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K2013 (Mac Aoidh)

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Message posté : Ven 11 Oct 2013 - 10:21 Message
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10 octobre 2013

Le silence se fit dans l’assemblée. Il y avait bien quelques dineurs, encore, pour se désintéresser de ce qui se passait sur la scène circulaire et pour discuter, mais à voix basse désormais, au-dessus de leurs burgers, à la faveur de la pénombre dans laquelle tout le restaurant, sauf la scène précisément, était désormais plongé. Sur la scène en question, Abban adressa un sourire confiant à Aishlinn, avant de faire craquer les os de son cou. Il s’était débarrassé de son blouson, il s’était débarrassé de ses chaussures et il avait lancé quelques sourires à l’assistance, ravi comme à son ordinaire de l’attention dont il était l’objet avec sa jumelle.

Il était moins ravi de la manière dont certains hommes redessinaient les courbes de l’Irlandaise d’un œil lubrique, mais comme la moitié des serveuses fixaient ses fesses à lui avec une religieuse concentration, il pouvait difficilement se permettre de faire une esclandre. Il fallait dire que les concurrents qui étaient passés avant eux avaient été un couple du Dakota particulièrement pesant et que personne n’avait pris un très vif plaisir à suivre leurs massives ondulations.

— Et en avant la musique !

Le présentateur se recula de la scène et les deux jumeaux se mirent à danser.


Tout avait commencé quelques semaines plus tôt, à la fin du mois d’août, quand Willy leur avait posé cette question pour le moins incongrue.

— Vous savez danser ?
— Pourquoi ? T’organises un bal ?

Willy n’était pas vraiment du genre à organiser un bal. Certes, pour tous ceux qui la croisaient dans la rue, Willy était la vieille dame de soixante-treize ans qui devait nourrir ses chats et jouer à la belotte avec ses amis de la maison de retraite. C’était Mamie Willy. Pour bien des gens du Cartel, Mamie Willy était aussi connu sous le nom de Venom Willy et Venom Willy, grâce à sa production naturelle de poison, avait réglé un certain nombre de « problèmes » pour telle ou telle personne.

L’âge aidant, elle s’était reconvertie dans la découverte de jeunes talents et le trafic d’informations. Les jumeaux Mac Aoidh avaient immédiatement attiré son regard et depuis leur arrivée, elle les avait un peu pris sous son aile. C’était grâce à elle qu’ils avaient trouvé bon nombre de missions. Willy fit glisser une photographie sur la table de sa cuisine, où les jumeaux s’empiffraient depuis un moment de cookies. Abban avala la dernière bouchée avec une rasade de lait et observa l’homme d’une cinquantaine d’années sur le cliché.

— Euh… Ouais ?
— C’est Manuel Gonzalez.

Abban échangea un regard avec sa jumelle.

— Oh là, Willy, on veut pas avoir des problèmes avec les Mexicains, nous.
— Il n’est pas Mexicain.
— Ou les Colombiens.
— Il n’est pas… Peu importe. Il n’est pas du Milieu.
— Ah bon ?

Abban était sincèrement étonné. Dans son esprit d’Irlandais de Dublin, tous les Hispaniques américains dealaient de la drogue importée tout droit du Costa Rica, ou quelque chose comme cela.

— Il est chef de la sécurité à SW Dynamics.
— Ah. Et qu’est-ce qu’ils fabriquent à SW Dynamics ?

Interrogea Abban en reprenant un cookie.

— Ça.

Les yeux de l’adolescent s’arrondirent comme deux soucoupes lorsqu’ils se posèrent sur la nouvelle photographie.

— Waaaaaaaa…

Il en avait vu, de belles voitures, mais des comme ça, jamais. Le transporteur venait de découvrir l’existence de quelque chose qu’il n’avait jamais soupçonné. Les super-véhicules. Il en oubliait de manger son cookie, s’imaginant déjà fuser dans les rues de la ville, avec Aishlinn et leur K200 personnelle. Ravie d’avoir enfin ferré son auditoire, Willy poussa un dossier vers eux.

— Gonzalez a deux passions dans la vie.

Abban consentit à détacher son regard de la photographie de la super-voiture pour tirer le dossier vers eux. Il passa les premières photographies : du flamenco, du twist, de la salsa. Fascinant.

— Ouais, donc il aime la danse.
— Continue.

Abban tourna une nouvelle page. Avant de repousser brusquement le dossier.

— Eeeeerk ! Vas-y, Willy, pourquoi tu nous montres ça ?
— C’est son historique internet. J’ai tout de suite pensé à vous.

Abban referma le dossier sur la photographie du site Twins Porn — Pleasure x 2.

— En octobre, il sera à un concours de danse, dans un restaurant-scène du centre ville. Je suis sûr que faits comme vous êtes, vous parviendrez à le séduire.

Jusqu’à présent, Abban n’avait jamais pensé que sa jumelle et lui pouvaient constituer un fantasme ambulant et il eût préféré le découvrir de la part de quelqu’un d’autre que Gonzalez. Ou ne jamais le découvrir du tout. Tout en se promettant d’avoir, le jour J, les poches pleines de produits tranquillisants pour calmer les ardeurs de leur vicitme le temps de lui voler ses codes d’accès, il interrogea :

— Mais toi, tu veux quoi ?

Willy poussa une clef USB vers eux. Décidément, les clefs USB, c’était l’histoire de sa vie, à Abban.

— Glissez un petit virus pour moi dans les ordinateurs de SW Dynamics.

Les jumeaux eurent l’air dubitatif.

— T’sais, nous, la technologie…
— Vous mettez la clé, vous cliquez sur le fichier, vous retirez la clé, c’est tout. Et ensuite, vous pourrez visiter les garages, hmm ?

Quelques semaines plus tard, les jumeaux saluaient leur public, déchaîné en applaudissant. Devant son burger, Manuel Gonzalez se sentait tout émoustillé.
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Message posté : Sam 12 Oct 2013 - 23:21 Message
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Le jour où elle avait entendu le mot concours de danse, Aishlinn avait un peu paniqué. Parce qu’il y avait concours et concours et ceux qui étaient des plus officiels avaient quelque chose d’inquiétant. Non mais sérieusement, il y avait des gens qui, dans le règlement de certaines danses, allaient jusqu’à imposer une certaine taille pour la hauteur des talons.  Il fallait être quand même sacrément tordus pour inventer des spécifiés de ce genre ! Elle s’était déjà imaginé devoir apprendre le cha cha avec son foutu contretemps sur un pas chassé mais, finalement, les choses n’étaient pas aussi terribles que ça.

En tout cas, elles l’étaient bien moins que Manuel Gonzales, qui était la cible première des jumeaux, et dont l’historique de son ordinateur laissait vraiment à désirer. Déjà les plans à plusieurs n’étaient pas vraiment dans la conception de l’Irlandaise mais, s’il devait impliquer son jumeau… Non, ils avaient beau partager un tas de choses, il y avait des choses qu’elle n’avait jamais envisagées. Aishlinn, devant ce public, releva la tête, sa main dans celle d’Abban, et son regard se posa, pas tellement par hasard, sur Gonzales, lui attribuant un sourire avant d’aller rechercher ses chaussures.

En se penchant pour le récupérer ce fut le genre de moment qu’elle aurait choisi pour glisser, sur le ton de l’humour, à son jumeau, qu’elle aimerait bien voir Gonzales s’étouffer avec son hamburger. Mais, elle préféra s’abstenir depuis la soirée dont elle ne parlait plus, celle où toutes traces d’humour l’avaient quitté quand elle avait enfoncé son bras dans le corps de quelqu’un. Elle quitta la scène avec Abban, en désignant le bar un peu plus loin d’un bref mouvement de tête. Le bar n’avait que peu d’intérêt en réalité mais, il impliquait de passer à côté de la table de Gonzales, ce qui, là, était plus intéressant.

A peine descendu qu’un type, une tête facile de plus qu’elle l’interpela. Et premier réflexe : regarder qui c’était, normal ! Elle accrocha sur des yeux verts des plus hypnotisant, le sourire qui passa sur ses lèvres n’avait, finalement, rien de feint.

_ C’était vraiment bien, là, ce que tu as fait sur scène.

Notons qu’il en oublia complètement le fait qu’ils étaient deux, comme il ne sembla pas voir Abban qui était à côté de sa jumelle. Et, elle aurait bien oublié ce détail parce que le brun avait des yeux des plus magnifiques mais, son jumeau passait en priorité et leur mission aussi alors, à regret elle se contenta d’un hochement de tête avant de détourner le regard pour continuer sa progression. Elle eut à peine le temps de faire un pas que son poignet fut accroché par une main et, le jeune homme se pencha légèrement à son oreille pour lui glisser quelques mots à son attention, en profitant aussi pour laisser un bout de papier dans sa main avant de la libérer, de lui offrir un magnifique sourire et de s’éloigner.

Libérée d’une emprise qui n’avait rien eut de désagréable, Aishlinn porta un regard à son frère dans un haussement d’épaules qui visait à s’excuser pour une action qui n’était pas de sa faute. Cela dit, ce haussement d’épaules n’était pas tout à fait innocent, elle profita du geste pour enfoncer le numéro de téléphone dans l’une de ses poches. Elle effaça ce regard de son esprit pour se concentrer sur l’homme qui devait être leur cible.

Pour la deuxième fois de la soirée, elle sentit une main sur son bras quand, en passant près de la table de Gonzales, ce dernier ne put s’empêcher de les interpeller, tous les deux.

_ Vous êtes nouveaux, non ? Je ne vous avais vu jamais ici avant.
_ On a découvert l’endroit il n’y a pas très longtemps, en fait.

Aishlinn afficha un large sourire, ravie d’avoir pu trouver un lieu comme celui-ci, sa main toujours dans celle de son jumeau qu’elle regarda avant de reporter son attention sur Gonzales. Et puisque l’annonce avait été faite dans ce sens avant que les deux ne montent sur scène, Gonzales, ne put s’empêcher de sourire.

_ Alors, vous êtes jumeaux, c’est ça ?

Le sourire d’Aishlinn, en posant son regard sur Abban se fit bien plus tendre. Elle hocha la tête avant de reporter son regard sur l’homme.

_ Oui

Aishlinn allait désigner le bar en s’excusant mais elle avait à peine commencé à lever la main que l’homme reprit tout aussi rapidement en désignant la banquette en face de lui.

_ Je peux vous offrir quelque chose à boire.

Aishlinn posa son regard sur Abban pour l’interroger muettement, parce qu’ils étaient supposés tout partager, bien plus que ce qu’ils ne faisaient réellement, alors cette proposition ne pouvait trouver un accord que si Abban n’y voyait pas d’inconvénients. Et franchement, Aishlinn prenait sur elle de sourire à ce type qui avait, de son côté, un regard sur eux qui donnait surtout, à l’irlandaise, l’envie de fuir en courant.
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Message posté : Dim 13 Oct 2013 - 0:25 Message
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Le sourire d’Abban s’était effacé dès le moment où ils avaient quitté la scène. C’était déjà une chose que tous ces connards décérébrés avec leurs sourires benêts eussent dévoré son Aishlinn du regard en faisant gonfler autant que possible leurs pectoraux ridicules sous leurs tee-shirts démodés, c’en était encore un autre de les voir la saisir à tout bout de champ, qui pour lui adresser un regard langoureux et un compliment bien mal ficelé, qui pour la noyer sous un sourire de publicité pour dentifrice probablement factice.

