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Une semaine ! #Jace

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Message posté : Lun 18 Nov - 17:25 Message
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18 novembre 2013.

1 semaine qu’elle avait, officiellement ouvert le cabinet, où 5 avocats, 2 secrétaires, 1 coursier et Sarah avaient pris leurs postes après un temps incalculable de réunion et de mise au point. C’était le début alors, forcément, ça se passait plutôt bien. Le cabinet jouait sur le nom de Charlie et le fait qu’elle soit connue pour avoir des clients, bien que beaucoup avaient gardé son carnet d’adresses.

7 jours qu’elle déléguait pas mal de dossiers pour se concentrer sur le côté administratif et tout ce que pouvait demander une ouverture de cabinet, même si ça faisait quelque temps qu’elle s’était déjà penchée sur tout ça. Où Sarah faisait un boulot merveilleux, d’ailleurs pas pour rien que c’était la seule personne qu’elle avait débauchée de l’ancien cabinet pour l’embarquer dans celui-là. Cette assistante juridique – qui avait tout à gagner en passant quelques concours – faisait office d’un peu tout, que ce soit en communication ou en conseil. Non, vraiment, Charlie ne saurait pas se passer de Sarah. Peut-être pour ça que son absence fut autant remarquée en ce lundi matin. Sarah pouvait largement concourir avec Charlie, parce que, dans le genre acharné au boulot, elle n’était vraiment pas mal. Pas une absence depuis qu’elles bossaient ensemble et, du coup, l’avocate était plutôt inquiète à cette absence. Même pas un appel, ça ne ressemblait pas à Sarah qui ne répondait pas à son téléphone pro ou personnel.

168 heures qu’elle avait ouvert et que Jace, comme de nombreuses autres fois, lui apporte un paquet. Chose qui aurait pu être normal si le paquet en question ne s’était pas mis à sonner avant qu’elle ne finisse de l’ouvrir. Elle avait eu le temps de décrocher, le volume réglé à son maximum, sans pour autant être sur haut-parleur, pouvant laisser passer quelques bribes de l’échange entre Charlie et un interlocuteur mystère. Sarah ne viendrait pas parce qu’elle était retenue quelque part et, si Charlie voulait la revoir alors, elle devait se rendre à un point de rendez-vous, donner ultérieurement.

Oh et, évidemment, il ne fallait pas prévenir la police. Ce que, pourtant, elle assura de faire face à Jace. Non, bien sûr que non, elle ne se lancerait pas tête baissée dans cette affaire. Oui, c’était bien trop dangereux, la police était plus apte à réagir à cet évènement. Non, elle n’avait pas besoin d’aide, elle resterait sagement ici, en attendant que des professionnels s’en chargent. Ces paroles rassurantes et absolument pas crédibles dites, elle laissa Jace retourner à ses occupations, pour attendre le message qui lui donnerait un point de rendez-vous.

10 080 minutes, et un message reçu, pour qu’elle retrouve les bonnes habitudes : sortir de son bureau, sans avoir appelé la police – pour être certaine qu’il n’arrive rien à Sarah – et, forcément, aller se rendre au point indiqué. Cela dit, ça va étonner personne qu’elle se lance de cette manière, ce n’était pas comme si Chase doutait déjà de sa perception du danger, tout comme Randall qui lui avait pourtant demandé de rester prudente, ou son frère qui trouvait qu’il lui arrivait un peu trop de choses et, ne parlons pas de Scott ou de Sarah qui, des fois, en venaient à se dire qu’elle devrait changer de boulot si elle voulait voir ses 35 ans un jour.

Ce fut normal, donc, de la voir débarquer dans une ruelle, un peu isolée – c’était toujours comme ça -, pas très loin de son bureau. Furent présents, trois types, l’air peu commodes – ça aussi, c’était normal – et armés probablement qui s’approchèrent d’elle mais s’arrêtèrent à deux mètres.

« Vous n’avez prévenu personne ? »
« Où est Sarah ? »
« On pose les questions. »
« Ah, je voudrais voir Sarah. »

Ce qui ne constituait pas une question, donc, ça devait passer, non ? Pourtant, elle le savait, jouer sur les mots et formulations avec des types comme ça, généralement, ce n’était pas une très bonne idée. Le type du milieu sortit une arme – logique ! – qu’il pointa sur elle, peu enclin à se faire chier sur la façon de formuler les choses.

« Vous avez prévenu les flics, ou pas ? »
« Non. »
« Suivez-nous. »

N’empêche qu’il avait presque l’air civilisé, il vouvoyait… Aucune idée du temps que ça allait durer. Les ordres, pour lui étaient assez clairs, s’assurer qu’elle n’avait prévu personne, puis l’entrainée par l’entrée d’un bâtiment abandonné pour cause de rénovation – en standby, suite à un impayé – qui se trouvait dans la ruelle dans laquelle tout ce petit monde se trouvait.

« Je préfère voir Sarah avant. »
« Putain mais tu fais chier ! Tu nous suis et puis c’est tout. »
« Hey, mec. »
« Quoi ? »
« J’ai vu un truc bougé là-haut. »

Le type de droite, pointa son doigt en direction du haut du toit. Ce qui l’avait poussé à regarder en haut fut une énigme pour tout le monde. Brian – celui du milieu, parce qu’ils vont avoir besoin de prénom un jour – soupira. Il baissa son arme une seconde dans un soupir en reportant son regard sur Bill.

« T’hallucines grave. » Son arme fut de nouveau sur Charlie. « On y va. »
« Où est Sarah ? »

Elle avait décroché chacun de ses mots puisque, apparemment, sa question n’était pas claire depuis le début mais, une fois encore, elle n’eut aucune réponse. C’est Bill qui fut chargé de lui agripper le bras pour la faire avancer, bien qu’elle tenta de se dégager, son action ne trouva pas de réussite. La menace d’une arme évitait aussi de faire un peu trop n’importe quoi.
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Message posté : Mar 19 Nov - 16:11 Message
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Super-coursier. C’était ainsi qu’avait décidé de l’appeler Megastar, qui changerait probablement d’avis quand il constaterait que Jace faisait la tête. Mais le jeune homme était loin d’être mécontent : c’était un emploi, enfin, et un bel emploi, auprès d’une prestigieuse avocate qui, pour lui comme pour bien des personnes dans Star City et à travers les États-Unis, était une véritable héroïne, engagée dans la défense quotidienne des plus faibles. Jace l’admirait et lorsqu’il avait vu que le tout nouveau cabinet de Charlie Lane recrutait, il s’était précipité avec son CV (où il n’y avait pas grand-chose, à vrai dire) et avait tenté de faire la meilleure impression possible.

Apparemment, cela avait fonctionné. Sans doute parce qu’après quelques tests, Jace s’imposa comme le coursier le plus compétent de Star City. Étonnamment rapide, même aux heures de pointe. On lui avait donné un vélo qu’il n’utilisait pas, mais personne ne se posait de questions. Jace, lui, volait d’adresse en adresse pour remettre les paquets du cabinet, les subpoenae, toutes les lettres qu’on ne voulait pas confier à la poste. Jace avait ainsi découvert que les affaires juridiques étaient parfois beaucoup plus palpitantes qu’elles n’en avaient l’air, quand on regardait les avocats enterrés sous leurs dossiers. Il n’y avait pas de combat ni d’explosion mais, perpétuellement, des retournements de situation.

Et puis, il touchait un salaire. Pas mirobolant, c’était vrai, mais Lane & Robb payait beaucoup mieux que les restaurants de la Little Italy où il avait un temps songé à devenir serveur. Avec ça, il allait pouvoir s’acheter sa voiture. Pas bientôt, mais enfin, un jour. Il faisait consciencieusement ses comptes à la fin de chaque semaine, pour la plus grande satisfaction de sa mère, heureuse de le voir prendre des responsabilités domestiques. Accessoirement, sa séparation avec Loïs le laissait le cœur léger, même si, par délicatesse, il essayait de le cacher à Loïs elle-même. Bref, la vie était belle.

Ce fut donc en fredonnant une quelconque chanson qui passait en ce moment à la radio que, ce matin-là, il tendit un paquet à Charlie. D’habitude, il les donnait à Sarah, qui se chargeait de les ouvrir et de les trier, mais ce lundi-là, Sarah était absente. Ça, c’était nouveau. D’habitude, le processus était bien rôdé : Jace recevait sur son téléphone un SMS qui lui indiquait qu’il y avait un paquet à livrer ou à collecter, il s’absentait de Star High dès qu’il avait un moment de libre pour effectuer la livraison, Sarah lui donnait le paquet ou recevait celui qu’il lui apportait. Parfois, elle bavardait un peu avec lui, parce qu’elle réfléchissait aussi à acheter une voiture.

Quand le paquet se mit à sonner, Jace, qui s’apprêtait à quitter le bureau pour laisser à Charlie tout le secret que nécessitait sa profession, ne put s’empêcher de s’arrêter, de se baisser pour refaire son lacet et de tendre l’oreille. Il ne livrait pas tous les jours des téléphones portables et il se doutait bien qu’il y avait anguille sous roche. Les bribes de conversation qu’il entendit confirmèrent ses soupçons et il se mit à argumenter avec Charlie. Quand sa cheffe lui promit de ne pas se mêler directement de cette affaire, Jace eut l’impression d’entendre Megastar promettre qu’il ne ferait rien d’inconsidéré. Il hocha la tête, pas dupe une seule seconde, et disparut.

