AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

L’affaire Eliott Graham #Chase

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Message posté : Sam 19 Oct 2013 - 4:32 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
_ On parle d’un juge là. On parle d’Eliott Graham.
_ Je sais bien Scott mais, je n’allais pas lui dire non.

Charlie, assis en tailleur devant son canapé, regardait son dossier ouvert pendant que Scott lui expliquait qu’elle devait éviter de se lancer dans ce genre d’affaire. Elle comprenait bien les inquiétudes qu’il pouvait avoir mais, ça ne changeait rien.  Avant de venir la voir, Carl Deham, avait vu trois autres avocats pour son affaire et, tous avaient refusé de se lancer dedans parce que, justement, il était question du juge Graham qui, lui était connu et avait les bons contacts dans la ville. Pourtant Carl avait des preuves importantes et flagrantes contre ce juge qui, apparemment n’était pas si intègre que ça, les pots-de-vin étaient monnaie courante pour lui.

_ Tu as déjà des choses contre lui ?
_ Je ne peux pas te répondre… Écoutes, je te laisse, ça vient de sonner à la porte.

Elle raccrocha et, de sa main libre elle referma le dossier pour le glisser sous le canapé. Une vieille habitude qu’elle avait prise quand elle était enfant. Pour pas qu’on la trouve en train d’étudier trop souvent, dès qu’une porte se faisait entendre, elle glissait son livre sous son lit ou sous le meuble le plus proche. De l’autre côté de la porte, Carlos regarda Alec, complètement médusé.

_ Mais pourquoi tu as sonné ?
_ Ben, pour qu’elle ouvre la porte.

Et pendant que Charlie se relevait, Carlos expliqua à Alec la stupidité de cette action parce que, si l’avocate pensait à regarder qui était à sa porte, il y avait peu de chances qu’elle prenne la décision de l’ouvrir. Argument que laissa Alec dans une profonde réflexion.

_ Ah, et on fait quoi, du coup ?
_ On fait ça à ma manière !

Alec se décala. Charlie commença à se pencher sur sa porte pour voir qui pouvait bien venir sonner chez elle en soirée. Carlos se recula pour prendre de l’élan et, s’avançant, son pied frappa la porte assez fort – trop fort – pour la défoncer. La texane, sous l’impact, perdit l’équilibre dans un juron qui lui était peu commun. Au sol, une main rapidement sur son nez en sang qui, heureusement, avait échappé au craquement spécifique, sa vision fut un peu brouillée mais ne l’empêcha pas de voir deux silhouettes s’imposer dans l’encadrement de sa porte.

_ Tu vois pourquoi il ne faut pas sonner à la porte !
_ Tu vois pourquoi il ne faut pas défoncer la porte !

Les deux phrases emmêlées, Charlie ne chercha pas tellement à comprendre le sens profond, secouant la tête pour remettre ses idées en place, elle n’eut pas le temps de réagir que Carlos, d’une poigne décidément impressionnante, la releva pour la mettre pour, plus ou moins, la balancer sur le canapé. Pendant qu’Alec, lui, regarda la porte, jouant un peu avec avant de la refermer sans qu’elle ne puisse claquer réellement.

_ Je crois que tu l’as déformée en frappant. Il posa son regard sur Carlos qui, lui regarda Charlie en se demandant ce qu’il avait déformé chez l’avocate. Je parle de la porte.
_ Pas grave, commence à chercher.

Alec, docile, commença à chercher, ce qui, en réalité, voulait dire : ouvrir tous les tiroirs qu’il trouva pour les balancer sur le sol. Charlie regarda l’état de son nez au travers de sa main qui vira très vite écarlate. Elle fut toujours en train d’essayer de rassembler ses esprits quand elle vit son appartement se faire démonter petit à petit. Son regard se posa sur Carlos.

_ Vous pouvez me dire ce que vous cherchez, ça vous évitera peut-être de devoir tout démonter.
_ Le dossier sur Graham.
_ Je ne sais pas si vous avez remarqué mais, on est chez moi, pas à mon bureau alors…
_ Il nous a dit que vous étiez le genre de personne à travailler chez vous.

Un point pour lui mais, l’avantage fut que tout l’appartement fut démonté sans pour autant que l’un des deux ne se décide à la bouger de son canapé pour vérifier en dessous. Après un bon moment, Alec revint, sans rien avoir trouvé ce qui, à les entendre, dut les faire passer à la phase deux. Avant qu’elle ne puisse demander à quoi correspondait la phase deux, Carlos s’était déjà employé à la relever pour lui faire quitter son appartement. Évidemment, pas d’accord avec ce fait, elle avait cherché à se débattre, à s’accrocher au montant de sa porte – pratique pour essuyer une main avec des traces de sang –, elle avait même essayé d’atteindre le parapluie pour se défendre avec – et qu’elle devait vraiment rendre à son propriétaire un jour -  mais, Carlos avait bien plus de force qu’elle. Pas grave, elle avait une voix mais, là encore, au premier cri, elle fut contrainte au silence avec un coup qui l’assomma.

Une dizaine de minutes après que Charlie ait été embarqué, Scott arrivait devant la porte de l’appartement de Charlie. Entrouverte il n’eut besoin que de la pousser pour avoir une vue sur l’appartement qui avait été complètement retourné. Il songea à entrer et appeler l’avocate à travers l’appartement mais la trace de sang sur l’encadrement lui fit comprendre que ça ne servait à rien, elle n’était plus là et une inquiétude grandissante apparue un peu plus pour Scott qui, doucement entra dans le salon. Scott avait un avantage sur beaucoup de personnes, il connaissait Charlie, il savait qu’elle avait l’habitude de planquer des trucs dès qu’elle entendait arriver quelqu’un. Là, tout de suite, il était incapable d’y songer mais, s’il arrivait à mettre son cerveau en route pour essayer de comprendre ce qui s’était passé, le dossier pouvait être retrouvé, avec les informations qu’il comportait, ainsi que les adresses connues du juge.


*****

Elle ouvrit les yeux, dans le brouillard le plus total et, il lui fallut plusieurs minutes pour comprendre qu’elle était dans un bureau, assise sur une chaise, sans ses chaussures. Allez savoir pourquoi, c’était le détail à la con qui la traumatisait. Un homme, qu’elle identifia assez vite comme étant le fameux juge, était un peu plus loin, en train de jouer à un golf miniature dans son bureau. Un golf dans son bureau ?! Elle aurait aimé croire que cette vision était seulement due au coup qu’elle avait pris sur la tête mais, non.

_ Où est que je suis ?
_ Ah, vous êtes réveillée. L’homme garda son club de golf dans les mains, dans un sourire surfait pour se mettre devant Charlie, s’adossant à son bureau. Ma maison secondaire mais, peu importe.
_ Vous devriez me laisser partir avant d’aggraver votre cas, on va s’apercevoir de mon absence.
_ Pas avant demain, à l’heure où vous travaillez. Personne ne s’en inquiétera avant.

Un point pour lui. Il s’excusa faussement pour la manière de faire de Carlos et Alec qui étaient définis comme un peu étrange – comprendre sous méta-X la plupart du temps – avant de rentrer dans le vif du sujet. Il voulait savoir ce qu’elle avait comme informations le concernant. Ce que, évidemment, elle refusait de lui dire.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 19 Oct 2013 - 15:47 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
— N’empêche…

Le Neutron-Grey recula de quelques pas et considéra son œuvre.

— …avec un système de défense électrocutant, ça aurait été beaucoup plus sympa.

La petite araignée mécanique à côté de lui fit tournoyer ses capteurs, dans l’expectative. L’habitude qu’avait l’humain de parler tout seul lorsqu’il travaillait ne rendait pas son existence de robot facile. Avec son intelligence artificielle élémentaire, elle n’était capable que de comprendre quelques ordres simples préprogrammés et, par conséquent, elle scannait encore et encore les paroles de Chase à la recherche d’une séquence familière. Mais non. L’humain bavardait. Comme d’habitude.

Chase essuya ses mains pleines d’huile sur un chiffon, avant de prendre, avec son téléphone, quelques clichés de la fabuleuse armoire. Enfin, en matière d’armoire, il n’y avait pour l’instant qu’une structure métallique couverte de fils électriques qui ne ressemblait pas à grand-chose et il fallait bien être dans sa tête pour deviner, devant ce spectacle, le produit final auquel il conduirait. En tout cas, il s’était mis au travail assez vite et l’armoire serait probablement le seul des gadgets qu’il méditait dont il ne terminerait pas l’assemblage dans le secret du Royaume des Rêves. Au moins, la fabrication d’un objet aussi innocent qu’une armoire hyper-sécurisée pour son amie justifiait les heures qu’il passait dans les ateliers du Bigsby Building, le temps de transporter une partie de son matériel personnel dans la dimension voisine.

Après une douche bien méritée, ce fut le cœur léger que Chase descendit à pied la 40th Avenue, pour regagner l’immeuble qu’il partageait avec son petit ami (sourire béat) et Charlie (sourire distingué). Le jeune homme gravit les marches de l’escalier pour gagner l’étage où habitait l’avocate et, en voyant la porte ouverte, il sentit son enthousiasme tomber en flèche. Il ne sentait pas la présence de la femme. Mentalis s’arrêta et sonda l’appartement. Un esprit familier. Une seconde fut nécessaire pour déterminer l’identité de son propriétaire. Chase combla la distance qui l’en séparait à grands pas.

Le spectacle chaotique de l’appartement de Charlie lui glaça le sang. Aussitôt, il se reprocha son insouciance : il aurait dû insister pour commencer par la sécurité personnelle de l’avocate plutôt que de l’écouter et de s’attaquer d’abord à celle de ses dossiers. Un coup d’œil au chambranle de la porte n’arrangea pas ses inquiétudes. La trace d’une main pleine de sang offrait un scénario bien sinistre à son imagination.

Demander ce qui s’était passé était une question futile. Scott avait l’air bouleversé. Il venait d’arriver. Andrea lui avait appris à analyser une scène aussi chaotique, fort heureusement. Il y avait la trace de sang. Il y avait l’empreinte d’un pied sur la porte, qu’on avait de toute évidence défoncée. Les tiroirs retournés indiquaient que l’on cherchait quelque chose. Quelques traces de lutte, mais rien de considérable : Charlie ne pouvait donc être que superficiellement blessée. Chase fit quelques pas dans l’appartement et Scott sursauta.

Son premier mouvement fut d’accuser le jeune homme du danger qu’il faisait courir à son ancienne compagne, mais des scènes comme celles-ci, il en avait vues beaucoup lui-même dans les photographies qui accompagnaient ses dossiers et il y lisait la même chose que Chase : c’était à Charlie, de toute évidence, qu’on en avait voulu. Chase ferma les yeux et son esprit commença à envelopper la ville, cherchant à chaque fois de plus en plus loin. Même sans l’assistance de la Pierre de Lune, pour une signature psychique aussi familière que l’était pour lui celle de Charlie, il pouvait aller très loin. Beaucoup plus loin que la distance que l’on pouvait humainement parcourir en quelques heures.

Pendant ce temps, dans une résidence secondaire des alentours de Star City, assez près de la côte, le juge venait de poser sur son bureau un assemblage de câbles pour le moins anarchique. Il le considéra un instant d’un air songeur, avant de se retourner vers Charlie.

— Un ami qui travaille à la CIA m’a offert ça. C’est un prototype de leur laboratoire. Cette machine émet des ondes cérébrales artificielles qui brouillent les capacités d’un mentaliste. Tout du moins l’empêche de localiser une cible. Il m’a semblé que ce serait une précaution nécessaire, étant donné le goût un peu douteux que vous avez pour certains mutants télépathes beaucoup trop jeunes pour vous.

Mentalis rouvrit les yeux et secoua la tête.

— Cachée par quelque chose, évidemment.

