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Le miracle de la vie (Lucrèce)

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Message posté : Sam 28 Sep 2013 - 18:03 Message
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21 septembre 2013
Washington D.C., fin de matinée

— Hmm…

Le seuil de tolérance de Chase aux atrocités des meurtres était particulièrement élevé, mais il y avait parfois des cibles privilégiées dont la logique lui échappait un peu. Après tout, il était le co-auteur d’un livre promis à devenir une référence dans l’étude de la psychopathie et il en avait connu, des cerveaux dérangés, mais ce qui pouvait pousser un individu à subtiliser un fœtus à une femme enceinte avait quelque chose d’un peu… déstabilisant.

Certes, pour Chase, les femmes enceintes, de manière générale, avaient quelque chose de déstabilisant. D’abord, elles étaient la preuve vivante que certains hommes avaient des relations sexuelles avec certaines femmes, et cela lui semblait difficilement concevable. Admettons. Mais ensuite, le mystère de la vie, à lui, lui paraissait surtout dégoûtant : avoir un parasite qui poussait en soi, être déformée, l’évacuer ensuite de cette manière là, franchement, les robots, c’était beaucoup plus propre.

Non, décidément, il ne voyait pas comment l’on pouvait avoir assez de pulsions sexuelles vibrantes de violence pour vouloir s’en prendre spécifiquement aux femmes enceintes. Cela dit, il supposa qu’il y avait quelque chose de rassurant à ne pas pouvoir éprouver de l’empathie pour un pareil criminel. Il referma le dossier et le posa sur la banquette arrière, à côté de lui, pour tourner à nouveau son regard, par les vitres teintées de la voiture capitoline, sur Washington qui se déroulait lentement, au rythme du trajet.

Somme toute, il était assez content de se trouver affecté à cette mission. La perspective d’en partager la charge avec Madame Feuerbach le perturbait quelque peu et l’idée d’être surveillé constamment par une amie de Tesla était inquiétante, mais se retrouver sur le terrain, et loin de Star City, était un plaisir assez sensible pour qu’il oubliât, pour l’heure, ces menus désagréments. Même, il ne se souciait pas du fait que l’UNISON fût un peu trop qualifiée pour s’intéresser à ce genre de « broutilles ».

Bien sûr, la disparition des enfants dans le ventre de leurs mères, sans trace d’aucune blessure sur les cadavres, faisait planer le soupçon sur une intervention surnaturelle, mutante ou magique, mais, en théorie, il n’y avait rien que les agents locaux n’eussent pu résoudre par eux-mêmes. Mais depuis quelque temps, la sénatrice de l’Illinois, enceinte elle-même, avait reçu des menaces plus circonstanciées qu’à l’ordinaire ; inquiète, elle avait pesé de tout son poids (qui était considérable, puisqu’elle était enceinte) sur la hiérarchie de l’UNISON pour obtenir deux agents de Star City, la ville des supers, sur l’affaire.

À Star City, aux quartiers généraux de l’UNISON, on n’avait pas été si enthousiaste. Comme d’habitude, l’agence aurait préféré que d’autres agences écopassent du dossier. Pour éviter de sacrifier de trop précieuses ressources à ce genre de futilités, on avait affecté ce qui pouvait constituer un duo de bras cassés aux yeux de la sénatrice : une femme enceinte de six mois et un informaticien de vingt-et-un ans. Mais enfin, la femme enceinte n’était-elle pas une agente particulièrement réputée et l’informaticien, le meilleur des mentalistes ? C’était déjà quelque chose.

La Sénatrice Proyer, qui eût fait les cent pas dans son bureau si elle n’avait été terrassée par une bouffée de chaleurs, ne voyait pas les choses du même œil.

— C’est une plaisanterie ?

Son assistant essaya de se cacher derrière son dossier.

— Non, non, Madame la Sénatrice. L’agent Feuerbach arrive dans trente minutes et l’agent Neutron-Grey dans un quart d’heure.
— Neutron-Grey, c’est déjà ça. Maxime, c’est ça ?

L’assistant sentit l’épée de Damoclès osciller au-dessus de lui. Il tripota nerveusement son stylo et murmura :

— Pas… Pas exactement. Chase. Chase Neutron-Grey.
— Chase Neutron-Grey ? Mais je l’ai vu à la télévision, il a dix-sept ans !
— Un peu plus que cela, Madame la Sénatrice, un peu plus que cela…

À quelques mètres de là, Chase descendait finalement de la voiture, sous le regard vaguement narquois du chauffeur de la sénatrice, pour observer le Capitole qui se dressait devant lui. Un homme d’une trentaine d’années dévala les marches et lui tendit une main moite.

— Agent Neutron-Grey, enchanté, je suis Wilmore Foops, l’assistant de la Sénatrice Proyer.

Foops ? C’était un nom, ça.

— Si vous voulez bien me suivre, Madame la Sénatrice vous attend. Je dois vous prévenir que…

Et Chase ne tarda pas à être noyé sous une flopée d’explications, concernant l’état de santé de la sénatrice, sa position dans le jeu des forces politiques, la prochaine loi agraire que l’on s’apprêtait à voter, les problèmes avec les Républicains libéraux, la difficile question de la place qui allait s’ouvrir aux Ways & Means, sans parler de la chaufferie des bureaux, qui était tombée en peine, et vous comprenez bien que ceci et cela.

— Hmm hmm.

C’était ainsi que Chase ponctuait la logorrhée de son guide, avant de pouvoir placer :

— L’agent Feuerbach est arrivée ?
— Bientôt, bientôt. C’est que, vous savez, il y a eu des problèmes à JFK, et à chaque fois que le corps diplomatique kenyan…

La journée risquait d’être longue.
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Message posté : Dim 29 Sep 2013 - 0:27 Message
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Ces derniers temps l’hyperboréenne n’avait pas croulé sous les missions vu qu’enceinte on l’avait relégué à un bête travail de bureau (qu’elle bouclait souvent très rapidement). Toute sa vie en Hyperborée elle avait cela des rapports et en toute honnêteté elle ne supportait plus. Alors quand on lui avait proposé une mission elle n’avait pas hésité, elle avait dit oui, Dana avait dit oui car ça ne devait être qu’une enquête préliminaire de toute manière. Sol’ukah ne risquait pas grand-chose. Peter avait en plus promis de se téléporter en renfort à la moindre urgence. Le soir elle n’avait plus eu qu’à convaincre Die de la laisser partir quelques jours, au départ il avait hésité à cause du bébé, mais il avait fini par fléchir. L’Ultime avait eu un peu de remord de ne pas tout dit de la nature du crime –un psychopathe s’en prenant aux femmes enceintes-, mais elle savait quelque part que si elle avait dit l'entière vérité son conjoint ne l’aurait jamais laissé partir.

Le matin elle avait longuement hésité sur quoi mettre. Sol’ukah était sensée rencontrer une sénatrice, un personnage important et elle n’avait pas grand-chose de vraiment élégant. Elle avait bien une mignonne petite robe, mais elle n’était pas certaine que ce soit le plus confortable. Après bien des hésitations elle avait fini par simplement enfiler un jean, un caraco en mousseline blanche, une veste tailleur et ses bottes. Ce n’était pas vraiment la crème de l’élégance, alors elle avait complété sa tenue par un chignon bas et quelques bijoux. Après s’être regardé une dernière fois dans le miroir elle avait décidé de mettre un peu de rouge à lèvres rouge cardinal. Même après tout ça elle s’était sentie en deçà de ce qu’on attendait probablement d’elle, mais elle ne pouvait pas faire mieux avec ce qu’elle avait.

Pour se rendre à Washington elle avait d’abord pris le train. Dana l’avait amené à la gare, après avoir installé sa petite valise dans un compartiment fait pour elle, la jeune femme s’était assise près d’une fenêtre afin de regarder le paysage défiler. C’était la première fois qu’elle se rendait dans la capitale du pays, elle n’était pas nerveuse, au contraire elle était toute excitée. Bien sûre elle ne le montrait pas. Une fois que le paysage l’eut lassé, elle alluma son organiseur caché dans sa sacoche pour écouter dans sa tête ses cours de langue extraterrestre. Pour faire genre elle utilisa une oreillette Bluetooth, depuis le temps elle avait compris qu’autrement on risquait de la prendre pour une folle.

Quand elle arriva, une voiture l’attendait louée par l’Unison. C’était un gros véhicule, elle pâlit un peu en le voyant, sa voiture de fonction à Star City était nettement plus petite. Bon ça ne devait pas être bien différent. Rapidement elle rangea sa valise dans le coffre et immédiatement après elle prit la route. Elle sortit son organiseur, puis renonça, elle n’avait nulle part ou le poser. L’Ultime se résigna à utiliser le gps fournit avec le véhicule, heureusement l’appareil était très facile d’utilisation. Une vingtaine de minute plus tard elle était arrivée à destination.

Après avoir pénétré les lieux elle présenta ses papiers de l’Unison et ses papiers d'identité. Une fois que tout ça fut OK la passa au détecteur de métaux, elle fit sonner l'appareil et on lui confisqua son arme de service. Sol’ukah ne s’attendait pas vraiment à ça, pourtant elle se laissa faire, Chase était déjà arrivé on lui avait annoncé. Comment avait-il fait pour aller aussi vite ? Peut-être avait-il pris l’avion ? L’homme qui la menait lui sembla désespérément lent, elle tenta de presser l’allure, mais ce fut inutile. Heureusement bien rapidement elle aperçue Chase qui semblait en grande discussion avec un homme à l’allure nerveuse. En arrivant elle salua du chef Chase et tendit sa main à l’inconnu pour se présenter.

- Agent Lucrèce Feuerbach… Désolée pour ce retard, fit-elle le regard un peu piteux.

