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Degemer mat e Breizh (Lukaz)

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Message posté : Lun 4 Nov - 23:05 Message
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10 novembre 2013


— Titres de transport, s’il vous plait.


Chase releva les yeux vers le bedonnant contrôleur de la SNCF, qui se grattait le crâne sous sa petite casquette, une machine à la main. L’Américain retira les écouteurs de ses oreilles et ils se mirent à diffuser très, très bas une musique électronique. Il posa un regard interrogateur sur l’homme, qui répéta, avec la clarté d’élocution d’un Breton :

— Titres de transport, s’il vous plait.

Chase eut l’air un peu paniqué, parce que l’homme répéta une troisième fois, cette fois-ci en détachant bien tous les mots. L’Américain prit une profonde respiration et articula approximativement :

Mon ami a les tickets. Billets.

Son français s’était certes considérablement amélioré, parce qu’il avait employé à l’apprentissage une bonne partie de ses deux semaines de battement, entre l’UNISON et la DDS, mais il était encore loin de pouvoir tenir la moindre conversation à peu près courante et son répertoire se limitait à quelques phrases nécessaires aux interactions sociales basiques. Lukaz avait bien tenté de lui donner des cours, mais comme à chaque fois Chase finissait par lui faire du pied, voire par se glisser sous la table, les leçons de langue française se transformaient assez souvent en une autre sorte d’enseignement et la syntaxe du mentaliste ne progressait pas beaucoup. Il faut bien que jeunesse se passe.

— Et elle est où, votre amie ?
À la pièce de repos.

C’était pas gagné. Tout avait commencé quelques jours plus tôt, vendredi soir, quand le couple avait débarqué à Charles de Gaulle et que Chase avait tenté de suivre la conversation en français entre Lukaz et l’agent des douanes. Depuis, le mentaliste s’ingéniait à parler aussi souvent que possible en français, mais si les employés de l’hôtel de luxe dans lequel ils étaient descendus, à Paris, avaient tenu à s’exprimer en anglais, par courtoisie et aussi par manque de patience, quand il fallait décrypter les interrogations sibyllines de leur célébrissime client.

Pour l’heure, ils n’avaient pas fait beaucoup de tourisme. Ils étaient arrivés tard le vendredi soir et Chase avait passé toute sa journée de samedi de réunions en réunions, au Quai d’Orsay, à apprivoiser ce spécimen très particulier de la République française : le grand administrateur. Dans l’avion, Chase avait certes potassé les CV de ses futurs interlocuteurs, mais dans le dédale des IEP, des ENA et autres CPGE, il avait renoncé à donner du sens au système universitaire français et les domaines de spécialité ou l’autorité exacts de ceux qu’il rencontrait étaient encore flous pour lui, même les réunions passées.

Mais il avait obtenu à peu près ce qu’il était venu chercher : l’assurance qu’en Afrique, les Français ne chercheraient pas à mettre des bâtons dans les roues de l’équipe Argos. Depuis le début du mois de novembre, Chase s’était jeté dans le grand bain de la géopolitique et il avait compris rapidement que sur une bonne partie du continent africain, on ne composait pas, officieusement ou officiellement, sans l’ancienne puissance coloniale. En attendant de recruter un expert en relations internationales, il avait donc décidé de préparer le terrain lui-même, histoire de faire bonne impression.

Et puis, c’était une excellente excuse pour embarquer Lukaz. Chase était curieux de découvrir le pays d’origine de son petit ami. Après les réunions, qui s’étaient terminés assez tard le soir, les deux garçons avaient visité un peu la capitale, avant de se coucher tôt, pour embarquer dans le premier TGV. La chose était déjà extrêmement pittoresque. Pour un Américain habitué à voyager dans son propre pays par les vols intérieurs d’une multitude de compagnies locales qui opéraient dans des aéroports nains, le système ferroviaire français et ses trains qui renvoyaient les wagons américains à l’âge industriel étaient pour le moins saisissant.

Il y avait un seul problème avec cette merveille de technologie qu’était un TGV : l’ensemble du personnel parlait français. Donc, tout en fillant à une vitesse considérable vers Brest, où il prendrait un autre train avec un autre acronyme — les Français, il avait appris cela aussi, avaient une passion pour les acronymes qui tenait de la perversion — le contrôleur et Chase essayaient péniblement de communiquer. Ils furent tirés de leur malheur par le salvatrice retour de Lukaz et le Bigouden fonctionnaire put reprendre paisiblement sa tournée du wagon.

Chase rabattit l’écran de son ordinateur portable qu’un jeune étudiant en informatique, de l’autre côté du carré, avait observé avec des yeux ronds. Des ordinateurs comme ça, il n’en avait jamais vu. Après quoi, il avait détaillé Chase d’un regard soutenu et finit par le reconnaître. Depuis, il cherchait un moyen d’engager la conversation avec le célèbre super-héros. Sa réflexion fut considérablement perturbé quand le célèbre super-héros en question se pencha vers Lukaz, glissa une main vers sa nuque et l’attira pour l’embrasser, presque chastement.

Puis Chase sourit, sans comprendre qu’en s’enfonçant dans la Bretagne, ils s’enfonçaient aussi dans ce pays étrange où les gens élevaient des porcs, croyaient aux fantômes et avaient des calvaires devant leurs églises, dans cette terre de l’obscurantisme et de la consanguinité — ceci dit sans vouloir vexer personne, je suis moi-même à moitié Breton. Ce qu’il avait retenu, lui, pour l’heure, des descriptions de Lukaz, c’était les palets au beurre et le kouign-amann.

— J’aurais presque pu m’en tirer tout seul, tu sais.

Il était repassé en anglais, parce que c’était tout de même plus facile.

— Tu as décidé, alors ? Si on allait les voir ou pas ?

C’était la grande question restée en suspend depuis le début de leur périple : s’ils allaient ou non rendre visite à la famille de Lukaz. Chase avait renoncé à interroger trop directement son petit ami sur son enfance, parce qu’il n’avait pas très bien compris si le sujet était ou non douloureux, ni si les rapports de Lukaz avec ceux qui l’avaient élevé étaient simples ou compliqués. Il avait évoqué la possibilité de faire un détour par la Bretagne pour les saluer, puis repoussé la décision chaque jour un plus. Ils étaient dans le TGV et ils n’avaient toujours pas décidé, évidemment.

Chase était terrorisé. Il ne savait pas trop comment faire bonne impression à des forains bretons. Chaque jour, Lukas et lui prenaient conscience qu’ils avaient évolué dans des mondes complètement différents. Chase avait trouvé très naturel, par exemple, qu’une voiture de l’hôtel les attendît à leur arrivée à l’aéroport et que leur suite se composât d’un salon, d’une chambre et d’une immense salle de bain, surpassant la superficie de l’appartement de Lukaz à Star City. Le Breton n’avait pas eu l’air de partager son sens de l’évidence. Si les deux jeunes gens s’en accommodaient sans difficulté, Chase craignait qu’il n’en fût pas de même avec leurs familles respectives. Il n’avait pas envie de livrer Lukaz en pâture aux Neutron-Grey et, en se tortillant sur son siège, il se demandait s’il avait vraiment envie d’être jeté en pâture à la famille de Lukaz.
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Message posté : Mer 6 Nov - 20:06 Message
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Solar

ϟ Âge : 32
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/07/1985
ϟ Arrivée à Star City : 22/05/2012
ϟ Nombre de Messages : 6495
ϟ Nombre de Messages RP : 708
ϟ Doublons : Ezekiel Nakamura
ϟ Crédits : Smiley Vanille
ϟ Célébrité : Tom Felton
ϟ Âge du Personnage : 29 ans
ϟ Statut : célibataire libertin
ϟ Métier : voleur du Cartel Rouge
ϟ Réputation : Niveau 5
ϟ Signes particuliers : Blond cendré, yeux bleus, finement musclé, svelte et agile, un piercing à la langue, deux piercings dissimulés et un tatouage à découvrir...
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise des lames

- Absorption d’énergie solaire
- Absorption de la lumière
- Force solaire (8T)
- Résistance solaire
- Régénération solaire

- Projection d’énergie solaire
- Explosion aveuglante
- Stroboscope
- Rayon solaire
- Flèche solaire
- Lame solaire
- Sabre-laser

- Immunité solaire
- Immunité aux laser

- Vol solaire

- Forme invisible

- Forme lumineuse

- Physiologie solaire
- Subsistance solaire

- Photoportation

- Contrôle thermique

- Brouillage mental

- Costume renforcé
- Costume autorégulé
- Protèges-poignets lance-fléchettes
- Lunettes de vision nocturne
- Lunettes ultra-photoniques
- Ceinture utilitaire (recycleur d'air, balles fumigènes, billes incapacitantes, bombes collantes, bombes électriques, boule disco lévitante, émetteurs à ultrasons, spray réfrigérant)
- Armes : accumulateur stellaire, filet d'Hélios, pistolet tranquillisant pliable, revolver apache de maître
- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

- Scorpio (super-voiture)
- Nisshoku (super-voiture)
- Nautile bioluminescent (submersible)
- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
- Clank (robot)
- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
- Forteresse Onirique (base)
La France... En partant vivre aux États-Unis, Lukaz n'avait pas vraiment pensé au fait qu'il pourrait y revenir un jour. C'était bien là qu'il était né et c'était aussi là qu'il avait grandi mais quand on lui avait fait comprendre que le mieux pour lui et pour les autres restait qu'il s'éloigne, le jeune homme avait perdu toutes ses attaches. Aussi, quand on lui en avait proposé de nouvelles, il n'avait pas vraiment hésité à quitter ce pays pour lequel il ne ressentait pas grand chose de particulier. Pourquoi l'aurait-il dû, d'ailleurs ? Sa véritable famille lui était totalement inconnue et il ne savait absolument pas qui pouvaient bien être ses parents... Quant à sa famille d'adoption, elle l'avait aimé à sa façon mais tout cela avait fini par prendre fin. Au début, il leur en avait voulu, longtemps. C'était d'ailleurs pour cela qu'il avait pris la décision de ne plus jamais s'attacher, parce que c'était bien trop dangereux. Et puis, il avait fini par les comprendre, même s'il ne les approuvait pas. Lukaz savait que ses choix de vie étaient mauvais, par rapport au sens commun des choses, mais et alors ? Que les forains n'aient pas voulu d'un drogué et d'un voleur dans leurs rangs, soit, c'était compréhensible. Ils n'avaient déjà pas toujours une bonne réputation alors autant éviter d'attirer la suspiçion au maximum. Mais, même ça, ça ne justifiait pas tout. Chase savait qu'il volait et ça ne le dérangeait pas le moins du monde. Il savait aussi que Lukaz avait pris de la drogue et là encore, même s'il avait semblé surpris, il n'avait encore rien dit. Alors si lui pouvait le faire, pourquoi ceux qui l'avaient élevé depuis qu'il était un enfant ne le pouvaient pas ? Difficile à dire.

C'est donc pour cela que le Français avait hésité un moment, lorsque Chase lui avait parlé de son voyage. Retourner en France, peut-être revoir sa famille, c'était des choses auxquelles il n'avait jamais songé et voilà que ça lui tombait dessus. Cela dit, il ne se voyait pas refuser un voyage avec Chase et le laisser se débrouiller seul dans un pays étranger alors qu'il pouvait l'aider... C'était juste inconcevable. Et voilà comment il s'était retrouvé dans un avion à destination de Paris où Lukaz avait découvert un peu plus la vie luxueuse à laquelle avait droit un Neutron-Grey, au point de se sentir presque honteux de le faire vivre dans son appartement de Star City. Finalement, le déménagement ne serait peut-être pas une mauvaise idée. Dans le même temps, il avait pu redécouvrir la vie à la française et le plaisir d'entendre parler sa langue maternelle un peu partout, au point qu'il s'était laissé aller à se promener dans les rues pendant que son petit ami était occupé à des affaires beaucoup plus importantes.

De retour de la salle de repos, l'ami de Chase qui apparut dès lors parfaitement masculin aux yeux du contrôleur, arrangea la situation avant de reprendre sa place aux côtés de son petit ami qui, même ici, loin de Star City, attirait encore et toujours les regards. Il était évident qu'après ce voyage, l'homosexualité du blondinet ne serait plus remise en cause par une quelconque journaliste d'investigation. Sans compter le voyage romantique à Paris, bien évidemment. Répondant au baiser qui allait achever le supposé mariage de Chase avec une jeune avocate, Lukaz sourit devant cette démonstration publique de leurs sentiments. S'il était vrai qu'ils sortaient souvent ensemble et ne se retenaient pas forcément, le fait qu'ils fréquentent des lieux plus adaptés à un couple comme le leur avait minimisé l'impact de tout cela, sans compter les fameuses rumeurs au sujet de la vie sentimentale du Neutron-Grey. Mais avec ce voyage, les choses allaient être bien différentes, surtout après les clarifications de Chase. Était-ce un drame ? Le Français ne le savait pas encore, même s'il hésitait entre le plaisir de vivre enfin pleinement la vie de Chase ou la crainte d'être un jour sous le feu des projecteurs.

Face à la remarque de son petit ami, Lukaz ne put s'empêcher de rire. « Oh, mais j'en doute pas. Cela dit, c'était quand même moi qui avait les billets, du coup... Mais c'est vrai que ton français s'améliore ! » Quant à la suite, c'était LA question du moment et le gros souci, c'était qu'il n'avait pas encore vraiment pris sa décision. « Je ne sais pas trop... » Revoir sa famille ou non. Choix bien difficile. « Tu sais, dans un sens, je peux comprendre leur choix. J'avais pas forcément été très malin à l'époque et bon, les erreurs, on en fait tous. Alors, ils ont peut-être eu raison, même si je sais pas... Tu l'as accepté, toi, alors pourquoi pas eux ? » Sauf que ça, il ne pourrait évidemment pas le savoir sans le leur demander, ce qui impliquait de les voir. « En même temps, s'ils m'avaient pas demandé de partir, je serais jamais allé à Star City et je t'aurais jamais rencontré, du coup, on peut dire qu'ils ont fait ça pour mon bien, non ? » Se penchant vers Chase pour déposer un baiser au coin de ses lèvres, le Français souriait malgré tout. Observant un moment le paysage extérieur, il finit par reprendre la parole. « Mais je pense qu'en fait, ça peut être pas mal que j'aille les voir. Au moins pour montrer ce que je suis devenu. Puis, pour leur dire qu'ils se sont trompés, vu que j'ai pas mal tourné. » Oui, enfin, sauf si on considérait qu'être un voleur pour le compte de la Triade, c'était tourner mal, évidemment. Mais il avait un travail – sans doute plus pour très longtemps – un petit ami mignon et célèbre, une vie sympa et loin de la prison, il ne se droguait même plus, alors autant dire que tout allait pour le mieux.

