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Mieux vaut tenir un lapin que poursuivre un lièvre [Sydney & Chase]

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Message posté : Jeu 14 Nov 2013 - 20:30 Message
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Le Hasard

ϟ Sexe : Masculin
ϟ Arrivée à Star City : 07/04/2012
ϟ Nombre de Messages : 3596
ϟ Nombre de Messages RP : 3227
ϟ Célébrité : L'Homme Mystère
ϟ Crédits : © Renan
ϟ Âge du Personnage : Tous et aucun
ϟ Statut : Tous et aucun
ϟ Métier : Hasard
ϟ Liens Rapides : Star City Heroes
L'Asie est une terre de mythes et de légendes au sein de laquelle il est difficile de faire la part du vrai et du faux. Les capacités presque surnaturelles des ninjas sont-elles la réalité des faits ou au contraire, sont-elles plutôt le fait de l'exagération populaire ? Et l'honneur des samouraïs, était-il vraiment aussi fort qu'on le cherche à nous le faire croire ? Difficile à dire, d'autant plus que tous ces clans du passé ont aujourd'hui disparu, n'existant plus que dans les méandres du temps et les livres d'histoire. Du moins, en apparence.

En effet, depuis quelques temps maintenant, le Corbeau recevait d'étranges et inquiétantes informations. Petite-fille du Mandarin, elle avait à cœur de surveiller les activités de ce dernier et elle gardait donc un œil vigilant sur ce qui se produisait en Asie. Et pour cette fois, elle avait bien fait. De nombreuses rumeurs faisaient état d'un clan ninja originaire du Japon et portant le nom de clan Usagi, bien qu'il n'ait jamais été fait état de lui par le passé, où que ce soit. Tout cela aurait pu n'être qu'une simple farce, mais les informations de sources distinctes et sans contact entre elles se recoupaient et il fallait donc en arriver à l'évidence qu'une partie au moins des rumeurs était fondée. Ainsi donc, ce clan ninja était originaire du Japon, d'une région très reculée et, comme son nom semblait l'indiquer, il avait une particularité très... surprenante. Aussi farfelu et improbable que cela pouvait le paraître, ses membres étaient des lapins anthropomorphes qui auraient pu sortir tout droit du comics contant les aventures de Usagi Yojimbo.

D'où venaient-ils réellement et qui étaient-ils, nul ne semblait le savoir, mais de nombreuses légendes asiatiques, qu'elles soient chinoises ou japonaises, faisaient état de la capacité du lièvre et du lapin à vivre plusieurs centaines d'années. Peut-être cela avait-il un rapport, peut-être pas. Quoi qu'il en soit, ces étranges ninjas semblaient avoir pris la décision de se rendre à Star City dans le but de s'emparer d'un très ancien trésor conservé quelque part dans le quartier de Chinatown, siège de la Triade. Ce trésor n'était autre qu'un sabre Muramasa, forgé au XVIème siècle par Muramasa Sengo. Violent de caractère, ce dernier était réputé pour transmettre sa colère et sa violence aux lames qu'il forgeait de sorte que ces sabres sont supposés être littéralement assoiffés de sang. Si cela est vrai, placée entre de mauvaises mains, une telle arme pouvait devenir terriblement destructrice. Il revenait au Corbeau d'empêcher cela en contrant les ninjas Usagi mais surtout, en empêchant son propre grand-père de s'en emparer. Pour ce faire, elle pouvait éventuellement aussi compter sur l'aide du jeune Chase Neutron-Grey, héros bien connu à Star City et dans le monde mais aussi ancien agent de l'UNISON. Bien entendu, ce dernier pouvait avoir un tout autre but et lui seul savait réellement ce qu'il désirait...


*** *** ***


Voilà pour vous, chers Enfants du Hasard !

Nous vous offrons une rencontre du Destin sur le thème de l'Héroïsme et nous vous avons mis dans une situation où vous pourrez collaborer ou au contraire, vous confronter l'un à l'autre. La situation est plutôt basique et vous êtes évidemment libres de l'agrémenter à votre guise tout en justifiant votre présence sur les lieux de la manière qui vous sied le plus. Que va-t-il se passer ? Difficile à dire ! Mais pour le savoir, il n'y a qu'une chose à faire, vous lancer ! Votre avenir est entre vos mains, à vous de décider

Ceci n'est qu'une introduction pour vous et à partir de là, vous entrez dans un sujet à mener vous-mêmes, selon vos envies ! N'hésitez pas à communiquer entre vous, si vous le souhaitez et surtout, ne tardez pas trop à répondre à votre partenaire ! Je me réserve toutefois le droit d'intervenir à un moment que je jugerais opportun, si besoin est, pour vous servir une belle surprise...

Prenez garde aux caprices du Destin !
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Message posté : Jeu 14 Nov 2013 - 22:41 Message
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Chase n’était peut-être pas tout à fait honnête. (Sans blague.) Parfois, quand Suzaku débarquait dans l’appartement qu’il partageait avec Lukaz et que lui-même, après quelques mots de salutation marmonnés à la va-vite, s’éclipsait dans la chambre avec son ordinateur pour parcourir les dossiers de l’équipe Argos ou jouer à un MMORPG, il laissait son esprit traîner dans celui du Japonais et espionnait un peu de la conversation qui se tenait dans son salon. Juste pour savoir. Pour être un peu plus proche de Lukaz.

Depuis quelques jours, Chase cherchait une manière de faire ses preuves, pour n’être plus considéré comme le petit ami dont il fallait se méfier et qui n’était sans doute pas capable de comprendre les subtiles règles d’un univers criminel à lui entièrement étranger, mais pour être, enfin, intégré au monde de Lukaz et, par extension, à celui de Suzaku. Après tout, il s’entraînait dur, il écoutait tous les conseils de son petit ami, il écoutait même les conseils que Suzaku ne lui destinait pas vraiment, alors il estimait avoir le droit de goûter un peu à cette réalité qu’on ne lui livrait jamais qu’à demi.

Quand Suzaku avait évoqué un mystérieux clan ninja qui sévissait depuis peu à Chinatown, Chase sentit que sa chance était venue. Le Japonais n’avait pas eu l’air de se préoccuper beaucoup plus que de raison de ces rumeurs ou, tout simplement, il n’en avait rien dit de plus parce que Lukaz, en cambrioleur, n’était pas le plus désigné pour aller affronter des assassins d’outre-Pacifique. Mais qu’est-ce qui l’empêchait, lui, Chase, de mener sa petite enquête indépendante et, éventuellement, de prouver sa valeur en neutralisant un ou deux Nippons adeptes de cuniculiculture ?

En civil, Chase était donc parti, ce soir-là, mener l’enquête dans les rues de Chinatown. Il n’avait pas jugé nécessaire d’endosser l’identité d’Oniris. Sa célébrité lui servirait sans doute beaucoup plus et il pouvait toujours prétexte, si les choses tournaient un peu mal, qu’il avait cherché à accomplir son devoir de super-héros et à neutraliser de dangereux criminels. N’était-ce pas d’ailleurs ce qu’il comptait faire ? Tant qu’on ne l’interrogerait pas sur ses motivations profondes, il serait parfaitement sincère — c’était toute la beauté de la situation.

Les mains dans les poches, le jeune homme errait donc dans les rues du quartier asiatique, ses quelques informations, pour le moins lacunaires, en tête. Mais s’il ressemblait extérieurement à un simple quoique célébrissime badaud, la réalité était tout autre : son esprit circulait sans vergogne d’une pensée à l’autre, dans les têtes de ceux qui l’entouraient, à la recherche de la même rumeur que Suzaku avait entendue.

Il la trouvait, par fragment : un tel avait entendu parler de ceci ou de cela et tel autre avait vu quelque chose. Une information éparpillée dans toutes les consciences de cette petite communauté qui vivait parfois presque en vase clos et qu’il devait s’employer à reconstruire. La tâche n’était pas aisée : la plupart des pensées explicites et élaborées, formulées en mandarin, en cantonnais, en coréen ou en japonais, lui échappait, et Chase était sans cesse contraint de traquer l’informulé, les intentions, les craintes, les souvenirs, toutes ces subtiles variations de l’esprit qui eussent échappé à un mentaliste moins talentueux qu’il ne l’était.

La moisson était laborieuse mais elle n’était pas maigre. Il y avait des images qui revenaient régulièrement, dont celle d’une devanture, pour un magasin qui vendait, apparemment, des habits, du petit mobilier, des objets divers. Une sorte de bazar. Il y avait aussi la crainte bien réelle de ceux qui avaient paru les plus aux faits des agissements du clan Usagi et qui faisait croire à Chase que la légende était loin, très loin d’être sans fondement. Et puis, il y avait une histoire de lapins, qui pour l’heure lui échappait complètement.

Il s’était donc concentré sur l’élément le plus tangible et avait traqué dans les esprits concernés la localisation exacte du fameux bazar. Sa promenade au hasard des rues se fit donc bientôt beaucoup plus ciblée et, circulant sans peine dans un enchevêtrement de ruelles qu’il ne connaissait absolument pas, mais dont il empruntait la connaissance à d’autres bien mieux informés que lui, Chase se dirigea vers le bâtiment dont la devanture ne tarda pas à émerger devant lui, toujours lumineuse, alors que le soleil était déjà tombé. À Chinatown, l’activité ne cessait jamais.

En touriste un peu curieux et en client potentiel, Chase s’engagea dans le magasin et fut accueilli par un signe de tête du vieux Chinois qui, derrière le comptoir, faisait activement ses comptes avec sa calculatrice. À pas lents, Chase se mit à parcourir les rayons, à la recherche du moindre élément qui sortît du commun. Il fut ainsi arrêté par une collection de petites statuettes, représentant des lapins en diverses activités. Une obsession, décidément.

Le jeune homme retourna l’une des statuettes. La signature de l’artisan, supposait-il, s’accompagnait d’une date — 2013. Importation récente. Le jeune homme emporta la statuette, à l’effigie d’un lapin en train de croquer une carotte, et la posa sur le comptoir. Le vieux Chinois leva les yeux vers lui et interrogea d’un air légèrement suspicieux :

— C’est pour offrir ?

Les yeux du mentaliste plongèrent dans ceux de l’homme, tandis que son esprit menait une inquisition beaucoup plus détaillée. Il vit quelques scènes semblables dans les souvenirs de son interlocuteur — des clients occidentaux achetaient une statuette, se faisaient poser la même question et répondaient invariablement…

— Ma petite nièce adore les rongeurs.

Le Chinois hocha la tête, embarqua la statuette et répliqua :

— Veuillez m’excuser quelques secondes.

L’homme tourna les talons et disparut dans l’arrière-boutique.
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Message posté : Sam 16 Nov 2013 - 14:51 Message
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Le Mandarin était quelqu'un de très puissant. Maitre de la Triade depuis sa fondation, ce n'était certainement pas à Star City qu'il inspirait le plus la crainte. Non, là où il exerçait un plein pouvoir à en faire trembler les autorités, qui ne se préoccupaient pas de toute manière de leurs populations, c'était en Asie, sa contrée d'origine. Là, il pouvait organiser ses opérations quasi-impunément, et même le Corbeau ne pouvait que difficilement se dresser contre, avec tous les autres Supers à gérer au sein même de Star City et du continent américain. Toutefois, même avec cette liberté d'action réduite, rien ne l'empêchait de se tenir informé sur les agissements de son grand-père pour essayer de deviner quelle pièce il allait déplacer sur l'échiquier, comprendre sa stratégie sur le long terme. Car Tzin Ming ne faisait jamais rien dans le vent. Chaque alliance, chaque ennemi, chaque allié, chaque opération était minutieusement calculé, pris dans sa gigantesque équation en constante évolution, avec de nouvelles inconnues, et d'autres qui disparaissaient, et le nombre d'erreurs qu'il s'autorisait à faire était ridiculement faible. Ainsi, Sydney avait réussi à se forger un petit réseau d'informateurs et d'espions pour parvenir à contrecarrer les ambitions du Mandarin. Comme le faisait son père. Elle avait bien conscience que leur fidélité, tout comme leur discrétion, devait être toute relative, et elle était prête à parier qu'il n'était pas sans connaitre l'existence de ces traitres dans sa Triade. Et il savait en jouer. L'avantage, quand on connait la présence d'espions en son sein, c'est qu'on peut pratiquer une désinformation des plus efficaces.