L’homme se présenta à son tours et Luka poursuivit banalement polie, enchantée, etc, jusqu’à arriver au sujet qui les intéressait aujourd’hui. Mr. Foops commença à lui expliquer l’état de santé précis de la sénatrice, elle était enceinte de 7 mois. Il lui expliqua aussi le contexte politique, la nervosité que ça entrainait chez elle. Un bref coup d’œil vers Chase et elle le découvrit un peu dépité, Luka tenta un discret sourire d’encouragement. Au bout de quelques minutes Mr. Foops eut enfin fini de parler. Il les invita à le suivre pour rencontrer la sénatrice. D’abord il frappa à la porte de son bureau et une voix un brin rocailleuse leur permit d’entrer. Une fois dans la pièce l’hyperboréenne découvrit à qui appartenait la voix, une petite femme brune qui pour le moment était assise derrière son bureau.

-  Madame la sénatrice, fit poliment Luka en s’inclinant.

Quand elle se releva elle remarqua que tous le fixait étrangement. Luka se sentit rougir légèrement, c’était-elle tromper dans les coutumes ? Chez les Atlantes c’était pourtant un signe de respect. Luka se reprit rapidement.

- Je suis l’Agent Feuerbach et voi…
- Je sais qui vous êtes tous les deux, la coupa-t-elle en se levant visiblement agitée. Mr. Neutron-Grey… Vous êtes émissaire, fit la sénatrice en se tournant vers elle. Etes-vous une sorte d’alien ?

Luka ouvrit de grands yeux, le sifflet un moment coupé. Elle pensait que son dossier était inaccessible, en tout cas au moins il n'y avait pas son origine de précisé dessus. Ignorant la question elle finit par reprendre le fil de sa parole.

- Vous n’avez pas voulu envoyer votre lettre directement à l’Unison ?  Pouvons-nous la voir s’il vous plait Madame la sénatrice?
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Message posté : Dim 29 Sep 2013 - 9:44 Message
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Elle était vraiment très grosse. Ce fut la première pensée, pas forcément très polie, qui traversa l’esprit de Chase lorsqu’il vit sa coéquipière se profiler sphériquement dans le couloir, accompagnée par un autre des assistants de la sénatrice. Est-ce qu’il pouvait seulement courir, dans cet état-là ? Parce que Chase pouvait la protéger virilement de beaucoup de choses, comme tout homme devait le faire avec une femme enceinte, mais certes pas, par exemple, d’une explosion. Est-ce que son état affectait ses pouvoirs ? Est-ce qu’il allait devoir lui acheter des fraises au milieu de la nuit ? Est-ce que…

— Agent Neutron-Grey… ?
— Hmmm ?
— Par ici.
— Ah oui, bien.

Après un dernier regard au ventre de Lucrèce, Chase emboîta le pas à l’assistant et ils furent bientôt introduits dans le bureau de la sénatrice. La femme n’était pas très grande, bien sûr, et son état n’imposait pas a priori une aura d’autorité, mais le mentaliste connaissait assez sa réputation pour ne pas se fier à ce qu’il voyait : Amanda Proyer, fille de secrétaire d’État, petite-fille de vice-président, siégeant à la commission de surveillance des services secrets, ancienne directrice de la FEMA, n’était pas femme à se laisser marcher sur le pied.

Comme elle la prouva aussitôt qu’ils furent entrés. Chase jeta un bref regard à Lucrèce. Extra-terrestre ? Après tout, pourquoi pas : à l’UNISON, il n’était plus à cela près et cela lui paraissait toujours moins étrange que les mages issus de société secrète. Et le bébé, est-ce qu’il était extraterrestre aussi, s’il était né d’une mère extraterrestre mais sur Terre ? Chase chassa ces troublantes questions sur le mystère de l’existence pour se concentrer sur le cas présent.

Proyer ouvrait un dossier. Elle tendit un papier à son assistant, qui s’approcha des deux agents.

— Si j’avais envoyé ces preuves à l’UNISON, mon affaire se serait probablement perdue dans vos dossiers censément plus urgents, ou bien aurait échoué sur le bureau d’un agent de seconde zone.

Elle regarda successivement la femme enceinte et le gamin de vingt ans qui lui faisaient face. Manifestement, elle n’estimait pas avoir obtenu gain de cause.

— Bref. Vous pourrez constater que la prose de mon admirateur n’est pas très inspirée.

Chase prit la lettre que Lucrèce lui tendit après l’avoir lue.

Amanda,

J’ai une boucle de tes cheveux. Je sens ton odeur. Tu sens mon odeur. Tu sens ma respiration sur ton ventre. Je pousse en toi comme ton enfant.

J.


— Vous avez…
— …soumis la lettre à un relevé d’empreintes, évidemment, et à un examen graphologique. Nous avons bien retrouvé une empreinte, mais elle ne correspond à rien dans nos fichiers. Pas d’arrestation préalable. Mais elle correspond à celles retrouvées sur les lieux des autres meurtres.
— C’est inhabituel.
— Qu’il laisse des empreintes ?
— Hmoui. Qu’il ne soit pas dans les fichiers de la police. Les psychopathes ne deviennent pas psychopathes du jour au lendemain. À moins d’échapper à la vigilance de la police depuis des années, mais…

Chase haussa les épaules.

— Il a probablement torturé des animaux dans son enfance, mutilé des cadavres, brutalisé ses camarades de classe. La fixation est évidemment sexuelle, mais je suppose de nature sadique.

L’assistant avait pâli à l’évocation de ces antécédents refroidissants, mais Proyer en avait vu d’autres. Progressivement, Chase en arrivait à la conclusion de son raisonnement :

— En somme, notre enquête serait plus facile si nous avions accès aux bases de données de la police locale, des États limitrophes, peut-être aux bases de données fédérales.

Et, bien conscient que titiller l’orgueil d’un politicien était toujours une bonne tactique :

— Évidemment, si c’est trop compliqué à obtenir, nous pouvons nous débrouiller autrement…
— Ne soyez pas ridicule. Foops !
— Madame la Sénatrice ?
— Occupez vous de procurer des accès aux agents Feuerbach et Neutron-Grey. Que la police locale sache bien que j’exige d’eux une entière coopération avec mes agents.

Ses agents ? Chase s’abstint de tout commentaire. Le téléphone de la sénatrice sonna alors qu'elle s'apprêtait à leur donner de nouvelles recommandations ou, plutôt, des directives. Le téléphone, enfin, l'un de ses téléphones : il y en avait deux sur son bureau, deux dans les poches de son assistant, deux dans ses propres poches. Elle décrocha l'un de ceux du bureau et se mit à parler à voix basse, rapide et autoritaire, d'une quelconque affaire de motion au Sénat.

Chase se pencha vers Lucrèce :

— Je crois que vous devriez interroger la sénatrice. Entre femmes…

Enceintes.

— …d’action, vous devriez vous comprendre. Moi, j’aimerais bien parler un peu à l’assistant. S’il la suit tout le temps, il pourrait bien avoir remarqué quelque chose.

S’assurant que ce plan convenait à Lucrèce, comme la sénatrice venait de raccrocher brutalement et les regardait d'un air noir, parce qu'ils n'étaient pas restés docilement silencieux pendant son appel, Chase reprit finalement la parole à haute voix :

— Si vous le permettez, Madame la Sénatrice, j’aimerais accompagner Mr. Foops, pour lui préciser ce dont nous aurions exactement besoin.

Proyer hocha la tête d’un air autoritaire et, après un dernier regard aux deux femmes, Chase suivit de nouveau son guide prolixe.
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Message posté : Dim 29 Sep 2013 - 15:30 Message
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Imperturbable –elle se contenait de toute ses forces- l’agent patienta la réponse de la femme de pouvoir, qui avait beaucoup de pouvoir. L’Unison était censé être une organisation mondiale, parfaitement indépendante de la politique américaine, pourtant elle avait réussi à lire son dossier –ou une partie- cela la laissait perplexe. On lui avait promis un secret bien gardé. Certes cette femme n’était pas son ennemi, mais Luka avait ses responsabilités vis à vis de sa nation d’origine, en rentrant elle ne parlerait avec Thétis.  

La femme pris enfin un dossier avant de donner une lettre à son assistant qu’il la lui passa. Le premier réflexe de Luka fut de sortir son organiseur pour scanner la preuve. L’objet ovale n’avait rien d’un outil terrien, mais de toute façon elle pensait déjà qu’elle était une extra-terrestre alors bon. Après ça elle lut juste rapidement la lettre version papier et la tendit à Chase pour qu’il puisse la lire à son tour. Sur l’écran de son organiseur elle relu de nouveau la lettre tandis que le jeune frère de Tesla posait ses premières questions.

Luka activa le mode enregistrement vocal de son organiseur afin de garder une trace de leurs échanges. Parfois une chose pouvait leur échapper à la première écoute ou tout simplement la mémoire n’était pas infaillible, celle technologique l’était. Une fois cela elle écouta attentivement la réponse de la sénatrice. Une empreinte avait été laissée, mais elle ne correspondait à aucun fichier. Néanmoins la nouvelle avait quelque chose de rassurant. L’assassin était débutant ou maladroit, il laissait des preuves. Une autre solution s’insinua dans son esprit, peut-être que l’harceleur voulait accuser quelqu’un d’autre et se garantissait une porte de sortie avec une fausse empreinte, mais elle n’en savait pas assez pour être certaine de cette idée.

Des tas de question affluèrent dans son esprit, mais comme son collègue du jour parlait, elle l’écouta d’abord. Le raisonnement de Chase était cohérent avec tout ce qu’elle avait appris en quelque mois en travaillant à l’Unison. Il titilla même l’orgueil de la sénatrice, l’approche était familière à Luka qui avait souvent vu son père faire de même. Grâce à ça ils eurent accès à toute l’aide locale qu’il pouvait désirer. Luka se retint de sourire. Le téléphone de la sénatrice se mit à sonner Chase se pencha vers elle pour lui murmurer quelque chose.

