AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 

Ne vaut-il donc pas mieux guérir une blessure plutôt que de la venger ? ▬ Charlie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Message posté : Jeu 26 Sep - 15:21 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
27 septembre 2013

Certaines personnes n'appréciaient pas d'être battues et encore moins de perdre de l'argent. Au Circus les paris étaient très fréquents, c'était un excellent moyen de gagner un paquet d'argent simplement en regardant deux types s'en mettre sur la tronche. Le combattant face à lequel Jay s'était retrouvé avait parié gros sur sa victoire et tout jouait en sa faveur. Aucune défaite depuis neuf combats, le dixième devait être une espèce de consécration qui lui ferait empocher le maximum. Sauf qu'il avait échoué, un coup de chance ou simplement une technique qui lui permettait d'avoir le dessus, Jay avait réussi à le battre et à laisser ses frères remporter le pactole – qui suffirait à peine à rembourser leurs dettes, mais c'était une autre affaire. Le type – Chuck – avait abreuvé son adversaire de menaces en tout genre dès qu'il avait repris ses esprits, mais le Lane n'y avait pas porté grande importance : combien de fois avait-il entendu ce type de discours ? Trop pour imaginer qu'elles puissent réellement être mises à exécution. Puis quand bien même Chuck était un homme assez influent – il avait sa petite bande de gros bras – il ne pouvait pas s'en prendre à l'un des frères de Jay sans que celui-ci ne soit dans les parages, ce qui diminuait encore davantage les risques.

Il avait donc rapidement oublié ces menaces, du moins jusqu'à ce qu'un après-midi l'un des hommes de Chuck vienne trouver son ancien adversaire pour lui faire savoir qu'il s'était « occupé » de sa promesse. La déclaration ne manqua pas d'étonner le trentenaire qui avait encore croisé ses frangins quelques minutes plus tôt et devant l'incompréhension du texan, l'homme lui lâcha simplement quelques mots lourds de sens. « Elle est belle l'avocate. » Nul besoin d'en dire plus, pourtant Jay attrapa le col du petit chien du mauvais perdant pour lui arracher ses aveux : leur patron avait fait le lien entre son nom de famille – apprit grâce aux autres Lane présent au Circus – et la jolie avocate montante qui se battait pour les causes perdues. Un joli tableau de famille. La première idée de Jay fut de lui arranger le portrait de manière à ce que Chuck comprenne ce qui l'attendait, mais il estima finalement préférable de ne pas se lancer là-dedans avant d'avoir l'assurance que ce n'était pas un mensonge. Ce type pouvait très bien mentir pour le pousser à s'en prendre à quelqu'un sans raison valable et lui attirer des emmerdes par ce biais – même si c'était trop évolué pour un type pareil cela dit.

Après avoir appris l'endroit présumé de l'agression, Jay lâcha les hommes pour planter ce qu'il faisait et se rendre sur les lieux : peut-être qu'elle était encore là-bas après tout ? Mais une fois arrivé sur place, il fut forcé de constater que ce n'était pas le cas. Des badauds qui traînaient dans le coin lui apprirent qu'une jeune femme blonde avait été transportée à l'hôpital le plus proche après avoir été passée à tabac et il ne restait donc plus à Jay qu'à faire route vers le fameux hôpital. Il ne savait absolument pas ce qu'il comptait faire une fois face à la demoiselle, peut-être bien qu'il ne la verrait même pas et qu'il se contenterait de se renseigner sur son état de santé. Toujours est-il qu'il ne lui fallut pas bien longtemps avant de s'arrêter devant l'hôpital et d'entrer dans le hall pour s'approcher de l'accueil. Ce n'était pas franchement le type d'endroit où il avait l'habitude d'aller et au regard que la femme derrière le bureau lui lança, il comprit que c'était assez visible.

« Je peux vous aider ? » Il décida d'emprunter un ton aussi calme que possible, même si le résultat ne fut pas probant.
« Une avocate vient d'arriver chez vous, elle a été agressée dans la rue, je dois la voir. » La femme resta aussi calme que si elle était installée devant son poste de télévision.
« Son nom ? »
« Lane, Charlie. » Après avoir pianoté quelques instants sur son clavier elle acquiesça.
« Effectivement, elle est dans une chambre, mais seule la famille peut la voir. » Encore le même refrain en perspective.
« Je suis son frère. » Le regard qu'elle lui jeta parlait pour elle, Jay tâtonna ses poches jusqu'à retourner son porte-feuille avec ses papiers qu'il tira pour les coller devant le nez de la femme. « Là vous voyez, on a le même nom. » La femme soupira doucement.
« Chambre 435. »

Sans la remercier, Jay se détourna d'elle pour se diriger vers les escaliers qu'il emprunta pour rejoindre l'étage où se situait la fameuse chambre. Ce ne fut que lorsqu'il arriva devant que le trentenaire hésita. Qu'est-ce qu'il allait faire au juste ? Lui demander comment elle allait ? Lui dire que c'était sa faute ? Il n'avait pas oublié ce qu'elle avait dit lors de leur dernière rencontre, mais tout lui semblait secondaire à ce moment. Sa décision fut prise lorsqu'un médecin sortit de la pièce et le regarda d'un air un peu étonné avant de lui tenir la porte. Sans rien dire, Jay se glissa à l'intérieur de la chambre et la porta se referma derrière lui. Charlie était là, elle n'avait pas l'air en excellente forme, mais semblait consciente et pas trop grièvement blessée – à comprendre pas comme si elle sortait d'un combat du Circus. D'un air qui se voulait nonchalant, il approcha enfin du lit de sa sœur, les mains glissées dans les poches, puis s'arrêta à ses côtés. Il promena son regard sur le visage de la demoiselle avant de s'annoncer.

« Hé bah, t'as une sale tête, je t'ai vue en meilleure forme. » Un salut comme un autre. « Tu sors quand ? »

Une manière de se renseigner sur son état de santé sans le demander clairement.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 26 Sep - 19:23 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
_ Est-ce que vous pouvez me dire ce qui s’est passé ?

Elle leva un regard vite vers un type en uniforme, là, devant lui, elle ne le vit pas réellement, nageant dans un brouillard qui refusa de se dissiper. Elle entendit sa question mais son cerveau refusa de la prendre en compte, de la comprendre. Le fil des évènements, elle l’avait perdue depuis longtemps, à ce moment merveilleux où le cerveau décidait de couper le contact pour perdre conscience des évènements, sans pour autant déconnecter l’intégralité du corps. Elle chercha des mots qui ne le vinrent pas, confuse elle ouvrit la bouche prête à dire quelque chose, n’importe quoi. Une main sur son visage surgit de nulle part, lui maintint une paupière ouverte pour vriller un faisceau lumineux sur ses pupilles qui lui agressa la rétine.

_ Comment vous vous sentez ?

Mal. Mieux, si les gens voulurent bien cesser de s’agiter tout autour d’elle. Ça lui vrilla le crâne, l’empêcha de réfléchir et d’ordonner ses pensées. A peine le temps de comprendre une question, d’en définir la réponse, qu’on lui en apporta d’autres. Charlie cessa de luter, s’enfonça dans ses propres pensées, retraçant les évènements qui l’avaient mené à cet hôpital.

De manière confuse, elle se souvint d’avoir été interpellée par un homme qui, de toute évidence, en n’avait après Jay. Elle s’était concentrée sur les mots de l’homme au moment où il avait prononcé le prénom magie. En réalité, il n’y avait pas eu beaucoup plus d’échange verbal. Il avait été question d’une revanche sur un combat perdu, sur une perte d’argent dont, de toute évidence, elle n’était pour rien. A défaut de pouvoir battre un frère, où les autres, s’attaquer à celle qui ne savait pas se défendre avait semblé une bonne idée. Partir, elle y avait songé sur le coup, mais il avait réussi à la maîtriser sans trop de difficulté. Sa fierté en prenait en coup. Son poignet vraiment douloureux, de plus en plus, sous la diminution de l’adrénaline.

_ Poser votre main ici.

Elle ne réagit pas. L’infirmier attrapa sa main qu’il posa sur une plaque pour faire une radio. Le mouvement arracha une douleur à Charlie qui, malgré elle, fusilla l’homme des yeux. Il ne s’en formalisa pas, il en avait d’autres avant elle, et en verrait encore après. Abandonnée temporairement dans une grande pièce, elle poursuivit son cheminement. Le reste était flou, elle avait eu mal, n’avait pas si se défendre et n’avait encore moins compris. Ce fut un médecin, après sa radio, qui lui fit un résumé de la situation qu’elle écouta d’une oreille lointaine. Hématomes, quelques plaies, foulure du poignet. Rien de grave, juste douloureux, ça lui passerait. Physiquement, sans le moindre doute. Sur le moment, elle émit plus de réserve sur un plan psychologique.

Soins, médicaments, attelle, et Charlie se retrouva dans une chambre. La morphine prit le relais sur la montée d’adrénaline, ce qui ne l’aida pas à y voir plus clair. Allongée sur un lit, le regard rivé sur le plafond, elle trouva le moyen de caler sur la peinture blanche pendant une trentaine de minutes. Ce plafond, il était merveilleux à ses yeux, sans même savoir pourquoi. Tellement que le médecin qui entra à ce moment-là dû s’y reprendre à deux fois pour attirer son attention. Rapidement, il regarda si la plaie qu’elle avait sur la lèvre inférieure avait bien été nettoyée, pareil pour celle de l’arcade sourcilière. Il jugea également que l’hématome qu’elle avait sur la joue se résorberait dans les 3 jours, il donna plus de temps pour celui qu’elle avait sur le flanc. Sûrement le plus impressionnant de tous. Charlie, elle, tripa sur celui de son bras, elle fut certaine que des experts pourraient en tirer des empreintes digitales – elle délirait – tellement on put voir les traces des doigts qui l’avaient maintenus à un moment.

_ Quelle est la personne à prévenir ?

Ça la fit sourire. La réponse devait être spontanée pour beaucoup de gens mais pas chez elle. Ses frères ? Drôle d’idée. Un potentiel conjoint ? Il faudrait qu’il y ait ce genre de personne. Scott ? Non, il chercherait à savoir ce qui s’était passé et, ça concernait ses frères, elle préféra éviter. Chase ? Au Japon, ou en Chine… En France, au Mali ? Elle ne se rappela plus, trop confuse. Pas là, ce fût tout ce qu’elle préféra retenir. Sa secrétaire ? Pitoyable. Charlie fixa à nouveau le plafond.

