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Va faire ses courses #Jay

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Message posté : Jeu 10 Oct 2013 - 23:33 Message
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Aishlinn admettait volontiers qu’il était frustrant de ne pas avoir tous les ingrédients nécessaires, pour une recette, à une heure très avancée de la nuit. En aucun cas, elle avouerait que vouloir faire un gâteau à cette même heure, peut également cacher une tout autre sorte de frustration. Non, dans son esprit, il n’y avait pas d’heure pour faire la cuisine, voilà tout. En aucun cas c’était à cause d’un ennui, d’un manque de sommeil et de l’absence de son jumeau qui devait être… Non, en fait, elle ne voulait pas imaginer où il pouvait être, ni dans quelle posture. Il y a des images dont elle se passait très bien.

Dans sa cuisine, les mains sur les hanches à soupirer face à son manque d’œufs, Ashban et Abline, les deux chats qui jouaient les terreurs dans l’appartement, semblaient lui lancer des regards interrogateurs. Ce qu’elle prit comme un reproche alors, qu’eux s’estimèrent plus qu’explicites : pourquoi leurs gamelles étaient encore vides ? Aishlinn pointa son index en direction des deux, avec un air qu’elle voulut menaçant mais qui n’impressionna personne dans la pièce.

_ Je devrais vous échanger contre des poules !

Il était évident que ce n’était pas de la faute d’Abban ou de l’Irlandaise si le frigo ne comportait plus d’œufs mais, bien de la faute des deux chats qui étaient incapables d’en pondre. Ce que la vie était mal fichue quand même ! Elle secoua la tête dans un nouveau soupir avant d’aller enfiler un pull et de mettre des converses aux pieds. Elle passa la porte de son appartement, sans prendre la peine de l’ouvrir, en enfilant sa veste en cuir et quitta l’immeuble pour se retrouver dehors, en pleine nuit… Merde, il ne faisait pas si chaud que ça à cette heure-ci.

Aishlinn avait bien songé à se servir chez un de ses voisins mais, les règles étaient claires à ce niveau-là : on ne vole pas les gens du même immeuble, sauf s’il existe une raison suffisante. Une envie de gâteau à 4h du matin n’entrait pas dans ce règlement pourtant souple. En revanche, cela ne s’étendait pas à toutes les maisons et appartements de la rue. Bien trop de contraintes sinon. Elle erra un petit moment dans la Fremont Street avec l’idée de pousser jusqu’à une épicerie mais, le vent frais, la dissuada bien assez vite de s’y rendre alors… Comme il lui fallait vraiment ses ingrédients, elle porta son dévolu sur une baraque.

Le choix de la maison fut des plus aléatoires, comme une enfant, Aishlinn avait élaboré une petite chanson servant de décompte en pointant, de l’index, des maisons différentes. La maison, désignée par le bout de son doigt, Aishlinn se retrouva bien vite devant la porte d’entrée. Elle se saurait amusée à crocheter la serrure en temps normal mais, pas cette fois parce que : Un, il faisait définitivement trop frais pour perdre du temps. Deux, elle n’avait aucune envie de se foirer et bousiller la serrure de quelqu’un qui allait la dépanner malgré lui. Trois, le but était de se faire la plus discrète possible.

L’Irlandaise traversa la porte d’entrée en attrapant sa lampe-torche qu’elle avait dans la poche – elle ne sortait jamais sans, tout comme la trousse de crochetage dans une autre de ses poches. Son faisceau lumineux passa dans l’entrée pour tenter de déterminer combien de personnes pouvaient vivre sous ce toit mais, elle abandonna très vite l’idée. Chopper des œufs, repartir, ce n’était pas la mort, elle pouvait faire ça en moins de deux minutes sans réfléchir à une stratégie de repli.

Elle passa la petite entrée pour déboucher assez rapidement sur la cuisine, où elle manqua de faire une crise cardiaque. Il était inconcevable, pour la cuisinière en herbe qu’elle était, de trouver un endroit aussi peu fonctionnel. En réalité, il pouvait l’être pour l’usage précaire qu’en faisaient les habitants de ce lieu mais, sûrement pas pour elle. Elle secoua la tête complètement dépitée en se dirigeant vers le frigo. Une main sur la poignée, elle l’ouvrit et, dans la seconde suivante une bouteille en verre explosa sur le sol.

_ Merde.

Juste un murmure. Les gens n’étaient pas foutus de ranger correctement leur frigo, s’en était navrant en plus d’être particulièrement bruyant. Baissant les yeux sur les bouts de verre sur le sol, elle soupira. Son regard se porta à nouveau sur l’intérieur du frigo qui, décidément ne laissait pas présager des repas dignes de son nom et, remettant la lampe-torche dans sa poche, c’est avec l’aide de ses deux mains qu’elle entreprit de trouver une boite d’œufs. Tout le monde avait ça chez lui, c’était obligé. Sauf elle mais, c’était du détail. Et forcément, concentrée dans sa tâche pour être le plus rapide possible, et faire moins de bruit, elle ne prit pas tellement garde aux bruits environnants. Peut-être aussi à cause du ronronnement du frigo.
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Message posté : Ven 11 Oct 2013 - 15:44 Message
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C'était assez rare que Jay décide de rester « chez lui » plutôt que d'accompagner ses frangins au Circus ou au bar du coin. Mais ce soir-là il n'était pas franchement d'humeur. Pour une raison qui lui était inconnue, le texan avait envie de se retrouver un peu seul et surtout, tranquille. La mégère qui lui tenait lieu de génitrice – et non de mère – était échouée sur son lit et ne bougerait pas de là avant longtemps. Si elle leur racontait qu'elle avait été belle par le passé, Jay avait beaucoup de mal à imaginer qu'une femme aussi large que haute et avec le savoir-vivre d'un homme préhistorique puisse avoir réussi à être autre chose lorsqu'elle était jeune. Autant dire qu'il ne se souciait pas vraiment d'elle – comme tous ses frères d'ailleurs – et qu'il la laissait sans regrets traîner dans sa chambre sans se soucier d'elle. Enfin si, par acquit de conscience il allait jeter un coup d’œil une fois par jour pour vérifier qu'elle respirait encore. Avec l'odeur permanente qui flottait dans la maison, ils auraient mis plusieurs jours avant de remarquer celle d'un cadavre, mieux valait s'en assurer avant que ce ne soit le cas !

Les trois autres s'étaient donc envolés depuis plusieurs heures et ne rentreraient certainement pas avant un petit moment, peut-être même pas de la soirée. Ils avaient souvent terminé leur soirée au poste de police et si Earl essayait encore de draguer une minette, il pourrait bien finir à l'hôpital. Bref, c'était la tranquillité assurée pour la soirée, ou du moins c'était ce qu'il croyait.

Le ronflement ininterrompu de sa génitrice traversait les murs jusqu'à atteindre sa chambre et l'empêchait de dormir. Peut-être parce qu'il était trop concentré sur ce bruit Jay n'entendit rien d'autre jusqu'à ce qu'un bruit de verre qui explosait le fasse sursauter. Il quitta rapidement son lit – encore habillé bien évidemment – avant de se glisser jusqu'à la porte de la pièce pour se glisser dans le couloir et tendre l'oreille. Pas de bruit particulier, le ronflement avait simplement sursauté avant de reprendre, ce n'était donc pas sa mère. Quand bien même aurait-elle bougé, elle n'aurait pas réussi à le faire seule ou alors en dégommant la moitié des meubles sur le chemin, autant dire que Jay était persuadé que ce n'était pas elle. Un de ses frangins qui venait de rentrer plus tôt que prévu ? C'était peu probable, il les aurait entendus arriver. Ne sachant pas trop à quoi il allait avoir affaire, le texan considéra que c'était certainement un cambrioleur. Quel crétin, ils n'avaient rien de valeur ici et ne prenaient même pas le temps de fermer la porte tous les soirs. Qui donc viendrait chez eux pour voler des trucs alors que leur maison ressemblait à une décharge ?

Décidant d'opter pour la sûreté, Jay avança dans le couloir, passant devant les portes closes des autres chambres et attrapant au passage une batte de base-ball posée contre le mur. Elle avait été utilisée plus de fois pour frapper des têtes-de-nœuds que des balles, autant dire qu'il savait comment s'y prendre ! Lorsqu'il déboucha dans la cuisine, son regard se porta vers le réfrigérateur dont le bruit attira son attention et quelle ne fut pas sa surprise de voir une silhouette qui ne lui rappelait rien. Un cambrioleur qui volait de la bouffe ? Quelle drôle d'idée ! Levant sa main libre vers l'interrupteur de pièce, Jay l'enclencha et la cuisine s'éclaira aussitôt, le forçant à plisser les yeux quelques secondes.

« Qu'est-ce que tu fous là ? T'es qui d'abord ? » Les questions principales, même s'il y avait fort à parier qu'elle était en train de fouiller dans leur frigo pour trouver de la bouffe. « Si t'es venue cambrioler, t'es tombée sur la mauvaise maison. »

Le ton était à la fois menaçant, mais surtout contrarié. Esquissant un pas en direction de la silhouette, Jay leva au même moment sa batte. Pas question de défoncer le frigo, mais s'il pouvait déjà faire flipper le cambrioleur en herbe, c'était un bon début !
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Message posté : Sam 12 Oct 2013 - 2:57 Message
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Aishlinn s’interrompit dans ses recherches, la boite d’œufs au bout des doigts, les mains toujours dans le frigo quand la lumière s’alluma. Son « Et merde ! » fut articulé de manière silencieuse avant de se redresser et de se tourner pour voir un type avec une batte de baseball. L’Irlandaise écarquilla les yeux, un instant avant de lever très légèrement les mains, dont l’une contenait les œufs. En revanche, très rapidement, son regard se porta sur ses solutions de repli pour s’enfuir avec, en dernier recours, la possibilité de se dématérialiser pour regagner la sortie. Les premières questions étaient légitimes, en revanche sa dernière phrase… Aishlinn secoua vivement la tête.

_ Non, ‘sûr qu’non, j’suis pas venue vous cambrioler.