Il y avait des balles de Glock 39 qui se perdaient. Hélas, personne ne semblait impressionné par les regards noirs qu’il lançait à droite et à gauche, pour dissuader tout autre prétendant de venir féliciter sa si charmante coéquipière. Est-ce qu’il se laissait draguer par les premiers venus, comme ça, au milieu des restaurants, lui, hein ? Certes. Mais la question n’était pas là. Abban tira sur la main de sa jumelle et marmonna, dans leur langage hermétique à tout autre :

Quand t’auras fini d’faire la belle, on pourra ptêt bosser.

L’une des remarques particulièrement injustes dont il avait le secret. Quand ils furent arrêtés une troisième fois, Abban faillit cracher au visage de leur nouvel impertinent et ne se ravisa qu’une seconde à temps, quand il reconnut Gonzalez. Il avait toujours une mine massacrante, cependant, en s’installant sur la banquette, collé à Aishlinn, pour l’entourer de sa virile aura possessive, celle-là même qui n’avait arrêté aucun des précédents prétendants.

Gonzalez n’avait pas l’air perturbé par l’expression antipathique d’Abban. Les deux jumeaux, de sourire en rumination, se contrastaient et il aimait cela. Coulant sur l’une puis sur l’autre un regard concupiscent, il claqua des doigts pour attirer une serveuse et commanda deux sodas, parce que pour boire de l’alcool, les jumeaux avaient l’air bien trop jeunes. Tant mieux. Cela ajoutait encore à leur charme.

— Il a l’air bien féroce, ton frère.
— Son frère il a un nom.
— Ah, donc tu sais parler ?
— J’sais faire ravaler leurs paroles aux gros cons, surtout.

Gonzalez n’avait eu nullement l’air contrarié par sa première réplique et Abban, recouvrant un peu son professionnalisme, avait décidé de jouer à fond la carte du jour et de la nuit. Ce n’était pas la première fois qu’Aishlinn et lui remaniaient à leur sauce le fameux duo bon policier/mauvais policier version bon jumeau/mauvais jumeau, et s’il était vrai qu’il tenait en règle générale le rôle du parfait petit ange, ce soir-là, il n’était pas contre laisser sa contrariété s’exprimer un peu pour le bien de la cause.

— Tu mordrais presque, on dirait.

Abban posa un regard de défi sur Gonzalez.

— Je mords.

Combien de fois avait-il utilisé cette petite phrase pour chatouiller la lubricité d’un homme, bon pigeon ou conquête d’un soir ? Elle faisait toujours son effet et Gonzalez eut un sourire ravi, en considérant à nouveau la douce Aishlinn, que la férocité de son jumeau rendait d’autant plus féminine, d’autant plus souple, d’autant plus désirable. La serveuse revint poser les verres de coca devant les jumeaux et Gonzalez sortit ostensiblement une liasse de billets, pour en faire claquer un et régler les consommations.

Les regards des jumeaux ne manquèrent pas de s’illuminer et ils veillèrent à ce que Gonzalez le remarquât. Ils savaient pertinemment qu’un homme que lui ne serait pas assez naïf pour s’imaginer qu’ils pussent éprouver à son égard un intérêt innocent et la poursuite de leurs sympathies exigeait une autre excuse. Avec une brusquerie calculée, Abban souligna :

— T’as l’air d’bien gagner ta vie. Pourquoi tu viens bouffer dans un resto comme ça ?
— J’aime bien la danse. Et vous, vous faites quoi, dans la vie ? Encore des études.

Abban haussa les épaules.

— Tout et rien. Des p’tits boulots. Ce qui faut. Ce qui s’présente.

Gonzalez tapota songeusement le bord de la table, du bout des doigts, avant de se caler un peu plus profondément dans la banquette en cuir.

— Ça vous dirait d’arrondir votre fin de mois ?

Abban renifla nerveusement, pour suggérer une mauvaise habitude de la poudre, toujours utile pour justifier un besoin d’argent compulsif et une volonté à s’engager dans des aventures désastreuses pour récupérer de quoi planer au prochain fix.

— Toujours. Qu’est-ce tu proposes ?
— J’ai besoin d’un peu de compagnie.

Il y eut un silence. Le tout était de ne pas accepter trop rapidement, pour ne pas éveiller de soupçons, mais de ne pas se braquer tout de suite. Nouveau reniflement. Rapide coup d’œil à sa jumelle. Reniflement. Abban acheva de donner le coup de pinceau final à son personnage du soir :

— Ouais non. On fait pas ça, nous. Pas vrai ?

Il avait posé sa question en regardant Aishlinn avec juste assez d’incertitude dans la voix pour faire douter Gonzalez de ses résolutions. L’homme avait donc ressorti de sa poche la liasse de billets, dont il trouvait apparemment qu’elle devait constituer un argument suffisant pour convaincre ses deux invités.
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Message posté : Dim 13 Oct 2013 - 2:57 Message
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Aishlinn se garda bien de servir un regard étonné à son frère et de lui expliquer, avec la même logique qu’un plus un font deux, qu’elle était, très justement en train de travailler. Oui, parce qu’elle servait des sourires à tout le monde pour prouver une certaine disponibilité dans le but d’atteindre la cible du soir. Elle aurait pu servir cette excuse à n’importe qui et on l’aurait cru sans problème mais, là, il s’agissait de son double et elle aurait forcément une expression ou un geste qui prouverait une part de mensonge dans ce genre d’explication. Mieux valait son passer.

Assise, à la table de Gonzales elle manqua de donner un coup dans le genou d’Abban à cause de son attitude mais, en fait, Gonzales n’avait pas l’air de trouver que c’était un problème. Il y avait des gens vraiment tordus dans cette ville. Oui, à Dublin c’était mieux, c’était cool, et tout le monde était parfait et le premier qui en doutait se prenait le poing d’Aishlinn entre les dents. Quoi qu’il en soit, elle contrastait avec Abban, parce qu’il fallait créer un équilibre entre les deux et, c’était elle qui se tapait les sourires charmants à un type répugnant.

On ne pouvait pas enlever à Gonzales d’être plutôt direct dans ses propositions et de ne pas tourner autour du pot pendant des lustres. Aishlinn avait perdu un peu de son sourire, semblant hésiter sur la proposition qu’il avait faite avant de se tourner vers son jumeau qui disait non. Non, ils ne faisaient pas là-dedans mais, elle sembla surtout s’inquiéter un peu de l’état de son jumeau, du temps qu’il lui faudrait avant que son pseudo-manque soit vraiment problématique. Du coin de l’œil, elle regarda la liasse de billets, comme une promesse au prochain shoot de son jumeau. Aishlinn se pinça les lèvres, avant de soupirer et reporter son regard sur l’homme, tentant un sourire.

_ Vous devez bien avoir un autre boulot à nous proposer.

Genre, n’importe mais pas ça parce qu’ils avaient vraiment besoin de cet argent. Financer un drogué ce n’était pas donné. Et l’homme sentant très bien ce besoin d’argent, ne se gêna pas pour jouer un peu avec sa liasse de billets, comme si, au final, elle n’avait pas tellement d’importance pour lui alors que pour les jumeaux… Persuadé d’avoir le contrôle de la situation, il secoua la tête l’air faussement navré.

_ Non mais, ce n’est pas grave je suis certain que vous trouverez quelqu’un d’autre pour vous financer.

Continuant de jouer avec sa liasse de billets pour que le regard des jumeaux puisse se poser régulièrement dessus. Il désigna Abban d’un mouvement de tête, son regard restant porté sur Aishlinn qui, apparemment, détenait le pouvoir de dire oui ou non à ce que lui voulait, quitte à y mettre le prix.

_ Combien de temps avant que ton frère…
_ … Jumeau !

Gonzales marqua un sourire qu’elle avait envie de lui faire ravaler alors qu’elle en garda un accrocher sur les lèvres. Oui, ils étaient parfaitement ce qu’il voulait, eux deux et, d’une manière ou d’une autre, il les obtiendrait parce qu’il savait que, dans ce monde, tout pouvait s’acheter.

_ Avant que ton jumeau ne soit réellement en manque.
_ Il n’est pas en…
_ … Je suis loin d’être stupide, je sais très bien reconnaître quelqu’un qui est en manque.

Aishlinn qui avait tenté de sauver les apparences semblait maintenant un peu paniqué à l’idée que quelqu’un sache pour l’addiction de son jumeau. Et vu qu’elle avait l’air d’être inquiète,  Gonzales qui ne s’estimait pas stupide, alors qu’il allait exactement là où les jumeaux voulaient le trainer, estima avoir une arme supplémentaire à jouer.

_ Mais peut-être que le mieux serait encore de prévenir quelqu’un, comme la police, vous savez ça impose des cures la prison.

Mais ce type était réel tordu pour en venir à des menaces histoires d’être certain d’avoir ce qu’il voulait. Aishlinn avait complètement perdu son sourire, l’air un peu paumé et flippé que quelqu’un prévienne la police alors que, intérieurement, elle trouvait tout ça presque trop facile. Dans la panique, elle répondit un peu trop rapidement.

_ Non.

Laissant entendre que son frère avait réellement un problème avec la drogue et qu’elle avait peur que la police lui enlève son jumeau. Une réponse précipitée qui laissa un sourire apparaitre sur l’homme qui, cette fois, il en était certain, venait de gagner la partie. Hâtivement, Aishlinn se retourna vers Abban.

_ Écoute, je sais très bien qu’on ne fait pas ça mais, on a besoin de cet argent et, je ne veux pas qu’on nous sépare.

L’homme entendit toute cette conversation alors qu’Aishlinn avait tenté de se faire faussement discrète et, avant que quelqu’un ne vienne contredire le fil des paroles de la jumelle, l’homme entreprit de reprendre assez rapidement.

_ Alors, on a un accord ?

Aishlinn délaissa son jumeau du regard pour le baisser sur la table, comme si elle se sentait prise au piège. Son regard remonta sur la liasse de billet avant de soupirer.

_ On a un accord.

Gonzales attrapa une frite dans son assiette pour l’engloutir et son regard se posa fièrement sur Abban qui, un peu plus tôt avait dit mordre. Et c’est avec un air des plus fiers qu’il s’adressa à lui.

