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Le seul secret que gardent les femmes, c'est celui qu'elles ignorent ▬ Charlie

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Message posté : Ven 18 Oct 2013 - 23:40 Message
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Les magazines n'avaient jamais passionnés Jay et pour être franc, il n'en ouvrait jamais. C'était la même chose pour le journal, aussi la récente popularité de sa sœur était passée plus ou moins inaperçue pour lui et les autres Lane. C'est pourquoi lorsqu'un de ses collègues lui parla de Charlie, le texan ne comprit pas immédiatement comment est-ce que ce type faisait pour la connaître. L'homme en question, un cinquantenaire au ventre bedonnant, avait parlé d'un article qu'il aurait survolé dans le magazine de sa fille de quinze ans. Apparemment il était question d'une certaine Charlie Lane qui serait en couple avec un homme plutôt important du nom de Chase Neutron-Grey. Inutile de dire que ce patronyme n'était pas inconnu pour Jay qui avait plusieurs fois entendu parler d'eux. Même quelqu'un d'aussi peu cultivé que le trentenaire savait que Chase était connu comme étant un mentaliste – chose qu'il exécrait – autant dire que l'idée de voir sa sœur avec un type qui jouait au super-héros ne l'enchantait pas franchement. Pas du tout même.

Mais Jay avait décidé de ne pas prendre de décisions sans savoir de quoi il en retournait exactement, aussi son aimable collègue lui annonça-t-il qu'il apporterait le magazine en question le lendemain. Bien évidemment, le texan eut un mal de chien à tenir le coup durant toute une journée et à ne pas se dire que sa sœur était en train de lui cacher des choses pourtant très importantes. Leur dernière discussion s'était tellement bien déroulée qu'il s'était presque senti retourner une dizaine d'années en arrière, sauf qu'il savait aussi que Charlie était sous l'effet de la morphine et qu'elle pouvait donc avoir dit des choses qu'elle ne pensait pas. Enfin, la logique voudrait que ce soit le contraire, mais la logique de Jay n'était pas la plus fiable qui soit ! Il marina donc toute la journée et la nuit – les combats au Circus furent difficiles à supporter – avant de pouvoir connaître le fin mot de l'histoire. Ce fut bien la première fois depuis qu'il bossait que Jay se rendit au travail en ayant hâte d'y être !

Et les nouvelles furent à la hauteur de l'attente ! Lorsque l'ouvrier débarqua avec le fameux magazine, les nouvelles étaient croustillantes. En première page il y avait l'annonce d'une grossesse et d'un mariage prochain, visiblement le couple filait le parfait amour et avait été vu à l'hôpital où ils n'avaient pas démenti l'idée que la jeune femme puisse attendre son premier enfant. Inutile de dire que cette nouvelle acheva d'énerver Jay qui n'en revenait pas que Charlie puisse lui avoir caché toutes ces choses. Rien qu'à voir les dates des anciens articles, le trentenaire comprenait qu'elle était déjà avec lui lorsqu'ils s'étaient vus les deux dernières fois. Du foutage de gueule. Sans trop savoir ce qu'il allait faire, le cariste planta ce qu'il faisait sur place et, sans se soucier de ce que ses collègues lui disaient, quitta la zone de travail pour se diriger vers la sortie des docks. Il laissa tomber ses affaires par terre sans se soucier du fait qu'il risquait de se faire virer pour agir aussi bêtement, puis il déboucha dans la rue pour se diriger vers son pick-up où il jeta le magazine sur le siège passager.

Jay ignorait où sa sœur vivait et de toute manière à une heure pareille elle serait au boulot. Avant de démarrer, il fouilla la boîte à gants pour dénicher la carte de visite du premier avocat commis d'office que Seth avait eu, l'adresse figurait dessus et menait tout droit à l'immeuble où Charlie bossait. Mémorisant la rue et le numéro, il démarra son pick-up pour prendre la direction du centre-ville et fit le trajet relativement rapidement. Trop rapidement pour pouvoir se calmer.

Arrivé sur place, il gara son véhicule un peu n'importe où, récupéra le magazine avant de se diriger vers le bâtiment et d'y entrer sans prendre la peine de saluer personne. Le cabinet se trouvait à un étage supérieur, aussi Jay se pressa-t-il de rejoindre celui indiqué sur les plaques à l'entrée. La première pièce était une réception où il fallait bien évidemment avoir pris rendez-vous pour rendre visite aux avocats – ce qui n'était pas son cas – mais il s'en moquait. Le texan se planta dans l'entrée, hésitant sur la direction à emprunter lorsque la réceptionniste l'interpella pour savoir ce qu'il voulait. Bien entendu, le trentenaire l'ignora superbement et se contenta de regarder autour de lui dans l'espoir d'apercevoir sa sœur, en vain. Comme la réceptionniste insistait, Jay s'approcha finalement de son bureau pour la regarder d'un air énervé.

« Je veux voir Charlie Lane. »
« Vous avez rendez-vous ? »

Il avait du mal à contenir sa colère et ça devait être clairement visible vu la manière dont la femme le regardait. Peu importait, il n'était pas d'humeur.

« Je veux la voir, tout de suite »
« Je suis navré, vous allez devoir partir monsieur. »

Décidée à l'emmerder jusqu'au bout la chieuse ! Jay se pencha soudain en avant et attrapa le papier accroché à côté de l'écran de l'ordinateur et qui listait les avocats avec le numéro à faire pour leur passer un appel – ainsi que celui de leur bureau. La femme protesta, mais il l'ignora et s'éloigna rapidement pour se diriger vers les bureaux alors que la réceptionniste s'énervait encore. Qu'elle appelle donc la sécurité ! Passant devant plusieurs bureaux qui n'étaient pas les bons, le texan trouva finalement celui qu'il cherchait et ne prit pas la peine de toquer avant d'entrer. Elle était seule et certainement surprise de le voir débarquer ici. Profitant de l'effet qu'il avait, Jay lui adressa la parole d'un ton quelque peu hostile, mais surtout contrarié.

« Tu m'excuseras de débarquer ici, mais vu que je sais pas où tu crèches j'ai pas trop le choix. » Il marqua une pause. « Enfin ça, c'est qu'un petit truc, tu caches des infos plus importantes, genre ça. » Accompagnant ses paroles d'un geste, il lui envoya le magazine sur le bureau. « Tu comptais me dire quand que t'allais avoir un mioche avec un péteux dans son genre ? Après le mariage peut-être ? »

Elle se douterait qu'il n'avait pas acheté ce magazine pour lire les potins du mois et peut-être que c'était pour cette raison qu'elle lui avait caché tout ça pendant aussi longtemps.
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Message posté : Sam 19 Oct 2013 - 0:48 Message
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16 Octobre 2013

Charlie était sur un dossier, depuis deux jours, qui impliquait un juge et qui ne serait pas réglé tout de suite. Un tas de recherches à faire, de preuves à accumuler, qui l’avait laissé enfermer dans son bureau avec une tasse de café. Elle aurait bien le temps de comprendre qu’elle aurait dû écouter quelques recommandations, qui lui disaient surtout de ne pas s’occuper de ce dossier. Mais têtue, elle n’avait pas écouté… Comme d’habitude, à croire qu’elle n’était pas une Lane pour rien. Concentrée, pas si proche de l’accueil que ça, la porte bien fermée, elle ne capta rien de ce qui se passa un peu plus loin… Ce fut quand la porte de son bureau s’ouvrit soudainement, qu’elle laissa passer un sursaut, qui laissa bien vite la place à une confusion due à son étonnement.

Jay ! Elle cligna des yeux, en se demandant s’il était normal de voir son frère dans l’encadrement de sa porte de bureau et, non, évidemment que non, ça n’avait rien de normal. Son téléphone sonna, surement la personne de l’accueil qui cherchait à la prévenir après avoir appelé la sécurité. Elle ne décrocha pas, laissant son esprit percuter ce qui était réellement en train de se passer. Ce bureau commençait réellement à accueillir des personnes qu’elle n’aurait jamais imaginé voir ici. Elle n’eut pas le temps de réagir que Jay s’emballa déjà, devant un regard d’incompréhension de la part de sa sœur. Elle voulut lui demander de quoi il parlait quand il balança un journal en parlant de ce qu’elle lui avait caché. Mais qu’est-ce qu’il foutait avec un journal pareil aussi ?

_ Euh… Jay… Confusion totale, le genre de situation qu’elle n’avait jamais envisagée. Comment, tu es…

Arrivé là alors que personne ne passait sans rendez-vous, où sans qu’on la prévienne avant. Chacun ses préoccupations, Jay s’intéressait à un potentiel mioche, Charlie s’inquiétait de la manière dont il avait passé l’accueil mais, elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que Sarah, sa secrétaire, fit son apparition, restant à une distance raisonnable de Jay et l’air inquiet pour l’avocate.

_ Charlie, tu veux que je prévienne la sécurité ?
_ Quoi ? L’idée était impensable pour Charlie mais, sûrement déjà mise en œuvre depuis l’accueil. Elle secoua la tête. Non ! Devant l’air interrogateur de Sarah. C’est… Elle soupira. C’est mon frère.

Le soupir pouvait être mal interprété mais, c’était juste parce que la situation venait de lui échapper. Sarah, qui regardait tour à tour Charlie et Jay n’avait pas l’air des plus convaincue et avant qu’elle ne se décide à dire quelque chose, Charlie se releva en levant une main pour lui demander de ne rien dire.

_ Oui, je sais, on ne dirait pas. C’est ce que tout le monde s’accorde à croire mais, ça va. Elle contourna son bureau pour aller auprès de Sarah et lui désigner la porte. Je m’en occupe. Et avant de refermer la porte elle adressa un dernier regard à sa secrétaire. Pas la peine d’envoyer qui que ce soit.

Ok, logiquement, problème réglé. Elle prit une inspiration après avoir fermé la porte et se retourna pour regarder son frère… Maintenant, il s’agissait de régler un deuxième problème qu’elle ne comprenait pas. Un, elle ne voyait pas Jay lire ce genre de magazines. Deux, apparemment il avait réussi à croire ce qui était écrit. Trois, elle ne voyait pas tellement en quoi ça le regardait en vue de la situation. Quatre, elle voulait récupérer ses souvenirs de sa session à l’hôpital qui lui avait fait manquer un épisode important.

_ C’est pour ça que tu es venu ici, sérieusement ? Elle secoua la tête, l’air de ne pas comprendre. Écoute, Jay, ça… Et elle pointa du doigt le magazine qu’il avait balancé sur son bureau. Mais c’est là qu’elle capta ce qu’il avait pu dire dans sa tirade. Un péteux ? On peut savoir pourquoi il est jugé de cette manière alors que tu ne le connais même pas. Pourquoi avait-elle l’impression de se retrouver des années en arrière quand, de toute façon, personne ne semblait être assez bien pour elle ? Je veux dire, il n’y a pas un moment où tu te dis que si je suis partie c’était aussi pour pouvoir choisir qui je voulais sans avoir l’impression que tu allais le juger sans le connaitre ?