Un aller-retour à toute vitesse à Star High et Thunder, dans sa combinaison de super-héros, se retrouvait juché sur le toit du building où Charlie avait installé son cabinet, de petites jumelles vissées sur le nez. Il ne tarda pas à le repérer qui sortait et il se lança dans sa filature. Telle était sa seconde mission. Le Commander, lorsqu’il avait vu différentes petites annonces trainer sur le bureau de son fils, avait pointé celle de Lane & Robb et l’avait enjoint d’y tenter sa chance : la Légion voyait d’un bon œil les activités de Charlie mais craignait pour sa sécurité. Chase Neutron-Grey lui offrait certes une protection difficilement égalable, mais deux anges gardiens valaient mieux qu’un et le Commander avait confié à son fils la délicate tâche de garder Charlie du danger.

Eh bien, c’était raté, constata Thunder, sur le toit d’un autre bâtiment, tandis que Charlie, en bas, dans une ruelle sordide, tenait tête à trois malfrats. Il avait bien lu les exploits de l’avocate dans les journaux et il avait vu les reportages à la télévision, mais il constatait à présent de ses propres yeux que Charlie avait en effet une capacité exceptionnelle pour se fourrer dans le pétrin. Jace hésita à intervenir. Sarah était en danger, Charlie n’était pas encore directement menacée. Peut-être valait-il mieux attendre. L’un des types désigna le toit, Jace s’aplatit au sol.

Prudemment, il jeta un nouveau coup d’œil par dessus le bord de l’immeuble, juste à temps pour voir Charlie, entouré de ses trois kidnappeurs, disparaitre par une porte. Jace se laissa tomber jusqu’à sol, où il atterrit doucement et se précipita sur la porte, pour la retenir avant qu’elle ne se fermât. Tout doucement, il l’ouvrit et se faufila à son tour à l’intérieur. Il se trouvait dans une ancienne bibliothèque de quartier, destinée à devenir bientôt une nouvelle agence de transports en commun, mais la fonction du lieu était pour l’heure indéfinie : les rénovations avaient commencé, puis il y avait eu des difficultés comptables du côté de la régie des transports et l’on attendait désormais le prochain exercice pour aplanir les choses. En attendant, des câbles électriques pendaient un peu partout, des canalisations restaient découvertes, une mousse jaunâtre s’échappait du plafond.

Thunder volait à quelques millimètres au-dessus du sol, pour ne pas faire de bruit, et se précipitait de pilier en pilier, dissimulé toujours. Les trois hommes encadrant Charlie traversaient ce qui avait été, jadis, la salle de lecture de la bibliothèque. Seuls les bruits de la ville venaient rompre le silence. Finalement, Brian s’arrêta et désigna une chaise unique, qui trônait au milieu de l’espace vide.

— Assieds-toi là.

Après avoir accompagné son ordre d’un geste de son arme, il jeta un regard à sa montre.

— La patronne devrait plus tarder. Vous deux, allez surveiller les issues.

Les deux acolytes de Brian hochèrent la tête. Thunder examina rapidement les environs. Rien à gauche, rien à droite. Il avait besoin d’une brève diversion. Fermant les yeux, il se concentra de toutes ses forces, pour sentir l’électricité qui courait autour de lui. Des téléphones portables. Rien de le bâtiment, où elle avait été coupée. Des voitures garées, dehors, à quelques mètres à peine. Le jeune héros déclencha une petite surcharge dans les trois voitures les plus proches — il n’eût pas été capable de beaucoup plus, à cette distance. C’était suffisant cependant : les alarmes se déclenchèrent soudainement, toutes en même temps, et les trois malfrats se regardèrent. Pendant ce temps, Thunder fusait en un éclair, à découvert, pour disparaître dans un placard à balais, dont il repoussa très lentement la porte. Il n’avait été qu’une ombre passée à toute vitesse sous les yeux de Charlie.
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Message posté : Sam 30 Nov - 4:38 Message
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Assise sur la seule chaise présente, Charlie oscillait entre l’envie de fondre une durite ou le fait d’être totalement blasée. Si elle avait appris une chose, ces derniers temps – correspondant bizarrement au moment où elle avait rencontré un certain Chase Neutron Grey – c’était que paniquer ne servait à rien quand il était question de rencontrer quelqu’un d’autre. A priori, si Patronne devait arriver, c’était qu’on ne risquait pas de la tuer avant cette arrivée. Le savoir en théorie ne donnait, cependant, pas très envie de courir dans tous les sens pour vérifier si c’était valable aussi en pratique. Blasée mais pas encore suicidaire.

Du coup, ne semblant pas spécialement paniquée, elle ouvrit la bouche pour demander ce qui se passait et, surtout où se trouvait Sarah puisque personne n’avait cru bon de lui répondre mais, les alarmes de voiture l’empêchèrent de poser la moindre question. Autre chose qu’elle avait appris ces derniers temps : rien n’arrivait au hasard. Si les trois hommes se regardèrent d’un air interrogateur, Charlie eut une pensée pour Chase. Personne n’allait lui en vouloir, il avait cette tendance un peu étrange – pas du tout flippante – d’être dans les parages quand elle avait un souci.

Voir un truc passé, sans pouvoir déterminer de quoi il s’agissait, la fit s’interroger un peu plus sur la présence éventuelle du télépathe avant de rejeter cette idée. Bien que pas certaine de pouvoir réellement définir un style « Chase NG », il ne lui sembla pas être dans les habitudes du mentaliste de s’amuser à faire sonner les alarmes des voitures et comme aucun des trois hommes agissaient de manière étrange, la thèse du jeune sauveur était à écarter.

« C’est quoi ce bordel ? »
« Juste des alarmes de voitures. Allez surveiller les issues. »

Bill et Bob – il vient d’être décidé que ça serait la team des 3B – échangèrent un regard avant de hocher la tête et d’aller faire leur ronde comme l’avait demandé Brian qui, apparemment, avant le commandement des opérations jusqu’à l’arrivée de BigPatronne – histoire de garder des B. Brian qui n’était pas si stupide que ça, se mit en tête d’aller chercher un peu plus de renseignements sur cette histoire d’alarme, ce qu’il n’avait pas voulu faire devant les deux autres pour pas qu’ils s’interrogent plus que de raison, ou se mettent à paniquer.

« C’était quoi ? »
« Juste des alarmes de voitures » C’était ce qu’il avait dit, non ?
« Me prend pas pour un con, t’as prévenu ton pote, c’est ça ? »

Dire oui, même si ce n’était pas vrai, lui traversa l’esprit. Ça aurait pu faire office de menace et peut-être même que ça aurait pu fonctionner mais, il n’était pas question que d’elle. Sarah était quelque part et Charlie n’avait pas tellement envie de prendre les paris en jouant la sécurité – déjà bien relative – de son assistante juridique. Elle secoua la tête pour répondre de manière négative mais Brian s’était renseigné avant de prendre ce boulot et, dans beaucoup trop d’affaires, il était question de Chase. Il avait un peu du mal à croire Charlie.

« On t’avait dit de prévenir personne ! »
« Il était question de ne pas prévenir les flics pour commencer et, pour finir, si mon pote devait être là je ne serais pas là en train de m’acharner à vous demander où est Sarah ! »

Ce qui, à elle, lui semblait tellement logique que c’était une preuve en soi. S’il avait été présent ça ferait longtemps qu’elle lui aurait demandé d’aller fouiller dans le cerveau de ce type pour savoir où était planquée son assistante – parce que, forcément, elle allait bien. Le ton qu’elle avait employé, ou sa réponse en elle-même, enfin, il y avait un truc qui n’avait pas plu à Brian qui déjà levait son arme pour venir la frapper, des fois que ça lui remette les idées en place. Son geste fut suspendu, quand une voix féminine se fit entendre plus loin.

« Brian ! »

BigPatronne était le genre de femme dont on avait envie de se méfier au premier coup d’œil. La trentaine, perchée sur des talons qui filait le vertige sans faire un seul pas de travers. Pas le genre de criminelle qu’on trouve au coin de la rue d’un quartier pourri, le genre de femme avec laquelle on n’a pas tellement envie de jouer à « qui est le plus malin ». Avec elle, Bill et Bob et un troisième gars qui faisait avancer Sarah. C’est sur cette dernière que Charlie reporta son attention, la pauvre, bâillonnée, les mains attachées elle ne semblait pas avoir vécu les meilleures de sa vie mais, elle avait l’air d’aller bien. C’était déjà ça. Et si Sarah accompagnait les deux nouveaux, c’était histoire d’avoir un point de pression visible.

« Maître Lane. » Son sourire parfait, sa façon de parler, en deux mots Charlie la trouvait déjà irritante. Un truc de fille, sûrement. « Je suis navrée pour tout ça mais je voulais m’assurer d’avoir votre attention pour que l’on puisse discuter. »

Tout ça étant désigné par une Sarah qui ne comprenait pas grand-chose, deux types postés derrière Charlie, une femme flippante devant elle avait Brian à ses côtés. Une situation qui aurait pu appeler un tas de réponse ironique venant de la part de l’avocate mais, comme dit un peu plus haut, elle n’avait pas réellement envie de mettre à l’épreuve les nerfs de cette femme.
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Message posté : Sam 30 Nov - 17:21 Message
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À partir de ce point, Jace n’avait pas vraiment de plan. Il était enfermé dans un placard à regarder par le trou de la serrure les agissements de trois malfrats qui menaçaient son employeuse, pendant que l’une de ses collègues avait été kidnappée par une mystérieuse patronne. Au moins, la situation était parfaitement claire. Elle n’était pas pour autant glorieuse. L’otage compliquait les choses. Jace ne doutait guère d’être capable de maîtriser les trois hommes et il en doutât encore moins quand ils décidèrent de se disperser. Mais électrocuter tout ce petit monde ne ferait pas apparaître magiquement Sarah et c’était pour elle, justement, qu’ils étaient là.