_ Tu vois, au final, j’obtiens toujours ce que je veux.
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Message posté : Dim 13 Oct 2013 - 10:04 Message
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Il pliait, dépliait et repliait sa paille avec une évidente nervosité. Elle n’était feinte qu’en partie. Le comportement de Gonzalez lui rappelait somme toute de manière frappante celui de Henry. Oh, bien sûr, Henry était beaucoup plus séduisant d’un côté et de l’autre Gonzalez était beaucoup plus réaliste sur ses charmes, mais il y avait la même attitude évidemment dominatrice, prédatrice, qui nouait l’estomac d’Abban. Tant mieux, songeait-il : son rôle n’en était que plus facile à jouer.

Il ne fut pas fâché cependant de laisser le soin de la conversation à Aishlinn. Il doutait de pouvoir la mener avec la même aisance précise que sa sœur. Bien trop occupé à faire taire les souvenirs paniqués qui remontaient en lui alors que Gonzalez affichait un air de plus en plus satisfait et le même sourire odieusement possessif qui avait décoré les lèvres de son agresseur, Abban ne prêtait qu’une oreille lointaine et distraite à l’échange — une distraction qui achevait de lui donner l’air d’un junkie déconnecté de la réalité.

Il tourna un regard absent, mi-joué, mi-authentique, vers Aishlinn qui fit mine d’essayer de le convaincre de céder à ces repoussantes avances. Avec un petit coup d’œil de côté, nerveux comme un lapin sous amphétamines, Abban finit par hocher la tête et plier, déplier et replier sa paille de plus belle, sous le regard absolument comblé de Gonzalez. Il s’imaginait déjà avec plaisir les résistances abattues des deux jumeaux quand il faudrait en venir au fait.

Abban ne répondit que d’un grognement quand l’homme reporta son attention sur lui, mais sa main, sous la table, dans celle d’Aishlinn, avait tressailli. Tout non violent qu’il fût à l’origine, le jeune homme avait une furieuse envie d’écraser la tête de Gonzalez dans son burger et de lui faire avaler son verre. Depuis sa mésaventure avec Henry, de semblables pensées affluaient de plus en plus souvent dans l’esprit de l’Irlandais. Il faisait son possible pour les combattre.

D’un air exaspéré, il finit par lâcher :

— On peut pas en finir… ? J’ai pas toute la nuit, moi.

Après tout, il avait besoin de sa dose, non ? Gonzalez le considéra un instant. Il était tenté de prolonger le dîner pour le plaisir de les faire mariner, mais la perspective de se retrouver avec un drogué tremblant et pleurant pour avoir un peu de poudre gâchait ses fantasmes. Quel était l’intérêt de s’acheter un pareil duo si la moitié en était inutilisable ? Mieux valait, sans doute, ne pas tarder. Il finit par hocher la tête.

La petite troupe se releva et, quelques minutes plus tard, les jumeaux étaient installés à l’arrière de la voiture de Gonzalez, imposant 4x4 qui, comme les billets qu’il promenait en liasse sur lui, servait à faire clairement comprendre à tous son statut social. Dans la voiture, Aishlinn et Abban s’échangeaient des regards, se pressaient la main, de telle et telle façon, échangeant sans mot leur incertitude, leur répugnance et leur impatience.

Lorsqu’ils arrivèrent devant une imposante villa, Abban était un peu rassuré. Lorsqu’ils franchirent le seuil après que Gonzalez eut composé un long code de sécurité sur son alarme, Abban était pressé d’en finir. Lorsque Gonzalez se retourna vers eux avec un sourire mauvais, Abban planta une aiguille dans son cou et lui injecta une dose de sédatif qui risquait fort de lui faire manquer la journée de demain au travail.

L’Irlandais explosa.

— Ah la vache, non mais quel porc, quoi, quel porc ! Avec ses billets à la con, et ses regards, et son petit sourire odieux, non mais quel porc !

Dans celle d’Aishlinn, sa main en tremblait de rage. Rarement avait-il eu l’air aussi révolté. Il jeta un coup d’œil dans le miroir ancien de l’entrée et aperçut son reflet livide de colère. Il prit une profonde inspiration, pour se calmer, pour retrouver, surtout, son professionnalisme. Cette partie de leur mission avait été plus éprouvante qu’il ne l’aurait cru. Ce n’était pas grave. Il en avait vu d’autres.

— Bon. C’est pas grave. Ça, c’est fait. Il nous faut… Des plans. Des pass. Des clés.

La villa était immense et ils n’avaient pas de temps à perdre pour la fouiller : même si Gonzalez ne se réveillerait pas de sitôt, ils ne pouvaient pas prévoir les obstacles qu’ils risquaient de rencontrer et le temps pouvait fort bien leur être compté. Abban lâcha la main de sa jumelle et fit craquer ses doigts.

— J’prends l’étage, j’te laisse le rez-d’chaussée.

Le jeune homme adressa un sourire un peu nerveux à sa jumelle, avant de disparaître pour réapparaître dans le couloir, un étage plus haut. Il se mit à ouvrir systématiquement les portes : dressing, chambre d’amis, chambre d’amis, chambre personnelle, bureau. Pénétrant dans le bureau, Abban alluma l’ordinateur et, le temps que la machine démarrât, se mit à explorer les dossiers, traquant les documents relatifs à l’emploi de Gonzalez.

Bien sûr, ils ne s’attendaient pas à trouver tout ce qui leur serait nécessaire pour rentrer dans l’entreprise les portes grandes ouvertes. Ils n’avaient pas besoin de portes ouvertes, simplement de quelques outils pour faciliter leur visite. Dans un tiroir du bureau, Abban trouva une carte personnelle. L’ordinateur était allumé. Mot de passe ? Abban sortit de sa poche l’un des cadeaux de Willy. Un petit virus qui devait préparer la place à leur plus grand virus. Le jeune homme inséra la clé dans l’ordinateur. L’écran se brouilla. Et une succession de dossiers apparut. C’était moins agréable que l’interface graphique à laquelle il était habitué, mais il n’eut aucun mal à s’y retrouver.

Bientôt, l’imprimante se mit à tourner et les plans de SW Dynamics en sortaient, étage après étage. Avec un sourire ravi, Abban s’assurait d’effacer les documents de l’ordinateur une fois imprimés. Après tout, il pouvait bien profiter de sa petite incursion pour rendre la vie de Gonzalez, à son réveil, encore plus difficile.
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Message posté : Lun 14 Oct 2013 - 8:17 Message
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Aishlinn ne fut pas mécontente de voir s’étaler sur le sol, d’ailleurs, s’il pouvait en garder une bonne migraine sur les trois prochains jours, c’était encore mieux. Elle lâcha un soupir soulagé, pendant qu’Abban s’exprimait différemment sur la situation, bien heureuse de ne pas avoir eu le droit de ne pas entendre le détail de la soirée que Gonzales comptait passer. Elle hocha la tête en direction de son jumeau avant de le voir disparaître, ce dont elle n’arrivait toujours pas à se faire, même en sachant qu’il était à l’étage supérieur. Elle posa un regard qui n’eut rien de sympathique sur l’homme au sol qu’elle poussa quand même contre un mur près de la porte qu’elle referma par la même occasion. Histoire d’éviter que quelqu’un ne se donne le droit d’entrer sous prétexte que c’était ouvert.

La villa aurait pu être impressionnante si le type vivant dedans n’était pas aussi tordu, à croire qu’ils n’y avaient que des gens bizarres pour s’offrir ce genre de luxe. Aishlinn s’avança, enfilant des gants par la même occasion, soucieuse de ne pas laisser ses empreintes partout. Elle se retrouva vite dans un salon qui devait bien être plus grand que l’intégralité de leur appartement. La vie était bien injuste des fois. Elle fouilla dans des tiroirs, des placards, sans rien de trouver de particulier. Ce type avait tout un pan de mur avec des vieux vinyles… Mais il avait quel âge ? Près de la télé donc, Aishlinn en était certaine, était plus longue qu’elle, elle ouvrit un nouveau meuble pour y trouver un tas de films. Rien de bien intéressant, mais une petite boite attira son attention, verrouillé par un cadenas.

L’irlandaise secoua la tête devant la débilité des gens, à croire qu’un simple cadenas pouvait protéger des choses. Ce genre de connerie pouvait s’ouvrir avec une lime à ongles, c’était à la portée de tout le monde. A défaut de lime à ongles sur elle, elle se retourna chopa un trombone dans une boite à stylo qu’elle déplia pour le plié en deux. Peu de temps après, la boite fut ouverte laissant apparaitre plusieurs petites clés USB. La curiosité prenant le dessus ce qui, dans ce cas, n’était pas une bonne chose, elle brancha l’une des clés dans un port USB de la télé qu’elle alluma. Jouant de la télécommande, un film s’afficha très vite à l’écran lui donnant presque aussi vite l’envie de vomir. A défaut de laisser un peu d’elle-même en plein milieu du salon, elle alla pour éteindre l’écran quand une voix se fit entendre derrière elle.

_ Ce n’est pas mon préféré.

Aishlinn laissa la télécommande tombée sur le sol et se retourna vivement, passant par la même occasion les mains derrière son dos. Pendant que son regard se posa sur un homme qui devait approcher de la quarantaine et qui semblait admiratif devant les images qui défilaient sur la télévision.

_ Quoi ?
_ Ce n’est pas mon préféré, de films. Il désigna l’écran qui était maintenant derrière Aishlinn mais, elle se refusa de suivre du regard ce mouvement. L’homme se concentra d’ailleurs, très vite sur elle. C’était mes débuts, j’ai eu le temps de m’améliorer depuis.

À se demander comment elle ne l’avait pas vu avant, lui et, surtout, la sacoche qu’il avait en travers des épaules qui contenait une caméra. Peut-être qu’elle s’était un peu trop concentré sur ce qu’il y avait derrière le type : la porte de l’entrée ouverte, plus loin, le corps de Gonzales cacher par cette même porte. Ok, là, elle nageait en plein délire, un trip super mauvais… Pourtant elle n’avait rien bu.

_ Où est Manuel ?
_ Il n’a pas pr’venu qu’il aurait d’l’visite.
_ Il m’a envoyé un message il y a une vingtaine de minutes.

Et, comme par hasard ça correspondait au moment où ils étaient tous partit avant d’arriver ici. L’homme avait agité son téléphone pour prouver ses dires, même si ça ne prouvait rien du tout, et fit un pas vers Aishlinn, qui, par réflexe, en fit un en arrière. Un sourire désagréable apparut sur les lèvres de l’homme qui, la tête légèrement penchée la détailla de haut en bas. Là, tout de suite, elle eut envie de se liquéfier pour n’avoir plus aucune forme et disparaître aussi vite.  L’homme alla pour se retourner, histoire de chercher son associé du regard, ce qu’elle chercha à éviter à tout prix.

_ ’Lors, euh, c’vous qui filmez euh… Merde, elle ne sut même pas comment désigner une aberration pareille.
_ Ces œuvres ?

Elle se força dans un sourire pour le laisser croire qu’elle confirmait ce qu’il venait de dire et l’homme se concentra à nouveau sur elle, continuant d’avancer et, elle, à reculer.

_ Manuel aime garder une trace de ses aventures, j’aime travailler dans ces conditions.

