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On rejette toujours la faute sur le messager #Jay

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Message posté : Lun 18 Nov - 17:35 Message
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Marrant comme les choses pouvaient changer en peu de temps. Aishlinn avait l’impression qu’elle était venue voler des œufs chez Jay – elle avait un vrai prénom depuis – tellement d’évènements lui étaient arrivés entre-temps. Abban qui se barrait souvent, ses nouveaux cours, son emménagement dans un manoir dans lequel elle arrivait encore à se perdre, son nouveau job de couverture. Finalement, les vols, c’étaient encore ce qu’il y avait de plus stable dans sa vie. Ce qui lui convenait bien, elle n’allait pas s’en plaindre.

Deux raisons l’avaient poussé à revenir dans ce quartier. La première, c’était un besoin de revenir aux sources – à défaut de retourner en Irlande – parce qu’elle préparait un vol dans un musée, que ça la travaillait et qu’elle avait besoin de prendre l’air. La deuxième, parce que l’avocate de son frère – qui n’était pas vraiment son avocate mais à qui il vouait une sorte de culte – avait décidé qu’elle devait jouer les intermédiaires. A croire qu’il y avait écrit « relations publiques » sur son front, pfff. Mais apparemment, garder l’avocate dans ses relations était une bonne chose alors, Aishlinn s’y pliait un peu.

Habitant dans les environs de Star City, l’Irlandaise se déplaçait maintenant à moto. Loin de lui déplaire, surtout quand elle l’avait trouvé dans le garage du manoir Nalebo. L’utiliser après avoir passé du temps dessus à la retaper, ça avait forcément quelque chose d’appréciable. Cela dit, elle connaissait que trop bien le quartier alors, c’est ailleurs qu’elle l’avait garé pour finir sa balade à pied. Mains dans les poches de sa veste en cuir, converses foulant le sol – la rendait un peu plus petite qu’avec ses talons – et son jean finissant de se déchirer doucement en bas, à force de frotter sur le sol, elle laissa passer un léger sourire.

Un peu plus loin la maison des Lane, elle ne savait même pas pourquoi ça la faisait sourire. Le type qui y vivait était quand même un putain de misogyne mais, en même temps, il n’avait pas cherché à lui fracasser la tête à coup de batte de baseball alors, ça compensait. Puis, sans en avoir la certitude, elle avait eu l’impression de faire à manger, de temps en temps, pour quelqu’un d’autre. C’était plutôt cool. Ah moins que, ce qui la faisait marré, c’était le fait que ce type soit le frangin de l’autre avocate. Aucune ressemblance ! Elle trouvait même étonnant que la frangine ait pu se casser plutôt que de finir en femme de ménage pour le frangin qui n’avait pas l’air de concevoir une femme ailleurs que dans une cuisine ou avec un balai à la main.

S’approchant elle trouva, le soi-disant, Tom devant sa baraque et, apparemment, son pick up lui causait quelques soucis. Elle s’arrêta un instant, prenant le temps de réfléchir à ce qu’elle voulait faire puis, finalement, dans un soupir, elle alla en direction du véhicule. Le gars, là, il avait la tête penchée sous le capot. Autant dire qu’elle prit une précaution pour ne pas faire de bruit, allant même jusqu’à se dématérialiser pour être certaine de ne pas se faire entendre. Se calant derrière lui, elle se pencha légèrement.

« Tu d’vrais faire gaffe à n’pas t’redresser trop brusqu’ment, tu risqu’rais de t’manger l’dessous du capot »

Arriver derrière quelqu’un discrètement, parler sans prévenir, ça avait tendance à surprendre les gens. Ce qu’elle adorait. Cela dit, dans le doute, elle s’était quand même dématérialisée en faisant un pas sur le côté. Il y a des gens avec des réactions trop violentes, des fois, quand ils sont surpris. De cette manière, en cas de mauvaises réactions, elle ne risquait pas grand-chose. Fière de sa connerie – elle avait 19 ans, il ne fallait pas lui en vouloir – elle retrouva sa consistance, en désactivant son pouvoir, une fois toute menace potentielle écartée. Ne préférant pas savoir si elle allait être resituée ou pas, parce qu’elle savait qu’elle se sentir vexée s’il ne voyait pas qui elle était, elle préféra prendre les devants et rafraichir son éventuel mémoire.

« Linn, celle qu’a emprunté des œufs, un soir. » Elle haussa les épaules, toujours pas perturbée par ce qu’elle avait pu faire. Puis ça va, elle l’avait largement dédommagé pour cet emprunt, qui n’était toujours pas un vol. « Qu’est-c’qui s’passe ? » Elle désigna la partie où se trouvait le moteur du véhicule d’un hochement de tête. « T’sais, j’peux jeter un œil, s’tu galères. »

La chose qui lui paraissait carrément normale mais elle en vint à se dire que, lui, il pensait que les femmes devaient faire à bouffer alors, qu’une gamine de 19 ans trifouille un moteur, ça devait carrément être en dehors de sa conception des choses. Les préjugés, pfff, vraiment n’importe quoi. Les mains toujours dans les poches parce qu’il était hors de question de toucher quoi que ce soit sans autorisation – un motif pour hurler, selon elle –, elle haussa une nouvelle fois les épaules pour ajouter une précision.

« Mon père avait un garage, il m’a appris pas mal de trucs. »

Ce qui, dans le fond, n’était pas un mensonge. Même si elle avait continué d’apprendre quand il s’était retrouvé en prison.
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Message posté : Lun 18 Nov - 21:04 Message
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Cela faisait quelques jours que le pick-up de Jay faisait quelques bruits bizarres chaque fois qu'il le démarrait, mais ce n'était pas bien grave : vu l'état de la bagnole – ou plutôt poubelle – qu'elle produise des crissements ou des toussotements était parfaitement normal. Sauf que ce matin-là, lorsque le texan avait essayé de la démarrer la saloperie s'était contentée de crachoter péniblement avant de retomber dans le silence. Plusieurs nouvelles tentatives n'avaient en rien arrangé les choses et au final, Jay avait été quitte pour remonter ses manches et aller mettre son nez dans le moteur. Oh, ce n'était pas une chose qui le dérangeait, le trentenaire passait pratiquement tout son temps libre à trifouiller cette vieille guimbarde pour essayer de lui offrir quelques années de plus. Ce n'était pas vraiment des soucis d'ordre financier qui l'empêchaient de l'échanger contre un nouveau pick-up, mais plutôt quelque chose d'ordre sentimental. Difficile à envisager, mais pourtant c'était le cas : Jay était attaché à cette vieillerie et il n'avait aucune envie de la remplacer par un nouveau véhicule flambant neuf. Puis, soyons honnêtes : il n'avait pas la gueule à conduire un véhicule flambant neuf ! C'était la meilleure solution pour se faire arrêter par tous les flics du coin qui s'imagineraient qu'il venait de le voler.

C'était pour cette raison qu'il était penché au-dessus du moteur, se souciant assez peu du fait qu'il offrait une « cible » parfaite pour une blague moisie. Ce n'était pas ses frangins qui s'approcheraient suffisamment doucement pour ne pas se faire repérer, quant aux autres... Jay ne connaissait personne qui puisse avoir l'idée de venir lui jouer un sale tour. Enfin, sauf la sale gosse de l'autre soir, mais il ne l'avait plus revue depuis ce moment-là et n'imaginait donc pas la voir débarquer à un moment pareil. Lorsqu'elle commença à parler, le texan fut pris par surprise et ne put s'empêcher de faire ce qu'elle lui déconseillait justement : se redresser brusquement et se cogner dans le capot de la voiture. Heureusement il eut le réflexe et reculer et de retirer ses mains : le capot avait sursauté et le maintien qui le gardait ouvert avait sauté. Tel un couperet, le morceau de tôle se renferma dans un grand bruit et lui aurait certainement sectionné les doigts – ou ce qui dépasserait – s'il ne les avait pas retirés à temps.

« Putain ! Bordel ! »

C'était plus la surprise que la colère qui le faisait jurer comme un charretier. Tournant la tête vers la gamine, Jay lui décrocha un regard noir qui montrait qu'elle avait bien fait de reculer, mais il se souvint alors que c'était « le contact » qui le liait à Charlie : il ne pouvait pas l'abîmer sinon adieu les échanges avec la sœur.

Elle reprit la parole pour se présenter au cas où il l'aurait oubliée, ce qui aurait très certainement été le cas si elle n'avait pas été la gamine citée par Charlie lors de leur dernière discussion. Soupirant légèrement, le texan détourna son attention d'elle pour ouvrir à nouveau le capot et rattacher le maintien d'une manière plus sûre. Même si ce n'était pas insupportable comme douleur, ça restait désagréable de se taper la tête contre ! Linn en profita pour lui proposer son aide, ce qui lui valut un regard sceptique qui montrait clairement que, pour lui, la place d'une femme n'était pas le nez dans le cambouis, mais derrière un fourneau. Sauf Charlie bien sûr. Soupirant une fois de plus, il répondit enfin.

« Ma grand-mère savait faire la cuisine, c'est pas pour autant que c'est mon cas. » Jay ou l'art de comprendre les gens. À ses yeux le gène X de Linn la rendrait incapable de faire de la mécanique. « Elle démarre pas c'est tout, je cherche d'où ça vient. »

Bizarrement il considérait son pick-up comme « une gonzesse » puisqu'il parlait de lui au féminin, mais cela ne lui effleura pas l'esprit. Se penchant pour récupérer l'outil qui était tombé dans le moteur au moment où il avait sursauté, Jay en profita pour relancer la gamine sur un autre sujet.

« T'es venue là juste pour m'emmerder ou c'est parce que j'te manque déjà ? » Bien évidemment, sa présence était tellement agréable qu'elle devait en avoir rêvé. « Mes frangins sont pas là. » Manière subtile de lui faire comprendre que si ça concernait Charlie, c'était le bon moment. Il se redressa pour la regarder. « Et ton père t'a appris à bricoler des bagnoles américaines ? Parce que c'est pas tes caisses bizarres, si tu fous la merde là-dedans t'as intérêt à cavaler vite. » Autrement dit, elle avait le feu vert pour mettre son nez dans ses affaires. « Tu m'as raconté des bobards, tu t'appelles pas Linn. »

Toujours reprocher quelque chose à quelqu'un, c'était plus fort que lui, il n'arrivait pas à avoir une discussion « normale » avec qui que ce soit.
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Message posté : Mar 19 Nov - 1:36 Message
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Heureusement qu’il avait de bons réflexes, elle n’avait pas prévu de voir le capot manquer de lui sectionner un doigt ou deux. Elle afficha un air à la fois surpris et désolé, sans s’empêcher de sourire un peu. Vu qu’il n’avait rien, au final, ça restait quand même un peu marrant, en tout cas ça l’était à ses yeux. Peut-être moins pour lui. Hey, deuxième fois qu’il ne lui arrachait pas la tête, finalement, il n’était peut-être pas si détestable que ça. En revanche, ce fut à son tour, à elle, de soupire en levant les yeux au ciel quand il afficha un air sceptique avant d’expliquer un truc sur sa grand-mère.