En gros il voulait interroger l’assistant et éviter d’avoir à le faire avec la sénatrice, du coup il lui déléguait parce qu’elles étaient toutes les deux des femmes fortes. Luka fronça très brièvement les sourcils, elle avait beau ne pas être particulièrement douée dans la détection des mensonges, elle sentait clairement que forte n’était pas vraiment le premier terme auquel le jeune homme avait pensé. Mais bon il n’avait pas tort quelque part, le fait qu’elle soit enceinte aussi permettrait peut-être à la femme de fer de s’ouvrir un peu à elle avec plus de facilité.

Chase demande l’accord de la sénatrice pour interroger l’assistant puis s’éclipsa. Voilà elle était seule avec la sénatrice. Luka pouvait librement poser les questions qu’elle avait eues en tête en début de rencontre. Un geste de main souple accompagna le début de sa prise de parole.

- Votre harceleur parle d’une boucle de vos cheveux, si ce n’est pas un simple mensonge il est possible que vous l’ayez déjà côtoyé quelque part. Avez-vous fait une liste des personnes vous entourant ayant un prénom ou nom de famille en J, vu que c’est par cette initiale qu’il a signé son message ? J’aimerai aussi avoir la liste des lieux ou vous avez logé les six derniers mois aux Etat-Unis, je ne pense pas qu’il vous ait suivi à l’étranger, ses victimes sont toutes américaines, il n'a probablement pas les moyens de voyager aussi loin. Je suis quasi certaine que vous avez croisé sa route, consciemment ou pas.

Spoiler:
 

- Non je n’ai pas fait ça, fit-elle blême.

Soudainement elle fouilla son tiroir, sortit une feuille et fit une liste. L’Ultime s’approcha du bureau. Elle n’était pas certaine que ce soit une bonne piste, mais vu les empreintes, l’harceleur n’était peut-être juste pas très malin.  Au bout de deux-trois minutes la femme lui tendit une liste que Luka scanna une nouvelle fois pour le ranger dans le dossier adapté. Conrad James, Jonathan Stryder, Juliane Madison, James Carter et Jean Boutin.

- Ils travaillent tous avec vous ? Vos assistants et la police peut-elle nous fournir un dossier le plus complet possible sur ses personnes, le plus rapidement possible, bien entendu, ajouta Luka afin de ne pas angoisser la femme. Adresse, métier, famille, téléphone, etc… Le classique. Après ça Chase et moi pourrons peut-être rendre une petite visite à ces gens-là. Cette liste n’annule en rien le fait que je veuille une liste de vos derniers lieux de séjour.  Le fait que leur prénom ou leur nom de famille commence par un J, ne les rendent pas immédiatement coupable.
- Bien sûre, assura la Sénatrice qui avait perdu un peu de son air grincheux. Les deux premiers travaillent avec moi, la troisième est ma cuisinière, les autres sont dans un autre service…

Luke revérifia, mais le mot pouvait être aussi bien écrit par un homme ou par une femme. Personne n’avait dit que c’était forcément un homme… Sol’ukah envoya la liste des suspects à Chase « Interroge l’assistant sur ces personnes ». Pendant ce temps-là la sénatrice donna un coup de fil à un de ses assistants pour qu’il se charge de faire la liste demandé.
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Message posté : Dim 29 Sep 2013 - 15:30 Message
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Le Hasard

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Message posté : Dim 29 Sep 2013 - 16:28 Message
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À vrai dire, Chase eût volontiers troqué l’assistant contre la sénatrice. À peine la porte du bureau de la politicienne refermée, l’homme reprit son débit habituel, tant et si bien que Chase était à deux doigts de le croire doté d’un super-pouvoir pour être capable de déverser ainsi, sans discontinuer, des paroles qui n’étaient somme toute pas tout à fait désordonnées. Se retenir d’ouvrir la bouche quand il était avec la sénatrice devait lui peser horriblement.

— Quel soulagement, tout de même, que vous soyez là, la sénatrice a eu une bonne idée de vous appeler, je lui ai toujours dit, d’ailleurs, qu’elle ne devait pas faire confiance à la police de Washington. Dans cette ville, vous comprenez, évidemment, les rivalités politiques sont telles qu’on ne peut jamais être certain — attention à la marche — de qui on a affaire. Vous allez me dire, même en Illinois, c’est comme cela. Je me souviens de la dernière primaire, pour ce siège-là…
— Vous avez fait campagne avec la sénatrice ?

C’était presque une action héroïque que d’arriver à interrompre cet homme-là.

— Oui, tout à fait, je suis la sénatrice depuis longtemps et…
— Elle a un blog ?

Chase avait adopté le même ton sec que la politicienne, dans l’espoir de tempérer un peu les ardeurs verbales de son guide, qui ouvrait à présent un petit bureau d’une clé tremblante.

— Oui, évidemment, pour documenter son parcours, afin que ses électeurs puissent…
— Des vidéos de ses apparitions publiques ?

Cette fois-ci, l’homme se contenta de hocher la tête. Il s’assit à son bureau, sortit une pile de formulaires et se mit à les remplir aussi vite qu’il parlait : tel était donc le secret de son efficacité et de sa présence aux côtés de la sénatrice. Il n’avait pas son pareil pour gérer les complications administratives propres au gouvernement américain. Chase, un peu admiratif, le regarda remplir les cases et tamponner à toute allure pendant deux ou trois secondes, avant de reprendre :

— Je suppose qu’elle a des électeurs plus assidus que les autres ?
— Quelques uns, oui, mais vous pensez bien…

Il allait se lancer dans un nouveau discours, mais il se ravisa et conclut simplement :

— La police du Capitole a déjà enquêté sur ceux-là.
— Évidemment.

Après avoir dument rempli tous les formulaires appropriés, Foops entreprenait de les faxer désormais aux autorités compétentes, dont il semblait connaître tous les numéros par cœur. Chase était bien contraint de revenir peu à peu sur le jugement peu flatteur qu’il avait porté sur cet étrange personnage : dans son domaine, il avait l’air d’être aussi une sorte de super-héros.

— Et vous, il y a des gens, dans son entourage, qui vous paraissent suspect ?

L’homme eut l’air songeur, sondant consciencieusement le moindre de ses souvenirs pour être certain de ne rien oublier. Pendant ce temps-là, Chase parcourait du regard le message de Lucrèce et se mit à faire des suggestions à son interlocuteur :

— Conrad James ?
— Le fils de l’Ambassadeur ? Il n’est pas très agréable mais il ne m’a jamais paru dangereux.
— Jonathan Stryder ?
— Docteur Stryder ? Je ne le connais pas tellement. C’est le médecin de Madame la Sénatrice, je suis rarement dans les environs quand il passe.
— Juliane Madison ?

Foops rougit un peu et, pour la première fois, dut se reprendre pour composer le bon numéro de fax.

— Mademoiselle Juliane est très gentille.

Chase esquissa un sourire.

— Je vois. James Carter ?
— Hm. Il est en fauteuil roulant.
— Et sinon ?
— Sinon, rien. Il travaille à l’enregistrement des minutes des sessions parlementaires. Je ne vois même pas pourquoi la sénatrice le connaitrait.
— Jean Boutin ?

Foops prit un air sombre, en laissant le fax avaler la dernière feuille.

— Un Français.
— Personne n’est parfait.
— Diplomate à l’ONU. Je ne sais pas ce qu’il y fait exactement, mais il vient souvent à Washington, pour des rendez-vous avec la sénatrice. Très, très désagréable.

Chase tapa à toute vitesse un message à l’adresse de Lucrèce :

Chase Neutron-Grey a écrit:
Nos clients les plus probables : Dr. Stryder, Jean Boutin et James Carter. Dans cet ordre, a priori. On se retrouve au parking ?
Puis, après avoir remercié l’assistant, qui lui confirma qu’aucun service de police ni aucune administration capitoline ne devrait opposer de résistance à la collaboration, après ces formulaires tout droit sortis du bureau de la sénatrice, Chase regagna le couloir et composa le numéro du service d’enregistrement des minutes des sessions parlementaires, trouvé dans le petit annuaire téléphonique du Capitole, aimablement fourni par Foops.

— Bonjour, agent Neutron-Grey de l’UNISON. Vous avez dû recevoir un formulaire qui… Oui, très bien. J’aimerais savoir si l’un de vos employés a pris des congés, récemment. Ou adopté des horaires inhabituels. James Carter. Oui…

Au moins un meurtre, selon le légiste, s’était déroulé en plein milieu de l’après-midi : difficile pour un employé d’administration de s’éclipser sans être aperçu de ses supérieurs. Et James Carter, lui, n’avait été apparemment que très assidu à son poste. Un suspect de moins.
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Message posté : Dim 29 Sep 2013 - 22:10 Message
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- Peut-être me donner votre adresse mail sera plus simple. Comme ça dès que c’est fait mon assistant vous l’envoie.
- Oui bien sûre, ne put qu’approuver l’hyperboréenne qui aussitôt fouilla dans son sac pour fournir une carte de visite, l’Unison les faisait imprimer gratuitement pour ses agents, il y avait tout le nécessaire pour lui envoyer des dossiers ou la contacter.

Du bout des doigts elle finit par en trouver une et la tendit à la sénatrice qui l’attrapa avant de lui demander si elle avait d’autre question. L’Ultime réfléchit un instant, hésitante elle finit par ajouter une dernière interrogation.

- Votre appartement a déjà été fouillé je suppose ?
- Bien évidement.
- Je n’ai plus de question, si j’en ai de nouvelles comment puis-je vous contacter rapidement ?

