AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

USS Lincoln

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Message posté : Dim 8 Déc 2013 - 19:17 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
8 décembre 2013

Un silence de plomb s’était finalement abattu sur le pont principal de l’USS Lincoln, au poste de commande. Le capitaine Abberson regardait l’homme qui pointait sur lui un revolver. Droit dans les yeux. Lentement, le terroriste articula :

— Ouvrez. La cale. 365.
— Non.

C’était la troisième fois que le capitaine donnait cette réponse, toujours identique, calmement cinglante, et c’était la troisième fois que sur la gâchette du revolver, l’index du terroriste appuyait un tout petit plus.

— Je compte jusqu’à trois.

Un.



Deux.



Trois.


Le coup de feu retentit sur le pont. La casquette du capitaine se teinta de rouge, puis son corps s’effondra sur le sol métallique. Le chef du commando se retourna vers son équipe.

— Faites moi exploser les portes de cette cale. Je veux qu’on soit parti dans trois heures.

Quelque part sur l’USS Lincoln, le quartier-maître Weschler manipulait de ses doigts fébriles une petite radio, terré dans une chambre froide.

— Ici le quartier-maître Weschler de l’USS Lincoln. Nous avons été abordé par des hommes armés. Je répète. Nous avons été abordé par des hommes armés. Notre position est…

La radio crépita. Le quartier-maître la secoua. Mais c’était inutile : la batterie était vide. Au large de Molakai, l’USS Lincoln était désormais coupé du monde. Mais sur l’île, une vieille femme, ancienne secrétaire à l’UNISON, qui était venu coulé les jours heureux de sa retraite, avait abandonné aussi rapidement que ses articulations arthritiques le lui permettaient son poste de radio naval, souvenir de son défunt époux, et s’était précipitée sur son téléphone. Elle essayait désormais de se souvenir du numéro des Quartiers Généraux, à Star City.

***

— Chef ?
— Hmm ?

Chase releva les yeux du dernier numéro de Quantic Studies.

— Qu’est-ce que c’est qu’un dispositif d’inversion multiscalaire automatisé ?

Dans l’avion militaire qui ramenait Chase, Oliver, Ada et Adèle de leur mission d’exploration sur une île volcanique du Pacifique, où ils avaient découvert, selon Chase, de fort intéressants résidus xénogéologique et, selon les jumelles, de vieux cailloux sans intérêt, la vie suivait son cours : Ada tentait de comprendre les derniers rapports produits par les scientifiques de l’équipe, Adèle essayait d’améliorer ses records à Mario Kart et Oliver, comme toujours, pilotait.

Le mentaliste s’embarqua dans une explication pour le moins obscure et tout ce qu’Ada comprit, c’était que le dispositif en question avait quelque chose avoir avec les soudaines redistributions d’énergie nécessaires dans une super-armure et qu’on pouvait sans doute l’appliquer pour la gestion des armements énergétiques sur les vaisseaux spatiaux — quand ils existeraient vraiment, bien entendu. Pour les jumelles, les projets de la DSS et d’Argos étaient toujours un peu lointains et un peu abstraits. Mais le travail était intéressant. Et il payait bien.

Dans le haut-parleur, la voix d’Oliver se fit entendre.

— Chef ? On a reçu une transmission de la base.

« La base ». L’ancien pilote de l’Air Force ne s’était toujours pas défait de son vocabulaire militaire. Chase déboucla sa ceinture, traversa tant bien que mal l’avion malgré les turbulences et se glissa dans le cockpit, pour attraper le casque qui lui tendait Oliver.

— Argos Leader à Argos Control, j’écoute.
— Argos Control. La DDS a une cargaison sensible dans un navire en détresse, près de votre position.
— Quel genre de cargaisons ?
— Un avion militaire. Transporté par l’USS Lincoln. Le vaisseau a été capturé par des terroristes.

Oliver et Chase échangèrent un regard.

— Des détails ?
— Toutes les communications rompues. Juste une position approximative.

Il y eut un moment de silence. Chase réfléchissait. Il avait beau avoir quitté l’UNISON, il ne reculait pas devant le danger quand il se présentait sur sa route et, tout criminel qu’il fût, il n’en demeurait pas moins un super-héros — existence paradoxale et contradictoire que la sienne, sans aucun doute. Les intérêts de la DDS, ceux des États-Unis, la perspective d’un peu d’action…

— OK. On va voir ça. Transmets les informations à Bird. Argos Leader, terminé.

Oliver alias Bird afficha un sourire ravi tandis que Chase se débarrassait de son casque, pour regagner la soute où les jumelles se disputaient à propos de la meilleure moto à choisir.

— Bon, les filles, changement de plan.

Elles relevèrent aussitôt les yeux.

— On va se lancer à l’abordage d’un navire militaire capturé par des terroristes.
— Trop…
— …cool !
— On ne sait pas combien ils sont ni ce qu’ils veulent.
— Trop…
— …cool !
— Ce sera probablement très, très dangereux.
— Trop…
— …cool !

Les jumelles commencèrent à se disputer sur la répartition des armes alors que l’avion entamait un virage serré.

***

À bord de l’USS Lincoln, les choses n’allaient pas fort. Elles n’allaient pas fort pour les soldats étasuniens, ligotés et jetés en fond de cale. Elles n’allaient pas faire non plus pour l’équipe des terroristes. Ils avaient beau être très nombreux, les portes de la cale spéciale qui abritait le prototype aéronautique résistaient à tous leurs efforts. Le délai de trois heures était depuis longtemps écoulé et, pour eux, les choses n’allaient pas tarder à se compliquer d’avantage.

Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 10 Déc 2013 - 16:01 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Assise devant un ordinateur, quelque part parmi les laboratoires de la base de l’UNISON à Star High, c’est une Dana concentrée aux sourcils froncés qui s’y trouvent. Travaillant sur un dossier, elle a l’impression qu’elle ne fait que lire et relire les mêmes informations, ce qui l’embête. Comme si rien ne venait éclairer le mystère qui se trouve sous ses prunelles océan. N’ayant pas la chance de se pencher un peu plus sur la question, elle entend son téléphone sonner non loin d’elle. Poussant un profond soupire, elle décroche. « Agente d’élite Néréide » affirme-t-elle tout en répondant à l’appel. Elle a peut-être laisser tomber sa carrière de super-héros prometteuse pour une vie un peu plus ranger au sein de l’UNISON, il n’en reste pas moins qu’elle a refusé de laisser tomber ce surnom qu’elle s’était trouvée lors de son intégration à la team Alpha, à Star High. Écoutant la voix de son supérieur, elle répond quelques fois par l’affirmative, pour finalement lui signifier qu’elle avait compris et qu’elle arrivait dans les minutes qui suivaient. Quittant le laboratoire informatique – soulagé d’avoir autre chose à faire que de se perdre dans un dossier mystère qui l’embêtait – elle se rendit rapidement au garage, de sa démarche droite et confiante. C’était là-bas que devait arriver son escouade. Elle fit cependant un arrêt pour aller se changer de tenue, au vu de la mission qui allait se dérouler. Une tenue sobre, d’un bleu sombre, particulièrement moulante – et ainsi favoriser la nage sous l’eau – et surtout, en lycra, ce qui était parfait pour la demoiselle. Au vu de ses capacités, l’enquête qu’elle allait devoir faire était toute disposée pour l’Atlante. Atteignant finalement le garage, lieu de rendez-vous, elle attacha ses cheveux en queue de cheval, histoire d’éviter que ceux-ci ne l’embêtent sous l’eau. Passant un regard sur les quelques personnes qui s’y trouvaient déjà, elle fut fort heureuse de constater qu’ils étaient tous présents.

S’approchant de son équipe, son supérieur vint la voir avec un rapport entre les mains. Maigre, mais c’est déjà ça. « Voici les positions approximatives, que je vais générer sur l'avion lorsqu’il sera en route. N’oubliez pas que nous avons très certainement affaire à des terroristes. Faites attention. » Elle prit le dossier entre ses doigts fins et le parcouru des yeux. Hochant de la tête, elle tourna finalement ses prunelles azurées vers son équipe. Quelques paroles d’usages puis l’équipe rejoignait l’avion qui allait les mener à bon port. Assise, elle analyse rapidement la situation. La demoiselle a toujours été vive d’esprit, c’est peut-être l’une des raisons pourquoi est-ce que aujourd’hui, elle a le poste d’agente d’élite au sein de l’UNISON. Finalement, elle se relève, toujours pensive. Elle s’en toujours donner corps et âme pour sa carrière, que ce soit sur le terrain ou non. Parce que si elle a renoncé à une carrière de super-héros parce qu’elle ne considérait pas avoir l’étoffe, il avait cependant été hors de question qu’elle abandonne l’idée d’user ses capacités pour venir en aide aux autres. « Lorsque nous arrivons à la hauteur des eaux internationaux, je veux que vous vous rapprochez de ceux-ci. En arrivant par le haut, vous allez faire une diversion pour que je puisse entrer dans le bateau sans problème. » Après tout, l’eau était l’élément de la princesse Atlante. Elle qui y avait vécu pendant une bonne partie de sa vie. Comme de fait, l’avion se rapproche finalement de l’eau. Assez pour qu’elle se positionne sur le bord de celui-ci et boucle une ceinture autour de sa taille, où elle y accroche son éternel Glock 17, elle adresse un dernier regard à son équipage pour ensuite sauter à l’eau dans un plongeon parfaitement contrôlé. Une fois immergée sous l’eau, elle tire sa radio de sa ceinture – elle a eu la chance d’en avoir une protégée d’une coque – qui lui servait aussi de GPS et ainsi rejoindre le navire. Nageant à grande vitesse, presque aussi vite que l’avion qui se trouvait à la surface, elle rejoint sans problème le bateau où devraient normalement se trouver quelques terroristes venus pour s’approprier l’un des meilleurs avions furtifs. Avion qui pouvait devenir plutôt dangereux, entre de mauvaises mains. Faisant le tour de la coque du bateau, elle trouva finalement l’échelle qui allait lui permettre de rejoindre le pont.

Montant rapidement, elle s’assura qu’il n’y avait personne à la surface du pont, du moins, de son côté. Elle resta accrocher à l’échelle quelques instants, envisageant les possibilités. Il y avait très certainement une patrouille, soit quelques hommes, qui devaient régulièrement faire le tour du pont pour s’assurer qu’il n’y aille aucune complication. Elle pourrait aisément reprendre sa forme aquatique, toutefois, cela signifierait d’abandonner sa combinaison et sa ceinture quelque part sur le bateau, assez bien caché pour que cela n’éveille pas les soupçons. Bien que sur le pont, une flaque d’eau ne soit pas spécialement surprenant, à la cale, ce serait un peu plus difficile. Ou alors, elle pourrait toujours passer par les conduits d’eau, mais là aussi, ce serait compliquer, niveau vestimentaire. Elle se décide finalement de monter sur le pont, avec une agilité féline dut à ses heures d’entraînement. L’Atlante tente de se déplacer le plus furtivement possible, histoire de ne pas se faire prendre, souhaitant presque que l’avion déclenche les hostilités, histoire qu’elle ait plus de liberté de mouvement. Chose qui se fait plutôt rapidement. Attirés par la forme noire qui se détache dans le ciel, c’est à sa rencontre qu’ils vont, laissant Dana souffler. C’était sans compter une autre forme, celle d’un avion très certainement, qui se dirigeait vers le bateau. Et puis quoi encore ? Elle hausse un sourcil, à savoir s’il s’agissait-là d’un problème de plus pour eux ou pas. Elle dégaine son arme, ses instincts d’agente prenant le dessus, à l’affut du moindre mouvement. À vrai dire, elle est spécialement embêtée par la peut-être nouvelle menace qui survole le bateau. Elle n’a aucune idée de qui ils sont et de ce qu’ils peuvent bien leur vouloir. Parce que, évidemment, ce ne sont très certainement pas des agents de l’UNISON. Elle s’inquiète, elle se demande si elle ne devrait pas simplement rejoindre le conduit d’eau le plus proche. Et ce, jusqu’à ce que les personnes de l’avion semble se décider à descendre et qu’elle reconnaisse aisément l’un d’entre eux. C’est un « Chase ? » plutôt surpris qui s’échappe de ses lèvres, doucement pour éviter de signaler leur présence. Ce n’est cependant pas le temps d’avoir l’air surprise et consternée. Elle a une enquête à résoudre, une mission donnée par l’UNISON qu’elle compte bien mener à bien. « Dit-moi seulement qu’on est du même côté » qu’elle demande, l’air peu sure d’elle, comme si elle craignait d’avoir l’un de ses bons amis comme ennemie. Après tout, depuis qu’il a quitté l’UNISON, bien qu’elle ait gardé contact avec lui et une bonne relation, elle ne connait évidemment pas tout de ce qui rythme sa vie depuis. Et une once de crainte semble avoir éclairé ses iris océans.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 10 Déc 2013 - 20:42 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
— On va arriver au-dessus de la zone. Comment vous descendez ?
— Par les filins.
— Et si on nous tire dessus ?
— Nous tirer dessus ?

