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Fight for Freedom II (Charlie)

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Message posté : Ven 1 Nov 2013 - 13:33 Message
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2 novembre 2013

Les fans se tordaient le cou, se marchaient sur les pieds, se donnaient des coups de coude pour voir les célébrités défiler sur le tapis rouge. Certaines d’entre elles restaient plusieurs minutes, souriaient, agitaient la main devant les caméras et les photographes, signaient parfois quelques papiers qu’on leur tendait, le tout avec le naturel déconcertant des véritables stars, habituées à vivre de pareilles manifestations d’enthousiasme plusieurs fois la semaine et soucieuses de vendre, qui son dernier parfum, qui son dernier album.

Les deux chevelures blondes qui formaient  peut-être le couple le plus célèbre de Star City, elles, ne s’étaient pas vraiment attardées sur le tapis rouge. Chase avait adressé un sourire rapide à quelques caméras et Charlie l’avait presque tracté au sommet de l’escalier, avec une force texane remarquable — qui n’égalait cependant pas encore celle de ses frères (heureusement). L’avocate et l’aventurier-technologue s’engouffrèrent dans le prestigieux cinéma qui accueillait, ce soir-là, l’avant-première.

Si Chase avait absolument tenu à se rendre à New York pour voir le dernier film de Zoulav Yesvniek, cinéaste à la nationalité indéterminée mais coqueluche (comme la maladie) d’Hollywood, ce n’était pas parce que l’un des personnages étaient assez librement inspiré de sa vie — dans une version plus musclée, moins intellectuelle et plus hétérosexuel. C’était que le film avait été suivi d’assez près par l’UNISON, soucieuse de dorer un peu son blason grâce aux prouesses fictionnelles d’agents héroïques, pour susciter chez le public de belles vocations.

Par conséquent, la réception qui devait suivre l’avant-première serait pleine de responsables de l’UNISON, venus donner leur bénédiction à l’œuvre cinématographique — donc de responsables politiques. C’était l’endroit rêvé pour une opération diplomatique de la part du chef de la toute nouvelle équipe Argos de la Danger Diamond Society, une équipe dont les missions et les prérogatives ne manquaient pas d’inquiéter certains gradés de l’UNISON et certains politiques. Il fallait resserrer les liens qui unissaient la DDS à l’UNISON et rassurer tout ce petit monde, pour pouvoir avoir les coudées franches à l’avenir.

Naturellement, Chase n’avait pas pu proposer à Lukaz de l’accompagner. Le Français ne tenait guère, supposait-il, à voir sa photographie sur la couverture de toute la presse people et des paparazzis fouiller les moindres recoins de son existence, pour dénicher ses secrets les plus intimes. Alors Chase avait invité Charlie — Charlie, la célèbre avocate, qui était déjà la coqueluche (c’est une épidémie) des médias. Au moins la Texane pourrait-elle rencontrer quelques politiciens influents qui l’aideraient dans sa montée en puissance. Un nouveau cabinet, comme une fleur fragile, avait besoin d’un terrain propice et de beaucoup d’engrais pour se bien développer.

Ni Charlie ni Chase n’étaient cependant ravis de se plonger dans la valse des mondanités. Fort heureusement, le smoking n’était pas de rigueur et Chase avait pu se rabattre sur un costume-cravate probablement hors de prix mais au moins beaucoup plus confortable. Arrivés en haut des escaliers puis à l’intérieur du cinéma, il poussa un soupir de soulagement — qui ne fut que brève durée : déjà une employée, choisie vraisemblablement pour l’harmonie voluptueuse de ses formes, se présentait à eux.

— Maître Lane, Monsieur Neutron-Grey…

Elle laissa dans les yeux de Chase son regard d’un vert éclatant. Habituée aux playboys qui écumaient les soirées où elle faisait souvent office de réceptionniste elle-même, elle avait appris à jouer de ses charmes pour s’attirer une aventure et des faveurs sonnantes et trébuchantes. Ses tentatives passèrent évidemment totalement inaperçues : Chase lui adressa un sourire courtois alors qu’elle les guidait jusqu’à une première salle, où l’on bavardait déjà, coupes de champagne à la main, en attendant les discours qui précéderaient la projection proprement dite.

Dans un coin, Tom Felton était en grande discussion avec Joseph Gordon-Levitt, tandis qu’une Uma Thurman peu concernée passait de groupe en groupe, en quête d’une conversation intéressante. Machinalement, Chase chercha du regard Keiko Danger, la seule qu’il connût réellement dans un semblable milieu, mais son amie n’avait pas l’air décidé à montrer le bout de son nez. Il se tourna vers Charlie.

— Peut-être que tu vas pouvoir séduire George Clooney. Tu aurais du café gratuit pendant toute ton existence.

N’était-ce pas une perspective des plus riantes ?

— Mais c’est Chase ! Chase Neutron-Grey ! Et la dé-li-cieuse Charlie Lane.

Un homme à la chemise à peine boutonnée et aux lunettes de soleil pour le moins audacieuses s’approcha d’eux, tout sourire, pour leur serrer vigoureusement la main, comme s’ils étaient amis de longue date. Chase, personnellement, ne le reconnaissait absolument pas.

— Je suis tout ce que vous faites, c’est fas-ci-nant ! Charlie, Charlie, vous êtes tellement belle, est-ce que vous avez déjà songé à faire du mannequinat ? Vous pourriez être une égerie, une déesse.

Il se glissa à côté d’elle et d’un geste de la main désigna un tribunal imaginaire.

— Imaginez vous devant le prétoire avec un tailleur YSL ! Quels procès ne remporteriez-vous pas ! Chase, vous permettez que je vous l’emprunte ?
— Euh…
— Mer-veil-leux ! Venez, ma chère !

Une main dans le dos de Charlie, l’homme l’entrainait devant un célèbre couturier qu’il avait dessein de lui présenter. À peine Charlie avait-elle été éloignée que l’ouvreuse qui les avait accueillis se faufila au côté de Chase.

— Tout va bien, Monsieur Neutron-Grey ? Si vous avez besoin de quoi que ce soit…

Elle baissa légèrement la voix.

— …je suis là pour répondre à toutes vos demandes.

Chase se demanda si cela voulait dire qu’il pouvait avoir le droit à des Kit-Kat.
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Message posté : Dim 3 Nov 2013 - 15:31 Message
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2 Jours plus tôt.

« Tu n’es pas sérieuse ? »
« C’est une avant-première, avec tout le gratin, qu’est-ce que tu crois ? Bien sûr,  je suis sérieuse ! »

Soupir. Charlie avait un peu – beaucoup – de mal à reconnaitre son reflet dans le miroir de cette boutique de vêtements – boutique dans laquelle, elle n’aurait jamais mis les pieds si Sarah ne l’avait pas trainé là. Une moue incertaine sur le visage, Charlie entreprenait déjà de tirer sur le haut de cette robe mais, la main de Sarah, la stoppa bien vite dans son action.

« Ce n’est pas élastique ! »
« C’est trop serré. »
« C’est ajusté. »
« C’est ce que je dis. »

La tête dépitée qu’elle pouvait faire n’avait rien à voir avec celle qu’elle afficha – presque horrifiée – en voyant le prix d’affiché sur l’étiquette, qu’elle afficha devant le nez de sa secrétaire – enfin qui avait dépassé ce simple stade dans leurs échanges.

« Tu as vu le nombre de chiffres, et il n’y a même pas de virgule ! »
« D’une, il n’y a pas tant de chiffres que ça. Deux, c’est le cabinet qui paye vu la pub que ça lui fait. »

Son assistante juridique pouvait passer quelques examens, à coup sûr, elle ferait fureur en tant qu’avocate ! Les négociations avaient été longues, dans un jargon tournant de plus en plus de manière professionnelle et, la défaite fut attribuée à Charlie qui avait quitté le magasin avec la boite contenant la robe. Triste vie ! Acheter une robe comme ça le jour d’halloween, c’était presque un signe.

2 Novembre 2013.

Heureusement, sa robe avait presque l’air banal à côté de certaines autres, faites sur mesure par des personnes renommées, ce qui ne l’empêcha pas d’avoir envie de s’engouffrer dans le sol pour en ressortir qu’une fois que tout cela serait fini. Jamais elle n’aurait foutu les talons dans un évènement comme celui-là si ce n’était pas Chase qui lui avait proposé. Elle était bien incapable de lui refuser quoi que ce soit. Un peu plus et elle aurait presque envie de le détester pour ça. Bon, elle s’efforçait de sourire et tout, de faire ça bien mais, une personne avec un accès à sa petite tête blonde aurait vite compris, qu’elle se serait senti bien plus à l’aise dans son canapé, en jean, avec un dossier sur les genoux.

Elle ne s’était pas attardé sous les flashs des appareils photo parce qu’elle n’aimait pas ça et, aussi, parce que si son petit frère tombait encore sur un article, il allait réellement finir par croire qu’elle lui avait menti sur toute la ligne en lui assurant qu’il n’y avait rien entre NG et elle. En même temps, si Jay préférait croire des feuilles de choix plutôt que sa propre sœur – qui passait, effectivement beaucoup de temps à lui mentir – elle ne pouvait pas y faire grand-chose. Là, dans l’immédiat, tout ce qu’elle voulait s’était entrer dans le cinéma, quitter ces escaliers aveuglants et, aussi, se mettre en boule dans un coin en attendant que ça passe. Il y avait fort à parier que cette dernière envie ne serait pas possible.

Étrange de se retrouver dans un endroit où, en vrai, il y avait des personnes qu’on ne voyait qu’à travers un écran ou en photo dans un journal, dont l’importance pouvait être assez négligeable. Même si ce genre d’exercice n’enchantait pas Chase, il s’en sortait bien mieux qu’elle. Une habitude, peut-être ? Elle s’y ferait avec le temps ? Non, elle n’y croyait pas une seule seconde. Un sourire apparut, bien plus sincère que ceux qu’elle avait pu donner jusqu’à présent, quand il parla de Clooney et de ses cafés et elle aurait volontiers rebondi sur une telle phrase si un type, qu’elle n’avait jamais vu, n’était pas venu les interpeller. Elle le salua dans un sourire poli en se disant qu’elle allait pouvoir se mettre en retrait quand il commencerait à s’intéresser de plus près à Chase.

Euh…

Elle lança un regard incertain à Chase, ne comprenant pas tellement pourquoi ce n’était pas lui, le centre d’intérêt de ce type trop bizarre qui prenait les bras des gens pour des pruniers.

« Je… »

Pas le temps d’en placer une qu’elle se faisait déjà embarquer, non sans lancer un regard suppliant à Chase qui l’abandonnait lâchement aux mains d’un personnage qui parlait couture et égérie. Elle trouva une pseudo satisfaction en voyant Chase se faire aborder par l’ouvreuse qui, apparemment, trouvait qu’un sourire courtois n’avait rien de suffisant.