Aussi, la Stevens avait appris à prendre chacune des infos qu'on lui livrait avec un soin tout particulier. Surtout quand, comme ces derniers temps, des sources diverses et non reliées se mettaient à parler d'un certain clan Usagi, originaire du Japon et se liant aux traditions et aux techniques relatives aux ninjas. Composé de lapins anthropomorphes. Si la brunette avait d'abord cru que la première source lui ayant refilé ce tuyau avait complètement disjonctée, son inquiétude avait grandi de façon exponentielle en entendant d'autres parler de cela. Ce n'aurait pas été la première fois qu'elle aurait été confrontée à des choses... Etranges -après tout, elle connaissait bien un gamin capable de transformer un immeuble en un gigantesque cône de glace-, mais la pilule restait dur à avaler. Des rongeurs ninjas ? Sérieusement ? Quel était le timbré qui avait eu l'idée de lancer cette rumeur ? Elle en avait déduit que le terme de "lapin" devait désigner un déguisement ou un surnom relatif aux capacités des ninjas. Toujours était-il que ces Usagi semblaient avoir décidé de venir à Star City avec un objectif clair : voler un sabre Muramasa. Et connaissant la lubie de son grand-père qui était clairement lié à ce clan par des liens indéfinissables pour les artéfacts anciens et dotés de pouvoirs pour le moins dangereux, quelque chose disait à Sydney qu'il valait mieux les en empêcher. Quitte à s'en emparer elle-même.

Les lapins avaient déjà commis deux méfaits dans Star City, le temps que la Stevens parvienne à localiser l'endroit où était conservée la lame. Et leur butin était pour le moins... Original. Exclusivement dans la zone de Chinatown, où la présence de la police était toute relative à cause de la Triade, ils avaient récupéré une jolie pierre composée de cristaux rouges, mais sans grande valeur, ainsi qu'une kesa très ancienne, ayant apparemment appartenue à un moine bouddhiste d'importance, d'après certaines légendes. Son nom était resté inconnu, et Sydney n'avait pas tellement creusé pour être honnête, plus occupée à repérer le sabre. Autant dire que le dessin des Usagi restait aussi mystérieux que les arcanes de la magie pour notre pauvre eurasienne. Et ce n'était pas faute d'avoir tenté de le comprendre, pourtant. Elle avait fini par entendre parler d'une boutique tenue par un vieux Chinois qui se passionnerait pour les objets de collection. Et les arts occultes, d'après certains. Evidemment, ça aurait été trop simple autrement.

La jeune femme était donc venue à Chinatown en moto, se disant que la voiture noire et luxueuse qu'adorait conduire Georges n'était peut-être pas la meilleure des idées pour venir dans un tel quartier. Le moteur rugissant, elle avait dans le compartiment à l'intérieur de son siège tout son attirail de Super. Elle n'avait pas choisi cette moto par hasard. Le compartiment était blindé et inviolable, ou plutôt, pour parvenir à l'ouvrir, il fallait connaitre la combinaison et le petit défaut de fabrication de ce coffre qui forçait à appuyer d'une manière bien précise en tournant la roulette sous peine de le bloquer de manière hermétique. Ou alors, exploser le coffre, mais en détruisant son contenu. Elle espérait ne pas avoir à le vêtir, pour une simple raison : la Triade dominait le quartier asiatique de son emprise tentaculaire, véritable régime de la terreur. Autant dire que se risquer sous l'identité du Corbeau par ici était très dangereux. Le Mandarin serait au courant en moins de temps qu'il n'en faudrait pour le dire, et pourrait envoyer des hommes pour s'occuper d'elle, soit pour la dégager de son territoire, soit pour la capturer, selon son envie du moment. Et elle ne voulait plus jamais que cela n'arrive. Une fois lui avait suffi à perdre énormément.

La jeune femme s'arrêta donc sur un parking non loin de l'adresse qu'on lui avait donné, plaçant l'antivol sur la moto et rangeant son casque dans le compartiment. Elle s'ébouriffa un peu les cheveux pour leur donner du volume et épousseta son blouson en cuir. Pour compléter sa tenue, elle avait mis un jean slim foncé et des bottines beiges. Tenue légère et résistante au froid, en bref. Avec ses origines asiatiques, personne ne devrait lui prêter une attention trop importante et elle devrait rester relativement inaperçue dans ce quartier. En principe. Elle avait appris à se méfier de la différence entre la théorie et la pratique. Elle arriva bientôt devant la petite boutique sans prétention et entra dans le bazar lumineux malgré la nuit qui tombait rapidement sur Star City, qui restait éveillée malgré tout. Particulièrement à Chinatown. A peine entrée, sa main toujours sur la poignée pour fermer la porte silencieusement et non pas dans un énorme fracas comme certains clients, se figea-t-elle en voyant le comptoir.

Difficile de ne pas reconnaitre le jeune homme devant à la frimousse angélique, aux yeux océans et à la chevelure blonde. Chase Neutron-Grey, l'un des Mentalistes les plus puissants de la planète, anciennement agent de l'UNISON qui avait démissionné pour des raisons obscures à la demoiselle. Elle retint un juron. Elle n'appréciait que très moyennement la présence des Mentalistes. Ceux-ci pouvaient fouiller impunément dans sa tête sans qu'elle n'y puisse rien. Elle se promit de remédier à cela un jour. En attendant, elle devait faire avec. Elle devina qu'il l'avait probablement repérée depuis quelques secondes, peut-être même avant son entrée dans le magasin, et que chacune de ses pensées ne devait pas constituer un bien grand secret au vu de ses capacités. Certains prétendaient que les Mentalistes au service du bien ne fouillaient pas dans la tête des gens, pour leur laisser leur jardin secret. C'était avec des pincettes que Sydney acceptait de prendre cette information pour acquise. Elle l'observa, son cerveau tournant à plein régime. Impossible que cela soit une coïncidence. Sa réputation lui donnait une intelligence hors-normes, même quand on ne comptait pas ses dons. S'il était là, c'était pour la même raison qu'elle. Ou alors, le Destin avait un sens de l'humour des plus... Malsains. Elle voulut dans un premier temps le laisser à son comptoir et fouiller le magasin d'elle-même, avant de changer de plan. Elle attrapa le premier bibelot venu -qui se révéla être un miroir- et le rejoint, posant l'objet sur le plan en bois.

- Saviez-vous que les Occidentaux ne sont pas toujours les bienvenus dans de tels quartiers ?

Elle lui lança un sourire, tentant tant bien que mal de faire le vide dans sa tête. Espérant qu'il ne fouillerait pas dans sa caboche trop profondément. Elle était prête à parier qu'il connaissait déjà sa double-identité. Sydney n'avait jamais eu le plaisir -ou le déplaisir, allez savoir- de travailler directement avec lui, mais vu le nombre d'opérations conjointes entre l'UNISON et la Légion, sans compter leurs réputations respectives qui n'étaient plus à faire... S'il n'avait pas entendu parler au moins de la Stevens, elle aurait été étonnée. Elle, en tout cas, avait longuement entendu parler des NG. Et de leurs exploits.

- Je crois que nous pouvons nous priver de présentations superflues. J'aurais une simple question : Chase, ou Monsieur Neutron-Grey ?

Le jeune homme était un ancien Super-Héros. Alors pourquoi avait-elle tant de mal à se sentir à l'aise en sa présence ? Etait-ce ses dons ? Le fait qu'il se trouve sur ce qui allait être le lieu d'un vol dans les heures ou les jours à venir ? Ou bien le fait qu'il soit justement un ancien Super-Héros ?

- Dites-moi : du lièvre ou de la tortue, qui préférez-vous ?

S'il le regardait avec des yeux ronds comme des billes, elle comprendrait qu'il n'était peut-être là que par hasard. Peut-être. En revanche, s'il comprenait qu'elle parlait de lapins ninjas -et l'idée lui semblait toujours aussi bizarre-, là, elle avait peut-être un os. Un os gênant ou bienfaiteur ? Ca, ça restait à déterminer.
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Message posté : Sam 16 Nov 2013 - 18:37 Message
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Chase attendait patiemment derrière le comptoir, occupé à observer la décoration un peu douteuse des lieux. Tout était à l’image de la fameuse statuette de lapin qu’il avait prétendu vouloir acheter : de mauvaise facture, pas très joli, chargé. C’était à se demander comment le propriétaire de l’échoppe parvenait à vendre le moindre article et à boucler les fins de moi. Mais de toute évidence, les objets qui s’étalaient dans les rayons n’étaient que la façade qui couvrait les réelles activités du magasin — même si la nature précise de ces activités lui demeurait pour l’heure inconnue.

Comme à son habitude, le mentaliste avait évité de s’immiscer trop avant dans l’esprit du vieil homme. Il ne craignait pas les représailles, mais il craignait d’être trop tôt découvert : un mage compétent ou un autre mentaliste pouvait se rendre compte de l’incursion et décider de mettre un terme à une collaboration qui s’annonçait pourtant sous les meilleurs auspices et, sauf nécessité, Chase préférait ne pas abattre trop tôt toutes ses cartes.

Il se contentait donc de laisser son esprit surveiller passivement les environs et une présence ne tarda pas à se détacher. Sans se retourner, il tenta de retrouver ce qu’elle lui évoquait, persuadé de l’avoir déjà rencontrée ou, tout du moins, sentie en d’autres circonstances. Lorsqu’une femme s’approcha à son tour du comptoir pour le salua, il parvint à remettre un nom sur cette aura familière : Sydney Stevens de Star High, qui collaborait parfois avec l’UNISON. Il n’avait jamais eu l’occasion de la rencontrer, mais il l’avait aperçue deux ou trois fois, de loin, dans les locaux de l’UNISON, en vaquant à ses propres affaires.

La mise en garde de son interlocutrice fut accueillie avec un sourire tranquille.

— Vraiment ? Les gens sont en général toujours ravis de me voir.

Il se faisait enlever trois fois par mois, certes, à en croire les journaux, et sa vie mouvementée ne plaidait pas exactement en sa faveur, mais ce que Chase suggérait, c’était qu’il se trouvait parfaitement capable d’adoucir d’éventuelles inimitiés et de s’attirer les sympathies étrangères — même si tout cela n’était pas toujours parfaitement légal. Il y avait des exceptions en case de force majeure et le genre de dangers qu’évoquait à demi-mot Sydney, il le savait très bien, n’étaient pas qu’on crachât dans sa soupe miso, mais bien qu’on cherchât à le découper en morceaux (pour le servir en soupe miso).

— Appelez moi Chase, je vous en prie.

L’ultime question de l’héroïne confirma ce qui n’était que trop évident : ils étaient là pour les mêmes raisons. Chase doutait évidemment qu’ils eussent les mêmes motivations, mais cela, il aurait bien le temps de s’en occuper plus tard. En attendant, avoir à ses côtés une femme parfaitement entraînée, aux faits des exigences du terrain et sans doute beaucoup plus en phase qu’il ne l’était avec les cultures de Chinatown serait un sérieux avantage dont il tenait à ne pas se priver.

— Eh bien, vous connaissez la fable comme moi : les lièvres sont toujours trop sûrs d’eux et vont bien vite en besogne. Ils finissent par s’endormir sur leurs lauriers, par excès de confiance. Espérons que ceux-ci n’échappent pas à la règle.

Il avait incliné la tête vers le rideau par lequel le propriétaire des lieux avait disparu. Quelques secondes plus tard, le vieil homme refit son apparition. Il posa un regard méfiant sur Sydney mais Chase précisa simplement :

— Mon associée.
— Bon, bon. Si vous voulez bien me suivre…

Il disparut à nouveau par le rideau et Chase, sans hésiter, après avoir jeté un regard à Sydney, lui emboîta le pas. L’arrière-boutique ne présentait elle-même rien de très remarquable : de nouvelles étagères, métalliques, très hautes, soutenaient des rangées et des rangées de cartons, les stocks probablement du magasin lui-même. Le vieil homme les guida le long d’un des rayons jusqu’à s’arrêter devant un mur de briques. Il se retourna vers Chase et interrogea :

— Vous avez pensé au paiement ?
— Naturellement. Je ne me déplace pas pour rien.
— Et c’est authentique ?
— Absolument.