La sénatrice hésita un court instant. Elle finit par à son tour sortir une carte de visite sur laquelle elle ajouta au dos un numéro rouge. Tout en écrivant elle prit la parole.

- Il ne doit être donné à personne, c’est mon numéro personnel, si vous le fassiez je le saurais et vous aurez des ennuis, ne put-elle s’empêcher de dire avec une menace claire dans la voix.

Luka sans s’offusquer du ton de son interlocutrice attrapa le numéro de téléphone et l’enregistra sur son organiseur. Puis elle rendit le bout de papier avant de lui assurer qu’il n’y avait aucune risque qu’elle ne donne ce numéro ou qu’il ne tombe entre de mauvaise main. Son organiseur lui annonça télépathiquement qu’elle avait reçu un message, rapidement elle lut son contenu. C’était de Chase et visiblement il avait fait un tri dans la liste qu’elle avait fourni. C’était bien le garçon était efficace, elle lui demanderait un résumé de ce qu’il avait trouvé.

- Je m’excuse je dois rejoindre l’Agent Neutron-Grey pour poursuivre l’enquête. Je vous souhaite une bonne journée Madame la Sénatrice.

La sénatrice ne lui souhaita pas vraiment une bonne journée, mais d’un geste de main elle l’autorisa à partir. Une fois à l’extérieur elle apperçut de suite Chase qui était en train de passer un coup de fil, elle s’approcha avec assez de bruit pour se faire remarquer, mais pas assez pour le déranger dans sa conversation. Patiemment Luka attendit qu’il ait fini, ce fut rapidement le cas, dès qu’il eut raccroché Luka fit un petit point sur ce qu’elle avait récolté de son côté.

- J’imagine que vous avez deviné le lien qui lie les suspects de ma liste, pas besoin de s’attarder, j’ai par contre demandé à la sénatrice un listing des lieux où elle a passé une soirée les six derniers mois dans le territoire américain. Si son harceleur a vraiment une de ses mèches de cheveux, il lui a peut-être volé durant son sommeil. Un de ses assistants nous enverra ça par mail, ainsi que les adresses de nos sus…

Elle eut à peine le temps de finir qu’un premier mail avait été envoyé avec les dossiers des cinq suspects. Luka fronça les sourcils vraiment étonnés. A voix basse elle se permit une petite remarque.

- Elle doit vraiment être très autoritaire pour que le travail soit si vite fait.

L’Ultime elle transmit par mail à Chase les dossiers qu’elle venait de recevoir. Ils s’étaient échangés numéro et mail la veille par l’intermédiaire de Tesla. Rapidement elle ouvrit le dossier du suspect numéro un, après avoir copié collé l’adresse elle fit une rapide recherche pour voir si c’était loin. Ses doigts glissaient à peine sur son organiseur, de toute façon Chase la prenait déjà pour une alien. Finalement c’était une bonne couverture.

- Le Docteur Stryder habite à 35 minutes d’ici en voiture, mais je pense qu’il vaut mieux se rendre à son cabinet nous sommes en pleine journée, c’est un peu plus près. Je peux nous y emmener, l’Unison nous a loué un véhicule. Vous me raconterez comment vous avez éliminé Juliane et Conrad de notre liste en chemin ?

Tout en marchant elle parcourut le reste du dossier du Dr Stryder, il était célibataire, divorcé en fait, il avait un fils, mais il vivait avec sa mère. Un moment elle faillit de peu se cogner contre quelqu’un, mais ce dernier plus alerte qu'elle l'évita. A la sortie on lui rendit son arme de service et elle la rangea dans son holster d’épaule. Une fois dans la voiture elle posa sa sacoche à l’arrière sauf son organiseur qu’elle mit dans la boite à gant. De mémoire elle tapa l’adresse du docteur sur son gps. La voiture démarra et ils s’éloignèrent.
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Message posté : Dim 29 Sep 2013 - 23:01 Message
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Chase raccrocha et, avant de partager ses informations, écouta celle de sa coéquipière en marchant vers la voiture — pas trop vite, bien sûr, avec la masse que Lucrèce transportait… Il sortit à son tour son téléphone et, comme deux parfaits petits geeks, les yeux sur les machines, ils progressèrent dans les couloirs en laissant les gens s’écarter sur le chemin, alors qu’ils parcouraient les dossiers. Le moins que l’on pût dire, c’était qu’aucun d’entre eux ne sortait particulièrement du lot, mais en même temps, les deux agents ne s’attendaient pas à trouver « Aime tuer les femmes enceintes » en caractères rouges, dans la rubrique « commentaires du supérieur hiérarchique ».

Le mentaliste ne récupéra aucune arme à la sortie : il n’en portait pour ainsi dire jamais et il fallait que les circonstances en fissent échouer une à ses pieds pour qu’il songeât à la prendre, et encore était-ce pour ne pratiquement pas s’en servir. Les dossiers rapidement parcourus, il rangea son appareil. Quand Lucrèce proposa de conduire, il faillit suggérer que, dans son état, ce n’était sans doute pas train indiqué, mais après tout, c’était elle l’agent de terrain, alors il se contenta de hocher la tête.

Installé sur le siège passager, il commença son propre récit :

— Foops, l’assistant, est beaucoup plus efficace que je ne le croyais. Très méthodique, très observateur : je le crois bon juge des caractères, quoique le sien soit un peu… Excentrique. Bref. Conrad est un fils d’ambassadeur et, quand l’UNISON a entré le mode opératoire des victimes dans les fichiers d’Interpol, nous n’avons eu aucune correspondance. Si jeune, il aurait eu des chances de frapper dans les pays où son père a été affecté. De toute façon, les scènes de crime sont un peu trop évoluées pour quelqu’un de moins de trente ans. Un tueur en séries, vous savez, mature sa scénographie, sa technique. Un peu comme un artiste, si vous me passez la comparaison.

Quelque part, Chase se félicitait de s’être engagé dans le projet de recherche en psychologie de l’UNISON qui l’avait conduit à décrire aussi exhaustivement que possible les personnalités de tueurs en série sondés télépathiquement. L’écriture du livre et l’expérience elle-même n’avaient rien eu de plaisant, mais au moins en tirait-il un profit immédiatement réinvesti sur le terrain. Son mentor Andrea Parker eût certainement été fière de lui.

— Juliane est une femme, ce qui réduit déjà la probabilité. Et puis, Foops a l’air un peu amoureux. Quelqu’un comme lui, avec son instinct protecteur pour la sénatrice, remarquerait probablement un intérêt malsain de la part d’une autre personne aussi proche de lui. Bien sûr, ce n’est pas une science exacte…

Ni la psychologie, ni le profilage, mais enfin, ils n’entraient pas dans les détails.

— Mais pour des choses comme ça, je suis assez sûr de moi. En revanche, les trois autres étaient des candidats potentiels. Mais je viens d’avoir le supérieur de Carter au téléphone. Il était au bureau pendant toute la fenêtre donnée par le légiste pour le meurtre diurne. Exit, donc. Il nous reste Stryker et Boutin sur la liste. À ce propos…

Chase jeta machinalement un coup d’œil au GPS, pour avoir une petite idée de l’endroit où ils allaient se retrouver et se situer, sur un plan, dans la ville.

— …vous avez vu, peut-être, sur le dossier, la mauvaise nouvelle. Boutin est diplomate. Il a l’immunité. Les Français la lèveront sans doute si c’est lui, mais ce sera sans doute des montagnes de paperasse. D’un autre côté, je suis sûr que la sénatrice nous aidera à naviguer dans tout cela.

À défaut d’être vraiment agréable pour ceux qui ne faisaient pas parti de ses électeurs, au moins brillait-elle par une efficacité redoutable et, de ce que Chase savait de sa carrière, elle méritait amplement le respect. Tenir sa position quand on était une femme, enceinte de surcroît, n’avait sans doute rien de facile et les idées progressistes du Neutron-Grey étaient réconfortées de constater que la chose était tout de même possible.

Chase ressortit son téléphone, pour regarder à nouveau les photographies de la scène de crime, d’un œil peu impressionné.

— Ce qui est étonnant, tout de même, c’est ce manque de violence. Je veux dire, en dehors de la mort, les cadavres sont intacts. C’est assez inhabituel. Pas impossible, mais un stalker qui satisferait enfin ses pulsions seraient sans doute plus… désordonné. Ou en tout cas, il laisserait plus de marques. L’absence d’agression sexuelle ne colle pas non plus avec cette lettre. Et la mèche de cheveux, vous ne trouvez pas que c’est, comment dire…

Il chercha un instant le mot adéquat, avant de suggérer :

— Un peu trop typique ?

Il afficha la lettre scannée et envoyée par Lucrèce et la relut à haute voix.

— Même, les odeurs, tout cela, cela semble tout droit sorti d’un cours d’introduction à la psychologie criminelle. Je veux dire, les scènes de crime suggèrent un certain niveau d’intelligence, de préparation, de méticulosité, et la lettre essaye de nous vendre un pervers obsédé par ses victimes. Un peu contradictoire.

Il détourna le regard du téléphone pour observer la ville autour d’eux.

— D’un autre côté, je ne vois pas très bien la vertu de diversion d’une lettre envoyée par la sénatrice. C’est encore le meilleur moyen de s’assurer d’être traqué. Ce serait une stratégie un peu curieuse, tout de même.

