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Une voiture, des jumeaux et un musée #Mac Aoidh

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Message posté : Sam 16 Nov - 7:08 Message
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Elle lui en avait parlé, d’abord de manière évasive, en attendant d’avoir les détails puis, c’était devenu bien plus sérieux. Elle savait ce qu’elle devait récupérer et, à partir de là, elle avait passé des heures à étudier des plans, des systèmes de sécurité, à visiter l’endroit en même temps que tout le monde. Même Macha avait été mise à contribution, avec ses détecteurs. Tout prenait une dimension bien réelle, ce qui ne manqua pas de la faire sourire, là, avec le musée des Supers en vue.

Tout avait commencé à cause d’une absence d’Abban, elle n’avait pas su quoi faire pour s’occuper, enrageant dans son coin d’être toute seule dans leur ancien appartement alors, elle avait eu cette idée un peu stupide de se rendre dans l’entreprise d’Adriel. Elle s’était retrouvée illégalement dans son bureau, à attendre son retour, espérant le narguer un peu parce qu’il n’était pas foutu de protéger ses armes correctement. Ouais… Aishlinn pouvait se montrer très immature quand son autre moitié se barrait, enfin, maintenant elle allait passer ses nerfs en lançant des sorts chez un mage. Bref, elle était ressortie du bureau avec une proposition d’emploi ce qui, de toute évidence, était des plus inattendus. Malin le marchand d’armes, il avait joué sur la difficulté de ce vol et, forcément, dire à Aishlinn que quelque chose est impossible, c’est l’envoyer prouver le contraire.

Maintenant, elle était assise, côté passager, dans une rue du quartier du centre, avec Abban, habillée de manière à faire ce cambriolage. Pour une fois, plus que le cambriolage en lui-même, c’était le fait de mener cette action à deux qui lui plaisait le plus, parce qu’elle avait cette désagréable sensation qu’ils se perdaient un peu, tous les deux, en ce moment. Sa faute, sûrement, trop de temps à étudier la magie mais, elle n’avait pas vraiment le choix. Elle secoua la tête, s’échappant de ses pensées pour reporter son regard sur Abban.

« Ouais, donc, faut qu’on trouve une armure qu’l’gars, là, Dédale, si j’ai tout suivi à la visite d’musée, portait dans les années 60, un truc com’ça. »

C’est qu’elle avait surtout regardé le système de sécurité plus qu’écouter la guide qui donnait les explications. Heureusement pour eux, le but n’était pas de voler une armure tout entière mais, surtout quelques composants qui serviraient à… En fait, elle n’avait pas posé de questions, elle n’était pas payée pour en poser même s’il semblait évident que le type travaillait sur une armure vue la nature des objets à voler.

« Mais, j’crois qu’c’est des répliques qui sont exposées et, d’coup, faut aller dans l’coffre, au sous-sol. »

Ce qui était bien avec l’évolution de Macha – hormis son caractère des fois un peu trop proche d’Abban – c’est qu’il suffisait de parler de quelque chose pour qu’elle en expose les plans sur l’interface de bord.

« Faudra d’abord aller éteindre l’caméras qu’sont là. » Point qui fut désigné du bout du doigt. « Dans la salle d’contrôle en haut. [/color] »

A croire que c’était trop compliqué pour les concepteurs de ces endroits de tout mettre au même endroit. Pourtant, ils pouvaient penser un peu aux voleurs, comme les jumeaux, ça leur faciliterait la tâche en plus de gagner du temps.

« Plusieurs gardes de nuit qui font une ronde régulière. » Regardez ses petits points qui s’allumaient sur une carte pour expliquer leurs rondes. Macha était cool. « Je ne peux pas éteindre les caméras d’ici, ils ont un serveur interne bien protégé. »
« Tient d’ailleurs, j’ai rencontré un type, s’t’plait, son pouvoir c’était couper l’électricité, j’t’jure, d’fois, j’m’dis que ç’serait trop pratique. »

Mais gâcherait beaucoup du plaisir du vol.  Dire que le gars en question était le fil du commander de la Légion des Étoiles ne lui sembla pas des plus appropriés pour le moment. Aishlinn avait beau afficher un air enjoué et complètement serein, ce vol, ça l’angoissait un peu dans le fond. Ça lui rappelait peut-être un peu trop une bijouterie, dans un autre pays qu’ils avaient abandonné. Elle ne pouvait pas se foirer sur ce coup-là. Elle s’était rassurée, avant de venir, en se disant que, depuis Dublin, ils avaient évolué. Sérieusement, ils étaient bien plus doués maintenant. Ça allait le faire tout seul, c’était un musée, pas la banque de la ville.

« Bref, faut qu’on commence par les bureaux pour atteindre la salle d’contrôle et bloquer les caméras, ‘suite… ben faudra agir l’plus vite possible avant d’avoir tous les gardes sur l’dos et les renforts qu’ils vont appeler. »

Macha, dans l’histoire, elle avait en charge de dérouter les appels qu’ils tenteraient de passer à l’intérieur mais, si les appels se faisaient via leur système, ça allait être un peu plus compliqué. En attendant, avec ses détecteurs, la voiture restait en mesure de fournir la position des gardes en temps réel et, ce n’était pas négligeable.

« Si ça t’va, on y va. »
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Message posté : Sam 16 Nov - 10:12 Message
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D’ordinaire, Abban accueillait les propositions de sa jumelle avec toute la bonne volonté du monde : ils avaient toujours eu chacun leur réseau d’informateurs, pour être en mesure de croiser les informations et de couvrir plus de terrain. Régulièrement, chacun d’eux arrivait avec une série d’opportunités qu’il avait préalablement étudié pour être en mesure de les exposer le plus clairement possible à l’autre. C’était comme cela que ça fonctionnait. C’était comme cela que ça avait toujours fonctionné.

Cette fois-là, l’Irlandais avait commencé à s’énerver : à propos d’Adriel, à propos des missions qu’Aishlinn pouvait faire derrière son dos, avec Suzaku, avec d’autres (qu’en savait-il, lui ?), à propos de sa manière de se cacher, dans ce manoir, à propos de son imprudence. D’un peu tout. L’orage était passé, ils s’étaient remis au travail, mais s’il y avait bien une chose de claire, c’était que leur situation n’était pas idyllique. Les entraînements magiques d’Aishlinn avaient poussé Abban vers Jake et maintenant les jumeaux se comprenaient de moins en moins.

Mais le grand soir était venu et Abban se concentrait sur les plans affichés par Macha. Le jeune homme hocha la tête, en fixant l’oreillette qui le connecterait à la fois à Macha et à Aishlinn. Thabo leur avait appris à se montrer un peu moins artisanaux dans leurs méthodes.

— OK. Alors, voilà. On fait comme t’as dit, mais j’te propose qu’t’ailles couper les caméras centrales, là. Et moi, j’vais neutraliser les gardes qui font la ronde. C’sont ceux qui risquent le plus d’nous tomber dessus ou d’s’enfuir pour appeler des renforts, alors voilà.

Il désigna sur l’écran : il y en avait cinq en tout qui dessinaient des cercles dans leur section du musée. Thabo avait insisté pour qu’il s’entraînât au combat. Neutraliser cinq gardes pris par surprise ne serait bien sûr pas très compliqué. Mais c’était le moment de se mettre un peu à l’épreuve.

— Ensuite, on peut s’retrouver à l’entrée d’la section réservée au personnel. J’suppose que ça, t’as pu difficilement visiter, alors c’est là qu’on risque d’avoir l’plus de surprise. Macha, t’peux évaluer les dépenses énergétiques d’chaque partie du bâtiment ?
— Évidemment !

Une carte tridimensionnelle apparut où circulaient des canaux lumineux représentant l’électricité utilisée : plus ils étaient larges, plus la section était gourmande en énergie. Abban pointa la partie souterraine du musée.

— Là, voilà. Doivent alimenter des trucs. Charger des générateurs de secours. C’genre de choses. Vaut mieux qu’on avance progressivement, un peu avant.

Il échangea un regard avec sa sœur, pour s’assurer que ce plan lui convenait. D’ordinaire, il aurait disparu sans demander son reste, certain de leur complicité, mais ces derniers jours, les choses étaient bien moins évidentes. Il ressentit le besoin de s’assurer qu’ils étaient toujours l’un près de l’autre, l’un comme l’autre.

— Prends soin d’toi, Linn…

Il se pencha pour déposer un baiser sur la joue de la jeune fille et disparut. Une fraction de seconde plus tard, la crosse de son Glock frappait brusquement la nuque d’un garde et l’homme n’était pas encore tombé à terre qu’Abban s’attaquait déjà à sa victime suivante. Il ne lui fallut pas longtemps pour neutraliser les cinq hommes, incapables de deviner qu’un téléporteur surgirait juste derrière eux pour les assommer. Tout de même, il avait patienté, à chaque fois, pour que Macha lui assurât que la victime suivante serait dans un angle mort.

L’Irlandais se tenait à présent au-dessus du corps inanimé de sa dernière proie. À genoux, il fouillait les poches. Des choses sans intérêt, des paquets de chewing-gum, des pièces de monnaie. Il détacha le trousseau de clés et la carte magnétique, puis s’empara du talkie-walkie.

— Macha ? Tu peux, j’sais pas, pirater les ondes de c’machin… ?
— Évidemment…

À chaque fois, la voiture répondait avec une pointe d’agacement, comme si elle avait été irritée que l’on doutât de ses compétences. Abban cola sa montre contre le talkie-walkie et, quelques secondes plus tard, dans son oreillette, la voix du véhicule reprit :

— C’est bon. Je surveillerai et diffuserai quand ce sera intéressant.
— Parfait.

Abban démonta le talkie-walkie et en abandonna la carcasse à côté du garde, avant de disparaître une dernière fois pour se matérialiser devant une porte où l’on pouvait lire entre lettres rouges :

STAFF ONLY

Pour quelqu’un comme lui, difficile de ne pas y voir une invitation, avec des ballons et des confettis. Il s’adossa au mur et croisa les bras, attendant que sa moitié le rejoignît, pour poursuivre l’épopée. Il y avait tout de même quelque chose de rassurant à se dire qu’Aishlinn et lui étaient repartis, ensemble, dans une nouvelle voiture, plus prometteuse que jamais, et que cette ville, avec ses mages, son Cartel et ses mutants, ne faisait pas que les éloigner l’un de l’autre.