_ Personne, ça va.

Elle ne resterait pas ici pendant des jours, alors pas besoin d’inquiéter qui que ce soit. Le médecin sortit de la pièce, laissant entrer une autre personne qu’elle ne vit pas. Le plafond, vraiment… Une grande histoire. Mais quand une voix familière se fit entendre, elle décrocha de sa contemplation pour venir poser un regard sur Jay. Étonnée, heureuse, confuse. Inapte à user d’une attitude qu’elle aurait voulue, ses réactions furent spontanées et largement orientée par les médicaments qu’elle pouvait avoir dans le sang.

_ Ça veut dire que je ne vais pas pouvoir concourir pour Miss Avocate 2013 ? Ça existait ? L’idée la fit sourire, parce que le nom était particulièrement ridicule, avant de se rendre compte que ça lui faisait mal. Demain, ils veulent me garder pour vérifier j’sais pas quoi, j’sais pas comment. Elle posa un regard soucieux sur son frère. Tu crois qu’ils vont me laisser partir avec le plafond ? Tu sais, je l’aime beaucoup.

Elle aimerait bien, même si ce n’était qu’un tout petit morceau. Charlie, sur le coup, fût certaine de lui trouver une place de choix dans son appartement, même que, dans son esprit, elle trouva qu’il ferait carrément classe dans son salon. Elle reporta son regard sur le plafond avant que son cerveau ne lui annonce que Jay était là. Elle le savait depuis qu’il était entré mais, l’information n’avait pas encore eu le temps de répercuter réellement dans sa tête. C’est sur lui qu’elle porta son interrogation.

_ Qu’est-ce que tu fais là ? J’ai dit qu’il n’y avait personne à prévenir. Impossible qu’il soit présent sans être au courant à moins que… Elle essaya de se redresser un peu, un visage inquiet. Tu vas bien ? Il s’est passé quelque chose ? Ce qui expliquerait parfaitement pourquoi il se trouvait à l’hôpital.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 26 Sep - 21:13 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
L'espace d'un instant, Jay se demanda si Charlie allait décroche son regard du plafond vu le temps qu'elle mit à comprendre qu'il était là. La suite lui expliqua la raison de ce comportement : elle devait avoir une bonne dose de morphine dans le corps vu la manière dont elle divaguait. Pour le coup, la situation lui arracha un sourire et il en vint presque à regretter qu'Earl ne soit pas avec lui. Une discussion entre une Charlie droguée à la morphine et son frangin toujours dans le cirage représenterait un moment unique à n'en pas douter ! C'est aussi avec un certain soulagement que le trentenaire songea que sa sœur n'allait pas se mettre à trop réfléchir et à déduire n'importe quoi de ce qu'il dirait – puisque l'incompréhension venait forcément d'elle ! Peut-être qu'ils avaient une chance d'avoir une conversation normale aujourd'hui. Cette pensée rassura Jay qui songea qu'il allait pouvoir se permettre un peu plus de largesse qu'à l'accoutumée, elle ne se souviendrait certainement pas de la moitié une fois sur pied.

Mais à peine eut-il pensé cela que la jeune femme démontra son talent à s'inquiéter de tout et de rien même en étant allongée sur un lit d'hôpital avec la tronche de Mike Tyson après un combat. Soupirant légèrement en secouant la tête, Jay tira une chaise posée non loin de là pour s'installer à côté de sa frangine, signe qu'il ne comptait pas la lâcher après lui avoir lancé un rapide « salut ».

« T'es vraiment incorrigible, c'est toi qu'est allongée sur un lit d'hôpital que je sache. » Il ne la quittait pas du regard. « Tout le monde va bien, enfin sauf toi, puis j'ai pas été prévenu par les médecins. » Jay ne tenait pas trop à s'attarder sur le sujet, pourtant il savait qu'il devrait y arriver. « Reste allongée, c'est pas le moment de te stresser pour rien ou je vais me faire virer de ta chambre. Alors si c'est pas ce que tu veux, matte ton plafond puisqu'il te plaît tellement. »

Il leva lui aussi les yeux vers le fameux plafond. C'était une stupide peinture blanche, rien de bien spécial, elle devait vraiment avoir de la morphine à bonne dose pour lui trouver quelque chose d'aussi passionnante. Au moins si Charlie s'amusait à contempler le plafond, il pourrait espérer avoir un discours moins décousu qu'il ne s'y attendait. Jay laissa passer quelques secondes de silence, décidant de ne pas entrer dans le vif du sujet dès à présent. Mieux valait savoir ce qu'elle savait de son côté, si le type ne lui avait rien dit, elle penserait simplement avoir été victime d'un type qui avait besoin de se défouler sur une nana et qu'elle avait été la première à portée ? Au fond, le trentenaire s'en voudrait de lui mentir aussi effrontément, mais tout avouer à Charlie serait le meilleur moyen pour la persuader de mettre son nez dans leurs affaires. Inspirant, l'air aussi confiant et détendu que possible, il reprit.

« Tu sais que pour devenir miss, faudrait que tu défiles en bikini ? Vaut mieux éviter, Earl viendrait pour t'encourager et il ferait fuir toutes tes concurrentes. » Tourner autour du pot lui semblait le meilleur moyen d'avoir l'air moins intéressé qu'il ne l'était pas l'agression dont elle avait été victime. « Et tu pourras toujours leur demander pour le plafond, mais je suis pas sûr qu'ils veuillent partager. Ils ont l'air assez coincés. »

Pour avoir déjà suffisamment vu Earl dans un tel état, il savait parfaitement qu'il était inutile de chercher à raisonner un drogué ou quelqu'un sous l'influence d'un tranquillisant. Mieux valait abonder dans leur sens. Toutefois, estimant qu'il avait déjà bien assez esquivé la fameuse question, Jay décida de se lancer. S'il restait trop évasif, même droguée Charlie pourrait trouver son comportement étrange. Après tout, il ignorait combien de morphine elle avait dans le sang. Déportant son regard du plafond jusqu'à visage abîmé de sa sœur, le trentenaire essaya de garder un ton calme avant de glisser la question qui le taraudait.

« Et il s'est passé quoi exactement ? Tu t'es faite agresser ? » Ils y avaient été assez fort, mais pas suffisamment pour lui briser des membres apparemment. C'était une bonne chose, mais ça restait tout de même inacceptable. « T'as l'air de t'en être plutôt bien tirée comparée aux autres dans ce cas. » Son ton n'avait pas l'air convaincu pour autant. « Et t'as eu le temps de voir leurs visages ? »

Parce que même en se battant seul dans les arènes du Circus, Chuck restait un froussard et il pourrait bien demander de l'aide à ses hommes de main histoire d'être sûr de pouvoir régler son compte à une femme seule et sans défense. L'idée même que ce connard puisse s'imaginer réussir à s'en tirer lui donnait envie de planter Charlie ici et d'aller le retrouver. Mais il ne le fit pas. Elle lui avait dit de réfléchir la fois dernière et il essayait de le faire, même si pour le moment, cela avait surtout pour effet de le contrarier encore davantage. Bien qu'elle l'ignorait, Charlie le persuaderait ou non de « s'occuper » du type qui lui avait fait ça. Elle ne pourrait pas lui reprocher d'avoir agi de manière impulsive cette fis-ci ! Enfin, en espérant qu'elle s'en souvienne bien entendu.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 26 Sep - 22:40 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Étrange le bruit de la chaise qu’on tirait sur le sol, aucun rythme, mélodie désagréable. Il faudrait qu’ils pensent à changer de mobilier pour un truc plus agréable. Les hôpitaux, vraiment, ce n’étaient pas les endroits les plus chaleureux. Heureusement qu’ils avaient des plafonds comme celui-là. Une petite moue boudeuse se dessina sur le visage de Charlie, qui se recoucha sur le lit. C’était elle la grande sœur, c’était à elle de donner des ordres, non ? Si elle avait pu, elle aurait croisé les bras dans un hochement de tête vexé mais l’idée de bouger son poignet de se s’appuyer sur son flanc la dissuada de cette action. Elle reporta son regard sur le plafond mais c’était de la faute à Jay. Maintenant, elle pensait que si elle décrochait son regard, il allait se faire virer de sa chambre. C’était bien ce qu’il avait dit. Preuve indirecte qu’elle ne voulait pas le voir partir.

Elle pencha un peu la tête pour voir le plafond sous un nouvel angle, et chercha à définir s’il était mieux de cette manière. Une réflexion qui fut interrompue par l’idée d’un défilé en bikini avec Earl qui sauterait sur toutes les autres concurrentes.  Ce qui, dans son esprit, venait de se traduire par une troupe de fille, bras en l’air, hurlant en s’agitant en rond sur une scène pendant qu’Earl, bavant, leur courait après. Forcément, Charlie, elle, elle était couronnée à défaut d’avoir d’autres prétendantes. Si l’idée du bikini n’était pas aussi déplaisante, elle aurait presque pu trouver la situation intéressante et à tester.

_ J’aurais gagné, tu sais ? Elle regarda Jay. Earl m’aurait fait gagner. Petit sourire. Il est gentil.

Zut, regarder le plafond pour que Jay ne se fasse pas virer. Un peu brusquement, lui arrachant une grimace de douleur, Charlie repointa son regard sur l’objet de ses convoitises. Mais son frère semblait émettre des doutes sur sa future acquisition. Levant l’index, de sa main qui n’avait rien, elle désigna au-dessus de sa tête, une mine de profonde réflexion.

_ Le voler, tu crois que ça va être difficile. Son doigt dessina un carré. Si on découpe juste cette surface, ça ne va manquer à personne. Parce qu’il était évident qu’un couteau de la cantine pouvait trancher une portion du plafond. Un jeu d’enfant. Enfin, ça sera juste un emprunt sur une période non déterminée.

Elle était avocate alors elle n’allait pas « voler » quelque chose. L’emprunter, en revanche, était tout à fait acceptable. Les joies des avocats : un employé n’avait pas balancé la boîte à crayon sur son employeur. Non, il était énervé et dans un mouvement de rage, il a balancé la boîte contre le mur. C’est l’employeur qui avait décidé de mettre sa tête sur la trajectoire de la boite. Tout n’était qu’une question de mot.

