dit quoi que ce soit. Adrian arriva quelques secondes après le départ de son intendant et ne manifesta aucune surprise en voyant la serviette et le verre qui n'étaient pas là quelques minutes auparavant. Se plaça à côté d'Abban, il reprit la parole.

« Je vais utiliser la magie pour vous soigner, mais je ne peux que m'occuper des plaies légères, pour le reste, je vous donne ça. Il lui tendit la boîte contenant le fameux baume.
Ça accélère la cicatrisation, mais ça ne remplace pas les soins de base cela dit... Si vous avez des côtes fêlées, il vaudrait mieux vous faire examiner par un professionnel. Pas forcément légal puisqu'il avait l'air d'avoir des problèmes avec ça.
Il va falloir me faire confiance maintenant.... enfin, me laisser faire quelque chose. »

La rectification venait du fait qu'Aishlinn lui avait clairement fait comprendre qu'elle n'aurait jamais confiance en lui, Abban devait être construit sur le même modèle. Adrian contourna le siège pour venir se positionner du côté où le jeune homme était le plus blessé et décida de commencer par sa lèvre éclatée de manière à ce qu'il puisse voir qu'il n'avait rien à craindre de lui. Avançant sa main au niveau du visage du jumeau d'Aishlinn, Eldoth resta tout d'abord silencieux, laissant la magie faire son œuvre et éveiller des picotements sur la lèvre d'Abban, avant de poursuivre.

« Aishlinn ne vous a pas abandonné vous savez. En fait, je pensais qu'elle n'était pas ici parce qu'elle passait la journée avec vous. Elle parle toujours de vous alors s'il y a une chose dont je suis sûr, c'est que vous êtes une priorité pour elle. Le ton se voulait rassurant, même s'il ignorait si Abban apprécierait ça.
Votre sœur ne vient ici que pour avoir ses cours, elle n'aurait aucune raison de rester une fois qu'ils sont terminés. Tout ça pour dire qu'elle ne passait finalement pas beaucoup de temps ici. Bien que c’était pourtant le cas.
Si vous me disiez plutôt ce qui vous est arrivé ? Qui s'en est pris à vous ? Et ce n'est pas la première fois ? Il fronça légèrement les sourcils, apparemment Aishlinn ne lui avait pas tout dit.
Est-ce que vous vous êtes défendu ? »

Est-ce qu'il avait tué pour se sauver ? Les questions se bousculaient dans l'esprit d'Eldoth, mais il garda le reste pour plus tard. La blessure à la lèvre était légère, aussi après ces questions paroles le mage baissa-t-il la main, laissant normalement la lippe inférieure d'Abban vierge de toute blessure.
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Message posté : Mer 25 Déc 2013 - 12:18 Message
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Mais il ne s’énervait pas du tout ! Il était même très calme. À part la sensation de sa mort imminente, les crises de larmes et les regards méfiants qu’il jetait à droite à gauche, Abban était en train de s’engager dans un grand exercice de spiritualité, afin de préparer sa dernière confession, celle où il dirait enfin tout, tout de sa vie de criminel. Alors il recevrait le pardon, puis il serait prêt pour l’extrême onction. Regardez : il ne se tortillait même pas sur son siège, pour une fois. Essentiellement, il est vrai, parce que la douleur en était insupportable.

Comment ça, il n’avait pas besoin d’un prêtre ? Abban regarda Adrian d’un air légèrement sceptique.

— V’z’êtes protestant ?

C’était bien sa chance : il était tombé sur un hérétique. Cela dit, puisque Adrian lui parlait de le soigner, Abban se sentait soudainement plein de patience œcuménique. Le péril mortel dans lequel il se trouvait le rendait ainsi un peu plus tolérant et patient qu’à l’ordinaire et ce fut donc avec toute la bonne volonté du monde qu’en l’absence d’Adrian, il essaya malgré tout de suivre les consciences du mage et de se calmer. Inspiration, expiration, la sophrologie, inutile de dire que ce n’était pas sa grande spécialité.

Heureusement pour lui, il était beaucoup plus facile de se sentir rasséréner quand on ne pouvait pas utiliser ses pouvoirs. Abban se sentait incapable de se téléporter, ses sens restaient étroitement enfermés dans les limites naturelles de son propre corps et ses réflexes, fatigués, ravalés à ceux d’un humain normal, ne lui imposaient pas la tension permanente qui le caractérisait ordinairement. Bien en place, retrouvant malgré lui un rythme plus calme, Abban redécouvrait la vie telle que la voyait une grande partie de l’(in)humanité : lente, relativement fixe et circonscrite à un espace bien défini.

Pour lui-même, il murmura :

— ‘Tain, en fait, l’existence, c’t’une grosse opération escargot…

Il ne sursauta même pas quand un vieil Égyptien (de plus de vingt-cinq ans, donc) refit son apparition dans un silence totale. L’Irlandais fixa l’homme, Sallah déposa ce qu’il était venu apporter et disparu. Sacrée ambiance. Les soirées d’hiver devaient être longues. Abban attrapa la serviette et se sécha énergiquement les cheveux, aussi énergiquement, tout du moins, que ses muscles endoloris le lui permettaient. Puis il entreprit de les recoiffer — et ainsi était-il beaucoup mieux disposé quand Adrian revint avec une pommade super-Nivea.

Abban attrapa le baume, ouvrit le pot et le renifla d’un air suspicieux.

— Ça va pas m’donner l’cancer, au moins ? Parce j’ai vu un r’portage à la téloche, ben le paraben, ‘voyez, c’super mauvais pour la peau. Moi j’utilise qu’des produits bio et naturels.

L’ordre des priorités abbanéen se dessinait lentement : 1) être en paix avec Jésus-Christ, 2) avoir une belle peau et 3) survivre. Et quand Adrian évoqua la nécessité de voir « un professionnel », Abban déclara avec beaucoup de conviction :

— Non mais c’bon, j’ai rien d’cassé.

Ben tiens. Il se portait comme une fleur, ça se voyait au premier coup d’œil. Pendant qu’Adrian pouvait petit à petit prendre conscience qu’il avait hérité probablement de l’un des patients les plus difficiles à des kilomètres à la ronde, Abban se crispa légèrement alors que le mage déclarait que les soins allaient commencer. La magie, ce n’était tout de même pas très catholique et ses dernières expériences avaient impliqué de se faire broyer par un nuage imperscruptable et de contempler des cadavres dévorés par des rats démoniaques. Autant dire qu’il partait avec quelques légers a priori.

Adrian eut cependant la bonne idée de lui parler d’Aishlinn et Abban se montra soudain très attentif et très réceptif. Il serait bientôt sur pied, il allait bientôt pouvoir la retrouver et ensemble, ils passeraient une soirée paisible en se moquant cruellement de candidats incompétents dans une quelconque émission de cuisine. Apprendre qu’Aishlinn ne demeurait pas au manoir pour jouer au bridge avec Adrian et le vieil Égyptien taiseux était un soulagement supplémentaire et, pour la première fois depuis qu’il était arrivé, le jeune homme parut véritablement calmé.

Ce qui le rendit un peu plus capable de mentir à Adrian, lorsque le mage tenta de s’enquérir des circonstances de ses blessures.

— Bah j’étais tranquille en train d’faire du skate, v’voyez, vers les docks, et là, une meuf surgit genre de nulle part, et elle tente d’m’étrangler. Putain, sérieux, trop flippante. Et elle avait un type avec elle, aussi, qui commence à tabasser méchant, alors moi, v’voyez, j’les balade à droite, à gauche, j’les fous dans la flotte, mais coriaces les mecs, coriaces. De bourrins d’première, j’ai cru qu’j’allais y passer, genre.

Moralité : ne faites pas du skateboard, vous risqueriez de vous faire garroter par des inconnus. Cela dit, Abban avait bien conscience que ses agresseurs, présentés de la sorte, manquaient d’une motivation, et il enroba ce qui, jusque là, n’avait été que la stricte vérité, avec des raisons plausibles — et peut-être, à vrai dire, point du tout mensongères. Il n’en savait trop rien.

— C’t’une ville de malades, sérieux. ‘Fin, j’ai un peu l’habitude, v’voyez. Les téléporteurs, ça attire les gens, pour faire de sales coups, et tout. J’vous dis pas les propositions chelous qu’on m’a faites, entre les kidnappings et les casses. Des fois, j’ai l’impression qu’tout l’monde veut m’disséquer.

