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Le souvenir est un poète, n'en fais pas un historien ▬ Charlie

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Message posté : Lun 16 Déc - 16:00 Message
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Se faire une bonne image auprès du public était bien moins facile que ça en avait l'air. En proposant ça à son géniteur, Jonas était conscient qu'il allait devoir beaucoup travailler, mais il n'avait pas imaginé que ce soit aussi éreintant. Le plus épuisant avait été de multiplier les sorties dans les quartiers considérés comme « peu favorisés », parfois son accueil avait été plutôt froid et distant, mais il avait fait avec. Il semblait évident que malgré ses bonnes intentions apparentes, les choses n'allaient pas lui tomber toutes cuites dans la bouche. Il allait devoir travailler sérieusement pour réussir à atteindre son objectif et il en était encore bien loin !

Mais ce jour-ci, l'affaire serait différente. Il ne s'agissait pas d'aller se lier d'amitié avec de parfaits inconnus, mais bel et bien de ressusciter une ancienne relation. Enfin relation, c'était un bien grand mot si l'on regardait de plus près ce qui l'avait lié à Charlie Lane. Des camarades de fac, même pas de promotion étant donné qu'elle avait un an de plus que lui. La jolie blonde était sortie de son esprit depuis belle lurette lorsque son nom était arrivé à ses oreilles. Il avait même mis plusieurs minutes avant de situer la demoiselle. C'était Bruce, son père, qui avait laissé entendre qu'il était possible qu'ils se connaissent puisqu'ils avaient été dans la même école pendant un an. Se renseigner sur autrui n'était pas très difficile lorsque vous aviez un nom aussi connu que celui des Cooper – même si c'était loin d'être le plus populaire de Star City. L'idée avait rapidement fait son chemin : retrouver la demoiselle et se rappeler à son bon souvenir pour qu'elle se souvienne qu'ils avaient été presque amis à une époque. Peut-être que du côté de la texane ça avait été le cas, en tous les cas de celui de Jonas, la jolie demoiselle n'avait été qu'un « bouche-trou » destiné à combler l'absence de sa jumelle. Oh, sa compagnie avait été bien agréable et il ne s'en était pas plaint, mais disons qu'il ne gardait pas des souvenirs émus de leurs discussions.

Il avait donc joint la jeune femme, ou plutôt sa secrétaire, à son nouveau bureau pour se présenter et dire qu'il connaissait maître Lane de la faculté de droit, annonçant qu'il aurait apprécié de pouvoir lui parler en-dehors de son travail, mais qu'il ne savait pas où et comment la joindre. Prévoyant les réticences de la secrétaire, Jonas prit soin d'enrober ses paroles de gentils mots laissant entendre qu'une bonne relation entre la famille Cooper et le cabinet pourrait certainement être bénéfique à ce dernier. Au final, il eut droit à la promesse que Charlie allait être mise au courant et il laissa un numéro pour qu'on le prévienne dès que la demoiselle serait prête à le recevoir, de préférence lorsqu'elle aurait plusieurs heures de libre devant elle. Jonas ne tenait pas à ce que qui que ce soit puisse dire qu'il avait des ennuis avec la justice et souhaitait donc que leur rencontre se face en terrain neutre, même s'il avait l'intention de la rencontre à son cabinet. L'inviter à l'extérieur serait facile.

C'est pourquoi, au jour et à l'heure décidée par Charlie, Jonas arriva-t-il devant l'immeuble qui abritait le cabinet de la demoiselle. Il avait pris soin de se faire déposer en taxi et d'enfiler une tenue parfaitement normale qui ressemblait davantage à celle qu'il portait à la fac qu'à celle qu'il enfilait pour les rencontres avec des notables de la ville. L'endroit était plutôt agréable du point de vue du citoyen qui ne se perdit pas son temps et se rendit rapidement à l'étage indiqué. Il passa quelques instants à échanger des mots avec la secrétaire sur la pluie et le beau temps ou encore les sujets qu'elle voudrait aborder, puis il demanda à voir Charlie. Comme Jonas était arrivé en avance, cette dernière devait encore être occupée et il patienta dans une salle quelques instants jusqu'à ce qu'elle se présente enfin. Fidèle à lui-même, c'est en arborant un sourire sincèrement heureux de la voir qu'il se redressa pour s'approcher d'elle et la saluer.

« Maître Lane ! Ou Charlie ? Je ne sais pas si je dois me ranger au vouvoiement ou au tutoiement. » Il prenait la température pour essayer de voir si elle se montrerait ouverte ou non. « J'espère que je ne te dérange pas, j'ai cru comprendre que tu avais beaucoup de travail depuis quelques temps.... » Le ton était enjoué, signe qu'il trouvait que c'était une excellente chose pour elle. « Je ne sais pas combien de temps tu as à me consacrer, mais tu ne préférerais pas discuter à l'extérieur histoire de prendre un peu l'air ? »

Il laissa le silence retomber de manière à ce que la jeune femme puisse décider de ce qu'elle souhaitait faire. Son regard clair restait posé sur le minois de le texane histoire de savoir à quoi s'en tenir. Pour commencer : prendre la température et ensuite s'arranger pour qu'elle ne devienne pas glacial, ce serait déjà un bon début !
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Message posté : Lun 16 Déc - 20:01 Message
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Sarah était venue la voir, quelques jours plus tôt, pour l’informer qu’une personne avait cherché à la joindre. Charlie ne savait pas ce qui s’était dit au téléphone mais, à voir Sarah, elle semblait enchantée par cet entretien téléphonique, à croire qu’elle avait trouvé la personne particulièrement agréable. Un nom avait fini par tomber, plus facilement associable à un journal en ville. Le prénom, en revanche, fut associé à son école de droit, des années en arrière. Ce n’était pas venu instinctivement, les précisions de Sarah avaient grandement aidé. Charlie se souvenait bien de lui mais, ça datait, elle avait connu des gens de sa promo bien plus longtemps que Jonas – qui n’avait fait qu’une année d’une promo différente.

Pour être honnête, sur le coup, elle n’avait pas spécialement songé au fait que ce soit une bonne idée de le revoir. Bien que son souvenir ne soit pas des plus désagréables, Charlie avait une fâcheuse tendance à se cacher derrière une montagne de travail plutôt que de se construire une vie sociale. Sarah, de son côté, ne l’entendait pas de cette manière, argumentant sur le fait qu’elle devait sortir un peu. Finalement ce fut quand elle avança l’argument du bienfait que pouvait avoir une « alliance » entre le cabinet et un nom aussi connu que Cooper, que Charlie baissa les bras pour trouver une date qui conviendrait le mieux. Bien que Charlie ne comprenait pas tellement ce « besoin » de reprendre contact avec elle, ni les raisons, elle ne s’interrogea pas plus que cela. A croire qu’elle n’arrivait toujours pas à associer cette nouvelle notoriété avec cette demande.

Le jour arrivé, difficile d’oublier ce rendez-vous puisque Sarah avait mis un point d’honneur à ne pas lui mettre un autre entretien professionnel après celui de Jonas – qui logiquement n’avait rien de pro. Charlie lui avait pourtant dit qu’elle pouvait recevoir des gens, que ça n’allait pas durer une éternité mais Sarah en avait fait qu’à sa tête. Comme souvent à ce niveau-là. A croire qu’en plus de jouer l’assistante, elle mettait un point d’honneur à vouloir « sociabiliser » Charlie. D’ailleurs quand Sarah débarqua dans ce bureau, elle avait l’air particulièrement heureuse. Charlie ne douta pas une seconde du fait que Jonas avait tapé dans l’œil de la secrétaire, qui sembla ravie de l’échange qu’elle avait eu avec lui. Souriant à la situation, Charlie annonça finir juste un petit truc de prévu et qu’elle irait le retrouver après.

Quelques minutes plus tard, ne voulant pas non plus le faire attendre – quelle idée d’arriver en avance dans le bureau d’un avocat qui, par définition était toujours en retard ! – elle sortit de son bureau. Le temps avait un peu effacé le visage de l’homme, une image qui lui revint bien vite en mémoire quand elle le vit. Si elle devait être objective, elle comprenait pourquoi Sarah avait l’air aussi emballé quand elle parlait de Jonas, considérations qu’elle ne prit pas vraiment en compte. Bien loin de se focaliser là-dessus ou même de s’y intéresser. Un sourire aux lèvres, elle le salua une fois arrivée à sa hauteur et, de manière amusée, elle leva les yeux au ciel à ses premiers mots. Comme si le côté protocolaire avait une tendance à la gaver un peu.

« Charlie, ça ira très bien et on devrait rester au tutoiement. » Le contraire lui aurait fait étrange en réalité, bien qu’habitué à ce que tout le monde la vouvoie, ça avait quelque chose de bizarre venant de quelqu’un qu’elle avait rencontré à la fac. Secouant doucement la tête, pour le rassurer, elle reprit. « Non, tu ne me dérange pas, je suis juste un peu surprise de te voir. » Toujours un sourire accroché au visage, elle répondit sur le temps qu’elle avait à disposition. « J’ai tout le temps que tu veux, faut croire que tu as fait assez bonne impression sur Sarah » D’un mouvement de main elle avait désigné la secrétaire pour expliquer de qui elle parlait « pour qu’elle refuse de me caler un autre rendez-vous aujourd’hui. » Le ton était léger et amusé, preuve que ça ne la dérangeait pas particulièrement. « Attends-moi là, juste deux secondes, j’attrape un manteau. »

Elle n’avait pas particulièrement prévu de sortir, sinon elle aurait déjà sa veste avec elle mais, ne voyant pas de raison de refuser, elle se plia volontiers à cette demande. Ça avait pris un peu plus de deux secondes mais, après un passage éclair dans son bureau, elle le retrouva avec sa veste, et passa devant Sarah pour la prévenir qu’elle était joignable sur son portable en cas de problème. Sarah, tout sourire assura qu’il n’y aurait aucun problème et qu’elle pouvait prendre son temps. Merveilleuse secrétaire ! Dans l’ascenseur, Charlie reprit, parce que, en fait, elle était capable de lui poser un tas de questions sans avoir besoin de laisser de blancs s’installer.