« Ouais ben ça, c’est surtout parc’que t’as des principes d’merde, à mon avis. »

S’il avait pris le temps de s’intéresser un peu à la cuisine plutôt que de croire que c’était la place des femmes, peut-être qu’il se serait montré doué dans le domaine. Le ton n’était pas critique, c’était juste Aishlinn et sa façon de dire les choses sans trop se demander si c’était politiquement correct ou pas. Puis bon, elle n’allait pas faire d’effort particulier devant un type dont les deux premiers mots ont été « putain » et « bordel ». Le fait de parler de sa voiture au féminin ne l’interpella pas spécialement. Les jumeaux avaient Macha alors, elle utilisait souvent le « elle » pour en parler.

« Mouais, c’est ça. Ç’fait longtemps qu’j’me suis pas r’trouvée face à un type avec une batte, j’me suis dit qu’ça m’manquait, donc, j’suis v’nue. »

Elle soupira en secouant la tête histoire d’ajouter un peu plus de profondeur au ton ironique qu’elle venait d’employer pendant que Jay expliquait que ses frères n’étaient pas. Ok, message reçu. Elle quitta le pick up des yeux pour relever son regard sur le type qui, décidément, avait décidé de remettre en cause tout ce qu’elle disait. Une voiture c’était sacrée, elle n’allait pas faire n’importe quoi si elle n’était pas certaine d’elle. Puis… Euh, les voitures bizarres, venant d’un type dont le pays n’était pas foutu de mettre plus de deux pédales sur une bagnole, c’était un peu l’hôpital qui se foutait de la charité. Et, sans la moindre transition, voilà qu’elle était accusée de lui avoir menti. Ça la fit sourire.

« C’est à moi qu’tu dis ça ? J’ai juste filé un diminutif, c’est comme ça qu’on m’appelle. Par contre, faudra m’expliquer l’rapport entre Tom et Jay. » Quelle drôle d’idée de lui reprocher ce qu’il avait pu faire lui-même. « Au passage, Tom, c’est vraiment pourri com’prénom. » Ça lui faisait toujours penser à Tom et Jerry, du coup, ça faisait nom de chat complètement con pas foutu de chopper une souris. Pas très glorieux. « Et arrête d’paniquer, j’vais rien lui faire à ta voiture ! »

Qui était une antiquité mais, c’était bien l’un des domaines où ça ne la dérangeait pas. Elle retira sa veste, qu’elle posa sur le toit du pick up, avant de remonter les manches de son pull. Il allait probablement mourir après avoir regardé la voiture mais c’était bien moins grave que de bousiller sa veste, à laquelle elle tenait. Elle prit place devant la voiture, une main posée en appuie dessus pendant que l’autre suivait tout un réseau, le premier problème d’une voiture qui ne démarrait pas étant souvent un blocage, quelque part, empêchant le carburant de parvenir correctement. Et pendant qu’elle regardait quelques trucs, elle se lança sur le sujet de l’avocate.

« Et ta sœur, là, elle voulait qu’j’te dise qu’elle allait bien parc’que, appar’mment, y a les journaux qui ont parlé d’un problème qu’elle avait eu à cause d’un juge corrompu, j’sais pas trop quoi. » Comme si elle avait une tronche à lire les journaux tous les matins, sans déconner ! Son truc à elle, c’était d’étudier des plans, pas de regarder à quel point la justice pouvait être corrompue. « Elle est restée évasive mais, à part quelques coupures, elle n’avait pas l’air blessée. Elle a dit qu’il fallait pas s’inquiéter. »

On ne lui avait pas demandé de faire un inventaire de potentielle blessure mais, c’est la première chose qu’elle aurait voulu savoir si on lui avait dit qu’Abban avait eu un problème avec un type louche. Elle vérifia une vanne qui était supposée couper l’essence en cas d’accident, le truc pour éviter les explosions en cas de collision grave. Il n’y a que les voitures au cinéma qui n’avait pas ce système-là, étant donné leur capacité à exploser de manière spectaculaire. Bref, des fois, cette merde se s’activait toute seule. Ses vérifications faites, elle tourna la tête vers Jay.

« Ta bagnole, elle n’démarre pas du tout ou juste elle patine dans le vide ? » Bon en fait, le mieux était encore de lui demander de faire démarrer la voiture pour voir le bruit qu’elle faisait au démarrage, au moins histoire d’identifier si le problème venait du démarreur ou autre chose. Mais elle supposa que demander à Jay de le faire allait être considéré comme un ordre et que, par définition, ça allait poser problème. « Elle fait quoi comme bruit quand t’essayes d’la démarrer ? »

Au moins, comme ça, s’il ne voulait pas se mettre à imiter les différents bruits que ça pouvait faire, il allait sûrement faire un essai pour lui montrer. Ca viendrait de lui, il ne sentirait pas commander par une gamine, en plus d’être une fille. Puis l’autre avantage c’était que ça lui permettait de réfléchir, pour savoir si elle devait parler du fait que l’avocate se tapait le marchand d’armes. C’est qu’elle n’était pas tellement certaine que ça faisait partie de son contrat… Inexistant légalement, au passage.
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Message posté : Mar 19 Nov - 15:10 Message
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Le reproche sur le faux prénom qu'il avait donné ne sembla pas toucher Jay. D'une parce qu'il n'avait pas menti – elle lui avait demandé un prénom et non SON prénom, c'était différent. Puis de deux, parce qu'elle ne s'était pas gênée pour lui mentir tout le long de leur discussion, elle ne récoltait donc que ce qu'elle avait semé ! Quant à la classe du prénom « Tom », Jay s'en tamponnait totalement. Il n'avait jamais trouvé son véritable prénom particulièrement intéressant et disons que ce n'était pas le genre de trucs qui avaient de l'importance pour lui. Le texan se contenta de secouer la tête pour faire comprendre à la jeune femme qu'il n'avait rien à se reprocher.

« Hey ! Tu m'avais demandé un prénom, pas mon prénom. T'as pas arrêté de jouer sur les mots en refusant de me donner des infos parce que je demandais pas pile poil ce que je voulais, alors fallait pas t'attendre à ce que je réponde franchement pour tes beaux yeux ! » Il renifla avant de reprendre. « Tom au moins c'est américain, pas comme ton prénom tordu à coucher dehors. »

Et bim, vanne raciste qui ressortait, c'était plus fort que lui. Il ne se souvenait d'ailleurs plus de son prénom exact, trop de lettres et trop de syllabes, ce n'était pas pour rien qu'ils avaient tous surnommé Abraham « Earl », l'original était bien trop compliqué pour être retenu. Au fond, il s'en foutait : ils n'allaient quand même pas se crêper le chignon juste pour un prénom sans intérêt ! La gamine s'occupait déjà de mettre les mains dans le cambouis et le fait qu'elle le fasse malgré les habits qu'elle portait lui permis de remonter un peu dans l'estime du trentenaire. Il voyait toujours les femmes comme des choses précieuses et il était peu probable qu'une bimbo du coin accepte de remonter ses manches pour trifouiller dans un moteur crasseux avec ses ongles manucurés. Mais bon, ce n'était pas pour autant que Jay allait se montrer forcément aimable avec elle : son comportement rentre-dedans finirait par faire des étincelles à force d'être en contact avec le sien.

Après avoir trifouillé quelques instants, elle reprit finalement la parole pour parler de Charlie et lui balancer qu'elle aurait eu quelques ennuis à cause d'un juge peu recommandable. Il songea aussitôt au fameux dossier dont elle avait rechigné à parler lors de leur dernière discussion et une bouffée de contrariété l'étreignit aussitôt, mais il se débrouilla pour garder ses remarques pour lui. Ce ne fut que lorsqu'elle parla de « quelques coupures » que Jay ne parvint pas à retenir ses questions et reprit la parole.

« Quelques coupures ? Ouais enfin, avec elle même le bras en moins ça serait un truc sans intérêt. C'est quoi comme genre de coupures ? Tu l'as vue pour savoir qu'elle avait pas l'air blessée ou tu lui as causé au téléphone ? » La pauvre n'était certainement au courant de rien de plus, mais c'était la messagère et donc forcément la responsable. « Pas s'inquiéter, elle est marrante avec ses conseils elle. » Le ton était contrarié, mais il n'en voulait pas à Charlie pour autant. « Faudrait que j'pense à acheter le journal un jour. »

C'était une pensée pour lui-même, vu le nombre de fois où sa sœur était citée dans le journal, ça ne serait pas une perte d'argent c'était certain. Pendant qu'il pestait, Aishlinn avait continué sa vérification du moteur et lui posa finalement une question qui le ramena à la réalité. Il prit la peine de répondre avant de faire la démonstration.

« Elle patine dans le vide, elle tousse et elle s'éteint. »

Apparemment Aishlinn avait mieux trouvé le mode d'emploi de Jay que Charlie vu qu'elle avait dit ce qu'il fallait pour qu'il fasse ce qu'elle voulait. S'éloignant de quelques pas, il se glissa derrière le volant pour actionner la clé qui était toujours dedans – personne n'aurait l'audace ou l'idiotie de voler ce pick-up de toute manière. La voiture toussota avec difficulté avant de finalement s'éteindre pour de bon. Il ne persista pas.

« Si je continue, ça va noyer le moteur. » Même si elle s'en doutait certainement. Il quitta sa place pour la rejoindre. « C'est pas la première fois qu'elle me le fait, mais habituellement ça se règle en deux minutes, là ça traîne. » Le ton était une fois de plus assez contrarié. « Puis pour Charlie, comment tu la connais déjà ? Tu t'es quand même fait arrêter ? Finalement t'es pas aussi rapide que tu le croyais. »

Provocation un jour, provocation toujours comme le disait l'adage.
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Message posté : Mar 19 Nov - 19:05 Message
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Plutôt que de se vexer en comprenant qu’il avait joué sur les mots, Aishlinn afficha un large sourire. C’était le genre de choses qu’elle aurait pu faire alors, ça l’amusait. C’était de bonne guerre et ça lui plaisait bien. Finalement, il n’était peut-être pas aussi débile que ce qu’il pouvait laisser au premier abord. Elle afficha une moue faussement déçue, avec des yeux ronds comme le chat potté quand il assura ne pas s’amuser à lui répondre juste pour ses beaux yeux. Une attitude qu’elle ne sut garder bien longtemps, préférant secouer la tête à l’idée que son prénom était trop compliqué et, surtout, qu’il n’avait rien d’Américain.