Le mur s’effaça face à la question de son frère qui, de toute évidence, fut beaucoup moins drôle. Elle préférait parler d’autre chose. Ses yeux se plissèrent légèrement avant de ne tourner la tête vers son cadet, assis sur une chaise. Elle zappa sa question quelques secondes en le voyant, là, assis. C’était son frère et si Charlie avait pu elle l’aurait crié à tout le monde. Ils n’étaient que tous les deux, ça perdait de son intérêt si personne n’était là pour la jalouser. Sourire qui disparut à la dernière question de Jay. Elle n’avait pas tellement envie d’y repenser mais, elle avait envie de lui répondre, il voulait savoir. Peut-être que si elle donnait une bonne réponse, il serait fière d’elle. Comme à l’école avec ses profs.

_ J’sais plus, c’est embrouillé là-dedans. Elle désigna son petit crâne shooté, l’air navré. Il y avait un type, juste un. Il me connaissait, enfin il savait comment je m’appelais, tu vois, c’est pour ça que je me suis arrêtée pour l’écouter.

Elle l’aurait fait, même si ça n’avait pas été le cas. Mais, elle ne voulait pas le dire parce qu’elle ne voulait pas l’énerver. Reportant son regard vers le haut – il s’agissait toujours de ne pas risquer de Jay se faire virer – elle prit un air de profonde réflexion pour essayer de faire le point. Le mec lui avait dit des choses, elle le savait, mais ça avait du mal à lui revenir.

_ Il avait une énorme bague en argent. Charlie avait écarté les bras de manière très exagéré, enfin, pas de son point de vue mais il parait logique qu’une bague ne puisse pas faire deux fois sa largeur. Vraiment très moche.

Intérieurement elle divagua plusieurs secondes sur le fait qu’elle ne pensait pas que des gens pouvaient encore acheter ce genre de bague. Ca démontrait forcément un problème psychologique de grande envergure. Ca et le faite de foutre sur la tronche d’une femme en pleine rue. Elle se risqua à un regard vers son frère, surveillant la porte de temps à autre, au cas où quelqu’un viendrait lui enlever son frère.

_ Il y a quelqu’un qui est venue après, qui a dit tout fort qu’il était en train d’appeler la police. Alors, le type est parti. Cogiter sur le fait que, sans l’intervention extérieure d’une personne, son état aurait pu être pire ne lui traversa pas l’esprit. Trop compliqué. Tu es fâché contre moi ?

Question innocente, presque puérile mais, elle ne voulait pas qu’il lui en veuille parce qu’elle n’avait pas su se défendre. C’était qu’il était impressionnant ce type… Bien moins que Jay – c’était son frère en même temps, personne n’était plus impressionnant que lui – mais comparé à elle !
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 27 Sep - 15:57 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
C'était un peu déstabilisant de ne pas avoir affaire à la Charlie pragmatique de la fois dernière, mais de retrouver un peu celle de l'adolescence. Un peu bêtement, Jay songea qu'il avait critiqué le fait qu'elle ne soit plus capable de lui parler de tout et de rien et voilà qu'elle lui racontait ses divagations, comme quoi il ne fallait jamais jurer de rien. Visiblement la jeune femme restait bloquée sur l'idée de ce concours pour les avocates, ce qui était plutôt amusant en y repensant. Jusqu'à ce jour, les rares femmes que Jay avait croisé dans cette branche n'étaient que des vieilles qui ne risquaient pas de se balader en bikini vu leur silhouette. Misogyne un jour, misogyne toujours. Il se contenta de lui lâcher quelques mots pour toute réponse.

« T'aurais pas besoin de lui pour gagner. »

Ce n'était pas des paroles aimables parce qu'elle était dans un sale état, c'était ce qu'il pensait. Charlie était jolie, Charlie était intelligente, c'était le cygne dans la couvée de canards au final. Il était évident qu'elle réussirait tout ce qu'elle entreprendrait, c'était une chose dont Jay s'était persuadé depuis qu'il avait vu la gamine sortir de ses premiers cours à l'école. Elle était faite pour réussir dans la vie. Bizarrement, c'était plus facile à l'avouer face à une frangine totalement dans le coaltar que face à celle qui jugeait et gravait dans sa mémoire chacun de vos mots.

Son discours sur le plafond montrait à quel point la morphine s'occupait d’annihiler son côté « avocat », ce n'était pas la Charlie de la semaine dernière qui aurait parlé de voler – non pardon, d'emprunter – un morceau de plafond. Levant les yeux vers l'objet de tous les désirs, il lui lança finalement une réponse assez neutre pour ne pas la vexer, lorsqu'elle aurait retrouvé ses facultés mentales, son amour soudain pour cette merveille architecturale s'envolerait toute seule !

« On verra lorsque tu sortiras, on devrait pouvoir se débrouiller. »

Des bruits arrivaient de l'extérieur de la pièce et Jay portait de temps en temps son regard vers la porte, s'attendant presque à voir la sécurité débarquer pour lui dire de quitter les lieux. Pourquoi ? Il avait le droit d'être ici, mais les habitudes ont la vie dure et le texan était plus souvent l'indésirable que l'invité autorisé. La voix de Charlie attira à nouveau son attention alors qu'elle expliquait ne pas se souvenir de tout ce qui s'était passé. Pas très étonnant, vu la dose de morphine qu'elle avait dans le sang, le contraire aurait été surprenant. Jay essaya de garder une expression aussi neutre que possible alors qu'il écoutait ce que la jeune femme avait à lui raconter et plus ces informations affluaient, plus son inquiétude augmentait. C'était évident, elle allait finir par faire le lien. Quoique, nombreux étaient ceux qui connaissaient son identité maintenant qu'elle commençait à devenir célèbre, mais il ne pouvait décemment pas la laisser dans le flou. Sa fierté lui interdisait d'agir comme un lâche. Quand bien même aurait-il hésité, la dernière question de Charlie aurait balayé ses derniers doutes. La réponse ne se fit guère attendre.

« Non, non bien sûr ! Qu'est-ce qui te fait croire ça ? » Avait-il fait ou dit quelque chose qui puisse la pousser à s'imaginer une pareille chose ? « T'as essayé de te défendre en lui causant ? »

Il ne lui avait certainement pas laissé le temps, mais Jay voulait savoir si ce connard avait frappé sa sœur après qu'elle ait essayé d'être gentille avec lui. Ce serait bien entendu des circonstances aggravantes. Venant de la demoiselle, ça ne serait pas très étonnant, en fait il la soupçonnait même d'avoir pu s'arrêter même si Chuck ne connaissait pas son prénom. Au pire, il lui aurait suffi de parler de lui ou d'un autre Lane, mais cette enflure n'avait pas été jusqu'à pousser le vice aussi loin, heureusement pour lui.

« C'est pas ta faute. » Il inspira légèrement, bougeant sur son siège avant de lâcher le morceau. « En fait, c'est la mienne. » Poursuivre dans cette voie ne l'enchantait pas, mais il s'était lancé. « Si je suis arrivé ici, c'est parce que le gars qui t'a fait ça, je le connais. » Jay se pencha légèrement en avant comme s'il craignait que quelqu'un d'autre entende ce qu'il avait à dire. « Disons qu'on a eu un désaccord tous les deux, sauf qu'il pouvait pas s'en prendre à moi, il a voulu se venger autrement. » Bien entendu, ce n'était pas des hypothèses, mais la pure vérité. « T'étais la seule à pas être avec moi alors.... » Il n'avait pas pu la protéger, mais il préféra ne pas aborder ce sujet. « Alors non, je suis pas fâché contre toi, t'y peux rien. » Il l'était plutôt contre lui pour son incapacité à jouer son rôle de frère, mais surtout contre ce connard de Chuck. Finalement, sa conclusion se fit sur des mots qu'il n'utilisait que rarement. « Je suis désolé. »

Ce n'était que des mots, c'était une expression bien inutile, mais c'était la première fois depuis des années qu'il s'en servait sincèrement.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 27 Sep - 21:33 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Évidemment que si, elle avait besoin de Earl pour gagner ! Ça avait toujours fonctionné de cette manière : elle avait eu besoin de ses frères pour se protéger quand elle était jeune, elle avait encore eu besoin d’eux pour ses livres scolaires, elle avait eu besoin d’eux tout au long de sa vie. Elle ne l’avait pas oublié, elle leur devait beaucoup parce que, si elle était avocate aujourd’hui, c’était bien parce qu’un petit malin lui avait permis de suivre sa scolarité. En temps normal, elle se serait accordé certains mérites mais là, non, c’était inconcevable de gagner quoi que ce soit sans l’intervention de l’un de ses frères. Une chance, elle en avait quatre ! Charlie avait souri, il était gentil à lui dire qu’elle n’avait pas besoin de leur aîné. De toute façon, la question ne se posait pas, elle n’aimait vraiment pas l’idée de défiler… Encore moins en bikini. Morphine ou pas, ça ne changeait pas.

Jay, de toute façon, c’était le plus grand, le plus fort, le plus beau, plus parfait des frères de la terre entière. De l’univers ! Parce qu’il venait de lui dire qu’avoir un bout de plafond serait peut-être possible. Et ça, c’était bien. Bon, si on lui demandait de choisir entre le plafond et Jay, il était évident que son choix se porterait sur son frère, même si elle ne pouvait pas l’épingler au mur en guise de décoration. Hmm, il risquait de ne pas apprécier. Elle non plus, l’image qu’elle s’en faisait n’avait de bien glorieux. Elle le préférait debout et libre de ses actions plutôt qu’exposé sur un mur.

Qu’est-ce qui lui faisait croire quoi ? Elle détailla Jay, un instant. Ah oui ! Il lui en voulait, elle l’avait supposé parce qu’il était là au lieu d’être ailleurs, parce qu’elle n’avait pas su se défendre. Peut-être aussi parce qu’elle était une très mauvaise cuisinière. Et plein d’autres choses dont la liste serait aussi longue qu’inutile. Elle prit un air coupable en regardant son frère.

_ Parce que je ne suis pas comme vous, que je ne sais pas me défendre. Elle ne pensait même pas à leurs différences sur un plan professionnel. Pour l’instant, ça n’avait pas la moindre importance. Tu sais, j’ai essayé de lui parler mais, il ne m’a pas vraiment laissé le temps de m’exprimer.

