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On croit que c’est fini et… #Chase NG

 
Message posté : Sam 14 Sep 2013 - 21:20 Message
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Les pouvoirs de Chase n’étaient certes pas très photogéniques, ils ne donnaient rien de très impressionnant à la télévision mais, dans la situation dans laquelle ils se trouvaient, ils ne s’en révélaient pas moins efficaces. Naturellement, ce qui se déroulait autour d’eux était moins aisé à comprendre qu’une bonne boule de feu, qui aurait fait cramer la salle sans laisser à personne le temps de poser des questions, mais le jeune homme avait toute confiance en Charlie pour tirer à son tour son épingle du jeu.

L’avocate se fit forte de lui donner la raison. La pression montait de seconde en seconde pour les trois hommes et, de son côté, Big Boss craignait de voir son bluff devenir inutile avant même d’avoir été éventé. Si ses hommes se retournaient contre lui, comme il était de plus en plus probable qu’ils le fissent, alors son petit stratagème aurait des résultats catastrophiques. Ce n’était pas tellement qu’il craignît de laisser Charlie et Chase en vie, mais lorsque la nouvelle se répandrait qu’après l’arrestation de plusieurs de ses employés, trois autres lui avaient tourné le dos, toute son autorité se dissiperait et sa place dans le Milieu serait sérieusement compromise : il n’aurait plus alors qu’à se faire oublier en espérant qu’un lieutenant n’aurait pas la riche idée de l’assassiner pour prendre sa place. La perspective n’était pas très riante.

Il fallait reprendre le contrôle de la situation, en commençant par miser sur le plus fidèle des trois hommes : Journal ne tarda pas à s’éloigner. Chase esquissa un très léger sourire satisfait : c’était une erreur classique que de se concentrer systématiquement sur les pièces les plus fortes en négligeant les pions. Après tout, sans soutien, aucun fou n’avait jamais rien fait de bon et il fallait contrôler l’espace, toujours contrôler l’espace. Encore un qui n’avait pas étudié ses ouvertures.

Pendant que Charlie continuait à travailler, et de plus en plus efficacement, les deux pions, Chase s’immisça dans l’esprit de Journal pour ne rien rater de la conversation. Les tuer ? Il y avait quelque chose qui lui échappait. Soit Big Boss avait soigneusement préparé toute cette opération, en enlevant Bobby et en distillant ses informations, auquel cas il savait pertinemment que les chances pour que ces sbires réussissent à tirer le moindre coup de feu étaient inexistantes, soit il improvisait avec des éléments très rudimentaires sur leur situation et dans ce cas…

Pris d’un doute subit, Chase ferma les yeux et lança son esprit sur le même chemin qu’il avait parcouru, plus tôt, lorsque Charlie et lui discutaient encore au café. Le H.I.T., la présence d’Ellis, une salle de cours… Non. Il avait bougé. La bibliothèque. C’était une tâche un peu complexe que Chase se proposait mais, après tout, Tesla et Jack lui avaient seriné toute sa vie que ses capacités paraissaient sans limite, alors ce petit exercice était l’occasion rêvée pour le prouver.

À des kilomètres de là, Ellis, pris d’une soudaine angoisse, quitta sa place à la bibliothèque, sortit dans le couloir avec son téléphone et composa le numéro de son petit frère.

— Ouais, quoi… ?
— Bobby ? T’es où ?
— J’suis chez Stef’. On fait l’exposé, là, le volcan à la con. Tu sais, j’t’avais prévenu.

Ellis poussa un soupir de soulagement.

— P’tain, mec, ‘faut t’détendre, hein…
— Oui, oui, désolé.
— Ça t’réussit pas, l’ermitage. Appelle Chase et laisse moi vivre.
— Oui, bon, on se reparle après le travail, hein.

Chase rouvrit les yeux. Pour découvrir leurs trois kidnappeurs pris d’un nœud inextricable de revolver. Un revolver pointé sur lui, un revolver pointé sur Journal, un revolver pointé sur Imper. Il n’y avait guère que Charlie et Johnny qui se sortaient victorieusement de cette réunion du club des armes à feu. Le cœur encore palpitant de l’effort qu’il venait d’accomplir, ou de la joie d’être parvenu à cette petite prouesse, Chase poussa un soupir de soulagement qui acheva de mettre les nerfs de tout le monde en pelote.

— Je m’absente un instant et vous, vous sautez aux conclusions.
— Comment ça il s’absente ? Qu’est-ce qu’il dit ? Putain, j’vous jure, j’le bute moi-même.

Johnny pointa son revolver sur Chase, de sorte qu’Imper pointa son revolver sur Johnny et Journal sur Imper. Dézinguer un Neutron-Gray, c’était bien, mais si le Neutron-Grey en question commençait à « s’absenter », ça risquait de très mal finir pour lui : Johnny, il n’était pas bête, il lisait les journaux. Il savait très bien de quoi ces bêtes-là étaient capables. Pendant ce temps, Chase, qui reprenait lentement ses esprits, glissa dans celui de Charlie :

* Bobby fait ses devoirs avec une amie. Le type du téléphone nous bluffe et bluffe Journal. *
— Écoutez, les gars, on se connaît bien, on va arranger ça. Faites moi confiance. Le patron m’a donné des ordres précis et chacun sera récomp…
— Enfin, que je dis que je m’absente, c’était une façon de parler.