« Alors, tu deviens quoi ? »

Un peu banal mais, d’un autre côté, il fallait bien commencer par quelque chose pour entamer la discussion.
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Message posté : Mar 17 Déc - 0:13 Message
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Le fait que Charlie accepte qu'ils en restent aux habitudes prises pendant l'année de fac était une bonne chose, Jonas s'autorisait le luxe de penser que la suite de l'entretien en serait peut-être facilitée. Pour ce qui était de la surprise de le voir, ce n'était pas si étonnant : ils n'avaient jamais été particulièrement proches et apparemment elle était à Star City depuis plusieurs années sans qu'il n'ait cherché à la revoir. Il fallait avouer que le citoyen n'avait pas vraiment de raisons de s'intéresser aux avocats qui ne dirigeaient pas leur propre cabinet. D'une part parce qu'ils ne pourraient rien lui apporter en travaillant pour quelqu'un, puis de l'autre parce que, si par malheur il avait des démêlés avec la justice, son père engagerait forcément un avocat renommé. En bref, Jonas aurait été bien incapable d'avoir des nouvelles de la jeune femme si elle n'avait pas eu la bonne idée de faire la une des journaux – bien que ce n'était pas ceux auxquels on pouvait se fier pour les informations importantes. Bref, toujours est-il que Charlie avait l'air d'avoir du temps devant elle et Jonas se félicita d'avoir eu la bonne idée de se montrer aimable avec la secrétaire vu ce que l'avocate lui annonça. Une preuve de plus qu'il fallait toujours bichonner les personnes secondaires, celles qui étaient généralement ignorées.

Le temps que la demoiselle aille chercher de quoi se couvrir dans son bureau, le rentier promena son regard sur la pièce sans quitter son éternel sourire de façade. Charlie arriva quelques minutes après, certainement qu'elle devait avoir suspendu ce qu'elle était en train de faire à cause de lui, puis ils se dirigèrent vers l'ascenseur après avoir prévenu la secrétaire que la jeune femme restait disponible. Histoire de la remercier d'avoir accédé à sa requête, Jonas lui offrit un nouveau sourire avenant, puis s'engouffra dans la cabine avec la jolie blonde. Ce fut cette dernière qui prit la discussion en main en lançant l'habituel sujet des nouvelles. Jonas s'y prêta avec bonne volonté et après une brève inspiration, commença pas l'évidence.

« Et bien pas grand-chose en réalité. J'aide mon père au Daily Herald, je m'occupe des relations publiques on va dire. Ce n'est pas aussi reluisant qu'avocat, mais au moins ça me permet de rester avec ma famille et de me rendre utile. Puis je peux apprendre à connaître Star City sous un angle que je ne connaissais pas avant. »

Charlie était sensible aux pauvres, il l'avait rapidement compris en lisant les nouvelles la concernant. Il était presque de notoriété publique que la jeune femme n'hésitait pas à prendre des affaires concernant des personnes qui n'avaient pas de gros moyens, Jonas avait donc flairé le bon filon. En laissant entendre qu'il s'intéressait avant toute chose au fait de connaître la population délaissée de la ville, il espérait grappiller quelques points avec elle.

« Toi par contre, ça a l'air de sacrément bien se passer pour toi. Je t'avoue que je ne savais pas du tout que tu avais déménagé dans le coin, je pensais que tu étais restée dans le Texas. » Il haussa les épaules. « En fait c'est en voyant un article sur toi que j'ai su que tu vivais à Star City. J'avoue que je ne regarde pas trop les nouveautés du côté de la justice. »

C'était un mensonge éhonté sachant qu'il surveillait de nombreuses affaires concernant des super qui auraient mis des personnes en danger – d'après ses critères et ceux du CODE. Cela dit, Charlie n'était pas censée être au courant de ces détails ! L'ascenseur arriva rapidement au rez-de-chaussée, il n'y avait pas grand monde dans le hall, preuve que les gens normaux travaillaient. Une raison de plus pour remercier la secrétaire de la texane qui avait visiblement l'air de pouponner sa patronne comme si elle dirigeait une agence de rencontre. Comportement qui le poussait logiquement à penser que la jeune femme devait être célibataire, sans quoi il aurait plutôt été regardé comme l'ennemi public numéro un. Alors qu'ils sortaient de la cabine, le jeune homme reprit la parole.

« Et ça fait longtemps que tu es venue dans le coin ? Tu as dû travailler au bon endroit pour réussir à te faire connaître aussi rapidement, tu es relativement jeune pour avoir ton propre cabinet. » Il sourit d'autant plus. « Mais ça ne m'étonne pas franchement, à la fac les gens de ma promo disaient souvent que tu étais bonne élève. »

Son attention se promena sur la salle dans un geste mécanique pour vérifier que personne n'était en train de les surveiller. C'était un réflexe devenu naturel chez lui à force de vouloir éviter de se faire prendre « sur le fait » par des personnes peu recommandables. Il ne pensait pas forcément à ses journalistes – Jonas restait du menu fretin – mais parfois certains de ses détracteurs n'hésitaient pas à se manifester en personne. Mais ce jour-là, personne ! Le trentenaire reporta donc son regard sur la blonde.

« Et tu connais un endroit sympa dans le coin, ou on y va au petit bonheur la chance ? »

Mélanger discussion sérieuse et sans importance histoire d'alléger un peu le ton de la conversation. Vu le sujet qu'ils allaient aborder ensuite, c'était préférable !
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Message posté : Mar 17 Déc - 5:47 Message
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Il parait que les gens qui cherchent à maigrir, voient des pubs et de la bouffe super calorique partout autour d’eux. Il parait que c’est la même chose pour ceux qui arrêtent de fumer, en voyant des clopes. Pour ceux qui viennent d’avoir leur permis et qui voient des jeunes conducteurs partout sur la route, ou encore pour les femmes qui veulent des enfants et voient des ventres ronds autour d’elles. Charlie devait avoir un foutu problème de ce genre parce que, dans chaque discussion qu’elle avait, il était toujours questions de la famille. Peut-être qu’elle faisait une fixette, qu’elle relevait plus ce genre de sujet que les autres parce que sa situation familiale ne lui convenait pas. Elle n’en savait rien mais, Jonas n’échappa à cette règle en disant être ici, dans un métier qui lui permettait de rester avec sa famille… Ce genre de petites phrases qui étaient comme un rappel – virant sûrement à la psychose – pour lui signifier qu’elle avait été incapable de faire ce choix.

Évidemment, elle n’allait pas lui sauter dessus, en sortant ses ongles, pour crier au complot et l’accuser d’avoir dit ça exprès pour lui rappeler à quel point elle était une sœur ingrate d’avoir choisi un métier l’éloignant de sa famille. Le pauvre, il avait simplement répondu à une question, sans même savoir la situation familiale de Charlie. Du coup, elle s’était forcée dans un sourire un peu crispé, pas aussi convaincant qu’elle l’aurait souhaité et, ce fut en s’en rendant compte qu’elle préféra détourner le regard sur les chiffres de l’ascenseur, annonçant leur descente. Elle préféra noter son envie de connaître Star City sous un angle différent, ce qui était un bon point pour lui.

Elle le laissa poursuivre, dans les banalités de cette reprise de contact, passage un peu obligatoire pour tout le monde qui était loin de la déranger – du moment qu’on laissait sa famille de côté. Préférant ne pas l’interrompre, histoire de pouvoir répondre en bloc par la suite, elle put s’empêcher de soupirer de manière amusée quand il parla d’avoir vu son nom dans un article. Sourire sur les lèvres, l’air faussement exaspéré, elle se permit de l’entrecouper entre deux phrases pour dire quelque chose.

« Pitié, dis-moi que ce n’est pas l’article qui parle de Chase et moi. »

Elle exagérait dans sa façon de dire les choses, rendant sa phrase plus portée sur l’humour qu’autre chose. Une manière, aussi, de dire que si c’était le cas, il n’y avait rien de vrai là-dedans. Un démenti était sorti d’ailleurs, logiquement mais, dans le doute, elle préférait laisser comprendre qu’il n’y avait rien entre Chase et elle. Pas qu’elle comptait s’annoncer comme fièrement célibataire face à lui mais, elle préférait éviter les malentendus de ce genre. Elle avait déjà vu ce que ça pouvait donner. A aucun moment elle ne douta du fait qu’il ne se tenait pas trop au courant des affaires judiciaires, si elle devait commencer à douter de tout le monde au bout de deux minutes, sa vie deviendrait vite infernale.

Ce fut en arrivant au rez-de-chaussée qu’elle se mise à sourire de manière un peu gênée en l’écoutant lui dire qu’elle s’en sortait bien pour son âge. Ce qui changeait de NG qui devait déjà la voir avec un pied dans la tombe étant donné la différence d’âge entre les deux – un truc de jeune de voir les plus de trente ans comme des vieux. Elle n’arriva même pas à trouver étrange la façon dont il regardait autour de lui, peut-être qu’il jugeait simplement l’endroit qui venait d’ouvrir. Amusée, elle reporta son attention sur Jonas.

« Tu vis à Star City depuis probablement plus longtemps que moi et tu ne connais même pas les endroits sympas dans le coin ? » Elle secoua la tête dans un air faussement réprobateur avant de sourire plus franchement. « Il y a un café un peu plus loin, si ça te va ? »

Un peu plus loin, chez elle, c’était un peu moins de dix minutes à pied. Il y en avait des plus prêts mais, là-bas c’était plus tranquille – c’est qu’elle ne voulait pas se voir en première page avec un potentiel nouveau fiancé dès le lendemain – et, en plus, leur café était super bon. S’engageant dans la rue, elle entreprit de répondre à tout ce qu’il avait pu dire.

« Je suis arrivée il y a huit ans, après mes études en fait. Ma famille a pensé que c’était une bonne idée de venir s’installer ici. » Discours qui laissaient peut-être entendre qu’elle n’avait pas été spécialement d’accord avec le choix de sa génitrice. « Et j’aurais bien aimé être connue pour les endroits où j’ai travaillé mais, en fait, pour être sincère, ça vient surtout d’un client connu que j’ai eu. » Il y a un moment où il fallait rester réaliste, elle ne serait pas montée en flèche de cette manière si NG n’avait pas passé la porte de son bureau. « Du coup, tu vois, ouvrir mon cabinet n’était pas spécialement dans mes plans de carrière, du moins, pas si tôt mais je me suis dit que, finalement, c’était le bon moment. »

Ça faisait peut-être très intéressé, se servir de son nom – connu pour le moment – pour ouvrir son cabinet mais, d’un autre côté, en restant réaliste, c’était une aide à ne pas négliger. Une façon pour elle de se sentir bien plus libre dans ses choix et ses envies. Elle n’était pas revenue sur ce qu’on pouvait dire d’elle parce que, si Charlie avait été une élève appliquée, elle était loin d’avoir été la meilleure de sa promotion pour autant. Elle s’en sortait bien mieux depuis qu’elle exerçait, que dans une salle de cours. N’empêche qu’elle semblait avoir retenu la leçon sur les photographes peu scrupuleux : en marchant, elle gardait les mains dans les poches de sa veste et prenait soin de garder une petite distance avec lui, histoire d’éviter les photos prisent sous un certain angle qui pourrait nourrir les ragots.