Heureusement que lui, avec son air angélique, était un exemple d’honnêteté, n’est-ce pas ? Lorsque Adrian retira sa main, Abban agita sa mâchoire dans tous les sens, toucha sa lèvre et afficha un sourire ravi.

— ‘Tain, trop cool, en fait, ça marche vraiment, vot’ truc.

Sur ce, comme s’il n’avait été préoccupé que de conserver la pureté de son joli minois, il entreprit de se relever. Et poussa un gémissement de douleur, avant de retomber dans le siège et de se souvenir que, hélas, sa lèvre n’avait pas été la seule victime de cette rencontre mouvementée.
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Message posté : Mer 25 Déc 2013 - 15:46 Message
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Eldoth
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ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours bien coiffés, yeux marrons. S'habille en costume trois pièces.
ϟ Pouvoirs : Maîtrise de la Magie. Liste détaillée ici.
ϟ Liens Rapides :
En ayant Abban sous les yeux, Adrian comprenait mieux le caractère et le côté agité d'Aishlinn. Pour le coup, le mage se demandait comment leurs parents avaient réussi à élever deux tornades pareilles ! Le baume ne semblait pas avoir remporté les suffrages auprès du jeune homme vu qu'il le regarda d'un air particulièrement suspicieux comme si Adrian était en train de tenter de l'empoisonner. Bio, c'était ces idioties soit-disant écologiques fabriquées par des firmes industrielles. En observant Abban, l'Archimage doutait que l'adolescent sache ce qu'était exactement les produits naturels, mais fidèle à lui-même, il garda ses pensées pour lui et se contenta de secouer la tête.

« Ça a été fait par un alchimiste, il n'y a pas le moindre produit chimique dedans. Mais si vous ne me faites pas confiance à ce niveau, vous pouvez toujours le laisser ici et vous débrouiller avec vos produits bio et naturels. »

Le ton était léger et en aucun cas vexé. Combien de fois avait-on regardé de manière suspecte ce qu'il proposait en matière de magie ? Trop souvent pour que cette remarque puisse avoir le moindre effet sur lui ! De toute manière, Abban était suffisamment grand et trop buté pour se faire dicter sa conduite par quelqu'un, Adrian était donc persuadé que le meilleur moyen de lui faire utiliser ce baume restait de lui laisser croire que la décision venait de lui.

Le blessé sembla se calmer un peu lorsqu'il fut question de sa jumelle et Adrian fut assez heureux d'avoir trouvé les bons mots. Il s'en serait voulu s'il avait été responsable de disputes entre le frère et la sœur – même s'il était certainement trop peu important pour ça. Ce qu'Abban lui expliqua alors fut assez surprenant et plutôt contradictoire avec ce qu'il avait dit juste avant. N'avait-il pas raconté que ces personnes avaient tenté de le tuer « encore une fois » ? Le hasard n'entrait donc pas en ligne de compte, du moins pas pour Eldoth. Patiemment, il écouta tout ce que le jeune homme avait à lui dire tout en notant que, s'il disait vrai, Aishlinn pouvait aussi être en danger et ce serait quelque chose qui ne manquerait pas d'inquiéter l'Irlandais à coup sûr. Lorsque celui-ci s'agita, l'Archimage ne manqua pas de lâcher un soupir qui en disait long.

« Ça ne vous arrive jamais de vous agiter moins ? Avec ce que vous avez, je vous conseillerai de le faire, sauf si vous aimez souffrir. Les jeunes d'aujourd'hui, toujours à vivre à cent à l'heure !
Heureusement que ça marche, sinon à quoi serviraient les cours que je donne à Aishlinn ? Certainement à rien de l'avis de beaucoup. Eldoth regarda Abban avec sérieux.
Il y a quelque chose que je ne comprends pas dans votre explication. Vous parlez d'un hasard, mais en arrivant ici, vous avez dit qu'ils s'en prenaient à vous « encore une fois », ça me laisse penser que vous devez savoir à qui vous avez affaire et que ce n'est pas une première. Il ne l'accusait pas de mentir, il énonçait juste les faits.
Je comprends que vous n'ayez pas envie de me dire ce que vous savez, après tout, on ne se connaît pas. Mais si c'est réellement votre don qui les intéressent, est-ce que ce n'est pas risqué pour votre sœur ? Les téléporteurs sont certainement très demandés, mais les intangibles aussi j'imagine. Histoire de ne pas l'inquiéter, il parlait avec légèreté.
Dites-moi simplement si c'est un réel hasard ou non. »

Forcer la main des autres n'était pas dans ses habitudes, mais si Aishlinn avait réellement des ennuis il voulait le savoir. L'Irlandaise lui avait assuré qu'elle ne trempait dans rien de louche, cela dit Eldoth n'était pas idiot, il savait que parfois les jeunes cherchaient des solutions de facilité et les dons des jumeaux étaient propices au crime. Il n'avait jamais mis en doute la parole de la jeune femme, mais il préférait être au courant de ce qui se passait si elle avait réellement des ennuis. Secouant légèrement la tête, l'Archimage reprit finalement d'un ton toujours aussi léger.

« Est-ce que vous avez d'autres blessures superficielles ? Tant qu'à faire, autant en profiter.
Vous vous servez de votre pouvoir en public pour que les gens soient au courant que vous êtes un téléporteur. Je l'ignorais alors que votre sœur passe pas mal de temps ici, ces personnes doivent vous surveiller depuis longtemps pour avoir une telle information. Sauf si vous ne vous dissimulez pas bien sûr. Il eut un léger sourire avant de reprendre.
Star City est une ville assez mal fréquentée dans certains quartiers. C'est pour cette raison que j'ai dit à Aishlinn de ne rien dire à propos de sa magie. Mais j'imagine que vous savez ce que vous faites....

Non, en réalité il pensait qu'Abban croyait savoir ce qu'il faisait, mais que c'était malheureusement très loin d'être le cas ! Le centenaire garda toutefois ces pensées pour lui et se contenta d'attendre la réponse du jeune Irlandais pour savoir à quoi s'attendre.
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Message posté : Mer 25 Déc 2013 - 19:52 Message
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Abban avait toujours le pot de baume entre les mains et, comme il n’avait aucune envie de passer sa vie à porter des cols roulés — imaginez un peu, toute une garde-robe à refaire —, il était plus que probable qu’il finît par s’en servir. Il n’avait certes qu’une idée très vague de ce que pouvait être un alchimiste, puisqu’il n’avait entendu ce mot qu’une seule fois, dans Harry Potter, mais puisqu’il n’y avait pas de produits chimiques, ça ne devait pas être trop dangereux. Sur ce point, il était d’ailleurs prêt à croire sur parole Adrian, qu’Aishlinn lui avait dépeint comme un homme… Disons peu aux faits des dernières nouveautés technologiques.

La suite fut beaucoup moins rassurante. Abban avait bien senti que son histoire avait quelques légères incohérences, mais il avait compté sur son air d’ange en détresse pour évacuer toutes les questions. Adrian n’y était apparemment pas très sensible et l’Irlandais commençait à paniquer intérieurement. Il ne savait pas exactement ce qu’Aishlinn avait bien pu raconter de leur existence à ce civil, mais il se doutait bien qu’elle ne lui avait pas fait le menu de leurs activités criminelles. Par quel bout était-il censé prendre les choses pour offrir une version satisfaisante des événements qui ne causât pas du tort à sa sœur ?

En d’autres circonstances, par exemple au Circus Maximus, si on lui avait suggéré que sa sœur courait un grave danger, il eût sans aucun doute répondu : « ma sœur, c’t’une putain de badass, tu la touches, elle te fait bouffer tes doigts », mais en l’occurrence, il n’était pas sûr qu’une telle réponse fût des plus prudentes. Quitte à attirer les soupçons, autant se peindre comme le petit mouton noir de la famille, une version Mac Aoidh du bon flic/mauvais flic, où Aishlinn serait la jumelle vertueuse qui devait composer avec sa racaille de frère.

— Bah, j’dois avoir des bleus, genre.

En fait, se faire passer à tabac, c’était une excellente manière de temporiser. Abban se décala un peu du dossier du fauteuil pour retirer son pull, manifestement peu concerné par la pudeur. « Des bleus », se rendit-il compte en même temps qu’Adrian, était un coupable euphémisme pour décrire l’état de son ventre et, pire encore, de son dos. Les hématomes étaient immenses et le jeune homme offrait un spectacle bien pitoyable. C’était la deuxième fois que ses mésaventures à Star City le mettaient dans un tel état et, en regardant sa peau meurtrie, il ne put s’empêcher de se souvenir de cette nuit sinistre où il avait croisé Henry.