Il était tellement plus simple de lui dire que ce n’était que des conneries, que c’était de la presse à scandales qu’ils supposaient sur des choses qui n’étaient pas réelles. Elle passait du temps avec Chase, c’était une réalité mais, le mentaliste, en plus d’être trop jeune, avait un autre genre de personne en tête. Elle ne hurlait pas, elle ne s’énervait pas mais, elle était grande et capable de faire ses choix. Très drôle comme raisonnement quand on faisait le bilan de sa vie affective mais, la question n’était pas là.

_ Tu ne peux pas être en dehors de ma vie et revenir que pour les côtés chiants, encore moins en débarquant dans mon bureau comme ça. Je suis certaine que la sécurité doit être en train de se demander ce qui se passe.

Elle exagérait un peu, parce que, si elle avait trouvé ça chiant à certains moments, elle avait très vite acquis que c’était sa manière, à lui, de la protéger. Sauf qu’aujourd’hui, il vivait avec le reste de la famille et, elle, elle était dans son coin. Comme là, elle faisait sa tête de mule mais, quelque part, cherchant à ne pas le mettre en avant, elle était contente qu’il puisse s’intéresser à ce qui pouvait lui arriver. Bon, lui dire que ce n’était pas vrai aurait été mieux mais, on ne s’invente pas Lane, on l’est.
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Message posté : Sam 19 Oct 2013 - 1:43 Message
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Jay remarqua bien que sa sœur ne s'attendait pas à le voir débarquer chez elle comme il venait de le faire, rien qu'à la manière dont elle lui répondit il flaira qu'elle aurait préféré qu'il ne soit pas là. Une bouffée de contrariété lui monta au visage, mais c'était bien peu à côté de l'irritation qu'il ressentait depuis la lecture de cet article. Derrière lui une présence se fit sentir, il tourna la tête dans cette direction pour remarquer que la secrétaire venait de le suivre et s'inquiétait visiblement pour l'avocate. Le texan retint son envie de l'envoyer boulet et laissa Charlie s'occuper de la situation. Bien évidemment, le soupir qu'elle lâcha en avouant leur lien familial fut mal interprété : il était persuadé qu'elle avait honte de l'admettre, mais que c'était ça ou le voir être embarqué par la sécurité. Au moins lui épargnait-elle cette situation ma foi.... La manière dont elle s'était comportée la fois dernière lui revint en mémoire : là-bas elle avait eu l'air drôlement fière de dire qu'il était son frangin, visiblement les choses avaient rapidement évoluées et pas dans le bon sens. Après une rapide explication, Charlie demanda finalement à sa secrétaire retourner à son bureau et les laisser seuls. Pas sûr qu'elle évite d'appeler la sécurité cela dit, mais au fond Jay s'en foutait à ce moment précis.

Charlie se retourna enfin pour le regarder avant de lui poser une question à laquelle la réponse était pourtant évidente. Bien sûr qu'il n'était pas venu ici pour parler de la pluie et du beau temps ! Il s'attendait à ce qu'elle lui explique pourquoi elle lui cachait toutes ces informations, il espérait qu'elle allait faire preuve de franchise à son égard, mais non ! La jeune femme se contenta de lui demander pourquoi est-ce qu'il pouvait se permettre de le juger alors qu'il ne le connaissait pas. Question parfaitement logique en un sens, mais Jay n'avait pas envie d'aborder ce sujet avant d'avoir ses réponses. Cela dit, elle ne faisait que confirmer ces rumeurs en le défendant et l'irritation du texan ne fit que s'accentuer encore davantage. Quelle connerie ! Et voilà qu'elle lui reprochait de débarquer ici... même s'il savait qu'il était en tort, le trentenaire ne se démonta pas pour autant.

« Ouais, bah tu m'excuseras Charlie, mais si je connaissais ton adresse j'aurais pas besoin de venir ici pour te voir. » Il renifla d'un air agacé. « J'suis censé te voir comment si je dois pas venir ici ? J'suis bien navré que t'ai dû avouer que j'étais ton frangin, au pire t'avais qu'à laisser la sécurité m'emmener, ça t'aurait évité de devoir le dire à ta secrétaire. » Puisqu'il était évident qu'elle l'avait fait à contre-cœur, d'où le soupir ! « Je m'en fous de la sécurité, ils peuvent même appeler les flics si ça leur fait plaisir. »

Le ton était monté d'un cran, peut-être que les murs n'étaient pas assez épais pour que les collègues de sa sœur n'entendent pas ce qu'ils se diraient, mais c'était secondaire. Son regard se détourna de la jeune femme pour se glisser jusqu'au bureau où était posé – ou plutôt jeté – le magazine. Non, mais franchement ! Et dire qu'il avait tout gobé lorsqu'elle lui racontait qu'elle passait ses soirées toute seule alors qu'elle était certainement en train de s'amuser avec ce petit péteux. Le péteux d'ailleurs, il reporta son attention sur sa sœur pour répondre à ce propos.

« Je sais que c'est un péteux parce qu'il vient une famille de soit-disant célébrités et qu'il aime se la jouer petit génie. Puis franchement Charlie, c'est un mentaliste ! Non mais à quoi tu réfléchis ? Si ça se trouve il t'a complètement retourné le cerveau pour que tu te mettes avec lui. » Les mentalistes, c'était son Némésis, sa hantise, rien qu'à l'idée de savoir sa sœur avec un d'entre eux il en était malade. « T'as pas besoin d'un petit con à peine sorti de la puberté ! Puis merde, en fait je m'en fous, t'as qu'à te mettre avec lui si ça te fait plaisir vu qu'apparemment j'ai toujours fait que ruiner tes histoires d'amour. »

S'il ne se retenait pas, il en deviendrait bien plus vulgaire, mais sur le coup il voulait surtout avoir ses réponses et Charlie l'en éloignait avec ses questions. Secouant la tête comme pour chasser toutes ces choses de son esprit, Jay se concentra sur la demoiselle pour reprendre d'un ton aussi distant que possible.

« Ce qui compte c'est que tu t'es foutue de ma gueule Charlie. Tu m'avais dit que tu passais tout ton temps toute seule, que t'avais personne dans ta vie et tout ça c'était des conneries. » Il détourna les yeux pour désigner le magazine d'un geste du menton. « Tu savais que je lisais pas ces torchons alors tu t'es dit que tes crétins de frères ne se rendraient compte de rien. Bravo, t'es vraiment devenue douée dans ton métier à ce que je vois. » Il avait reporté son attention sur elle à la fin de la discussion et la dévisagea avec dureté. « Je t'avais cru lorsque tu m'avais raconté ça. Mais finalement t'avais bien raison l'autre soir, j'ai plus rien à faire dans ta vie et tes affaires me regardent plus, j'ai pigé. »

Pourtant, il était encore là, preuve que ça le travaillait et l'on pouvait même dire que ça le contrariait sérieusement.
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Message posté : Sam 19 Oct 2013 - 4:01 Message
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Mais ?!  S’il voulait son adresse, fallait lui demander, ce qu’elle eut bien envie de répliquer avant de se souvenir que le sujet avait déjà été plus ou moins abordé. Enfin, Jay, le soir où elle l’avait retrouvé dans un bar, lui avait demandé si elle vivait dans le coin et, de mémoire, elle n’avait pas tellement donné de réponse. Du coup, il n’était peut-être pas bon de lui reprocher quelque chose qui était de sa faute à elle. Très frustrant de ne pas pouvoir rebondir sur quelque chose. Par contre, plissant les yeux, elle chercha à déterminer comment il pouvait penser qu’elle avait dû se forcer à donner son lien avec lui. C’était débile, elle n’avait jamais eu honte de dire qu’il était son frère.

_ Soit pas stupide Jay, je ne vais pas laisser la sécurité d’emmener et encore moins les flics.

L’idée était des plus absurdes, tellement que ça la calma rapidement. Déjà qu’elle ne hurlait pas avant mais là, elle était seulement étonnée et un peu paumée. Elle se demandait où il allait chercher des idées comme ça avant de reprendre le fil de leur dernière discussion – de celle dont elle se souvenait – où les paroles de Charlie n’avaient pas été des plus agréables. Ce fut en se souvenant de ça, qu’elle préféra ne pas aller trop loin dans les détails de son raisonnement, encore moins de lui expliquer qu’elle n’avait pas honte.

Charlie ne savait plus vraiment comment elle devait réagir avec lui, justement à cause de l’épisode de l’hôpital, où elle était incapable de savoir ce qu’elle lui avait dit. Si la morphine lui avait fait oublier ce qu’elle était censée lui faire croire, elle devait donner l’impression de jouer au yoyo avec lui. A défaut de savoir comment s’y prendre, elle l’écouta donner son explication sur Chase. Difficile d’en vouloir à Jay, elle avait pensé la même chose en le voyant débarquer la première fois, le considérant comme un gamin pourri gâté venant d’une famille connue et qui devait avoir tout ce qu’il voulait. Elle leva les yeux au ciel, enfin, au plafond.

_ Mais qu’est-ce que vous avez tous à croire qu’il m’a retourné le cerveau ? Tout le monde étant euh… Lui et Scott mais, ça revenait au même non ? Mentaliste n’a jamais rimé avec manipulateur que je sache ! Et pour ton information, sans le petit con en question, je ne serais sûrement pas là en train de te parler mais, en train de croupir dans une salle de jeux clandestins !

C’était sorti tout seul et elle le regrettait déjà. Elle trouvait seulement injuste que Chase se fasse insulter sans la moindre raison alors que, effectivement, il l’avait aidé plus d’une fois et que ses pouvoirs avaient été aussi d’un grand secours. Il avait été là quand Jay était occupé à elle ne savait quoi. Sûrement un de ces combats de rue, soi-disant, sans danger. Elle soupira, pas certaine de vouloir rentrer dans le débat que constituait sa relation avec Chase qui, d’ailleurs, était bien loin de ce qu’en disait la presse à scandale.

Le pire, dans tout ça, c’était que Jay trouvait le moyen de la faire culpabiliser pour quelque chose qu’elle n’avait pas fait. Elle afficha un air coupable parce qu’il était en train de lui faire des reproches et qu’elle comprenait très bien qu’il puisse lui en vouloir. Le mensonge, à ce point-là, elle l’aurait assez mal pris aussi. Sauf que voilà, elle ne lui avait pas menti alors, elle était supposée faire quoi maintenant ? Elle pouvait très bien jouer la sœur qui s’en fichait pas mal de ce qu’il pouvait penser, le laisser dans sa déception et s’assurer qu’il arrêterait de venir la voir. Mais, il était là, et il ne partait pas, à penser qu’elle les prenait pour des crétins et ça, c’était au-dessus de sa conception.

_ Ok, on va prendre les choses dans l’autre sens. A quel moment, un magazine à scandale à plus de crédibilité que ce que je peux te dire ? Un sourcil, légèrement relevé, elle pointa son regard dans celui de son frère dans une question qui fut prononcée calmement. Est-ce que, juste une fois, tu  pourrais songer à poser des questions avant de partir sur un acquis sans en avoir la certitude ? Il était tout aussi vexant pour elle d’apprendre qu’il ne lui apportait pas le moindre crédit pour croire le premier torchon venu, qu’il ne devait même pas avoir acheté lui-même. Parce que, si tu préfères croire ce qu’il y a écrit dans ce magazine plutôt que moi, là, oui, je vais finir par penser que tu es un crétin ce qui n’est pas le cas actuellement.  