« Je ne me suis jamais réellement penchée sur le Daily Herald, vous traitez de quoi en règle générale ? » Elle connaissait de nom, connaissait un peu près l’orientation mais n’en était pas certaine. Dans le doute, elle préférait poser la question, en espérant qu’il ne le prenne pas mal. « Mais du coup, ça fait longtemps que tu es ici et que tu fais ce boulot ? D’ailleurs, ça consiste en quoi exactement de s’occuper des relations publiques pour un journal ? »

Ne connaissant absolument pas cet univers, elle était capable d’avoir mille et une question, juste par curiosité, pour comprendre comme les choses se déroulaient.
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Message posté : Mar 17 Déc - 15:42 Message
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Il avait répondu par un simple sourire à la question rhétorique de Charlie concernant la manière dont il avait entendu parler d'elle. Jonas avait bien vu certains articles qui faisaient état de sa prétendue relation avec un gamin issu d'une famille de soit-disant héros. Autant dire que la perspective de la savoir en ménage avec un super ne l'avait pas enchanté, mais ce n'était pas ce qui lui avait permis de savoir qu'elle était en ville. Non, là ça avait été l'article qui parlait de son enlèvement et c'était aussi ce qui l'avait décidé à aller lui parler. Pour lui, l'idée que les super étaient mêlés à cette affaire était une évidence, Charlie devait forcément avoir un avis bien arrêté à leur propos et Jonas espérait que ce serait le même que le sien. Vu qu'elle avait l'air assez contrariée à l'idée d'être assimilée à ce Neutron-Grey, ce n'était pas improbable, encore qu'il pouvait s'agir de la différence d'âge qu'ils avaient. Pouvoir compter sur une personne comme elle au sein du CODE, ce serait une chance inespérée. Mais il n'était pas encore décidé à vendre la mèche, ils avaient le temps. Se précipiter ne ferait que du mal.

En ce qui concernait le fait qu'il ne connaisse pas vraiment d'endroits sympas dans le coin, le trentenaire aurait été plutôt maladroit de lui faire savoir qu'il ne sortait généralement pas dans des cafés avec ses connaissances. Son but principal restait de se rapprocher de la jeune femme – pas physiquement parlant – et de lui faire comprendre qu'ils étaient bien au même niveau. Il hocha finalement la tête lorsqu'elle parla d'un café non loin d'ici, il aurait accepté même s'il avait été à une dizaine de rues d'ici, ça leur aurait laissé plus de temps pour discuter.

« Il faut croire que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre sur cette ville ! »

Le ton était enjoué comme à chaque fois, l'idée de découvrir cette ville lui plaisait réellement, cependant il gardait quelques réserves sur certains endroits qui avaient les faveurs des super. Ils se dirigèrent donc vers le fameux café, Jonas glissant – lui aussi – ses mains dans ses poches alors qu'il promenait son regard tantôt sur Charlie, tantôt sur les environs sans raison précise. Il nota que l'avocate parlait du fait que sa famille avait jugé que le déménagement était une bonne, mais ne s'englobait pas dans le lot. Peut-être qu'elle n'était pas enchantée d'être venue ici ? En raison des super, ou tout simplement parce qu'elle n'aimait pas le coin ? Des interrogations qu'il garda pour lui alors qu'elle poursuivait pour avouer qu'elle devait sa notoriété à un certain client. Aussitôt, Jonas songea au Neutron-Grey à qui elle devait aussi une réputation de femme couguar – ce qui aurait été sacrément dommage cela dit. Comme quoi ces super attiraient toujours des ennuis aux personnes qu'ils fréquentaient, même si en fin de compte celui-là avait aussi apporté une certaine célébrité à Charlie.

Puis la discussion glissa vers le Daily Herald et le trentenaire apprécia le fait qu'elle ne prétende pas le connaître alors qu'elle n'en avait peut-être jamais ouvert un. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres au terme des quelques interrogations de l'avocate qui semblait avoir une curiosité très développée. Pour le coup, ça arrangeait presque Jonas, elle lui offrait une bonne raison de parler du journal sans avoir l'air de vouloir la convaincre d'adhérer à leur vision des choses. Après une inspiration, le rentier répondit d'un ton affable.

« Et bien, je fais ça depuis que laissé tomber la fac de droit. Il fallait que je me réoriente, puis j'avais envie de connaître un peu mieux la ville où j'ai toujours habité. Je me suis dit que le meilleur moyen de me rendre utile et de combler cette envie, c'était d'allier les deux. » Ça avait l'air d'une évidence présenté de la sorte. « Le Daily Herald est un journal très.... conservateur dirons-nous. Mon père oriente les articles qu'il publie principalement sur l'économie et la politique, il n'est pas du genre très tendre avec le crime. Ça lui a d'ailleurs valu quelques ennuis par le passé. » Et encore aujourd'hui avec certaines attaques de super-vilains contrariés par ce qu'ils lisaient dans la presse. « Et pour ne pas te le cacher, le journal n'est pas très tendre à l'égard des super en général. » Il haussa les épaules comme si c'était sans importance. « Du coup il n'a pas forcément le succès mérité si je puis dire, certaines « classes sociales » ne s'y intéressent pas parce qu'elles sont persuadées que l'économie et tout le reste ne les concernent pas. » Il avait prononcé le terme « classes sociales » avec une réticence comme s'il ne l'approuvait pas. « Alors mon travail c'est de leur montrer que ce journal est celui de tout le monde. On va dire que je fais un peu dans le social. »

Et vu la manière dont il la baratinait, c'était certainement facile à comprendre. Le regard clair de Jonas s'attarda sur le visage de Charlie comme si, au final, parler de lui ne l'intéressait pas et qu'il le faisait pour lui faire plaisir. Son but était à la fois d'en apprendre plus d'elle – de sa bouche – mais aussi de pouvoir essayer de la convaincre du bien-fondé des positions du CODE. Le mieux était donc de la mettre un peu sous le feu des projecteurs.

« Au final, tu penses que c'est une bonne chose que tu sois arrivée à Star City ? » La question pouvait avoir l'air surprenante, mais elle était franche. « C'est vrai que tu as gagné en popularité, mais vu les « journaux » qui se sont intéressés à toi, je ne sais pas si c'est forcément une bonne chose. » Il rigola légèrement. « Et d'ailleurs je te rassure, je ne suis pas du genre à lire ces torchons. » Ce qui voulait dire qu'il n'avait pas appris sa présence ici grâce à eux. « On dirait que ça n'a pas l'air de t'enchanter tellement que ça d'être célèbre. Habituellement les gens font tout leur possible pour réussir à le devenir, c'est plutôt surprenant. Enfin quoique... tu ne m'as jamais fait l'impression d'être à la recherche de la popularité. » Sans quoi elle aurait profité de leur « amitié » à la fac comme tant d'autres l'avaient fait avant elle. « Tu n'as jamais eu d'ennuis avec les super-vilains vu que tu te ranges du côté de la justice ? En général ils n'apprécient pas trop les gens qui vont contre eux. »

Le ton avait l'air suffisamment léger pour donner l'impression qu'il s'intéressait à ce point uniquement parce qu'il la concernait elle, mais vu ce qu'il avait dit au sujet du Daily Herald juste avant, il n'était pas nécessaire d'être un génie pour comprendre que ça l'intéressait réellement.
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Message posté : Mar 17 Déc - 20:53 Message
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Elle avait répondu par un sourire quand il avait dit avoir encore des choses à apprendre sur cette ville. Elle restait persuadée que même en vivant ici depuis des années, personne ne devait réellement avoir fait le tour de Star City pour en connaître tous les recoins et secrets. C’était l’avantage et l’inconvénient d’une ville comme celle-là. Au moins, Jonas ne se vantait pas de tout savoir et tout connaitre d’un lieu comme SC. Une bonne chose. La prétention n’avait jamais été quelque chose d’appréciable pour la Texane. Puis il n’avait pas l’air de dire ça sur un ton défaitiste comme si, finalement, pouvoir découvrir des endroits l’enchantait. Ça avait suffi à la faire sourire. Pas besoin de grand-chose !

Au moins Jonas avait l’air de mieux se plaire dans sa réorientation plutôt qu’en étude de droits. Elle nota surtout une volonté de se rendre utile, ce qu’elle ne pouvait qu’approuver, restait à voir la manière dont il s’y prenait et les sujets qu’ils défendaient. Elle hocha la tête, un peu comme si elle comprenait parfaitement que s’en prendre au crime pouvait apporter son lot d’ennuis. Un terrain sur lequel elle avait un peu d’expérience, ce qui était loin d’être une bonne chose. S’en prendre aux Super à travers un journal, la rendait un peu plus mitigée parce qu’elle n’avait jamais réellement su comment se positionner à ce propos. Certains n’en faisaient qu’à leur tête, ne respectaient même pas les lois, sans parler de ceux qui songeaient plus à la vengeance qu’à un réel besoin de répondre à une attente. A croire qu’avoir des dons pouvait autoriser plein de choses mais, d’un autre côté… Ils n’étaient pas tous comme ça.

A écouter Jonas, ce n’était pas le sujet principal et elle ne pouvait qu’adhérer au fait de vouloir faire comprendre aux gens défavorisés que c’était aussi leurs problèmes, en tout cas pour le côté politique et économique. Les gens qui n’avaient pas les moyens se sentaient toujours un peu en retrait de la société, comme si on les avait oubliés – ce qui n’était pas totalement faux – du coup, c’était une bonne chose qu’un type comme Jonas – avec le patrimoine qu’il avait – puisse s’en rendre compte. D’autant plus surprenant quand on savait que c’était un milieu dans lequel il n’avait jamais vécu étant donné la famille qu’il avait. Comme quoi tous les riches n’étaient pas forcément des snobinards enfermés dans leur bureau à siroter un verre de whisky.

La conversation dériva sur elle, exercice pour lequel elle n’était pas très douée mais c’était de cette manière que se créaient les échanges. La première question l’étonna un peu, parce qu’elle n’avait rien d’habituel. A croire que les gens partaient du postulat qu’elle était connue depuis qu’elle était ici, donc, c’était que ça devait parfaitement lui convenir. Comme semblant le dire Jonas : qui ne rêvait pas de célébrité ? Elle haussa les épaules, tout en marchant, laissant comprendre qu’elle n’était pas super à l’aise avec cette histoire de notoriété, lui donnant donc raison sur le fait que ça n’avait jamais été son but. Sa dernière question aussi était assez surprenante mais, elle associa ça au fait que son père semblait avoir eu des ennuis et, du coup, il se renseignait de manière presque logique. Puis bon, si son journal – celui de son père – s’intéressait de manière négative au Super, c’était d’autant plus logique.