Super, Gonzales n’était pas le seul tordu dans cet endroit, il y avait aussi ce type. Aishlinn buta sur le meuble dans lequel était intégrée la télévision. Elle ferma les yeux une seconde pour s’empêcher de soupirer, gardant toujours mes mains cachées parce que, la vue de gant allait forcément paraitre suspecte. Le cinéaste pervers était juste face à elle, toujours ce sourire à la con sur le visage.

_ Et puis, notre accord a tout pour être arrangeant. Il replaça une mèche de cheveux d’Aishlinn derrière son oreille. Il me laisse souvent l’occasion d’en profiter aussi.

Trop proche, trop dérangeant, trop de choses négatives à son sujet. Aishlinn se força à nouveau dans un sourire alors qu’une main attrapa la boite qui contenait les clés USB, doucement. Sourire et ne pas attirer le regard sur sa main.

_ D’ailleurs, pourquoi tu es seuls, où est ton double ?

Parce qu’il connaissait très bien les goûts de Manuel, après tout c’était lui qui faisait des films souvenirs. Un regard interrogatif et suspect passa sur son visage face à deux absences qui n’avaient rien de normal. Il n’eut pas le temps de poser la moindre question qu’Aishlinn abattit la boite sur le coin du crâne de ce type qui, sur le coup, hurla une insulte bien placée. Une main sur sa tête, il eut le réflexe d’attraper la gamine qui avait osé le frapper mais, l’Irlandaise passa au travers de lui en courant. L’homme s’appuya sur le meuble en comprenant qu’il devait avoir quelques secondes avant de pouvoir la poursuivre, surtout quand il comprit que l’attaque lui avait ouvert un peu le crâne et que sang s’en échappa.

Aishlinn, elle, se trouva déjà en train de gravir les marches montant à l’étage. Choquée, paniquée, un peu, fallait qu’elle trouve Abban et qu’ils dégagent de là. Quelle idée d’avoir une baraque aussi grande aussi.
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Message posté : Lun 14 Oct 2013 - 12:12 Message
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Il avait presque l’air sérieux, Abban, avec son épais dossier sous le bras. Il n’avait pas étudier en détail les plans, soucieux de ne pas s’attarder inutilement dans une maison où ils n’étaient que des visiteurs indésirables, avec le propriétaire étalé inconscient dans l’entrée, mais un coup d’œil rapide lui avait indiqué quelques voies d’accès possible aux deux points qui les intéressaient ce soir-là : le garage des super-véhicules achevés et n’importe quel laboratoire où il y aura un ordinateur connecté à l’Intranet.

Le jeune homme n’avait jamais douté qu’ils pourraient sans peine pénétrer dans SW Dynamics. Ce qui le préoccupait surtout, c’était la manière de faire démarrer la super-voiture qu’il comptait voler. Ces choses-là ne seraient sans doute pas aussi faciles à trafiquer que les voitures courantes et même s’il était capable de faire démarrer à peu près n’importe quoi sur le marché, les bolides dont il avait vu quelques photographies alléchantes sur l’ordinateur de Manuel n’avaient rien de ses cibles habituelles.

Alors il avait surtout feuilleté la plaquette qui, apparemment, présentait les différentes parties du bâtiment aux nouveaux agents de sécurité et décrivaient brièvement leurs fonctions, en précisant qui avait ou n’avait pas le droit d’y entrer. Abban voulait éviter deux choses : 1) tenter de voler une voiture qui serait encore en conception et 2) se retrouver face à une belle voiture fonctionnelle qu’il eût été incapable de faire démarrer. Il avait donc repéré le garage où les véhicules attendaient avec leur livraison, en espérant trouver plus d’informations une fois sur place.

Mais s’il ne comptait pas trouver grand-chose de très utile ailleurs que dans le bureau, par acquis de conscience, il avait continué à faire le tour du propriétaire, mais quand un hurlement très masculin se fit entendre, son sang ne fit qu’un tour et il se précipita en direction des escaliers, où il entendait des pas montés. Il manqua de se cogner à Aishlinn, la prit par les épaules et l’attira dans la salle de bain, dont il verrouilla la porte derrière eux, en quelques gestes dont l’enchaînement avait été beaucoup, beaucoup trop rapide pour être humainement possible.

— Zen, mon cœur, zen.

Il prit le temps de serrer sa jumelle contre lui, avant d’écouter ses explications. Une nouvelle vague de répugnance monta en lui, mais il n’avait pas le temps de s’étendre sur sa réprobation morale. Il fallait agir. La villa était grande et, même s’ils avaient les plans, ils devaient encore en explorer les pièces, pour trouver des éléments susceptibles de les aiguiller dans leur infiltration. Ils ne pouvaient pas se permettre de s’interrompre.

Fort heureusement pour eux, les activités de Gonzalez et de son acolyte cinéastes s’étendaient parfois à des jumeaux un peu plus jeunes qu’eux et, par conséquent, pas vraiment légaux. L’homme qui commençait à gravir les escaliers avec une mine furibonde n’avait par conséquent pas intérêt à appeler la police. Les pas lourds se firent entendre et, après un chapelet d’insultes bien senties contre Aishlinn, les deux Irlandais purent entendre :

— J’vais te retrouver, tu vas voir, toi et ta sœur. Vous allez comprendre votre douleur.
— Je m’en occupe.

Auparavant, Abban aurait proposé la fuite pure et simple. Mais les temps avaient changé. Il avait changé. Il n’aimait guère qu’on lui marchât sur les pieds. Pas des hommes comme ça, en tout cas. La porte de la salle de bain s’ouvrit juste devant le réalisateur, qui marqua un temps de surprise. Puis, parce qu’Abban n’avait rien de très impressionnant, il afficha un sourire narquois :

— Ta sœur ou ton frère, enfin, difficile à dire.
— Très spirituel.
— Tu sais, les garçons, c’est pas mon truc, mais tu regarderas quand je m’occuperai de ta sœur.
— Ouais, génial. J’espère qu’tu sais nager.
— Qu…

Abban posa une main sur l’avant-bras du cinéaste en herbe et les deux hommes disparurent pour se matérialiser trois mètres au-dessus de l’océan, dans la baie. Alors qu’ils commençaient à tomber, Abban retira sa main et disparut de nouveau, pour atterrir un peu brusquement, mais sain, sauf et sec, sur le sol de la salle de bain. Le jeune homme se redressa, jeta un coup d’œil dans le miroir et, bien entendu, arrangea un peu sa coiffure. Depuis sa première expérience en ce genre avec Aishlinn, il avait un peu perfectionné sa technique, mais il se sentait toujours légèrement crispé.

— Franchement, y a des tordus, quand même…

Il se retourna vers sa sœur avec un sourire satisfait.

— T’inquiètes pas, bébé, j’te protège.

Abban posa une main à la taille d’Aishlinn pour l’attirer contre lui et la prendre dans ses bras, une scène qui eût sans doute satisfait au plus haut point Gonzalez, toujours en train de baver sur le marbre de son entrée. L’Irlandais déposa un baiser dans les cheveux de sa sœur et murmura :

— J’ai trouvé les plans. J’cherche toujours son badge, ou ses clés. Forcément quelque part. J’t’avoue, j’ai pas des masses envies d’fouiller dans les tiroirs d’sa chambre, mais j’suis pas sûr qu’y ait tellement l’choix.

D’un air un peu plus enthousiaste, il souligna :

— Pis pour l’autre, là, t’inquiètes. D’ici à c’qui reviennent ici, on s’ra en train d’prendre l’café chez Willy.

D’ailleurs, il s’était peut-être noyé, le cinéaste, mais Abban ne s’en souciait pas beaucoup. Après tout, techniquement, il n’avait pas été violent. Il s’était contenté de le déplacer.
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Message posté : Mar 15 Oct 2013 - 19:31 Message
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Aishlinn s’entendit hurler le prénom de son frère quand il ne fut plus à portée de vision. L’idée de le voir disparaitre, de cette manière, avec un type comme le cinéaste amateur, n’eut rien de particulièrement plaisante. Elle en détesta la nouvelle capacité d’Abban parce qu’elle s’inquiéta pendant… Pff… Au moins quelques secondes. Une éternité. Il apparut de nouveau et elle laissa passer un soupir de soulagement, ne cherchant même pas à se demander où était passé l’autre type. Elle s’en fichait pas mal, l’important c’était qu’Abban soit là. Une confirmation de sa présence qui fut plus que réelle, une fois dans ses bras. Ce fut bon, elle recommença à respirer.

_ M’refais pas d’trucs comme ça, s’t’plaît.

Elle ne savait pas ce qui pouvait se passer : un type s’accrochant un peu trop à lui, une téléportation foireuse, n’importe quoi qui ne lui ramènerait pas son jumeau… Pire, qu’il soit inter changé avec le type qu’il transportait… Oui, elle ne connaissait pas exactement le principe qu’utilisait la téléportation alors, elle s’estimait en droit d’imaginer toutes sortes de conflits possibles mettant en cause le pouvoir d’Abban. Elle ne lui interdisait pas l’utilisation de la téléportation, juste de ne pas emmener n’importe qui, ou du moins, de faire attention. C’était qu’elle s’inquiétait facilement quand il était question de son jumeau.

Elle s’écarta de son double pour se replonger dans le travail, ils étaient là pour ça, il fallait qu’ils s’y tiennent.  Aishlinn se passa de demander où Abban avant déposer l’homme qui était dans la maison quelques instants plutôt, ça n’avait pas la moindre importance. Son regard se plongea dans le vide un instant, pour essayer de réfléchir et ne pas avoir à fouiller partout.

_ Faut qu’on trouve sa veste d’agent d’sécurité à la con, ‘doit bien laisser ses clés ou son badge d’dans, ça doit lui éviter d’passer trois plombes à l’chercher.

Vu que son esprit devait être occupé à penser à des choses tordues impliquant des jumeaux/jumelles. Du coup, direction la chambre, vu qu’il y avait des chances qu’il y range ses vêtements ou, en tout cas, c’était à cet endroit qu’il devait y avoir une dépendance pour un dressing.

_ ‘Tain les grandes villas c’bien mais, afficher d’plans aux endroits stratégiques, ç’serait quand même mieux.

Elle arriva enfin dans la chambre du type qui, même rangée, donnait l’impression d’être crade. Une vision faussée à cause de ce qu’elle savait, de ce que ce type pouvait faire là-dedans. Elle ne voulut même pas poser son regard à des endroits qui ne le demandaient pas, pour ne pas tomber sur un objet bien trop subjectif à son goût. Enfin, dans d’autres circonstances, les choses auraient été différentes mais là, il était question de relation avec des jumeaux, c’était juste inconcevable. Elle pointa une porte du bout de l’index.

_ J’vais voir là-bas.

Dressing bonjour ! Elle eut à peine ouvert la porte qu’elle eut déjà envie de la refermer. Si elle avait pu visiter l’endroit où les Neutron-Grey rangeaient tous leurs déguisements, aucun doute qu’elle aurait préféré cet endroit à celui-là.