La grande particularité de Charlie c’était que personne ne pouvait insulter ses frères sans qu’elle ne s’énerve mais, elle, en revanche, elle s’en octroyait le droit même si, là, elle ne l’insultait pas réellement. Pas encore. Disons qu’elle serait déçue si Jay préférait croire la presse plutôt qu’elle. Elle laissa passer un soupir.

_ Écoute. Elle prit une inspiration. Chase, parce qu’il a un prénom, n’est pas… Je ne sais même pas ce qu’il est supposé être selon la presse. Elle s’était perdue entre petit-ami, futur mari et père de ses futurs enfants. Mais, on n’est pas ensemble. Elle secoua la tête trouvant débile de devoir se justifier à cause d’un magazine à la noix, ce qui provoqua une suite donnée sur le ton de l’ironie. Cela dit, si je dois me mettre à te prouver les mensonges d’une presse à scandale, tu peux aussi m’accompagner pour faire une échographie histoire d’être certain que je n’attends pas de gamin.
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Message posté : Sam 19 Oct 2013 - 15:20 Message
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Elle ne comprenait visiblement pas ce qui l'avait poussé à penser qu'elle était contrariée par sa présence ici et dans un sens, ce n'était pas étonnant. Ils avaient beaucoup de difficultés à se comprendre depuis quelques temps, depuis qu'elle ne vivait plus avec eux en réalité, un peu comme si Charlie parlait désormais une autre langue – parce que, bien évidemment, le problème venait d'elle ! Il ne rétorqua rien à sa remarque concernant les flics, si jamais la sécurité débarquait il aurait bien l'occasion de voir ça en images ma foi ! Jay la dévisagea alors qu'elle levait les yeux au ciel, parlant de « tous » pour répondre à ses accusations concernant les manipulations de Chase. Qui étaient les autres ? C'était une raison supplémentaire pour le texan de penser qu'il avait raison : il n'était pas le seul à le penser, d'autres avaient remarqué le comportement suspect de Charlie ! Oui parce que tout lui apparaissait forcément suspect maintenant qu'il savait qu'elle fricotait avec un mentaliste. Qui pouvait lui dire que les remarques blessantes qu'elle lui avait balancées la fois dernière sortait bien de son esprit et pas de celui de son « amoureux » ? Personne. Sauf un autre mentaliste à la rigueur, mais vu le peu de confiance qu'il avait à leur égard, l'affaire était vite expédiée.

Toujours est-il que Charlie ne le rassura pas franchement en parlant d'une salle de jeux clandestins. Et qu'est-ce qu'elle foutait là-bas ? Jay la dévisagea d'un air suspect, pensant faire le lien entre cet aveu et ce qu'elle avait dit l'autre fois concernant « un ami » avec qui elle aurait traîné au moment de son enlèvement. Bah tiens ! Certainement que c'était ce type qui avait tout orchestré pour réussir à se la mettre dans la poche – et dans son lit, mais il préférait ne pas y songer bien entendu. Toujours aussi buté, le texan ne lâcha pas le morceau.

« Et c'est qui ce « tous » au juste ? Tu vois, j'suis pas le seul à le penser, comme quoi c’est louche cette affaire ! » Il secoua la tête d'un air agacé. « Puis qu'est-ce que tu foutais dans une salle de jeux comme ça ? J'suis certain que c'est aussi à cause de lui que tu t'étais faite enlever l'autre fois. Charlie, dis-le-moi franchement, est-ce que t'as la preuve qu'il t'as pas trifouillé le cerveau pour te faire oublier ce qui l'arrangeait ? » Ces types n'étaient pas dignes de confiance voilà tout. « P't'être même que c'est lui qu'est responsable de tout ce qui t'arrive et qu'il veut juste se faire passer pour un héros en te sauvant. Histoire que tu sois redevable et que tu puisses pas dire non sans culpabiliser. » Un léger haussement d'épaules. « Sans vouloir te vexer, t'es pas difficile à manipuler. »

Bien entendu, lui ne le ferait pas, ce n'était pas son genre la manipulation. Regardant toujours sa sœur avec ce sentiment d'agacement mêlé à de la contrariété, le texan ne manqua pas de remarquer l'expression coupable qu'elle affichait. Et après elle osait lui dire qu'il n'y avait pas anguille sous roche ? Décidément, avant même de connaître ce type, Jay ne pouvait pas l'encadrer. Un sale gosse de riche qui avait certainement flairé que Charlie était une bonne proie pour lui, rien qu'avec sa gueule de minet il était insupportable alors là.... Les petits amis de Blondie partaient toujours avec un sacré malus dans l'estime du cadet de la jeune femme et jusqu'à ce jour, aucun n'avait été assez bien pour elle à ses yeux. Autant dire que les avantages de Chase – richesse, intelligence et popularité – devenaient des points négatifs dans son cas. Esprit contradictoire oblige.

Elle tenta de le prendre par les sentiments en lui lançant le couplet du « tu me fais plus confiance qu'à ce magazine » sauf qu'au final, Jay ne savait plus s'il pouvait effectivement lui accorder cette fameuse confiance dont elle parlait. Il garda la bouche fermée tandis qu'elle en rajoutait en l'accusant de foncer tête baissée plutôt que de chercher à comprendre avant de s'énerver. C'était comme ça, lui était impulsif et juste incapable de réfléchir dès que quelque chose le contrariait – ou même en temps normal. Et bien qu'elle avoua à demi-mot qu'elle ne le prenait pas pour un imbécile, il en doutait quand même. Quoi qu'il en soit, Charlie se défendit finalement d'être en couple avec ce... avec ce Chase bien que c'était un peu tard pour que Jay puisse la croire sur parole. Le texan chassa finalement sa dernière réplique d'un geste de la main, légèrement contrarié à l'idée de pouvoir effectivement s'être trompé.

« Ouais, bah t'es peut-être pas enceinte, mais pour le reste j'en doute un peu tu vois. » Il se renfrogna légèrement avant de reprendre. « Je te dis franchement Charlie, j'en sais rien si je peux vraiment te faire confiance. Tu l'as p't'être pas remarqué, mais on se comprend pas franchement depuis quelques temps et t'as plus vraiment l'air d'être la même qu'avant. » Il la fixait avec sérieux. « La Charlie que je connaissais s'amuserait pas à se foutre dans la merde juste à cause d'un gosse de riche. » Il refusait de dire son prénom. « Il se sert de toi et lorsqu'il en aura marre, il ira chercher une autre avocate avec les mêmes emmerdes que toi et il s'amusera avec elle. C'est comme ça les types qui ont ce qu'ils veulent rien qu'en claquant des doigts, me dis pas que tu le sais pas. » Ils n'avaient pas côtoyés beaucoup de riches cela dit. « Et pour les questions, là aussi tu m'excuseras Charlie, mais quand je t'en pose tu réponds à côté de la plaque alors j'suis bien obligé de me renseigner autrement. » Mauvaise foi à l'état pur. « Tu sais que j'étais même pas au courant que t'étais devenue la nouvelle chouchou des torchons de ce genre avant qu'un type que je connais à peine me le balance ? Visiblement j'en apprends plus sur toi par les autres qu'en te causant. Faudrait peut-être que je prenne rendez-vous pour te demander de tes nouvelles la prochaine fois ? »

Son ton s'était déjà calmé, même s'il avait encore du mal à se dire qu'il s'était emballé pour rien, pour le moment Charlie ne lui avait pas fourni la preuve du contraire alors il restait sur ses positions d'homme buté.
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Message posté : Sam 19 Oct 2013 - 16:42 Message
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Charlie resta interdite, sans savoir ce qu’elle devait dire, faire ou même penser. Les questions sur une éventuelle manipulation, elle les avait écartées très vite pour, justement, ne pas avoir à douter de tout ce qu’elle faisait, disait et pensait quand Chase était dans les parages. Elle ne pouvait pas non plus expliquer à son frère qui était le « tous » dont elle parlait qui, par la nature de leurs relations, n’avait pas été objectif non plus en supposant que Chase la manipulait. Jay était tellement resté en dehors de sa vie ces dernières années qu’elle pouvait bien lui donner tous les noms des gens qu’elle connaissait, qu’il ne serait pas plus avancé. Il ne saurait pas de qui elle parlerait.  Elle leva les mains, impuissante, parce que, non, elle était incapable de lui fournir la moindre preuve. Elle n’était même pas certaine que ce soit possible de faire ça. Il voulait une réponse franche ? Elle secoua la tête.

_ Non, bien sûr que non, je ne peux pas t’apporter ce genre de preuve. Comment tu veux que je m’y prenne ? Mais, il n’y a aucune raison pour qu’il me fasse oublier quoi que ce soit.

Elle repassa en revue les affaires dans lesquels ils avaient été impliqués et, Chase ou pas, les choses se seraient passées de la même manière… En fait, non. Sans Chase elle n’aurait pas eu l’affaire d’Ellis qui l’avait conduite à cette salle de jeux. Sans lui, elle n’aurait pas été dans un endroit louche pour trouver un truc contre Luc et aider Seth. Un tas de choses ne se seraient pas produites en réalité mais, ce n’était pas de sa faute à lui. Elle secoua la tête en haussant les épaules.

_ De toute façon, si je suis facilement manipulable, il n’aurait pas eu besoin d’être mentaliste pour y arriver !

Un poil vexé la Charlie mais, d’un autre côté, elle ne démentait pas pour autant ce qui la fit soupirer. Comment elle était supposée prouver des choses seulement en parlant alors que, de toute évidence, Jay ne lui faisait pas confiance. Ce qu’il était clairement en train de lui dire et qui faisait mal. Elle avait envie de rétorquer, de lui dire qu’elle trouvait ça déconné qu’il ne puisse plus la croire mais, il argumenta tout – à sa manière – et… D’accord, elle lui avait sûrement donné des raisons de douter de ce qu’elle pouvait lui dire. C’était de sa faute aussi, il n’avait jamais fait preuve d’une franchise à toutes épreuves ! Le bon point c’était que le ton était descendu. Le mauvais, que Jay avait l’air de mal prendre le fait d’en apprendre plus sur elle par l’intermédiaire d’autres personnes que par elle-même. Elle plissa légèrement les yeux, en posant son regard sur Jay.

_ Et, euh, depuis quand avoir de mes nouvelles entre dans la liste des choses que tu as à faire ? Elle leva une main. Tu sais quoi, oublies cette question.

Elle soupira une nouvelle fois avant d’aller s’asseoir et de désigner le fauteuil de libre à son frère, si jamais il voulait faire de même. Elle prit quelques secondes pour décider de ce qu’elle voulait faire, avant de se souvenir d’une discussion, dans un endroit bizarre, au milieu d’objets magiques. Ce qui était évident pour elle, ne l’était peut-être pas pour les autres, hein ? C’était bien ça ? Il était peut-être temps d’ouvrir le dialogue après tout.