Pendant quelques secondes, alors que les larmes lui remontaient aux yeux, il en oublia sa sage décision et les mensonges qu’il s’apprêtait à servir à Adrian. Il prit sur lui cependant, renifla bruyamment et reprit la parole :

— J’me téléporte pas d’vant tout l’monde. J’fais attention…

Dit celui qui avait disparu en plein milieu d’un café bondé, juste pour énerver Svein, quelques jours plus tôt à peine.

— Mais juste, ‘chais pas, des fois, ça arrive, j’suppose, et on a dû me repérer. J’suis pas comme Aishlinn, moi, j’suis pas aussi calme et mesuré qu’elle.

À strictement parler, c’était vrai : Aishlinn était la pondérée du duo. Principalement parce qu’il manquait plusieurs cases à son jumeau et que, partant, la concurrence n’était pas rude. D’ailleurs, Abban était en train d’ouvrir et de refermer frénétiquement le pot de baume, pour se passer les nerfs. Lentement, ses pouvoirs se réveillaient et il entendait confusément autour de lui les bruits de la rue, à cinq kilomètres de là. L’une de ses mains lâcha le pot pour presser son oreille droite de l’index.

— J’sais pas à qui j’ai affaire, mais c’pas la première fois qu’ça m’arrive, ouais. Ça s’est déjà passé une fois. J’me promenais tranquille dans la rue, la nuit…

Pour aller voler un grimoire secret chez un riche collectionneur afin de le revendre à une sorcière psychopathe.

— …et la meuf, genre, elle sort d’nulle part, là, avec son espèce de flingue chelou, et le machin, il envoie un fil, là…

Il montra sa gorge et sa main se figea. Le souvenir de l’étranglement encore récent dans lequel il avait failli laisser la vie remonta à la surface et si sa langue se déliait, si les larmes avaient arrêté de couler, le traumatisme était encore vivace. Risquer sa vie dans une mission, il commençait à en avoir l’habitude. Mais les combats étaient différents de ces tentatives d’assassinat ou d’enlèvement, il ne savait pas trop. Et puis, jamais il ne s’était senti aussi proche de la mort.

Sa main tremblante retomba mollement sur son genou.

— …’fin bref, c’est d’jà arrivé. Mais sérieux, j’sais pas qui c’est et c’pas comme si elle avait donné une carte de visite. Mais c’tait la même, aujourd’hui, ça j’en suis sûr.

Elle était donc tenace, bien équipée et bien organisée. Pas encore assez talentueuse pour attraper un jeune homme aussi fuyant que le Passeur, mais combien de temps encore pourrait-il passer entre les mailles du filet ? Abban fixa Adrian.

— J’fais c’que j’peux pas pour pas attirer l’attention, v’savez.

Et d’une voix un peu anxieuse, il confessa :

— J’ai pas envie d’mourir.

Enfin, pas tout le temps.
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Message posté : Jeu 26 Déc 2013 - 15:22 Message
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Les hématomes qui couvraient les corps d'Abban n'étaient certes pas très agréables – du moins Adrian l'imaginait – mais il ne s'agissait pas de blessures que le centenaire puisse efficacement soigner. La magie avait malheureusement ses limites et si Eldoth pouvait faire disparaître les blessures légères, celles liées à d'autres maux restaient hors de portée pour lui. Dans le cas d'un bleu, le mieux était certainement d'attendre que le temps fasse son œuvre sans quoi ils étaient bons pour passer des heures à essayer de régler ce problème sans être certains d'y parvenir. En levant les yeux vers le visage de l'adolescent, l'Archimage ne put s'empêcher de ressentir un léger pincement au cœur en voyant qu'il semblait à nouveau au bord des larmes. C'était typiquement le genre de situation qu'Adrian avait du mal à gérer parce qu'il avait envie d'aider l'autre pour ne plus le voir pleurer, mais sans que ce soit à sa portée – ou qu'il y passe beaucoup trop d'énergie. Après un reniflement, Abban informa le propriétaire des lieux du fait qu'il ne se téléportait jamais devant témoins, mais que ce n'était pas impossible qu'il ait été aperçu par accident. Là, Adrian hocha la tête histoire de montrer qu'il comprenait parfaitement : lui-même avait parfois été aperçu en train d'utiliser sa magie alors qu'il n'en avait pas envie. C'était des choses qui arrivaient malheureusement ! Cela dit, entendre Aishlinn être présentée comme calme et mesurée poussa Adrian à décrocher un regard étonné à Abban. Et bien, ils n'avaient pas la même vision de ce mot semblait-il ! L'Irlandaise lui semblait tout sauf calme et mesurée comparée à June par exemple.

« Aishlinn est calme et mesurée ? »

Vu le ton employé, il avait visiblement beaucoup de mal à l'imaginer. Cela dit, Abban était suffisamment agité comme ça pour qu'Eldoth n'en rajoute pas une couche en lui posant d'autres questions et il resta donc silencieux alors que le jeune homme triturait nerveusement le pot contenant le baume. Quelle nervosité ! Pour une personne aussi calme et pondérée qu'Adrian, c'était presque insupportable de se trouver à côté d'une personne aussi agitée. Prenant sur lui, le centenaire inspira profondément en écoutant les explications fournies par Abban qui n'apprenaient malheureusement pas grand-chose sur l'origine de ces personnes. Étaient-elles du Cartel Rouge ? D'un autre organisme de super-vilains ? Fronçant les sourcils dans un geste de réflexion, le mage fixa un bref instant la trace qui encerclait la gorge d'Abban avant de hocher la tête une fois de plus. Ce dernier avait l'air doué pour s’imaginer en train de mourir et une fois de plus, l'Archimage tenta de le rassurer.

« Ne vous inquiétez pas, pour le moment vous êtes en sécurité ici, puis on va essayer de trouver une solution pour le reste. L'idée de planter Abban en le laissant se débrouiller n'effleura pas l'esprit d'Adrian une seule seconde.
Vous pouvez malheureusement faire tout ce que vous voulez, vous ne serez jamais parfaitement discret. Votre don fait partie intégrante de votre personne, ne pas vous en servir est aussi difficile que ne pas respirer pour un simple humain. Vous n'y pouvez rien si quelqu'un vous a vu. Enfin, sauf s'il s'amusait à le montrer au premier venu, mais ça Adrian l'ignorait.
Cela dit, il semble assez évident que seul vous risquez d'avoir des problèmes pour régler la situation. Il faudrait peut-être faire appel à des personnes capables d'intervenir efficacement. Son regard sonda celui d'Abban, il ne songeait pas à lui-même, mais bien à la police ou quelqu'un de ce type.
Est-ce que vous pensez que ça peut être des super qui chercheraient à vous utiliser pour réaliser un plan par exemple ? Vous n'avez pas l'air du genre à vous laisser dicter votre conduite, alors je me dis qu'ils avaient peut-être autre chose en tête. Aishlinn revenait une fois de plus dans son esprit.
Est-ce qu'ils connaissaient votre nom ? Il y a des chances pour qu'ils sachent où vous habitez par exemple ? »

Aishlinn ne lui avait donné ni adresse, ni numéro de téléphone où la joindre, c'était elle qui venait dès qu'elle voulait, Adrian aurait été parfaitement incapable de dire où la jeune femme vivait. Cela dit, si ces gens guettaient Abban depuis quelques temps, ils en savaient peut-être beaucoup plus que le centenaire. Ce dernier soupira une fois de plus avant de tourner la tête vers l'embrasure de la porte au moment où Sallah faisait une apparition furtive comme pour s'assurer que tout allait bien. Pour avoir vu ce qu'Aishlinn produisait au manoir – beaucoup d'agitation – il devait se méfier de son jumeau à n'en pas douter. Le regard de l'Archimage se reporta sur Abban et plus précisément sur la trace autour de son cou qu'il désigna d'un geste du menton.

« Je peux faire disparaître ça, mais ce sera assez douloureux. C'est juste que c'est voyant et que vous risquez d'avoir des questions à ce sujet. Il haussa les épaules, laissant le choix à Abban.
Et vous allez dire quoi à Aishlinn ? J'imagine qu'elle s'inquiétera forcément, il faudrait faire attention qu'elle ne veuille pas s'en mêler. »

Mais il devait le savoir, après tout, entre jumeaux ils se comprenaient certainement mieux que quiconque.
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Message posté : Jeu 26 Déc 2013 - 17:48 Message
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Abban hocha vigoureusement la tête. Calme et mesurée, c’était bien cela. Aishlinn tout craché. Adrian paraissait légèrement sceptique et le jeune homme ne put retenir un sourire amusé. Il imaginait fort bien quel ouragan sa jumelle pouvait être dans un manoir qui paraissait d’ordinaire plongé dans une parfaite quiétude. La maison d’Adrian lui rappelait ces intérieurs que l’on apercevait dans les vieux téléfilms de la télévision britannique, où une horloge battait péniblement les secondes avant que quelque chose ne se produisît — moment auquel Abban zappait pour trouver un programme plus intéressant que la soixante-dixième adaptation de Wuthering Heights par la BBC.