Le Chinois hocha la tête avant de se détourner à nouveau pour faire face au mur, tandis qu’en regardant Sydney, Chase haussait les épaules. Peu importait, à vrai dire, la nature de ce fameux paiement : il n’avait pas non plus des dizaines de milliers de dollars en liquide dans ses poches et il se doutait bien qu’à un moment ou un autre, son infiltration allait se heurter à un obstacle. Tout ce qui comptait, c’était de progresser autant que possible sans encombre avant d’en venir aux choses sérieuses.

Tel un Hagrid bien informé, le Chinois tapota de l’index sur l’une des briques. Un bruit sourd se fit entendre et une portion du mur pivota pour révéler un passage secret. Chase était ravi. Le Chinois fit un geste de la main pour inviter ses clients à pénétrer dans le petit tunnel qui s’ouvrait devant eux.

— Au fond, puis les escaliers, et vous y serez.
— Très aimable.

Chase s’engagea le premier et il ne tarda pas à entendre la porte se refermer derrière eux, tandis que leur guide les abandonnait pour regagner son comptoir. Pendant ce temps, il commençait à former des mots dans les pensées de Sydney.

* Donc…*

Il y allait doucement, au cas où la communication télépathique fût une nouveauté pour son associée du soir.

* Ce sera probablement plus discret si nous échangeons comme cela. Les lapins ont de grandes oreilles. Et je n’ai jamais aimé les lapins. *


Ben, comment c’est possible, ça ?
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Message posté : Dim 17 Nov 2013 - 14:59 Message
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Chase accueillit sa réplique d'introduction avec un sourire tranquille, répliquant qu'il était rare que les gens soient mécontents de ses visites. Sydney retint un froncement de sourcils. Partagée entre le rire et l'inquiétude. C'était évident que peu de monde devait être assez capable de résister à sa puissance psychique et à son intelligence conséquente, elle en premier lieu, mais est-ce qu'elle devait comprendre par là qu'il n'avait aucune gêne, comme elle le craignait, à s'introduire dans l'esprit des autres ? Et le pire, c'est que s'il était bien comme ça, il venait d'entendre sa pensée, mais ne ferait rien, mais au contraire, si c'était elle qui voyait le mal partout, et bien... Il ne ferait rien. Le serpent qui se mord la queue. Un truc à s'exploser la tête contre le comptoir en voulant trouver une réponse.

- Alors ce sera Sydney, ajouta-t-elle à la réponse que lui donna le Neutron-Grey avec un petit sourire.

Elle était un peu tendue de se retrouver dans une telle situation. On ne déconne pas avec l'un des plus puissants Mentalistes de la planète. Peut-être aurait-elle du enquêter sur lui et ne pas se contenter des échos de sa réputation. Mais en même temps, comment diable aurait-elle pu deviner qu'elle allait se retrouver dans un bazar à Chinatown pour arrêter une flopée de lapins ninjas qui voulaient dérober un sabre antique avec lui ? Certes, sa carrière laissait présager qu'ils allaient s'entraider, voire peut-être même s'entendre durant cette soirée. Mais le fait qu'il ait quitté l'UNISON pour une raison qu'elle ne connaissait pas la dérangeait. Non pas que le motif soit forcément inconnu, elle n'y avait juste pas prêté attention, trop occupée à s'occuper des affaires de la Légion et de sa propre vie pour accorder de l'attention aux potentielles querelles internes au sein de l'organisation. Etait-ce lui qui était parti pour reprendre une vie tranquille -et, en ce cas, qu'est-ce qu'il foutait là ?- ou avait-il été viré pour une raison quelconque ? Ou alors, avait-il juste eu envie d'indépendance -ce qui était tout à fait compréhensible vu son jeune âge- ? Sa réponse indiqua que, très clairement, il n'était pas parti pour reprendre une vie un peu plus stable. Il était là pour faire la chasse au lièvre -ou plutôt au lapin ninja mutant, et rien qu'à le dire, Sydney avait l'impression d'avoir pété un plomb-, lui aussi. Elle hocha doucement la tête à sa réplique, lui donnant pleinement raison, quand un vieil asiatique fit son apparition. Probablement chinois, au vu de son accent. Même pour elle qui avait l'habitude des langues de l'Orient, c'était assez difficilement reconnaissable. Il leur demanda de le suivre après que Chase ait spécifié qu'elle était son associée. A cette phrase, la Stevens lança un regard interrogateur au Mentaliste, qui lui répondit silencieusement par quelque chose du genre "J'improvise". Du moins, comprit-elle cela.

Traversant une arrière-boutique servant probablement de magasin pour classer les différents articles -qui avaient tous une tronche affreuse, appuyant le fait que le proprio' cachait un truc louche, ou alors que tous les résidents de Chinatown et les éventuels touristes avaient un mauvais goût extrême-, le trio s'arrêta devant un mur de briques. Le Chinois se tourna vers Chase, lui demandant s'il avait pensé au paiement et si c'était authentique. Ce qui la fit tiquer directement. Elle envoya de nouveau un regard interrogateur à Chase qui haussa les épaules. Qui, à part un collectionneur, pose cette question de l'authenticité ? Un drogué aurait dit "pure", un avare aurait vu qu'ils n'avaient pas de mallette remplie de billets verts. Les informations qu'on lui avait filé sur le proprio étaient donc vraies. Elle en déduit que les rumeurs sur son affinité avec les arts occultes devaient être proches de la vérité également. Ce qui lui donna envie de pousser un juron qu'elle retint. Elle laissa Chase mener la barque, étant donné qu'il avait l'air de savoir ce qu'il faisait. Et puis, n'était-elle pas qu'une simple associée ? En cas de problèmes, elle n'était pas venue complètement nue non plus. Dans ses bottines se trouvaient deux petits couteaux en céramique et elle portait à son poignet gauche le bracelet dans lequel étaient cachées des fléchettes tranquillisantes ainsi qu'un émetteur qui contacterait la Légion et la géolocaliserait en cas de besoin. La présence réconfortante de ces objets cachés la rassurait en quelque sorte. Et puis, son corps était la meilleure de ses armes, entrainé depuis des années à encaisser et à rendre les assauts et les coups avec une agilité exceptionnelle.

Elle fut tirée de ses pensées par le bruit sourd d'un mur qui pivotait, dévoilant un corridor planqué. Le Chinois les invita à entrer dedans, donnant ses indications pour... Pour quoi d'ailleurs ? Qu'est-ce qui se trouvait en bas de ces escaliers ? Chase et Sydney s'engagèrent à l'intérieur, se dirigeant vers l'inconnu. Le regard de la jeune femme croisa celui de l'Asiatique au dernier moment. Et elle aurait juré percevoir un éclat dans son regard qui lui fit avoir un mauvais pressentiment, mais elle se tut. Se disant que ce n'était peut-être pas le bon moment de faire remarquer au Mentaliste ce qui était sûrement le fruit de son imagination. D'ailleurs, en parlant de lui, sa voix résonna dans la tête de la brunette, qui eut un petit sursaut. Ce n'était pas la première fois qu'on s'adressait à elle de la sorte, mais c'était toujours surprenant sur le coup. Et pas franchement agréable, pour être honnête. Mais elle ferait avec, surtout que ce qu'il disait se tenait.

Rassurez-moi : vous aimez les carottes au moins ? plaisanta-t-elle en espérant qu'il l'entende. Elle observa les murs qui étaient d'un gris pas très uniforme et sali, mais dont la couleur morne était cachée par des projecteurs aux nuances changeantes. Ajoutez à cela une musique sortant de nulle part et pour le moins... Pittoresque. Dites-moi : comment êtes-vous arrivé ici ? Vous savez à quoi on est censé se frotter ? Sydney ralentit la cadence de marche, observant devant elle, derrière elle... Pour constater qu'elle n'apercevait pas le début, ni la fin de ce couloir. Et ne parlons même pas de l'escalier qu'ils devaient emprunter. Le NG semblait n'avoir rien remarqué. Chase... Vous voyez ce que je vois, ou je commence à délirer sévèrement ?

Les murs, qui étaient relativement proches quelques instants plus tôt et donnaient une affreuse sensation de claustrophobie, semblaient s'éloigner de plus en plus. Les couleurs se mélangeaient, dessinant des formes... Atypiques. Des champignons aux allures d'amanite tue-mouches deux fois plus grands qu'elle, des touffes d'herbes de la taille d'un lampadaire aux couleurs vivaces, le béton à ses pieds qui se changeait en pavés, le plafond qui s'éclaircissait pour devenir d'un bleu clair dominant, parcourus de nuages laineux aux teintes allant au blanc normal jusqu'au violet maladif. Sydney tourna sur elle-même, sur le chemin qu'on lui avait à présent tracé de pavés, observant, époustouflée, ce paysage bucolique. Emerveillée, ne se sentant absolument plus en danger, comme lors des premières secondes de l'installation du décor, elle murmura, à la limite de la transe :

- Quel pays de merveilles... Son regard se posa sur le jeune homme, légèrement voilé. Ne trouvez-vous pas ça magnifique ? demanda sa voix qui semblait plus lointaine, oubliant totalement la communication par télépathie.

Dans l'échoppe, au comptoir, le vieux Chinois se dirigea tranquillement d'un pas sautillant vers un téléphone qui semblait venir d'un autre âge. Il composa un numéro sur le pavé tournant, arrachant des bruits de métal à l'appareil, son excitation grandissant au fil des secondes. Finalement, quelqu'un décrocha.

- Pourrais-je avoir le Mandarin, je vous prie ? J'ai une offre à lui faire.
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Message posté : Dim 17 Nov 2013 - 17:50 Message
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* Pourquoi croyez-vous que je sois si aimable ? *

Il y avait des snipers morts qui n’auraient pas juré de son amabilité, mais passons. Chase progressait à pas lents, tout autant pour inspecter son environnement — qui n’avait rien de très palpitant — que pour se donner le temps de tirer deux ou trois points au clair avec sa partenaire de la journée avant de se jeter dans ce qui serait, vraisemblablement, la gueule du loup.

* J’ai toujours beaucoup de contacts. Les informations se croisaient, alors j’ai décidé de venir vérifier par moi-même. *

Ce n’était pas, après tout, les super-héros indépendants qui manquaient et la Légion des Étoiles comme l’UNISON étaient loin, à elles deux, d’épuiser toutes les bonnes volontés de la ville.

* Cela dit, tout était très elliptique. À part ce délire sur les lapins…*

Et en parlant de délire, Chase sentit l’esprit de sa partenaire se modifier légèrement. Sydney se mit à observer d’un air extatique le mur qui avait toujours le même gris sale et le mentaliste haussa un sourcil. Quand la femme décida de vanter le charme champêtre de leur couloir pierreux et qu’à l’autre bout du couloir, ils ne trouvèrent aucun escalier mais un autre mur de briques, Chase commença à devenir un tantinet méfiant.

Son esprit s’étendit brusquement, à la recherche du vieux Chinois qui, de toute évidence, les avait roulés. Il aurait dû s’en douter : quand on vendait des objets aussi moches, on n’était pas digne de confiance. Les pensées de Chase ne tardèrent pas à s’emparer de l’homme qui fixa son magasin d’un air absent, avant de raccrocher lentement son combiné téléphonique et de poser un lapin au Mandarin. Il y en a qui n’ont pas froid aux yeux.

Magie ou non, le psychisme de Mentalis était un ancien trempé et ce n’était pas demain la veille qu’on lui ferait vanter contre son gré la beauté de champignons imaginaires. Les illusions, c’était lui qui les créait. Le vieux Chinois sentit la tête lui tourner, il se raccrocha au comptoir, mais sans succès : quelques secondes plus tard, l’homme s’effondrait sur le sol de sa boutique. Mentalis se concentra de nouveau sur sa seconde Asiatique du jour, conquise par la campagne.

— C’est merveilleux, Sydney. Maintenant, regardez moi dans les yeux.

Chase déposa les mains sur les tempes de la Légionnaire. Ses pupilles se dilatèrent légèrement. Et il commença une entreprise de maçonnerie mentale, dressant autour de l’esprit de Sydney un rempart de fortune, qui ne tiendrait pas longtemps, quand il ne serait plus alimenté par une énergie psychique comme la sienne, mais qui lui permettrait de ne pas avoir à jeter le Corbeau sur son dos pour quitter le souterrain.

