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Septième étage. Tout le monde descend. (Evey)

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Sam 21 Sep - 19:11 Message | (#)

Tokyo, début du mois d'octobre 2013.
20:07, heure locale

La tension était à son comble. Depuis une heure, un silence de mort s’était abattu sur la salle et ceux qui osaient tousser étaient fusillés du regard par une assemblée dont la nervosité était devenue palpable. Les plus suspicieux fixaient des yeux l’électroencéphalogramme de Chase, affiché à côté de l’écran où se déroulait la partie, et qui assurait que le jeune homme n’était pas en train d’utiliser ses pouvoirs pour sonder les stratégies de son adversaire.

Ilya Nietchentko réfléchissait depuis une demi-heure à présent. Lui et Chase étaient de plus en plus certains de l’issue de la partie, mais il cherchait encore une solution. Il était inutile de prévoir plus de cinq coups en avance : ce qui distinguait un excellent joueur d’échecs d’un bon joueur d’échecs n’était pas tant l’étendue dans le temps de sa capacité prévisionnelle mais son répertoire de coup, sa capacité à identifier les bonnes situations et les bons espaces. Cinq secondes plus tard, avec un soupir, Ilya coucha son roi et la salle se répandit en applaudissement poli pour féliciter le nouveau Grand Maître.

Il n’y avait pas eu de réception très formelle. Le tournoi n’était pas un championnat du monde et devenir Grand Maître à vingt-et-un ans n’avait plus rien d’exceptionnel : les génies précoces des échecs étaient en pleine adolescence. Mais Chase se souciait pas presque dix ans de plus que le plus jeune joueur à être jamais devenu Grand Maître : il se sentait simplement empli de la satisfaction du chemin parcouru. Tesla, à n’en pas douter, serait fier de lui.

Accessoirement, « Grand Maître », c’était classe, comme titre. Avec ça, quand il rencontrerait un Japonais mignon (et anglophone) dans un bar, il pourrait lui dire : « je suis Grand Maître International d’échecs ». Pour lui, c’était beaucoup plus séduisant que de dire : « je suis Chase Neutron-Grey », même si ses interlocuteurs avaient beaucoup plus de chance de savoir exactement qui ils étaient de savoir ce que représentait la Grande Maîtrise. La célébrité acquise aux échecs était bien plus savoureuse.

Après avoir serré quelques mains, accepté quelques félicitations et refusé quelques coupes de champagne, le tout nouveau gagnant du Tournoi Transpacifique d’Échecs, une fois son bref discours donné et ses gains reversés à un centre culturel tokyoïte, s’éclipsa de la salle principale où les participants de l’événement continuaient à discuter, éparpillés sur les chaises qui avaient servi à observer la très longue et très complexe finale.

Chase était arrivé au Japon depuis une bonne semaine, mais il n’en avait guère découvert les lieux remarquables. C’était son premier voyage au pays du soleil levant pourtant, mais le tournoi l’avait accaparé le plupart du temps et, les soirs, quand il avait été libre, il lui avait fallu régler à distance quelques problèmes informatiques du laboratoire, même si Tesla avait insisté pour s’en charger et le laisser se reposer.

Le jeune homme desserra sa cravate en marchant à grands pas dans les rues de la capitale japonaise. L’adrénaline de la partie n’était pas encore retombée et il ne ressentait toujours pas la fatigue de ces derniers jours. Ce soir-là, il avait envie de découvrir la ville. Il ne comprenait absolument rien aux idéogrammes qui en donnaient les directions, mais il avait un plan en anglais. Pour lui, le Japon offrait une situation inédite : sa télépathie ne lui livrait plus que les émotions, les intentions, les sensations de ceux qui l’entouraient, sans aucun mot. Un entraînement imprévu mais qui s’était révélé, au jour le jour, des plus intéressants.

Son passage dans la rue ne manquait pas d’attirer l’attention : avec ses cheveux blonds, il arrêtait les regards et, comme il était de plus en plus fréquent désormais, ces regards reconnaissaient parfois le visage médiatique qu’ils apercevaient. C’était en arrivant au Japon que Chase avait compris que sa célébrité ne se cantonnait plus à Star City, ni même aux États-Unis. Rares étaient les Japonais qui le reconnaissaient vraiment, mais beaucoup d’entre eux avaient pour lui la sensation d’une vague familiarité, comme d’une célébrité de second rang sur laquelle on ne savait rien, sinon qu’elle était célèbre.

Chase jeta un coup d’œil à sa montre. Il avait songé retourné à son propre hôtel, un luxueux Marriot sur l’une des places centrales, mais l’envie de faire un détour par la chambre de Takehiko le prit. Takehiko (dont il avait eu du mal à retenir le prénom) était un jeune étudiant en sociologie en voyage à Tokyo pour profiter des bibliothèques de la ville et qu’il avait rencontré dans un bar, le soir de son arrivée, lorsque la perspective du tournoi l’avait rendu trop nerveux pour trouver le sommeil. Les deux jeunes gens avaient sympathisé — chastement (pour une fois). Takehiko avait promis à Chase de lui faire visiter la ville.

L’Américain pénétra donc dans l’hôtel, bien plus modeste que le sien, où résidait son nouvel ami, adressa un signe de tête au réceptionniste et se dirigea droit vers l’ascenseur, dans l’espoir d’éviter les questions en japonais qui ne manqueraient pas d’arriver s’il avait l’air perdu dans le hall. Avec son air décidé, il ne prêta pas attention à la jeune femme certes pas Japonaise qui lui emboîta le pas dans la cabine, appuya sur l’étage où il se rendait et la laissa faire de même.

La cabine s’éleva doucement, puis un peu plus rapidement, avant de couiner, de s’immobiliser, de se plonger dans les ténèbres et de secouer ses occupants par son arrêt brutal. Chase ne manqua pas de se cogner la tête contre les portes, pas trop violemment, fort heureusement.

— …bordel…

De toute évidence, il n’y avait plus de courant. Machinalement, le mutant effleura télépathiquement l’esprit de la jeune femme, pour s’assurer qu’elle n’avait pas été trop malmenée par leur mésaventure et, à tout hasard, il appuya plusieurs fois sur les boutons du panneau de contrôle.

— Rien à faire.

Il s’était exprimé en anglais, à défaut de savoir s’il partageait une langue commune avec sa voisine. Il fouilla dans ses poches à la recherche de son téléphone et bientôt la lumière électrique de l’appareil diffusa un pâle halo dans la petite cabine. Chase jeta un coup d’œil à la femme qu’il distinguait plus ou moins dans la pénombre.

— Rien de cassé ? Vous me comprenez ?

Questions rituelles dont, pour la première fois, il connaissait déjà la réponse — mais il préférait la poser que de passer pour un rustre insensible. Il tourna la lumière vers le panneau de contrôle, à la recherche du bouton d’appel, qui devait encore fonctionner. Il le pressa. Et constata qu’il ne se passait strictement rien. Pour lui-même plus que pour celle qui l’accompagnait dans cette infortune, il murmura d’un ton perplexe :

— C’est bizarre, il devrait y avoir un générateur de secours pour ce genre de choses.

La probabilité que le courant fût coupé et que le générateur auxiliaire ne fonctionnât pas était tout de même infime, surtout sur une île comme Honshû, où les tremblements de terre étaient si fréquents et, par conséquent, les normes architecturales si rigoureuses. Instinctivement, Chase soupçonna une entourloupe, mais il mit cette suspicion sur le compte d’une habitude trop profondément ancrée d’agent de l’UNISON, qui voyait les complots et les crimes là où il n’y avait sans doute qu’un malheureux hasard technologique.

Il leva donc la lumière vers le plafond de l’ascenseur.

— Je me demande à quel étage on est.

Comme tout le monde, il avait vu des films où des héros coincés dans un ascenseur s’en échappait par la trappe dissimulée dans le plafond, mais à vrai dire, il n’avait jamais tenté lui-même une pareille escapade. Il supposait bien qu’une pareille trappe existait, parce qu’il fallait toujours pouvoir réparer des choses là-haut, mais escalader les câbles, s’ils étaient loin de l’étage suivant, ne serait pas une tâche aisée.

Et c’était probablement interdit par les règles de sécurité. Le plus sage restait encore d’attendre, sans doute.


Dernière édition par Chase Neutron-Grey le Sam 21 Sep - 21:03, édité 1 fois
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Sam 21 Sep - 19:57 Message | (#)



    La culture japonaise avait pour une fervente pratiquante de l'Aïkido des bienfaits infinis. Non seulement, l'art martial venait tout droit de ce pays mais en plus, il existait au Japon une atmosphère et une infrastructure parfaite pour pratiquer cet art. La première fois où Evey Sharpley avait mis les pieds dans le pays du Soleil Levant, c'était d'ailleurs pour un stage intensif d'Aïkido. Son père l'avait toujours poussé à donner le meilleur d'elle-même et même après la mort de celui-ci, donner tout ce qu'elle avait dans la pratique de l’Aïkido était pour Evey une nécessité, qu'elle faisait en sorte de ne jamais négliger. En effet, dès que la jeune femme commençait à renoncer à l'Aïkido, même temporairement, elle était amenée à avoir des sautes d'humeur qu'elle ne s'expliquait pas. C'était extrêmement problématique et aussi assez incompréhensible, pour elle, mais cela avait été ainsi. L'art martial canalisait tout cela et lui donnait la sérénité de remplir correctement son travail pour SHADOW. Car c'était tout ce qui comptait. Chaque seconde d'entraînement avait pour but de servir au mieux l'organisation. Elle avait parfois l'impression d'avoir été éduquée par son père dans cette seule et unique voie.