Il n’empêche, quand Brian leva son revolver pour frapper Charlie, Thunder fut à deux doigts de voler littéralement hors de sa cachette pour enfoncer l’autre abruti dans le mur (en réfection) le plus proche. En dehors du bébé phoque sur la banquise, y avait-il personne au monde qu’on eût moins envie de violenter que Charlie ? N’était-elle pas l’héroïne de tout Star City, la madone des nécessiteux, la (plus ou moins) vierge protectrice de la veuve et de l’orphelin, la sainte, la… ? Bref. C’était Charlie Lane, tout de même, et il fallait être un monstre ou un juge corrompu (c’est la même chose) pour vouloir le dévisser le crâne à coups de crosses.

Mais Big Patronne, qui n’était pas Big du tout mais en revanche très Patronne, survint à temps pour préserver la peau délicate de Maître Lane. Thunder ne put apercevoir que les jambes de la femme, mais sa voix assurée et constamment teintée d’ironie supérieure suffit à lui faire deviner qu’ils n’avaient pas affaire à n’importe qui. De fait, il fallait une certaine assurance pour entreprendre de séquestrer une avocate aussi connue, reconnue et protégée que Charlie Lane. De l’assurance, de l’inconscience, ou bien un peu des deux.

— Bien, raccompagnez cette demoiselle à la voiture.

Elle fit un signe de la main et l’homme qui tenait fermement Sarah se détourna, entraînant l’assistante juridique avec lui.

— Maintenant que vous avez pu constater que nos menaces n’étaient pas vaines et que nous pouvons les exécuter, et je dis bien exécuter, j’espère que nous allons pouvoir avoir, vous et moi, une conversation tout à fait civilisée. Mais avant cela…

Big Patronne tendit une main aux ongles parfaitement vernis de rouge vers le placard à balai. Aussitôt, ses ongles s’allongèrent pour fuser tels cinq lames de plusieurs mètres, dans la direction de la porte, et seul le bruit de l’air alerta Thunder, qui s’accroupit juste avant que la porte ne fût percée. Des morceaux de bois volèrent en tout sens et les ongles se rétractèrent, tandis que Big Patronne appelait :

— Si vous vouliez bien sortir, cher visiteur… ou visiteuse… Je n’apprécie guère que l’on épie ainsi mes conversations.

Le jeune homme retint un juron et se redressa, avant d’ouvrir précautionneusement ce qui restait de la porte, prêt à bondir sur le côté dans l’éventualité d’une nouvelle attaque. Big Patronne détailla Thunder qui levait les mains en signe de reddition puis esquissa un sourire narquois.

— Je constate que vous avez une préférence pour les blonds, Maître Lane, mais vous choisissez vos protecteurs de plus en plus jeunes. Je ne suis même pas certaine que celui-ci soit très légal. C’est votre réputation qui risque d’en prendre un coup.

La femme fit un signe de tête à Brian qui s’approcha de Thunder, posa une main sur son épaule et l’entraîna à côté de Charlie. Le jeune homme baissa les mains, tout en tentant de déterminer si au moins des quatre criminels le reconnaissait ou bien s’il bénéficiait encore de l’effet de surprise.

— Bien, ces menus arrangements étant fait… Maître Lane, nous avons un service à vous demander. Un service en réalité fort simple. Rien de dangereux pour vous. Rien de réellement difficile non plus. En quelques heures, nous devrions tous être sortis de l’embarras et retrouver la quiétude de nos activités ordinaires. Brian.

Brian tira de la poche intérieure de son blouson un petit sachet de cocaïne.

— Nous savons que vous avez une affaire en cours devant le tribunal de la juge Westmeyer. Nous souhaiterions que vous glissiez ce sachet dans le sac à main de la juge, lors de l’une de vos entrevues, dans ce bureau. Avec un peu de discrétion, je ne doute pas que vous y parviendrez sans peine. Et c’est tout. Vous faites cela, vous attendez quelques heures, nous vérifions que tout se déroule comme prévu et nous vous renvoyons Sarah. Vous avez ma parole d’honneur.

Elle fit un signe de tête à son bras droit qui lança le sachet de cocaïne à Jace. L’adolescent l’attrapa au vol.

— Si d’aventure cependant vous choisissiez de ne pas obéir, ou bien de contacter la police, ou bien d’alerter la juge, bref, de dévier de cette voie simple et agréable d’un seul centimètre, nous serions contraints d’appliquer des mesures, croyez moi, drastiques. Et vous auriez une mort sur la conscience. Comme vous le constatez, le choix qui s’offre à vous est d’une simplicité, si j’ose dire, enfantine.

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Message posté : Lun 2 Déc - 22:00 Message
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Sarah était à peine apparue que, déjà, on lui faisait quitter les lieux. Charlie, dans un regard, essaya de lui dire qu’elle la sortirait de là, sans savoir comment, ni quand. Et, il faut croire que les deux femmes étaient faites pour se trouver parce que, l’assistante, de son côté, secoua très légèrement la tête comme pour demander à Charlie de ne rien faire de stupide. Les situations auraient été inversé qu’elles auraient eu la même réaction que l’autre. Le regard de l’avocate se fit un peu plus sévère sur cette Patronne qui insistait un peu trop sur le mot exécution, avant que cette dernière ne prouve qu’une manucure devait lui couter extrêmement chère.

Sur le coup, Charlie ne compris pas tellement ce qui était en train de se passer – mais il y avait bien trop de Super dans cette ville ! Jusqu’à ce que Jace apparaisse, laissant Charlie cligner deux fois des yeux pour s’assurer qu’elle n’était pas en train d’halluciner. Rien à faire de ce que pouvait penser l’autre femme, la seule chose que Charlie se demandait se résumait à un mental : Mais bordel qu’est-ce qu’il fout ici ? Elle venait à peine d’ouvrir son cabinet et elle n’avait déjà pas la moindre autorité sur son personnel quand elle disait gérer les choses. Très engageant pour l’avenir !

Bien que non violente – surtout sans l’aide d’un parapluie – Charlie avait bien envie de décrocher la mâchoire du type qui était venu amener Jace jusqu’au petit groupe. Dans un soupir mauvais, Charlie reporta son attention sur la femme qui lui était encore moins sympathique qu’à son arrivée. Jace venait d’hériter d’un sachet qui, de toute évidence, n’était pas de la farine alors que Charlie s’empêcha de passer une main sur son visage.

« Et comment je vous contacte une fois que c’est fait ? »
« On le saura. »

Trois mots et elle y avait mis bien plus d’assurance que Charlie ne pouvait mettre dans une phrase entière. Super ! Patronne lui rappela que le rendez-vous de Charlie était bientôt et qu’elle devait avoir un tas de choses à faire pour s’acquitter de sa tâche. Quelques minutes plus tard, il ne restait plus personne hormis Jace, Charlie et le sachet de cocaïne. L’avocate se releva pour faire face à Jace.

« Qu’est-ce que… »

Elle soupira parce qu’avant d’être énervée de le trouver là, elle était surtout soulagée de voir que personne ne s’en était pris à lui. Si, ces derniers temps, elle avait appris qu’être bien plus jeune n’empêchait pas de savoir correctement se défendre, elle n’arrivait pas à s’empêcher d’être inquiète pour un oui ou pour un non. Finalement, heureusement qu’elle n’avait pas d’enfant, elle aurait été capable de le emballer dans du papier bulles pour être certaine qu’ils ne se fassent pas une égratignure.

« Vous êtes conscient que vous ne devriez pas être ici ? »

Et encore moins la suivre parce qu’elle n’allait pas croire qu’il était, par hasard, passé par là lors d’une de ses courses. Sans parler du fait que… Elle le regarda un instant, particulière étonnée, en se demandant comment il avait trouvé le temps de se changer entre le moment où il était dans son bureau et maintenant. Là, tout de suite, elle avait une bonne centaine de questions à lui poser, plutôt que de devoir l’imaginer se la jouer superman, en arrachant ses vêtements pour laisser une autre tenue faire son apparition.

Charlie avait géré les recrutements mais ce n’était pas elle qui s’était occupé de regarder les antécédents des gens, ni même de l’endroit d’où ils venaient. Du coup, elle ne savait pas grand-chose sur son coursier. Elle ne savait rien, en fait. Là, elle oscillait entre beaucoup de théories allant du super-héros en devenir – pas totalement improbable dans cette ville – jusqu’au type qui, en voyant certaines nouvelles, devait se dire que Charlie avait besoin qu’on la protège – il y avait un tas de personnes tordues. Oui, oui.

« Je ne sais pas ce qui vous a poussé à venir ici mais, ce n’était certainement pas une bonne idée. »

Le ton n’était pas agressif, il ne l’était que rarement avec Charlie. En fait, elle avait surtout eu peur qu’il puisse lui arriver quelque, plus qu’autre chose. Et, dans son esprit, les choses étaient assez claires. Elle tendit la main en direction de Jace.

« Vous devriez me donner ça et retourner à vos occupations, je vais m’en occuper. »

Aucune idée de la manière dont elle allait s’y prendre parce qu’elle ne ferait pas accuser une juge de possession de drogue et, en même temps, elle n’allait pas risquer la vie de Sarah. Mais, dans l’immédiat, sa priorité était d’éloigner Jace de cette affaire pour qu’il ne lui arrive rien.

« Et il faudra qu’on reparle de ce qui vient de se passer. Plus tard. »

Oui, pour elle, les choses étaient simples. Il allait lui donner le sachet de cocaïne, retourner faire ses courses ou reprendre ses cours mais, à aucun moment elle n’envisagea le fait qu’il puisse vouloir rester.
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Message posté : Lun 2 Déc - 23:55 Message
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Bien. Alors, ça ne s’était pas passé exactement comme prévu. Peut-être parce qu’il n’avait pas prévu grand-chose, certes. Jace avait essayé de prendre un air assuré et héroïque tandis que Big Patronne, pas vraiment impressionné, détaillait ses instructions, mais la vérité, c’était que le professionnalisme sinistre de cette femme lui faisait froid dans le dos. Ce n’était pas la première ponte criminelle qu’il rencontrait, mais les siennes, il les avait vues surtout dans le feu de l’action : c’était autre chose d’entendre un plan bien conçu calmement exposé.