« D’où le Linn, c’est qu’j’ai essayé d’ne pas trop t’perturber avec un prénom trop long ! »

Le ton était amusé, franchement, elle se foutait pas mal de ce qu’il pouvait penser de son prénom. Ce dernier avait été choisi en ouvrant une page des prénoms d’un livre. Pas pour rien que son frère et elle avaient un prénom commençant par un A, leur mère ne s’était pas trop foulée pour donner un prénom à ses rejetons. Misogyne et raciste sur les bords, à se demander comment il arrivait à s’en sortir dans la vie, sans se faire démonter la tronche par des personnes qui trouvent ces pensées arriérées. Mouais, ce n’était pas son problème après tout.

Elle avait un peu de mal à comprendre la relation entre Jay et sa sœur. Franchement, le jour où elle devrait passer par un intermédiaire pour filer des infos à Abban, elle… Non, c’était inconcevable d’en arriver à ce stade-là. Le problème, pour eux, semblait venir des autres frères mais, elle n’avait pas eu trop d’informations et n’avait pas cherché à en avoir. Là, encore, ce n’était pas son problème mais, tout de même, ça restait assez intriguant comme situation surtout qu’il avait l’air de s’inquiéter pour sa sœur. Tient, d’ailleurs, elle était bien incapable de dire lequel des deux étaient le plus âgés, elle misait sur lui mais elle n’en aurait pas mis sa main à couper.

Avant de lui répondre, elle le laissa lui expliquer ce que faisait la voiture, et regarda du côté du moteur quand il alla la démarrer. Ce qu’il ne pouvait pas voir, c’était le sourire qu’elle avait fait en le voyant se glisser derrière le volant, parce que ça avait été tout le but de la manœuvre sans jamais le demander directement. Et, en dehors de ça, au moins ça donnait une idée d’où pouvait venir le problème. Elle le laissa revenir, pendant qu’elle était en train de débrancher la batterie, si elle pouvait éviter de recevoir un coup de courant, c’était quand même mieux.

« Mouais si c’est pas la première fois, ç’doit venir des bougies. » L’avantage c’est qu’elle était capable de se concentrer sur le cache du moteur à virer, et des câbles d’allumage tout en poursuivant une conversation à côté qui, apparemment tournait sur la manière dont elle connaissait Charlie. « Non, j’me suis pas faite arrêtée. » Le ton était vexé, comme si elle trouvait inconcevable qu’on puisse penser qu’elle était assez stupide pour se faire prendre. « C’mon jumeau qui la connait, à la base. ‘Fin, il s’est pas fait arrêté non plus, il… » Ouais peu importe, elle ne voyait pas vraiment comment expliquer à Jay qu’Abban avait tenté de voler un dossier chez l’avocate. Elle n’était pas persuadée que cela soit bien vu. « J’crois qu’il est fan, non mais, genre, t’vois, il lui a d’mandé un autographe. »

Elle soupira en secouant la tête. Abban et sa tendance à être en admiration devant les personnes qu’il considérait comme des super-héros.  Ça va quoi, ce n’était qu’une avocate, elle n’avait même pas de pouvoir. Pff. Elle se redressa pour voir la caisse à outils qu’il avait sortie et, la désigna pour savoir si elle pouvait s’en servir, avant de prendre une clé, puis une autre en s’apercevant que la première était un peu trop grande. Bref, elle reparti dans son démontage, pour se décider à lui répondre sur ses interrogations précédentes.

« Et, ouais j’l’ai vu, parc’que c’est pas elle qui a parlé d’blessures. » Ce qui, apparemment, à l’écouter, était quelque chose de normal. « Et j’sais pas, genre plein d’petites coupures, genre, euh… Un peu comme si elle avait fait une rencontre avec une vitre brisée ou qu’elle s’amuse à casser des verres à mains nues. » C’est qu’elle n’avait pas les détails de ce qui s’était passé exactement, on ne lui avait pas expliqué grand-chose. « C’la dit, sans vouloir vexer personne, j’trouve un peu zarbe qu’une avocate avec, soi-disant, un sens d’la justice particulier, s’tape un marchand d’armes. »

Concentrée sur l’extraction d’une bougie, elle n’avait pas tellement réfléchi à ce qu’elle disait. A croire qu’Aishlinn avait un don tout particulier pour balancer des trucs, qu’elle aurait habituellement gardés pour elle, quand elle était concentrée sur autre chose. Une faiblesse déjà vue et mise en application lors de la construction d’un sort. La bougie en main, elle posa la clé sur le bord de la voiture avant de tourner son regard sur Jay, et en comprenant ce qu’elle venait de dire.

« Ouais ‘in, j’en sais rien en fait, j’ai rien vu, juste qu’elle l’a trainé chez elle alors qu’elle s’rendait à son boulot. »

Ce qui était peut-être normal, elle avait peut-être une disposition toute particulière à ne pas se rendre à son travail. Elle haussa les épaules, en se disant qu’elle allait devoir trouver une explication si on lui demandait comment elle pouvait savoir qui était le type qui accompagnait Charlie. Elle plissa légèrement les yeux.

« Mais, sérieux, vous pouvez pas vous appeler pour donner d’vos nouvelles. Pas qu’traverser toute la ville pour filer des infos m’dérange. » Peut-être un peu quand même, elle n’avait pas signé pour un boulot de coursier. « Mais, enfin t’aurais plus d’infos en lui demandant direct’ment, non ? »
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Message posté : Mar 19 Nov - 20:17 Message
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Les bougies, encore une merde qui ne cessait de lui poser des problèmes. Il y avait songé après avoir fait les vérifications habituelles, mais vu qu'Aishlinn avait choisi ce moment pour lui faire frôler l'amputation des doigts, Jay n'avait pas eu le temps de vérifier. Puis maintenant, bien que ce n'était pas dans ses habitudes, le texan avait décidé de la laisser se démerder pour voir si c'était juste de la gueule ou si elle savait réellement s'y prendre avec les bagnoles. Ce serait une manière de remonter dans son estime, même si Aishlinn devait totalement se moquer de ce qu'il pouvait bien penser d'elle ! Elle lui expliqua comment est-ce qu'elle avait rencontré Charlie, c'était la « faute » à son frangin donc ? Le trentenaire la regarda d'un air sceptique lorsqu'elle lui avoua qu'il avait été jusqu'à demander un autographe à Charlie. Un autographe ? Elle était devenue célèbre à ce point-là ? Jay avait du mal à situer, pour lui ça restait Blondie la gamine qu'il connaissait depuis toujours, pas une avocate sur le devant de la scène.

« Un autographe ? Il voulait pas plutôt falsifier sa signature ? Ca reste qu'une avocate, j'vois pas l'intérêt d'avoir sa signature... » Il n'avait jamais compris cet engouement pour les célébrités. « Charlie s'occupe des mioches qu'ont pas de problèmes maintenant ? »

Parce que l'Irlandaise restait « une mioche » à ses yeux. Comme il devait passer pour un vieux aux siens. Jay se contenta de hocher la tête lorsqu'elle voulut se servir dans la caisse à outils et il l'écouta avec une patience qui ne lui était pas familière. Vu qu'elle semblait être la seule au courant des emmerdes de sa frangine, il devait bien faire un effort avec elle ma foi ! Le texan arbora un air toujours aussi contrarié alors qu'elle lui balançait que ce n'était pas des blessures très graves et émit une hypothèse sur la manière dont elle avait bien pu se les faire. Frapper une vitre ? Si elle avait été avec quelqu'un il aurait pu parier sur la thèse de la dispute conjugale, mais là.... Jay espérait simplement que ce n'était rien de bien grave, mais il connaissait assez sa sœur pour savoir qu'elle ne l'avouerait pas même s'il la poussait à bout. De toute manière, ses pensées furent rapidement balayées par la bombe que lâcha Aishlinn en parlant d'un type que Charlie se taperait. Il lui décrocha un regard plus ébahit que colérique, pas très sûr d'avoir correctement compris ce qu'elle voulait dire. Sa sœur qui coucherait avec quelqu'un ? C'était impensable, pourtant il savait bien qu'elle ne devait pas avoir mené une vie d'abstinence depuis son enfance, mais bon. Pour le coup, Jay préférait éviter d'imaginer des trucs à ce propos, mais Aishlinn en rajouta une couche.

Les précisions apportées n'atténuèrent pas la surprise du texan qui se muait petit-à-petit en une colère franche. Aishlinn dût finalement perdre le mode d'emploi pour savoir comment lui causer puisqu'elle aborda un sujet épineux au même moment. La distance que ses frangins lui imposaient vis-à-vis de Charlie le travaillait beaucoup et il n'avait pas envie d'en parler en temps normal, mais là, après avoir appris que sa frangine avait quelqu'un dans sa vie – ou du moins dans son lit – c'était comme de proposer à son ex qu'on venait de plaquer d'être le témoin de son prochain mariage. L'expression de Jay devint clairement contrarié, pour ne pas dire franchement énervée et le ton allait de paire.

« Heureusement qu't'es là, j'y avais jamais pensé tout seul ! » Cette fois-ci ce n'était plus de l'ironie ou de la moquerie, mais un ton réellement agressif. « T'es peut-être pas blonde, mais t'es aussi conne que si c'était le cas. Si j'pouvais faire ça, tu crois pas que j'préférerais plutôt que de me coltiner ces discussions avec toi ? » Comme avec Charlie, il devenait blessant en étant énervé. « Et c'est qui ce connard qu'elle a ramené chez elle ? Tu les as vus quand ? Tu le connais pour savoir qu'c'est un marchand d'armes ? »

Il l'insultait et attendait bien évidemment qu'elle parle de ce qu'elle avait vu. Peut-être qu'elle comprendrait cet énervement – et encore, c'était un euphémisme – de savoir que sa sœur avait une vie sentimentale. À moins qu'elle ne soit de ceux qui se réjouissaient de voir leur fratrie casée ? Jay trouvait ça débile, Charlie valait largement mieux que tous les crétins que cette ville de demeurés pouvaient abriter et même sans avoir vu l'heureux élu il pouvait déjà dire qu'il le détesterait. Preuve que cette nouvelle l'énervait réellement, il balança un coup de pied dans le pneu de la voiture qui gémit sous l'impact. Vu comme il en avait parlé juste avant, ce n'était pas dans ses habitudes de la malmener. Reportant son attention sur Aishlinn, il lui décrocha un regard noir.