    Arrivée deux jours plus tôt en Asie, la jeune femme avait suivi depuis un programme très intensif, consacrant tout son temps à son art. Elle était venue dans ce seul objectif et il n'était pas question que cela ne fonctionne pas. Les meilleurs maîtres de la discipline étaient réunis dans cet endroit et en conséquence, Evey savait qu'elle devrait travailler dur. Du matin très tôt jusqu'en fin d'après-midi, elle ne laissait que peu de répit à son corps, lui demandant encore et encore, de continuer à s'améliorer. C'était très court : elle ne resterait que quatre jours au Japon, avant de repartir donner ses propres cours à Star City, là où elle vivait, tout près de la base de Mannheim.
    Après avoir passé la journée au Dojo, jusqu'à une heure tout de même assez avancé, Evey se décida enfin à rentrer dans l'hôtel où elle avait loué une chambre. C'était un endroit tout à fait classique, sans grande classe, certains endroits pouvaient même sembler un peu miteux, mais cela était totalement égal à la jeune blonde, qui n'avait qu'une seule et unique idée en tête, qui n'avait rien à voir avec le tourisme. Son sac de sport au bras, elle rentra donc dans le hall et s'engouffra avec un jeune homme dans l'ascenseur. De type européen, il attirait le regard parmi tous les asiatiques, comme le faisait la jeune femme. Mais Evey s'en moquait complètement. L'apparence était généralement le cadet de ses soucis. Ce jour-là, comme souvent, elle portait d'ailleurs un jean très simple accompagné d'un débardeur bleu azur ainsi qu'une paire de converses qui en avait vu d'autres.

    Mais alors que Evey s'attendait simplement à ce que la cabine la ramène gentiment à sa chambre, elle comprit soudainement que cela n'allait pas arriver si facilement. Une violente secousse la projeta de l'autre côté de la cabine et Evey ne dut qu'à son entraînement de ne pas tomber lamentablement. Un cri aigu lui avait échappé au moment de la secousse. Il n'y avait plus de lumières et la jeune femme commençait à se demander ce qui se passait. La voix de son compagnon d'infortune résonna alors dans l'habitacle. Pour le moment, la jeune femme ne savait pas vraiment si c'était une bonne chose d'être accompagnée, plutôt que seule, dans cette situation.

    Machinalement, la jeune femme répondit aux questions de son interlocuteur, qu'elle apercevait seulement grâce à la lumière de son téléphone. «- Oui, je parle anglais … et oui ça va ! ». Ou du moins, elle avait l'impression que ça allait à peu près. Elle fit jouer ses muscles, et ressentit une petite douleur à l'épaule, au toucher. Elle aurait sans doute un gros bleu, mais rien de plus. C'était un coup de chance d'être tombé sur un américain -du moins, elle le pensait vu son accent- plutôt qu'un japonais, dont elle ne connaissait pas la langue ou alors, seulement de vagues prémisses.
    Effectivement, comme le disait si bien son compagnon, c'était bizarre. Et étrange. Et vraiment mal tombé. Evey tombait de fatigue et n'attendait que son lit. Un instant, elle se réjouit toutefois quand même d'avoir pris sa douche au Dojo ce qui éviterait une cohabitation difficile …

    Cohabitation ? Mais il était hors de question que cela dure. Sur elle, Evey avait ses indispensables objets d'Aïkido. Un sabre et un couteau, ainsi qu'une bouteille d'eau à moitié pleine. Insuffisant, très certainement … Instinctivement, la jeune femme serra son sac contre elle de manière à être proche du couteau en cas de besoin. Après tout, elle ne connaissait pas cet homme. Et quelqu'un qui appartenait à SHADOW était toujours sur ses gardes. Même au Japon. Surtout, peut-être même, dans un pays étranger. « -Il y a normalement toujours une lumière de secours qui s'allume... ». Mais Evey avait beau tourner le regard vers la lampe censée s'allumer, ils restaient plongés dans la pénombre.

    Trop occupée à s'inquiéter de son sort, la jeune femme n'avait pas entendu tout de suite le brouhaha qui semblait se jouer dans l'hôtel. Effectivement, de la cage d'ascenseur, ils entendaient des bruits de conversation mais aussi quelques cris … Comme si soudainement, l'hôtel entier était animé alors que tout était calme un instant plus tôt. « - Ce bruit, là, ce n'est pas normal. Il se passe quelque chose! ». Sans le faire exprès, Evey avait chuchoté. Instinctivement, elle pensait qu'ils devaient être le plus discret possible, même si c'était un peu stupide de craindre d'être repéré dans un ascenseur. Et en dehors d'une mission. « -Au fait, vous n'avez rien ? ». Evey venait de se rendre compte qu'elle n'avait pas posé la question à son tour, comme la plus commune des politesses l'exigeait. Nerveusement, elle leva les bras, essayant de toucher le plafond, cherchant une quelconque trappe ou un mécanisme qui leur serait utile, mais à tâtons dans le noir, cela ne lui facilitait pas la tâche. « -Pour l'étage, je dirais quatrième ou cinquième, peut-être même entre les deux ... on n'est pas monté bien haut ... ». Malheureusement, pas assez haut toutefois pour qu'elle soit dans sa chambre.

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Sam 21 Sep - 21:00 Message | (#)

— On est d’accord.

Chase n’était pas certain qu’il dût être rassuré que sa camarade d’aventure partageât ses suspicions. Après tout, apprendre que l’on n’était pas (encore) complètement paranoïaque grâce à situation de crise, ce n’était qu’une médiocre consolation. Et crise il y avait : Chase tendit l’oreille alors que des cris étouffés leur parvenaient depuis les étages supérieurs. Même si le Japonais qui les lançait avait été en face de lui, il ne les eût pas compris, alors à travers toutes les cloisons, c’était peine perdue.

Mais après, peut-être cela relevait-il de la panique habituelle à laquelle cédaient certaines personnes lors des pannes de courant ? Il avait lu dans les journaux des cas tout à fait incroyables. De nouveau, le Grand Maître (décidément, c’était la classe !) tenta de se raisonner et décida de répondre civilement aux questions de sa compatriote, à en juger par l’accent.

— Ça va. À part la bosse, je veux dire, mais sinon, ça va.

Et afin de n’en être pas réduit à penser à elle comme « la compatriote », il glissa :

— Je m’appelle Chase.

Il évitait de donner son nom de famille, peu désireux d’être reconnu — même si l’association de son prénom et de son visage devait suffire à la plupart des habitants de Star City pour l’identifier sans grande difficulté. Mais avec un peu de chance, « la compatriote » venait d’une commune reculée de l’Arkansas où personne n’avait entendu parler des multiples exploits de la fratrie Neutron-Grey. Si toutefois une semblable commune existait encore.

Il leva de nouveau les yeux vers le plafond, éclairant les recherches d’Evey avec son téléphone, avant de déclarer :

— Attendez, je vais lancer la lampe torche et poser ça pour vous faire la courte échelle.

Il activa l’application appropriée, déposa le téléphone sur le sol et joignit ses mains pour pouvoir soulever sa partenaire de mésaventures. Il espérait simplement que l’ascenseur ne se remettrait pas brusquement en marche pendant l’opération, sans quoi ils se retrouveraient tous les deux avec de nouvelles contusions. Il souleva sans trop de difficulté la jeune femme, qui dans la cabine exiguë pouvait encore aisément prendre appui ailleurs pour contribuer à se soutenir.

— Alors, vous voyez quelque chose ?

Il s’adressait au panneau de contrôle de l’ascenseur, parce qu’il avait galantement détourné le regard, pour ne pas se trouver à observer le postérieur sportif de l’acrobate improvisée, même si le dit postérieur sportif était trop féminin pour l’intéresser. Savait-on jamais : il ne voulait surtout pas donner l’impression de profiter de la promiscuité et de l’obscurité pour se permettre des libertés indignes du jeune homme bien éduqué qu’il était.

Pendant qu’Evey farfouillait dans le plafonnier de l’ascenseur en quête de la trappe qui (peut-être) allait les libérer de leur terrible sort, Chase laissait son esprit envelopper leur environnement immédiat. Il avait beau tenter de se dire que le remue-ménage qu’ils avaient entendu, quelques minutes plus tôt, n’avait rien d’importance, il ne pouvait s’empêcher de vérifier en sondant les dispositions des différents occupants de l’hôtel.

La tension de l’esprit d’Evey ne le surprit pas outre mesure et il ne s’y arrêta guère. Aux autres étages, il ne trouva d’abord rien d’anormal : des gens contrariés de ne pas pouvoir profiter de leur nuit d’hôtel, des gens impatients, des gens qui avaient peur de tomber dans les escaliers en les descendant à la lueur de leur téléphone, des employés désespérés à l’idée que l’image de leur établissement serait écornée.

Mais là, à l’étage juste au-dessus d’eux, il y avait autre chose. Deux hommes — ou deux femmes, difficile à dire en restant aussi superficiel — et un troisième individu, qui semblaient guetter quelque chose avec une anxiété bien plus grande que les autres clients et trois autres personnes qui, elles, semblaient chercher quelque chose. Mais pas les marches d’escaliers. Sans pouvoir lire les pensées, tout cela restait bien trop schématique au goût de Chase.

En tout cas était-il sur ses gardes et ce fut sans doute ce qui lui permit, quand le premier coup de feu retentit, de ne pas lâcher Evey comme un sac de patates trop lourd. Il ne put empêcher ses muscles de se crisper cependant, et le coup de feu fut bientôt suivi par d’autres, puis des bruits de pas précipités et les cris de quelques clients angoissés. Stoïquement, Chase commenta :

— Voilà qui explique pourquoi le générateur de secours a été coupé.

C’était comme si, pour lui, cette soudaine fusillade n’avait rien d’extraordinaire et, d’une certaine façon, c’était le cas : il travaillait à l’UNISON depuis assez longtemps à présent pour pouvoir garder son sang-froid dans ce genre de situations, particulièrement quand sa méfiance avait déjà été éveillée par quelques signes. Ce qui certes devait lui donner l’air un peu suspect et pour éviter qu’Evy ne s’imaginât qu’il était un dangereux psychopathe que la violence laissait complètement froid, il l’aida à redescendre de son perchoir, le temps d’analyser la situation, et de déclarer :

— Ne vous inquiétez pas, je suis agent de l’UNISON. Vous ne risquez rien.

Évidemment, comme ça, il avait surtout l’air d’un très jeune adulte à la cravate défaite qu’à un professionnel du danger rassurant. Et il ne savait pas que sa compatriote prenait toujours l’ascenseur armée jusqu’aux dents. Mais enfin, il ne pouvait pas avoir l’air brusquement plus viril pour paraître plus protecteur et il ne disséquait pas systématiquement le cerveau de ceux qu’il rencontrait.

— Alors, vous croyez que je peux escaler les câbles pour aller jusqu’à l’étage supérieur ?