Johnny se crispa un peu plus. Vigilant, Chase guettait la moindre petite étincelle d’intention de le tuer dans son esprit : un instant de distraction et, avec tous ses pouvoirs phénoménaux, il finirait par étaler sa cervelle mutante sur la table de poker. Très peu pour lui.

— Ouais, ouais, c’est bon, on lit les journaux. Mentaliste, tout ça.

En vérité, ce que ça voulait dire exactement qu’être mentaliste, Johnny ne savait pas grand-chose.

— Voilà. Donc, en fait, en gros, je peux localiser les gens par la pensée, comme un GPS.
— Nous raconte pas ta vie ! Johnny, vas-y, descends-le.
— Euh…

Johnny jeta un coup d’œil à Imper.

— Laissez-le parler. Je veux pas finir en taule pour rien. Le premier bouge, je le fume.

Bel esprit d’équipe. Chase poursuivit donc :

— Et du coup, j’ai localisé Bobby, là. Le gars que vous êtes censés avoir enlevé. Et laissez moi vous dire qu’à moins que votre patron soit une gamine de seize ans douée en biologie, il est en train de vous rouler dans la farine.
— Une seconde…
— C’est des conneries.
— C’est un Neutron-Grey.

Cette fois-ci, Johnny, qui avait lu les journaux, perdait un peu de son enthousiasme.

— Tu veux dire que le patron n’a pas de moyen de pression ?
— Pas Bobby, en tout cas. Après, je ne sais pas, vous pouvez peut-être lui faire confiance. Moi, je l’ai jamais vu, votre patron.

Et Johnny murmura à moitié pour lui-même :

— Nous non plus…
 
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Message posté : Dim 15 Sep 2013 - 16:41 Message
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Loin de pouvoir faire des références à un jeu qu’elle ne connaissait pas, Charlie avait l’impression qu’une partie de chaises musicales était en train de se jouer – à chacun ses jeux. Enfin, à la différence près que, pour le moment, personne n’avait été éliminée et qu’il était question d’armes à feu. Pfff, juste des détails ! Les armes avaient changé de position. La bonne nouvelle, c’est qu’on ne voulait pas jouer avec elle et Charlie n’allait pas se plaindre de ne pas avoir une arme pointée sur sa tête, même s’il était évident qu’elle ne souhaitait pas que Neutron-Grey soit visé.

BigBoss était encore pire que ce qu’elle pensait, il n’avait même pas Bobby, seulement un mensonge. A partir de là, sans la pression de voir arrivé quelque chose au jeune Ottershire, les évènements commençaient à prendre une tournure intéressante. En cas de réel problème, Chase était plus apte à faire… Euh… Eh bien, à faire ce qu’il savait. Enfin, elle le supposait. Et alors, quand tout le monde appris qu’il n’y avait pas de moyen de pression, le doute fut visible une peu partout

_ Voyez le bon côté des choses les gars. Pas de risques de se faire arrêter pour séquestration

Si l’idée de finir dans une cellule avec ce chef d’accusation avait inquiété quelqu’un, au moins ça réglait ce problème et, maintenant, les deux autres trouveraient peut-être assez de volonté pour suivre les ordres de BigBoss !

_ Oh non, vous irez en prison pour protéger votre boss qui avait besoin de couvrir ses arrières en sacrifiant des pions.

Hey, ce n’était une référence aux échecs, ça ? Chase avait déjà bien travaillé sur le doute que pouvait inspirer ce patron mystère mais Journal, lui, n’avait pas intégré le fait que son patron pouvait le vendre. Une telle dévotion, c’était flippant.

_ Regardez les choses autrement. Vous nous faites quoi que ce soit, et quelqu’un vous tombera dessus…
_  Il faudrait qu’on sache que c’est nous pour ça.

Bin alors Johnny-boy, on ne mettait plus autant de conviction dans ses phrases ?!

_ Parce que vous pensez vraiment qu’on ne va pas déployer tous les moyens si vous vous en prenez à un agent de l’UNISON ? Votre Boss, vous ne savez même pas à quoi il ressemble, en revanche, je suis persuadée qu’il y a quelqu’un pour vos décrire au café.

Parce que malin comme ils étaient, ils avaient tous agit à visage découvert. Sinon, où serait le sport dans tout ça. Elle admettait, intérieurement, que faire le rapport entre tous les gens présents au café et eux trois, ça n’allait pas être facile mais, le doute étant déjà ancré dans leur esprit, ça ne restait qu’un détail.

_ On est les seuls, hormis vous trois, à savoir que vous agit sous les ordres de quelqu’un. Tuez-nous et, il n’y aura plus personne pour vous croire sur ce point-là, vous serez accusé d’avoir monté tout ce plan et votre patron ne bougera pas le petit doigt pour démentir ce fait.

Ils étaient loin d’être innocent mais, ils devaient être capables de réfléchir un peu. Entre commanditer un acte et avoir agi sous les ordres de quelqu’un, il y avait une différence, surtout s’ils balançaient ce qu’ils savaient sur la personne qui les avait employés.  

_ Ils sont en train de vous retourner le cerveau !

A défaut d’avoir des armes et les mains libres, ils devaient bien faire quelque chose, non ? A priori, ni Chase, ni elle, n’avaient envie de finir oubliés dans un endroit comme celui-là. Mourir dans le quartier qu’elle avait cherché à quitter à tout prix, n’entrait dans la liste de ses envies.