_ Sérieusement Jay, on parle de quelqu’un qui a plus de 10 ans de moins que moi, évidemment que non, je ne suis pas avec lui. Elle passa sous silence le fait qu’en plus d’avoir trop de poitrine, il lui manquait quelque chose de typiquement masculin pour entrer dans les critères de Chase. Il est venu un jour pour me présenter une affaire que j’ai acceptée et, rien d’anormal à ça, elle rentre dans les critères que j’ai habituellement et que j’ai toujours. Ce qui pour elle était une preuve qu’elle n’avait pas été manipulée, surtout qu’elle n’avait pas accepté tout de suite, elle avait pris le temps de voir l’accusé, de se renseigner avant de foncer tête baissée. C’est cette affaire qui a conduit à l’enlèvement qui s’est fini dans la salle de jeux, pas lui. En fait, techniquement parlant, il s’est aussi fait enlever par ma faute et euh… Elle était un peu navrée mais, s’il voulait savoir après tout. Heureusement, parce que, ses capacités ont grandement aidé à la manière dont ça c’est fini.

Soit, eux deux en vie. Si Chase avait tout monté, comme le supposait Jay, il n’aurait pas fini en étant blessé à cause d’une balle. Elle comprenait l’image que pouvait avoir Jay de quelqu’un de riche, elle avait les mêmes réserves mais, Chase était différent. Peut-être même qu’ils l’étaient tous… Sauf Adriel qui, lui était le stéréotype parfait du mec riche mais, bref… Elle évita de lui dire que Chase y était aussi pour beaucoup dans le fait que Luc n’avait plus le dossier de Seth, parce qu’elle sentait que ça allait poser un réel problème.

_ Et le « tous » dont j’ai parlé, c’est seulement toi et une autre personne mais, ça n’a pas réellement d’importance, parce qu’il n’y a rien de louche. En fait, tu sais quoi, Jay, si tu ne veux pas avoir confiance dans ce que je dis c’est ton problème, je ne vais pas te forcer et… De toute façon, c’est probablement mieux comme ça. Pas pour elle mais, pour lui, enfin c’était comme ça qu’elle voyait les choses. D’un air incertain, elle haussa les épaules. Tu ne devrais pas chercher à avoir de mes nouvelles. Sans déconner Jay, hormis t’attirer des ennuis avec certaines personnes, comprendre : Seth, ça ne servira pas à grand-chose. Si je te réponds toujours à côté de la plaque, c’est qu’il y a une raison.
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Message posté : Sam 19 Oct 2013 - 20:53 Message
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Jay estima que ce qu'elle lui répondit était un peu... bizarre. En partant du principe qu'elle s'était fait ôter des souvenirs de l'esprit, il était parfaitement logique qu'elle pense qu'il n'avait aucune raison de lui faire oublier quoi que ce soit. La logique de sa sœur le laissait un peu dubitatif et il persistait dans sa manière de penser : ce gosse de riche profitait de sa sœur. Si ce n'était pas physiquement – ce qu'elle avait l'air de vouloir lui dire – c'était d'une autre façon et ce serait forcément une mauvaise chose pour Charlie. Le texan préféra rester silencieux et s'abstenir d'exprimer ce qu'il pensait sans quoi elle serait bien capable de lui laisser entendre qu'elle avait confiance en ce type et c'était quelque chose qu'il ne voulait pas entendre. Quoi qu'il en soit, sa remarque sur son côté manipulable ne plaisait visiblement pas à la jeune femme vu la remarque qu'elle lui envoya à ce propos. Jay se contenta de soupirer en levant les yeux au ciel comme s'il s'y attendait – ce qui était un peu le cas – mais préférait, encore une fois, s’abstenir d'entrer là-dedans. Il n'en ressortirait rien de bon, même lui était capable de voir – c'est dire.

Ce ne fut que lorsque la blonde souligna que c'était plutôt inhabituel qu'il vienne s'intéresser à sa vie que Jay remarqua qu'en effet, il avait fait une légère boulette pour le coup. L'état dans lequel elle se trouvait au moment de leur dernière discussion ne permettait certainement pas à Charlie de se souvenir qu'ils avaient réussi à discuter presque normalement. Il était vrai qu'il était censé se moquer de ce qu'elle devenait et que le fait de s'énerver en la croyant enceinte et presque devant l'autel n'était pas vraiment un bon moyen de la persuader de cet état de fait. Bah, le texan avait agi sur une impulsion – encore une fois – et il s'était totalement moqué de ce qu'elle pourrait bien penser à ce propos. Heureusement, Charlie n'insista pas à ce sujet et Jay ne chercha pas à s'opposer à sa volonté.

Lorsqu'elle lui proposa un fauteuil, le trentenaire préféra rester debout, têtu et buté comme une mule. L'idée était de montrer qu'il n'était venu que pour cette affaire et qu'il ne comptait pas s'éterniser ici, toujours persuadé que la demoiselle le voyait comme un élément perturbateur dans sa journée parfaitement réglée. C'était l'histoire de sa vie, enfin avec les autres personnes du moins, jusqu'à ce présent Charlie n'était pas comprise dans le lot. Comme quoi tout changeait. Le fait que sa sœur souligne l'âge du gamin ne le convainquit pas franchement, il avait déjà vu bien pire, des nanas de soixante ans qui draguaient des petits jeunes dans la vingtaine, l'inverse devait bien exister non ? Des « hommes » à peine sortis de l'adolescence qui s'intéressaient à des trentenaires. Charlie était loin d'être moche et elle avait beaucoup de choses pour elle, forcément n'importe quel type devait être content de se présenter avec elle à son bras. Cette simple idée fut suffisante pour énerver à nouveau Jay qui détourna le regard de sa sœur.

Toujours aussi buté il resta obstinément muet malgré les explications parfaitement logiques de l'avocate qu'elle était, capable de convaincre n'importe qui apparemment. Promenant son attention sur les murs de la pièce, Jay l'écoutait avec attention sans apprendre davantage de choses à propos des autres personnes comprises dans le « tous », mais ce n'était pas si étonnant. Il fallut qu'elle aborde le sujet de « ce qui était mieux pour lui » pour qu'il se déride enfin. Son regard se braqua sur le visage de sa sœur alors qu'il haussait à nouveau la voix.

« Mais bordel, c'est à toi de décider ce qu'est mieux pour moi maintenant ? Aux dernières nouvelles je suis majeur, je peux me démerder seul. » C'était l'hôpital qui se foutait de la charité vu la raison de sa venue ici, mais passons. « T'es sûre que t'as fait des études de droit ? Parce que là tu causes comme une putain de psy ou d'assistante sociale. » Et dans sa bouche ça ne sonnait certainement pas comme un compliment. « Je pensais que tu me connaissais mieux que ça. Tu crois franchement qu'en me répondant des bobards ça va m'empêcher de foutre mon nez dans tes affaires si j'en ai envie ? » C'était plutôt le contraire dirons-nous, esprit contradictoire oblige. « Si tu m'avais causé de ce gamin les dernières fois qu'on s'est parlé, j'aurai su que c'était que des conneries et que tu traînais autant avec lui pour le boulot. »

C'était clairement un reproche, au fond c'était ce qui l'énervait le plus : qu'elle décide seule de ce qui était le mieux pour lui et de ce qu'il avait besoin de savoir. Il avait presque l'impression d'être un gamin à qui l'on cachait les yeux lorsqu'une scène violente passait à la télévision. Elle le prenait pour quoi ? Sur le coup, il songea presque à lui balancer qu'elle n'imaginait même pas tout ce qu'ils – les frangins et lui – pouvaient faire de dangereux. Mais ce n'était pas une bonne idée, parler sous le coup d'une impulsion n'était jamais bon. Soupirant d'agacement, le texan reprit.

« Faudrait préciser ton discours. La dernière fois t'avais dit que tu voulais plus de nous dans ta vie, mais t'as jamais donné de vraie raison. Dis-le-moi franchement Charlie. Considère que là je te fais confiance et en me regardant dans les yeux, tu me dis que t'évites de me dire tout ce qui te concerne parce que tu veux plus de nous. » Il marqua une brève pause avant d'enfoncer le clou. « Ça voudra dire que t'as honte de nous, que t'as honte d'être une Lane et de venir d'un quartier pourri de Houston. Ça voudra juste dire que t'as envie de tourner la page et de commencer une nouvelle vie. Là j'accepterais ça et je viendrais plus jamais t'ennuyer. »

Il voulait bien croire qu'elle soit capable de lui mentir, comme la fois dernière, mais là ce serait différent. Elle devrait avouer clairement qu'elle ne voulait plus rien avoir à faire avec eux et ce serait certainement sa dernière occasion de lui dire le fond de sa pensée.
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Message posté : Dim 20 Oct 2013 - 5:35 Message
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Leur problème de communication, depuis lui départ de Charlie, n’était pas si étonnant que cela. Chacun des deux essayant de se tenir à un raisonnement faussé, s’acharnant à suivre une ligne directrice qui, par moments, se fissurait donnant à l’autre une impression illogique. Il n’était pas normal pour Charlie que Jay cherche à se renseigner sur elle. Il ne devait pas être normal pour Jay de voir Charlie changer de discours d’une conversation à une autre. L’avocate avait toutes les difficultés du monde à se faire comprendre parce qu’elle vivait dans un mensonge, tout en essayant d’en faire croire un autre en disant qu’elle ne voulait plus les voir dans sa vie – du moins, pour la dernière conversation dont elle se souvenait.

C’était de la faute à Jay, ça ne pouvait être que de sa faute. Si, au moins, il s’était tenu à ce qu’elle pensait, s’il était resté dans le rôle du petit frère qui l’avait rayé de sa vie parce qu’elle était partie, les choses seraient plus simples. C’était lui qui n’était pas logique, en débarquant comme ça pour l’interroger sur ce qui n’était pas supposé l’intéressé ou, en se pointant à l’hôpital sans qu’elle ne sache réellement pourquoi. Elle avait cessé de le comprendre et ça la tuait parce que ce n’était pas ce qu’elle voulait, pas ce qu’elle avait souhaité en partant de la maison familiale. Et, là, sur le moment, elle le comprit encore moins dans ses critiques. C’était quand même lui qui avait débarqué en critiquant ses hypothétiques choix et, il se permit de lui dire qu’il était libre de ces choix à lui. Sans déconner !

_ Tu te fous de moi là ? L’étonnement fut au rendez-vous sur son visage mélangé à un certain agacement. Je ne vois même pas en quoi te dire des mensonges, ou non, peut changer quoi que ce soit ! Bordel, Jay, tu n’es pas supposé vouloir t’intéresser à ma vie ! C’était ce qu’elle croyait depuis son départ, il ne pouvait pas revenir comme ça et foutre en l’air des années de croyances faussées par la manière dont elle avait interprété les choses à son départ. Elle n’était même pas énervée sur sa dernière phrase, seulement lassée de ne pas comprendre les choses, de ne plus être certaine. Elle n’aimait pas ne pas savoir, encore plus quand il était question de Jay. Elle soupira. S’il faut que je te parle de toutes les personnes que j’ai rencontrées depuis que je suis partie, il va nous falloir un peu plus que cinq minutes à la sortie de ton boulot, ou dans un bar.