Ça ne l’étonnait guère. Lorsque l’on s’attaquait à lui ou à quelqu’un de très proche de lui, on prenait en général des précautions de ce genre. Elles étaient toujours très insuffisantes, mais elles suffisaient à le ralentir. Scott ne chercha même pas à comprendre. Habitué à recevoir les affaires une fois l’enquête close et le feu de l’action passée, il était un peu perdu dans ce chaos dont il venait d’hériter.

— Ils cherchaient quelque chose.

Chase arpenta la pièce pour jeter un coup d’œil par toutes les portes : toute la maison était dans le même état. Elle avait donc été systématiquement retournée, ce qui impliquait que les hommes avaient fouillé jusqu'au bout faute de trouver l’objet de leur frénétique activité.

— Elle a dû cacher cela quelque part. Bien cacher. Ou alors c’est à son bureau.

Sorti de sa stupeur par cette observation, Scott passa la main sous le canapé et tira le dossier. Une fois la première page parcourue, il murmura :

— J’en étais sûr. Je le lui avais bien dit.

Chase s’était approché près de lui et avait jeté un coup d’œil par dessus son épaule. L’homme referma brusquement le dossier et jeta un regard plein de méfiance au psi. Ils ne s’étaient rencontrés qu’une fois et ne s’étaient pas quittés dans les meilleurs termes. Mentalis secoua la tête.

— Écoutez, vous ne m’appréciez peut-être pas, mais en attendant, s’ils sont capables de faire ça…

Il désigna la porte défoncée.

— Vous allez avoir besoin d’un peu plus de force de frappe que vous ne paraissez en avoir, ceci dit sans vouloir vous offenser.

Il était un peu curieux d’entendre Chase se définir comme une « force de frappe », mais Scott avait lu les aventures du super-héros dans les journaux les plus sérieux, ceux qui vérifiaient leurs sources, et le portrait qu’il brossait du Neutron-Grey donnait déjà une vague idée des capacités considérables qui étaient les siennes. Il le reconnaissait volontiers : lui savait se défendre beaucoup mieux dans un tribunal que dans une bataille physique.

Avec un soupir, il tendit le dossier à Chase et entama des explications :

— C’est l’affaire Graham. Enfin, officiellement, l’affaire Deham. Carl Deham est un ancien assistant du procureur qui, il y a quelques années, a brutalement quitté ses fonctions et a disparu. Il vient de revenir et compte publier un livre sur le juge Graham, assurant que le juge a des liens étroits avec un cartel criminel et qu’à l’époque où Deham a quitté ses fonctions, le juge avait fait mettre un contrat sur sa tête. Pour gagner du temps, Gaham, qui a récupéré une copie de l’ouvrage, a intenté un procès en diffamation pour le faire interdire. Il assure que Deham cherche à saper sa crédibilité, parce qu’il est lui-même impliqué dans des affaires sordides dont il craint la divulgation.

Ça fait un moment que Deham passe d’anciennes connaissances en anciennes connaissances à la recherche d’un avocat, mais seule Charlie a accepté l’affaire.

— Sans blague.

Chase hocha la tête d’un air désapprobateur. Et Charlie osait l’accuser lui d’attirer les ennuis ? Plus ou moins soulagé que le jeune homme se rangeât pour une fois à son avis, Scott se mit à tourner en rond, tandis que Chase parcourait rapidement le dossier, à l’aide d’informations pertinentes.

— On pourrait aller voir la police, mais le juge a beaucoup, beaucoup d’amis. Si c’est bien lui qui est derrière tout cela et qu’il découvre que nous sommes sur sa trace, les choses pourraient se précipiter.

Chase referma le dossier avant de décréter :

— On va lui rendre visite.
— À quoi ça nous avancera ?
— Je n’arrive pas à repérer Charlie. Probablement une barrière magique ou électrique quelconque.
— Ah.

Et voilà : même pas dix minutes écoulées que Chase parlait déjà de magie.

— Mais avec moi, ce genre de choses ne fonctionne en général que de très loin. Si nous nous approchons des endroits où il est susceptible de la retenir, je pourrais au moins déterminer s’il utilise un pareil appareil. Auquel cas, nous songerons à intervenir.
— Intervenir comment ? Nous ne sommes que deux ?

Oniris esquissa un sourire énigmatique.

— Nous verrons bien.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 19 Oct 2013 - 18:10 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Charlie posa son regard sur la machine mise en évidence, contente d’apprendre dans un premier temps que ça ne servait « que » à brouiller le pouvoir d’un mentaliste. Moins heureuse de l’apprendre, dans un deuxième temps, en comprenant que cette fois, elle ne pouvait pas compter sur Chase. Une pensée qu’elle trouva aussi tôt abusive, à force de passer du temps avec le mentaliste, elle commençait à prendre la défense qu’il apportait un peu trop pour acquise à son goût. Pourquoi s’inquiéter de la venue d’un type armé dans son appartement, quand on avait Chase pour voisin ? Elle prenait cette vérité un peu trop à la légère et comprenait doucement, qu’il ne pouvait pas toujours être là. Retour aux sources, avec son mode de défense à elle. Elle soupira.

_ La CIA, rien que ça. C’est une habitude chez vous d’accepter des cadeaux ?

Quitte à être là, autant poser des questions pour essayer d’avoir un peu plus d’éléments ou, au moins, de gagner du temps même si elle ne savait pas pourquoi elle devait en gagner. Graham se redressa pour aller en direction du bar qui se trouvait dans son bureau et proposa un verre. Elle refusa. Le juge revint à sa place, un verre de whisky à la main, Charlie aurait juré que ce type s’entendrait bien avec un certain marchand d’armes.

_ Et vous ? Vous n’avez jamais songé à évoluer, un bureau plus grand, des affaires plus importantes, plus de contacts ?
_ Je l’aime bien mon bureau. Elle haussa les épaules. Ça doit être sentimental.

Elle avait l’air calme mais, était bien loin de l’être en réalité. Elle avait beau être blonde, il y avait des choses qu’il était facile de comprendre. Elle venait de se faire enlever et, lui, se montrait. Combien de chance pour qu’il la laisse repartir tranquillement alors qu’elle aurait, avec elle, des preuves qu’il ne jouait pas dans les règles.  L’homme pointa sa main vers elle, celle qui contenait son alcool, ne tendant que l’index pour la désigner.

_ Vous savez, le sentimentalisme, c’est toujours ce qui perd les gens.
_ Vous voulez quoi ?

Qu’elle prenne le temps de réfléchir à l’affaire qu’elle avait acceptée, les menaces n’étaient pas tellement voilées en l’écoutant. Continuer dans sur ce chemin, et elle allait aux devants d’ennuis qu’elle ne serait pas maîtriser en, revanche, si elle refusait de prendre en charge l’affaire alors, il assura pouvoir être un appui des plus intéressants pour elle et sa carrière. Ça devait de ça que parlait Jay quand il disait qu’elle se foutait toujours dans des ennuis – quoi que, pour le coup, Chase n’y était pour rien – parce que, accepter son offre était sûrement la meilleure chose à faire pour ne pas connaître une mort prématurée. Contrairement à ce que pensaient certaines personnes, 33 ans, ça restait jeune. Mais, même comme ça, elle en était incapable. Elle ouvrit la bouche pour répondre mais, il la devança.

_ Je suis sérieux, vous devriez réfléchir avant de répondre. Vous jouez au golf ?
_ Quoi ?! La question qui sort de nulle part. Non.

Il posa son verre et alla vers son parcours unique au milieu de son bureau, club de golf à la main. Plaçant une balle, il continua à parler sur le fait que toute intégrité avait un prix. Et, surtout, qu’il n’était pas le genre de personne à prendre en grippe.

_ Laissez-moi deviner, sinon vous mettez des contrats sur la tête des gens ?
_ Vous croyez donc vraiment à ce qu’il a pu vous dire ?
_ Je suis dans votre bureau sans aucune envie d’y être alors, oui, j’ai tendance à bien vouloir le croire.
_ Alors disons que je n’aime pas être contrarié.

Il tapa dans sa balle, ou peu importe le terme exact qu’il fallait employer et s’avança en s’éloignant de Charlie pour aller continuer sa partie. Charlie tourna la tête mesurant la distance qui se trouvait entre elle et la porte, puis entre elle et Graham. C’était jouable, il continua de parler mais elle ne l’écouta plus, attendant qu’il se concentre sur le tir, l’abandonnant définitivement du regard. Quand ce fut le cas, l’absence liens sur la chaise lui permit de se lever en hâte et de pousser la porte du bureau pour sortir en courant. Elle fut à peine dans le couloir que, devant elle, se dressèrent Alec et Carlos qui eurent, tous les deux, un échange de regards interrogatifs. Ils bloquèrent le chemin de gauche, elle n’attendit pas qu’ils se réveillent pour partir en courant sur la droite.

Dans son bureau, Graham fut tout ce qu’on faisait de plus serein, il l’avait bien vue s’enfuir mais, elle comptait aller où ? La maison était grande, il y avait des gardes un peu partout. Elle ne pouvait pas sortir d’ici sans être intercepté par quelqu’un. Gardant son club de golf, il sortit à son tour du bureau, et après un geste de la main, les deux types partirent à la poursuite de Charlie.

L’avocate poussa une porte au hasard pour se retrouver dans une chambre, une chaise lui servit pour bloquer la poignée, histoire de lui faire gagner un peu de temps et de se diriger droit vers la fenêtre qui ne voulut pas s’ouvrir. La porte fut secouée de coup, pendant que Charlie supplia bêtement cette fenêtre de s’ouvrir et, à force de s’acharner dessus, elle arriva à la débloquer, au même moment où la porte fut enfoncée. Elle n’eut qu’une jambe de passer vers l’extérieur quand Carlos la rattrapa pour la ramener à l’intérieur et, une chose fut certaine : la douceur n’était pas ce qui le qualifiait le mieux.

_ Je vais prendre cette action comme un refus mais, on va vous aider à changer d’avis.

Un mouvement de tête de la part de Graham et Charlie fut trainé dans une autre pièce, bien moins accueillante que le bureau du juge. Charlie se retrouva catapultée sur une chaise, elle aussi, moins confortable et accueillante que celle dans le bureau. Ça dû être à ce moment-là qu’elle commença vraiment à se dire que les choses s’annonçaient, définitivement, trop mal pour l’humaine qu’elle était.

_ Maître Lane, dites-moi, à combien vous estimez votre vie ?

Graham tendit une main en direction d’Alec qui, docilement, lui donna l’arme qu’il avait dans sa ceinture. Euh.. C’était une vraie question parce qu’elle n’y avait jamais réellement réfléchi.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 20 Oct 2013 - 11:58 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
— Vous ne pouvez pas conduire plus vite ?
— Écoutez, vous pouvez toujours prendre le volant.
— Je dis ça, c’est juste que nous n’avons pas toute la soirée.

Scott ravala sa réplique et appuya sur l’accélérateur. Il n’était pas habitué à foncer dans les rues de la ville à toute allure et même si, en montant dans la berline noire, Chase lui avait assuré qu’il pouvait rouler à vive allure et que lui s’assurait que personne n’eût l’idée de se mettre en travers de leur chemin, il ne se sentait pas tout à fait rassuré. Il n’avait aucun moyen de se représenter la manière dont le mentaliste détournait à la volée tous les conducteurs qu’ils eussent croisés vers d’autres routes. De semblables prouesses psychiques étaient beaucoup trop impalpables pour être vraiment intuitives.

Cela dit, l’idée d’une Charlie aux prises avec de dangereux malfrats le motivaient assez pour exploiter, au moins une fois dans sa vie, la puissance de la voiture coûteuse qui signalait d’ordinaire plutôt son statut social que la nécessité de se rendre rapidement en tel ou tel point de la ville. À force d’insistance, explicite et psychiquement moins légal, Chase était tout de même parvenu à lui faire adopter une conduite beaucoup plus sportive. Ce n’était bien sûr rien à côté de la voiture du Passeur qui fonça en un quart de seconde devant eux, dans le silence le plus complet, au détour d’un carrefour, bien trop vite pour que Chase lui-même l’eût sentie venir, mais enfin, c’était déjà pas mal.