Il hocha une nouvelle fois la tête, mais un peu moins vigoureusement la tête, quand Adrian parla de faire appel à de l’aide extérieure. L’idée déplaisait évidemment au très indépendant Mac Aoidh, mais il lui paraissait absolument nécessaire, désormais, de prendre les devants et de trouver une âme serviable qui voulût bien passer son ennemie récurrente au broyeur à ordures. Ce n’était (peut-être) pas exactement ce que le mage était en train de le suggérer, mais le Passeur avait résolu de faire appel à César, enfin à ceux qu’il connaissait dans l’entourage de César, pour que le Cartel, qu’il avait si efficacement et loyalement servi, lui renvoyât l’ascenseur.

Comme Adrian avait l’air de savoir ce qu’il faisait et ce qu’il disait, Abban se décida à lui donner quelques informations, pour s’inspire des conseils du mage et les adapter un peu à ses propres projets.

— Z’avaient pas l’air d’avoir vraiment des pouvoirs, mais j’suppose qu’c’est difficile à juger. Genre, la meuf, elle était bien entraînée, ça, c’est sûr. J’veux dire, c’pas tout l’monde qui m’attrape comme ça.

Il aurait pu se téléporter immédiatement à l’autre bout de la ville et le combat eût pris fin avant d’avoir réellement commencé, mais il avait eu l’outrecuidance de vouloir l’emporter et d’en apprendre place — et il s’en repentait. Thabo l’entraînait à être un combattant plus efficace, mais les progrès d’Abban n’étaient pas vraiment spectaculaire dans le domaine et si le jeune homme maîtrisait sans difficulté les humains et les petites frappes qui composaient le gros du personnel criminel de la ville, contre d’autres ennemis plus aguerris, la fuite demeurait encore, et de très loin, son avantage le plus remarquable.

— C’qui m’chiffonne, surtout, c’est comment elle sait où j’suis ? Même moi j’sais pas c’que j’décide de faire cinq secondes avant d’le faire.

(Beau moment de lucidité.)

— Là, j’suis allé faire du skate, mais c’tait pas prévu, v’voyez. J’aurais pu être en train d’faire la cuisine, au boulot, n’importe… Pareil, la dernière fois, j’passe par hasard dans une rue, et hop, elle est là. Elle sort d’nulle part sans prévenir. Comment elle fait ça ? J’suis pas exactement le mec du monde le plus facile à traquer.

Lui, il eût été capable de le faire, évidemment. Localiser quelqu’un, dans un rayon de deux cents kilomètres. Mais à sa connaissance, ce n’était pas un pouvoir extrêmement répandu. Alors quoi ? Un piratage des caméras de sécurité de la ville, comme le faisait Maléfique, la bonne fée de Wildcard, au Gang des Fables ? Ce n’était pas souvent pourtant qu’il se rendait dans des endroits surveillés. Et puis, il supposait que son adversaire avait autre chose à faire que de rester chez elle, tout équipée, les bras croisés, en attendant qu’il apparût sur l’un de ses écrans.

— Après, j’sais pas c’qui savent. ‘Sont jamais v’nus à l’appart, déjà…

Dans lequel ils ne vivaient plus depuis des semaines, mais il n’allait certainement pas raconter sa vie à Adrian — et puis dire que l’on vivait dans un vaste manoir surprotégé à l’écart de la ville, c’était peut-être légèrement suspect, quand on n’était que deux, à dix-neuf ans, sans réelle ressource.

— Et ‘m’ont jamais appelé par mon nom, mais ils ont pas tellement fait la causette, en fait. C’était plus : BAM, on apparait, et BAM, on t’sectionne les cordes vocales.

Peut-être était-ce un groupe de citoyens zélés qui le trouvaient trop loquaces et avaient décidé de rendre service à la ville ? Abban finit par hausser les épaules et renfiler son haut, après avoir (enfin) posé le petit pot de baume, sur le plateau, à côté du verre d’eau apporté par Sallah. Comme le sens de la mode poussa parfois aux courageux sacrifices, dès qu’Adrian parla de lui ôter la cicatrice qui allait le forcer à porter des écharpes jusqu’à la fin de ses jours, Abban déclara avec conviction :

— J’m’en fiche de souffrir.

Heureusement qu’Aishlinn n’était pas là pour entendre ça et le comparer à ses « j’veux pas d’désinfectant, ça pique, c’est affreux ». Abban rejeta la tête en arrière pour offrir son cou à Adrian.

— Bah j’vais lui dire la vérité !

Quelle drôle de question.

— Puis elle va pas s’en mêler, elle est pondérée, je vous dis.

Enfin, il espérait bien qu’elle irait leur poutrer méchamment la gueule, quand même.
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Message posté : Jeu 26 Déc 2013 - 20:37 Message
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Le fait qu'Abban ne sache pas si ses assaillants étaient des mutants ou non n'importe pas vraiment. Adrian lui-même n'avait normalement rien qui puisse le pousser à être un super, pourtant il avait fini par développer une sensibilité à la magie et pouvait parfaitement se débarrasser d'une personne embarrassante même sans avoir de don. Si ces personnes étaient douées dans les arts martiaux ou même pire, en possession d'artefacts magiques, il n'était pas exclu qu'ils puissent devenir très dangereux, même pour un téléporteur. Abban avait beau posséder un atout considérable, il n'était pas invincible. La preuve : si Adrian décidait de s'en prendre à lui, le jeune garçon aurait été bien incapable de s'enfuir puisque la téléportation était bloquée à l'intérieur du manoir. Il en allait de même pour Aishlinn. En somme, il ne fallait jamais se sentir invulnérable, Eldoth lui-même pouvait y passer alors qu'il était censé être le mage le plus puissant qui soit. Les questions qu'Abban posa ensuite ne manquaient pas de sens, mais ils ne pouvaient qu'émettre des hypothèses tant qu'ils n'auraient pas été capables de mettre la main sur ces personnes. Il était vrai que c'était plutôt surprenant, Adrian fronça les sourcils avant de glisser sans main jusqu'à ses lèvres dans un geste de réflexion. Une fois de plus, la magie pouvait apporter une solution, mais ce n'était pas la seule non plus. Le silence persista jusqu'à ce que l'adolescent renfile son haut pour répondre positivement à la proposition de faire disparaître cette vilaine trace qui encerclait son cou. Un léger sourire passa sur les lèvres d'Adrian alors qu'il constatait que le physique semblait apparemment important pour Abban. Mais était-ce important ? Rien qu'à le voir, le mage aurait été capable de dire que l’adolescent devait prendre grand soin de son apparence. Levant la main vers le cou du blessé, Adrian répondit enfin.

« Je vous crois sur parole si vous me dites que votre sœur est pondérée.... mais je ne dois pas avoir la même lorsqu'elle vient ici alors. Aishlinn m'apparaît comme.... comment dire ? Une jeune femme pleine d'énergie et digne de ses origines. J'ai toujours entendu dire que les Irlandais avait un certain caractère et bien... votre sœur me l'a prouvé. Oui parce que « son Irlandaise », à comprendre June, n'avait pas vraiment le caractère de ses ancêtres.
J'ai vraiment beaucoup de mal à me dire qu'elle va rester les bras ballants en vous voyant revenir dans cet état. Vu comme elle parle de vous, je la voyais plutôt sortir directement et passer la ville au peigne fin pour mettre la main sur celui qui aura osé vous lever la main dessus. Il leva les yeux vers Abban.
J'ai toujours entendu dire que les jumeaux avait un lien spécial, alors en associant ça à son caractère... pondéré, c'était plutôt ça que j'imaginais comme conclusion. »

Cela dit, il ne connaissait pas réellement Aishlinn au final et Abban devait savoir de quoi il parlait. Retombant dans le silence, le mage se concentra sur son travail en essayant de visualiser les cellules touchées par le fil qui avait étranglé Abban. Ce dernier dû sentir une sorte de brûlure courir le long de son cou alors que les cellules de son corps se régénéraient de manière accélérée pour finalement laisser une peau parfaitement nette et sans les traces – visibles comme en relief – du passage d'une corde. Cela prit tout de même un bon moment et nécessita une bonne concentration de la part de l'Archimage qui laissa retomber sa main dès que son devoir fut rempli.