« Tu sais, je sais pas comment tu te les imagines, mais... Tu risqueras d'être surpris. J'ai pas vraiment une famille comme les autres... » Même si ça, c'était aussi le cas de Chase, évidemment. « Ceux qui se sont occupés de moi, je les ai toujours considérés comme mon père et ma mère, mais officiellement, y a rien de ce genre. Et puis, ils étaient pas forcément des parents toujours aimants, mais ça, c'est normal, je pense. Je me suis souvent demandé s'ils n'en savaient pas plus sur moi qu'ils ne disaient mais bon, j'ai jamais pu vérifier... » Un point qu'il n'avait encore jamais évoqué mais bon, le moment était peut-être arrivé. Ses origines ne perturbaient pas vraiment Lukaz et il se moquait un peu de savoir qui étaient ses parents. Mais quand même, savoir d'où on venait, ça pouvait toujours servir, rien que pour savoir d'où lui venaient ses pouvoirs de mutants. « Mon... père. Il sera sûrement surpris de te voir. Pas parce que tu es un garçon, hein, ça, je pense qu'il s'en moque. Mais c'est juste que je pense pas qu'il s'attendait à ce genre de choses de moi. J'imagine qu'il doit me penser en prison, à l'heure qu'il est... Ma mère, ça lui fera sans doute plaisir, par contre. Et puis les autres... Ils sont tous plus ou moins comme nous, en fait. Des mutants. » Parce qu'en effet, la foire que tenait le père de Lukaz accueillait de très nombreux mutants en son sein, même s'il y avait quand même quelques forains parfaitement humains. En plus d'être un lieu d'amusement, c'était aussi un endroit où l'on pouvait trouver sa place et vivre normalement sans être soumis aux lois ou aux règlements de la société, ce qui valait au jeune homme d'avoir développé le caractère qu'il avait sur ce point.
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Message posté : Mer 6 Nov - 22:03 Message
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Relativement indifférent aux regards que leurs baisers pouvaient leur attirer, Chase était bien trop occupé à s’imaginer un dîner de famille entouré par des forains bizarres et francophones pour se soucier de l’effet que leurs très chastes (la plupart du temps) gestes d’affection produisaient sur les observateurs extérieurs. Il avait été profondément soulagé, en vérité, de pouvoir mettre un terme aux rumeurs qui avaient inondé la presse à propos du couple idyllique que Charlie et lui auraient formé, particulièrement parce qu’il se sentait plus à même, désormais, d’incarner le rôle un peu difficile du super-héros d’action homosexuel qu’il ne l’avait été durant sa jeunesse. Une façon de prendre ses responsabilités.

Ce qui inquiétait Chase, c’était donc la fameuse foire, ses forains et ce qu’ils pourraient penser de lui. D’abord, parce qu’il avait beaucoup de mal à se représenter l’ambiance dans laquelle avait grandi Lukaz. Rappelons qu’il n’avait découvert les fêtes foraines qu’à la fin du mois d’août, en compagnie de celui qui allait devenir son petit ami, alors l’immersion dans le monde forain serait un rôle de composition. Ensuite, Lukaz ne débordait pas forcément de joie et d’assurance à l’idée de ces retrouvailles — ce que Chase était bien placé pour comprendre, naturellement.

Cependant, la discussion qu’il avait pu avoir avec Maxime, quelques jours plus tôt, et la mésaventure que Tesla et lui avaient partagé dans la dimension de Gemini, en le rapprochant encore un peu plus de sa propre fratrie, lui avaient fait mieux sentir l’importance que la famille, même bizarre, même contradictoire, même NG, avait pour lui, et il lui paraissait capital que Lukaz pût, sinon renouer avec la sienne, du moins explorer sereinement ses difficultés. Certes, ce n’était pas un conseil qu’il s’appliquait entièrement à lui-même, puisqu’il louvoyait toujours entre les conversations avec son oncle, mais enfin.

— Tu sais… Je ne suis pas vraiment un spécialiste de la famille, et pour tes parents, je ne suis pas sûr d’être le mieux placé pour interpréter, parce que…

Eh bien, parce que des parents, il n’en avait jamais eu. Jamais connu, en tout cas. Ce n’était pas un manque : les NG avaient comblé le vide, sans aucun doute. Il haussa les épaules.

— Juste, tu sais, les gens font des erreurs. Partent en colère. Ça ne veut pas dire qu’ils ont tout à fait tort, mais pas non plus qu’ils aient tout à fait raison ou soient incapables de revenir sur la question. Pas mal de temps a passé, ils ont sans doute changé, et toi aussi. Bon, tu ramènes avec toi un bourgeois américain geek et mâle, ce n’est pas forcément un bon point, mais on fera avec.

Il avait eu un sourire nerveux. Est-ce que les forains avaient seulement jamais joué à la Wii ? Dans le cas contraire, comment briseraient-ils la glace, s’ils ne pouvaient pas faire du bowling virtuel ? La conversation pourrait-elle rouler naturellement sur les principes simples de la mécanique générale, d’expérience la meilleure manière de faire connaissance ? Rien de tel qu’un petit débat sur les moments, les forces résultantes ou les rotations pour lancer une soirée. Voilà. Chase était un peu plus stressé.

Le reste du voyage se passa en des épisodes de Star Trek, la série originelle, parce que Lukaz était un petit ami exemplaire et qu’il faisait preuve d’une patience remarquable, même devant la science-fiction désuète, et des petites questions angoissées de Chase, sur les règles de politesse, s’il devait serrer la main, s’il fallait les appeler « Monsieur » et « Madame », s’ils parlaient français, s’il y avait des sujets à aborder, etc. Difficile de dire qui des deux jeunes hommes était le plus angoissé par ces fameuses retrouvailles.

Chase essayait de se rassurer en songeant aux innombrables étapes qui les attendaient encore avant de rejoindre la foire : changer de train à Brest pour Quimper, s’installer à l’hôtel à Quimper, paniquer en tournant en rond dans la suite, etc. Quelques heures plus tard, de gare en gare et de train en taxi, le couple déposait ses bagages — enfin, on déposait ses bagages pour lui — et Chase contemplait la chambre, bien plus fruste que leur suite parisienne, mais après tout, ils payaient un peu moins de 200 euros la nuit. Quasi un Formule 1.

— Est-ce que tu crois qu’il faut que je me change ?

Chase s’observait depuis une longue minute dans le miroir de la salle de bain. Avec sa chemise noire et son jeans, il était sans doute trop… pas assez…

— Parce que j’ai d’autres vêtements, ou on peut acheter d’autres vêtements, peut-être que je devrais passer chez le coiffeur, ou…

Il était très fort pour trouver des excuses et reculer le moment fatidique. Le jeune homme sortit de la salle de bain, comme une pile électrique, et s’approcha de Lukaz.

— Ils vont me détester, c’est sûr.

On ne savait toujours pas pourquoi, mais il en était désormais convaincu : ce devait être d’avoir attendu les mouettes rieuses se moquer de lui en débarquant du train. Chase avait le complexe de l’Américain cultivé qui débarquait en France : il se sentait grossier et trop moderne. Le spectacle quimpérois et le détour par la cathédrale lui avaient fait prendre conscience qu’ils étaient dans une terre de tradition. Ça et les cartes postales pour touristes qui vantaient les mérites de la coiffe bigoudène le plongeaient dans un pays de traditions un peu plus anciennes que la Guerre de Sécession (qui a cessé, c’est sûr).

— Tu vas avoir honte de moi, déjà que tu me présentes pas à tes amis…

Oui, ça sortait de nulle part, mais sous l’effet du stress, Chase laissait affleurer ses angoisses annexes informulées, parce qu’il les trouvait ridicules. Le couple avait vécu dans une osmose fusionnelle guère propice aux interactions sociales, depuis l’emménagement de Chase, en tout cas aux interactions sociales à deux avec de tierces personnes, et en dehors des visites éclairs d’Abban venu réclamer un contrôle technique pour sa voiture ou partager des informations avec Lukaz, Chase n’avait pas d’idées précises sur l’environnement de son petit ami.

Il avait donc fini par adopter un raisonnement très sain et auto-dépréciateur, comme la plupart du temps : Lukaz avait un peu honte de lui. Cela lui semblait à la fois horrible et tout à fait naturel, donc il s’était abstenu de faire la remarque. Ce fut d’ailleurs sans ciller qu’il enchaîna :

— …si en plus je rate mon coup avec ta famille, ce sera la catastrophe.

Dire que Chase n’était pas très sûr de ses charmes relevait de l’euphémisme et Lukaz avait beau le regarder d’un air perpétuellement énamouré (et le peloter en conséquence, histoire de bien lui faire comprendre), le jeune homme était toujours capable de penser que son petit ami allait partir du jour au lendemain avec le caissier du supermarché ou, pire, la caissière (il y avait des choses, décidément, qu’il ne comprendrait jamais).

— Peut-être que si on écrivait mes répliques à l’avance, je pourrais les apprendre par cœur avant qu’on y aille et ça se passerait mieux ?

Peut-être, hein. Sinon, il pouvait essayer de se déguiser en femme à barbe, pour mieux se fondre dans le paysage.
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Message posté : Jeu 7 Nov - 22:14 Message
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ϟ Date de Naissance : 27/07/1985
ϟ Arrivée à Star City : 22/05/2012
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ϟ Doublons : Ezekiel Nakamura
ϟ Crédits : Smiley Vanille
ϟ Célébrité : Tom Felton
ϟ Âge du Personnage : 29 ans
ϟ Statut : célibataire libertin
ϟ Métier : voleur du Cartel Rouge
ϟ Réputation : Niveau 5
ϟ Signes particuliers : Blond cendré, yeux bleus, finement musclé, svelte et agile, un piercing à la langue, deux piercings dissimulés et un tatouage à découvrir...
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise des lames

- Absorption d’énergie solaire
- Absorption de la lumière
- Force solaire (8T)
- Résistance solaire
- Régénération solaire

- Projection d’énergie solaire
- Explosion aveuglante
- Stroboscope
- Rayon solaire
- Flèche solaire
- Lame solaire
- Sabre-laser

- Immunité solaire
- Immunité aux laser

- Vol solaire

- Forme invisible

- Forme lumineuse

- Physiologie solaire
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- Armes : accumulateur stellaire, filet d'Hélios, pistolet tranquillisant pliable, revolver apache de maître
- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

- Scorpio (super-voiture)
- Nisshoku (super-voiture)
- Nautile bioluminescent (submersible)
- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
- Clank (robot)
- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
- Forteresse Onirique (base)
Dans le train, Lukaz ne prêtait plus vraiment attention aux gens qui les entouraient, se concentrant davantage sur le problème du moment et les explications de son petit ami. Il était vrai que Chase avait raison. Tout le monde fait des erreurs et après tout, il ne savait pas si ses parents avaient ou non regretté ce qu'ils avaient décidé puisqu'il n'avait plus eu le moindre contact avec eux depuis lors. Et puis, lui-même avait eu quelques torts, dans cette histoire, alors comment aurait-il pu leur en vouloir ? Auprès de son compagnon, il avait découvert qu'il avait lui-même fait erreur en décidant qu'il ne se lierait jamais à personne alors pourquoi n'aurait-il pas pu en être de même pour ses parents ? Il ne le saurait qu'en allant les voir... « Tu as raison. Ça serait bête de ne pas le faire. » Se penchant ensuite à nouveau vers lui, Lukaz embrassa Chase sans aucune honte ou gêne. « Puis arrête, tu seras toujours un bon point. C'est déjà grâce à toi que je fais tout ça, non ? »

Le voyage se poursuivit ensuite tranquillement, ponctué par des épisodes de Star Trek, série télévisée dont Lukaz n'avait même jamais entendu parler mais qu'il regarda pour faire plaisir à son grand amour, ainsi que par des questions existentielles qui semblaient tétaniser Chase. Entre baisers et caresses, au point qu'on eut bientôt appelé la brigade des mœurs, le Français chercha à rassurer son petit ami, se trouvant dans le même temps beaucoup moins stressé qu'il aurait dû l'être. Du TGV, ils passèrent à un autre train, puis à un taxi et finalement, ils arrivèrent à l'hôtel dont la chambre était beaucoup moins grande que celle de celui de Paris, tout en restant presque mieux que son propre appartement de Star City.

Mais alors qu'il ouvrait une valise sur une table pour en chercher un nouveau tee-shirt, Lukaz entendit la voix de Chase en provenance de la salle de bain. Il était vraiment sérieux ? Se changer ? Acheter des vêtements ? Il n'avait pas encore vu le genre d'endroit où il avait grandi, c'était évident. Délaissant sa propre recherche pour se retourner et porter son attention sur son petit ami, le Français ne put s'empêcher de secouer la tête en souriant devenant l'attitude de Chase. Un peu plus et on aurait dit qu'il allait le présenter à sa famille très unie en prévision d'un mariage à venir. Quant à ce qui suivit, cela lui fit quelque peu perdre son sourire au profit d'une expression bien plus sérieuse. Parce qu'en effet, si Chase en venait à dire cela, c'était tout simplement qu'il devait le penser. Mais depuis combien de temps ? Pourquoi n'avait-il rien dit avant ? Se sentant coupable bien qu'il n'y avait aucune raison pour qu'il le soit, Lukaz garda le silence en laissant son petit ami poursuivre.

Quant Chase eut fini, le Français s'approcha de lui pour le saisir par les épaules et, le fixant un moment droit dans les yeux, il l'embrassa tendrement. Lorsque leur échange prit fin, il conduisit délicatement son petit ami jusqu'au lit avant de l'inciter à s'asseoir, s'agenouillant dans le même temps face à lui. Les mains posées à plat sur les cuisses du blondinet, Lukaz leva les yeux vers lui, laissant apparaître un léger sourire sur ses lèvres. « Tu sais, t'es très bien comme ça, pas besoin de te changer ou de te recoiffer. On va juste leur rendre visite. Ensuite, pour le reste... » Il soupira un instant en secouant la tête avant de reprendre. « Ils vont t'adorer, j'en suis certain. On est tous pareil, alors y a aucune raison. T'es un mutant, comme moi. Comme eux. C'est ça, qui compte le plus. » Parce que oui, la foire était en quelque sorte un refuge pour les mutants mal-aimés ou qui avaient rencontré des problèmes au cours de leurs vies, ce qui expliquait que le père de Lukaz n'avait pas vraiment eu envie que son fils adoptif attire l'attention de la police sur eux en volant les portefeuilles des touristes ou en se droguant.