Un long silence suivit la disparition de la femme et de ses sbires, tandis que Jace se demandait comment diable il avait pu faire pour n’avoir jamais entendu parler d’un pareil personnage — parce qu’il se doutait bien qu’il n’avait pas manqué accidentellement le dossier sur la femme qui faisait grandir ses ongles comme dans Full Metal Alchemist. Pour certains criminels, l’anonymat devant les justiciers n’était pas un manque d’ambition mais tout au contraire une marque d’excellence et tout, dans cette affaire, laissait au jeune super-héros un goût amer.

À commencer par la tempête qui allait suivre. À peine Charlie avait-elle pris la parole que Jace avait adopté une posture quasi militaire de garde-à-vous. Pour lui, Charlie Lane n’avait rien de la civile perdue en pleine détresse : elle était celle qui avait fait tomber un juge corrompu (presque) toute seule, celle qui avait démantelé un réseau de jeux clandestins (presque) toute seule, celle qui avait remporté nombre d’affaires et qui dirigeait un cabinet tout récent, sans aucun doute, mais déjà observé par les commentateurs de la vie politique et judiciaire de Star City.

Jace respectait la hiérarchie. Mais il secoua la tête, alors que Charlie tendait la main pour récupérer le sachet de drogue.

— Hors de question que je vous laisse y aller seule.

Il respectait la hiérarchie, certes. Charlie n’était pas une néophyte du terrain, certes. Mais elle restait le terreur des tribunaux et la rue, c’était son domaine à lui. Son devoir lui commandait d’apporter toute son aide à sa supérieure, même si la supérieure en question avait toutes les chances de se montrer quelque peu réticente.

— Vous avez failli vous faire tuer !

Pas du tout. C’était plutôt lui qui avait manqué de se faire transpercer le cerveau par un ongle assassin. Mais la question n’était pas (tout à fait) là.

— Vous avez besoin de protection et d’assistance : c’est pour ça que je suis là.

Cela dit, il soupçonnait Charlie de ne pas l’avoir reconnu — il était loin, après tout, d’avoir la réputation de son père. Il se doutait bien que la protection d’un adolescent lambda de dix-sept ans, coursier à ses heures perdues, ne serait pas très rassurante et ce fut pour convaincre Charlie qu’il précisa :

— Je suis Thunder, de la Légion des Étoiles. Le Commander m’a demandé de veiller sur vous.

Il n’avait pas dit cela d’une voix claironnante, parce qu’il n’était pas certain que l’avocate fût ravie qu’on décidât dans son dos de veiller sur elle. Il aurait pu sans doute arrondir les angles en rendant la chose moins officielle mais une formulation comme « mon papa m’a demandé de garder un œil sur vous » manquait un peu trop d’héroïsme à son goût.

— Je vous assure que je suis moins en danger que vous dans cette affaire et que je peux vous apporter une aide précieuse. C’est vous qui déciderez de la marche à suivre, bien entendu.

(Oui, enfin, dans les grandes lignes. Mais un peu de diplomatie ne faisait pas de mal.)

— Mais comme il me parait évident que vous ne comptez pas répondre aux menaces de cette femme et tenter de retrouver Sarah par vous-même, vous avez sans aucun doute besoin de moi. J’ai l’expérience de ce genre de situations, vous savez.

Pour être tout à fait honnête, la prise d’otage, c’était une première, mais enfin, il ne mentait pas vraiment : c’était juste une toute petite généralisation pour donner un peu plus de poids à son argumentaire. Histoire de montrer qu’il ne manquait pas de ressources, il se décida à partager ses vues sur la situation :

— Nous pouvons faire analyser cette drogue pour savoir d’où elle vient. Interroger la juge et déterminer qui sont ses ennemis. Interroger des criminels notoires dans des bars en leur donnant la description de notre ennemie. Relever les plaques d’immatriculation de leurs voitures grâce aux caméras de circulation.

Ça partait un peu dans tous les sens, mais la conception stratégique, d’ordinaire, c’était plutôt le domaine de Megastar que le sien. Lui, il gérait l’équipe, mais l’équipe du jour était composée de Charlie et lui-même et même s’il ne connaissait pas encore très bien l’avocate, il avait compris au moins qu’elle, on ne la gérait pas du tout. À défaut, il pouvait aussi se contenter de jouer les gros bras. Électriques.
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Message posté : Mar 3 Déc - 18:41 Message
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Elle ne s’attendait tellement pas à un refus venant de Jace qu’elle en resta interdite quelques secondes, s’interrogeant sur ce petit jeune dans sa position quasi militaire. Le reste du discours de Charlie fut ponctué de petits mots, ici et là. « Quoi ? » Comment ça il n’allait pas la laisser y aller seule. D’une s’était elle l’adulte – notion qui apparemment ne voulait plus rien dire à Star City – et, deux, c’était quand même elle la patronne, non ? Parce que là, elle commençait réellement à douter de son rôle. « Pas du tout ! » Et là, elle était convaincue de sa réponse. Bien sûr que non, elle n’avait pas manqué de se faire tuer, quelle drôle d’idée. Elle ne s’était même pas sentie en danger, ce qui démontrait bien un sérieux problème dans sa façon de voir les choses. Puis d’abord, si on avait voulu la tuer, on n’aurait pas pris la peine d’enlever Sarah ! Ah quelque chose à dire contre cet argument ?

Elle ne comprenait pas tellement pourquoi elle allait devoir se justifier devant lui mais, avant qu’elle ne s’apprête à le faire, la situation lui échappa encore plus. L’impression de se retrouver dans un film, où on lui annonce tranquillement que sa vie ne lui appartient plus vraiment. Ouais, ok, c’était exagéré mais, depuis quand on envoyait quelqu’un pour la surveiller sans la mettre au courant. N’importe quoi ! La légion des étoiles, en plus, rien que ça ! A défaut de réagir autrement, elle se mise à sourire, un chouïa excédée par cette annonce. N’empêche que le commander avait été intelligent parce qu’elle n’allait pas hurler contre un gamin de 17 ans, si ça avait été un adulte, sa réaction aurait été bien différente.

« Super ! Génial ! »

Merveilleux ! Voilà ce qu’elle avait à en dire avant de le laisser poursuivre sur le fait qu’il était une aide précieuse. Elle se massa la tempe un instant devant le plan assez anarchique de Jace, Thunder, peu importe. Relaissant son bras retomber dans une inspiration prise, elle garda un peu parfaitement calme en secouant doucement la tête.

« Non, en réalité mon plan se basait plus sur le fait d’échanger le sachet contre quelque chose de ressemblant et légal, de laisser la juge se faire arrêter et de récupérer Sarah, avant de la mettre en sécurité et de mettre à jour ce qui venait de se passer. »

Clairement, à aucun moment elle n’avait envisagé d’aller chercher Sarah par ses propres moyens. Miss manucure devait avoir beaucoup trop d’hommes, puis elle avait été capable de savoir que Jace était dans un placard. Elle avait beau tourner le problème dans tous les sens, elle n’avait aucune chance en tant que petite humaine de foncer tête baissée pour aller chercher son assistante juridique.

« Analyser, chercher, se renseigner, ça va prendre beaucoup trop de temps. Je suis censée avoir rendez-vous dans… » Elle regarda sa montre « Un peu moins d’une heure. Si je n’y vais pas, ils vont le savoir. » Elle haussa les épaules. « Et de toute façon, même si on cherchait où était Sarah, on fait quoi une fois qu’on a l’info ? On y va et on leur demande juste de nous la rendre ? »

Oui, « on » parce que monsieur avait décidé de ne pas lui rendre le sachet de cocaïne et qu’elle ne se voyait pas lui sauter dessus pour tenter de le récupérer. Elle secoua la tête d’un air catégorique.

« Hors de question que je vous traine là-bas de toute façon. » Elle plissa légèrement les yeux. « Je ne suis même pas sûre que ce soit légal de vous envoyer surveiller quelqu’un. »

Décidément, elle avait du mal avec cette idée. Il avait l’âge de passer son permis mais hormis ça, il n’avait rien de majeur. Il devait bien exister des lois contre la protection des mineurs, ce genre de connerie pour éviter d’envoyer un adolescent en mission. Il allait vraiment falloir qu’elle ait une discussion avec ce commander et, maintenant qu’elle y réfléchissait… ça avait mis du temps à monter au cerveau mais, elle posa un regard médusé sur Jace.

« Attendez, c’est votre père qui vous envoie ? » Impensable. « Je vais déjà m’occuper de cette histoire, mais il va réellement falloir qu’on revoie les termes de votre embauche. »

Sur le moment elle estimait que la meilleure option était de trouver un nouveau coursier parce qu’elle n’aimait absolument pas l’idée d’avoir quelqu’un pour la surveiller. La bonne nouvelle c’était qu’elle semblait avoir acquis le fait qu’il la suivrait et que ça laissait tout le temps d’une mission pour la voir changer d’avis.

« Pour commencer, on retourne au bureau, je vais regarder sur quoi travaille cette juge en ce moment. »

Ça leur donnerait peut-être un indice sur ce qui était en train de se passer et les personnes qui s’en étaient prises à Sarah. Du coup, Charlie entama sa progression pour sortir du bâtiment et se diriger vers le cabinet d’avocats qui avait au moins l’avantage de ne vraiment pas être loin. Une perte de temps en moins. Elle aurait pu demander à Jace ce qu’il était capable de faire mais le cerveau de Charlie refusait la potentialité de mettre un ado de 17 ans en danger.
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Message posté : Mar 3 Déc - 21:29 Message
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L’adolescent avait bien senti, en évoquant différents plans, qu’il n’allait pas remporter la palme de l’ingéniosité stratégique ce jour-là et quand il s’était tu, il était resté suspendu à la décision de Charlie. Sur ce coup-là, il ne s’était pas senti très héroïque et il craignait que l’avocate le renvoyât d’où il venait, mal satisfaite de ses services. Lui, il avait prévu de la surveiller et de la sauver. Au lieu de cela, Sarah était de nouveau introuvable et eux étaient perdus dans les machinations d’une parfaite inconnue qui semblait avoir un train d’avance sur eux.