Chase adressa un sourire tranquille à son pilote.

— Mais personne ne nous verra, voyons.

L’avion commença à ralentir et, bientôt, le bruit caractéristique des rotors qui s’inversaient se fit entendre. La première fois, Chase n’avait pas été très rassuré. Le vol stationnaire pour un appareil de cette taille ne lui paraissait guère naturel, mais il en avait vu d’autres, à l’UNISON — de loin, certes. Il n’avait de toute façon pas le loisir de se rassurer en songeant aux capacités de pilote d’Oliver : les prouesses aériennes du Californien ne lui serviraient de rien s’il ne remplissait pas sa part du contrat.

De retour dans la soute qui servait tout ensemble à entreposer le matériel et à loger les passagers, dans un confort plus que spartiate, Chase lança aux jumelles.

— Équipez moi, pendant que je couvre notre arrivée. On prend les filins.

Elles hochèrent la tête et Chase se tint debout, près de la rampe encore refermée de l’avion, les bras tendus et les yeux fermés. Au début, pour les jumelles, l’adaptation aux méthodes un peu déconcertantes de leur nouveau chef avait été délicate, mais elles avaient depuis compris que c’était lorsque Chase avait l’air de ne rien faire qu’il se montrait en réalité le plus actif.

Dans l’esprit du mentaliste, les pensées des occupants du navire militaire, en contrebas, se multipliaient. D’abord chaos anarchique, elles s’organisèrent bien vite en individualités distinctes, puis en groupes. Chase se concentra sur les terroristes, puis sur les sens des terroristes et, bientôt, l’esprit des pirates fut séparé du monde par un voile opaque. Ni la silhouette ni le bruit pourtant assourdissant de l’avion qui se maintenait au-dessus du bâtiment ne leur parvenaient : la mer conservait son calme plat, dans une quiétude presque irréelle.

Aussi concentré que possible, Chase avait fait abstraction des bourrasques qui avaient empli la soute quand la rampe s’était abaissée. Abstraction aussi de la secousse de son corps que les jumelles avaient jeté le long d’un filin. Encore une fois, les facultés de concentration qu’il avait dû développer pour rendre ses voyages dimensionnels possibles lui servaient à améliorer son efficacité dans un autre domaine. Quelques minutes plus tard, ils avaient atterri sur le pont du bateau, à la poupe, et les jumelles avaient retiré les harnachements. L’avion reprit de l’altitude avant de s’éloigner.

Ada pinça son chef. Chase rouvrit brusquement les yeux et les esprits des terroristes retrouvèrent leur liberté, tandis que les marins américains, prisonniers en cale, s’interrogeaient sur le bruit de cet avion qui s’était approché et éloigné.

— C’est bon ?
— Aucun problème.
— ‘Faut se mettre à couvert.
— Vous ne voulez pas une arme, chef ?

C’était une question rituelle à laquelle rituellement Chase répondait en secouant la tête. Dans son cas, c’était parfaitement superflu. Les trois agents parcoururent le pont au pas de course pour se dissimuler derrière une tourelle. Les jumelles avaient perdu leur excitation un peu puérile et retrouvait tout le professionnalisme qui les caractérisait, une fois sur le terrain. Adèle résuma la situation :

— Bon. Il y a probablement au moins deux points forts : dans la salle de commandement, en hauteur, et devant la cale sécurisée, où se trouve l’avion. Je connais bien ce genre de bâtiments. Ils sont au moins dix, s’ils veulent sécuriser correctement.

Elle avait jeté un regard interrogateur à Chase — le mentaliste laissa rapidement son esprit glisser à nouveau sur le navire, le temps de compter des présences désormais bien identifiées.

— Quinze. Cinq au P.C., cinq à la cale, cinq en ronde.
— Très bien. Ça ne devrait pas être compliqué, mais ils ont peut-être des ressources insoupçonnées et…
— Une seconde.

Chase fronça légèrement les sourcils.

— Nous ne sommes pas les seuls à nous être invités.

Il y avait en plus des terroristes et des militaires prisonniers quelques présences sur lesquelles il était rapidement passé, la première fois, mais qu’il sentait désormais plus clairement. L’une d’entre elle, surtout, lui était particulièrement familière.

— Ennemis ? Amis ?
— L’UNISON.

Dana, plus précisément. Chase n’avait pas besoin d’une investigation très poussée pour reconnaître son amie. La présence de la jeune femme sur le bateau ne le surprenait guère : l’UNISON était vraisemblablement l’organisation la plus indiquée pour désamorcer la situation. Le télépathe ne tarda pas à former des mots dans l’esprit de son amie — un moyen de communication bien plus efficace et plus discret que la radio.

* Bonjour, Dana. Sache que j’ai couvert notre arrivée. Et la vôtre aussi, je suppose, en passant. *

Il se doutait bien cependant que l’abordage de l’UNISON, sans illusion pour se dissimuler, avait dû être beaucoup plus discret, dès le début.

* On pourrait peut-être se retrouver à l’intérieur. Dans les quartiers du personnel. *

Le regard du mentaliste se posa sur les jumelles.

— Une idée du chemin ? Si on pouvait éviter de se le frayer à coups de mitraillette.
— Bien sûr. La discrétion, c’est tout nous.

De fait, la silhouette d’Ada était devenue peu à peu de plus en plus floue. Quelques secondes plus tard, l’ancienne militaire était parfaitement invisible. L’idéal pour qui partait en reconnaissance.

Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 13 Déc 2013 - 5:16 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Arrivée non loin du bateau, l’agente Néréide s’était jetée à l’eau pour rejoindre ledit bateau, alors que l’avion remontait dans les airs. C’était simple, ils allaient lui assurer qu’elle pouvait monter sur le pont sans encombre. C’était sans compter qu’elle serait plus rapidement sous la coque qu’au-dessus de celle-ci, l’eau ayant toujours été son élément. Pour l’Atlante, c’était là où elle se sentait le plus à l’aise. Et puis, cela allait leur permettre d’attaquer sur deux fronts. Eux par en haut et elle, elle n’aurait qu’à trouver un endroit subtile où laisser choir son équipement pour pouvoir se mouvoir dans le bateau sans encombre. C’est avec une agilité féline dut à ses longues heures d’»entraînement qu’elle monte le long de l’échelle et pose pied à terre. Elle cherche du regard un endroit où elle pourrait filer en toute discrétion pour ensuite mener la mission à bien. À savoir enquêter sur ce qu’il se passait réellement. C’était sans compter ce qu’elle semble voir s’approcher au loin, qui ne semble pas être l’avion de l’UNISON, et ce, dans un bruit assourdissant. Le pire dans tout cela, c’était que nul sur le bateau ne semblait s’en soucier, comme s’ils n’entendaient rien. Au fond, c’était peut-être mieux ainsi, cela permettrait à son équipe de descendre et de rejoindre le pont. La seule chose qui l’inquiète, c’est à savoir si les nouveaux venus sont des amis desdits terroristes – ce qui expliquerait l’absence de réaction –. Elle dégaine son arme, prête à se défendre s’il y avait une quelconque menace. Du coin de l’œil, elle observa son équipe descendre de l’avion, le long des filins, alors que celui-ci reprenait son envole pour s’éloigner. L’avantage avec les appareils de l’UNISON, c’était qu’ils étaient petits et particulièrement silencieux. Furtifs, en somme. Ce qui était génial dans des cas comme celui-ci.

Portant son attention sur les nouveaux venus, elle ne pu que reconnaître Chase. Il demeurait à savoir s’ils allaient se retrouver contre, bien qu’elle espérait de tout cœur qu’elle aurait la chance de travailler de nouveau aux côtés du mentaliste. Elle ne sursauta même pas lorsqu’elle entendit la voix du Neutron Grey dans son esprit, étant consciente de l’étendu des pouvoirs du jeune prodige. « Merci du coup de main » qu’elle pensa, en espérant qu’il soit encore dans sa tête. Non pas qu’elle apprécie qu’il puisse tout savoir sur elle en quelques instants, mais elle sait qu’il a assez de respect pour ne pas s’adonner à ce type de vices. Du moins, elle l’espère. À pas feutrer, elle s’avance, voyant les agents de son équipe se disperser sur le pont et ainsi avoir une plus grande marge de manœuvre. « Pas de problème. Je t’y rejoins. » L’un des membres de son équipe d’intervention s’approche d’elle, déjà conscient de ce qu’elle tente d’entreprendre. Grâce à l’arrivée inopinée de Chase – et ainsi d’avoir favorisé l’arriver de l’UNISON du même coup – cela avait permis à son équipe d’arriver sur le pont plus facilement et surtout plus rapidement, ce qui était un avantage non négligeable aux yeux de l’Atlante. « C’est Chase Neutron Grey » qu’elle affirme à l’agent, alors que celui-ci s’empresse de communiquer l’information par les radios, histoire de ne pas s’attaquer à eux. « Je vais cependant avoir besoin d’un peu d’aide. » Adressant un sourire entendu à l’agent, la peau de l’Atlante devient translucide pendant quelques instants pour que, finalement, son corps entier se transforme en étant liquide, à savoir de l’eau. Elle vit flou pendant quelques instants puis elle entreprit de poursuivre sa course au travers du navire et de rejoindre l’ancien UNISON au lieu de rendez-vous, s’assurant que son équipement – plutôt léger à vrai dire – était pris en charge par son équipe.

Une capacité très utile qu’elle a là. À savoir de transformer son corps en entier sous forme liquide et translucide. Comme de l’eau, pour tout dire. Elle devait cependant user d’une bonne dose de concentration pour garder l’intégralité de son corps en un seul morceau, sinon, l’activité en devenait plus compliquer. Sans compter que, sous cette forme, elle voyait non pas avec deux yeux mais avec l’intégralité de son corps, comme une vision complète sur trois cent soixante degrés. Chose qui peut paraître bien, en effet. Mais clairement déroutant. S’infiltrant dans les minces ouvertures que lui présentait le sol du pont et ainsi poursuivre sa route. C’était facile, de se mouvoir dans les endroits clos, sous cette forme. Elle rejoignit ce qu’elle estima être les quartiers du personnel, glissant sur le mur, direction le sol, par le supposé plafond. Elle s’aventura dans les quartiers, essayant de voir s’il n’y avait pas un uniforme ou quelque chose appartenant à une femme. Elle avait laissée la sienne en lycra sur le pont. Quitte à ce qu’elle poursuivre sur cette forme pour encore un petit moment, le temps de rediriger le tir et d’établir un plan d’action avec l’aide surprise mais très appréciée de l’ancien UNISON. « Je suis dans les quartiers » qu’elle pensa, très fort. Ne serais-ce que parce que si jamais il avait l’idée de poursuivre la discussion de cette façon, chose qui serait intelligente dont par la subtilité de la manœuvre, elle voulait être certaine qu’il comprendre ce qui lui était adressé. Elle trouva cependant ce qu’elle cherchait et, s’assurant par vue périphérique qu’il n’y avait personne, elle prit tout de même la peine de se cacher de l’entrée derrière l’armoire – la seule – pour se saisir de l’uniforme féminin des employés du bateau. Enfilant rapidement l’uniforme, elle pesta quelque peu de par le fait que ce n’était pas tout à fait à sa taille. Toutefois, cela allait lui permettre de garder son énergie pour ce qui serait réellement utile et non pas à l’utiliser en vain en tentant de préserver sa forme aquatique. « Je ne connais pas tout de ton équipe, alors que, par expérience, tu dois pas mal connaître mes effectifs. Une idée de génie alors ? » qu’elle demande, un faible sourire s’étirant sur ses lèvres. Elle a toujours bien aimé travailler avec Chase. Entre la vivacité d’esprit de l’Atlante et de l’intelligence du jeune homme, ils avaient toujours bien travailler ensemble, ce qui était une bonne chose.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 13 Déc 2013 - 10:57 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
— Vous connaissez tout le monde à l’UNISON ?