Parce que : 1) il comptait bien jeter un coup d’œil pour voir ce qui se tramait là-haut et apporter éventuellement son aide à qui de droit et 2) il ne songeait pas qu’Evey pût vouloir l’accompagner plutôt que de rester bien en sécurité dans la cabine d’ascenseur.
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Lun 23 Sep - 16:45 Message | (#)



    La situation était inédite, mais pas seulement. Elle était aussi extrêmement dérangeante pour Evey Shapley, qui se sentait prise au piège, sans pouvoir trouver une explication plausible. Que se passait-il ce jour-là dans cet hôtel japonais ? L'incompréhension l'habitait. Visiblement, ils s'en sortaient l'un comme l'autre sans trop de dégâts pour le moment. De toute façon, ils n'avaient pas vraiment le choix. Si l'un avait été blessé, il aurait fallu attendre de trouver une solution pour se sortir de là avant de le soigner. Rassurée, toutefois, la jeune femme accueillit la réponse du jeune homme avec une apparente neutralité.

    Lorsqu'il se présenta, toutefois, la situation changea du tout au tout pour Evey. Hors de question de donner son vrai prénom. Simple mesure de sécurité qu'elle employait la plupart du temps. En esquissant un sourire qui se voulait détendu, la jeune femme n'hésita donc pas à répondre. «-Anna ! ». Et voilà les présentations étaient faites et la jeune femme s'arrêterait volontiers là sur les questions personnelles. Fort heureusement, son interlocuteur -Chase donc- n'avait pas l'air de vouloir connaître son background. Qui plus est, la situation ne s'y prêtait pas.

    Voyant qu'elle avait visiblement du mal à accéder au toit de la cabine, Chase lui proposa de faire la courte échelle. De bonne grâce, la blonde accepta, ce qui lui permit de tâtonner de manière beaucoup plus simple et de dénicher une trappe. Visiblement, celle-ci s'ouvrait … A l'aide de tournevis. Evey se maudit de ne pas se balader avec une boîte à outils en permanence, mais grâce au ciel, elle possédait son couteau de Aïkido qui servirait utilement leurs affaires. Elle allait de fait, en parler à Chase quand des coups de feu retentirent. Loin de s'y attendre, la jeune femme releva subitement la tête, allant se cogner contre la trappe. Un « Aïe ! » étouffé lui échappa.

    Les cris et les bruits de course se propageaient dans leurs oreilles et Evey comprit bien vite qu'ils étaient loin de vivre une situation banale de panne d'ascenseur. Malheureusement … Comme si elle n'était pas assez souvent en danger, il fallait maintenant que ce genre d'événements la poursuive au Japon. Néanmoins, si elle était agacée, Evey n'était nullement fébrile. Elle avait pour habitude de toujours se sortir des situations difficiles, celle-ci n'échapperait pas à la règle.

    Descendant de son perchoir, elle allait expliquer à Chase ce qu'il en était pour la trappe, mais celui-ci eut alors la bonne idée de lui dire qu'il était agent à l'UNISON. Quelle blague. Une agent de Shadow avec un agent de l'UNISON ? C'était tout simplement à mourir de rire et Evey esquissa un léger sourire, que la pénombre devait néanmoins couvrir. Evey ne savait pas feindre l'admiration et elle décida donc de ne pas relever ce détail à haute voix. En effet, son dédain aurait été perceptible. Une seconde, elle se demanda si il était crédible qu'une simple pratiquante de Aïkido puisse vouloir participer à cette opération... Mais l'instant d'après, Evey envoya au diable tout cela.
    « -Il y a bien une trappe, à dévisser avec un tournevis, toutefois, j'ai un couteau dans mon sac, qui devrait faire l'affaire. » Allant le prendre dans ses affaires, la jeune femme décida d'expliciter la raison de ce couteau … C'était toujours mieux que de laisser croire certaines choses à Chase. Rester discrète. « -Je pratique l'Aîkido, d'où ma présence ici et ce couteau, arme classique de cet art martial. Si les maîtres me voyaient l'utiliser ainsi ... ». Elle ne termina pas cette phrase, revenant à des préoccupations plus classiques. « -Vous me refaites la courte échelle ? Une fois cette fichue plaque enlevée, on y verra plus clair. Même si je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée, on n'a pas d'autres choix ! ».

    Maintenant, soit Chase accepter … Et elle faisait ce qu'il y avait à faire, soit il refusait. Mais en toute franchise, la jeune femme espérait qu'il ne poserait pas de stupides questions. Chaque chose en son temps.

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Lun 23 Sep - 17:58 Message | (#)

Beaucoup plus préoccupé par ce qui pouvait bien se tramer un étage plus haut que par l’identité d’Evey, le mentaliste ne sentit pas l’inflexion cérébrale qui lui eût inévitablement indiqué le mensonge de la jeune femme en d’autres circonstances, lorsque celle-ci lui annonça son prénom. L’eût-il repéré qu’il n’en eût pas nécessairement fait de réflexions : les raisons ne manquaient pas pour cacher son identité à un inconnu que l’on venait de rencontrer dans un ascenseur au milieu d’un pays étranger. La prudence, par exemple.

Il ne posa pas plus de question sur l’étrange attirail qu’Anna transportait avec elle, se satisfaisant pour l’heure de l’explication martiale. Elle était probablement en voyage de formation, parce que c’était japonais, l’aïkido, n’est-ce pas ? En vérité, Chase n’en savait trop rien : Jack l’avait initié à un mélange d’arts martiaux beaucoup plus hétéroclites que strictement traditionnels, de même à l’UNISON — et il n’en avait guère l’usage que pour garder le contrôle sur son pouvoir. Alors les détails de l’histoire, de la géographie ou de l’équipement de telle ou telle discipline lui échappaient quelque peu.

Docilement, donc, il refit la courte-échelle à Anna, dont la débrouillardise et le sang-froid lui parurent tout à fait normaux : après tout, si elle avait traversé le Pacifique pour se parfaire dans un art martial, elle n’était pas exactement la jeune femme du coin de la rue. Après que sa compatriote se fut escrimée un moment sur la trappe, Chase put entendre le grincement métallique d’une plaque qu’on basculait.

— Je vous aide à monter là-haut et je vous rejoins.

Il était évident qui ne l’un ni l’autre n’avaient l’intention de rester sagement les bras croisés dans la cabine de l’ascenseur et Chase lui-même eût détesté être laissé d’ailleurs. Puisque Anna était une combattante, il ne voyait pas de raison de la traiter comme une demoiselle en détresse. Il hissa la jeune femme un peu plus haut pour qu’elle pût se faufiler par l’ouverture de la trappe, se baissa et lui tendit son téléphone, dont la batterie continuait à se vider à cause de la lampe torche.

— Tenez, pour y voir clair. Il devrait nous rester encore cinq ou six minutes de batterie. Vous voulez votre sac ? Vous avez peut-être d’autres, euh…

Comment devait-on dire ? Armes, accessoires, équipements ? Il y avait peut-être un terme précis, propre à l’aïkido, quelque chose de rituel. En désespoir de cause, Chase poursuivit :

— …objets. Utiles.

Parce que lui, à part son portefeuille, la carte magnétique de son hôtel et le fameux téléphone, il voyait plutôt léger. Après avoir passé ou non à Anna le fameux sac aux merveilles, Chase retira son lourd manteau pour se trouver plus à l’aise, ainsi que la veste de son costume, en maudissant les habitudes vestimentaires des grands tournois, qui lui avaient imposé un accoutrement fort peu pratique pour l’escalade.

Il prit appui du pied sur la petite rambarde, à mi-hauteur de l’ascenseur, devant le miroir, pour saisir le rebord de l’ouverture laissée par la trappe et se hisser à son tour. Quand Anna lui tendit la main pour l’aider dans son ascension, il ne se fit pas prier pour la saisir : il était de toute évidence en bien meilleure forme physique que son air de jeune homme perdu dans le vaste monde hostile ne le suggérait, mais il ne voyait pas la nécessité de prouver sa virilité en faisant des efforts superflus.

Une fois sur le toit de l’ascenseur, il longea du regard les câbles qui se perdaient dans l’obscurité du conduit, jusqu’au dixième et dernier étage de l’immeuble. De temps en temps, une raie de lumière indiquait la présence des portes d’un étage, espacées régulièrement. La prochaine n’était pas très loin et le conduit pas très large.

— Ça devrait être possible de monter.

Il ne prit pas la peine de demander à Anna son avis : elle était de toute évidence beaucoup plus athlétique que lui et ce qu’il était capable de faire serait à plus forte raison de son ressort. Chase déboutonna les manches de sa chemise pour les remonter et il allait s’emparer de l’un des câbles, en se disant que finalement les exercices de corde d’oncle Jack allaient porter leurs fruits, quand un nouveau coup de feu retentit, bien plus audible maintenant qu’ils l’entendaient raisonner dans le conduit.

Ils purent même entendre quelques cris, plus distinctement cette fois-ci. Chase reporta son regard sur Anna.

— Si vous parlez japonais, n’hésitez pas à traduire. Moi, en dehors des directions et des chiffres…

Cela dit, si elle n’avait que le vocabulaire spécialisé des arts martiaux, à eux d’eux, ils n’iraient pas très loin. Mais enfin, l’heure n’était plus tergiversation : Chase s’empara du câble, noua ses jambes autour et commença la pénible ascension. L’huile graisseuse qui enduisait évidemment le filin ne rendait la tâche ni aisée, ni très propre, mais c’était le cadet de ses soucis. Parce qu’une fois arrivés au niveau de la porte, il allait bien falloir l’ouvrir.

Quelques minutes plus tard, Chase était parvenu à la bonne hauteur et, précautionneusement, il abandonna lentement le câble pour prendre appui sur la très mince corniche qui, au niveau des portes, faisait tout le tour du conduit. L’espace n’était pas considérable, mais on pouvait s’agripper au boitier de commande — inutilisable évidemment, sans électricité — pour se maintenir en équilibre. Une situation un peu précaire, mais Chase préférait ne pas penser à la chute qui le ramènerait sur le toit de l’ascenseur.

Accroché d’une main au boitier, il tendit l’autre vers l’espace entre les deux parties de la porte.