Quelques mètres plus bas, dans les souterrains, de petits robots en forme d’œuf roulaient de droite et de gauche, en scannant leur environnement : bien plus efficaces que des gardiens de nuit humains. Et puis, les cotisations sociales étaient moins élevées.
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Message posté : Dim 17 Nov - 10:03 Message
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Il vient d’être décidé que, si les choses venaient à dérailler, cela serait la faute d’Abban. Parce qu’il fallait bien que ce soit de la faute de quelqu’un, en cas de problème, et que, désigner Abban comme coupable est tout aussi facile comme excuse que de mettre la faute, du rapprochement entre Abban et Jake, sur le dos d’Aishlinn et ses cours de magie. Cette précision, et fil conducteur, étant fait, on peut retrouver Aishlinn dans la salle de contrôle, un garde assommé au sol, en train de passer son doigt ganté sur la légère coupure qu’elle avait sur la lèvre inférieure – les raisons seront abordées plus tard mais, on sait déjà que c’est la faute d’Abban.

« Macha comme j’coupe c’truc ? »

Il aurait été trop facile d’avoir un bouton on/off sur la console ! Dans un soupir, passablement énervée, elle suivit scrupuleusement les indications d’une voiture garée à l’extérieur et, toutes les caméras de l’endroit affichèrent un petit voyant indiquant leur dysfonctionnement. Bien. Non sans un dernier regard énervé au type, qui allait se réveiller avec un bon mal de tête, Aishlinn quitta la pièce pour redescendre d’un étage et aller retrouver son jumeau. Chemin durant lequel, elle eut l’occasion de croiser un ou deux garde dans les vapes. Bonne nouvelle, au moins, son frère ne s’était pas amusé à tirer sur tout ce qui pouvait bouger, non, parce que vu que Monsieur ne sortait plus sans une arme, on était bien en droit de l’imaginer dériver sur une pente dangereuse.

Aishlinn était un peu inquiète à ce propos parce que, jusqu’à présent, la violence avait toujours été de dernière nécessité. Assommer un garde avant qu’il ne pose le moindre souci, sans savoir s’il allait être un problème, ce n’était pas vraiment ce qu’elle appelait être indispensable. Ça ne correspondait pas à sa méthode de fonctionnement en tout cas et, elle avait toujours pensé que ça ne correspondait pas à celle d’Abban. Il aurait été possible de la voir se remettre en question à ce sujet mais, comme expliqué plus tôt, c’était la faute d’Abban, quoi qu’il arrive. Le jumeau en question fut rapidement en vue et avant qu’il ne pose la moindre question sur la blessure superficielle d’Aishlinn, elle prit les devants.

« P’tain d’enfoiré d’garde d’merde ! » Clairement, elle ne le portait pas dans son cœur. « L’gars-là, t’vois, j’suis arrivée derrière lui, com’d’hab, normal. » Elle mina un geste voulant dire qu’elle avait assommé. « J’lui fous un coup d’rrière la tête pour qu’il prévienne personne et, là, pouffff » elle écarta les mains à la façon d’une explosion, même si ça n’avait rien à voir. « L’mec se dédouble, t’vois. P’tain d’enfoiré, j’ai pas vue venir et… » Elle désigna sa lèvre, en guise de réponse. Il avait une sacrée droite le double « P’tain, j’t’jure, j’ai dû l’assommer à coup d’clavier d’ordi pour qu’il r’fusionne avec son premier corps qui lui était resté assommé… ‘Plus d’jouer les femmes d’ménage pour pas laisser d’trace. » Elle secoua la tête, l’air dépité. « J’t’jure, on d’vrait enlever l’pouvoir des gens. Quelle merde ! »

Et, dans « les gens », il était évident qu’elle, ni son autre moitié, ne se comptait pas dedans. Eux, ils avaient le droit d’en avoir, c’était parfaitement légitime. Elle s’était, tout de même, assurée qu’Abban n’avait aucune marque signalant un problème durant son discours et, si ça avait été le cas, elle se serait interrompu de suite pour s’inquiéter mais, il allait bien. Ça c’était carrément cool. Attrapant la main de son frère, geste dans lequel elle trouva un réconfort, elle ouvrit la porte.

Très vite, ils tombèrent sur un plan grossier – quelle idée de ne pas expliquer le système de sécurité sur un plan réservé au personnel – qu’elle éclaira pour mieux y voir. Bonne nouvelle, ce n’était pas des noms savants de poisson ou toutes autres espèces venant de la mer. Elle pointa un endroit sur la carte.

« Faut qu’on passe un étage plus bas. »

Passer à travers le sol aurait pu être une solution mais, sans savoir sur quoi ils allaient débarquer, ça aurait été un peu trop du suicide aussi. Ils arrivèrent à une nouvelle porte donnant sur un escalier qui fut descendu rapidement avant de se retrouver devant une nouvelle porte. Sans poignée cette fois, juste un lecteur de cartes. Et, elle aurait soupiré face à ça quand Abban sortit une carte magnétique. Merveilleux jumeau. Elle regarda par un petit hublot, dans la porte, au moment où Abban allait passer la carte quand elle tendit la main pour le stopper.

« Attends, c’t’quoi c’tte merde ? »

Un doigt sur la vitre, elle poussa un peu la tête pour montrer un truc à son frère. Derrière, se baladaient tranquillement deux robots, lâchant un rayon leur permettant de scanner ce qui les entourait. D’ailleurs, un de deux commença à scanner du côté de la porte, et Aishlinn poussa rapidement la tête, sait-on jamais qu’il comprenne que quelque chose se trouvait derrière ce hublot. Le regard de l’irlandaise se posa sur Abban.

« Si tu nous téléporte dans l’autre section, ç’risque d’être l’même chose. J’ai pas tell’ment envie d’nous voir finir désintégrés par c’trucs. » Elle plissa les yeux et reprit après quelques secondes. « Hey, t’crois qu’si on en attrape un, Macha va pouvoir l’analyser d’ici et pirater les autres ? »

C’était l’occasion de fêter pâques avant l’heure et pourchassant un œuf, probablement tueur.
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Message posté : Dim 17 Nov - 15:08 Message
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Aishlinn apparut et Abban fut à deux doigts de demander à Macha d’appeler cinq ambulances et de prévenir les urgences de la ville. Le jeune homme se téléporta pour franchir le demi-mètre qui le séparait encore de sa sœur. L’une de ses mains se posa à la taille de la jeune fille, l’autre sur sa joue et il examina d’un air soucieux la terrible blessure qu’un odieux tortionnaire avait osé infliger à cette si innocente demoiselle. Qui se dégagea pour mimer son combat.

— Mon pauvre ange…

Il secoua la tête d’un air réprobateur à l’endroit du garde désormais inconscient.

— Franchement, les mecs, on s’demande à quoi i’ pensent. Ils utilisent leurs pouvoirs comme des débiles, sans s’soucier d’savoir si i’ vont blesser quelqu’un.

Un peu comme les gens qui assommaient les autres à tour de bras sans s’inquiéter de leurs éventuelles commotions cérébrales, mais la mauvaise foi des Mac Aoidh était un sport de niveau et les deux athlètes ne connaissaient pas de limites. Abban déposa un baiser consolateur sur la joue de sa sœur — tout en se disant que, comme ça, au moins, elle n’embrasserait pas Suzaku dans les jours à venir. C’était toujours ça de pris.

— S’tu veux, avant d’partir, j’irai lui lacer les chaussures ensemble.

Heureusement, certaines des vengeances que proposaient Abban étaient (encore) très inoffensives. Il y avait d’ailleurs fort à parier qu’à tête reposée, il eût admis que les gardes ne faisaient que leur travail et que, comme eux, ils étaient exploités par les odieux nantis qui possédaient le musée. Même si le musée était un organisme public. Il y avait toujours un odieux nanti quelque part, qui buvait de whisky en jouant au mini-golf dans son bureau. En tout cas, c’était comme ça à la télévision.

Les deux jumeaux pénétrèrent dans le couloir réservé au personnel et observèrent bientôt un étrange spectacle à travers le hublot. Avant de se coller aux murs.

— Bon, OK, en fait, j’préfère encore les gardes.

Il hocha la tête à la proposition de sa jumelle.

— On peut t’jours essayer. On avisera si ça marche pas. J’vais essayer d’en trouver un isolé.

Et le regard d’Abban se perdit dans le vague. Les jumeaux avaient rapidement trouvé de nombreuses applications à la nouvelle capacité de l’Irlandais, qu’Aishlinn et lui avaient perfectionnée lors de nombreuses parties de cache-cache à l’intérieur de Nalebo Hall. Le regard du jeune homme parcourut rapidement les couloirs de l’autre côté de la porte et de sa serrure magnétique.

Il y avait des œufs partout. Des œufs qui roulaient, des œufs qui scannaient, sans devant ni derrière, des œufs, des œufs et encore des œufs.


D’une voix lointaine, Abban murmura :

— C’est l’repaire du lapin d’Pâques là-dedans, j’te jure.

Quelques secondes plus tard, son regard se rencontra sur Aishlinn.

— Bon, alors, j’en ai r’péré un qui roule tout seul, là, à onze heures, trente-deux mètres. J’vais m’téléporter par très loin d’lui, dans un coude du couloir et faire un peu d’bruit, pour qu’i vienne voir. Et toi, hop, tu l’chopes par derrière, et euh…

Abban détacha la montre qui permettait de communiquer directement avec Macha et la tendit à sa sœur.

— Tu lui colles ça dessus, et Macha f’ra l’reste.

En s’assurant que ce plan convenait à sa sœur, Abban lui laissa un peu d’avance avant de se téléporter à l’endroit prévu. Il regarda rapidement autour de lui, puis sortit une pièce de monnaie de sa poche et la fit rouler sur le sol. L’œuf se retourna — si toutefois il était possible d’en juger, dressa l’oreille (façon de parler) et roula vers la pièce. Une fois en face de la pièce de métal, alors qu’Abban était consciencieusement tapi dans l’ombre, l’œuf se mit à la scanner.