_ C’mec est vraiment, vraiment tordu.

Elle inspira pour se donner du courage et entra dans la pièce, passant rapidement sous tous costumes qui ne devaient pas se porter lors d’une fête d’anniversaire classique. Elle chercha une section « vêtement de tous les jours » en se concentrant sur les envies d’Abban concernant une voiture à voler. La porte étant ouverte, son jumeau pas loin, elle haussa un peu la voix pour réfléchir en faisant partager ses réflexions.

_ T’sais, j’pensais pour la voiture. Vu qu’y a peu d’chances d’la faire démarrer avec des clés.

Ce qui était des plus logiques, c’était comme de vouloir voler une Murcielago, vu le prix de la bagnole, il était évident qu’elle ne se démarrait pas en connectant deux fils entre eux. Ce qui était plutôt con au final parce que, certains propriétaires – songeant à la possibilité de perdre leur clé pendant une sortie – rangeait un double dans une toute petite cavité située à l’arrière de la voiture, derrière le pare-chocs, s’évitant ainsi de devoir appeler Lamborghini pour venir la faire démarrer à leur place. Dans le cas présent, il n’y avait pas de propriétaire vu que les voitures étaient à l’usine. Il restait encore le problème des gps intégrés aux voitures mais, chaque chose en son temps.

_ Faudrait trouver où ils les rangent, par’qu’ils doivent bien garder les clés quelqu’part, n’serait-ce qu’pour les bouger. ‘Contre, ç’doit être bien gardé, dans c’truc, avec des accès spéciaux et tout.

Mais ça restait plus abordable que démarrer une voiture. Un sourire s’afficha sur les lèvres d’Aishlinn quand elle trouva les vêtements de boulot de Gonzales, après en avoir fouillé les poches, elle s’approcha de la porte, s’appuyant sur le battant et interpellant Abban.

_ Hey, c’est ça que t’cherches ?

Elle leva la main, pour laisser se dérouler un ruban qui, au bout, était rattaché à une carte de l’entreprise.
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Message posté : Mar 15 Oct 2013 - 21:14 Message
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Le pauvre Abban en avait bien conscience, que son rêve de se promener un jour avec sa jumelle dans une voiture blindée qui lancerait des torpilles pour dégager les embouteillages étaient difficiles à réaliser. À vrai dire, que les voitures eussent une clé enfermée sous bonne garde lui paraissait la solution presque la plus désirable. Il avait vu, à la télévision, des voitures commerciales que l’on démarrait par empreinte digitale. Il n’allait tout de même pas se promener toute sa vie avec le doigt coupé du propriétaire légitime suspendu autour du cou.

Chaque chose en son temps. Les jumeaux avaient atteint la chambre et pendant qu’Aishlinn découvrait la collection de pantalons en cuir de leur hôte, avec des ouvertures aux endroits stratégiques, Abban ouvrait les tiroirs de la commode et se plongeait dans des abîmes de perplexité. À voix basse, il murmura :

— Mais à quoi ça peut bien servir ça…

Bon, les triples anneaux, là, il se doutait que ça ne se mettait pas autour des doigts et les objets phalliques aux proportions peu naturelles, il voyait très bien où ça pouvait aller aussi. Mais le truc qui ressemblait à une machine d’alchimiste, ça lui échappait tout de suite beaucoup plus. Pendant un instant, en ouvrant un tiroir et en découvrant une collection de pinces à linge en bois, il s’étonna qu’elles ne fussent pas rangées dans la buanderie. Puis…

— Eeeeeh…

Abban disparut, apparut dans le bureau, tira un stylo du pot, disparut, apparut dans la chambre et se mit à soulever de loin, du bout du stylo, les vêtements et les objets, pour voir ce qu’il y avait en dessous. Hors de question qu’il touchât de ses propres gants ces machins qui avaient traîné dans Dieu seul savait combien d’orifices. Aishlinn eût trouvé une chèvre attachée dans le dressing qu’il n’aurait pas été plus étonné que cela.

Le pire, c’était qu’il était bredouille. Oh, il avait découvert toutes sortes d’ustensiles que son imagination beaucoup moins libertine que son comportement ne le suggérait avait jusqu’à lors ignoré, mais de carte d’accès, pas la moindre. Lui qui n’avait jamais regardé le moindre film pornographique de son existence allait avoir, ce soir, des images un peu troublantes lorsqu’il fermerait les yeux pour s’endormir.

En repoussant le tiroir, Abban ne put s’empêcher de faire discrètement un signe de croix — il y avait des moments comme cela où sa superstition catholique d’Irlandais reprenait le dessus. Droguer un homme pour cambrioler sa maison ne le perturbait guère, poser les yeux sur des jouets sexuels exotiques était tout de suite beaucoup plus grave. Mais c’était après tout sur ce genre de paradoxes que s’était bâtie l’Amérique.

Il eut un soupir de soulagement quand sa jumelle lui montra le pass et se téléporta juste en face d’elle.

— ‘Tain, ‘reus’ment qu’t’es là, mon cœur, parc’j’te dis pas c’que c’type range dans son tiroir à chaussettes. Viens, on s’arrache.

Quelques minutes plus tard, les jumeaux avaient embarqué dans le 4x4 de Gonzalez, qui n’en aurait pas besoin avant un moment. Abban avait donné le dossier de plans à sa sœur, pour qu’elle pût l’étudier : c’était elle, après tout, qui passait à travers les murs. Pendant qu’ils cheminaient vers SW Dynamics, les jumeaux concevaient leur plan d’attaque.

— ‘Faut qu’on commence d’abord par le virus. On va s’garer pas trop loin et on s’retrouve dans les bureaux, là.

Il détourna un instant le regard de la route pour pointer l’endroit du doigt. Il ne téléportait pas encore sa sœur à tous les endroits : ses premières expériences avaient été horriblement douloureuses et il préférait garder cette carte dans sa manche pour les cas de première nécessité. Son pouvoir s’améliorait, mais hors de question de prendre des risques en l’utilisant de manière superflue.

— La page 10, là, c’est toute la partie où ils gardent les bagnoles finies. J’suppose qu’les clés sont quelque part par là. Ptêt que sur place, y a des plans plus précis, ou des dossiers. Du coup, ‘faut qu’on visite ça. ‘Videmment, y a des caméras d’sécurité, et tout. Willy a dit qu’son virus mettrait un peu la pagaille, mais ça d’vrait pas durer plus d’cinq minutes, du coup…

Du coup, ça ne laissait pas beaucoup de temps, mais finalement, la sécurité du site n’était pas fondamentalement différente de celle qui avait protégé la caisse d’armes récemment dérobée. Les jumeaux n’en étaient pas à leur coup d’essai.

— L’plus sûr, c’t’encore d’maîtriser les gardes du PC d’sécurité. Ceux d’vant les écrans. Ça d’vrait au moins doubler notre marge de manœuvre.

Dix minutes, c’était théoriquement suffisant pour passer des bureaux aux garages, localiser les clés ou n’importe quel système qui contrôlait l’ouverture d’une voiture, grimper dans la voiture et, selon les caractéristiques de l’engin, torpiller le mur le plus proche ou le défoncer comme un bélier.

— Juste, y avait pas l’descriptif des caisses, sur son ordi. Toutes différentes, j’dirais, vu les photos, mais franchement, jamais vu des trucs comme ça. J’pense pas qu’les manœuvres d’base soient spécialement atypiques, sinon, personne arriverait à les conduire. Mais juste, on va pas trop compter sur les gadgets, parce que si on s’met à appuyer sur les boutons au hasard et qu’on active le siège éjectable, on aura l’air bien con.

Ce qui l’embêtait aussi, c’était qu’il ne pourrait pas faire un choix de consommateur informé. Mais il doutait d’être déçu, quelque que fût le modèle sur lequel il tomberait.
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Message posté : Mer 16 Oct 2013 - 8:14 Message
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Aishlinn étudiait surtout les emplacements des caméras, contrairement à son jumeau, elle n’avait pas le loisir d’apparaître juste dans un angle mort. Ses déplacements devaient prendre en compte le fait que, même en passant par les murs, elle pouvait être visible. Ça aurait été trop simple si le fait de devenir intangible pouvait aussi la rendre invisible.

_ T’sais quoi, on s’retrouve direct’ment à l’endroit où s’trouvent les voitures.

Si Aishlinn proposait de se séparer plus longtemps que prévu de son jumeau, c’était qu’elle devait déjà avoir un plan derrière la tête. L’idée était de s’occuper des gardes et, comme elle n’était pas pour la violence, qu’Abban ne l’était pas non plus – des théories un peu mises à mal ces derniers temps – le mieux était encore de les éloigner le plus possible.

_ Tu t’occupes d’mettre l’virus, pendant c’temps j’vais aller déclencher quelques alarmes d’ce côté-là. Elle désigna des endroits éloignés des bureaux et de l’endroit où se trouvaient les voitures. Comme ça, ils s’ront alertés qu’quelque chose n’va pas et une personne sera envoyée pour vérifier. Derrière, si le virus fout un peu plus l’bordel, ils enverront probablement tout l’monde vérifié.

Enfin il resterait toujours une personne pour contrôler les vidéos mais, toute seule, elle n’arriverait pas à grand-chose si, cinq minutes plus tard, elle voyait deux personnes prendre une voiture. Le temps qu’elle rappelle les troupes qui, devront se taper tout le chemin en sens inverse, les jumeaux disposaient d’un peu plus de temps. Et puis, avouons-le, elle trouvait bien plus fun d’envoyer des gardes de nuit sur une fausse piste plutôt que de les assommer bêtement. Tout le monde était capable de faire ça.

_ J’reviendrais par c’chemin-là et, j’t’retrouve avec la voiture d’ton choix ensuite.

Comprendre, la voiture qu’il sera possible de voler. Endroit qu’elle avait fini par étudier plus attentivement sur le plan. Les choses allaient être compliquées, vraiment compliquées. Ce qui fit sourire Aishlinn. Les jumeaux disposaient de peu de temps pour : trouver une voiture, trouver les clés, faire démarrer la voiture et, dans le meilleur des mondes, débrancher un système gps/sécurité qui pouvait être relié au système de démarrage ou à la pompe à injection – un dernier point négociable, si Abban était capable de les emmener dans une zone sans réception gps en peu de temps, avant qu’un gardien ne décide de faire stopper la voiture manquante – et, bien évidemment, sortir de l’entreprise. Merveilleux ! Aishlinn, un sourire rayonnant sur le visage se tourna vers son jumeau.

_ Ça va être trop cool.

Rien à voir avec le fait d’emprunter des œufs avec son voisin, bien au-dessus d’une malheureuse caisse d’arme qui était plus facilement transportable qu’une voiture. Le virus dans l’ordinateur, c’était la mission première mais, dans l’esprit d’Aishlinn ça avait quelque chose de presque insignifiant, juste une formalité à remplir avant de vraiment s’amuser. Abban finit par arrêter la voiture et elle descendit pour aller le retrouver et avancer vers l’endroit voulu. Elle garda, sur elle, quelques plans dont elle avait besoin en cas de problème d’orientation. Sa main nouée à celle d’Abban, les jumeaux finirent par arriver devant l’entreprise.