Lorsque l’avocate exposa son propre plan, Jace se gratta la nuque et reconnut :

— Ah oui, on peut faire ça, aussi.

Le jeune super-héros était bien forcé de s’incliner devant l’expérience. Réduire en poudre les carrés de sucre de la salle de pause pour les substituer au sachet de cocaïne, c’était en effet un peu plus rapide et un peu moins risqué que d’écumer les bars douteux à la recherche d’une hypothétique information tandis que Sarah se faisait trancher les doigts les uns après les autres, en représailles de leur inacceptable retard. Converti à la méthode Lane, Jace allait proposer, tout guilleret, de se mettre en route, quand Charlie, en bonne adulte pédagogue qu’elle était, se mit à souligner les failles de ses propositions à lui.

Le garçon rougit et baissa les yeux. Il ne releva le regard que lorsque Charlie lui posa des questions qui n’étaient peut-être bien que rhétoriques.

— Ben, je sais pas. J’ai pas pensé jusque là. Mais enfin, on aurait foncé dans le tas, je suppose, plus ou moins.

Lui en lançant des éclairs, Charlie en donnant des coups de parapluie. Réflexion faite, l’idée n’était sans doute pas lumineuse. Jace finit par se rendre dans un haussement d’épaules. Mais il s’anima de nouveau quand l’avocate parla de « revoir les termes de son embauche ». Non mais qu’est-ce que ça voulait dire, ça ? Jace releva brusquement les yeux et s’exclama, incrédule :

— Vous voulez m’virer ?

Il n’en croyait pas ses oreilles.

— Mais c’est super pas juste ! Sans moi, vous seriez probablement déjà…

Euh… Ben.. Exactement dans la même situation. Constant que cette ligne argumentative ne le mènerait probablement pas très loin, Jace décida de bifurquer brusquement.

— …puis j’ai besoin de sous, moi, pour m’acheter une voiture, pour… Euh… Pouvoir conduire. Et tout.

Voilà. Si avec cela, il n’arrivait pas à susciter la pitié et la compassion de Charlie, il ne savait pas trop quoi faire. En attendant, le mieux à faire était encore de lui emboîter le pas et de tenter de prouver son inutilité. Jace se prenait à rêver qu’une équipe de gorilles enragés vînt tenter d’enlever Charlie, pour être en situation d’offrir à l’avocate la plus belle démonstration de ses pouvoirs et, ainsi, prouver son utilité. Accessoirement, il pouvait aussi tenter de souligner que les livraisons avaient toujours été ponctuelles — très ponctuelles, même — et en parfait état.

Arrivés au pied de l’immeuble où le cabinet de Charlie était sis, Jace regarda la façade et commenta :

— J’vais euh… M’changer. Puisqu’on va pas, voilà, dans les bars, et tout, en civil, je serais sans doute plus discret. J’vous rejoins dans votre bureau. En profitez pas pour faire n’importe quoi, hein !

Comme se rendre seule à un rendez-vous avec de mystérieux criminels. Après cette ultime recommandation, Jace s’envola juste à côté de Charlie, filant droit dans les airs avant de survoler la ville. Retour à la case départ. À Star High, il se changea rapidement, enfilant les vêtements qu’il avait quitté pour jouer sans grand succès à l’ange gardien, avant de repartir en direction du centre-ville et de se poser dans une ruelle, non loin du cabinet. Une petite dizaine de minutes plus tard, il débarquait dans le bureau de Charlie, entièrement décoiffé et légèrement essoufflé.

— Alors, vous avez trouvé ? Elle travaille sur quoi ?

Il déposa la sucrière de la salle de repos sur un coin du bureau, avec deux petites assiettes et un tournevis.

— J’ai pris ça en passant.

Puis le jeune homme sortit le sachet de cocaïne de la poche de son blouson et, après avoir vidé la sucrière de ses morceaux de sucre, il entreprit de les piler avec le manche du tournevis, pour obtenir une poudre assez fine. Ce fut à cette étape qu’il vit une minuscule faille dans le plan de Charlie.

— Et si les policiers goûtent un petit peu du produit ? Ils font ça parfois, pour vérifier si c’est de la drogue. Ils se rendront compte que c’est du sucre, et la juge sera pas arrêtée, et les kidnappeurs le sauront forcément. Genre, si elle passe une minute en garde-à-vue, ça s’ra ptêtre pas très efficace, si ?

Il avait levé les yeux vers Charlie, comme s’il attendait d’elle l’oracle divin qui balayerait ses doutes. Après tout, elle était Charlie Lane et Charlie Lane savait toujours et exactement ce qu’elle faisait. En tout cas, c’était ce qu’on lisait dans la presse.
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Message posté : Mer 4 Déc - 17:22 Message
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C’était injuste de jouer sur les « sentiments » pour ne pas se faire virer. D’un autre côté, elle se sentait un peu trompée dans la mesure où il y avait cette histoire de surveillance qui ne lui convenait absolument pas. Puis, elle n’était pas à côté de ses chaussures tout le temps, elle restait consciente qu’elle avait une fâcheuse tendance à plonger dans les ennuis. Impliquer un gamin là-dedans, elle trouvait que c’était presque irresponsable. Elle se contenta d’un hochement de tête parce qu’ils auraient tout le temps d’en reparler plus tard – si tout le monde s’en sortait sans dégâts. Elle avait une autre préoccupation pour le moment.

Laissant Jace aller se changer, elle se frotta les yeux. Oui, le gamin, là, il venait bien de s’envoler dans les airs comme si c’était tout à fait normal. Le mystère de la non utilisation d’un vélo était au moins résolu maintenant. Elle n’arriverait jamais à s’y faire à tous ces trucs de pouvoirs, pourtant ce n’était pas faute d’avoir un frère qui en possédait, de trainer avec le plus grand télépathe connu et ainsi de suite. Secouant la tête pour mettre ces considérations de côté, elle entra dans le bâtiment pour se rendre directement dans son bureau.

L’utilisation d’un ordinateur par Charlie aurait fait bondir une certaine personne tellement elle pouvait galérer avec ces petites choses. Heureusement faire des recherches sur un moteur spécialement conçu pour les avocats – histoire d’avoir des traces de leurs dossiers – était une chose qu’elle arrivait, un peu près, à maîtriser. Elle fit le tour des affaires en cours pour la juge Westmeyer, passant de dossiers en dossiers, tout en annotant quelques trucs sur une feuille de papier, la menant ensuite à faire des recherches sur certains noms et certaines affaires.

Au moins quand Jace réapparut, il fut facile de constater qu’elle n’avait rien fait de stupide puisqu’elle était toujours assise devant son écran. C’est avec un air étonné qu’elle regarda l’adolescent arriver avec du sucre. Ouais, ok, elle aurait plutôt misé sur de la farine pour ne pas avoir à écraser des morceaux de sucre. Chacun ses méthodes, elle n’allait pas se formaliser pour si peu. Puis il avait fallu qu’il mette le doigt sur une faille dans le plan pas si parfait que ça de Charlie qui, de son côté, prit un instant pour réfléchir.

« Je n’en sais rien, j’ai quelques contacts sûrs dans la police, je pourrais prévenir quelqu’un pour qu’il fasse en sorte que l’arrestation est l’air réel ou, en tout cas, qu’il fasse retarder l’analyse du sachet. »

Idée tentante et inquiétante aussi. Elle l’avait vu avec l’affaire Graham, des flics ça pouvaient aussi se faire acheter et la confiance qu’elle pouvait placer en quelqu’un n’était peut-être pas aussi absolu que ça. Patronne avait l’air d’avoir les bras – ou les ongles – longs. Elle avait un peu l’impression d’être dans une impasse parce que, dans le fond, elle ne voulait pas faire de mauvaise pub à la juge dont l’arrestation risquait de lui porter préjudice même si, par la suite, la preuve était apportée qu’elle n’avait rien à voir dans tout ça.

« Apparemment, elle travaille sur un trafic d’armes qui dépasserait les limites de la ville. »

Donc, ce n’était probablement pas le petit trafic du coin, où des Irlandais en manque de challenge s’amuseraient à voler les armes d’un revendeur – légal – de la ville de Star City. Charlie posa son regard sur ses notes, plus par réflexe que par réel besoin avant de venir reporter son regard sur Jace.

« Plusieurs témoins se sont déjà rétractés et, et étant donné la manière dont tournent les choses, il y a des grandes chances pour que la juge ait déjà eu des contacts avec ces personnes pour lui demander de laisser tomber cette affaire. »

Et si la juge était toujours sur cette affaire, qu’on demandait à Charlie de glisser un sachet de cocaïne dans son sac, cela voulait sûrement dire que la juge en question avait quelque chose d’intègre. Finalement, sa plus grande chance était sûrement de parler à cette personne pour essayer de trouver une solution. Tout le monde pouvait en sortir gagnant : Charlie en récupérant Sarah, la juge en ayant des preuves pour poursuivre son affaire.

« Vous pouvez faire quoi exactement ? Les alarmes des voitures c’était vous ? » Elle devait avoir passé trop de temps avec Chase pour mettre les choses sur le compte du hasard. « Admettons qu’il y ait un micro quelque part, vous pouvez faire quelque chose sur ça, ou pas du tout ? »

Elle n’était pas certaine que ça puisse avoir un rapport mais bon, autant demander. Mais histoire que Jace comprenne où elle voulait en venir, elle reprit assez rapidement.