Pendant qu’Abban s’amusait avec son nouveau jouet dans des rues décidément étrangement vides ce soir-là, Scott et Chase s’arrêtèrent devant la résidence principale du juge. Alors que Scott entreprenait de défaire sa ceinture de sécurité, Chase interrogea :

— Mais qu’est-ce que vous faites ?
— Eh bien, on va poser quelques questions.
— Et puis quoi encore ? Vous ne voulez pas prendre le thé, pendant que vous y êtes ?
— Dis donc, je te rappelle que…
— Ne parlez pas tant. Je me concentre.

Une nouvelle fois, Scott se contenta du silence. Seule la considération de la vie de Charlie retenait le flot de remarques acides que le comportement dominateur de Chase lui inspirait. De son côté, l’ancien agent de l’UNISON se souciait peu de ménager la sensibilité d’un individu qui, de toute façon, ne lui était guère sympathique : tout ce qui comptait, c’était de retrouver Charlie avant qu’on se mît à lui fabriquer des souliers en béton.

Les yeux fixés sur la maison, Chase se concentrait. Mais tout y était clair : l’esprit de la cuisinière, l’esprit de la femme du juge, l’esprit de son fils qui fumait discrètement un joint, dans sa chambre, au troisième étage. Du juge ou de Charlie, nulle trace et surtout nulle trace de la moindre perturbation. C’était un coup pour rien. Le mentaliste secoua la tête avant de décréter :

— On passe à la suite.
— Elle n’est pas là ?
— Non.
— Mais vous êtes sûr ?
— Évidemment que je suis sûr. On passe à la suite.
— Alors on va à la résidence secondaire, mais c’est en dehors de la ville. Si jamais il l’a emmené ailleurs, dans un entrepôt secret, quelque chose du genre…

La difficulté était sérieuse. À deux, ils ne pouvaient pas couvrir toutes les possibilités. Chase réfléchit un instant avant de répondre.

— On va à la résidence secondaire. Je vais recruter quelqu’un pour étudier les autres possibilités.

Scott hocha la tête avant de reprendre la route. Pendant ce temps, Chase se mit à chercher le bolide étrangement silencieux et son occupant familier. Instillant en Abban la nécessité de se garer, Chase se mit ensuite à communiquer télépathiquement avec lui :

* J’ai besoin d’avoir la liste des biens immobiliers officieux du juge Graham. Et j’ai besoin que tu visites tous ces biens pour t’assurer qu’ils sont inoccupés. Ce soir. *

Pour éviter de longues discussions télépathiques inutiles, Chase « expliqua » à Abban comment fonctionnait une pareille communication. C’est-à-dire qu’il lui implanta une série de certitudes sur la question. La réponse un peu désordonnée ne tarda pas à se former dans l’esprit du jeune homme qu’il lisait :

* Non mais tu m’as pris pour ta bonne, ou quoi, mec ? *
* Bien payé. *
* Trop dangereux. *
* À charge de revanche. *

Chase sentait Abban réfléchir à toute vitesse.

* Tu t’y connais en super-véhicules ? *
* En super-armures. C’est pareil. *
* J’vais avoir b’soin d’un mécano’ sur l’long terme. *
* Entendu. *

Une seconde plus tard, Abban avait ordonné à sa voiture de regagner sans lui son garage secret et il apparaissait dans le bureau du juge, au tribunal. Chase revint à son hic et nunc. Scott lui jeta un regard.

— Jamais vous ne passez des coups de fil, comme tout le monde ?
— Beaucoup trop lent. J’ai mis quelqu’un sur le coup. On avisera s’il trouve quelque chose.
— Une seule personne pour trouver les entrepôts et tous les visiter ?

Scott avait l’air bien dubitatif. Chase esquissa un sourire.

— Ne vous inquiétez pas, mon associé est très efficace.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 21 Oct 2013 - 7:36 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
_ Eh bien, je dirais qu’un grand bureau, avec vue imprenable sur la ville, serait déjà un bon début.

Graham était juge, disposant d’un certain statut, d’un carnet d’adresses incroyablement influent ou pratique pour certaines affaires, et d’une richesse qui n’était pas à négliger. Il était évident qu’il n’avait pas obtenu tout cela en croyant sur parole la première personne venue, il savait bien que la vue d’une arme avait tendance à débrider toute personne sensée. L’intégrité ne rendait les gens sensés, de son point de vue et, il n’était pas assez naïf pour croire qu’un arrangement était possible avec l’avocate assise en face de lui. Il était question d’une personne qui aurait pu avoir le loisir de choisir d’autres affaires, de se faire plus d’argent avec sa nouvelle notoriété mais, elle restait toujours dans son petit bureau, avec les mêmes dossiers… Il se souvenait encore de la surprise désolante qu’il avait eue en trouvant l’adresse de Charlie. Il ne pouvait pas la croire, le mode de vie qu’elle avait était un choix, lui promettre plus d’argent ou de plus beaux endroits ne serviraient à rien. Au mieux, elle accepterait de se séparer de ce dossier mais, elle ne chercherait qu’à gagner du temps, il n’était pas dupe et, pourtant, ce fut un sourire qu’il s’accrocha aux lèvres.  

_ Je vois qu’on commence à parler le même langage.
_ Si je laisse tomber ce dossier, j’y gagne quoi ?
_ On pourrait commencer par l’assurance que, quoi qu’il puisse arriver à vos frères, ils puissent toujours s’en sortir aux yeux de la justice. Comment, il s’appelle déjà, vous savez celui qui a été accusé pour un cambriolage, mince, j’ai oublié son prénom… Ah oui. Seth, c’est bien ça ?

Charlie se décomposa, perdant tout faux sourire qu’elle avait pu avoir jusque là – pas bien nombreux d’ailleurs. Ce type ne s’était pas contenté de la faire venir sur un coup de tête, il avait fait des recherches. Elle hocha la tête, l’air fermé. Et bien qu’elle se détesterait sûrement pour cela, elle dut bien avouer que l’argument fut réfléchi pendant quelques secondes, avant d’être écarté rapidement. Le récent évènement avec Seth prouvait que ses frères n’échappaient pas toujours à la justice mais, il prouvait aussi qu’elle était capable – avec de l’aide – de trouver des solutions sans avoir à payer quelqu’un dans le système judiciaire, politique ou policier.

_ Comment vous feriez ça, imaginons qu’ils soient réellement coupables de quelque chose ?
_ Vous me sous-estimez, ça en devient presque vexant, faire évoluer un jugement selon mon bon vouloir n’a jamais été un problème, j’ai les contacts pour ça.
_ Et je suis censée me contenter de paroles aussi vagues pour vous croire ?  

Quitte à être ici, autant essayer d’en profiter pour avoir des informations même si elle doutait de pouvoir en faire quelque chose, ses chances de sortie étaient bien trop minime à son goût. Enfin, sauf si elle réussissait à lui faire croire qu’elle voulait bien troquer un peu de son intégrité contre une protection pour ses frères. Graham se mit à sourire en hochant la tête, voyant très bien ce qu’elle était en train de faire. Il s’approcha pour être à moins d’un mètre d’elle.

_ Pour des informations plus poussées, je vais avoir besoin d’être certain que vous soyez de mon côté.
_ Et je fais ça comment ?
_ En me disant où est Carl Deham.
_ Aucune idée.

Le revers de main qu’elle se mangea mit fin à tous les sourires de façade de Graham. La tête de Charlie, sous l’impact, chavira sur le côté dans une exclamation douloureuse. Elle laissa basculer sa tête en avant, pendant que la langue sembla vouloir vérifier que toutes ses dents étaient encore présentes après ce coup. Elle nota, cependant, préférer que ça vienne de Graham plutôt que de l’autre sous meta-x. La question lui fut reposée, et la même réponse fut apportée. Graham lui releva la tête de manière trop brusque pour qu’elle puisse s’empêcher d’afficher un air douloureux.

_ Il vous a bien parlé de l’affaire, donner un dossier, vous devez bien pouvoir le contacter.
_ Non, j’ai trouvé le dossier sur mon bureau un jour, avec un mot explicatif qui disait que c’était lui qui me recontacterait. Je ne sais pas où il est.

Était-elle vraiment blâmable pour un mensonge donné à un type comme lui ? Elle espérait que non. Réponse qui ne sembla toujours pas plaire au juge qui décrocha son deuxième coup. Charlie ne savait pas comment les gens faisaient dans les films, pour relever la tête dans un air de défi à la suite de ce genre d’évènement, parce que, de son côté, elle sentait quelques larmes lui monter aux yeux. Ça faisait un mal de chien en réalité. Le goût métallique qu’elle avait dans la bouche, résultat d’une rencontre avec l’intérieur de sa joue et de ses dents, n’avait rien de rassurant. Graham s’assura de lui redresser la tête une fois de plus, laissant à Charlie l’impression que son cou était devenu une sorte de chewing gum.

_ Et où se trouve ce dossier maintenant ?
_ Je ne comprends pas.
_ La question est si compliquée que ça ?
_ Non mais… Elle posa son regard sur Carlos et Alec, postés derrière le juge.
_ Quoi ?
_ Quand ils sont venus, ils ont commencé à retourner tout mon appartement alors j’ai demandé ce qu’ils cherchaient. Quand ils m’ont dit que c’était le dossier, je l’ai sorti pour éviter que… Enfin, bref, ils sont partis à m’expliquer pourquoi je devais les suivre mais ils n’ont pas pris le dossier.

Elle aurait bien ajouté que c’était pour cette raison qu’elle ne comprenait pas l’intérêt soudain pour le dossier en question mais Graham l’avait déjà délaissé pour se tourner et s’approcher des deux types qui, à retardement comprirent ce qui venait de se dire.

_ Vous avez pris quelque chose avant de vous rendre là-bas ? Comprendre une drogue spécifique.
_ Non, enfin oui mais, …
_ Je vous avais pourtant demandé de ne rien prendre, de vous concentrer sur cette putain de mission, c’était…
_ Euh, boss ? Alec leva une main hésitante.
_ Laisse-moi finir
_ C’est que…
_ Bordel, c’est que quoi ?

C’est que… Charlie s’était relevé entre-temps pour attraper la chaise sur laquelle elle était assise et que les deux essayaient de l’expliquer à Graham. Sauf qu’avant qu’il ne trouve une réponse, la chaise s’était déjà abattue sur lui. Charlie relâcha la chaise au même moment qu’elle percuta le juge et sortit de la salle, en courant, pour ne pas changer, entendant pendant sa course Graham hurler une insulte assez légitime en vue de la situation et en demandant aux deux types de la récupérer. Notons que, cette fois, Charlie avait dans les mains le club de golf que Graham avait posé en prenant l’arme d’Alec.

Si Carlos frappait fort, Alec, lui, courait bien vite. Charlie entra dans un salon pour, quelques secondes plus tard se retrouver face à l’homme. Son premier réflexe fut de regarder derrière elle parce qu’elle ne comprit pas tout de suite comment il avait pu parcourir plus de distance qu’elle en si peu de temps. Mais, passé cette seconde de surprise, elle leva les mains pour s’armer de son club de golf.

_ Tu devrais poser ça.
_ Tu devrais te pousser et me laisser partir.
_ Quand bien même tu passes la porte derrière moi, et il se recula de quelques pas, tu tomberas sur quelqu’un d’autre. Tu ne peux pas sortir d’ici.
_ Je prends le risque.

Elle ne comprit pas pourquoi il s’était reculé mais, la réponse fut bien vite évidente. Alec venait de prendre de l’élan et, la phrase de Charlie finit il s’élança vers elle, ne lui laissant pas le temps de réagir. Trop rapide. Sa vitesse, son élan, ajouté à la manière dont il poussa l’avocate, autant dire qu’elle vola en arrière, atterrissant dans une plainte raisonnante, sur une table basse en verre… Enfin, disons, qu’avant, c’était une table basse maintenant, c’était surtout un puzzle à reconstituer.