Charlie fut présenté à un certain Tom Ford, dont elle n’avait jamais entendu le nom jusqu’à présent ou, peut-être que si mais ça ne devait pas être le genre d’information qu’elle avait trouvé important de retenir. Dans la conversation, remplie de sourire courtois, elle arriva à capter que le type avait eu un parcours impressionnant avant de finir, à ce jour, avec sa propre enseigne à créer des lunettes de soleil et… En fait, elle n’avait pas trop suivi le reste parce que, si le type qui l’avait éloigné de Chase portait des lunettes du fameux Tom Ford, il était évident qu’elle n’était pas faite pour comprendre le monde du stylisme.

« Cette année, Jay-Z a même fait un titre à son nom, vous vous rendez-compte de l’hommage ? »

Elle s’efforça d’un regard impressionnée pendant que Ford, lui, faisait preuve d’une mauvaise modestie avant de reprendre à son tour.

« Vous devriez passer dans mes bureaux. » Il sortit une carte de visite sortie de nulle part qu’elle attrapa dans un remerciement. « Rapidement, sinon, j’ai bien peur qu’il va falloir 9 mois avant de pouvoir envisager de faire quelque chose. »
« 9 mois ? »

Tom, pencha la tête, le regard ouvertement posé sur son ventre. Monsieur ne faisait pas de photos sur les femmes enceintes, les rondeurs, lui, il ne trouvait pas ça très gracieux, puis les visages s’arrondissaient sous une grossesse alors, vu qu’elle attendait un enfant de Chase, une fois que cela commencerait à se voir, il était préférable d’attendre qu’elle ait expulsé son enfant avant d’envisager une collaboration.

« Oh, oui, bien sûr. 9 mois, je comprends. »
*Chase, mon hypothétique grossesse vient de me faire perdre un contrat, c’est tellement dommage*

Elle s’était forcé à un sourire compatissant envers Ford, le ton était ironique quand elle s’était adressée à Chase. Elle n’aurait jamais pensé que la fausse information concernant sa grossesse pouvait, un jour, lui éviter quelque chose dont elle n’avait, de toute façon, pas envie de faire.
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Message posté : Dim 3 Nov 2013 - 15:57 Message
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— Est-ce qu’il y a des Kit Kat ?
— Je vous demande pardon ?

L’ouvreuse se mit à chercher de toutes ses forces dans son répertoire de positions et de métaphores sexuelles pour en trouver une qui eût du rapport avec les kit kat, persuadée que Chase s’exprimait à mots couverts pour exiger une faveur particulière — après tout, cette affaire n’était qu’une question de marchandage. Histoire de gagner du temps, elle répondit :

— Il y a des petits fours au saumon de la Baltique cuisinés par Natacha Arvington, du Crésus. Entre autres.
— Donc pas de Kit Kat.

Le jeune homme avait l’air sincèrement dessus, mais il n’en faussa pas moins compagnie à l’ouvreuse, qui le regarda partir avec perplexité. Mais comment ce type-là avait-il capable de faire un enfant à qui que ce fût, elle commençait à se le demander. Chase, lui, naviguait habilement entre les invités pour tenter de parvenir à la récompense ultime de ses machinations machiavéliques : le buffet.

* Tu devrais faire une conférence de presse ou publier un démenti. *

Lui, il était parfaitement sérieux. Si, dans l’ensemble, sa relation fictive avec Charlie l’arrangeait, parce qu’elle détournait l’attention du Lukas, au cas où, il était loin de vouloir imposer envers et contre tout à son amie d’entretenir la légende de leur idylle, et encore moins celles de leur mariage et de leur futur enfant. Un petit communiqué de presse aurait probablement suffi, mais Charlie n’avait pas encore pris la mesure de son influence médiatique, des exigences qu’elle imposait et des moyens qu’elle offrait.

Le psi avait finalement atteint le bar.

— Un coca, s’il vous plaît.
— Naturellement, Monsieur. Nous avons du soda équitable cultivé par des fermiers néerlandais à partir d’une plante soigneusement sélectionné et confectionné avec une sélection d’épices particulières, qui lui donnent un goût unique.
— Ah. Et il n’y a pas de… euh… coca ?

Quelques secondes plus tard, Chase circulait, à son grand désespoir, avec un verre de Nectar Ambré, le fameux soda néerlandais qui, à son humble avis, ne valait pas un bon coca bien américain.

— Excusez moi ?
— Hmm ?

Chase se retourna vers une jeune femme qui entretenait une très lointaine ressemblance avec Charlie — en moins élégante, bien entendu. L’actrice lui adressa un sourire un peu intimidé. Rencontrer des célébrités hollywoodiennes, bien plus en vue qu’elle, elle en avait l’habitude, rencontrer un super-héros qui avait vécu des situations réellement dangereuses et sillonné le monde et les dimensions, c’était inédit.

— Je m’appelle Andrea Cook…

Elle attendait manifestement un commentaire et Chase risqua :

— Bien sûr, je vous ai reconnue.

Il ne savait pas du tout de qui il pouvait bien s’agir. L’actrice s’épanouit dans un sourire.

— Et je me demandais si, éventuellement, vous pourriez répondre à quelques questions sur l’UNISON. Vous savez, je songe à écrire un scénario, pour mon propre film, et je voudrais vérifier certains points.
— Naturellement.

Chase avait d’abord soupçonné qu’on essayait de l’appâter sous un faux prétexte, mais Andrea sortit son téléphone, ouvrit un fichier et, en tendant le cou, Chase put apercevoir une liste de plusieurs dizaines de questions. Chouette.

— Alors, croyez-vous en Dieu ?
— Pardon ?
— Je suis membre de l’Église des Saints des Derniers Jours, vous savez, et j’ai besoin d’être sûre que nous partageons assez de… évidences, pour discuter, et…
— Excusez-moi, je crois avoir entendu Charlie m’appeler.

Et Chase s’éloigna de la prosélyte pour rejoindre l’avocate, l’air déjà traumatisé par ses premières minutes dans le monde du gratin hollywoodien. Il se demandait bien comment Keiko pouvait tenir dans un pareil milieu, où l’on avait affaire à des ouvreuses incompréhensibles, des célébrités illuminées et des boissons suspectes. Le mutant se pencha à l’oreille de sa meilleure amie et murmura :

– Je crois qu’on vient d’essayer de me convertir à une secte.

Certes, il était théoriquement le leader d’un sous-groupe d’une secte complètement désorganisée dans une dimension parallèle désormais inaccessible, mais ce n’était pas une raison pour l’entraîner dans des entreprises religieuses douteuses (c’est-à-dire, de son point de vue, n’importe quelle entreprise religieuse).

— Cela dit, plus sérieusement, tu devrais peut-être en profiter pour nouer conversation avec des gens. Pas des acteurs, des politiques. Là, il y a le sénateur qui a son projet de loi sur la réforme des avocats commis d’office. Je suis sûr qu’il serait intéressé par ton avis. Et ça pourrait être bien pour ton futur cabinet.

Lui, il n’en démordait pas : Charlie méritait beaucoup mieux qu’un cabinet où elle ne servait guère qu’à flatter l’image publicitaire des dirigeants. Il avait peut-être grandement contribué à la première célébrité de la jeune femme, mais depuis, le talent et l’efficacité de l’avocate avaient fait le reste.

— D’ailleurs, ce cabinet, c’en est où ? Tu pourrais, comment on dit, déjà… ?
— Je voudrais vous pitcher une idée de film.

Chase manqua de sursauter, alors qu’un petit homme barbu s’immisçait dans leur conversation.

— Voilà, pitcher.
— En fait, je voudrais que vous deux veniez jouer dans un porno. Mais un porno chic, attention, un porno élégant. Pas une vulgaire sex tape. Quelque chose de glamour.

Le sénateur en charge de la réforme des avocats commis d’office semblait une destination bien difficile à atteindre.
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Message posté : Dim 3 Nov 2013 - 20:06 Message
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*   Là, tout de suite, je suis bien contente de ne pas avoir démenti quoi que ce soit ! *

Ça lui offrait une trop bonne excuse – qu’elle n’avait même pas eu à avancer – pour la sortir d’un plan shooting qui ne lui faisait absolument pas envie. Elle discuta encore quelques instants avec les deux types qui donnaient l’impression de sortir d’un autre monde, avant de s’excuser pour s’éclipser. Elle échangea une ou deux formules de politesse avec d’autres personnes, avant de croiser un serveur et d’attraper une coupe de champagne sur son plateau. Un verre ne la tuerait pas et, avec de la chance, ça l’aiderait à poursuivre cette soirée sans finir, volontairement, en boule sous une table pour ne pas être vue. Un sourire sincère se dessina sur ses lèvres à l’arrivée de Chase, encore plus à sa phrase.

«   En fait, cet endroit est encore plus dangereux que ce que j’imaginais. »

Elle laissa passer un léger et discret rire, histoire de faire passer cette réflexion comme légère même si, en réalité, elle avait réellement l’impression d’être en terrain hostile. Elle préférait de loin se retrouver dans un tribunal plutôt que de faire face à des célébrités qui, finalement, étaient très bien derrière un écran. Un soupir passa, par la suite, plus amusé que réellement blasé par la réflexion de Chase qui, vraiment, semblait tenir à la voir ouvrir son propre cabinet. Elle jeta un regard dans la direction du sénateur en question et s’apprêta à répondre à Chase quand un barbu fit son apparition. Charlie qui s’appliqua à boire une première gorgée de sa coupe de champagne, la recracha involontairement, en manquant de s’étouffer au mot porno.

«   Désolée. »

Sa main libre sur sa bouche, elle essuya les résidus de champagne, heureusement qu’elle s’était lancé dans une petite gorgée et pas dans une tentative pour boire sa coupe cul-sec. Les dégâts auraient été plus problématiques.

« Un problème ? »
«   Non, non. » Elle laissa sa main devant sa bouche, un instant pour ne pas afficher un large sourire et s’empêcher et rire face à cette proposition qui, de toute évidence, était loin de lui convenir. «    Veuillez m’excuser. » Elle posa une main sur l’épaule de NG. «   Je suis certaine que Chase saura vous répondre à cette proposition. » Elle posa son regard sur lui, dans un sourire. «   Je reviens. »

Il l’avait bien abandonné aux mains d’un styliste fou – même s’il ne l’était pas vraiment, ce n’était pas grave – alors, elle pouvait bien le laisser en proie à un cinéaste qui voulait faire du « chic ».  Elle s’éloigna en se disant que boire quelque chose ici était, en réalité, bien dangereux surtout quand on voyait des gens débarquer avec des propositions de ce genre.