— Trop serré pour passer les doigts. Il faudrait commencer par faire levier. Avec votre couteau, peut-être…

Pas sûr cependant que l’instrument résistât ensuite à l’opération.
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Mer 25 Sep - 11:14 Message | (#)



    Evey -ou plutôt Anna- réussit assez facilement à ouvrir la trappe. De fait, son couteau était une arme qu'elle savait tout à fait manipuler et ce n'était donc pas du tout un problème : elle était habile avec cet outil dans les mains. Néanmoins, il fallait quelques secondes quand même, pour enlever la multiplicité de vis qui empêchaient la trappe de s'ouvrir. Enfin, Evey put pousser la trappe vers le haut et voir ce qui était au-dessus d'elle. Évidemment, comme elle s'y attendait, une foultitude de câbles. Ils étaient assez loin de l'étage du dessus, en fait, d'après ce qu'elle arrivait à voir avec la faible lumière qui émergeait. Néanmoins, peu à peu, son regard se faisait à l'obscurité.
    Aidée par Chase, la jeune femme réussit à passer au-dessus de la cabine. La jeune femme respira un bon coup, une fois installée au-dessus. C'était forcément dangereux. Mais ce n'était pas tant ça qui l'inquiétait, mais plutôt de passer du temps avec le jeune homme de l'UNISON. C'était tout sauf confortable pour la jeune femme. Néanmoins, la demoiselle accepta de bonne grâce le téléphone qui faisait torche -vive les smartphones. La question de Chase l'étonna, mais finalement, elle la trouva plutôt utile. « -Oui, il y a un sabre dedans. » Le fait qu'il ne soit pas en bois pourrait étonner Chase, mais ce n'était pas le moment de s'en inquiéter : Evey pensait surtout à sauver sa vie, le reste viendrait plus tard. Le jeune homme lui tendit donc son sac et la jeune femme le fit coulisser dans son dos. Très bien, elle ne serait pas gênée ainsi.

    Se tournant ensuite vers le jeune homme, Evey crut nécessaire de l'aider à monter. Il n'avait pas vraiment l'air d'un sportif prêt à tout. Au moins avait-elle cet avantage sur lui. Il accepta visiblement sans difficulté son aide, et la jeune femme s'en réjouit. Ce n'était pas le moment de discuter ou de faire preuve de fierté. Il fit le même constat qu'elle sur la possibilité de grimper via les câbles et la jeune femme hocha simplement la tête. Elle n'avait rien à ajouter. Tandis qu'il observait, elle tenait le téléphone afin qu'il y avait de la lumière, du moins, autant que possible.
    « -Je ne parle pas malheureusement qu'un japonais très basique … Mais si jamais je comprends quelque chose, vous en serez informé, pas d'inquiétudes ! ». L'heure n'était pas à la discussion et la jeune femme aurait voulu avancer plutôt que de discuter de ce genre de choses. Elle appréciait l'action plutôt que la discussion et maintenant qu'ils étaient au dessus de l'ascenseur, il fallait évidemment qu'ils se lancent.

    Chase finit par se décider. Evey attendit qu'il soit un peu plus haut avant de se lancer à son tour. C'était un exercice difficile. Ses mains souffraient évidemment du contact avec les filins, son corps avait des difficultés à se mouvoir. Mais cependant, elle continuait, stoïque. Cela dura plusieurs minutes. Bientôt, le jeune homme prit appui sur la corniche et la jeune femme finit par y prendre place à son tour.

    « -Le sabre sera plus efficace. Prenez le dans mon sac. » Précautionneusement, la jeune femme tourna le dos à Chase, lui permettant ainsi d'avoir accès à la fermeture et au sabre. «Attention, c'est très coupant ! ». Elle avait jugé utile de le prévenir. Heureusement, il ne connaissait sans doute pas l'Aïkido et ne serait certainement pas au courant qu'habituellement, les armes étaient en bois. Une fois qu'il l'eut sorti, la jeune femme prit une grande inspiration et introduit l'arme dans la faille. Il y avait une réelle résistance. Evey lutta pendant une bonne minute, avant de retirer le sabre quelques secondes. « -Je n'ai pas tout à fait assez de forces, après être monté. Laissez-moi une minute pour me remettre ». Elle ne se demanda même pas si Chase voudrait essayer. C'était pour elle évident qu'elle devait le faire.

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Mer 25 Sep - 11:40 Message | (#)

Un couteau, un sabre ? Est-ce qu’elle avait aussi des shuriken, dans son sac ? Est-ce qu’on utilisait seulement des shurikens, à l’aïkido ? Anna aurait pu lui dire qu’elle transportait un faux que Chase ne s’en serait pas plus étonné que cela : la seule connaissance vraiment visuelle qu’il avait des arts martiaux armés, loin du combat à mains nues auquel il était vaguement initié, c’était dans les jeux vidéos, et dans les jeux vidéos, les personnages avaient toujours des armes plus exotiques les unes que les autres. Alors un sabre, pourquoi pas : c’était loin de lui paraître étrange.

Arrivés tous deux sur la corniche, il se pencha autant que possible pour ouvrir la fermeture du sac d’Anna et en retirer l’arme précautionneusement. En d’autres occasions, il eût sans doute été ravi de pouvoir tenir un sabre, un vrai, dans les mains — son côté geek, sans aucun doute. Mais l’heure n’était pas à s’extasier sur le pittoresque de l’aventure et il tendit l’arme à son acolyte. Elle savait de toute évidence beaucoup mieux s’en servir que lui, aussi ne proposa-t-il pas son aide — il détestait lui-même qu’on lui donnât des conseils aux échecs, alors il savait rester à sa place quand la situation l’imposait.

Le jeune homme hocha la tête quand sa camarade d’aventures proposa de se reposer un instant et, en attendant, il prêta attention à ce qui les environnaient. Les quelques consciences agitées qu’il avait repérées plusieurs minutes plus tôt étaient toujours là, mais manifestement, la première fusillade s’était arrêtée dans une guerre de tranchées. Chase essaya de pousser plus avant son investigation, mais comme la première fois, il n’eut le droit qu’à d’incompréhensibles réflexions en japonais et qu’à des intentions qui relevaient de l’évidence : il y en avait qui voulaient avancer d’autres qui voulaient s’enfuir.

La situation lui déplaisait sans l’inquiéter. Il n’avait pas besoin de comprendre ce qui se tramait dans un esprit étranger pour lui imposer un choc mental qui le neutraliserait, mais il préférait en général agir plus subtilement et, par conséquent, comprendre un peu mieux la situation. Tant pis. Anna reprit ses affaires et, quand les portes commencèrent à se séparer un peu, Chase glissa ses doigts par l’ouverture pour en tirer un battant vers lui, puis un pied pour les empêcher de se refermer et, après avoir peiné pendant un moment encore, les deux Américains parvinrent à se rouler sur la moquette de l’étage, tandis que derrière eux les portes se refermaient lentement.

Chase reprit son souffle et considéra un moment leur situation : l’ascenseur était dans un coin du couloir qui, un mètre plus loin, faisait un coude. L’essentiel du couloir s’étendait au-delà, avec une dizaine de portes probablement de chaque côté, si cet étage ressemblait à celui où son ami avait sa chambre. Au fond, il y avait sans doute des locaux de service. Il s’approcha d’Anna et murmura :

— Alors, de ce que j’en sais…

Commença-t-il sans préciser exactement la nature ni l’origine de ce savoir étrange.

— … à quelques mètres, trois, dans une chambre, il y a trois… personnes… qui tentent d’avancer jusqu’à une chambre au fond, où il y a trois autres personnes. Le premier groupe est animé d’intentions belliqueuses, et dans le second, deux personnes ont l’air d’en défendre une troisième qui a peur.

Somme toute, la situation n’était pas entièrement obscure : de toute évidence, tout le monde cherchait à capturer ou conserver la personne effrayée de la chambre du fond. Quant à savoir qui étaient les gentils et qui étaient les méchants, si toutefois il y avait des gentils ou des méchants, c’était une toute autre histoire, sans pouvoir lire littéralement les pensées des assaillants ou de ceux qui se défendaient.

Chase perdit un instant son regard dans le vide et sonda les chambres voisines.

— En tout, à l’étage, il y a… Sept autres personnes.

C’était l’heure du repas, fort heureusement : la plupart des clients de l’hôtel étaient absents. Peut-être précisément la raison qui avait poussé les intrus à choisir ce moment.

— S’ils ont coupé le courant et le générateur auxiliaire, on peut supposer qu’ils ont des hommes ailleurs dans l’immeuble.

Chase désigna du doigt la porte de la cage d’escalier, à côté de l’ascenseur.

— On pourrait toujours descendre par là, mais on trouverait sans doute de la résistance sur notre chemin. Et puis…

Il reporta son regard sur le coude du couloir. En bon agent de l’UNISON, il ne comptait pas vraiment s’enfuir avant d’avoir une idée un peu plus précise de la situation — d’autant plus qu’une vie, si ce n’était plusieurs, se trouvait en jeu. Il finit par secouer la tête.

— Le plus sage serait tout de même de capturer le chef à cet étage-ci. On pourrait savoir en l’interrogeant la situation des autres intrus dans le bâtiment.

Il ne comptait évidemment pas l’interroger mais sonder sa mémoire visuelle, mais, pour l’heure, il ne lui paraissait pas utile de rentrer dans les détails un peu abstraits de ses pouvoirs. Il se retourna vers Anna et posa ostensiblement un regard sur le sabre de la jeune femme.

— Votre sabre, là… Vous savez vous en servir en théorie, ou bien, dans une situation comme celle-là, vous pourriez vous en sortir ?

Il savait très bien qu’entre pratiquer les arts martiaux dans une salle de sport et les utiliser sur le terrain, il y avait une marge, alors il préférait ne pas tirer de conclusions hâtives sur les compétences de son acolyte. Il s’empressa encore d’ajouter :

— Sachant qu’il vaudrait mieux éviter de décapiter des gens.