De l’autre côté, dans la pièce, Graham se remettait du coup porté et, récupérant l’arme qu’il avait lâchée sous l’impact, il décida qu’il aurait ses réponses autrement mais, qu’il allait tuer cette blonde d’avocate. C’était bien moins poli dans son esprit, cela dit.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 21 Oct 2013 - 12:46 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Maintenant qu’ils avaient atteint des routes où l’on risquait moins aisément de croiser des patrouilles de police et d’être épiés par des caméras de circulation, Chase avait enjoint à Scott de jeter au diable toute prudence routière et, cette fois-ci, pour de bon, d’appuyer sur le champignon. Assez tergiversé : l’avocate devait passer un sale quart d’heure et, telle qu’il la connaissait, elle n’était pas prête de céder aux suggestions douteuses d’un juge corrompu. Si toutefois le juge en question prenait la peine de faire des suggestions.

Pendant que Scott conduisait, Chase avait localisé sur un plan, sur son téléphone, l’adresse de la résidence secondaire de Graham et à mesure qu’ils s’en approchaient aussi rapidement que possible, il concentrait son esprit sur cette zone mieux délimitée. Pas de doute, il y avait des perturbations. C’était là, sans doute, que Charlie était retenue, même s’il ne parvenait à la percevoir ni elle, ni aucun des occupants de la vaste demeure.

La berline noire s’arrêta sur le bas côté de la route, à quelques dizaines de mères de l’entrée principale. Scott se retourna vers Chase :

— Et maintenant, on fait quoi ? Pas comme s’ils allaient nous laisser rentrer.
— Dites.
— Aaaah !

Scott sursauta alors qu’Abban, sorti de nulle part, sur la banquette arrière, se penchait entre les deux sièges avant. Chase lui-même avait eu du mal à contenir sa surprise.

— Vot’ mec, là.
— Graham.
— Ouais. Bon. À part c’te baraque, le truc du centre-ville, deux garde-meubles et une villa en Italie, y a rien. Faut vraiment qu’j’me fade les garde-meubles ? Cherchez quoi, au juste ?
— Mais c’est qui, ce môme ?
— Bah vas-y, mec, j’t’appelle pas crouton, t’pourrais être agréable. J’fais ça pour rendre service.

Scott avait définitivement l’impression de nager en plein cauchemar.

— Zen. Charlie a été enlevée.

Chase s’attendait à ce qu’Abban fût peu perturbé par cette nouvelle. Après tout, il avait essayé de cambrioler l’avocate, quelques jours plus tôt. Mais l’Irlandais était outré que l’on pût s’en prendre ainsi à l’une de ses héroïnes favorites.

— Gros porc de bourgeois !
— Voilà. Mais elle est là, c’est bon, ta part du marché est réglée. Je n’oublierai pas notre accord.
— Ouais, c’est ça, bien. Vous comptez rentrer comment ?
— On ne sait pas accord.
— Bah j’espère qu’v’z’avez pas trop dîné.

Abban posa les mains sur les épaules de Scott et de Chase et les trois hommes disparurent pour surgir aussitôt dans une buanderie. Chase et Scott durent se plaquer contre un mur pour reprendre leur respiration et chercher leurs repères, en essayant de ne pas vomir, tandis qu’Abban grimaçait un peu de douleur et faisait quelques mouvements pour adoucir la crispation musculaire qui l’attendait toujours lorsqu’il transportait de lourdes charges (ceci dit sans vouloir vexer personne).

— La vache… Vous pourriez… Prévenir…

Abban avait déjà sorti son Glock 39.

— Ouais, ouais. Bon, on y va ?

Chase posa une main sur l’épaule de leur fougueux et inattendu partenaire en infiltration. Abban était indubitablement un atout de taille, mais Mentalis se méfiait quelque peu de son impulsivité. Il n’était pas très certain non plus qu’avoir emmené Scott avec eux eût été une riche idée. Mais l’avocat reprenait déjà du poil de la bête, même si le regard qu’il posa sur le revolver de l’Irlandais était plus que dubitatif.

— Vous avez de drôles de fréquentations, Chase.
— Vous auriez préféré une nonne, peut-être ?
— Hé, pas cool, mec, on dit pas d’mal des r’ligieuses.

Un grand bruit se fit entendre quelques étages plus bas. Chase arrivait à percevoir les esprits, mais la disruption était toujours importante.

— Abban, je te montre le chemin et tu vas essayer de trouver une sorte de machine, ou de pierre, ou un objet suspect dans la pièce que je vais t’indiquer. Il faudra le détruire, ça me bloque. Scott et moi, on va aller voir en bas ce qui se passe.

L’Irlandais jeta un regard réticent au Neutron-Grey mais finit par hocher la tête. Chase transféra télépathiquement la localisation de la disruption dans l’esprit du téléporteur, qui disparut presque aussitôt. Les deux hommes restants ouvrirent délicatement la porte et commencèrent à se faufiler à pas de loups dans le couloir de la villa. Si Chase pouvait déterminer la place des différents occupants, il n’avait aucune idée des plans de la bâtisse et, de ce côté, ils naviguaient un peu à l’aveuglette.

Ils ne tardèrent pas à trouver l’escalier principal cependant. Des éclats de voix montaient du rez-de-chaussée et plus ils s’approchaient, plus Chase en acquérait la certitude :

— Charlie est là-bas.

Scott ne savait pas trop si c’était un bon ou un mauvais signe. Au moins son ancienne compagne était-elle vivante. Mais elle n’était pas seule et s’il s’était bien battu une ou deux fois dans sa jeunesse, sa vie était bien rangée désormais et il n’était pas certain que son sport dominical suffît à le rendre de taille à affronte ceux qui avaient enlevé la célèbre justicière.

Chase faillit soudainement manquer une marche quand une dizaine d’esprits s’imposèrent avec une clarté soudaine dans le sien. Puis un sourire naquit sur ses lèvres. Un étage plus haut, Abban soufflait sur la crosse de son Glock, dont il venait de se servir pour défoncer à grands coups la fameuse machine.

— Saloperie, va.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 21 Oct 2013 - 14:09 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
La chute avait été éprouvante mais, rien à voir avec le moment où elle se releva. Graham avait une baraque au prix indécent et, cet abruti, n’était même pas foutu d’acheter une table basse en verre sécurit, ou ces conneries qui s’étoilent plutôt que de se briser. En vue du choc, peu de chances que ça puisse changer quoi que ce soit. Elle regretta bien vite ses mains en appui sur le sol pour se relever, en sentant des bouts de verre s’enfoncer dans sa peau, elle comprit, aussi, pourquoi le fait de ne pas avoir de chaussures étaient un problème. Elle avait mal et, à voir sa tête, ça se voyait très bien.

_ Je t’avais prévenu.

Alec s’approcha, dans l’idée de la récupérer et de la trainer jusqu’à Graham. Charlie acheva de se relever quand il fut proche, prenant dans son mouvement le club de golf qui l’avait suivi pour balancer un coup. Trop prévisible, pas assez rapide, trop humaine, son geste fut stoppé par la main d’Alec sur son poignet, serrant assez fort avec une légère torsion pour qu’elle n’ait pas le choix de relâcher son arme de fortune.

_ J’crois que tu l’as énervé et, vraiment, c’est pas beau quand il est énervé.

Super, tout ce qu’elle avait besoin d’entendre. Alec avait des chaussures lui – monde injustice – alors forcément il dégagea de la zone sinistrée avec beaucoup plus de facilité que Charlie qui, malgré le fait d’être tenue avait du mal à suivre le mouvement. Ses pieds lui faisaient mal, sans parler de ses mains, de tout en fait. Elle avait des envies de cocon familial sécurisant, d’un lit et d’une énorme couette sous laquelle se réfugier. Elle avait la désagréable sensation d’avoir épuisé toutes les ressources dont elle disposait et, de baisser les bras sous cette fatalité. Elle se mordit la lèvre inférieure assez fort pour ne pas avoir à lâcher une plainte distinctive à chacun de ses pas, pour ne pas avoir à s’écrouler sous cette nouvelle fatalité, pour ne pas avoir à craquer maintenant. Ils sortirent du salon pour arriver à quelques pas de l’escalier pendant que deux personnes en descendirent.

_ Charlie ?

Voix familière, elle releva la tête et cru d’abord à une hallucination. Il n’y avait rien de normal à trouver Scott, accompagnant Chase – le contraire aurait été encore plus étonnant -, ici. Et finalement, avant que son cerveau ne percute la réalité de la situation, ce fut Alec qui s’exclama le premier.

_ Vous ne devriez pas être là. Il porta la main à l’arrière de sa ceinture et, ne sentant pas son arme, il se rappela qu’il l’avait donné à Graham. Un air perplexe passa sur son visage. Hmm.

Il ne se posa pas plus de question, ça ne lui avait pris que le temps de ces quelques paroles qu’il utilisa son pouvoir pour s’éclipser en vitesse laissant Charlie planté là. Une bonne nouvelle, sauf que, deux secondes plus tard, il était à nouveau de retour, derrière elle, le canon d’une arme pointé sur l’arrière de son crâne. L’arme était celle de Carlos qui, à une dizaine de mètres de là, cherchait encore ce qui venait de se passer. Graham plus perspicace, s’activa pour faire les quelques mètres restant afin de créer une joyeuse petite réunion.

_ Chase Neutron-Grey ! Graham afficha un sourire sans joie, un peu étonné. Je suppose qu’il me faut plus de résidences secondaires pour ne pas être retrouvé.

A aucun moment il ne douta de l’efficacité de son dispositif. Pour lui, Chase, qui devait probablement vivre chez Charlie comme l’avaient supposé quelques journaux, avait vite compris que l’avocate avait eu un problème avec l’affaire en cours alors, il avait cherché les adresses potentielles et il était là maintenant. Comment il était entré demeurait un mystère. Et, à peu de chose près, Charlie avait la même vision des choses, son regard se posa sur Chase.

_ Il a un truc qui…
_ On t’a pas demandé de l’ouvrir

Le canon de l’arme fut appuyé un peu plus sur son crâne pour lui demander de se taire. Scott qui, dans ses rêves, la nuit, se voyait comme un super-héros à la James Bond, ne trouva même pas la force de faire un pas en avant pour montrer son désaccord sur la manière de traiter l’avocate. Ça ne lui plaisait pas de la voir dans cet état mais, il y avait un peu trop d’armes pour lui, pensant qu’au moindre mouvement on allait prendre la décision de le descendre sur place. D’ailleurs, Charlie aurait volontiers pensé que la présence de Scott avait été suggérer plus que voulu mais, étant donné le dispositif anti-mentaliste, et vue que Scott ne semblait toujours pas surpris d’être là, elle devait bien convenir qu’il avait pris la décision de le faire de lui-même.

_ Charlie, est-ce que ça va ?

Question particulièrement conne qui était à deux doigts de la faire péter un plomb en moins de deux secondes. Comment voulait-il que ça aille ? Un abruti de drogué pointait une arme sur elle, un juge corrompu avait une sérieuse dent contre elle et, lui et Chase étaient là, sans avoir le moindre pouvoir à risquer de se faire tuer tous les deux, ce que, évidemment, elle ne voulait pas voir arriver. Alors, non, ça n’allait pas du tout.

_ Merveilleusement.
_ Et vous êtes qui au juste, vous ? Graham secoua la tête. En fait, ça n’a pas d’importance. Je sens que ça va être une bonne journée. Il pointa son arme sur Chase. Comment vous êtes entré ?

Il devait bien résoudre ce mystère avant de se décider à tirer sur Neutron-Grey parce qu’il était évident pour Graham qu’il ne garderait pas un témoin comme lui de vivant, relations ou pas, Chase en avait sûrement plus que lui. Il n’allait pas chuter pour un gamin. Charlie cherchait une solution depuis quelques secondes, incapable de savoir comment elle pouvait s’y prendre pour désarmer un type comme Graham, en ayant elle-même une arme pointée sur elle. S’il y avait bien quelque chose pour lui faire oublier son côté défaitiste des dernières minutes, c’était bien de savoir que Chase risquait de se faire tuer par sa faute et, ça, il en était hors de question. Quelle idée il avait eu de venir aussi.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 21 Oct 2013 - 17:43 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
— Qu’est-ce q…

Fut tout ce que Chase eut le temps de dire avant que Flash Gordon reconverti dans le crime et la meta-X ne vînt braquer Charlie et que Graham, flanqué d’un musculeux acolyte ne vînt profiter de la situation. Comme à son habitude, Chase décida de réfléchir avant de parler et de ne pas briser des nuques à tour de pensée avant d’en avoir appris un peu plus sur la situation présente. Bien lui en prit : il se rendit rapidement compte que c’était Noël avant l’heure.