_ On veut des garanties.
_ Réfléchis un peu. Tu crois vraiment que quelqu’un va nous reconnaître avec le monde présent dans ce café ? Personne ne remontera jusqu’à nous.
_ Vous êtes sérieux ?

Charlie avait balancé ça sur un air des plus étonnées, tellement qu’elle avait presque ri sa phrase tellement ce qui venait d’être dit était absurde. Les trois regards noirs qui se braquèrent sur elle, lui firent retrouver un semblant de sérieux.

_ Vous n’êtes pas au courant, c’est ça ?

Elle tourna le regard vers Chase, l’air halluciné en secouant un peu la tête.

_ Ils ne sont pas au courant.
_ Mais de quoi tu parles, putain ?

Johnny avait pointé son arme sur elle, histoire de la motiver un peu à parler et Charlie cessa de sourire pour se donner un air des plus sérieux en venant de reposer son regard sur lui. Maintenant, personne n’avait d’arme sur Chase ce qui devait lui donner un peu plus de liberté, non ? Elle n’en savait rien, elle ne mesurait même pas l’ampleur de ses pouvoirs en réalité.

_ Des nouveaux systèmes de protection, vous savez la politique qui vise à rendre la ville plus sûre. Les boutiques, et restaurants du centre ont tous reçu un nouvel équipement, quand une alarme se déclenche, des caméras se mettent en route. C’est pour faciliter le travail des enquêteurs par la suite.

Ce qui, bien évidemment, n’avait rien de vrai mais vu qu’ils étaient déjà en train de douter de tout et de rien, rajouter un truc sur la liste ne devait pas poser de problèmes. Et, elle avait vraiment essayé de se montrer plus que convaincante, d’ailleurs, Charlie avait fini par hausser les épaules dans un air interrogatif et curieux.

_ Vous ne lisez pas les journaux ?
 
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Message posté : Dim 15 Sep 2013 - 18:11 Message
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Chase n’était pas au courant. Ce qui ne l’empêcha pas de sourire d’un air entendu tandis que Charlie achevait de semer le trouble dans l’esprit de leurs kidnappeurs. Bien entendu, il aurait pu lire les pensées de l’avocate — qui devait être redoutable lors des contre-interrogatoires, pendant les procès — pour savoir ce qu’elle mijotait, mais c’eût été bien moins drôle. Oui, moins drôle : maintenant que plus personne n’était en danger, à part eux-mêmes, qui n’étaient pas vraiment en danger, Chase trouvait la situation plutôt ludique.

Plus sérieusement, ils avaient une opportunité en or. Arrêter ces trois hommes qu’ils torturaient sans pitié depuis un bon quart d’heure désormais serait sans doute très satisfaisant, mais un projet bien plus ambitieux fleurissait dans la tête de Neutron-Grey : forcer Big Boss à sortir de sa cachette pour venir résoudre la crise en personne et lui mettre la main au collet. Avec cela, la petite organisation criminelle qui soutenait cette affaire serait durablement handicapée.

Oh, il ne se faisait pas d’illusion : il était possible que Big Boss se contentât de sacrifier ces trois nouveaux pions sans demander son reste et, quand même ils l’arrêteraient, ce ne serait qu’un réseau de jeux clandestins qui serait définitivement mis hors d’état de nuire et les tentaculaires organisations criminelles de Star City continueraient à prospérer. Les méthodes relativement maladroites de Big Boss et de ses hommes, si elles les mettaient indubitablement très au-dessus des trois petites frappes auxquelles Charlie et lui avaient eu affaire chez les Ottershire, trahissaient tout de même qu’ils n’étaient pas les membres de ce puissant Cartel Rouge dont Chase avait entendu parler, dans certaines réunions de l’UNISON. Mais c’était un début.

Pendant que les trois hommes se regardaient d’un air de moins en moins assuré, Chase s’exprima à nouveau télépathiquement dans l’esprit de Charlie, pour lui faire part de son projet.

* Dites…*

Son « ton » était celui de la conversation et il contrastait radicalement avec la situation dans laquelle il se trouvait.

* Je me disais, puisqu’on est là et qu’en vérité, on ne risque pas grand-chose, on pourrait peut-être en profiter pour mettre la main sur leur patron. Pousser suffisamment le chef là, à bout, pour qu’il force le patron à venir ici. Et ensuite, on les arrête tous les quatre. *

Les mains liées derrière le dos, assis sur une chaise et entouré par trois hommes armés, Chase avait l’air parfaitement sérieux sur le succès potentiel de l’entreprise et, accessoirement, sur la confortable sécurité qui était la leur. Mais à nouveau, il se rendit compte que Charlie n’avait vu qu’un échantillon très réduit de ses pouvoirs et qu’elle n’avait pas les mêmes raisons que lui de juger favorablement de la situation.

* Sinon, on peut aussi se libérer maintenant. Si vous préférez. Ce n’est pas comme si c’était compliqué… *

Oh, il était sûr de lui, mais il avait de quoi : pour appuyer son propos, Chase s’insinua dans l’esprit de Johnny, qui baissa soudainement son arme et s’appocha des mains de Charlie pour commencer à les délier. Journal, qui ne savait plus où donner du canon, s’exclama d’un air paniqué :

— Putain, mais qu’est-ce que tu fous, qu’est-ce que tu fous ?