Tout cela commençait bien mal. Ces défenses de fortune érigées, Mentalis ne laissa pas vraiment le temps à sa partenaire de reprendre ses esprits et de faire le deuil du fameux pays des merveilles dont il venait de la priver. Le vieux Chinois avait probablement des associés et mieux valait sortir du souterrain et s’emparer de cet octogénaire plein de ressources comme, sans aucun doute, d’informations, avant de voir débarquer des rongeurs enragés.

Chase attrapa donc le poignet de Sydney et l’entraîna à sa suite, rebroussant chemin pour arriver devant leur premier mur de briques, qu’un choc télékinétique pulvérisa violemment. L’heure n’était pas à la subtilité.

— Attention à votre tête.

Au littéral comme au figuré, d’ailleurs. Mentalis se pencha pour ne pas se cogner, progressant sur les gravats qu’il laissait derrière eux et, une fois dans l’arrière-boutique, il libéra le poignet de Sydney et expliqua succinctement la situation.

— Vous avez brièvement été sous une emprise psychique quelconque. Une illusoire d’origine magique, vraisemblablement. J’ai neutralisé notre hôte indélicat alors qu’il allait appeler le Mandarin.

Pour lui, le Mandarin, ce n’était jamais qu’un nom vaguement murmuré, une ou deux fois, par Suzaku ou Lukaz : une réalité encore très lointaine.

— Mais nous aurons peut-être bientôt de la visite.

Ce disant, ils avaient parcouru toute l’arrière-boutique pour rejoindre le comptoir, où le vieux Chinois gisait toujours inconscient. Chase jeta un regard à la porte d’entrée du magasin et le rideau de fer commença à descendre lentement — histoire d’avoir un peu plus d’intimité. Il désigna le Chinois d’un geste du menton.

— Je vous préviens, je ne vais pas pouvoir lire directement dans son esprit. Je ne parle pas mandarin. En revanche, je peux le motiver à parler, si vous voulez.

Chase observait du coin de l’œil Sydney, pour déterminer si elle voyait toujours de vertes prairies à la place du monde réel, il fallait l’avouer moins enchanteur hélas.

— Cela dit, vous avez l’air plus acclimatée que moi ici.

(Non, il ne l’accusait pas d’avoir aussi mauvais goût que le maître des lieux.)

— Et je ne doute pas que vos informations soient meilleures que les miennes. Je vous laisse volontiers la direction des opérations.

Tant qu’elle ne délirait pas, bien entendu. Sans vouloir être exigeant.
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Message posté : Mar 19 Nov 2013 - 12:59 Message
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La symphonie harmonieuse des oiseaux, des criquets et des grenouilles. Là, le clapotement d'un ruisseau. Ici, le vent venant se frotter tendrement aux feuilles. Les couleurs qui s'entremêlent dans un pastel des plus enchanteurs. Sydney n'avait aucune idée de ce qu'elle faisait ici. En supposant que la question lui ait frôlé l'esprit. Elle avait des étoiles dans les yeux, un sourire béat aux lèvres. Magnifique. C'était la seule chose qui subsistait de ses pensées. Une voix l'interpella, lui faisant tourner le visage pour quitter des yeux le paysage bucolique. C'est vrai, elle était avec Chase ! Mais ce qu'elle vit en face d'elle fut un gros lapin avec un monocle et un chapeau haut de forme, avec un sacré embonpoint. Elle haussa un sourcil. Le blondinet avait bien changé ! Son pelage était blanc ! C'était bizarre.

- Chase... Vous auriez pu me dire que vous aviez fait une teinture !

Il posa soudainement ses pattes au niveau des tempes de la brunette, la forçant à plonger son regard dans le sien. Elle se débattit, ayant trouvé la chose trop brutale. Mais à peine posait-elle ses mains sur les avant-bras du lapin géant pour l'envoyer voler contre un champignon exhalant un nuage bleu qu'elle sentit quelque chose tambouriner son crâne. Le malmenant. La terre entière se mit à vibrer, tandis que la silhouette du rongeur semblait prendre de l'ampleur, se déformer, commençant à... La recouvrir ? Elle poussa un petit cri terrorisé, ne parvenant plus à faire un seul mouvement, témoin inactif de la fin du monde qui la prenait pour cible.

Inspiration. Elle cligna des yeux. Quatre fois. A une vitesse telle qu'on aurait pu croire qu'elle ne l'avait fait qu'une fois. Ses mains empoignant toujours avec force les avant-bras du jeune homme, elle se demanda ce qui s'était passé. Mais à peine fronçait-elle les sourcils pour y réfléchir qu'elle se faisait emporter par un NG passablement irrité par le petit voyage au Pays des Merveilles qu'elle venait d'effectuer. Ce dernier explosa littéralement le mur à l'aide de sa puissance psychique, conseillant au passage à sa compagne d'infortune de faire attention à sa tête. Malgré sa confusion, le double-sens de la remarque lui arracha un fou rire, avant qu'elle ne se reprenne quelques secondes plus tard. Dans l'arrière-boutique, il l'assomma avec un topo de la situation. Emprise illusoire, magique, Mandarin...

- Wowowowow ! Tout doux, lança-t-elle d'un ton suppliant en levant les mains. Laissez-moi une seconde que j'intègre tout ça. Z'avez jamais eu la gueule de bois ? Parce que c'est exactement ce que j'ai, là. Bouche pâteuse, pensées en vrac, migraine à cause de la lumière. Ajoutez à cela qu'elle avait l'impression que quelque chose lui grattait l'intérieur de la boite crânienne et que son corps avait l'air d'avoir été sédaté durant quelques heures. Mettez ça au four à 210°C et... Elle se tapota le visage pour se reconcentrer. Certes, ils n'avaient peut-être pas le luxe du temps, mais si elle fonçait sans rien comprendre, elle allait prendre un mur en pleine face. Chose jamais vraiment agréable, accordons-le. En résumé : on m'a envoyé fissa au pays des lapins roses tandis que notre cher... Quoiqu'il soit a contacté le Mandarin ? Sydney posa ses mains sur ses hanches, poussant un petit soupir. Pourquoi je sens que ce n'est que le début des emmerdes ?

En tout cas, cette contrariété avait eu le mérite de balayer ses doutes quant au Mentaliste. Quelque fût la raison pour laquelle il se trouvait ici ou pour laquelle il avait quitté l'UNISON, il était clairement son allié. Et la Stevens n'avait pas besoin de plus. Surtout si des bonhommes commençaient à prendre son esprit pour un bilboquet. Les voici donc devant le comptoir avec un vieux Chinois toujours inconscient. Visiblement, le NG n'avait pas fait semblant. Elle espérait juste qu'il ne l'avait pas trop abîmé mentalement quand il avait fait... Ce qu'il avait fait. Parce que si lui aussi se mettait à parler d'un pays avec des champignons aux nuages colorés, elle n'était pas convaincue que cela leur serait d'une grande aide. Chase proposa de le faire parler -vu qu'il ne pourrait probablement pas lire dans son esprit- et de laisser la brunette prendre la "direction des opérations". Elle hocha la tête avec un petit sourire.

- J'espère juste pour vous que ce sera bien du mandarin. Parce que s'il commence à me parler en cantonais ou en min, ça va être plus... Compliqué. Que ce soit avec sa mère, ou pour pouvoir parler avec ses contacts asiatiques directement, Sydney avait dû apprendre le mandarin et quelques autres langues de l'Orient. Si certaines sonorités revenaient de manière récurrente, jongler entre chacune d'elles était un véritable challenge. Et la jeune femme n'était à l'aise qu'avec le mandarin, bien que cela lui demandait un peu de concentration. Il n'y avait plus qu'à croiser les doigts. Allez-y.

Quelques secondes après, le proprio' de l'établissement s'éveillait, le regard voilé, les yeux à peine entrouverts -et pas seulement parce qu'ils étaient bridés-. La Stevens hésita sur l'approche à adopter, avant de se souvenir que l'esprit de Chase devait probablement enserrer celui du vieil homme, le forçant à avouer toutes les vérités qu'il cachait.

- Pourquoi nous avez-vous piégé ?
- Sydney Stevens, articula-t-il d'une voix absente. Votre grand-père donnerait cher pour vous avoir.

L'eurasienne se tendit. Peu de monde savait pour son lien de parenté avec Tzin Ming. Elle aurait préféré que Chase l'ignore, mais le fait était accompli. En revanche, cela lui apprenait quelque chose. S'il était de notoriété publique que le Corbeau était le pire ennemi du Mandarin, le nombre de personnes connaissant la relation pour le moins compliquée entre Sydney et Tzin était significativement plus réduit. Ce petit homme avait une importance certaine vis-à-vis de son grand-père.

- On a tous nos problèmes d'ordre familial, balbutia la demoiselle à l'attention du Mentaliste, pour être épargnée de certaines questions, si jamais l'envie lui prenait d'en savoir plus. Quel est votre lien avec le Mandarin ?
- On peut dire qu'il ne m'aime pas.
- Vraiment ? lança-t-elle, étonnée. Pourquoi un type que son grand-père ne pouvait pas voir disposerait-il de telles infos ? Ca n'avait aucun sens.
- Je suis un mal nécessaire. Il n'a pas confiance en moi, mais je suis quelqu'un... D'efficace. Un sourire malsain se dessina sur son visage rabougri, tandis que son regard restait absent. Ce qui inquiéta un peu la jeune femme, en vérité.
- Vous êtes sûr de l'avoir sous votre emprise, Chase ?
- Je suis un collectionneur, poursuivit-il, comme si elle n'avait rien dit. Un chasseur de trésors. Et votre grand-père a des goûts... Particuliers. Il est très difficile de le contenter. Mais je fais partie de ceux qui en sont capable. C'est pour ça qu'il ne peut se passer de mes services.

C'est ce moment-là que choisit le téléphone pour sonner. Sydney retint un sursaut à la dernière minute. Elle observa d'un oeil mauvais l'appareil. Peut-être auraient-ils dû quitter l'endroit tant qu'il était encore temps.

- Vous avez bien dit que c'était le Mandarin qu'il contactait ? Si vous ne voulez pas qu'on se retrouve avec la Triade sur le dos, je pense qu'il serait préférable que notre... Elle adressa un regard suspicieux au Chinois. Hôte réponde. Ou alors, il va falloir courir très vite, et se préparer à pas mal de casse.
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Message posté : Mar 19 Nov 2013 - 17:47 Message
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— La gueule de bois ?

Chase secoua la tête.

— Bien sûr que non.

D’abord, il n’avait l’âge légal de boire de l’alcool que depuis quelques mois, ensuite, il ne buvait que du coca et enfin, il préférait éviter de se saouler et se retrouver à faire danser la danse des canards à tout Star City parce que son esprit serait un peu embrumé. Alors l’alcool, très peu pour lui. De manière plus générale, Chase avait un tempérament assez peu pédagogique et il avait l’habitude d’imposer un rythme effréné à ceux qui l’entouraient, ce qui expliquait certes la redoutable efficacité de l’équipe Argo mais pouvait en revanche s’avérer douloureux pour ceux qui ne parvenaient pas à suivre. Il dissimula assez mal son impatience tandis que Sydney se reconnectait avec la réalité et finit par hocher la tête quand elle résuma à son tour la société.

— Oui, voilà.

Et il avait l’air de ne pas trouver cela très extraordinaire, mais les Neutron-Grey passaient leurs vacances à Toonsland : ils n’étaient pas les mieux placés pour juger de la normalité d’une situation. Ravi de pouvoir passer enfin à la suite des opérations, Chase s’adossa au comptoir et enfonça les mains dans ses poches. Puis il jeta un bref regard à l’homme au sol et ce dernier commença à s’animer. Il y avait quelque chose d’un peu perturbant dans l’absence quasi totale de signes extérieurs, lorsque Chase utilisait son pouvoir : impossible de se fier à son visage ou aux gestes de ses mains, la plupart du temps, pour savoir ce qu’il pouvait bien être en train de fabriquer avec ses pensées. Le mentaliste atteignait ainsi le degré zéro du spectaculaire — ce qui était en soi très spectaculaire.