De toute évidence, Flash Gordon, Mr. Propre et le juge les croyaient impuissants. Il fallait dire que Scott n’avait pas l’air franchement rassuré, que Charlie était en sang et que lui-même était censé subir les effets d’un disrupteur psychique de la CIA. Même si le disrupteur avait été toujours en marche, Chase ne doutait pas qu’il eût été capable de reprendre le contrôle de la situation, mais comme il ne déclenchait pas des tornades en claquant des doigts, les médias avaient toujours un peu de mal à donner un contenu concret à l’expression « meilleur mentaliste du monde » et par conséquent, les lecteurs mal intentionnés n’en tiraient pas toujours les conclusions les plus adéquates.

C’était donc le moment rêvé pour jouer le désespoir et tirer les vers du nez de Graham. Le juge semblait particulièrement fier de lui. S’il avait à l’ordinaire des interlocuteurs aux capacités intellectuelles plus que limitées, avec Charlie, Scott et Chase, il se retrouvait face à trois esprits brillants, dont une avocate d’exception et un Neutron-Grey. Nul doute qu’il allait se montrer bavard, pour faire étalage de sa puissance — un vice d’orgueil auquel il paraissait particulièrement porté.

Abban apparut soudainement derrière tout le monde, son Glock 39 à la main, sous les yeux de Scott et Chase. Ce dernier s’empressa de tempérer les ardeurs sauvages de l’impulsif Irlandais.

* Pas de précipitation. Je gère la situation. On les tient occupés. Visite la maison, récupère des documents, des disques durs, ce genre de choses. Fais des copies, laisse les originaux. On se retrouve en sécurité. *

Abban parut hésiter et commença à mimer quelque chose d’incompréhensible, avant de se souvenir qu’il pouvait communiquer d’une autre manière.

* Trop pas. J’vous laisse pas dans la merde, comme ça. *
* Je gère la situation. *

Cette dernière pensée eut une force de persuasion tout à fait surnaturelle et Abban disparut à nouveau, pour le plus grand désespoir de Scott, qui imaginait déjà son calvaire fini au bout du canon de l’Irlandais. Le regard de Chase se posa sur Charlie, avec un air triste et désemparé, tandis que des pensées d’une toute autre nature se formaient dans l’esprit de l’infortunée avocate.

* Je crains pour lui que sa fameuse machine ne marche plus. On a rencontré un de tes fans sur le chemin qui s’est occupé de ce petit obstacle technologique. *
— J’ai dit : comment vous êtes entré ?
— Par le souterrain.
— Il n’y a pas de souterrain.
— Maintenant, si.

Le juge eut l’air dubitatif. D’un côté, il voyait mal Scott et Chase armés de pelles en train de creuser jusqu’à sa maison puis de forer par il ne savait trop quel moyen la dalle de béton sur laquelle elle reposait ; de l’autre, il se doutait bien qu’un Neutron-Grey devait avoir des ressources considérables. Sceptique, mais ouvert à toutes les possibilités, il poursuivit son interrogatoire :

— Et vous avez décidé de vous infiltrer tous les deux comme cela ? Sans arme ? Vous êtes particulièrement cons, ou bien… ?

Chase marqua une nette hésitation, jeta un petit regard à Carlos et finit par reconnaître, comme à contrecoeur, alors que le juge agitait impatiemment son revolver.

— La voie était censée être libre.

Cette réponse crispa nettement le juge. Chase secoua la tête.

— J’ai dû surestimer l’influence que je pouvais exercer à distance.

Scott était en train de se demander si Chase n’avait pas tourné cinglé sous l’effet de la pression. Le juge, lui, jeta un regard à ses deux acolytes, dont l’attitude peu professionnelle l’avait exaspérée au cours de la soirée. Il avait accusé la drogue, mais il se souvint de la réponse qu’ils lui avaient donnée à ce propos : « non, oui ». Pas très clair. Et s’ils étaient sous une influence autre que celle des stupéfiants ? Mais depuis quand ? Et pourquoi Chase aurait-il laissé Charlie se faire enlever ?

Tout cela n’était pas très cohérent mais, d’un autre côté, il y avait des apparences de vérité. Goûtant assez peu le degré de confusion qui montait dans l’assemblée, Graham se massa la tempe de sa main libre et décréta brusquement :

— On monte dans le bureau.
— Non.
— Comment ça, non ?
— Scott a posé une bombe.

Alec et Carlos échangèrent un regard incertain.

— Vous êtes venus avec une bombe ?
— J’ai improvisé avec ce que j’ai trouvé dans l’atelier du jardin. C’était pour une diversion.
— Mais elle est grosse comment, votre bombe ?

Chase fit mine d’échanger un regard avec Scott, qui comprenait de moins en moins ce qui lui arrivait.

— Je sais pas, disons… comme ça…

Le mentaliste montra avec ses mains. Graham hésitait entre deux possibilités : soit Chase était complètement fou, soit il se moquait de lui (auquel cas il était complètement fou).

— Alec, va vérifier dans le bureau.
— Oulah, euh… J’suis pas démineur, moi.
— Oui, enfin, c’est une bombe artisanale.
— Mais ta gueule, toi !
— C’est juste, c’est pas dans mon contrat.
— Y a pas de contrat, idiot !
— Remarquez, du coup, elle est aussi un peu instable.
— On t’a dit de la fermer !

Chase jeta un regard à Charlie.

* Bon, et sinon, je n’ai pas très bien suivi cette affaire, là. Il y a un truc que tu voudrais savoir, en particulier ? *
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 24 Oct 2013 - 13:17 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Charlie, en relevant la tête, posa un regard interrogateur à Chase. Geste qui tenait plus de réflexe qu’autre chose quand une personne – toujours lui d’ailleurs – venait à communiquer par télépathie. Elle ne le dirait pas ouvertement mais, ça avait presque quelque chose de rassurant de savoir que NG avait ses facultés et, elle se serait sûrement interrogée sur cette histoire de « fan » dans d’autres circonstances mais, là, elle avait plus urgent à voir. La bonne nouvelle, c’était qu’elle craignait bien moins de voir Chase se faire tirer dessus maintenant mais, s’il avait toujours ses superpouvoirs, elle n’avait pas envie de voir un type d’ici finir comme Big Boss.

Se tenant comme elle pouvait sur la tranche de ses pieds – s’appuyer sur des bouts de verre n’avait rien d’agréable, tout le monde voulait bien en convenir – elle essaya de refaire un point sur la situation qui, forcément, venait de prendre un tout autre tournant, pendant que Chase expliquait que Scott avait déposé une bombe dans le bureau. Chose à laquelle, évidemment, elle ne pouvait pas croire une seule seconde. Et comme, Alec ne bougeait toujours pas, Charlie, cette fois, posa un regard réprobateur à Chase.

_ Tu n’as pas fait ça quand même ? Chase ! Elle secoua la tête l’air dépité. Je t’avais dit d’arrêter avec tes expériences avec ce qui te passe sous la main !

Elle soupira sous le regard perdu de Scott qui était en train de se demander si, par hasard, il n’avait pas réellement posé une bombe. Tout le monde semblait tellement y croire qu’il aurait très bien pu être manipulé.

_ Vos scènes de ménage, on s’en passera.
_ Vous avez un sous-sol ou quelque chose comme ça de sécurisé ?
_ Pour faire quoi ?
_ Pourquoi ? Charlie eut un léger rire nerveux. Est-ce que vous avez une idée des dégâts de ses « bombes » artisanales ? Parce que la dernière où, lui, et elle désigna Chase du doigt, à improviser un truc avec ce qu’il pouvait trouver, j’ai passé deux semaines à devoir refaire tous mes dossiers, sans parler l’incapacité à accéder à l’appartement.

C’est sur le mot dossier que le juge tiqua alors que Charlie s’empêcha d’en sourire. Dans son bureau, il y avait tout un tas de preuves et de choses utile pour pouvoir se protéger en cas de problème. Graham avait des relations mais, dans ce genre de cas, elles n’étaient pas toutes basées sur une confiance absolue. Avec le temps, il avait pu constituer des dossiers contre certaines personnes qui ne voulaient pas voir certains secrets dévoilés. Si le mentaliste avait réellement construit une bombe et que tout cela était détruit, il allait perdre beaucoup trop. Graham, baissa son arme.

_ Surveillez-les.

Gardant l’arme, il tourna les talons pour prendre la direction de son bureau, il devait protéger ses moyens de pression et c’était le genre d’action qu’il ne pouvait pas déléguer à des personnes comme Alec ou Carlos, il n’avait pas le droit à l’erreur et devait être certain de tout récupérer. Charlie, de son côté, s’adressa à Chase qui lui avait posé une question un peu plus tôt.

*Voilà, c’est ce qu’il va chercher à sauve que je voudrais. *

Dans les faits, si c’était Graham qui sortait tout ce qu’il pouvait avoir de compromettant, elle ne jouait pas en dehors de la loi pour les récupérer. Ce n’était pas elle qui fouillerait dans ses tiroirs ou éventuels coffres pour trouver des preuves alors, oui, si elle voulait quelque chose c’était ce qu’il était parti sauvé. Elle leva légèrement les mains.

_ Je vais aller m’asseoir sur la première marche.
_ Tu bouges pas.
_ Désolée mais là, je ne tiens pas debout.

Elle s’avança, doucement et, Alec, bien qu’armé, ne voulait pas prendre le risque de la tuer, sinon c’était Graham qui allait lui arracher la tête. Essayant quand même de faire comme s’il avait un minimum de contrôle sur la situation, il pointa son arme sur Chace et sur Scott.

_ Vous, poussez-vous un peu sur le côté, si vous parlez ensemble, je vous bute, c’est clair ?

Les prochaines minutes furent employées à virer les petits bouts de verres qu’elle avait sur les mains et sous les pieds. Pas très malin de les retirer comme ça mais, c’était moins pire que de les garder et marcher dessus sur une période plus ou moins longue. Et pour ne pas penser à ce qu’elle était en train de faire, elle décida de parler de Chase ce que, de toute façon, Alec ne pourrait pas savoir.

*Et la personne qui s’est occupé du brouilleur, tu crois qu’elle peut aussi intercepter Graham parce qu’il ne va pas mettre longtemps à comprendre qu’il n’y a pas de bombe… Enfin, rassure-moi, y en a pas ? *

Si elle avait su que la personne en question était un Irlandais de 19 ans, elle ne lui aurait jamais demandé ça, assez naïvement, elle imaginait que Chase avait fait venir un de ses contacts… Ce qui était un peu le cas, en fait. Charlie avait du mal à se faire à l’idée que des personnes de 20 ans, pouvaient se lancer dans des missions de ce genre. Elle aurait pu aussi demandé à Chase de manipuler un peu tout le monde mais ce n’était pas le genre de réflexes qu’elle avait encore.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 24 Oct 2013 - 21:50 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Pendant que Charlie lui faisait une réputation parfaitement injuste — par exemple, il n’avait (encore) jamais fait exploser l’appartement de Lukaz et cette histoire où il avait fait sauter les plombs de l’immeuble trois fois de suite en tentant d’alimenter un tout petit générateur d’ondes NG (une invention personnelle) n’avait été qu’une légère erreur de parcours — Chase observait alternativement Carlos, Alec et Graham. L’idée que le juge pût être assis sur tout un tas de matériel de chantage ne lui avait pas effleuré l’esprit — le petit Neutron-Grey en était encore aux rudiments de son initiation à la vie criminelle.