Elle lâcha son frère pour déplier une des feuilles qu’il avait imprimées plus tôt et visualisa, une dernière fois – si tout se passait bien – les chemins qu’elle allait devoir emprunter. Elle en profita pour en estimer le temps, une notion importante à prendre en compte avec Abban qui, lui, n’avait besoin que d’une fraction de seconde pour se rendre à un endroit voulu.

_ J’y vais, laisse-moi, 5 minutes pour entraîner l’gardes à l’opposé des voitures avant d’mettre l’virus.

Elle éviterait aussi de passer par le coin où se trouverait Abban pour le dépôt de virus dans l’ordinateur. Repliant la feuille pour l’enfoncer dans une de ses poches, elle serra son jumeau contre elle. Finalement, c’était les seuls moments qu’elle détestait dans ce genre de vol, le moment où elle devait bien se résoudre à se séparer de lui.

_ A tou‘d’suite, mon cœur.

Sourire à l’appui, elle se recula et courut dans la direction de l’entreprise et surtout du mur qu’elle visait, tout en passant dans les angles morts des caméras. D’un autre côté, finir une course dans une roulade contrôlée n’avait jamais été un réel problème pour elle, depuis plusieurs années. Aishlinn disparut dans un mur pour arriver dans un couloir, visualisant mentalement les plans étudiés. Dans sa course, elle passa au travers d’un local de ménage où elle prit un balai. Et arrivé dans le premier couloir qu’elle visait, le balai trouva une utilité certaine quand elle dégomma une caméra de sécurité.

Dans une pièce, plus loin, un gardien venait de voir un de ses écrans se brouiller. Heureusement, les informations dont il disposait lui permettaient de savoir exactement d’où venait le problème qui ne l’inquiéta pas plus que ça. Il prit une radio pour prévenir un collègue et, commença réellement à s’interroger quand un deuxième écran se mit à grésiller dans le même secteur que le premier. Trop ciblé. Il y avait réellement un problème.
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Message posté : Mer 16 Oct 2013 - 11:31 Message
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Abban avait sagement hoché la tête au plan alternatif qu’Aishlinn lui proposait. De toute façon, Aishlinn aurait pu lui proposer n’importe quoi qu’il aurait tout aussi sagement hoché la tête : Abban était un jumeau des plus dociles, la plupart du temps. Heureusement, parce qu’Aishlinn avait toujours les meilleures idées et, à son humble avis, beaucoup plus d’intelligence et de sang-froid que lui. Tout cela était donc parfaitement logique et parfaitement bien préparé : il ne restait plus que cinq ou six obstacles insurmontables entre eux et la voiture de leurs rêves. Facile.

Une fois devant l’entreprise, Abban disparut pour apparaître dans les bureaux. Là, personne ne songeait à placer des caméras de sécurité. Il fallait dire qu’en dehors des calendriers des directeurs et sous-directeurs, de la liste des prochaines réunions du conseil d’administration et de la cagnotte pour le pot de départ en retraite de Geneviève de la comptabilité, il n’y avait pas grand-chose d’intéressant. Sauf les ordinateurs. Et intranet. Abban alluma un poste et dut attendre deux interminables secondes que le matériel ultra-performant de cette entreprise à la pointe du progrès se mit en route. Il inséra la clé USB et attendit.

Willy n’avait pas menti. L’écran se brouilla et une barre de progression s’afficha, bientôt remplie. Abban retira la clé et disparut pour apparaître dans les garages. De l’autre côté, du bâtiment, au poste de contrôle de la sécurité, tous les écrans venaient de se troubler. Toutes les serrures électroniques du bâtiment venaient de se bloquer. Tous les ordinateurs encore en marche refusaient de répondre. Quelque part dans le système, les fichiers sensibles de SW Dynamics étaient téléchargés vers un serveur externe, pour le plus grand bonheur de Willy et de son client, un concurrent féroce qui ne reculait pas devant les déloyautés.

Le bâtiment hyper-technologique de SW Dynamics venait de se renfermer comme un piège sur ses occupants ordinaires, ceux qui n’avaient pas le loisir d’apparaître, de disparaître ou de passer à travers les murs. Les jumeaux, qui avaient imaginés une sécurité somme toute assez classique, ne mesuraient pas encore leur chance : dans une ère d’information généralisée, le virus avait eu des effets dévastateurs et les rendait pour l’heure les seuls capables à parcourir plus de cinq mètres sans rencontrer une porte hermétiquement et électroniquement close.

Seuls les téléphones portables des agents fonctionnaient encore et le responsable de nuit appelait désespérément Manuel Gonzalez, chef de la sécurité, pour savoir ce qu’il était censé faire. Il y avait un protocole d’urgence, il y avait sans doute un protocole d’urgence. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il n’était pas censé appeler la police : si les journaux de demain faisaient la une sur le cambriolage d’une entreprise qui se targuait de fournir les supers en équipements hautement performants, leur réputation allait tomber en flèche.

De son côté, Abban regardait d’un air émerveillé les voitures qui s’étalaient devant lui. Il n’aurait pas parcouru les pages du calendrier des Dieux du Stade avec plus d’enthousiasme. Mais il y en avait une, surtout, qui attira son attention, parce qu’elle était plus ordinaire que les autres. Ordinaire, parce qu’elle ne ressemblait pas à une Batmobile hérissée de torpilles. En dehors de cela, elle restait hors des moyens de l’immense majorité des citoyens. Mais tout de même, c’était beaucoup plus discret.


Bon, d’accord. Le fait qu’elle fût proche d’une voiture de James Bond ne jouait pas un médiocre rôle dans sa fascination. Abban l’examinait sous toutes les coutures. Plusieurs constatations s’imposaient. D’abord, il n’y avait pas de réservoir à essence. Ensuite, il n’y avait pas de serrure aux portières. Apparemment pas de contact. Elle démarrait sans doute avec une carte à puce. Quant à la manière dont elle était alimentée, cela demeurait un petit mystère. Abban espérait juste que le plein fût fait. La seule indication était un autocollant avec une série de lettres et de chiffres, sur le capot.

Le jeune homme gratta l’étiquette pour l’arracher et se téléporta dans le bureau qu’ils avaient repéré. Un coffre-fort. Un ordinateur. Ah. Si les informations étaient contenues dans l’ordinateur, ils risquaient d’être un peu embêtés. Abban jeta un coup d’œil au coffre-fort. Il aurait pu le forcer, mais cela risquait de lui prendre beaucoup de temps. Aishlinn irait bien plus vite que lui avec ses mains intangibles. Il promena le regard autour de lui et posa finalement les yeux sur une collection d’encyclopédies.

Dans le bureau des garages ? C’était un peu curieux. Pour la première fois de sa vie, Abban était intriguée par des encyclopédies. Il s’approcha des rangées de volumes de plusieurs milliers de pages, sur la tranche desquels étaient inscrits des successions de lettres et de numéros semblables à celle qu’il avait trouvée. Il ne tarda pas à trouver le volume qui correspondait à la sienne et le tira de l’étagère. Bonne nouvelle : il venait de trouver le manuel d’utilisation de la voiture. Mauvaise nouvelle : c’était vraiment très, très long. Et très compliqué.

Le manuel était adressé à un certain Mr. Al Bakir. De toute évidence, les voitures étaient des commandes spéciales. Celle-ci avait été conçue par un richissime super-héros algérien, condamné à n’en voir jamais la couleur. Heureusement, comme dans tout manuel, il y avait une page démarrage. Abban la parcourut rapidement du regard. Un grand sourire naquit sur ses lèvres.

1. Réglages préliminaires

Votre AMV—SWD vous est livrée avec une mémoire vierge. Vous devez la configurer. Ses contrôles sont biométriques. L’ouverture des portières et le démarrage sont réglées par la combinaison de vos empreintes digitales et de votre rythme cardiaque. Si vous veniez à perdre vos doigts ou votre cœur, veuillez vous reporter à la section 4.3.9.1. (Modalités du service après-vente). Si vous transportez des matériaux radioactifs, que vous êtes vous-même radioactif ou que vous possédez des technologies non-répertories, veuillez vous reporter à la section 1.1.1.3 (Guide de démarrage pour circonstances particulières).

Placez vous devant le véhicule. Posez les deux mains sur le capot. Prononcez à haute et intelligible voix : « AMV — SWD — Start — 0092 ». Si vous veniez à perdre votre voix avant la réception du véhicule, veuillez vous reporter à la section 4.3.9.1 (Modalités du service après-vente). Gardez vos mains sur le véhicule. Le véhicule scanne vos empreintes digitales et votre signature cardiaque. Le processus peut prendre quelques secondes. Le processus est indolore. Vous pouvez retirer vos mains après l’émission du signal sonore. Si vous veniez à perdre votre sens de l’audition avant la réception du véhicule, veuillez vous reporter à la section 4.3.9.1 (Modalités du service après-vente).

Pour configurer le nom et la voix de votre AMV — SWD, reportez-vous à la section 1.1.1.1.2 (Configuration des paramètres personnels).

Pour modifier les paramètres de charge de votre AMV — SWD, reportez-vous à la section 1.1.1.1.3 (Régler les paramètres de charge).

Abban se reporta à la section 1.1.1.1.3 (Régler les paramètres de charge).

1.1.1.1.3. Régler les paramètres de charge

ATTENTION. Votre AMV — SWD vous est livrée pleinement chargée. Ne la mettez pas en charge à réception. Tout dommage causé par une utilisation non conforme du système de charge n’est pas couvert par la garantie. Pour plus d’informations sur la garantie, veuillez vous reporter à la section 4.3.9.1 (Modalités du service après-vente).

L’AMV — SWD est un véhicule solaire. Elle intègre la toute dernière génération non commercialisée de gestion solaire SW Dynamics. Le temps de charge varie entre 5 et 10 heures. L’autonomie est de 20 heures de conduite en utilisation normale, 5 heures de conduite tous systèmes auxiliaires fonctionnels. L’AMV — SWD est compatible avec votre iPhone (câble de connexion non fourni).

L’AMV — SWD intègre un système de captation d’énergie électromagnétique. La captation d’énergie électromagnétique d’un tiers est un crime dans la plupart des pays. SW Dynamics ne peut être tenue pour responsable de l’usage fait du système de captation d’énergie électromagnétique. Pour plus d’informations sur les responsabilités légales de SW Dynamics, veuillez vous reporter à la section 4.3.9.2 (Responsabilités légales relatives à l’usage des technologies invasives et des systèmes d’armement).

Il lui fallait absolument cette voiture. Abban, son manuel à la main, apparut dans les garages à la recherche d’Aishlinn, pendant qu’à l’autre bout du bâtiment, les gardes couvraient d’injures la dernière génération de serrures électromagnétiques intelligentes de SW Dynamics. Pour tout dysfonctionnement des serrures, veuillez vous reporter à la section 4.3.9.1.