Objection sur objection. Voilà ce qu’il avait fait, sauf qu’au lieu d’hurler de mot de manière indigné, il avait frappé. Elle secoua la tête, navrée d’elle-même. En dehors d’un tribunal, quand les temps de paroles étaient plus moins attribués, elle ne s’en sortait pas si bien que ça. Le cas présent avait été une exception par sa nature plutôt violente mais, shootée, c’était la seule situation qu’elle arrivait un peu à situer dans son esprit. Bien qu’il restait encore de grandes parts d’ombre et qu’elle ne comprenait pas tout. Heureusement, Super Frangin était là pour lui donner des explications.

Charlie secoua très doucement la tête. Non, ce n’était pas de sa faute à lui, il ne pouvait pas être tout le temps derrière elle. Puis, après tout, c’était elle qui était parti, non ? Son mouvement s’arrêta quand il expliqua connaître ce type. Inquiète, pas du tout énervée, elle était en train d’imaginer Jay en prise avec ce type sans visage – pour le moment – et cette vision n’avait rien de réconfortant. Jay avait des ennuis ? Non parce que si c’était le cas, elle pouvait sortir de son lit tout de suite et aller donner son point de vue à ce type… d’accord, peut-être pas tout de suite, les mouvements trop brusques avaient tendance à l’envoyer dans les nuages.

_ Faut pas. Elle posa un regard vitreux sur son frère. Ce n’est pas ta faute, puis tu ne pouvais pas savoir. Puis, même si c’était le cas, je ne porte pas une balise gps à la cheville qui te permet de me trouver tout le temps.

Son regard dériva sur le bout de ses pieds, cachés sous le drap du lit. Pendant quelques secondes, elle essaya d’imaginer ce que ça pouvait être de vivre avec un bracelet électronique sur la cheville. Pas pratique pour les bottes à talons, de toute évidence. Et puis l’idée d’être suivi à la trace était déplaisante. Comment Jay aurait réagi en voyant un point lumineux, une coordonnée GPS indiquant qu’elle avait passé un bout de soirée dans un Strip-club il y a très peu de temps ? L’horreur.

_ Tu as des ennuis ? Parce que tu sais, je connais quelqu’un… Enfin je ne connais pas vraiment. Est-ce que l’avoir rencontré en pleine nuit, juste une fois pour régler un accord, ça veut dire qu’on connait la personne ? Elle prit le temps de réfléchir à la question mais, trop compliqué, elle abandonna. Bref, cette personne peut faire… Elle est utile quand on a des problèmes avec quelqu’un.

Nouvel arrêt sur image. Elle venait réellement de dire ça ? Sur le coup elle avait trouvé logique de lui en parler parce que, s’il avait des ennuis, elle voulait l’aider. Charlie aussi pouvait être une sœur bien pour lui. Mais, même sous morphine, s’entendre dire ça à voix haute avait quelque chose de dérangeant. Elle secoua la tête, se vrillant le crâne par la même occasion.

_ Enfin je n’en sais rien, je suppose. Je ne l’ai jamais vu en fait. Contredire quelque chose qu’elle avait déjà dit, ça c’était nouveau. Pourquoi son cerveau refusait de fonctionner normalement ? Ce sont juste des rumeurs.

Son regard retourna sur le plafond. Lui, au moins, il allait la croire.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 28 Sep - 17:31 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
C'était plutôt étrange de constater que Charlie se reprochait ce qu'elle avait justement mis en avant lors de leur dernière discussion. L'on ne pouvait pas vraiment dire que le fait qu'elle ne sache pas taper sur la gueule des types qui venaient la menacer avait l'air de la déranger la fois dernière. Elle se vantait plutôt du fait d'être capable de se tirer de telles situations simplement en parlant. Peut-être qu'elle avait fini par oublier ce que c'était que de vivre dans un quartier peu fréquentable ou vous pouviez sortir acheter votre pain et finalement finir la journée dans le caniveau avec les tripes à l'air juste pour avoir croisé la route d'un mec à qui votre tronche ne revenait pas. Mais d'un autre côté c'était une bonne chose, ça signifiait qu'elle vivait dans un coin où elle n'avait pas besoin en permanence de surveiller par dessus son épaule pour vérifier qu'aucun type louche ne la suivait. Il soupira légèrement avant de répondre.

« Ça sert à rien de causer avec ces types. C'est ce que j'essayais de te dire l'autre fois. » Ce n'était pas un reproche, juste une constatation. « Puis tu sais, Terry non plus ne sait pas se défendre comme ça, t'es pas si différente de nous à ce niveau. »

Après tout, c'était vrai. Leur aîné ne se battait pas franchement bien – Earl non plus d'ailleurs – il était plutôt du genre à essayer d'effrayer les autres avec ses belles paroles et jusqu'à présent, ça avait toujours bien fonctionné. Il fallait avouer que Terry avait la « chance » d'avoir Jay toujours dans les parages et vu qu'il commençait à être connu comme étant un combattant du Circus, il pouvait dissuader les plus minables de s'en prendre à ses frangins. Ça, c'était une possibilité que Charlie ne possédait pas.

Pour la suite, il se contenta de la fixer alors qu'elle lui déclarait que ce n'était pas sa faute. Mais si, ça l'était, il pouvait le savoir, il aurait pu se renseigner sur le type qu'il allait affronter et faire en fonction de ce qu'il découvrirait. Seth lui avait raconté après coup que ce gars était connu pour être un mauvais perdant et que si, en général, il gagnait ses combats ce n'était pas parce qu'il était vraiment doué, mais bel et bien parce qu'il menaçait ses adversaires. Après ces aveux, le texan avait repassé en vitesse accélérée l'avant-combat et s'était effectivement rendu compte que le gars en question avait tenté de l'effrayer, sauf qu'il n'y avait porté aucune importance et l'avait envoyé bouler. Il soupira doucement, ne trouvant pas vraiment de solution pour lui présenter la vérité sans se dévoiler davantage. Au final, ce fut aussi simplement qu'à l'accoutumée.

« T'en sais rien. En fait j'avais causé avec ce type avant. » Avant le combat bien évidemment. « Il m'avait dit qu'il perdait jamais et que les rares à l'avoir battus l'avaient regretté, j'aurais dû comprendre, j'en croise suffisamment des mecs comme ça pour savoir comment ils se démerdent pour gagner. » Léger haussement d'épaules. « T'es pas au courant de tout. »

Ça ressemblait vaguement à un aveu, mais il ne comptait pas aller plus loin. Charlie chassa provisoirement ses inquiétudes à ce sujet en lui parlant d'une manière plutôt... suspecte ! Venant de sa sœur, c'était plutôt bizarre et pour être honnête, franchement inquiétant. La regardant avec sérieux, Jay écouta attentivement ce qu'elle avait à lui dire avant qu'elle ne tente de revenir sur ses paroles, certainement après s'être rendu compte de la boulette qu'elle venait de dire. Mais il en fallait bien plus que cela pour que le combattant laisse filer une telle information, il fut même à deux doigts de sauter sur ses pieds pour aller vérifier par lui-même si sa sœur ne s'était pas attiré des ennuis. Au final, le texan se contenta de se redresser pour la dévisager avec sérieux.

« Mouais, enfin ça avait l'air d'être plus que des rumeurs avec ce que tu m'as raconté. » Le ton était franc, il ne fallait pas le prendre pour un idiot sur ce coup-là, c'était bien trop sérieux ! « Moi j'ai pas d'ennuis, mais toi par contre ça a l'air différent. D'où tu aurais entendu parler d'une rumeur comme ça ? C'est plutôt les types comme moi qui en entendent parler généralement. » Il soupira légèrement avant d'y aller directement. « Qu'est-ce que t'as fait Charlie ? T'as fait des affaires avec qui ? »

Il ne lui laissait pas la possibilité de nier qu'elle avait effectivement parlé avec ce type – ou cette nana, il n'en savait rien – en la mettant devant le fait accompli, il espérait la pousser à avouer plus rapidement. Pas sûr que ça fonctionnait en temps normal, mais avec une Charlie droguée à la morphine, il avait des chances d'y arriver.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 28 Sep - 20:07 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Charlie s’enfonça un peu plus dans son lit avec l’impression d’être en faute, au moment où Jay lui rappela ce qu’il avait déjà tenté de lui expliquer. Elle aurait pu en profiter pour s’en excuser, pour lui dire qu’il avait raison mais elle ne le fit pas. Pas qu’elle venait d’avoir un éclair de lucidité mais, morphine ou pas, Charlie restait fière. Ce fût cette partie de son caractère qui l’empêcha de donner raison à son cadet. Une légère grimace apparut au nom de Terry, lui, par contre, elle n’avait jamais réussi à l’apprécier réellement. Il était de la famille, c’était son frère, tout ça mais, si ça n’avait pas été le cas, elle ne se serait jamais penchée sur son cas. Elle pinça les lèvres, les yeux rivés sur son plafond – oui, elle l’avait décidé, c’était le sien – pour s’empêcher de dire quoi que ce soit au sujet de Terry, ou sur le fait que Jay avait raison.

Le texan était particulièrement bavard, ça faisait longtemps qu’elle ne l’avait pas entendu donner autant d’informations. Elle ignorait encore que, le lendemain, toute cette conversation sera qu’un vague souvenir, sans pouvoir dire exactement les mots prononcés, ou si elle ne l’avait pas en parti imaginée. Autant profiter, maintenant, de la satisfaction qu’elle ressentit en l’écoutant. Enfin, ce fût très relatif. Apprendre que son frère avait parlé avec ce type avant – avant quoi ? Elle pataugeait un peu – ne l’enchanta guère. Elle reporta son attention sur lui dans un soupir, quand il lui annonça son manque d’informations sur un tas de choses.

_ Je ne suis pas au courant. Je comprendrais un jour. Nouveau soupir. Je commence beaucoup à entendre ce genre de phrase en ce moment et, tu veux que je te dise ? Elle décida que, oui. C’est très énervant. Parce que, je ne peux pas vous aider et puis, si tu me l’avais dit, j’aurais peut-être été plus prudente. Ah, ben oui, bien sûr ! Ou pas… Une moue de réflexion se dessina sur son visage. Ouais, peu importe. C’est pas grave de toute façon. Tu vas bien, c’est l’essentiel.