Ce ne fut qu’en entendant à nouveau Charlie penser qu’il comprit ce qu’elle voulait dire. Aussitôt, son esprit gagna celui de Graham et le suivit dans sa très prudente progression vers son bureau. À plusieurs instants, le juge hésita — Chase le sentit nettement — entre la fuite et la courageuse avancée vers la bombe artisanale aux effets catastrophiques. Pendant ce temps, Chase suivait sagement les ordres d’Alec, tandis qu’une autre partie de son esprit rendu multitâche par la force de l’habitude reprenait sa conversation mentale avec Charlie.

* Je crois qu’on va éviter d’offrir des informations compromettantes sur le tout Star Ciy à Abban, hein. *

D’ailleurs, l’Irlandais était peut-être à l’autre bout de la ville. Pas hors de portée pour Chase, mais cela devenait un peu compliqué. De toute façon, le mentaliste n’avait qu’une confiance très limitée dans l’honnêteté d’Abban et si le but était de mettre la main sur les fameux dossiers du juge, le plus sage était sans doute de ne pas les confier à quelqu’un qui se ferait un plaisir de s’enfuir avec, pour pouvoir les dépouiller au calme avec sa jumelle. Les alliances de circonstance avaient des limites.

* Bon, on va commencer par faire semblant qu’il y a eu une explosion. *

Il avait envoyé ce message à Scott aussi bien que Charlie et l’avocat, bien moins habituée que sa consoeur à de semblables conversations, ne put s’empêcher de sursauter. Ce qui augmenta la nervosité d’Alec.

— Qu’est-ce que t’as, toi ?

Ce fut à ce moment que l’étage supérieur de la villa fut soufflé par une violente explosion, dont la chaleur se propulsa dans un nuage de poussière jusqu’à eux, avec un vacarme assourdissant et des débris qui tombaient de tous les côtés, parmi lesquels, vraisemblablement, les os du pauvre juge Graham. Ce fut en tout cas l’illusion très convaincante qui s’imposa à Carlos et Alec, en même temps projetés télékinétiquement contre un mur. Sous le regard perplexe de Scott, qui n’avait rien entendu du tout, lui.

Pendant que Carlos et Alec reprenaient lentement leurs esprits pour en déduire que leur employeur venait de connaître une mort sordide et très définitive, l’employeur en question découvrait son bureau, où le disrupteur télépathique avait été réduit en miettes et où, en revanche, il n’y avait aucune bombe. La seconde suivante, cette découverte fut éclipsée par celle d’une bombe purement illusoire, qui trônait sur son bureau, faite avec un vieux réveil, des bidons d’engrais chimique et des bouts de câble.

Il fallait agir vite. Il commença à rassembler ses dossiers les plus utiles, en surveillant l’engin du coin de l’œil, sans vraiment savoir ce qu’il était censé surveiller, entre les trucs qui clignotaient vaguement et le contenu des bidons qui, de temps à autre, clapotait de manière inexplicable. Au rez-de-chaussée, le pistolet d’Alec venait de voler dans les mains de Scott.

— J’espère que vous savez vous en servir.

Peu importait en réalité : l’arme était un peu dérisoire.

— Bon, on monte. Viens, Charlie, je t’aide.

Il passa un bras de Charlie autour de ses épaules et l’aida à gravir les marches qui n’étaient plus censées exister, jusqu’à s’engager dans le couloir qui menait au bureau du juge, occupé à trier aussi vite que possible ses quelques dossiers cruciaux, pour s’encombrer le moins possible, lorsque la bombe viendrait à exploser. Il essayait aussi de réfléchir à un bon moyen de justifier un pareil attentat à son domicile. D’une certaine façon, la situation avait quelque chose de réjouissant : il était toujours bon d’être la victime des sombres menées de terroristes.

Alec et Carlos considéraient leur avenir, qui n’était pas brillant. Non seulement Graham ne leur paierait pas ce qu’il leur devait sur ce mois-ci, mais on trouverait sans doute le moyen de leur reprocher la mort de leur patron et… la fuite des otages.

— Dis…
— Quoi ?
— La bombe, là, elle était dans le bureau.
— Ouais.
— Bah du coup, la machine du patron, là, qui bridait les pouvoirs du télépathe, ben elle a explosé aussi.

Les deux hommes contemplèrent l’escalier vide.

— J’propose qu’on se casse.

À cette belle preuve de prudence en répondait une autre : celle de Graham qui sortait à reculons de son bureau, pour tomber nez à nez avec un avocat chargé d’une arme dont il ne savait que trop faire, une avocate éclopée et sanguinolente et un mentaliste aux allures décidément de moins en moins angéliques.

— Qu’est-ce que vous avez fait de mes hommes ?

Il ne se démontait tout de même pas si facilement que cela. Chase haussa les épaules.

— C’est difficile, de nos jours, de trouver de bons employés.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 27 Oct 2013 - 17:19 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Charlie se demanda bien comment Abban avait pu se retrouver embarqué dans cette histoire. Aux dernières nouvelles, Chase n’avait pas l’air d’apprécier plus que ça le jeune Irlandais. L’avocate était bien d’accord, à la vue de ce nouvel élément, il était préférable de laisser l’adolescent en dehors de cette histoire. Scott, de son côté, sembla douter de sa santé mentale, chaque fois un peu plus. Il avait vu les types s’envoler contre le mur, ce qui sembla ne choquer personne. Après, il se retrouva avec une arme dans les mains et, loin d’être  stupide, il comprit très vite que ça n’aurait aucune utilité avec les pouvoirs de Chase. En clair, on lui refilait le truc inutile et, pendant ce temps, ce fut Chase qui aida Charlie à monter les escaliers. Quelques secondes, il imagina se servir de cette arme sur le gamin qui lui tapait sur le système – d’autant plus que lui, le gamin, du haut de ses 15 ans, semblait avoir la situation bien en main – mais, cette pensée en tête il s’efforça de songer à autres choses en imaginant que Chase devait avoir un accès à son cerveau. D’autant plus rageant.

Interdit, en bas des marches, il regarda les deux commencer à monter vers le bureau. Pourquoi est-ce que Charlie le suivait sans rien dire, puis, d’abord, c’était à lui de l’aider pas à Chase. Il était plus qu’évident que le Neutron-Grey manipulait tout le monde, même Scott, l’avocat en avait la preuve : une arme dans sa main, dans une maison où ils étaient entrés sans le moindre papier officiel. Jamais, jamais, Scott aurait fait quelque chose comme ça par sa propre volonté. Il arriva à se convaincre – pas certain que ça vienne uniquement de lui – que le plus urgent était de répondre aux demandes de Charlie – qui devaient être soufflé par Chase – et, une fois que tout le monde serait sorti d’ici alors, là, il envisagerait une solution pour que le Neutron-Grey ne puisse plus avoir la moindre influence sur l’avocate.   Toute envie de tirer sur Chase maintenant c’était envolée parce que ce n’était pas raisonnable, il le savait bien… Arf, quoi que, là aussi, il était bien incapable de savoir si ça venait de lui ou non. Secouant la tête, arme en main, il monta à la suite des deux.

Charlie, bien qu’un peu gênée, avant accepté l’aide de Chase sans broncher, en le remerciant, pour se retrouver un étage plus haut, devant un juge avec des dossiers en main… Une arme aussi.

_ Vous devriez songer à coopérer en me donnant ces dossiers, vous savez ?

Il fallait quand même se rendre à l’évidence, les choses n’étaient pas faites pour aller dans le sens de Graham. Deux de ses hommes étaient partis, il était devant trois personnes avec les preuves allant contre lui et, dans ces trois personnes, un mentaliste que rien ne bridait. Il trouva, tout de même, le moyen de sourire en regardant Charlie.

_ Si je refuse ? Vous allez demander à votre petit-ami (tout le monde devait lire la presse à scandales) de me forcer à vous les donner ? Vous savez que cette méthode n’a rien de très légale, n’est-ce pas ?

Les gens intègres étaient tous achetables et, quand vraiment ce n’était pas le cas, alors, c’était qu’ils étaient réellement trop intègres pour faire une entorse à la loi. Récupérer ces dossiers par la force, ou par un pouvoir, forcément c’était les avoir de manière non reconnues par la justice.

_ Non, je ne ferais pas ça. C’est juste que vous allez vous faire arrêter avec vos preuves et que, du coup, personne ne pourra plaider une aide quelconque de votre part. Je dis ça, c’est juste pour vous aider.

Ce qu’elle n’avait aucune envie de faire mais elle préférait le voir donner ces dossiers volontairement plutôt que d’une autre manière. Contrairement à ce qu’il pouvait penser, elle n’était plus à une petite entorse près étant donné qu’il avait déjà récupéré ses effets personnels sous l’influence d’une manipulation mentale.

_ Je suis juge, je sais très bien comment ça fonctionne ! Il regarda Chase, puis les deux autres tour à tour. Vous savez ce qui est drôle, c’est qu’aucun de vous ne semble vraiment inquiétez de la bombe qui se trouve dans mon bureau.

Lui-même commençait à un douter sérieusement. Les trois, là, ils seraient partis en courant si une bombe menaçait réellement, non ? Oui, il l’avait bien vu et, même en tournant son visage vers l’intérieur de son bureau, il la voyait encore mais, son brouilleur n’était plus là non plus. Graham n’allait quand même pas se faire berner par le premier télépathe venue… Ok, c’était Chase Neutron-Grey mais la presse devait en rajouter et puis, de toute façon, ce n’était qu’un gamin. On lui avait collé une réputation parce qu’il était d’une famille connue, c’était tout !

_ Vous croyez quoi, que les deux qui sont partis étaient les seuls, que je ne suis pas protégé dans ma propre maison ? Graham se posta, plus droit, plus sûre de lui, nullement intimidé par le groupe de trois. Voilà comment ça va se passer : mon équipe de sécurité a reçu une alerte, et sera là à cet étage dans moins de deux minutes. Maintenant, vous avez le choix, soit vous partez et on en reste là, soit vous restez et… Enfin, je ne vais pas vous faire un dessin.

Il s’était concentré sur cette tirade, sur les types qui allaient débarquer sur tout et n’importe quoi mais, pas sur le minuscule petit boitier entre ses dossiers qui, une fois pressé – ce qu’il avait fait – donnait l’alerte à son personnel. Chase avait bien senti plusieurs présences en arrivant – une fois le brouilleur mis hors-service -, s’ils restaient là, ils auraient l’occasion de croiser ces esprits humains de plus près. Et en vue des deux premiers hommes qui avaient des pouvoirs, il était à parier que le reste de l’équipe en possédait aussi.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 28 Oct 2013 - 14:03 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Peu préoccupé par les contorsions mentales auxquelles le malheureux Scott se livrait pour tenter de donner du sens aux derniers événements, tout en aboutissant invariablement à des paradoxes, Chase considérait le juge et son sang-froid avec une certaine perplexité. Dans d’autres circonstances, il eût probablement admiré quelqu’un comme Graham. Mais tout immoral qu’il fût lui-même, le jeune Neutron-Grey n’éprouvait aucune sympathie pour le crime gratuit et suffisant qu’incarnait ce juge corrompu et le calme dont Graham faisait preuve suscitait plutôt la prudence du mentaliste.

Il n’était décidément pas très coopératif. L’esprit de Chase s’était étendu aux menaces du juge et le mentaliste sentait sans peine une demi-douzaine de consciences alertées se mettre en branle et affluer près d’eux, depuis le domaine de la villa, à l’extérieur, jusqu’à la porte d’entrée bientôt et, sous peu, c’était certain, leur propre étage. L’heure des menues conversations était passée. Mentalis s’avança d’un pas.