L’esprit de Mentalis s’était immiscé dans celui de sa victime et s’il ne comprenait pas toutes les pensées qui y circulaient, il n’avait aucune peine à sentir les intentions et les volontés. Bien vite, l’homme se sentit inspiré par une sincérité qu’il avait rarement pratiquée au cours de sa longue existence. Beaucoup plus efficace qu’un quelconque sérum de vérité. Pour la forme, Chase le poussa encore à l’utilisation de la langue anglaise, histoire de ne pas forcer Sydney à tout lui traduire — accessoirement, il était loin d’avoir une confiance aveugle dans le Corbeau.

Les liens familiaux de Sydney et du Mandarin lui firent hausser un sourcil et il jeta un regard interrogateur à sa partenaire de la soirée. Il ne connaissait pas encore les subtilités du Cartel, mais il avait bien compris que le Mandarin était le chef incontesté de la Triade, tandis que Sydney occupait une position éminente au sein de la Légion. Il était certes bien placé pour savoir que l’on pouvait rompre, et même radicalement, les traditions familiales, mais il était aussi très bien placé pour comprendre que la chose n’était pas évidente. Il s’abstint de tout commentaire cependant, se contentant de ranger cette information peut-être précieuse dans un coin de son esprit, en attendant de l’ajouter aux dossiers de chantage qu’il conservait précieusement dans la Forteresse Onirique, après avoir dépouillé l’esprit du Planificateur de ses propres exemplaires.

Chase hocha une nouvelle fois la tête pour assurer à Sydney qu’il contrôlait l’esprit de leur suspect — on ne lui échappait pas comme cela. Mais comme elle, plus qu’elle même, il pouvait sentir une évidente satisfaction dans les pensées de l’homme. Il se concentra un peu plus. Les prenait-il pour des amateurs ? Avait-il un plan quelconque ? Contraint de remonter le fil des souvenirs et d’interpréter les images, à défaut de pouvoir efficacement guider la pensée, Chase avait quelques difficultés à s’assurer promptement de la réponse à ses questions. Il fut interrompu dans ses recherches par le téléphone. Un sursaut plus tard, sous les conseils de Sydney, il guidait l’homme jusqu’à l’appareil. Temporairement, il dissimula les souvenirs de leur présence, depuis l’instant où il avait franchi lui-même la porte du magasin, sous une chape de plomb.

De toute évidence, le vieux Chinois était un peu perturbé de recevoir un appel des hommes du Mandarin, qu’il n’avait pas cherché à contacter lui-même depuis… oh, des semaines, s’il se souvenait bien. Il tourna la tête pour observer son magasin et son regard glissa sur Chase et Sydney sans les voir. À l’autre bout du fil, son interlocuteur avait pourtant l’air très sûr de lui. Et comme le Chinois savait fort bien que le Mandarin ne s’entourait pas d’incompétents, il commençait à avoir quelques doutes. Qui disparurent aussitôt. En marmonnant de plates excuses, il raccrocha le combiné, puis il ouvrit un tiroir sous son comptoir et en sortit une montre à gousset.

Lorsque ses sourcils se froncèrent, Chase comprit qu’ils avaient manqué quelque chose. Avant qu’il ne pût réagir, l’homme appuya sur le bouton de la montre — et Sydney et Chase furent enveloppés par l’obscurité. Une demi-heure plus tôt, Chase entrait à nouveau dans le magasin d’un vieux Chinois. Après avoir envoyé l’homme en arrière-boutique, il rencontre Sydney Stevens, se perdit dans un couloir magique, revint sur ses pas, interrogea l’homme et une demi-heure plus tôt, Chase entrait dans un magasin, visitait un couloir magique avec Sydney Stevens, interrogeait un Chinois et une demi-heure plus tôt, Chase rencontrait Sydney Stevens. Il fallut cinq boucles temporelles au mentaliste pour prendre conscience que cette série d’événements avait comme un air familier.


Une demi-heure plus tôt, Chase délaissait le magasin dans lequel il s’apprêtait à rentrer pour arpenter les rues de Chinatown en cherchant la présence psychique de Sydney Stevens. Il la retrouva dans une petite ruelle, alors que la Légionnaire descendait de sa moto.

— Sydney ? Vous vous souvenez de moi ? Enfin, vous vous souvenez que vous allez bientôt pouvoir vous souvenir de moi ?

Longue journée.
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Message posté : Jeu 21 Nov 2013 - 0:27 Message
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Le vieil homme décrocha le combiné, visiblement étonné d'avoir un coup de téléphone des hommes du Mandarin. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien lui vouloir à cet instant précis ? Car si cela avait eu de l'importance, le Mandarin l'aurait contacté directement. Ou aurait envoyé un homme de son entourage le plus proche. Sydney fut impressionnée de voir avec quelle finesse Chase parvenait à maitriser l'esprit du Chinois tout en lui laissant un semblant de liberté -à défaut de véritable libre arbitre-. Son dernier affrontement en date contre une Mentaliste capable de dominer les esprits remontait à celui contre la Marionnettiste, mais sa présence était plus écrasante qu'autre chose. Même les mercenaires qui l'accompagnaient avaient agi comme des automates plutôt que des êtres humains, incapables de penser. Le plus perturbant, c'est que le NG ne laissait ressortir aucun signe laissant croire qu'il était concentré. Comme s'il était juste en train d'attendre une commande au comptoir. Un peu comme à son arrivée, quand la brunette l'avait rejoint. Le propriétaire du bazar finit par raccrocher en s'excusant platement avant de fouiller dans son tiroir. La Stevens lança un regard interrogateur au jeune homme, si bien qu'elle ne vit pas le froncement de sourcils du Chinois, ni son geste avec sa montre à gousset. Pas à la première boucle, en tout cas.

***

Elle avait mal au crâne. Du genre, la migraine du siècle qui vous colle au pieu en vous obligeant à fermer les yeux à cause des influx lumineux qui vous donnent l'impression d'être autant de burins qu'on utiliserait pour vous lobotomiser. Elle ne savait pas d'où ça venait. Peut-être qu'elle couvait quelque chose. En vérité, c'était le fait de s'être faite farfouiller le crâne une demi-douzaine de fois tour à tour par un sort d'illusion la faisant plonger à pieds joints au Pays des Merveilles et par un Mentaliste maçon de fortune qui lui causait ce désordre psychique. Mais ça, elle l'ignorait. Sydney restait une simple humaine, extraordinairement douée dans plusieurs domaines, dotée d'une détermination farouche et d'une capacité d'analyse dont elle n'avait pas à rougir. Mais son esprit n'était pas fait pour résister à des attaques, ni à des réarrangements aussi brutaux. Son expérience de Super devait aider, car il était à parier qu'un esprit lambda se serait effondré sous cette charge. Les boucles temporelles, elle n'en avait pas conscience, répétant inlassablement les mêmes mouvements, les mêmes paroles que tous ceux qui se trouvaient dans le champ d'action de la montre. Peut-être aurait-elle pu prendre conscience au bout d'un moment que quelque chose n'allait pas. Que ce mal de crâne qui empirait à chaque boucle était franchement suspect. Mais un fait aussi anodin était difficile à mettre dans la balance, face à l'alerte qui se déclenchait dans sa tête en sachant que la Mandarin et sa Triade préparaient quelque chose, le vol d'un artéfact quelconque.

La Stevens arrêta sa moto au même emplacement que les cinq dernières fois. Le véhicule ronronnant encore, elle descendit d'une manière féline de son deux-roues et coupa le moteur. Au moment où elle enlevait son casque, une voix s'éleva derrière elle. Celle d'un jeune homme. Elle eut un sursaut et se retourna, prête à combattre. La personne qu'elle découvrit n'était autre que Chase Neutron-Grey. Une présence qui lui semblait à présent atrocement familière -en même temps, quand on se fait fouiller (l'esprit) à autant de reprises en si peu de temps, on peut presque dire qu'on est intimes-. Contrairement aux premières fois, elle ne ressentait plus aucune méfiance envers lui. Comme si sa logique avait intégré d'elle-même le fruit des boucles précédentes. Pas de méfiance vis-à-vis de son départ de l'UNISON, pas de méfiance vis-à-vis de sa présence incongrue dans le coin. Juste une franche surprise. Quelque chose fit tiquer la jeune femme. Le fait qu'il l'appelle par son prénom de prime abord. C'était... Déroutant. Comme s'il la connaissait, qu'il avait déjà eu l'occasion de discuter avec elle. Ce qui n'était pas le cas. Et il n'avait pas ajouté son nom de famille. Et la Stevens ne voyait pas l'intérêt de copier son apparence, si jamais elle avait à faire à un polymorphe, en supposant que quelqu'un sache qu'elle se trouvait dans le coin. Elle ne connaissait pas ce jeune homme. Ni d'Eve, ni d'Adam. Enfin, pas consciemment. Elle haussa un sourcil à ses questions suivantes.

- Difficile de ne pas savoir qui vous êtes, Chase, plaisanta-t-elle en ouvrant le compartiment blindé pour ranger son casque, étonnée elle-même du naturel avec lequel elle avait prononcé son prénom. Les Neutron-Grey ont une réputation certaine dans Star City. Je suppose que l'on doit être ici pour la même raison. Elle se tourna vers lui, ébouriffant sa chevelure pour se donner un peu de volume, s'interrompant face au regard blasé de son compagnon d'infortune. Quoi ? Attendez... Elle n'avait pas tilté sur la dernière question, qu'elle se répéta mentalement. Me souvenir que je vais bientôt me souvenir de vous ? Qu'est-ce que...

Elle s'interrompit, son mal de tête allant crescendo, la forçant à s'appuyer sur l'arrière de sa moto pour ne pas tomber. Sa vision devint quasi-nulle, tandis qu'un pie-vert s'amusait à démonter joyeusement sa matière grise, sa matière blanche et sa boite crânienne. Et ne parlons pas des liquides cérébraux qui découleraient d'une telle manoeuvre.
Toutefois, dans ce bordel mental qu'avait créé le NG et le sort du couloir, des flashs émergèrent. Elle, dans la boutique avec Chase. Un gigantesque lapin avec un monocle et un chapeau. Un mur qui implose. Un vieux Chinois qui appuie sur le bouton de sa montre à gousset. Elle, dans la boutique avec Chase. Un gigantesque lapin. Un mur. Elle. Boutique.
La Stevens inspira profondément par le nez, tremblante, sentant la chaleur gagner ses joues dans le froid de l'automne nocturne. Elle se souvenait. Au moins en partie. Elle ne comprenait pas. Mais avec ce qu'avait dit le jeune homme, la conclusion s'imposait d'elle-même.

- Quelqu'un s'amuse avec nos têtes, c'est ça ? Bien que toujours présente, sa migraine s'était un peu calmée. Elle tourna de nouveau le dos au NG pour fouiller dans le contenu de son compartiment blindé. Si j'ai bon, c'est en rapport avec la montre à gousset du vieux, c'est bien cela ? Peut-être que si on casse son mécanisme, on arrêtera... Ce qui se passe. Elle attrapa les fourreaux de deux sabres aux lames inversées, reliées en une ceinture qu'elle passa autour de sa taille. De toute manière, ils étaient grillés, alors faisons fi de la discrétion. Revêtir son attirail de Corbeau dans ce quartier relevait du suicide, mais cela ne voulait pas dire qu'elle devait se priver de son équipement. Elle prit aussi son pistolet grappin ainsi que quelque fléchettes tranquillisantes en plus de celles de son bracelet, avant de se tourner vers Chase. D'ailleurs... Qu'est-ce qu'il se passe en fait ? On se fait effacer la mémoire à répétition ? Non, ça ne concorde pas avec mes flashs... Une montre ! Des boucles temporelles ?
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Message posté : Jeu 21 Nov 2013 - 12:02 Message
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Cette fois-ci, Chase avait réglé sa montre en estimant à peu près le temps qui leur restait. Une vingtaine de minutes. C’était théoriquement largement suffisant pour se rendre dans la boutique et forcer le Chinois, qui avait été si réceptif à la télépathie quelque temps plus tôt, à leur révéler le fonctionnement de la montre. Quelque chose l’inquiétait cependant. Il comprenait bien que la montre était la clé de tout cela, qu’elle constituait une sorte de système de sécurité, mais il n’en voyait pas le profit si son propriétaire était piégé dans la même boucle temporelle que ses victimes. Possiblement, le vieux Chinois avait une heure d’avance sur eux, une heure pendant laquelle il avait pu fuir très loin. Mais si la boucle se répétait à l’identique, il fallait bien qu’il fût là pour jouer son rôle ?