Concentré sur sa jumelle, Abban localisait millimètre après millimètre la présence d’Aishlinn dans le couloir, tout à côté de lui. C’était un peu comme attraper un chaton des rues, activité dans laquelle ils étaient devenus experts, après avoir rassemblé leurs deux monstres, qui s’en donnaient à présent à cœur joie dans Nalebo Hall — pour le plus grand désespoir apparent que Thabo, qui les papouillait toutefois en cachette dès que les jumeaux avaient le dos tourné.

Alors qu’Aishlinn s’apprêtait à bondir sur l’œuf, Abban entendit du coin de l’oreille un autre bruit de roulement. De l’autre côté du couloir, un second œuf était en train de l’approcher : il le voyait à présent. Ni une, ni deux, le cambrioleur se téléporta « derrière » le second robot et toussota, avant de disparaître aussi soudainement qu’il était apparu. L’œuf fit volte face et se mit à scanner le couloir toujours aussi vide, persuadé d’avoir capté quelque chose.

Il fallait absolument que Macha pût venir à bout de ces surveillants d’un nouveau genre, ou au moins parvînt à les désorganiser, sans quoi leur tâche allait en être considérablement compliquée.
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Message posté : Dim 17 Nov - 17:13 Message
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Lacer les chaussures de quelqu’un c’était comme : voler toutes les chaussures gauches, inverser les panneaux de signalisation et boucher les canalisations. Un plan digne de Disney mais qui, en y regardant de plus près, foutait un bordel pas possible. Peut-être que c’était ça l’avenir. Oui, monsieur ! N’empêche que la proposition d’Abban faisait plaisir à l’Irlandaise qui voyait qu’il pouvait toujours être inquiet pour elle, et qu’il pouvait la venger en cas d’affront. Ça, c’était carrément classe. Oui, elle en avait peut-être un peu douté ces derniers temps mais, c’était de sa faute à lui aussi, là, à partir elle ne savait où, avec elle ne savait qui. Un jour, elle irait péter les dents de Jake… Ou faire en sorte qu’il ait les cheveux gras, il devait bien exister un sort pour ça, non ?

Mais avant de se lancer corps et âme dans ce plan diabolique – personne n’en doute –, Aishlinn traversa les murs situés à onze heure, pendant un peu plus de trente mètres, pour se retrouver dans un couloir. Sur la pointe des pieds, pour pas effrayer l’œuf, qui pouvait lui catapulter la tête – trop méchant un œuf –, elle avança jusqu’à l’endroit où le couloir bifurquait. Mais qui avait eu l’idée de faire des robots aussi moches ? Elle inspira, pendant que la forme ovale scannait une pièce de monnaie et, avec un plan établi au millimètre près, et très recherché, elle sauta dessus. Heureusement que les caméras étaient désactivées parce qu’elle serait morte de honte de savoir qu’il existait, quelque part, des images d’elle, courbée sur un œuf et roulant sur le sol. C’est que ça avait de la force ces choses-là.

« Mais arrête d’bouger, bordel ! »

Elle relâcha le truc d’une main, en le planquant au sol, et s’apprêta à coller la montre contre sa coquille mécanique quand le truc envoya une petite décharge électrique. Dans une plainte, tenant plus de grognement, elle relâche son emprise sur l’œuf qui, hop, se mit à rouler à travers le couloir. Un mot, vulgaire – on s’en doute -, passa à travers les lèvres d’Aishlinn en se relevant avec l’impression de s’être foirée en changeant une prise électrique. Une sorte de spasme lui traversa le corps alors qu’elle se relança à la poursuite de son œuf diabolique qui, lui, chercha à prendre de la distance pour analyser l’irlandaise et donner l’alerte une fois la menace identifiée.

Elle plongea une nouvelle fois sur l’œuf qui se trouvait, maintenant, dans la même section de couloir qu’Abban. Aishlinn, d’ailleurs, en voyant son jumeau, continua de se débattre avec ce truc, pire qu’un chat.

« Salut, ça va ? »

Genre : vas-y, t’inquiète pas, j’ai la situation par-fai-te-ment en main, c’est cool ! Elle se dématérialisa, le truc horrible avec elle pour éviter une nouvelle attaque sournoise et plaqua la montre sur le robot.

« Macha, tu peux t’activer un peu ? »
« Déjà expliqué, je ne peux rien faire si le pouvoir est activé. »

Elle avait beau se débattre avec l’œuf, ça n’empêcha pas Aishlinn de lever les yeux au ciel en mimant muettement les mots de Macha.

« Si j’finis électrocuté, ç’s’ra d’ta faute ! »

Et Abban, il en voudrait à Macha si Aishlinn mourrait par la faute de la voiture, hein ? Ne se posant pas la question plus longtemps, elle se rematérialisa avec l’œuf pour que l’autre, là, sur quatre roues, elle fasse un peu son boulot. Et, tout ça, avant que le deuxième œuf ne se mette à les scanner aussi pour passer une alerte. Ou Abban avait qu’à se battre avec, c’était presque drôle si on oubliait le ballotage et les décharge électrique, pour l’occuper un peu.

« Macha ? J’t’jure, c’truc est en train d’m’regarder bizarr’ment, dépêches-toi… S’t’plait. »

Elle aurait bien été incapable de dire où se situaient les yeux de l’œuf, vu qu’ils étaient inexistants.

« Si la montre pouvait être maintenue en place, ça m’aiderait. »
« Ben écoute, viens l’faire, s’t’penses t’en sortir mieux qu’moi. »

Dit la fille en train de se faire trainer par le robot qui essayait de se dégager en avançant. Ça ne dura pas plus longtemps qu’une minute mais, dans la vie d’Aishlinn, ça semblait être une éternité jusqu’à ce que l’œuf cesse de se débattre. Elle relâcha son emprise sur lui pour rouler sur le dos dans un soupir soulagé.

« Merci Macha. » Elle se releva, soupira pour se redonner une certaine contenance et posa son regard sur Abban. « Pff, un jeu d’enfant ! »

Même pas elle avait galéré et, d’ailleurs, c’est parce qu’il n’y avait eu aucune difficulté qu’elle shoota dans l’œuf pour l’envoyer rouler plus loin. Vengeance ! Elle ramassa la pièce qu’Abban avait laissé par terre pour occuper l’œuf, sait-on jamais qu’il y ait des empreintes dessus, et se dirigea vers lui. Bataillant avec son robot, elle n’avait pas vu comment c’était passé les choses de son côté et voulait s’assurer que tout allait bien.

« Ça va ? »

Main dans celle d’Abban, elle était pire qu’une mère à essayer de s’assurer que tout allait bien et qu’il n’avait pas eu de mauvaise rencontre avec le robot qui était de son côté.
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Message posté : Dim 17 Nov - 18:53 Message
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Lorsqu’Abban vit débarquer sa jumelle aux prises avec un œuf récalcitrant, il se demanda si leur plan ne comportait pas une petite faille. Il était possible qu’Aishlinn ne fût pas la mieux équipée des deux pour jouer avec des œufs (prière de n’y voir aucune allusion grivoise). De fait, quand Abban entendit son œuf à lui revenir à la charge, il fit volte-face, toisa le robot et se téléporta derrière lui. Le robot entreprit de zigzaguer pour échapper à son agresseur, mais c’était sans compter les réflexes surhumains d’Abban, qui le plaqua au sol.

Avant de le lâcher en jurant, victime d’une décharge électrique particulièrement vicieuse. L’œuf s’enfuyait à toute coquille, mais Abban changea de tactique et se téléporta pile en face de lui. L’œuf partit dans l’autre sens et l’Irlandais renouvela l’opération. Plusieurs dizaines de fois, Abban apparut et disparut sur la trajectoire de l’œuf, qui tournoyait bientôt sur lui-même d’un air parfaitement perdu, avant de vibrer de tout son pauvre corps d’œuf, ses circuits en surchauffe. Il y eut bientôt un petit déclic et l’œuf, court-circuité, roula inanimé dans le couloir.

Quelques secondes plus tard, tous les œufs de l’étage furent désactivés. C’était bien la peine. Abban revint vers Aishlinn, le souffle court. Il avait l’habitude de se téléporter à tort et à travers, mais sa petite danse avec l’œuf avait poussé son talent jusqu’à ses extrémités et il se sentait tout courbaturé. Il n’en hocha pas moins la tête, une main sur le côté, en réprimant une petite grimace. D’une voix entrecoupée de profondes inspirations, il répondit :

— Ça va… j’lui ai… retourné le jaune… à ce salaud.

Abban finit par se redresser et replacer une mèche de ses cheveux, le signe qu’il était prêt pour la suite des aventures. Les deux jeunes gens regagnèrent donc la porte qu’ils avaient finalement traversée sans utiliser la carte et descendirent l’escalier. À mesure de leur progression, Macha désactivait les nouveaux œufs et sur leur chemin, les jumeaux croisaient des coquilles sans vie, oscillant pitoyablement de droite et de gauche, vaincues par la voiture. Un bien triste spectacle.

Ils avaient finalement atteint les sous-sols du musée. Une nouvelle porte à double battants leur barrait le chemin, bien plus imposante que les précédentes. Un large panneau expliquait que l’accès en était strictement restreint au personnel de conservation et un digicode, avec des capteurs biométriques, servait à commander l’ouverture. Pas vraiment le genre de choses qui préoccupât les jumeaux, déjà en train de coller leurs nez aux hublots pour observer ce qui se tramait de l’autre côté.

— Eeeuh…

Il n’y avait rien. Strictement rien. Du noir, du vide intersidéral. Abban échangea un regard perplexe avec Aishlinn, avant d’approcher la montre qu’il avait remise à son poignet.

— Macha, tu nous repères ?
— Parfaitement.
— Y a quoi à dix mètres en face de nous ?
— Toujours pareil. Mêmes conduits électriques, même structure de bâtiments.
— Hmm…

Abban plissa les paupières pour étendre sa vision. Apparemment, Macha avait raison : ce qu’il n’avait pas vu et qu’il voyait à présent, c’était un couloir identique à tous ceux qu’ils venaient de parcourir, sauf qu’il était longé de portes numérotés selon les périodes historiques des artefacts qu’elles refermaient.