Adèle n’avait pas l’air ravi de cette rencontre. Mais généralement, Adèle n’avait jamais l’air ravi quand ils croisaient une équipe plus ou moins gouvernementale. Les jumelles avaient très tôt quitté l’armée et c’était précisément parce que les règles ne leur plaisaient guère. Douées d’une méfiance innée envers toute forme d’autorité, assez semblable aux propres désirs de Chase, elles ne devaient leur succès en tant que mercenaires qu’à un professionnalisme à toute épreuve — et à des contrats à durée très limitée, qui les empêchaient d’avoir assez de temps pour se mettre à dos une nouvelle hiérarchie.

— Non. Mais c’est Dana. Une amie.
— Une amie amie ?

Chase haussa un sourcil.

— Tu veux vraiment discuter de ma vie privée derrière la tourelle d’un navire militaire capturé par des terroristes ?
— Oh, c’est bon…
* Chef ? Vous pouvez y aller. *

Le mentaliste, qui avait suivi de l’esprit la progression invisible d’Ada jusqu’à l’entrée des ponts intérieurs, esquissa un sourire. Le rôle d’Ada était bien souvent de trouver un chemin sans se faire repérer, un chemin que Chase se chargeait de récupérer dans son esprit et d’implanter dans celui des autres membres de l’équipe, qui pouvaient ainsi s’épargner de nombreux tâtonnements. Adèle hocha la tête, compta silencieusement jusqu’à trois et les deux Argonautes traversèrent à leur tour l’espace découvert, en se cachant successivement derrière tous les obstacles scrupuleusement circonscrites par la première des jumelles, lors de la reconnaissance.

Ils purent bientôt refermer la lourde porte métallique derrière eux. Adèle examina leur environnement immédiat, en se remémorant ses propres expériences navales, pour avoir une idée, même approximative, de la structure de ce type de bâtiment. Elle finit par hocher la tête et indiquer une direction. Bavardes dans le civil, les jumelles adoptaient rapidement le silence des opérations spéciales sur le terrain et Chase, qui n’avait besoin ni de parler ni d’entendre pour savoir, appréciait ce calme qui le laissait plus libre d’utiliser ses pouvoirs.

Le premier objectif de cette infiltration qui les menait lentement mais sûrement jusqu’à Dana, c’était de ne pas croiser de terroristes. Il y aurait un moment où les combats éclateraient, mais pour l’heure, Chase était soucieux d’avoir une idée un peu plus nette de ce à quoi ils avaient affaire et la discrétion était alors capitale. Son esprit précédait donc leurs mouvements, en quête des présences qui circulaient dans les coursives. Elles étaient rares. L’équipe des pirates n’était pas très grande et les rondes peu resserrées. D’une certaine façon, la situation rappelait à Chase son cambriolage de l’Aquastar, aux côtés de Lukaz. En moins pacifique.

L’un des cinq terroristes dont il avait repéré, un peu plus tôt, la circulation sur le navire, se détacha près d’eux. Chase suggéra sa présence aux jumelles. Ada disparut aussitôt. Adèle fourra son chef dans un placard à balai et l’y suivit. Ils attendirent plus d’une minute, le temps qu’une pensée de l’invisible Argonaute indiquât au chef de l’expédition que la menace était écartée. Adèle et Chase sortirent de leur placard et reprirent leur progression. La présence de Dana était de plus en plus nette et le trio finit par débarquer devant l’Atlante, en tenue de quartier-maître.

— Je vois que tu ne perds pas ton temps.
— Rentrez dans la cabine du capitaine. On fera la conversation plus tard.

Avec sa rudesse de terrain habituelle, Adèle avait indiqué une porte qui se distinguait de la succession des couchettes relativement impersonnelles qui devaient servir de dortoirs pour les soldats du rang. La porte était fermée, bien sûr. Mais Adèle se transforma brusquement en un tourbillon de fumée grise, qui s’engouffra dans la serrure. Se rematérialisant de l’autre côté de la porte, l’Américaine la dévérouilla pour céder le passage aux trois autres. Dana, Ada, Adèle et Chase s’entassèrent donc dans la cabine du capitaine, qui était certes plus confortable que les couchettes des matelots, mais qui restait pour le moins exigu.

— Bien, bien, bien.

Chase se retourna vers Dana.

— On vient protéger notre avion. Fabriqué par la DDS. Tu peux considérer ça comme une sorte de super service après-vente.

Et c’était bien cela, en vérité. Si la DDS avait d’excellents rapports avec l’UNISON, c’était que la puissante corporation ne se contentait pas de vendre des produits : elle accompagnait l’organisation internationale de la conception à l’utilisation. C’était une image de marque, en quelque sorte, mais aussi un véritable engagement.

— Donc, comme je disais aux jumelles…

Ada et Adèle adressèrent conjointement un signe de tête à Dana.

— Les terroristes sont quinze en tout. Cinq au PC, cinq en cale, cinq en ronde. L’avion est dans une cale protégée, les marins retenus prisonniers dans une autre cale. Je vais vous montrer…

Chase ferma les yeux. Il était toujours très délicat de transformer des impressions télépathiques en connaissances compréhensibles pour d’autres, quand elles ne reposaient pas sur des pensées formulées. Il pouvait néanmoins donner à Dana, Ada et Adèle l’intuition de l’endroit où se trouvaient chacun des quatre groupes mentionnés — ce n’était pas aussi efficace qu’une carte détaillée du navire, mais c’était un bon début. Le jeune homme rouvrit les yeux.

— On peut éventuellement se partager les tâches. Les uns s’occupent du poste de commande pour décapiter l’opération, les autres neutralises les agents en cale. Quant aux rondes, on devrait tomber dessus, fatalement, à un moment ou un autre.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 14 Déc 2013 - 6:57 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Ayant rapidement revêtit une tenue qui ne lui seyait guère, elle grimaça surtout en réalisant qu’elle avait perdu le confort et la souplesse de son supposé costume en lycra d’un bleu sombre. Mais bon, c’était déjà mieux que de préserver sa forme aquatique, chose qui lui demandait beaucoup de concentration et lui assurait un mal de tête à la fin de sa journée ou alors de se balader à poil sur le bateau, chose peu recommandable. Elle avait donc opté pour la meilleure solution qu’elle avait trouvé, à savoir se vêtir d’une tenue de quartier-maître, bien que la femme à qui appartenait l’uniforme semblait être fait un peu plus large que l’Atlante, qui avait somme toute une taille plutôt élancée. Elle allait répondre avec un brin d’humour au commentaire de son ami, du moins, jusqu’à ce que l’une de ses coéquipières la coupe dans son élan. Soit alors. De toute, elle a raison, au fond. Et l’agente d’élite ne peut qu’approuver. Elle suit donc la petite équipe jusqu’à la cabine du capitaine, où ils furent obligés de s’entasser. « En tout cas, en effet, c’est tout qu’un service de première classe » qu’elle passe comme commentaire, la Dana. Elle savait que la DDS était une organisation soucieuse du travail bien fait et ne pouvait qu’apprécier ce fait dans l’actuelle situation, sachant que cela aurait été particulièrement plus délicat sans l’aide fortuite du mentaliste. Elle jeta un regard aux dites jumelles, leur adressant aussi un signe de tête en guise de réponse. Elle se rendait cependant compte que, même si elle avait gardé une bonne relation avec le Neutron-Grey et qu’ils continuaient de se voir au civil, elle savait que trop peu de chose sur son poste et ce qu’il faisait pour la DDS. Chose qui l’intéressait de plus en plus, actuellement, en grande curieuse qu’elle est. Elle se garda toutefois ses questions, se promettant de lui en faire part plus tard.

Elle se concentra sur ce que l’ancien agent tentait de leur montrer, laissant aller plus ses instincts, compte tenu que les images étaient plus des impressions que quelque chose de clair et net. Cinq au poste de commande, cinq en cale et cinq en rondes, c’était les effectifs qui se trouvaient sur le bateau. « J’ai neuf agents sur le poste qui n’attendent qu’un signe de ma part pour intervenir » précisa-t-elle, plus pour les jumelles que pour Chase, qui pouvait savoir en quelques instants les effectifs dont elle disposait. Cela pouvait parfois la rendre un peu mal à l’aise, de réaliser l’étendu des pouvoirs du jeune homme et de savoir que, s’il le voulait, elle ne pourrait rien lui cacher. Ni elle ni personne. « Je crois toutefois que se séparer les tâches serait une bonne idée. » Même si elle n’a peut-être pas le niveau de Chase Neutron-Grey, il n’en reste pas moins que l’agente Néréide est dotée de plusieurs capacités et n’a pas nécessairement besoin d’une arme – compte tenue que la sienne se retrouvait aux mains de l’un de ses agents – pour parvenir à ses fins. Elle évalua quelques instants la situation et un faible sourire apparut sur ses lèvres. « Je pourrais me rendre en salle de commande et mettre hors d’état de nuire assez facilement les terroristes qui s’y trouvent, pour peu qu’ils soient groupés. » Ce qui ne devait pas être bien difficile, si l’on considère qu’un poste de commande n’est jamais bien grand. Avec assez de concentration, elle serait en mesure d’assourdir ceux qui s’y trouveraient et de les plongés dans un état d’inconscience pour les moments qui allaient suivre. Cela demanderait une totale concentration en vue de moduler sa voix pour en devenir une arme, mais elle était confiante quant à y parvenir. « Et ainsi empêcher l’opération d’avoir lieu. Quant à ceux en ronde, je peux à la limite demander à mon équipe d’intervenir. » Elle ne doutait pas d’eux, oh ça jamais. Son équipe avait toute sa confiance, tout comme l’ancien agent qui se trouvait non loin d’elle. Il ne restait que la cale et elle trouvait plus judicieux que ce soit l’équipe de la DDS qui y aille, ne serais-ce que pour veiller sur l’avion qui se devait d’être livré. « Et vous pourriez donc descendre à la cale, libérer les prisonniers et mettre hors course les terroristes qui s’y trouvent. » Elle précisait bien de mettre hors course. Peut-être est-ce que la demoiselle avait trop de valeur, mais elle répugnait la simple idée que d’achever quelqu’un. C’était peut-être aussi pour cela qu’elle avait préféré une carrière au sein de l’UNISON plutôt que la carrière de super-héros qui aurait pu l’attendre. Et puis, concernant les prisonniers, il était évident qu’ils se devaient d’être libérer. Sans compter que quinze terroristes, au vu de l’équipe qu’ils avaient de leur côté, ce pouvait être maîtrisable.

Jetant un regard à l’une des deux jumelles, celle-ci ouvrit donc la porte de la cabine où ils se retrouvaient et ils en sortir rapidement, alors que la princesse était bien contente de retrouver une certaine liberté de mouvement. Ne connaissant cependant pas la configuration du bateau, elle tourna la tête vers l’équipe de DDS. « Il me faudrait cependant savoir vers où est-ce que ce trouve le poste de commande. » Il serait plus évident de s’y rendre si jamais elle savait vers où est-ce qu’elle devait se rendre, effectivement. Elle avait parlé à voix basse, pour être sure, bien que le mentaliste lui avait affirmé la position des terroristes et donc qu’ils étaient encore saufs ici. À moins que l’un de ceux en ronde se décide à passer par les quartiers. « Et si tu pouvais aussi informer l’un de mes agents d’agir pour qu’il prévienne le reste de l’équipe, compte tenu que ma radio est avec le reste de mon équipement. » C’était sûrement la seule chose réellement embêtante avec sa forme aquatique, à savoir qu’elle devait abandonner derrière elle ce qu’elle portait. « Ils savent de toute façon que je suis avec toi. » Elle attendit les indications de la petite équipe avec qui elle se trouvait pour finalement franchir le pas de la porte et observée tout autour d’elle, pour être sure de ne pas tomber sur un terroriste. « Avertis-moi lorsque tout sera ok à la cale » demanda-t-elle à Chase, alors qu’elle se concentrait sur ce qui pourrait surgir à tout moment devant elle. Lorsqu’elle décida que la voie était libre pour lui permettre de passer, elle y alla, l’esprit occupée par son objectif. Elle avançait lentement mais sûrement, à petits pas silencieux, à l’affût du moindre bruit qui pourrait s’avérer suspect. Elle entendit sur le pont quelques bruits, signifiant que son équipe était passée à l’attaque, chose qui pourrait lui permettre d’avancer avec plus de facilité, comme ceux en ronde devaient être monter sur le pont pour comprendre de quoi est-ce qu’il en retournait avant d’alerter le reste de l’équipe. Elle se fia donc aux indications de l’une des jumelles pour atteindre ce qu’elle croyait être le poste de contrôle. Elle ouvrit la porte, silencieusement, bien qu’il fût immanquable que sa présence ne soit pas remarquée. Elle s’engouffra alors dans la pièce pour faire face aux terroristes surpris. Au moins, elle avait l’avantage de la surprise et donc quelques secondes d’avance sur ces derniers. « Bonne nuit » souffla-t-elle alors qu’elle articulait chaque mot, modulant la fréquence du son. Plutôt que quelque chose d’assourdissant, elle tenta d’en faire un ultra-son qui affecterait le cerveau même des terroristes qui se trouvaient en face d’elle. Mieux ne valait pas alerter inutilement la présence nuisible sur le bateau. Il était préférable d’y aller en subtilité. Elle s’approcha du tableau de commande alors que le dernier tombait au sol, sonné. Elle enjamba l’un des corps inconscient pour que finalement l’incertitude se lise dans son regard. L’idée avait été géniale, elle était parvenue à destination. Si ce n’était qu’elle n’avait aucune idée de ce qu’elle devait désormais faire. Les questions s’enchaînaient dans sa tête alors qu’elle espérait que Chase et ses deux alliées aient plus de chance à la cale, cherchant à ce qu’elle devait précisément faire. Au moins, elle avait mise hors d’état de nuire ceux qui se trouvaient là pour un petit moment, chose non négligeable.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 14 Déc 2013 - 17:51 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
D’un hochement de tête, Chase avait approuvé la division des tâches. C’était l’avion que la DDS les avait envoyés surveiller et c’était l’avion que Chase entreprendrait de libérer — non sans faire un détour, vraisemblablement, vers la cale secondaire où les marins étaient encore retenus prisonniers. La tâche, a priori, n’avait rien de surhumain : ils étaient treize contre quinze et bénéficiaient de l’effet de surprise. La quiétude de leur abordage suggérait qu’aucun terroriste n’avait assez de protection mentale pour résister à ses illusions et donc, vraisemblablement au reste de ses pouvoirs.