Elle parut presque étonnée et offusquée qu’il puisse imaginer ça. Pour elle il était évident que venir chercher des œufs n’était pas considérer comme un cambriolage puis, sérieusement, qu’est-ce qu’elle aurait bien pu voler ici ? Elle plissa légèrement les yeux, regarda autour d’elle. Non, à première vue, elle ne trouva rien qui mérite d’être volé. Elle avait cependant fait un léger pas en arrière quand il avait levé sa main armée mais, très vite, elle tendit sa main de libre devant elle.

_ Vous avez des chaussures ? Question qui pouvait surprendre au premier abord mais, elle reprit très vite en désignant le sol. J’viens d’casser une bouteille. D’ailleurs, j’suis désolée, elle est tombée au moment où j’ai ouvert la porte du frigo. ‘Fin, bref, j’m’en voudrais si vous en veniez à vous couper les pieds.

Oui parce qu’elle était juste venue pour un truc, sans vouloir déranger personne et encore moins blessé un occupant de la maison à cause d’une maladresse qui n’était pourtant pas de son fait. Lui en revanche semblant bien moins préoccupé par ce genre de considérations à en juger par la batte qu’il avait dans les mains. A aucun moment Aishlinn ne semblait avoir peur, son pas en arrière était de la pure précaution mais ça n’allait pas plus loin. Cela dit, elle ne sentait pas en faute non plus étant donné que pour elle, ça n’avait rien d’un cambriolage. Oui, rentrer chez quelqu’un en plein milieu de la nuit, ne rentrait pas dans les choses nuisibles de sa morale un peu douteuse et pas très dans les règles établies par la société.

_ Écoutez, j’suis juste venue chercher des œufs. Elle secoua un peu la boîte supposée confirmer ce qu’elle venait de dire. J’en avais plus à la maison et, comme j’venais d’commencer une recette, j’pouvais pas m’en passer. C’tout. Et c’était surtout très logique et une très bonne excuse dans l’esprit de l’Irlandaise. Mais, j’comptais vous les rendre hein, c’était juste en dépannage.

Là aussi, à l’écouter, c’était la logique même, parce qu’on ne volait pas ses voisins, on empruntait. Une différence qu’elle faisait très bien même si la manière de s’y prendre pouvait laisser à désirer. Elle comprenait, évidemment, qu’il puisse se montrer hostile, c’était d’ailleurs pour ça qu’elle ne se montrait pas agressive à son tour. Elle était en tort, juste un peu – faut pas déconner non plus – alors, sa meilleure option était encore de lui dire la vérité, ce qu’elle s’était appliquée à faire avec une certaine innocence. Oui, tout ça lui semblait être parfaitement normal.

_ ’Fin, j’voulais pas vous réveiller hein et, même qu’j’comptais ramasser mes conneries. Enfin, c’la dit, faudrait veiller à ranger un peu mieux votre frigo pour éviter c’genre d’désagrément. Ben oui, quand même, qui rangeait à la va-vite dans un frigo, c’était sacré quand même. C’que j’ferais beaucoup mieux si vous aviez un balai à la place d’votre batte, évid’mment.

Elle haussa les épaules pour souligner cette évidence et aussi pour lui dire que ça ne servait pas à grand-chose de la menacer avec une batte de baseball. De toute façon, il ne le savait pas, mais il n’arriverait pas à la toucher, à partir du moment où la batte descendrait dans sa direction, elle serait déjà intangible avant que ça puisse l’atteindre. Comme il était évident qu’elle ne serait pas partie sans nettoyer. L’homme, dont elle ne connaissait pas le prénom, était un voisin et, de ce fait, il gagnait forcément un traitement de faveur comparé à d’autres gens chez qui elle avait pu aller.

Elle s’arrêta là dans ses explications parce que, hormis le fait de ne pas avoir répondu à qui elle était, elle avait répondu aux interrogations de l’homme. Et, si ça l’ennuyait de partir comme une voleuse à cause de la bouteille fracassée sur le sol, elle n’hésiterait pourtant pas à le faire s’il devenait vraiment trop hostile à son encontre. Elle préservait les relations de bons voisinages mais elle n’était pas suicidaire pour autant.
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Message posté : Sam 12 Oct 2013 - 20:06 Message
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Visiblement l'intrus qui se révélait être une intruse semblait étonnée d'être prise sur le fait. Elle croyait franchement pouvoir s'en tirer sans emmerdes alors qu'elle venait d'exploser une bouteille par terre ? Jay ne baissa pas sa garde pour autant, il savait que les nanas qui avaient l'air sans défense l'étaient rarement, surtout pas lorsqu'elles débarquaient dans votre cuisine au milieu de la nuit. Habitué à cambrioler, il vérifiait si elle n'avait effectivement pas de « matériel » qui lui montrerait qu'elle mentait, mais effectivement la gamine n'était armée que d’œufs et à moins qu'ils ne soient pourris, Jay n'avait pas grand-chose à craindre. Le fait qu'elle avait l'air offusquée le laissa de marbre : à s'introduire dans une maison qui n'était pas elle, elle n'avait que ce qu'elle méritait ! Une chance qu'il ne soit pas impulsif – enfin façon de parler – sans quoi elle se serait ramassée un coup de batte s'il avait été de mauvaise humeur. Comme trois-quarts du temps en fait.

Toujours silencieux le texan la dévisagea alors qu'elle reculait d'un pas sans avoir l'air effrayée pour autant. Une chose était certaine : cette nana n'était pas sans défense. Jay avait suffisamment effrayé de gamines pour savoir que celles qui étaient capables de se défendre n'avaient jamais l'air inquiètes ou effrayées et c'était le cas de celle qui se tenait face à lui. Le trentenaire fut assez étonné d'entendre la question qu'elle lui posa et ne comprit que lorsqu'elle lui parla de la bouteille cassée. Baissant les pieds vers le sol Jay constata que c'était effectivement plutôt dangereux puisqu'il n'avait pas de chaussure. Peu importait, au Circus il avait fait pire que marcher sur du verre. Au final, comme la gamine enchaînait en expliquant ce qu'elle foutait ici et en prétextant qu'elle avait l'intention de nettoyer le bordel qu'elle venait de foutre, Jay décida de se montrer moins méfiant. La situation était vraiment bizarre, il avait du mal à se dire qu'il était réellement dans la cuisine en train de causer avec une nana débarquée de nulle part. Il soupira avant de baisser sa batte pour la poser tête vers le bas, appuyée contre le meuble à côté de lui.

« Tu me prends pour une petite vieille ? Tu crois qu'je vais chasser les cambrioleurs avec mon balai ? » Il aurait l'air fin tiens, pas qu'il se souciait vraiment de ce que les voleurs pouvaient penser de lui, mais une batte était plus dissuasive qu'un balai. « Puis si t'étais pas venue fouiller dans notre frigo, t'aurais pas c'genre d'désagrément. » Il l'imitait volontaire pour bien souligner qu'au fond, elle n'avait rien à faire ici. « On s'en sert presque pas de ce frigo, je vois pas pourquoi on s'emmerderait à le ranger. Du moment qu'on peut ranger les bières, le reste c'est secondaire. »

Chacun ses priorités, ils n'avaient visiblement pas les mêmes. Toujours est-il qu'il avait bien compris que cette gamine n'était pas ici pour les cambrioler, mais tout de même, l'idée d'avoir une nana qui pouvait débarquer de n'importe où n'importe quand juste parce qu’elle avait besoin d’œufs ne l'enchantait pas. Bon, ce n'était pas qu'il avait grand-chose à cacher, mais tout de même ! Son regard se détourna d'elle pour désigner une espèce de placard situé quelques mètres derrière elle.

« J'crois que t'as un balai là-dedans. Je sais plus. On s'en sert pas souvent. »

Pas la peine d'être devin pour le savoir. C'était aussi pour cette raison que l'état du frigo était compréhensible : la maison qu'ils utilisaient quotidiennement ressemblait à un dépotoir, alors pour quelle raison l'endroit où ils stockaient simplement leurs bières serait-il différent ? Le texan reporta son attention sur la nana. Son visage lui disait vaguement quelque chose, mais il n'avait jamais été très physionomiste et était bien incapable de se souvenir où il l'aurait vue. En fait, elle était surtout la jumelle d'un mioche qui l'avait emmerdé il y a peu de temps et vu la gueule de minet qu'Abban se ramassait, Jay l'identifiait certainement avec sa sœur.

« T'es du quartier ? Ta tête me dit quelque chose. » Au moins le ton n'était pas trop hostile et la batte était posée, signe de paix ? « Et que ce soit clair entre nous, la prochaine fois que tu veux un truc, tu sonnes avant de rentrer chez moi. T'as de la chance d'avoir évité le coup de batte, j'aime pas les gens qui s'introduisent chez moi, surtout lorsque c'est des gamines. » Ou des femmes, non mais elles se croyaient où ? « Tu croyais que j'allais pas remarquer que quelqu'un était rentré chez moi ? » Ce qui était parfaitement vrai cela dit, mais il ne l'avouerait pas. « Par contre j'suis pas sûr qu'ils soient encore bons. Au pire si t'es malade demain, c'est qu'ils sont pourris. » Excellente manière d'identifier les choses périmées après tout ! « Puis si l'état du frigo t'emmerde autant, te gênes pas si tu veux le ranger. »

Tant qu'à avoir une femme sous la main, autant qu'elle serve à quelque chose, non ?
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Message posté : Dim 13 Oct 2013 - 0:58 Message
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Aishlinn haussa les épaules, pas qu’elle le prenait pour une petite vieille mais, un balai c’était efficace aussi. D’accord, elle voulait bien concevoir que c’était moins impressionnant. Elle apprécia néanmoins ne plus être menacée par une arme quelconque qui aurait, en cas d’utilisation, entaché les bonnes relations de voisinage qu’elle tentait, malgré les apparences, de conserver. Elle passa très vite au soupir un peu coupable quand il lui rappela que c’était elle qui était entré chez lui, pour en venir à être carrément choquée par le fait que la cuisine était secondaire.

_ S’rieusement ?! ‘Fin la bière et tout, c’est cool. Parce que, d’abord, elle était irlandaise alors, ouais, la bière c’était le bien en bouteille, ou en choppe. Mais la bouffe c’est super important aussi et, l’pizza à tous les repas, c’n’est pas d’la bouffe. Il n’y a personne qui cuisine dans c’tte baraque ?