Imper hésitait à abattre Journal sur le champ, mais puisque tout le but de son opération était d’éviter un meurtre, il s’abstint. D’autant plus que Johnny se redressait, l’air perdu, et débitait rapidement d’une voix nerveuse :

— Je sais pas, je me suis dit, on va arrêter ça, je sais pas, j’suis plus en j’en suis, à cause de leurs putain d’embrouilles !
— OK, les mecs, OK. On est pas pressés, si ? On peut se poser, là, calmement, et discuter, réfléchir à tout ça, ensemble, et on va trouver une solution.
— Comme changer de nom et aller vivre au Mexique ?

La voix sarcastique d’Imper sembla secouer Johnny. Gravement, Journal hocha la tête :

— Eh bien oui, peut-être, s’il le faut. On va tout examiner.
— Et qu’est-ce qu’on fait d’eux ?
— Ils vont aller nulle part, comme ça, si ?

Imper poussa un soupir et les trois hommes baissèrent leurs armes, pour marcher en commun vers le fond de la salle de jeu, là où Charlie et Chase ne pouvaient pas les entendre. Journal était tourné vers eux néanmoins et continuait à les surveiller. Chase ne s’inquiétait pas trop du contenu de la discussion : ce qui comptait, c’était les émotions des trois hommes, qu’il continuait à sentir. La logique et l’argumentation n’étaient plus leurs instruments depuis longtemps.

De son côté, Big Boss, à deux pâtés de maison de là, dans son bureau, dans une autre salle de jeu clandestine, celle-ci bien active, tournait en rond. Il savait bien que la police ne remettrait jamais jusqu’à lui. Mais dans le Milieu, on apprendrait vite qu’il avait essuyé un nouveau revers. On ferait le rapprochement. Et ses jours seraient comptés. Son lieutenant, assis devant les écrans des caméras de sécurité, à surveiller les joueurs, jeta un regard à l’homme qui faisait les cent pas.

— Un problème, chef ?

Big Boss posa un regard suspicieux sur son employé. Est-ce que ce serait lui ? Le premier à lui planter un couteau dans le dos quand la rumeur de sa faiblesse se répandrait ?

— Non. Tout va bien. Garde les yeux sur les écrans.

Mais Journal, Journal résisterait sans doute. C’était un esprit fort. Il reprendrait le contrôle de la situation. Il l’avait déjà repris. Il fallait qu’il le reprît. Big Boss se laissa tomber sur son fauteuil et ouvrit le premier tiroir de son bureau, pour regarder le revolver qui reposait au-dessus des dossiers.
 
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Message posté : Mar 17 Sep 2013 - 15:28 Message
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Elle n’avait pas regardé soudainement dans la direction de Chase, elle n’avait même pas sursauté.  Elle arriva même à se retenir de regarder Neutron-Grey, avec un grand sourire, pour lui faire part de son évolution quand il s’exprima à elle à travers de la télépathie. Ca l’avait surprise, évidemment, mais elle avait réussi à se contrôler. Peut-être bien que les félicitations pour ce genre d’exploits – en ce qui la concernait – n’étaient pas les bienvenues pour le moment. Elle s’en passa. Mais quand même, c’était bien, non ?

Sans se mettre d’accord télépathiquement parlant – fallait se faire à ce genre de conversation – les deux semblaient déjà d’accord sur le fait que la situation n’était pas aussi dangereuse qu’elle était supposée l’être. Le trouble dans l’esprit des protagonistes leur laissait une marge de manœuvre plutôt confortable pour le moment. Elle aurait même pu sourire à la façon dont Chase annonçait les choses, loin d’être paniqué. A croire qu’ils auraient presque pu avoir cette conversation devant un café. Intérieurement elle leva faussement les yeux au ciel devant la facilité qu’il pouvait mettre à faire les choses. Se libérer. Pff, un jeu d’enfant pour lui. Il était Chase Neutron-Grey, après tout.

Elle allait lui répondre quand Johnny s’approcha d’elle dans l’idée de la libérer avant de se faire arrêter par les autres et, sûrement, parce que Chase avait décidé de suspendre cette action. Du haut de sa vingtaine d’années, Chase avait quand même quelque chose de particulièrement flippant à pouvoir faire ce qu’il voulait des gens qui l’entouraient. D’un point de vue très objectif, Charlie commença sérieusement à se dire qu’il valait mieux avoir le Neutron-Grey de son côté plutôt que l’inverse. A moins d’avoir « soudainement envie » de se jeter sous les roues de la première voiture venue. La question n’était pas de savoir ce que Chase pouvait bien faire mais, de savoir ce qu’il ne pouvait pas faire.

* Si vous pouvez nous libérer maintenant, vous pouvez aussi le faire plus tard. Il n’y a pas d’urgence. *

Mettre la main sur celui qui était derrière tout ça était bien plus intéressant que chercher à se sauver alors que, pour le moment, la situation ne demandait pas d’urgence réelle. D’ailleurs, les trois hommes, avaient décidé de faire une réunion improvisée pour voir les options qui s’offraient à eux, loin des paroles que pouvaient prononcer les deux personnes attachées.  Charlie porta son regard sur le groupe de trois, avant de finir par s’adresser à Chase mentalement, sans bouger de position.