« Tu sais, j'ai pas honte de toi. Je vois même pas comment je pourrais avoir honte, en fait, alors ça me surprend que tu penses ça. Enfin, pas vraiment non plus, en fait, parce que j'ai déjà remarqué que la confiance en soi, c'était pas ton fort... Mais franchement, j'ai un petit copain canon qui a construit lui-même une forteresse volante dans le monde des rêves. Tu crois vraiment que c'est un motif d'avoir honte ? Si quelqu'un devait avoir honte, c'est toi. Je suis rien qu'un bricoleur sans aucun diplôme, après tout... » Et c'est peut-être pour ça que Chase ne l'avait pas encore présenté à la fameuse Charlie qui habitait à une telle distance de chez eux qu'il fallait descendre deux étages. Pourquoi n'avait-il pas encore pensé à l'inviter pour boire un café ou pour simplement les présenter l'un à l'autre ? « Et des amis, ben disons que j'en ai pas vraiment. Tu en connais déjà un, en fait. » Et en effet, Chase connaissait Suzaku et il ne l'aimait pas spécialement. Alors sachant que la vie passée de Lukaz avait été mouvementée en ce qui concernait les affaires de la chair, il préférait éviter de présenter à Chase des garçons et des filles susceptibles de lui donner encore plus de raisons de douter de lui. Mais de toute façon, dans les faits, les amis de Lukaz devaient se compter sur les doigts de la main...

« La plupart de mes amis, si on peut les appeler comme ça, c'est des gens bizarres du Circus... Y en a un qui combat là-bas et qui est parfois effrayant, faut l'avouer. Bon, j'étais en vacances avec lui, donc je suppose qu'on est vraiment des amis, mais je suis pas certain que tu l'apprécies. Cela dit, si tu veux, je te le présenterais à notre retour. C'est un mentaliste, aussi, je crois. » Une rencontre entre Colin et Chase... Ça pouvait donner quelque chose de très étrange mais bon, si Chase tenait vraiment à rencontrer ses amis. Pas sûr qu'ils allaient sortir ensemble pour boire des verres et rigoler mais après tout, pourquoi pas. « Y a aussi un garçon qui vit dans la rue et qui me donne parfois des infos. Il est sympa même s'il est parfois un peu bizarre... Lui, je pourrais peut-être l'inviter à la maison, un jour. Mais tu sais, ces gens, ils sont peut-être mes amis, dans un sens, mais depuis que tu es venu vivre chez nous, je les ai pas revus. C'est pas... Je sais pas. C'est pas comme si je sortais boire des verres avec eux, avant, ni rien de ce genre. Je te l'ai déjà dit, j'ai toujours évité de me lier aux autres et c'est pareil à ce niveau-là. Alors si je t'ai pas présenté à eux, c'est absolument pas à cause de toi. Ça le sera jamais. Je suis juste trop heureux que tu sortes avec moi. Jamais j'aurais pu l'espérer et pourtant, c'est le cas. Les amis, j'en ai pas vraiment... Mais au moins, je pourrais te présenter le monde dans lequel j'ai grandi et mes parents. Parce que je sais que ça se passera bien et que je serais trop fier et heureux de pouvoir le faire avec toi. » Souriant à nouveau, Lukaz se redressa un peu pour déposer un tendre baiser sur les lèvres de son petit ami. « J'ai envie de te montrer les manèges que j'ai fait quand j'étais petit, j'ai envie de faire de la barbe à papa, de te faire connaître les gens que j'ai connu. Tu as raison, revenir n'est peut-être pas une mauvaise chose, mais je veux le faire uniquement si c'est avec toi. Sinon, j'y vais pas. »
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Tous pareils ? Chase n’avait jamais vu les choses comme cela. La solidarité mutante, c’était un concept un peu étrange pour lui, parce que Jack lui avait bien ancré dans l’esprit qu’il était exceptionnel — y compris dans ce que l’exception avait de pire : la parfaite solitude. Jamais Chase ne s’était senti proche de quelqu’un sous prétexte qu’ils partageaient des gènes un peu étranges, parce qu’entre Abban le téléporteur et lui qui lisait dans l’esprit des gens, il y avait peut-être plus de différences qu’entre Abban et un humain.

Mais comme parfois Chase se sentait soulagé lorsqu’il rentrait dans un bar gay et que le monde ne lui présentait plus, en permanence, des couples de garçons et de filles pour seul modèle, il pouvait comprendre quel confort il y avait à être entouré de mutants et à savoir que ce qui paraissait, pour le reste du monde, une particularité n’était, là-bas, qu’un trait de la personnalité. De là à croire qu’il serait bien accueilli sur le seul prétexte que ses chromosomes étaient excentriques, il y avait encore un pas à franchir.

Cette préoccupation fut cependant bien vite balayée par le discours de Lukaz — on aura tous remarqué que Lukaz était un grand bavard. Chase fronça légèrement les sourcils. Il avait toujours considéré la chose comme une évidence. Lukaz avait des amis qui étaient sans doute tous de talentueux criminels et ces talentueux criminels ne voulaient rien avoir affaire avec le fils de la bourgeoisie trop sage qu’il était. Il n’était pas comme cette fille qu’ils avaient croisée au Circus, la fameuse informatrice-et-plus de Lukaz, qui était pleinement intégrée à ce milieu.

Une fois de plus, les assurances de Lukaz firent leur chemin dans l’esprit de Chase, construisant à chaque fois un peu plus la confiance du mentaliste et le tirant, petit à petit, de la gangue de doutes et de dévalorisation dans laquelle il s’était enfermé depuis de longues années. Chase prit les mains de Lukaz pour l’inciter à se relever, un peu mal à l’aise de le voir à genoux en face de lui — sauf dans certaines circonstances que nous ne détaillerons pas ici, parce que nous sommes en Bretagne, et que la Bretagne, c’est une terre de moralité catholique.

— Tu viens ? On fait un câlin. Avant de partir.

Oui, et un câlin chaste, n’est-ce pas, Melissande ? Chase allongea chastement Lukaz sur le lit et vint chastement se faufiler entre ses bras pour poser chastement une main chaste sur le torse de son petit ami.

— Si ton autre mentaliste, là, c’est Colin, je connais déjà.

Il releva les yeux vers Lukaz.

— Je l’ai croisé au cirque. Et puis, après… Je ne sais pas, j’étais perturbé, je suis allé le voir. Je ne savais pas trop où j’en étais. Mais finalement, je me suis dit qu’il avait moins à m’en apprendre sur moi-même que toi.

D’une certaine manière, c’était grâce à Colin — et un peu malgré lui, sans doute — que Chase avait mesuré toute l’importance que son couple avec Lukaz, encore jeune, avait prise pour lui. Grâce au Planificateur, aussi. En somme, les deux garçons employaient des psychopathes finis pour leur servir de conseillers conjugaux, une méthode parfois dangereuse mais apparemment toujours efficace.

— Tu sais, je n’ai pas de diplôme non plus. Et tu n’es pas juste un bricoleur, tu es un super-héros de la liberté.

Chase n’aurait probablement pas trouvé beaucoup de personnes pour soutenir avec lui la théorie de Lukaz en super-héros, mais lui, il en était fermement convaincu. Lukaz lui avait sauvé la vie. Ouvert les yeux pour de bon. Lukaz avait le courage de ne pas se plier aux règles. Lukaz était beau et il sentait bon le sable (chaud — un exploit pour un Breton).

— Moi, je te présenterai à Charlie. Et Melissande, aussi. Elle dirige un opéra, tu verras, elle est gentille. Un peu… Mais gentille. Et Keiko, si elle a le temps. Et on se fera des amis. On s’inscrira, je sais pas, dans un club, et on trouvera des gens. Des gens un peu plus rassurants que Colin.

L’affection que Chase pouvait avoir pour Gula était somme toute très limitée et il préférait de loin que Lukaz se liât à des individus, sinon plus recommandables, du moins un peu moins portés aux traumatismes. Le mentaliste laissa échapper un soupir et se serra un petit plus contre Lukaz, profitant encore un peu de la chaleur simple et protectrice du jeune homme, avant de se décider à se lever pour de bon et à se mettre en route, pour affronter le monde terrible des forains bretons.

À nouveau, Chase délégua à son compagnon la lourde tâche d’assurer toutes les interactions sociales. Déjà qu’il avait eu du mal à comprendre les Parisiens, alors le chauffeur de taxi breton, qui devait les conduire jusqu’à la foire, relevait de la mission impossible. Il ne put donc pas profiter du discours subtilement raciste — une tradition locale — que le chauffeur tint à propos de ces forains, qui appartenaient selon lui à la mafia roumaine, volait sans doute des montres et trafiquaient leurs stands pour qu’on ne pût pas gagner les plus grosses peluches.

Il suffisait cependant d’observer Lukaz pour devenir que ce discours en français précipité à cent à l’heure n’était pas des plus agréables et Chase posa la main sur la cuisse de son petit ami, en geste d’apaisement, ce qui permit au chauffeur d’enchaîner sur une désolante complainte à propos du mariage homosexuel, même s’il n’était pas homophobe, non, pas du tout, tenez, le cousin de la tante de sa femme avait vécu avec un homme. Mais tout de même, ce n’était pas la même chose.

Privé, à cause de ses lacunes linguistiques, de cette vivante et pittoresque incarnation du terroir français, Chase se rabattit sur la contemplation du paysage (une minute) et la contemplation de Lukaz (le reste du temps). Il songeait encore à la manière dont son petit ami venait de le consoler, à toutes les fois où il avait eu l’angélique patience d’écarter ses doutes, et s’ils n’avaient pas été dans un taxi, il se fût sans doute à nouveau jeté contre lui.

Il n’eut de toute façon pas le temps de mettre son plan à exécution. Leur babillant chauffeur les déposa à l’entrée d’une foire. Alors que la voiture s’éloignait, Chase se rapprocha instinctivement de Lukaz. Pour se donner du courage, il murmura :

— Je t’aime.

Il espérait qu’au moins il n’y aurait pas de clown.
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Message posté : Ven 8 Nov - 20:13 Message
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- Lunettes de vision nocturne
- Lunettes ultra-photoniques
- Ceinture utilitaire (recycleur d'air, balles fumigènes, billes incapacitantes, bombes collantes, bombes électriques, boule disco lévitante, émetteurs à ultrasons, spray réfrigérant)
- Armes : accumulateur stellaire, filet d'Hélios, pistolet tranquillisant pliable, revolver apache de maître
- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

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- Nisshoku (super-voiture)
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- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
- Clank (robot)
- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

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- Forteresse Onirique (base)
Il était vrai que Lukaz était un garçon très bavard mais de cela, il ne s'en rendait pas vraiment compte. Néanmoins, il lui arrivait parfois de constater que ses incessants propos avaient quelque chose de gênant pour les autres et il s'abstenait alors de continuer à parler, pour au moins quelques instants. Mais cela ne durait jamais vraiment et il se devait reprendre, même si l'instant ne s'y prêtait pas vraiment. Il n'y avait en réalité que lorsqu'il faisait l'amour avec Chase qu'il arrivait à se taire, et encore, uniquement quand ses propres lèvres étaient occupées par d'autres activités. Bien entendu, quand son petit ami faisait la démonstration de l'un de ses moments de doute, Lukaz se faisait encore plus bavard, comme si son flot de parole pouvait parvenir à évacuer les doutes ou au moins, à le dissiper. Par chance, les paroles en elles-mêmes étaient bien plus puissantes et une fois de plus, elles firent merveille.

C'est donc en souriant que le Français se releva et, qu'invité par son si mignon petit ami, il s'installa sur le lit pour l'enlacer avec tendresse et amour. La surprise vint alors le saisir, Lukaz ne se doutant pas le moins du monde que Chase ait pu connaître Colin ailleurs qu'au Circus. Mais il était vrai que le jeune homme était étudiant et que de fait, il devait aussi avoir une vie parfaitement normale qui avait dû lui permettre de faire la connaissance d'un mentaliste comme Chase. Quant au cirque dont il était question, ce devait être celui où il avait récupéré la Clé des Rêves... Quel rôle Colin avait pu jouer là-dedans ? Difficile à dire. « Oui, il s'appelle bien Colin et je suppose qu'on parle du même. » Croisant le regard de Chase, Lukaz se permit un petit sourire. « Je ne sais pas exactement ce que vous avez en commun, comme pouvoirs, mais ça peut toujours servir de rencontrer des gens comme lui. C'était un peu pareil pour moi, en fait, quand j'ai fait sa connaissance. » Et en effet, à cette époque là qui remontait presque aux débuts de l'arrivée de Lukaz à Star City, il s'était trouvé des points communs avec Colin. Ce qui était en réalité bien plus vrai aujourd'hui. Après tout, tous les deux se nourrissaient d'une forme d'énergie pour augmenter leurs propres capacités et même si les énergies étaient très différentes, il était indéniable qu'il y ait des éléments communs. Mais ce n'était guère le plus important, maintenant.

Puis Chase recommença ce qu'il avait déjà eu pour habitude de faire, à savoir de ne pas minimiser Lukaz et de même plutôt chercher à le grandir en établissant des parallèles entre eux. Même si Chase n'avait pas de diplôme, ça ne voulait pas dire qu'il n'avait pas les capacités de l'avoir. Lukaz en était certain, son petit ami aurait pu passer n'importe quel diplôme de son choix, ce qui n'était guère le cas du Français. Mais il appréciait malgré tout la manœuvre et se voir comme un super-héros de la liberté dans les yeux de son petit ami, c'était un vrai bonheur. Déposant un baiser au creux du cou de son compagnon, il l'écouta ensuite parler de ses amies et Lukaz nota qu'il ne s'agissait presque que de filles. Ne s'était-il donc jamais lié à un garçon ? Étonnant. « Je connais déjà Melissande. J'ai dû aller chez elle plusieurs fois pour des problèmes de plomberie. J'ai jamais compris pourquoi elle faisait pas plutôt venir un pro mais bon, je vais pas m'en plaindre non plus, ça paye bien. Cela dit, je serais vraiment content que tu me présentes Charlie, depuis le temps que tu me parles d'elle ! » Quant à l'idée d'un club, elle était assez amusante en soi mais ce n'était peut-être pas si bête que cela. Ce n'était pas au Cartel qu'ils allaient trouver de vrais amis, même si d'une certaine manière, les gens de la Triade valaient un peu mieux que ceux du Circus. Cela dit, ce n'était pas avec eux qu'on allait manger au restaurant ou faire un cinéma.