Elle avait dit pizza comme elle aurait pu dire sandwich tout prêt, plat à foutre au micro-onde, bref, tout ce qui ne se cuisinait pas. Elle avait beau essayer, elle ne comprendrait jamais que les gens ne s’autorisent pas de bons repas, au moins de temps en temps. Et après on venait dire que c’était les jeunes qui ne juraient que par McDo et autres dérivés. N’importe quoi, Aishlinn secoua la tête en se disant qu’il y avait toute une éducation à refaire. Et qu’elle puisse être en tort, dans la cuisine d’un parfait inconnu, tout en venant de se faire surprendre, ne semblait pas lui poser le moindre souci pour se permettre de dire que c’était inacceptable de ne pas avoir un frigo digne de ce nom.

Elle leva les yeux au ciel dans un soupir réprobateur parce que Monsieur n’était même pas certain de l’endroit où se trouvait le balai. Une baraque c’était quand même un lieu de vie, un minimum devait être fait à l’intérieur. Elle n’en avait jamais douté mais c’était dans ce genre de moment qu’elle appréciait la vie avec Abban, au moins, ils s’accordaient parfaitement sur la vision qu’ils avaient de l’entretien d’un appartement. Elle tourna rapidement la tête pour voir où se trouvait exactement la porte du placard derrière elle mais le reporta très vite sur l’homme. Cela aurait été dommage qu’il profite de son inattention pour reprendre la batte de baseball. Doucement, elle posa la boîte d’œufs sur un plan de travail de la cuisine, comptant la récupérer un peu plus tard.

Reculant en gardant l’homme dans son champ de vision, Aishlinn entreprit de récupérer le balai qui, heureusement, se trouvait bien à l’endroit indiqué. Bon, elle dut batailler un peu parce qu’il était rangé bien au fond, à croire qu’il n’était pas sorti depuis des lustres et pendant ce temps, l’homme l’interrogea. Une main sur le manche qu’elle tenta d’extirper, elle interrompit son geste pour poser son regard sur le trentenaire.

_ S’prendre un coup d’batte implique d’être touchée.

Le ton n’était pas critique, en fait, il était même assez amusé. Elle haussa les épaules avant de reprendre son action pour, enfin, réussir à sortir le balai du placard. Elle le posa devant elle, les deux mains sur le dessus, le menton appuyé sur le haut de ses mains, un sourire sur les lèvres.

_ J’ai bien pensé à sonner mais, à c’tte heure-ci, c’était mal v’nu. Ca foutait toujours les gens en rogne de sonner à des heures impossibles et comme, à la base, il était prévu de ne réveiller personne, elle estimait son action bien moins dérangeante. Mais j’prends note du conseil pour la prochaine fois. C’est lui qui avait parlé de prochaine fois le premier, elle ne faisait que reprendre ses mots. Et dans la mesure où la bière est en top priorité, oui, j’espérais bien qu’c’tte intrusion n’soit pas r’marquée. Elle haussa les épaules dans un soupir, parce qu’au final c’était sa seule erreur de la soirée : s’être faite topé sur le fait. Et s’t’veux, oui elle passa au tutoiement parce qu’il l’avait fait, qu’j’range l’frigo ou qu’j’nettoie mes conneries, j’préfèrerais l’faire quand toi et l’batte d’baseball vous aurez une distance d’sécurité plus importante.

Elle n’allait quand même pas se concentrer sur une tâche à faire alors qu’il n’avait qu’à tendre le bras pour attraper sa batte de baseball et, dans un autre mouvement, lui aplatir l’objet sur le coin de la tronche. Si on lui avait dit que l’homme en question avait une force importante, elle trouverait l’histoire de cette batte assez dérisoire mais, comme ce n’était pas le cas… Mieux vaut prévenir que guérir, il parait. Deux fois, cependant qu’elle esquivait les questions qui concernaient son identité. La première fois pouvait passer, la deuxième commençait à faire beaucoup alors, campant à sa place en attendant qu’il dégage la batte plus loin – alors qu’elle était maintenant armée d’un balai – elle prit une inspiration avant de se lancer.

_ Paraît qu’j’ai une tête qui r’ssemble à tout l’monde, tu dois confondre. Et même si c’était le cas, son accent prononcé, lui était bien moins courant. J’m’en souviendrais si on s’était d’jà croisés.

Bon ok, finalement, elle ne donnait pas vraiment d’informations mais, en même temps, elle n’allait pas lui filer son numéro et son adresse, fallait pas déconner. Si Aishlinn pouvait entrer chez les gens, il était évident qu’elle ne voulait pas donner l’occasion aux autres de faire de même. Et puis, une fois sorti d’ici, il pouvait aussi appeler les flics pour signaler un vol alors, lui dire si elle était du quartier ou qui elle était, non merci.
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Message posté : Lun 14 Oct 2013 - 0:41 Message
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Visiblement la gamine ne vivait pas dans le même monde que lui, la remarque qu'elle fit à propos de la nourriture le montrait clairement. Chez lui, la bouffe était plus que secondaire. Pour sa génitrice ouvrir une boîte de converse et la mettre de la micro-onde était de la cuisine, la faire chauffer sur la gazinière c'était de la cuisine de grand restaurant. Pour être franc jusqu'à ses dix ans Jay s'était demandé à quoi pouvait bien servir la cuisinière étant donné qu'elle n'avait jamais été utilisée pour autre chose que pour stocker la vaisselle sale. En bref, peut-être que chez elle la cuisine était une institution, chez les Lane c'était surtout un passage obligé pour ne pas mourir de faim, mais ce n'était pas du tout un plaisir. Il se contenta de hausser les épaules en répondant d'une manière qui montrait ce qu'il pensait des femmes – et de la cuisine.

« Y'a pas de nana ici. Forcément y'a pas de bouffe comme chez toi. » Il renifla légèrement avant de reprendre. « Puis y'a pas que d'la pizza en plat préparé, faudrait te mettre à jour. »

C'était de la moquerie et il ne cherchait pas à la dissimuler. Pour Jay c'était aux femmes de faire le ménage et la cuisine – ainsi que toutes les autres tâches ménagères – et vu que sa génitrice n'était plus capable de le faire, le sujet était vite réglé. Peut-être que si Charlie était restée la maison ressemblerait encore à quelque chose, mais ce n'était plus le cas, comme quoi Blondie avait eu une bonne idée de s'enfuir avant d'être transformée en bonniche par ses frangins. Avec ce que Jay venait de dire, la petite voleuse comprendrait rapidement qu'elle avait affaire à un type misogyne au possible et qui n'avait pas une haute opinion de la femme. Il avait d'ailleurs menti en disant qu'il n'y avait pas de femme ici : aux dernières nouvelles sa génitrice en était une. Mais elle ne comptait pas, elle ne servait à rien.

Il la laissa batailler avec le balai qui revoyait la lumière du jour pour la première fois depuis longtemps. Jay n'avait pas manqué de remarquer l’œillade soupçonneuse qu'elle lui avait lancée avant de s'approcher du placard, certainement qu'elle le pensait capable de lui balancer un coup de batte alors qu'elle avait le dos tourné. À ce niveau, la gamine n'avait rien à craindre, il ne frappait pas en traître et pas sans bonne raison, mais ça, elle ne le savait pas forcément ! Ce qu'elle lui balança à propos du fait d'être touché pour se prendre un coup le laissa un peu perdu. Elle était en train de sous-entendre qu'il ne savait pas visé. Il secoua légèrement la tête, n'imaginant pas une seule seconde qu'elle puisse être capable de devenir intangible.

« Je sais encore viser. »

Au moins elle était avertie, même s'il ne comptait pas s'entraîner au lancer de balles avec sa tête cela dit. La batte était sagement appuyée contre le meuble délavé et en sale état, elle n'était pas prête à être utilisée. Comme elle continuait, Jay nota qu'elle avait visiblement considéré son avertissement comme une invitation. Qu'est-ce qu'il ferait si elle débarquait tous les deux jours pour lui demander de la farine ou du sucre ? L'idée était.... tellement décalée qu'il avait du mal à la visualiser. Il vivrait dans un autre monde où il jouerait le rôle du voisin parfait qui offrait du sucre à tout va ! La bonne blague. À ce jour aucun voisin n'était assez désespéré pour venir sonner chez eux histoire de leur demander quelque chose – ou alors de baisser le son.

Elle restait méfiante et n'avait visiblement pas envie d'en dire plus sur elle, ce qui intrigua tout de suite Jay. Ce dernier se pencha pour attraper la batte et la faire tourner dans ses mains de manière à avoir le bout qui servait à frapper en main, puis il la déposa sur la table non loin d'elle avant de reculer d'un pas et de s'appuyer contre un meuble. À présent il y avait une table et quelques mètres qui les séparaient.

« Ça te va comme ça ? T'as qu'à prendre la batte si t'as tellement peur de moi, mais laisse-moi te dire que si j'avais eu envie de te dégommer, ce serait déjà fait. » Sauf qu'elle pouvait l'éviter, mais ça, Jay ne le savait pas. « Si tu commençais par me dire comment tu t’appelles déjà ? Puis tu m'excuseras, mais t'as pas la gueule des nanas du voisinage, elles ont des jupes plus courtes et des décolletés plus plongeants alors tu leur ressembles pas franchement. » Belle vision de la femme, mais il s'en moquait. « Puis avec ton accent.... »

Pas la peine de préciser davantage, il avait beau trouver que les gens de cette région avaient déjà un accent bizarre à la base, il savait différencier celui d'un américain de celui d'un étranger. Jay l'avait déjà entendu il y a peu, mais où était-ce déjà ? Sa mémoire refusait de lui fournir les données nécessaires aussi passa-t-il à autre chose.