Mais le jeune homme avait connu déjà trop de mauvaises surprises, à Star City comme ailleurs, pour se laisser aller à un excès de confiance. Les imprévus étaient vite arrivés.

— Méfions nous tout de même. Ils sont arrivés à maîtriser tout l’équipage assez rapidement. Et ils viennent voler un avion militaire, dans les eaux territoriales américaines. Ce ne sont vraisemblablement pas des amateurs. Je doute qu’ils soient sans ressource.
— Et y a pas d’autre bateau.

Des regards interrogatifs se posèrent sur Ada, qui haussa les épaules, avant de partager ses observations :

— Autour de c’lui-ci, y a pas d’autre bateau. Mais les pirates sont bien venus de quelque part. Ce quelque part est r’parti. Ça veut dire qu’ils ont sans doute des renforts.
— C’est juste. Mieux vaut être prudent.

Chase ne doutait pas des capacités de Dana — à l’UNISON, les analystes avaient dû procéder à la même évaluation stratégique de l’opération, peu ou prou, et ils avaient envoyé, avec son amie, une équipe sans doute des plus compétences. Mais ces interventions étaient toujours aléatoires et le jeune homme sentait dans l’affaire encore trop d’inconnues à son goût pour parier sans ciller sur leurs chances de succès.

Pendant qu’Adèle faisait à Dana une description sommaire de la disposition ordinaire d’un pareil navire et du moyen de rejoindre, tout en haut, le poste de commande, le mentaliste sonda le bateau à la recherche des membres de l’équipe de l’UNISON, pour pénétrer dans l’esprit du second de son amie et lui offrir une version succincte de leurs discussions et de la tournure qu’allaient prendre les événements. Ces formalités accomplies, les deux équipes se séparèrent.

Les Argonautes reprirent alors leur progression méticuleuse de coursive en coursive, pour s’enfoncer de plus en plus profondément dans les entrailles du navire. Il n’avait certes pas les proportions d’un porte-avion gigantesque, mais Chase remerciait tout de même intérieurement l’expertise militaire d’Adèle, qui leur donnait une idée assez nette de leur chemin. Plus ils approchaient de la cale spéciale, Chase le savait, plus les patrouilles risquaient d’être nombreuses : toute l’équipe affectée à l’avion ne devait pas s’occuper des portes et quelques membres avaient dû sécuriser les environs.

Alors qu’Ada s’apprêtait à ouvrir la dernière porte hermétique qui les séparait encore des ponts inférieurs, Chase leva la main. Ses pensées se formèrent dans l’esprit des jumelles.

* Je m’occupe de l’avion. Vous libérez les marins. On ne se cache plus. Si l’équipe de Dana est en train de se battre là-haut, ils seront rapidement au courant ici de toute façon. Vous neutralisez et vous récupérez les armes éventuelles pour les donner aux otages. *

Après tout, c’était bien des militaires et non des civils que les pirates avaient relégué en fond de cale, et si véritablement des renforts venaient prêter main forte aux terroristes, plus l’UNISON aurait de soldats prêts à se défendre, meilleures seraient leurs chances de succès. Chase posa un regard interrogatif tour à tour sur chacune des jumelles. C’était précisément pour avoir leur avis sur ce genre de situations — et pour casser des mâchoires — qu’il les avait engagées. Elles hochèrent conjointement la tête et l’équipe reprit sa descente.

Après avoir descendu un escalier métallique, ils arrivèrent au milieu d’un couloir. Adèle pointa Chase puis la droite, avant de s’engouffrer du côté gauche, suivie d’Ada. Le mentaliste s’engagea sur le chemin opposé, laissant son esprit s’étendre un peu devant lui, pour repérer les gardes éventuels. Une présence ne tarda pas à s’approcher, sur laquelle il resserra son emprise et, bientôt, un terroriste, dépourvu de volonté, guidé par Chase, tournait brusquement les talons, en serrant son arme, pour revenir sur ses pas.

L’homme descendit une nouvelle escalier et se retrouva devant deux de ses collègues, qui s’activaient sur un portable, connecté à la serrure électronique de la cale spéciale. S’engagea une conversation rapide et saccadée… en allemand. Toujours dans son couloir, Chase murmura :

— Pourquoi les gens ne parlent jamais anglais… ?

Ce n’était décidément pas comme dans les films. Le mentaliste avait espéré résoudre les choses en douceur. Tant pis. Son emprise sur l’esprit de son otage psychique se fit un peu plus forte et l’homme balança soudainement la crosse de sa mitraillette dans le visage de l’un de ses deux collègues. Il partit pour assommer le second, mais le pirate réagit plus vite, roula sur le côté, esquiva son coup et le pointa de son arme, en lui criant, supposa Chase, de s’arrêter.

L’emprise du télépathe sur sa victime était telle que sans doute il eût été capable de le pousser à avancer encore. Mais ne pas faire de victime, telle était la règle de l’UNISON — hélas. L’esprit de Chase libéra brusquement celui du terroriste, qui cligna des yeux, hébété. Il était temps d’entrer en scène. Chase quitta son poste pour courir à la rencontre des deux hommes. Enfin, presque à la rencontre. Il s’arrêta à l’angle de la coursive. À quelques pas de lui, les deux hommes discutaient à nouveau. Sans doute pour tirer au clair ce qui se passait. Leurs talkie-walkie s’allumaient en permanence pour leur donner des nouvelles de la situation qui, partout sur le navire, se dégradait, à mesure que Dana, les membres de son équipe et les jumelles reprenaient le contrôle du bâtiment.

Mais les deux pirates eurent bientôt d’autres préoccupations. Un mince filet d’eau avait atteint leurs chaussures. Et le niveau commençait à monter. Il y avait une fuite — apparemment. L’illusion de Chase les enveloppait tous les deux, accompagnées de la certitude du noyade prochaine, s’ils restaient à leur poste. Plus ils réfléchissaient, plus le niveau de l’eau augmentait vite. Ils finirent par tomber d’accord que la mort n’était pas une option et s’élancèrent dans l’escalier…

…pour être accueillis par un violent choc mental.

À quelques miles nautiques de là, au milieu de l’océan, un homme arrivait sur le pont d’un autre bateau.

— Euh… Madame ?
— Quoi ?
— Les… Hm. C’est-à-dire que… On a plus de contact avec l’équipe à bord du Lincoln.
— C’est une plaisanterie ?
— N-n-non. Pa-pas du tout.

La femme soupira.

— Activez-la.

Quelque part sur le Lincoln, une bombe s’alluma pour afficher les chiffres 30:00. Puis 29:59.

29:58
29:57
29:56

Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 14 Déc 2013 - 19:51 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Haussant un sourcil, l’Atlante chercha à savoir où est-ce que voulait en venir l’une des deux jumelles. Prudence serait donc le mot d’ordre, comme toujours. Les sens en alerte, elle quitta le petit groupe, non sans avoir demandé à Chase de communiquer avec l’un des membres de son équipe. Treize contre quinze, ils pouvaient le faire, pour peu qu’ils soient bien organiser. Certes, il y avait de forte chance que quelques imprévus surviennent, à savoir l’aide de renforts, toutefois, pour le moment, ils avaient un certain avantage, comme celui de la surprise. Elle s’avança au travers du bateau, se remémorant les indications données par l’une des deux jumelles, celle qui semblait avoir le plus d’expertise dans le domaine. Comme de fait, elle atteignit rapidement le poste de commandes et mit hors d’état de nuire ceux qui s’y trouvaient. L’avantage de la surprise, ils n’avaient pas eu le temps de réaliser ce qu’il était en train de se passer qu’ils étaient déjà au sol. Arrivant en face du tableau de commande, elle paniqua quelques instants avant de reprendre le calme qui lui était connu. Son cerveau alla à toute vitesse, filtrant les informations qu’elle avait. Regardant le tableau de port, elle coupa toute communication entre le bateau et l’extérieur. Ce qui allait empêcher l’équipe à bord du bateau de contacter les renforts, si jamais il y en avait. De toute, au vu de ce qu’elle entendait, s’ils avaient eu l’effet de surprise, ils allaient bien vite se rendre compte qu’il y avait des intrus à bord. Se penchant sur les corps, elle se saisit de leurs armes, en cachant quatre un peu plus loin, gardant la dernière pour elle-même, au cas où. Elle ne devait pas sous-estimer les terroristes à bord du bateau. S’ils avaient réussi à contrôler ce dernier assez aisément, elle devait être prête à toute éventualité. Jusqu’à ce que quelque chose attire son regard sur l’écran de la salle des commandes. Quatre chiffres. 29:59. 29:58. 29:57. Cela ne pris pas plus que quelques instants pour que l’agente comprenne de quoi est-ce qu’il en retournait.

Quittant le poste de commande rapidement, elle descendit dans le bateau, se devant de retrouver Chase. Si elle avait cru réussir à couper toutes communications, ils avaient réussi à afficher sur l’écran le temps qu’il restait avant qu’une certaine bombe explose. Il ne pouvait être autre chose qu’un compte à rebours des plus menaçants. Déjà, il y avait quelques raisons pour laquelle ils ne pouvaient laisser cette bombe exploser. La première de parce qu’il y avait sa vie, celle des Argonautes et celle de toute son équipe de l’UNISON. En deuxième venait le fait que l’avion, la raison de leur présence ici, éclaterait en morceau. Filant au travers les couloirs, gardant la tête froide, réfléchissant à toute allure, elle vit quelques personnes descendre du pont. Elle s’arrêta net au coin d’un couloir, jetant quelques coups d’œil. Elle pria silencieusement pour ne pas avoir à perdre son temps – il était précieux et compter à ce moment-ci – avec l’un des pirates. Elle reconnue cependant aisément l’un de ses agents, Anthony, son plus fidèle. Elle se dirigea donc vers eux, s’informant de ce qu’il s’était passé sur le pont. « Il y en avait deux. » Deux. Et merde. Elle fronça les sourcils, en signe d’embêtement. Il dut rapidement comprendre qu’il y aurait dut y en avoir plus car il regarda autour d’eux à la recherche d’ennemis. « Je dois retrouver Chase. Immédiatement. » Le ton pressant était sans appel. Lui assurant donc qu’ils couvriraient l’arrière de l’Atlante, elle poursuivit sa progression dans le bateau. La cale. Elle devait rejoindre la cale. De ce fait, elle décida de suivre le super soldat, ancien militaire au service des États-Unis, qui avaient des connaissances plus calés qu’elle en la matière. « La cale spéciale, là où se trouve l’avion. » Elle talonna l’ancien militaire, tous ses sens à l’affût. C’est tout juste s’ils leur restaient vingt-cinq minutes avant que tout vole en éclat. Ils auraient très bien pu ne pas leur signifier le temps qu’il leur restait, et ainsi caché le fait qu’une bombe ou quelque chose de pire se trouvait sur le navire. Mais pour avoir longtemps enquêté, elle savait que bon nombre de super-vilains aimaient le spectacle. Pire, ils aimaient voir leur cible sombrer dans un état de panique. Elle se devait donc de garder la tête froide, ce qui serait nécessaire pour ce qui allait suivre.