« Je ne vais pas dire que c’est une mauvaise chose d’être connue. » Elle avait du mal à le dire, du mal à le concevoir. « Parce que ça m’a permis de faire des choses, comme l’ouverture du cabinet. Après, il y a forcément les mauvais côtés. » Comme la presse à scandales, cela dit elle ne semblait pas tellement s’en formaliser. A croire qu’elle s’en foutait un peu de lire des choses fausses sur son compte. Dans un sourire amusé : « Heureusement que tout le monde ne lit pas et ne croit pas ce qui peut être dit dans certains… Euh… journaux. » Elle laissa passer un léger rire en se disant que ça ne pouvait pas être qualifié de telle vue les conneries que ça racontait. Un air un peu plus sérieux se pointa sur son visage pour répondre à la dernière question de Jonas. « Tu sais, les problèmes que j’ai pu avoir, c’était surtout en rapport avec des affaires. Je suppose que ça doit être comme pour ton père, on s’attire les ennuis des personnes sur qui on travaille. »

Jusqu’à présent elle n’avait jamais eu à s’en prendre à un Super. Ok, elle s’était retrouvé dans des situations à la noix qui impliquaient des personnes avec des pouvoirs mais, comme c’était aussi une personne avec des capacités qui l’aidait à s’en sortir à chaque fois… Difficile d’avoir un avis tranché. Le fait de ne pas avoir répondu sur son arrivée à Star City pouvait en dire long mais, vu le nombre de questions, elle s’était surtout dit que ça passerait inaperçu.

« Mais, si tu travailles avec ton père, tu n’as pas trop d’ennuis du coup ? » Charlie ou l’art et la manière de s’inquiéter un peu pour le monde entier. Navrant ! « En tout cas je trouve ça bien d’essayer d’ouvrir le journal à tout le monde. Mais ça ne doit pas être évident, les gens ont parfois des idées assez arrêtées. » Hein, Monsieur je suis contre tous les Super ?! « Sans parler de leur vision sur les gens qui ont les moyens. » Hein, Madame L’avocate qui ne supporte pas les riches… En général ! « Ça se passe comment ? Tu vas rencontrer les gens, ou du fait, euh, un genre de campagne publicitaire ? »

Ben forcément, s’il essayait de convaincre des gens en restant derrière son bureau, ça avait, tout de suite, beaucoup moins de charme que s’il se bougeait vraiment en personne.
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Message posté : Mer 18 Déc - 14:02 Message
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Charlie restait quelqu'un de logique et de franc, elle admettait que la célébrité avait des bons côtés, même si elle ne la recherchait pas forcément. Combien de fois avait-il croisé des anonymes qui rêvaient de devenir célèbres et qui prétendaient le contraire par pure fierté ? L'américain appréciait beaucoup la franchise dont la jeune femme faisait preuve, estimant que ça lui ouvrirait bien des portes – et que ça pourrait être intéressant et utile pour le CODE ! Lui-même prétendait faire preuve d'une grande honnêteté, même si en fin de compte il aurait encore beaucoup à apprendre de son interlocutrice. La référence aux « journaux » qui pourraient s'intéresser à la vie de Charlie ne manquèrent pas de faire sourire Jonas. Pour le coup, il savait de quoi elle parlait ! Même s'il restait d'un moindre intérêt aux yeux de ces magazines comparé à d'autres personnes de son âge, il avait aussi eu à s'en méfier – c'était d'autant plus vrai lorsque vous étiez lié à un journal comme le Daily Herald. Malheureusement pour la jolie blonde, elle n'était pas au bout de ses peines et ce n'était que le début d'une longue série ! Jonas la regarda quelques instants en réfléchissant en silence alors qu'elle enchaînait sur une nouvelle série de questions qui le poussa à répondre et à reporter à plus tard ce qu'il avait en tête.

« Je n'ai jamais eu d'ennuis avec des super. Je ne m'attaque pas directement à eux contrairement à mon père ou au journal. » Il prenait toujours des chemins détournés pour que rien ne puisse lui être reproché. « Et je ne crois pas représenter un intérêt assez grand pour eux. Je ne suis rien pour le Daily Herald au final, juste une potiche d'après certains. » Le ton amusé montrait qu'il s'en moquait éperdument. « Sinon, non je ne fais pas de campagne publicitaire. Je me contente d'aller dans des fêtes de quartier ou des événements de ce type, mais le Daily Herald n'y est pas mêlé. En fait je veux surtout leur faire comprendre qu'on peut être aisé et savoir vivre comme quelqu'un de normal. » Sauf qu'il rentrait dans un superbe appartement contrairement aux personnes qu'il rencontrait. « Et tu sais, le journal a déjà des idées arrêtées alors je pourrais difficilement en vouloir à ces personnes. » Il regarda Charlie. « Puis d'un autre côté, les personnes avec des moyens méritent la plupart du temps ce qu'elles ont comme réputation. Je n'ai pas fait exception. À la fac je t'avoue que je me moquais pas mal du fait que certains étudiants avaient des problèmes d'argent. » Il haussa les épaules. « J'aurais tendance à dire que l'erreur est humaine. Puis je ne vais pas te mentir, les Cooper ont aussi beaucoup à gagner en agissant comme ça, je ne le fais pas par pure bonté d'âme, même si ça joue aussi beaucoup bien sûr. »

Être aussi franc pouvait lui retomber dessus, mais d'un autre côté elle l'avait connu à la faculté alors qu'il était relativement insouciant quant aux problèmes des autres et il ne fallait pas être un génie pour comprendre que le Daily Herald gagnerait beaucoup en rameutant plus de monde. Charlie avait l'air d'être une femme qui appréciait la franchise et Jonas risquait donc le coup en se disant qu'il avait une chance de la toucher comme ça. Le chemin était relativement désert et les gens qu'ils croisaient ne portaient guère attention à eux, préférant se concentrer sur leur route ou sur leur téléphone portable.

« J'ai vu que tu avais eu quelques démêlés avec les magazines à scandales oui. Je ne veux pas te faire peur, mais tu n'es pas sortie de l'auberge, ce n'est que le début. » Il la regarda avec un sourire navré. « Il ne faut pas t'isoler complètement cela dit, sinon tu risquerais d'étouffer l'intérêt des gens et là, ça pourrait finir par retomber sur ton cabinet. Les gens se lassent rapidement de ce qu'ils ne peuvent espionner. » Secouant la tête, Jonas enchaîna. « J'aurais tendance à dire que ta situation est commune à toutes les « nouvelles célébrités » un peu comme avec les nouveaux riches. Tu as déjà quelques personnes dans ce cas-là dans tes contacts si je ne m'abuse, mais si un jour tu as besoin d'aide à ce niveau, tu pourras me faire signe. » Il en connaissait un rayon à ce propos ! « Mon père m'a bien appris comment me débrouiller avec ça, alors si ça peut servir à quelqu'un d'autre.... »

Il se contenterait de lui tendre la main, mais sans la forcer à quoi que ce soit ! Jonas espérait bien que Charlie finirait par faire appel à lui histoire qu'ils aient une bonne raison de se revoir et ce serait ensuite beaucoup plus facile de réussir à l'attirer de son côté. Vu le caractère de la texane, même si elle était particulièrement altruiste, il valait mieux y aller en douceur. L'américain ne tenait pas à s'exposer à un refus en bloc ! Ils ne devaient certainement pas tarder à approcher du fameux café, mais comme c'était Charlie qui menait la danse, Jonas lui faisait confiance. Il en profiter pour embrayer sur un sujet tout aussi intéressant à ses yeux.

« Et tes clients justement, ils sont plus du genre « époux qui veulent divorcer » ou plutôt « petite frappe qui veut éviter la prison » ? J'imagine que tu dois avoir de quoi faire dans les deux cas, les gens s'obstinent à se marier pour divorcer et Star City semble avoir un attrait particulier pour les criminels. » Il soupira légèrement. « Tu as des projets pour ton cabinet 'ailleurs, ou tu te laisses un peu porter ? »

Le ton était léger, mais non moins intéressé.
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Message posté : Mer 18 Déc - 19:21 Message
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En bonne avocate, Charlie avait tendance à accrocher un peu sur les mots employés. Ainsi, Jonas disait ne pas s’attaquer directement aux Super, laissant penser qu’il le faisait de manière indirecte. Qu’il n’apprécie pas les Super devait avoir une certaine logique, après tout, pour travailler avec son père, il devait bien avoir une vision commune. Ce qu’elle ignorait c’était s’il faisait une généralité ou s’il avait un discours plus ouvert. Elle avait tendance à pencher vers la deuxième hypothèse quand il admit que le journal avait aussi des idées arrêtées. La situation avait quelque chose d’ironique – même si elle l’ignorait – parce qu’elle le trouvait particulièrement sincère, n’hésitant pas à s’avouer en faute, ou même au gain que pouvait avoir le journal avec ses actions. Charlie avait beau avoir des envies d’idéalisme, elle restait consciente que chaque personne trouvait un intérêt – plus ou moins louable – à leurs actions. Elle ne serait pas sincère en disant échapper à cette règle.

Les imperfections rendaient plus « humain », moins suspect, en ça, Jonas jouait parfaitement son jeu sans qu’elle ne puisse en avoir pleinement conscience, sans qu’elle ne s’en méfie. Au moins, il faisait l’effort de se rendre personnellement dans des endroits et, ça, c’était déjà suffisamment bien pour le noter positivement. Elle avait, en toute logique, haussé légèrement les épaules concernant la presse à scandales. Pas le genre de choses qui l’inquiétait particulièrement, si elle avait dû s’arrêter à ce que les gens pouvaient penser, elle serait bien mal partie dans la vie avec la famille qu’elle avait. Depuis, toute jeune, elle ne portait pas un grand intérêt aux ragots. Cela dit, Jonas disait exactement la même chose que Chase sur la meilleure manière d’agir – ou de ne pas agir, plus exactement. Elle afficha un sourire remerciant à la proposition qui lui était faite.

« Il y a bien quelqu’un qui a essayé de me dire ce qui convenait de faire, ou de ne pas faire mais… » D’une moue un peu navrée, elle fut bien forcée d’admettre une réalité. « Il semblerait que je ne sois pas une très bonne élève dans ce genre de chose. » Ce n’était pas son univers et, elle pouvait se montrer particulièrement butée quand elle le voulait. « Je ne sais pas mais, je crois que je ne suis pas faite pour tout ça et, des fois, laisser l’intérêt retomber me semble être une bonne idée. » Elle haussa les épaules, désolée. Charlie se disait que, même sans être connue, elle aurait toujours des dossiers qui lui arriveront. Les personnes avec peu de moyens n’avaient pas tellement d’option, ce qui était bien triste à dire. « Comme le fait que, logiquement, je devrais m’investir pour une cause et tout ça mais, franchement, je ne vois pas en quoi mes opinions sur un sujet peuvent regarder les gens, ni même ce que ça peut apporter. » NG lui avait dit de trouver un truc dans quoi s’investir, que ça faisait toujours bien mais, elle s’en foutait un peu de faire « bien ». « Je note tout de même la proposition. Merci. »

Peut-être qu’il était temps pour elle de vraiment s’occuper de ce côté « médiatique », du coup la proposition d’aide était toujours une bonne chose. Elle irait sûrement demander conseil à Chase, dont elle était bien plus proche mais deux avis valaient mieux qu’un. Bifurquant dans une rue, pas plus fréquentée que la première, elle prit juste une seconde ou deux avant de répondre à ses questions sur le boulot qu’elle faisait.