Pour l’instant, il avait l’impression d’avoir beaucoup d’incohérences et de questions, et peu de solutions. Le charme des débuts d’enquête.
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Message posté : Mar 1 Oct 2013 - 17:43 Message
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Luka avait beau avoir seulement eu son permis il y’a quelque mois, sa conduite était exemplaire. Un peu trop peut-être, Peter se moquait souvent de sa conduite extrêmement raisonnable, jamais elle ne dépassait pas les vitesses autorisés ou se permettait de griller un stop ou un feu rouge ». Luka fit abstraction de la voix monotone du GPS pour écouter son interlocuteur. L’image sur l’écran et la route lui suffisait. Chase était plus bavard qu’elle n’aurait pu l’imaginer ou pointilleux. Il lui expliqua les raisons du pourquoi il avait supprimé  deux des suspects dans leurs listes.

C’était avant tout des explications d’ordre psychologique, la jeunesse, l’œil affuté de l’assistant. De bons arguments en soit, mais Luka avait oublié comment c’était d’avoir moins de 30 ans, ça faisait si longtemps et depuis qu’elle était arrivée ici elle était tombée sur de sacré manipulateurs. Bref même si pour faire un pré-tri et ne pas détruire le climat de confiance naissant elle approuva, dans sa tête Juliane et Conrad restèrent des suspects envisageables.  

Lucrèce ne put cependant qu’approuver l’élimination de Carter de manière sincère, ça c’était du concret et même en Hyperborée la psychologie était extrêmement importante, elle ne s’en jugeait pas suffisamment instruite pour émettre des jugements à ce propos.

- Parfait pour Carter, ne put-elle s’empêcher de glisser ne détachant pas ses yeux de la route.

Feu rouge, elle se stoppa. A partir de ce moment lui expliqua la difficulté de cueillir leur client Jean Boutin si c'était lui l'harceleur. Luka fit un sourire à Chase.

- Je ne m’inquiète pas pour ça, il y’a certes Madame la sénatrice de notre côté, mais l’Unison a aussi sa à base en France à Paris, elle saura prendre le relai si ça devient compliqué de ce côté de l’Atlantique.

C’est vrai que le cas d’un diplomate devait être particulier, il y avait bien sûre l’UNBIT qui leur permettait d’agir librement dans n’importe quel pays signataire (dont la France faisait partie), mais Luka ne savait si cela s’appliquait à quelqu’un au statut aussi spécial que Mr. Boutin. Un court moment elle songea à son père lui aussi diplomate hyperboréen en Atlantide. Luka n’avait aucune idée de comment ça fonctionnait, eux-aussi devait être débordé, c’était la plus grande nouveauté depuis des millénaires en Hyperborée. Feu vert elle redémarra, au loin elle vu les voitures s’accumuler un peu… Merde des bouchons, pourvu qu’ils ne durent pas. Sa main tapota un nerveuse sur le volant pendant que Chase prenait de nouveau la parole.

Toujours attentive elle l’écouta disserter sur les incohérences de cette affaire, c’était vrai qu’il y avait quelque chose de bizarre dans tout ça.  Mais il y avait tellement d’explication possible, si ils ne partaient pas de la lettre, ils n’avaient rien pour se lancer dans l’affaire. Quelque part ils y étaient obligés.

- Je comprends ce que tu veux dire, c’est vrai que ça fait brouillon, stéréotype… Ce J signé, cette empreinte et pourtant ces meurtres parfaitement maîtrisés.

Luka avait à présent une tolérance quasi parfaite à la vue de cadavre, ce qui était loin d’être le cas quelques mois plus tôt. Mais depuis qu’un fou lui avait fait ramasser ses cadavres en décomposition elle s’était forgée une carapace, afin de ne pas devenir complètement cinglée. Ce monde était monstrueux, elle le penserait probablement toujours, mais si elle pouvait aider,autant le faire.  Puis de toute manière que faire d’autre ? Ici elle n’était qu’un tas de muscle ou la rigueur une fille aux cheveux originaux. Elle n’aimait pas se faire remarquer juste pour ça, c’était pour ça qu’elle avait commencé à se teindre. Elle préférait être remarquée pour sa droiture et sa force (morale).

- Il peut y avoir d’explication, au stade ou on en est on peut faire tellement de supposition… Fascination particulière pour madame la Sénatrice, double-personnalité, peut-être que quelque chose a changé dans sa vie, c’est peut-être seulement un imitateur, ou peut-être qu’il veut être connu sans qu’on le trouve, qu’on fasse la une de la presse pour nos échecs, fit-elle en se remémorant un épisode de Dexter, tellement de raison… De toute façon on n’a pas le choix, on a que ça, on doit rien laisser de côté, tout doit être étudié… Désolée, grimaça-t-elle. Je n’apporte rien de véritablement étonnant ou percutant. Je ne suis pas très supposition, je suis très concrète et plus dans l’action qu’on dit…

Chez elle ce n’était pas du tout le cas, mais ici tout était tellement différent alors forcément que sa compréhension des choses était limité. Du coup elle faisait office de gros muscle (ce qui surprenait généralement bien ses adversaires), certain de ses collègues l’avait surnommé le tank vivant. L’embouteillage ne dura pas.

- Dans 5 minutes on est arrivé, fit-elle avant d’hésiter à dire autre chose, vu qu’on est deux ça va être dur de surveiller toute les entrées, bref… De toute façon au pire s’il fuit notre interrogatoire ça en fera un suspect principal, il aura du mal à approcher Amanda, mais il pourra toujours s’en prendre à d’autre.  Je ne sais pas si c’est un risque que tu veux prendre. J’ai une solution autrement pour palier le problème, ça n’entre pas dans l’interdiction du viol des pensées, mais c’est un peu comme si on posait un émetteur sur sa voiture sans mandat.

Finalement la circulation était encore plus fluide que prévue, ils arriveraient dans pas même deux minutes.  En gros l’idée de Luka était de servir de Will qui sous sa forme aérienne se rendrait en premier au bureau de l’homme afin de le suivre si il tentait de leur faire faux bond. Encore une fois rien n’affirmait avec certitude qu’il soit coupable, mais elle avait suffisamment de regret d’avoir laissé échapper Johnny Allen qu’elle se sentait bien prête à dépasser un peu la limite si c’était nécessaire et que son coéquipier était d’accord. Luka n’aurait pas voulu attirer d’ennui au frère de Tesla.

- On arrive dans une minute… Alors oui ou non ? Tu veux qu’on s’arrête pour y réfléchir ? Si tu veux des détails, ce n’est pas un secret.

HRP : Si tu veux des détails et avancé je peux te fournir par MP le discours de Luka. Si tu lui fais aveuglément confiance tu peux poursuivre ^^.
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Message posté : Mar 1 Oct 2013 - 21:39 Message
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Le mentaliste n’avait pas encore assez l’expérience du terrain pour savoir que les spéculations psychologiques étaient frappées de discrédit auprès de la plupart des enquêteurs et qu’il existait pour l’immense majorité de ses collègues une rigoureuse distinction entre les choses que l’on pouvait toucher et qui étaient prouvées par des documents, des témoignages, des preuves matérielles, et les insondables fluctuations de l’esprit humain. Comment eût-il saisi cette différence lui-même, alors que, pour lui, ces fluctuations étaient devenues les données les plus intuitives de sa conscience, plus claires et plus sûres que ce qu’il pouvait voir, toucher ou sentir ?

Mais lorsque sa coéquipière lui avoua n’être pas très portée aux hypothèses trop abstraites, Chase esquissa un sourire et glissa :

— Eh bien dans ce cas, nous risquons de bien nous compléter.

Il gardait encore un souvenir un peu amer des premiers moments de sa collaboration avec Liam Archer, quelques mois plus tôt, lorsque le Légionnaire avait tenu à lui rappeler, un peu brusquement, que les théories étaient inutiles. À l’époque, il n’avait pas protesté et s’était plié sans rien redire aux exigences réalistes et immédiates de l’homme, mais depuis, il était certain d’avoir eu tort alors et il doutait beaucoup moins de ses propres compétences sur le terrain. L’expérience aidait.

— Il est possible que les meurtres ne soient pas l’aboutissement d’une escalade psychopathique. Tout du moins, pas d’une escalade dans la violence. Ils peuvent s’inclure dans une suite d’actions où le crime est, pour ainsi dire, une coïncidence. Un dommage collatéral. Ce qui expliquerait l’empreinte. Ce qui expliquerait surtout l’absence de marques de violence sur les cadavres, si inhabituelle pour ce type de crimes.

Il jeta un regard à Lucrèce et ajouta diplomatiquement :

— Ceci dit non pour spéculer, mais pour que nous gardions à l’esprit que nous cherchons pas forcément un malade mental instable. La lettre, par sa maladresse, le choix d’une personnalité publique, tout cela pourrait fort bien n’être qu’une tentative de diversion. Il n’y a rien que les politiciens et les médias préfèrent à un tueur psychopathe. Et les théories qui expliquent un comportement de ce genre se révèlent inefficaces si la motivation des crimes est, comment dire ? Plus pragmatique.

Ceci étant dit, il était d’accord avec Lucrèce : il leur fallait un peu plus d’éléments et leur liste de suspects était encore la piste la plus solide qu’ils eussent. Alors, quand la jeune femme évoqua la possibilité de s’assurer que leur premier candidat ne leur filerait pas entre les doigts, pas du tout chiffonné par l’illégalité potentielle des moyens employés pour ce faire, Chase hocha la tête :

— Je vous fais confiance.

Si Lucrèce n’avait pas fait une telle proposition, il aurait sans doute suggéré de lui-même qu’il pouvait persuader le bon docteur de ne pas se soustraire à leur interrogatoire. Mais ils allaient bientôt se rendre compte que ce genre de mesures était en l’occurrence parfaitement inutile. La voiture se gara vers un immeuble de bureaux qui regroupait en réalité de nombreux cabinets médicaux : plusieurs médecins l’avaient acheté en copropriété pour réduire leurs coûts et bénéficier de l’inévitable circulation des patients entre les différentes spécialités et, depuis quelques années, le building constituait un incontournable de l’univers médical, pour les politiciens et les industriels fortunés de Washington.