Leur câlin dura encore un petit moment, puis ce fut le moment d'y mettre fin, à regret. Ils s'habillèrent donc et quittèrent l'hôtel pour prendre un taxi en direction de la Grande Foire du Futur, un nom un peu prétentieux parce que ce n'était ni grand, ni futuriste. Il y avait bien une grande roue (ou plutôt une moyenne roue), une ou deux montagnes russes et quelques autres attractions, mais on y retrouvait aussi des attractions plus antiques, comme les prédictions du voyant, les démonstrations de l'homme fort et quelques autres petites choses de ce style. De quoi grandement changer la vision que Chase pouvait avoir des foires et des parcs d'attraction, depuis leur visite d'Aquatoria. Le trajet ne fut guère très agréable et sans la main de son petit ami posée sur sa cuisse, il eut été fort possible que Lukaz fasse exploser l'autoradio du taxi ou une quelconque autre action du même genre. Ce qui ne leur aurait pas été profitable, c'est évident.

Ils finirent néanmoins par arriver à bon port et c'est avec un stress grandissant que le jeune Français fit face aux grilles de la foire. Tout correspondait aux images qu'il avait gardé en souvenir, au point que c'était réellement troublant. Accueillant Chase à ses côtés, Lukaz lui prit la main, trouvant un peu plus de courage dans cette étreinte. Souriant, il se tourna vers lui pour déposer un baiser sur sa joue. « Et moi, je t'adore. » Puis il fallut se lancer. Passant les grilles, ils commencèrent à avancer sur le sentier et même si cela faisait maintenant près de sept ans qu'il était parti, tout semblait encore identique. Comme figé dans le temps. On retrouvait bien quelques structures nouvelles mais pour l'essentiel, tout était resté dans le même état, bien que parfois un peu rafraîchi par de la peinture neuve. « C'est bizarre... Tu sais, ça fait... » Comptant sur ses doigts pour ne pas faire d'erreur, il reprit. « Sept ans, que je suis parti. Sept ans... C'est long. Je m'en étais pas rendu compte. Et pourtant, c'est resté pareil. » Souriant, il désigna une petite cabane verte en retrait du chemin, sur leur droit. « Tiens, c'est là qu'on gardait les réserves de nourriture. Parfois, je m'y glissais avec Vince et on piquait du pop-corn pour aller le faire éclater sur un feu. » Des souvenirs enfouis qui se réveillaient petit à petit, serrant quelque peu son cœur de nostalgie. Oui, c'était vraiment bizarre de revenir ici.

Se redonnant contenance en échangeant un regard avec Chase, Lukaz l'entraîna à nouveau sur le sentier qui serpentait entre les attractions, que ce soit le carrousel et ses petits chevaux de bois, les autos-tamponneuses, le palais des glaces, le train fantôme qui ne faisait pas peur et bien d'autres encore. Malgré l'heure, les manèges ne semblaient toutefois pas fonctionner, que l'ouverture n'ait pas encore eu lieu ou que les clients ne soient pas encore venus. C'était même un peu étrange, ça... Mais Lukaz n'eut pas l'occasion d'y réfléchir davantage qu'ils tombèrent nez à nez avec un homme aussi haut qu'il était large. Noir de peau, une crête à l'iroquoise, vêtu de noir et bardé de bijoux de toutes sortes, il les toisa d'un air dur. « Nous ne sommes pas ouverts. Foutez-moi le camp ! » Figé sur place un instant durant, Lukaz finit par se permettre un sourire en laissant échapper un petit rire. « T'étais bien plus sympa la dernière fois que je t'ai vu. » L'autre sembla surpris qu'on lui réponde de cette manière et surtout, qu'on le tutoie, mais avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, Lukaz reprit. « Ben alors ? Tu me reconnais même pas ? Je vais être vexé, là... » Puis l'homme sembla percuter et c'est en lâchant un rire tonitruant qu'il vint saisir le jeune homme entre ses bras, le soulevant littéralement du sol. « Ah ben ça alors ! Le petit Lukaz. Si je m'y attendais. » Puis le reposant sur le sol, il s'écarta un peu pour l'observer, secouant la tête d'un air réprobateur. « T'as toujours que la peau sur les os, on dirait. Va falloir changer ça. » Laissant un sourire un peu étrange apparaître sur ses lèvres, il s'approcha pour poser une main sur son épaule. « Ça fait plaisir de te revoir. » Lukaz se permit un sourire en retour. « Ça me fait tout drôle. Mais c'est agréable. » Le grand baraqué désigna alors enfin Chase, comme s'il semblait enfin le remarquer. « C'est qui, le ptit avec toi? » Secouant la tête, Lukaz vint se placer derrière le blondinet, glissant ses mains autour de sa taille tout en posant son menton sur son épaule pour lui montrer qu'il était là et qu'il n'y avait rien à craindre. « Je te présente Chase. C'est mon copain. » Et cette fois-ci, c'était la stricte vérité. L'autre homme les observa un bon moment, avant d'éclater de rire, une fois de plus. « T'en as encore beaucoup, des surprises comme ça ? » Puis souriant à Chase, il vint lui donner une grande claque sur l'épaule avant de lui serrer vigoureusement la main. « Content de t'connaître, mon gars. Et bienvenue à la Grande Foire du Futur ! » Mais derrière eux, le paysage semblait beaucoup plus triste qu'une foire animée et joyeuse. Et pourtant, Lukaz la regardait avec un grand sourire et le regard brillant. Chase avait eu raison, c'était bon de revenir. Même s'il n'avait pas encore rencontré son père...
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Message posté : Ven 8 Nov - 21:17 Message
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Les deux jeunes gens avançaient le long de l’allée principale et, pour l’heure, l’Américain s’abstenait de tout commentaire, parce que sa première remarque n’eût pas été tout à fait diplomatique : il ne trouvait pas l’endroit très accueillant. Il ne savait pas si c’était l’absence de visiteurs qui donnait un air sinistre à la foire ou l’air sinistre de la foire qui décourageait les visiteurs, mais il avait l’impression de marcher à pas lents dans un monde fantôme, un peu comme le Cirque de Kalah, quand les représentations du chapiteau vidaient les allées de leurs passants.

Cette réflexion pas très rassurante incita Chase à se rapprocher un peu plus de son petit ami. Il espérait que si la fameuse Foire du Futur abritait des clowns mégalomaniaques et sadiques, Lukaz l’aurait prévenu. Cela dit, il ne put s’empêcher d’avoir l’air assez peu rassuré quand un type de quatre mètres de haut (ou pas loin, de son point de vue) et de quatre mètres de large (un cube, donc, un gros cube) surgit devant eux et se mit à parler en français. Chase avait beau savoir qu’il restait vraisemblablement l’individu le plus dangereux à des kilomètres à la ronde, il ne pouvait s’empêcher d’être impressionné par la carrure de leur interlocuteur.

Tout cela ne lui laissait pas beaucoup de présence d’esprit linguistique et comme la conversation ne roulait pas sur l’achat d’une baguette de pain — la première leçon de son manuel de français — il fut un peu surpris quand Lukaz vint soudainement le prendre par derrière (par la taille, j’entends, calmez vous). Instinctivement, il posa les mains sur celles de son petit ami, leva les yeux vers le géant et déclara dans son français le plus correct :

Enchanté. Je suis très content de rencontrer vous. Vous rencontrer.

Et même s’il n’avait pas été content, comme il n’avait pas appris à dire « votre tête ne m’inspire absolument pas confiance » (étrangement), cela serait revenu au même. Après quoi il se fit démonter l’épaule et broyer la main. Conservant son sourire poli alors que ses phalanges craquaient, Chase attendit que le géant tournât le dos pour vérifier que tous ses doigts fonctionnaient encore et qu’il n’allait pas être obligé de se priver de rush avec les Coréens de son MMORPG.

— Américain, hein ?

Chase hocha la tête, tandis que Lukaz et lui marchaient à grands pas pour se maintenir à la hauteur de la Montagne. L’ancien boxeur avait gardé de sa vie sur les rings l’habitude de parler un anglais approximatif qui lui permettait de se lier avec ses adversaires ou, beaucoup plus souvent, de mettre en doute la chasteté de leurs mères. Rien de très grammaticalement correct, mais enfin, cela suffisait.

— Chase alors, ta tête me dire quelque chose.
— Hmm.

Chase jeta un regard à Lukaz. D’ordinaire, il évitait d’étaler sa célébrité, mais si le but était de se présenter à la famille de son ami, éviter de parler de soi n’était pas la meilleure stratège. Cela dit, débuter par « je suis un mutant surpuissant interdimensionnellement connu », ce n’était pas facile. Il choisit une voie médiane.

— Je suis un Neutron-Grey.
— Famille qui fabrique les gadgets ?
— Euh… Oui. Voilà. En gros.

La Montagne hocha la tête, l’air satisfait de cette information minimale, et Chase se sentit un peu soulagé. Ce qui ne l’empêchait pas de suivre Lukaz à la trace, au cas où, mais sans le coller de trop près, craignant toujours que le chef de la tribu surgît au détour d’un stand désert et lui jetât une malédiction bohémienne pour avoir osé approcher de trop près le fils prodigue. Histoire de ne pas laisser s’installer un silence embarrassant, Chase interrogea :

— Dites, ce n’est pas très animé…

À son humble avis, un méga-grand 8 eût arrangé l’affaire. La Montagne désigna le ciel.

— Froid. Pluie. Pas bon pour les visiteurs. Toi reviens en août. Plein de monde !

C’était difficile à s’imaginer, mais enfin, la météo n’était certes pas très clémente, même si Chase mettait ses sueurs froides sur le dos d’autre chose que l’hiver du Finistère.

— Ah voilà !

Avait tonitrué la Montagne en s’arrêtant devant un chapiteau. Il le désigna fièrement de l’une de ses vastes mains à Lukaz et reprit en français :

— Tu vois, petit, ça, c’est une nouvelle acquisition. De la toile très solide, et c’est grand ! Pour les spectacles, c’est formidable. Venez !

Il les fit pénétrer à l’intérieur. La piste était déserte, tous comme les gradins. Chase promena un regard circonspect autour de lui et la Montagne, déçu probablement de ne pas le voir s’émerveiller sur le dernier ajout à la Foire, interrogea :

— Ça te plait pas ?
— Si si. C’est juste que la dernière fois que je me suis retrouvé dans un chapiteau, un clown fou a tenté d’extraire mon énergie mentale pour devenir immortel, en m’assassinant avec un monstre.

La Montagne hocha gravement la tête.

— Jamais aimé les clowns.
— On est d’accord.

L’homme se retourna vers Lukaz et déclara :

— Vous attendez ici ? Je vais chercher Erwan, sans lui dire, ça lui fera la surprise !

Il ne leur laissait pas le choix, de toute façon, parce qu’après leur avoir asséné un grand sourire, il quitta le chapiteau par la sortie des artistes, laissant un Chase tétanisé.

— Erwan c’est ton père, c’est ça ?

Chase inspira profondément.

— Très bien, très bien. Tout va bien se passer.

Le jeune homme s’approcha de son petit ami et se mit machinalement à triturer l’une des languettes métalliques des fermetures éclairs, sur les poches du blouson de Lukaz.

— Il est gentil, euh… Je ne sais pas comment il s’appelle.

L’autre main de Chase se posa sur le torse de Lukaz.

— C’est dingue, je ne me suis pas senti aussi stressé depuis que… Je ne sais pas. Jamais, en fait, je crois. C’est sans doute comme ça que les gens se sentent quand ils doivent présenter leur rapport de recherche à Tesla.

Ce qui n’était peut-être pas une manière très judicieuse de vendre les Neutron-Grey à Lukaz, mais Chase ne comptait pas présenter son petit ami à la redoutable fratrie avant très longtemps. Pour l’heure, il se concentrait sur le problème présent, fait de mutants francophones, de Bretons absents, de chapiteau fraîchement acheté, d’hiver océanique et de parents à rencontrer : c’était bien assez pour ses nerfs.

— J’ai du mal à t’imaginer en petit garçon courant partout et faisant des bêtises. Je n’ai pas de mal à t’imaginer faisant des bêtises, juste… Je ne sais pas. Quelque part, j’ai un peu peur de me dire que tu as eu une vie avant moi que je ne pourrai jamais comprendre. J’ai l’impression d’avoir manqué un épisode capital de la série. Là, il y aura tous ces gens, qui te connaissent beaucoup mieux que moi, qui te comprennent beaucoup mieux que moi…

Pour la seconde partie, ce n’était pas sûr, à moins que tous les habitants de la Foire du Futur fussent de puissants télépathes. Chase avait créé au fil des rencontres et, depuis, de la vie commune, une symbiose psychique unique avec Lukaz. Mais même lui ne mesurait pas encore pleinement la force du lien qui l’unissait à son petit ami. Tout ce qu’il avait pour l’évaluer était ce que lui offraient les représentations culturelles dont il était familier et le moins que l’on pût dire, c’était que son couple avec le Français ne ressemblait pas à celui de Han Solo et la Princesse Leia.

Chase s’approcha encore un petit plus — c’est-à-dire qu’il se colla à Lukaz.

— J’ai pas envie de passer à côté de toi. Te voir sourire, en redécouvrant tout ça, ça me fait un peu bizarre. Du coup, je suppose que je suis content d’être venu. D’être là dans le décor en même temps que tu retrouves ton enfance. Terrorisé, certes, mais plutôt content.

Sa main sur le torse de Lukaz avait glissé jusqu’à la nuque du Français et il l’embrassa. Vous ne l’avez pas du tout senti venir, bien sûr, mais ce fut alors que l’Américain prenait consciencieusement des cours de langue française que, de l’autre côté du chapiteau, Erwan Guivarch se racla ostensiblement la gorge.
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Message posté : Dim 10 Nov - 20:53 Message
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ϟ Nombre de Messages RP : 708
ϟ Doublons : Ezekiel Nakamura
ϟ Crédits : Smiley Vanille
ϟ Célébrité : Tom Felton
ϟ Âge du Personnage : 29 ans
ϟ Statut : célibataire libertin
ϟ Métier : voleur du Cartel Rouge
ϟ Réputation : Niveau 5
ϟ Signes particuliers : Blond cendré, yeux bleus, finement musclé, svelte et agile, un piercing à la langue, deux piercings dissimulés et un tatouage à découvrir...
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise des lames

- Absorption d’énergie solaire
- Absorption de la lumière
- Force solaire (8T)
- Résistance solaire
- Régénération solaire

- Projection d’énergie solaire
- Explosion aveuglante
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- Sabre-laser

- Immunité solaire
- Immunité aux laser

- Vol solaire

- Forme invisible

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- Physiologie solaire
- Subsistance solaire

- Photoportation

- Contrôle thermique

- Brouillage mental

- Costume renforcé
- Costume autorégulé
- Protèges-poignets lance-fléchettes
- Lunettes de vision nocturne
- Lunettes ultra-photoniques
- Ceinture utilitaire (recycleur d'air, balles fumigènes, billes incapacitantes, bombes collantes, bombes électriques, boule disco lévitante, émetteurs à ultrasons, spray réfrigérant)
- Armes : accumulateur stellaire, filet d'Hélios, pistolet tranquillisant pliable, revolver apache de maître
- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

- Scorpio (super-voiture)
- Nisshoku (super-voiture)
- Nautile bioluminescent (submersible)
- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
- Clank (robot)
- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
- Forteresse Onirique (base)
Si Lukaz avait su l'impression que Chase pouvait avoir des lieux, il se serait arrangé pour dissiper cette mauvaise impression du mieux qu'il le pouvait, cela même s'il était vrai qu'il n'était pas vraiment capable d'éloigner la grisaille et la fraîcheur de l'air. Encore que... N'était-il pas un Soleil vivant ? Quoi qu'il en soit, il n'y avait pas vraiment de quoi s'inquiéter parce que jusqu'à preuve du contraire, il était en terre amie et de fait, la rencontre avec la Montagne put en faire la démonstration. Si l'homme était réellement impressionnant, il n'en était pas moins sympathique et Lukaz se rappelait très bien de ses années d'enfance passées auprès de ce colosse, même s'il était plus jeune en ce temps-là. Présentant Chase à celui qui fut jadis comme un oncle, le Français apprécia de voir son petit ami faire l'effort de parler sa langue natale, pratiquement sans faute.