Et il y avait plus urgent, sur les fois où elle avait pu le croiser, à voir plutôt que parler de ce genre d’historique. Ce qui était d’autant plus vrai alors qu’elle imaginait qu’il s’en fichait royalement. Il allait vraiment lui en vouloir parce qu’elle n’avait rien dit ? Parce que, si c’était le cas, il se foutait bien d’elle, il n’avait pas été plus loquace sur ses activités non plus ! La suite fut bien plus perturbante pour Charlie qui n’avait pas songé en arriver là un jour. Jay lui offrait l’occasion en or. Si elle lui disait qu’il avait raison alors, il cesserait de chercher à la voir, de s’intéresser à ce qu’elle devenait et, par la même occasion, éviter tous les conflits que ça pouvait apporter avec Seth. Il resterait avec le reste de la famille, là où il était probablement le mieux, selon elle. Charlie n’avait qu’à lui dire qu’il avait tout compris, qu’il avait raison et… Elle en était incapable !

Baissant les yeux sur son bureau, l’ongle de son index grattant la surface, elle se retrouva en prise dans un dilemme qui opposait ce qu’elle voulait et ce qu’elle pensait être le mieux pour Jay. Le « plus jamais t’ennuyer » - même s’il était loin de l’ennuyer – avait quelque chose de bien trop définitif à son goût. Elle préférait cent fois se prendre le chou avec lui, plutôt que de ne plus le voir du tout mais, elle devait penser à ce qui était le mieux pour lui, non ? Décision à laquelle elle se serait sûrement tenue s’il n’y avait pas eu cette rencontre au hasard, à cause de la pluie, et la conversation que ça avait apportée. Après de longue secondes, son index cessa de bouger et elle releva la tête pour aller chercher le regard de son frère, secouant doucement la tête.

_ Si j’avais honte, j’aurais fait un secret de l’endroit d’où je viens ce qui n’est pas le cas. Elle ne le criait pas sur les toits mais, elle n’avait jamais menti sur ses origines quand on lui posait la question. Ce qui ne disait toujours pas pourquoi elle avait dit ne plus les vouloir dans sa vie. Je… J’ai… Euh… Elle leva les yeux au ciel dans un soupir, parce qu’elle fut incapable de savoir comment elle devait dire les choses. Se pinçant la lèvre inférieure, elle prit encore quelques secondes avant de poser à nouveau son regard sur son frère. Vous vivez tous ensemble, Jay, et vous avez continué à vous en sortir sans moi. Vite partie, vite oubliée. Seth s’est montré assez clair à mon sujet alors, dis-moi, quel intérêt j’ai à te garder dans ma vie en sachant que ça risque de te poser des problèmes avec lui ? Elle leva légèrement les mains, et eut un haussement d’épaules démontrant une évidence parce que le problème n’avait jamais été son nom ou l’endroit d’où elle venait, ça n’avait rien à voir avec les activités de leurs frères mais, juste un besoin de préserver ce qui restait de cette famille. De faire ce qu’elle pensait être le mieux pour lui. Puis sérieusement, si je m’en foutais réellement, quel intérêt j’aurais eu de vouloir aider Seth ? Elle haussa un sourcil, dans une réplique qu’elle lui vola sans le moindre scrupule. Je pensais que tu me connaissais mieux que ça ! Il gobait volontiers qu’elle ne voulait plus le voir, par contre, il refusait de la croire quand elle disait ne pas subir d’affluence de la part de Chase. Le monde à l’envers. Ses mains retombèrent sur son bureau et, finalement, ce fut une question qui n’avait pas réellement de rapport qu’elle ne put s’empêcher de poser. Pourquoi t’es venu à l’hôpital ?

Elle savait qu’il était venu, elle avait des souvenirs imprécis mais, elle en avait. Elle savait aussi pourquoi elle s’était retrouvée à l’hôpital, du moins elle savait que ça avait un rapport avec Jay vu que ça s’était produit avant son shoot de morphine. Ce qu’elle ignorait, en revanche, c’était pourquoi il était venu, au pire s’il s’inquiétait – l’idée était quand même étrange vu les croyances de ces dernières idées – un appel, il aurait su que tout allait bien et l’affaire était réglée. Elle s’était faite à l’idée qu’il était venu, seulement pour savoir ce qu’elle avait appris, histoire d’être certain que certaines de ses activités resteraient secrètes. Ce qui, était le cas, elle n’avait rien apprit de réellement signifiant.
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Message posté : Dim 20 Oct 2013 - 17:21 Message
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Visiblement l'ironie de la situation n'avait pas échappée à Charlie qui répondit du tac-au-tac. Il était évident que lui reprocher de lui cacher des choses était ridicule, des deux c'était certainement Jay qui gardait le plus d'informations pour lui. Mais quiconque lui aurait souligné ce problème se serait entendu répondre que c'était pour le bien de Charlie, moins elle en savait, mieux elle se portait. Bien évidemment, c'était le discours que la jeune femme tenait au même instant, mais pour le texan la différence était évidente : lui était le frangin donc l'homme de la situation et son côté misogyne le poussait à considérer que c'était à lui de jouer les protecteurs. Pas à elle, les femmes étaient juste faites pour jouer les potiches, mais certainement pas pour réfléchir. Bon, dans le cas de Charlie les choses étaient légèrement différentes, mais elles n'enlevaient rien au fait que la demoiselle ne pouvait pas décider de lui cacher de telles informations juste pour le « protéger » puisque ce n'était pas son rôle. Quant à s'intéresser à sa vie... Jay eut un instant d'hésitation, mais préféra éviter de répondre à cette question. De toute manière ce n'en était pas une, elle exposait un fait, rien de plus. Toujours debout, il la dévisageait, l'air indifférent, comme si elle était en train de lui parler de la pluie et du beau temps. Finalement, sa réponse arriva sur un ton quelque peu provocateur.

« Pas la peine, t'as pas oublié : y'a prescription. »

C'était ce qu'elle lui avait balancé à leur dernière discussion qui s'était mal terminée. Il n'avait pas l'intention de répondre au reste vu qu'elle avait l'air persuadée de ce qu'elle disait et qu'il n'était pas dans son intérêt de la persuader du contraire. En tous les cas, Jay avait visiblement réussi à poser une colle à Charlie et il s'en réjouissait presque. D'une part parce que si elle hésitait, c'était qu'elle n'en avait pas totalement rien à foutre d'eux – et que ça le consolait quand même – mais à contrario il savait qu'elle ne couperait donc pas les ponts avec eux et qu'il y avait le risque qu'elle fourre son nez dans les affaires. C'était chiant, il ne savait pas quoi faire, quoi penser, quoi dire pour qu'elle comprenne ce qu'il voulait. Peut-être parce que lui-même ignorait ce qu'il voulait précisément ?

Il la fixait jusqu'à ce qu'elle lève les yeux pour le regarder et lui laisser entendre qu'elle n’aurait jamais donné le nom de l'endroit où elle travaillait si elle avait réellement eu honte. C'était vrai, sauf que ce n'était pas Charlie qui lui avait donné l'adresse. Elle avait bien laissé entendre qu'elle bossait avec l'autre avocat, mais c'était un peu obligé sans quoi Jay n'aurait certainement pas accepté de la mêler à l'affaire de Seth. En bref, pour lui ce n'était pas franchement une preuve. La suite ne fut qu'un écho de ce qu'il avait déjà entendu, tellement de questions et en plus elle lui renvoyait ses répliques en plein visage. Ce qu'il pouvait détester lorsqu'elle faisait ça ! Soupirant d'un air agacé, Jay chercha plutôt à fuir le regard de sa sœur comme elle lui parlait de l'hôpital. De quoi se souvenait-elle exactement ? Il devait savoir avant de se mouiller. Haussant les épaules, l'air de rien, le texan répliqua.

« Parce que t'y étais, quelle question ! » Esquive pas forcément très fine, il répondait à côté de la plaque et ne comptait pas se mouiller avant d'en savoir plus. « Parce que tu t'en souviens ? Qu'est-ce qui te dit que t'as pas halluciné ? » Il n'avait jamais été un bon joueur de poker, trop prévisible et trop peu doué pour le mensonge, mais sans la regarder ça passerait peut-être mieux. « Puis juste une chose : c'est pas vraiment toi qu'a dit où tu bossais... Si je le sais c'est à cause de la carte de ton collègue et t'étais bien obligée de me dire que tu bossais avec lui, sinon t'aurais rien pu faire pour Seth. » Il pouvait réfléchir lorsque ça l'arrangeait finalement. « Puis je te l'ai dit, je suis assez grand pour savoir tout seul ce que je peux faire ou non. Pourquoi tu reviens toujours à Seth ? Des fois j'ai l'impression que ça t'arrange bien de l'avoir comme excuse. »

Cette fois-ci, il la regarda et d'un air sérieux. Il était vrai que cette façon qu'elle avait de vouloir toujours mettre leur aîné entre eux deux lui donnait l'impression qu'elle comptait beaucoup sur lui. Peut-être que ça l'arrangeait qu'il ne veuille plus d'elle, elle pouvait les tenir à distance sans scrupules puisqu'il lui fournissait une bonne excuse. Pour le coup, Jay n'avait pas franchement peur de leur aîné parce que celui-ci n'était pas là, mais il y avait fort à parier que s'il débarquait dans le bureau à cet instant, les choses seraient bien différentes. Secouant la tête, il conclut sur une note toujours aussi sérieuse.

« T’aurais pu aider Seth pour t'arranger toi. » Son regard s'attarda sur le visage de sa sœur. « Mais ça en revient à notre première discussion. »
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Message posté : Dim 20 Oct 2013 - 21:16 Message
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C’était quand même dingue de lui reprocher de ne pas avoir parlé de quelqu’un pour, ensuite, dire que de toute façon, ce n’était pas grave, qu’il y avait prescription. D’une, il lui renvoyait ce qu’elle avait pu lui dire et, elle devait avouer, que ça n’avait rien d’agréable. De deux, elle avait du mal à le suivre et à comprendre quoi que ce soit. Qu’elle puisse agir de manière aussi anarchique que lui, n’entrait pas en ligne de compte, le problème venait forcément de Jay qui lui compliquait la tâche dans son envie d’aller au mieux pour lui. La provocation d’une simple phrase fonctionna plutôt bien sur l’avocate qui, balança les mains dans un soupir en regardant son frère.

_ Alors pourquoi tu es là, Jay ? Qu’est-ce que tu veux ?