De son point vu, en tout cas, parce qu’il était évident que celui de Jay différait un peu du sien. Charlie sembla réfléchir un instant, comme si elle savait qu’elle avait quelque chose à ajouter mais qu’elle l’avait déjà oublié. Et quoi de mieux, pour réfléchir que de regarder à nouveau le plafond ? Ce qui était certain c’était qu’elle s’était totalement foirée en parlant de l’Apothicaire. Et, encore, elle était fière, elle avait réussi à ne pas donner de nom… Piètre consolation. Jay, était loin d’être aussi dans le pâté qu’elle, parce qu’il comprit très vite que ce n’était pas seulement des rumeurs. Tout le monde aurait pu le comprendre mais, étant donné que c’était son frère, ça ne faisait qu’ajouter quelque chose à son côté parfait. La vision d’une sœur sur son frère ne pouvait pas se discuter.

Doucement, sous le ton presque accusateur de son frère, Charlie attrapa le bord de son bras pour le remonter sur elle, sur le bas de son visage. Si elle se cachait sous le drap, qu’elle ne le voyait plus alors, lui aussi ne la verrait plus ? Elle venait de se couvrir jusqu’au nez, en s’enfonçant dans le fond de son lit mais, la technique ne fonctionnait pas, Jay continuait d’enchainer les questions. Quand il eut fini, elle tourna la tête vers lui, à moitié caché, laissant juste apparaitre ses yeux coupables. Les mêmes qu’une gamine de cinq ans à qui on vient de refuser une part de gâteau au chocolat parce qu’elle avait tiré les cheveux de sa sœur.

_ J’ai rien fait. Elle fit une moue contrariée, pour s’être faite démasqué, même si ça ne se vit pas avec le drap. Et puis c’est pas de ma faute, d’abord.

Ce qui contredisait sa pseudo innocence. En tout cas, dans son esprit, ce n’était pas un mensonge. Elle avait été obligée de le faire, parce que c’était encore leur sœur et que Seth avait des ennuis, que ça aurait pu retomber sur Jay, et ainsi de suite. Portée par cette nouvelle pensée, Charlie fit redescendre le bras pour laisser son visage respirer correctement. Elle pointa son regard sur son frère.

_ Il fallait bien que je fasse quelque chose et c’était la meilleure solution, celle qui fera le moins de tort à tout le monde. Elle ne vit pas l’intérêt de se montrer plus précise. Elle se comprit alors, les autres aussi. Logique. Mais j’y retournerai plus. Elle secoua la tête. Ça non, j’irais plus.

Peut-être que si elle lui promettait de ne pas y retourner, il ne lui en voudrait pas beaucoup. C’était presque aussi logique que de ne pas décrire l’endroit où elle s’était rendue. Si elle le visualisait dans son cerveau, alors Jay pouvait le faire aussi. A croire qu’elle avait trop traîné avec un mentaliste ces derniers temps. Se sentant, tout de même, fautive elle décida de très vite dévier le centre d’intérêt qui était un peu trop braqué sur elle et ses activités.

_ Puis, d’abord, je ne vois pas pourquoi je te dirais tout alors que toi tu ne le fais pas non plus !

Ce qui devait être digne d’une enfant de trois et demi, à peu près.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 29 Sep - 13:34 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Il n'avait pas imaginé que Charlie serait assez réveillée pour soulever le fait qu'elle n'avait pas beaucoup d'informations à propos d'affaires les concernant. Pour être franc, Jay avait surtout pensé qu'elle se contenterait d'approuver sans chercher plus loin, comme quoi même en étant à moitié droguée elle arrivait à avoir quelques instants de lucidité ! Le trentenaire se contenta de regarder sa sœur alors qu'elle lui faisait savoir qu'elle commençait à en avoir ras-la-casquette de toujours s'entendre dire qu'elle n'était pas au courant. D'un côté, le texan comprenait son irritation, mais de l'autre il n'était pas prêt à changer son comportement. Même s'ils ne traînaient plus ensemble depuis quelques temps, Jay savait que Charlie ne pourrait pas s'empêcher de mettre son nez dans leurs affaires si elle apprenait dans quoi ils trempaient et ce même si elle avait juré le contraire. Oh, bien sûr, le fait de ne pas savoir ne l'empêchait pas d'enquêter, mais le trentenaire savait que le Cartel était suffisamment secret pour ne rien avoir à craindre de ce côté-là. Puis s'il finissait par voir que la jeune femme fouillait trop de leur côté, il n'aurait qu'à « l'inviter » à voir ailleurs. Enfin, à condition qu'il le remarque, après tout, si Charlie n'avait pas parlé de ce type louche qu'elle connaissait, Jay n'en saurait rien.
Devant la pseudo-capitulation de la demoiselle, son frère répliqua brièvement.

« T'es avocate, t'as l'habitude qu'on te dise pas les choses franchement, non ? » Comparaison plutôt passable, il fallait en convenir. « Puis me fais pas croire que tu sais ce que c'est d'être prudente, ma connerie a des limites. »

Il ne l'accusait pas de le prendre pour un crétin, Charlie était trop dans le pâté pour agir sciemment de la sorte, mais disons simplement qu'il n'était pas assez idiot pour imaginer que sa petite sœur qui avait l'habitude de mettre son nez partout changerait subitement de comportement. Non, définitivement, plus il y songeait et moins il concluait que faire des aveux complets à la jeune femme serait une bonne idée.

Elle avait d'ailleurs l'air suffisamment coupable pour qu'il comprenne qu'elle avait fait bien pire qu'il ne craignait. À la manière dont Blondie se cacha derrière son drap, son frère eut l'impression d'être revenu quelques dizaines d'années en arrière lorsqu'ils étaient encore à Houston dans leur baraque pourrie. C'était bizarre comme à chaque fois Jay se remémorait l'époque passée, à croire que c'était là que résidaient les seuls bons souvenirs qu'il avait ! Le trentenaire resta silencieux tandis que sa sœur avouait à moitié qu'elle était effectivement coupable d'un truc louche. Aussi étrange que cela puisse paraître à cette simple idée Jay sentit une espèce de contrarié monter en lui. Pas dirigée contre la jeune femme, mais plutôt contre le sentiment persistant qu'ils – les frangins et lui-même – avaient tous quelque chose à se reprocher quant à cette décision. Charlie était avocate, elle n'aurait pas réussi dans la vie en faisant des conneries pour ses clients, c'était donc forcément en lien avec la famille. Quoique... Il ne pouvait pas oublier les paroles dures qu'elle avait eues à son encontre la fois dernière, peut-être qu'au final c'était bel et bien en lien avec une de ses affaires.

Jay resta muet devant les demi-aveux de la jeune femme, mais il n'en pensait pas moins. Même devant les promesses de Charlie, il ne pouvait pas s'empêcher de douter. N'avait-elle pas juré qu'elle allait se tenir éloignée de leurs problèmes ? Pour lui faire confiance, le texan devait avoir l'assurance que cette affaire-là n'était pas en lien avec leurs problèmes à eux, mais bel et bien avec quelque chose qui concernait une affaire sur laquelle Blondie bossait. Cela dit, la dernière réplique qu'elle lui envoya en plein visage repoussa momentanément ce sujet. Il secoua la tête d'un air un peu paumé avant de répondre franchement.

« Tu me dis ça alors que tu viens de me raconter que t'as fait des trucs pas réglos ? Je crois pas que ce soit le meilleur moment pour me reprocher ça tu vois Blondie. » Jay bougea sans son siège pour se rapprocher légèrement de sa sœur. « Et dis-moi plutôt c'était pour quoi ton truc ? Une affaire en cours ou c'était à cause du problème de Seth ? » Il la scruta avec attention. « Pas la peine de mentir, je le saurais. »

Rien n'était moins sûr, du moins en temps normal. Mais là avec la morphine qu'elle avait dans le sang, il pouvait espérer décrypter ce qu'elle afficherait comme sentiment – de la culpabilité ? Pour une fois qu'il avait une chance de la comprendre, Jay n'allait pas la laisser filer aussi facilement. Puis au fond, s'il voulait tirer les vers du nez de sa sœur, c'était le moment ou jamais. Si Blondie prétendait qu'il lui avait avoué quelque chose d'ici quelques jours, il pourrait toujours prétendre qu'elle avait dû rêver. Fort de cette pensée, il poursuivit donc sur sa lancée.

« Si je te dis rien, c'est parce que je sais que t'iras mettre ton nez dans ce merdier et que c'est pas pour toi. C'est pas dans ton domaine, toi t'es avec des petits délinquants, c'est pas le même registre. » En temps normal elle aurait pu s'inquiéter, mais là il doutait que ce soit le cas. « Alors dis-moi franchement ce t'as fait, puis en échange tu pourras me poser une question et j'y répondrai franchement. » Il ne risquait rien avec cette morphine après tout. « Tu peux me faire confiance. »

Et si elle ne le faisait pas, il pourrait montrer que c'était de sa faute si les choses ne s'amélioraient pas. Certes, ce n'était pas franchement aimable pour elle, mais au final, tout ce qu'il faisait à ce niveau c'était pour lui éviter de gros ennuis, il n'avait rien à se reprocher.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 29 Sep - 16:14 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Oh mais, bien sûr que si, elle savait être prudente. Par exemple, elle prenait toujours bien soin de mettre un gant de protection avant d’aller chercher un plat dans son four. Elle regardait toujours à droite, puis à gauche et encore à droite avant de traverser une route. Elle… Euh… Oui, bon, c’était déjà bien suffisant comme preuves de sa prudence extrême. Il fallait croire que, même inconsciemment, elle n’en était pas persuadée parce qu’elle ne se risqua pas à lui exposer son point de vue.

_ Je parlais, en dehors du travail.

Évidemment que les gens, dans son boulot ne disaient pas les choses directement. Ils mentaient ou cachaient des informations mais, c’était son travail. Forcément, elle trouvait que c’était moins bien quand il s’agissait de sa vie personnelle, surtout quand les choses étaient aussi nébuleuses et énigmatiques que les phrases que lui avait balancées Adriel quand elle avait été le voir. Et c’était encore pire quand il s’agissait de Jay, qui lui cachait des informations sur ses activités. Elle aurait tellement aimé qu’il lui dise tout, un peu comme avant. Ce qu’elle pouvait regretter leur enfance à Houston.