« Charlie ? »

Le regard de l’avocate se posa d’abord sur la main qui venait de se poser sur son avant-bras pour l’interpeller, en se disant qu’il était impossible de faire plus de 5 mètres sans se faire arrêter par quelqu’un. Un marathon ! Puis elle releva la tête pour se poser sur un visage qui, cette fois, ne lui était pas inconnu.

«   Erik ? »

Erik James était un avocat, à new York, s’occupant essentiellement des personnes connues et travaillant pour un grand cabinet. Leur rencontre, à tous les deux, s’était faite pendant leurs études. Tous les ans, il y avait des concours pour les écoles de droit où l’on donnait une affaire fictive à des personnes qui devaient les plaider ensuite devant un jury, ces concours opposant différentes écoles de différents états à chaque progression. En réfléchissant bien, ce n’était pas étonnant de le voir à cette soirée mais, dans le cas de Charlie, elle était bien contente de tomber sur un visage connu autrement qu’à travers un poste de télévision.

« Les choses avancent bien pour toi. »
«   Je peux te retourner la même chose, j’ai suivi l’affaire Mary Deans et… »
« … Je sais, j’ai repris la même défense que toi lors du concours, je ne pensais pas que ça passerait dans un vrai tribunal. »

Faut dire que baser sa défense sur le fait qu’une employée sur le point de se faire virer, n’avait pas jeté volontairement une boîte à crayon sur l’employeur mais qu’elle avait voulu viser le mur alors que l’homme avait bougé pour se mettre sur la trajectoire, ce n’était pas réellement l’argument le plus solide qu’on puisse faire. Mais, ça mettait un doute et c’était le plus important, non ? Trois minutes plus tard, à se rappeler certaines affaires ou à parler du parcours de l’autre, Erik, se lança.

« Tu n’envisages pas de quitter Star City ? »
«   Non pourquoi ? »
« Parce que, tu sais, on aurait une place pour toi à New York. »

Elle était loin de s’en douter mais, cette rencontre n’était peut-être pas si anodine que cela. Le cabinet pour lequel travaillait Erik était toujours à l’affut de personnalité connue, pouvant leur apporter plus de contrats rapportant plus gros à chaque fois, en plus de leur faire une certaine publicité. Charlie n’envisageait pas de quitter Star City pour la simple et bonne raison que ses frères se trouvaient là-bas et qu’elle ne les laisserait pas même pour la promesse d’une carrière mise encore plus en avant. Ce qu’elle était loin de rechercher de toute façon.

«   Star City offre des affaires que je ne verrais jamais ailleurs. » Façon polie de décliner l’offre.
« Tu me présenterais à Chase Neutron-Grey. » Il se pencha un peu sous le ton de la confidence. « Je suis un grand fan. »

Ou alors, si ce qu’on disait était vrai, peut-être que convaincre Chase que Charlie aurait bien plus d’intérêt à New York qu’à Star City, entrainerait le mentaliste à pousser l’avocate dans cette voix-là. Elle hocha la tête, ne voyant pas en quoi il serait dérangeant de présenter les deux personnes. Retrouvant Chase, en s’excusant auprès de la personne avec qui il pouvait éventuellement discuter, elle s’employa à présenter les deux personnes.

«   Chase, je te présente Erik James, il est avocat à new York. »
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Message posté : Dim 3 Nov 2013 - 21:40 Message
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Le plus grand mentaliste du monde qui menait, à ses heures perdues, une quadruple vie de criminel notoire, de souverain d’une partie du Royaume des Rêves et du gourou (absent) d’une secte d’astrologues, devint rouge pivoine quand on lui proposa de tourner dans un film pour adultes. Il était incapable de ne pas s’imaginer avec Charlie, même si en la matière, les images qui défilaient dans sa tête n’allaient pas beaucoup plus loin qu’une Charlie en nuisette parce que, très honnêtement, devant le fait accompli, Chase n’aurait pas su quoi faire.

Ce qu’il connaissait de la pornographie mettait plutôt en scène de vigoureux militaires désireux de parfaire leur entraînement et de resserrer les liens d’une virile camaraderie ou bien de jeunes athlètes impressionnables toujours prêts à faire plaisir à leurs coachs. Il n’y avait là-dedans rien de très chic et, d’ailleurs, Chase trouvait que le chic gâchait un peu le plaisir. Voir des gens envelopper de soie et de dentelles se lancer dans des jeux érotiques et raffinés, c’était un peu le cinéma d’auteur de la pornographie, pas très intéressant.

— C’est que… Euh… Alors, euh, en fait, euh…
— Ne vous inquiétez pas, on pourrait rester sur du traditionnel. Je pensais commencer par de l’oral, et puis…

S’en suivit une énumération troublante de toutes les choses qu’il ne ferait jamais avec Charlie ou avec une autre femme. Certains actes lui étaient assez familiers et il pouvait les transposer sans peine à ce que Lukaz et lui faisaient dans leur lit (et leur salle de bain, et leur cuisine, et leur forteresse paradoxale flottant dans une dimension parallèle), mais d’autres actes, plus spécifiquement hétérosexuelles, le laissaient interdits. Un peu naïvement, il commença à interroger :

— Mais qu’est-ce que c’est qu’une cli…

Puis, réflexion faite :

— En fait, je ne suis pas sûr de vouloir savoir.

Déjà impatienté par l’indécision de son futur acteur star, le producteur de films pornographiques glissa une carte de visite dans la poche du veston de Chase en assurant :

— Vous allez voir, en y réfléchissant, vous serez séduit. Rien de tel pour lancer une carrière.

Puis il disparut, laissant Chase s’interroger sur la manière dont un film pornographique pouvait lancer une carrière d’explorateur-technologue. Les technologies aliens seraient-elles plus faciles à trouver s’il agitait son pénis devant l’objectif de la caméra ? Il était permis d’en douter. Un peu troublé par cette conversation embarrassante, qui lui faisait imaginer cette chose inouïe, la sexualité de Charlie — alors que Charlie était une madone — Chase se rapatria instinctivement vers son amie, pour se convaincre de sa blonde innocence et parfaite chasteté.

Il serra la main de l’ami de Charlie, qui devait être la personne la plus normale qu’il eût rencontré ce soir-là.

— Enchanté. Par pitié, dites moi que vous ne comptez pas écrire un film expérimental sur ma voute plantaire.
— Maintenant que vous le dites…

Les deux hommes échangèrent un sourire et ravi de rencontrer quelqu’un qui comprît son humour, Chase entreprit de serrer les rangs et de former avec ses deux interlocuteurs un cercle qui ne serait pas brisé par quelque ambitieux cinéaste.

— Je me plaignais des soirées à l’opéra Beaudrie, mais je dois être vieux jeu, parce que je les préfère de loin aux rencontres hollywoodiennes.
— Vous allez voir, ce n’est pas si mal. Il faut éviter les gens avec des idées bizarres et les autres sont parfois très sympathiques. Et très secourables. Mais j’en déduis que vous ne venez pas pour le plaisir des mondanités.
— Je viens surtout pour la responsable des relations publiques de l’UNISON. Histoire de rassurer un peu les troupes.
— À cause de l’équipe Argos ? J’ai lu cela dans les journaux. Vous allez au devant de complications juridiques inextricables. D’ailleurs, si vous avez besoin de conseils, mon cabinet est toujours ravi de venir en aide aux entreprises ambitieuses.

Chase esquissa un sourire. Voilà, c’était à cela, selon lui, que devaient servir ce genre d’assemblées : des propositions sérieuses, réalistes et efficaces. Ce fut avec soulagement et satisfaction qu’il reçut cette fois-ci la nouvelle carte de visite. Après avoir lu le nom du cabinet, il souligna pensivement :

— Ça me dit quelque chose…
— Nous sommes assez en vue. J’essayais justement de convaincre Charlie de nous rejoindre.

Chase releva soudainement les yeux.

— À New York ?
— Oui.

Le jeune homme n’avait pas l’air enchanté. Comment allait-il pouvoir discuter pendant des heures de ses incertitudes sentimentales et combattre des mutants mafieux toute la soirée si Charlie partait vivre loin de Star City ? L’idée de ne plus avoir l’avocate (et ses nombreux problèmes) dans son existence le déprimait d’avance. Erik, perspicace avocat qu’il était, mais à moitié perspicace, crut avoir touché un point sensible pour le couple. Il s’empressa donc de mettre en valeur l’opportunité que représentait une pareille offre :

— Je crois que ses talents sont gâchés dans son cabinet. Elle mérite des affaires plus complexes, plus importantes. L’accès à des ressources majeures.

Oui, oui, bon. Elle pouvait faire tout cela à Star City.

— Hmm…
— Enfin, ce n’est qu’une proposition.
— Elle pourrait aussi ouvrir son propre cabinet.

À Star City.

Non mais.
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Message posté : Lun 4 Nov 2013 - 3:35 Message
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Bien contente d’avoir évité la conversation précédente, elle trouva que celle actuelle avait, enfin, quelque chose de normal. Il fallait les voir, les trois, à former leur petit groupe pour empêcher qui que ce soit de venir se mêler de leur conversation. Que quelqu’un le fasse n’était pas tellement le problème mais c’était surtout les propositions qui en découlaient qui étaient des plus dérangeantes. À bien y réfléchir, elle était bien d’accord sur le fait que l’opéra était bien moins ennuyant que les soirées comme celles-ci. Erik était bien plus commercial qu’elle, en réalité, n’hésitant pas à se placer en laissant sa carte à Chase, ce qui eut le don de la faire sourire.

Si elle ne prenait que les dossiers de personne ne pouvant pas se défendre, il était évident que si Chase lui demandait de l’aide sur un plan juridique, elle n’hésiterait pas même pas à lui fournir de l’aide. Il avait dépassé le stade de client, de connaissance et de simple ami depuis un moment. Charlie avait toujours été capable de faire des entorses à quelques-unes de ses règles quand les gens avaient une signification particulière pour elle. Difficile pour elle de ne pas se montrer étonnée, de manière agréable, quand Chase accrocha sur le fait qu’Erik parlait de la faire venir à New York. Un sourire rassurant sur le visage, elle leva les yeux sur Chase.

*Tu sais, je ne compte pas partir de Star City*

Ou alors ça allait demander de faire bouger beaucoup de personnes avec elle parce que, sans avoir une vie sociale des plus impressionnantes, il y avait des personnes dont elle était incapable de se séparer. Puis ce n’était pas à New York qu’elle aurait un voisin télépathe branché sur sa fréquence quand elle a des ennuis. Son taux de survie allait chuter si elle devait déménager ou alors, il fallait qu’elle investisse dans un réel système de sécurité. Oui, oui, il fallait déjà qu’elle le fasse à Star City mais bon, Charlie et ses priorités : toute une histoire.