« Un marchand d'armes d'ailleurs, c'est ce crétin qui lui a causé des problèmes ? T'es sûre que ses coupures c'était à cause de cette affaire et pas de ce connard ? » Il serra les dents l'espace d'une seconde, essayant de se calmer, mais en vain. « Comment elle était avec lui ? J'veux dire, elle pouvait peut-être juste l'aider, c'était pas forcément pour ça. »

« Ça » désignant bien évidemment une partie de jambes en l'air avec ce connard qui n'imaginait pas une seule seconde qu'il venait de se faire un ennemi juré. À la manière dont il parlait, il était évident que Jay lui-même n'était pas convaincu par cette hypothèse.
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Message posté : Mer 20 Nov - 13:20 Message
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Les deux Lane, là, ils n’étaient frère et sœur pour rien. Charlie avait eu la même réaction que lui à la demande d’autographe d’Abban, pensant que c’était une manière d’avoir sa signature. Mais, Aishlinn, complètement ignorante sur ce point, se contenta de sourire. Qu’une avocate ? Depuis combien de temps ce type n’avait pas ouvert un journal, même sans être à fond sur l’actualité, Aishlinn connaissait assez peu d’avocat dont les journaux s’emparaient du moindre fait et gestes. Elle avait fini par hausser les épaules.

« Elle est connue, faut croire qu’ça lui suffit et, pour info, on n’a pas b’soin qu’on s’occupe d’nous. » Le ton était un peu vexé, parce qu’elle était parfaitement capable de s’occuper de son frère sans l’intervention d’une blondasse derrière ses dossiers ! « J’crois surtout qu’elle s’occupe d’tout l’monde. »

Ce qui n’était pas tellement un compliment. Les gens s’étaient une source d’emmerdes du point de vue d’Aishlinn, qui avait une notion très particulière de voir le monde qui l’entourait. D’ailleurs, l’avocate en question était un parfait exemple puisque, apparemment, elle n’était pas capable de faire un pas sans se faire emmerder ou se retrouver dans une situation à la con.

Et là, avec sa bougie dans la main, elle vit l’attitude de Jay changé complètement. D’abord c’était passé par une sorte d’incompréhension, à croire que le type imaginait sa sœur passait de son bureau à un couvent de bonnes-sœurs. Mais très vite, ça passa à la colère et, dans un réflexe qui lui était propre, la clé qu’elle tenait dans la main fut maintenue de manière à pouvoir s’en servir comme une arme. Juste un réflexe conditionné dans le milieu dans lequel elle vivait, les gens qui s’énervaient, qui étaient en colère, ce n’était jamais très bon signe. A aucun moment elle ne se montra menaçante – ce qui n’aurait servi à rien avec lui, peu de chances qu’il la trouve dangereuse –, elle se para juste à toute éventualité.

Et voilà, c’était parti, maintenant c’était elle qui s’en prenait plein la figure. Elle haussa un sourcil en posant son regard sur Jay, se disant qu’elle allait se passer de lui rappeler que la blonde de l’histoire, c’était sa sœur. Pas étonnant qu’elle se soit barrée, si c’était pour s’entendre dire qu’elle était conne à cause d’une couleur de cheveux. Si, en temps normal, Aishlinn aurait haussé le ton pour l’insulter en retour – réaction toute logique dans son esprit -, elle se contenta d’encaisser sans rien dire. On tapait – ou insultait – toujours le messager et, surtout, elle savait qu’elle était la première à hurler quand quelqu’un lui apprenait que son frangin se tapait quelqu’un… ça devait être une règle universelle.

Dans un réflexe elle s’écarta de la voiture quand il frappa dans un pneu, juste au cas où le choc aurait été suffisant pour faire retomber le capot. C’était typiquement le genre de moment où elle aurait balancé la clé, puis la bougie, et se serait contentée de se barrer sans rien demander de plus, sans rien ajouter non plus. Mais, il faut croire que Jay ne lui était pas si détestable que cela vu que, en échange, elle ne laissa passer qu’un soupir blasé. Ou peut-être qu’elle faisait la part des choses en comprenant qu’elle n’était pas la cible de cet énervement mais le type qui passait son temps avec Charlie, dont Jay sembla douter, au timbre de sa voix, que sa sœur ne soit pas avec lui  juste pour jouer au scrabble.

« T’sais, j’m’tape pas une partie d’la ville à traverser, juste pour m’faire insulter. » Aussi étonnant que ça puisse paraitre, le ton d’Aishlinn était résolument calme. Elle avait croisé les bras en reportant son regard sur Jay, gardant tout de même une distance raisonnable. « Comme j’peux m’arrêter à c’qu’elle m’a dit, et seul’ment à ça. C’qui r’viendrait à : Dis à mon frère que j’ai eu des ennuis avec le dossier du juge, celui dont je lui ai parlé, mais que tout vas bien. »

Histoire de souligner qu’elle faisait des extra et que se faire insulter en échange, ce n’était pas prévu au programme, comme le fait qu’elle appréciait moyennement cette tournure. Autant elle voulait bien faire un effort pour ne pas s’énerver en retour mais, hors de question pour elle de ne pas faire remarquer que ça la saoulait prodigieusement. Elle évita de lui balancer que s’il n’était pas capable de communiquer avec sa sœur, ce n’était pas son problème mais, elle avait comme l’impression que ça serait balancer de l’huile sur le feu. Elle allait éviter.

« Puis, ta voiture elle y est pour rien. S’tu veux la démonter, juste préviens maint’nant. »

Qu’elle se fasse pas chier à démonter toutes les bougies. Cela dit, le ton était bien plus léger, ce n’était pas une critique, juste une phrase censée détendre un peu les choses. Décroisant les bras, elle prit une inspiration, et laissa passer quelques secondes, pour ordonner ses idées, et répondre à toutes ses questions.

« Euh… Ouais, pour l’type, j’l’ai déjà rencontré. » Une façon de voir les choses mais expliquer qu’elle le connaissait pour lui avoir volé une caisse d’arme – pas de sa faute à elle, c’était juste trop tentant vu la manière dont il se vantait de son système de sécurité – et que, maintenant, il l’avait engagé pour un vol. « Donc, ouais, j’sais carrément c’qu’il fait dans la vie, ‘fin son boulot quoi. D’tout’façon, lui aussi, des fois on en parle dans la presse, surtout dans les potins parc’que… » Parce qu’il était présenté avec un mannequin à chaque bras, toutes différentes chaque soir… Euh, ce n’était peut-être pas le genre de chose à dire. « Ben, il a une entreprise, il est riche, faut croire qu’ça suffit pour faire un article. » Rattrapage de dernière minute, pas certaine que ça passe inaperçu, le mieux était encore de reprendre rapidement. « Et, franch’ment, pour ses blessures j’en sais rien. Vu qu’elle a parlé d’ennui avec son affaire, j’ai associé ça ensemble. »

Force était de constater qu’elle n’avait pas songé à l’hypothèse que ses blessures puissent venir d’ailleurs. Mais, après tout, peut-être qu’elle avait des trip bizarres avec son mec, qu’est-ce qu’elle en savait elle ? Elle évita tout de même de faire cette réflexion à voix haute, histoire d’éviter de se manger une voiture sur le coin de la tronche. Jay avait l’air un peu sur susceptible quand il s’agissait de sa sœur.

« T’sais, j’ai pas spécial’ment envie d’m’embrouiller mais, euh, sérieux, vu comment ils étaient ensemble, j’doute qu’ils aient passés leur temps à jouer au domino. Elle avait carr’ment l’air heureuse d’le r’trouver. »
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Message posté : Mer 20 Nov - 17:51 Message
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Jay ne prenait pas vraiment garde à ce que la jeune femme faisait, elle aurait aussi bien pu sortir un canif de sa poche qu'il n'aurait pas été différent. Quoique, le menacer lorsqu'il s'énervait n'était peut-être pas une excellente chose. Comme personne ne l'avait jamais fait, il aurait été bien incapable de dire comment les choses se seraient déroulées. Aishlinn lui souligna qu'elle n'était pas ici pour se faire remballer et qu'elle se contentait de dire ce que Charlie lui avait balancé. Au fond, qu'il s'énerve devant l'Irlandaise ne le calmerait pas, il aurait dû en parler avec sa sœur pour que les choses se règlent – ou pas. Peut-être que Charlie avait pigé que leurs discussions seraient toujours ponctuées de tels aveux et qu'il était préférable pour elle de ne pas les avouer d'elle-même. Face à Aishlinn, Jay pouvait s'énerver autant qu'il ne voudrait, Blondie n'en serait pas perturbée. Il soupira, encore plus énervé en songeant que si Charlie avait proposé cette idée, c'était uniquement pour s'épargner de nouvelles discussions houleuses. Et dire qu'il avait pensé que c'était par envie de garder contact.... quel crétin.

Quant à la voiture... le trentenaire se contenta de lui décrocher un regard indifférent : pour le coup elle passait après cette nouvelle ! Et ô miracle, le texan ne s'était ni énervé, ni vexé face aux paroles de la gamine, ce qui était un exploit en soit ! Les aveux arrivèrent ensuite, l'Irlandaise connaissait donc bien ce connard qui était apparemment connu dans la presse. Lorsqu'elle parla des potins, il lui décrocha un regard inquisiteur et ne crut pas une seule seconde au rattrapage peu convainquant qu'elle fit ensuite. Soyons francs, même sans lire les magasines à scandales, Jay savait que les gens qui y figuraient n'étaient généralement pas des enfants de cœur. Notant qu'il allait devoir lui demander plus de détails sur ce point, Jay la laissa poursuivre pour donner de nouvelles informations assez intéressantes. Au final, le trentenaire hocha la tête pour répondre d'un ton à la fois contrarié et un peu perturbé.

« Le retrouver ? Tu veux dire qu'elle le connaît déjà ? Elle t'en avait parlé avant ? » Peut-être qu'il le connaissait aussi en fin de compte ? « Et heureuse, genre ça lui faisait plaisir de recroiser un vieux pote, ou genre, vraiment aux anges ? »

La différence avait l'air peut-être sans intérêt, mais pour lui c'était important : si sa sœur avait quelqu'un qui importait autant dans sa vie, il devait s'attendre à ce qu'elle s'éloigne encore davantage d'eux. Cet aveu le faisait douter des paroles de Charlie qui prétendait ne pas vouloir creuser de fossé entre elle et les autres Lane. Du vent ouais.

« Puis me prends pas pour un con, si ce mec est dans les potins, c'est certainement pas juste parce qu'il est riche ou qu'il a une entreprise. C'est l'cas de la moitié des habitants des beaux quartiers. » Il la dévisagea. « Dis-moi franchement c'que tu sais, de toute manière si tu mitonnes ça va m'énerver et là t'auras vraiment une excellente raison de plus revenir ici. » Autrement dit, il risquait d'en venir aux mains. Ce n'était pas dans ses habitudes avec des gamines, mais Charlie changeait toute la donne. « Et bordel, donne-moi son nom ça ira plus vite. »

Même s'il n'avait pas la mémoire des prénoms, Jay retenait le nom des crétins qui courtisaient sa sœur, une manière de leur faire comprendre qu'ils avaient intérêt à faire gaffe à ce qu'ils faisaient ou disaient. L'idée que Charlie puisse réellement être contente de revoir un autre type que ses frangins le contrariait, pourtant, c'était parfaitement normal. Il oscillait entre l'envie de tout envoyer bouler et celle d'approfondir encore. Serrant les dents l'espace d'un instant, le trentenaire agita la main comme pour chasser un sujet embêtant.