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Message posté : Ven 18 Oct 2013 - 3:54 Message
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Un autre chemin fut emprunté, passant à sa manière, au travers des murs qu’elle croisa afin de rejoindre Abban. Les deux bras légèrement écartés, ses pieds glissant un peu sur le sol, elle se stoppa aussi rapidement que possible en voyant, devant elle, un tas de véhicule qui, définitivement, ne pouvaient pas être considérés comme des voitures. Bouche ouverte, ses yeux ne purent s’agrandir plus devant cette vision. Un sifflement passa entre ses lèvres. Si Abban était bien meilleur conducteur qu’elle, ça ne l’empêchait pas d’apprécier les voitures, elle avait passé assez de temps dans le garage de son père pour aimer tout ce qui comportait des roues et un moteur.

L’énergie solaire, tout ce bordel, pour elle, c’était de la connerie. Elle se foutait pas mal des problèmes d’écologies, la bonne voiture, bien polluante, avait au moins le mérite de faire un bruit qui avait toujours sonné comme une mélodie à son oreille. Mais, bon, soi-disant qu’il fallait penser aux générations futures, qu’il fallait préserver ceci ou cela. Son regard finit par se poser sur une personne qui, sans le moindre doute possible, valait bien plus que toutes les meilleures voitures du monde réunies. Elles avaient droit à un sifflement admiratif mais, lui, Abban, ce fut à un sourire que personne d’autre ne pouvait se vanter d’avoir eu un jour venant de l’irlandaise.

Reprenant son pas de course, elle ne se priva de passer au travers des voitures pour pouvoir le rejoindre le plus rapidement possible, s’arrêtant devant la voiture qu’il semblait avoir choisie et, se montrant curieuse du manuel qu’il avait.

_ C’quoi l’intérêt d’faire une bagnole com’ça, s’il faut passer tout’une vie à en lire son fonctionn’ment.

Elle haussa les épaules, c’était bien le genre de comportement qu’elle ne comprenait pas. Toute façon, ça n’avait pas de grande importance, elle se douta bien qu’Abban allait se concentrer sur l’essentiel pour ensuite, tester la voiture en situation réelle. C’était comme ça qu’on apprenait le mieux, non ? Cela dit, lire le fonctionnement de la mise en route devait être aussi long que de chercher à faire démarrer une voiture standard. Quoique, dans le deuxième cas de figure, il y avait fort à parier que ça devait être plus rapide. Et, comme Abban avait déjà pris le soin de lire tout ça, elle tendit les mains pour le débarrasser du manuel. Il avait bien besoin de ses deux mains pour la reconnaissance des empreintes, non ?

_ J’t’laisse faire, j’vais chercher un moyen d’sortir d’ici rapid’ment.

Les portes ne resteraient pas éternellement fermées, le virus avait une durée de vie limitée. Elle s’éloigna pour se retrouver devant une porte qui donnait à l’extérieur. La bonne porte de garage, enfin, sauf que là son ouverture était ultra sécurisée et, surtout impossible pour le moment à cause du virus injecté dans le système informatique. Son regard passa, tour à tour, d’une voiture au hasard à la porte de sortie, un sourire commençant doucement à se dessiner sur ses lèvres. Elle se tourna et, s’appuya, dos contre la tôle pour, se dématérialiser sauf que, au lieu de chercher à passer au travers, elle resta planté là à dématérialisé ce qu’elle touchait, étendant au maximum ses capacités.

Elle s’avança soudainement relâchant son pouvoir, gardant un sourire accroché aux lèvres. Une voiture était bien trop lourde à dématérialiser mais, un espace suffisant sur la porte pour faire sortir une voiture, c’était jouable. Un regard sur une des caméras qui indiquait, par un petit voyant rouge, son état de non-fonctionnement, elle se rendit dans le bureau pour tomber sur le coffre-fort, duquel – avec ses pouvoirs – elle sortit une liasse de carte magnétique.

_ C’quoi la référence d’la voiture ?

Aucun idée du fonctionnement de ces cartes, ni même à quoi elles pouvaient servir mais vu qu’il y en avait une à la référence donnée, elle l’enfonça dans une de ses poches avant de remettre les autres en place. Des brevets de construction se trouvaient aussi dans le coffre mais, après avoir réfléchi deux secondes, elle les laissa en place. Voler une voiture était une chose mais, un brevet, là, on risquait réellement de les chercher avec beaucoup plus d’entrain. Beaucoup trop en réalité. Elle quitta le bureau

_ T’en sors ? J’sais pas combien d’temps il nous reste.

Elle attrapa un truc pour aller dégommer la caméra qui, en se remettant en route, ne pourrait pas capter d’images des jumeaux. Il y avait plus qu’à espérer qu’ils pourraient se barrer avant que les gardiens ne puissent venir jusqu’ici et donner une description, même partielle des jumeaux. Elle retourna auprès d’Abban pour lui expliquer le plan de sortie.

_ J’laisse tomber l’idée d’essayer d’déverrouiller la porte d’sortie pour les voitures. L’système est HS pour l’moment et ç’nous prendrait trop d’temps une fois qu’l’virus n’s’ra plus actif sur l’système d’sécurité. Son regard se tourna vers la porte en question avant de revenir sur Abban, un sourire énorme sur le visage. T’vas devoir m’rouler d’ssus.

Enfin, passer au travers serait plus exact, en fait. Mais l’idée était là, une fois que la voiture serait démarrer, elle n’aurait plus qu’à dématérialiser un passage pour Abban et la voiture sauf que, pour ça, elle devait rester en contact avec la porte, ce qui impliquait forcément, qu’à un moment ou à un autre, une voiture en mouvement passerait au travers de son corps intangible.
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Message posté : Sam 19 Oct 2013 - 9:57 Message
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Tout enthousiaste conducteur qu’il fût, Abban commençait à se sentir légèrement migraineux. Au moins, c’était le point positif, il avait compris exactement comment il fallait faire pour démarrer la voiture. Cela continuait à lui paraître improbable. Des véhicules, il en avait volés beaucoup dans sa carrière déjà assez longue de criminel, mais des véhicules qu’il fallait caresser pour réveiller, sans aucun moyen de les faire démarrer autrement que par son propre corps et qui fonctionnait à l’énergie solaire et à la captation d’il-ne-savait-trop quelle autre énergie il-ne-savait-trop où, ça, c’était une première.

Il répondit au sourire de sa sœur.

— ‘Tain, c’pire qu’un manuel d’cuisine français, j’te jure.

Les Français avaient toujours soixante-deux manières de couper les pommes de terre avec des noms pas du tout intuitifs. Mais il fallait leur reconnaître qu’ils savaient parfaitement ce qu’ils faisaient et que le résultat était à la hauteur des espérances du cuisinier. Il espérait qu’il en serait de même avec la voiture. Suivant scrupuleusement les instructions, il posa les deux mains bien à plat sur le capot et articula aussi intelligiblement que possible :

— AMV SWD 0092.

Il y eut un très léger vrombissement quand la voiture se mit en marche et Abban sentit une douce chaleur sous ses mains. Il osait à peine respirer, comme si le moindre mouvement allait compromettre tout le processus et le priver de son nouveau jouet. Cinq secondes plus tard, une note de musique se fit entendre. Est-ce que c’était le signal sonore ? Abban regarda avec angoisse le véhicule, qui ne semblait pas décidé à donner plus d’indication. Il retira les mains du capot, avant de se retourner vers Aishlinn, qui avait un plan tout à fait raisonnable.

— OK. On s’casse vite et on r’garde une fois dans la bagnole comment désactiver l’GPS, si y en a un.

Rouler sur sa sœur lui paraissait tout à fait naturel, tout aussi naturel que de se lever le matin, de disparaître et de revenir la seconde suivante avec des croissants. Jusqu’à présent, les pouvoirs des jumeaux n’avaient jamais été très impressionnants, mais ils n’avaient pas connu non plus beaucoup de difficultés ; cette stabilité avait longtemps satisfait Abban et les récentes évolutions lui faisaient parfois craindre qu’elle fût remise en cause.

Il se tourna à nouveau devant la voiture, toujours pas très sûr qu’elle fonctionnerait. Mais la porte s’ouvrit sans difficulté. Il s’installa sur le siège conducteur qui épousait étrangement sa forme et se rapprochait de lui-même du volant. À peine ses doigts s’étaient-ils refermés autour du volant que le tableau de bord s’illumina. Il avait l’air presque normal : l’essentiel des fonctionnalités exotiques avaient été intégrées à l’écran tactile guère surprenant dans un véhicule de ce standing. C’était en somme la version banalisée de la Batmobile.

Abban fit rugir le moteur. Qui ne rugit pas du tout. La voiture était parfaitement silencieuse — du moins sa mécanique ne faisait-elle aucun bruit. Même si Abban avait sérieusement suivi les cours de son père, il doutait d’être jamais capable de réparer un pareil engin, s’ils venaient à rencontrer, un jour, une difficulté. Dégoter un petit génie au Cartel allait devenir une priorité — fort heureusement, il avait quelques noms en tête.

[orchid]— Bonjour. Voulez-vous configurer votre nom ?[/orchid]

Abban faillit sursauter, occupé qu’il était à guetter Aishlinn qui se mettait en place et à attendre un signe de sa sœur. Il se reprit pour articuler :

— Passeur.
— Bonjour, Passeur. Il est 03 : 57, le 10 octobre 2013. Est-ce exact ?
— Oui ?

C’était bien la première fois qu’il bavardait avec une automobile. Signe de tête d’Aishlinn. La voiture s’élança, plus discrète encore qu’une voiture électrique ordinaire. Abban n’avait pas encore eu le temps de se reporter à la section consacrée au dispositif d’absorption sonore. Dans le silence le plus complet de la nuit, la voiture passa à travers Aishlinn et la porte du garage, pour atterrir dans une toute petite ruelle. Un dérapage inhumainement contrôlé l’empêcha de rentrer dans un mur très tangible, lui, et Abban s’extasia intérieurement sur les réflexes du véhicule.

Quand Aishlinn posa la main sur la portière passager, la voix douce de la voiture s’éleva :

— Tentative d’intrusion. Voulez-vous activer les systèmes de défense ?

Un peu paniqué, Abban s’empressa de répondre :

— Non non non ! Euh… Ouvre la porte ?

La porte passager s’ouvrît d’elle-même et, quand Aishlinn se fut installée et que le siège eut pris la forme adéquate, elle se referma. Abban tendit le manuel à sa sœur.

— Tiens, un peu de lecture. Bon courage. Ou alors, attends…

Abban se pencha vers le tableau de bord.

— Désactive la localisation.
— Veuillez épeler le code de sécurité.
— ‘Videmment.
— Reportez vous à la section 3.4.2.4 du manuel d’utilisation.