Ce fut à ce point de sa réflexion que le génie de Chase s’illumina grâce à un monument de la philosophie humaine, une somme de méditations métaphysiques sur l’écoulement du temps — pas les travaux d’Augustin d’Hippone, non, mais les chapitres consacrés au Retourneur de Temps dans le Prisonnier d’Azkaban. Il y avait ceux qui revivaient le passé, ou qui vivaient toujours le passé en chaque point du futur qui en découlait, et ceux qui voyageaient dans le passé. Peut-être y avait-il donc deux Chinois : celui qui était coincé comme un fantôme dans la boutique et qui servait de personnage dans la farce inlassablement répétée des vingt dernières minutes et celui qui avait déclenché la montre et qui, depuis, devait faire autre chose, ailleurs. C’était une explication satisfaisante du point de vue intellectuelle mais fort inquiétante du point de vue pratique.

Au moins Sydney reprenait vite ses esprits. S’il avait eu le temps…


… Il aurait été impressionné par la résilience psychique de son acolyte. Il secoua néanmoins la tête quand elle posa son premier diagnostic.

— Je doute que l’on se soit immiscé dans notre esprit. Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment possible me concernant.

Ce n’était pas de l’outrecuidance : il avait souvent eu le temps de mesurer ses pouvoirs à ceux d’autres mentalistes et d’entités psychiques diverses et il avait pu constater que ses défenses étaient redoutables. On pouvait sans doute encore l’atteindre, mais aussi facilement et sans heurt, cela lui paraissait impossible. Il hocha donc la tête tandis que Sydney s’équipait et en arrivait aux hypothèses qu’il avait lui-même formées.

— J’aurais bien une manière scientifique d’expliquer la chose, mais je doute que la science ait beaucoup à voir là-dedans.

Il jeta un coup d’œil à sa montre.

— Il nous reste dix-sept minutes. Mettons nous en route.

Inutile de courir pour attirer l’attention, mais Chase soupçonnait que leur visite au magasin pouvait être plus mouvementée, si on les voyait arriver dans un ordre différent et avec plus de détermination que lors des boucles précédentes. Or, il n’avait aucune envie de recommencer son micro-voyage dans le passé. En chemin, il expliqua aussi succinctement que possible le reste de ses suppositions : le Chinois dédoublé, la présence probable d’un comité d’accueil discrètement dissimulé dans le magasin et qui tenterait de les empêcher d’atteindre la montre.

— Voici ce que je propose. Vous êtes sans doute plus apte que moi à combattre des adversaires cachés. Et je suis mieux équipé pour m’approcher du sorcier et me sortir de ses illusions. Si vous couvrez mes arrières, j’essayerai d’atteindre la montre le plus vite possible et de la détruire.

Bien sûr, ce plan relativement simpliste comportait bien des failles et c’était le défaut des plans élaborés en cinq minutes parce qu’on n’avait plus qu’un quart d’heure de libre-arbitre. Ils étaient de toute façon arrivés devant le magasin. Chase jeta un coup d’œil à Sydney pour voir si, par hasard, elle n’avait pas une illumination quasi religieuse qui leur apporterait la solution à leur problème. À défaut, il fixa la porte du magasin pour tenter de repérer des présences cachées, des esprits tapis quelque part. Tout bas, il murmura :

— Je crois qu’ils sont cinq. Il faut vraiment qu’on y aille. Je vous propose de tabler sur l’effet de surprise. Je veux dire, on est sans doute déjà surveillé, mais on peut quand même être un peu directs, pour les occuper.

Ce fut sans doute pour cette raison qu’un fracas monumental se fit entendre à l’intérieur du bâtiment, alors que sous un choc télékinétique puissant, le plafond s’était fendillé et que le premier étage, en particulièrement le salon inoccupée du vieux Chinois, venait de s’écraser à l’intérieur du magasin. Chase espérait que cette délicate et subtile diversion troublerait assez les plans de leurs antagonistes pour leur laisser, à eux d'eux, une certaine d'avance, quand ils décideraient d'envahir le magasin.

Treize minutes.

Ni une, ni deux, Mentalis poussa la porte et se mit à courir.

Bon.
Reconnaissons-le.

...

En fait, surtout, il crapahutait.

Progresser entre les étagères renversées, les débris de meuble, une télévision, un fauteuil à bascule, de vieilles statuettes immondes, ce n’était pas facile et lui n’était pas un super-ninja surentrainé, ni un Corbeau. D’ailleurs, il essayait de ne pas céder à la panique en songeant que sa survie dépendait presque exclusivement des capacités martiales légendaires de Sydney et son aptitude à le protéger. Il avait bien dû assommé un ou deux assaillants potentiels à coups de buffet, mais c’était tout de même relativement angoissant.

Sans prêter attention au combat qui se déroulait sans doute autour de lui, Chase avançait, aussi vite que possible, l'esprit fixé sur la présence du Chinois sonné derrière le comptoir qu'il commençait à si bien connaître, désormais.

En désespoir de cause, il commença à se frayer en chemin en repoussant par la force de son esprit les décombres, transformant son aura d’ange paisible en bulldozer vivant. De l’autre côté du comptoir, le Chinois de la boucle temporelle clignait des yeux d’un air stupéfait, en se relevant péniblement, après avoir été soufflé au sol par l’effondrement de l’étage supérieur. Le Chinois du futur — si je puis dire — lui, s’était enfui depuis plusieurs boucles déjà et s’employait, à quelques kilomètres de là, grâce à un rituel complexe, à dissocier son existence future et de son existence passée, parce qu’il ne donnait pas cher de la peau de son ancien moi — un mentaliste comme il venant d’en rencontrer, ça ne se laisserait pas piéger éternellement.

Pendant que l’Asiatique s’amusait donc avec la causalité et notre compréhension intuitive de ce qui peut bien se passer dans cette histoire de cinglés…


… Chase arrachait le panneau frontal du comptoir et l’envoyait par dessus son épaule, droit sur un lapin ninja qui ne l’évita que de justesse. La montre vola dans la main du Mentaliste et le Chinois se décomposa. Chase hésita. La détruire, la détruire, tout de même, ce serait dommage. Brusquement, son esprit s’empara de celui de l’Asiatique et, cette fois-ci sans aucune subtilité, il fit une bouillie de ses pensées et les tamisa pour en extraire tout ce qui concernait la montre et son fonctionnement. L’ensemble était beaucoup trop complexe pour lui donner la moindre idée quant à l’utilisation détaillée de l’objet, mais certains gestes étaient clairs. Il libéra l’esprit de l’homme qui sombra dans l’inconscience. Il survivrait. Sans doute. Chase s’en souciait assez peu.

Le jeune homme se retourna vers le chaos combattif qui se tenait probablement derrière lui, tourna les aiguilles de la montre jusqu’à minuit pile et appuya sur le bouton, en se concentrant très fort sur Sydney. Les objets (et possiblement les lapins anthropomorphes) qui volaient dans les airs se figèrent. Sans retomber. Immobilisés dans le temps. Un étrange silence régnait désormais dans le magasin, troublé seulement par la respiration saccadée de Chase et de Sydney — dont nous espérons tous qu’elle fût encore vivante, sans quoi toute cette histoire risque fort de tourner court.

Le visage de Chase s’illumina alors qu’il exprimait notre collective appréciation de la situation :

— Trop cool !

Si avec ça ils n’arrivaient pas à arrêter Skynet…
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Message posté : Sam 23 Nov 2013 - 21:33 Message
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Chase sembla approuver la supposition de Sydney. Ce qui n'était pas franchement une bonne nouvelle. Etant donné qu'il était venu à elle, elle en déduisait qu'il avait une résistance toute particulière contre l'influence de la montre. Probablement dû à son incroyable puissance mentale. Il avança avoir une explication scientifique à tout cela, bien qu'il sous-entendait que la cause n'était certainement pas la science en elle-même. La jeune femme approuva d'un hochement de tête. Si, théoriquement, remonter le temps, voire le transformer en une sorte de boucle, était tout à fait possible, les lois de la physique semblaient décidées à empêcher toute expérience de ce genre. Après tout, dans un modèle simpliste, cela revenait à redéfinir les paramètres, les variables, aussi bien intensives qu'extensives, des particules dans l'espace -et par conséquent, le temps-. Le hic, c'est qu'il était déjà extrêmement compliqué, voire même impossible, de le faire pour une seule particule de le faire pour un unique atome ou même un simple photon. Entre les différents types d'énergie, la position spatiale, les paramètres liées aux facteurs en-dehors des trois dimensions que l'esprit humain ne pouvait que très difficilement concevoir... Ajoutez à cela l'influence de l'entropie qui, en théorie, devait rendre chaque boucle différente par une modification -même minime- de certaines réactions chimiques et physiques.
Et vous comprendrez que, scientifiquement parlant, ce n'était pas un Chinois possédant un bazar louche dans un quartier malfamé qui pouvait se vanter de bouleverser de manière conventionnelle les lois les plus élémentaires de l'Univers avec une vieille montre.
Sauf si la magie venait s'en mêler, bien entendu.

Le Mentaliste invita la Légionnaire à le suivre, indiquant qu'il ne leur restait que dix-sept minutes. Grosso merdo. Sydney pria intérieurement que le jeune homme ne se soit pas trompé avant de prendre sa suite, déterminée à briser le cercle dans lequel on les avait mis. Sur le chemin, Chase partagea ses suppositions : un Chinois dédoublé et un comité d'accueil dans le magasin. Bien que la seconde faisait naitre chez la brunette un mélange subtil entre inquiétude et joie -elle allait enfin faire autre chose que de se faire réduire le cerveau en bouillie-, la première en revanche la préoccupait. Si c'était bien le cas, le vieux avait pas mal d'avance sur eux et avait pu appeler du renfort. Si Ming venait à apprendre que sa petite-fille trainait dans le coin, nul doute que Chinatown allait devenir, pour eux, un quartier plus dangereux que le Mordor. Avec des Asiatiques à la place des Orques. A chaque empire ses sbires. Le NG continua en exposant son plan, qui avait pour mérite d'être simple, bien qu'un poil dangereux. Si l'un d'eux ne parvenait pas à remplir sa tâche, ça risquait de chauffer pour la fine équipe qu'ils formaient. Arrivés dans le magasin, il identifia cinq personnes dans le bâtiment.

- Du quatre contre un, donc ? Sydney posa ses mains sur les pommeaux de ses sabres, haussant les épaules. Du gâteau ! Etrangement, la migraine qui tapotait sa boite crânienne semblait exacerber son côté guerrière. Elle avait salement envie de taper sur quelque chose, et tant pis pour les pauvres types à l'intérieur qui allaient en faire les frais. Chase choisit de donner corps à ses propos en faisant s'effondrer le bâtiment de l'intérieur. Un sourire se forgeant sur ses lèvres, elle approuva en hochant vaguement la tête. J'aime bien votre définition de "direct".

Le Mentaliste ouvrit la porte et fonça vers le Chinois, sans plus de finesse. A la manière dont il progressait parmi les décombres, la jeune femme devina que ça allait prendre quelques minutes, malgré la taille somme toute réduite de la boutique en piteux état. Deux voix suraiguës s'élevaient à sa droite. Elle se faufila entre un bloc de plafond en diagonale soutenu par une étagère visiblement plus solide qu'elle n'y paraissait de prime abord. Le spectacle qu'elle vit en sortant de cet espace étroit, sortant du même coup du nuage de poussière libéré par les dégâts matériels, était pour le moins... Singulier. Trois lapins humanoïdes, dont un en position de tailleur en train de léviter, les yeux clos avec les sourcils haussés, une figure exaspérée sur ses traits de rongeur. Il donnait l'impression d'être le plus vieux. Les deux autres se ressemblaient comme deux gouttes d'eau : mêmes tâches aux mêmes endroits, mêmes yeux d'un vert tirant sur le chocolat, même tailles -autant pour leur corps que pour leur oreilles diablement longues-. Pour être plus précis, ils semblaient plutôt être inversés. Comme si l'un était le reflet de l'autre.