* Et je suppose que c’est tout aussi facile pour vous de laisser entendre à ce type qu’il a tout intérêt à faire venir leur patron, non ? *

Parler, négocier pour aller dans ce sens-là devait être possible avec des mots, elle n’en doutait pas vraiment. Mais ils étaient loin, c’était maintenant qu’ils discutaient de leur option, maintenant que les choses se jouaient. Si jamais les trois hommes prenaient une autre alternative, Journal aurait du mal à asseoir son autorité s’il venait à changer d’avis, ou à hésiter devant quelques paroles. Elle ne doutait pas que Chase puisse être capable d’insérer cette idée dans l’esprit des hommes. En revanche, elle ne savait pas s’il le voudrait bien. Drôle d’interrogation…

Le groupe en face s’anima un peu avant que Journal ne finisse par demander aux deux autres de retourner auprès des… Otages ? Futures victimes ? Non, parce que, techniquement, ils n’entraient dans aucune de ces catégories. Journal, attrapa son téléphone pour appeler Big Boss. Faire venir son patron, ça lui avait semblé être « sa meilleure idée », histoire de mettre tout le monde d’accord, d’offrir quelques garanties aussi. Si le patron se mouillait alors, plus personne n’aurait peur de se faire balancer comme des pions.

Big Boss, dans son fauteuil ne voyait pas les choses de la même manière. Est-ce que c’était un piège de Journal pour se retourner contre lui ? Il avait peut-être envie de jouer les chefs en se débarrassant du calife ? Mais, s’il ne se pointait pas là-bas, Big Boss perdait de son autorité en qualité de chef. Les choses devaient se passer de la manière dont il l’avait décidé, s’il laissait les choses se faire et que le message ne passait pas à cause de deux abrutis munis d’une conscience, Big Boss allait perdre en crédibilité. Il donna sa réponse et raccrocha.

_ Il arrive.

Journal avait annoncé ça avec un certain soulagement en revenant près de la table de poker. D’ailleurs, la nouvelle semblait rassurée tout ce petit monde. La situation leur avait échappé mais, bientôt, tout serait à nouveau sous contrôle, non ? C’était bien le but de la manœuvre, c’était pour cette raison qu’ils avaient finis par être d’accord sur la venue de Big Boss ? Chase n’était vraiment pas la personne dont il fallait douter quand il s’agissait de mettre une idée dans l’esprit de quelqu’un. Brièvement, Charlie se demanda si elle avait bien voulu, de son propre chef, aider Ellis quand il avait été accusé. Mais, elle n’avait pas envie de remettre ça en cause, qui aurait fini par remettre plein de choses en cause alors elle effaça cette pensée de son esprit.

_ Et après ?

Simple question qui lui apporta plusieurs regards, pas des plus admiratifs, elle devait bien avouer. Doucement, elle haussa les épaules, l’air innocent.

_ C’est seulement que je me demande ce qui va se passer pour vous quand il va comprendre qu’il ne peut pas compter sur son personnel. Parce que, dans mon monde à moi, ça se finit souvent par un licenciement. Elle eut un regard interrogateur. Vous pouvez être licenciés ?

Il ne fallait pas qu’à l’arrivée de Big Boss, tout le monde se décide àremettre à ses décisions. Il fallait que les trois types pensent avoir quelque chose à craindre pour ne pas avoir su faire le travail demandé, qu’ils pensent que leur patron ne pouvait pas compter sur eux, qu’ils étaient inutiles à sa petite entreprise qui n’avait rien de légal. Elle doutait fort que, dans leur branche, ils s’en sortent avec un mot de remerciement pour bons et loyaux services mais que, à partir de maintenant, on n’avait plus besoin d’eux.

_ Ça va bien se passer.

Journal était pris d’une inspiration nouvelle à l’idée que Big Boss débarque, il serait prendre les choses en main et Journal n’avait rien à craindre. Il expliquera que ce n’était pas de sa faute, qu’il avait voulu faire ce qui était demandé mais que les deux autres l’en avaient empêché. Il le sacrifierait s’il le fallait mais, lui, Journal, il ne tomberait pas.
 
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Message posté : Mar 17 Sep 2013 - 20:36 Message
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Plus ils discutaient, plus ils se sentaient idiots de s’être laissés emporter, l’un contre l’autre, par une situation qui, somme toute, n’était pas si difficile. Après tout, avant de courir aux conclusions catastrophistes, pourquoi ne demandaient-ils pas son avis au principal intéressé ? C’était la logique même, ce qu’il aurait fallu dès le début, mais les deux otages les avaient embrouillés. Maintenant, ils y voyaient plus clairs — ça n’avait pas été facile, il avait fallu que leurs pensées suivissent tout un cheminement, il avait fallu discuter longtemps, mais ils étaient pleinement d’accord. Le consensus était trouvé.

Le consensus évidemment avait été décidé depuis bien longtemps dans l’esprit de Charlie, d’abord, puis dans celui de Chase, qui s’était chargé de mettre l’idée de son avocate favorite en forme. Un mentaliste moins expérimenté se fût sans doute contenté de changer brusquement les avis de ses trois victimes, quitte à courir le risque qu’elles se rendissent compte, un quart d’heure ou une demi-heure plus tard, de la supercherie : Chase, lui, s’était concentré, les avait surveillé tous les trois, simultanément, et les avait poussés un tout petit peu, quand l’occasion l’exigeait.

Si beaucoup de gens supposaient que les manifestations les plus spectaculaires des pouvoirs mutants étaient les plus complexes, Chase lui savait que c’était dans les détails presque invisibles que se jouaient les presses. Une télékinésiste lui avait un jour confiait qu’elle éprouvait plus de difficulté à forcer une serrure par le pouvoir de sa pensée qu’à renverser une voiture, et il avait trouvé du rapport avec sa situation. Maintenir une lecture simultanée des trois esprits pour n’y intervenir que le moins possible n’avait pas été un exercice aisé, même pour lui, et quand les trois hommes revinrent, le mutant avait l’air somme toute un peu pâle.