« Il faudrait que je parle à cette juge et, il faut que je fasse en sorte que cette discussion ne soit pas entendue par d’autres personnes. Elle aura sûrement des choses à nous apprendre et quitte à l’impliquer, je préfère qu’elle soit au courant. »

Au pire elle prendrait la méthode à l’ancienne qui constituait à parler tout en ayant une conversation annexe par écrit.
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Message posté : Mer 4 Déc - 19:20 Message
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L’adolescent avait hoché la tête d’un air convaincu quand Charlie avait évoqué la possibilité de mimer une arrestation réelle grâce à des contacts dans la police. Décidément, l’avocate avait réponse à tout et Jace ne pouvait s’empêcher d’admirer sa présence d’esprit. Il était loin, pour sa part, de mettre en doute la probité des forces de l’ordre : ses contacts avec les policiers avaient toujours été excellents et il n’avait encore jamais eu l’occasion de découvrir les noirs secrets de la SCPD. Surtout, il imaginait parfois aux policiers beaucoup plus d’indépendance qu’ils n’en avaient réellement et son stage d’une semaine parmi eux n’avait pas tout à fait suffi à lui apprendre toutes les ficelles du métier.

Donc, il poursuivit son patient travail d’apothicaire en écoutant les informations dénichées par sa supérieure. Là, il se retrouvait une nouvelle fois dans son élément. Megastar et lui passaient souvent de longues heures à analyser les dossiers. Jace n’était pas mauvais pour croiser les informations concrètes contenues dans les rapports de police, les pièces à conviction et autres traces de l’enquête et même s’il préférait de loin le travail de terrain, il y avait quelque chose du puzzle ou de la chasse au trésor dans ce travail méticuleux et documentaire qui l’amusait. Il imaginait sans mal les recherches auxquelles Charlie venait de se livrer.

Ainsi donc, leur ennemie était membre du Cartel, cette fameuse organisation criminelle à laquelle la Légion devait si souvent s’opposer. S’il y avait bien une chose que Jace avait fini par comprendre à propos des trafics de Star City, c’était que personne ne pouvait monter une entreprise illégale de grande ampleur sans appartenir de quelque manière au Cartel, même si, de temps à autre, des concurrents s’enhardissaient et tentaient de doubler les criminels mieux installés — ce qui débouchait la plupart du temps sur une sanglante guerre des gangs dont la Légion et la police étaient les arbitres malheureux.

Le sucre réduit en poudre, Jace entreprit de procéder à la substitution, alors que Charlie lui offrait enfin une occasion de prouver sa valeur. Il hocha la tête.

— Je peux désactiver le micro, oui.

Désactiver les appareils divers et variés, cela avait même été longtemps sa grande, voire son unique spécialité. Il avait appris depuis à contrôler — la plupart du temps — sa gestion de l’électricité qui l’entourait, mais s’il n’avait toujours atteint le haut niveau de précision que son père rêvait pour lui.

— Je peux voler, donc. Assez vite. Disons, cent-cinquante, deux-cents kilomètres heures. Je produis de l’électricité. À un niveau suffisant, très suffisant, pour mettre n’importe qui hors d’état de nuire.

Pour tuer, sans aucun doute, même si son pouvoir avait ceci de rassurant qu’il était déjà fort efficace pour la paralysie et que Jace avait rarement besoin d’en rajouter.

— Et je la contrôle, aussi. Un peu comme de la télékinésie, mais très spécialisée. Je crée des surcharges, des décharges. Un peu comme ça…

Il montra du doigt la lampe de bureau dont l’ampoule s’alluma très progressivement avant de s’éteindre à nouveau.

— S’il y a un micro, il sera alimenté. S’il est alimenté, je le repérerai. Ça sera vachement discret, cependant, du coup, faudra éteindre un maximum de trucs autour et me laisser un peu de temps. Faire la conversation, au moins pendant quelques minutes.

Mais puisque Charlie avait effectivement rendez-vous avec la juge, cela ne devrait pas poser de problème. Jace acheva de substituer le sucre à la cocaïne et il tendit le sachet soigneusement refermé à Charlie. Il avait fait un travail précis et impeccable, preuve qu’il devait passer du temps à de semblables petites tâches manuelles. Quelques minutes plus tard, les deux acolytes s’étaient mis en route pour le tribunal et Thunder se remémorait les nombreux conseils de son père et du Corbeau, en matière de concentration, pour être certain de pouvoir accomplir la tâche qui lui revenait le plus rapidement et le plus efficacement que possible.

Ils ne tardèrent pas à arriver dans ce palais de justice que le jeune héros avait fini par bien connaître. Ce n’était pas la première fois qu’il s’y rendait : il l’avait visité très jeune, pour assister aux dépositions de son père, puis il était devenu un témoin privilégié lui-même, quand les actions de la Team Alpha avaient conduit à l’arrestation de tel ou tel criminel et qu’il fallait donner sa version des faits. Il lui arrivait ainsi d’adresser quelques signes de tête à un garde ou une greffière, quand ils en croisaient, et personne ne paraissait s’étonner de sa présence — de toute façon, les regards se posaient beaucoup plus souvent sur Maître Lane.

L’assistante de la juge ne tarda pas à les introduire dans la chambre, où une toute petite femme replète d’une cinquantaine d’années, qui avait beaucoup plus l’apparence d’animer des émissions culinaires sur une chaîne du troisième âge qu’à poursuivre des trafiquants d’armes, signait à tour de bras différents documents administratifs. Westmeyer releva finalement les yeux vers eux et s’exclama, d’un air bonhomme :

— Ah, Maître Lane, Maître Lane, parfait, je vous attendais, vous voulez du thé ? Des madeleines ? Un subpoena ?

Elle s’esclaffa tandis que Jace essayait de comprendre la plaisanterie. Il ne connaissait que très vaguement Westmeyer, mais il avait entendu les greffiers vanter tout à la fois la qualité de ses biscuits et l’intégrité implacable de ses procédures. La juge posa un regard un peu interrogateur sur lui.

— Vous n’êtes pas un peu jeune pour un avocat, vous ?
— Je suis coursier, Votre Honneur.
— Et du coup, vous livrez des avocates aux juges ?

Elle s’esclaffa de nouveau et Jace esquissa un sourire un peu mal à l’aise. Il n’avait pas vraiment l’habitude d’être seul dans une salle avec deux grandes figures du système judiciaire de Star City.

— Ceci étant dit, cet entretien, je le crains, devra rester privé.

Thunder posa les yeux sur Charlie. Il pouvait certes repérer un microphone, mais s’il devait le faire depuis la pièce voisine, tout allait être beaucoup plus compliqué.
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Message posté : Lun 9 Déc - 4:52 Message
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Charlie aurait été bien incapable de dire si la femme qu’ils avaient rencontrée faisait partie du Cartel Rouge ou non. Dans les faits, Charlie n’avait pas beaucoup d’informations sur cette organisation, elle ne savait même pas à quoi elle servait et ce qu’elle servait. Elle connaissait le nom, savait vaguement que c’était rapporté à quelque chose de criminel mais, en dehors de ça c’était le flou artistique. Elle avait beau être avocate, son manque d’appartenance à un groupe, son côté humain aussi peut-être, la laissait un peu en dehors de beaucoup de choses pouvant se passer en ville. Mais difficilement pour l’avocate de vivre mal quelque chose qu’elle ignorait.

A défaut de se concentrer sur les groupes présents en ville, elle écouta les capacités de Jace qui, sans être majeur, était bien plus apte à se défendre qu’elle. Heureusement qu’elle n’était pas d’une nature à complexer de son manque de ressources en se comparant à des personnes qui atteignaient à peine la vingtaine d’années, ou se trouvait en dessous. Alors, ouais, forcément, elle était quand même impressionnée en l’écoutant faire étalage de ses capacités. Le gamin, il pouvait voler – bien qu’elle l’avait vu faire, elle avait quand même du mal à y croire – le truc qui avait été le rêve de beaucoup de gens, lui, hop, une impulsion et il était dans les airs. Il aurait pu s’arrêter là mais non, en plus de ça il avait un contrôle sur l’électricité dans, vu le monde actuel, ce n’était pas à négliger. L’entendre dire qu’il fallait éteindre tous les appareils électriques possibles lui rendait presque un visage plus humain, avec ses failles malgré ses pouvoirs.

Un sachet de sucre dans son sac, Charlie avait usé de son temps dans le taxi vers le palais de justice pour sortir un calepin et écrire quelques mots sur une des pages. Gardant pour elle les mots écrits, elle traversa le palais de justice accompagné de Jace pour arriver dans le bureau de la juge. La saluant, elle avait rapidement secoué la tête dans un sourire pour décliner son offre de thé, de madeleine, laissant son sourire s’agrandir sur la dernière proposition. D’ailleurs, Charlie trouva le moyen de s’amuser de la réflexion sur les colis de livraison que pouvait avoir Jace avant de reprendre son sérieux quand la juge évoqua la confidentialité de cet entretien.

« Oui évidemment, c’est juste qu’il tenait absolument à vous rencontrer, je n’ai pas su lui dire non. »

Pendant qu’elle parlait elle fouilla dans son sac pour en sortir le petit calepin qu’elle ouvrit sur une page. Charlie faisait ce métier depuis pas mal de temps pour savoir ce qui devait rester confidentiel ou non, il était évident vu la réputation de la juge – et de ce qu’elle avait pu juger par elle-même – que Jace ne serait pas invité à suivre leur échange. Elle posa son regard sur le coursier un instant avant de revenir sur la juge.

« Mais maintenant que sa curiosité est satisfaite, je suppose qu’il peut nous attendre dehors, n’est-ce pas ? »

Entre-temps elle avait donné le calepin à la juge qui lisait les quelques mots écrits et elle fit un signe à Jace lui demandant de ne pas bouger de là où il était, ce qui contredisait complètement ses paroles. Charlie recula pour aller ouvrir la porte et la refermer en la claquant légèrement comme si quelqu’un venait de partir. La juge, de son côté avait pris un air un peu plus grave alors qu’elle prenait place derrière son bureau.