« Tu projettes d’ouvrir ton cabinet ? »
« Euh… Disons que c’est une solution envisageable. »

Plus qu’envisageable, elle avait déjà commencé à se renseigner sur les lieux, elle avait une liste de candidat potentiel, elle s’était renseignée auprès des banques pour le financement. Ce n’était pas seulement une option, plus elle avançait et plus ça prenait forme. Sauf qu’elle n’aimait pas tellement parler de ses projets sans avoir la certitude, derrière, que les choses allaient se faire.

« Mais, du coup, si tu n’es plus tributaire du cabinet pour lequel tu travailles, pourquoi tu ne songes pas à changer de ville. Tu sais, je connais pas mal de monde ici et, il serait facile de pouvoir d’aider pour créer un partenariat. »

Ça avait presque quelque chose d’embarrassant parce que, dans une autre vie, une autre situation, ou même si la proposition s’adressait pour la ville de Star City, il était évident qu’elle s’y serait intéressée, au moins pour voir ce que pouvait apporter un tel partenariat. Le fait qu’ils ne visaient pas du tout les mêmes clients avait quelque chose de forcément intéressant mais, voilà, les choses étaient ce qu’elles étaient et Charlie était incapable de quitter la ville qui l’avait accueilli depuis qu’elle avait quitté le Texas.

« Quitte à me lancer, je préfère le faire dans un endroit que je connais avec déjà un carnet de client. Et puis… »
« Tu as des gens à Star City. »

Elle hocha la tête et Erik pensait avoir visé juste en pensant que le problème c’était surtout Chase qu’elle ne devait pas vouloir quitter. Du coup, c’est assez naturellement que l’avocat reporta son attention sur l’ex-agent de l’UNISON.

« Vous avez de la chance, je connais peu de personnes, dans notre milieu, qui préfère mettre leur vie personnelle en priorité au détriment de leur vie professionnelle. »

Malin, Erik avait dit ça sur un ton attendri, comme s’il approuvait ce choix que lui-même était incapable de faire. Le but était de passer pour celui qui comprenait la priorité que pouvait avoir Charlie mais, dans sa compréhension, il cherchait à faire entendre, à demi-mot, que Chase entravait l’ascension de l’avocate. Que cette relation, qui n’était sûrement qu’éphémère mettait en péril la carrière de Charlie. D’ailleurs il ne quitta pas son sourire attendri avant de tendre une carte à Charlie.

« Si jamais tu changes d’avis, ou si tu veux qu’on parle un peu du passé, hésite pas. » Il tendit la main à Chase « Ravi de vous avoir rencontré. »

Et, sans plus de cérémonie, il s’éclipsa en se disant que, de cette manière, la petite tête blonde de Charlie allait réfléchir aux opportunités qu’il pouvait lui offrir. Charlie posa son regard sur la carte qu’elle avait dans les mains en se disant que la formulation choisie par Erik était bien étrange. Secouant la tête pour passer à autre chose, elle fit face à Chase.

« Voilà une des raisons pour lesquelles, j’ébruite pas tellement mes envies. J’ai juste envie de faire les choses à ma manière, sans avoir à étudier ce genre de proposition. »

Qui avait tout pour être intéressante hormis le fait de se trouver à New York. Elle laissa passer un sourire parce que ça n’avait rien d’une critique. Pourquoi ça le serait, Chase n’avait jamais dit qu’elle comptait ouvrir un cabinet, il avait seulement émis une hypothèse.
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Message posté : Lun 4 Nov 2013 - 10:54 Message
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Le mentaliste avait lancé un regard soulagé à Charlie. De toute façon, New York, c’était une ville bien trop dangereuse pour une jeune colombe innocente comme l’était la Texane : il suffisait de regarder la télévision pour s’en convaincre. À Star City, Charlie pouvait travailler en toute quiétude et elle n’était que rarement interrompue par des hommes en armes qui projetaient de la tuer. Troquer cette sécurité contre l’aventure houleuse d’une grande ville inconnue, c’eût été de toute évidence un choix inconsidéré.

Chase prit un air légèrement embarrassé quand Erik sous-entendit que c’était leur idylle pas si éphémère que cela — puisqu’ils allaient se marier et avoir un enfant, rappelons-le — qui ralentissait Charlie dans son ascension professionnelle. C’était la deuxième fois ce soir-là que l’avocate profitait de leur prétendue relation pour repousser une proposition dérangeante. Erik avait vu juste, certes — Chase se souvenait très bien d’avoir rencontré une alchimiste douteuse, contactée via un club de strip-tease, pour aider Charlie dans une affaire concernant ses frères. Elle avait des gens à Star City — mais des gens dont elle préférait sans doute ne pas parler. Peut-être que l’avocate tirait autant de profit que lui de leur histoire médiatique.

Erik s’éclipsa. Dans un coin, une journaliste mondaine avait observé sans l’entendre cette conversation et l’échange de cartes. Ce qui l’intéressait surtout, c’était la manière dont Charlie, une femme enceinte, pouvait boire du champagne. Fausse grossesse pour s’attirer l’attention des médias ? Alcoolisme ? Voilà qui méritait d’être creusé. La journaliste commença une prudente approche, en volant de groupe en groupe, pour se rapprocher progressivement du célèbre couple.

Pendant ce temps-là, Chase adressait à son amie un sourire d’excuses.

— Désolé. Je ne pensais pas que c’était secret. De toute façon, je crois que tout le monde se doute bien que tu ne vas pas rester éternellement là où tu es.

Il s’étonnait d’ailleurs que les supérieurs de Charlie, dans son cabinet actuel, ne lui eussent pas encore proposé une promotion ou même un partenariat. Grâce à elle, le cabinet avait une odeur de sainteté et son nom était régulièrement associé à la défense des opprimés et à la justice sociale.

— Enfin, tu sais, dans ce genre de cocktail, des propositions de la sorte, tu en as beaucoup. Il suffit de sourire poliment.

Il se doutait bien que la proposition d’Erik était beaucoup plus sérieuse que le porno chic ou le scénario d’Andrea Cook, mais Chase la minimisait inconsciemment pour se rassurer et se convaincre que son amie n’avait aucune chance de s’enfuir de Star City pour s’acheter un loft à SoHo et défendre les pauvres de Harlem. Et puis, de toute façon, elle n’était sans doute pas inscrite au barreau de New York et elle avait mieux à faire que de repasser des examens. Voilà.

— Je m’appelle Anna Foyd.

Telle fut la très élégante introduction de la plumitive bien décidée à percer à jour le mystère de Charlie et de sa coupe de champagne.

— Je vous préviens, nous ne tournons pas dans des pornos.

La jeune femme fut un peu surprise par cette entrée en matière. Entre l’image un peu lisse de super-héros discret et l’humour à froid du Chase réel, il y avait un petit virage à négocier. Elle se fendit d’un sourire poli cependant et reprit :

— Je travaille pour un journal d’investigation appelé Close Up. Vous connaissez peut-être.

Ah, ça, depuis que Charlie lui en avait parlé, Chase suivait la publication du tabloïd d’assez près. Avec un ton quelque peu ironique, il répéta :

Journal d’investigation ?
— Voilà. Nous informons notre lectorat pour lui permettre de se faire une meilleure idée des personnalités politiques de premier plan.
— Je vois. C’est une noble tâche. Mais ça ne doit pas être facile.
— Les gens sont souvent réticents à l’idée de répondre à quelques questions. Inaccessibles, sans doute. Ils s’estiment trop supérieurs.

Anna préparait habilement le terrain. Pendant ce temps, Chase réfléchissait à ce qu’avait dit Erik. Il réfléchissait aussi à la vie de Charlie, à la manière dont leur prétendue relation pouvait tenir éloignés d’elle des courtisans qui eussent été tout à fait acceptables. Ou bien tout simplement la forcer à évoluer dans un univers qui n’était pas le sien. Lui donner une image jet-set qui pouvait finir par lui nuire.

Au bout d’un moment, il glissa :

* C’est peut-être une bonne occasion de dissiper le malentendu, non ? Je crois que si je lui dis que je suis gay, l’information tiendrait assez du scoop pour qu’ils ne parlent plus de ta grossesse. *

Bien sûr, il perdrait une couverture bien utile, mais elle ne l’était pas assez pour qu’il nuisît volontairement à la vie personnelle ou professionnelle de son ami. Lukaz et lui étaient bien assez grands pour prendre les mesures nécessaires à leur vie privée.

— Vous croyez que vous auriez quelques secondes à m’accorder ?
— Il me semble que la projection va bientôt commencer.
— Pas avant un petit quart d’heure. Je ne serai pas longue.
— Dans ce cas, allez-y.

Anna jeta un bref regard sur la coupe de champagne de Charlie — un regard qui ne passa pas inaperçu pour Chase. Définitivement, il était temps de mettre les points sur les i.
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Message posté : Mar 5 Nov 2013 - 5:41 Message
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Pour Charlie, la seule fois où la supposée relation avec Chase avait posé un souci, était la fois où Jay avait débarqué dans son bureau, l’accusant de lui cacher des informations importantes comme un mariage et une grossesse. Action surprenante pour quelqu’un qui était supposé se foutre de la vie de sa sœur mais, elle n’était plus à une action illogique venant de son frère. Hormis ça, elle avait beau réfléchir, ça ne lui avait pas apporté tant de problème. Elle avait les groupies de Chase, de temps à autre, elle était devenu une cougar mais… Elle restait persuadée d’avoir été relativement tranquille – sauf pour deux ou trois incidents isolés – parce que, justement, elle était la future femme du plus grand mentaliste ! Ça ne devait pas donner envie de s’en prendre à elle.  Argument qui était loin de l’avoir motivée à ne rien démentir.

Pour elle, les choses étaient bien plus simples. Elle n’avait rien dit parce que, jusqu’à présent, Chase n’avait jamais démenti quoi que ce soit et, elle était partie du postulat que ça l’arrangeait d’une certaine manière. S’il avait envie de préserver son véritable couple, qu’on puisse la croire avec lui ne lui posaient pas de soucis. Ça lui offrait de belles excuses, surtout pendant cette soirée mais, sa principale préoccupation – en plus de ne pas avoir trouvé le temps d’un démenti – c’était surtout parce que, pour le moment, ça semblait aussi arranger Chase. Seule chose qu’elle se pensait capable de faire pour lui.

Alors devant Anna Foyd, qui l’avait empêché de répondre à Chase concernant ses perspectives d’avenir, et qui avait eu le droit à un sourire amusé à cause de la première phrase de Chase, Charlie se trouva en proie à une sorte de dilemme. Jusqu’à présent, elle n’avait jamais démenti mais, elle n’avait jamais menti non plus, aucun journaliste ne lui avait posé directement la question. Elle tourna la tête vers Chase dans un sourire.