Mais la décision avait été prise : c’était l’essentiel. Mais Imper avait l’air rassuré à l’idée qu’un deus ex machina vînt bientôt résoudre leurs délicats problèmes. Alors que Charlie recommençait à semer le doute, Chase sentait sans peine que la conviction de leur public était moins aisément ébranlée que quelques minutes plus tôt. Mais Johnny et Imper n’étaient pas des rocs. Après la prison, la perspective de se retrouver les pieds dans le béton ajouta un peu à la nervosité.

Big Boss de son côté conduisait assez lentement, le temps de rassembler ses idées. Que savait-il exactement sur les mentalistes ? Pas grand-chose. Il lisait les journaux grand public, à vrai dire, et dans ceux-là, on ne s’étalait pas sur les processus psychologiques complexes sur lesquels opérait ce genre de mutants. Bien persuadé d’être doté d’un esprit autrement plus solide que ceux de ses trois sbires qui, sans doute, s’étaient aisément laissés manipuler, Big Boss ne se leurrait pas cependant : il n’en était pas arrivé là où il était en faisait preuve d’un excès d’orgueil et il préférait ne rien laisser au hasard.

Il s’engagea donc dans les minutes intellectuelles les plus difficiles de toute sa vie : il avait un plan, mais il essayait de ne pas penser à son plan et de ne pas avoir l’intention de le réaliser, ce qui forcément transformait le plan en pensée obsédante. Alors il essaya de se concentrer sur autre chose : sur des chiffres, par exemple, sur le chiffre des recettes. Mais s’il pensait trop au casino, Chase peut-être le sentirait venir ? Alors il se mit à penser à autre chose : à la pêche. Mais la diversion était-elle trop visible ? Peu à peu, Big Boss essaya de s’inventer la vie mentale d’un habitant lambda du quartier. La migraine le guettait.

Les trois kidnappeurs gardaient pour leur part un silence prudent. Ce n’était plus le moment de répondre aux otages : à trop leur parler, ils s’étaient laissés embrouiller. On ne les y reprendrait pas deux fois. Chase de son côté essayait d’obtenir une cartographie précise de leurs intentions. Comme il l’avait prévu, ses interventions très ponctuelles lors de la discussion ne leur avaient pas donné une confiance excessive et, sous leurs airs désormais assurés, se cachait la même fragilité qu’à l’ordinaire. Ils avaient beau ne pas répondre, ils n’en prêtaient pas moins oreille aux propos de Charlie, si bien que mentalement, Chase glissa à l’avocate :

* Je crois que vous les avez bien ferrés. Tout a l’air de bien se dérouler. *

À peine cette pensée s’était-elle formée dans l’esprit de Charlie que Chase sentit se préciser une présence nouvelle aux limites de la salle de jeu — un esprit un peu chaotique qu’il n’eût pas supposé à Big Boss.

* Il arrive. *

Quelques secondes plus tard, des bruits de pas se firent entendre et Journal répéta :

— Il arrive.

Et il arriva. La porte de la salle de jeu fut ouverte à la volée, il y eut un moment d’hésitation et Big Boss pointa son arme sur Chase et appuya sur la détente. Tel avait été son plan bien ficelé : s’il tuait le mentaliste d’entrée de jeu, alors, quelque puissant qu’il fût, il n’aurait pas l’occasion de s’immiscer dans son esprit. Et comme le but avait été de refroidir l’avocate et son acolyte depuis le début, cela ne changeait pas fondamentalement ses plans — le panache manquerait, mais au point où il en était, c’était un moindre mal.

Les choses s’enchaînèrent très vite et, pour les trois kidnappeurs, elles furent probablement peu compréhensibles. La balle se logea dans l’épaule de Chase qui laissa échapper un cri où se mêlaient la surprise et la douleur. Big Boss n’avait plus tiré sur quelqu’un depuis bien longtemps et il n’avait pas eu le loisir de viser très précisément : il avait raté son coup. Mal lui en pris. Instinctivement, Chase fit ce qu’il ne faisait presque jamais : il déchargea un choc mental brutal et quasiment incontrôlé dans l’esprit du nouveau venu, qui se retrouva brusquement vide de toute autre sensation qu’une profonde et ravageuse angoisse.

Big Boss laissa tomber son pistolet et se prostra au sol comme un enfant qui venait de naître, en pleurant à gros sanglots — question récupération d’autorité, on avait vu mieux. Chase avait été renversé de sa chaise sous le choc de la belle et commençait à perdre son sang sur le parquet de la salle de jeu. Ce n’était pas la première fois qu’il se faisait blesser en mission, mais il fallait bien l’avouer : il n’était pas un agent de terrain endurci et, pour l’heure, au-delà de la réaction instinctive qui l’avait poussé à anéantir (temporairement ? il n’en était pas sûr) l’esprit de Big Boss, il n’était capable de rien d’autre que de retenir la panique qui l’envahissait à son tour petit à petit.

Les trois hommes étaient restés un moment hébétés, mais ils comprirent vite, et cette fois-ci sans l’aide du mentaliste ni des suggestions sournoises de l’avocate, que les choses venaient de se compliquer authentiquement : ce n’était pas Big Boss, qui pleurait toutes les larmes de son corps en tremblant, qui allait les sortir de ce mauvais pas et, cette fois-ci, l’agent de l’UNISON était authentiquement blessé.