Franchissant les quelques mètres qui les en séparaient encore dans la rue perpétuellement populeuse de la capitale américaine, Chase laissa à sa coéquipière le soin de prendre ses dispositions, puis ils se présentèrent à la réception centrale de l’immeuble. Le nom du docteur donné, l’ascenseur pris jusqu’à vingt-sixième étage, ils furent accueillis par la secrétaire particulière de Stryder.

La femme d’un certain âge avait déjà sur son bureau, tout préparé, le fax de l’assistant de la sénatrice et, à peine avaient-ils présenté leurs badges de l’UNISON qu’elle répondait :

— Le Docteur vous attend.

Stryder émergeait d’ailleurs de son bureau pour serrer la main de Lucrèce et de Chase. C’était un homme massif, avec une barbe carrée et un regard rude, type du savant solitaire plutôt que du praticien humaniste. Il fit entrer les deux agents dans son vaste bureau qui témoignait du succès de sa pratique : gros meubles de chênes, fauteuils de cuir, rangées d’encyclopédies coûteuses sur les étagères.

Parfaitement à l’aise dans cet environnement familier, il dominait la situation, dans son propre fauteuil, avec un calme imperturbable.

— Le bureau de la sénatrice a informé ma secrétaire que vous aviez des questions.
— Vous êtes au courant des menaces reçues par votre patiente.
— Certes.
— Qu’en pensez vous ?
— Rien. Je ne suis pas inspecteur de police.

La rigidité de l’homme était inébranlable. D’ailleurs tout, dans son bureau, était rangé au millimètre près.

— Votre bureau est très impressionnant. Puis-je me permettre de vous demander votre spécialité ? L’obstétrique, peut-être ?
— Si vous voulez savoir si je suis un tueur fou obsédé par les femmes enceintes, vous pouvez me le demander directement.

Chase braqua son regard dans celui du docteur. Puisqu’il se soumettait (presque) volontairement au détecteur de mensonges ambulant qu’il pouvait être…

— L’êtes-vous ?
— Certainement pas. Je me soumettrai à tous les tests psychologiques, polygraphiques ou biomorphologiques auxquels vous pourriez penser. Je ne tiens pas à ce que ma réputation et ma probité soient entachées par de si ridicules accusations.

Chase échangea un regard avec Lucrèce et hocha aussi imperceptiblement la tête que possible. Stryder était probablement aussi éloigné de la personnalité psychopathique qu’il était possible de l’être, tout en donnant, manifestement, dans ses propres névroses. Et dans tous les cas, cet homme-là n’aurait vraisemblablement pas laissé une empreinte au hasard de la découverte. Ni un corps. Ni n’aurait pris le moindre risque de toute son existence, à vrai dire. Mais Chase poursuivait déjà une autre hypothèse.

— Vous n’est donc pas obstétricien..
— Je n’ai pas dit cela.
— Bien. J’ai vu qu’il y en avait d’autres, dans l’immeuble. La concurrence n’est pas trop rude ?

Stryder afficha un sourire satisfait.

— Disons que nous ne servons pas exactement la même clientèle.

Chase désigna d’un mouvement de menton le mur couvert de diplômes et de récompensées, parfaitement encadrés, qui s’étalait derrière le médecin.

— Ce doit être agréable d’être reconnu par la profession.
— Très. Au risque de vous paraître grossier, cependant, j’ai beaucoup à faire.

Chase n’y prêta pas la moindre attention.

— Beaucoup de clients ?
— Certes.
— De la rivalité avec les confrères ?
— Je dirais de la saine émulation.
— Aucune émulation qui ne soit pas saine ?

Stryder laissa échapper un soupir.

— Votre jeu de devinettes m’exaspère, agent Neutron-Grey. J’ai beaucoup de respect pour votre sœur et pour la sénatrice, mais mon temps est précieux et je n’apprécie pas de le perdre inutilement dans des questions qui n’ont pas le moindre sens.
— Sauf votre respect, on menace l’une de vos clientes les plus connues en signant une lettre de votre initiale et l’on s’attaque à des femmes dont la caractéristique principale est de tomber sous l’expertise de votre domaine de spécialité, sans être particulièrement paranoïaque, à votre place, je me serais posé quelques questions.

L’obstétricien resta quelques secondes interdit. Son univers mental n’avait jamais rien impliqué de plus violent qu’un éditorial un peu acide dans une publication scientifique lue par la seule communauté médicale ni de rivalité plus animée que celle qui concernait la hauteur des haies mitoyennes, dans sa propriété du centre. La perspective d’être embarqué dans une manipulation sordide par un tueur fou lui était bien lointaine, mais le faisceau de coïncidences souligné par l’agent Neutron-Grey suffisait à semer le doute dans son esprit méthodique.

Le moment était propice pour tenter de tirer de lui les informations sur ces fameux confrères qui ne l’appréciaient guère mais dont il n’avait pas l’air de vouloir beaucoup. Cette passagère faiblesse, Chase le sentait bien, pouvait être exploitée encore par la plus vieille technique policière du monde : l’alternance des interrogateurs, qui troublaient le témoin en ne lui donnant aucune personne fixe à laquelle s’adresser et avec laquelle tenter de construire une relation de confiance.

À nouveau, Chase chercha le regard de Lucrèce pour l’inviter à prendre le relai.
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Message posté : Dim 6 Oct 2013 - 20:41 Message
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Malgré le sourire Luka eut l’impression d’avoir dit quelque chose qu’il ne fallait pas, puisque Chase abonda dans une nouvelle démonstration. Luka se retint à grand peine de grimacer, ce n’était pas contre lui qu’elle avait dit ça, mais plutôt contre elle, contre son étroitesse d’esprit.  L’Ultime se sentit mal, c’était si difficile de suivre les Neutron-Grey parfois, c’était des génies. Malgré que son peuple soit technologiquement supérieur, elle n’en restait pas moins une très jeune citoyenne lambda de son monde.  Elle n’avait jamais entamé d’étude scientifique et tout ce que dans quoi elle pouvait se montrer brillante (langue ancienne, esprit de rédaction-, culture atlante et hyperboréenne…) étaient complètement inutile ici.

- C’est possible, balbutia-t-elle à la moitié de son discours.

Elle écouta attentivement la fin de son discours sur la possibilité que ce soit un accident, deux fois c’était fort tout de même. Pas impossible, rien n’était impossible, tant qu’il n’avait rien de plus concret.  Mais l’Ultime malgré ses réflexions se tut, n’ayant plus le courage de s’imposer (surtout avec son américain pas tout à fait parfait) et préféra se concentrer sur la route et sur la suite. En plus elle n’était pas certaine d’avoir tout compris, cela faisait pourtant un bout de temps qu’elle s’en sortait dans un peu près toutes les situations mais Chase parlait beaucoup, vite et avec un langage élaboré que la plupart des agents n’avaient pas.

Quand elle proposa son idée, il lui annonça qu’il lui faisait confiance. Très bien, elle réveilla Will qui sous sa forme aérienne s’installa dans le véhicule, pour écouter ses rapides instruction. Monter à tel étage et surveiller ce monsieur, dans son esprit elle lui montra l’image. Il comprit rapidement tout ce qu’il avait à faire. Ils commençaient à bien s’entendre, tellement qu’ils s’imprégnaient l’un et l’autre parfois. Ils étaient enfin arrivé, elle gara rapidement sa voiture de manière impeccable afin de ne gêner personne.

Une fois entrés dans le bâtiment la secrétaire s’attendait déjà à les recevoir. Luka fronça les sourcils. C’était stupide de prévenir comme ça, bizarre, ça cassait tout l’effet de surprise qu’ils pouvaient avoir. Ils entrèrent enfin dans le bureau du fameux Dr. Stryder. Il les attendait derrière son bureau. Il était massif ou gras selon l’idéologie hyperboréenne.  Luka avait cependant appris à se montrer moins inquiète à ce sujet, les extérieurs s’en accommodaient très bien malgré tous les risques médicaux que cela entraînait.

Luka le salua très poliment. Mais lui enchaîna directement sur des questions, décidément le pouvoir chez les extérieurs les rendait fichtrement désagréable. Luka enclencha aussi rapidement qu’elle put le mode magnétophone de son organiseur, pour ne rien manquer de la conversation.  Chase heureusement avait plus de vivacité et de répartie qu’elle. L’homme était sec, rigide, Luka elle aussi remarqua le bureau rangé au millimètre près, en réalité ça aurait pu être aussi le sien donc elle n’en tira pas de suite une conclusion. Le Dr était prêt à se soumettre à toute sorte de test pour prouver son innocence. Chase lui lança un regard, Luka comprit clairement qu’il ne le prenait pas pour le coupable. Elle cependant n’avait pas encore d’avis tranché.

C’était visiblement un docteur spécialiste des femmes enceintes.  Luka se demanda comment une femme pouvait se laisser examiner par lui. Le Dr Takahashi était nettement plus doux. Chase interrogea sur la concurrence. Soudain Will qui était dans la pièce à cause de ses ordres demanda ce qu’il devait faire, vu que le client n’avait pas tenté de fuir. Luka mentalement répondit qu’elle ne savait pas, qu’il devait attendre un peu.

Chase réussit enfin à faire taire le médecin en abordant le sujet de la concurrence. Ce n’était pas impossible ça, pour une fois Luka était d’accord. La concurrence pouvait être rude chez les extérieurs. Chase lui lança un regard probablement pour lui laisser poser des questions. Il en avait déjà tellement posé. Elle mit quelques secondes à enchaîner.