« Mais t'imagine pas que je t'invite à squatter ici dès que tu veux. T'as de la chance d'avoir des œufs aujourd'hui, mais c'est pas ici qu'tu trouveras tes ingrédients bizarres. » À comprendre tous ceux qui ne se trouvaient pas dans leur frigo, soit la quasi totalité de ce qui était nécessaire pour des recettes de base. « D'ailleurs, t'as pété la poignée pour entrer ou c'était ouvert ? »

Ça ne l'étonnerait qu'à moitié que ses frangins se soient tirés sans avoir verrouillé la porte. Bande de crétins, autant laisser un panneau « servez-vous » sur la porte d'entrée !
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Message posté : Lun 14 Oct 2013 - 19:17 Message
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Ça n’étonna pas Aishlinn que ce type puisse penser que les femmes étaient faites pour la cuisine. Il avait plus de trente ans - et encore elle était gentille parce qu’il avait l’air de faire plus âgé -, ce qui faisait de lui quelqu’un de particulièrement vieux aux yeux de l’Irlandaise. Le genre de type qui est né au siècle dernier, qui avait connu la télé en noir et blanc, qui écoutait encore des cassettes audio et, donc, qui devait penser que les femmes faisaient le ménage, la bouffe et s’occupait des gamins. à croire que certaines personnes ne sont pas capables d’évoluer avec leur temps. Elle ne voulut rien répondre et se contenter d’un soupir pour montrer sa désapprobation mais quand il annonça qu’elle devait se mettre à jour, elle ne put s’empêcher de sourire en secouant la tête.

_ Dit l’type qui croit encore qu’le sexe féminin n’sert qu’à faire la bouffe. Elle leva le pouce dans un hochement de tête. Bravo !

Magnifique, même ! Le ton était ironique et, un peu, amusé parce qu’elle ne préférait pas prendre ce genre de phrase au premier degré mais, pas critique. Clairement, elle n’était pas venue pour faire un cours sur l’évolution de la place de la femme dans la société actuelle, il pouvait bien penser ce qu’il voulait que ce n’était pas son problème à elle. C’était lui qui ne devait se trouver personne dans la vie, ça ne la regardait en rien.

Qu’il sache viser ou non, n’était pas la question. Évidemment, ce qui était logique dans son esprit vu qu’elle connaissant son pouvoir ne l’était pas forcément dans celui de l’homme et, l’inverse était tout aussi vrai. Elle hocha la tête, pour confirmer que ça lui allait très bien. La batte était assez loin, bien qu’elle nota qu’il l’avait posé près d’elle… Oui, ben, en même temps, elle savait très bien qu’elle n’avait jamais rien eu d’impressionnant, pas étonnant qu’il ne se sente pas menacé par la présence d’une gamine venue chercher des œufs ! En matière d’intimidation, on avait déjà vu mieux. Mais très vite un sourire apparut sur ses lèvres.

_ J’ai pas peur, j’suis prévoyante. Et t’sais, bien qu’j’n’aie aucune envie d’vérifier c’tte théorie, même en sachant viser, j’suis pas convaincue qu’tu puisses m’toucher. Elle haussa les épaules. J’ai de bons réflexes. Surtout un pouvoir qui aidait bien dans ces moments-là. Mais merci.

Elle désigna la batte d’un regard pour expliquer que son remerciement allait au fait qu’il avait bien voulu s’en séparer, sans trop de crainte.  Une moue de réflexion apparut sur son visage, alors qu’elle baissa le regard sur elle-même quand il expliqua qu’elle ne ressemblait pas au voisinage.

_ Ben, c’est p’t’être qu’j’suis pas du voisinage. Très crédible, plutôt que de prendre des œufs à côté de chez elle, Aishlinn s’amusait à parcourir la moitié de la ville. Elle releva les yeux sur l’habitant de la maison/taudis. Ou alors, j’ai pas b’soin d’montrer un bout de cuisse pour gagner ma vie, et encore moins d’montrer aut’e chose pour espérer être invité au restaurant parc’qu’j’suis capable d’gagner ma vie toute seule. Elle se demanda si ça pouvait être concevable pour lui, du coup, un léger sourire se pointa. ’fFin, j’veux dire, autr’ment qu’en faisant l’ménage et la bouffe chez les gens. ‘Puis sérieux, c’ toi qui parles d’mon accent ?

L’hôpital qui se fout de la charité, là ! Déjà que les américains ne savaient pas parler mais, il y avait certains états encore pires que tous les autres. Texas en tête de liste, bien qu’elle fut incapable d’identifier ou de reconnaitre quoi que ce soit. Pour elle, aucun américain ne savait parler correctement. En revanche, elle se demanda, maintenant que la batte de baseball était loin, à quel point elle pouvait éprouver sa patience concernant son identité. Avant qu’elle ne puisse s’interroger davantage sur ce sujet, il préféra mettre les choses au clair concernant un éventuel squattage, prétextant le manque d’ingrédient de base – et non bizarres – à cet endroit. Elle hocha la tête : ok, message reçu. Elle s’avança, avec le balai, pour commencer à nettoyer ses conneries quand il parla de la porte d’entrée. Aishlinn, tête baissée sur ce qu’elle faisait, ne daigna pas lever la tête.

_ J’comptais pas partir en laissant l’bordel derrière moi alors, peu d’chances qu’j‘défonce une serrure pour rentrer. J’fais ça bien !

Ah moins de détester la personne et de lui ruiner sa serrure. Bon là, dans ce cas de figure, elle resta des plus neutres mais elle espérait qu’il n’aille pas vérifier l’état de sa serrure. Elle pensait qu’elle devait être verrouillée et étant passé au travers de la porte, elle aurait bien du mal à expliquer pourquoi la porte était encore verrouillée. L’Irlandaise venait de finir de tout rassembler dans un tas quand elle releva les yeux sur l’homme, semblant chercher à le juger un instant avant de finir par soupirer.

_ Linn. C’est comme ça qu’j’m’appelle. Pas tout à fait vrai mais, pas faux nom plus et puis ça offrait l’avantage d’être bien plus commun que son réel prénom et, surtout, ça laissait un sérieux doute sur la façon dont on pouvait l’écrire. Et, euh… Logiqu’ment T’es pas supposé m’chasser d’ici en hurlant ou en sortant un fusil de nulle part ? Oui, les américains étaient très doués pour ça, sortir des armes dont ne sait où pour tirer sur la première personne posant un pied dans leur jardin. Etre facteur devait être un métier à risque dans ce pays. Ou app’ler la police en disant que quelqu’un est entré chez toi ?

Elle trouvait très bien qu’il ce ne soit pas le cas mais, c’était tout aussi étonnant en réalité.
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Message posté : Lun 14 Oct 2013 - 21:23 Message
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Il savait bien que sa vision des femmes n'était pas franchement partagée, surtout par les représentantes du sexe faible, mais il s'en moquait pas mal ! Après tout, jusqu'à ce jour Jay n'avait encore jamais croisé de femme qui soit capable d'être autre chose, excepté Charlie bien entendu, mais avec elle c'était différent. Puis peut-être bien Andrea, mais elle aussi c'était différent : elle était texane et c'était une amie à Charlie, c'était donc forcément un bonus supplémentaire. Cela faisait plus de trente ans qu'il pensait de la sorte et ce n'était pas quelques piques moqueuses qui allaient faire changer son avis, il se contenta donc de lâcher un soupire qui exprimait ce qu'il pensait de tout cela.

Quoi qu'il en soit, elle avait l'air sacrément persuadée d'être capable de l'esquiver et de pouvoir s'enfuir à un tel point qu'il commença à se demander si elle ne cachait rien. Le texan la dévisagea quelques instants, pour lui les êtres dotés de pouvoirs étaient monnaie courante : il en côtoyait tous les jours au Circus, même si en général leurs dons étaient plus offensifs que défensifs. Est-ce que ce petit brin de fille pouvait être capable de s'esquiver avant qu'il ne la frappe ? Il avait déjà entendu dire que frapper fort – comme lui – c'était une bonne chose, mais que savoir esquiver était mieux. La meilleure de toutes les défenses. Ce serait sacrément ironique que cette gamine soit capable de lui résister avec qu'il avait réussi à se faire un prétendu « dieu », un type avec une gueule de clébard qui prétendait être Anubis en personne. La vie pouvait réserver des surprises. La dévisageant d'un air pensif, il répliqua.

« T'as l'air sacrément sûre de toi. Comme si t'avais un truc de plus que les autres. C'est peut-être le cas ? »

Le « truc en plus » étant un pouvoir bien évidemment, pas la peine d'être un génie pour comprendre ce qu'il voulait dire. La seule raison qui poussait quelqu'un à être sûr de pouvoir se battre, c'était qu'il possédait des facultés hors du commun et dans leur monde, cela passait forcément par la possession d'un don ou de certains objets magiques, des artefacts bizarres qui remplaçaient les gènes mutants.

Quoi qu'il en soit, pour ce qui était de son appartenance au voisinage elle avait l'air de ne pas vouloir s'attarder dessus ce qui ne faisait qu'exacerber l'envie de Jay de savoir ce qu'elle cherchait à lui cacher. Si elle avait tout balancé dès le début, le texan aurait oublié et basta, mais là c'était l'effet inverse. Il la dévisagea avec sérieux comme elle essayait de noyer le poisson avant de lui balancer une remarque sur son accent. Jay tiqua légèrement, il savait que les personnes originaires du Texas en avaient un plus fort que les autres américains, mais lui au moins, il était né sur ce continent ce qui n'était clairement pas le cas de la gamine.

« Hey, moi au moins j'suis américain, pas toi. Alors mon accent tu sais ce qu'y-t'dit ? » Pas la peine d'approfondir sa déclaration. « Et me prends pas pour un con, je suis pas débile au point de croire que tu vas te taper dix kilomètres pour trouver des œufs, si c'était juste un emprunt tu serais allée à la supérette du coin plutôt qu'ici. » Il renifla d'un air légèrement agacé, il volait déjà qu'elle était encore dans ses couches ! « Ou peut-être que tu montres pas de bout de cuisse parce que t'as rien à gagner. Lorsqu'on s'appelle Planche-à-pain en second prénom, vaut mieux gagner sa vie en faisant le ménage t'as raison. »

Il la provoquait simplement, au fond pour lui toutes les femmes – sauf Charlie évidemment – n'étaient que des choses sans intérêt, autant dire que la traiter de planche à pain était surtout destiné à la railler un peu et non à donner son avis sur son physique – qui ne devait certainement pas intéresser la gamine de toute manière. Jay la regardait balayer comme elle lui avouait « faire ça bien » ce qui laissait entendre qu'elle avait donc l'habitude de voler. Ce n'était pas si surprenant au fond et cela le confortait dans l'idée qu'elle était du quartier : les voleurs ne volaient pas vers chez eux et elle avait clairement dit que c'était un simple emprunt. Comme elle se présenta finalement avant de lui poser une question plutôt surprenante, le trentenaire la dévisagea en haussant des épaules.