Comprenant que le blondinet n'était pas Français, la Montagne fit alors l'effort de parler en anglais, certes un peu moins bien que Lukaz, mais l'attention restait louable. S'interrogeant sur l'identité réelle de Chase, l'ancien boxeur ne sembla pas le moins du monde surpris que le jeune homme révéla son nom de famille, bien au contraire. Il était vrai que si les Neutron-Grey faisaient régulièrement des passages dans les pages des journaux et dans les reportages télévisés, en France, leur importance était un peu plus relative qu'à Star City même. Le pays avait ses propres héros et ses propres célébrités et même s'il était évident que des petits Français devaient être à l'origine de certaines fanfictions contant des histoires heureusement imaginaires sur la vie de Chase, ici, dans cette foire, sa renommée de GMI, son ancien statut d'agent de l'UNISON ou quoi que ce soit d'autre n'entrait plus réellement en ligne de compte. Du moins, aux yeux de la plupart des forains, Lukaz ne sachant pas vraiment ce que son père et sa mère pourrait penser de sa relation avec une célébrité.

Alors qu'ils continuaient d'avancer le long du sentier, suivant autant que possible la Montagne, Chase fit une remarque au sujet de l'absence d'activité dans la foire, ce qui était vraisemblablement du à la saison et à la météo. Une réponse aussi valable qu'une autre. Ils finirent alors par arriver en vue d'un chapiteau semblable à un chapiteau de cirque dont Lukaz n'avait pas le moindre souvenir. Et pour cause, il s'agissait d'une acquisition récente qui permettait d'abriter les spectacles qu'ils purent rapidement visiter, même s'il n'y avait pas grand chose à voir. Un instant durant, le voleur espéra qu'ils n'avaient pas accepté de clown parmi les forains... Il n'y en avait jamais eu, pour autant qu'il se souvienne, mais en sept ans... Mais au vu de ce que décréta la Montagne suite à l'anecdote de Chase, il y avait fort à parier qu'ils seraient tranquilles à ce niveau. Le forain finit par se retourner vers le Français en l'invitant à attendre ici pendant qu'il allait chercher son père. Un peu tendu, Lukaz acquiesça d'un signe de tête.

« Oui, mon père. » Et visiblement, cette information rassurait autant Chase que lui-même. Ils devaient avoir l'air malin, pour le coup. Quand son petit ami fit référence à l'homme qui venait de les quitter, Lukaz ne put s'empêcher de sourire. Et à dire vrai, lui-même ne connaissait pas son nom... « La Montagne. C'est bête mais en fait, je crois que j'ai jamais connu son vrai nom. » C'était un fait, nombre des personnes qui vivaient à la foire avait abandonné leurs anciennes vies au profit d'une nouvelle et pour cela, elles prenaient généralement un pseudo ou un surnom. Un peu comme les super-héros, mais à leur petit niveau, dans la foire.

Passant ses bras autour du corps de son petit ami pour l'enlacer, Lukaz continua à sourire, aussi bien qu'il le pouvait. Lui-même était assez stressé, appréhendant quelque peu les retrouvailles avec celui qui lui avait fait comprendre que le mieux pour tous serait qu'il parte. S'était-il seulement attendu à le revoir un jour ? Le savait-il ? L'avait-il obligé à partir en sachant ce qu'il deviendrait ? Tout cela était réellement possible et il était donc difficile de savoir ce qui était vrai et ce qui ne l'était pas. Essayant de laisser tout ça de côté pour quelques instants encore afin de ne pas se stresser inutilement, Lukaz reporta son attention sur Chase, comprenant très bien ce qu'il pouvait ressentir. Dans la situation inverse, s'il s'était trouvé au Bigsby Building dans le but de rencontrer la famille NG, il aurait été tout aussi stressé. Et très certainement inquiet. Des génies, des aventuriers et des héros, des agents de l'UNISON, des célébrités, tout un ensemble de points qui faisaient que le pauvre petit voleur qu'il était ne devait pas vraiment être à la hauteur du petit dernier de la fratrie. D'autant plus qu'il était évident qu'il ne pourrait pas les convaincre par une démonstration de son pouvoir. Bien trop risqué.

Les propos de son petit ami finirent par lui tirer un sourire alors que Chase essayait de l'imaginer enfant, courant dans les allées de la foire avec du pop-corn, de la barbe à papa ou quoi que ce soit d'autre à grignoter. Mais c'était un fait, il avait eu une vie avant, même si cette vie n'était pas des plus palpitantes. Cela dit, il en allait de même pour l'Américain, non ? Il avait aussi eu sa propre vie et du peu qu'il avait laissé filtré en mentionnant des clubs d'un style tout particulier, quelques temps plus tôt, c'était une vie que Lukaz ne lui aurait jamais imaginé. Il se demandait d'ailleurs s'il en saurait un jour un peu plus ou si cela lui serait à jamais inaccessible. D'un autre côté, lui-même avait quelques « secrets », notamment concernant les moyens dont il avait fait connaissance avec Melissande... Quelque chose lui disait d'ailleurs qu'il devrait en parler avec son petit ami avant qu'il ne le découvre tout seul mais au vu de sa réaction avec la fille du Circus, mieux valait le faire au moment le plus opportun. Et ce n'était pas ce moment, c'était évident.

Réfléchissant à ce qu'il pourrait dire pour rassurer son compagnon qui, malgré ses craintes, devait le connaître bien mieux que tous les gens présents, Lukaz répondit à son baiser, raffermissant son étreinte comme un geste protecteur, jusqu'à ce qu'un raclement de gorge les rappelle à la situation. Rompant le contact pour tourner le regard dans la direction du son, le jeune voleur y découvrit son père adoptif. Il n'avait pas vraiment changé, même s'il avait vieilli, mais en dehors de cela, Lukaz aurait pu se retrouver très facilement sept années en arrière. Glissant sa main dans celle de son petit ami, il se dirigea donc vers Erwan, commençant par lui adresser la parole d'un ton calme, tentant de parler suffisamment lentement pour que Chase puisse peut-être comprendre au maximum. « Bonjour, Erwan. » Oui, il l'appelait par son nom, n'ayant jamais utilisé le mot de papa pour s'adresser à celui qui s'était occupé de lui. « Ça faisait longtemps. » L'homme les regarda tour à tour, comme s'il cherchait à deviner les raisons de leur présence ici, alors que la foire n'était pas ouverte. « Tu souhaites rentrer? » Le ton n'était pas des plus amicaux et les mots utilisés étaient lourds de sens. Un peu comme si, après avoir raté sa vie, Lukaz décidait de revenir profiter de leur hospitalité. Souriant malgré tout, le jeune homme ne se laissa pas abattre. « Non, je venais juste faire un tour pour dire bonjour. J'étais dans le coin, ça aurait été dommage de ne pas le faire. Mais ne t'inquiète pas, je ne serais plus un poids pour vous. J'ai ma vie. Un travail, un appartement, un petit copain. » Se rapprochant de Chase pour l'enlacer de son bras, il reprit. « Je te présente Chase. On vit ensemble. » De cette manière, l'homme ne pourrait pas nier qu'il avait finalement réussi sa vie. « Je vois. Tu vis à Paris ? » Se demandant où tout cela pouvait bien mener, Lukaz marqua un moment de silence avant de répondre. « Non, l'Amérique. Star City, si tu connais. »

C'est alors que la situation prit un tour nouveau, Erwan laissant enfin apparaître un sourire ravi sur son visage avant de s'approcher, de saisir son fils par les épaules et de l'étreindre. Un peu surpris et gêné, Lukaz ne sut que faire et avant qu'il n'ait pu décider, son père avait fait un pas en arrière, posant une main sur son épaule tandis que la seconde allait rejoindre celle de Chase. Les regardant tour à tour d'un air soudainement joyeux, le forain finit par reprendre la parole. « J'ai toujours su qu'en t'obligeant à partir, tu ferais de grandes choses. Tu n'avais pas ta place ici, avec nous. Tu es peut-être un mutant, mais tu devais faire autre chose de tes pouvoirs. Je suis content de voir que tu t'en sors plutôt bien, dans cette voie. » Tournant son regard vers Chase, il l'observa un moment avant de poursuivre. « Sois le bienvenu. Tu es ici chez toi au même titre que mon fils. Je crois voir que tu n'es pas n'importe quoi. Je suis ravi de faire ta connaissance, mon garçon. J'espère quand même que Lukaz s'occupe bien de toi et qu'il ne te donne pas trop de soucis. C'était un enfant pour le moins turbulent, tout le monde pourra te le dire. » Souriant une fois de plus, Erwan les lâcha avant de se retourner et de désigner l'entrée par laquelle il était arrivé. « Vous resterez bien avec nous pour manger, tout à l'heure ? » Puis, portant davantage son attention sur Lukaz. « Nous avons beaucoup à nous dire. » Ne sachant pas vraiment comment réagir face à tout cela, n'ayant pas vraiment attendu quelque chose dans ce genre, le jeune voleur s'avança simplement vers son père, le regard brillant. « Merci. »
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Message posté : Dim 10 Nov - 21:36 Message
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Plusieurs plans se présentaient à l’esprit de Chase : prétexter une attaque nucléaire sur les États-Unis pour s’enfuir comme un super-héros, faire semblant de s’être perdu en cherchant Marseille et repartir d’un air affairé ou créer une puissante illusion qui convaincrait le père adoptif de Lukaz qu’il n’avait jamais été là. L’air peu affable de leur hôte n’arrangeait pas ses divagations, mais comme il ne parvenait pas à prendre de décision quant à la marche à suivre, il fut capturé par Lukaz — le pauvre — et traîné devant son bourreau.

D’une toute petite voix, Chase murmura :

Bonjour.

Il avait affronté des Toons, des clowns sadiques, des mafieux, des gourous fous, des psychopathes mutantes et bien d’autres choses encore, mais le père de son petit ami lui paraissait un ennemi bien plus considérable encore. Là, plus question d’utiliser ses pouvoirs pour se tirer d’affaire et Chase se trouvait dans la même situation que n’importe quel jeune homme qui devait affronter tout à la fois la peur du jugement, la barrière de la langue, une éventuelle homophobie latente et un passé lourd d’incompréhensions.

Quand Lukaz passa son bras autour de ses épaules, le jeune homme ne se fit pas prier pour se coller un petit plus à son petit ami. C’était toujours ça de pris. Il se concentrait de toutes ses forces pour tenter de comprendre quelque chose à ce qui se racontait et saisissait bien quelques mots, de temps à autre : « appartement, travail, petit copain, Amérique ». À partir de quoi le couple resta suspendu à la réaction d’Erwan, qui tardait à venir. Maintenant, Chase comprenait ce que ressentaient les gens qui jouaient à la roue de la fortune : il avait l’impression d’avoir lancé sa dernier Hyperball sur un Pokémon légendaire après quarante tours de combat et d’attendre le résultat.

Le mentaliste parvint tout de même à retenir son soupir de soulagement quand Erwan se fendit d’un sourire. S’il ne comprenait pas tout, les gestes paternels de l’homme étaient assez clairs. Quand le regard d’Erwan se posa sur lui, il plissa un peu les yeux et essaya de donner du sens aux paroles de l’homme, mais l’accent, la rapidité du débit et les expressions idiomatiques eurent raison de ses maigres compétences linguistiques, de sorte que, afin de ne pas passer pour un débile fini — ce qui assurément eût nui à la réputation de Lukaz — Chase fut contraint d’articuler :

Désolé, je ne parle pas français.

Au moins, cette phrase, il la prononçait parfaitement. Parce que c’était celle qu’il avait le plus répétée, évidemment. Erwan répéta son discours dans un anglais manifestement rouillé mais somme toute compréhensible et Chase sourit en regardant son petit ami. En fait, c’était drôle de parler de lui avec son père.

— Il ne fait pas tant de bêtises que cela.

Il jetait juste des snipers des toits.

— Mais au moins, maintenant, je sais à qui me plaindre.

Erwan sourit, Chase sourit, tout le monde souriait : les foires bretonnes, c’est mieux que l’ecstasy. Erwan leur fit signe de le suivre et la troupe sortit du chapiteau, pour constater que le temps n’était pas plus clément. L’homme fit un signe vers le ciel et commenta :

— En été, il fait beaucoup plus beau, enfin un peu plus beau. D’ailleurs, comment se fait-il que vous passiez par ici ? Passer par ici depuis Star City, c’est un peu compliqué.
— J’avais des réunions pour le travail.
— Et qu’est-ce que tu fais ?
— Euh…

Chase jeta un regard à Lukaz.

— Je dirige une équipe paramilitaire qui parcourt le monde pour récupérer des artefacts technologiques extraterrestres.

Erwan s’arrêta un instant de marcher pour regarder Chase de la tête aux pieds. D’abord, la Foire du Futur s’appelait peut-être la Foire du Futur, mais les technologies extraterrestres, c’était tout de même très futuriste. Ensuite, Chase n’avait pas vraiment la carrure à diriger quoi que ce fût, encore moins une équipe de militaires, para ou pas para. Enfin, il se demandait comment son Lukaz en était venu à fréquenter un garçon pareil. Il n’était pas un expert en anglophonie, mais il lui semblait bien que l’accent de Chase était tout sauf populaire.