Jay, de son côté, semblait être bien plus préoccupé par ce qu’elle avait dit et qu’elle regrettait d’avoir dit. Méchant bout de cerveau qui l’empêchait de réfléchir correctement. Cela dit, elle ne put s’empêcher d’afficher un grand sourire – bien que douloureux à cause de la plaie qu’elle avait – quand il l’appela Blondie. Elle n’arrivait jamais à s’en lasser. Un sourire qui disparut quand il posa une nouvelle question en lui interdisant de mentir. Charlie enfonça un peu plus sa tête dans son oreiller peu confortable. Un oreiller d’hôpital tout ce qu’il y a de plus banal, en fait. L’avocate aurait dû savoir qu’elle pouvait lui mentir, elle l’avait déjà fait ces derniers temps en étant des plus odieuses et il avait tout gobé. Sauf que l’avocate était perdue dans la morphine, laissant place à la petite Blondie qui, jamais, n’aurait menti à son jeune frère qui s’était toujours montré très présent pour elle.

Par un réflexe ancré dans sa façon d’être, elle chercha une formulation pouvant répondre à la question de Jay, sans y répondre réellement. Mais cette faculté semblait l’avoir abandonné en même temps que son injection d’un antidouleur un peu trop puissant pour son organisme. Merveilleux ! Et puis, Jay la coupa dans sa réflexion alors, forcément, ça ne l’aida pas à se concentrer. Une moue vexée se dessina sur son visage. Elle mettait le nez dans ce qu’elle voulait, c’était une grande fille. Elle n’arriva même pas à percuter que Jay ne se mettait pas dans la case des petits délinquants. Chose qui l’aurait fait sauter au plafond en temps normal mais qui, là, passait sans trop de problèmes à cause d’un manque de réflexion évident.

L’idée d’avoir le droit à une question lui plaisait bien mais, ce fut surtout la dernière phrase de Jay qui acheva de la convaincre. En réalité, elle savait très bien qu’elle pouvait lui faire confiance… Non, en fait, elle ne le savait plus. C’était compliqué en fait. Elle posa à nouveau son regard sur le plafond, prenant le temps d’une inspiration, puis à regret, elle se lança.

_ C’est pour Seth. Et non pas « à cause » de lui, parce qu’elle ne voyait vraiment pas ça comme un problème. C’était la famille alors, c’était normal.  J’ai dit que je m’en occupais alors, c’est ce que j’ai fait. Sous morphine ou non, ça lui semblait être d’une logique sans failles. Il avait des ennuis, elle devait faire quelque chose. Et puis, tu sais, ce n’était pas vraiment dangereux. Elle eut soudainement une envie de se justifier pour une raison qui lui était inconnue. La petite Blondie ne devait pas aimer se sentir en faute face à son frère. Personne ne va avoir de problème, ni Seth, ni vous, ni Luc, ni moi. Elle posa son regard sur Jay dans un léger sourire coupable. Il fallait bien que je fasse quelque chose. C’est tout.

Et comme Jay ne lui avait pas demandé ce qu’elle avait fait, aucune réponse ne l’expliquant n’étant nécessaire, n’est-ce pas ? Elle n’avait pas menti, personne n’était supposé avoir de problème dans cette histoire, la morphine aidant, elle trouva que ce plan était des plus parfaits. Il faudra qu’elle pense à remercier Chase pour son aide. Bon, maintenant, Charlie avait le droit à une question. Elle en avait au moins cinquante en stock.  Une bonne partie tournait autour de ses activités et des combats de rue sans danger – mais bien sûr ! -,  l’autre sur la relation qu’il avait tous les deux. Est-ce qu’il la détestait ? Est-ce qu’elle était encore sa sœur ? Ce genre de choses.  Là, tout de suite, elle avait aussi de lui demander s’il aimait les choux, aucun rapport avec rien mais, elle était sous morphine alors…

_ A qui vous devez de l’argent ?

Oui, oui, il en avait parlé sur le port, elle s’en souvenait. Et comme Charlie était dans son trip SuperSoeur qui était capable de tous les sauver – les joies des drogues filées par un médecin –, elle se disait qu’en le sachant, elle pourra les aider à ce niveau-là sans avoir à les avertir.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 29 Sep - 20:34 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
En dehors du travail, Jay n'y croyait qu'à moitié ! Il avait suffisamment vu Charlie bosser pendant ses études pour comprendre que chez elle, vie privée et boulot devenaient rapidement indissociables. Son regard sceptique le montrait d'ailleurs, il hésita l'espace d'un instant à laisser filer son mensonge – peut-être qu'elle ne s'en rendait même pas compte après tout ? – mais opta finalement pour une réplique franche. Mieux valait éviter de la laisser penser qu'il la croyait, ce serait comme de l'encourager à continuer à faire preuve d'imprudence. Puis au moins, si elle ne s'en rendait pas compte, il pourrait lui mettre les faits sous le nez.

« En dehors du travail ? Excuse-moi, mais je crois pas que tu saches ce que c'est. T'as jamais vraiment fait la différence entre les deux, j'suis sûr que t'es du genre à relire tes dossiers en mangeant ton souper. »

Il avait l'image en tête et n'en serait pas franchement étonné. C'était un peu ce qu'elle aurait fait à l'époque où ils étaient gamins ou adolescents s'ils avaient eu une vraie vie de famille et s'ils avaient pris leur repas ensemble comme une famille normale. Sauf que leurs « parents » n'étaient pas comme ça et qu'ils avaient plutôt été élevés aux pizzas goût-de-carton et que tout le reste leur semblait aussi peu réaliste qu'un film avec des fourmis géantes tueuses. En bref, son frère avait du mal à la voir dissocier le boulot de sa vie personnelle et c'était d'autant plus vrai si elle était célibataire et qu'elle n'avait personne avec qui causer en mangeant. Sauf si elle avait un colocataire. Une fois de plus, son manque de connaissances sur la vie de sa sœur l'empêchait de spéculer et de se faire une idée de ce qu'elle pouvait avoir comme habitudes.

Toujours est-il que la jeune femme avait l'air de comprendre qu'elle gagnait à être sincère avec lui. Jay scrutait son visage pour essayer de deviner si elle comptait lui mentir, mais il ne détecta rien de tel – cela ne signifiait pas pour autant qu'elle n'en avait pas l'intention. Il capta bien une moue vexée, mais ne parvint pas à en identifier la cause. Le texan patienta donc jusqu'à ce que la jeune femme lui explique qu'elle avait abordé cette personne louche pour Seth, faisant référence au procès qu'il risquait de perdre. L'attention du trentenaire redoubla tandis que Charlie enchaîna en prétendant qu'elle n'avait fait que ce qu'elle avait promis et qu'il n'y avait rien de bien risqué. Mouais. Jay exprimait quelques doutes à ce sujet, il savait qu'avec des types peu recommandables rien n'était donné sans rien. La preuve avec le Cartel, depuis qu'il était entré dans le système il s'enfonçait toujours plus. Un jour Jay se réveillerait pour constater qu'il ne pouvait tout simplement plus en sortir et il refusait qu'une telle chose puisse arriver à sa sœur. Cependant, elle ne lui laissa pas le temps de revenir sur le sujet puisqu'elle conclut sur sa question qui se révéla plutôt gênante. Il avait promis d'être franc, mais pas de tout avouer. Il pouvait parler des fournisseurs, mais sans aller jusqu'à dévoiler leurs noms ou le groupe auquel ils appartenaient. Hésitant quelques secondes, Jay lâcha enfin le morceau.

« Aux fournisseurs des trois autres. » Pas la peine de préciser de quels fournisseurs il parle. « Depuis quelques temps ils sont passés à des trucs plus forts et donc plus chers, du coup ils ont des dettes chez pas mal de types. » Ce n'était certainement pas une surprise pour Charlie, les trois autres fumaient déjà des drogues légères à peine adolescents, c'était donc parfaitement normal d'aller crescendo. « Je les connais pas trop et je sais pas à combien ça se monte, je m'occupe pas de ça moi. »

Il rapportait juste l'argent, les autres géraient le reste. Jay espérait couper court aux éventuelles autres questions qui découleraient forcément de ça. Il soupira légèrement, décidant de poursuivre sur le sujet qui l'avait interpellé juste avant de manière à ne pas laisser à Charlie le temps de trop approfondir ces aveux. Avec la morphine qu'elle avait dans le sang, elle devait certainement peiner à suivre la discussion de manière poussée. C'était mal de profiter de sa faiblesse, mais c'était certainement sa seule occasion d'en apprendre plus sur elle sans se montrer trop intéressé.

« Un point Blondie, je sais ce que c'est de demander de l'aide à des personnes comme ça. T'as pas eu son aide sans donner un truc en échange. » Il laissa planer quelques secondes de silence. « Si je t'avais laissé t'en charger, c'est parce que je pensais que t'allais faire un truc plus réglo que moi j'aurais fait. » Là, pour le coup elle avait effectivement fait ce qu'il aurait pu faire. « Tu lui as filé quoi ? T'as eu droit à quoi ? Rien de dangereux c'est relatif.... »

Elle aurait aussi bien pu dire que personne ne serait blessé et l'autre se serait fait tuer. Bon, l'exemple était exagéré, mais Jay avait tendance à dramatiser les choses et même s'il savait que Charlie n'irait pas jusqu'à faire quelque chose d'aussi grave, il préférait savoir jusqu'à où elle avait été pour régler leur affaire. S'il avait su qu'elle comptait s'en occuper de la sorte, il lui aurait très certainement interdit de s'en charger.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 30 Sep - 0:59 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Non, elle n’était pas genre à manger devant ses dossiers, elle… Elle tenta de remonter en mémoire la dernière fois qu’elle avait mangé sans son boulot, sans même en parler et… Non mais, c’était la morphine qui l’empêchait de s’en souvenir, sinon, ça lui serait revenu. En réalité, même dans son état normal, elle n’aurait su le contredire. Sa vie avait un côté désespérant, réflexion qu’elle se fera à nouveau dans quelques jours en compagnie de Chase. En une phrase, Jay venait de lui miner le moral. Charlie se ratatina dans son lit, le regard fixer sur le mur parce que même le plafond devait être en train de la juger. Elle s’enferma dans un silence, à cette attaque, ce qui constitua le meilleur des aveux.

Aidé par une médicamentation désastreuse, Charlie essaya de se passer le film de sa vie. Plus de trente ans, toute seule dans un appartement avec une foutue infiltration d’eau et même pas un chat pour entrer dans les clichés. Désespérant et triste à la fois. Elle n’était peut-être pas faite pour la vie en communauté après tout. Le premier qui avait compté un minimum, quand elle était jeune, était mort – et en plus elle devait se farcir des discussions avec son portrait craché qui revendait des armes. Joie ! -, ensuite il y avait eu Scott avec qui ça avait très bien fonctionné jusqu’à ce qu’ils emménagent ensemble. Même dans la relation avec ses frères elle s’était plantée, puisque maintenant, elle était tenue à l’écart. Il valait mieux éviter les chats, elle serait capable d’oublier de les nourrir et de se faire bouffer durant son sommeil. Peut-être qu’elle était faite pour vivre seule, après tout.