Elle ne parlait pas spécialement de ce qui l’avait poussé à venir aujourd’hui mais de cette situation dans laquelle ils s’étaient embarqués tous les deux. Elle savait très bien pourquoi elle allait le voir : elle savait qu’elle était incapable de ne pas s’inquiéter pour lui, de rester dans l’ignorance de ce qui pouvait se passer dans la vie de son frère. Mais lui, c’était quoi son intérêt ? La situation commençait à la fatiguée parce qu’elle ne savait plus ce qu’elle devait penser et encore moins ce qu’elle devait faire et la stratégie qu’elle devait adopter. Et tout ça pourquoi ? Parce qu’elle avait été assez stupide pour croire qu’en suivant une carrière différente de ses frères, les choses ne changeraient pas ! Un peu naïve la sœur Lane, parce que ça avait tout changé.

Apparemment parler de l’hôpital ne convenait pas vraiment à Jay et, dans la non-compréhension qui semblait les définir, Charlie prit ça comme une confirmation de ce qu’elle pensait déjà : il devait être venu, uniquement, pour savoir ce qu’elle avait appris par le type qui s’en était pris à elle. Baissant les yeux, elle senti une pointe de déception, confirmant le fait qu’elle aurait aimé entendre une autre réponse. Du coup, ça l’agaça encore plus quand il lui demanda les souvenirs qu’elle avait pu garder et, quand il parla d’une potentielle hallucination, là, ça l’énerva plus qu’autre chose. S’il avait commencé par cette question, il aurait pu être crédible mais, confirmer qu’il avait été là par sa première phrase pour essayer de sous-entendre qu’elle avait peut-être rêvé après, c’était un peu la prendre pour la blonde stupide ! Elle pinça ses lèvres ensemble pour éviter de répondre sur le coup alors que Jay enchainait sur la manière dont il avait eu l’adresse de son boulot. Elle soupira en secouant la tête.

_ Je ne parlais pas de l’endroit où je travaille mais de l’endroit où j’ai vécu qui, n’est pas un secret pour les gens d’ici.

Elle haussa les épaules, en se disant que, de toute façon, ça n’avait plus la moindre importance. Il venait de l’énerver avec ses réponses sur l’hôpital, et elle se senti bien stupide d’avoir essayé de justifier quoi que ce soit sur sa façon d’agir avec lui. Et oui, il avait raison, Seth était une excuse mais, c’était parce qu’il était aussi une raison très valable de laisser Jay tranquille.  Passablement sur les nerfs, même si elle n’hurla pas, Charlie, répondit d’un air assez froid.

_ Tu as raison, j’adore que Seth me serve d’excuse. Un brin ironique aussi. Mais qu’est-ce que tu crois Jay, sérieusement ? Que ça me fais plaisir de me dire que je ne peux pas venir prendre de vos nouvelles de temps en temps, parce que je n’ai aucune idée de la manière dont il peut réagir si je me pointe et qu’il est présent ? Parce que, dans les faits, si Seth n’avait pas été une menace, elle se serait déjà pointée depuis longtemps pour tenter une nouvelle discussion. Une nouvelle fois, et ça allait devenir une habitude à ce rythme-là, elle soupira. Mais, tu sais quoi ? Laisse tomber, ça n’a pas la moindre importance.

C’était surtout qu’elle avait un peu trop donné l’impression d’être faible en craignant son aîné, elle s’en voulait déjà pour ce qu’elle venait de dire. Et, pour essayer que ça passe assez inaperçu, elle trouva que c’était le bon moment pour relancer le sujet de l’hôpital. Avec un peu de chance, ça éviterait qu’on analyse un peu trop ce qu’elle venait de dire.

_ Et oui, je me souviens de l’hôpital. Enfin, se souvenir était un bien grand mot. Je sais pourquoi j’y suis allée. [/color]Ce qui n’était pas un mensonge. Mais si ça peut te rassurer, puisque ça doit être la seule chose qui t’inquiète vraiment, je n’ai pas plus d’informations qu’avant sur ce que tu fais.

Elle était tellement persuadée que c’était cette raison qui l’avait poussé à venir, qu’elle avait balancé sa phrase comme une affirmation, sans chercher à lui poser la question pour avoir une confirmation de ce qu’elle pensait. Charlie ne préféra pas trop revenir sur l’aide qu’elle avait apportée à Seth parce que, peu fière des moyens qu’elle avait employés pour y parvenir, elle préférait encore que son action soit mal interprétée plutôt que de devoir prouver le contraire en expliquant réellement ce qu’elle avait fait. Elle se contenta d’hausser les épaules.

_ Tu as raison, ça ne sert à rien de revenir là-dessus.

Évidemment ça aurait été un peu différent si elle se souvenait avoir dit des petites choses à ce sujet quand elle était sous morphine.
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Message posté : Lun 21 Oct 2013 - 15:14 Message
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Visiblement ils avaient encore quelques points communs : rien que la manière dont elle réagissait lorsqu'il lui balança la phrase qu'elle avait utilisée quelques jours plus tôt lui prouvait qu'elle ne supportait pas plus que lui cette manière de faire. Pourtant, Charlie ne s'en était pas privée juste avant ! Pour le coup, si Jay avait été du genre à se réjouir de petites victoires il aurait esquissé un sourire amusé, mais ce n'était pas son cas et il se contenta donc de la fixer tandis qu'elle lui posait une question plutôt étrange. Est-ce qu'elle parlait du moment présent, ou de leur relation en général ? Il n'en savait rien et préféra donc garder le silence. De toute manière ne texan aurait été bien incapable d'y répondre, il ne savait pas lui-même ce qu'il voulait. D'une part, voir sa sœur lui semblait aussi naturel que de respirer, mais de l'autre il se disait aussi que le mieux était de couper totalement les ponts pour éviter qu'elle ne s'attire des ennuis à cause d'eux comme l'épisode de l'hôpital. Cela dit, Charlie n'avait visiblement pas besoin de leur aide pour y arriver, il suffisait de voir l'enlèvement dont elle avait été victime. Il se contenta donc de secouer la tête comme si la question n'avait pas d'importance.

Toujours est-il qu'elle avait l'air assez contrariée par ce qu'il pouvait lui dire, les soupirs successifs qu'elle lâchait ne prêtaient pas vraiment à une autre interprétation. Lorsqu'elle lui répondit à propos de son lieu d'habitation, Jay ne se montra pas plus compréhensif. Peut-être que ses collègues savaient où ils vivaient, mais pour lui ce n'était pas franchement une preuve, il suffisait de voir la manière dont la réceptionniste avait refusé de lui dire où était le bureau de sa sœur.....

« Ah ouais, parce que vu comme ta réceptionniste m'adore j'suis sûr qu'elle me dira tout de suite où tu crèches. » Il secoua la tête. « Franchement Charlie, si je connais pas ton adresse alors que je suis ton frangin, j'pense que tes collègues se diront que c'est pour une bonne raison. »

Comme le fait qu'elle puisse avoir peur de lui par exemple. Après tout, lorsqu'on avait des frangins en général ils venaient au moins nous rendre visite une ou deux fois non ? Ou alors vous aviez leur photo posée sur votre bureau et disons qu'au sein de la famille Lane ce n'était pas vraiment le cas.... Bah, tout ça c'était sans importance au final !

Cela dit, Charlie n'avait pas l'air franchement réceptive, rien que le ton qu'elle employa ensuite pour lui répondre montrait clairement qu'elle était contrariée. Instinctivement, Jay se renfrogna lui aussi en détournant brièvement l'attention d'elle pour observer la pièce, une fois de plus. Il était vrai que la situation n'était pas facilitée par leur aîné et parfois il avait envie de l'accuser, de lui dire que tout ça, c'était sa faute à elle. Si elle n'était pas partie de la maison, ils n'auraient pas à se voir en catimini pour éviter que Seth ne soit au courant et lui il ne culpabiliserait pas en se disant qu'il trahissait « la famille » comme Charlie l'avait fait. Au moins changea-t-elle rapidement de sujet pour aborder celui de l'hôpital et ce n'était pas franchement plus réjouissant. Elle savait toujours qui était responsable de son séjour là-bas – lui donc – même si visiblement elle avait oublié tout le reste. Cela dit, sa dernière remarque à propos de ce qui pouvait l'inquiéter ne manqua pas de l'agacer. La regardant d'un air à la fois agacé et contrarié, il ignora sa réplique visant à laisser ce sujet de côté, puis répondit d'un ton à la hauteur de son humeur du moment.

« Mais alors toi... j'en reviens pas, t'entends ce que tu dis ? Et après te me reproches de débarquer ici en croyant quelque chose sans te demander avant ?! C'est exactement ce que tu fais, tu peux me reprocher ce que tu veux Charlie, t'es pas mieux ! » Au fond l'on pouvait entendre un peu d'amusement. « Lorsque tu parles comme ça on dirait elle. » Il n'y avait pas trente-six femmes dans leur vie, à part Charlie c'était leur génitrice, nouvelle insulte. « J'étais pas venu pour savoir ce que tu savais. De toute manière je te l'ai dit, j'ai rien à cacher sur ce que je fais. Puis tu me l'as déjà dit là-bas. » Il vit soudain l'occasion d'en profiter pour en apprendre un peu sur certains points. « T'as oublié tout ce que tu m'as dit ? » Il avait raison, elle était manipulable, même s'il n'aimait pas agir comme ça, c'était pour son bien. « T'as oublié lorsque tu m'as parlé du fait que tu regrettais ce que t'avais dit à propos de la prescription, puis à propos de ce que tu pensais de nous ? »

Il mentait un peu, déformant la vérité pour éviter d'avoir à trop se mouiller et qu'elle se rende compte qu'il était en train d'essayer de l'arnaquer pour lui tirer des informations. Là elle était consciente, ce serait plus difficile que sous morphine, mais au moins les réponses seraient totalement sincères. Approchant légèrement du bureau, il la regarda dans les yeux.

« T'as oublié ce que tu avais dit lorsque le médecin était venu dans la chambre ? »

Là c'était à propos de ce qu'elle avait dit à son sujet, c'était un peu égoïste, mais au fond, il avait aussi le droit de se poser quelques questions.
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Message posté : Mar 22 Oct 2013 - 13:07 Message
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_ Et, euh… Le ton était faussement hésitant, tirant largement sur l’ironie. Tu as, au moins, essayé en commençant par lui dire bonjour à la réceptionniste ? Non, parce que, je suis certaine que ça aurait déjà fonctionné un peu mieux. Vu la manière dont il avait déboulé dans son bureau, elle doutait fortement qu’il se soit embarrassé des formules de politesse habituelles. Puis, de toute façon, si tu voulais mon adresse, t’avais qu’à la demander, je te l’aurais donné.

Magnifique conclusion pour une avocate, supposée être douée dans ce qu’elle faisait et qui, face à son petit frère, ne trouvait que des arguments dignes d’une gamine de cinq ans. Grandiose ! En plus de ne pas être particulièrement mature sur ce coup-là, elle n’était pas des plus honnêtes non plus. Il lui avait bien demandé, le soir du bar, si elle vivait dans le coin. Mais, avec une bonne dose de mauvaise foi, elle convenait que ce n’était pas lui demander clairement son adresse. Elle ne regretta pas tellement sa réponse vue la manière dont, lui, il esquivait les questions de Charlie en secouant la tête. Si Jay estimait que ce genre de question n’avait pas d’importance alors, que Charlie le voyait de manière totalement différente, forcément, ils n’allaient pas s’en sortir.