« Plutôt petit frappe qui veut éviter la prison. » Pas toujours si « petites » que ça d’ailleurs, à en juger par l’affaire du juge qui lui avait valu pas mal de soucis, et une rencontre musclée avec une table basse en verre. « Ça va peut-être faire prétentieux mais, les histoires de divorces peuvent être laissé à tout le monde. » Ou aux avocats commis d’office. Loin d’être réellement prétentieuse, c’était juste une envie d’essayer de servir vraiment à quelque chose qu’elle choisissait ses dossiers. Des cas de divorces ou des affaires trop « simple », elle avait tendance à les écarter. « Disons que de manière générale, on cible sur des personnes à qui ont trouvent des circonstances atténuantes, ou qu’on pense innocent. Ou alors les personnes qui vont avoir des problèmes avec une grosse institution avec largement les moyens d’enfoncer quelqu’un qui n’a pas la même défense. » Ce qui expliquait comment elle avait pu se retrouver dans un bureau de la Rhodes, ou même de Veidt. Affaires qui, de toute façon n’avaient pas vu le jour publiquement. « Et, pour le moment, on s’organise surtout. A terme, l’idée serait d’avoir des avocats spécialisés dans des domaines précis histoire d’être plus efficace. »

Et, accessoirement s’attaquer à plus gros au fur et à mesure, tout en gardant à l’esprit de défendre ceux qui n’en auraient pas les moyens, sans afficher des prix exorbitants. Charlie voulait s’entourer de personne aimant leur métier pour ce qu’il était et non pas pour l’argent que ça pouvait rapporter. Elle désigna une enseigne pour l’informer que le café était là et entra avec lui, où une serveuse les installa rapidement. L’endroit n’avait rien d’exceptionnel mais, il était agréable et avait l’avantage d’être tranquille, en plus d’avoir des tables assez espacées pour ne pas faire partager une conversation avec tous les autres clients. Commandant un café – elle finirait droguée à la caféine – elle laissa Jonas passer sa commande et la serveuse repartir pour reprendre sur lui.

« Je trouve ça bien que tu te déplaces en personne. Ça a souvent plus d’impact qu’en restant derrière un bureau. » Elle laissa passer un sourire. « Je ne sais pas si ça peut te rassurer mais, il y avait des gens bien pire que toi à la Fac. » ou moins intelligent pour se la jouer plus finement. Mais les abrutis prétentieux, avec des moyens importants, ce n’était pas ce qui manquait dans une école de droit. « Ça se passe comment tes sorties avec les gens ? Ils ne sont pas trop obtus sur leurs positions ? » Elle se disait que de voir débarquer un « riche » ne devait pas toujours attirer la sympathie. « D’ailleurs, je voulais te demander. Tu as parlé des idées arrêtées du Daily Herald mais, tu es assez d’accord avec ou tu essayes aussi de faire bouger un peu les choses de ce côté ? » Pas d’arrière-pensée dans sa question, ni même une envie de le juger par la suite. Elle s’intéressait juste à sa façon de voir les choses.
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Message posté : Mer 18 Déc - 23:15 Message
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Lorsque la jeune femme lui parla de « quelqu'un » pour la conseiller sur les choses à faire ou ne pas faire, Jonas pensa aussitôt à Chase Neutron-Grey. Apparemment il était plus proche de la jeune femme qu'il ne l'avait espéré, c'était certainement mauvais signe pour la suite de leur discussion. La jolie blonde n’accepterait jamais de rejoindre le CODE si elle avait des amis concernés par le « problème super », surtout que la rumeur disait que ce Neutron-Grey avait les mêmes tendances que Johnny West qui avait été clairement descendu par le Daily Herald pour son homosexualité. Même si Jonas avait eu des paroles plus édulcorées, il restait dans la même optique. Il ne baissa toutefois pas les bras et resta concentré sur son idée principale, hochant la tête alors qu'elle expliquait ne pas être faite pour la célébrité et toutes ces choses. Malheureusement pour elle, elle était en plein dedans et il faudrait faire avec ! Sa dernière remarque ne manqua pas de faire rire, légèrement, Jonas. Mais elle enchaîna bien rapidement sur la suite pour lui faire savoir qu'elle avait des clients qui entraient principalement dans le rôle de la petite frappe. Des affaires qui pouvaient apparaître dans les colonnes du Daily Herald en somme.

Quant au fait qu'elle laisse les divorces à d'autres... Quoi de plus normal ? Ce serait comme de boire un excellent vin avec un repas acheté au mac Donald du coin.... un gâchis ! En tous les cas, elle avait l'air bien organisée et son cabinet risquait certainement de devenir le plus en vue de Star City si les choses se passaient aussi bien qu'elle le prévoyait. Jonas lui souhaitait, même s'il était d'une nature pessimiste, le trentenaire appréciait assez la texane et elle méritait largement de réussir dans la vie.

Ils arrivèrent finalement devant le café et entrèrent avant d'être accueillis par une serveuse qui s'empressa de les installer. Le regard clair de Jonas se promena sur les environs, machinalement, autant pour vérifier s'il ne connaissait personne que pour s'assurer qu'ils ne risquaient pas d'être écoutés. Même s'ils n'avaient rien à dire de top secret cela dit.... Charlie commanda un café et l'américain l'imita, agrémentant sa commande d'un sourire à l'attention de la serveuse avant de reporter son regard sur l'avocate. Cette dernière reprit la parole pour aborder un sujet qui le concernait à nouveau. Apparemment elle était pas mal intéressée par ses sorties destinées à rencontrer le public, signe évident qu'elle y était sensible. Peut-être qu'il fallait jouer sur ce plan ? Jonas resta silencieux comme elle terminait sur une question qui demandait réflexion. Il détourna son regard de Charlie comme pour réfléchir alors qu'en réalité, sa réponse était déjà toute prête.

« Et bien.... ça dépend.... Tu sais, j'ai été élevé dans ces idées et même si j'ai fini par me faire les miennes, j'en ai beaucoup gardé de mon père. » Il fronça légèrement les sourcils. « Je crois les mêmes choses que lui, mais de manière moins extrémiste. Par exemple, je ne pense pas que tous les super soient mauvais. Je pense simplement que la plupart n'agissent pas comme ils le devraient. Cela dit, ce n'est pas pour autant que je vais détester quelqu'un s'il se présente comme un super. » Son expression redevint neutre. « Par contre en ce qui concerne la préservation de la vie privée, je crois que je suis pire que mon père. Lui se moque pas mal de ce que les autres pensent de lui, moi ça me rend malade de voir ce qu'on peut dire sur ma famille. Pas sur moi cela dit, je m'en moque un peu. » Cela le poussa à repenser à ce qu'elle avait dit sur sa célébrité. « Il y aura toujours des détracteurs. Ils te reprocheront de porter du vert parce que ça veut dire que tu es pro-Irlandais ou que c'est censé porter la poisse. Ils cherchent le moindre prétexte pour critiquer et si tu as un comportement exemplaire à côté... et bien il chicaneront sur ces détails. » Il haussa les épaules. « C’est inévitable, il faut simplement savoir prendre ça au second degré et ne pas se laisser toucher. »

Dit de la sorte, ça avait l'air extrêmement facile, mais en réalité c'était bien plus compliqué. Même après des années à vivre dans ce milieu, Jonas avait toujours du mal lorsqu'il voyait des critiques apparaître dans la presse au sujet de son géniteur ou des éventuelles bêtises que sa sœur cadette pouvait faire dans les soirées. Sauf qu'il devait montrer une image parfaitement en accord avec sa position de « gentil riche » et qu'il ne pouvait donc pas pester contre ces critiques gratuites.

« Tout ça pour dire que les rencontres avec les gens se passent plus ou moins bien. Tout dépend des personnes qui sont là. En général ils ne savent même pas qui je suis et je me fonds dans la masse donc ça ne pose pas problème, mais depuis que quelques-uns de mes sorties sont devenues publiques, c'est un peu plus tendu. Ils pensent que j'essaye de les manipuler, mais je peux difficilement leur en vouloir. » Il haussa les épaules. « Toi aussi tu dois voir pas mal de choses, même dans ton bureau. Bien que tu as l'air d'aller sur le terrain. » Il faisait référence à l'article sur son enlèvement. « Je me demandais... toi, en tant que femme de loi. Tu penses quoi des super ? Je veux dire, la plupart ne se gênent pas pour passer outre les lois et faire les leurs. Est-ce que ça ne t'énerve pas de voir tout ça ? » Il sourit en secouant la tête. « En fait, je suis content d'avoir arrêté le droit, je n’aurais pas pu supporter ça. »

Il terminait sur une note légère pour masquer l'intérêt réel qu'il avait pour sa réponse.
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Message posté : Lun 23 Déc - 14:55 Message
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Sur le coup, quand il avait été question de revoir Jonas, Charlie s’était imaginé ces nombreuses rencontres que les gens avaient de nos jours. Hop, ils retrouvaient une connaissance de la fac sur un réseau social, se revoyaient et, finalement, se retrouvaient avec plus rien à se dire hormis le fait de se souvenir de leurs années ensemble. Ce qui aurait été fâcheux dans leur cas parce qu’il aurait été stupide de dire qu’ils avaient été proches à cette époque et, du coup, ils auraient très vite fait le tour de l’« époque fac ». Mais, plus ils avançaient, et moins elle craignait de se retrouver sans rien avoir à dire, bien au contraire.

En l’écoutant, elle pinça légèrement les lèvres, comme pour dire qu’elle comprenait qu’on puisse adhérer à des idées parce qu’on a vécu avec toute sa vie et que, en même temps, elle ne cautionnait pas tellement ce fait. Dans son petit monde parfait, tout le monde devait être capable de se faire ses propres opinions, encore plus quand la personne était consciente que ses idées lui venaient d’une éducation particulière. Mais le reste du discours, plus tempéré avait quelque chose de plus rassurant. Au moins, il n’était pas un extrémiste à vouloir juger tous les Super. Elle hocha la tête, l’air de vraiment comprendre que ça puisse l’énerver de lire des choses mauvaises sur sa famille. Elle avait la chance de ne pas voir ce genre de choses pour elle mais, elle était certaine de mal vivre les choses si elle venait à lire des critiques visant ses frères. Sur les précisions qu’il fit sur les revers de la célébrité, elle se retrouva à hausser les épaules.