Chase, lui, évidemment, paniquait à l’idée d’avoir dit quelque chose de mal. Peut-être qu’Erwan n’aimait pas les paramilitaires ou les extraterrestres. Le forain se gratta la barbe avant de commenter :

— Ça a l’air, euh… dangereux.
— Oh, je sais me défendre.

Sans doute pas en balançant des coups de poings, parce qu’il n’avait pas le physique de la Montagne. Perspicace, Erwan interrogea, en reprenant la marche :

— Toi aussi, tu es particulier ?
— Un peu.

Chase ou l’art de la litote.

— Alors tu es d’autant plus le bienvenue. Voici ma roulotte.

Il y avait roulotte et roulotte : la caravane d’Erwan ressemblait beaucoup plus à une petite maison qu’à une vieille carriole de bois. Chase, qui s’était toujours représenté les forains sur une image d’Épinal, n’avait pas réfléchi au fait que la technologie avait évolué partout et que tout le monde n’était pas obligé de se promener avec l’équipement d’un autre siècle qui caractérisait l’atemporel Cirque du Majestueux Kalah. Tout cela manquait certes de réacteurs turbo-nucléaires à son goût, mais c’était très bien.

— Hmm. Laissez moi vous précéder un peu, je vais préparer mon épouse. Tu sais comment elle est, Lukaz, les sensations fortes…

Désormais, alors qu’Erwan disparaissait dans le véhicule-maison, Chase s’inquiétait de se faire assommer à coups de rouleau de pâtisserie. Il passa néanmoins un bras sous le blouson de Lukaz, autour de sa taille, avant de tourner le visage vers lui et de sourire.

— Ça se passe pas trop mal, hein ? Je ne comprends toujours rien à ce qu’on me raconte en français, mais à part ça, je crois qu’on réussit bien notre affaire.

Deux puissantes mains s’abattirent sur leurs épaules.

— Alors ?

Le couple pivota vers la Montagne.

— Toujours vivants.

Le colosse prit un air faussement pessimiste.

— Pour l’instant, pour l’instant, mais toi pas rencontrer déjà la patronne.

Derrière eux, la porte de la caravane s’ouvrait et une voix féminine à l’émotion sensible murmura, avec un peu d’incrédulité :

— Lukaz ? C’est bien toi ?
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Message posté : Mar 12 Nov - 20:15 Message
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ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/07/1985
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- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
- Forteresse Onirique (base)
Durant un instant, Lukaz se rendit compte qu'il avait été idiot en pensant que le simple fait de parler lentement permettrait à Chase de tout comprendre. Ça devait à peine faire quelques semaines qu'il avait commencé à apprendre le français et vu le boulot qu'il avait à côté entre la Forteresse Onirique et son nouveau travail, il était évident que l'apprentissage d'une autre langue devenait secondaire. Il fut donc ravi de constater que son père maniait suffisamment bien l'anglais pour permettre une communication aisée et il se jura de simplement continuer à parler la langue de son blondinet de petit copain. Autre point qui ravi le jeune voleur, le sourire qui s'affichait sur le visage de Chase et qui semblait montrer qu'il était beaucoup plus détendu qu'un peu plus tôt. Tant mieux.

N'ajoutant rien à la discussion, Lukaz se contenta donc de suivre son père et son petit ami hors du chapiteau à destination de la caravane – ou du mobile home – que le forain habitait. En chemin, il décida aussi de laisser Chase expliquer ce qu'il faisait dans la vie, n'étant pas réellement sûr de pouvoir donner toutes les subtilités de ce travail, ce que la réponse confirma amplement. Et dans le même temps, il savoura l'effet qu'elle produisit sur son père. En effet, même si ce dernier n'avait jamais dénigré Lukaz, il fallait avouer que les derniers actes menés par le jeune homme n'avaient pas vraiment encouragé à lui imaginer un avenir glorieux et le simple fait qu'il n'était pas encore passé par la prison était déjà exceptionnel. Aussi, qu'Erwan put découvrir que malgré ce passé peu reluisant, Lukaz s'en était finalement bien sorti était plutôt une bonne chose. D'autant plus qu'en dehors de ses affiliations avec certains criminels, sa vie était plutôt bien réglée, entre l'appartement, le travail et le petit ami parfait.

Ce qui comptait le plus, c'était évidemment le fait que ce petit ami si parfait fut bien accueilli par son père, ce dont il n'avait pas vraiment douté mais on ne savait jamais. Bien entendu, la position qu'il occupait et le fait qu'il soit aussi un mutant y était pour beaucoup, mais l'essentiel, c'était surtout le résultat final. Aussi, alors que Chase glissait son bras sous le blouson du Français, Lukaz lui rendit son sourire. « Ça se passe même plutôt très bien. Je dois avouer que je ne m'y attendais pas vraiment... » Mais peut-être avait-il simplement trop dramatisé la situation. Après tout, ses parents adoptifs n'étaient pas des tortionnaires, même si, comme tout enfant, il avait pu les juger ainsi quand ils en venaient à le punir parce qu'il avait volé ou commis une quelconque autre faute. Or depuis, il avait vieilli, grandi et mûri, ce qui lui permettait d'appréhender la situation sous un angle nouveau, d'adulte à adulte. Et ça changeait tout. Il ne put toutefois en dire plus que la Montagne revint vers eux afin d'en savoir plus sur la situation. Et à peine eurent-ils donnés leur avis que la porte de la caravane s'ouvrit.

Faisant volte-face, Lukaz découvrit le visage de sa mère. D'aussi loin qu'il s'en souvenait, elle avait toujours été gentille avec lui, peut-être même un peu trop. Non pas qu'elle était responsable de ce qu'il était devenu, mais elle avait toujours compensé le côté dur et autoritaire de son père. « Oui, c'est bien moi. » Et c'est en souriant qu'il eut droit à une étreinte qui faisait toute la preuve de la joie ressentie par la foraine. « Je n'ai pas arrêté de me demander ce que tu avais bien pu devenir. Je suis si contente que tu sois revenu. Tu as encore grandi, on dirait ! » C'était évidemment faux, mais bon. L'étreinte reprit et elle ne finit par s'arrêter que quelques instants plus tard. Prenant la peine de parler en anglais, Lukaz reprit lentement. « J'habite loin, maintenant. Mais comme on était en en France, c'était l'occasion de passer par ici. » Et cela même s'il était vrai que c'était un très grand détour, encore qu'à l'échelle des États-Unis, ça restait un déplacement très réduit. « Pour tout dire, c'était l'idée de mon copain. J'avais un peu... peur, je suppose. » Sa mère posa alors un regard compatissant sur lui, attrapant la main du jeune homme dans la sienne. « Oh, Lukaz, tu seras toujours le bienvenu ici. N'est-ce pas, Erwan ? » Son père donna son assentiment d'un signe de la tête et, rapidement, Lena – la mère de Lukaz, que nous allons nommer comme cela – reporta son attention sur Chase. « Tu as dit, ton copain? » L'usage de l'anglais ne lui avait effectivement pas permis de comprendre s'il s'agissait d'un simple ami ou de quelque chose de plus poussé. Passant son bras autour de Chase, Lukaz confirma. « Oui, mon petit ami. On vit ensemble et... Je l'aime. Alors, voilà. »

L'expression de Lena ne changea pas alors qu'elle jaugea le jeune Américain du regard, de haut en bas, puis de bas en haut. Finalement, elle hocha la tête en reprenant la parole. « Tu as bien choisi. » Puis, en français. « Il est mignon. » Souriant finalement à Chase, elle décida d'enfin s'adresser directement à lui. « Je pense qu'on l'a déjà dit à toi, mais bienvenu. » Et ce faisant, elle lui offrit une étreinte à son tour. Faisant finalement un pas en arrière, elle les jaugea du regard en secouant la tête, comme si quelque chose n'allait pas. « Vous devez apprendre la cuisine. Vous ne devez pas manger beaucoup... Trop maigre ! » Lukaz ne put s'empêcher de rire devant cette remarque très féminine et très maternelle. « On essaye, on essaye. » Mais il n'y pouvait rien si d'autres activités venaient souvent les perturber quand ils cuisinaient ensemble... « Ce n'est pas assez ! Entrez, je vais m'en occuper. » Puis, s'adressant à la Montagne, elle reprit en français. « Va chercher les autres. On mange tous ensemble, aujourd'hui. »
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Message posté : Mar 12 Nov - 23:09 Message
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La seule image que Chase conservait de sa mère, c’était celle d’une version alternative, dans une dimension parallèle, avec un bras bionique. Neutron-Grey jusqu’au bout des ongles, n’est-ce pas ? L’apparition de la femme lui fit un drôle d’effet, tout comme l’étreinte qu’elle offrit à Lukaz et, pendant une seconde, deux secondes, Chase songea sans le vouloir à la solitude qu’il avait parfois ressentie pendant son enfance et dont il avait supposé qu’elle était universellement partagée, quand la nuit tombait et que l’on se retrouvait seul dans sa chambre.

Cette pensée fugitive passa en un rien de temps dans son esprit et il souriait déjà poliment, et même chaleureusement, à celle qui se tournait vers lui et l’accueillait littéralement à bras ouverts. D’ordinaire assez peu tactile — sauf avec son petit ami — Chase fut un peu gêné et sans doute un peu maladroit dans cette étreinte, ce dont la Bretonne ne sembla nullement se formaliser. Le commentaire culinaire le fit sourire et tout ce petit monde gagna bientôt la cuisine du mobile-home, où Lena commençait déjà à sortir de nombreuses casseroles.

Ce qui ne l’empêchait pas de garder le sens des réalités et si Chase était, certes, mignon et s’il donnait bien à son fils adoptif l’air bêta des gens heureux, elle n’entendait pas le laisser s’en tirer à si bon compte, tout du moins pas avant d’avoir obtenu sa biographie complète. Elle posa donc un regard maternellement inquisiteur sur l’Américain.

— Donc, Chase, c’est ça ?

Erwan réprima un sourire, en devinant ce qui allait suivre, tandis que Chase hocha la tête.

— Et quel âge tu as, dis voir ?
— Vingt-et-un ans. Bientôt vingt-deux, en janvier.
— Jeune, alors.

Elle avait un visage indéchiffrable en sortant les aubergines du réfrigérateur et Chase se demanda si « jeune » était un bon ou un mauvais point. Un peu nerveusement, il regarda Lukaz, à la recherche d’un indice, mais il fut bien vite noyé sous une avalanche de questions.

— Et tu es amoureux de mon Lukaz ?
— Oui.
— Bien, bien. Depuis longtemps ?
— Non. Je sais pas. C’est assez récent, je suppose.

Le jeune homme sentait le stress monter.

— Tu as connu beaucoup de garçons avant lui ?
— Eeeeuh…

Lena avait sorti un épluche-légumes auquel Chase trouvait un air un peu menaçant. Son hésitation était aisément interprétable et Lena esquissa une moue peut-être un peu contrariée. Un coureur de caleçons, ce n’était pas ce qu’il fallait à son fils. Chase précisa à tout hasard :

— Lukaz est mon premier petit ami. Le seul garçon que j’aie jamais aimé.
— Bon. Et tu fais quoi, dans la vie ?
— Je suis… chef d’un équipe paramilitaire.
— Chétif comme tu es ?
— Je suis plus solide que je n’en ai l’air et puis j’ai déjà de l’expérience.
— C’est une bonne situation ? Tu gagnes bien ta vie ? Parce que c’est important.
— Ça va, j’ai un peu d’argent, oui.
— Combien ?

Ah, on ne la lui faisait pas, comme ça, à Lena. Chase, en bon Américain, n’avait pas trop de problèmes avec la description de ses ressources et il annonça sans ciller le montant de la somme qui dormait sur son compte principal, entre les salaires plus que confortables qu’il avait accumulés sans jamais vraiment les dépenser, les fonds placés par ses parents à sa naissance et l’héritage familial.

Un silence s’abattit sur la cuisine et Lena avait arrêté d’éplucher ses courgettes. Pas besoin de convertir les dollars en euros : à ce niveau-là, la somme parlait à tout le monde. Du coup, elle était un peu nerveuse de recevoir Chase dans son très modeste mobile-home, qu’il devait sans doute pouvoir acheter comme il allait chercher le pain. Chase, qui avait du mal à se rendre compte de l’effet que son statut de riche héritier pouvait avoir sur des personnes moins favorisées, regretta d’avoir été aussi précis.

Lena finit par murmurer :

— Oui, oui, ça devrait suffire…

Pour cette vie et les dix suivantes. Elle reprit son épluchage.

— Et tes parents, ils font quoi ?
— Ils sont morts.
— Oh…

Avec douceur, la Bretonne murmura :

— Je suis désolée.
— À ma naissance. Mais en gros, ils étaient des super-héros, un peu comme tout le monde, en fait, dans ma famille.

Donc, Lukaz, le fils prodigue, qui avait quitté la foire en voleur et en drogué, revenait au bercail accompagné d’un jeune prodige héroïque et nanti.

— Et qu’est-ce que tu sais faire ?
— Vous voulez dire…
— Tes pouvoirs. Précisément.

C’était sans doute un sujet important. Lukaz lui avait bien décrit la foire comme un havre de paix pour les mutants. Pour une fois, Chase décida de ne pas être elliptique :

— Je suis télékinésiste, je déplace les objets. Je lis dans les pensées, les souvenirs, les émotions, et je peux les modifier. Je peux créer des illusions, aussi. Me protéger contre les incursions extérieures. Contrôler le corps des gens. Leurs décisions. Éventuellement les neutraliser avec des chocs psychiques.