À croire que le nouveau jeu – pas si nouveau que ça – consistait à savoir qui pouvait contrarier le plus l’autre. Elle estima ne pas s’en sortir trop mal en le voyant se détourner mais, n’en ressenti aucune joie. Bien au contraire. C’était dans ce genre de moment qu’elle se disait qu’il était temps de calmer un peu le jeu. Elle était la plus patiente des deux, répondre à la provocation par une autre provocation ne ferait jamais avancer les choses. Sauf qu’à chaque fois qu’elle prenait cette décision, Jay trouvait le moyen de balancer une phrase qui l’exaspérait au plus haut point. Elle aurait très bien pu entendre le ton tinté d’un fond d’amusement dans la phrase de son frère mais, non. Elle ouvrit la bouche pour répondre quelque chose mais, se stoppa dans son élan, une moue presque boudeuse sur le visage. En plus, il se payait le luxe d’avoir raison, c’était rageant ! Elle croisa les bras et s’enfonça dans son siège quand, une nouvelle fois, il la compara à celle qui les avait mis au monde.

_ Ben si tu me trouves tellement comme elle – mot qui fut presque craché – tu devrais peut-être commencer à m’accorder le même intérêt que tu lui portes !

Ça éviterait qu’il débarque comme ça dans son bureau, à elle, pour pouvoir l’insulter. Parce qu’elle ne voyait pas Jay, se pointer dans la chambre de leur génitrice pour lui déposer une fleur fraiche tous les matins. Charlie ne trouvait pas que des défauts à cette pondeuse, elle avait fait quelque chose de très bien dans sa vie, une chose pour laquelle Charlie voulait bien la remercier. Ce quelque chose en question était, en réalité, une personne qui se trouvait présentement devant elle. Enfin, là, tout de suite, elle avait surtout envie d’emmurer son frère plutôt que de l’entendre l’insulter de cette manière. Une idée qui lui resta encore dans la tête quand il parla de l’hôpital et de ce qu’elle avait, apparemment pu dire. Aie…

Charlie n’avait aucune idée de ce qu’était en train de faire son frère, de toute façon elle ne pouvait pas l’imaginer en train de tenter de la manipuler. Par contre, elle concevait très bien de jouer avec les mots pour tenter de faire comprendre que, de son côté, elle se souvenait de tout. Exercice périlleux. Merde… Elle avait vraiment parlé de la prescription ? Elle se promit que la prochaine fois qu’elle finirait à l’hôpital – pas qu’elle avait envie d’y retourner – elle ferait tout pour refuser de la morphine. Non, elle ne se souvenait pas de ce qu’elle avait pu dire à propos d’eux et, honnêtement, elle aurait payé cher pour avoir cette information dans les mains. Jay avait, sans le moindre doute possible, bien plus de cartes qu’elle à jouer, d’ailleurs, il semblait bien en confiance le petit frère à s’approcher de bureau de cette façon en la regardant. Mais, qu’est-ce qu’elle avait bien pu lui dire ?

_ J’étais sous morphine Jay, on t’a jamais dit qu’il ne fallait pas se fier à tout ce que dis une personne dans cet état ? Elle n’eut aucun mal à se confronter au regard de son frère puisqu’elle ne mentait pas. Techniquement, elle ne disait pas se rappeler ou non de leur conversation, elle exposait juste des faits.  Et puis on parle de quoi là, avec le médecin, du fait que je lui ai dit que tu étais mon frère parce qu’il en doutait ?

Finalement, elle n’était peut-être pas avocate pour rien. Le médecin s’était excusé une nouvelle fois d’avoir douté que Jay était son frère, le lendemain, c’était la seule information qu’elle avait alors, à elle de se débrouiller avec pour essayer d’avoir plus de renseignements. Ils n’étaient pas frère et sœur pour rien, en train de jouer exactement le même jeu tous les deux, à la recherche de renseignements.

_ Et puis, pour information, je m’estime complètement en droit de reprocher ce que je veux, c’est quand même toi qui débarques ici, sans prévenir, pour m’accuser de trucs qui ne sont pas vrais. Enfin, je veux dire, si tu es tellement persuadé que ce que dit ce journal est vrai, pourquoi venir ici vu que tout ce que je peux dire ne semble pas avoir la moindre importance sur ce que tu penses de tout ça. Elle leva une main, l’air de comprendre quelque chose. Ah, oui, je me souviens, je t’ai déjà demandé pourquoi tu étais là mais, apparemment, je ne dois pas avoir de réponse.
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Message posté : Mar 22 Oct 2013 - 17:46 Message
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Dire bonjour, non mais franchement ! Jay leva les yeux au ciel dans un soupir qui exprimait clairement qu'il y avait été plutôt brutalement pour demander où il pourrait trouver sa sœur. Ce n'était pas sa faute, si cette emmerdeuse ne lui avait pas demandé s'il avait rendez-vous, peut-être que le texan aurait fait preuve d'amabilité ! Quoique, non même là il aurait été brutal. Ce n'était pas sa faute – encore une fois – ses parents ne lui avaient pas véritablement enseigné comment s'y prendre pour être poli, c'était à peine s'il connaissait l'existence de ces formules de politesse. Ou alors c'était comme avec les femmes intelligentes : il en avait déjà entendu parler, mais n'en avait jamais rencontré ! Charlie mise à part bien évidemment. En bref, non Jay n'avait pas fait le moindre effort pour avoir l'adresse de sa sœur, si ce n'était en lui demandant si elle vivait dans le coin la fois dernière. Vu la manière dont elle avait esquivé l'interrogation, le trentenaire en avait aussitôt déduit qu'elle ne voulait pas lui fournir cette information et ils en revenaient au point de départ. Toujours cette incompréhension qui posait problème.

« Bien sûr, je lui ai même dit que j'adorais comment elle était habillée ! » Là aussi l'ironie filtrait clairement. « Elle m'a demandé si j'avais rendez-vous, c'est sa faute, j'en ai marre de devoir me justifier pour te voir. » Et voilà, une fois de plus ce n'était pas sa faute à lui. « Et je te l'ai demandée.... »

Il renifla, mauvaise foi oblige, il ne pouvait pas admettre qu'elle pouvait avoir ses raisons pour refuser de lui donner son adresse – et en le voyant débarquer ici de la sorte c'était compréhensible. En tous les cas, Charlie n'avait pas eu l'air d'apprécier la remarque qu'il avait pu faire à propre de sa ressemblance avec leur génitrice et il haussa les épaules, détournant une énième fois son regard comme s'il était pris en faute. Faisant une fois de plus preuve d'une mauvaise foi flagrante, Jay lâcha quelques mots qui feraient certainement sauter la jeune femme au plafond.

« Elle au moins je sais où elle crèche vu qu'elle est restée avec nous. »

Une discussion entre Lane, ou l'art de jeter de l'huile sur le feu. Chaque fois que sa cadette lui parlait, le texan avait l'impression qu'elle essayait de l'entuber pour qu'il ne comprenne pas ce qu'elle cherchait réellement à lui faire comprendre. Une avocate devait savoir manipuler n'importe qui après tout, non ? Toujours est-il que la blonde avait visiblement des souvenirs de ce qui c'était passé là-bas puisqu'elle était au courant du fait que le médecin avait douté de son identité. Mais est-ce que c'était bien parce qu'elle gardait cet épisode en mémoire, ou en avait-elle parlé avec lui plus tard ? Jay n'en savait fichtrement rien et n'osait pas trop s'aventurer sur ce chemin sans se trahir. Quant à faire confiance à quelqu'un sous morphine... elle avait eu l'air plus franche pendant cette petite heure que pendant les dernières années. Il secoua la tête d'un air agacé.

« Moi j'ai plutôt entendu dire que les gens sous morphine étaient francs tu vois. Ça te changeait pas mal d'ailleurs. » Une manière de lui rappeler qu'elle mentait souvent avec lui. « Et je parlais plutôt de ce que t'as dit pour justifier que je le sois. T'aurais pu utiliser cette excuse avec le type du bar, pourquoi tu l'avais pas fait ? »

Et hop, si elle ne pouvait pas répondre c'était qu'elle ne se souvenait pas avec précision de ce qu'elle avait bien pu dire et Jay croisait les doigts pour ce que soit le cas. Ils devaient avoir l'air ridicules à parler de la sorte par énigmes pour mieux masquer ce qu'ils voulaient réellement savoir, heureusement que personne ne pouvait les voir. Finalement la sécurité n'avait pas débarqué d'ailleurs, les flics non plus.

Charlie ne laissa pas longtemps traîner le sujet de l'hôpital, elle trouva rapidement l'occasion de souligner le fait qu'il n'avait pas répondu à une question qui l'intéressait visiblement beaucoup. Pourquoi est-ce qu'elle remarquait toujours ce genre de détails ? Il soupira, agacé et hésitant entre l'envie de laisser cette déclaration sans réponse puisqu'elle en était aussi persuadée, ou lâcher un gros mensonge. Mais trouver quelque chose de crédible en si peu de temps n'était pas vraiment dans ses moyens, Jay haussa finalement les épaules en la dévisageant.

« Tu m'excuseras, je pensais pas que cette réponse t'intéressait franchement. Pourquoi t'as envie de savoir ce que je fais là ? Tu l'avais dit l'autre fois, tu veux plus qu'on se mêle de ta vie, t'as qu'à t'intéresser aux faits et pas aux raisons. » Une esquive assez grossière qui ne lui donna pas réellement plus d'idées de réponse. Par dépit, le texan lâcha finalement quelques mots à ce propos. « J'avais simplement eu l'impression que ça c'était mieux passé la dernière fois qu'on a causé alors je pigeais pas pourquoi t'étais pas capable de me dire un truc aussi con. J'ai bien compris que tu veux plus que je me mêle de ta vie sentimentale alors j'ai pas l'intention d'aller lui casser la gueule si c'est ce qui te fait flipper. »

Enfin, pas tout de suite, mais plus tard peut-être. Lorsqu'il y aurait prescription avec cette discussion.
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Message posté : Mar 22 Oct 2013 - 20:09 Message
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Elle voulait bien lui trouver un tas de circonstances atténuantes mais, franchement, là, il se foutait ouvertement d’elle ! Est-ce que, juste une fois, il pouvait répondre sans utiliser d’ironie, sans répondre à côté de la plaque ou faire preuve de mauvaise foi ? Une fois. Elle soupira ouvertement, pour montrer à quel point, c’était en train de mettre à mal une certaine patience. Bien sûr, il était abusif de sa part de critiquer ce que pouvait faire Jay dans la mesure où elle faisait la même chose mais, ce n’était pas pareil, elle avait des raisons d’agir de cette façon. Puis tout pouvait être pris de différentes manières avec Jay, comme dans sa phrase où il disait en avoir marre de devoir se justifier. Est-ce qu’il était saoulé de devoir s’expliquer, ou de devoir prouver à chaque fois qu’ils étaient bien de la même famille. C’était légèrement différent.