*Si tu lui dis ça, je crois que je deviendrais la cougar la moins performante de l’histoire qui fait virer les hommes homos. Sérieusement, je ne mentirais pas, Chase mais, je n’ai jamais eu aucun problème avec la situation. *

De toute façon, elle avait toujours été une piètre menteuse. Éviter de répondre était une chose, mentir ouvertement, et c’était écrit sur son visage avec un panneau lumineux et clignotant au-dessus de la tête. Au regard apporté au verre qu’elle avait dans la main, Charlie, se concentra sur la journaliste d’investigation très sérieuse.

« Comment avez-vous réagi quand vous avez appris que vous alliez avoir un enfant ? »

Se noyer sans l’alcoolisme alors que Charlie était enceinte, c’était forcément le signe que quelque chose n’allait pas dans le couple Neutron-Grey-Lane. Avec ce genre de déduction, impossible de réfuter tout le sérieux dont pouvait faire preuve le journal pour lequel elle écrivait.

« Aucune idée, la situation ne s’est pas présentée. »
« Vous savez, je crois que tout le monde à bien comprit que vous étiez enceinte. »

Pour Anna, c’était une tentative pour ne pas donner la moindre information ou pour éviter de se faire affubler d’une mauvaise réputation quand tout le monde comprendrait que Charlie buvait du champagne lors de son premier mois.

« Une mauvaise compréhension. »
« Vous étiez bien à l’hôpital, dans un service dédié aux enfants ? »
« Oui, en pédiatrie, avouez qu’ils s’occupent d’enfants déjà nés en général, pas d’enfant en devenir. »
« Ah vous avez déjà un enfant ? Il est malade ? Ça ne doit pas être facile. »

Son air compatissant n’avait rien de crédible et Charlie ne put s’empêcher de soupirer de manière aussi discrète possible en allant chercher de l’aide dans le regard de Chase pour savoir si c’était elle qui s’exprimait mal, ou la journaliste qui mettait une mauvaise volonté à tout comprendre de travers. Affichant un sourire, parce que Chase lui avait dit que c’était ce qu’il fallait faire, elle reporta son attention sur la journaliste.

« Non, on n’a pas d’enfant. Ce que j’essaye de vous dire, c’est qu’on était là-bas pour autre chose, rien à voir avec une prétendue grossesse. »
« Vous aviez pourtant l’air bien enceinte à la sortie de l’hôpital, comme le prouvent certaines photos. »
« Ou j’avais l’air d’avoir faim. »

Elle vit le sourire de la journaliste et comprit très vite que celle-ci associait cette phrase à une envie de manger, comme pouvait avoir une femme enceinte.

« Il était tard et mon dernier repas datait du midi, rien d’anormal »

En vrai il était fatigant de devoir se justifier de la moindre petite action. Elle comprenait mieux pourquoi elle n’avait pas pris le temps de démentir quoi que ce soit, c’était usant même après, seulement, quelques minutes.

« Donc vous étiez en pédiatrie. Vous allez adopter, alors. Un enfant malade, pour lui donner une chance, c’est tellement mignon. »
*Ok, Chase, explique lui parce que là, je crois que dans moins de deux minutes, elle se prend ma coupe de champagne à travers la figure. Et, elle va trouver le moyen de penser que c’est à cause des hormones. J’aimerais autant éviter. *
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Message posté : Mar 5 Nov 2013 - 11:11 Message
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Chase avait toujours songé que Charlie avait besoin de quelques cours pour mieux gérer sa nouvelle popularité médiatique, comme il en avait eus lui-même, quelques années plus tôt, grâce à son amie Keiko Danger, dont l’absence dans cette sinistre assemblée se faisait décidément sentir de seconde en seconde. Et si Charlie n’offrait pas une performance catastrophique devant leur journaliste attitrée, il fallait avouer que la situation ne s’arrangeait guère, à mesure que la conversation se développait.

Jusque là, Chase avait réfléchi à la réponse privée que son amie lui avait télépathiquement adressée. Elle n’avait aucun problème, certes, mais le mentaliste doutait un peu de la capacité de son amie à évaluer ses propres problèmes. Rappelons qu’elle se faisait menacer tous les trois jours par des gorilles mafieux et qu’elle n’avait toujours pas changé les verrous de son appartement, rappelons qu’elle essayait de se défendre avec un parapluie emprunté dans le manoir étrange d’un mage douteux.

Ses méditations furent considérablement facilitées par l’appel à l’aide de Charlie, qui venait de se construire une réputation désastreuse en quelques réponses : elle était désormais la future mère alcoolique qui adoptait un enfant malade pour se construire une image de marque à la hauteur de ses ambitions de croqueuse de fortune. Ou quelque chose comme ça. Le jeune homme regarda la journaliste. Il avait tout de même l’estomac un peu noué.

— Vous voulez la vérité ?
— Toujours, c’est mon métier.
— Je suis gay.


Et voilà. Dans trois jours, on allait ressortir ses histoires peu glorieuses dans les clubs sado-masochistes gay de Star City. Probablement pas. Il avait prit soin de contrôler préventivement ce genre de choses. Mais tout de même, il ne put s’empêcher de songer de s’interroger sur le traitement que la presse réserverait à cette nouvelle. Ce n’était pas comme si la presse spécialisée de la communauté gay n’avait pas déjà consacré quelques articles à la question, mais ils n’avaient guère eu de retentissement.

— Hmoui…

Chase fronça les sourcils.

— Comment ça, hmoui ?
— Je dois avouer que c’est une manière originale de détourner la curiosité de votre couple.

Elle ne le croyait pas. Jamais Chase n’aurait imaginé devoir prouver la nature de ses préférences sexuelles. Il échangea un regard perplexe avec Charlie. Était-ce que leur histoire était devenue trop convaincante ou bien qu’il était difficile d’admettre qu’un super-héros de premier plan pût ne pas incarner la parfaite norme américaine ? Le jeune homme avait du mal à ne pas se sentir froissé.

D’un ton un peu sec qui ne lui était pas habituel :

— Vous voudriez quel genre de preuves ? Une vidéo où je me fais sodomiser ?

C’était son côté scientifique : parfois, quand il avait quelque chose à prouver, il employait le terme précis et approprié. Seulement, on ne parlait pas de ce genre de choses dans les réunions mondaines et deux ou trois personnes, autour d’eux, s’étaient retournées, et prêtaient désormais une oreille attentive à la conversation. La journaliste n’en menait pas large.

— Croyez bien que je suis navré de briser votre image d’idyllique perfection blonde et hétérosexuelle, mais tout le monde n’est pas obligé de vivre selon vos standards. Alors si vous pouviez imprimer une fois pour toute que ma vie tourne autour des pénis, vous nous rendriez un fier service.
— C’est tout à fait honteux !

Chase manqua de sursauter alors qu’un type au cou énorme venait de se joindre à eux. Qu’est-ce qu’il voulait, lui ?

— Vous travaillez à Close Up, c’est ça ?
— Euh…
— Laissez moi vous dire que le traitement que vous réservez à l’actualité est pitoyable, mais ceci mis à part, sachez que personne n’a à justifier de sa vie sexuelle. Le procès que vous faites à Monsieur Neutron-Grey est honteux.
— Mais j’ai rien…

Ah, mais on ne la faisait pas comme ça à Christopher Meloni, voyons !

[colo=darkblue]— Ce jeune homme a enfin le courage d’assumer sa sexualité dans un monde médiatique encore particulièrement hostile et je vous prie de ne pas remettre en doute ses dires ! Votre journal est déjà dans la ligne de mire des associations, vous le savez très bien.[/color]

Anna Foyd marmonna quelque chose d’incompréhensible avant de se détourner, de toute évidence peu désireuse de poursuivre sa fameuse investigation. Ce n’était plus sur elle qu’il faudrait compter pour faire de la publicité au Neutron-Grey. Meloni, pour sa part, se retournait vers Charlie et Chase, tandis que les autres invités, autour d’eux, reprenaient paisiblement leur conversation.

— Vous avez bien fait.
— Euh…

Chase ne savait pas trop où il en était. Comme il n’avait jamais eu de problèmes identitaires en la matière, il était un peu surpris des proportions que sa petite rectification avait prise.

— …merci.

Supposait-il. Mais en bon activiste, Meloni en profita pour insister :

— Vous savez, c’est important que des gens comme vous, des gens qui sont des modèles pour leur jeunesse, aient le courage de leur vie. Ça aide beaucoup de jeunes à se déterminer et à passer les moments difficiles.

Meloni mettait le doigt là où ça faisait mal. Chase s’était toujours senti un peu coupable de ne pas profiter de son image de marque pour lutter un peu contre les clichés. Mais il n’eut pas le temps de répondre : les ouvreuses battaient le rappel et les groupes se séparèrent alors que chacun rejoignait sa place dans la luxueuse salle de cinéma où le film allait bientôt être projeté, après les discours introducteurs. Chase s’installa avec un air pensif et un peu soucieux. Il se tourna vers Charlie et murmura :

— Désolé. Je ne pensais pas qu’il y aurait une esclandre.

Une esclandre, c’était beaucoup dire : c’était à peine si cinq ou six personnes s’étaient vraiment intéressées à l’affaire et personne n’avait hurlé. Mais tout de même, Chase était perturbé.
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Message posté : Ven 8 Nov 2013 - 18:37 Message
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Charlie s’était retrouvée partagée entre l’envie de rire et l’envie de réellement envoyer sa coupe de champagne sur la journaliste. Parce qu’elle faisait un effort tout particulier à ne pas entendre et comprendre ce que Chase essayait de lui dire, pourtant, Charlie devait avouer, qu’il y mettait une certaine volonté qui aurait pu la faire rire, si ça n’allait pas impliquer des gros titres peu favorables. Un regard perplexe avait été lancé au mentaliste dans sa déclaration faite sur un ton peu habituel ou, du moins, qu’elle ne lui connaissait pas spécialement. Elle aurait bien repris le relais, pour y rajouter une couche tout à fait personnelle mais, et ce n’était pas plus mal, la défense fut prise par une autre personne. Décidément, il allait réellement falloir que Charlie allume sa télé plus souvent. Le visage de l’activiste lui rappelait vaguement quelqu’un mais, elle était bien incapable de mettre un nom sur ce visage.

Anna avait quitté le petit groupe bien vite alors que Charlie gardait un regard assez étonné sur ce qui venait de se passer, Meloni laissant apparaitre une explication des plus intéressantes qui semblait laisser Chase sur la réflexion. Finalement, peut-être que quelque chose de bien pouvait sortir de cette petite altercation verbale. Charlie s’activa à suivre le mouvement pour aller s’installer dans la salle de cinéma pour la projection qui, à défaut de ne pas l’interpellé, avait l’avantage de ne pas voir de nouvelles personnes se ramener pour proposer de tourner des films douteux, de faire un shooting avant qu’elle ne devienne de la taille d’une planète en étant enceinte, ou répondre aux questions d’une journaliste qui ne méritait pas vraiment son titre.