— En admettant que votre équipe de sécurité parvienne jusqu’ici…

Devant la maison, les hommes du juge avaient soudainement bien du mal à trouver la porte. À trouver la maison, surtout. La villa venait de disparaître brusquement, remplacée par une forêt particulièrement dense aux allures peu accueillantes. Les arbres résonnaient des hululements sinistres de chouettes invisibles. Les membres de l’équipe de sécurité échangèrent un regard perplexe, tandis qu’à l’étage, un illusionniste particulièrement bien entraîné fixait le juge, qui trouvait que ses hommes prenaient décidément leur temps.

— …et en admettant qu’ils survivent au combat, vous avez déjà commis assez de crimes ce soir, devant quatre témoins, pour que vos dossiers soient une goutte lors de votre procès. Entre le témoignage d’un Neutron-Grey et celui de la plus célèbre et intègre avocate de Star City, dont les blessures du reste parlent d’elles-mêmes, les jurés ne devraient pas trop douter.

Qu’ils avaient affaire à une illusion était rapidement devenu évident pour les hommes de Graham, qui commençaient désormais à tâter les arbres à la recherche de la structure réelle de la maison. Hélas, ne pas se fier à ses sens, pour des combattants habitués à écouter leur instinct afin de réagir le plus vite possible, ce n’était pas la chose du monde la plus évidente, et l’atmosphère oppressante de cette végétation sombre tendait leurs nerfs et compliquait considérablement la tâche.

— Par conséquent, je suppose que vous n’allez pas nous laisser nous enfuir. Vous avez parfaitement conscience que depuis que vous nous avez menacés d’une arme, nous sommes en situation de légitime défense.
— Une seconde. Comment ça, quatre témoins ?

Il avait fallu un petit moment à Graham pour réapprendre à compter en constatant que ses menaces laissaient le Neutron-Grey de marbre et que ses hommes n’étaient toujours pas là. Mais Scott, Charlie et Chase, cela faisait trois et le mentaliste avait parlé de quatre témoins.

— Oh oui. Nous sommes venus avec un téléporteur. Vous ne l’avez pas aperçu, mais il a pris quelques photographies. Attendez…

Chase relâcha l’emprise de son esprit sur l’illusion, pour concentrer toutes ses ressources sur Abban. La signature psychique de l’Irlandais fut retrouvée dans le magma de pensées qu’était Star City et, sans vraiment lui demander son avis, Chase l’incita à se téléporter au milieu du couloir. Un Abban un peu surpris apparut brusquement, tandis que les hommes poussaient enfin la porte et s’engageaient en bon ordre dans les escaliers. Graham plissa les yeux. Chase reporta son esprit sur la petite troupe qui parvenait jusqu’à eux et sapa aussitôt la motivation des troupes.

Les premiers hommes à être parvenus à l’étage s’arrêtèrent brusquement, incapables de se souvenir de ce qu’ils venaient faire là, tandis que les autres, bloqués dans les escaliers, ne savaient pas trop comment réagir à ce nouveau contretemps. Graham observait ses hommes, observait Abban et commençait à avoir un début de migraine. Il pointa l’Irlandais du doigt.

— Qu’est-ce qui me dit que ce n’est pas une illusion ?

Scott retrouvait un peu de ses pensées dans les paroles du juge. C’était très mauvais pour la santé mentale et le sens des réalités que de fréquenter Chase Neutron-Grey. Mentalis haussa les épaules.

— Rien. Vous n’avez aucun moyen de faire la différence. Un pari plutôt risqué.
— Quand j’l’aurais castré avec mon glock, t’vas voir qu’il va faire la différence.

Abban, toujours un peu frustré de n’avoir pas pu prêter main forte à son héroïne préférée, venait de sortir son revolver et de le pointer sur le juge, qui ne savait plus trop sur quels pieds danser. Il fit un geste de la main vers les deux hommes qui bouchaient le passage, de l’autre côté du couloir.

— Mais avancez, bande de crétins.

Mentalis esquissa un sourire.

— Je ne suis pas sûr qu’ils vous reconnaissent.

Décidément, même lorsque Chase décidait d’abandonner la subtilité, la situation ne se résolvait jamais aussi aisément que par une bonne vieille explosion ou une fusillade. Entre ses hommes immobiles et indécis, le discours du mentaliste, le canon du glock peut-être pas si illusoire que cela de l’Irlandais qui avait peut-être des photographies de lui en train de menacer Charlie Lane, Graham ne savait plus exactement où donner de la tête.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 28 Oct 2013 - 19:44 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Il était évident pour Charlie que Chase avait fait des progrès en matière de menaces balancées en l’air, parce que, forcément, il n’allait pas réellement les mettre à profit. Les types de Graham allaient survivre et, aucune situation n’allait les obliger à invoquer de la légitime défense. Le cerveau, un peu trop étriqué sur certains principes, de Charlie ne pouvait pas concevoir Chase dans un rôle de bourreau ou de « casseur de doigts » pour avoir des informations. Probablement bien trop naïve sur certains points, à aucun moment elle ne douta du fait que toutes ces paroles resteraient à l’état, justement, de parole.

Une vision des choses qui n’était pas partagée par Scott qui, lui, voyait en Chase une sorte de monstre avec des pouvoirs surpuissants, qui se croyait tout permis. Il ne douta pas que Chase, dans son envie de faire une démonstration de pouvoir, puisse, un peu par plaisir, donner l’envie aux hommes de Graham de se tirer mutuellement dessus. L’avocat décida de rester vigilant, il avait une arme dans les mains, au moindre faux pas de Chase, il pourrait agir. Pour le bien de tous, il serait même une sorte de héros, à sa manière, en ayant déjoué les plans du machiavélique Chase Neutron-Grey. Que sa vision soit faussée à cause du lien entre le gamin et Charlie, ne lui traversa absolument pas l’esprit, il se savait bien au-dessus de tout ça.

Charlie partagea la question de Graham même si, par habitude ( ?), elle préféra ne rien laisser voir. L’arrivée d’Abban fut des plus étonnantes, Chase lui avait dit mais, de le voir, avec une arme… Il y avait une différence entre savoir et voir. A croire que Charlie était vouée à voir des « gamins » dans un monde qui n’aurait pas dû être le leur. Hormis le principal concerné et Chase, Charlie devait être la seule à être certaine qu’Abban n’était pas une illusion. Cela dit, à le voir, avec son visage presque angélique, elle n’allait pas en vouloir aux autres de douter de sa présence. Les paroles de l’Irlandais cassaient quand même pas mal avec l’image qu’il pouvait dégager.

_ Scott, et Charlie se tourna vers l’avocat, donne-moi ton téléphone, s’il te plait.
_ Tient.

Sans trop chercher à comprendre, parce que c’était elle qui le demandait, il sortit son téléphone de sa poche pour lui tendre. Sauf si, bien sûr, c’était Chase qui l’obligeait à répondre à toutes ses demandes sans se poser la moindre question. Le téléphone en main, elle se tourna à nouveau pour poser son regard sur Abban.

_ Vous êtes capable de vous téléporter avec quelqu’un d’autre ?

Question qu’elle trouvait légitime mais qui, apparemment, était une évidence pour l’Irlandais qu’elle continuait de vouvoyer comme à leur première et unique rencontre, en prenant garde de ne pas prononcer son prénom qu’il ne lui avait pas donné. S’il pouvait éviter de croire qu’elle avait parlé de lui avec Chase. Enfin bref, pour finir, ce fut sur Chase qu’elle posa son regard.

*Je ne sais pas trop comment ça se passe entre toi et la police, depuis ton départ de l’UNISON* Un tas de choses restait encore un peu flou pour elle. *Mais, je vais les appeler, si jamais tu ne veux pas être là quand ils vont arriver, tu peux toujours d’éclipser avec Abban je suppose. *

Enfin l’idée c’était de pouvoir garder la menace qu’il laissait planer jusqu’au dernier moment mais de lui permettre de partir s’il n’avait pas envie d’être impliqué. Quand bien même il n’avait aucun souci avec la police – ce qu’elle croyait – les gens n’avaient jamais été spécialement fan de se retrouver impliqué dans une affaire. Et là, si la police s’en mêlait, ça allait forcément impliquer un tas de questions, de rapports, bref, une montagne de paperasse administrative. Chase avait peut-être mieux à faire qu’occuper son temps de cette manière.

_ Qu’est-ce que vous foutez ?

Oui Charlie n’était pas encore très au point, souvent, elle trouvait utile de regarder Chase pour lui parler télépathiquement, ce qui entraina une certaine suspicion de la part de Graham qui n’aimait pas la tournure que prenaient les choses. Encore plus avec ces types qu’il payait et qui refusait de bouger de l’escalier. Les mentalistes, selon lui, tous des enfoirés, il n’avait jamais aimé ce genre de pouvoir.

_ J’appelle des renforts, un truc comme ça.

Ce qu’elle fit en appelant la police, passant directement par le numéro du bureau d’un officier, histoire de s’assurer qu’ils ne seront pas longs à arriver. Entre temps, elle demanda aussi, télépathiquement, l’adresse de cette baraque qu’elle ne connaissait pas. Faire un voyage en étant assommé, ça n’aidait pas à se situer géographiquement parlant. Elle raccrocha et donna le téléphone à Scott avant de revenir porter son regard sur Graham.

_ Je parie qu’ils auront beaucoup moins de mal à venir jusqu’ici que vos hommes. A quel moment vous commencez à percuter que c’est fini ?

Il aura fallu du temps et que Chase se montre très convaincant pour que, enfin, il se mette clairement à paniquer. Il aurait bien tiré dans le tas, il n’avait plus grand-chose à perdre mais, il y avait l’Irlandais avec une arme braquée sur lui, du coup, ça le faisait hésiter. Ben… Il n’avait plus rien à perdre après tout ! Graham balança ses dossiers en l’air et en profita, dans la foulée pour pointer son arme sur Abban qui était la première menace armée. L’idée c’était ça, tirer sur le gamin, shooter la mentaliste ensuite et tirer dans le tas pour finir.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 28 Oct 2013 - 21:55 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
— ‘Videmment qu’j’suis capable !

Abban paraissait outré de cette question, comme si on remettait en doute la plus élémentaire de ses capacités — qu’il avait acquise tout récemment. Il ne précisa pas cependant que les personnes qu’il téléportait avec lui passaient en général un sale quart d’heure de digestion, parce que ce petit détail risquait de ruiner son aura de sauveur mystérieux et inopiné. Et il y tenait, lui, à cette aura, du moins aux yeux de Charlie. Être pour un soir le héros de son héroïne, c’était tout de même terriblement classe.

Chase, lui, était préoccupé par la question télépathique de Charlie. Pourquoi diable aurait-il eu des problèmes avec la police ? Ses activités parallèles (et encore imprécises) étaient soigneusement distinctes de celles de Chase Neutron-Grey et sa réputation auprès des autorités était ce qu’elle avait toujours été : une parfaite intégrité, un tempérament super-héroïque et un allié qui avait mis, personnellement ou indirectement, de nombreux criminels derrière les barreaux. La raison officiellement officieuse de son départ de l’UNISON restait la même : il avait été surmené et traumatisé par l’affaire du cirque de Kingston.

* Si Abban téléporte quelqu’un, ce sera toi. *

Après tout, c’était Charlie l’humaine aux pieds ensanglantés qu’on avait kidnappée et presque torturée ce soir-là et lui le mutant surpuissant qui pouvait tordre des cous d’un frémissement de neurones. Hors de question de toute façon qu’il la laissât seule à naviguer entre les questions des policiers pour le simple plaisir d’éviter la paperasse : il n’était pas venu la secourir pour l’abandonner à l’enfer judiciaro-administratif, sans quoi il eût fait un bien piètre ami. Et il manquait à Chase beaucoup de vertus, mais certainement pas celle de l’amitié.

Pendant que la police était adéquatement aiguillée vers la bonne villa, la nervosité de Graham grandissait. Scott, lui, se détendait, en constatant que les choses prenaient une tournure beaucoup plus normale : on appelait la police et c’était peut-être ce qu’ils auraient dû faire dès le début. Il en avait oublié les fameux liens qui unissaient le juge avec toute sorte d’officiels. D’ailleurs, dans le bureau de la ville, derrière eux, le téléphone retentissait déjà, dans une tentative inutile, de la part d’un policier corrompu, d’avertir son ami le juge de la descente imminente à sa résidence secondaire.