« Et puis merde, j'm'en fous de ce qu'elle fait, si elle a pas jugé utile de m'le dire, qu'elle aille se faire foutre. »

À peine avait-il prononcé ces mots qu'il regrettait déjà de l'avoir dit. Pourquoi est-ce qu'il n'arrivait jamais à se décider sur le comportement à avoir avec elle ? Décidé à rester sur ses positions, il tourna la tête vers le moteur et commença à regarder ce qui pourrait encore poser problème, mais Jay ne tint pas bien longtemps. Après quelques dizaines de secondes, il reprit la parole, évitant de regarder la demoiselle.

« Elle t'avait dit de te taire à ce niveau, ou elle s'en fout ? » Il risqua un coup d’œil dans sa direction avant de regarder à nouveau le moteur. « Elle m'emmerde. Je suis sûr qu'elle s'est encore dégoté un crétin, elle les attire comme pas possible. » Le ton était plus qu'irrité. « T'as de la chance de pas avoir de frangine j'te le dis ! »

Peut-être que c'était elle qui jouait la sœur chiante ?
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Message posté : Jeu 21 Nov - 15:10 Message
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La bonne nouvelle, malgré le regard qu’il lui avait lancé prouvant que son rattrapage n’avait pas été au point, c’était qu’il avait quitté le ton énervé tenu jusque-là.  Elle ne jouait les intermédiaires que pour faire plaisir à Abban, qui lui, adorait Charlie, alors l’idée de se faire engueuler, insulter, et ainsi de suite, ce n’était vraiment pas dans ses envies. Elle ne connaissait rien à la situation entre le frère et la sœur Lane mais, la vache, ça avait l’air compliqué. Pas étonnant que l’avocate préférait prendre un intermédiaire vu la manière dont il s’énervait à la moindre information, bien qu’Aishlinn se demandait pourquoi Charlie n’avait pas simplement lâché l’affaire avec Jay. Si elle devait supporter les humeurs de ce type, en plus de s’entendre dire que sa place était en cuisine et qu’elle était conne à cause d’une couleur de cheveux, à sa place, l’Irlandaise aurait dégagé depuis longtemps. Après tout, elle n’avait eu aucun mal à abandonner son grand frère en Irlande, sans même chercher à avoir de ses nouvelles. Réaction qui aurait été bien différente s’il avait été question de son jumeau.

Jay, lui, reprit ses questions et Aishlinn se demanda bien comment elle était supposée faire la différence entre « être heureuse de voir une connaissance » et « être aux anges ». Sur un plan social, elle n’était pas très au point alors les nuances de ce genre ça lui passait un peu au-dessus de la tête. Les adultes, c’étaient vraiment trop nuls, à s’accrocher sur des détails. Elle était contente de le voir, voilà, c’est tout ! Elle soupira mais prit, quand même, la peine d’essayer de réfléchir à la question pendant que Jay lui fit remarquer qu’il ne fallait pas le prendre pour un con… Sans commentaire. Cette fois ce fut blasée qu’elle leva les yeux au ciel, dans un soupir, avant de poser son regard sur lui. C’était des menaces, là ? Putain, la prochaine fois qu’ils auraient des informations à se faire passer… Mouais, elle allait leur acheter un pigeon voyageur !

Prenant sur elle – ce qu’elle faisait beaucoup trop à son goût dans cette histoire – elle alla lui répondre quand il chassa le sujet d’un geste de la main. Il accompagna même ce geste d’une parole des plus charmantes à l’encontre de sa sœur. Euh… Ok. Bon, dans le doute, elle préféra se taire, disons qu’elle n’avait pas envie de le voir s’énerver encore un peu plus juste parce qu’elle revenait sur le sujet. Aishlinn en profita pour examiner la bougie qu’elle avait dans les mains, rendant le bon écart entre deux composants qui avaient légèrement bougé et, donc, qui ne devaient pas faciliter l’étincelle créée par le démarrage.

Gardant, tout de même un œil sur Jay, elle entreprit de replacer la bougie. Lui, de son côté, la tête penchée sur la voiture reprenait. Ok, en plus, il ne savait pas ce qu’il voulait. Pendant qu’elle remettait la pièce, à l’aide de la clé, elle laissa passer un léger rire en secouant la tête.

« C’la même chose avec un jumeau ! »

Enfin, peut-être pas pour les mêmes raisons mais elle n’alla pas plus loin dans ses réflexions. Elle n’était pas vraiment là pour parler des désaccords qu’ils pouvaient avoir, Abban et elle, sur leur manière de gérer leur vie sentimentale. Enfin, surtout la sienne, parce que le problème était bien le fait qu’il en ait une. Elle prit quelques secondes et, finalement, se concentra sur la voiture pour répondre à Jay, au moins, ça lui évitera de se demander ce qu’elle devait dire ou non, évitant ainsi le mal de crâne.

« C’est pas elle qu’m’en a parlé, en fait. J’les ai vus ensemble, ils allaient chez elle. Et, franch’ment, j’serais bien incapable d’dire comment elle était heureuse exact’ment mais, ‘fin, ouais, ils s’connaissaient. » Ou alors sa sœur avait de drôles d’attitudes avec un parfait inconnu. Elle se passa de lui faire part de cette réflexion. « Après pour c’que j’sais d’lui, ben… » Elle s’arrêta un instant, en voyant un problème dans un connecteur qu’elle débrancha pour mieux l’examiner, tout en reprenant. « Adriel Veidt, il a une entreprise d’vente d’armes au même nom d’famille. » En réalité, ce n’était pas lui. Juste un double mais on n’allait pas en vouloir à Aishlinn de ne pas savoir faire la différence. « Et ouais, il apparait dans les potins d’temps en temps parc’qu’sa réputation c’est pas très au point. Le blabla habituel, riche, dépensier, un mannequin à chaque bras tous les soirs. C’genre d’truc. »

C’était lui qui voulait savoir, elle ne faisait que répondre à ses questions. D’accord, elle évitait la partie qui expliquait qu’elle le connaissait surtout pour lui avoir parlé après lui avoir volé une caisse d’arme mais, c’était juste un détail. Comme le fait qu’on ne lui demandait pas son avis mais, elle trouvait quand même un peu bizarre qu’une avocate qui avait la réputation de s’occuper des personnes qui n’avaient pas les moyens et qui avait une certaine morale, se tape un type dont la réputation était totalement à l’opposé de cette image.

« Puis, d’tout’façon, ça va sûr’ment pas durer. Avec son cabinet qui vient d’ouvrir, ça va être encore plus une acharnée du travail. » Peut-être qu’elle ne s’y prenait pas de la bonne manière mais, le but était vraiment d’essayer de le rassurer. Le truc, c’était qu’elle n’était pas très douée dans cet exercice. N’empêche que, histoire de prouver ce qu’elle disait par un exemple concret, elle continua. « J’connais un type, t’vois il est pareil, il passe son temps à bosser, ben, il est tout seul. Avoir quelqu’un et travailler comme un malade, ç’doit pas être compatible. » Elle remit le câble débranché, reconnecta la batterie et se redressa, essuyant négligemment ses mains sur son jean. Elle n’était plus à ça près de toute façon. « S’tu veux essayer. »

Elle avait désigné la voiture d’un mouvement de tête pour lui dire qu’il pouvait tenter de la redémarrer.
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Message posté : Jeu 21 Nov - 20:30 Message
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Aishlinn continuait ses réparations tout en lui répondant. Il était plutôt étonné qu'elle tienne autant, la dernière fois qu'ils avaient discuté elle avait eu l'air particulièrement méfiante et Jay s'était attendu à ce qu'elle s'éclipse dès qu'il aurait haussé un peu le ton. Est-ce qu'elle devait quelque chose à Charlie ? Soyons honnêtes, elle n'avait rien du bon samaritain et il était peu probable qu'elle accepte d'aider deux parfaits inconnus juste par pure bonté d'âme... Concernant le jumeau, Jay imaginait à peine ce que ça devait être. Si Charlie avait été la sienne, aurait-il était encore plus chiant – oui parce que c'était possible ? Peu probable, pour lui la différence d'âge ne jouait en rien un rôle dans ces situations, la preuve sa sœur était plus âgée que lui et pourtant il jouait le grand-frère avec elle. Bon, il était clair qu'elle faisait beaucoup plus jeune, ça plaisait en sa faveur.

L'Irlandaise n'était pas capable de l'éclaircir sur le point qui concernait le plaisir ressentit par Charlie. Il allait être quitte pour lui en parler la prochaine fois qu'ils se verraient – ce qui était de toute manière obligé vu la nouvelle. Contrarié de ne pas être fixé sur ce point, le texan recommença à songer à ce qui se passerait si jamais sa sœur trouvait quelqu'un de mieux que ses frangins, ce qui n'était pas bien compliqué au fond. Soupirant, il resta silencieux jusqu'à ce qu'Aishlinn lui balance un nom qui sonnait de manière familière à ses oreilles. Veidt ? Jay retourna ses souvenirs pour retrouver le crétin qui portait ce nom. C'était bien le même, mais pas le prénom. Charlie était sortie avec un Veidt, mais c'était un nom plus craignos, un truc à vous faire cracher un mollard rien qu'en le prononçant – impossible de remettre la main dessus par contre. Jay secoua la tête pour lui-même, se doutant parfaitement qu'un type aussi friqué devait passer son temps à sortir avec des gonzesses qui faisaient la couverture des magazines de mode. Quel pauvre mec, Charlie ne pouvait quand même pas sortie avec un crétin pareil, non ? Elle avait un certain amour-propre, mais peut-être qu'elle l'avait oublié au fond ? En devenant avocate elle avait dû faire des choses dont elle n'était pas forcément fière après tout.

Le texan oscillait entre l'envie de croire ces idioties et de s'imaginer qu'il ne s'était rien passé. Dur de choisir. Et comme pour ne rien arranger, Aishlinn lui balança une nouvelle annonce qui fit tout autant l'effet d'une bombe : Charlie allait ouvrir son propre cabinet. Tiens donc ? Et dire qu'il lui avait conseillé de lâcher un peu de lest pour se faire des amis... Sa sœur suivait ses conseils à la lettre ! Raison de plus pour se sentir énervé. Sauf que cette fois-ci, Jay la manifesta simplement en se renfrognant et en se murant dans un silence qui dura un bon moment. Il écouta à peine lorsqu'elle parla d'un type dépendant de son boulot et qui se retrouvait seul. Jay était versatile, il avait beau vouloir que sa sœur reste célibataire pour ne pas les oublier, il ne voulait pas qu'elle finisse seule et sans personne pour la soutenir. Peut-être que la solution était qu'elle revienne à la maison ?