« C'est bon normalement. Vous n'avez pas eu trop mal ? Son regard sonda une fois de plus le visage d'Abban avant qu'il ne se redresse pour reculer légèrement et laisser de l'air au jeune homme.
Il existe des tas de possibilités pour localiser quelqu'un. Je pourrais le faire avec la magie par exemple, mais s'ils utilisaient de la magie, je devrais pouvoir le sentir. Enfin, je pourrais toujours vérifier si vous voulez, essayer de vous localiser dans les jours à venir pour voir si c'est possible malgré votre don. Vous êtes l'un des premiers que je croise. Il haussa légèrement les épaules en prenant appui contre la table derrière lui, ses mains posées de part et d'autre de sa personne.
Si vous le souhaitez, je peux essayer de me renseigner un peu. J'ai quelques contacts en ville. J'ai bien compris que vous ne voulez mêler personne à ça, donc si vous voulez de mon aide, je ne citerai pas votre prénom, ni cela de votre sœur d'ailleurs. Il le regarda avec franchise.
C'est à vous de voir, vous pouvez parfaitement refuser. Il esquissa un léger sourire avant d'ajouter quelques mots.
Aishlinn m'a laissé entendre que vous n'étiez pas enchanté de la savoir venir ici, alors je comprendrais que vous ne souhaitiez pas me voir me mêler de vos affaires. Mais si ça vous rassure, je n'ai en aucun cas l'intention de monopoliser votre sœur. »

Au moins ça avait le mérite d'être clair et franc. Il ignorait ce qu'Abban pouvait bien penser de lui, mais Aishlinn avait laissé entendre que son jumeau n'était pas ravi de savoir qu'elle allait passer du temps chez un type qu'il ne connaissait pas, c'était suffisant pour que le mage se doute que l'adolescent ne devait pas le porter dans son cœur.
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Message posté : Ven 27 Déc 2013 - 0:04 Message
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La description qu’Adrian donna de sa jumelle fut accueillie avec un sourire d’évidente fierté d’Abban. Rien n’était plus doux à ses yeux que d’imaginer Aishlinn mettre ce manoir trop calme sens dessus dessous avant de partir démolir au chalumeau les bars douteux de la ville où ses agresseurs se seraient réfugiés. Il s’empressa d’ailleurs de préciser :

— Ouais, ‘fin, j’veux dire, pondérée, par rapport à moi, hein. Mais sinon, elle est pleine d’énergie, c’est sûr.

Il n’avait pas l’air de voir ce que cette énergie pouvait avoir de problématique.

— Puis elle est forte, et décidée, et courageuse, et elle a peur de personne, et…

L’Irlandais s’interrompit dans cet éloge immodéré d’Aishlinn, qui avait toutes les qualités de Rambo et de Mère Thérésa réunis. Il sentait bien que l’image de la jeune fille attendant sagement que la police tirât au clair ce qui était arrivé à son jumeau pouvait quelque peu pâtir du portrait enthousiaste qu’il en peignait. Il fallait rattraper le coup — et Abban se maudissait de n’avoir pas toujours la ruse et la présence d’esprit de sa jumelle pour mener ce genre de conversations.

— ‘Fin bref, peut-être, ouais, peut-être elle resterait pas les bras croisés, mais j’vais pas la laisser s’lancer dans une enquête dangereuse toute seule, hein.

Techniquement, ce n’était pas un mensonge : s’il y avait une vengeance, et il y aurait une vengeance, Abban voulait en être entièrement, comme il en avait été lorsqu’ils avaient consciencieusement démoli l’existence de Henry. Il était vrai que le fil de son discours laissait plutôt entendre qu’il allait se ranger sagement à l’avis d’Adrian, mais Abban était un habitué de la confession et, comme tout habitué de la confession, il avait appris à marchander ses péchés en tournant ses paroles de telle et telle manière. En somme, l’Église n’avait pas peu participé à sa formation de criminel.

La guérison de sa nouvelle blessure fut un interlude qu’il trouva d’abord salvateur et qu’il découvrit bien vite peu agréable. Ses mains s’étaient crispées sur les accoudoirs du fauteuil alors qu’une vive douleur entourait son cou, mais cette fois-ci, il ne pleurait pas. Ce n’était pas sa première plaie et il était bien moins fragile qu’il n’en avait l’air et qu’il ne le croyait lui-même. De la même manière dont il avait supporté la douleur, pendant le combat, il ne laissa pas une seule plainte lui échapper, quoiqu’il fût évident que l’expérience n’avait rien d’agréable.

Lorsqu’Adrian eût fini, Abban passa une main autour de son cou, tout de même un peu incrédule. C’était la première fois qu’il voyait ce genre de magie, plus habitué aux démonstrations spectaculaires et meurtrières du Circus Maximus. Cette version curative était bien plus rassurante et tout aussi efficace. Il secoua la tête quand Adrian s’inquiéta de sa douleur et murmura sincèrement :

— Merci.

Il était loin d’estimer que ses soins lui fussent dus et la sollicitude d’Adrian le touchait, même s’il ne se lançait pas dans de grands discours. Abban appréciait la charité — n’était-ce pas une vertu théologale ? De toute façon, toute tentative de remerciement plus étendue eût été étouffée par les propos de plus en plus inquiétants de son interlocuteur. Deux choses alarmaient Abban : apprendre qu’il n’avait pas l’apanage des localisations surnaturelles et voir Adrian se lancer dans une enquête sur ses agresseurs, qui serait inévitablement une enquête sur son compte et donc sur celui d’Aishlinn.

Bien sûr, il était douteux que les portes du monde criminel pussent s’ouvrir à n’importe qui et les informations sur les Mac Aoidh étaient bien gardées, mais Abban n’avait aucune idée de l’étendue des pouvoirs d’Adrian ni aucun moyen de les évaluer. Qui lui disait que celui qu’il avait en face de lui n’avait pas les moyens d’en apprendre long sur leur compte, s’il se mettait l’idée en tête ?

— J’préfère régler mes problèmes avec les flics.

Alors ça, c’était bien la première fois qu’il le disait, mais il y avait mis tous ses talents de comédien, forgés au fil des arnaques.

— C’pas contre vous, en fait, c’est juste… Bah, j’vous avoue qu’l’idée qu’des mecs avec des flingues et en uniforme s’occupent d’l’affaire, ça m’rassurera quand même un peu plus. C’est ptêt un peu terre à terre, hein…

En gros, il était un adolescent qui avait grandi avec les séries télévisées américaines et qui se retournait vers ce qu’il connaissait le mieux et qui lui inspirait confiance. Le tout était maintenant d’enterrer la question sous un autre sujet au moins aussi important et Adrian lui avait tendu une perche de la taille d’un baobab qu’Abban se fit fort de saisir à pleines mains.

— Mais c’est vraiment pas contre vous. J’veux dire, vous m’avez fait entré, v’m’avez soigné, et rien vous y obligeait. ‘Fin si, j’étais en train d’chialer sur vot’ perron, ça f’sait désordre, mais v’z’êtes gentil, et puis…

Et puis les hommes gentils et un peu vieux, Abban soupçonnait Aishlinn d’y être sensible comme à autant de figures paternelles. Il n’était pas certain de son hypothèse et il eût préféré mettre les deux doigts dans une prise qu’interroger sa jumelle sur la question, mais il songeait à la confiance que lui inspirait souvent des femmes aux allures maternelles. Une confiance et un pincement au cœur.

— Puis v’savez, elle a pas b’soin d’vous pour s’détacher d’moi, Linn…

Il avait dit cela avec plus de gravité encore que lorsqu’il avait demandé un prêtre, peu après son entrée.

— C’est juste… Elle est souvent là, et comme ici, tout est… Caché ? J’peux pas trop vous expliquer, ‘fin, décrire, mais des endroits que j’peux pas voir, pas sentir, pas atteindre, y en a pas trente-six milles. En fait, y en a pas. Sauf ici. Et ça m’fait une espèce d’angoisse, là…

Abban montra son ventre.

— C’est pire qu’être jeté d’un nightclub parce qu’on a pas les bonnes pompes, v’voyez ?

Abban détailla rapidement Adrian du regard.