« Si ça te fait tellement chier, je peux toujours appeler la police. » Léger haussement de sourcils. « Mais j'les aime pas et eux non plus. Tu sais, t'es pas la seule à « faire ça bien ». » Il fallait comprendre qu'il volait aussi à ses heures. « T'es certainement aussi honnête que moi, sauf que moi je vais pas emprunter des choses aux voisins. Je croyais que la règle c’était de pas voler dans son coin ? » Jay secoua légèrement la tête avant de reprendre. « Au fond je m'en fous, t'as rien volé puis si tu veux juste des œufs, ça va pas changer ma vie. J'ai pas l'intention de te dénoncer si c'est ça qui te fous les boules, je suis pas un vieux con qui aime faire chier les jeunes. Même si c'est ce que tu dois penser. » Une légère grimace avant qu'il ne reprenne. « Alors, Linn, tu « fais ça bien » en solitaire ou t'as un petit groupe d'amis ? »

La question pouvait avoir l'air étrange, mais il venait de lui confier avoir les mêmes mœurs, une raison pour elle de ne pas s'inquiéter, non ?
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Message posté : Mar 15 Oct 2013 - 2:22 Message
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Aishlinn releva la tête dans un haussement de sourcils, quand il envisagea qu’elle puisse avoir quelque chose de différent.

_ J’ai vécu dans un quartier pourri où ‘fallait savoir s’défendre alors, si c’est considéré comme « un truc de plus que les autres », oui, c’est l’cas.

Évidemment qu’Aishlinn était sûre d’elle, elle était irlandaise et elle avait 19 ans, qu’est-ce qui pouvait bien lui arriver ? Plus que sa nationalité, son âge était déjà une raison suffisante, celui où on croit que tout arrive aux autres et qu’on est invincible. Ajouter à ça le fait de pouvoir être intangible, sérieusement, qu’est-ce qu’elle avait à craindre d’un type comme lui ? Ah oui, le fait qu’il pouvait l’encastrer dans un mur avec une baffe… Sauf que, ça, elle ne le savait pas. Du détail ! Elle n’allait pas, non plus, lui faire une carte de visible avec ses capacités que ce soit ses pouvoirs et ses compétences. Notons, cependant, que la petite Irlandaise ne mentait pas en répondant après tout, le trentenaire – ou centenaire aux yeux d’Aishlinn – n’avait pas été des plus précis dans sa question.

Elle leva une nouvelle fois les yeux au ciel dans un soupir quand, Monsieur, rappela que lui, il était originaire de ce pays. Pas vraiment une référence pour l’Irlandaise. En plus d’être misogyne, il était chauvin. Ses voisins, celui-là en particulier, n’avaient pas que des qualités. Pays de fous furieux ! Et voilà que c’était elle qui s’en prenait plein la tronche, tout ça parce qu’elle n’avait pas répondu à une malheureuse petite question. Elle inspira, prit deux secondes alors qu’elle avait plutôt envie de lui envoyer la batte de baseball au travers de la tronche. Elle était moins impulsive que ça. Relevant la tête pour poser son regard sur l’homme, elle préféra ne pas se laisser démonter par un pseudo deuxième prénom qui, de toute façon, n’avait pas lieu d’être !

_ Ben, t’vois, l’truc c’est qu’j’comptais pas t’ prendre pour un con mais, une autre personne aurait déjà compris depuis la première esquive qu’j’ai seulement pas envie d’répondre sur l’endroit où j’vis. Maintenant si tu tiens t’llement à avoir une réponse, alors j’vis dans un hôtel d’luxe en plein centre-ville et ma première occupation est d’aller emprunter d’la bouffe dans l’quartiers pourris. Elle haussa les épaules, dans un regard presque de défi. Content ?  

Ce n’était pas, c’était tellement une évidence qu’il fallait être, pour le coup, particulièrement con pour gober ce qu’elle venait de dire. Toute façon, dans un hôtel de luxe, elle n’était même pas certaine qu’on autorisait les clients à faire leur propre repas. Et si c’était le cas, il devait y avoir une armée de petits chinois, cachée dans l’ombre, pour aller acheter le moindre des désirs des clients à n’importe quelle heure de la nuit. Aishlinn était restée des plus neutres, avec un ton égal du début jusqu’à la fin, malgré les paroles qui s’étaient échappées de ses lèvres.

Jusqu’à présent, elle essayait réellement de rester courtoise, prenant en compte le fait qu’elle s’était introduite sans autorisation mais, s’il continuait de lui parler comme ça, y a un moment où elle allait s’y mettre aussi. Ce fût un peu plus blasée qu’elle continua de l’écouter mais, un regain d’intérêt fit son apparition quand il annonça ne pas aimer les flics et surtout quand elle comprit qu’il savait aussi voler. Elle se détourna en l’écoutant pour aller chercher la pelle qui, logiquement, devait se trouver au même endroit que le balai. Bingo !  Mais avant d’entreprendre de ramasser les débris de verres, c’est sur lui qu’elle posa son regard en cherchant à déterminer si  elle le prenait pour un vieux con ou pas… Oui, aurait été sa première réponse mais, en même temps, il ne la dénonçait pas, il n’avait pas abattu sa batte sur le coin de son visage alors… Elle ne savait pas vraiment. Elle secoua la tête.

_ J’aurais dit misogyne avant d’employer l’terme de vieux con. Elle haussa les épaules, ce n’était pas une critique mais une réalité en vue de ce qu’il avait pu lui dire jusqu’à présent. Mais, non, j’préfère aussi éviter la police alors, j’vais m’arrêter au plan d’base qui est d’récupérer les œufs.

Pas, voler ! Cela dit, elle ne parla pas ouvertement de cette différence de point de vue qui la situerait grandement dans ce quartier avec ce qu’il venait de dire. D’ailleurs elle prit soin de ne pas revenir sur cette règle supposée s’appliquer au voisinage. Elle ramassa son bordel qui était en tas sur le sol en réfléchissant à la dernière question qu’il lui avait posée. C’était quoi le délire ? Un entretien d’embauche ? Une demande de renseignements pour qu’il envisage sa carrière de voleur de manière différente ? Elle se releva, sa pelle en main pleine de bout de verre et, reposa son regard sur le Texan.

_ Ça dépend d’ce qui est visé, toute seule si l’circonstances l’permettent, sinon, j’envisage une solution avec une autre personne. Qui était son jumeau, il arrivait que ce soit quelqu’un d’autre mais ça restait exceptionnel. Alors oui, j’sais, ça répond pas t’llement à la question, ça reste vague mais, tu disposes d’bien plus d’éléments sur moi qu’l’inverse. Elle alla vider la pelle dans la poubelle et se tourna à nouveau vers lui. J’veux dire, j’ai même pas songé à regarder l’nom sur l’boîte aux lettres en arrivant.

D’un autre côté, elle n’avait pas songé au fait de croiser quelqu’un. Aishlinn restait vague sur pas mal de réponse mais, elle ne savait rien de lui et, il paraissait logique qu’elle n’allait pas tout lui dire. Il l’avait dit, ils devaient être aussi honnêtes l’un que l’autre, elle ne se ferait pas confiance donc elle n’allait pas lui accorder ce luxe. Surtout que, si on devait prendre la vision qu’Aishlinn avait sur l’ensemble de l’humanité, disons que l’ensemble de la population n’avait pas le moindre intérêt pour elle. Il y avait de très rares exceptions et, même là, ce n’était pas qualifiable d’amitié. Puis, évidemment, il y avait son jumeau qui lui était un être complètement à part de son système de tri sélectif.

_ Enfin, disons qu’pour l’moment j’me laisse encore l’choix d’un potentiel groupe d’amis. Rejoindre un groupe avait des avantages, Abban et elle, n’étaient pas encore décidés, ils avaient leurs exigences. T’fais ça pourquoi, toi ?
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Message posté : Mar 15 Oct 2013 - 15:25 Message
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Elle esquivait encore les questions de Jay et de manière si grossière qu'il avait du mal à ne pas ricaner en retour. Si ça avait été son genre, il l'aurait fait, sans aucun doute. Le texan était persuadé qu'elle avait parfaitement compris ce qu'il entendait par « un truc en plus », elle avait simplement détourné le sujet pour ne pas avoir à se mouiller. Dévisageant la gonzesse, il se demanda l'espace d'un instant s'il ne devait pas lui envoyer le cendrier – plein évidemment – posé à côté de lui, en pleine tronche. Il verrait si elle avait réellement de l'esquive, mais si ce n'était pas le cas il risquait surtout de casser son précieux cendrier « emprunté » au bar du coin. Non, autant le demander clairement.

« Prends-moi pour un con. Je te parlais d'un truc à la « super-héros », ou plutôt vilain vu tes habitudes. »

Puisqu'il fallait tout demander clairement et bien, il le ferait désormais ! Il remarquait bien qu'elle était agacée par ce qu'il pouvait lui dire, au moins ça leur faisait un point commun. Pour le coup, même si ça ne se voyait pas forcément trop, il faisait preuve de beaucoup de patience. En temps normal Jay l'aurait envoyée bouler rapidement, quitte à réveiller sa génitrice pour qu'elle s'occupe de passer le balai – bien qu'elle n'en était pas capable. Et comment est-ce que cette gamine le remerciait en retour ? Elle lui parlait comme à un demeuré en lui balançant des mensonges aussi gros que des éléphants. Quelle emmerdeuse.

Jay la dévisagea quelques instants tandis qu'elle lui disait clairement qu'il était trop con pour comprendre qu'elle n'avait pas envie de lui répondre. Elle savait bien où il vivait non ? Pourquoi est-ce qu'il n'en aurait pas le droit ? La logique voulait qu'ils soient à égalité et là, c'était loin d'être le cas. Secouant la tête en signe de dénégation, le texan répliqua d'un ton revêche.