- Tu t'es déjà fait le marchand, l'autre jour !
- Oui, mais tu es le plus jeune !
- De quelques minutes ? C'est quoi cet argument ?
- Très bien ! Shifumi ?

Ils se mirent en position comme deux samouraïs sur le point de dégainer leurs lames, tapant trois fois dans leurs mains en murmurant les mots magiques (Shi-Fu-Mi). Papier contre pierre. Victoire pour le lapin à droite.

- Tu fais chier ! C'est toujours...

A cet instant, trois fléchettes s'arrêtèrent à quelques centimètres des rongeurs humanoïdes. Le perdant poussa un petit cri en voyant les projectiles s'arrêter de la sorte, sans avoir vu leur arrivée. Le lapin qui lévitait ouvrit un oeil, un sourire vicieux sur sa face au poil grisâtre.

- Vous le dites si je vous gêne.

Sydney, muscles tendus, un sabre dans chacune de ses mains, s'attendait à un assaut imminent. Aussi sursauta-t-elle quand la voix du gagnant résonna derrière elle, alors que celui-ci se tenait encore quelques mètres devant ses yeux une seconde auparavant.

- C'est le cas.
- Vas-y frérot ! Pète-la en deux, cette tarée !

La Stevens eut tout juste le temps de réaliser que les lapins étaient des Supers eux aussi, et que l'un d'eux au moins était un Coureur, avant d'entendre le bruit caractéristique d'une lame sortie à toute vitesse de son fourreau. Par chance, ce n'était pas la première fois qu'elle était confrontée à ce genre de bonhommes dans sa longue carrière. Et la plupart d'entre eux faisait toujours la même erreur : comme le lièvre face à la tortue, ils pensaient que le commun des mortels était trop lent d'esprit comme de corps pour leur occasionner quelque dégât que ce soit. C'est probablement pour cela qu'il ne parvint pas à parer le coup de coude qui lui arriva direct dans le museau, le déstabilisant assez pour qu'elle puisse enchainer. On a beau être rapide : un coup dans la tête, ça secoue. Elle balaya ses jambes aux pattes immenses pour lui faire quitter le plancher des vaches, avant de le réceptionner avec un coup de sabre dans les côtes bien senti, arrachant un craquement sinistre à ces dernières. Ce n'était pas parce que les lames étaient inversées qu'elles ne faisaient aucun dégât. Bien au contraire. La créature atterrit par terre, le souffle court, son premier réflexe étant de cracher un mollard sanglant. Dans l'opération, il avait perdu son arme qui se révélait être un sabre. Sydney plaça son pied dessus, pour l'empêcher de la prendre si jamais il essayait de la doubler par sa vitesse. C'était une bien piètre mesure, mais mieux valait laisser le moins de chances possibles à ce... Type, quoiqu'il fût, n'est-ce pas ?

- Usagi, je présume ?


    Lancer de dés :
    Réussite : L'attaque du lapin-Mentaliste échoue, car Sydney entend l'étagère bouger.
    Echec : L'attaque du lapin-Mentaliste réussit et Sydney se fait percuter par une étagère.


Une masse au poids certain percuta alors le Corbeau, l'envoyant voler contre un morceau de plafond qui gisait un peu plus loin. Souffle coupé, elle ne parvint même pas à pousser un cri. Ses côtes fragiles suite à sa rencontre avec la Marionnettiste la lancèrent, puis la foudroyèrent quand elle percuta avec violence la surface solide couverte de poussière. Durant quelques secondes, elle chercha vainement à reprendre son souffle, et elle sentit une force enserrer son esprit, un peu comme si on avait décidé de la broyer de l'intérieur.

- Et j'en déduis que vous êtes Sydney. Le Mandarin nous avait bien prévenu que vous nous rendriez probablement visite. Et je vois que vous êtes bien mal accompagné. Votre ami ne vient même pas à votre rescousse. La face du lapin gris apparut dans la vision de Sydney qui était comme paralysée, et pas seulement à cause de la douleur. Son regard sadique, bien trop humain, fit malgré tout courir un frisson sur la peau de la demoiselle. La voilà entourée de rongeurs qui allaient soit lui faire la peau, soit l'amener au Mandarin. Le Mentaliste se redressa pour s'adresser à ses compères. Shû, amène Eiko auprès du Maitre pour qu'il le soigne. Et regarde si Kobato est toujours vivante sous les décombres. Il marqua une pause, tandis que la Stevens reprenait ses esprits tant bien que mal. Oh, et va me mettre cet enfoiré de Mentaliste hors d'état de nuire. SANS jouer au poseur. Tu te feras broyer autrement. Il est trop puissant pour les défenses que j'ai placé dans ton esprit. Quelques secondes plus tard, le lapin se tourna de nouveau vers la jeune femme. Où en étions-nous donc ? Le Corbeau sentit l'emprise de son ennemi se faire plus forte... Sans que pour autant cela ne l'affecte. Elle en fut la première étonnée, et vu la tronche que tira le rongeur anthropomorphe, elle n'était pas la seule. Elle saisit sa chance. Son poing vola directement et avec force dans le museau de la bête au poil grisâtre, l'assommant.

- CHASE, C'EST QUAND VOUS VOULEZ !

Elle se releva en position de combat, prête à continuer d'exposer ses arguments au Mentaliste, quand une sensation étrange parcourut son corps et que son adversaire se figea. Purement et simplement. Si ça, c'était pas le sens du timing. Dans les décombres, elle entendit résonner un "Trop cool". Sydney poussa un petit soupir, son buste la lançant dans son ensemble, puis se passa un doigt sur la lèvre inférieure pour se rendre compte qu'elle saignait. Pour un trois contre un contre des Supers, elle s'en sortait pas trop mal. Elle se faufila de nouveau par l'interstice dans lequel elle avait progressé avant de tomber sur les lapins pour rejoindre le NG.

- Il était temps ! le railla-t-elle. Elle ne parvint pas à voir le Chinois de là où elle était. Un masque d'inquiétude s'empara de ses traits l'espace d'un instant. Rassurez-moi : vous ne l'avez pas tué quand même ? Se souvenant que le rongeur répondant au nom de Shû devait revenir incessamment sous peu, elle se précipita sur la porte d'entrée, plaçant une armoire pour la barricader. Il avait beau être un Coureur, s'il passait, ils l'entendraient de cette façon. Vous avez la montre ? C'est avec ça que vous avez stoppé mes adversaires ? Elle marqua une courte pause, se disant que spécifier ceci ne serait pas de trop. Au fait. Les Lapins Ninjas. Ce sont des Supers. Deux Coureurs ont réussi à prendre la fuite, et une certaine Kobato serait ensevelie sous les décombres. Et j'ai un Mentaliste qui ne demande qu'à être interrogé juste à côté. Elle sourit à Chase. D'une manière un poil sadique, pour être honnête. Il a l'air d'en savoir long sur ce qui se passe ce soir, et j'ai justement quelqu'un qui est capable de surpasser les Mentalistes sous la main. Pendant ce temps-là, je vais chercher notre quatrième ninja dans ce foutoir. Ca vous va ?

Ses côtes la suppliaient de ne plus faire d'efforts, mais elle avait le pressentiment que la soirée n'était pas encore finie. Loin de là.

- Et mieux vaut se dépêcher. Que ce soit la Police, la Triade ou je ne sais quoi encore, quelque chose va nous tomber dessus dans très peu de temps.
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Message posté : Sam 23 Nov 2013 - 21:33 Message
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Message posté : Sam 23 Nov 2013 - 22:53 Message
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Chase continuait à observer les débris voler dans les airs avec une expression qui frisait l’extatique, serrant fort la montre dans sa main. Il ne savait pas très bien de temps pourrait durer ce temps arrêté ni quelle partie du temps, enfin, quelle superficie, il avait arrêtée, ni… En fait, il ne comprenait pas grand-chose à ce qu’il avait fait dans la précipitation, par manque de temps : il n’avait guère eu que le temps de fouiller en un rien de temps dans l’esprit du Chinois et le temps lui avait manqué pour élaborer un plan un tant soit peu élaboré. En tout cas, cela avait bien marché.

Et de toute évidence, il s’en tirait mieux que Sydney. Le jeune homme posa un regard authentiquement inquiet sur sa partenaire. Ils avaient beau poursuivre des buts sans doute radicalement opposés pour cette soirée, il n’avait aucune intention de la blesser, ni de lui faire le moindre mal — si ce n’était, peut-être, selon les circonstances, retravailler très légèrement ses souvenirs, et ce serait parfaitement indolore. Il allait donc s’inquiéter de son état de santé quand la Légionnaire l’interrogea sur celui du Chinois effondré derrière son comptoir. Chase tenta d’avoir l’air aussi concerné que possible par le sort de leur antagoniste, qui l’indifférent profondément. Il lui jeta un coup d’œil.

— Oh, il survivra.

Avec toute sa tête, ce n’était pas dit, mais le crime ne payait pas toujours. Chase hocha la tête pour confirmer que la montre avait bien été l’instrument de leur salvation après avoir été celui de leur plus grand malheur, puis, après l’avoir empochée — ça pouvait toujours servir — il écouta d’un air un peu dubitatif les explications de Sydney. Il en avait vus, des ennemis, il avait même vu des Toons, mais des Lapins Ninjas Télépathes dans son monde à lui, c’était une nouveauté. Il poussa un soupir.

— Je n’ai jamais été très doué avec les animaux.

La dernière fois qu’il avait sondé l’esprit d’un moineau, l’oiseau était tombé raide mort à ses pieds. Mais ce jour-là, il avait eu la migraine.

— Je vais voir tout de même ce que je peux faire.

Le mentaliste se dirigea dans la direction indiquée par son acolyte et ne tarda pas à tomber sur un lapin géant probablement… euh… âgé ? Et mal en point. Chase tendit la main vers le rongeur, qui fut bientôt soulevé de terre et projeté contre le mur le plus proche. Un moyen assez peu délicat mais apparemment fort efficace de le tirer de sa torpeur. Le lapin ouvrit lentement les yeux et fixa Chase, avant d’être agité par une quinte de toux.

Mentalis sentit une onde télépathique fondre vers lui. Et s’écraser sur son bouclier mental comme une mouche sur un pare-brise. Chase esquissa un léger sourire.

— Petit, tu es doué, très doué. Mais tant que je serais dans le métier, tu ne seras jamais que le second.

Il esquissa une moue songeuse alors que son esprit pénétrait dans celui du lapin, en faisant sauter ses verrous un à un.

— Ou le deuxième. Ou le troisième. Bref… Détends toi, mon lapin, ça va bien se passer. Alors…

Sydney avait dit de se presser : Chase para au plus urgent. Les lapins devaient bien avoir un quartier général et il se mit à chercher, dans l’esprit de son rongeur attitré, les souvenirs récurrents d’un même endroit. Il y avait un bâtiment abandonné. Une chaîne de montage. Une ancienne usine. Chase cherchait le dehors. Il faisait défiler les souvenirs les uns après les autres, à toute vitesse, sans se soucier de la résistance mentale de sa victime. Il n’avait pas le temps pour de pareilles subtilités.

Bien mal lui en prit. Le lapin murmura d’une voix faible :

— Jamais vous ne nous… capturerez…

Et Chase sentit brutalement l’esprit du rongeur s’effondrer. Soudain, le noir, comme une télévision dont on débranchait la prise. Le mentaliste écarquilla les yeux et, sous l’effet de la surprise, son emprise télékinétique se relâcha et le corps du lapin retomba mollement au sol. Il se précipita vers lui et tenta de lui prendre le pouls, sans savoir exactement où placer ses doigts. Il souleva une paupière. Mais le lapin était bel et bien mort : il avait choisi de se sacrifier plutôt que de trahir son clan. Un sens de l’honneur qui déplaisait fort à Chase. En désespoir de cause, le jeune homme tenta d’accéder aux souvenirs rémanents de l’esprit, comme il l’avait fait, des semaines plus tôt, sous les conseils de Liam Archer, alors qu’il traquait le Valet de Sang grâce aux indices laissés dans l’esprit de ses victimes.