Difficile de dire s’il s’agissait d’une plaisanterie ou s’il était tout à fait sérieux.
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Jeu 26 Sep - 10:35 Message | (#)



    Les situations compliquaient n'inquiétaient pas tant que cela Evey, mais le comportement d'un agent de l'UNISON, par contre, cela n'avait rien de rassurant. La jeune femme imaginait que Chase agirait avec panache, quitte à y perdre la vie et elle trouvait par avance cette attitude ridicule. Quant à elle, elle ne mettrait pas sa vie en danger, pour des inconnus qu'elle ne connaissait pas … C'était certes bien malheureux ce qui se passait ici, mais il y avait d'autres buts dans la vie de Evey que de se faire zigouiller par des japonais, pendant une semaine d'entraînement intensif.

    Les deux individus avaient finalement réussi à ouvrir la porte de l'ascenseur, au grand bonheur de Evey qui commençait à se sentir en position périlleuse, ainsi perchée. Maintenant … La prudence était de mise. La jeune femme avait récupéré sabre et couteau, qui étaient à portée de mains. Evey n'hésiterait en aucun cas à s'en servir. Elle avait encore bien des missions à accomplir pour SHADOW et ne pouvait se permettre de perdre la vie aujourd'hui. Et égoïstement, elle devait bien avouer qu'elle n'avait pas envie de connaître ce genre de fin minable, dans un hôtel de seconde classe.

    Soudainement, Chase parut avoir des informations. Suspicieuse, la jeune femme leva un sourcil, tout en notant les informations. Deux groupes de trois et enfin, sept autres personnes, c'était moins important que ce qu'on aurait pu s'attendre en voyant le bazar qui régnait à l'intérieur de l'hôtel. Néanmoins, Evey ne comptait pas suivre aveuglément Chase. « -On peut savoir d'où vous détenez des informations pareilles ? » Le guet-apens était ce que Evey Shapley appréhendait toujours. Mieux valait donc se méfier. Evey attendait donc de voir comment allait justifier ses informations, le jeune homme. Car elle n'allait certainement pas se laisser embarquer là-dedans sans qu'il en eut dit plus.

    Capturer le chef ? Cette fois, Evey lui lança un regard décontenancé. Quoi ? Il voulait qu'ils s'interposent ? La jeune femme n'avait aucun intérêt à cela... Si ce n'était la réussite personnelle. Après tout, on ne savait pas qui étaient les assaillants. Décontenancée, la jeune femme ne répondit rien tout de suite, mais quand Chase lui demanda si elle saurait utiliser son sabre convenablement, elle eut un petit rire. C'était sans doute nerveux, car la situation ne se prêtait absolument pas à la plaisanterie, mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. « -Dommage, décapiter des gens, voilà ma spécialité ! ». Savoir si elle plaisantait ou non était difficile, car si elle avait lancé cela sur le ton de la plaisanterie, la jeune femme pensait également en partie ce qu'elle venait de dire. Son sabre et son couteau avaient tout deux expérimenté ce genre de situations. Maintenant, le problème était plutôt de savoir si elle allait accepter ou pas. Regardant Chase, la jeune femme demanda finalement. « -Et vous, vous n'avez rien du tout ? Pas le moindre canif ? Pas très prévoyant pour un agent de l'UNISON dîtes moi … ».

    Evey se moquait franchement de Chase, mais elle le faisait avec un minimum de discrétion, cela aurait pu passer pour de la gentille taquinerie, histoire de se donner du courage, dans leur situation. La jeune femme trouvait cela complètement aberrant que le jeune homme n'ait absolument aucun moyen de défense sur lui et comme elle ne comptait pas lui abandonner les siens … La situation pourrait être difficile.

    Soudainement, Evey vit sortir d'une des chambres une jeune femme hurlant. Visiblement, elle était complètement hystérique et paniquée, elle s'exprimait fort évidemment en japonais. Evey comprit vite qu'il fallait agir.

    Si elle continuait à hurler ainsi, elle allait forcément rameuter du monde. Décidée à l'en empêcher, Evey se jeta sur elle, la plaquant par là-même contre le mur, une main sur la bouche. La jeune femme, évidemment, se débattait. Evey se tourna vers Chase «-Un coup de main serait le bienvenu, si elle continue à hurler à la mort, on va avoir toute l'équipe sur le dos …». Revenant vers la jeune femme, Evey lui parla dans les quelques mots qu'elle connaissait en japonais, essayant de lui faire comprendre qu'elle ne lui voulait pas de mal mais cela n'avait que peu d'effets. Evey se lassa très vite et d'une main sûre, elle alla trouver dans le cou de la jeune femme le point qui allait la neutraliser. Efficace. Le corps de la jeune femme s'écroula sur le sol. Cela n'avait pas duré plus d'une minute et avec un peu de chance, ils n'auraient pas été repérés. « -Elle a du alerter … On n'avait vraiment pas besoin de ça ...». Jetant un coup d’œil au corps évanoui de la jeune femme, Evey fronça les sourcils : une idiote, incapable de se contrôler. « -Plus que 12, donc, c'est ça ? Et sans décapitation, vous avez vu ... » Si elle ne lança pas un clin d’œil à Chase, c'était que cela ne lui rassemblait pas, mais Evey avait besoin de prendre du recul par rapport à la situation.

    Mais du bruit se faisait entendre à l'autre bout du couloir. Evey affermit sa position sur son couteau, prête à agir dès que nécessaire. « -Vous êtes capables de me prédire qui vient ? ». souffla-t-elle à Chase. Sans doute un des gros bras de l'opération, alerté par le boucan qu'avait fait la bonne femme. Décidément, cette idiote ne leur avoir apporté que des ennuis, obligeant Evey à montrer ses capacités à Chase et alertant les hommes présents dans l'hôtel.

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Jeu 26 Sep - 19:07 Message | (#)

Parce que Chase il avait envie de se faire tuer par des Japonais aux intentions obscures, peut-être ? Non, merci bien : les seuls héros talentueux étaient ceux qui restaient en vie, telle avait été l’une des premières leçons de son oncle Jack, qui craignait quelque peu que son troupeau de Neutron-Grey, trop inspiré par les exploits suicidaires de leurs parents, se lançât au-devant de danger pour lesquels ils étaient peu taillés.

Quoi qu’il en fût, le jeune homme comprenait fort bien la réticence d’Evey à se lancer sur ses bons conseils dans une aventure aussi peu engageante qu’une fusillade entre deux groupes inconnus. Il savait pertinemment qu’il n’inspirait pas exactement la confiance la plus totale et que ce soir-là, avec son air fatigué, sa cravate dénouée et ses mains pleines d’huile mécanique, il n’avait pas tout à fait l’allure insubmersible des publicités pour la Légion des Étoiles. Aussi entreprit-il de motiver les troupes :

— Je suis télépathe. Informations de première main garanties.

Pour Chase, dire « je suis télépathe », c’était un peu comme si le chef d’un restaurant gastronomique à la réputation mondiale disait « je fais de la tambouille ». Le mentaliste aurait sans doute pu faire un peu plus d’efforts pour rassurer sa partenaire. Au moins, quand elle lui souligna qu’il n’était pas armé, put-il répondre avec une assurance clairement perceptible et point du tout mensongère :

— Disons que je n’ai pas besoin d’accessoire.

Quelques minutes plus tard, Evey, Chase et une Japonaise inconsciente guettaient la progression, dans le couloir, d’un homme de main des agresseurs venus s’assurer que ce grabuge n’annonçait pas l’arrivée de renforts pour les deux policiers de la chambre du fond, qui en était encore à tenter désespérément de faire marcher leurs téléphones portables, malgré le brouilleur installé dans la chambre voisine.

Si Chase était un peu rassuré par la démonstration d’anatomie combattive qu’Evey venait de lui offrir — un peu rassuré et un peu suspicieux, parce qu’il doutait sérieusement que ce genre de choses fût enseigné dans les cours traditionnels de quelque art martial que ce fût —, il préférait autant ne pas se mettre à assommer tout l’immeuble avant d’en savoir plus. Aussi, quand la jeune femme lui proposa, sabre à la main, de l’avertir sur la lente progression de leur nouveau camarade de jeu glissa-t-il :

— Je crois qu’on va faire mieux que ça. Je vais l’amener ici. Surtout, ne nous l’abîmez pas.

Et avec cette demande cryptique, Chase se jeta (mentalement) sur le nouvel arrivant. Son esprit s’empara de celui du Japonais et il n’avait pas besoin de comprendre la langue pour manœuvrer son corps : les impulsions nerveuses étaient un langage universel. L’homme leva donc les mains bien malgré lui et marcha jusqu’à eux, avant de venir sagement se coller au mur. Chase lui retira son pistolet, sans qu’il opposât la moindre résistance.

À partir de là, c’était très simple : puisqu’ils n’avaient pas du tout l’air Japonais et qu’ils étaient armés, un assiégé serait nécessairement soulagé de les voir. Et de soulagement, nulle trace dans l’esprit de plus en plus confus de sa marionnette. Assaillant, donc. Placidement, Chase commenta :

— Je vais fouiller dans sa mémoire visuelle.

Quelque chose que l’on faisait tous les jours, n’est-ce pas. Seuls les yeux de l’homme continuaient à bouger de droite à gauche, emmuré qu’il était dans son propre corps. Chase, pour sa part, n’avait pas l’air d’avoir besoin de beaucoup de concentration pour mener ses deux tâches simultanées à bien : 1) le maintenir sous son contrôle et 2) investir ses souvenirs.

Et ces souvenirs ne manquaient pas d’images assez explicites pour que la langue ne fût plus une difficulté : des réunions dans les arrière-boutiques de restaurant, des plans de l’hôtel, des séjours en prison, la situation s’éclairait un peu.

— Je vois.

À peine avait-il fini de prononcer ces mots que le Japonais qui devait bien faire deux fois son poids, tout en muscles, s’effondra mollement à ses pieds, dans un profond sommeil, et le blondinet tendit le pistolet subtilisé (ou offert de plein gré) à Evey :

— Vous voulez ça ? Je sais m’en servir, mais enfin…

Il haussa les épaules.

— C’est assez superflu.

Il laissa la jeune femme décider puis résuma la situation :

— Donc, les assaillants sont membres d’une mafia, les assiégés sont deux agents de police, enfin des forces de l’ordre, genre marshalls chez nous, qui protègent ce qui doit être un témoin, pour le procès. Au sous-sol, il y a une seconde équipe, qui a coupé l’électricité et installer un brouilleur. Puis ils sont remontés pour garder les portes. En tout cas, c’était le plan. Tout ce monde là est armé de pistolets on ne peut plus classiques et, a priori, ce sont des humains. En tout cas, pas d’intervention mutante décrite en images durant les réunions préparatoires.