- Dr. Stryder, je suis désolée d’insister mais c’est obligatoire il faudra nous fournir vos alibis si vous en avez...
- Je vis seul, j’étais chez moi, mais personne ne peut l’affirmer! Mais si c’est contre moi, il le sait…
- Qui pourrait être contre vous DR. Stryder ? Vous pouvez nous écrire une liste de personne susceptible de vous en vouloir ?
- Mon ex-femme, dit-il sous le ton de la plaisanterie noire avant de retirer ses propos, non c’est impossible, pas assez, bref… J’imagine qu’on peut y inscrire tous les obstétriciens de cet immeuble. Je ne sais pas, je les connais à peine, je n’ai pas le temps.
- Vous êtes sûres ?
- De n’avoir rien dit de désobligeant ? Oh si sûrement.
- Combien y’a-t-il d’autre obstétricien dans cet immeuble ? enchaîna Luka.
- Deux autres Dr. Touatti et Dr. Krample.
- Vous pouvez m’épeler ?

Le docteur le fit et Sol’ukah nota tout ça sur son organiseur.

- Merci beaucoup de votre aide, nous allons vous laisser. Nous vous demandons de rester en ville jusqu’à la fin de l’enquête ou la certitude de votre innocence, tout départ inclura une arrestation immédiate. Vous avez parfaitement le droit d’aller voir un psychiatre de notre liste officielle que je vous transmettrez par mail. Ce n’est pas une obligation, mais ça pourrait accélérer les choses pour prouver votre innocence. J’ai besoin également de vos empreintes… Et de l’étage ou nous pourrons trouver vos collègues.
- Le Dr. Krample est  toujours mielleuse avec moi. Je ne sais pas si ça peut aider. Mais je l’ai peut-être un peu refroidi, je ne sais pas trop, je venais de divorcer. Je ne faisais pas trop attention à ce qui m’entourait. Elle est à l’étage 5,  et docteur Touatti à l’étage 2. Ou dois-je donner mes empreintes ?
- Posez votre main ici, fit Luka en tendant son organiseur hyperboréen.

Le docteur le fit et après cela Chase et Luka prirent l’ascenseur pour monter au 5ème.  Elle demanda à Will d’y aller en premier. Adossé contre la paroi de l’ascenseur. Luka soupira en passant une main dans ses cheveux.

- On devrait être plus que deux…  si cette piste ne mène à rien.

L’ascenseur sonna qu’ils étaient arrivés. La secrétaire du DR Krample dès qu’elle vit leur badge, n’opposa aucune résistance et les laissa entrer. Elle fut visiblement surprise de les voir.  Luka se sentit un peu plus satisfaite. Comme habituellement elle salua poliment et se présenta en montrant son badge Unison.

- Avez-vous le temps pour quelques petites questions ? C’est au sujet de votre collègue le Dr. Stryder, que pensez-vous de lui ?

Si elle était coupable, il était intéressant de ne pas la mettre dans la peau d’une coupable, pour voir ce qu’elle dirait librement de son collègue. Elle alluma le magnétophone de son organiseur. Peut-être que naturellement elle montrerait une animosité envers son collègue, ou peut-être pas, mais ça valait la peine d’essayer.

Spoiler:
 

- Pourquoi enquêtez-vous sur lui? Je peux vous assurer que c'est un professionnel très sérieux.
- Vous le connaissez depuis longtemps?
- 5 ans... Vous n'avez pas répondu à ma question.
- Répondez simplement à nos questions pour le moment...

Luka se tourna vers Chase, il avait de l'instinct et était plus fin psychologue qu'elle, elle lui faisait confiance pour poursuivre le reste de l'interrogatoire. Elle ne semblait pas cependant être quelqu'un de blessé dans son ego, cependant les extérieurs pouvaient être de tel comédien.
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Message posté : Dim 6 Oct 2013 - 20:41 Message
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Message posté : Dim 6 Oct 2013 - 22:34 Message
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Chase eût sans doute fini par trouver le bon docteur Stryder bien trop coopératif, comme ces coupables trop heureux de collaborer, dans l’espoir de cacher leurs crimes, si tout, chez le praticien, n’indiquait pas un tempérament peu fait pour le degré de perversion et, d’une certaine façon, de perversité créatrice qu’exigeaient les meurtres en série. Mais si les scènes de crimes étaient dépouillées de la violence que Chase se fût attendu à trouver de la main d’un psychopathe, le meurtre restait une trop nette déviation à l’égard de la norme sociale pour qu’un homme comme Stryder, qui tenait à la fois à ordonner son environnement et à exhiber les signes de son succès sur son mur, en fût le responsable.

La coïncidence entre la lettre maladroitement composée pour évoquer un pervers proche de la sénatrice, l’initiale du prénom, la spécialité du docteur et son tempérament peu propre à ne s’attirer que des amis était toutefois trop étonnante pour ne pas laisser l’agent songeur et, dans l’ascenseur qui leur permit d’atteindre le prochain suspect, Chase, plongé dans ses pensées, ne réagit pas tout de suite à la remarque un peu découragée de Lucrèce. Ce fut après plusieurs secondes qu’il releva les yeux vers la jeune femme pour lui adresser un sourire confiant.

— Je ne sais pas. Il me semble qu’on est sur la bonne voie. Et puis, avec l’appui de la sénatrice, si les choses se compliquent et que les suspects se multiplient, je suis sûr qu’on pourra sous-traiter une partie des vérifications de fond à la police locale. Le côté le plus administratif de l’affaire, en quelque sorte.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent et, bientôt, les deux agents se trouvaient assis dans un nouveau bureau, d’un nouveau médecin. Chase, qui avait beaucoup plus l’habitude des soins combinés de Tesla, ALEX et Jack, ne s’y sentait pas tout à fait à son aise, mais il avait appris depuis longtemps à cacher son inconfort. Le cabinet du docteur Kample était du reste bien plus accueillant que celui de son confrère : au lieu des diplômes, son mur à elle était couvert des photographies des bébés qu’elle avait menés jusqu’à leur terme, parfois encadré par des parents béats.

Le jeune homme ne put s’empêcher de fixer un instant, songeur, cette exposition qui lui parut curieuse. Il y avait là la représentation d’une vie de famille qui lui était un peu étrangère et dont il n’était pas certain de pouvoir saisir pleinement le sens, ni la valeur des rituels. Il reporta son attention sur la Dr. Kample, qui n’avait pas l’air ravie d’apprendre que son collègue faisait l’objet d’une enquête et Chase sentait sans peine que son étonnement et son mécontentement n’étaient pas factices.

Il répéta donc d’une voix calmement approbatrice :

— Très sérieux, en effet. Nous avons vu sur son mur ses diplômes, ses distinctions, c’était…

Il regarda Lucrèce, comme pour la faire appuyer ses dires et hocha la tête avant d’affirmer :

— Vraiment très impressionnant.

Chase perçut une pointe d’agacement dans l’esprit de son interlocutrice. Décidé à exploiter ce filon, il tendit la main et attrapa un stylo qui trainait sur le bureau de la femme. Chase commençait à connaître assez l’esprit humain, à force de le visiter, pour se passer parfois de télépathie quand il désirait les manipuler. Il fit tourner le stylo entre ses doigts et lut à haute voix :

— Stevens Entreprises. C’est…

Il releva les yeux, laissant volontairement la phrase en suspend, puis promena le regard autour de lui.

— Je dois avouer que votre bureau est très différent de celui de votre confrère. Vraiment. Chez lui, là, nous avons trouvé, il faut bien le dire, que c’était un peu, comment dire ? Un peu refroidissant, cet ordre, cet ordre géométrique.
— Jonathan, Dr. Stryder, est un homme méticuleux. Un véritable scientifique, pas comme…

Elle s’interrompit en se rendant compte qu’elle avait été emportée par son irritation et probablement jouée par le comportement faussement naïf et envahissant de celui qui l’interrogeait. Chase reposa le stylo sur le bureau.

— Comme ?
— Rien, ce n’est rien. Dr. Stryder et moi appartenons au comité scientifique d’une revue qui se charge de vulgariser le savoir scientifique et de démontrer les prétentions des charlatans. Nous voyons passer beaucoup de médecins fantasques aux théories fumeuses qui jouent des apparences pour séduire le public. Dr. Stryder a ses particularités, mais au moins, lui est un véritable scientifique et un médecin plus que compétent. Ce qui excuse bien son approche un peu rude.
— Vous démontez les prétentions des charlatans ? Comment ça se passe ? Vous écrivez un article et puis… vous raisonnez ?

La femme hocha la tête.

— C’est cela. Nous apportons les preuves scientifiques des impostures. Dr. Stryder et moi-même nous occupons de la section médicale. Surtout le Dr. Stryder, à vrai dire. Il est très actif. Très soucieux de l’éducation publique.
— Est-ce que vous avez des copies informatiques des derniers numéros ?
— Elles sont sur notre serveur. Je vais vous donner l’adresse et les codes d’accès : vous constaterez par vous-même le sérieux irréprochable du docteur Stryder.

La praticienne griffonna les informations sur un morceau de papier et le tendit à Chase.

— Maintenant, si vous voulez bien m’excuser, j’ai des patients.

Les deux agents furent plus ou moins contraints de prendre congé. Une fois dans le couloir de l’immeuble, Chase agita le papier avec les identifiants pour accéder au serveur de la revue.

— Combien vous pariez que le Dr. Stryder est encore moins aimable avec les charlatans qu’avec nous ? Je me demande bien la perte à gagner qu’une imposture démontée représente pour eux.