— Écoute, ça a l’air normal. J’vais j’ter un coup d’œil, vite fait, pour voir ça d’plus près et j’reviens.

Abban disparut. Et ne reparut pas. Le jeune homme regarda autour de lui. Noir intersidéral, toujours. Il ne voyait pas le sol, il ne voyait pas les murs, ni devant, ni derrière, nulle part. Il ne sentait pas vraiment le sol non plus sous ses pieds. De toute évidence, le musée avait quelques protections magiques en plus de ses fameux robots. Abban fit quelques pas dans le noir pour trouver encore plus de noir. Fantastique. Qu’est-ce qu’il était censé faire, maintenant ?

Il allait réactiver sa vision à distance quand une force étrangère, qu’il n’avait pas sentie venir — et pour cause, il n’y avait aucune perception sensorielle dans cette obscurité parfaite — le propulsa en arrière. Le couloir réapparut et lui en même temps, lui qui sortait à toute vitesse du fameux noir, volant au-dessus du sol, comme s’il avait reçu un coup de poing particulièrement puissant. Le jeune homme vint s’écraser brutalement contre la double porte qui trembla un peu sur ses gonds, sous la violence du choc et Abban coula sur le sol, avec un gémissement de douleur, lui parfaitement audible.

Aishlinn n’avait pas eu tort, finalement : les choses avaient légèrement déraillé et c’était bien la faute d’Abban. Il en était tout à la fois le responsable et la première victime. L’adolescent avait l’impression d’avoir été piétiné par un troupeau d’éléphants enragés. C’était surtout qu’il n’était pas habitué à être blessé au cours d’une mission : sa téléportation et ses réflexes suffisaient en général de très loin à le prémunir de ce genre d’imprévus.

Au moins, il ne se sentait rien de cassé. C’était déjà ça.
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Message posté : Lun 18 Nov - 17:31 Message
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C’était de sa faute parce qu’il avait attiré le mauvais œil – chose à laquelle, elle ne croyait absolument pas. Il était très rare de le voir se téléporter sans avoir serré la main de sa sœur avant, sans un geste pour pallier à cette absence souvent très temporaire. Là, il s’était seulement téléporté, juste en disant revenir. Ah ben, pour revenir, il était revenu mais absolument pas de la manière qu’il avait prévu, ni elle d’ailleurs.

« ABBAN ! »

C’est bien connu : crier apporte… N’apporte rien mais c’était le réflexe de tout le monde, auquel Aishlinn ajouta une activation de son pouvoir pour passer au travers de la porte. Il allait lui faire faire une crise cardiaque avec ses conneries. Oubliant toute prudence, elle fut déjà accroupie à côté de lui, une main sur son visage, une autre vérifiant les bras de son jumeau à la recherche d’une blessure suite à l’impact.

« P’tain, ça va ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Mon Coeur, t’as mal où ? J’vais lui arracher la tête à c’truc. C’tait quoi ? Et là, t’as mal ? »

Le débit était impressionnant, à croire qu’elle s’était entrainée toute sa vie pour poser une succession de question sans prendre la peine de respirer. Concentrée sur son frère, elle ne vit absolument pas une masse noire s’approcher à nouveau d’eux et, il y avait fort à parier qu’elle ne l’aurait pas vu si Abban ne s’était pas arrangé pour lui faire comprendre. Tournant la tête derrière, elle écarquilla les yeux sans comprendre ce qui était en train de se passer.

La main d’Aishlinn alla chercher un stylo-feutre dans sa poche, en se plaquant, assise, contre la porte derrière elle. Son regard ne détacha pas de la masse arrivant mais, elle ne la voyait pas réellement, visualisant autre chose dans son esprit pendant que sa main droite dessinait, sur le dessus de sa main gauche un symbole. Le truc qui ne ressemblait à rien pour la plupart des gens. Et alors que la masse fonça sur eux, elle se heurta à une sorte de bouclier légèrement opaque, à un mètre des jumeaux.

« La vache ! C’t’quoi c’délire ? »

Demanda la seule des deux qui avait une notion en magie. La main contenant le symbole alla trouver celle d’Abban, pendant que la masse noire reculait pour foncer à nouveau dans le bouclier. Seul sort qu’elle arrivait à faire un peu près correctement. Le premier vraiment appris, celui sur lequel elle avait passé le plus de temps. Tellement maîtrisé qu’au premier assaut, il commençait déjà à se fissurer sans qu’elle n’arrive à reprendre la concentration nécessaire  pour le solidifier.

« Faut qu’on bouge. » Et vite. Elle aida Abban à se relever pendant qu’elle poursuivait pour la voiture. « Macha, la première pièce, elle est où ? »

Se dématérialiser pour passer la porte et se protéger était une sage idée mais, dans l’esprit des jumeaux, c’était aussi un échec. Ils n’allaient quand même pas se laisser emmerder par un nuage noir magique, qui empêchait d’avoir des repères et pouvait envoyer voler les gens à travers un couloir.

« 8 mètres à gauche, ou à droite. »

Le bouclier se fissura encore plus, le prochain assaut serait le bon. Ok. Debout, Aishlinn posa son regard sur Abban.

« Ok, prend ta respiration, j’nous emmène là-bas. »

L’Irlandaise avait un avantage sur son frère : se balader sans avoir accès à la plupart de ses sens – en ayant essentiellement que la vision – c’était un des principes de son pouvoir. Rien n’était réellement palpable. Bon, généralement, elle y voyait clair ce qui ne serait pas le cas dans cette situation. Il faudra bien faire avec. Le bouclier céda et la masse noire fonça sur eux mais, au lieu de les projeter, elle les traversa sans le moindre impact. Noir total.

Aishlinn, gardant les indications de Macha en tête avança et bifurqua sur la gauche pour traverser un mur, ce dont ils ne pouvaient se rendre compte qu’en débarquant dans une nouvelle pièce. Un couloir pour être exact, pas plus long que cinq mètre, clôturé au bout pas le porte d’un coffre où l’on pouvait voir : Alliance héroïque, années 60. Hey, finalement, ils avaient un peu de chance. Aishlinn afficha un large sourire avant de rendre à leurs corps, à tous les deux, leur consistance normale.

Le fait d’avoir retrouvé leur poids sur les dalles, sans avoir passé un badge dans les portes, laissa deux robots humanoïdes sortir d’une ouverture dans les murs du couloir. Armes inconnues à ce qui leur servaient de mains.

« Numéro de matricule ? »
« C’quoi c’putain d’bordel ? »
« Numéro incorrect.  »

Leeloo Dallas Multipass ?  Elle baissa la tête dans un soupir. Plus jamais, elle ne mettrait les pieds dans ce musée !
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Message posté : Lun 18 Nov - 18:13 Message
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— …raaah…

Abban attrapa la main de sa sœur. Il y avait des industriels en armement qui feraient bien de prendre exemple sur les scrupuleuses défenses du Musée des Supers. L’Irlandais commençait à soupçonner tous ceux dont les statues de cire ornaient la galerie principale d’avoir un peu contribué à la protection de l’ensemble de la collection. Les œufs, par exemple, il était sûr qu’un Neutron-Grey y était pour quelque chose. C’était bien leur genre de fabriquer des trucs comme ça.

Et là, le nuage noir magique, comme dans Lost, c’était probablement l’invention de quelque mage délirant, le genre de personnes qu’Aishlinn fréquentait. Abban leva un pouce victorieux en tentant de dominer une quinte de toux particulièrement douloureuse.

— Ça va, ça va, impec’, t’inquiètes. Fais lui sa fête.

Il avait une foi illimitée dans les capacités magiques de sa jumelle, d’abord parce que c’était sa jumelle et ensuite parce qu’il n’y comprenait strictement rien. Ça avait l’air extrêmement compliqué, du moins à en croire les heures passées par Aishlinn chez son enchanteur décrépi, où elle lui assurait qu’elle ne faisait qu’étudier (mon œil), mais l’Irlandaise réussissait tout ce qu’elle faisait (sauf les études, certes), alors il n’y avait pas de raison qu’elle ne pût pas dissiper un petit cumulonimbus acariâtre de rien du tout.

Quand le bouclier commença à se fissurer, Abban, qui avait été originellement fort impressionné par la démonstration d’Aishlinn, se plaqua contre la porte. Il n’avait pas vraiment envie de se faire à nouveau valdinguer par cette campagne de publicité ambulante contre le tabagisme passif.

— Eeeeuh…

Comment souvent en cas de problème, le jeune homme posait un regard interrogateur sur sa sœur, toujours très douée pour les sortir des mauvais pas. Il ne posa donc absolument pas de question quand elle prit la direction des opérations, ne songea pas à se plaindre quand tous ses os craquèrent alors qu’il se relevait et, agrippé à sa main, il la suivit dans le noir complet, même s’il avait un tout petit peur de ce qui pouvait bien leur arriver.

Ce fut donc un soupir de soulagement qui franchit ses lèvres lorsqu’ils parvinrent enfin à un couloir normal. Soulagement de courte durée. Abban fixa les robots d’un air résigné.

— Tout ça pour protéger d’vieilles batteries, franchement.

Il posa une main sur l’épaule de sa jumelle.

— Vas-y, c’est bien, j’m’y colle, tu t’es déjà tapé l’nuage.

La dernière fois qu’il avait pris les choses en main, il s’était retrouvé aplati contre une porte par du néant, mais il ne se décourageait pas. Les deux humanoïdes avancèrent vers eux d’un air menaçant. Abban se téléporta sous le nez de l’un d’entre eux. Puis sous le nez du second. Puis au milieu. Les deux robots firent volte face pour suivre celui qui était la cible la plus proche et, donc, la cible principale.