— Ouais, non, v’voyez sans doute pas. ‘Fin bref, c’est affreux, et… J’aime pas savoir qu’j’peux pas l’atteindre. J’aime pas savoir qu’elle est pas là quelque part dans ma tête, qu’elle est pas à portée d’moi.

En fait, jamais avant de l’expliquer à Adrian il ne s’était rendu compte de la manière de sa méfiance à l’égard du fameux manoir avait été étroitement liée à ses pouvoirs.
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Message posté : Ven 27 Déc 2013 - 20:47 Message
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Eldoth
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ϟ Âge : 30
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/09/1988
ϟ Arrivée à Star City : 28/05/2013
ϟ Nombre de Messages : 4516
ϟ Nombre de Messages RP : 1515
ϟ Doublons : Renan Le Guerec, Mikhaïl Lesovsky, Jonas Cooper
ϟ Crédits : Moi + Savage Garden
ϟ Célébrité : Joseph Gordon-Levitt
ϟ Âge du Personnage : 118 ans, la trentaine en apparence
ϟ Statut : Célibataire
ϟ Métier : Archéologue, professeur d'histoire et d'étude de la magie à Star High
ϟ Réputation : Niveau 6
ϟ Signes particuliers : Environ 1m75, corpulence normale, cheveux noirs toujours bien coiffés, yeux marrons. S'habille en costume trois pièces.
ϟ Pouvoirs : Maîtrise de la Magie. Liste détaillée ici.
ϟ Liens Rapides :
Les éloges qu'Abban faisait d'Aishlinn n'étaient pas si surprenantes, entre frère et sœur c'était normalement logique de voir uniquement les bons côtés, non ? Quoi qu'il en soit, il était vrai que l'entendre parler de la demoiselle comme d'une personne courageuse et forte ne contribuait pas à la faire passer pour quelqu'un de pondéré aux yeux de l'Archimage. Ce dernier était quasiment persuadé que la jeune femme allait se lancer à le poursuite des assaillants de son jumeau et cela même si elle prétendrait le contraire – en imaginant qu'Adrian l'interroge à ce propos. Quoi qu'il en soit, après qu'Abban ne s'interrompe seul pour changer de sujet en l'informant du fait qu'il ne comptait pas laisser sa sœur se lancer seule dans une pareille aventure, Adrian comprit aussitôt qu'il devait avoir l'intention de se joindre à eux. La naïveté du centenaire avait des limites et il connaissait bien les mensonges par omission et les phrases légèrement détournées qui évitaient d'avoir à mentir effrontément. Celle-là, Abban ne lui ferait pas ! Avec un léger sourire amusé collé aux lèvres, le mage répondit d'un ton léger.

« Pas toute seule, ça veut dire que vous allez l'accompagner ? Il le regarda quelques instants.
Même si vous avez certainement du mal à l'imaginer, j'ai aussi été jeune un jour, je sais ce que c'est. »

Certes, ça remontait à bien longtemps et il devait avoir au moins quatre-vingt-dix ans de plus que les jumeaux – au bas mot – mais Adrian n'avait pas oublié ce que la jeunesse incluait comme comportement. Les adolescents avaient aussi la fâcheuse habitude de se penser invulnérables, surtout lorsqu’ils possédaient des pouvoirs comme les jumeaux. Avec un tel don entre les mains, ils devaient en profiter au maximum.

Après les soins offerts par Adrian, le jeune Irlandais lui lança un remerciement que le mage ne prit pas vraiment au sérieux. C'était le type de formule de politesse que vous disiez sans même vous en rendre compte et il ne s'attarda donc pas sur ce problème, d'autant plus que le jeune homme enchaînait pour décliner sa proposition d'aide. S'en étonnait-il ? Non. S'en vexait-il ? Non plus. Après tout, si Abban préférait accorder à sa confiance aux autorités compétentes, comment Adrian pourrait-il se montrer contrarié ? C'était ce qu'il avait suggéré au début, mais l'Irlandais avait semblé plutôt réfractaire à cette idée alors bon... Cela dit entre des paroles et des faits il y avait une grosse différence, rien ne lui prouvait que les jumeaux allaient effectivement demander de l'aide, mais au donc cela ne regardait pas Adrian. Aishlinn avait beau être devenue son apprentie, elle lui avait bien fait comprendre qu'il resterait simplement « un prof » et rien de plus. Mettre son nez dans leurs affaires n'était donc pas vraiment de son ressort.

L'adolescent rebondit bien assez rapidement sur un point sensible pour l'Archimage. Il comprenait les craintes d'Abban, même si ses propres frères et sœurs étaient décédés depuis bien longtemps, il avait aussi ressenti cette inquiétude de voir les siens s'éloigner. Sachant qu'Abban était en plus le jumeau de la belle, cette peur devait être décuplée. Adrian l'écouta avec attention et sérieux et ne fut même pas troublé lorsque le jeune homme sous-entendit qu'il n'avait pas la dégaine pour sortir dans des clubs branchés. Il commençait à en avoir l'habitude avec tous les jeunes qui lui balançaient ça à longueur de temps.... Le centenaire resta silencieux pendant quelques secondes après la fin de la réplique du muté, puis il hocha la tête avant de répondre.

« Je crois que je comprends. Le but de ces protections n'est en aucun cas de vous séparer de votre sœur et si ça vous rassure, elle n'aime pas plus que vous l'idée de ne pas pouvoir traverser les murs du manoir comme bon lui semble. Elle lui avait suffisamment fait comprendre.
Mais vous savez, vous n'êtes pas à la porte du manoir. Je ne l'ai jamais dit à Aishlinn parce qu'elle m'avait laissé entendre que vous n'appréciez pas forcément l'idée de la savoir ici, mais si vous avez envie de l'accompagner à ses cours de temps en temps, vous le pouvez sans problèmes. C’est juste que.... Il regarda autour de lui.
Vous risquez peut-être de vous ennuyer ici. Mais au moins vous seriez avec elle. Eldoth haussa finalement les épaules.
Et vous savez, vous n'êtes pas que son frère, vous êtes aussi son jumeau. Elle aura peut-être beaucoup de fréquentations dans différents domaines, mais vous resterez la seule personne à bénéficier d'un lien aussi poussé avec elle. Même si elle peut se montrer distante par moments, il n'empêche que vous aurez toujours un avantage certain sur tous les autres hommes qu'elle fréquentera. Pas forcément pour des histoires d'amour d'ailleurs.
Puis si ça vous rassure, elle parle souvent de vous lorsqu'elle est ici. Si elle se détachait autant de vous, elle ne s’ennuierait pas à penser à vous autant de fois dans la journée. »

Adrian n'avait jamais été doué pour rassurer ou consoler les autres, mais au moins aurait-il tenté le coup. Si Abban croyait la moitié de ce qu'il venait de dire, ce serait déjà une bonne chose, puis sinon et bien tant pis ! Mais ce fut à ce moment qu'Eldoth tilta sur l'une des paroles précédentes du jeune homme, il embraya donc sur ce point.

« Vous avez parlé de sentir la présence d'Aishlinn, mais vous parliez de ça en raison de votre lien, ou est-ce que c'est lié à un autre de vos dons ? »

Libre à Abban de lui mentir ou non, Adrian était bien incapable d'en savoir plus sans demander, il n'avait donc pas vraiment le choix !
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Message posté : Sam 28 Déc 2013 - 12:44 Message
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Comment ça, il avait été jeune aussi ? Abban regarda Adrian droit dans les yeux. Ce type-là avait facilement quarante ans. Si ce n’était soixante ! Ou plus. Enfin, bref, Abban avait d’immenses difficultés à l’imaginer dans une soirée no limit à lécher de la bière dans le nombril d’une strip-teaseuse vénézuélienne et la chose la plus folle qu’il imaginait Adrian capable de faire, c’était peut-être de ne pas trier ses épices par ordre alphabétique quand il rangeait sa cuisine. Et ça, pour un Mac Aoidh, c’était tout de même affreux. Abban s’abstint malgré tout de faire le moindre commentaire, parce qu’il lui restait, quelque part au fond de son esprit, un embryon de politesse.

Surtout, la conversation se détournait de ses agresseurs et c’était une excellente chose. S’il avait du mal à ne pas se remémorer la scène et si parfois, sans qu’il s’en rendît compte lui-même, ses mains recommençaient à trembler un peu ou bien il passait l’une d’elle sur sa gorge, comme pour vérifier que personne n’était encore en train de l’étrangler, Abban n’avait aucune envie de partager ces souvenirs avec Adrian ni de jongler entre ses peurs, ses mensonges et la vérité, pour ne pas se compromettre. S’il était facile de s’inventer un personnage pour les besoins d’une arnaque, mentir constamment sur une chose qui le touchait de si près était bien plus délicat.