Au détour d’un couloir, ils tombèrent nez-à-nez avec deux autres hommes qui étaient en ronde. Elle leva son arme – qui n’était pas réellement la sienne – et visa l’un des deux hommes. Ils firent de même, tout comme l’équipe de Dana – ils étaient actuellement cinq, elle y comprise, les autres se trouvant sur le pont, prêt à avertir tout danger – et ils se regardèrent en chien de faïence. Elle se devait de retrouver Chase, chaque seconde était importante. Une enquête qui avait presque l’air évidente, qui lui avait semblé quasiment facile lorsque l’ancien agent de l’UNISON était débarqué, venait de virer au vinaigre. Personne n’osait tirer et seul leurs respirations et le moteur du bateau raisonnait dans le couloir. Elle n’a pas le temps pour se tenir immobile face à un ennemi. Elle entame donc un mouvement et de suite les armes sont pointées vers sa tête. Elle s’immobilisa donc mais daigna faire un léger mouvement de tête en direction du super soldat. Sans qu’elle ait besoin de faire autre chose, il poussa l’Atlante sur le côté et tira dans l’épaule de l’un des deux ennemis. Dana se cala contre le mur alors qu’un autre agent s’occupait du second. Remerciant silencieusement son équipe, elle poursuivit sa course. Un « attention » se fit entendre alors qu’elle plongeait au sol et évitait de justesse l’un des deux indésirables qui avait eu l’idée de lui bondir dessus. Elle se retrouva cependant légèrement sonnée, ayant rencontré le sol de plein fouet. Se redressant, elle remarqua que son équipe venait de s’occuper d’eux. Elle attrapa la main qu’Anthony lui tendait pour se relever sur ses deux jambes. Une vingtaine de minutes. Il était impératif qu’elle trouve Chase. Elle reprit la route avec l’un de ses agents, direction la cale, espérant ne pas perdre plus de son précieux temps qui diminuait trop rapidement à son goût. Elle arriva face à un embranchement. « Tu prends la droite, je vais à gauche » annonça l’agente Néréide au super soldat, avant de s’engouffrer dans le couloir. Elle ignorait lequel des deux allait la mener à bon port, elle espérait cependant tomber sur Chase et son équipe. Elle atteignit finalement les deux jumelles, occupées à libérer les prisonniers. « Chase est de l’autre côté ? » Cela ressemblait plus à une affirmation qu’à une question. « Nous avons de graves ennuis. » Alors que les jumelles lui prêtèrent une oreille attentive, elle lui vit un compte rendu de ce qui s’était passé plus haut. Oui, trouver le mentaliste devenait urgent.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 14 Déc 2013 - 22:30 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Les deux hommes avaient poussé un cri alors qu’une violente douleur avait brusquement vrillé leurs tempes, puis ils s’étaient effondrés. Chase descendit à toute allure les escaliers métalliques pour examiner l’ordinateur, la serrure électronique et la porte de la cale. Un programme faisait tourner en boucle des chiffres dans l’espoir de déverrouiller le système de sécurité et, de toute évidence, il était arrivé à temps : trois chiffres encore et le code était composé. Le jeune homme s’agenouilla devant le portable et ses doigts commencèrent à voler sur le clavier — l’informatique, c’était encore, malgré ses multiples péripéties, sa grande spécialité.

Le programme ne tarda pas à se figer et Chase put déconnecter le PC. Il le referma et le glissa sous son bras. Il y avait peu de chance que l’appareil contînt autre chose que le programme qui devait servir à forcer la serrure électronique, mais même la conception de celui-ci pouvait fournir de précieux indices aux spécialistes de l’UNISON — il était après tout bien placé pour le savoir. Le Neutron-Grey laissa donc la cale spéciale derrière lui, aussi solidement fermée que jamais, pour partir en quête du poste de commande et reprendre le contrôle du bateau (ou, plus probablement, aider Adèle à reprendre le contrôle du bateau), avant de l’acheminer vers le port étasunien le plus proche.

Mais à peine était-il arrivé en haut des escaliers qu’il se heurta à l’un des membres de l’UNISON dont il avait senti, plus tôt, dans la cabine du capitaine, la présence.

— Soldat.

L’homme paraissait nerveux : ce n’était pas tous les jours que l’on rencontrait un super-héros aussi mondialement célèbre que Chase Neutron-Gey.

— Monsieur, il y a… L’agent Taylor. L’agent Taylor vous cherche.
— Je vous suis.

L’homme pivota les talons et repartit au pas de course, sur les traces de Dana, suivi de près par Chase. Le mentaliste ne tarda pas à capter les pensées de l’une de ses jumelles.

* Chef. Il y a une bombe. *

Chase s’arrêta net.

— Une seconde, soldat.
— L’agent Taylor a dit que c’était ur…
— Je sais.

Le jeune homme avait levé la main pour interrompre les explications superflues de son interlocuteur. Sans sa réputation, il eût sans doute eu bien des difficultés à imposer une autorité que son physique encore juvénile ne suggérait guère, mais l’agent de l’UNISON savait parfaitement à qui il avait affaire. Silencieusement, il croisa les mains derrière le dos, se doutant bien que le mentaliste était en train de communiquer avec quelqu’un d’autre.

* Vous l’avez trouvée ? *
* Non. L’agent Taylor a vu le compte-à-rebours au PC. *
* Vous avez libéré les otages ? *
* Affirmatif. *

Chase se concentra légèrement et ses pensées s’élargirent, pour être audibles cette fois-ci tout à la fois de Dana, d’Adèle, d’Ada et du capitaine de l’USS Lincoln.

* Mon équipe, celle de l’agent Taylor et les membres de l’équipage vont passer le vaisseau au peigne fin. Je veux que la personne qui trouve la bombe reste devant la bombe. Et garde son calme. Agent Taylor, Capitaine, je vous retrouve au poste de commande. *

Puis il reporta son attention sur le soldat qui lui faisait face.

— Vous savez où est le PC ?
— Oui Monsieur.
— Je vous suis.

Les deux hommes reprirent leur course et, tout entraîné qu’il fût, Chase dût reprendre sa respiration quand il parvint dans la salle de commandement de l’USS Lincoln, au milieu des hommes que la modulation sonique de son amie avait plongés dans l’inconscience. Le jeune homme les désigna d’un geste de la main.

— Attachez les. Rétablissez les communications. Que personne ne me dérange.
— Euh… Bien Monsieur.

Et Chase, lui… s’assit par terre. En tailleur, après avoir posé l’ordinateur portable à côté de lui, le jeune homme ferma les paupières et son esprit entreprit de se connecter à ceux de tous les autres soldats du bateau, l’équipage du Lincoln, les jumelles, les agents de l’UNISON, les uns après les autres. Même pour Chase, un pareil investissement télépathique exigeait de la concentration. Il plongeait à peine dans les pensées, se contentant de la pure surface, des impressions purement flottantes, en quête de l’inévitable montée d’angoisse que produirait, chez l’un d’entre eux, la bombe.

Autour de lui, l’agent de l’UNISON envoyé à sa rencontre par Dana s’activait. Quand l’agent Taylor et le second Smith, devenu capitaine de l’USS Lincoln par la force des choses quand le chef des terroristes avait froidement exécuté son supérieur, parvinrent au poste de commande, l’agent de l’UNISON, un peu embarrassé, posa un index sur ses lèvres avant de désigner Chase, toujours parfaitement immobile, semblable à une statue, les yeux fermés. Au bout de quelques secondes cependant, le jeune homme murmura d’une voix lointaine :

— Trouvée.

Son esprit se concentra soudainement sur un seul de ceux qu’ils avaient suivis. Un lieutenant de l’USS Lincoln venait de découvrir la bombe dans la salle des machines et commençait à sentir des sueurs froides couler le long de son dos. Mais bientôt, il ne sentit plus grand-chose. Mis à l’écart dans son propre corps, comme enveloppé de ouate, il eut vaguement conscience que ses membres agissaient en se passant de son avis, alors que la volonté psychique de Chase se refermait sur lui.

Guidé par le mentaliste heureusement technologue, l’homme souleva la plaque métallique qui recouvrait la bombe.

— Hmm…

Ni tenant plus, Smith, dans le poste de commande, interrogea :

— Mais vous avez déjà désamorcé une bombe ?

Sans bouger ni ouvrir les yeux, Chase répondit, très distraitement :

— Jamais.

Un temps.

— Je suppose que c’est en gros comme… un réveil.
— Vous supposez…

Smith jeta un coup d’œil anxieux aux chiffres qui continuaient à défiler, sur les écrans.

— On devrait peut-être évacuer…
— Trop long.

Dans la salle des machines, le corps du lieutenant continuait à répondre aux injonctions de Chase et démontait autant que possible l’enveloppe de la bombe, pour faire apparaître les fils et les circuits. Puis il sortit son couteau.

— Je crois que je vais utiliser mon joker Appel à un ami.
— Parce que vous trouvez ça drôle ?

Mais Chase était occupé ailleurs — à deux endroits à la fois. Son esprit avait cherché celui d’Ada et il le liait désormais à celui du lieutenant, de moins en moins au fait de ce qui se passait en lui. La jeune femme eut besoin de quelques secondes pour s’adapter, mais elle comprit sans peine ce qu’on attendait d’elle.

* Déjà vu ça ? *
* Oui. Classique. Mais efficace. *
* Alors je te laisse les commandes. *

Chase installa la conscience d’Ada en maîtresse dans le corps du lieutenant, se prêtant simplement comme un pont entre l’esprit de la jeune femme et son nouvel hôte charnel.

* Waaa. C’est space d’avoir une b… *
* On se concentre. *
* Oui. Pardon. *

Par des gestes précis et assurés, qui contrastaient avec le tremblement qui avait d’abord agité le lieutenant quand il avait découvert l’engin explosif, Ada commença à débrancher certains câbles et à les rebrancher les uns après les autres, dans un ordre différent. Une dizaine de secondes s’était encore écoulée quand, finalement, le compte à rebours, sur les écrans du poste de commande, prit fin et que le capitaine Smith laissa échapper un long soupir de soulagement.

L’esprit d’Ada fut beaucoup plus paisiblement qu’à l’allée acheminer vers son corps et celui du lieutenant réinstallé en seul maître dans le sien, après quoi CHase ouvrit lentement les paupières et se releva.

— C’était cool.
— Une façon de voir les choses. Maintenant, on met le cap sur Hawai.
— Hmoui.
— Quoi ?

Le marin fixa Chase. Qui haussa les épaules.

— Eh bien, ils n’allaient pas partir avec un avion militaire sur leurs épaules. Je suppose qu’ils ont un gros bateau dans le coin. À mon avis, les réjouissances ne sont pas terminées.

Le capitaine hocha lentement et gravement la tête, avant d’appuyer sur un bouton du panneau de contrôle. Bientôt, sa voix résonna dans tout le bâtiment.

— USS Lincoln en alerte rouge. Tous les soldats à leurs postes. Ordre de bataille. Préparez vous à une attaque imminente.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 20 Déc 2013 - 2:24 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Bifurquant, elle espérait tomber sur Chase. Ce serait plus facile de la sorte. Elle accéléra le pas pour finalement tomber sur les jumelles et les prisonniers désormais libérés. Reprenant son souffle, elle lui fit un compte rendu de ce qui s’était déroulé au poste des commandes. Même si elle ne pouvait voir les chiffres défiler, elle les sentait, comme si chaque pulsation de son cœur la rapprochait du moment où tout volerait peut-être en éclat. Elle espérait qu’Anthony ait eu plus de chance et qu’il soit tombé sur Chase. Alors qu’elle aidait le reste de l’équipage à se libérer, elle entendit la voix de l’ancien agent de l’UNISON dans sa tête. Elle avait fini par s’y faire et à ne plus sursauter dès qu’elle entendait sa voix dans sa tête. Après tout, elle n’était plus à cela près. Elle suivit les jumelles jusqu’au poste de commandes, ayant moins de chance de se perdre ainsi. Généralement, elle se fiait à l’ancien militaire, Anthony, aussi connu sous le nom du super soldat. Il était tout de même bien plus caler qu’elle dans le domaine, elle se reposait donc souvent sur lui. Toutefois, pour ce coup-ci, elle devait faire confiance aux jumelles. Elles étaient du même côté, de toute façon. Et puis, elles étaient avec Chase. Et Dana avait une confiance quasi absolue en le mentaliste. Retournant au poste de commandes, elle vit l’ancien soldat attacher les terroristes qu’elle avait laissés sur le sol, quelques instants plus tôt. Elle n’avait pas spécialement eue le temps de s’en préoccuper, comme les chiffres sur l’écran étaient apparus rapidement. Il restait tout au plus une douzaine de minutes et l’Atlante sentait une goute de sueur froide rouler sur son dos. Elle garda cependant son sang froid, bien que la crainte d’exploser avec le bateau fût bien présente.