De téléportation en téléportation, Abban les amena l’un en face de l’autre. Puis il attendit, les yeux fermés. Il utilisait sa vision à distance pour avoir un point de vue surplombant et pouvoir observer en même temps les deux robots qui le prenaient en tenailles. Il s’agissait de suivre les conseils de Thabo. Se concentrer. Faire le vide. Guetter le plus petit mouvement. Mais agir au dernier moment. Les robots visèrent. Les robots tirèrent. Et Abban disparut juste avant de se faire transpercer par deux rayons d’énergie laser, qui partirent à la place forer un trou dans la poitrine de chacun des deux robots.

Réapparu aux côtés d’Aishlinn, le jeune homme put observer avec satisfaction les deux robots tituber et s’effondrer sur le sol, en poussant une plainte déchirante :

— Maatriicuule… incooorreeeect…

D’un air songeur, Abban commenta :

— Ça a l’air sympa, en fait, les pistolets blasters. P’têtre qu’y en a des paralysants…

C’eût été l’arme idéale pour un spécialiste des armes à feu qui n’aimait pas laisser des cadavres sur son chemin. Il se retourna vers Aishlinn et profita de cet instant de calme inespéré, après les œufs, le nuage éjecteur et les humanoïdes tueurs, pour souligner :

— En tout cas, l’bouclier magique, là, c’vachement classe. T’vas bientôt faire des patronus et tout.

Sur quoi il prit la main de la future directrice de Poudlard et s’approcha — prudemment — de la porte blindée qui portait une inscription si prometteuse. Après tous ces obstacles, elle avait quelque chose de bien commun, c’en était presque décevant.

— Macha, tu peux nous en dire plus sur le coffre, là ?
— Négatif. Pas de si loin. Le matériau bloque mes capteurs. Peut-être que si j’approchais…

Certes. Abban ne doutait pas de la capacité de sa voiture à défoncer la moitié du musée pour les rejoindre et examiner la porte de plus près, mais il craignait qu’une telle démonstration attirât l’attention des forces de l’ordre, toujours si pointilleuses quand on troublait la quiétude publique.

— Ça va aller, merci.
— Oh…

Le bolide ne cachait pas sa déception. Abban détailla le coffre du regard avant de se retourner vers Aishlinn :

— Alors ? C’toi l’experte.
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Message posté : Mer 20 Nov - 13:15 Message
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Son jumeau allait, immanquablement, finir par lui filer une migraine pas possible, à force de suivre ses déplacements, auxquels, de toute façon, elle avait deux temps de retard tellement il se téléportait vite. Elle hocha plusieurs fois la tête dans un grand sourire, ne manquant que des spectateurs pour qu’elle puisse annoncer fièrement un « Eh ouais, les gars, ça, c’est mon jumeau ! »  Ben quoi ? Il avait trop la classe, il était trop cool, il était trop fort, il était tout ce qui pouvait être bien dans ce monde… Dans les autres aussi.

Un sourire qui tomba bien vite qu’elle le trouva, un peu en retard, au milieu des deux robots. Euh… Histoire de ne pas le perturber, elle leva doucement une main, l’index vers le haut, pour demander s’il était certain de son idée. Bien sûr, cette action restait invisible vu qu’il avait les yeux clos mais, elle, ben, ça la rassurait un peu. Il ne fallait pas chercher à comprendre la logique dont elle pouvait faire preuve, encore moins quand Abban était en danger immédiat. Autant dire que, quand il apparut à nouveau à côté d’elle, pendant que les robots émettaient une plainte, elle ne chercha pas à comprendre le prit dans ses bras. Soupir de soulagement, il était entier, malgré les os craquants un peu plus tôt.

« P’tain, tu rigoles, c’est carr’ment moins cool qu’ta façon d’te téléporter trop vite, com’ça : » Elle agita les mains dans un « Ploc, ploc, ploc, ploc, ploc, … » Chaque bruit étant limitation pourrie d’une téléportation, associé à ses mains qui s’ouvraient à chaque son. « Trop classe. »

Ce qui était des plus sincères, elle le trouvait trop doué là-dedans – dans plein d’autres domaines aussi -, il arrivait à foutre une telle précision dans ses déplacements. Impressionnant alors qu’elle, ben, elle dessinait des symboles sur ses mains.

« N’empêche qu’j’me d’mande à quoi pourrait r’ssembler mon patronus. »

Question sur laquelle elle se serait attardée un peu plus si la porte d’un coffre n’était pas déjà en train de lui faire de l’œil. Ca ne parlait pas les portes blindées mais, elle avait presque l’impression de l’entendre quand même, comme une supplication… Quelle connerie de foutre des portes comme ça, c’était un appel à être forcé ! De toute façon, la meilleure manière de se protéger des vols d’Aishlinn, c’était encore de lui mettre tout à disposition, sous le nez. Aucun défi, aucun intérêt.

« Ouais ben là, t’vois, j’ai juste envie d’m’barrer d’ici alors, ça va être la méthode simple. »

Une envie d’en finir surtout à cause du choc que c’était pris Abban contre la porte. Plus qu’une armure ancestrale à démonter, elle avait surtout envie de prévenir tous les services hospitaliers de la ville, enlever les médecins les plus compétents et faire un bilan complet à Abban.

« Attends, j’regarde. »

Fait étrange, elle posa d’abord ses mains pour s’assurer qu’elle pouvait bien passer au travers de la porte. Chose qu’elle n’avait jamais faite avant de s’écraser le nez contre la porte du manoir d’Adrian. Vérification faite, elle passa uniquement la tête pour voir ce qui se trouvait de l’autre côté et, seulement là, elle se redressa pour être entièrement dans le couloir avec son frère.

« Ok… Bonne nouvelle pour toi, pour moi aussi en fait, on va pouvoir tester les armes des deux débiles. »

Elle se tourna pour aller chercher les armes en question, en tendre un à Abban et le regarde examiner le truc. Il était bien plus apte qu’elle à comprendre comment ça fonctionnait. Elle profita de ce moment pour lui expliquer les raisons des armes.

« Y a des œufs à l’intérieur, genre, trois. Si Macha est trop loin, j’m’dis qu’c’est l’manière la plus rapide d’s’en débarrasser. Alors, j’nous fais entrer, on éclate leur coquille d’merde et on prend c’qu’il nous faut. »

Si les armes n’avaient de mode paralysant, Aishlinn commençait déjà à avoir une idée de la manière dont elle allait se faire payer auprès d’Adriel. Lui avait parlé d’argent mais, elle pouvait changer d’avis en chemin, d’ailleurs elle lui avait déjà laissé entendre que l’argent n’était pas ce qui l’intéressait le plus. SI Abban voulait une super arme, à la pointe de la technologie pour paralyser des gardes, elle était capable d’aller lui chercher, peu importe comment. Elle avait besoin de lui alors, le meilleur moyen de le garder était encore de lui accorder tout ce qu’il voulait. Ce n’était sûrement pas l’autre débile qui allait pouvoir lui offrir toute ça !

« Ok, on y va. »

Sa main libre attrapa celle d’Abban et, d’une légère pression, elle annonça leur dématérialisation avant de faire deux pas avant pour passer au travers de la porte blindée. Devant eux se dressant trois œufs qui commençaient déjà à les scanner avant de se montrer hostile, si les informations ne leur plaisaient pas. Relâchant son frère, elle pointa son arme sur l’un d’eux, restant dématérialisée – oui, parce qu’elle n’avait pas les mêmes réflexes qu’Abban.

Aishlinn tira très rapidement, n’ayant pas prévu qu’elle n’avait pas la même force qu’un robot, pas le même poids, pas la même résistance à une force de recul. Le coup était à peine parti qu’elle se retrouva propulsée en arrière, repassant au travers de la porte, pour finir sur le sol plus loin en retrouvant sa consistance.

« Merde ! »

Elle se releva aussi vite pour courir vers le coffre et passer à nouveau au travers pour voir comment s’en sortait Abban. Au moins, elle avait probablement désintégré un œuf.
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Message posté : Mer 20 Nov - 21:37 Message
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Ah, il souriait, cet idiot qui avait cassé deux beaux robots. Heureusement que Chase n’était pas là pour constater ce qu’Abban avait fait à deux de ses créations précoces et, à son humble, relativement dysfonctionnelles, sans quoi il eût été assurément bien fâché. C’était bien la peine de faire des dons aux musées (déductibles des impôts) si des Irlandais survoltés et sautillants s’amusaient à les massacrer à coups de blaster. Mais les compliments de sa jumelle lui faisaient oublier assez vite le respect dû à la gent robotique et Abban se retenait simplement de parader trop ouvertement, même s’il avait passé un bras autour des épaules d’Aishlinn, parce qu’elle avait raison, oui : il était un homme, un vrai. (C’était ce qu’il avait compris en substance du discours de sa sœur.)

Sa fierté fit place à un peu d’étonnement lorsqu’il la vit esquisser des gestes inhabituels, devant la porte. D’ordinaire, Aishlinn, sûre de son fait, passait sans se poser de questions à travers tout et n’importe quoi et, de mémoire d’Abban, la jeune fille n’avait jamais rencontré de matière qui lui résistât. Il n’avait certes strictement aucune idée de la manière dont le pouvoir de sa jumelle — ou le sien, d’ailleurs — pouvait bien fonctionner, mais il lui faisait une entière confiance. Alors quoi ? Il s’était passé quelque chose dont elle ne lui avait pas parlé, de toute évidence. Quelque chose avec cet abruti de mage, qui était certainement du genre, tel qu’il le connaissait — même s’il ne le connaissait pas le moins du monde — à dresser des murailles de flux machin-chose autour de sa maison, les mêmes murailles de flux machin-chose qui l’empêchaient, lui, de s’y téléreporter ou d’y voir quoi que ce fût. Décidément, il y avait des gens qu’on aurait dû amputer de la tête.

Abban croisa les bras en se murant dans un silence un peu pincé et il fallut qu’Aishlinn lui confiât un gros fusil pour qu’il retrouvât le sourire. La crise avait donc duré moins de quarante secondes. Le jeune homme examina l’appareil sur toutes les coutures. Sa sœur lui avait déjà pris la main quand il ouvrait la bouche pour la prévenir que le recul serait sans doute conséquent. La dématérialisation lui coupa la parole et, jeté dans l’arène aux œufs, il épaule le blaster comme un bazooka et fit exploser un premier robot, tandis qu’Aishlinn volait à travers la porte.