_ Elle fait son boulot Jay ! Elle leva légèrement les mains tellement ça lui semblait évident. D’un autre côté, le caractère de son frère était aussi une évidence et les deux étaient peu compatibles. Et tu ne m’a rien demandé du tout.

Hors de question qu’elle lui donne raison sur ce point-là. Autant elle voulait bien admettre qu’elle n’avait pas saisi correctement les perches qu’il avait tendues en cherchant à se renseigner à ce sujet mais, en aucun cas elle n’admettrait qu’il lui ait réellement demandé son adresse. De toutes les piques qu’il avait pu lui lancer, rappeler à Charlie qu’elle n’était plus chez eux, contrairement à une génitrice dont tout le monde se foutait, était probablement la pire. La trentenaire porta sa main, qu’elle replia, devant sa bouche pour cacher la manière dont elle était en train de se mordre la lèvre inférieure pour s’empêcher de lui hurler dessus. Elle ne le regardait même plus, les yeux rivés sur son bureau. Elle avala la remarque de Jay mais, en aucun cas, elle n’arriva à la digérer.

_ En fait c’est ça. Elle laissa retomber sa main. J’ai été trop conne, si je voulais pouvoir continuer à vivre chez vous, et elle appuya sur le « vous », j’aurais dû suivre le même chemin qu’elle.

Le ton était étonnament neutre, ce qui n’était pas très bon signe chez elle. Un peu comme le fait qu’elle utilisait rarement d’insulte dans son vocabulaire, même quand elle était jeune – pourtant, pas faute d’en avoir entendu et d’en connaître un tas -, Jay n’avait pas à douter : sa simple phrase avait été particulièrement ma prise par Charlie. Il était, d’ailleurs, le seul à savoir provoquer chez elle ce genre de colère froide qui ne se finissait pas en éclat de voix, ou d’envoi de stylo à travers la tronche. Elle ne soupira même pas, en fait, elle n’afficha rien de particulier sur son visage, ponctuant seulement sa phrase par un haussement d’épaules.

A partir de là, Jay était libre de faire ce qu’il voulait, secouer la tête de manière contrariée : elle s’en foutait. Il pouvait bien laisser sous-entendre qu’elle n’était pas France : ce n’était pas grave. Parce que, là, elle lui en voulait. Cet adorable petit frère ne devait pas savoir à quel point elle regrettait de ne plus être en contact avec sa merveilleuse famille. Enfin, elle espérait qu’il ne le sache pas parce que, venir lui balancer qu’au moins, leur fabuleuse mère, y vivait, c’était forcément dit pour toucher l’autre. Mission réussie. Et c’est toujours avec cet air distant qu’elle posa son regard sur Jay, en haussant les épaules, une nouvelle fois.

_ Tu sais, c’est mon boulot de trouver des excuses pour justifier un tas de choses. Il fallait que ce médecin comprenne que tu étais mon frère, j’ai juste pris une excuse pour lui servir. Elle secoua légèrement la tête, voilà, c’était aussi simple que ça. Le type au bar n’avait pas en charge ma santé alors, ça n’avait aucun intérêt de chercher à justifier quoi que ce soit.

Étrange cette faculté à rester aussi calme et distance, tout en mentant, quand elle était blessée. De toute façon, vu que sa génitrice avait plus d’intérêt et qu’elle, au moins, avait le droit de rester dans la demeure familiale – vraiment, ce n’était pas passé – Charlie ne voyait aucun inconvénient à répondre de cette manière. Jay se foutait bien d’elle alors, pourquoi s’ennuyer à essayer d’expliquer des choses pour lui faire comprendre qu’il restait important pour elle ? Enfoncée dans son siège, elle garda son regard sur Jay pendant qu’il continuait à répondre à côté.

_ Tu sais ce que te dirait une putain de psy, là ? Tient, encore une expression à lui. Que tu as un putain de problème Jay ! J’ai que ça à faire de poser des questions dont je me tape totalement. Je ne sais pas moi, peut-être que si je te pose la question et qu’elle est intéressante pour moi c’est, peut-être, parce que tu es impossible à suivre ! Finalement le ton remontait un peu, ce qui, d’une certaine manière était bon signe vu que ça prouvait qu’elle ne terrait pas dans une attitude neutre et sans expression. Tu es là, comme si tu te foutais de tout ce qui pouvait se passer dans ma vie et, tu débarques parce que tu as lu des conneries dans un magazine. Excuse-moi de ne pas réussir à comprendre. C’était sûrement parce qu’elle était en train de s’énerver qu’elle en oubliait de contrôler tous ses mots mais… Puis arrête de me parler de la dernière fois comme si j’étais supposée tout savoir, j’étais sous Morphine, le genre de truc qui ne laisse pas des souvenirs intacts !

Elle se stoppa, bouche ouverte, en comprenant ce qu’elle venait de dire. C’était injuste de se sentir énervée et, en même temps, coupable parce qu’elle avouait ouvertement ne pas se souvenir alors que, jusqu’à présent elle avait tenté de faire croire le contraire. Et comme elle était en faute, il fallait bien qu’elle rattrape le coup autrement. En attaquant, par exemple.

_ Et puis ça veut dire quoi « ça c’est mieux passé », tu t’es retenu de me rappeler ma ressemblance avec elle ?
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Message posté : Mer 23 Oct 2013 - 0:29 Message
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Il préféra ne rien répondre concernant la réceptionniste, sentant très bien qu'ils tourneraient en rond pendant des heures. Charlie pouvait être aussi têtue que lui lorsqu'elle s'y mettait et il n'avait aucune envie d'en venir aux mains avec elle – même si c'était le genre de choses qui n'arriverait jamais ! Laisser le dernier mot dans une discussion était quelque chose de très difficile pour le trentenaire et Charlie devait parfaitement le savoir, il avait toutefois pris sur lui pour ne pas trop s'énerver et inspirer un bon coup pour passer à autre chose. Cela dit, il n'était pas au bout de ses peines, car en voyant que sa sœur réagissait plutôt brutalement lorsqu'il la compara à leur génitrice, Jay sentit qu'il avait appuyé là où il ne fallait pas. Quel con, sur le coup il regretta presque de l'avoir vexée de la sorte même s'il ne montra bien évidemment rien de ce qu'il pensait. Le silence fut sa seule réaction : hors de question de s'enfoncer encore davantage alors qu'il sortait boulette sur boulette ! Un haussement d'épaules alors qu'il détourna les yeux pour éviter le ton neutre et calme de son aînée. Il savait que ce n'était jamais bon signe avec elle, mieux valait qu'elle gueule. La dernière fois que Charlie lui avait parlé de la sorte, elle lui avait dit qu'il y avait prescription quant à leur relation. Pourvu que les choses se déroulent mieux cette fois-ci.

Le texan portait à peine son regard sur sa sœur alors qu'elle répondait d'un ton toujours aussi neutre pour prétendre que c'était son boulot de trouver des excuses et qu'elle en avait utilisée une pour convaincre le médecin. Jay glissa son regard jusqu'à elle, se demandant si elle était sérieuse et qu'elle avait réellement menti, ou si c'était simplement pour lui renvoyer l'ascenseur parce qu'il venait d'être détestable avec elle. Il ne croyait pas à la thèse du « j'ai menti », Charlie était à peine en état de parler alors réfléchir... Il secoua la tête comme s'il refusait de la croire avant de répondre d'un ton qui se voulait sûr de lui.

« Tu racontes des conneries, t'as pas pu réfléchir. T'étais en train de délirer sur le plafond que tu trouvais beau, alors va pas me faire croire que t'étais capable de tenir un plaidoyer pour rouler le médecin. Je suis con, mais y'a des limites. »

Pourtant, il était loin d'être aussi sûr de lui qu'il voulait le faire croire ! La vérité c'était qu'il la croyait presque capable d'avoir menti, mais sans véritablement en être consciente. Qu'est-ce qui lui prouvait que sa sœur ne réagissait pas de la sorte lorsqu'elle était mise sous morphine ? Personne, il ne l'avait jamais vue dans cette situation avant ce jour – et fort heureusement !

Les choses s'arrangèrent un peu lorsqu'elle lâcha sa dernière réplique. L'entendre jurer et hausser le ton était étonnamment rassurant parce que cela prouvait qu'elle n'était pas indifférente à son égard. Jay préférait largement la voir en colère plutôt que froide. Portant son attention sur elle, le trentenaire la dévisagea, glissant ses mains dans ses poches d'un air détendu. Parler d'une psy, c'était ce qu'il avait balancé quelques minutes plus tôt. Elle s'amusait encore à réutiliser ses expressions, mais au moins ce n'était pas sur un ton mesquin. Conservant un ton aussi neutre que possible, le trentenaire avait presque l'impression de se faire sermonner par sa sœur, mais c'était bien plus supportable que son passage au crible précédent. Il était vrai que sa logique était discutable, mais c'était lui ! Jay n'avait jamais été très « normal » et Charlie devait le savoir. Ce qui attira son attention ce fut ce qu'elle lâcha en dernier : qu'elle avait oublié quelques points à cause de la morphine. Là, le texan la dévisagea comme si elle était en train de lui avouer le nom du type qui avait tué Kennedy – en imaginant que cette information puisse l'intéresser. Elle se foutait de lui depuis le début ! La question qui arriva ensuite fut à peine écoutée, il la chassa d'un geste de la main après l'avoir sortie de sa poche.

« Et toi tu sais que t'es une sacrée mytho ? » L'ombre d'un sourire passa sur ses lèvres – chose rare – mais il le dissimula rapidement d'un geste de la main devant sa bouche. « Tu me racontes que t'as balancé ça au toubib parce que c'était logique, alors qu'en fait je suis sûr que tu sais même pas de quoi je te cause. » Le sentiment de dominer la situation l'avait revigoré ! « C'est sûr que tu piges pas grand-chose si t'as raté un épisode. Ouais, parce que tu m'as dit certains trucs à l'hôpital, des trucs qui font que ma présence ici est parfaitement normale. » Il la dévisagea quelques secondes. « Pour tout te dire, je crois même que c'est la première fois depuis que t'es partie qu'on pouvait parler aussi bien. » Là, c'était la vérité. « Tu te souviens de quoi en fait ? Franchement je veux dire. »

Le ton était sérieux pour une fois. Il approcha encore de Charlie, sortant sa deuxième main de la poche pour les poser sur bureau juste devant lui. Le fait qu'il sache qu'elle ne se souvenait pas vraiment de tout l'encourageait à aller plus loin, à abuser un peu de la situation aussi dans un sens. Plongeant son regard dans celui de la jeune femme, il reprit.

« Tu devrais reprendre de la morphine, t'étais bien plus cool comme ça Blondie. »

Bien sûr, lui suggérer de se droguer pour lui parler, quoi de plus logique ? Cela dit elle venait de lui souligner : sa logique était on ne peut plus discutable et il fallait s'y faire !
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Le seul secret que gardent les femmes, c'est celui qu'elles ignorent ▬ Charlie

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