« Nan, pas content. » Il soupira, posant ses mains de part et d'autre sur le meuble contre lequel il était appuyé. « Tu vois, lorsqu'une gamine s'incruste dans ma cuisine et qu'elle refuse de me répondre, moi j'conclus qu'elle a un truc à cacher. Ça me donne forcément envie de savoir quoi et pourquoi. C'est ta faute, si t'avais balancé une connerie dès le début au lieu d'esquiver, je ferais pas autant chier. » Forcément, c'était toujours la faute aux autres ! « Et toi tu sais où je crèche, la logique voudrait que ce soit pareil pour moi. Et j'aime la logique. »

Enfin, SA logique, ce qui était très différent. De toute manière, avec ce qu'il venait de balancer, Linn comprenait logiquement qu'il ne comptait pas la lâcher avant d'abord obtenu ce qu'il voulait, quitte à questionner les voisins pour vérifier son hypothèse. Jay n'était pas très curieux, sauf lorsque quelqu'un lui cachait des informations. Là, ça changeait la donne !

Il la surveillait alors qu'elle entreprenait de ramasser ses conneries en lui jetant de temps en temps un coup d’œil pour lui dire clairement qu'elle le trouvait misogyne. Un autre mot bien compliqué pour dire « logique », les femmes n'étaient à leur place que derrière des fourneaux et voilà tout – sauf Charlie comme toujours. Que cette gamine ne s'en rende pas compte ne le regardait pas, elle finirait bien par trouver un type pour la dresser et lui faire comprendre où était sa place.

« Je suis pas misogyne, je suis juste réaliste. »

Il n'y avait même rien à répondre à une pareille déclaration, sauf si elle était une féministe acharnée bien évidemment, ce serait sa veine ! Le bordel fut presque totalement nettoyé et la cuisine ressemblait enfin à quelque chose. Ou plutôt elle ressemblait à ce qu'elle avait été avant, c'est-à-dire un lieu où vivait quatre types qui ne connaissaient pas l'emplacement du balai. Comme elle lui servait des excuses à deux balles, Jay haussa les épaules, pas convaincu pour deux sous. Elle devait bien repartir par la porte non ? Qui l'empêcherait de vérifier le nom sur la boîte aux lettres ? Inutile de dire qu'il comptait ramasser autant d'informations que possibles. À la question qui lui fut finalement posée, le trentenaire répondit par une remarque pour le moins inhabituelle.

« Pour passer le temps. » Au fond, les cambriolages lui, il s'en moquait ! C'était les autres qui adoraient en faire. « Tu devrais faire attention, y'a pas mal de types qu'aiment pas qu'on marche sur leurs plates-bandes, ils pourraient en avoir marre de voir une gamine mettre le nez dans leurs affaires. » Genre, les types du Cartel par exemple. « Puis me fais pas rire, tu sais plus de trucs que moi, rien t'empêche de te renseigner avec ce que tu sais alors que moi j'peux pas. Et je m'en fous que tu comptes pas le faire, t'en as la possibilité, c'est tout ce qui compte. » Et il pouvait être sacrément buté. « Je trouve que t'as une grande gueule pour une gamine prise sur le fait quand même. Normalement tu devrais faire profil bas, sauf que t'as l'air vachement sûr de toi. » Il la dévisagea. « T'as quel âge, quinze ans ? » Elle allait certainement sauter au plafond, mais il s'en foutait. « Soit t'es très conne, soit t'es plus balèze que t'en as l'air. »

Provocation oblige, elle allait bien lui répondre quelque chose, non ?
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Message posté : Mar 15 Oct 2013 - 19:32 Message
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Ben voilà, à force d’esquiver les questions ou de répondre à côté, forcément, il finissait par en poser des plus précises. C’était logique mais ça n’avait rien d’arrangeant pour Aishlinn qui, hormis cette histoire d’hôtel de luxe, se tenait sur une ligne directrice qui impliquait de ne pas mentir.  Et ne pas dire la vérité, sans pour autant mentir, était un exercice facile du moment que les questions restaient vagues, la précision impliquait de faire un choix. Cela dit, en y regardant bien, l’homme offrait une précision sans pour autant poser de questions, du coup, Aishlinn haussa les épaules.

_ Ah ça ! Ben désolée mais, c’n’était pas forc’ment évident.

D’accord, elle jouait peut-être un peu trop les emmerdeuses mais, d’un autre côté, ça lui semblait être une évidence de ne pas dire ce qu’elle était ou ce qu’elle était capable de faire. Ça lui procurait un avantage ou, au moins, un effet de surprise en cas de problème. D’un autre côté, elle se servait tellement de ses pouvoirs que ça ne devait être un secret pour personne s’intéressant un peu trop à elle. Par exemple, elle n’avait jamais - peut-être une ou deux fois – ouvert la porte de son appartement.

Elle leva les yeux au ciel, en plus de poser un tas de questions, Monsieur n’était jamais content. Et après on venait dire que c’était les bonnes femmes qui étaient compliquées, non mais sérieux, ce qu’il ne fallait pas entendre ! Elle le regarda l’air de ne pas comprendre parce qu’il était évident qu’elle avait des choses à cacher, est-ce qu’elle était en train de lui demander son numéro de SECU et de lui demander un CV complet ? Non, ben voilà, c’était pareil pour elle ! C’était elle qu’on prenait pour une gamine alors que c’était lui qui agissait de cette manière : Tu sais ça alors, moi, d’abord, ben, je veux savoir la même chose, nah ! Quel exemple de maturité, bravo.

_ Vous, l’vieux, z’ êtes quand même bien relou à comprendre. On nous bassine en nous disant qu’mentir c’est pas bien et, quand on s’efforce d’être un minimum honnête, on nous demande d’raconter d’conneries.

Elle soupira ne trouvant nullement abusif de parler d’honnêteté alors qu’elle était présente dans une cuisine, pour emprunter des œufs, sans avoir été invité. Son honnêteté et sa moralité ne s’étendaient pas à l’image que pouvaient s’en faire les gens dits normaux. En même temps, elle ne chercha même pas à faire entendre son point de vue ou sa logique à un type qui trouvait réaliste le fait qu’une femme était faite pour faire la cuisine. Un psy se casserait les dents – ou se les feraient péter – avec un gars comme lui qui, de toute évidence, avait foiré sur son année de naissance, il aurait été plus heureux des années en arrière.

Elle ne répondait toujours pas mais, cette fois, c’était parce qu’elle avait décidé de le laisser cracher tout ce qu’il avait à dire, histoire de déterminer ce qu’il voulait savoir et réfléchir à ce qu’elle déciderait de lui répondre ou non. Sauf que, la patience, ce n’était pas son truc, à ce type, qui était bien plus dans la provocation qu’autre chose. Elle en venait même à plaindre les personnes qui devaient vire avec lui ou, simplement le côtoyer s’il était toujours comme ça. Elle soupira quand il estima son âge et préféra aller ranger le balai et cette foutue pelle avant de répondre pendant que, lui, il continuait ses attaques. Aishlinn, se retourna finalement, et rapidement, vers lui en faisant quelques pas dans sa direction, toujours pas inquiète de ce qu’il pouvait lui faire.

_ Pas mal pour l’âge, à plusieurs années près, t’aurais presque pu tomber sur l’bon chiffre ! Et pourquoi j’serais inquiète ? Tu as l’air d’avoir carrément passé la trentaine alors, l’gens d’ton âge sont, par définition, lents et prévisibles. Elle haussa les épaules pour ce qui semblait être une évidence pour elle, puisqu’il fallait jouer sur les clichés, il n’y avait pas de raison qu’elle s’en prive. D’ailleurs, j’ vois même pas comment j’pourrais m’sentir en danger par rapport à un gars qui n’fait « ça » qu’pour passer l’temps, c’qui m’entraine à penser qu’t’dois vraiment t’faire chier dans la vie pour en arriver là… Ou alors, y a un manque d’ambition évident.

Comment on pouvait voler juste pour passer le temps ? Sans déconner, c’était quand même tout un art avec des défis à relever. Aller piquer un truc, juste parce qu’on ne savait pas quoi foutre d’autre c’était réellement navrant du point de vue de l’Irlandaise.

_ Alors, t’vois, si les types dont t’parles font ça pour l’même raison qu’toi, j’n’risque pas d’marcher sur leur territoire, enfin vu qu’j’arrive pas sur la fin d’ma vie contrairement à toi, qui avait plus de trente ans, donc, carrément vieux, j’ai encore un minimum d’ambition. Maintenant que certaines choses étaient rétablies, à ses yeux, elle prit une nouvelle inspiration et c’est avec un ton des plus calmes qu’elle reprit. J’propose quelqu’chose. Elle se déplaça pour aller jusqu’à la boite d’œuf et l’ouvrit pour voir combien il y en avait à l’intérieur avant de porter son regard sur l’homme. J’prends trois œufs alors, j’t’laisse trois questions. Est-ce qu’j’garde celles déjà posées ou t’veux les changer ?

Plutôt honnête comme deal, en sachant que maintenant qu’elle avait nettoyé ses conneries et qu’elle avait les œufs, elle pouvait tout aussi bien courir vers le mur le plus proche pour rentrer chez elle.
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Message posté : Mer 16 Oct 2013 - 14:06 Message
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Elle commençait à sérieusement agacer Jay à esquiver ce qu'il était en train de lui demander. À croire qu'elle n'était pas assez intelligente pour savoir qu'il lui posait une question – ce n'était qu'une fille après tout ! Le texan la dévisagea d'un air profondément agacé, se doutant parfaitement que si elle ignorait ce qu'il voulait savoir de la sorte, c'était parce qu'elle avait quelque chose à cacher. Loin de se laisser démonter, le trentenaire haussa simplement les épaules, l'air de rien.

« Okay, donc t'es un mutante, super. »

Il ne voyait pas quoi lâcher d'autre pour qu'elle s'imagine qu'il avait vu clair dans son jeu. Si ça se trouvait il se plantait totalement et elle avait tellement l'habitude de ne pas parler avec franchise qu'elle le faisait pour tout, même les questions les plus bénignes. De toute manière, pour attirer l'attention de Jay il ne fallait pas grand-chose de plus que de l'ignorer – à condition qu'il veuille avoir la réponse dès le départ du moins. Il réagissait de manière particulièrement prévisible et une gamine avec du plomb dans la cervelle le devinerait sans peine. Logiquement.