— Li… AaaAaaAAaAAaaAah…

On — l’œuf survivant — venait de lui enfoncer une pince dans la cuisse et de lui décocher une sérieuse décharge électrique à laquelle Abban ne survécut probablement que grâce à sa soudaine téléportation, dès la première seconde — un temps incroyablement long pour ses réflexes hors du commun. Il apparut derrière l’oeuf et tira une nouvelle fois mais, dans la précipitation, il n’avait pas eu le temps d’ajuster le recul et il fut à son tour propulsé en arrière, atterrissant contre une étagère qui se mit à lui vomir des cartes postales à l’effigie des héros des années soixante, que l’on conservait pour une raison mystérieuse dans la chambre forte.

— …putain…

Il commençait désormais à comprendre que si les instituteurs, à Dublin, dans leur enfance, avaient tenu à leur faire régulièrement visiter des musées, c’était dans le secret espoir que leurs élèves se fissent tuer. Mais Abban n’avait pas le temps de pleurer sur son sort. Il abandonna le blaster démonté du robot à ses côtés pour se lever, gémir de douleur et se téléporter de l’autre côté de la porte, où Aishlinn n’était plus. Supposant bien que le recul ne l’avait pas non plus envoyée jusqu’à Tombouctou, Abban prit soin cette fois-ci d’appuyer sur son oreillette et de prévenir :

— Bouge pas, j’arrive.

Il reparut dans le coffre et claudiqua jusqu’à sa sœur. Son pantalon était déchiré à l’endroit où le robot avait enfoncé sa pince et l’on pouvait distinguer deux petits ronds de peau brûlée, heureusement de manière superficielle. Il leva les mains en signe d’apaisement.

— Ça va, ça va. Et toi ? Tu t’es pas fait mal ?

Il ne savait pas trop à quel moment Aishlinn s’était rematérialisée, ni même si le petit voyage dans le couloir l’avait le moins du monde affecté. En tout cas, pour sa part, il enviait de plus en plus le pouvoir de sa jumelle : entre la porte qui lui avait démoli le dos, l’étagère métallique qui avait achevé le travail et l’œuf qui s’était attaqué à sa jambe, Abban eût aimé être immatériel. Il serrait les dents pour ne rien laisser paraître et ne pas inquiéter sa sœur, mais si ses blessures n’étaient pas considérables, il n’en souffrait pas moins et le défi de ce cambriolage ne l’intéressait plus autant que sa prompte résolution.

Hélas pour lui, en se retournant vers la collection protégée par la chambre forte, les jumeaux découvrirent la dure réalité des restrictions budgétaires dans les administrations culturelles : le musée des Supers n’avait pas assez de conservateurs et d’assistants conservateurs au regard de l’ampleur de sa collection et le tri n’était pas exactement à l’ordre du jour. Des dizaines et des dizaines de cartons vaguement étiquetés s’entassaient dans un ordre superficiel, grossièrement classés par décennies.

— ‘Tain, en fait, s’ils mettent des portes blindées, c’pas pour protéger leurs bidules, c’pour cacher leur bordel…

Même leur chambre à Nalebo Hall était mieux rangée.
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Message posté : Jeu 21 Nov - 15:09 Message
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Elle arriva, aussi vite qu’elle le put, dans la pièce et… Pas de jumeau ? Elle regard autour d’elle, jeta un œil à une pile de cartes sur le sol, les œufs hors-service. Elle commença à paniquer quand, dans son oreillette, la voix de son frère lui demanda de ne pas bouger. Elle se retourna vers la porte blindée et n’eut pas le temps de lâcher un soupir de soulagement qu’elle vit déjà le téléporteur dans un triste état. Une microcoupure, sur Abban, devenait une plaie ouverte touchant une artère. Un hématome, une fracture. Et ainsi de suite. Quand il s’agissait de son frère, elle n’avait, étonnement, plus aucun sens de la mesure. Parcourant la distance qui les séparait, elle examina son frère d’un regard inquiet en se disant que, vu les préjudices qui avaient été fait, c’était l’intégralité de l’entreprise de Veidt qu’elle allait demander en dédommagement. Histoire de pouvoir s’acheter un hôpital ou deux.

« Ouais, ouais, ç’va. N’t’inquiète pas. »

Finalement, elle, hormis le premier garde, elle s’en était bien sortie. Les mains sur le visage d’Abban, à examiner chaque parcelle de peau, elle eut un air contrarié et déterminé en même temps.

« J’t’jure, l’prochain lapin d’pâques qu’j’croise, j’lui explose la tronche avec son panier. »

Tant pis si le lapin en question n’avait rien demandé, et s’il n’était en rien responsable des robots présents dans le musée. Ces petits êtres mécaniques et vicieux n’avaient pas à avoir la forme d’œuf. Elle allait pourrir chaque pâques, tous les ans, jusqu’à la fin de ses jours. Tellement pourrir cette fête que, dans 5 ans, tous les gamins en feront des cauchemars. Dans 10 ans, tout le monde aurait peur des œufs. Et dans, un peu près 15 ans, il y aura une loi qui interdira les œufs et toutes leurs représentations. Et le lapin de pâque, lui, il sera encore plus flippant que ce pseudo père noël coca-cola. Ouais… ça sera bien.

« P’tain d’musée, j’t’jure. J’ falsifie un tas d’signature à la première pétition qui d’mande d’l’détruire. » Elle tourna la tête vers la pièce quand son frère parla du bordel présent et hocha la tête de manière convaincue. « Vraiment, vraiment, beaucoup d’signature. »

Comme dans un mauvais trip, elle avait l’impression que la pièce s’allongeait horriblement comme pour les narguer, pour leur dire qu’ils ne trouveraient jamais ce qu’ils voulaient. Il ne fallait pas sous-estimer la volonté d’un Irlandais, les seuls au monde à en avoir, non maiho ! Elle pointa une direction de son index.

« J’prends c’tte partie-là. » reposant son regard sur Abban. « Ç’va aller ? Sinon t’peux rester-là, où aller à la voiture, j’regarde, j’prends c’qu’on doit prendre et, j’t’r’joins. »

Comme si Abban allait rester là à attendre sans rien faire. Dans le meilleur des cas, il allait réussir à tenir 2 secondes. A ce demandé comment il avait réussi à tenir dans une salle de cinéma pendant toute la durée d’un film. Elle le sera dans ses bras, déposa un baiser sur sa joue et s’activa. Plus vite elle se mettait à chercher, plus vite elle trouverait – oui parce qu’elle n’envisageait pas l’échec – et, plus vite ils pourraient se barrer de cet endroit.

Parcourant des étagères, en lisant les indications sur les cartons, eux même rangés de manière complètement illogique, elle passa une éternité avant de tomber sur quelque chose d’intéressant. Ou, potentiellement intéressant. Comme pour la réserve des archives, elle monta sur l’étagère pour retomber avec le carton en activant son pouvoir et regarda à l’intérieur, manquant de perdre un doigt sur… Elle sortit l’objet en se demandant ce que ça pouvait bien être. Mouais, elle le balança et poursuivit son investigation.

« P’tain, dans les années 60, ils’avaient aucun sens d’l’esthétisme. »

Elle avait un casque horrible dans les mains, en tout cas, à ses yeux c’était vraiment très moche. Elle se laissa tomber sur le sol en tailleur pour examiner le truc sous toutes les coutures et, finalement, s’arrangea pour sortir ce qui devait être l’interface neuronale, elle ne savait pas trop quoi. Pendant cinq minutes, elle avait eu l’impression d’être un chirurgien à enlever un truc le plus délicatement possible. C’était sûrement hors d’usage mais bon, elle n’allait pas abimer le truc encore plus.

Continuant de fouiller un peu, elle trouva quelques plans d’armures sans vraiment savoir ce que ça pouvait bien être mais, ce n’était pas très lourd, pas très encombrant alors, elle embarqua avec elle. Histoire que le personnel ne trouve pas tout de suite les pièces manquantes, elle remit tout dans le carton qu’elle reposa à sa place. Avant de partir, elle savait déjà qu’elle déplacerait certaines autres boîtes pour envoyer sur une mauvaise piste.

« J’trouve pas l’plastron d’l’armure, t’as quelqu’chose d’ton côté ? »

Pas envie de passer les cinq prochaines années de sa vie à chercher dans des boites en carton. Ils avaient beaucoup trop de choses à faire, dans cette ville, pour perdre du temps de cette manière. Enfin, c’était surtout que ça la gonflait de chercher comme ça.
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Message posté : Jeu 21 Nov - 17:45 Message
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— Ah non mais c’est cool, t’inquiètes, j’fais l’reste.

En d’autres circonstances, Abban se fût sans doute laissé plaindre : être dorloté par Aishlinn était toujours extrêmement plaisant. C’était une excellente excuse pour jouer aux jeux vidéos bien installé dans leur lit en mangeant des gâteaux. Mais attendre seul dans la voiture — enfin, seul avec Macha — et même rester là, les bras croisés, n’était pas une perspective agréable et le jeune homme se mit à boiter légèrement pour arpenter l’une des allées. Il commençait à avoir l’habitude de parcourir des écritures étrangères d’un regard rapide. Dans cette ville, tout le monde leur demandait de voler des objets très particuliers, très précis, et l’une des conséquences inattendues de cette spécialisation de leurs activités criminelles, c’était le développement d’un don de médiéviste ou de pharmacien pour les griffonnages en tout genre.

De temps en temps, une mention elliptique attirait sa curiosité et il jetait un coup d’œil de le carton. Heureusement que leur employeur leur avait fourni une description sommaire de ce qu’ils étaient censé ramener, parce qu’Abban devait bien se reconnaître incapable d’identifier la nature ou la fonction de la plupart des objets qu’il trouvait. Cela dit, le voyage dans l’allée n’était pas aussi désagréable qu’il l’avait cru : ce n’était pas des archives mais une espèce de gigantesque grenier aux trésors, dans lequel il trouvait des gadgets tous plus insolites les uns que les autres, et s’il n’avait pas été blessé, fatigué et irrité, il eût sans doute passé quelques longues minutes à tripoter tel ou tel bidule en s’interrogeant sur son utilité.