Elle regarda en silence Chase faire ce qu’il avait à faire. C’était épatant de voir combien il pouvait être puissant, malgré son jeune âge. Elle se rapprocha cependant, à pas feutrer, de son agent. Histoire de pouvoir réagir plus rapidement si quoique ce soit venait à arriver. Ses iris se posèrent sur l’écran de la salle, où continuait de défiler les chiffres. Elle inspira profondément. Il valait mieux ne pas paniquer, sans quoi ce pourrait être désastreux. Elle avait toujours sut garder son sang froid et réfléchir convenablement, même si la mort semblait se rapprocher lentement mais sûrement, lorsqu’elle se lançait dans des missions comme celle-ci. Elle retint son souffle lorsque la voix du mentaliste se fit entendre. Le regard toujours rivé sur l’écran, elle craignait de voir les chiffres descendre trop rapidement jusqu’au zéro. « Évacuer le personnel serait bien trop long » qu’elle ajoute par-dessus Chase. C’était sans compter qu’ils ignoraient de quoi avait l’air la bombe. Peut-être n’auraient-ils même pas le temps de quitter son diamètre d’explosion. Mieux valait tenter le tout pour le tout. Elle se permit finalement de souffler lorsque les chiffres se bloquèrent sur l’écran. Elle se détendit imperceptiblement, n’ayant même pas eu conscience de s’être tendue de la sorte. Le regard se tournant vers le mentaliste, elle le gratifia d’un sourire sincère. Elle ne semblait cependant pas d’avis que de mettre le cap immédiatement. Le mentaliste avait raison. Il y avait très certainement un autre bateau à venir, sûrement plus imposant et avec du support pour l’équipe de terroriste qui se retrouvait en mauvaise posture ici. « Je vais tenter de suivre leurs déplacements. » L’agente Néréide sortie de la salle, retrouvant quelques uns de ses agents sur le pont. Elle jeta un regard à celui qui s’était saisit de sa tenue. Hochant de la tête, ce dernier lui remis sa tenue en lycra. Elle rejoignit l’échelle par laquelle elle était montée et entra rapidement dans l’eau, faisant un nœud avec sa propre combinaison sur le dernier barreau. Puis elle se transforma, en quelque sorte, son corps devenant liquide. Elle ne faisait plus qu’un avec l’eau.

Si elle pouvait le faire à la surface, une fois qu’elle se retrouvait sous l’océan, elle devenait l’océan. C’était étrange comme sensation. Elle voyait sans réellement voir, elle sentait sans réellement toucher. Elle se concentra sur les eaux, ressentant chaque mouvement. Elle s’éloigna du bateau, histoire de ne pas voir sa concentration déranger pour le moteur de celui-ci. Elle se concentra davantage, essayant de percevoir un mouvement, plus ou moins près. Elle ressentait les mouvements des animaux marins, le vent maritime qui soufflait à la surface et… Un moteur, plus loin. Enfin, non pas un. Se concentrant davantage, elle essaya de se projeter à ce niveau de l’océan. « Trois » qu’elle se dit à elle-même, silencieusement, dans ses pensées. « Ils sont trois, à tribord » réalisa-t-elle, usant du même jargon qu’utilisait Anthony. Elle regagna le bateau, où elle resta sous l’eau. Reprenant forme humaine – ou enfin, Atlante – elle souffla un petit moment, ce petit tour ayant eu recours à pas mal d’énergie. Elle enfila la tenue en lycra, idéal pour l’eau, pour ensuite rejoindre le pont. Elle monta sur le pont et s’approcha du côté droit. Elle ignorait à quelle vitesse ils allaient, mais elle était certaine de les avoir senti approcher de leur position. Ils n’étaient toujours pas visibles mais elle savait qu’ils étaient là, chose qui rendait le tout un peu plus stressant. Retournant vers son équipe, elle demanda son arme à celui qui l’avait gardé, quelques temps plus tôt. Elle n’aimait pas particulièrement l’utiliser, sachant que ce pourrait être mortel. Mais lorsqu’il s’agissait de sa survie et de celle de son équipe, c’était une toute autre histoire. « Va prévenir ceux qui sont restés dans la salle des commandes qu’ils arrivent. Trois bateaux, venant de tribord. Et ils me semblaient un peu plus larges que celui-ci. » Après tout, pourquoi faire dans la discrétion ? Elle n’était cependant pas sure de ce qu’elle avançait, mais pour l’une des rares fois dans sa vie, elle se fia à son instinct. C’était généralement lui qui ressentait le mieux l’influence de l’océan. Elle espérait que même s’ils étaient plus nombreux, que leurs passagers étaient moindres. Autrement, la situation se corserait peut-être un peu trop. « Oh, et demande à Chase s’il peut savoir à combien d’hommes aurons-nous à faire » demanda-t-elle à l'agent de son équipe avant qu'il regagne l'intérieur. Elle ne doutait cependant pas des talents du mentaliste et elle était certaine qu’il obtiendrait une réponse. Silencieusement, elle pria pour qu’ils s’en sortent tous, parce que ce qui allait suivre ne risquait pas d’être aisé.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 20 Déc 2013 - 15:05 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Alors que Dana était partie en reconnaissance, Chase s’était retourné vers le capitaine. Il y avait tout de même un détail qu’il le tracassait.

— Comment sont-ils montés à bord ?
— Pardon ?

L’homme quitta des yeux une carte maritime qu’il examinait sur un écran, tandis que l’équipe de commande reprenait ses marques dans le poste, devant les appareils. Préoccupé par la nécessité de mettre en ordre de bataille son navire, alors que ses connaissances en la matière demeuraient somme toute assez théoriques, l’homme n’avait plus vraiment prêté attention à l’équipe de l’UNISON. C’était une affaire de marins, désormais, estimait-il. Il avait toutes les compétences pour la régler. Ou du moins il essayait de s’en convaincre.

— Vous avez un équipage assez important, je suppose que vous êtes formés à transporter une pareille cargaison. Alors comment s’y sont-ils pris pour aborder votre navire ?
— Eh bien…

L’homme fronça les sourcils.

— Je ne suis plus sûr.

Les jumelles refirent à leur tour leur apparition dans le poste de commande, pour se ranger aussitôt près du chef de l’équipe Argos.

— Vous ne vous souvenez plus ?
— J’ai des choses plus importantes à réfléchir, présentement.

Le capitaine avait dit cela d’un ton sec, à la fois parce que la discussion le perturbait et parce qu’il tenait à asseoir sa toute nouvelle autorité devant ses subordonnés. L’homme se détourna pour reprendre ses préparatifs, tandis que Chase échangeait un regard avec les jumelles. Il reprit avec elles une conversation télépathique.

* Allez récupérer la bombe. *
* Et après ? *
* Restez à part. On verra. *
* Quelque chose ne va pas ? *

À part l’attaque imminente.

* Ce bateau a déjà été pris une fois sans heurt, je ne vois pas ce qui changerait. Je vais tâcher d’en apprendre plus et en attendant, je préfère vous garder dans ma moche. *

Les jumelles hochèrent silencieusement la tête et quittèrent le poste de commande, tandis que Chase s’approchait de la vitre périphérique qui offrait une large vue sur l’océan. Mais son attention était ailleurs : dans l’esprit des hommes et femmes d’équipage, qu’il avait négligé jusque là, mais dont il espérait bien apprendre les circonstances du premier abordage. Il n’y avait que des fragments, souvenirs imprécis et chaotiques de mémoires malmenées. Chacun avait vaqué à ses occupations. Le brouillard s’était levé. Et puis ils s’étaient tous réveillés en cale.

Aucun n’avait une conscience aussi exacte des événements et Chase avait été contraint de rapiécer le scénario à partir de détail, ici ou là. Quand son regard quitta la mer, il tomba sur l’un des agents de l’UNISON, qui lui fit part des découvertes de son amie. Aussitôt, le mentaliste communiqua à ses jumelles et à ses jumelles seules :

* Trouvez vous des masques à gaz. *
* On vous en ramène un ? *
* Je vais plutôt me laisser capturer. *
* Comme d’habitude. *

Le danger que représentait Mentalis pour ses adversaires était toujours plus important quand ceux-ci croyaient l’avoir emporté sur lui et le jeune homme avait depuis longtemps compris que dans la vie comme aux échecs, quelques sacrifices mineurs pouvaient apporter des réussites inespérées. Il hocha la tête devant l’agent de l’UNISON et déclara :

— Il va falloir attendre que les navires soient plus proches pour que je les sonde efficacement.

Comme il l’avait soupçonné cependant, lorsque les silhouettes des trois bâtiments se dessinèrent enfin à l’horizon, leurs contours se perdirent rapidement dans une brume de plus en plus épaisse. Les nuages ne tardèrent pas à envelopper l’USS Lincoln. Sur le pont, les matelots avaient sombré déjà dans un sommeil profond. Chase s’adossa à une cloison métallique, pour être sûr de glisser en douceur dans l’inconscience. Les vapeurs pénétrèrent à l’intérieur du navire et le jeune homme sentit bientôt son esprit se brouiller — jusqu’à sombrer dans un profond sommeil artificiel.

Quand il ouvrit les yeux un long quart d’heure plus tard, Chase éprouva une sensation familière — familière parce qu’il l’avait découverte dans l’esprit des marins de l’USS Lincoln, un peu plus tôt, lorsqu’il les avait sondés. Les effets de gaz se dissipaient et laissaient quelques trous dans sa mémoire à court terme. Chase se tordit un peu et constata avec soulagement qu’on l’avait ligoté : il fallait ignorer la plus grande partie de ses pouvoirs pour supposer qu’une pareille mesure serait suffisante.

Le mentaliste regarda autour de lui. Il se trouvait dans ce qui semblait être une partie de la salle des machines. De gros cylindres dont il ignorait l’utilité l’entouraient. Lui-même avait été placé sur une chaise en aluminium, attaché aux poignets et aux chevilles. Il fit craquer son cou et laissa son esprit se dégourdir les neurones. Jusqu’à trouver, un pont plus bas, deux présences familières.

* Averner, au rapport. *
* Ah, chef ! *
* On commençait à s’inquiéter. *
* Sinon, on n’a pas bougé. Je veux dire, les quatre bateaux n’ont pas bougé. Ils ont jetés l’ancre et ils ont repris leur travail à la cale spéciale, je crois. Là, on est sur le vaisseau-mère. *
* Oui, enfin c’est beaucoup dire. Ce sont surtout trois gros chalutiers. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas lourdement armés. *
* De toute évidence. Un gaz soporifique, des chalutiers, c’est beaucoup plus discret que des navires de guerre. Et ça laisse largement assez de place pour transporter l’avion. Vous avez la bombe ? *
* Oui. *
* Vous savez où est Dana ? *
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 22 Déc 2013 - 5:17 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Glissant dans l’eau, elle laissa son corps devenir l’eau. Étendant ses sens loin, toujours plus loin, elle cherchait les navires qui pourraient se trouver à proximité. Cela lui demandait beaucoup de concentration et beaucoup d’énergie, sachant qu’elle devait aussi réussir à ne pas trop se disperser. Repérant finalement ce qu’elle cherchait, elle ne put s’empêcher de frissonner – si frissonner elle avait put sous une telle forme – en réalisant qu’il y en avait trois. Regagnant le bateau où se trouvait son équipe, elle enfila de nouveau sa tenue pour retrouver le pont. Communiquant quelques informations avec l’un des agents sous ses ordres, celui-ci parti directement en quête du mentaliste. L’agente Néréide dégaina son arme, le regard posé sur l’horizon. Anthony vint se placer à sa droite. Désormais, ils formaient une équipe indissociable. Elle pouvait lui donner des ordres que d’un seul regard et lui, lui conseiller quelque chose sans piper mot. « Trois » marmonna l’Atlante, l’aire soucieuse. Elle avait dans son équipe neuf agents, excluant elle-même. Chase en avait trois, lui-même étant inclus. Puis il avait l’équipage qui avait été tenu de protéger l’avion. Chose qui ne fut pas un grand succès. « Ne t’inquiète pas princesse, on va s’en sortir » qu’il lui annonça, convaincu. Elle lui adressa un sourire reconnaissant, bien qu’ayant froncé les sourcils au surnom, comme à son habitude. L’ancien militaire à ses côtés, il semblait aussi chercher quelque chose du regard. Finalement, les trois navires furent reconnaissable au loin. Elle espérait que l’ancien agent de l’UNISON n’allait pas tarder à leur donner un effectif, qu’ils puissent monter un plan d’attaque. C’était sans compter qu’avec leur approche se levait une brume. Elle s’épaississait à vue d’œil. Elle tourna son regard vers le super soldat, le questionnant du regard. Il eut à peine le temps de former le mot « soporifique » sur ses lèvres que la princesse Atlante s’écrasa au sol, sa tête cognant finalement contre le pont. Son Glock 17 lui échappa des mains alors qu’elle sombrait dans un sommeil artificiel. Et ce fut de même pour tout le reste de son équipe qui se retrouvait sur le pont.