— Il faut l’amener à l’hôpital !

Imper avait été le premier à sortir de sa surprise. Journal secoua la tête, blanc comme un linge.

— Faut pas qu’on le voit comme ça.
— Mais j’te parle pas du patron, j’te parle du môme !

Johnny risqua :

— S’il crève, c’est fichu, on va être traqués par tout le monde.

Tuer un Neutron-Grey, ce n’était pas drôle, s’il l’achevait au sol alors qu’il était déjà sérieusement amoché, et puis de toute façon, maintenant qu’il voyait la prison à vie se rapprocher à grands pas et les protections s’envoler, il n’était plus sûr de tant vouloir le prestige que cela. Journal, perdu un instant, se mit à regarder Big Boss et évaluer ses chances de prendre le contrôle, sinon de toutes les salles de jeux, du moins d’une petite partie de l’organisation. Mais Imper insistait :

— Allez, magnez-vous, on va le porter au van.

Journal releva son arme et la pointa sur Imper :

— Personne va nulle part tant que j’réfléchis.
— Il saigne quand même vachement beaucoup.
 
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Message posté : Mer 18 Sep 2013 - 14:06 Message
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_ Chase !

Première fois qu’elle prononça son prénom ouvertement, loin des Mr neutron-Grey qu’elle pouvait lui servir d’habitude, sa voix – plus un cri – s’était mêlée à l’expression de douleur émise par Chase. Tout s’était passé tellement vite. Bien trop vite. Elle n’avait pas compris. La chaise de neutron-Grey se renversa, elle s’en voulu et culpabilisa. Charlie avait tellement été persuadée que tout se passerait bien, que la situation n’était pas si dangereuse que cela et, Big Boss – qui n’avait plus rien du grand méchant, en boule par terre – avait débarqué et ruiné toute cette confiance qu’elle avait pu avoir dans la situation.

Première fois qu’elle tira sur ses liens pour essayer de s’en défaire, sans le moindre succès, pendant que les trois autres essayaient de voir ce qu’il convenait de faire dans pareille situation. Et Charlie aurait pu passer les dix prochaines minutes à culpabiliser d’avoir appelé Chase pour un rendez-vous improvisé. Elle aurait pu passer ce temps à chercher comment les choses avaient pu perdre de leur contrôle en si peu de temps et avec l’arrivée d’une seule personne. Peut-être même qu’elle aurait pu passer ce temps à imaginer des scénarios différents pour tenter de voir si une alternative différente avait été possible. Mais… Un regard sur Chase, à l’auréole écarlate qui se forma doucement et elle comprit que se poser trop de questions ne servait à rien. Les choses en étaient là, revenir en arrière était exclu, il lui fallait une solution pour maintenant.

_ Mais réfléchir à quoi ? C’est déjà tout vu !

Première fois qu’elle éleva la voix, clairement énervée par la situation. Elle ne vit aucune situation qui prêta à sourire alors que Chase resta au sol, blessé. Journal commença à en avoir marre qu’on vienne interrompre ses pensées à tout bout de champ, l’idée de tuer l’avocate lui traversa l’esprit. Il pourra réfléchir tranquille pour une fois. Il leva son arme sur Charlie.

_ J’ai dit : j’réfléchis !
_ Et vu ce que ça donne, tu devrais peut-être songer à l’écouter cette fois.

Imper commença vraiment à douter des décisions de Journal, c’étaient-elles qui les avaient mis dans cette foutue situation. Un simple enlèvement, c’était ce qu’on lui avait dit, c’était la raison pour laquelle il était venu, pas pour voir un Neutron-Grey se vider de son sang devant lui.

_ Vous croyez quoi sérieusement ? Ce type – et elle désigna Neutron-Grey d’un mouvement de tête – a été capable de localiser votre prétendu moyen de pression, dans toute la ville, pour savoir qu’il allait bien. Vous pensez réellement, qu’il n’a pas prévenu des agents d’UNISON en donnant sa localisation ?

Imper et Johnny se comprenaient dans le regard qu’ils venaient d’échanger. Rien n’avait été normal depuis le début, et leur chef au sol en train de pleurer ne faisait rien pour arranger les choses. Ils commençaient à croire que ce qu’on lisait dans les journaux n’étaient pas si exagéré que ça. Si Chase était réellement considéré comme l’un des meilleurs mentalistes de l’époque, s’il était à UNISON… Évidemment qu’il avait pu prévenir une équipe. Combien de temps avant qu’elle ne déboule dans les locaux ?

_ Depuis le début ils nous embrouillent !

Il n’appuya pas sur la détente pour autant. Pas que tuer une avocate avait quelque chose de dérangeant mais, s’il voulait prendre la place de Big Boss, comment devait-il s’y prendre avec ses futurs employés : les écouter ? Asseoir son autorité et prendre les décisions ? Il n’avait pas eu le temps de réfléchir à tout ça.

_ Et quand ils vont arriver, personne ne va croire que votre patron a pu tirer sur quelqu’un, vous avez vu son état ? Ils vont considérer que l’agent blessé au sol est de votre faute à vous.
_ Vous avez vu ce qui s’est passé, non ?