Fastoche. Il fit un signe de la main vers le couloir.

— Si vous voulez, je vais neutraliser les deux qui restent là-bas, on récupère les marshalls et le témoin et puis on descend finir le travail.

Pour lui, ça avait l’air d’être comme d’acheter le pain. D’un air songeur, il ajouta encore :

— Je crois que je vais me constituer prisonnier, ce sera plus facile. Gardez un œil sur l’ascenseur, on ne sait jamais. Je reviens.

Il leva les mains et passa le coude du couloir, en criant d’une voix admirablement nerveuse, dans un japonais très approximatif :

— Je suis citoyen américain !
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Ven 27 Sep - 17:53 Message | (#)



    Monsieur était télépathe. C'était bien la veine de Evey, ça. La jeune femme espéra qu'il n'avait pas encore eu l'occasion d'aller jeter un coup d’œil dans ses pensées. En vérité, la Shapley pensait qu'avec un peu de chances, cela était le cas : ils avaient tellement été occupé depuis qu'ils s'étaient rencontrés que Chase n'avait probablement pas eu le loisir de sonder Evey. La jeune femme se félicita encore plus d'avoir donner un faux nom... Anna, c'était sobre, passe-partout et on ne s'embêtait pas à savoir grand chose chez une Anna. Evey, par contre, c'était autre chose. Non, décidément, elle avait fait le bon choix, clairement. Décidant de rester le plus neutre possible, la jeune femme se contenta de hocher la tête sans dire un mot de plus, tandis que Chase lui révélait cette information. Le temps n'était pas à la discussion ni à l'introspection, de toute façon.

    La jeune femme haussa un sourcil quand il lui dit qu'il allait s'occuper du prochain. Très bien, qu'il fasse donc. Dubitative, Evey Shapley observa Chase faire. Visiblement, il entrait dans l'esprit de l'espèce de molosse qui était en train d'arriver droit vers eux. Fascinée, Evey l'observa diriger l'homme jusqu'au mur et lui l'obliger à lui remettre docilement l'arme. Parfait. Evey n'aurait pas été contre un petit coup de sabre, mais malgré tout, elle reconnaissait le talent quand elle le voyait et cet homme était mentalement redoutable. Raison de plus pour s'en méfier, cependant. Evey n'avait aucune envie qu'il se mette à agir de cette manière avec elle.

    Fouiller dans sa mémoire visuelle ? Evey leva les yeux au ciel. Qu'il fouille donc. En attendant, la jeune femme vérifiait bien gentiment que personne n'arrivait pour les découper en petits morceaux. Chacun son job, visiblement … soupirant, la membre du SHADOW attendit la fin de l'analyse du cerveau du japonais afin que Chase lui explique ce qu'il avait appris de tout cela. Elle n'était pas tout à fait sceptique, mais un peu blasée tout de même, devant cette manière de s'y prendre.

    Pourtant, quand Chase lui tendit le pistoler, Evey le prit sans rechigner. Ce genre d'engins, mieux valait que ce soit en sa possession qu'en celle de Chase. Simple mesure de précaution, même si elle préférait utiliser sabre et couteau. Bien plus pratique, quand on avait été habituée à les manier si souvent qu'elle-même. Les explications furent claires et concises et Evey hocha donc simplement la tête. Très bien. Deux molosses à l'étage, c'était tout à fait gérable … Quant aux autres, ils verraient ça plus tard. Néanmoins, la manière de diriger les opérations sans s'occuper de son avis déplut quelque peu à la jeune femme. Bien sûr, Chase ne pouvait pas savoir qui elle était et donc quelles étaient ses capacités, mais tout de même ...

    Frustrée, Evey allait répliquer quand Chase décida de se faire prisonnier. Retenant un soupir, la jeune femme tint le pistolet collé contre elle, afin de pouvoir s'en servir si quelqu'un arrivait. Surveiller l'ascenseur … Refoulant encore une fois un soupir renfrogné, elle s'occupa néanmoins de cette tâche. Tandis que la jeune femme braquait son arme sur les portes de l'ascenseur, elle se mit à compter … Si dans trois minutes Chase ne donnaient pas signe de vie, elle devrait agir. Visiblement, il était entré dans la pièce avec les deux autres compagnons du japonais qui dormait maintenant tranquillement par terre. Un peu de patience … Le temps passait et Evey commençait à le trouver sacrément long, d'autant plus qu'elle ne savait pas vraiment ce qui se passait. Finalement, laissant tomber son plan d'observation, elle traversa le couloir et se plaqua contre le mur afin de pouvoir agir le plus rapidement possible, si la situation dégénérait à l'intérieur. Attentive, Evey essayait d'entendre ce qui se passait à l'intérieur de la pièce.


HJ: J'espère que ça t'ira. Si ma réponse te bloque, n'hésite pas à me mp, je modifierais Wink
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Ven 27 Sep - 18:39 Message | (#)

Et voilà ! Il se comportait en bon agent de l’UNISON, il prenait sous son aile protectrice à défaut d’être virile une civile innocente et (presque) sans défense et on lui reprochait intérieurement sa direction des opérations. Les agents de terrain l’avaient prévenu, pourtant : les civils sont des créatures ingrates. Jamais contentes. Mais pour l’heure, Chase ne se souciait, il faut bien l’avouer, que de manière épisodique du mécontentement qu’il sentait affleurer au sommet de la conscience d’Anna.

Néanmoins, alors qu’un Japonais supplémentaire — ce pays en était plein — sortait d’une chambre en braquant sur lui un nouveau pistolet et en hurlant des recommandations littéralement peu compréhensibles mais dont Chase n’avait pas de peine à saisir la substantifique moelle, l’agent de l’UNISON, tout en se faisant héroïquement poussé à l’intérieur de la chambre, commençait à se demander un peu — il était temps — quel genre de civiles innocentes se baladait avec des sabres tranchants dans leur sac de sport. Il n’y avait pas des lois contre ce genre de choses ?

— Assieds toi et fais pas l’con ou je te fume la cervelle !

Ça, c’était ce qu’on lui avait dit en japonais, mais Chase, lui, n’avait strictement rien compris. Fort heureusement pour tout le monde, le second homme appuya sur son épaule et le força à s’asseoir sur le lit, tandis qu’une conversation rapide et à Chase parfaitement hermétique s’engageait entre les deux malfrats. Le mutant baissa les mains et les détailla d’un rapide coup d’œil : tout ce qu’il voulait, c’était voir un peu à quoi ils ressemblaient et s’assurer qu’ils étaient bien les mêmes que ceux des souvenirs tout juste extraits du cerveau du ronfleur, dans le couloir.

Pendant que le ton montait sur la difficile question de savoir ce qu’on allait faire d’un citoyen américain, parce que les Américains, c’était bien connu, étaient hélas toujours un peu tatillons, justement, quand on commençait à fumer la cervelle de leurs ressortissants, Chase s’éclaircit la gorge et déclara sobrement :

— Je vais devoir y aller maintenant.

Dans l’indifférence générale. Lui qui avait voulu parader un peu et faire son héros élégant qui avait une phrase spirituelle pour chaque situation, il était bien déçu. Tant pis. Chase plissa légèrement les paupières et les deux armes tombèrent bientôt au sol, parce que les malfrats portaient les mains à leurs tempes, traversés tous les deux par une migraine dont la violence n’avait rien de naturel. L’un d’eux laissa échapper un cri.

Chase se précipita à la porte, pour éviter qu’Anna, dont il sentait la présence en alerte de l’autre côté — c’était bien les civils, ça ! toujours à prendre des risques inutiles — ne débarqua dans la pièce pour trancher dans le vif. Par mesure de précaution, il glissa dans l’esprit de la jeune femme une pensée rassurante :

* C’est moi. Chase. Ne tirez pas. *

Et ouvrit la porte, pour apparaître dans l’encadrement, avec derrière lui deux hommes prostrés contre le mur et les larmes aux yeux. Finalement, l’un d’entre eux succomba à l’inconscience, sous le faix de la douleur, sans que Chase n’eût l’air de beaucoup s’en préoccuper — un agent de l’UNISON qui manquait un peu de sensibilité, de toute évidence.

— Je croyais vous avoir dit de…

Chase laissa échapper un soupir. En fait, le rôle de chef, il n’aimait pas tellement cela. Peut-être parce qu’il détestait les chefs lui-même. Il finit par secouer la tête puis par laisser Anna entrer, tandis que le second Japonais s’évanouissait à son tour après avoir poussé un petit sanglot.

— Je suis désolé, j’aurais dû me montrer plus…

Il ne savait pas trop. On ne lui avait jamais confié la responsabilité de personne, alors il ignorait sur quel pied danser. Il fit un geste de la main pour englober Anna, son sabre et son pistolet, toute droit sortie d’un manga en somme, et reconnut :

— Vous êtes manifestement tout à fait capable de gérer ce genre de choses. Ma poussée d’autorité était superflue.

Il désigna les deux Japonais inconscients sur le sol. Il n’avait manifestement pas exagéré lorsqu’il avait prétendu que les armes lui étaient inutiles.

— Ils ont encore des pistolets, si vous voulez.

Il ne put s’empêcher en disant cela de constater qu’Anna tenait le premier pistolet avec le même professionnalisme que les agents de l’UNISON, les vrais agents de terrain qu’il avait vu opérer, parfois. Avec le sabre, tout cela commençait à faire beaucoup et, en continuant la conversation, Chase commença à explorer un peu l’esprit de cette interlocutrice atypique — un esprit plein de tours et de détours, un esprit un peu trop réticent pour être celui d’une parfaite civile.

— Alors, qu’est-ce que vous proposez qu’on fasse ? À votre tour de décider maintenant.