Et là, ça devenait le bordel dans sa tête. Les chats tueurs étaient devenus des dealeurs de drogues qui, de leurs griffes menaçantes, demandaient de l’argent à ses aînés. Trop d’informations commençaient à se mélangeaient entre elles. Jay, implacable, ne lui laissa même pas le temps de faire la part des choses, qu’il réattaquait avec des questions. Est-ce que ses frères devaient aussi avoir de la drogue de chats dealeurs en échange d’autres choses que de l’argent ? Des croquettes, peut-être ?

_ Filer quoi à qui ? Attends…

Elle plissa les yeux, soupira, essaya de reconnecter ses quelques neurones valides. A ne pas vouloir la voir se poser des questions en enchainant vite, Jay venait surtout de la perdre. Il fallut plusieurs secondes à Charlie pour restaurer une partie de la conversation selon un schéma hasardeux. Apothicaire, Seth, drogue. Plusieurs secondes qui se transformèrent en une bonne minute avant qu’elle n’arrive à quelque chose de moins nébuleux. Punaise, ça lui filait mal au crâne tout ça.

_ Jay, je t’ai dit ce n’est rien. Elle tourna la tête vers lui dans un soupir. Il n’y a pas de quoi en faire toute une histoire. J’ai seulement acheté un truc, Luc va seulement être malade quelques jours. Comme ça, il ne pourra pas se pointer à un rendez-vous concernant le dossier et BOOM. Elle mina une bombe qui explose avec ses mains, lui arrachant une grimace de douleur à cause de son poignet. Le dossier sera refilé à quelqu’un d’autre. Dans le brouillard total, elle effectua un grand sourire. Ce plan est génial.

Elle était trop fière d’elle-même. Non, la morphine, la rendait fière d’elle-même. Après tout ça, il faudra qu’elle songe à regarder s’il existe une loi qui dit que rien ne peut être retenu contre une personne qui balance des informations sous l’effet de certaines substances. Quelque chose d’inconnu la fit sourire, avant d’essayer de reprendre son sérieux.

_ Si c’était toi qui t’en étais occupé, Luc devrait se repayer une mâchoire. Et, en plus, il aurait quelque chose contre toi. Je te rappelle, qu’on m’a pas appris à être des plus réglo dans mon enfance alors, excuse-moi si j’ai quelques ratés de temps en temps mais, c’était la meilleure chose à faire.

Voilà, ce n’était pas de sa faute. Elle s’accusait déjà d’avoir une vie pourrie, elle n’allait pas en plus se faire engueuler parce qu’elle avait voulu aider son frère. Elle croisa les bras, comme elle put, clairement boudeuse en portant son regard droit devant elle. Et pour ne pas arranger les choses, un médecin décida d’entrer dans la chambre. Zut, elle avait oublié de regarder le plafond, c’était pourtant sa mission si elle ne voulait pas que Jay se fasse virer. A peine avait-elle vu le médecin arrivé, qu’elle leva les yeux vers le haut, pour tenter de prouver qu’elle ne l’avait pas lâché du regard.

Le médecin, savait que sa patiente s’était faite frappé en pleine rue mais, l’intervention d’un passant avait mis fin au problème. Le doc’ posa son regard sur Jay qui pour lui n’avait aucun lien physique avec Charlie, qui prouverait un lien de parenté. En voyant les cicatrices et un tas d’autres choses, il pensa carrément de travers.

_ Vous êtes qui ? Le médecin s’attendait presque à entendre Jay avouer qu’il était le type qui avait mis sur la tronche de Charlie. Personne n’est censé se trouver ici, vous devriez partir.
_ Mais, je n’ai pas quitté le plafond des yeux.

Ce qu’elle ne fit toujours pas et qui représentait des paroles très obscures pour le médecin.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 30 Sep - 17:03 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Le silence coupable de Charlie suffisait à Jay : il avait visiblement touché un point sensible et sa sœur ne devait effectivement pas différencier sa vie privée de sa vie professionnelle. C'était con. Dans un sens, il avait presque envie de lui dire de passer à la maison – même si elle ne pouvait plus l'appeler de la sorte – pour se changer les idées, mais il savait parfaitement que ce serait la pire idée du siècle. Non, du millénaire même. Jay ressentit un léger pincement au cœur en songeait à sa sœur qui passait ses soirées seule chez elle, mais dans un sens, il était égoïstement rassuré de savoir qu'elle ne les avait pas remplacés par un gentil petit mari.

Charlie laissa planer quelques instants de silence alors qu'elle essayait visiblement de réunir ses pensées pour répondre au mieux à ses questions et elle finit par lui dire que ce n'était rien de bien grave. Quelque chose qui pouvait le rendre malade le temps qu'il ne puisse plus s'occuper du dossier ? C'était une excellente idée, il fallait l'avouer, cela dit elle n'avait pas besoin de fréquenter des types peu recommandables pour se procurer ce genre de choses, il suffisait de lui verser des médicaments sans danger dans la bouffe ou de lui refiler ces plantes qui vous donnaient envie de vomir rien qu'à les sentir. Bref, même devant les aveux de sa sœur qui prouvaient qu'elle avait bien agi, Jay restait bloqué au stade de « elle a frayé avec un type craignos ». C'était obsessionnel et c'est seulement à ce moment qu'il se rendit compte que Charlie ne lui avait pas dit ce qu'elle avait dû donner en échange. Il grimaça légèrement, même droguée elle esquivait ses questions, ou alors c'était la morphine qui lui faisait oublier certains détails. Saloperie de médicament, pour le coup il ne l'arrangeait pas.

Elle notait toutefois un point concernant la manière dont les choses se seraient terminées si Jay s'en était occupé lui-même, il aurait bien pu finir au trou, sauf si ce Luc n'avait pas pu le voir. Il y avait toujours un moyen de s'en sortir. Cela dit, il n'eut pas l'occasion d'en parler puisque la porte s'ouvrit alors, attirant leur attention sur le nouvel arrivant qui se révéla être un médecin. Jay sentit venir les emmerdes et elles ne tardèrent effectivement pas, le type lui demanda ce qu'il foutait là en prétendant qu'il n'avait pas le droit de s'y trouver. La bonne blague. Il était dans les horaires des visites et la réceptionniste ne lui avait pas interdit de rendre visite à sa sœur, mais ça c'était juste parce qu'il avait la dégaine du type louche. Lassé, le texan songea à l'envoyer sur les roses de manière un peu brutale, mais la présence de Charlie l'en dissuada. Essayant de garder son calme, Jay leva simplement les yeux vers lui.

« J'ai le droit d'être là, la réceptionniste m'a donné le numéro de la chambre et je suis dans les horaires des visites. » Le ton était plutôt agacé, mais il restait bas ce qui était plutôt bon signe. « C'est ma sœur. » Puis prenant les devants en se doutant de ce que l'autre allait penser, il enchaîna. « Et oui, je sais, on se ressemble pas et j'ai pas la dégaine idéale pour le frangin d'une avocate, mais c'est le cas. » Le ton était légèrement monté, aussi laissa-t-il passer quelques secondes de silence le temps de se calmer. « Puis franchement, si j'étais celui qui lui avait cassé la gueule, vous croyez qu'elle serait là à me causer au lieu de hurler ? Je veux bien que les débiles existent, mais y'a des limites quand même. » Une dernière phrase s'imposait pour faire – un peu – culpabiliser ce médecin. « Si je sais ce que vous pensez, c'est parce que vous êtes pas le premier. C'est dingue ce que les gens ont comme idées reçues, un peu d'originalité ça ferait pas de mal de temps en temps. »

Bien décidé à ne pas laisser ce type lui gâcher sa discussion avec Charlie, il resta campé sur ses positions. Si là l'autre décidait de ne pas le croire, Jay ne savait plus quoi faire. Déjà qu'en temps normal il se serait levé pour le dégager de la chambre, quitte à bloquer la poignée avec un vase ou un truc du genre pour avoir la paix, c'était un gros effort que de rester assis ! Pourtant, quelque chose lui disait que l'autre n'allait pas se laisser avoir, même s'il sortait sa carte d'identité et qu'il faisait des tests sanguins pour prouver qu'ils étaient frangins, les autres continueraient à douter. Une chance qu'elle ne lui ressemble pas d'un côté !

« Blondie, c'est pas la peine de fixer le plafond, de toute manière ça changera rien. »

Elle avait visiblement pris ce qu'il avait dit plus tôt, au pied de la lettre. Le trentenaire décrocha un dernier regard au médecin avant de décider de l'ignorer. Peut-être qu'il s'il enchaînait la discussion sans faire attention à lui, l'autre allait tout simplement se tirer en les laissant ensemble ? Après tout, Charlie n'avait pas l'air franchement en danger, il devait bien se douter qu'elle n'avait pas peur de lui non ?

« Tu vois, finalement t'as pas tellement de ratés que ça, personne croit que tu puisses être de ma famille. Remarque, c'est peut-être mieux comme ça, sinon t'aurais eu aucune chance pour le concours, Earl ou pas. » Le concours de miss avocate 2013 bien entendu. « Quelqu'un a déjà prévenu ton boulot d'ailleurs ? »

Question bateau, mais bon, il n'allait pas parler d'empoisonnement ou de cambriolage devant un médecin, sinon il était quitte pour être viré par la sécurité.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 30 Sep - 19:53 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
Sans quitter le plafond du mur, Charlie hocha la tête. Évidemment qu’elle était sa sœur, il y avait encore des gens pour en douter ? N’importe quoi ! Pourquoi tout le monde s’acharnait à ne pas les croire. Le type du bar l’autre fois, le médecin maintenant, et sûrement un tas d’autres gens qui ne lui revenaient pas en mémoire pour le moment. Puis, elle, d’abord, elle trouvait que Jay avait la dégaine parfaite pour être le frère d’une avocate, elle ne comprit pas tellement pourquoi il assura le contraire. Aaah peut-être un stratagème pour endormir la vigilance du médecin. Trop intelligent le frangin, elle fut fier de lui ! Elle s’indigna toute seule, dans son coin, avec son plafond, à l’idée que le Doc puisse penser que Jay lui avait mis sur la tronche. Ce qu’il ne fallait pas entendre. Ils avaient vécus 25 ans ensemble et jamais, jamais il ne lui avait fait le moindre mal, pas de cette manière. C’était absurde. C’était son frère, il n’était pas Seth, bref le médecin ne comprenait rien à rien.