Lorsque Thétis rouvrit finalement les yeux, la première chose qu’elle sentit était un mal de crâne lancinant. Une grimace de douleur vint même tordre ses traits. Ensuite fut ses mains, ligotés derrière le dossier d’une chaise. Comme ses chevilles. Elle ferma les yeux aussitôt qu’elle les ouvra, la lumière venant lui brûler la rétine. La tête tournée vers le sol, elle devait donner piètre allure. Ses longues boucles blondes étaient collées contre son crâne et elle avait le corps incliné vers l’avant. Elle tenta de nouveau d’ouvrir les yeux, son mal de tête ne cessant d’augmenter avec les secondes qui s’écoulaient. Elle ne trouva cependant pas l’utilité de se débattre avec ses liens. Limite elle pourrait s’en sortir assez rapidement, s’il n’y avait personne dans les entourages. Elle préférait cependant rester tranquillement assise tandis qu’elle essayait de ressembler ses derniers souvenirs. C’était sans compter qu’elle était beaucoup épuisée pour entreprendre une telle manœuvre et que sa tête ne semblait pas d’avis à coopérer. Mieux valait qu’elle attende de s’en être quelque peu remis. Sans quoi elle pourrait risquer gros en se liquéfiant. Se concentrant sur ce qu’il s’était passé avant qu’elle atterrisse ici, elle ne fit face qu’à un épais brouillard dans sa mémoire. Que s’était-il réellement passer ? La dernière chose dont elle se souvenait, c’était d’avoir vu les bateaux s’approcher. Le reste lui était flou. S’était-elle battue ? S’étaient-ils fait avoir par les navires ennemis ? Où était son équipe ? Et où se trouvait celle de la DDS ? Plusieurs questions lui vinrent en tête, faisant vriller la douleur qu’elle éprouvait. Inspirant profondément, elle ferma de nouveau les yeux. Elle se serait bien masser le crâne si ce n’avait pas été des liens qui maintenaient ses mains dans son dos. Une porte s’ouvrit finalement derrière elle. Se tordant le cou, elle vit une forme inconnue apparaître dans sa vision périphérique. Alors qu’il vint se placer devant elle, elle dut lever la tête à s’en briser la nuque pour pouvoir le dévisager. « C’était vous qui dirigiez l’équipe qui nous a empêché de prendre cet avion sans problème, non ? » L’agente spéciale ne répondit cependant pas, le toisant d’un air imperturbable. Elle ne devait surtout pas lui donner l’impression qu’il avait un quelconque pouvoir sur elle. Du moins, si l’on ne prenait pas en considération qu’elle était attachée et à sa merci. « Où se trouve les autres membres de l’équipage et de l’équipe de l’UNISON ? » demanda-t-elle simplement, comme si elle était en droit de demander une quelconque information. Elle tenta de ne pas laisser démontrer l’inquiétude qu’elle avait vis-à-vis ce qu’ils avaient pu faire aux membres de son équipe. Équipe dont elle était responsable. Entre temps, elle tourna son regard, tenta de se donner une idée de où est-ce qu’elle se trouvait. La cale. Ce ne pouvait qu’être cela. Il n’y avait aucune machine, aucun lit ni même de commandes. Que quelques caisses installées dans une salle vide. « Répondez et peut-être que je serai clément. » Elle eut envie d’afficher un large sourire ironique. Toutefois, elle resta impassible.

Malgré son air froid, elle sentait tout de même l’inquiétude. Et aussi une pointe de peur de ne jamais ressortir de cette cale vivante. Elle n’arrivait même pas à se souvenir de comment est-ce qu’elle avait atterrie ici, chose qui embêtait une demoiselle pragmatique comme elle. Dana a toujours été terriblement réfléchie, à évaluer toutes les situations et prévoir quelques plans dans sa tête. Toutefois, en l’absence d’informations sûrement capitales, elle ne pouvait rien faire. « Je dirigeais l’équipe de l’UNISON. » Elle ne parla cependant pas du mentaliste et de l’équipe Argos. Au cas où ils ne seraient pas au courant de la présence du pourtant très reconnu Chase Neutron Gray. « Où se trouve mon équipe ? » Elle ne pouvait pas s’empêcher de poser cette question, qui lui tordait les trippes. Dana ne pouvait s’empêcher de craindre qu’il y avait une possibilité qu’ils soient tous morts. « Pour le moment, ils sont encore en vie. » Pour le moment. Elle déglutit péniblement. Cela signifiait qu’il y avait sûrement des conditions. Elle ne laissa cependant rien démontrer, toujours cet air aussi froid, dur. Hors de question que de laisser transparaître la moindre émotion et de perdre son sang froid. « Vous allez quitter, votre équipe et vous, ces navires et dire que vous n’avez pu récupérer l’avion. Et surtout, vous allez empêcher l’UNSION de faire toute recherche quant à la position de celui-ci. Vous allez abandonner l’enquête en somme. L’avion en échange de votre équipe et l’équipage du bateau même. En voilà une offre généreuse. » Abandonner la mission ou simplement et récupérer son équipe et l’équipage du bateau alors tous les abandonner à une mort certaine. « Je reviendrai dans vingt minutes. Si vous tentez de vous échapper ou que vous n’avez pas de répondre d’ici là, c’est votre équipe qui paiera. On ne vous veut pas de mal. On désire simplement avoir l'avion. » L’homme quitta son champ de vision. Elle se sentait stupide d’hésiter. Parce qu’il était clair qu’elle allait sauver les vies plutôt que l’avion. Elle avait cependant vingt minutes pour élaborer un plan, sans connaître son actuelle situation. Restant sagement assise, elle fit travailler ses méninges. Elle pouvait compter sur elle, seulement elle. L’Atlante était seule en ce qui considérait l’élaboration d’un plan qui pourrait éventuellement tous les sauvés. Le problème ? Elle se sentait complètement démunie. Et terriblement épuisée.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 22 Déc 2013 - 10:51 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
* Quelque part en soute. *
* Cale. *
* Voilà. *
* Et son équipe ? *
* Enfermés dans des conteneurs, sur le pont d’un autre chalutier. *

Voilà qui était embêtant. Prendre le contrôle d’un navire était un jeu d’enfant — ou presque — mais si les pirates avaient eu l’excellente idée de ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier, il allait falloir agir avec plus de tact. Les pirates devaient être éprouvés par leur infortune. Du point de vue de Chase, il leur était impossible d’immobiliser l’USS Lincoln plus de quelques heures sans permettre à une partie de la flotte, mieux armée, d’arriver sur les lieux. Les terroristes devaient avoir conscience que l’équipe de l’UNISON ne constituait que le fer de lance de la cavalerie.

L’opération avait sans doute été conçue comme un cambriolage à hauts risques, mais tout en discrétion. Le gaz soporifique, la seule mort du capitaine, les chalutiers prêts à embarquer l’avion furtif sans se faire remarquer — Chase était prêt à parier que l’ensemble n’aurait dû durer que quelques heures et que si un vrai bâtiment de guerre parvenait jusqu’au théâtre des opérations, les terroristes seraient dans une situation délicate. C’était probablement pour cette raison qu’ils avaient réparti les membres de l’équipage sur deux bateaux, dans l’espoir que la marine américaine ne coulerait pas une vingtaine de ses hommes pour récupérer un seul avion.

Restait que la cale contenant le précieux avion devait être encore fermée — le passage de Chase avait anéanti les efforts précédents et l’ordinateur utilisé par les pirates auraient à nouveau besoin de plusieurs heures pour venir à bout de la combinaison électronique. Les terroristes n’allaient certainement pas détourner tout le Lincoln avec eux — il n’y avait rien de moins discret que de voler tout un bâtiment de guerre. Ils étaient donc dans l’impasse. Une excellente chose sur le long terme, qui rendait la victoire de l’UNISON absolument inéluctable, mais une situation volatile sur le court terme, où les tempéraments exaspérés pouvaient être portés à de regrettables extrémités.

* Chef ? Qu’est-ce qu’on fait ? *

Le Grand Maître International d’échecs se tira de ses considérations stratégiques. Il était l’heure de jouer son coup. Ou ses coups. Comme aux échecs écossaises, les terroristes avaient plusieurs coups d’avance et Chase était bien décidé à leur imposer un tout autre rythme.

* La bombe, elle fait exploser le navire ? *
* Non, difficilement, à moins de la poser comme eux dans la salle des machines. Elle le coulera quand même, ailleurs, en faisant un trou dans la coque. Mais ça prendra au moins une heure ou deux. *
* Parfait. Posez la bombe loin de la salle des machines et allez libérer Dana. Retournez sur le Lincoln, reprenez le contrôle de sa salle des commandes, rétablissez les communications et informez vous de l’arrivée des renforts.*
* Et vous ?*
* Je vais aller libérer l’équipage. *

Pendant que les jumelles se mettaient en route, la porte de la salle dans laquelle Chase était retenu s’ouvrit. Un homme apparut, un revolver à la main, et Chase leva les yeux au ciel.

— Vraiment ?
— Vous allez répondre à mes questions.
— C’est ça. Vous tombez à pique.

Chase fixa l’homme dans les yeux.

— Détachez moi.

Sans hésiter, l’homme rengaina son revolver, contourna la chaise et entreprit de libérer son prisonnier de ses liens. Le télépathe se redressa et l’homme prit aussitôt sa place, tandis que les cordages se resserraient à nouveau autour de lui, plus étroitement encore qu’ils ne l’avaient fait pour Chase. Puis son revolver vola dans la main du mentaliste.

— Vous devriez lire les journaux. Quand on me trouve endormi, il est plus prudent de me mettre une balle dans la tête.

Et, avec un sourire amusé, Chase quitta sa prison de fortune qui ne l’avait pas retenu bien longtemps. Son esprit s’étendait déjà dans le bateau. Il ne sondait pas les consciences qu’il trouvait sur son chemin : il n’en avait pas le temps et il avait besoin de sa concentration pour parer à de plus pressantes éventualités. Mais il situait leurs mouvements, beaucoup plus erratiques que les rondes bien réglées de ceux qui avaient été chargés de surveiller le Lincoln. De toute évidence, les terroristes, en attaquant un bateau au large des côtes hawaiennes, ne s’étaient pas attendus à tomber sur une résistance trop coriace et désormais, ils ne soupçonnaient pas qu’en capturant Dana et Chase, ils avaient fait entrer le loup dans la bergerie.

Pendant que les jumelles, après avoir posé et réglé la bombe pour une explosion un quart d’heure plus tard, se mettaient en route vers la cale où était retenue Dana, Chase, au contraire, progressait vers les ponts supérieurs, pour se retrouver le plus rapidement possible à l’air libre. Personne ne croisait son chemin, sans doute par tous ceux qui s’en approchaient d’un peu trop près se souvenaient subitement qu’ils avaient affaire ailleurs et tournaient les talons. L’arme dérobée par le mentaliste, devenue comme souvent inutile une fois dans ses propres mains, était toujours serrée dans sa main — Chase aimait que ses adversaires éventuels soupçonnassent le danger ailleurs que là où il était réellement.

Une fois arrivé à l’air libre, les poumons remplis d’air marin, Chase chercha des yeux la meilleure cachette. Il y avait les canots de sauvetage, arrimés à la coque, recouverts par leur bâche. Mais il n’aurait pas beaucoup de temps pour les atteindre. Il sentait toutes les présences. Il fallait leur impulser, pendant quelques secondes, l’idée de regarder ailleurs. Le pressentiment d’une vague menace. Profiter de la tension naturelle de leurs esprits, dans cette opération qui prenait pour eux un tour désastreux. Et ensuite, voler — il irait beaucoup plus vite en volant qu’en marchant, mais si ce pouvoir encore récent n’était pas encore tout à fait au point.