Derrière eux, une alarme retentit. La voiture était sortie du périmètre du bâtiment, les satellites l’avaient détecté et ce qui avait survécu, dans le système de sécurité, au virus, signalait la fuite de l’un des véhicules. Aux gardes qui venaient à peine de triompher des serrures de sécurité. Abban profita de la panique et démarra en trombe — comme un fantôme, leur nouveau bijou s’engagea dans le trafic.
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Message posté : Dim 20 Oct 2013 - 23:21 Message
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Signe de tête, sourire. Abban traversa la porte, elle aussi par la même occasion. Cette action à peine faite, Aishlinn, baissa la tête, relâchant son emprise sur la porte, restant toujours du côté du garage, son sourire ayant complètement disparu. Légèrement penchée en ayant, elle reprit une inspiration, passant le revers de sa manche sous son nez. Croire que ça lui était totalement naturel n’était pas tout à fait vrai. La voir passer au travers d’un mur était bien différent que de s’amuser à rendre intangible toute une surface pour, ensuite, laisser passer une voiture au travers d’elle. Ça tirait sur les limites de ses pouvoirs et, qu’elle le veuille ou non, c’était fatigant. Un long soupir s’échappa de ses lèvres alors qu’elle se redressa, après deux petites secondes et, dans une nouvelle activation de son pouvoir, elle fit un pas en arrière pour se retrouver dehors, affichant de nouveau un sourire sur ses lèvres.

Retrouvant l’attitude de celle qui « fait ça tous les jours au petit dej’ », elle parcourut, en courant, la distance qui la séparait de son frère. L’idée de passer au travers de la portière pour entrer à l’intérieur lui traversa l’esprit mais, non, elle se ravisa préférant utiliser des méthodes plus conventionnelles. Sérieusement ?! C’était une voiture qui était en train de lui interdire l’accès à son frère ? Là, sur le coup, la voiture en question devenait beaucoup moins intéressante, du moins, jusqu’à ce que la portière s’ouvre enfin et qu’elle puisse s’installer à l’intérieur. La voiture reprit un peu plus de place dans l’estime d’Aishlinn quand elle s’assura du confort maximal de l’Irlandaise. Mouais… Il y avait intérêt.

_ Sérieux, ils d’vraient songer à laisser quelqu’trucs simples quand même. Elle ouvrit le manuel d’utilisation pour se reporter à la section demandée. Ça dit qu’le code d’sécurité c’est celui qu’l’on a choisi à la commande d’la voiture. Qu’ils n’avaient pas commandé, bien évidemment. Ah atta, y a un truc en cas d’oubli.

Elle ne savait pas ce qui était le plus compliqué : faire fonctionner la totalité des options de cette voiture ou passer d’une section à une autre dans ce fichu manuel qui devait peser, sans exagération de la part d’Aishlinn, au moins 15 tonnes. Et, forcément, une fois la nouvelle section trouvée, le manuel l’envoya dans une autre partie… Elle soupira, parce qu’il s’agissait quand même de faire vite.

_ Alors, en cas de perte ou d’oubli de votre mot de base, vous pouvez le reprogrammer à l’aide de la carte fournit à la livraison… Blabla… Elle continua de lire silencieusement. Ouais, donc, en gros faut mettre l’carte ici. De l’index elle désigna un endroit sur le tableau de bord. Ça va scanner tout un tas d’trucs via l’volant pour s’assurer qu’t’es bien la personne qui a mis en route la voiture et, ‘suite, tu r’donnes un nouveau mot d’passe.

La première bonne nouvelle c’était qu’Abban était bien celui qui avait mis la voiture en route donc, au niveau du scan ça ne devait pas poser le moindre souci. La deuxième bonne nouvelle… Aishlinn enfonça la main dans l’une de ses poches pour en sortir une carte magnétique.

_ J’espère qu’t’sais déjà c’qu’ tu veux com’ nouveau code.

Elle se pencha un peu et inséra la carte. Moins d’une seconde après la voiture commença à causer de protocole de réinitialisation de code de sécurité. La jumelle se repositionna correctement dans le siège passager qui, définitivement était très confortable. Son frère avait toujours eu le don de choisir les bonnes voitures même si, dans les faits, n’importe quelles voitures de l’entreprise auraient très bien pu les satisfaire. Il était évident que cette voiture était celle de son jumeau et, c’était pour cette raison qu’elle le laissa gérer avec la voix de la voiture pour définir un nouveau code de sécurité. Pendant ce temps, Aishlinn parcourait la table des matières du véhicule.

_ ‘Tain, j’sais pas c’que fait l’supposé propriétaire d’la voiture mais, qui commande d’plaques d’immatriculation changeantes sur une nouvelle bagnole ? Fallait vraiment avoir envie de faire des choses pas très légales… Ha, les limitations de vitesse, ça devait être fait pour ça. T’sais quoi, y a même un mode autopilote. Truc qui semblait un peu étrange, quel intérêt d’avoir une voiture comme ça si ce n’était pas pour en profiter. Elle se reporta à une autre section, ouvrit grands les yeux, un peu hallucinée. ‘Fait, t’aurais pu défoncer l‘porte, j’crois… elle est faite pour être super résistante.

En fait, à chaque section parcourue, elle s’étonna un peu plus devant les particularités de cette voiture. D’ailleurs, elle n’était plus vraiment certaine de devoir qualifier la voiture de voiture, ça allait bien au-delà de ça. Batman pouvait aller se recoucher avec son truc tout pourri, pff.  Aishlinn, dans un sourire tourna la tête vers son jumeau.

_ T’crois, elle sait faire l’café aussi ?
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Message posté : Lun 21 Oct 2013 - 10:05 Message
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Les gardes déboulèrent dans le garage, constatèrent un grand vide dans leur existence et sentirent monter en eux l’angoisse. L’un des hommes, après avoir nerveusement joué avec son badge qu’à son humble avis, il n’allait pas voir longtemps, murmura en guise de consolation :

— Au moins, ils ont pas pris la Protonoïde 235.

Les gardes échangèrent des regards entendus. C’était une chose de voler une voiture, c’en était une autre de voler la Protonoïde 235, qui attendait toujours dans le garage sa livraison au gouvernement. La Protonoïde 235 et ses torpilles, et ses mitraillettes, et son lance-flamme, et ses mines. Non, les jumeaux avaient probablement volé la voiture la plus pacifique du garage, par hasard ou par instinct, puisque dans le manuel qu’Aishlinn parcourait fébrilement, en dehors des systèmes de sécurité qui protégeaient le véhicule, il n’était pas vraiment question de fusiller quoi que ce fût.

Une fois la manœuvre appropriée déterminée, Abban épela un code fait de chiffres et de lettres, parfaitement aléatoire. Ils en avaient vus trop souvent, dans leur carrière, des codes évidents et grossiers pour se laisser prendre au piège d’une séquence trop signifiante et trop évocatrice. Abban comptait sur son excellente mémoire, habituée à engranger plans, informations, chiffres, destinations et recommandations, pour se souvenir du nouveau code dans le détail, si un jour ils parvenaient à reconfigurer entièrement la localisation pour échapper à la surveillance de SW Dynamics et désiraient réactiver le système.

En tout cas, ils avaient dû être assez rapides ou les gardes assez désorientés, parce qu’ils n’avaient pas de poursuivants. La voiture continuait à filer dans un silence absolu par les rues de la ville, tandis qu’Aishlinn en énumérait quelques-unes des possibilités. Sérieusement d’abord, Abban se mit à chercher la cafetière, avant de demander, puisque apparemment c’était encore la meilleure manière de découvrir tous les détails :

— Eeeuh… Voiture ?
— Voulez-vous configurer un nom ?

C’était le début d’une longue voiture qui prendrait un tournant plus étrange encore que, deux jours plus tard, sa voiture lui demanderait s’il voulait configurer le module « intelligence évolutive et simulateur de personnalité », qui donnerait à la Voiture un caractère si particulier. Pour l’heure, Abban en était encore à la première étape. Il réfléchissait dur et finit par déclarer, assez fier de lui :

— Oui. Macha.

Macha, la déesse celtique qui courait plus vite que n’importe quel cheval. C’était un peu païen, d’accord, mais c’était irlandais, alors ça compensait.

— Donc, Macha ?
— Oui, Passeur ?
— Tu fais le café ?
— Négatif. Pour les options complémentaires, veuillez vous reporter…
— D’accord, d’accord, tant pis.

Abban s’engagea vers une zone industrielle, à la recherche d’un parking excentré et désert où ils pourraient réfléchir plus calmement à la suite des opérations. Parce qu’il était évident qu’ils n’allaient pas garer leur petit bijou sur Lincoln Street. La distance importait peu, puisqu’il pouvait s’y téléporter (et régler l’autopilote pour qu’elle le rejoignît, mais il n’avait pas encore potassé le manuel), mais il fallait tout de même un emplacement discret.

Une fois garé, Abban s’appuya sur le dossier de son siège.

— Bon, d’abord, Macha, est-ce que tu peux, je ne sais pas, autoriser l’accès à Aishlinn ?
— Pour ajouter une nouvelle signature d’ouverture, veuillez placer les mains sur le tableau de bord.

L’Irlandais jeta un regard à sa jumelle qui, en quelques secondes, fut dument scannée.

— Signature ajoutée. Déterminez la priorité : administratrice, chauffeuse occasionnelle, passagère régulière, passagère occasionnelle.
— Administratrice.
— Priorité réglée.

Décidément, Abban avait un peu de mal à se faire à la discussion avec un ordinateur de bord. Lui qui n’avait déjà pas de téléphone avec la commande vocale vivait une transition un peu soudaine dans le monde de la technologie de pointe d’accès restreint. Mais pour une fois, il n’était pas opposé à l’idée d’étudier méticuleusement l’épais manuel qui accompagnait Macha, pour découvrir aussi vite que possible toutes les fabuleuses propriétés de la fabuleuse voiture.

Le jeune homme tourna le regard vers Aishlinn.

— On s’est pas mal débrouillés, pas vrai ? Avec ça, on va sûrement nous proposer des trucs cools, après.

De fait, cambrioler SW Dynamics avait été un beau coup et le vol de la super-voiture leur offrait un peu de la publicité qui leur manquait cruellement. L’ascension sociale, au sein du Cartel, que cette soirée leur permettrait était un bénéfice certes intangible mais presque aussi considérable que celui de Macha.

— L’truc avec la porte, là, c’tait vachement impressionnant. Tu t’entraines, du coup, ou bien ?

Ils en avaient un peu parlé, le soir de sa détestable rencontre avec Henry, quand sa téléportation avait fait un bond en avant. Abban cernait un peu moins clairement les limites et les possibilités de pouvoir de sa sœur et Aishlinn n’avait pas montré un enthousiasme débordant à l’idée de le perfectionner.

— ‘Chais pas, genre, t’imagines, si t’arrivais à dématérialiser la voiture. Les gens vont finir cinglés grâce à nous.

Voir un bolide véritablement suréquipé débarquer dans votre villa avait sans doute de quoi perturber vos catégories mentales.
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K2013 (Mac Aoidh)

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