« Tu sais. En fait, je ne fais vraiment pas attention à ce qui est dit à mon sujet. Du moment que ça me concerne, je… En fait, je ne sais pas comment expliquer mais, je n’ai jamais pris mal ce qu’on pouvait dire sur moi. » Pour preuve, elle avait bien laissé dire qu’elle avait une relation avec NG sans que ça ne lui pose de soucis. Charlie restait en phase avec ses choix alors, finalement, du moment qu’elle savait pourquoi elle faisait les choses, on pouvait bien dire ce qu’on voulait. « Par contre, je crois que je vivrais bien plus mal si on commence à s’attaquer à la famille ou aux personnes proches. Du coup, je comprends que tu puisses avoir du mal quand on s’en prend à ton père. »

Ce qui, pourtant, semblait inévitable quand on avait une façon qui faisait partie du décor médiatique. Ce qui l’entraina à se demander comment Jay pouvait percevoir ce qui était dit sur elle, avant de refouler cette pensée en se disant que, de toute façon, il devait s’en foutre royalement. Elle eut l’air un peu navrée d’apprendre que, parfois, ça pouvait se passer un peu difficilement pour lui mais, d’un autre côté, elle comprenait que les gens soient sceptiques. Elle était la première à avoir une vision désagréable des gens riches. Elle garda ses explications sur ce sujet, le laissant poursuivre sur des questions la concernant, avec son boulot, avec ses avis sur une question, pour finir sur une remarque de Jonas et son arrêt du droit qui la fit sourire.

« Le terrain c’est un peu obligatoire pour essayer de trouver des réponses autres que ce qui peut être dit entre quatre murs. » Surtout que les gens avaient tendance à mentir naturellement alors, pêcher des informations dehors c’était le meilleur moyen de les voir avoir un autre discours. « Mais les choses sont bien plus simples de mon côté. Comme je ne suis pas là pour essayer de leur apprendre quelque chose mais pour les aider à se sortir d’une situation, ma relation avec eux est différente de celle que tu peux avoir. » Elle leva les yeux au ciel, plus amusée qu’exaspérer. « Bon, j’ai forcément le droit à des remarques comme : « Vous ne pouvez pas comprendre, vous ne vivez pas dans mon quartier », et autres dérivés du même genre. » L’« avantage » qu’elle avait sur Jonas, c’était qu’elle pouvait se défendre sur ce point parce qu’en réalité, les quartiers pourris, elle connaissait pour y avoir vécu les 25 premières années de sa vie. « Les gens issus des classes défavorisés ont une idée très arrêtée sur les personnes qui ont les moyens, encore plus quand les personnes n’ont connu que ça. Ils sont aussi, souvent, très butés et, le truc c’est que des paroles n’ont rien de suffisant. Les actes ont plus de répercussion même si au début, c’est souvent associé au fait que la personne riche, veut juste offrir une bonne image. » Difficile de croire les gens avec de l’argent quand, de base, on avait l’impression d’être oublié par la société. « Ils partiront toujours du postulat que tu ne sais pas comment c’est la vie de leur point de vue. Multiplier les sorties, c’est avoir un peu d’expérience dans leur réalité à eux et, du coup, avoir des arguments à exposer. Ça donne un peu plus de crédibilité et c’est une manière de mieux se faire écouter aussi. »

Elle avait toujours dénigré une personne riche qui disait « regarder, je vais voir comment ça se passe dans les quartiers sensibles » alors que cette personne partait avec une armée de garde du corps, dans un coin pas si chaud que ça. Limite on avait bouclé la rue pour son passage, en sélectionnant une poignée de personne pour jouer les « figurants » et s’assurer qu’il n’y aurait aucun problème. Quoi qu’il en soit, Charlie n’avait pas de solution miracle et, Jonas faisait ce qu’il voulait des « conseils » qu’elle pouvait lui donner. Après tout, il lui en avait donné sur le mode de fonctionnement des médias, c’était un juste retour des choses de parler de ce qu’elle connaissait, à son tour.

« Pour les Super… » Elle prit le temps de réfléchir un instant, en se demandant ce qu’elle pouvait dire ou non. Jonas était quand même en lien avec un journal et, de ce fait, elle ne pouvait s’empêcher de vouloir garder une certaine réserve. « Je crois surtout qu’aider les gens c’est, avant tout, un métier. Ça demande une certaine expérience et qu’avoir des pouvoirs ne donne pas cette connaissance du terrain. Du coup, sans vouloir mal faire, ils peuvent mettre d’autres personnes en danger, en plus d’eux-mêmes. » Elle haussa les épaules. « C’est plus ce côté-là qui va me déranger plus que le fait de passer outre quelques lois. » elle avait dessiné des guillemets dans le vide, sur le mot « déranger » comme pour dire que ce n’était pas le meilleur terme qu’elle aurait pu employer. « [color=#6600FF]Mais… » Elle s’arrêta le temps que la serveuse déposait les cafés, qu’elle remercia, et reprit. « Va expliquer à des gens que, même s’ils pensent bien faire, ils ne s’y prennent pas de la bonne manière. »
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Message posté : Mar 24 Déc - 22:19 Message
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Il semblait que Charlie partageait certaines habitudes de Jonas, ou du moins c'était ce que ce dernier pensait en l'entendant dire qu'elle était totalement indifférente à ce que les journaux pouvaient dire d'elle. Lui ce n'était pas exactement ça, disons plutôt qu'il s'en moquait, mais qu'au final son père sortait de ses gongs dès qu'il voyait quelque chose de mauvais lancé sur la famille Cooper. Si le patron du Herald s'énervait, forcément ses enfants en pâtissaient, Jonas le premier. Il était donc préférable de ne pas tenter le diable dirons-nous, c'était bien pour cette raison qu'il réglementait sa vie avec autant de sérieux. L'espace d'un instant, le trentenaire songea à demander à Charlie comment sa famille prenait sa célébrité soudaine, mais il avait bien perçu que ce sujet avait l'air épineux pour elle et il préféra donc le garder pour plus tard.

Charlie embraya de toute manière sur la suite, expliquant que sa présence était toujours mieux perçue que la sienne en raison de la cause de sa venue dans le quartier et il la croyait sur parole. Lui n'était souvent perçu que comme le riche qui venait visiter le quartier des pauvres, enfin dès que les gens savaient qui il était uniquement. Avant, lorsqu'il se présentait comme un simple citoyen de Star City les choses étaient bien plus simples. Quoi qu'il en soit, il hocha la tête aux paroles pleines de sens de l'avocate et Jonas était forcé de constater que la jolie blonde savait parler et surtout penser. Elle devait être une avocate redoutable ! La manière dont elle prenait le temps de réfléchir plutôt que de sauter sur une réponse au hasard étayait d'autant plus cette thèse. Le trentenaire la regardait en silence avec une attention non feinte, intéressé par tout ce qu'elle pouvait avoir à lui dire. Ce ne fut que lorsque la serveuse approcha pour leur apporter leurs cafés que le citoyen sortit de ses pensées pour la gratifier d'un sourire comme remerciement. Après quoi, ses yeux se reportèrent sur Charlie alors qu'elle concluait sur ce qui était justement le sujet primordial des Cooper lorsqu'ils discutaient : comment faire comprendre l'évidence aux personnes butées ? Il soupira légèrement.

« C'est malheureusement mission impossible de vouloir faire comprendre ce type de choses. Enfin, je ne peux pas leur en vouloir, je suis un peu le même : j'ai du mal à me laisser convaincre par le discours des pro-super. Cela dit, je vois les choses différemment, j'appuie ma position sur des statistiques et des faits réels et non sur une quelconque admiration liée à la classe ou au talent d'une personne. » Et c'était le plus souvent ce qui motivait les fans des super-héros malheureusement pour eux. « Je veux bien croire que certains d'entre eux agissent pour faire bouger les choses, mais je ne pense pas que ce soit une bonne chose. Si on autorise un super à arrêter un voleur alors que lui-même n'avait pas le droit d'être sur place, comment refuser à un simple citoyen de faire de même ? » Il grimaça légèrement. « Je suis comme toi, c'est le fait de les voir enfreindre des lois pour faire ce qu'ils veulent qui m'embête autant. Même si c'est pour la bonne cause, ça reste contraire à ce que l'on attend de personnes bien intentionnées. »

Son ton ne s'était pas énervé, au contraire il restait toujours très posé. Seul son sourire à toute épreuve s'était envolé, signe que la discussion prenait un tour sérieux pour lui. Le regard de Jonas quitta le joli visage de l'avocate pour se promener sur les environs et essayer de vérifier qu'il n'y avait aucun visage connu dans le coin, mais ce n'était pas le cas. Il se re-concentra donc sur son interlocutrice pour reprendre toujours aussi posément.

« Ce qui m'inquiète aussi, c'est les dommages collatéraux. Dernièrement un super a voulu arrêter un cambriolage et il a brisé une vitrine pour entrer dans le bâtiment. Les débris de verre sont tombés dans la rue quelques étages plus bas et ils ont grièvement blessé les passants. Ces super ne font pas attention aux personnes à côté, enfin la plupart. En sauvant une vie, ils peuvent en mettre des dizaines d'autres en danger. » Il secoua la tête. « Sans parler que les gamins veuillent suivre leur exemple, surtout dans les quartiers défavorisés. Ils n'ont pas confiance en la police et ils veulent imiter leurs héros, sauf qu'ils se mettent en danger à côté. » Jonas marqua une pause en contemplant Charlie. « Je me trompe peut-être, mais tu venais d'un quartier un peu comme ça à Houston je crois ? Tu dois certainement voir de quoi je parle j'imagine. » Il ne l'obligeait pas à répondre si elle n'en avait pas envie. « C'est aussi un peu pour ça que j'ai envie de faire comprendre aux personnes de ces quartiers qu'il y a d'autres recours que les super pour avoir une ville en ordre. »

Histoire de laisser passer quelques secondes, Jonas attrapa le café apporté par la serveuse et en bu une gorgée. Son regard se détourna une fois de plus de Charlie de manière à ce qu'elle ne se sente pas sous pression sans raison. Finalement, la conclusion de sa réplique arriva après un bref instant.

« Tu connais quelque chose du CODE ? »

Le ton était apparemment désintéressé, pourtant il avait attendu un bon moment avant de la placer celle-là.
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Message posté : Jeu 26 Déc - 21:20 Message
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Un sucre dans son café, elle était en train de le touiller quand son regard se porta sur Jonas et la manière dont il voyait les choses. Elle trouva, d’ailleurs, assez intéressant qu’il admette être un peu buté dans le sujet était pro-mutant. Les gens qui étaient capables de voir leurs points forts, comme les points faibles, étaient rares et, il était bien plus agréable de discuter avec ce genre de personne. Elle ne lui donnait pas raison sur tout parce qu’il devait bien exister des statistiques prouvant que des gens avaient été aidés par des Super : une aide qu’ils n’auraient pas eue s’ils avaient attendu sagement la police. Mais si elle devait bien reconnaître quelque chose à Jonas – entre autres choses – c’est qu’il savait parler et expliquer les choses en donnant son point de vue. Il n’était pas dans un discours passionné, plein de mots plus hauts que les autres qui, limite, faisaient culpabiliser quand on avait une opinion différente. Certains avis ne donnaient pas envie d’en discuter parce qu’on sentait la personne incapable d’écouter une autre version ce qui n’était pas le cas de Jonas. Du moins, selon Charlie, il semblait être ouvert à la discussion et à un échange sans essayer de faire entrer un point de vue dans le crâne des gens. En ça, il était évident que Jonas devait être parfait dans son rôle… Mais, il aurait fait un bon avocat aussi, du coup.