La liste était longue, si l’on décidait d’entrer dans les détails et encore, il ne décrivait que les effets de ses pouvoirs, sans parler de leur ampleur. Chase n’avait visiblement aucune conscience de l’image idyllique que les informations qu’il donnait successivement à son propos offrait de lui, aux yeux des parents de Lukaz. La confiance en soi n’était pas toujours la spécialité du jeune homme et il continuait à regarder son interlocutrice, qui réduisait songeusement un poivron en dés, comme si elle pouvait encore le condamner et le juger indigne de partager sa table.[/color]
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Solar

ϟ Âge : 32
ϟ Sexe : Masculin
ϟ Date de Naissance : 27/07/1985
ϟ Arrivée à Star City : 22/05/2012
ϟ Nombre de Messages : 6495
ϟ Nombre de Messages RP : 708
ϟ Doublons : Ezekiel Nakamura
ϟ Crédits : Smiley Vanille
ϟ Célébrité : Tom Felton
ϟ Âge du Personnage : 29 ans
ϟ Statut : célibataire libertin
ϟ Métier : voleur du Cartel Rouge
ϟ Réputation : Niveau 5
ϟ Signes particuliers : Blond cendré, yeux bleus, finement musclé, svelte et agile, un piercing à la langue, deux piercings dissimulés et un tatouage à découvrir...
ϟ Pouvoirs : - Maîtrise des lames

- Absorption d’énergie solaire
- Absorption de la lumière
- Force solaire (8T)
- Résistance solaire
- Régénération solaire

- Projection d’énergie solaire
- Explosion aveuglante
- Stroboscope
- Rayon solaire
- Flèche solaire
- Lame solaire
- Sabre-laser

- Immunité solaire
- Immunité aux laser

- Vol solaire

- Forme invisible

- Forme lumineuse

- Physiologie solaire
- Subsistance solaire

- Photoportation

- Contrôle thermique

- Brouillage mental

- Costume renforcé
- Costume autorégulé
- Protèges-poignets lance-fléchettes
- Lunettes de vision nocturne
- Lunettes ultra-photoniques
- Ceinture utilitaire (recycleur d'air, balles fumigènes, billes incapacitantes, bombes collantes, bombes électriques, boule disco lévitante, émetteurs à ultrasons, spray réfrigérant)
- Armes : accumulateur stellaire, filet d'Hélios, pistolet tranquillisant pliable, revolver apache de maître
- Technologies : Book My Life, Cœur du Projet Manhattan, projecteur holographique portable, séquenceur cryptographique

- Clé des Rêves

- Scorpio (super-voiture)
- Nisshoku (super-voiture)
- Nautile bioluminescent (submersible)
- Char solaire

- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
- MEDEE (intelligence artificielle)
- Clank (robot)
- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
- Forteresse Onirique (base)
La situation semblait être assez irréelle, aux yeux de Lukaz. En effet, il s'était toujours imaginé qu'on l'avait chassé pour des tas d'obscures raisons et que cela signifiait aussi qu'il ne devait plus jamais remettre les pieds ici, dans cette foire. D'ailleurs, pourquoi y serait-il revenu ? Il n'y avait rien qui le retenait là, ses parents adoptifs n'ayant jamais été sa véritable famille. C'était bien pour cela qu'ils l'avaient trahi et chassé, au profit de tous les autres. Non ? Et pourtant, lorsque Chase avait évoqué l'idée de passer par la Bretagne pour rendre visite aux gens de son foyer d'enfance, Lukaz s'était mis à réfléchir et à force d'y songer, il en était venu à la conclusion que les choses n'avaient peut-être pas été aussi graves et dramatiques qu'il l'avait pensé. Il fallait donc avouer qu'au vu de la manière dont les retrouvailles se déroulaient, il avait eu raison de franchir le pas et surtout, d'écouter son petit ami. Les rancœurs du passé semblaient, en apparence, avoir été oubliées et ses parents n'avaient pas l'air de lui en vouloir. Sans doute était-ce aussi dû au fait qu'il avait pu revenir, n'étant pas enfermé en prison pour une peine de longue durée, et qu'il l'avait fait avec de bonnes nouvelles, la plus importante étant évidemment la présence de Chase. Après tout, n'était-ce pas là le symbole parfait de la vie réussie du jeune Français ?

C'est donc avec un plaisir non feint que Lukaz observa sa mère saluer Chase et l’accueillir parmi eux, conscient que ce n'était là que le début d'une longue discussion. Ils pénétrèrent donc à l'intérieur du mobile-home et s'installèrent dans la cuisine pendant que Lena commençait à préparer un repas qui risquait fort bien d'être aussi simple que gargantuesque... Lorsque les questions commencèrent à l'assaillir, Chase vint chercher Lukaz du regard, espérant sans doute obtenir son aide ou au moins, une réponse sur ses interrogations. Mais le problème était que le jeune voleur n'en savait pas forcément plus et si pour lui, l'âge de son petit ami était parfait, il n'avait aucune idée de ce que pourrait en penser sa mère. Cela dit, quoi qu'elle puisse en penser, ça ne changerait évidemment rien. Après tout, il avait passé sept années de sa vie sans l'approbation de cette dernière alors même s'il appréciait l'intérêt soudain qu'elle avait pour sa vie, il n'en oubliait pas que s'il revenait, c'était pas qu'on lui avait demandé de partir...

Lukaz finit toutefois par se sentir un peu mal à l'aise lorsque les questions portèrent sur les sentiments de son petit ami, ses fréquentations passées – comme s'il était lui-même blanc comme neige... Mais chut, ça, Lena ne devait pas le savoir – et bien évidemment, son compte en banque. En quoi est-ce que c'était important ? Franchement, Lukaz ne le savait pas et il fut même prêt à demander à son petit ami de ne pas répondre parce que c'était loin d'être une chose à demander, mais comme ce dernier choisit d'y répondre malgré tout, il ne put que garder le silence, lui-même un peu surpris. Il savait que Chase était bien à l'abri du besoin, critère qui n'était absolument pas rentré en ligne de compte dans sa décision de sortir avec lui, mais savoir qu'il était à ce point à l'abri, ça lui donnait presque mauvaise conscience... Qu'est-ce qui empêcherait la famille de blondinet de penser qu'il ne sortait avec lui que pour l'argent ? Et pire encore, qu'est-ce qui empêcherait Chase de le penser ? Lukaz avait déjà vu plusieurs fois à quel point son petit ami avait confiance en lui et à quel point il comprenait ce que le Français faisait avec lui, alors il ne faudrait sûrement pas grand chose pour qu'il en vienne un jour à penser cela...

Lorsque les questions portèrent sur les parents de Chase, et même s'il savait que ce sujet ne lui était pas réellement douloureux, Lukaz glissa sa main dans le dos de son petit ami comme un soutien face à une question qui fâchait. Puis vint le sujet des pouvoirs de son compagnon et là, Lukaz ne put s'empêcher d'afficher un sourire. Oui, Chase avait l'air très puissant mais le pire, c'était sans doute qu'il n'avait pas tout dit et qu'il avait gardé les éléments les plus balèzes de sa description, comme le Royaume des Rêves et la Forteresse Onirique. Oh oui, Lukaz était vraiment très fier d'être le petit ami de Chase. Bien sûr, il pouvait difficilement s'en vanter parce qu'on n'aurait pas vraiment tendance à le croire, s'il le disait, mais s'il l'avait pu, il n'aurait peut-être pas hésité. Bon, apparaître dans les journaux, ce n'était pas forcément le mieux qui pouvait lui arriver, surtout depuis que l'agent Parker connaissait son visage, mais d'un autre côté, comme elle n'avait rien contre lui... Solar était encore très loin d'être assimilé à Lukaz, alors il avait un peu de marge de manœuvre pour prévoir le coup.

« Alors ? » Lukaz s'adressait tour à tour à ses deux parents, les observant l'un après l'autre. « On dirait qu'il a largement passé le test, non ? Je veux dire, on pourrait difficilement faire mieux. » Puis, souriant, il poursuivit. « Vous voyez, j'ai quand même retenu quelques trucs de ce que vous m'avez appris. Quand je craque pour un garçon, je le fais bien. » Se penchant alors vers Chase, Lukaz déposa un baiser amoureux au creux de son cou et, approchant ses lèvres de l'oreille du blondinet, il lui chuchota quelques mots. « Tu vois, tu t'en sors à merveille. Y avait vraiment pas besoin de répéter avant. T'es juste parfait. » Et ça, aux yeux de Lukaz, il l'était autant dans l'instant présent que de manière générale et même s'il était que cette façon de voir les choses pouvait avoir l'air très éloignée de la manière dont il avait pensé quelques temps plus tôt, le Français se sentait finalement très bien comme ça. Encore mieux qu'il l'avait été par le passé. S'approchant de sa mère pour prendre un couteau afin de couper des tranches de tomates, Lukaz finit par reprendre la parole en occultant volontairement certains éléments. « Tu sais, depuis que je sors avec Chase, je me suis découvert de nouveaux pouvoirs. Enfin, ils sont pas si nouveaux que ça, je pense, mais si j'ai compris que je les possédais, c'est grâce à lui. Je m'en serais peut-être jamais rendu compte, sinon. Puis on vit avec nos pouvoirs, sans nous prendre la tête. »

C'était là un point très important parce que si Lukaz avait la mentalité qu'il avait quant aux pouvoirs de son petit ami, c'était parce qu'il avait depuis toujours grandi avec des mutants qui n'hésitaient pas à faire usage des leurs. Mieux encore, ils s'en servaient même pour gagner de l'argent. Alors bien entendu, il n'allait pas demander à son petit ami de jouer au médium ou au voyant, d'autant qu'il était bien trop connu pour que ça puisse fonctionnent, mais s'il pouvait déjà l'aider à être lui-même plutôt qu'à se brider, il en était heureux. Et ça, Chase l'avait très bien compris et il se lâchait doucement de plus en plus, sans doute au désespoir de sa propre famille. Lukaz se demandait parfois ce qui serait le plus grave, pour eux. Que Chase sorte et couche avec un autre garçon ou que cet autre garçon l'ait perverti au point qu'il use de ses pouvoirs pour tout et n'importe quoi ? Erwan reprit alors enfin la parole, d'un ton plus sérieux que précédemment. « Tu sais ce qu'on t'a toujours dit, Lukaz. Nous sommes ce que nous sommes et personne ne peut nous demander de changer. Ne pas nous servir de nos dons, ce serait comme d'arrêter de respirer. C'est impossible. Je suis heureux que tu l'ais compris. Même si ça ne signifie pas non plus que l'on peut tout justifier par leur intermédiaire. » Son regard se fit plus sévère alors que son épouse chercha à lui montrer que ce n'était pas le moment le plus adéquat pour ce genre de discussion. « Erwan... » Lukaz se permit un sourire, avant de répondre. « Ce n'est pas grave. Je sais que vous n'approuviez pas, mais c'était comme ça. J'en avais vraiment besoin. J'ai continué, un moment... Je sais pas si c'est mal mais bon. De toute façon, depuis que je suis avec Chase, je n'ai plus rien pris. C'est... Je sais pas. Différent. J'ai plus du tout ces soucis, maintenant. Alors je pense qu'on peut dire que la drogue, c'est fini, maintenant. J'ai Chase, c'est plus que suffisant. » Parce que oui, avec Chase, il avait découvert une nouvelle drogue, bien plus saine que celles qu'il consommait par le passé. Souriant, Erwan se retourna alors vers l'Américain, une étincelle de reconnaissance dans le regard. « Et bien, je crois qu'on peut te dire merci. Tu as ramené Lukaz sur le droit chemin. » Il se retourna alors vers Lukaz. « J'ai eu peur que ça n'arrive jamais quand... Tu es parti. Mais Futur disait que tout se passerait bien. Il n'a jamais voulu me donner les détails, mais je vois qu'il ne s'est pas trompé, aujourd'hui. » Puis, reportant son attention sur Chase. « Alors merci à toi, très sincèrement. Si nous pouvons faire quelque chose pour toi, ou pour vous, avec nos modestes moyens, vous n'avez qu'à demander. Après tout, tu es de la famille, maintenant, Chase. » Lui offrant alors un sourire, Erwan posa un moment sa main sur son épaule avant de s'éloigner. « Bien, est-ce que quelqu'un a soif ? » De son côté aussi, Lukaz souriait, tout en continuant de découper ses tomates. « Si tu as du coca, c'est cool. Sauf si Chase veut tenter autre chose. »
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Message posté : Ven 15 Nov - 23:03 Message
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Chase avait l’impression d’être dans l’arène Pokémon d’Illuminis, attendant que l’ascenseur virât au bleu ou au rouge selon l’exactitude de sa réponse à la question posée. Il eût aimé se coller à Lukaz pour trouver dans la chaleur de son petit ami une présence un peu plus rassurante, mais ce n’eût sans doute pas été très décent et il préférait ne pas prendre le risque de cumuler les mauvais points. Après tout, si les parents de Lukaz l’avaient certes accueilli cordialement, Erwan avait tout de même l’air un peu austère — un côté oncle Jack qui intimidait quelque peu Mentalis.

Lukaz se lança dans un plaidoyer en faveur de son petit ami et Chase ne put s’empêcher de sourire. Lukaz n’était certes pas avare de compliments, au quotidien, et Chase avait régulièrement l’impression que le Breton voyait en lui des qualités qui ne s’y trouvaient pas, mais le plaisir de les entendre vanter à d’autres personnes avaient quelque chose de plus grisant encore. Le regard du mutant s’était posé sur le visage de son compagnon et il inclina légèrement la tête pour recevoir son baiser — un peu gêné toutefois d’une démonstration d’affection si publique, lui qui était d’ordinaire si discret.

Les parents avaient l’air de partager l’avis favorable de Lukaz et Chase fut rassuré. Il fallait dire qu’avoir tiré Lukaz de la drogue constituait sans doute un argument de poids. Certes, dire qu’il avait ramené Lukaz dans le droit chemin, alors que son petit ami venait d’intégrer le Cartel, était probablement une légère exagération, mais le visage de Chase ne laissa rien paraître de la réalité de leur existence commune : habitué de longue date à détacher ses pensées de ses actions, le mentaliste ne se trahissait pas aisément.

— Non mais il exagère, Lukaz. Il se met très bien dans le droit chemin tout seul, moi je ne fais pas grand-chose à part manger des crêpes. C’est surtout lui qui s’occupe de moi, à vrai dire.

Erwan proposa à boire et si Chase avait bien entendu parler du cidre, il secoua la tête quand Lukaz lui proposa de tenter autre chose que du coca. S’il y avait bien un domaine dans lequel l’esprit d’aventures du jeune homme ne s’exprimait pas, c’était la cuisine. Préférant rester sur des valeurs sûres très américaines, il remercia Erwan qui lui tendait un grand verre de soda, avant d’observer tour à tour le père et le fils.

L’air de rien, il finit par reprendre la parole :

— Avant que je ne rencontre Lukaz, j’étais assez, comment dire ? Incertain. Quant à mes pouvoirs, à ce que je pouvais en faire, je veux dire, à ce que j’avais le droit d’en faire. Dans ma famille, ces choses-là sont… difficiles. Contrôlées. J’avais presque honte de ce que j’étais, en quelque sorte.

Chase en rajoutait un tout petit peu, mais c’était pour la bonne cause.

— C’est Lukaz qui m’a fait comprendre qu’on ne peut pas nous demander de changer, justement. Que ce serait contre-nature.

L’Américain avait sciemment repris les termes utilisés par son hôte, pour amener sa conclusion :

— Comme quoi, il a bien retenu vos leçons. Il les diffuse même, ça a l’air de lui tenir à cœur.