Toujours silencieux, Jay s'éloigna finalement en direction du volant pour aller faire démarrer la voiture qui toussota quelques instants avant de stopper. Habitué à ça, le texan réitéra l'action qui déboucha sur un démarrage un peu poussif, mais qui tint bon. Apparemment c'était réparé pour quelques temps. Il la laissa tourner quelques secondes avant de la couper et de sortir de la voiture pour claque la portière derrière lui. Sa première réplique fut au sujet de la mécanique comme si tout le reste importait peu.

« Ouais, pas mal. Peut-être que c'est juste de la veine en fait. » Mauvaise foi oblige, mais il changea rapidement de discours. « Je savais pas que les nanas dans ton genre s'intéressaient à la mécanique. C'est cool, ça t'évitera de te faire aborder par des crétins si tu tombes en rade sur la route. »

Pas de merci, c'était tout lui. Mais en fin de compte, ce qu'il venait de dire revenait à un remerciement, bien qu'il ne conviendrait peut-être pas à la jeune femme. Jay s'approcha du capot et ramassa les quelques outils qui traînaient là pour les balancer dans la caisse avant de refermer le tout sans trop de délicatesse. Son regard se posa finalement sur le visage de l'Irlandaise.

« T'as dû te planter de Veidt par contre. Ma sœur était sortie avec un de ses frangins, je qu'ils sont trois, des triplés, un truc du genre. » Il haussa les épaules comme si c'était sans importance. « Je croyais qu'il était crevé, c'était un militaire y me semble, peut-être qu'il était encore en vie finalement. » Il détourna son regard de la jeune femme pour ranger un peu le bordel de tissus pleins de cambouis. « Je pense pas que tu connaisses assez ce type pour faire la différence non ? Enfin tu me diras, peut-être que c'est ton type de mec, t'as l'air d'être du genre à aimer les péteux qui se tapent toutes les bimbos du coin. » Il lui décrocha un regard clairement moqueur. « Tant mieux pour elle si elle retrouve les gens qui comptent pour elle. »

Pourtant, le ton disait le contraire, même s'il ne l'uarait jamais avoué. Ce type, il n'avait jamais pu l'encadrer peut-être parce que Charlie tenait vraiment à lui. Une espèce de jalousie, allez savoir, il n'avait jamais cherché à analyser ses sentiments – c'était à peine s'il les identifiait.

« Et c'est quoi cette histoire de cabinet ? D'puis quand elle va ouvrir le sien ? Aux dernières nouvelles elle était bien là où elle était... Est-ce que c'est son connard de collègue qui lui a causé des emmerdes ? »

Il était moins au courant de la vie de sa sœur qu'une parfaite inconnue, c'était quand même une sacrée honte.
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Message posté : Ven 22 Nov - 8:17 Message
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Aucune obligation ne la liait dans son rôle d’intermédiaire – qui était presque un boulot à risque avec ces deux-là – mais, seulement un besoin de faire des choses pouvant plaire à Abban. C’était de sa faute, à lui, aussi. S’il ne passait pas son temps dans les bras d’un abruti du Cartel, elle ne se sentirait pas en danger, avec une peur incontrôlable de l’abandon. Elle serait, en ce moment, bien tranquille chez elle à faire un truc à bouffer ou mater une émission à la télévision. Heureusement qu’il y avait la voiture, l’occupant pour essayer de passer outre les paroles que Jay avait pu prononcer à son encontre ou, pour lui éviter d’avoir la fabuleuse idée de lu écraser la clé contre le coin de la figure. Une perspective intéressante mais qu’elle ne mettrait pas en œuvre à moins d’être réellement en danger.

« Ouais, c’est ça… »

Elle roula des yeux mais avait, tout de même, un léger sourire amusé. Un coup de chance ? N’importe quoi ! Puis ce n’était pas un franc succès vu que la voiture avait quand même du mal à démarrer. Elle lui aurait bien dit de, quand même, faire une révision complète mais comme il continua sur sa lancée, elle préféra se taire. Haussant légèrement un sourcil elle se demanda bien ce qu’il pouvait entendre par quelqu’un de son genre… Et surtout, comme il pouvait la catégoriser quelque part alors qu’il ne la connaissait même pas. Elle abandonna l’idée d’essayer de comprendre quoi que ce soit chez lui parce que, de toute évidence, la logique ne devait pas faire partie de ses qualités. Secouant la tête, en signe de cet abandon, elle le laissa ramasser tous les outils avant de décrocher la barre tenant le capot et de refermer ce dernier.

Passant son poignet sur son front, histoire de ne pas y déposer ses mains toutes noires, elle reporta son attention sur Jay qui… Merde, il connaissait Veidt, en fait ? Elle laissa son bras retomber en se disant que ça devenait soudainement super compliqué. Elle essayait de comprendre. Charlie était sorti avec un des triplés mais, maintenant, elle se tapait un autre…Et après on venait dire qu’elle était douée d’une certaine morale ? Pff ! Pas étonnant que Jay fonde une durite avec une sœur comme ça. Et voilà, Aishlinn n’avait rien demandé qu’elle se retrouva une fois de plus avec un jugement sur sa personne.

« S’rieux, tu m’gonfles ! »

La réponse était sortie tout de suite après qu’il ait dit la penser du genre à se taper des mecs comme Adriel. Cela dit, pour l’avoir vu de près, hormis son penchant sévère pour l’alcool, il était plutôt bien conservé pour un vieux. M’enfin, là, n’était pas la question. Elle avait laissé passer un soupir mais ne s’était pas barrée pour autant, faut croire que c’était dans la personnalité de Jay, toujours trouver un truc pour critiquer. Du coup, elle reprit par rapport à ce qu’il avait dit.

« Et, attends laisse-moi calculer. » Le ton était un peu ironique. « Ils étaient bien trois. » Elle isola trois doigts sur sa main pleine de cambouis. « Euh, Lionel, leonel, un truc com’ça, Randall et Adriel. » Elle était sérieusement en train de fouiller dans sa mémoire mais, heureusement pour elle, le fait de parler de triplé avait toujours une tendance à la marquer suffisamment pour s’en souvenir partiellement. Puis, elle ne devait rien lui apprendre si sa sœur était sortie avec un des deux. « Bref, les deux premiers sont morts. » Elle baissa deux doigts pour ne laisser que son index qu’elle leva pour le mettre en évidence. « J’ai p’t-être jamais trop suivi les cours d’Maths mais, chez moi, ç’veut dire qu’il en reste plus qu’un pour tourner autour d’ta sœur. »

Finalement, la gamine, elle en savait peut-être un peu plus que ce qu’elle avait pu laisser entendre sur le compte d’Adriel Veidt. Du moins, elle semblait être plutôt bien renseignée, baisant son argumentaire sur ce que lui avait dit le marchand d’armes quand elle avait vu un portrait de lui avec ses deux frères. Ça l’avait marqué parce qu’elle n’avait pas compris, sur le coup, pourquoi le portrait en question semblait dater de plusieurs années, Adriel lui avait expliqué pour ses frères. Elle s’étonna, cependant, de la réaction de Jay sur l’ouverture du cabinet de Charlie. Honnêtement, sur ce coup, elle avait pensé qu’il serait au courant. Mais, genre, ils ne se parlaient vraiment, vraiment pas ?

« Son collègue ? J’en sais rien moins, j’connais pas toutes ses fréquentations puis m’trimballer dans un bureau d’avocat, non merci. »  Elle avait déjà donné, bien plus jeune, quand on avait cherché à la séparer de son jumeau, quand on avait refusé que son grand frère récupère leur garde. Plus jamais, elle détestait ce genre de lieu. « Elle l’a d’jà ouvert, ‘fin ça fait quelqu’jours à peine. Puis j’en sais rien moi pourquoi elle a ouvert son truc, p’t-être qu’elle en avait marre d’avoir un patron, j’sais pas, j’lui ai pas d’mandé ! »

S’ils avaient tous les deux des questions précises, qu’ils lui filent un questionnaire, ça simplifierait peut-être les choses. Ou qu’ils se donnent un lieu de rendez-vous, elle n’en savait rien elle. Puis lui, là, il était super compliqué à suivre. Un coup il s’en foutait de sa sœur, après il voulait savoir, puis finalement elle pouvait faire ce qu’elle voulait mais… Non, il ne fallait pas qu’elle fréquente un crétin.

« Bref y a un bureau Lane & J’sais-plus-quoi en centre-ville. Hey, en fait c’est cool, vous d’vez pas être trop emmerdé en cas d’problème avec la justice avec une frangine avocate. »

Comme son ton le laissait entendre, elle n’était pas très convaincue parce que, elle, en tout cas, elle n’aurait pas aimé voir son nom associé à un bureau d’avocat. Encore moins dans sa branche de métier.
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Message posté : Sam 23 Nov - 14:38 Message
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Visiblement la jeune femme n'aimait pas se faire balancer qu'elle était du genre à se taper des types comme Adriel. Pas très étonnant dans un sens, lui-même aurait été le premier à sauter au plafond si quelqu'un lui avait lâché qu'il aimait fréquenter des mannequins ou des bimbos – parce que c'était bien évidemment une insulte ! Peu lui importait, si elle se vexait à cause de ça et bien, qu'elle aille se plaindre ailleurs ! Jay avait déjà dit bien pire et si Aishlinn continuait à jouer les intermédiaires elle allait forcément ramasser de pires critiques. Suite à ça, l'Irlandaise reprit la parole pour commencer à se foutre de sa gueule en comptant sur ses doigts pour vérifier qu'il ne restait plus qu'un seul type des trois du début. Ouais, Jay savait que deux étaient censés être morts, mais il se souvenait aussi que les cadavres n'avaient pas été retrouvés ce qui voulait dire que les types pouvaient parfaitement avoir été enlevés et séquestrés toutes ces années par exemple ! Avec les riches, il fallait s'attendre à des embrouilles pareilles ! C'était surtout à cause de ça que le texan n'avait jamais pu blairer cette tête de nœud avec sa dégaine de beau gosse. Quel crétin, comment Charlie pouvait s'être laissée amadouer aussi facilement ? Jay soupira en prenant sur lui – chacun son tour – pour ne pas s'énerver.