«Alors, dites-moi, comment se passe votre affaire avec cette personne au nom imprononçable. »

La juge joua le jeu, ne parla pas de l’affaire qui amenait Charlie, encore moins de l’affaire sur laquelle elle travaillait et, surtout, elle ne parla pas de Jace qui était resté dans le bureau. L’avocate de son côté alla marcha un peu dans le bureau pour trouver tout ce qu’elle pouvait éteindre, pendant que la juge éteignait son ordinateur portable.

« Je ne trouve pas tout ce que je voudrais pour le défendre mais, ça s’annonce plutôt en sa faveur. Enfin, difficile de se prononcer, vous savez comment c’est quand c’est la parole d’une personne contre une autre. »

Si aucun nom n’était prononcé, Charlie parlait réellement d’une affaire sur laquelle elle travaillait. Au moins, de cette manière, s’ils étaient sur écoute, si on était au courant des affaires qu’elle avait, cette conversation n’aurait rien de véritablement étrange. Elle débrancha une lampe qui, en plus de gêner potentiellement Jace, était inutile vue la lumière qui filtrait à travers les stores de la fenêtre.

« Vous le pensez innocent ? »
« Je pense surtout qu’il aurait eu toutes les raisons du monde de ne pas venir en aide à la plaignante. »

Ce qui ne voulait pas dire qu’elle le pensait innocent, une nuance qui fut assez rapidement enregistrée par la juge qui avait l’habitude de voir des avocats passés, et choisir leurs mots pour ne pas avoir à dire quelque chose sans forcément se mettre à mentir. L’ordinateur éteint elle débrancha ce qui lui servait de pendule numérique. Les deux femmes avaient débranché tout ce qu’elles pouvaient jusqu’à leurs téléphones portables, du coup, leurs regards pointèrent directement vers Jace pour savoir la suite des évènements alors qu’elles continuaient de parler pour que tout ça paraisse des plus naturels.

« Je suppose que vous avez déjà trouvé votre ligne de défense ? »
« La ligne de défense, oui, je l’ai. C’est les preuves qui me font un peu défaut pour le moment. »

Et le voilà parties, toutes les deux, sur les difficultés à trouver des preuves recevables, la juge accusant les séries télévisées comme les experts, et ce genre de connerie, qui rendaient les jugements compliqués parce que les gens ne comprenaient pas qu’il n’existait pas de preuves ADN à chaque procès.
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Message posté : Lun 9 Déc - 12:11 Message
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— C’était un honneur, Votre Honneur.

Jace afficha une moue légèrement contrariée. Même pour de faux, il eût aimé trouvé une phrase de sortie un peu moins redondante que celle-ci. Il finit par bafouiller :

— Enfin, bref, au revoir…

Puis la porte fut ouverte et refermée sous le regard perplexe de l’assistante juridique, qui avait un peu de mal à comprendre tout ce remue-ménage. La conversation s’engagea entre les deux femmes et Jace, immobile, avait les paupières closes. Il était beaucoup plus facile de faire apparaître un bouclier d’éclair que de repérer dans une ville comme Star City, dans un bâtiment comme son palais de justice, une source électrique aussi infime. Il fallait une sacrée dose de concentration — mais la concentration était la première chose que Jace avait dû apprendre, lorsque ses pouvoirs étaient apparus dans une crise spectaculaire, pour éviter d’électrocuter ses proches.

Peu à peu, le bureau de la juge se plongeait dans le noir — tout du moins ce qui était, pour lui, le noir : il ne sentait plus les points nodaux vers lesquels confluaient les lignes du réseau électrique. Dans les murs, bien sûr, il les sentait toujours, les fils prêts à acheminer l’électricité vers un appareil que l’on brancherait à nouveau et rallumerait. Mais les chemins n’étaient pas semblables aux carrefours ni les flux aux confluences. Jace eût été incapable de décrire à quelqu’un d’autre ce qu’il ressentait au quotidien, ce sixième sens qui lui faisait percevoir l’électricité aussi clairement et plus clairement même que les formes, les couleurs ou les sons.

De temps à autre, ses sourcils se fronçaient légèrement, alors qu’il se concentrait sur quelque chose — impression fugace qu’il traquait jusqu’à sa source. Mais souvent, ce n’était que le téléphone d’un avocat qui passait dans le couloir, le pacemaker d’un accusé que l’on reconduisait à la maison d’arrêt ou la console d’un enfant qui attendait le verdict d’un jugement de divorce. Certaines sensations lointaines étaient plus puissantes que celles, si proches, qui demeuraient dans le bureau de la juge : les dizaines d’ordinateurs connectées dans la salle de presse étaient presque aveuglants.

Enfin, il le repéra. Ce n’était rien : à peine le miroitement d’une pièce de monnaie, par terre, dans la rue. À pas très lents, très silencieux, Jace quitta son immobilité pour s’approcher d’une étagère et posa la main sur la tranche d’un livre. Il s’agissait désormais de travailler avec précision. Surcharger le microphone eût suffi à le désactiver. Mais rien n’aurait été plus suspect. Jace voulait le décharger, récupérer l’électricité contenu dans ses batteries, comme s’il s’en était vidé précocement.

Au bout de quelques secondes, Jace retira sa main et, à l’intérieur, lovée dans sa paume, une toute petite sphère d’énergie électrique grésillait. Il referma la main et la sphère disparut. Puis il hocha la tête.

— C’est bon.

Le jeune homme écarta deux volumineux livres de jurisprudence, sortit un stylo de sa poche, glissa la main entre les tranches et finit par extirper, de la mine de son stylo, un tout petit microphone qu’il fit tomber dans un mouchoir. Il était peu probable qu’il y eût des empreintes sur l’appareil — ils avaient affaire, c’était évident, à des professionnels. Le héros déposa le mouchoir sur le bureau de la juge pour qu’ils pussent se pencher au-dessus.

— Eh bien, c’est pas le micro du coin de la rue.

Il en avait vu quelques-uns, surtout ceux qu’utilisaient parfois la Légion, et il était capable de reconnaître en celui qu’ils avaient sous les yeux un modèle extrêmement perfectionné. La juge hocha la tête.

— Je dois avouer que je ne suis guère surprise. Depuis quelques temps, certains groupes bien organisés s’enhardissent. Hier encore, des agents de sécurité assurent avoir aperçu la Voiture Fantôme aux alentours du tribunal.

La juriste secoua la tête d’un air navré.

— Tôt ou tard, il faudra que nous envisagions de nouvelles mesures de sécurité.

Elle avait l’air de penser à haute voix, en observant le microphone, mais sa remarque en réalité s’adressait bien à Jace ou plutôt, en Jace, au fils du Commander de la Légion. Depuis longtemps Westmeyer avait l’impression de lutter avec le Cartel et même les autres gangs à armes inégales.

Elle finit par détacher les yeux du petit appareil pour poser le regard sur Jace.

— Je vous remercie de votre aide. Maintenant, si vous voulez bien nous laisser seules.
— Mais…

C’était fou cette manière qu’avaient les adultes de le mettre à part ! Jace avait à son tour relever les yeux, mais il lui avait suffi de croiser le regard de la juge pour comprendre que le cas était sans espoir. Un peu contrarié tout de même, il hocha la tête et sortit, cette fois-ci pour de bon, et partit s’asseoir dans un fauteuil, dans le bureau de l’assistante juridique, qui servait aussi d’antichambre à celui de la juge. L’assistante posa le regard sur Jace.

— Tout va bien ?

L’adolescent haussa les épaules et marmonna :

— N’empêche, c’est pas juste.
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Message posté : Jeu 12 Déc - 3:46 Message
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Quand Jace reprit la parole, les deux femmes avaient immédiatement reporté leurs regards sur l’adolescent. Charlie fut clairement impressionnée en voyant, dans un mouchoir – jolie précaution – le micro si minuscule. Il avait réellement réussi à trouver un truc aussi petit juste avec ses pouvoirs ? L’avantage de sa condition humaine, c’était qu’elle trouvait tous les pouvoirs très impressionnants – encore plus quand ils étaient maitrisés par des jeunes – et le fait de trainer avec Chase ne l’empêchait pas de continuer d’être impressionnée par d’autres compétences.

Ce fut la juge qui s’exprima en première parlant, au passage de la voiture fantôme, dont on en entendait de plus en plus parler ces derniers temps. Ce qui était loin des affaires dont Charlie s’occupait, bien que curieuse de nature, elle n’avait jamais cherché à en savoir plus sur ce véhicule étrange qui rodait en ville. Il paraissait – mais elle ne l’avait jamais vu – que la voiture pouvait passer à travers des murs et qu’elle atteignait des vitesses folles. Charlie avait un peu de mal à y croire. Jace fut chassé du bureau et avant qu’il ne passe la porte, Charlie l’interpella.

« Jace ? » Elle s’assura qu’il l’écoutait avant de poursuivre. « Merci pour le micro. »

Une façon, aussi, de dire que si ça n’avait tenu qu’à elle, elle ne lui aurait pas demandé de sortir. Après tout, il venait de trouver le micro, il savait que Sarah avait été enlevée, il avait vu les personnes et c’était même chargé de réduire du sucre en poudre – attention ! Mais il était difficile pour l’avocate d’aller à l’encontre de Westmeyer. La porte fut fermée et la juge laissa passer une pensée.