Erwan regarda son fils avec un air ému, comme s’il prenait conscience que Lukaz ne s’était peut-être pas si radicalement éloigné, pendant toutes ces années, qu’ils l’avaient l’un et l’autre cru. La fierté de l’homme était évidente et Chase esquissa un léger sourire, content d’avoir pu un peu contribué à ce rapprochement. Lena, qui tranchait des pommes de terre vigoureusement, le regardait d’un œil amusé. De toute évidence, le petit Lukaz n’avait pas mis le grapin sur le moins malin des habitants de Star City.

— Et du coup, vous vous êtes rencontrés comment ?

Chase s’était attendu à cette question, aussi put-il répondre sans hésitation :

— À une soirée. Je crois qu’on s’est plu tout de suite, et puis après, on s’est revu plusieurs fois et les choses se sont faites petit à petit.

C’était à la fois la stricte vérité et un petit mensonge, parce que sa formulation donnait de leurs rencontres successives une image beaucoup plus sage que ce qui s’était réellement passé. Mais Chase se doutait que son ami ne devait pas avoir envie que sa mère sût combien il avait écumé les bars pour enchaîner les coups d’un soir et lui-même ne tenait pas à se présenter sous ce jour. Alors il arrondissait les angles.

— Et vous repartez quand ?
— Demain, dans la journée, hélas. J’ai beaucoup de choses à faire à Star City. Un nouveau travail, des structures à mettre en place.
— Et ce soir, vous dormez… ?
— À l’hôtel, en ville !
— Certainement pas !

Erwan fit un geste en direction du sud-est.

— Il y a le mobile-home de Serpente, qui est inoccupée depuis qu’elle s’est mariée. On peut faire la chambre, vous serez bien là-bas. Il y a le chauffage.

L’homme considéra Chase un instant, avant de reconnaître avec une pointe d’embarras :

— Enfin, évidemment, c’est probablement moins luxueux que votre hôtel et si vous…
— Non, ce sera parfait !

Chase tenait surtout à éviter de passer pour un grand bourgeois incapable de quitter son petit confort personnel et peu désireux de se mêler à la populace.

— Comme ça, on pourra rester plus longtemps ici. Après tout, c’est pour ça qu’on est ici !

Les parents de Lukaz affichèrent des mines satisfaites, puis la conversation reprit et roula peu à peu sur des choses et d’autres : les dangers de Star City, les dernières nouvelles de la foire, le gouvernement français, le gouvernement américain, l’alimentation de Lukaz, le métier de Lukaz, les lois sur le mariage homosexuel aux États-Unis — de toute évidence, Lena voyait sur le long terme et d’une seconde à l’autre, Chase s’attendait à ce qu’elle leur demandât s’ils avaient déjà réfléchi à adopter un enfant.

Insensiblement, le repas se préparait et les deux garçons finirent par emboîter le pas à Erwan, pour dresser une grande table sous le chapiteau, disposer des radiateurs extérieurs, bref, préparer la soirée. Entre la télékinésie de Chase et la force de la Montagne, les préparatifs allaient bon train.
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Message posté : Sam 16 Nov - 20:59 Message
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- Force solaire (8T)
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- Subsistance solaire

- Photoportation

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- Kamui Kaguya/Kagutsuchi
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- Mutin Lutin Malin Pesti (lutin)

- Fallaenn (base)
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Une chose semblait certaine, Lukaz n'allait pas contredire ses parents. Oui, dans un sens, Chase l'avait ramené dans le droit chemin, si l'on considérait que le chemin qu'il empruntait avant n'était bon, cette décision dépendant grandement de l'éducation de celui qui la prendrait. Mais en dehors de cela, Lukaz continuait de volet et ses fréquentations habituelles étaient mêlées de très près au monde du crime. Alors dans les faits, on pouvait dire que le droit chemin se trouvait encore bien loin de lui. Mais ça, il n'allait pas le raconter. Mieux valait que ses parents pensent qu'il avait laissé tout ça de côté pour s'installer dans une vie relativement simple et commune, dans un petit appartement, avec son petit ami. Ce dernier le fit d'ailleurs sourire en indiquant que Lukaz se remettait tout seul dans ce chemin... Ça, c'était bel et bien faux parce qu'il était peu probable qu'il ait changé son mode de vie et qu'il soit revenu ici sans la présence de Chase. Qu'il en soit conscient ou non, le mentaliste l'avait changé, c'était un fait. Pour le meilleur ou pour le pire ? Il était encore trop tôt pour le dire.

Lukaz apprécia ensuite l'habileté avec laquelle son petit ami répondit aux questions posées sans mentir mais sans réellement dire la vérité non plus. Comme quoi, il n'était pas le seul à faire usage des semi-vérités, même si dans son cas, il allait lui falloir révéler l'entière vérité relativement rapidement pour éviter tout dérapage. C'était là ce qu'il craignait le plus. Il s'était tellement attaché à Chase qu'au final, sa plus grande crainte était maintenant de le voir s'énerver et partir, comme il avait pu le faire du Bigsby Building. Laissant ces pensées de côté pour le moment, il se contenta donc juste d'ajouter quelques mots. « Chase était juste parfait, quand je l'ai vu, c'était obligé que je craque. » Vint ensuite la question de leur retour à Star City et avant que Lukaz n'ait eu le temps de comprendre quoi que ce soit, ils se retrouvèrent invités à dormir dans l'un des mobile-homes libres de la foire. Au moins, ils n'auraient plus besoin d'attendre un taxi pour retourner en ville, c'était toujours ça de pris.

La conversation reprit ensuite et plus le temps passait, plus les choses se faisaient simplement, comme si les sept années de séparation s'effaçaient pour combler le vide qu'elles avaient créé. Lukaz se rendit aussi compte que sa mère voyait dans sa relation avec Chase quelque chose de visiblement durable et, durant un instant, il ne put s'empêcher de se demander ce que son petit ami pouvait en penser. Se marier ensemble, est-ce que cela semblait... possible ? Il ne s'était même jamais imaginé en couple, alors s'imaginer marié... Mais est-ce que ça le dérangerait ? Il ne savait pas trop. Mais... Peut-être pas, en fait. Il y avait cependant encore le temps d'y penser. Largement.

Alors que le repas se préparait doucement mais sûrement et que le plus important avait déjà été fait, il fut temps de mettre la table et le jeune couple suivi donc le maître des lieux jusqu'au chapiteau afin d'y installer tout ce qu'il fallait, un peu comme dans une pub télévisée pour un jambon fumé. Lukaz se retrouva soudain plongé plusieurs années en arrière et cela le fit sourire plus qu'à son habitude, tant c'était agréable de retrouver ces sensations là. C'était tout aussi agréable de voir Chase se servir de ses pouvoirs pour mettre en place les chaises et cela, sans que personne ne lui fasse la moindre remarque. Si son petit ami n'hésitait jamais à se servir de sa télékinésie quand ils étaient à la maison, il était vrai que Lukaz ne savait pas trop ce qu'il en était quand il se trouvait au travail, avec Charlie ou dans un lieu public. Évitait-il de s'en servir ou pas ? Il devait avouer qu'il n'en savait rien, mais le voir s'en servir aussi simplement qu'il le faisait en cet instant, ça faisait plaisir.

Aussi, lorsque les préparatifs prirent peu à peu fin, Lukaz se rapprocha de Chase et, se plaçant derrière lui tout en collant leurs corps l'un à l'autre, il l'enlaça de ses bras en appuyant son menton sur son épaule. « Alors, comment tu te sens, mon cœur ? Ça se passe bien, non ? Tu es moins stressé ? » Il semblait évident que c'était le cas, mais le voleur voulait l'entendre de la bouche de Chase. Et surtout, il voulait savoir ce que ce dernier pouvait bien penser de la foire et des personnes qui y vivaient. « Là, tu peux te faire une idée de ce qu'était mon quotidien, quand j'étais plus jeune. On peut même dire qu'ils étaient tous ma famille, même s'il n'y avait aucun lien entre nous. Enfin... Qu'ils sont ma famille. Et on dirait bien qu'ils t'ont adopté. Tu as l'air de leur plaire et ça, c'est pas forcément évident. » Déposant un baiser au creux de la nuque de son petit ami, Lukaz laissa échapper un soupire de contentement avant de reprendre. « Désolé pour les questions de ma mère, tout à l'heure... J'imagine que c'était impossible d'y échapper. » Et il y avait de fortes chances que la famille de Chase pose le même genre de questions, si un jour il venait à lui être présenté. Ça se passerait peut-être même beaucoup moins facilement... Si les forains accueillaient volontiers le jeune génie, qu'est-ce qu'une famille de génies ferait du forain qui a perverti l'un des leurs ? « Mais crois-moi, c'est plutôt bon signe, en fait. Puis comme on va dormir là, je vais pouvoir te montrer certains lieux de mon enfance. Tu voulais partager ma vie alors, je pourrais te raconter quelques histoires. On revivra tout ça ensemble. Qu'est-ce que tu en dis ? » Lukaz n'oubliait pas que Chase n'avait jamais connu de lieu de ce genre durant sa propre enfance, alors il était temps de rattraper tout ça, sans rien omettre. « Mais plus tard ! On dirait que le repas arrive. » Tout sourire, il fit alors pivoter son petit ami avant de l'embrasser amoureusement.
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Message posté : Sam 16 Nov - 21:22 Message
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— Mais je n’ai jamais été stressé !

Avait assuré le Neutron-Grey avec une parfaite mauvaise foi, en posant les mains sur celles de son petit ami, sur son ventre.

— Tu me connais. Je ne suis pas du genre à m’inquiéter pour ce genre de choses.

Il se tordit le cou pour adresser un sourire à Lukaz, avant de prendre les mains du jeune homme dans les siennes, pour l’inciter à resserrer un peu plus son étreinte autour de sa taille. Les habitants de la foire arrivaient les uns après les autres, généralement parce que Lena les avait réquisitionnés pour apporter les plats ou les boissons. La plupart lui jetait un petit regard curieux, avant d’échanger des sourires entendus. Une drôle de famille, sans aucun doute, mais Chase n’était pas le mieux placé pour en juger.

— Je comprends qu’elle ait des questions. Ça paraît légitime. J’ai eu un peu peur de… Je ne sais pas. Comme on ne vient pas vraiment du même monde…

Certes. Entre l’immeuble inestimable qui abritait de célèbres génies technologues, leurs millions et leur Portail Dimensionnel et la Foire du Futur pas si futuriste que cela où l’on cherchait plutôt l’anonymat, il n’y avait pas beaucoup de points communs.

— … je me disais que je lui paraitrais peut-être trop… pas conventionnel, mais tu sais, trop…. Du mauvais côté, en quelque sorte. Du côté de ceux qui dominent. Qui oppriment.

Depuis qu’il vivait avec Lukaz, Chase avait considérablement mis en perspective la place des Neutron-Grey et de l’UNISON dans l’ordre du monde et même si son petit ami n’était pas du genre à exprimer leur désir commun de liberté en des termes politiques, l’Américain comprenait que la Foire du Futur représentait pour ceux qui y habitaient une utopie, qui était comme la critique d’un ordre établi dont sa vie précédente avait été, elle, une incarnation.

— Je suis content de ne pas te faire honte.

Décidément, Chase avait encore un peu de mal à assimiler les compliments de Lukaz. La conversation roula sur la foire elle-même et il hocha la tête :

— Bien sûr ! Je veux tout visiter, moi…

Il était épuisé par les voyages et le décalage horaire — lui ne pouvait pas prendre de bains de soleil pour se recharger à bloc et repartir du bon pied tous les matins, comme si de rien n’était. Mais il était encore jeune et il pouvait se permettre de perdre quelques heures de sommeil pour se plonger dans les souvenirs de son petit ami. Le mentaliste se retourna et ses mains trouvèrent aussitôt leur place au creux des reins de Lukaz et les deux jeunes gens recommencèrent à s’embrasser.

Il leur fallut quelques secondes pour se rendre compte qu’un étrange silence s’était abattu dans le chapiteau. Chase se détacha de son petit ami — tout du moins consentit-il à séparer leurs lèvres, sans vraiment se reculer lui-même. Il jeta un coup d’œil vers la tablée et constata que les habitants de la foire les regardaient avec des sourires en coin. Une femme dont les cheveux s’agitaient étrangement lança :

— Eh bien, vous avez l’air d’avoir beaucoup de pratique !
— Ils ne doivent pas beaucoup dormir, c’est sûr.
— En même temps, si j’avais rencontré un Américain comme ça, moi aussi je passerai mon temps à lui…
— Mais ça suffit, oui !

Chase n’avait strictement rien compris des commentaires goguenards que les convives avaient échangé. En tout cas, l’exclamation de Lena, qui n’avait probablement aucune envie de s’imaginer les activités nocturnes de son fils et son gendre, mit officiellement un terme aux plaisanteries et le couple vint s’installer au milieu de la grande tablée. Le repas commença, dans les conversations, les rires et les explications dans un anglais souvent très approximatif, grâce auxquelles Chase en apprenait un peu plus sur le fonctionnement de la foire.

Rapidement, on lui demanda des démonstrations. Chase jeta un regard interrogatif à Lukaz. La femme aux cheveux serpentins, qui était assise en face de lui, se pencha et, en agitant une fourchette sur laquelle il restait une pomme de terre, expliqua avec un fort accent marseillais qui modulait étrangement son anglais :

— Tes pouvoirs, idiots ! Montre un peu, quoi. L’Araignée, là…

Elle désigna de sa patate un type à huit bras qui en profitait pour rafler un peu dans tous les plats.

— Dis qu’il a lu dans un journal que t’étais le mentaliste le plus puissant du monde. Fais donc voir un peu.

L’information circula comme une trainée de poudre et plusieurs commensaux commencèrent à taper sur la table en réclamant une démonstration. Il n’y avait pas à dire, ça le changeait du Bigsby Building et des recommandations de sobriété de l’oncle Jack. À nouveau, comme à chaque fois, Chase chercha l’approbation dans le regard de Lukaz. La Montagne se pencha à l’oreille du Français et murmura :

— Il est timide, quand même, ton petit ami.

Le timide petit ami ferma plissa les paupières. Et des exclamations ravies se firent entendre de tous les côtés. La table immense, les bancs, et avec eux tous les dîneurs, venaient de s’élever de plusieurs mètres dans les airs. Ils avaient presque atteint le sommet du chapiteau quand ils amorcèrent leur descente pour atterrir doucement sur le sol. Méduse était médusée. Chase avait le visage de celui qui ne s’était fendu que d’une simple formalité.

— Quand même.

Il y eut une salve d’applaudissements et Chase rougit — et ne put s’empêcher de sourire, fier de lui. Sous la table, sa main se referma sur celle de Lukaz. C’était sympa, en fait, la Bretagne.
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Degemer mat e Breizh (Lukaz)

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