Le contenu des cartons oscillait entre les diverses représentations des héros de l’Alliance, entre les comics, les bobines de films et les photographies, et les objets leur ayant appartenu. Il y avait sans doute une fortune à se faire auprès des collectionneurs privés, mais mieux valait ne pas trop attirer l’attention en écoulant déraisonnablement des biens rares sur le marché parallèle. Ce n’était pourtant pas l’envie qui lui manquait, parfois, de s’approprier tel ou tel objet remarquable. Devant une collection de flèches et un arc incroyable, il regretta de ne pas avoir étendu son entraînement à des armements de ce genre et il hésita bien quelques secondes à l’emporter, en se disant que Thabo pourrait toujours lui apprendre. Mais c’était bien trop encombrant.

Il lui fallut tout de même de nombreuses et longues minutes pour trouver le carton qui l’intéressait en premier lieu. À l’intérieur, un plastron métallique porter l’étiquette : « à reclasser ». Abban constata que, de fait, le reste du contenu n’avait pas grand-chose à voir avec une quelconque super-armure : il s’agissait de rouleaux de plans, qui décrivaient apparemment des véhicules terrestres et aériens. Rien qui ne valût Macha, sans aucun doute. Après avoir jeté un coup d’œil aux plans, Abban examina scrupuleusement le plastron. Il avait suivi avec attention les explications de sa sœur sur l’objectif de la soirée et les compléments de Macha. Ils voulaient un système de… Un système, quoi, intégré au plastron.

Abban retourna l’objet et sortit le petit nécessaire de bricolage qu’il avait emporté avec lui en prévision de ce moment. Méticuleusement, avec les gestes précis et sûrs d’un cambrioleur qui n’en était pas à sa première opération délicate, il souleva les couches protectrices qui dissimulaient l’intérieur de l’appareil et, pour une fois dans sa vie, observa calmement et longuement ce qu’il avait sous les yeux avant d’agir. Cela ne ressemblait pas exactement aux descriptifs fournis par Adriel et Macha, mais c’était tout de même assez proche pour que l’Irlandais fût convaincu. Il entreprit de détacher l’ensemble du système, quitte à en emporter un peu plus que nécessaire, pour être sûr de ne pas sectionner une pièce ou un câblage de première importance.

Il entendit la voix d’Aishlinn dans son oreillette et pencha la tête pour appuyer avec son épaule sur la sienne.

— Ouais, j’ai ça. ‘Fin, j’crois, hein. J’suis en train d’détacher l’truc qui ressemble au machin qu’tu m’as montré.

Pas très précis, mais Abban était un voleur d’expérience et il savait très bien que personne ne lui demandait de comprendre ce qu’il volait. Les magiciens de Star City avaient fini par lui faire confiance pour transporter leurs pierres ceci et leurs amulettes cela et, quand ils tentaient de lui expliquer l’importance de l’artefact, Abban s’empressait de les arrêter et de leur faire comprendre que leurs explications ne réussiraient guère qu’à l’embrouiller. Chacun son métier.

— OK. C’est bon. J’fous un peu l’bordel d’mon côté et j’te rejoins vers les œufs.

Il rangea le squelette du plastron dans le carton, poussa soigneusement le carton à sa place et commença à déplacer différents objets. Quand il repassa devant le carton qui contenait les fameuses flèches, il les examina de nouveau. C’était tout de même extrêmement tentant. Il y avait des flèches de formes diverses et Abban résolut finalement d’en prendre une de chaque. Cela ne pesait pas très lourd et puis, de toute façon, ça contribuerait à brouiller les pistes. Ce fut donc chargé de son butin qu’il retrouva sa jumelle, pour découvrir le fruit de ses récoltes.

— Bon, eh ben voilà, tout d’même. J’ai pris ça.

Il montra les flèches.

— On sait jamais, ça peut servir.

La vérité, c’était qu’Abban commençait à s’inquiéter un peu de ne pas être à la hauteur des progrès magiques d’Aishlinn et, à défaut de se sentir capable d’invoquer des démons infernaux, il cherchait un moyen d’accroître ses propres compétences. À force de fréquenter Macha, il avait fini par se dire que quelques gadgets pourraient lui servir.

— On y va ?
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Message posté : Dim 24 Nov - 14:08 Message
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Après avoir brouillé les pistes de son côté, Aishlinn était de nouveau revenu vers les œufs où elle vit son frère arriver avec des flèches. L’espace d’une fraction de seconde, le regard de la jumelle se montra un peu sceptique. Sur le coup, des flèches, pour elle, ça représentait quelque chose de particulièrement offensif. Elle avait toujours privilégié le défensif, encore plus depuis l’histoire à l’hôpital où elle avait manqué de tuer le type qui s’en était pris à Abban. Ce dernier, semblait prendre un chemin inverse, après tout, c’était lui qui se baladait en étant toujours armé.  Elle pouvait le comprendre, c’était lui qui s’était fait agresser, elle qui n’avait pas su le protéger, il prenait ses dispositions. Ça la tuait. Un faible sourire s’afficha sur ses lèvres, comme l’acceptation triste des flèches qu’il avait dans les mains, en cherchant à se dire que toutes les flèches n’étaient pas offensives. Après tout, on en voyait plein dans les films, des flèches qui balançaient un gaz pour endormir ou aveugler, des flèches pour créer une diversion, pour mettre à mal un système électronique… Oui, voilà, il avait pris des flèches pouvant faire que ça.

« Ouais, on rentre. »

Attrapant la main d’Abban, elle se laissa téléporter à la voiture, déposant leur butin dans le coffre que Macha avait ouvert à leur attention. Les téléportations passaient mieux mais, il lui fallait toujours une ou deux secondes pour que ses sens comprennent où elle se trouvait. Elle s’installa côté conducteur, laissant Abban en passager pour se poser un peu des blessures qu’il pouvait avoir. Elle prit sur elle de ne pas demander l’itinéraire pour l’hôpital le plus proche, sachant très bien qu’il y avait tout ce dont ils auraient besoin au manoir.

Aishlinn posa son regard sur l’image du gps que Macha avait affichée sur l’écran de bord. Une carte spécialement pour elle où tout était mis en évidence de manière un peu particulière. Le plan affichait les endroits où rien ne se trouvait et ceux qu’ils étaient possible de traverser rapidement. Tout était fait pour qu’elle puisse, si elle le voulait, passer au travers de certains bâtiments et voiture dans le coin, tout en sachant à quel moment elle pouvait rematérialiser la voiture et ses occupants sans avoir à s’encastrer dans quelque chose. Macha avait mis ce moyen de vision depuis qu’elle avait compris qu’Aishlinn pouvait étendre son pouvoir sur la voiture. Une attention que l’irlandaise trouvait cool même si elle pensait sérieusement que Macha avait mis ça au point en trouvant la conduite de la sœur trop lente par rapport à Abban.

« Dis-le si j’suis trop lente, Macha. » Le ton avait un fond amusé.
« Pas du tout. » Le sien était un brin ironique.
« c’est ça, mouais… »

Dans un sourire, et se servant du gps, Aishlinn prit le chemin le plus court, celui où il n’y avait pas besoin de contourner certains bâtiments. Passer, rapidement, à travers un appartement, ça devait quand même être assez étrange pour les gens qui occupaient les lieux. Ils devaient sérieusement se demander s’ils n’avaient pas halluciné. Enfin, quoi qu’il en soit, le manoir fut atteint, la voiture garée dans le garage dont l’entrée était cachée par une fontaine. Aishlinn sortait déjà de la voiture quand Thabo fit son apparition.

« Ah, vous êtes rentrés. » Deux solutions : soit les jumeaux avaient une puce sur eux – et sans le savoir – pour que l’homme soit toujours là quand ils arrivaient. Soit, il devait attendre là, comme une statue à attendre leur retour. « Vous avez trouvez ce qu… »

En voyant Aishlinn faire le tour de la voiture pour aller rejoindre son frère, en comprenant que c’était elle qui avait conduit et non pas Abban, une lueur inquiète passa dans le regard du vieil homme qui approcha un peu plus rapidement.

« Vous allez bien ? Il s’est passé quoi ? »
« Des œufs d’pâque avant l’heure. »

Une explication qui paraissait des plus claires à Aishlinn. Proche de son frère, elle restait à ses côtés, gardant un contact avec lui pour prendre le chemin de l’infirmerie. Elle avait pris sur elle de ne pas le trainer à l’hôpital, hors de question qu’il évite des soins pour ses blessures. Thabo était maintenant face à eux, examinant les jumeaux de son regard qui pouvait laisser penser qu’il était en train de les passer aux rayons X pour s’assurer qu’il n’y avait aucune fracture. Ce qui était appréciable avec lui, c’est qu’il évitait toujours les commentaires du type : mais je croyais que vous aviez tout prévu ? Ce qui, forcément aurait rendu Aishlinn encore plus coupable.

« Suivez-moi. »

Le vieil homme ouvrit la voie pour les emmener à l’infirmerie pendant qu’Aishlinn posait son regard sur son jumeau, dans un sourire des plus impressionnés.

« N’empêche t’assures grave. J’t’jure, c’tte façon d’enchainer les téléportations, j’sais pas comment t’fais. »

A sa place, elle aurait sûrement rendu son repas, ses tripes et boyaux – très classe – sur le sol au bout de la deuxième ou troisième téléportation aussi rapide. Abban avait cette faculté impressionnante de pouvoir faire évoluer son pouvoir qu’elle était loin d’avoir.
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Message posté : Dim 24 Nov - 16:22 Message
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L’adrénaline retombait et, avec elle, en sens inverse, la douleur montait en flèche. Installé sur le siège passager de la voiture, Abban prenait plus clairement conscience que la soirée n’avait pas été aussi simple que la plupart de leurs cambriolages. C’était ainsi que l’on se forgeait une réputation, certes, en se heurtant aux difficultés, mais il y avait des effets secondaires de la gloire criminelle et de la célébrité illégale dont le jeune homme se fût très volontiers passé. Heureusement que les sièges de Macha épousaient les formes de ses passagers — c’était déjà un confort salvateur.