« Nan, ils ont été déclarés morts, ils le sont pas forcément. Ça veut dire que ces types pouvaient parfaitement s'être fait passer pour morts histoire d'éviter des emmerdes ou un truc du genre et maintenant que c'est réglé, ils reviennent ici. » Pas très logique, moins qu'une mort en tous les cas, mais Jay préférait voir les choses sous cet angle. « Charlie a jamais pu blairer Adriel, je vois pas pourquoi est-ce qu'elle serait heureuse de le voir, mis à part pour lui coller une gifle éventuellement. »

Enfin, ça c'était ce qui l'aurait arrangé lui, mais au final il ne savait absolument pas si Adriel et Charlie s'entendaient bien. Tout le monde n'était pas aussi rancunier que lui et même si sa sœur avait les gènes Lane, elle avait aussi plus de plomb dans la cervelle et saurait certainement prendre du recul face à une « ancienne connaissance ». Jay avait l'impression qu'Aishlinn prenait un malin plaisir à lui souligner le fait qu'un connard tournait autour de sa frangine, c'était du moins comme ça qu'il le prenait en l'entendant sans arrêt répéter ce point. Heureusement l'Irlandaise eut tôt fait de changer de sujet pour lui déclarer qu'elle ne savait pas quelles étaient les raisons du changement de vie professionnelle de sa frangine et même si le texan songea tout d'abord à lui rentrer dedans à cause de ça, il se retint. Comment pouvait-elle être au courant de ça alors que lui-même ignorait que Charlie avait ouvert un nouveau cabinet d'avocats ? Soupirant de contrariété, Jay continua son « rangement » qui revenait surtout à transposer son bordel à un autre endroit – dans la caisse à outils pour le coup. À la fin de la réplique de l'Irlandaise, Jay lui balança tout de même une remarque à propos de ça.

« Ouais enfin, t'es quand même censé faire la messagère et je croyais que ton frère était fan d'elle ? Si tu sais même pas ça... » Il sentit toutefois venir la remarque à propos du peu de choses que lui savait. « Et la ramène pas avec le fait que ça soit ma sœur. »

Il n'avait rien contre le fait de se prendre la vérité en plein visage, sauf lorsque ça concernait sa sœur. Là, c'était un peu « le sujet tabou », surtout qu'il n'avait aucune envie de donner des détails à Aishlinn – et qu'elle devait s'en moquer aussi. Le pire arriva alors : elle émit l'idée qu'ils puissent profiter du boulot de leur frangine pour ne pas avoir d'emmerdes. C'était exactement ce qu'il ne fallait pas dire et le regard assassin qu'il balança à la jeune femme dû informer cette dernière de la connerie qu'elle venait de lâcher.

« Parle pas de c'que tu connais pas. On en a rien à carrer de son boulot et on a pas besoin de son aide pour éviter d'avoir des emmerdes. On lui a jamais rien demandé et c'est pas près d'arriver. Je préfère encore finir au trou à perpette plutôt que de devoir compter sur elle. » Le ton était hostile et sincère, c’est en prononçant ces paroles qu'il se rendit compte que c'était le cas. « Au cas où t'as pas remarqué, c'est pas la bienvenue ici, sinon elle aurait pas besoin d'une mioche pour faire passer ses messages. Son aide elle peut se la garder et la filer à d'autres crétins. » Il détourna son regard d'elle. « De toute manière, on a jamais eu d'emmerdes avec la justice alors on a pas besoin d'elle. Une frangine qui bosserait au bar du coin me serait plus utile. »

Pour quelqu'un qui, comme Aishlinn, ne connaissait pas leurs problèmes, il passerait certainement pour un ingrat et un insensible, mais peu lui importait ! C'était un suejt très sensible, aussi préféra-t-il en changer. Après quelques instants de silence, Jay embraya sur autre chose.

« Et je croyais que tu vivais dans le quartier ? Pourquoi tu causes de traverser la moitié de la ville pour venir ici ? »
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Message posté : Dim 24 Nov - 14:09 Message
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« Ouais. C’est complèt’ment logique, ç’doit être ça. » Elle hocha la tête alors que le ton était ironique. « Ou alors c’est Adriel qui a trouvé un moyen d’les faire r’venir à la vie, t’sais, genre il a fait appel à un chaman ou une conn’rie du genre. »

Elle secoua la tête, non mais vraiment, il pensait réellement que des gens s’amusaient à faire semblant d’être mort ? La théorie semblait complètement folle pour l’Irlandaise. Son jugement avait peut-être été altéré par le fait qu’elle avait trouvé Adriel plutôt convaincant quand il avait parlé de la disparition de ses frères, en tout cas il n’avait pas donné l’impression de savoir qu’ils étaient en vie. Elle haussa les épaules sur le fait que Charlie détestait Adriel.

« T’sais, j’t’dis c’que j’ai vu. J’en sais rien moi après. »

Elle garda pour elle de rappeler que l’avocate en question n’avait franchement pas l’air de vouloir frapper Veidt. Elle n’avait même pas donné l’impression de vouer une haine quelconque au marchand d’armes. Du moins, dans l’esprit d’Aishlinn, il s’agissait bien d’Adriel. Elle soupira une nouvelle fois quand elle se mangea une nouvelle critique parce qu’elle n’était pas capable de connaitre les raisons de l’ouverture d’un nouveau cabinet. Non mais sérieusement ? Elle alla pour lui répliquer que, comme il l’avait si bien dit, elle était la messagère. Lui, bordel, c’était quand même son frère, il était supposé en savoir plus qu’elle ! Sa réplique ne vit jamais le jour étant donné que Jay se reprit tout seul pour lui demander de ne pas lui rappeler les liens fraternels qui l’unissaient avec Charlie. Pff, tu parles d’une fratrie !

« Ouais ben, just’ment, j’suis qu’la messagère. J’te rapporte c’qu’on m’dit, personne ne m’a d’mandé d’espionner pour connaitre plus de chose ! »

Et qu’est-ce qu’elle n’avait pas dit en parlant des avantages que pouvaient donner une sœur avocate. Heureusement que Jay n’avait pas un pouvoir lui permettant d’avoir des lasers à la place du regard sinon elle aurait été désintégrée sur place. Franchement, il y avait un tas de choses qu’elle ne comprenait pas. Elle, elle aimait pouvoir compter sur Abban en cas de problème, c’était même une des bases de leur relation. Elle ne voyait même pas ça comme quelque chose de honteux, ils étaient là, l’un pour l’autre. C’était un des fondements mêmes d’une relation entre frère et sœur.

« C’est typiqu’ment américain d’ne pas vouloir concevoir qu’un frère et une sœur peuvent s’aider mutuell’ment ou, c’est juste typique à votre famille ?! » Ce n’était pas une vraie question, elle s’en foutait, c’était son problème à lui après tout. Mais elle ne comprenait pas cette façon de s’énerver à l’idée de voir sa sœur les aider. « Mais t’as raison, j’sais pas d’quoi j’parle alors, oublie c’que j’ai dit. » Elle croisa les bras. « C’pas moi qui ai b’soin d’faire venir quelqu’un pour ouvrir l’dialogue ! »

Le genre de phrase qu’elle n’avait pas prévu de dire, voulant bien se plier à la foutue volonté de l’avocate de donner des infos à ce frère mais, franchement, ça commençait un peu à la gaver de devoir s’essuyer des critiques à chaque phrase. C’était d’autant plus chiant que, quand elle cherchait à calmer le jeu, c’est lui qui s’énervait et quand elle s’énervait à son tour, c’était lui qui laissait couler. Dans le fond, elle trouvait dommage que la relation entre Jay et Charlie se passe de cette manière, parce qu’elle était une sœur et qu’elle n’aurait pas aimé être à leur place. Alors, ouais, elle avait envie de les aider, sans trop savoir pourquoi mais… Ce n’était pas non plus pour se laisser engueuler dès qu’elle ouvrait la bouche. Elle marqua, tout de même, un temps d’arrêt à la dernière question de Jay qui, pour le coup, semblait venir de nulle part.

« Euh… On a déménagé. Ailleurs. » Elle haussa les épaules. « Pas vraiment dans l’coin. »

Mais comme elle ne comptait pas spécialement donner l’adresse du manoir qui demeurait, maintenant, une résidence secrète, elle embraya assez vite sur la manière dont allait se dérouler les choses. Si son air était sérieux, le ton était particulièrement calme et posé. Il était peut-être temps de poser certaines choses.

« Bon écoute, y a rien qui m’oblige à jouer les messagers pour vous deux. » Ce qui était parfaitement vrai. « J’ai pas les réponses à toutes tes questions parc’que j’fais avec ce qu’elle m’dit ou c’que j’ai pu voir, sans creuser plus loin. » Personne ne lui avait demandé de le faire. « Si ça n’convient pas, ok. Mais juste faut l’dire parc’que, très franch’ment, j’ suis pas là pour m’en prendre plein la tronche. » Elle se trouvait déjà bien tolérante d’être encore là, comme lui devait se trouver cool de ne pas lui avoir encastré la tête dans la voiture. Question de point de vue. « Alors soit on trouve un terrain d’entente, avec les sujets à éviter, soit… Ben, trouvez quelqu’un d’autre pour c’rôle. »

Elle voulait bien essayer de trouver une solution pour continuer à jouer les messagères mais, elle avait quand même des limites à sa patience et à sa tolérance. Aishlinn voulait bien entendre que certaines choses pouvaient le déranger mais, ce n’était pas une raison suffisante pour que ce soit elle qui subisse son humeur.
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Message posté : Dim 24 Nov - 17:51 Message
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Il n'apprécia pas la manière dont elle lui répondit avec une pointe d'ironie dans la voix comme s'il était le dernier des demeurés. Irrité par la discussion qui touchait un point sensible, Jay n'était pas particulièrement compréhensif avec Aishlinn et il dût se faire force pour ne pas lui encastrer la tête dans le capot de la voiture. Sachant qu'elle venait de redémarrer, ce serait un peu con tout de même. Gardant avec peine les lèvres fermées, le Texan ne répliqua rien et l'Irlandaise enchaîna sur la suite de la discussion en lui rappelant qu'elle n'était rien de plus qu'une messagère et qu'elle ne s'amusait pas à espionner Charlie pour pouvoir ensuite lui rapporter à lui ce qu'elle avait vu. Alors pourquoi est-ce qu'elle venait de lui balancer que sa frangine était certainement en train de se taper un connard qu'il n'avait jamais pu encadrer ? Le dévisageant du même air contrarié que précédemment, le trentenaire ne se priva pas de lui faire savoir.