Graham dont le monde s’effondrait ne songeait désormais plus qu’à une seule chose : la ferme qu’il achèterait en Argentine avec les économies de ses comptes secrets, une retraite beaucoup plus anticipée qu’il ne l’avait prévu mais à laquelle il saurait se faire. Les dossiers volèrent et le juge commit une grave erreur, la même que celle qui avait permis à Chase de déjouer ses mesures de sécurité : il sous-estima les pouvoirs d’un mutant en tirant sur Abban.

Les réflexes du téléporteur se déclenchèrent avant que la balle ne sortît du canon. Elle n’avait pas parcouru la moitié de sa distance qu’il était déjà derrière Graham et elle se fichait dans le mur quand la crosse de son arme s’abattit brutalement à l’arrière du crâne du juge. La fuite avait tourné court. Avant que quiconque ne pût réagir, Abban se dressait avec un sourire ravi au-dessus du corps inanimé du juge.

Le coup de feu avait cependant entrainé une commotion dans l’escalier et les quatre hommes que les deux premiers empêchaient de passer décidèrent de forcer leur chemin, malgré l’autorité théorique de leurs prédécesseurs au sein de la hiérarchie de l’équipe de sécurité. Poussant ceux que Chase avait réduit à des chiffes molles, ils se précipitèrent dans le couloir.

— Acide !

Le cri d’Abban avait forcé Chase à faire volte-face, tandis que le téléporteur apparaissait brusquement à côté de Charlie, la prenait dans ses bras et la transportait dans le salon, un étage plus bas, là où elle avait été jetée sur la table basse et où elle se trouvait, désormais, en sécurité. Un nuage d’acide progressait rapidement dans le couloir, emplissant tout l’espace, et Chase eut à peine le temps de diriger la main vers le sol et de provoquer télékinétiquement l’effondrement soudain de la portion de couloir où Scott et lui se tenaient.

Les deux hommes tombèrent brutalement au rez-de-chaussée, au beau milieu de la cuisine. À l’étage, le nuage se résorbait contre toutes les lois de la physique après avoir rempli le couloir, tandis que les hommes observaient le résultat de leur attaque — et découvraient le couloir défoncé. Chase, de son côté, agissait aussi vite que possible, en une série de gestes télékinétiques précis et pas tout à fait tendres : 1) ouvrir à distance la porte du sellier, 2) projeter plus ou moins délicatement Scott dans le sellier, 3) refermer la porte avec le verrou.

Alors que l’ensemble de ces actions avait eu pour but de protéger l’avocat, Scott était pour sa part persuadé que Chase le mettait à l’écart pour… faire quelque chose de répréhensible, même s’il ne savait pas trop quoi. Que le mutant n’eût aucune raison de favoriser les agresseurs qui venaient de le prendre pour cible ne le perturbait pas dans son raisonnement paranoïaque. Mais Mentalis n’avait pas le loisir de s’arrêter sur cette question : il était déjà en train de déguerpir, sans faire attention à ses muscles endoloris par la chute.

Il courait — enfin, marchait aussi rapidement que possible et en claudiquant le moins possible — vers la porte de la cuisine et quand il l’ouvrit, il se retrouva nez à nez avec un homme hérissé d’épines, tandis que d’autres descendaient par le trou qu’il venait de pratiquer dans le plafond. Le porc-épic humain tendit la main vers lui. Avant de disparaître soudainement, happé par un Passeur déchaîné, qui le relâcha en haut du trou, à l’étage du dessus. Le porc-épic tomba sans comprendre ce qui lui arrivait, pour écraser l’un de ses collègues en dessous. Et le transpercer, probablement.

Chase avait profité de cette diversion opportune pour se précipiter dans le vestibule. Une lourde commode quitta aussitôt sa place près de la porte d’entrée pour foncer dans la cuisine et renverse deux hommes qui s’étaient lancés à sa poursuite. Les quatre gardes étaient neutralisés mais, dans la bataille, les deux sur lesquels Chase avait étendu son emprise quelques minutes plus tôt avaient eu le temps de reprendre difficilement leurs esprits. Comprenant peu à peu la situation, ils avaient décidé de procéder avec beaucoup plus de pondération que leurs collègues, auxquelles la force brute n’avait pas l’air de réussir.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 30 Oct 2013 - 21:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

avatar
Invité

Afficher le profil
Charlie balança un regard interrogatif, l’air de ne pas comprendre quand il annonça que, si quelqu’un devait être téléporté, se serait-elle. Pourquoi ? Avec une certaine logique elle aurait pu en venir à se dire qu’elle était l’humaine du groupe – avec Scott – et, donc, la moins apte à se défendre – ce qui ne faisait pas de doute – mais, elle ne faisait jamais preuve de réelle logique dans ce genre de moment. Incapable de penser à sa sécurité en premier lieu, tout ce qu’elle voulait, elle, c’était que Chase n’ait pas d’ennui, qu’il ne soit pas parachuté en plein milieu d’une paperasse impossible. Elle ne lui demandait même pas de partir en plein milieu de l’action parce que – et là, elle était réaliste – elle serait bien incapable de tenir deux minutes face à ces types mais… Pas le temps de discuter plus longtemps et d’en perdre pour savoir qui devait mériter la téléportation d’Abban.

On lui apporta, quand même, la preuve qu’elle n’était pas des plus rapides dans l’action : même pas le temps de hurler un truc pour prévenir le jeune Irlandais qu’il s’était déjà téléporté pour assommer Graham alors que, Charlie, de son côté, en était seulement à la fin de son sursaut en entendant l’arme. Pas étonnant qu’elle n’ait rien d’impressionnant en menaçant quelqu’un, même avec un parapluie ou un club de golf. Elle était étonnée, surprise –et, malheureusement, pas dans le mauvais sens du terme – par l’efficacité d’Abban sur ce coup-là, surtout par le fait qu’il n’avait pas riposté par un coup de feu. Un sourire commença à s’afficher sur ses lèvres, pour prouver ce qu’elle était en train de penser mais, là encore, un temps de retard sur les évènements. Son sourire n’eut jamais le temps de se finir complètement qu’elle se retrouva à l’étage inférieur.

Désorientation, elle se rattrapa au premier meuble à portée de main pour essayait de comprendre ce qui venait de se passer. En haut, en bas. Trop rapide. Les pouvoirs de Chase, c’était déjà compliqué à gérer – quoique, elle s’en sortait de mieux en mieux, non ? – mais, celui d’Abban. Elle inspira, son cerveau comprenant enfin où elle était… A moins que ce soit l’inquiétude en entendant un mur s’écrouler – un sol, en réalité – s’écrouler. Elle se retourna : plus de téléporteur. Ok, son cerveau avait du mal à assimiler toutes les informations mais, dans le doute, ce fut vers la sortie du salon qu’elle se dirigea, attrapant au passage le fameux club de golf que lui avait fait lâcher Alec un peu plus tôt. Elle avait l’impression que c’était il y a une éternité.

A peine sortit du salon qu’elle vit un premier type descendre par l’escalier. En cherchant à se stopper dans sa course, elle glissa – pas beaucoup d’adhérence sur le carrelage sans chaussures –, se retrouvant un genou à terre, les mains déjà en appui sur le sol pour se relever pendant qu’un arc électrique lui passait au-dessus de la tête. Employé4, bien décidé à rester maître de son esprit avait décidé d’utiliser ses pouvoirs sur tout ce qui bougeait, ayant peu de chances de s’en prendre à l’un de ses collègues. Bizarrement, c’était l’inexpérience de Charlie, son manque de dextérité aussi peut-être qui lui avait évité de se prendre les foudres de ce type. Elle ne resta pas pour voir la réaction qu’il aurait en voyant qu’il l’avait manqué.

La porte de sortie se trouvait à gauche donc, c’était avec une logique certaine qu’elle se dirigea vers la droite. Il y avait encore Chase, Abban – qui pouvait s’éclipser en une fraction de seconde – et Scott dans la maison, elle n’allait tout de même pas partir comme une voleuse. Ce fut au détour du couloir qu’elle suivait en courant qu’elle percuta – un peu – Chase, deux secondes furent nécessaires pour comprendre que c’était lui.

_ Électricité, elle pointa son index derrière elle, un des types, là, il arrive et, elle agita les mains pour essayer de miner un arc électrique, et il envoie de l’électricité.

Elle ne tenta même pas à dire à Chase d’aller se mettre à l’abri quelque part, il ne l’écouterait pas de toute façon. Ce n’était pourtant pas l’envie qui lui manquait, levant les yeux au plafond, elle reporta son regard sur Chase.

_ Je ne sais pas ce que fait le deuxième, fais gaffe.

Et comme elle avait abandonné depuis longtemps l’idée de dire à Chase ce qu’il devait faire, sans oublier le fait qu’il était bien plus apte qu’elle à se défendre, elle le contourna pour continuer sa course, passant devant la commode qui avait deux hommes hors circuit et, enfin arrivée dans la cuisine. Quelques secondes, elle se stoppa, interdite devant le type transpercé par un homme porc-épique. Dans son monde, à elle, il n’y avait pas de morts dans une cuisine. Fermant les yeux, elle secoua la tête et s’avança vers pour aller attraper – en évitant les décombre de la chute du plafond – l’allume-gaz.

_ Abban ? Elle avait peut-être un peu crié, parce qu’elle ne savait pas réellement où il était et, le voir apparaître créa un léger sursaut avant de se reprendre. Tu peux me remonter à l’étage, s’il te plait.

Apparemment se faire attaquer, ça donnait des envies de tutoyer tout le monde. Une fois à l’étage, après avoir remercié l’Irlandais et s’être remise de ce voyage déroutant, elle fonça dans le bureau pour monter sur une chaise et allumer la flamme de l’allume gaz sur un sprinkler. Quelques secondes plus tard c’était tous ceux de la maison qui se mettait à cracher de l’eau. Oui, bon, c’était la seule chose à laquelle elle avait pensé pour qu’employé4 n’utilise pas son pouvoir au risque de s’électrocuter avec, si toutefois, ça fonctionnait de cette manière.

Incapable de rester en place, ce fut toujours au pas de course qu’elle se retrouva dans le couloir de l’étage supérieur, à récupérer, en tas, les dossiers de Graham – s’ils pouvaient éviter d’être trempés – elle allait pour les mettre à l’abri quand, une porte sur laquelle on frappait frénétique, attira son attention. Prudemment elle s’approcha et, à un mètre de la porte un coup de feu se fit entendre la faisant sursauter – encore ! Scott, qui en avait marre d’attendre qu’on lui ouvre avait fini par prendre la décision de tirer sur le verrou bloquant sa sortie. Après, savoir lequel des deux était le plus surpris…

_ Où est-il ?
_ Qui ?
_ Ce putain de mentaliste ! Ok, Scott était réellement énervé et persuadé que tout était de la faute de Chase, avançant il s’arrêta à la hauteur de Charlie. Ouvre les yeux bordel !

Réaction qui la laissa sans voix, le laissant partir dans sa vendetta. Disons que, en moins de deux jours, il n’était pas le premier à lui dire ça mais, c’était stupide. Chase n’y était pour rien.  Elle reconnecta ses neurones et balança les dossiers dans la pièce où avait été enfermée Scott, là où il n’y avait pas d’eau, avant de repartir dans l’autre sens histoire d’essayer de rattraper Scott avant qu’il ne fasse n’importe quoi, de voir si Chase s’en sortait et si Abban allait toujours bien
Revenir en haut Aller en bas



L’affaire Eliott Graham #Chase

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant


Sujets similaires

-
» L’affaire Eliott Graham #Chase
» Le futur d''Haiti selon l''homme d''affaire Mike Spinelli
» Haïti-Justice : L’affaire des 200 enfants empoisonnés bientô
» Interdiction de depart dans le cadre de l'affaire Socabank
» [TERMINE] Retrouvailles inattendues [Chase]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-