Charlie n’en prenait pas spécialement conscience mais Jonas allait dans ce qu’elle disait, choisissant forcément des arguments qui lui parleraient. Parler des dommages collatéraux alors qu’elle avait mis en avant un manque de savoir-faire, c’était une approche parfaite, elle ne pouvait qu’être d’accord avec ça. Même parler des gamins des quartiers défavorisés était une bonne approche. Charlie avait sa tasse juste devant ses lèvres mais, elle reporta un peu la gorgée qu’elle comptait prendre pour hocher la tête, confirmant le milieu d’où elle venait. Elle n’en avait jamais fait un secret, loin de se sentir honteuse de l’endroit d’où elle venait. Bon, là où les choses étaient différentes… Disons que, dans la famille Lane, le but n’avait jamais été de chercher à défendre le quartier à coup de pouvoir mais plutôt de se démerder pour avoir de l’argent.

« Je ne dirais pas non plus que c’est mission impossible. » Elle reposa sa tasse dans un sourire avant de reprendre. « Si ces personnes indépendantes ont tellement d’impact auprès de la population, faut surtout chercher à comprendre pourquoi. Regarde, si tu prends un quartier défavorisé où la police est débordée, et encore, ça c’est quand elle prend le temps de trainer dans ce genre de quartier. » Ce qui n’était pas toujours le cas. « Les gens, dans le fond, inspirent quand même à un minimum de sécurité, surtout pour leurs enfants. Un Super qui se charge de ça, pour eux, c’est comme une sorte d’aide providentielle, ils vont forcément le défendre et adhérer à cette idée. » Une moue de réflexion passa sur son visage, pour chercher un exemple, avant de continuer. « Imagine, l’enfant de quelqu’un se fait agresser et la police est trop lente à réagir. Ce gamin se fait sauver par un Super et, bien, la mère de cet enfant ne verra pas la mise en danger des autres, tout ce qu’elle va voir c’est qu’on a sauvé son enfant. Le reste aura peu d’importance. »

Au début, Charlie avait songé à prendre pour exemple la petite sœur de Jonas mais, finalement, elle avait préféré se rabattre sur un exemple neutre. L’idée, c’était finalement d’expliquer que pour palier à la prise de risque des Super, il fallait surtout trouver la cause de leur engagement, palier au besoin que les gens avaient pour qu’ils n’aient plus à se reposer sur les Super et, à partir de là faire un travail de fond pour expliquer les dangers que pouvaient représenter des gens qui n’avaient aucune expérience du terrain. Ou, au moins, recenser les Super – ou quelque chose dans le genre – pour qu’eux aussi prennent conscience des dangers auxquels ils s’exposaient, pour eux et pour les autres.

« Expliquer aux gens qu’il existe d’autres recours, c’est une bonne chose. Mais, il faut que ces autres solutions tiennent la route. » Elle ne disait pas que ce n’était pas le cas mais… En fait, si, peut-être un peu. Elle secoua légèrement la tête dans un sourire. « Enfin, ce n’est qu’un avis parce que, je ne doute pas un instant que tu connais bien mieux ce sujet que moi. »

C’était son boulot après tout, il devait être bien plus informé qu’elle des statistiques, des problèmes liés aux Super qui n’en faisaient qu’à leur tête et ainsi de suite. Finalement, tout le discours qu’elle avait pu avoir se basait uniquement sur son propre point de vue qu’elle ne pouvait pas argumenter en matière de chiffre. Ça découlait uniquement de ce qu’elle voyait, ce qu’elle en comprenait. Alors, quand il parla du CODE, elle afficha un air un peu interrogateur en se demandant de quoi il était question. Quelle idée de choisir un acronyme qui sonnait comme un mot qu’elle pouvait utiliser souvent dans le cadre de son métier. Sa tasse entre les mains, elle se retrouva, une nouvelle fois, à secouer la tête.

« Non, c’est quoi ? » Elle préférait poser la question plutôt que de faire semblant de savoir de quoi il parlait. « Étant donné la conversation, j’imagine que ça un rapport avec les Super et leurs activités qui n’est pas, à proprement parler, très légal ? »

Des années qu’elle vivait ici et elle continuait d’en apprendre tous les jours. Ce qui devait être un peu la même chose dans toutes les grandes villes. Cela dit, elle ne montra aucun signe de désintérêt, bien au contraire, elle aimait bien comprendre les choses alors en apprendre de nouvelle était tout aussi intéressant pour elle.
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Message posté : Ven 27 Déc - 13:01 Message
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Charlie jouait l'avocate de la partie opposée. En réalité, Jonas avait déjà entendu ces arguments de très nombreuses fois. Il était étonnant de constater à quel point certaines discussions pouvaient se répéter, même avec différentes personnes. Cela dit, le fait qu'il soit face à quelqu'un qu'il savait être originaire des quartiers pauvres – même d'une autre ville – changeait véritablement la donne. Là, Jonas savait ce que les personnes habituées à voir les policiers leur tourner le dos, pouvaient penser de tout ceci. Le pire c'était certainement qu'il ne pouvait pas leur en vouloir, avant de leur faire détester les super il devait déjà être capable de proposer quelque chose en échange. Certes ils agissaient comme des barbares la plupart du temps, mais au final malgré les statistiques plutôt mauvaises qu'ils avaient – pour la majorité – ils sauvaient pas mal de vies. Plus que la police parfois. Signe qu'il comprenait ce qu'elle voulait dire, le trentenaire hocha la tête d'un air entendu. Ces arguments revenaient souvent sur la table et Jonas avait donc eu le temps de les ressasser pour trouver une riposte. Elle devait simplement être suffisamment ouverte pour ne pas braquer son interlocuteur et donner le sentiment que c'était lui qui avait la bonne réponse. Les gens aimaient davantage découvrir par eux-mêmes, le rôle de l'américain était avant tout de faire naître des questions dans leur esprit et ensuite ils se renseigneraient seuls. Le plus souvent en allant lire ce qu'ils pouvaient dans le Daily Herald. D'une pierre deux coups en somme.

« Tu as parfaitement raison. C'est bien beau de pointer du doigt les failles des super, mais au final, les gens retiennent davantage le positif. C'est clair que les policiers ne tiennent pas la route pour le moment. Il faudrait clairement améliorer tout ça avant d'espérer un changement digne de ce nom. Mais bon, au final je ne suis que le fils d'un patron de journal, je ne peux pas faire grand-chose à ce propos à l'heure actuelle. » C'était peut-être le signe qu'il prévoyait de le faire plus tard. Ou pas. « C'est d'ailleurs pour ça que je te parle du CODE, c'est un organisme effectivement lié aux super et à tout ce qu'ils peuvent faire. Certains personnages politiques de la ville y sont liés, peut-être qu'ils parviendront à faire changer ces choses qui posent encore problème justement. »

Le Daily Herald avait déjà soutenu plusieurs gouverneurs ou hommes, ou femmes, politiques qui visaient les super et leurs agissements pour le moins répréhensibles. Jonas n'avait rien d'un homme politique et ne voulait pas vraiment se mêler à tout ceci de manière aussi directe, ce serait comme de perdre sa neutralité et sa liberté de paroles. À l'heure actuelle, le trentenaire pouvait se permettre quelques « folies » dans ses discours tandis que s'il entrait en politique, les choses seraient bien plus strictes. C'était bien pour cette raison que le CODE soutenait ces individus, même si ce n'était pas de manière forcément très visible à chaque fois.

« Le CODE c'est, je cite, les « Citoyens pour l'Ordre la Décence et l’Éthique ». Ça fait un peu pompeux dit comme ça je l'admets volontiers, mais en somme si tu veux, c'est un regroupement de citoyens qui pensent que les super ont, à l'heure actuelle, une place trop importante dans la société. » Son regard ne quittait que rarement le visage de Charlie et plus précisément, son regard à elle. « Attention, je ne parle pas de personnes qui veulent les faire disparaître, on estime simplement que le public leur accorde trop facilement leur confiance. C'est dangereux. Pour moi, ils ne restent pas différents d'une personne armée. » Il haussa les épaules. « Imagine par exemple, un mentaliste. Tu parles avec lui, mais au final tu ne sais pas si c'est toi qui penses ce qui passe dans ton esprit ou si c'est lui qui t'implante ses idées. Il peut entrer dans ton esprit, violer tes pensées, c'est une chose que même un homme armé ne pourra jamais faire. La loi dit qu'ils n'ont pas le droit, mais qui peut prouver qu'ils ne le font pas ? »

L'exemple choisit n'était pas anodin, Jonas savait très bien que la jeune femme était « amie » avec un mentaliste reconnu et réputé. Bien sûr il jouissait d'une réputation immaculée, mais ce n'était pas pour autant qu'il en serait toujours ainsi. Son ton léger laissait penser qu'il parlait de manière totalement neutre, mais Charlie se douterait certainement qu'il y avait anguille sous roche. Sa main tenant le café plus par réflexe que pour autre chose, Jonas conclut.

« Le but du CODE n'est pas de faire la chasse aux sorcières en traquant tous les mutés ou les super, c'est simplement des citoyens désireux d'offrir une vie convenable à leurs enfants et à leurs proches. La plupart ne sont que des parents ou des grands-parents qui n'ont jamais quitté leur quartier, ils ne supportent simplement plus la situation. » Il marqua une brève pause. « C'est bien de sécurité qu'il est question, tout ce qu'ils veulent au fond, c'est d'avoir plus de sécurité et des comportements dignes de confiance au même titre que les militaires ou les policiers doivent suivre des règles strictes. » Il sonda le regard de Charlie. « Comment tu réagirais si un avocat mentaliste fouillait l'esprit de ton client pour y trouver une chose à lui reprocher et l'utilisait sans expliquer d'où il sait ça ? Ça t'est peut-être même déjà arrivé sans que tu ne le saches. »

Difficile d'être réellement sûr d'une personne capable de lire vos pensées sans que vous ne le sachiez. Enfin, ça c'était l'avis de Jonas, peut-être que celui de Charlie serait totalement différent ?
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Message posté : Sam 28 Déc - 2:50 Message
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Sa façon d’être passé du fait qu’il ne pouvait pas faire grand-chose avec son statut – et elle doutait du fait qu’il soit complètement sans ressources sur ce point – pour enchainer sur le CODE, la laissa penser que c’était surtout un regroupement permettant de se voir offrir plus de poids dans une cause. Elle plissa légèrement les yeux en se demandant comment elle faisait pour passer à côté d’informations de ce genre – surtout si certains politiciens étaient liés à cet organisme – et, deux, si Jonas était « membre » ou non du CODE. Une dernière interrogation qui était assez difficile à définir étant donné que Jonas alternait entre le « ils », comme s’il n’en faisait pas partie et le « on » qui semblait dire le contraire.