Le fait de se faire traiter de vieux ne le dérangeait pas, il n'avait jamais vraiment fait attention à ce détail et les années qui passaient n'avaient que peu d'intérêt pour lui. Jay se contenta de la regarder alors qu'elle lui balançait la logique à deux balles que les « bons citoyens » donnaient toujours. Ne pas mentir, c'était débile, tout le monde mentait, eux les premiers. Tous les parents – sauf les siens – racontaient à leurs gamins que le Père Noël arrivait, rien que ça c'était une grosse connerie et ils mentaient. Les adultes qui disaient que le mensonge était mal, c'était l'hôpital qui se foutait de la charité. Lui, il s'en moquait.

« J'ai jamais dit que mentir c'était mal. J'm'en fous, tu fais bien ce que tu veux. » Il n'aurait pas fait un bon père, c'est un fait ! « Si tu mens, tu peux au moins te démerder pour que ce soit crédible, sinon autant dire la vérité. »

Autrement dit : il avait compris que ce n'était que des conneries et qu'elle était aussi honnête que lui, c'était dire ! Oh, au final il ne mentait pas beaucoup comparé aux autres Lane – enfin les hommes – mais disons que cela ne le dérangeait pas. Si Jay n'avait pas à passer par là en général, c'était parce que les gens ne s'intéressaient pas assez à son cas pour qu'il puisse avoir une raison de dissimuler des choses.

Les soupirs successifs de la gamine montraient qu'elle commençait à perdre patience, ça leur faisait au moins un point commun. Toujours appuyé contre son meuble, il la regardait ranger les affaires avec la sérieuse envie de lui envoyer ce cendrier sur le coin de la gueule pour voir comment elle l'esquivait. Mais non, ce serait dommage, leur discussion était presque normale et c'était la première fois depuis un bail qu'il y avait droit. Autant faire un effort. Soupirant à son tour, Jay l'écouta lui lâcher qu'il s'était planté sur son âge avant qu'elle ne lui envoie une nouvelle critique sur le sien. Elle pensait vraiment le vexer ? Il l'observa d'un air indifférent alors que Linn en rajoutait une couche pour lui balancer qu'il avait un manque flagrant d'ambitions dans sa vie et qu'elle ne le craindrait jamais pour cette raison. Qu'est-ce qu'elle croyait elle ? Que tout le monde rêvait de remplacer Atia César à la tête du Circus ? Il avait toujours vécu derrière son aîné alors suivre pour le reste lui semblait parfaitement naturel. Certains n'avaient pas d'ambitions et tant mieux, sinon les vaniteux comme elle n'auraient personne à faire obéir. Il resta muet jusqu'à ce qu'elle lui propose un « jeu » plutôt bizarre. Après l'avoir dévisagée quelques secondes, Jay haussa les épaules.

« Parce que tu vas peut-être répondre franchement cette fois-ci.... » Il la scruta avant d'enchaîner. « T'habites dans ce quartier ? Est-ce que t'es une mutante ? Et.... » Une brève hésitation avant de conclure. « C'est quoi ton nom en entier ? »

Il était presque certain qu'elle allait esquiver ce qu'il venait de lui demander, les gamines comme elle n'avaient aucune parole et cherchaient toujours à mentir. Il tatônna ses poches à la recherche d'une éventuelle cigarette – c'est que ce cendrier était tentant – mais il n'avait rien sur lui. Tant pis ! Reposant sa main sur le meuble, Jay reprit rapidement la parole pour préciser certains points.

« Tu devrais faire gaffe aux gens à qui tu causes, c'est pas parce que tu t'imagines pouvoir t'esquiver rapidement qu't'as pas des gens capables de t'en empêcher. » Il ne parlait pas forcément de lui. « J'ai peut-être pas d'ambition, mais au moins ça m'évitera de me faire éclater la gueule parce que je serais trop vaniteux pour me rendre compte que j'arrive pas à la cheville de certains. » Là, il parlait d'elle bien évidemment. « P't'être que dans ton pays t'étais une exception, mais ici, t'es à Star City, des gamines comme toi on en ramasse à la pelle, suffit de se pencher pour les trouver. » Il haussa les épaules avant de conclure. « Et tant mieux pour toi si ta vie est aussi passionnante que ça, vu que tu te retrouves à faire la cuisine à une heure pareille, tu m'as plutôt l'air seule et paumée, mais ça, c'est qu'un avis de vieux après tout ! »

Les gosses et leur arrogance, rien que pour cette raison il était heureux que Charlie ne se soit pas laissée avoir par le coup de la maternité !
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Message posté : Mer 16 Oct 2013 - 23:14 Message
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Jusqu’à l’apparition des trois questions, Aishlinn s’était contenté de hausser les épaules. D’abord aux déductions de l’homme concernant un côté mutant, ça ne restait que de la théorie du moment qu’elle ne confirmait rien. Elle s’en foutait qu’il la pense avec des pouvoirs, d’autant plus que c’était la vérité. Cela dit, elle devait bien avouer que ça semblait particulièrement l’énerver qu’elle ne lui donne pas de réponse et comme, d’une certaine manière, ça restait une sale gosse, ça avait quelque chose de plaisant. D’ailleurs, assez régulièrement, elle n’avait pas réussi à retenir un sourire.

Une nouvelle fois, elle avait haussé les épaules quand il lui avait demandé d’être au moins crédible dans ses mensonges, l’air de dire qu’elle faisait ce qu’elle pouvait, ce qui était loin d’être le cas. L’avantage de ne pas être crédible dans les premiers mensonges, c’était qu’il était beaucoup plus facile de laisser passer les autres par la suite. Une stratégie comme une autre. Le propriétaire des lieux, sur ses dernières phrases n’avait pas été aussi critique que précédemment et, finalement, ça jouait sur le fait qu’elle avait un peu moins envie de jouer sa tête de nœuds.

Plus rien en main, elle put prendre appui sur le meuble où se trouvaient les œufs, les jambes tendues devant elle, croisées au niveau des cheville. Son regard se posa sur le trentenaire, une moue se dessina sur son visage, laissant comprendre qu’il pouvait tester de poser ses questions, il verrait bien si elle répond sincèrement ou pas, ensuite. Et à l’entendre des deux premières questions, elle laissa passer un sourire. Au moins, quand il avait une idée en tête, il ne l’avait pas ailleurs vu qu’il ne bougeait pas de ses positions. Elle croisa les bras contre elle, laissant son regard se poser sur le sol devant elle, prenant quelques secondes pour réfléchir. Une inspiration plus tard, elle releva la tête pour poser son regard sur l’homme.

_ Oui, j’suis du quartier. De toute façon, c’était une évidence. Il l’avait dit, elle ne se serait pas tapé 10 bornes pour une boîte d’œufs. Oui, j’ai un truc en plus. Chose que, de toute façon il était déjà persuadé, elle ne faisait que le confirmer. Linn Dugan.

Elle soupira en secouant la tête avant de remettre son regard au sol, à croire qu’elle s’était sentie obligée de répondre parce qu’elle avait instauré elle-même les règles d’un jeu qui, finalement, avait quelque chose de débile. Toutes ses réponses avaient été sur le même ton, cela dit, la dernière était fausse. Fallait pas déconner, elle n’allait pas lui mâcher le travail non plus. Honnêtement, s’il avait envie de savoir qui elle était, ça ne serait pas compliqué. Une gamine avec un accent irlandais, c’était facilement repérable une fois qu’on délimitait le périmètre. Il fallait juste avoir envie de chercher un peu et, elle n’était pas tellement certaine que ce soit le genre de ce type.

Elle releva un air étonné sur lui, parce que, ce qu’il était en train de dire ressemblait presque à un conseil. Ce qui, à en voir par la tête qu’elle avait, ne collait pas tellement avec l’image qu’elle se faisait de ce gars. Bon d’accord, ce n’était pas au point parce qu’il y avait des choses qui sonnaient sûrement pas comme des compliments mais, ce n’était pas si mal que ça en réalité. Puis il marquait un point : elle avait eu tout le loisir, depuis son arrivée, de se rendre compte que Star City était une ville de fous. Rien à voir avec Dublin, rien à voir avec la place qu’ils avaient là-bas. Elle en était bien consciente. Par contre, elle accrocha un peu plus sur sa dernière phrase qui, avait quelque chose de vrai mais dont elle n’avait pas spécialement envie de se rendre compte.

_ J’ fais pas l’cuisine tous les soirs à c’tte heure-ci, puis d’toute façon, ça arrive à tout l’monde d’n’pas réussir à dormir. Non, elle n’était pas seule. Non, elle ne voulait pas se rappeler que son jumeau était quelque part, probablement avec une autre personne. Puis, t’sais, c’ n’est pas une question d’vanité, il s’agit juste d’devoir recommencer à faire ses preuves et… Elle secoua la tête à la recherche d’un mot qui pouvait tout expliquer. Vivre. Et vivre, chez Aishlinn, ça voulait dire avancer, trouver de nouveaux défis, tout en s’en sortant dans un milieu comme le sien. Et j’doute qu’on ramasse d’gens comme nous à chaque coin d’rue.

Elle afficha un sourire, sûre d’elle sur ce point-là, en oubliant qu’elle parlait d’elle et de son jumeau, plus seulement d’elle toute seule. Hormis cette erreur de langage, elle était sincère dans ce qu’elle disait. Aishlinn n’avait jamais douté de ses capacités, que ce soit de ses pouvoirs ou de ses compétences. Elle avait peut-être l’air d’être jeune – et de l’être vraiment – mais elle baignait dans un milieu très spécifique depuis qu’elle était en âge de marcher. On avait commencé à lui apprendre à ouvrir des serrures avant d’apprendre à couper son steak.