Parler d’Aishlinn, c’était mieux. Abban était convaincu que sa sœur l’abandonnait. Elle avait fait sa propre vie à Star City, comme lui la sienne, mais Abban avait l’impression qu’elle devenait plus silencieuse sur ses contacts. Sur ses amis. Sur ses fréquentations. À Dublin, dans le milieu qu’ils avaient connu ensemble depuis leur naissance, il avait toujours vu à peu près qui était qui. Même loin de lui, sa jumelle avait évolué dans un univers relativement familier. À Star City, la nouveauté était inépuisable et son imagination paranoïaque comblait son ignorance et troublait sa quiétude.

La magie, c’était pire encore. Il était partagé entre l’enthousiasme et la fierté que lui inspiraient les progrès de l’Irlandaise dans le domaine et la crainte de la voir devenir chaque fois un peu plus différente encore de lui. Lui restait un mutant, un mutant de plus en plus doué et de plus en plus étrange, certes, mais fondamentalement, il n’y avait rien de nouveau. Aishlinn, en revanche… Les histoires troublantes à propos de la magie ne manquaient pas au sein du Cartel, particulièrement, pour lui, depuis qu’il s’était penché sur le cas Purple Hats, et ces histoires n’étaient pas faites pour l’apaiser.

Il hocha tout de même la tête. Entendre d’autres lui assurer qu’ils n’étaient rien en sa comparaison auprès d’Aishlinn, c’était toujours rassurant. Sans qu’il s’en rendît compte, son esprit passa sur la proposition d’Adrian de venir assister aux cours, parce que ces cours étaient une excellente excuse pour voir Jake et que la situation avait pour Abban des avantages certains, même s’il n’était pas prêt à l’avouer. Mais au moins Adrian cumulait à ses yeux désormais de nombreux avantages : 1. il avait l’air parfaitement sincère, 2. il n’était jamais pour Aishlinn qu’un professeur, 3. il était « vieux » selon ses critères et 4. sa maison n’abritait de toute évidence aucune console de jeu vidéo. Abban se sentait un peu moins menacé.

Ce fut sans doute en partie ce qui le disposa à répondre sincèrement à la nouvelle question du mage.

— C’est mes dons. C’est récent et j’suis pas sûr de pouvoir bien expliquer, mais…

Il se mit à réfléchir. Il était encore un peu perdu avec ces capacités qu’il apprenait à maîtriser sur le tas et si Adrian, qui semblait ne pas manquer d’expérience, y voyait plus clair que lui, ce ne serait certes pas une mauvaise chose. Peut-être même pourrait-il apprendre à Aishlinn des… euh… trucs qui leur permettraient de mieux travailler en tandem.

— Disons qu’je sais où sont les choses et les gens. C’est pas comme si je visualisais, c’est juste… Une certitude. Mais pas intellectuelle. Une sensation ?

Il soupira.

— Désolé, j’suis pas comme vous, j’suis pas super doué pour expliquer. Mais, mettons, c’t’un peu comme tout le monde, v’savez, parfois, on a l’impression qu’y a quelqu’un derrière soi. Bah c’t’un peu ça, mais sur des dizaines de kilomètres, pour toute sorte de trucs. C’est plus ou moins précis selon que j’connais bien l’objet ou la personne. Genre, Aishlinn, ça marche du tonnerre, généralement, mais un mec que j’aurais vu qu’une fois, ça d’mande plus de concentration. Bon, ici, c’est l’trou noir pour moi, et de toute façon, j’peux pas vraiment faire de démonstration visible.

Il esquissa un sourire.

— En fait, à part la téléportation, tous mes autres dons…

C’était bizarre pour lui de dire cela, alors que longtemps son don principal et presque unique avait été cela : la téléportation. La floraison de pouvoirs qui signait la fin de son adolescence et de sa maturation (pas toujours très visible, certes) avait apporté bien des nouveautés.

— …sont plutôt discrets. Ou invisibles. C’t’une façon de percevoir le monde, en fait. J’crois qu’j’me rends d’moins en moins compte d’où ils commencent et où ils s’arrêtent. À m’sure qu’le temps passe, j’me souviens pas d’comment j’voyais le monde avant. Maintenant, c’est euh… J’sais pas. Étendu ? Diffus ? J’vois des trucs qui s’passent à l’autre bout d’la ville. Et j’sais pas, des fois, j’me rends compte, en discutant avec les gens, qu’y a des choses toutes simples qui sont devenues… Genre l’espace. La ville, pour moi, maintenant, c’t’un gros réseau avec des points qu’on peut relier dans tous les sens. Y a pas de distance absolue. Eh ben ça donne quelque chose de très différent à c’que voient les autres, je crois.

Face à quelqu’un qui devait vivre, dans ce manoir magique, une existence au moins aussi étrange que la sienne, à quelqu’un qui n’était pas du Cartel, ni allié dont il fallait se méfier, ni ennemi auquel s’opposer, Abban s’était laissé aller à parler un peu plus librement de ses dons qu’il n’avait l’occasion de le faire.
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Message posté : Sam 28 Déc 2013 - 18:13 Message
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L'explication que lui lança Abban était un peu brouillonne, mais Adrian comprit ce que le jeune homme voulait lui dire. La magie était assez semblable : il n'y avait rien de palpable, c'était juste une sensation. C'était ce qui s'était produit lorsque la jumelle d'Abban avait été face à lui, quelque chose de spécial se dégageait d'elle et faisait comprendre à Adrian qu'il s'agissait d'une sensibilité à la magie. Après.... expliquer ça était quasiment impossible à quelqu'un qui n'était pas directement concerné par ce « problème », Adrian avait beau comprendre ce que lui disait Abban, il était dans l'incapacité de pouvoir l'aider. À son grand dam d'ailleurs. Quoi qu'il en soit, ce pouvoir avait l'air très utile et pouvait certainement lui faciliter la vie. Aussitôt, Eldoth songea qu'Abban allait peut-être pouvoir s'en servir pour éviter de recroiser la route de la femme qui lui avait causé tous ces dégâts, mais vu que le jeune homme vivait avec ce pouvoir depuis longtemps, s'il ne le faisait pas c'était certainement pour une bonne raison, non ? L'Archimage hocha finalement la tête au terme des explications de l'Irlandais, conservant un silence de quelques instants pour ordonner ses pensées et répondre au mieux à son interlocuteur.

« Je vois ce que vous voulez dore. La magie est assez comparable à ce que vous décrivez, on la sent, mais sans la voir ou pouvoir dire comment tout cela se produit. Aishlinn est dans le même cas que vous, c'est certainement une raison de plus pour qu'elle soit la plus apte à comprendre votre don. En plus du fait qu'ils soient jumeaux bien entendu.
Mais vous apprenez à le développer tout seul ? C'est certainement le plus simple, cela dit si vous aviez quelqu'un de compétent pour vous expliquer comment les utiliser au mieux, ce serait un gros gain d'énergie et de compétences pour vous. Il ne parlait pas de lui bien entendu.
Aishlinn m'a bien dit que vous n'étiez pas très intéressés par les études, mais là c'est un peu différent. Si vous réussissez à développer vos dons et à mieux les comprendre, ils pourraient facilement doubler leur efficacité. Vu que ce n'était pas des pouvoirs offensifs, c'était toujours une bonne chose.
Au fond, vos capacités à sentir la présence des autres et les choses de ce type, c'est un peu comme le sixième sens que les animaux ont su développer. Vous avez beaucoup de chance, ce serait dommage de ne pas en profiter. Il eut une légère moue.
Si jamais ça vous intéresse, je peux me renseigner pour savoir si quelqu'un pourrait vous aider sur ce plan. À vous de voir. »

Peut-être qu'il allait croire qu'il était en train d'essayer de le pousser à reprendre ses études ou à suivre le même chemin qu'Aishlinn, mais ce n'était pas le cas. Avec le temps, Adrian avait bien compris que s'occuper des jeunes était primordial : en s'assurant par exemple que l'Irlandaise apprenait la bonne magie et en la mettant en garde contre la « mauvaise », il évitait que des personnes mal intentionnées ne la prennent sous leur aile. Veiller sur les jeunes c'était aussi s'assurer de ne pas avoir de futurs adversaires face à vous. Bien entendu, il y avait aussi le fait qu'Abban était le jumeau d'Aishlinn et que l'Archimage appréciait la demoiselle, il avait donc envie d'aider au maximum les personnes qui comptaient pour elle.