« On dirait que vous savez bien vous entourer. »

Elle répondit par un haussement d’épaules parce que, pour Jace, elle n’avait rien demandé. Dans son esprit, hormis Chase – et ce n’était pas rien – elle n’était pas si entourée que ça. Elle aurait pu avoir pleinement conscience des choses si les gens ne s’amusaient pas avoir des doubles vies et identités secrètes. Mais vu que le sujet n’était pas là, Charlie prit le temps d’exposer à la juge ce qui s’était passé, pour en venir à cette histoire de drogue. Elle exposa son idée de faire intervenir des membres de confiance de la police de Star City, argumentant comme elle pouvait sur le fait que ça pourrait donner des preuves concrètes à la juge qui semblait en manquer cruellement. Bref, son exposé finit, c’est avec un certain espoir qu’elle posa son regard sur Westmeyer pour avoir son verdict.

    Lancer de dés #1
    RÉUSSITE : la juge accepte de se faire prendre avec le sachet sur elle.
    ÉCHEC : elle refuse de risquer un scandale pour une histoire qui ne la regarde pas.

    Lancer de dès #2 (si échec)
    RÉUSSITE : elle accepte de donner quelques éléments de son dossier.
    ÉCHEC : elle refuse de donner la moindre information.


Le silence qui s’installa inquiéta un peu Charlie qui se voyait déjà ressortir d’ici sans l’aide de la juge. Elle avait déjà envisagé cette possibilité, en se disant qu’en dernier recours elle appellerait sûrement Chase pour qu’il puisse lui trouver les dossiers relatifs à l’affaire – chose qu’elle préférait vraiment éviter – parce qu’elle ne pouvait pas risquer la vie de Sarah. Et alors qu’elle s’attendait à avoir un refus, la juge reprit la parole pour dire qu’elle acceptait. Elles échangèrent encore un petit moment sur la marche à suivre et Charlie finit par lui donner le faux sachet avant de ressortir de là.

Ce fut dans le bureau de l’assistante juridique que l’avocate retrouva Jace. Elle salua l’assistante et invita Jace à la suivre dehors. Une fois toutes les oreilles indiscrètes loin d’eux, elle se décida à lui expliquer ce qui venait de se passer et comment les choses allaient se dérouler.

« La juge a accepté de se faire prendre avec le sachet sur elle. On risque juste de bousculer un peu les plans des gens qui sont derrière ça. Ils ont forcément des contacts dans la police sinon, il y a peu de chances que la juge subisse un contrôle, même de routine, le jour même où elle se retrouve avec quelque chose d’illicite sur elle. »

C’était, en tout cas ce qui leur était apparu comme une évidence quand elles en avaient discuté. Tout comme le fait, que ceux qui étaient derrière tout ça allaient forcément avoir un moyen de savoir si elle s’était faite arrêter ou pas.

« Du coup, plutôt que de risquer de se faire arrêter par d’éventuels complices, elle s’est chargée de contacter des personnes en qui elle avait confiance pour monter sa propre arrestation. »

Ce qui évitait que les éventuels – elles n’en étaient pas certaines après tout – complices puissent comprendre qu’il ne s’agissait pas de vraie drogue. L’idée, dans les grandes lignes, c’était qu’elle fasse tomber son sac en sortant de son bureau quand, un flic qu’elle avait contacté, passerait sous le prétexte d’une affaire en cours. Peut-être que c’était un peu gros mais, en même temps, si elle se faisait arrêter, que ça avait l’air vrai, il n’y avait pas de raison qu’on garde Sarah. Si elle ne parla pas de l’affaire que la juge avait en cours, c’était surtout parce qu’elle n’était pas tellement autorisée à le faire. Du coup, elle attrapa son téléphone portable qu’elle ralluma avant de poursuivre.

« On va au commissariat du coin. » Elle passa une feuille à Jace pour montrer qu’elle avait un ordre de la juge demandant à ce qu’elle aille chercher un dossier en particulier. « J’ai un prétexte pour y aller mais le but c’est surtout de voir si y a une agitation particulière qui permettrait d’identifier quelqu’un comme lié à la femme qu’on a vue tout à l’heure. »

Se mettant en route vers le commissariat du secteur, elle passa un appel au cabinet pour demander qu’on transfère sa ligne – du bureau – directement sur son téléphone portable. Il ne s’agissait pas de louper un appel, même s’il y avait peu de chances qu’on l’appelle autrement que par l’autre portable qu’elle avait dans la poche et que Jace lui avait livré.

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Message posté : Jeu 12 Déc - 3:46 Message
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Message posté : Jeu 12 Déc - 13:14 Message
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— Et du coup, c’est intéressant, l’assistanat juridique, comme métier ?

Quelques minutes plus tard, lorsque Charlie vint récupérer son coursier, le jeune homme était en grande discussion avec l’assistante juridique de la juge, qui lui racontait tous les détails de son métier, après lui avoir offert une tasse de café et des chocolats. L’adolescent souriait, posait des questions perspicaces et relançait systématiquement la conversation — il était rare que la jeune femme, de son côté, eût l’occasion d’être autre chose qu’une sorte d’automate-cerbère pour ceux qui passaient voir la juge et elle était ravie de pouvoir s’exprimer pleinement.

Mais les patronnes avaient fini et l’agréable discussion prit fin. Jace remercia chaleureusement son interlocutrice pour le café et emboîta le pas à Charlie, les mains dans les poches. Il écouta le plan, en admirant la manière dont sa supérieure était parvenue à convaincre une juge peu commode de risquer sa réputation pour éventer une conspiration et, surtout, récupérer Sarah. À son tour, d’un ton dégagé, mais sans parvenir à empêcher la fierté de se lire sur son visage, il dressa le bilan de son menu bavardage.

— Donc, la juge a reçu plein de gens dans son bureau, avec des avocats très chers, apparemment. Nancy les connaissait pas tous, mais y avait l’ancienne attachée de presse du gouverneur, un type du syndicat de la police et une espèce de banquier. Y a pas mal de problèmes avec les témoins, sinon, qui se rétractent, qui veulent faire des témoignages secrets, etc., du coup les avocats de la défense essayent de pousser au vice de procédure et le procès traine en longueur sur pas mal de points techniques comme ça.

La moisson n’était pas mauvaise, mais si Jace eût largement préféré participer à la discussion qui s’était tenue dans le bureau de la juge. Un jour, peut-être, il serait un héros assez réputé pour que les officiels vissent d’abord en lui Thunder, le Légionnaire, plutôt qu’un adolescent qui paraissait n’être pas toujours à sa place, dans les affaires importantes et compliquées des adultes. Pour l’instant, il se contentait de suivre Charlie. Et de marcher près, très près, au cas où l’avocate courût un quelconque danger.

Le duo ne tarda pas à arriver au commissariat le plus proche, d’où devaient être partis, déjà, les agents que la juge avait sélectionné pour sa petite opération médiatique. Ici comme au Palais de Justice, Jace n’était apparemment pas un inconnu. Il serra de nombreuses mains et, avec un sens évident des relations sociales, parvint à se souvenir du prénom de chacun. La plupart du temps, il posait même une petite question : comment allait la femme, si les enfants avaient réussi à intégrer telle ou telle école, si le bateau était toujours en projet. Des détails qui lui donnaient l’image d’un jeune héros proche des forces de police — une image que Jace s’échinait à cultiver et dont il faisait toujours valoir l’importance auprès des membres de la Team Alpha.

Ils n’avaient pas dépasser l’accueil, cependant. L’agent derrière le guichet parcourut rapidement la lettre de la juge, puis hocha la tête.

— Attendez moi ici, je vais vous chercher ça.

Sauf qu’en attendant dans le hall, ils ne risquaient pas d’avoir une vue très claire de ce qui se tramerait dans la salle principale.

— On peut pas rentrer ? J’voudrais voir Nick. Ça va mieux, son épaule ?

L’agent leva les yeux de la lettre et sourit.

— Oui, oui. Avec la rééducation. Bon, je suppose qu’il y a pas de problèmes, c’est pas comme si vous étiez des étrangers.

Il leur fit signe de gagner la salle où les téléphones sonnaient, les feuilles volaient, le café coulait. C’était l’agitation caractéristique des commissariats débordés, comme il était d’usage dans une grande ville et particulièrement à Star City. Mais Jace ne s’attarda pas devant ce spectacle, entrainant Charlie dans un couloir, pour gagner une seconde salle, un peu plus calme, où des tableaux en liège couvraient les murs, où l’on avait épinglé des documents et des photos. C’était la brigade des stupéfiants.

Le jeune homme se pencha à l’oreille de l’avocate.

— J’suppose qu’si ils cherchent à la faire plonger avec le truc qu’ils nous ont filé, c’t’ici qu’ils ont une taupe.


Pour l’instant, l’heure n’était pas à l’effervescence. Dans un coin, les deux visiteurs tentaient du reste d’attirer aussi peu l’attention que possible et, pour ne pas avoir l’air d’attendre qu’on vînt s’enquérir de leur visite, Jace s’engagea dans une conversation de pure forme avec Charlie, à propos de la brigade des stupéfiants, de ses mérites, de ses missions. Du coin de l’œil, il n’en observait pas moins l’activité. Il avait repéré surtout un homme d’une cinquantaine d’années, qui regardait fréquemment sa montre, comme s’il attendait quelque chose.

Son téléphone sonna. L’homme décrocha. Une expression contrariée ne tarda pas à se peindre sur son visage. Il se leva, attrapa son manteau, son badge et son arme et sortit précipitamment de la salle de la brigade.

— Vous récupérez le dossier et moi j’vais voir s’il a une envie subite. On s’appelle.

S’il s’agissait d’une suggestion ou d’un ordre, c’était un peu difficile à dire. Jace avait un instant retrouvé son rôle de leader, en oubliant que Charlie n’était pas une jeune mutante d’une vingtaine d’années. L’adolescent avait de toute façon déjà pivoté pour emboîter le pas au policier. Quand celui-ci monta dans une voiture, Thunder, une fois de plus, s’éleva dans le ciel de Star City, prêt à la filature.
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Une semaine ! #Jace

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