Certains médecins « alternatifs » se faisaient une petite fortune sur la crédulité des patients. Une petite fortune qui dépendait entièrement de leur image de marque — et elle était apparemment sérieusement mise à mal par le très rigoureux Dr. Stryder.
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Message posté : Sam 12 Oct 2013 - 20:33 Message
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Stevens Entreprises… Ils faisaient dans le médical, c’était tout ce que savait Luka à leur sujet. Elle avait vu quelques interviews à la télé de leur patron. Une jeune femme à la beauté exotique. Chase n’insista pas sur le sujet cependant passant de suite à autre chose, jouant son jeux à sa manière. Il était vraiment plus doué qu’elle, elle l’admettait, les interrogatoires c’était toujours son point faible… Mais il faut dire que Chase n’était pas n’importe qui, un des plus grand mentaliste sur Terre titrait régulièrement les journaux. Même si cela était interdit, il avait probablement eu de la curiosité et avait dû fouiller dans bien des têtes. Luka fut bien contente que la sienne soit hermétique. Charlie lui avait dit.

Bientôt un nouvel élément intéressant pour leur affaire fut découvert. La Docteur parla d’une revue ou il dénonçait des charlatans. Luka qui ne comprit pas le mot, chercha sur internet son sens. Quand elle le découvrit elle fut un peu étonnée, elle avait admis l’existence de voleur, de tueur, de fou, de violeur, mais risquer la vie d’un bébé pour se faire de l’argent, c’était trop. Dans son monde les enfants étaient si précieux. L’argent était le problème de beaucoup de chose ici, pourquoi ne songeait-il pas à s’en passer ? Son peuple s’en passait très bien et il n’y avait pas toute ses violences, personne n’éprouvait de telles frustrations.

Sur un bout de papier le docteur écrivit les informations nécessaires pour accéder aux articles dénonciateurs, il faudrait lister la liste des victimes de ce cher Dr Stryder. Après cela la femme les chassa elle avait des patients, des mamans qui attendaient ses soins. Luka et Chase s’éclipsèrent. Son collègue fit une remarque la « grande amabilité » du Docteur Stryder. Luka ne put s’empêcher d’avoir un sourire amusée.

- Bien plus désagréable, renchérit-elle. On va vérifier ça rapidement dans la voiture.

De nouveau ils reprirent l’ascenseur et aussi vite qu’ils purent ils s’installèrent dans la voiture. Luka posa son organiseur sur le tableau de bord, l’écran holographique s’activa et une page internet s’ouvrit. Elle épela l’adresse à voix haute et la recherche fut lancée.

- Il y en a des articles… Docteur Stryder en a écrit quasi la moitié.

Du regard elle les compta rapidement une quinzaine. Elle ouvrit un premier article sans même bouger, de toute façon on la prenait pour une alien, c’était une bonne couverture, elle ne pouvait pas cacher tous le temps ce qu’elle était, c’était trop compliqué. Sur son organiseur avec une sorte de stylet elle marqua le premier nom avec une écriture très appliqués.

- Vous avez une tablette qu’on se partage la lecture… et les recherches. Sinon on peut toujours envoyer au super assistant qui vous a si bien impressionné.

Il n’y avait aucune remarque grivoise si dessous, c’était sorti naturellement car tout à l’heure il l’avait beaucoup complimenté. Luka ne savait pas du tout que Chase était homosexuel, ça ne l’intéressait pas.

Une heure plus tard ils avaient la liste complète des victimes de Stryder et seulement trois vivaient encore dans les environs. Les autres avaient changé d’Etat, voir de pays ou étaient tout simplement introuvables, pour les introuvables elle envoya un mail à l’assistant de Madame la sénatrice, peut-être que lui aurait plus de chance. Chase et elle n’avait pas le temps de pousser ses recherches.

- Il y en a un qui vous inspire plus que les autres ? Mr Tomas Talbot n’a trouvé aucun nouvel emploi alors que ça fait déjà 5 ans, il avait engagé un procès contre Dr Stryder, mais a perdu… et il n’a pas souscrit la moindre assurance santé depuis son adolescence.

Même pendant la période d’opulence ou il en aurait eu les moyens. Luka trouvait ça assez étrange, mais elle pouvait se tromper, elle préférait sincèrement avoir l’avis de son collègue.

- Puis il n’a pas fui…

Pourquoi n’avait-il pas essayé de débuter une nouvelle vie comme tant d’autre ?
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Message posté : Sam 12 Oct 2013 - 22:15 Message
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Voilà, maintenant, il était jaloux. Chase contemplait avec des yeux gourmands l’organiseur holographique que Lucrèce contrôlait apparemment par influx nerveux, tout en se demandant si, par hasard, en étant très, très gentil avec Tesla pendant de nombreuses semaines, il allait pouvoir en avoir un pareil pour Noël. Ce devait être très pratique de manœuvrer son ordinateur par la pensée. L’idéal pour faire des rush sur les MMORPG contre ces Coréens toujours trop efficaces qui ruinaient systématiquement le plaisir du jeu.

Hélas, ces importantes préoccupations durent passer au second plan tandis qu’ils récupéraient les données. Quelques minutes plus tard, Lucrèce et lui étaient studieusement installés dans un café, chacun les yeux fixés sur leurs écrans, à parcourir aussi rapidement que possible les articles de Stryder, en notant les noms des imposteurs incriminés sur un papier, puis en croisant avec les bases de données criminelles de l’État. Le travail était fastidieux, mais Chase devait bien reconnaître que la plume assurée du Docteur vindicatif trouvait souvent des formules comiques pour tourner en dérision les pseudo-scientifiques et cette acrimonie spirituelle convenait bien à son propre esprit positiviste.

Chase hocha la tête quand Lucrèce reprit finalement la parole pour désigner le suspect qui, de fait, sortait du lot. Le jeune homme pianota sur l’écran de son téléphone pour trouver de vieux articles concernant Talbot, afin d’étoffer un peu le billet vengeur que lui avait consacré Stryder et qui avait été le cœur du procès infructueux en diffamation. Il lut à haute voix quelques extraits significatifs de l’époque :

— Le Dr. Talbot, méthode révolutionnaire pour l’accouchement… entrer en phase avec l’esprit de votre enfant… se soigner sans utiliser de médicaments… une médecine alternative et douce, respectueuse de vos énergies mystiques, etc, etc.

Rien qui ne le distinguait fondamentalement des dizaines d’illuminés en son genre, cela dit.

— Inquiété pour exercice illégal de la médecine. Mais il aurait son doctorat de théologie par correspondance dans une université du Maine. Hmm… Vous avez raison, je crois.

Chase reposa le téléphone.

— La plupart des imposteurs changeraient de noms ou d’État, une fois leur réputation compromise, pour se lancer dans un nouveau truc dans le genre, ailleurs. Talbot est resté ici, a tenté de défendre sa réputation. Peut-être qu’il fait partie de ces quelques illuminés qui croient vraiment en leurs prétentions magiques.

Le jeune homme se rappela les scènes de crime, les fœtus disparus et l’étrange absence de blessures.

— Ou peut-être que ses méthodes alternatives n’étaient pas aussi inefficaces que cela. En tout cas, on devrait aller lui rendre visite. Cela dit…

Chase fixa le ventre de Lucrèce, hésita un peu puis se lança à l’eau :

— Après avoir perdu son procès et perdu sa réputation, il sera probablement rétif à l’autorité. Mais s’il a engagé un procès, cela veut dire qu’il aime l’attention. Je veux dire, que l’avis des autres compte pour lui. Qu’il est possible de le faire parler. En se présentant sous un autre jour que celui d’agents de l’UNISON. Peut-être qu’en nous faisant passer pour un couple qui attendrait un enfant et serait désireux d’explorer d’autres solutions que les accouchements médicaux, nous pourrions gagner sa confiance.

Chase était plutôt bon comédien — considérablement aidé en cela par un sens psychologique surnaturel, bien entendu. Il n’était pas tout à fait certain, cela dit, d’être absolument convaincant auprès de Madame Feuerbach, mais Talbot devait être en mal de reconnaissance et, avec un peu de chance, il ne se montrerait pas très regardant.

— Même s’il ne pratique plus intensément, il sera sans doute flatté d’être rappelé à son ancienne gloire. Au pire, on aura au moins pu l’approcher et, s’il se doute de quelque chose, cela ne nous privera pas de l’opportunité de l’interroger. Évidemment, il y a la différence d’âge…

Lucrèce n’avait pas l’air beaucoup plus âgée que lui, à vrai dire, mais dans l’esprit de Chase, particulièrement depuis qu’elle était enceinte, l’amie de Tesla appartenait à une autre génération.

— …mais enfin, ce n’est pas si rare que cela, dans un couple.

Il n’y avait qu’à voir la fabuleuse histoire d’amour qu’on lui prêtait avec Charlie Lane. Bien sûr, Chase était très loin de se douter que Lucrèce n’avait pas que « quelques années » de plus que lui et apprendre qu’il était (une fois de plus) tombé sur une (quadri-)centenaire aurait vraisemblablement augmenté encore la gêne qu’il éprouvait en la compagnie de Lucrèce. Bref, il essayait de dire diplomatiquement à sa collègue qu’elle ne passerait pas pour une couguar finie à son bras.

Son portable émit un petit bip sonore. Chase passa en revue l’écran avant de partager l’information avec sa coéquipière.

— La greffe au tribunal a une adresse pour Talbot. Foops précise qu’elle se trouve dans les beaux quartiers. Manifestement, ni les frais de justice, ni l’article de Stryder n’ont réussi à épuiser les ressources financières de ce cher Dr. Talbot et je doute que les économies réalisées sur l’assurance santé soient les seules responsables de cette situation financière.

Après un nouveau regard au ventre décidément énorme de Lucrèce, Chase interrogea :

— Vous voulez y aller maintenant ou après manger ?

Il priait simplement pour qu’elle ne l’envoyât pas chercher des mangues fraîches dans tout Washington.
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Le miracle de la vie (Lucrèce)

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