Dans un sourire rassurant, elle tourna la tête vers Chase, pour employer un ton bas, histoire de ne pas risquer qu’on lui jette des pop-corn, ou un toast de foie gras.

« Ne t’excuse pas, ce n’était pas si terrible et puis, tu vois, Tom Felton, avait l’air très intéressé par ce que tu as pu dire. »

Son regard chercha un instant dans la salle mais, elle ne retrouva pas l’acteur en question. Secouant la tête par ce que ça n’avait pas de grande importance, elle reporta son attention sur Chase qui, de son côté, avait l’air plutôt soucieux de la situation sans qu’elle ne sache pourquoi.

« Écoute, c’est moi qui suis désolée. Cette pseudo-relation m’a tellement paru improbable que je ne pensais pas qu’il allait falloir batailler pour dire que ce n’était pas vrai, que c’était seulement basé sur une mauvaise interprétation. »

Ce n’était pas comme s’il existait des photos des deux en train de s’embrasser dans une ruelle sombre en espérant être à l’abri des photographes. Rien que l’idée lui paraissait inconcevable, enfin, c’était Chase ! Il avait un tas de qualité, elle l’appréciait bien plus que ce qu’elle aurait pu le penser en le rencontrant mais, à aucun moment, ce genre de relation lui avait traversé l’esprit.

« J’aurais dû faire un démenti plus tôt, tu aurais évité de dire les choses de cette façon. » Parce qu’on ne pouvait pas dire qu’il s’y était pris avec la meilleure méthode. « Encore plus si c’était une information que tu voulais garder pour toi. »

Et là, forcément, elle s’en voulait un peu parce qu’elle ne savait pas réellement ce que Chase était prêt à dire ou non à la population par le biais de médias. Elle avait presque l’impression de ne pas lui avoir laissé le choix de cette révélation qui ne l’arrangeait peut-être pas. Chase allait devenir quoi ? Le meilleur mentaliste qui, après avoir quitté l’UNISON, partait complètement en vrille, en avouant une homosexualité qui était sûrement due à un trouble lui faisant faire n’importe quoi. Oui, parce que, trop de gens pensaient encore que ce choix n’était pas quelque chose de naturel. Sans écouter la présentation qui était faite du film, avant sa projection, elle continua.

« Je crois que, d’une certaine manière, ça m’arrangeait bien comme situation, je n’ai pas tellement réfléchi à ce moment-là qui, de toute façon devait bien arriver. »  Même si ça aurait pu se passer d’une autre manière. A noter, qu’elle restait toujours un peu penchée vers Chase pour ne pas avoir à parler fort, cette conversation n’ayant rien à faire dans les oreilles de quelqu’un d’autre que le télépathe. « Cela dit, je crois que le type là, je ne sais même qui c’est en fait… bref, il n’a pas tort dans ce qu’il a dit. Ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose. »

En tout cas, ça ne le serait pas pour des personnes qui se cherchent, qui ont du mal à assumer leur choix. Chase était un Neutron-Grey, il avait même dépassé la notoriété de son propre nom de famille. Sans être un parfait militant, il y avait toujours des gens pour vouloir prendre exemple sur des personnalités connues. Le plus dérangeant c’était surtout ce que ça allait impliquer pour lui, sur ce que la presse pourrait en dire parce qu’on avait beau dire ne pas s’intéresser à des ragots, il y avait des choses qui ne faisaient pas toujours plaisir à entendre.

« Enfin au pire, y a toujours la possibilité de faire un démenti d’un démenti mais… » Elle posa son regard sur Chase dans un large sourire, laissant passer un ton bien plus léger. « J’aimerais tellement te voir te balader avec un drapeau multicolore. »

La voix de la personne qui présentait le film, souhaita une bonne présentation avant de laisser toutes les lumières s’éteindre pour laisser la projection commencée.
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Message posté : Ven 8 Nov 2013 - 19:54 Message
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Ce qui le tracassait, ce n’était pas tant d’avoir dépeint un peu crument les implications de ses préférences sentimentales en matière de sexualité, c’était le sentiment de culpabilité de plus en plus sensible qui s’imposait à lui après ce que Meloni avait dit. Chase le savait très bien, pourtant, qu’il était un modèle pour beaucoup de gens. Il en avait eu la preuve, une fois parmi d’autres, en visitant le H.I.T. et en observant combien ses encouragements avaient pu compter pour les projets technologiques de Zachary.

Jamais le Neutron-Grey n’avait vraiment souffert de son orientation, jamais il n’avait eu de problèmes à la construire et quand il s’était ponctuellement heurté à l’homophobie, il s’était contenté de hausser les épaules. Mais il avait croisé assez de garçons, au hasard des fêtes et des clubs, que la vie n’avait pas traité aussi doucement et qui avaient vécu des années difficiles. N’était-il pas responsable de faciliter les choses ? Il volait bien à la rescousse des athées étaient attaqués, dans les médias, par la droite intégriste. Ce n’était pas si différent.

Il secoua la tête, alors que Charlie s’obstinait à se présenter comme la responsable de cette affaire.

— Ne t’excuses surtout pas. J’aurais très bien pu publier un démenti moi-même. Pas forcément par rapport à Lukaz, juste… Je ne sais pas. Pour le principe. Ça m’arrangeait un peu, d’une certaine manière.

De quelle manière, il n’allait certainement pas l’expliquer à son amie, dont la tolérance avait sans doute des limites. Mais protéger Lukaz de l’intérêt des médias n’avait probablement pas été la seule raison qui l’avait conduit à laisser la mascarade se développer. Ce n’était pas comme si l’occasion ne s’était jamais présentée, bien avant cela, au gré de telle ou telle entrevue pour tel ou tel journal, d’évoquer en quelques mots simples mais clairs sa vie personnelle.

Il laissa échapper un soupir. Quand Charlie évoqua le drapeau multicolore, le mentaliste esquissa tout de même un sourire.

— C’est ça, et puis je sponsorise les concerts de Lady Gaga.

Les deux amis n’eurent pas le temps de s’étendre plus sur les possibles rapports entre Chase et la culture gay — qui n’étaient pas, a priori, très nombreux. Le film commençait. S’en suivirent deux heures trente d’explosions, de courses poursuites, de déclarations patriotiques et de déclarations d’amour. De courageux agents de l’UNISON luttaient contre une tentaculaire organisation criminelle pleine de dangereux mutants, au péril de leur vie. Il y avait parmi les personnages un mentaliste blond aux yeux bleus, grand amateur d’échecs — et telle était la somme de ses ressemblances avec son modèle dans le monde réel puisque, comme la totalité des acteurs masculins principaux, il s’était de toute évidence échappé d’une séance d’entraînement intensive à la salle de musculation et qu’il entretenait de tendres sentiments pour une criminelle jeune, jolie et pas si méchante que cela, sentiments qu’il finissait par évoquer en empruntant quelques vers bien sentis à Emily Dickinson.

En observant le modèle de lui que l’on proposait à l’admiration des millions d’adolescents qui verraient ce film, par ailleurs de fort bonne facture en son genre, Chase comprit un peu plus nettement ce qu’un acteur comme Meloni voulait dire. Lui-même n’avait jamais eu de difficultés à remplacer l’héroïne des intrigues amoureuses par un second héros, mais il y en avait que la chose devait frustrée. Alors que le soleil numérique se levait sur une Star City sauvée de la menace qui planait sur elle, tous les spectateurs retiraient leurs lunettes 3D pour applaudir longuement le film, puis le réalisateur, puis les acteurs principaux qui montaient sur la scène et saluaient leurs confrères, les critiques cinématographiques des principaux quotidiens et les personnalités mondaines.

Chase se pencha vers sa voisine.

— Écoute, Charlie, il faut que je te dise un truc…

Wild nights - Wild nights!
Were I with thee
Wild nights should be
Our luxury!


C’était tout ce qu’il connaissait de Dickinson et c’était à vrai dire la dernière citation que le mentaliste du film avait utilisée, pour séduire finalement la belle criminelle et l’entraîner dans une chambre. Chase l’avait retenue à la première écoute — pas Neutron-Grey pour rien. Cette déclaration brûlante eût probablement alimenté les médias si leurs voisins immédiats n’avaient pas été plus préoccupés, soit par les toilettes, soit par leur estomac, que par les discussions qui reprenaient à droite et à gauche.

Chase se releva à son tour, bien décidé cette fois à attraper au passage quelques-uns des gradés de l’UNISON qu’il avait repérés et pour lesquels, précisément, il s’était déplacé. Le flux des spectateurs quitta la salle principale pour se déverser dans une nouvelle salle de réception, cette fois-ci plus fastueuse que la précédente et surtout beaucoup mieux garnie en petits fours. Des groupes commençaient déjà à approcher stratégiquement du buffet, avec élégance bien sûr, histoire de ne pas passer pour des morfales.

— Alors, Maître Lane, que pensez-vous de la motion 737 des Démocrates au Sénat ?

Voilà qui constituait indubitablement l’entrée en matière la plus exotique de la soirée. Chase se retourna vers le propriétaire de la voix, un homme d’environ soixante-dix ans, qui portait le costume-cravate avec une classe enviable et avait déjà réussi à se procurer un verre d’eau pétillante et une assiette pleine de petites tartines, ce qui témoignait d’une solide maîtrise de ce genre d’événements. Ses yeux noirs et perçants étaient posés sur Charlie.

— Vous savez que plusieurs personnes estiment qu’une personnalité telle que vous devrait tenter sa chance sur le terrain politique. Vous n’avez jamais songé, je ne dis pas à la mairie de Star City, qui est indéboulonnable, mais au Congrès ? Évidemment, maintenant que l’on sait que vous attendez l’enfant d’un héros homosexuel, ou quelque chose comme cela…

L’homme esquissa un sourire.

— …votre réputation vient d’en prendre un coup, mais il n’est pas trop tard pour épouser un riche jeune homme de bonne famille, qui vous donnerait des enfants très photogéniques. Non que vous en fussiez incapable, Monsieur Neutron-Grey, après tout, le pool génétique de votre famille est impressionnant, mais enfin, de votre côté, les choses sont compromises, si j’ai bien compris les bruits qui circulent.
— Ils circulent vite, d’ailleurs.
— Ah ça, jeune homme, c’est que je suis dur d’oreille, avec l’âge, mais vigilant. Mais j’en oublie de me présenter. Arthur Westington III. Conseiller politique pour le black caucus. Je vous serrais bien la main, mais j’ai peur de vous couvrir de magret.
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Message posté : Mar 12 Nov 2013 - 19:29 Message
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Le film ne trouva pas un grand intérêt chez Charlie qui, de toute évidence, voyait dans ces deux heures trente, la possibilité de travailler sur un dossier ou un autre. D’ailleurs, si on avait suivi le fil de ses pensées, on aurait facilement pu passer d’un dossier en cours, à la finalité d’un autre, en passant par Chase et les répercussions que pouvait avoir sa révélation. Ah, de temps en temps, elle se concentrait un peu sur le film et ses dialogues mais, ce ne fut pas sa préoccupation principale. Si elle était incapable de se focaliser, le temps d’un film, sur une histoire, il était préférable de ne jamais lui proposer de partir en vacances. Elle serait tout à fait capable de faire une crise de manque, juste après le trajet en avion.