Ce n’était pas tout à fait suffisant. Ses muscles contractés par les téléportations multiples lui donnaient l’impression d’être victime d’une crampe générale, son dos violemment heurté contre la double porte du couloir obscur le lançait et sa cuisse brûlée et électrifiée par l’œuf complétait ce tableau plutôt sinistre. Abban était rarement revenu d’une mission en plus piètre état — c’était même la première fois qu’il avait eu à donner de la sorte de sa personne, et il se rapprochait déjà de n’avoir pas été plus prudent ou plus attentif, lors des entraînements de Thabo. Il avait mis la vie de sa jumelle en danger avec ses inconséquences et ses souffrances n’étaient qu’un prix médiocre à payer au regard de son crime.

La tête appuyée contre le dossier de son siège, le regard perdu dans la vie, il devait se concentrer pour ne pas gémir de douleur. Aishlinn conduisait indubitablement beaucoup moins vite que lui, mais cette nuit-là, ce n’était pas mal. Quand ils arrivèrent cependant, Abban ne put plus cacher ses blessures : sortir de la voiture et se redresser lui arracher une plainte étouffée et il dut passer un bras autour des épaules de l’Irlandais pour progresser jusqu’à l’infirmerie.

Naturellement, quand il se retrouva allongé sur un lit, entouré de médicaments et d’instruments divers et variés, il se mit un peu à paniquer, et les compliments de sa sœur ne suffirent pas à détourner son attention.

— Non mais en fait, j’me sens super bien, là. J’dois juste être un peu crevé, une bonne nuit d’sommeil, et voilà.

Il essaya de se redresser sans grand succès, sous le regard réprobateur de Thabo.

— Ne fais pas l’enfant.
— J’fais pas l’enfant, j’veux juste pas être shooté.
— J’ai dit que j’allais te mettre sous morphine ? Non, bon, alors.

Abban se rallongea — pas comme s’il avait trop le choix. Il agrippa tout de même la main d’Aishlinn, tandis que Thabo s’approchait de lui avec des ciseaux.

— Hé ! Une seconde. C’est pour quoi, ça ?
— Enlever tes vêtements, pour que je puisse t’examiner.
— Mais t’es malade, tu sais combien elles m’ont coûté, ces fringues ?
— Rien du tout ?
— Hmm. Ouais. Peut-être. Mais tu sais combien elles coûtaient en théorie ?
— Je crois que tu pourras en trouver d’autres.

Et Abban eut le traumatisme de voir découpé ses beaux vêtements. En boxer sur la table d’examen, il avait en effet quelques sérieuses contusions et sa cuisse affichait une vilaine brûlure. Mais ce qui était impressionnant, c’était surtout la contraction générale de la plupart de ses muscles. Thabo échangea un regard avec Aishlinn, avant de tenter :

— Il te faudrait un décontractant musculaire…
— NON.
— Bon, bon, on va commencer par désinfecter la blessure à la jambe.

Il lança tout de même un nouveau regard à l’Irlandaise. Si lui n’espérait pas être capable de raisonner un Abban mal disposé, il comptait sur la jeune fille pour le convaincre de se laisser soigner dans des conditions acceptables. Pendant ce temps-là, il enduisit un coton de désinfectant et l’appliqua précautionneusement sur la blessure laissée par l’œuf. Pour la forme, Abban décida de se plaindre :

— Ah putain, mais ça brûle, ton truc !
— Je ne pense pas que ça te fasse aussi mal que tes muscles.

Touché. Abban serra la mâchoire — ou sa mâchoire se serrait malgré lui, difficile à déterminer — et reposa la tête sur l’oreiller gigantesque du lit. Il tourna les yeux vers Aishlinn et murmura dans cette langue dérivée de l’irlandais qui leur était propre et que Thabo avait renoncé à jamais comprendre :

Suis désolé, mon cœur, j’ai tout raté, j’suis nul, et maintenant tu t’inquiètes.. AaaaAAAAiiiIIiieeeuh !
— Hm. Désolé.
…à cause de moi. Toi t’es une vraie pro, et puis maintenant tu lances des sorts, et…

Il ne savait pas trop si les larmes qui lui montaient aux yeux étaient le fait de la douleur ou de l’angoisse.

J’veux pas qu’tu m’abandonnes, j’veux pas qu’tu sois fâchée contre moi, à cause de… tout. J’fais c’que j’peux. J’sais qu’c’est pas assez.

Il détourna le regard. Et écarquilla les yeux.

— Mais c’est quoi ça ?
— Un bandage.
— Mais j’ressemble à une momie, maintenant !

C’était un peu exagéré.
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Message posté : Mer 27 Nov - 17:34 Message
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Quand Thabo avait parlé de décontractant musculaire, Aishlinn avait secoué la tête alors qu’Abban se montra catégorique sur son refus. Il n’était pas certain que chercher l’aide de la jumelle soit une bonne idée, pour une fois qu’elle n’oubliait pas le problème de son frère avec toute forme de médicament, elle ne risquait pas d’encourager le vieux dans ce sens-là. Pour preuve, elle lança même un regard réprobateur à Thabo quand il brûla volontairement son frère avec du désinfectant. Le vieux disait que c’était exagéré mais, elle, ben, si son frère avait dit que ça brûlait, c’était que ça brûlait. Même si, dans le fond, elle se doutait bien que ce n’était pas aussi terrible que ça en avait l’air.

Elle reposa son regard sur Abban, sa main toujours dans celle de son jumeau, pour s’apprêter à lui expliquer qu’il fallait bien le soigner parce qu’il était hors de question de le laisser dans cet état. Elle fut devancée par son frère qui reprit la parole avant elle. Aishlinn sembla complètement paumée, comme si elle ne comprenait absolument pas ce qu’il était en train de lui dire. Par réflexe, elle secoua la tête parce que, ça n’avait aucun sens.

« Vas-y mais arrête d’raconter des conn’ries. »

En plus, il n’était même pas sous morphine. Pourquoi elle l’abandonnerait ? Ce n’était quand même pas elle qui s’était trouvée quelqu’un avec qui elle passait le plus clair de son temps. Enfin si mais, c’était pour ses cours, pour, justement, pouvoir protéger son frère. Et, vu comment c’était déroulé le vol, il était évident que ça ne servait pas à grand-chose pour le moment.

« J’ai pas envie d’t’abandonner, pourquoi tu dis ça ?  P’tain Abban, t’es là avec tes capacités qui évoluent super vite, avec des nouveaux pouvoir alors qu’moi, j’stagne tell’ment, qu’j’en suis carrément à d’voir m’la jouer Harry Potter pour essayer d’suivre l’mouvement. »

Thabo, qui ne comprenait rien, se demanda bien ce qu’Harry Potter pouvait bien foutre dans cette conversation qui avait plutôt l’air sérieuse vu qu’il en était éjecté. A croire que les jumeaux avaient la formidable capacité à trouver les pouvoirs de l’autre bien au-dessus de ceux qu’ils pouvaient avoir. Aishlinn ne s’estimait pas douée en magie, malgré ce que pouvait lui dire son prof, elle en était encore à faire des dégâts sur le mobilier en se foirant dans le lancement d’un sort. Elle était bien plus apte à se foirer que pouvait l’être Abban qui, lui, maîtrisait carrément ses capacités.

« C’est à moi d’faire en sorte qu’ça s’passe bien quand on va quelque part, si ça a merdé c’est pas d’ta faute, c’est d’la mienne pour n’pas avoir envisagé c’qu’on pouvait y trouver. »

Rôle dont elle doutait de plus en plus, surtout en voyant l’état de son frère. Pourtant, elle avait pensé s’être suffisamment renseignée, le musé n’était pas supposé être aussi bien surveillé. Ce n’était qu’un musé, des renseignements qu’elle avait eu, les pièces de valeurs n’y étaient pas gardées alors la sécurité n’était pas supposée être aussi pointue. Elle s’était plantée, comme pour la bijouterie. Et puis, il n’y avait pas que là qu’elle se foirait. Les perspectives d’avenir, c’était elle aussi et, depuis qu’ils étaient à Star City, elle avait l’impression que tous les rôles s’étaient inversés. A croire qu’elle n’y arrivait plus.

Abban, lui, il s’adaptait à Star City, à sa manière. Elle, elle restait figée dans les ambitions qu’elle avait voulues pour Dublin, bien en-dessous de ce que Star City pouvait leur offrir. Elle se sentait complètement paumée, dépassée par une ville qui était bien trop grande pour elle. De toute façon, chez elle, un tout petit doute prenait des proportions énormes. Puis il était évident qu’elle s’était foirée sur un tas de choses sinon, pourquoi son frère trouverait la compagnie d’un abruti mieux que la sienne ? Elle soupira tristement, coupable.

« Si j’avais fait mon boulot, on en s’rait pas là. »

Elle ne parlait plus vraiment de ce qui s’était passé au musé, du moins, elle parlait surtout d’un ensemble. Elle avait cette désagréable sensation de voir son jumeau lui échapper et, en contrepartie, elle essayait de trouver des plans… Pour finir dans un musé à voir Abban se faire malmener. La loose totale. Pendant qu’elle parlait, Aishlinn avait laissé sa main dans celle d’Abban, pendant que l’autre s’occupait de caresser les cheveux de son frère.

« C’moi qui merde et qui t’laisse partir. J’suis désolée, c’pas c’que j’veux, t’sais ? J’essaye. J’veux dire, j’essaye vraiment d’faire en sorte que tout soit parfait mais, j’y arrive pas. »

Essentiellement parce qu’elle n’arrivait pas à gérer Abban avec l’autre abruti, ça l’énervait rien que d’y penser. On lui volait son double et elle ne savait absolument pas comment elle devait s’y adapter… Ni si elle avait réellement envie de s’y faire. Elle allait devenir quoi, elle, sans Abban, hein ? Jamais elle n’avait envisagé sa vie sans être avec lui tout le temps. Elle était complètement paumée sans lui. Elle posa son regard sur les bandages posés, et décida de hausser les épaules.

« Dommage qu’halloween soit passé, t’aurais fait fureur. »
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Une voiture, des jumeaux et un musée #Mac Aoidh

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