Pour le médecin en question, son point de vue fut bien différent. Il avait une liste longue comme le bras de violence entre personne mariées ou de la même famille. Et, à voir Jay, ce ne fut pas inconcevable de le juger de la sorte même s’il marquait un point. Sa patiente n’avait pas l’air inquiète par cette visite. Mais là, encore, ça ne voulait rien dire. Reynold, pour donner un nom au médecin, resta sceptique mais préféré se taire, dans un instant de réflexion alors que le supposé frère l’ignora royalement pour se concentrer sur sa prétendue sœur qui, elle, n’en avait que pour le plafond.

_ T’es sûr ? Charlie dévia doucement son regard du mur pour revenir sur Jay et, dans une phrase qu’elle imagina discrète (ce qui ne fut absolument pas le cas). Parce qu’il est encore là ! De manière toujours aussi discrète que le timbre de sa voix, elle désigna le docteur en chemise blanche qui allait lui enlever son frère. Mauvaise sœur qu’elle était à ne pas avoir suffisamment fixé le plafond. Elle secoua doucement la tête. Et il n’a pas l’air très commode.

Et en plus il était télépathe ou doué d’une oreille super sensible parce qu’elle le vit secouer la tête de désapprobation. Elle était CERTAINE d’avoir parlé tout doucement alors, il avait forcément des superpouvoirs pour l’avoir entendu. Ces derniers temps, elle avait l’impression d’être entourée de personnes avec des capacités hallucinantse alors, ajouter un médecin à sa liste n’était pas très difficile à faire. Évidemment le médecin n’était qu’un « simple » humain, c’était surtout la discrétion de Charlie qui était à remettre en cause mais, à ce stade-là, il n’ajouta rien préférant voir comment se déroulait leur échange avant de s’arrêter sur une opinion concernant le visiteur.

_ Je crois que les gens ne savent pas regarder parce que, ben ça se voit que t’es mon frère quand même. C’était évident pour elle, étant donné qu’elle était sa sœur. Puis elle ne s’était jamais posé la question de savoir si, objectivement, elle lui ressemblait ou pas. Tient même que je suis certaine qu’avec un peu de bonne volonté, tu pourrais, toi aussi gagné un concours, peut-être faire des photos, je ne sais pas, pour Prada ou un truc dans le genre. Et si le médecin sembla sceptique à cette idée, ce ne fut pas le cas de Charlie. Pas la peine de revenir sur le fait que, selon elle, son frère était parfait. Bon bien sûr, il faudra cacher quelques-unes de tes cicatrices, quoique, il parait que ça a du charme pour certaines femmes. Elle ouvrit grands les yeux en regardant son frère. C’est vrai que ça marche, ou pas ?

Mince, elle ne savait même pas si Jay avait quelqu’un dans la vie ou pas. Une question qui lui avait traversé l’esprit en plein milieu de son délire. Objectivement, il y avait peu de chances que Jay aille arrondir ses fins de moi en se tapant un shooting ou deux pour une grande marque. Mais tellement de choses prenaient des allures différentes sous morphine que c’était facile pour elle de se laisser porter par des idées supposées être insensées. Pinçant les lèvres dans un signe de négation elle reprit assez rapidement.

_ Non, je n’ai prévenu personne. Je ne sais même pas où est mon téléphone. Oh, tu sais, je crois que je vais avoir une tonne de mail et d’appel.
_ Vous nous avez dit qu’il n’y avait personne à prévenir.

Une phrase qui servait surtout à expliquer au frère – maintenant qu’il en était un peu près convaincu – les raisons de ses doutes concernant sa venue. Reynold vérifia quelques constances et, satisfait, après avoir désigné l’endroit où les effets personnels de Charlie étaient rangés dans la chambre, il s’arrêta devant la porte pour porter son regard sur Jay.

_ Désolé pour le quiproquo mais, votre sœur nous a dit qu’elle n’avait aucune famille à prévenir.

De belles paroles sur lesquelles il laissa le frère et la sœur pour aller s’occuper d’autres patients. Charlie se sentit un peu coupable, du coup, elle regarda son frère d’un air désolé.

_ Je ne savais pas que ça t’inquiéterait.
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 1 Oct - 16:40 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

avatar
Invité
Invité
Afficher le profil
C'était réellement amusant de voir Charlie agir sous l'emprise de la morphine – surtout lorsque ce n'était pas dangereux pour elle. La manière dont elle s'imaginait faire preuve de discrétion alors qu'elle était aussi bruyante qu'un homme-orchestre, avait de quoi surprendre. D'autant plus lorsque vous connaissiez la demoiselle aussi bien que Jay : leurs dernières discussions n'avaient pas vraiment été aussi légères. Alors que Blondie parlait du médecin avec la discrétion d'un éléphant dans un couloir, son frère fut tenté de jeter un coup d’œil au concerné, ne serait-ce que pour la tête qu'il devait tirer. Mais il ne le fit pas, restant concentré sur ce que la jeune femme disait, même si ce n'était pas franchement folichon. Jay pensant même l'avoir totalement perdue lorsqu'elle commença à lui lancer l'idée qu'il puisse s'amuser à participer à des concours stupides. Non, mais vraiment... La morphine avait de drôles d'effets sur le cerveau de sa sœur. La dernière question le laissa un peu pantois cela dit. Si les cicatrices ça plaisait aux femmes ? Disons qu'il s'en contrefoutait, mais balancer ça à Charlie manquait un peu de finesse, aussi haussa-t-il simplement les épaules.

« J'en sais rien. T'es une femme, tu devrais le savoir. »

C'était vrai d'ailleurs, pourquoi est-ce qu'il était censé le savoir alors que c'était elle la nana de la fratrie ? Franchement, la morphine la faisait vraiment agir bizarrement. Tout le reste de ses répliques décalées avait été oublié, pas la peine de contrarier un drogué ou même de chercher à le raisonner, Charlie se porterait bien mieux en oubliant ce qu'elle venait de dire.

Blondie enchaîna sur le même ton, parlant de son boulot et s'inquiétant pour des choses sans intérêt. Franchement, les mails et les appels pouvaient bien attendre, mais il était préférable que ses collègues soient avertis de son état de santé – au cas où elle aurait quelques restes de morphine dans le sang en revenant au boulot. La voix du médecin s'éleva alors, leur faisant avoir qu'il ne s'était pas encore en-allé au grand dam de Jay qui commençait à se demander s'il arriverait à se débarrasser de lui juste en causant. Il décida de rester muet, laissant l'homme faire son boulot en vérifiant quelques trucs avant de leur montrer où étaient rangées les affaires de la demoiselle, puis alors qu'il s'apprêtait à quitter la pièce, le médecin lâcha quelques mots qui ne manquèrent pas de surprendre Jay. Elle n'avait pas de famille à prévenir ? Pouvait-il réellement lui reprocher ? Leur dernière rencontre avait été pour le moins animée et pour être parfaitement honnête, Jay avait douté du fait qu'ils puissent se revoir un jour. Ses pensées furent finalement coupées par la voix de Charlie qui justifia les paroles du médecin par une explication parfaitement logique. Estimant qu'elle ne se souviendrait de rien la fois prochaine – au pire il pourrait toujours mentir – le texan répondit avec sincérité.

« T'es quand même ma sœur. » Ce n'était pas un reproche, juste un rappel. « Même si on se parle plus vraiment, je peux quand même m'inquiéter si t'es à l'hosto à cause de moi. » Dans un sens, c'était lui le coupable, le médecin avait eu raison. « Tu crois vraiment que t'es toute seule ? » Il était un peu étonné, autant l'avouer. « T'as pas des collègues ou des amis, quelqu'un que tu puisses prévenir, j'en sais rien... ? » La réplique au sujet de repas pris en solitaire lui revint en tête. Puis celle de la fois dernière sur les sorties en amis, il se sentit un peu idiot. « Je suis désolé, je voulais pas te contrarier en parlant ton boulot avant. » Pas certain qu'elle puisse faire le lien vu son état, mais ce n'était pas grave, il parlait de manière sincère et c'était l'essentiel. « Bien sûr que ça m'inquiète bécasse. »

L'insulte c'était cadeau, ce n'était pas méchant au fond. Jay estima que c'était le moment de profiter de la situation, Charlie ne se souviendrait pas de grand-chose et s'il voulait en apprendre plus sur elle, c'était l'occasion rêvée. Bougeant sur son siège pour faire passer son inconfort, le texan reprit.

« Tu fais quoi lorsque tu bosses pas ? T'as pas gardé des contacts de l'école ? Je crois pas que tu puisses être seule. » Il réfléchit quelques instants avant de se souvenir d'un détail. « Tu te souviens de ta copine de Houston, Andrea ? Elle vit ici maintenant, je l'ai déjà croisée, je suis sûr que ça lui ferait plaisir de te revoir tu sais. » Il devait avoir l'air fin à lui conseiller ses amis, mais bon, c'était son rôle de frangin après tout ! « Tu devrais peut-être prendre un congé de quelques semaines, partir un peu pour changer d'air. C'est pas bon de rester tout le temps au même endroit en bossant sans arrêt. »

Ou même de bosser tout court, lui ne le faisait que rarement. C'était bizarre de s'entendre dire de pareilles choses alors que la fois dernière, il lui souhaitait presque de finir sa vie toute seule pour regretter de les avoir plantés. Finalement, avec la famille, la rancune ne durait jamais bien longtemps.
Revenir en haut Aller en bas



Ne vaut-il donc pas mieux guérir une blessure plutôt que de la venger ? ▬ Charlie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant


Sujets similaires

-
» Mieux vaut être pauvre mais maìtre chez soi
» Galaad - Mieux vaut se méfier de l'eau qui dort ! [Terminée]
» Un petit arrangement vaut mieux qu'un grand conflit [Livre I - Terminé]
» « Conquérir sa joie vaut mieux que de s’abandonner à sa tristesse. » (Tommy J.)
» JAELYN (+) mieux vaut rater un baiser que baiser un raté.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star City Heroes :: Administration :: Archives :: Archives des Rencontres-