Franchement, Citoyens pour l'Ordre, la Décence et l’Éthique, ce n’était pas seulement pompeux, ça faisait presque extrémiste comme nom. Sûrement à cause du mot « ordre », elle ne savait pas trop. Cela dit, elle écouta la manière dont il décrivait le CODE, en essayant de ne pas se faire une idée arrêtée, juste à cause d’un nom choisi. Sur le principe, ils étaient d’accord, les Super pouvaient être dangereux sans même le vouloir, bien que sa vision des choses était probablement plus soft que celle de Jonas. Elle reposa sa tasse quand il prit l’exemple du mentalisme et, elle ne pensa pas une seule seconde que cet exemple avait été choisi au hasard. Difficile pour elle d’avoir un avis neutre sur la question, si des personnes dans son entourage s’étaient interrogées sur l’influence de Chase, de son côté elle n’avait jamais douté du fait qu’il ne lui avait rien imposé.

Elle était peut-être un peu plus susceptible à ce propos parce qu’elle avait l’impression de toujours devoir se justifier sur les intentions de Chase. Elle savait très bien, dans le fond, que ce n’était pas le but de la manœuvre de Jonas – du moins, elle ne le percevait pas de cette manière – mais viser les mentalistes était un peu facile parce qu’il était difficile de prouver quoi que ce soit. Si elle n’en tenait pas rigueur à Jonas, il était possible, en étant attentif, de déceler une infime contrariété chez l’avocate. Cachant cet état en buvant une nouvelle gorgée de café, elle le laissa conclure pour finir sur une question qui demandait forcément un moment de réflexion de la part de Charlie. Annoncer fièrement que c’était impossible parce que la loi l’interdisait était faire preuve d’une naïveté dont, elle-même, n’était pas capable à ce point. Pour dire ! Elle reposa sa tasse, en prenant un petit moment, plongée dans ses réflexions avant de redresser la tête pour lui répondre.

« Tu sais, on doit quand même justifier un minimum de nos preuves. » Piètre excuse, elle le savait très bien et il était visible sur son visage qu’elle ne trouvait pas l’argument percutant. Elle soupira. « Évidemment que je ne vais pas trouver cette situation « juste » ni même très loyale et que ça va m’ennuyer. » ça ne servait à rien d’être complètement bornée devant une évidence. « Le problème c’est qu’aujourd’hui, on reste incapable de prévoir ce genre de chose. Ni de les contrer. » A moins de mettre un télépathe dans les tribunaux pour qu’il puisse sonder la manière dont les avocats ont eu une information. « Et puis, il n’y a pas que les télépathe qui sont capables de manipuler les gens. Il existe des citoyens qui, sans pouvoirs, sont tout aussi aptes à faire croire un peu ce qu’ils veulent pour parvenir à leurs fins. »

Ah, et ça, elle en savait quelque chose. Non, en fait, elle n’en savait rien, c’était bien là tout le problème. Mais, dans les faits, elle n’avait pas eu besoin qu’on lui trifouille l’esprit pour se laisser embobiner par certaines personnes. Cela dit, elle avait croisé assez de menteurs et plaider sur assez d’arnaques pour savoir que les mentalistes n’étaient pas les seuls à pouvoirs faire des dégâts. Elle secoua légèrement la tête.

« Enfin, dans les faits, je suis d’accord avec toi. C’est seulement que les gens ont tendance à faire une généralité et que, sur ce point-là, je ne suis pas d’accord. Pouvoir ou non, il y aura toujours des personnes capables de se servir de ce qu’ils sont capables de faire dans un mauvais but. » Pour ça qu’elle était avocate, pour faire du cas par cas – enfin, pas que pour ça – si elle avait eu envie de généralité, elle travaillerait à essayer d’élaborer des lois. « Et, du coup, comment agit le CODE ? Je suppose que ce n’est pas seulement un regroupement de personne qui se retrouve autour d’une tasse de café pour faire un exposé de ce qui s’est passé dans la semaine ? » Il n’y avait aucune critique dans sa façon de parler, au contraire, elle semblait même chercher à se renseigner sérieusement histoire de comprendre un peu mieux de quoi il s’agissait. « D’ailleurs, je ne suis pas certaine d’avoir compris. Tu fais partie du CODE ou pas ? »

Là non plus, il n’y avait pas le moindre de trace de jugement dans sa question. Elle n’avait pas réussi à déterminer ce point et avait fini par se dire que le mieux était encore de poser la question plutôt que de supposer une mauvaise chose.
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Message posté : Sam 28 Déc - 15:12 Message
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En observant Charlie, Jonas constata bien qu'elle semblait soit hésitante, soit contrariée par quelque chose. Certainement son discours à propos des mentalistes, elle n'était pas idiote et se doutait qu'il n'avait pas choisi cet exemple au hasard. C'était un peu une règle lorsque vous n'aviez que vos mots pour argumenter : toucher des sujets qui concernaient directement la personne avec qui vous parliez. Si Charlie avait eu une sœur jumelle, il aurait appuyé sur ce point. Le tout était de le faire de manière suffisamment subtile pour que l'autre ne remarque rien, mais là tout dépendait de l'individu avec qui vous parliez. Certains se laissaient berner par un simple sourire, d'autres – comme Charlie – demandaient beaucoup plus d'attention. Le trentenaire resta silencieux en la contemplant alors qu'elle prenait quelques instants pour lui répondre, il attrapa finalement le café histoire de s'occuper les mains tandis que la jeune femme argumentait. Oh, il savait bien que les avocats devaient justifier la manière dont ils trouvaient des preuves, c'était la première chose que vous appreniez à la fac. Mais cela n'empêchait personne de trouver un début de piste et de demander à ses hommes de fouiller dans cette direction. Si vous lisiez par exemple qu'il avait caché son butin sous une latte de son parquet, il suffisait de faire fouiller à cet endroit en justifiant ça par un coup de chance. Même la jeune femme n'avait pas l'air de croire elle-même à ce qu'elle disait et l'américain la laissa donc continuer, plutôt satisfait de savoir qu'elle admettait volontiers qu'elle serait contrariée de devoir combattre une telle chose.

Le silence s'éternisait comme Charlie reprenait après avoir secoué la tête, parlant de généralités et d'arguments parfaitement valables. Il aurait été bien incapable de la contredire alors que lui-même détestait les super uniquement parce qu'ils en étaient – même s'il s'en défendait. Le tout était de trouver des arguments sérieux qui ne pouvaient pas être balayés d'un geste de la main comme c'était souvent le cas. La discussion glissa d'ailleurs sur le sujet du CODE qui avait apparemment interpellé la jeune femme et elle lui posa une question franche à laquelle Jonas rétorqua avec tout autant de franchise – un sourire aux lèvres.

« Oui, j'en fais partie. » Il ne s'en cachait pas de toute manière. « Mais détrompe-toi, le CODE n'est rien de plus qu'un regroupement de personnes qui veulent voir les choses avancer. Je te l'ai dit : il y a une majorité de parents et de simples citoyens qui veulent protéger leurs enfants. Oh, bien sûr il y a quelques hommes politiques qui mènent des actions de plus grande envergure, mais dans l'ensemble c'est un peu la même chose qu'une association de quartier. À plus grande échelle bien entendu. » D'où le fait qu'elle n'en avait peut-être jamais entendu parler. « Ce n'est pas un groupe terroriste ou qui va aller faire des actions de ce genre, le maximum que tu pourras voir d'eux, c'est une manifestation. » Il marqua une pause. « Je parle « d'eux » parce que je ne participe pas à ce genre d'actions. Je leur apporte mon soutien en tant que membre du CODE, mais mes actions restent celles liées au Daily Herald. »

Pour Charlie ce serait peut-être la même chose, mais pour Jonas, la différence était plus qu'évidente. Vu la manière dont Charlie présentait les choses, le trentenaire avait du mal à envisager qu'elle puisse épouser les idéaux du CODE, mais cela n'excluait pas qu'elle puisse y apporter sa contribution cela dit. Bien décidé à jouer sur un plan plus subtil, l'américain aborda un sujet bien précis.

« Mais tu as raison. Les super ne sont pas les seuls à être dangereux, c'est pour ça que je ne généralise pas. Que les choses soient claires, je me méfie autant d'un homme armé que d'un super. Qu'il soit humain n'y changera rien, ce qui me gêne c'est le fait qu'un super ne pourra jamais – ou difficilement – se séparer de ce qui fait de lui une arme. » Il haussa légèrement les épaules. « S'il existait des sortes de bridages qui puissent être l'équivalent des portiques de sécurité pour repérer les armes, je serais beaucoup plus tranquille. » Son regard sonda celui de Charlie. « Et tu vois, la différence entre un mentaliste et un manipulateur, c'est que le deuxième ne pourra jamais t'imposer sa volonté sauf si tu te laisses toi-même avoir. Un mentaliste pourra te persuader que tu es une danseuse étoile et que postules pour le Lac des Cygnes, tu ne pourras rien faire contre. Ce n'est pas la même chose à mon sens. » Il laissa passer une légère moue. « La seule chose qui me dérange vraiment, c'est que malgré toutes les règles de sécurité qui existent, les super seront toujours au-dessus. À moins d'implanter des puces qui neutralisent les incursions mentales à tous les nouveaux-nés, les mentalistes seront par exemple toujours capables de faire ce qu'ils veulent de nous. Mais ça marche pour tous les super, pas seulement eux. Disons simplement qu'ils sont les plus discrets et par conséquent, les plus dangereux. »

La discussion était animée et ne manquait pas d'intérêt, ce qui poussa Jonas à aiguiller Charlie sur le point qui l'intéressait juste avant. Toujours en souriant, il reprit d'un ton léger.

« Tu sais, cette discussion avec toi est bien plus instructive que toutes les autres que j'ai eu depuis plusieurs semaines. Tu as une vision des choses relativement intéressante, je pense que tu as beaucoup à apporter. Peut-être que si tu rencontrais quelques membres du CODE, tu leur permettrais d'avoir une autre vision de la situation ? » Il leva la main pour la rassurer. « Je ne te demande pas d'y postuler, mais à force de parler entre détracteurs des super, certains ne voient plus que ça. Quelqu'un avec une vision nouvelle pourrait leur permettre d’édulcorer leurs discours, voire de changer d'avis qui sait. »

Comme ça si elle refusait, Charlie serait obligée de se dire qu'elle avait raté l'occasion de permettre à des individus d'élargir leur champ de vision. Ce serait le moment idéal pour voir si les mentalistes étaient réellement avantagés par rapport aux simples manipulateurs.
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Le souvenir est un poète, n'en fais pas un historien ▬ Charlie

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