_ Mais à t’écouter on dirait qu’t’sais très bien comment ça fonctionne dans l’coin. Tu travailles tout seul ou pour un groupe ? Évidemment, elle misait sur la deuxième option avec ce qu’il avait pu dire. Enfin, ça restait juste de la théorie, il n’y avait rien de certain mais… ça s’trouve on a des contacts en commun. D’ailleurs, j’ai l’droit à un prénom aussi ?
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Message posté : Jeu 17 Oct 2013 - 16:38 Message
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Elle répondait juste ce qu'il fallait, preuve que même si elle jouait le jeu – et ça, il ne pouvait pas en être certain – la gamine ne lui donnait pas la moindre information « en trop ». C'était énervant, ce fait de devoir tirer les vers du nez des gens, pourquoi est-ce qu'ils ne pouvaient pas parler franchement ? Soupirant devant ce comportement, le trentenaire songea qu'il devait noter ce nom quelque part sans quoi il l'aurait oublié dans quelques minutes. Son regard se détourna de la gamine pour regarder autour de lui à la recherche d'un bloc-note ou même d'une feuille de papier, en vain ! Bon, tant pis. Il ne restait qu'à espérer que le cerveau du texan allait faire preuve d'un peu plus de sérieux vu le mal de chien qu'il s'était donné pour obtenir ce nom. Sauf que ça ne risquait pas d'être le cas. Il soupira une fois de plus, imité par la prénommée Linn qui n'avait pas l'air ravie de devoir lui raconter tout ça. Ce n'était pas elle qui lui avait proposé ce jeu après tout ? Allez comprendre les nanas, ce n'était vraiment que des contradictions mises bout à bout !

Seule sa remarque concernant le danger qu'elle courait à agir de la sorte sembla l'intéresser. Jay ne manqua pas de remarquer le regard étonné qu'elle lui lança avant de répondre qu'elle avait simplement un problème pour s'endormir. Mouais, même lorsqu'il n'arrivait pas à dormir le texan n'avait pas dans l'idée de faire la cuisine, sauf qu'il n'y songeait même pas lorsqu'il crevait la dalle. Et après elle osait lui dire que les femmes n'étaient pas faites pour la cuisine alors que chez elle c'était aussi prenant ? Pff, c'était l'hôpital qui se foutait de la charité ! Restant silencieux, le texan nota toutefois qu'elle parlait de « nous » et pas de « moi » en abordant le fait qu'il existait des dizaines de gamines dans son genre à Star City. Un petit copain ? Une sœur jumelle ou une connerie du genre ? Allez savoir, avec les mioches il fallait s'attendre à tout – et oui, à son âge elle entrait encore dans cette catégorie !

Le trentenaire la regarda sans ciller alors qu'elle lui offrait un sourire en lui demandant des renseignements plutôt précis. Une fois de plus, son esprit de contradiction fit son apparition : elle l'avait saoulé à ne pas vouloir lui répondre correctement et sincèrement ? Soit ! Il allait faire de même. Après un bref silence, Jay lâcha un prénom.

« Tom. »

Elle avait demandé un prénom, pas le sien ! Puisqu'elle jouait sur les mots depuis le début, est-ce qu'elle pensait vraiment qu'il allait gentiment lui dire tout ce qu'elle voulait ? Dévisageant la gamine, le trentenaire songea que oui, elle devait être de ceux qui s'imaginaient avoir le droit à la franchise des autres alors qu'ils ne faisaient rien en retour.

« Je travaille pas, c'est un loisir, je te l'ai dit avant. »

Esquive de questions, finalement c'était plus simple qu'il ne le pensait, puis bien plus amusant aussi ! Le texan croisa finalement ses bras devant lui, son envie de lui expédier le cendrier en pleine poire s'était envolé maintenant qu'il avait à son tour la possibilité de l'emmerder un peu.

« Je vis ici depuis longtemps, forcément je sais comment ça fonctionne. » Il soupira légèrement. « Et c'est qui ce « nous » dont t'as causé ? Ton petit copain qui t'a plantée ce soir, c'est pour ça que tu t'amuses à cuisiner ? Et après tu me dis que les nanas c'est pas fait juste pour cuisiner alors que tu penses à faire ça au lieu de sortir en boîte pour te changer les idées.... »

Le ton était clairement moqueur. Dans le fond, Jay se fichait pas mal de savoir si la gamine allait être énervée ou indifférente à ce qu'il venait de dire, ce n'était pas ce qui comptait le plus pour lui dirons-nous. Bien qu'il soupçonnait la gamine de lui avoir menti, le texan savait toutefois qu'il avait eu ce qu'il voulait : une réponse. Son énervement s'était donc envolé comme s'il n'avait jamais existé et il était bien parti pour la faire chier toute la nuit si elle ne s'en-allait pas avant. Pour le coup, lui non plus n'avait pas sommeil à ce moment précis. Son regard se promena sur la pièce avant d'aller vers la porte d'entrée puis de revenir vers Linn.

« Puis t'as dit que tu recommences à faire tes preuves ? T'as débarqué ici y'a pas longtemps alors ? Pas de bol, y'a déjà pas mal de monde bien installé dans ce milieu, tu vas devoir jouer des coudes si tu veux y arriver. » Léger haussement d'épaules. « C'est pas avec tes bras de poulet que tu vas y arriver. »

Parce que oui, une gonzesse ne frapperait jamais assez fort pour s'imposer, c'était l'évidence même ! Quant à l'idée qu'elle puisse obtenir sa place autrement, ça ne lui effleura même pas l'esprit, habitude oblige !
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Message posté : Ven 18 Oct 2013 - 2:23 Message
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Ce type devait être un flic, dans une vie antérieure, un truc dans ce genre-là. C’était obligé ! Il manquait plus qu’un bureau, une lampe et une vitre sans tain, et elle aurait pu se croire dans une salle d’interrogatoire. Elle devait bien avouer commencer à être suspicieuse face à autant de questions, combien de chance pour que ça puisse réellement l’intéresser ? Après tout elle n’était qu’une gamine, une fille en plus – la tare absolue – dans sa cuisine alors… ça n’avait pas tellement de sens pour elle, surtout s’il ne faisait des vols – parce qu’il était bien question de ça – juste pour passer le temps, sans personnes d’autres. Il aurait dit travailler avec des gens, elle aurait trouvé une raison à toutes ces questions mais, sans ça. Non, vraiment, ça n’avait pas de sens.

Elle n’avait pas non plus de raison de douter de son prénom, en fait, elle s’en foutait pas mal que ce soit le vrai ou non. Dans les faits, ça ne changeait strictement rien à sa vie et puis, rien ne l’empêchait de vérifier sur la boîte aux lettres en partant si, toutefois, il y avait les prénoms d’inscrits. A défaut d’avoir un vrai prénom, elle aurait probablement un vrai nom, contrairement à lui. Elle soupira en secouant légèrement la tête et se redressa pour attraper la boîte d’œufs.

_ Rien’à voir avec un p’tit ami. Elle posa son regard sur Jay. T’n’pourrais pas comprendre, t’façont.

Personne ne le pouvait, à moins d’avoir un jumeau. C’était peut-être le cas de ce type mais, elle en doutait parce que, dans sa conception des choses, des jumeaux n’étaient jamais séparés. Si ce gars devait en avoir un alors, il serait aussi présent. Le fait qu’elle soit toute seule, sans Abban, évidemment, n’entrait pas en compte. Eux, ce n’était pas pareil et on ne lui demandait pas d’être d’une logique sans failles de toute façon. Clairement le ton moqueur qu’il avait pu engager en parlant de ce qu’elle faisait pour oublier une absence, plutôt que d’aller s’éclater ailleurs, ne lui convenait pas. Ça ressemblait trop à la mise en évidence d’un problème d’occupation quand Abban n’était pas là et elle était un peu susceptible sur le sujet.

_ Et, pour information, j’ai pas b’soin d’avoir des bras avec la circonférence d’un immeuble pour m’frayer un chemin quelqu’part.

De toute façon l’idée n’était pas d’écraser qui que ce soit pour se faire une place, elle n’était pas dans une arène à devoir combattre des pauvres types qui ne savaient faire que ça de leur vie. La violence, c’était vraiment une chose qu’elle ne comprenait pas, il y avait tellement d’autres moyens pour arriver à ses fins. Et non, elle n’avait pas répondu à ses questions parce que, une c’était bizarre cette façon de chercher à se renseigner et, de deux, s’il n’était pas capable de poser une question sans y mettre une critique derrière ça ne l’intéressait pas. Elle fit un pas en avant.

_ T’sais, l’prochaine fois qu’tu veux des réponses, t’devrais essayer d’y mettre un peu plus d’forme. T’verras, ça fonctionne beaucoup mieux en général.

Qui avait envie de répondre dans des conditions pareilles ? Elle voulait bien faire un effort, prendre en compte le fait que c’était elle qui se trouvait chez lui mais, il y avait des limites à sa patience qui n’était pas aussi élevée que ça. Sa boite en main, elle continua d’avancer, toujours pas inquiète. Ce qui, en réalité, ne l’empêchait pas d’être vigilante, heureusement, son pouvoir avait tendance à s’activer assez rapidement en cas de problème. Et oui, c’était tout à fait normal de voir une gamine de 19 ans, filer des conseils à un type qui en avait plus de trente. Elle s’arrêta, pas si loin que ça de lui.

_ Et, j’ m’inquiète pas pour mon taux d’réussite. C’n’est qu’une question d’temps.

Le doute n’était pas permis, pas pour elle. C’était comme ça qu’ils fonctionnaient avec Abban, une histoire de survie et d’adaptation. Ils s’en sortaient toujours du moment que les jumeaux étaient ensemble, il n’y avait pas de soucis à se faire. En fait, ils se motivaient mutuellement, ayant des envies de meilleurs l’un pour l’autre alors, en partant de là, elle n’imaginait pas une seule seconde pouvoir échouer sur le chemin qu’ils avaient décidé d’emprunter. Elle leva un peu la main pour présenter la boîte.

_ Merci pour les œufs. Son regard se porta sur la porte commençant à faire un pas dans cette direction avant de s’arrêter pour de nouveau porter son regard sur l’homme, en se retournant, un air interrogateur sur le visage. T’es allergique au lactose ?

LA question sortie de nulle part mais qui, dans l’esprit d’Aishlinn avait une logique des plus évidentes. Elle lui prenait des œufs, c’était un voisin, il fallait bien qu’elle trouve une façon de le remercier. La bouffe, c’était ce qu’elle faisait de mieux dans ses activités légales alors, elle le remercierait de cette façon. Même si, évidemment, il n’avait rien demandé. Après, le mieux, c’était encore d’éviter de l’empoisonner sinon, là, elle pouvait dire adieu aux bonnes ententes entre voisins.
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Va faire ses courses #Jay

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