Une vague d’inquiétude monta ainsi dans le bateau et les occupants les plus proches de Chase se mirent à fixer anxieusement un point indéterminé, à l’ouest, tandis que le jeune homme fusait vers le canot, à une trentaine de kilomètres heures, quelques millimètres au-dessus du sol. Il dut s’y reprendre à deux fois pour attraper le bord de la petite coque, mais il parvint finalement à se hisser à l’intérieur et, bien dissimulé sous la bâche, il put reprendre son souffle et toute la concentration dont il aurait besoin pour la suite des opérations. Il s’agissait désormais de déterminer lequel des deux bateaux restants abritaient les conteneurs où étaient retenus les membres d’équipage.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 22 Déc 2013 - 18:22 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
En cale, un profond soupire se fit entendre. Évidemment, si elle avait le choix en l’avion de la DDS ou encore la vie de son équipe et de tout l’équipage de l’USS Lincoln, elle allait choisir de sauver les plusieurs vies. Même si cela signifiait donner aux terroristes une arme de plus pour mieux les affronter. Secouant la tête pour dégager les quelques mèches blondes qui le tombaient devant le regard, elle ferma de nouveaux les yeux. Ce mouvement brusque eu pour effet que de lui faire réaliser que sa tête allait toujours aussi mal. Dana essaya de chercher dans sa mémoire la source de tout ceci, en espérant que ce ne soit pas un effet secondaire de son petit sommeil prolongé. Plus elle cherchait dans sa mémoire, plus elle essayait de comprendre comment est-ce qu’elle était arrivée ici, plus tout devenait flou dans sa tête et plus elle se sentait perdue. Elle tira légèrement sur ses liens, pour voir leur solidité. De toute façon, si elle tentait de s’échapper, c’était son équipe qui écoperait, chose qu’elle ne pouvait se permettre. En tant qu’agente d’élite, celle qui avait la charge de ladite équipe, elle ne pouvait pas faire passer sa vie avant celle de ses hommes. Les yeux toujours fermés, elle se crispa lorsque des bruits parvinrent à ses oreilles. Cela faisait-il déjà vingt minutes que l’Atlante était plongée dans de profonde réflexion, n’ayant toujours pas avancé d’un pas dans son élaboration de plan. Elle détestait être ainsi dépourvue, comme s’il lui manquait des informations. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle ne pouvait pas laisser tomber. Même si elle leur disait qu’ils partiraient, sans un regard vers l’arrière, sans envoyer aucune équipe tenter de reprendre l’avion, rien ne lui garantissait qu’ils allaient s’en sortir vivants. Elle ne chercha même pas à se tordre le cou pour voir si c’était bien l’homme qui avait été présent un peu plus tôt qui entrait dans la pièce.

L’agente spéciale Néréide fut cependant surprise – bien qu’elle n’en laissa rien démontrer – que de voir les jumelles s’approchées d’elle. Rapidement, elle fut libérée de ses liens et elle put se mettre sur ses deux jambes. Elle se rattrapa cependant sur l’une des deux demoiselles, sa tête faisant des siennes. « Ce ne sera pas très long. » Quelques profondes inspirations plus tard, elle put se mettre sur ses deux jambes sans sentir le sol tanguer sous ses pieds. Jetant un coup d’œil à celle qui se trouvait à sa droite, elle lui demanda silencieusement où se trouvait son équipe, ses agents. Un autre chalutier. Oh, génial. Elle hocha de la tête tout en évitant de faire de gestes brusques et talonna les jumelles. Elle espérait ne pas tomber sur l’homme d’un peu plus tôt. Cherchant à sa ceinture son arme, elle réalisa qu’elle ne l’avait pas. Évidemment, avant de l’enfermer ici, ils avaient dut la désarmer. Ce qu’ils ignoraient, c’était que la plus grande force de l’Atlante résidait dans sa voix. D’un geste rapide, elle vérifia voir si elle portait toujours son collier, cadeau d’Adrian. Un artefact Atlante, un héritage familial. Elle suivit les jumelles, silencieuse, réfléchissant à toute allure. « Il faut que l’on se rende sur l’autre bateau » leur dit-elle, d’un ton qui se voulait autoritaire. Après tout, elle était actuellement dans son rôle d’agente d’élite, celle qui se devait de prendre les décisions. Toutefois, son idée fut immédiatement refusée comme l’une des jumelles lui répliqua simplement que Chase était sur le coup. Cela la rongeait, cependant, de savoir qu’ils étaient à la merci des terroristes. Elle espérait cependant silencieusement qu’Anthony ne fasse pas le con en essayant d’affronter plus fort – ou enfin, plus nombreux – que lui. Non, plutôt que de se rendre sur le bateau où se trouvait son équipe, ils allaient devoir se rendre sur le Lincoln. N’ayant pas trop le choix – et ayant trop mal à la tête pour s’obstiner – elle suivit les jumelles jusqu’au pont, où une passerelle reliait ce bateau-ci au Lincoln. C’était ainsi qu’ils avaient dut la traîner jusque dans la cale. Toutefois, elle n’avait aucun souvenir de l’abordage. Elle garderait ses questions pour plus tard. Rapidement, elle fut sur le pont du Lincoln, direction la salle des commandes. Elles ne croisèrent aucune résistance, sauf dans la salle. Deux hommes s’y trouvaient. Faisant un signe aux jumelles de ne pas bouger, elle fit tomber les deux hommes au sol d’une simple onomatopée. Puis elles entrèrent dans la salle alors que Dana s’occupait de ligoter les corps, un peu plus loin. Son mal de tête venant de s’accentuer avec l’usage de la modulation sonique.

Se rapprochant des jumelles, elle se massa les tempes. « Il s’est passé quoi, au fait ? » C’était noir, le brouillard total, elle ne comprenait rien de ce qui se déroulait sous ses yeux. Elle se souvenait d’avoir senti les trois navires, lorsqu’elle avait été sous l’eau. Elle se souvenait être remonté sur le pont et puis plus rien. Le vide. Il lui manquait une pièce du casse-tête, quelque chose qu’elle savait d’important. Pourtant, elle était là, cherchant dans sa mémoire des bribes de souvenirs qui n’existaient pas. Les jumelles lui firent rapidement part de ce qui s’était déroulé. Rapidement, la lumière se fit dans l’esprit de l’Atlante. « Et j’ai dut me cogner durement la tête en tombant, ce qui explique les pulsations et la douleur… » Thétis s’adressait plus à elle-même qu’autre chose. Un brouillard qui les avait immédiatement plongés dans un sommeil profond. Alors qu’elle laissait les jumelles faire ce qu’elles avaient à faire, elle inspira profondément, espérant que Chase avait réussi à s’occuper de l’équipe de l’UNISON et de l’équipage du Lincoln. Elle savait que son départ ne passerait pas inaperçu, la vingtaine de minutes étant écoulée depuis un petit moment déjà. « Est-ce qu’il semble y avoir du renfort ou il n’y a que eux ? » demanda-t-elle finalement, s’appuyant contre le mur. Elle ne pouvait pas faire grand-chose, avec sa tête qui menaçait d’exploser et Chase qui, semblerait-il, s’occupait de son équipe et de l’équipage. Soupirant, elle gardant son regard rivé sur l’écran, écoutant distraitement les communications, à l’attente de quelque chose. Une bonne nouvelle, de préférence.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 22 Déc 2013 - 19:19 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
La réputation des jumelles Averner n’étaient plus à faire et Chase ne doutait pas qu’elles fussent en train de remplir convenablement leur mission. Ce qui impliquait qu’il n’avait pas lui-même l’éternité pour mener la sienne à bien. Fort heureusement pour lui, les trois chalutiers et l’USS Lincoln n’étaient guère éloignés les uns des autres, sans doute pour permettre aux pirates de transporter otages et matériels plus aisément d’un pont au prochain. Et puisque il y avait deux fois plus de présence dans un navire que dans l’autre, Chase n’eut pas de grandes difficultés à déterminer quelle devait être sa cible.

Il souleva légèrement la bâche qui recouvrait son canot de sauvetage, pour estimer la distance qui le séparait de l’autre navire. Elle n’était pas très grande et même si sa vitesse de pointe, en vol télékinétique, n’était pas des plus élevées, il estimait pouvoir la parcourir en peu de temps. Il lui fallait simplement une bonne diversion. On lui avait bien sûr ôter sa montre, mais l’explosion orchestrée par les jumelles était sans aucun doute prochaine et, sur le qui-vive, Chase se résolut à attendre la détonation, pour profiter de la confusion qu’elle entrainerait immanquablement.

Sa patience ne fut pas mise à trop rude épreuve. Peu de temps après son premier repérage, le navire auquel le canot était rattaché fut traversé d’une violente secousse alors qu’une détonation assourdie se faisait malgré tout entendre au loin. Il y eut rapidement des cris et Chase en profita pour soulever la bâche et se jeter dans le vide — en tentant de ne pas paniquer. Fort heureusement, il s’était déjà entraîné de nombreuses fois dans le cadre sécurisant de sa Forteresse Onirique et si se jeter à l’eau — très littéralement — dans la vie réelle était certes bien différent, les sensations demeuraient familières.

Le mentaliste frôla la surface de l’eau aussi rapidement qu’il en était capable, tandis qu’il laissait derrière lui un chalutier en plein chaos. Juste retour des choses, dans la mesure où la bombe que les jumelles avaient utilisée pour couler les pirates était précisément celle qu’ils avaient posé eux-mêmes sur l’USS Lincoln. Au bout de quelques minutes, trop longues à son goût, alors qu’il se sentait exposé et vulnérable, au-dessus de l’océan, Chase parvint contre la coque du navire où étaient détenus l’équipage du Lincoln et les agents de Dana.

La tentation était grande de gagner le pont supérieur sans attendre, mais en se concentrant pour se maintenir en lévitation, Chase se sentait bien incapable de contrôler les esprits d’éventuels gardes. Il jugea donc plus sage de s’introduire dans le second chalutier par un hublot rapidement disjoint par une manipulation télékinétique. Le mentaliste termina donc son épopée marine dans ce qui paraissait être, à en juger par les alignements de conserves, un sellier. Il n’était pas fâché de ne pas avoir prolongé l’expérience du vol : il était loin de trouver pour l’heure à ce mode de déplacement tout le charme qui lui vantait Solar. Plus tard, dans d’autres circonstances, peut-être.

Pendant que le chalutier qu’il avait quitté perdait de plus en plus dangereusement son équilibre, rompant au passage la passerelle qui le liait au Lincoln, le troisième navire, libre de toute cargaison, entamait tant bien que mal une manœuvre d’approche, pour secourir l’équipage. La confusion était totale et Chase savait que les renforts de l’armée américaine trouveraient à leur arrivée une flotte ennemie entièrement désorganisée. Sa tâche n’était pourtant pas encore accomplie et, pour la troisième fois de la journée, le jeune homme entama une lente progression dans les entrailles d’un bateau inconnu, attentif à la circulation des esprits, détournant ceux qui s’approchaient trop près et empruntant aux uns et aux autres quelques détails sur le plan général des coursives.

Toutes ces précautions ralentissaient sa marche et il fallut encore un moment pour atteindre en toute sécurité le pont supérieur. Là se tenait le conteneur où étaient enfermés les soldats et les agents de l’UNISON. Sous bonne garde, évidemment : quatre hommes armés, aux quatre coins de l’immense caisse de métal. Mais c’était précisément ce dont le mentaliste avait besoin : des pions à manipuler. Sans quitter l’abri de la coursive dans laquelle il était dissimulée, Chase plissa les paupières et se concentra.

Sur le conteneur, les barres métalliques qui retenaient la porte fermée commencèrent à se tordre. Les faire céder n’était pas chose aisée, mais le mentaliste, capable d’appliquer une pression de près de vingt tonnes, ne doutait pas d’y parvenir. Le grincement du métal en torsion ne manqua pas d’attirer l’attention des quatre gardes, qui se précipitèrent pour observer l’étrange phénomène. Persuadés que l’un des agents de l’UNISON était en train de préparer une évasion, ils épaulèrent leurs fusils et visèrent la porte, prêts à tirer dans le tas des prisonniers.

La barre métallique céda et aussitôt, l’esprit de Chase abandonna son exercice en force pour infliger aux quatre gardes un violent choc mental. Quand les soldats s’aventurèrent enfin hors du conteneur, ils trouvèrent ainsi quatre hommes à leurs pieds et des armes prêtes à l’emploi. Chase, quant à lui, se massait les tempes — tout cela commençait à devenir somme toute un peu éprouvant et si, avec la libération de l’équipe du Lincoln, un deuxième navire allait passer sous leur contrôle, le mentaliste espérait que les renforts ne tarderaient guère : la fatigue n’allait pas lui permettre de jouer aux poids et haltères psychiques toute la journée.
Revenir en haut Aller en bas



USS Lincoln

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant



Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-