Suivant le mouvement, après le film, elle frappa doucement dans ses mains, plus pour le geste que réellement convaincue de ce qui venait de se passer. Un sourire, néanmoins, apparut sur son visage à la réplique emprunté par Chase qui, elle n’avait pas de toute là-dessus, ne devait fonctionner que dans le script d’un scénariste. Et, franchement, elle serait bien restée là, sur son siège, dans une salle vide, plutôt que de suivre les gens vers la nouvelle salle de réception qui, avec torture, voulait dire de nouvelles discussions.

De mieux en mieux, maintenant on lui parlait d’un poste, ailleurs et dans la politique. Chase avait dit quoi déjà ? Ah oui : sourire. Elle laissa, donc, passer un sourire poli. Star City était très bien et, même si ce n’était pas le cas, elle trouvait le moyen de s’en accommoder parce qu’elle n’en partirait pas. Oh et puis, c’était parfait, maintenant que Chase n’était plus hétérosexuel, il était même question d’épouser un bon parti, qui génétiquement, passerait bien devant les objectifs. Quoique, en y réfléchissant bien, se mettre avec une personne par intérêt, ça devait éviter de perdre du temps dans une relation amoureuse… sérieusement !

*Fais-moi penser, la prochaine fois, de refuser à tes prochaines grandes idées de sortie. *

Le ton n’avait rien de critique, de toute façon, elle savait déjà qu’elle ne refuserait pas. Et, quand bien même, elle reviendrait dans le passé, au moment où elle avait dit oui à Chase (pour la sortie, hein), tout en sachant comme ça allait se dérouler, elle serait toujours en mesure d’accepter. Elle avisa la main du conseiller, tout en le remerciant intérieurement de ne pas leur imposer une poignée de main qui, de toute façon aurait été compliqué entre son verre et son assiette. Dans un sourire poli et amusé, elle se décida à répondre.

« Je crois que, dans l’immédiat, je vais surtout chercher à me remettre de cette image qui vient d’en prendre un coup. »
« Oh mais le congrès serait un excellent moyen de vous apporter une nouvelle image qui serait bénéfique à tout le monde. »
« Je n’en doute pas, même si je suis certaine que cela m’apporterait bien plus qu’au congrès. »

Un peu de flatterie, c’était bien ce qu’il fallait faire, non ? Elle avait dû entendre ou lire ça quelque part, à moins que ce soit Sarah qui lui ait dit ? Humm. Sarah… Elle aurait été bien plus performante que l’avocate à ce genre de soirée, peut-être qu’elle devait envisager de ne plus sortir sans elle dans ce genre d’évènement.

« Mais pour le moment je suis encore tenue à certaines obligations et il me serait mal avisé de les rompre, surtout en ce moment. »

Elle avait encore moins envie de donner un avis politique sur quoi que ce soit, ce n’était pas son rôle et, elle avait appris que tout pouvait être relayé de manière inattendue.

« Vous devriez y réfléchir et… Vous pouvez me tenir ça s’il vous plait. » Charlie se retrouva avec une assiette de petits fours entre les mains pendant que l’homme sortait une de ses cartes pour lui tendre. « Tenez et contactez-moi, je serais capable de vous renseigner et de vous aiguiller. »
« Merci. »

Elle lui rendit son assiette alors qu’il s’excusait déjà après avoir vu une autre personne, sur laquelle il se dirigea, non sans avoir salué Chase. Charlie regarda la carte un instant avant de relever les yeux sur Chase.

« Hey, au moins, le jour où je veux déménager, je serais où aller et quoi faire. »

Entre cet homme, l’avocat de tout à l’heure… En fait, à ce rythme-là, on allait bien finir par lui proposer un poste d’avocate, ou de conseillère pour une grande institution qui officiait dans tout le pays. Mouais, ça impliquerait redevoir passer des concours, ce qui avait une fâcheuse tendance à l’ennuyer rien qu’en y pensant. Et elle ne se lança pas dans une phrase supplémentaire étant donné qu’ils avaient une fâcheuse tendance à être interrompu toutes les deux minutes.

« Chase Neutron-Grey. » Un type venait d’arriver emportant la main de Chase pour la serrer vivement et ne se soucia pas se présenter, il était celui à qui on devait le film, celui que tout le monde était supposé avoir vue sur la scène. « Alors, qu’avez-vous pensé de mon film ? » Il écarta les mains en les secouant… Un peu plus et il allait se mettre à prier. « Je dois dire que j’ai A-DO-RÉ travailler sur votre personnage, plutôt réaliste, non ? »

Bien contente qu’on l’oublie un peu dans cette histoire, Charlie ne manqua pas de sourire amusé. La représentation de Chase dans le film… FAN-TAS-TI-QUE… Sauf qu’elle, en pensant ça, elle était ironique.
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Message posté : Mar 12 Nov 2013 - 22:39 Message
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Arthur Westington, troisième du nom, s’éclipsa pour aller distribuer ses cartes de visite ailleurs et opposer à d’autres gens un peu plus intéressants que des acteurs hollywoodiens son humour quelque peu déconcertant. Il avait fallu l’irruption de ce politicien pour que Chase se rendît compte que Charlie n’avait jamais évoqué ses propres opinions en la matière. Il se doutait bien que son amie n’était pas une farouche Républicaine — ou alors elle cachait très bien son jeu — mais précisément, Chase n’avait aucune idée de ses choix.

Une carrière politique était loin d’être inenvisageable, évidemment : c’était un débouché tout naturel pour bon nombre d’avocats au sortir de leur formation, mais Chase connaissait assez Charlie pour savoir qu’elle ne serait pas prête de briguer un poste de ce genre et d’abandonner la réalité quotidienne du terrain. Mais peut-être, comme lui, devait-elle prendre les responsabilités qui lui incombaient maintenant que son aura médiatique avait pris de l’ampleur et s’élever dans le débat général pour faire bouger le fond des institutions. Il eût été mal placé pour le lui suggérer, cependant.

Ce qu’il allait suggérer, surtout, c’était de progresser méthodiquement vers le buffet, mais il fut pris de court par un énième invité, qu’il identifia cette fois-ci sans peine, puisqu’il s’agissait de Zoulav Yesvniek — dont il ne se serait pas risqué à prononcer le nom — en personne. Ce que le réalisateur avait tourné comme un compliment, sans doute, vint retourner un peu plus le couteau dans la plaie de la soirée. Sans doute Meloni aurait-il voulu que Chase se lançât séance tenante dans une critique passionnée de l’image hétérosexiste de l’héroïsme véhiculée par le cinéma hollywoodien, mais le jeune homme ne se sentait pas encore paré à s’aventurer en un terrain si inconnu et il se fendit d’une réponse un peu plus personnelle :

— Très réaliste, si l’on excepte le fait que je n’ai jamais utilisé de mitrailleuses pour tuer des zombies, jamais embrassé de femme, jamais cité de poésie à tout bout de champ et jamais ressemblé à un mannequin de publicité pour parfum.

Pas du tout perturbé, Yesvniek se contenta de hausser les épaules.

— Nous avons fait quelques arrangements, en effet, pour rendre le personnage plus…

Il fixa soudain Chase en se rendant compte qu’il n’avait pas de manière tout à fait polie d’achever sa phrase.

— Plus… ?
— Euh… Conforme. Aux codes du genre. Le film d’action, vous savez, c’est un exercice contraint, un peu comme hai-ku, tout est dans le minimalisme, dans la délicate suggestion.
— Je vois. La délicatesse de la mitraillette doit m’échapper.
— C’est une poésie moderne. Vous savez bien ce que disait Apollinaire sur les armes.
— Absolument pas.

La vérité, c’était qu’en travaillant le personnage, Yesvniek ne s’était jamais penché sur autre chose qu’une biographie succincte de Chase et l’idée qu’il avait conçue de lui à partir des journaux. Mais le mentaliste n’était pas très sensible aux considérations artistes dont le réalisateur se plaisait à nimber ses films, qui tenaient en réalité beaucoup plus du cinéma spectaculaire d’excellente facture que du long-métrage d’art et d’essai.

L’homme ne parvint pas à dissimuler une petite pointe de condescendance quand il répliqua finalement :

— Oh, ce n’est pas grave. Chacun ses références.

Un silence gêné commença à s’installer alors que Yesvniek cherchait du regard une excuse pour s’enfuir. Heureusement, quelque célébrité émergea à son tour de la salle de projection et le réalisateur, après quelques mots, s’éclipsa, laissant Charlie et Chase libres de prendre d’assaut le buffet. Une fois leurs assiettes remplies, les deux habitants de Star City tentèrent tant bien que mal de se mettre à l’accord.

— Dis, tu crois qu’il avait raison, Meloni ? Tu sais, le type de tout à l’heure. Tu crois que je devrais profiter de ma célébrité pour prendre position ? Je veux dire, je ne sais pas…

Chase triait machinalement ses petits fours.

— Je le fais, parfois, sur des choses comme… La religion. Mais je n’y accorde pas tellement d’importance, et j’ai peut-être tort. Peut-être que c’est cela aussi qu’on attend de moi. Un peu ma responsabilité. Que ça aiderait des gens à avoir une image positive. Je n’ai pas vraiment l’impression d’être un modèle pour qui que ce soit, en fait.

Il ne se trouvait pas particulièrement héroïque ni glamour et ce qu’il retenait surtout, c’était ce que son image médiatique pouvait avoir d’austère, entre les échecs, la technologie et les négociations pour la DDS. Même s’il avait lu par hasard quelques forums ou fan-fictions où l’on décrivait ses aventures avec force détails peu ragoutants, il avait toujours supposé que cet intérêt pour son héroïsme et sa vie privée n’était le fait que de quelques groupies un peu trop enthousiastes.

— J’ai toujours considéré que ce que je faisais, tu sais, directement, au quotidien, c’était suffisant. Mais c’est aussi que j’ai un peu peur, de tenir des discours publics, de ne pas savoir m’y prendre. Discuter, ça va, mais la rhétorique, c’est quand même autre chose. Pas vraiment mon domaine.

Il avala finalement un petit four, après les avoir tous ordonnés par tailles et couleurs, puis interrogea :

— Toi, par exemple, tu n’as jamais eu envie de prendre position pour… je ne sais pas, une cause. La discrimination sociale, la place des femmes au sein des instances judiciaires, quelque chose qui te toucherait de près et que tu pourrais incarner aux yeux du public.