Chase avait assez l’habitude de ses propres pouvoirs pour mener son enquête télépathique et sa conversation de front. Finalement, laisser à Anna l’initiative n’était pas une mauvaise chose : les décisions de la jeune femme lui en apprendraient sans doute beaucoup sur les circonstances dans lesquelles elle avait appris à se servir ainsi de prises neutralisantes, d’armes blanches et d’armes à feu.
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Dim 29 Sep - 10:48 Message | (#)



    Si elle n'y prenait pas garde, Evey allait révéler plus que ce qu'elle voulait à cet agent de l'UNISON. Mais c'était plus fort qu'elle : dans ce genre de situations, la jeune membre de SHADOW ne pouvait s'imaginer attendre sagement qu'on lui donne des ordres ni que Chase décide pour eux deux tout ce qui se passait. Si cela avait été Renan, la jeune femme aurait certainement pu faire un effort, mais là, il n'en était tout simplement rien. Chase n'avait aucun droit sur elle et elle ne lui en accorderait aucun. C'est pourquoi, nullement décidée à attendre devant un ascenseur vide -l'électricité ne fonctionnant plus- la jeune femme avait décidé de se déplacer jusqu'à la porte. Au cas où, c'était-elle dit.

    Elle attendait donc, quand un grand bruit se fit entendre. Loin d'être décidée à entrer tout de suite, la jeune femme attendit une seconde, pour être certaine, quand une pensée vint lui chatouiller le cerveau. C'était … Chase. Décidément, son don était plus qu'agaçant, du point de vue de la jeune femme, qui se le tint donc dit et ne bougea pas, attendant de le voir sortir de ce foutoir.
    Alors que le jeune homme arrivait, la jeune femme jeta un bref coup d’œil pour voir le résultat du travail du jeune homme. Elle sentit qu'il allait évidemment ne pas être d'accord avec ces initiatives et elle se préparait d'ores et déjà à lui répondre vertement, mais il s'excusa, finalement. Étonnée, la jeune femme leva un sourcil. Cet homme était-il finalement capable d'un peu d'humilité ? Mais méfiante, Evey attendit de voir comment il allait terminer ce bref élan. Hum, lui proposer des pistolets la fit sourire. « -Un pistolet et un sabre devrait largement me suffire. Merci. » Le ton n'était pas enjoué, mais la situation ne le permettait pas vraiment et la jeune femme était en alerte constamment, ne sachant pas comment tout cela allait se terminer.

    Mais les yeux de la jeune femme montrèrent un peu de sa surprise quand Chase lui demanda de prendre la suite des opérations. Acculée, Evey se rendit compte que si elle se montrait compétente pour cela, elle allait forcément sembler louche aux yeux du jeune homme … Et si elle était incompétente, elle mettrait sa vie en danger. Dilemme difficile à trancher.

    Respirant le plus calmement possible, Evey finit par prendre la seule décision possible en ce moment. Agir avec compétence. « -OK. Faisons les choses simplement. Les ascenseurs ne fonctionnant pas, nous prendrons les escaliers de service. Il y en a un de chaque côté de l'ascenseur, de ce que j'ai pu voir tout à l'heure. Vous êtes visiblement capables de vous débrouillez seul, néanmoins, faites attention, les armes de poings peuvent être plus rapides que vos capacités, j'imagine. J'aurais besoin que vous m'indiquez si vous sentez la présence de japonais dans les escaliers de service … ! ». Oui, Evey préférait utiliser les forces de son partenaire -du moment. C'était toujours plus astucieux d'utiliser les forces de l'autre, dans ces cas-là. « -Une fois arrivés au sous-sol, on arrivera. Cela ne sert à rien d'avoir un plan trop pré-établi, sans toutes les infos. Vous êtes prêt ? ». La jeune femme ne savait pas si le genre de pratiques que venait de mettre en place Chase le fatiguait ou lui demandait un temps de repos. Pour sa part, elle était plus que prête à descendre pour en découdre.

    Le couloir était étrangement vide et silencieux et la jeune femme se dirigeait déjà vers les escaliers, attendant que Chase la suive et lui donne les informations demandées, avant de s'engouffrer dans ce qui pourrait très bien se révéler un piège à rats ... ou à Evey. Car c'était sans sortie de secours, il faudrait forcément affronter de fronts les assaillants. Mais Evey n'avait vu aucune autre possibilité.
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Dim 29 Sep - 11:22 Message | (#)

Cette fois-ci, il en était absolument certain : quelque chose ne tournait pas. Il ne parlait pas des quatre Japonais inconscients, innocent ou coupables, qu’ils avaient laissés sur leur chemin, dans cet hôtel attaqué, mais bien d’Anna et de ses réactions surprenantes. L’esprit de la jeune femme était plein de détours et le mentaliste en avait rencontré de tels deux ou trois fois, à l’UNISON : généralement des agents bien entraînés, qui apprenaient à compartimenter leurs pensées et leurs émotions. Rien qui fût insurmontable pour un mentaliste, simplement, il s’agissait de ne rien laisser affleurer, pour ne pas éveiller de soupçons immédiats et se laisser le temps d’aviser.

Mais après tout, Anna pouvait être bien des choses. Travailler pour la C.I.A., la N.S.A, l’armée, n’importe qui. Comment eût-elle vérifié qu’il était bien un agent de l’UNISON et qu’elle était alors fondée à lui accorder sa confiance ? Lui, de son côté, pouvait éventuellement pousser son investigation dans l’esprit de la jeune femme un peu plus loin, mais pour l’heure, il préférait se concentrer sur la situation immédiate. Tout ce qu’il avait besoin de savoir, c’était qu’Anna n’avait aucune part à l’attaque contre laquelle ils étaient en train de se battre et que, par conséquent, elle ne risquait pas de le doubler au pire des moments. Leurs intérêts pour l’heure étaient communs et ses capacités étaient mieux employées à sonder leur environnement.

— Je suis prêt.

Ils laissèrent derrière eux les Japonais inconscients et, dans la chambre un peu plus loin, les policiers et leurs témoins, auxquels ils eussent perdu un temps précieux à tenter d’expliquer la situation. Persuader à des gens dont on ne parlait pas la langue qu’il fallait leur faire confiance quand on débarquait chez eux sabre à la main était assurément plus difficile que de régler le problème de bout en bout seul et les hommes qui occupaient les sous-sols, en constatant que l’opération trainait, ne manqueraient probablement pas de venir voir ce qui se passait. Mieux valait agir.

Les escaliers étaient sombres, mais à intervalles réguliers, par une fenêtre dans le mur des paliers, Tokyo jetait sa lumière électrique, rouge, verte, blanche, sur les marches. Ils descendirent sans encombre les trois premiers étages, puis une pensée de Chase surgit parmi celles d’Anna :

* Rez-de-chaussée. Un homme. Devant la porte des escaliers. Nerveux, mais maître de soi : un des leurs, probablement. *

Il aurait sans doute pu le maîtriser, mais il avait vu Anna s’accommoder d’une civile, il voulait la voir à l’œuvre avec un criminel. Sans doute manquait-il de prudence en cela : si la jeune femme n’était pas un agent gouvernemental mais une sadique passionnée par les armes blanches, elle risquait fort de céder à une pulsion de violence et de trancher la tête de leur ennemi. Mais la curiosité et les tactiques de Chase étaient parfois un peu éloignées de ces menues considérations.

À pas de loups, ils descendirent les marches qui restaient, une à une, pour surtout ne pas se faire remarquer. Profitant de cette tension attentive, Chase s’insinua une nouvelle fois dans l’esprit d’Anna, plus discret encore dans cette opération qu’il ne l’était dans leurs mouvements physiques. Finalement, la tentation d’en savoir plus, tout de suite, sur cette compatriote un peu trop zélée et un peu trop à l’aise avec des armes aussi diverses avait été la plus grande, et c’était bel et bien la curiosité, plutôt que la prudence, qui commanda chez lui à cette nouvelle enquête.

Il parcourut promptement les souvenirs récents de la jeune femme, pour s’assurer une nouvelle fois, après avoir examiné ses intentions, qu’elle n’avait en aucune manière trempé dans l’attaque. Mais il ne vit qu’entraînement, rien qu’entraînement. Cela seul constituait un indice précieux : il fallait être conditionné en quelque manière, au moins par un corps de métier, pour pouvoir se dévouer ainsi entièrement à une pratique physique, dans une ville que, comme Tokyo, offrait de nombreuses distractions. Il le savait assez pour avoir passé lui-même tout son séjour à jouer aux échecs, sans faire plus que jeter un regard aux néons lumineux de la nuit, par la fenêtre de son hôtel.

Alors, ce conditionnement, d’où venait-il ? Chase plongea un peu plus avant dans l’esprit d’Anna alors qu’ils avaient atteint le premier étage et qu’une trentaine de marches, puis une porte, les séparaient désormais de l’homme repéré. Un instant, Chase interrompit son exploration pour s’assurer qu’aucune mauvaise surprise ne les attendrait en pas puis, satisfait que l’homme était seul, il revint à la charge — Anna. Hm. Evey, plutôt. Un véritable nom. Ou simplement un autre nom ? Le mystère s’épaississait.

Contraint de concentrer son attention sur plusieurs choses à la fois, Chase n’était certes pas aussi efficace qu’il l’eût été si Evey et lui n’avaient fait que partager une discussion, au calme d’un café. Pour un télépathe qui souhaitait rester discret et aussi peu intrusif que possible, les secrets les mieux gardés étaient évidemment les moins accessibles. Chase se contenta donc de chercher une trace de l’appartenance d’Evey aux agences gouvernementales les plus courantes et quand il n’en trouva aucune, sa suspicion s’épaissit.

Mais ils avaient atteint le rez-de-chaussée : l’homme était de l’autre côté de la porte. Chase fut contraint, pour se prêter pleinement à la situation présente, d’abandonner l’esprit d’Evey. Il fit un signe de tête à la jeune femme qui lui jetait un regard interrogateur et, pour lui laisser les mains entièrement libres, il avança la sienne vers la poignée de la porte. Quand Evey lui adressa un nouveau signe, il l’ouvrit vivement.
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Dim 29 Sep - 14:10 Message | (#)



    Evey était pleine d'une énergie indomptable, c'était l'effet de l'adrénaline, elle le savait, tout comme elle savait qu'elle ne devait jamais laisser sa concentration de côté dans ce genre d'opérations. L'arme à feu était prête à fonctionner à n'importe quel moment, et le sabre à faire son office dès que cela s'avérerait nécessaire. De manière générale, Evey n'aimait pas particulièrement les effusions de sang, mais la jeune femme savait reconnaître toutefois, qu'elles étaient parfois inévitables. Pour le moment, néanmoins, aucune vie n'avait été prise et les différents protagonistes au sol étaient simplement en train de faire un tour dans les bras de Morphée. Rien de trop désagréable, donc.