« Ouais, pourtant elle t'avait rien dit à propos que l'autre connard et t'étais quand même au courant. »

En gros, elle en savait plus qu'elle ne voulait bien le dire et il doutait sérieusement du fait qu'elle n'avait pas certains détails qui l'intéressaient. Concernant sa sœur, Jay devenait un peu paranoïaque, il ne pouvait pas s'empêcher de se dire que les gens qu'elle choisissait étaient forcément de son côté. En plus Aishlinn avait clairement dit que son frangin était un fan de Charlie, vu qu'ils étaient jumeaux elle ferait tout pour lui faire plaisir. Le sentiment d'être pris pour un con l'étreignit une fois de plus alors qu'il se disait que même sans voir sa sœur, les discussions la concernant lui filaient toujours une migraine pas possible. À moins que ce ne soit les nanas en général ?

Arriva une nouvelle remarque présentée sous la forme d'une question rhétorique qui ne fit qu'exacerber l'agacement de Jay. Elle ne connaissait rien à leur famille alors de quel droit est-ce qu'elle se permettait de dire qu'ils n'étaient pas capables de s'aider ? Il comptait les yeux fermés sur ses frangins, mais Charlie avait été « bannie » de leur petit groupe et ils n'avaient donc plus besoin de leur aide. Le pire fut certainement lorsqu'elle lui balança qu'elle n'avait pas besoin de quelqu'un d'autre pour avoir une discussion avec son frangin. Cette fois-ci, il ne parvint pas à se retenir de répliquer. Après lui avoir décroché un énième regard contrarié – bien que cette fois-ci il n'était pas hostile, mais bien déçu.

« Ouais et bah tu me vois ravi de savoir que t'as une famille parfaite. Tu devrais p't'être devenir assistante sociale vu comme t'as l'air d'être super calée dans ce domaine. Enfin nan, oublie, à ta manière de prendre les autres de haut tu ferais plus de suicidés que d'heureux. » Il renifla d'un air désapprobateur. « Charlie est plus d'la famille, tu t'es pas demandé pourquoi est-ce qu'elle venait pas ici ? »

Question rhétorique pour le coup, il ne voulait pas la faire réfléchir ou même lui expliquer comment se déroulaient les choses chez eux, de toute manière elle n'y pigerait rien. Elle était bien trop centrée sur son frangin et le fait qu'elle n'était pas tombée aussi bas qu'eux. Enfin, c'était ce qu'il pensait, mais vu qu'il était dans un quart d'heure de mauvaise humeur, ceci expliquait cela.

Elle lui balança alors qu'ils avaient déménagé ailleurs avec sa famille et Jay ne chercha pas à en savoir plus. Au fond, il s'en foutait de savoir où elle vivait, mis à part le fait qu'il était censé la joindre elle en cas d'emmerdes, il n'avait aucune raison de vouloir lui rendre visite. Vu la manière dont Jay était peu disposé à être aimable à cet instant, il avait bien l'intention de ne pas tenir la parole donnée à Charlie en l'informant des emmerdes qu'ils pourraient avoir tous les quatre. Aishlinn coupa court à ses pensées pour lui faire savoir qu'elle n'était obligée à rien en leur rendant ce service et qu'elle se contentait de dire ce qu'elle savait. Mouais. Il n'était pas convaincu, mais pour le coup, le texan était passé du stade de la colère à celui de la lassitude. Ça se passait assez rapidement chez lui, surtout lorsqu'il avait épuisé sa dose de contrariété avec Charlie au cours de leurs dernières discussions. À la fin de la réplique de l'Irlandaise, Jay se contenta de lui répondre brièvement.

« J'te dirais bien qu'il faut éviter de parler de Charlie vu que c'est ce qui m'énerve toujours, mais à ce compte-là, t'as plus rien à foutre ici. » Le résumé avait le mérite d'être franc. « Faut que tu saches que ma sœur aime bien diriger les choses et j'suis certain qu'elle doit te raconter que ce qui l'arrange histoire que je vienne pas l'emmerder pour avoir de ses nouvelles. Sinon elle t'aurait dit de me parler de son nouveau cabinet, elle sait très bien que je lis pas le journal. » Le reproche était à peine voilé, mais il ne comptait pas s'épancher sur l'épaule d'Aishlinn. « Si t'as plus envie de venir, bah tant pis, je vais pas t'y obliger. C'était l'idée à Charlie de toute manière, si ça t'emmerde t'auras qu'à lui dire que t'as plus envie de me causer et elle comprendra certainement. » Ou pas, il ne savait plus comment réagissait sa sœur. « À la base si elle avait proposé que ce soit toi qui t'en charge, t'es parce qu'tu vivais pas loin et que je pouvais passer par toi en cas d'emmerdes. Mais au final vu que tu crèches je sais pas où, autant dire que ça sert plus à grand-chose. À toi de voir si t'as encore envie de t'emmerder avec notre famille si craignos ou si tu préfères aller passer ton temps avec ton frangin parfait. »

Cette fois-ci l'ironie était pour lui.
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Message posté : Lun 25 Nov - 20:25 Message
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Waouh, la prochaine fois, elle s’en tiendrait uniquement à ce que lui avait dit l’avocate, si c’était comme ça. A voir les réactions que ce gars pouvait avoir, Aishlinn ne trouvait rien d’étonnant à ce que Charlie s’amuse à filtrer certaines informations et qu’elle ne vienne pas elle-même pour les annoncer. Elle ne devait pas avoir envie de finir avec une clé de 12 implantée dans le cerveau parce que Monsieur s’était énervé. Ça devait même être pour ça qu’elle avait envoyé Aishlinn, en connaissant son pouvoir, elle avait dû se dire qu’elle serait à l’abri des excès d’humeur de son frangin. Charmante attention.

Puis il devait faire exprès de tout comprendre de travers, parce qu’elle était loin de l’image de la famille parfaite. Elle inspira, ne répliqua rien et encaissa son côté soi-disant supérieur. De toute façon, elle n’était pas là pour faire de la psychologie, on ne lui avait pas accordé la compréhension des gens à la naissance. En y réfléchissant bien, elle n’était même pas certaine que quelqu’un soit capable de comprendre ce type. Elle était où la logique dans le fait de considérer sa sœur comme ne faisant plus partie de la famille mais de, quand même, s’énerver à l’idée qu’elle puisse se taper quelqu’un ?

Elle préféra, une fois de plus, ne rien répondre et attendre de voir la manière dont les choses allaient tourner après ce qu’elle lui avait dit. Au moins, ça avait le mérite d’être clair, si le sujet à éviter était Charlie, forcément, ils allaient avoir un souci. Aishlinn passa deux doigts sur ses tempes, comme si cette action allait l’aider à réfléchir… Ce n’était, évidemment, pas le cas, en plus de laisser quelques traces noires sur son visage. Elle le laissa dire tout ce qu’il avait à dire et, c’est surtout sur les derniers mots qu’elle s’anima un peu, dans une légère moue navrée. Prenant le temps de réfléchir, elle resta un instant silencieuse puis, finalement, dans une inspiration, elle se lança alors que son regard rencontra la sol.

« T’vois, ma mère est enfermée dans un asile. Mon père dans une prison et mon grand frère… ben, en fait j’sais pas c’qu’il d’vient. » Elle releva les yeux sur Jay, le ton qu’elle avait employé ne demandant absolument pas à ce qu’on apitoie sur son sort. « J’suis loin d’avoir la famille parfaite mais, mon jumeau, c’est la seule personne qu’j’ai et qu’j’veux garder. »

Pas tous les jours faciles mais, elle déployait tout ce qu’elle pouvait pour prendre soin de son double. Bref, elle n’était en train de lui faire l’apologie de sa relation avec Abban mais de lui expliquer les choses pour qu’il comprenne qu’elle ne critiquait pas la famille qu’il pouvait avoir, ni les raisons qui avaient entrainé cette situation. Elle ne le prenait pas de haut, comme il l’avait laissé entendre. Tout ce qu’elle avait fait c’était de se remettre à sa place alors que lui avait passé une partie de son discours à la rabaisser, soit parce qu’elle était conne sans être blonde, parce qu’elle ne savait pas ce qu’il voulait entendre, et ainsi de suite.

« Tout ça pour dire que, chacun ses histoires mais arrête d’me prendre pour une demeurée qui n’peut rien comprendre. » Aishlinn n’avait rien d’énervé, elle arrivait parfaitement à garder un ton calme et posé… Merde, un mage tout patient était peut-être en train de déteindre sur elle ! « Et pour ta sœur, c’est d’ma faute, j’ai pas précisé un truc. Son cabinet, il a ouvert y a vraiment pas longtemps et j’l’ai croisé avant qu’elle ne l’fasse. Alors, ça s’trouve, elle en aurait parlé c’est juste que j’l’ai pas vu ces derniers jours et que j’ai pas pu passer avant. »

Pour sa défense, Charlie lui avait dit que tout allait bien et qu’il n’y avait pas d’urgence. Elle resta sur le fait que ce n’était qu’une hypothèse mais, dans le fond, elle ne voyait pas vraiment pourquoi Charlie aurait cherché à cacher ce genre d’information. Un peu compliqué de garder secret l’ouverture d’un cabinet d’avocats. Après, elle, elle n’en savait rien.

« Après, moi, j’m’en fous d’venir ici. » Elle haussa les épaules. « J’crois que j’l’aime bien c’quartier, en fait. » Chacun ses goûts mais, c’était les origines de leur arrivée à Star City, elle était peut-être plus sentimentale que ce qu’elle voulait bien avouer. Alors, si elle devait continuer à venir, ça ne lui posait pas tellement de soucis. « C’est juste que, t’vois, j’n’ai pas tell’ment envie d’finir la tête dans un mur parc’que j’dis un truc qu’ta sœur aurait fait qui ne t’conviendrait pas. » Bon, en réalité elle ne s’en inquiétait pas trop, il faudrait pour ça qu’il puisse l’attraper. « J’suis pas responsable d’ses actions. »

Le ton était resté calme, posé et sans ironie pendant tout son mini-discours. Elle se la jouait vraiment patiente pour essayer de calmer un peu le jeu et voir s’il était possible de trouver un terrain d’entente. Qu’il gueule parce qu’il n’était pas content d’apprendre un truc, elle pouvait parfaitement s’en accommoder, qu’elle se fasse insulter à longueur de temps, en revanche, ça passerait moins.

« Bref, s’tu peux juste m’voir comme la messagère, ça m’dérange pas d’continuer. Après, pour les infos, euh… » Elle secoua un peu la tête avant de hausser les épaules. « J’peux m’en tenir à c’qu’elle m’dit ou j’peux aussi ajouter c’que j’peux apprendre en dehors d’ce qu’elle m’dit. Comme pour ce type, j’le sais uniqu’ment parc’que j’les aie croisés ensemble. »

Si Jay pensait que sa sœur voulait tout contrôler, Aishlinn pouvait essayer de creuser un peu plus. Elle s’en foutait un peu elle.
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On rejette toujours la faute sur le messager #Jay

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