Parce que des convictions, à en juger par la manière dont elle défendait ses clients, ce n’était pas ce qui manquait à Charlie.
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Message posté : Jeu 14 Nov 2013 - 18:57 Message
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Le très réaliste avait un goût de pas réaliste du tout, en fait. Et si l’homme cherchait à défendre ses obligations vis-à-vis de ce qui était attendu par le public, Charlie trouva, une fois de plus, que tout était bien trop conditionné par l’opinion publique que par des faits réels. Peut-être qu’un jour elle arriverait à se faire à cette idée mais, honnêtement, elle n’était pas si pressée que ça. Pacifiste, la plupart du temps, elle laissa Chase s’arranger avec ce type qui lui était pourtant des plus désagréables. Heureusement, cette brève entrevue trouva bien vite une fin, pour les laisser les deux amis avec une assiette dans les mains. Qui aurait imaginé que se servir au buffet relevait du parcours du combattant, Charlie n’était vraiment pas de ce monde.

Un petit four entre les doigts, Charlie le regarda de manière à déterminer à base de quoi il pouvait être fait. Une préoccupation qui fut rapidement occultée par Chase dont, les réflexions, étaient hautement plus philosophiques et importantes que les siennes. Heureusement qu’il précisa qui était Meloni, sinon, il aurait fallu attendre le reste des explications pour le situer. Chase se posait beaucoup de questions – c’est qu’il fallait le voir trier ses petits-fours – et, Charlie n’était pas certaine que ce soit l’endroit le plus indiqué pour ce genre de réflexions. S’assurant que personne ne s’apprêtait à débarquer, ou qu’une oreille indiscrète ne se faisait voir, elle reprit suite à ses interrogations.  

« Non. » Elle haussa les épaules d’un air navré. « Je crois que j’ai seulement envie de garder mes opinions pour moi parce que, les choses peuvent toujours être mal interprétée ou sortis de leur contexte. Je crois que c’est très égoïste mais, tu vois, je me fiche un peu de ce que peut dire la presse parce que, justement, je sais que ce n’est pas mes propos. Et puis, je ne sais pas ce que je ferais dans 10 ans, par exemple, je n’ai pas envie d’être cataloguée dans une case trop précise qui serait un frein à une évolution et des envies différentes d’aujourd’hui. »

Dans un exemple purement politique, ses idées d’aujourd’hui ne seraient peut-être pas les mêmes dans quelques années, elle n’avait pas spécialement envie de voir ressurgir d’anciens dossiers sur elle à ce moment-là. Pour les autres causes, c’était autre chose, trop de branche extrémiste dans tout, qui rendait même les « bonnes » actions maladroites voire déplacées. De toute façon, il y avait une différence majeure entre Chase et elle. Lui avait déjà une famille connue, à croire que l’histoire Neutron-Grey était du domaine public. Charlie, de son côté, voulait préserver sa famille, pas par honte mais parce qu’il fallait rester réaliste, les exposer n’était pas la meilleure chose à faire, surtout pour eux.

« Je ne suis pas habituée à ce milieu, du coup, je ne vais pas réellement pouvoir te conseiller, j’ai trop de lacunes pour savoir ce qu’il est préférable de faire ou pas. »

Elle était surtout très partagée entre deux opinions, celle qui consistait à lui dire de faire comme il voulait pour se préserver, parce qu’après tout être une personne publique ne devait pas empêcher d’avoir une vie privée. Et puis, il y avait l’idyllique pensée consistant à croire que, oui, effectivement, ça aiderait sûrement un tas de personne qui avait du mal à assumer leur statut, qui ne savait pas vraiment comment s’y prendre et qui pouvait être rassuré en se disant que ce « problème » - aux yeux de beaucoup – était partagé et assumé par des gens comme Chase.

« Je crois que c’est surtout à toi de voir ce que tu veux. Prendre position va forcément aider des personnes parce que, même si tu n’en as pas l’impression, je te jure que tu es un modèle pour pas mal de personne, dont des jeunes qui se cherchent sûrement un peu. Après, à voir tout ce que ça peut impliquer pour toi, je veux dire, tu sais, sur un plan personnel. Il y a des choses que tu n’as peut-être pas envie de mettre en avant. »

Charlie avait beaucoup de mal à visualiser ce que pouvait donner une prise de décision comme celle-là. Elle n’avait même pas été capable de comprendre les retombées que pouvait avoir une fausse relation avec Chase, et la difficulté à faire entendre que ça n’avait rien de réel… Les médias, ce n’était vraiment pas son truc, il faut croire. En fait, il y avait beaucoup de notions qui lui échappaient.

« Tu devrais en parler avec ton amie. » Dont le prénom lui échappa. « Celle qui t’a expliqué comment s’y prendre avec les médias. » Son nom aussi. « Elle saura probablement mieux te conseiller. » Elle afficha un air navré. « J’ai bien peur de ne vraiment pas être d’un avis avisé et objectif. »

Surtout si, dès qu’elle disait quelque chose, ça devait se finir en, par exemple, une démission de l’UNISON pour se lancer dans des activités peut-être un peu plus douteuses.
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Message posté : Jeu 14 Nov 2013 - 22:21 Message
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Charlie voyait loin. Ce qui se passerait pour lui, dans dix ans, Chase ne l’imaginait pas. Ce qui se passerait, dans cinq ans, pas plus. Comme beaucoup de jeunes gens, Chase avait l’impression que son futur ressemblerait à peu près à son présent. Jadis, c’était ce qui lui avait donné l’impression d’être dangereusement étouffé par les contraintes qui pesaient sur lui. Désormais, c’était ce qui lui permettrait d’être absolument certain, avec toute l’expérience de ses vingt-et-un ans, que Lukaz et lui vivraient une belle histoire d’amour pour l’éternité, dans leur forteresse volante.

Bien sûr, il y avait aussi la délicate question de la politique. Chase n’était pas certain d’avoir de vraies opinions dans le domaine. Il était globalement progressiste, supposait-il. Mais sur l’économie, par exemple, il se sentait parfaitement incompétent. Bien des situations qu’il n’avait jamais envisagées que de loin lui paraissaient extraordinairement complexes dès qu’il en lisait l’analyse, dans les journaux ou sur Internet, par de véritables spécialistes, et cette constatation le décourageait un peu. Il se voyait mal donner un avis informé qui eût la même valeur que celui de professionnels qui avaient l’habitude d’arbitrer des cas complexes, au contact des réalités sociales, comme Charlie, par exemple.

En écoutant son amie, il se rendait donc petit à petit compte que ce qui l’avait retenu de jouer le rôle de modèle du super-héros gay pour tous les petits garçons qui avaient des scrupules à jouer aux pompiers en fantasmant sur les pompiers, ce n’était pas seulement le désir de rester discret, mais aussi un véritable manque de goût. Il n’avait jamais réellement pris plaisir aux jeux médiatiques et s’il en avait appris les règles, la nécessité plutôt que l’intérêt l’y avait poussé.

Chase secoua la tête avec un sourire.

— Genre. Tu es toujours de bons conseils.

De ferait, où serait-il si Charlie ne lui avait pas conseillé de prendre sa vie en main, de la vivre pleinement et de s’amuser en torturant des snipers ? Il devait à celle qui était devenue sa plus proche amie beaucoup de sa libération et il lui en était profondément reconnaissant (les snipers, eux, beaucoup moins).

— C’est juste que, tu vois, je n’aime pas beaucoup parler de moi, de manière générale. Je n’ai pas vraiment de conseils à donner ou d’expérience à partager. Je veux dire : je n’ai pas construit lentement et péniblement mon identité ou… véritablement fait de coming out. Je ne sais pas. Les gens n’ont pas été particulièrement homophobes avec moi. Bref, je n’ai pas eu de problèmes. Je ne suis pas le mieux placé pour me rendre compte de ce que ça fait. Alors…

Il haussa les épaules. Il se sentait tout de même déjà mieux : la preuve, il commença à avaler ses petits fours. Au moins, si les invités étaient un peu pesants, la nourriture, elle, était très bonne.

— … je ne saurais pas quoi faire. Être là, sourire et dire : c’est possible ? Je suppose. Mais dès qu’on me posera une question, je me connais, je vais rentrer dans des explications interminables ou des métaphores obscures, et je ne suis pas sûr que cela fasse avancer beaucoup la cause. Je ne suis pas un très grand pédagogue ni… comment on dit ? un communicant.

Déjà, à l’UNISON, négocier avec sa hiérarchie était pour lui un parcours du combattant. Fin psychologue, ce n’était pas toujours fin diplomate : Chase s’en sortait beaucoup mieux dans les conversations en tête à tête que devant les auditoires indéfinis et silencieux.

— Tu as raison, je ne devrais pas me tracasser. Après tout, je suis encore jeune. J’ai tellement eu l’occasion de prendre des responsabilités que… Je ne sais pas, c’est devenu une seconde nature. Et j’angoisse pour des choses que personne ne me demande de faire. Heureusement que vous êtes là, Lukaz et toi, pour me ramener dans le droit chemin.

Il était parfaitement sincère en songeant que sa liberté criminelle constituait la route la plus raisonnable qu’il pouvait emprunter et que sa fidélité préalable à l’UNISON avait été mal placée. Malgré tout, il savait pertinemment que Charlie n’approuverait pas tous ses choix et il évitait de lui faire le menu de ses activités secrètes.

— Au moins, je répondrai aux demandes d’entrevues, quand ça sortira dans la presse. Il y en aura sûrement. Ce sera déjà ça et puis je verrai bien après.

Fort de cette décision toute en nuances, Chase acheva ses petits fours, avant d’aviser un groupe de gradés de l’UNISON, ceux-là mêmes qu’il était venu chasser ce soir-là. Il déposa son assiette sur le bord du buffet et glissa :

— Je suis désolé, je m’éclipse, juste le temps d’échanger quelques politesses avec ceux-là. Et puis, je ne voudrais pas t’empêcher de recevoir de nouvelles offres d’emploi.

Il avait dit cela avec un sourire ironique à la quittant et son sourire s’élargit quand il entendit derrière lui une voix féminine s’exclamer avec un ravissement bien calculé « mais c’est Charlie Lane ! » Décidément, son amie allait bien devoir se faire à sa célébrité. Et puis, en tant qu’avocate, elle incarnait un rôle un peu exotique dans cette réception essentiellement hollywoodienne — un oiseau rare et prisé.

Pour sa part, Chase se glissa vers les hauts gradés et engagea la conversation. Ceux qui ne lui auraient vraisemblablement pas adressé la parole, deux mois plus tôt, lorsqu’il avait été un simple informaticien de l’UNISON, lui serrèrent chaleureusement la main, maintenant qu’il incarnait une puissante corporation.
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Fight for Freedom II (Charlie)

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