    Devant la réponse de Chase, Evey comprit que les choses allaient pouvoir démarrer. Il était temps, d'ailleurs. S'engouffrant dans l'escalier, la jeune femme nota l'information de Chase, quelques minutes après, concernant la personne au rez-de-chaussée. Mais avant d'y arriver, les deux étranges agents avaient encore quelques étages à descendre. Plusieurs volées de marches en discrétion. Ce n'était pas chose évidente avec un sac de dos sur le sport mais Evey savait s'accommoder de ce genre de choses. De plus, ne sachant pas comment les choses allaient tourner, elle préférait avoir son couteau et son sabre sur elle. C'était beaucoup plus dissuasif qu'une arme de poing, elle l'avait déjà remarqué.

    Discrètement, la jeune femme, accompagnée de Chase, continua la descente. Concentrée sur l'unique objectif à venir -neutraliser l'homme qui gardait les escaliers- la jeune femme restait aussi concentrée sur sa respiration, qu'elle savait devoir garder la plus régulière possible pour la bonne pratique de son art. Car Evey n'allait nullement utiliser l'arme de point, qu'elle venait d'ailleurs de ranger dans le sac, alors qu'ils étaient au second étage. Non, elle userait purement et simplement de l'Aïkido qui lui permettait de mettre à terre rapidement un adversaire à mains nues.

    L'effet de surprise allait leur profiter à tous deux, car l'homme ne s'attendrait sans doute pas à voir débouler deux occidentaux dans cette affaire. La jeune femme regarda la porte une première fois, tandis qu'ils étaient arrivés au rez-de-chaussée. Les choses allaient se jouer maintenant et bien vite, Evey comprit que Chase était déterminé à la laisser agir. Tant mieux.

    Lorsqu'il ouvrit la porte, Evey vit immédiatement le gardien japonais. En quelques secondes, elle fut sur lui, avant même qu'il ait pu mettre son arme en joue. La jeune femme commença par lui faire tomber son arme, d'un coup bien placé sur l'avant-bras, qu'elle envoya d'un coup de pied dans un coin de la pièce, laissant éventuellement à Chase le rôle de la récupérer. Puis vint ensuite la phase plus compliquée nécessitant de neutraliser cet homme en contrant ses attaques, ainsi qu'elle l'avait appris et Evey éprouva de la part de l'homme une certaine résistante qu'elle mit quelques temps à abattre du fait de leur différence de poids et de corpulence, mais bientôt, comme la japonaise hystérique, il reposait sur le sol, sans avoir vraiment eu le temps d'alerter qui que ce soit. L'efficacité de Evey n'avait pas été optimale mais serait sans doute suffisante.
    Jetant enfin un coup d’œil en arrière, elle avisa Chase, lui demandant du regard ce qu'il savait d'autres sur les japonais du sous-sol. Car la jeune femme imaginait bien sûr qu'il n'était pas resté improductif tandis qu'elle s'occupait de celui-ci.

    En se concentrant, Evey pouvait assez facilement entendre un bruit qui montait du sous-sol. Sans doute que les assaillants avaient fini par se rendre compte que tout ne se passait pas comme prévu, dans les étages. Silencieusement, Evey se prépara à cette dernière partie de la mission, ayant tout de même la politesse de laisser Chase passer devant, cette fois-ci, comme elle le lui indiqua d'un signe de tête.

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Dim 29 Sep - 14:33 Message | (#)

Le mentaliste prit soin de ne pas s’interposer dans le combat : il avait réalisé assez de missions auprès de véritables agents de terrain pour avoir appris qu’une aide extérieure était, dans ce genre de situations, plutôt un fardeau qu’un profit. Il se contenta donc de récupérer l’arme qui avait glissé par terre et que, cette fois-ci, il garda pour lui, avant de sonder les présences aux sous-sols. Cinq ou six personnes terrifiées immobiles dans une pièce : les employés de l’hôtel, probablement, ligotés. Quatre autres personnes, inquiètes, mais différemment, plus… actives ?

Il jeta un coup d’œil à Evey en train d’achever le garde et sonda un peu au hasard les souvenirs des quatre Japonais, pour s’assurer qu’il avait bien affaire au reste de la troupe de malfrats. Une fois cette certitude acquise, il revint vers sa collaboratrice du jour et murmura, à voix très basse, préférant parler qu’utiliser la télépathie — les humains étaient si aisément froissés qu’on s’immisçât dans leurs pensées :

— Quatre au sous-sol. Cinq otages quelque part. Les quatre comment à s’agiter. L’opération doit avoir excédé le temps prévu, ils vont commencer à revenir par ici.

D’un geste de la tête, Chase désigna un plan d’évacuation en cas d’incendie, fixé au mur. C’était beaucoup plus sommaire qu’un véritable plan détaillé de la structure du bâtiment et l’essentiel des indications, écrites en japonais, leur échappaient complètement, mais au moins pouvaient-ils avoir une idée des escaliers qui menaient aux sous-sols : ceux précisément barrés par une croix.

Après une ou deux secondes d’observation, Chase fit un signe vers une porte, à côté du comptoir de la réception, là où les clients ne se rendaient jamais.

— Par là, je suppose. Je vais garder ça, hein.

Il montra le pistolet : autant qu’ils en eussent un chacun. Il ne comptait pas s’en servir, mais c’était une menace compréhensible dans n’importe quelle langue, tandis qu’un choc télépathique semait la confusion plutôt qu’il n’intimait le silence et l’immobilité. Précédant Evey, il se dirigea vers la porte, l’ouvrit aussi lentement que possible — mais c’était peine perdue. Dans cet hôtel de seconde zone, tout n’était pas parfaitement entretenu et ce qui ne concernait pas le public n’était pas dans un état très reluisant : cela faisait des années qu’on avait pas graissé les gonds de cette porte et un grincement épouvantable retentit dans la cage d’escaliers qui menait aux sous-sols.

Une voix appela un nom en japonais, celui du garde qui gisait inconscient sur le sol du lobby. Chase eût été incapable de créer l’illusion de la bonne réponse. En implanter la conviction dans quatre esprits tout à fait étrangers eût été presque impossible et il préféra ne pas s’y risquer ; déjà, ils entendaient des ordres criés dans le sous-sol et les pas précipités dans les escaliers. Ni une, ni deux, Chase laissa la porte se refermer et, avec une impulsion télékinétique, en tournant la fermeture à l’intérieur de la serrure, avant de se précipiter à couvert.

Quelques étages plus haut, les deux policiers, sur lesquels on n’avait plus tiré depuis un bon moment, tentaient enfin une sortie. Ils découvrirent rapidement les corps de leurs agresseurs et, quoiqu’un peu perplexes, ils ne boudèrent pas leur bonne fortune et s’empressèrent de les attacher. Intimidant à leur témoin l’ordre de se barricader dans la chambre et de n’ouvrir à personne qu’eux-mêmes, ils entreprirent à leur tour une descente des escaliers, armes au poing, prêts à en découdre.

Arrivés au deuxième étage, un peu au-dessus de la rue, ils brisèrent une vitre avec la crosse de leur arme et tirèrent quelques coups de feu en l’air : des cris retentirent dans la rue, mais au moins étaient-ils certains que les renforts, cette fois-ci, allaient finir par arriver. Cet appel au secours de fortune étant lancé, ils poursuivirent prudemment leur décente vers le rez-de-chaussée. Pendant ce temps-là, les hommes des sous-sols avaient tiré quelques balles dans la serrure et défonçaient désormais la porte d’un coup d’épaule…

— Je prends les deux de gauche, je vous laisse les deux de droite.

…pour débouler sur un vestibule apparemment désert, sauf le corps inerte de leur collègue, en plein milieu. Chase tendit la main vers l’entrée et fit renverser un vase. Les hommes sursautèrent, tirant au petit bonheur la chance vers l’endroit d’où venait le bruit. Chase tira dans le tas, visant sciemment un peu à côté : d’abord, il n’était pas du tout sûr de pouvoir attendre sa cible, son entraînement aux armes à feu étant plus que rudimentaires, et ensuite, il ne voulait que semer la confusion et permettre à Evey de se charger des « siens ».

Des sirènes retentissaient déjà dans la rue. Les hommes répliquaient. Un choc mental atteignit de plein fouet l’homme le plus à gauche, qui s’écroula dans un hurlement. La porte des escaliers venus des étages s’ouvrit à la volée, Chase se retourna brusquement et vit les deux policiers, qui criaient quelque chose d’incompréhensible. Leurs identifications, sans doute, mais l’heure n’était pas aux explications : si l’un des agents visait déjà les hommes des sous-sols, l’autre par précaution les pointait de son arme.

Laissant Evey s’occuper finalement seule des trois hommes restant, Chase prit sans finesse superflue le contrôle de l’esprit du policier qui les visait et le força à jeter son arme à terre et à plonger derrière un autre des canapés du lobby. Ce geste incompréhensible de la part de son collègue força le second policier à fixer Chase. La confusion ne fit qu’augmenter quand cinq hommes en uniforme, après avoir défoncé au bélier la porte verrouillée de l’hôtel, débarquèrent pour pointer tout le monde de leurs armes.

Chase leva aussitôt les mains et se contenta de crier un seul nom mondialement connu :

— UNISON ! UNISON !

Peu à peu, puisque tout le monde ou presque était armé, que tout le monde ou presque visait tout le monde, les cris cessèrent comme les coups de feu et un silence de plomb tomba sur le vestibule de l’hôtel. Dans son anglais le plus simple, le plus lent et le plus articulé, Chase en profita pour asséner une troisième fois :

— Je suis un agent de l’UNISON. Des États-Unis. Elle travaille avec moi.

Un petit mensonge, mais Evey se promenait avec un pistolet, un sabre et un couteau, au milieu d’une scène de crime particulièrement confuse : elle allait avoir du mal à justifier autrement son attirail.
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Septième étage. Tout le monde descend. (Evey)

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