« D'ailleurs, ce pouvoir est actif en permanence vu ce que vous venez de me dire ? Je veux dire, est-ce qu'il vous coûte beaucoup d'énergie ou de concentration ? Vous ne pourriez pas essayer de localiser la femme dont vous m'avez parlé avant pour vous assurer qu'elle n'est pas dans les parages lorsque vous sortez ? Il le scruta quelques secondes avant de hausser les épaules comme pour lui-même.
Désolé, je vous noie de questions, vous avez peut-être envie d'être un peu tranquille. Une brève hésitation s'installa avant qu'il ne termine.
Est-ce qu'Aishlinn vous parle de tout ce qui se passe ici ? »

Les inquiétudes d'Abban pouvaient prouver que non, mais d'un autre côté il avait eu l'air tellement étonné lorsqu'Adrian lui avait demandé s'il comptait tout dire à sa jumelle que l'Archimage en doutait. Oh, il n'avait rien à cacher – en fait si, mais Aishlinn ne voyait pas ces choses – sauf qu'il préférait savoir à quoi s'en tenir. Lui-même ne savait rien, ou si peu, de la vie des Irlandais, le fait qu'Abban puisse être au courant de détails concernant le manoir était quelque peu troublant il fallait en convenir.
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Message posté : Sam 28 Déc 2013 - 23:01 Message
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Ce n’était pas les Mac Aoidh qui ne s’étaient pas intéressés aux études, c’était les études qui n’avaient jamais accepté les Mac Aoidh. Bon, d’accord, il n’était pas impossible qu’ils fussent à eux d’eux responsables de la dépression de deux ou trois professeurs. Mais était-ce sa faute, à lui, si les mathématiques étaient toujours demeurées bien trop abstraites ? À l’école rêvée d’Abban, on n’enseignait que l’histoire antique, parce qu’il aimait bien cela, et la chimie peut-être, parce que cela ressemblait quand même un peu à la cuisine, en moins comestible — ce n’était pas les clients d’elBulli qui diraient le contraire.

Thabo avait bien repris le flambeau et en appelant ce qui était, somme toute, parfois des cours des « entraînements », il avait réussi à faire travailler Abban. Si les cours d’arts martiaux ne se déroulaient pas aussi bien que le vieux criminel l’avait espéré, parce qu’Abban ne comprenait toujours pas l’intérêt de faire du kung-fu quand on pouvait tout simplement s’enfuir, l’Irlandais suivait le reste du programme avec un véritable sérieux. Seulement, Adrian avait raison : les dons étaient difficiles à comprendre. Thabo était un humain qui avait longtemps fait équipe avec une humaine et s’il essayait bien de trouver des moyens raisonnables d’entraîner le pouvoir d’Abban, il manquait d’expérience personnelle.

— Tout seul, ouais. J’sais pas si j’le développe vraiment, en fait. Linn, elle dit toujours qu’je progresse beaucoup, et tout, mais moi, j’ai l’impression d’être un peu dans l’brouillard. J’dis pas qu’ça évolue pas, mais juste, j’sais pas vraiment si mon entraînement fait grand-chsoe. Un peu, ça m’les rend plus familiers, ouais. Mais j’sais pas, une fois, genre, j’ai entendu dire qu’les pouvoirs des mutants, ils étaient tous vachement reliés, quoi. Mais moi, j’ai l’impression qu’ça part dans tous les sens, en c’moment.

Abban ne se rendait pas compte que les différents aspects de sa téléportation lui devenaient conscients et se décomposaient en dons indépendants, au fur et à mesure qu’il vieillissait. Il ne s’était jamais posé de questions sur le fonctionnement de son pouvoir auparavant et ce qui eût paru étrange à bien des regards extérieurs, il l’avait admis sans ciller, dès le début. Alors, nécessairement, il n’était pas toujours très doué lorsqu’il s’agissait de trouver de nouvelles applications à ses dons ou de prévoir la manière de les faire évoluer selon sa volonté.

En revanche, il était tout à fait conscient du rôle essentiel qu’ils jouaient dans sa carrière et ainsi, lorsqu’Adrian lui proposa de trouver quelqu’un pour veiller à son entraînement, Abban se pencha en avant, l’air intéressé. Puis il grimaça. Il en avait presque oublié ses blessures, au fil de la discussion. Sa main se crispa de nouveau sur l’accoudoir, il serra les dents. Il avait un peu pâli, mais il répondit enfin :

— Moi, ça m’intéresse trop, ouais. Surtout qu’en fait, mes pouvoirs, ils déconnent un peu, parfois. La téléportation et l’autre…

Quel autre, on se le demandait.

— Ça va, je gère. Mais les sens, là, c’est souvent un peu l’bordel. J’veux dire, un coup j’regarde mon mec, un coup j’vois une vieille prendre sa douche trois immeubles plus loin, franchement, c’est mauvais pour mes performances, si vous voyez c’que j’veux dire.

Une nouvelle fois, Abban détailla Adrian d’un regard rapide.

— Ou pas, ouais, bref, si vous avez des contacts qu’on a pas peur des élèves un peu chiants, moi, j’suis très à fond, là. N’importe quoi pour qu’la ville arrête d’faire d’la stéréo chelou dans ma tête.

Lentement, parce qu’il avait retenu sa leçon, Abban s’enfonça de nouveau contre le dossier du fauteuil. Il se rendait compte que même s’il avait voulu écourter la conversation avec Adrian, il eût été incapable de se déplacer. Heureusement, la Machmontre était indifférente à l’eau — le cas contraire eût été le comble pour une voiture amphibie — et il pourrait toujours appeler son véhicule à la rescousse, quand le moment serait venu de s’éclipser. En attendant, les questions d’Adrian le posaient dans une sincère et profonde réflexion.

D’une voix lente, pour être sûr de n’en manquer aucune et d’offrir les réponses les plus claires possibles, qui seraient susceptibles d’aider Adrian de l’aiguiller au mieux, l’Irlandais reprit la parole :

 —Alors… Ça fonctionne pas en permanence, mais presque, pour les gens vachement proches. Genre, Aishlinn, mon copain, j’vois toujours à peu près. Pareil pour ma caisse. Et certains objets. Mais pour le reste, faut d’la concentration. Et c’est plus, j’saurais pas dire… Disons plus un sonar qu’un GPS, v’voyez. Faut qu’j’me concentre pour localiser, là j’ai une idée, et après, faut qu’j’m’en souvienne ou que j’me concentre à nouveau. C’est pas comme si j’me connectais une fois et que c’était bon. Du coup, localiser les ennemis, ce serait comme regarder en permanence par-dessus mon épaule, j’suppose.

Mais il voyait où voulait en venir Adrian : s’il était capable d’entretenir un contact permanent avec Asihlinn, Jake ou Macha, il était possible qu’à force d’entraînement, il put renouveler la prouesse avec des êtres moins familiers. En tout cas, il secoua la tête quand Adrian s’excusa.

— Ça m’force à m’creuser la tête, c’est pas plus mal. Et puis franchement, si on reste tranquille, j’vais juste sentir que j’ai mal, alors bon…

Pour les douleurs physiques et les souffrances psychologiques, auxquelles il était encore plus habitué, Abban n’était pas partisan du véritable repos : il avait besoin de s’occuper pour se remettre. Il secoua une nouvelle fois la tête à l’ultime question d’Adrian et, un peu gêné, reconnut :

— C’pas vraiment un sujet d’conversation très populaire, entre nous. J’m’énerve un peu vite, en fait, et euh… Disons qu’on se dispute. Alors c’est plutôt flou, pour moi. Puis c’est pas comme si j’connaissais votre… euh… monde ? domaine ? discipline ? J’sais pas, j’ai du mal à imaginer. Tout c’que j’ai en tête, moi, c’est Poudlard.

Adrian connaissait forcément.

— Mais j’suppose que c’est pas du tout comme ça.

Maintenant que le mage en parlait, la curiosité de l’Irlandais revenait au galop.

— J’peux visiter ? Au moins un peu… Doit y avoir des tas de trucs secrets et tout, avec des euh… ateliers, et euh… Des salles enchantées. Des trucs de fou ! V’z’avez une Salle sur Demande ? Un Miroir de Rised ? Des trolls ?

Une baguette magique ? Un chaudron ? Une chouette ? Un vieil Égyptien silencieux ?
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Toc toc ?

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