Mais le rongeur, pour être un mentaliste inférieur à lui, n’en était pas moins talentueux et son suicide psychique avait effacé toute trace de sa vie passée. Le Neutron-Grey laissa échapper un soupir contrarié, avant de sortir de sa poche son téléphone et de composer le numéro central du Bigsby Building.

— ALEX ? Tu peux m’envoyer la liste de tous les sites industriels désaffectés de Chinatown, s’il te plaît ?
— Tout de suite. Est-ce que tu as besoin d’aide ?
— Oh, non, je fais juste un peu d’exploration urbaine. C’est très à la mode, tu sais.

Mentir à un super-ordinateur, toute une histoire.

— Je t’envoie ça.
— Merci.

Chase raccrocha son téléphone et se redressa. Abandonnant derrière lui le cadavre du lapin, il se dirigea vers la présence psychique de Sydney, en espérant que ses propres recherches avaient été plus fructueuses que les siennes.
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Message posté : Lun 25 Nov 2013 - 19:22 Message
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Vu la réaction qu'eut Chase quand il assura qu'il survivrait, Sydney eut un énorme doute. Son indifférence était assez perturbante. Elle aurait pu comprendre une colère sourde, ou un remords se manifestant par la vérification de la survie de l'individu. Mais non. Juste le calme. Un peu comme quand il avait utilisé ses pouvoirs sans en montrer le moindre signe. La Stevens était partagée entre la suspicion sur les valeurs de son compagnon et l'admiration face à son sang-froid. Mais après tout, c'était un NG. Il n'en était pas à son premier rodéo. Loin de là. Malgré un air dubitatif qui flotta sur son visage, il sembla approuver le plan de la jeune femme et se dirigea vers le lapin dont il devait s'occuper.

- Essayez les carottes. Sait-on jamais.

Le Mentaliste s'éloigna donc. La brunette s'apprêtait à aller fouiller le reste du magasin, quand elle aperçut le bout du pied du vieux allongé derrière le comptoir. Poussant un soupir et arrachant par la même une nouvelle plainte à ses côtes, elle se dirigea vers lui et prit son pouls, vérifiant qu'il respirait. Difficilement. Elle le fit basculer sur le côté, lui entrouvrant la bouche pour qu'il ne s'étouffe pas, avant de commencer à chercher la fameuse Kobato. Se faufilant adroitement entre deux allées renversées du magasin, elle entendit des petits bruits aigus. Comme des plaintes. Sourcils froncés, signe de sa concentration pour repérer leur provenance, elle arriva bientôt devant une lapine qui devait faire sa taille, le poil blanc tâché par du sang sur sa tête, les jambes coincées sous une étagère. Pour une raison ou une autre, elle semblait ne pas avoir été affectée par les effets de la montre. Peut-être était-ce lié aux inscriptions incompréhensibles gravées sur le morceau du mur qui était juste à côté d'elle, et qui devait avoir servi de bouclier face aux effets de l'artéfact magique. La lapine jeta un regard terrorisé à la jeune femme, tentant de pousser tant bien que mal le meuble qui semblait lui faire atrocement mal aux pattes.

- Pitié... Aidez-moi...
- Et pourquoi je devrais faire ça ? grommela Sydney en croisant les bras.
- Mais... Je...
- Vos petits copains ont essayé de me faire la peau il y a moins de cinq minutes. Pourquoi je devrais vous aider ?
- Quoi ? Mais qu'est-ce que vous racontez ?

La Stevens haussa un sourcil. Cette chose pensait vraiment réussir à l'entourlouper de la sorte ?

- A moins que les lapins ninjas ne soient devenus une mode ces derniers temps, ça m'étonnerait que vous ne soyez pas avec eux.
- Ecoutez... Je viens de me réveiller, je ne sais même pas ce que je fais ici et je ne sens presque plus mes jambes ! Je ne me souviens de rien !

Sydney jaugea du regard la créature improbable. Tout indiquait qu'elle devait être, elle aussi, une Super. Soit c'était un piège particulièrement vicieux qui jouait sur ses valeurs de Légionnaire, soit c'était la pure vérité -ce qui était possible, au vu des blessures qu'elle présentait à la tête-. L'eurasienne poussa un soupir avant de frôler le pommeau d'un des sabres à sa ceinture qu'elle avait récupéré quand Chase avait paralysé le temps, signe de son hésitation.

- Votre nom est Kobato, murmura-t-elle en s'approchant de la lapine.
- Kobato... Vous... Vous me connaissez ?

La brunette s'agenouilla aux côtés du rongeur, saisissant son visage entre ses mains pour l'examiner. Ses pupilles dilatées semblaient exprimer une réelle terreur et elle avait une vilaine plaie au sommet du crâne. Elle lui sourit.

- Absolument pas. Je vais vous sortir de là. Elle se tourna vers l'étagère. Elle devait pouvoir la soulever, au moins durant quelques secondes. Je ne suis pas une brute épaisse. A trois, je soulève ce truc, et vous vous dégagez aussi rapidement que possible. Compris ? La lapine hocha vivement la tête. Okay, alors... Un... Elle posa ses mains sur le rebord du meuble, muscles tendus. Deux... Se préparant mentalement à la vague de brûlure qu'allaient lui envoyer ses côtes. TROIS ! Poussant sur ses jambes, tirant avec ses bras, elle parvint à soulever l'étagère dans un râle de douleur. Elle réussit à tenir une demi-douzaine de secondes, le temps que Kobato parvienne à se dégager. Elle relâcha l'objet qui retomba dans un grand fracas, posant sa main sur son flanc droit comme dans une vaine tentative d'étouffer la douleur. Putain... grogna-t-elle, le souffle court avant de se tourner vers la lapine. Ca va, vos jambes ?

La créature hocha vivement la tête pour confirmer. C'est alors que résonna un bruit de métal. En provenance de l'entrée. L'armoire qui la barricadait venait de prendre un coup, voire de tomber. Ne sachant pas où se trouvait le NG, elle beugla :

- Chase ! Faites gaffe, c'est probablement notre Coureur !

Sydney sortit l'un de ses sabres, parée à encaisser si jamais le lapin qui répondait au nom de Shû venait à elle. Mais il était censé s'occuper du Mentaliste en premier. Elle pria silencieusement qu'il sache bâtir un bouclier mental, ou qu'il puisse transformer leur ennemi en légume avant que ce dernier ne vienne à lui. Car, au vu de sa carrure, elle devinait que le corps-à-corps ne devait pas être son fort. Cette seule pensée la fit changer d'avis sur la démarche à suivre. Elle se tourna vers Kobato.

- Ne bougez pas d'ici, je reviens tout de suite.

Avant de se diriger vers l'entrée à toute vitesse.
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Message posté : Lun 25 Nov 2013 - 20:09 Message
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Il y avait décidément des gens qui ne savaient pas ranger leur magasin. Même s’il était (peut-être) légèrement responsable du chaos dans lequel l’échoppe du vieux Chinois avait été plongée, Chase n’en soupira pas moins en reprenant une difficile progression dans les décombres. Lukaz avait beau l’entraîner rigoureusement en prévision de leur futur cambriolage commun, la course sur terrain accidentée n’avait pas été à l’ordre du jour de leurs diverses sessions et, contrairement au Corbeau, le jeune mentaliste n’était pas un acrobate. Il faillit donc se tordre le pied dans un trou du parquet. Soupir.

Les choses ne s’arrangèrent guère quand un bruit sourd résonna contre la porte et que l’armoire tomba. Il n’avait pas eu le temps de sentir la présence psychique du Coureur arriver à eux. Trop rapide. Et l’avertissement de Sydney avait été tardif — à l’échelle temporelle du dit Coureur. Chase se retourna, avec une lenteur de gastropode, sans aucun doute, aux yeux de leur véloce lapin et constata que l’armoire vacillait. Mais entre le moment où il en eut conscience et celui où ses paupières se plissèrent légèrement pour repousser avec violence le meuble contre la porte, il s’était passé une éternité d’une ou deux secondes : la porte avait été ouverte, fermée et un souffle d’air avait agité ses cheveux.

— Euh… Sydney… ?

Eût-il été seul que sa réaction intuitive eût été de dégager dans le magasin une onde de choc mental. Cela dit, l’idée de lobotomiser sa seule alliée de la soirée en la transformant en dommage collatéral de sa lutte contre un lapin n’était probablement pas excellente. Chase ferma les yeux. Se concentra. Repéra la présence du lapin que sa rapidité rendait fluctuante. Prépara un choc mental bien calibré.

Et se mangea une patte dans la tronche.

— Ayeuh !

Un second coup de patte, sorti de nulle part, manqua de lui démolir le genou. En désespoir de cause, Chase éleva tout autour de lui une barrière de gravats, de sculptures immondes réduites en miettes et de bouts de meubles tombés de l’étage du dessus. Mais il se doutait bien que cela n’arrêterait pas longtemps son lapin violent et dans ce difficile affrontement dont il ne sortirait certes pas vainqueur, il ne voyait qu’une seule solution. Un peu trop aléatoire à son goût. Mais il fallait tenter le tout pour le tout.

Il sortit de sa poche son téléphone et composa rapidement le numéro du Bigsby Building, tandis qu’autour de lui, comme par flashs, un lapin apparaissait, observait d’un air contrarié les gravats et reprenait sa course. Les obstacles, tout autour de Chase, tombaient un à un. Le jeune homme essuya d’un revers de manche le sang qui lui coulait du nez et murmura d’une voix précipitée à son téléphone :

— ALEX. Autorisation temporaire maximale pour Sydney Stevens. Accès à la base de données. Accès au téléphone.

Puis il raccrocha et le téléphone s’envola de ses mains pour fuir subrepticement jusque dans celles du Corbeau. Une chaise fut jetée par une patte impatiente contre le mur et un nouveau coup fit sombrer Chase dans l’inconscience. Il aurait fallu être, ce soir-là, un passant particulièrement vigilant pour avoir le temps d’apercevoir, une seconde plus tard, un lapin gigantesque trimbalant sur son épaule une célébrité internationale. À toutes pattes, le lapin rejoignait le quartier général du clan, dans la veille usine, pour que ses supérieurs, plus au fait que lui des contraintes imposées par des Supers comme sa proie, eussent le temps d’établir leurs protocoles de sécurité.

Pendant ce temps-là, dans les mains de Sydney, le téléphone portable sonnait et affichait sur son écran :

ALEX
Bigsby Building
À l’intention de S. Stevens
Répondre S.V.P.

Le super-ordinateur avait la liste des usines à communiquer.

Chase, lui, ouvrit les yeux quelques minutes plus tard, avec un violent mal de tête. Attaché sur une chaise, menotté aux chevilles, menotté aux poignets, il murmura machinalement :

— D’habitude, j’adore ce genre de divertissement, vous savez, mais là, je ne suis pas tellement d’humour.

Sa vision se précisa finalement et il put constater que deux lapins musculeux, le bas du visage dissimulé par un foulard, le regardaient fixement. Chase, qui se doutait qu’on ne s’était pas contenté de menottes, jeta un coup d’œil à droite et à gauche. Sur une petite table médicale, un appareil affichait des courbes délirantes. Probablement ses ondes cérébrales. La chaise était reliée à un générateur par des fils électriques. Parfait. Le message était très clair.

— Vous avez le sens de l’hospitalité, il n’y a pas à dire.
— Silence ! Nous voulons le Corbeau.

Chase les regarda d’un air ouvertement interrogateur. Le lapin tapa sa grosse patte impatiente sur le sol.

— Alors ?
— Quoi ? Ah, je dois parler ? Silence, parle, silence, parle, vous me donnez la migraine.

Un coup de patte faillit lui dévisser la tête. Le jeune homme fit jouer les muscles de sa mâchoire pour s’assurer que tout fonctionnait bien. Il espérait sincèrement que le Corbeau serait à la hauteur de sa réputation, parce que là, il commençait à avoir un peu peur. Beaucoup, même : ces lapins n’avaient pas l’air franchement sympathiques.

— Le corbeau.
— Je ne suis pas ornithologue.
— Ne joue pas à l’idiot.
— Jamais sur une chaise électrique.

Et là, Sydney allait arriver, les sabres à la main.

Non ?

Par pitié.
Pensa Chase.
Mais pas trop fort — pour ne pas se faire électrocuter.
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Mieux vaut tenir un lapin que poursuivre un lièvre [Sydney & Chase]

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