Bravo Journal ! Il venait de donner une raison suffisante aux deux autres pour garder l’avocate en vie

_ Vous voulez le listing de tous les chefs d’accusation qui vont peser sur vous, juste pour cette journée ? Détachez-moi, laissez-moi l’aider et je pourrai peut-être faire quelque chose pour vous.

Pour être honnête, ce n’était pas à Journal qu’elle s’adressait mais plus aux deux autres qui semblaient avoir une vision plus claire des choses. Risquer de finir en prison… Ce n’était pas comme ça qu’on gagnait le mieux sa vie. Ils se regardèrent, hochèrent la tête et ce fut Johnny qui pointa son arme sur Journal pendant qu’Imper approcha de Charlie pour la détacher. L’avocate ne prit pas le temps de se dégourdir les mains qu’elle fut déjà auprès de Chase mais, la chaise rendait la position encore plus inconfortable que ce qu’elle était. A genoux, à côté de Neutron-Grey, elle releva les yeux sur Imper.

_ Détachez-le.

Voix sans appel, qui ne demandait pas de négociation. Imper tourna en rond, porta une main à son visage en proie à un sérieux dilemme. Charlie trouva bon de lui rappeler que Chase n’avait pas besoin d’être détaché pour faire quelque chose d’hostile, rappelant l’état du patron des trois. Imper céda en se disant que ça allégera sûrement les charges contre lui, une troupe d’UNISON allait débarquer, non ? Chase fut libéré, la chaise envoyée plus loin. Charlie pointa son regard dans celui de Chase, toute trace d’énervement ayant disparu de son visage et de sa voix.

_ Je suis désolée.

Pas seulement pour la situation mais parce que, là, maintenant, elle appuya sur la plaie que lui avait laissée la balle. Stopper l’hémorragie, c’était le truc qu’il fallait toujours faire. Ce truc débile censé aider les gens alors que, sur le coup, c’était… Disons que, quand quelqu’un à mal, il avait envie de beaucoup de choses, sauf de voir quelqu’un appuyer sur sa blessure. Dans le même temps elle avait effectué quelques pressions dans la poche de sa veste, avant de poser les deux mains sur la blessure. Son téléphone portable, qu’elle connaissait par cœur pour avoir passé beaucoup de temps à ses côtés – oui, c’était presque une relation fusionnelle -, avait appelé la secrétaire du bureau où elle travaillait. Elle laissa passer un peu de temps.

_ L’hôpital le plus proche de Fremont Street, il est où ?
_ J’sais pas, euh…

Ok, Imper essayait de rassembler ses idées, Journal lui s’anima. Pas trop, il avait quand même une arme pointée sur lui.

_ On ne l’emmène pas à l’hôpital, ça va être pire.
_ Vous avez tiré sur un Neutron-Grey, après vous avoir enlevé à cause d’une salle de jeux qui a fermé. D’ailleurs, j’espère pour vous que c’était mieux décoré que maintenant. Qu’est-ce qui pourrait être pire ?

Elle espérait, sans certitude possible –sortir son téléphone aurait été du suicide – que la secrétaire avait décrochée, qu’elle avait eu la conversation, qu’elle avait compris et qu’elle allait agir. Il le fallait.
 
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Message posté : Mer 18 Sep 2013 - 18:33 Message
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En fait, ça ne faisait pas si mal que cela. Au début. Pendant quelques instants, la balle avait juste transpercé son épaule, et c’était tout. Une douleur intense, sans doute, mais éphémère. Et puis le sang avait coulé, et sans doute le spectacle de son propre sang sur le sol, la confusion qui régnait autour de lui, le ramenèrent à la réalité de sa propre blessure. Elle n’était que physique, cette blessure, alors il la sentait moins, peut-être, qu’un autre ; mais paradoxalement, cette simplicité même sortait de son domaine de compétence et il ne savait pas exactement ce qui lui arrivait.

Il aurait dû être plus attentif lors des nombreuses explications médicales que sa sœur pouvait lui donner sur tel ou tel sujet. Mais enfin, l’important, sans doute, c’était de ne pas paniquer. Instinctivement, il chercha le regard de Charlie, il essaya de se concentrer sur sa voix, sur la voix des autres, de continuer à faire comme avant ; mais les pensées des protagonistes lui arrivaient dans le désordre, un peu trop vite. Ce ne fut que lorsque l’avocate lui compressa l’épaule qu’il revint à la réalité avec un long grognement de douleur.

Les mains libres, Chase tenta de ne pas bouger le bras blessé, mais il se redressa un petit peu. Un coup d’œil à Big Boss transformé en Grosse Loque. Même en sachant que l’homme était peut-être anéanti pour le reste de sa vie, qu’en tout cas il allait goûter pendant de longues semaines aux joies de l’internement psychiatrique, Chase avait du mal à s’en vouloir. Après tout, ce n’était que de la légitime défense.

L’hôpital, c’était une bonne idée. Chase tenta de rassembler ses esprits pour convaincre les trois larrons que c’était vraiment une bonne idée. Mais c’était peine perdue — il n’y avait qu’une vague sensation de sécurité et de résolution, arrivée quelque part du fond de l’esprit de Charlie. Il ouvrit la bouche pour soutenir les propos de Charlie mais ne parvint qu’à murmurer :

— …on pourra… sans doute… négocier…

Et ses mots furent entièrement couverts par la voix d’Imper qui continuait à s’affirmer.

— On a plus le choix. Faut négocier. Avec un peu de chance, on fera même pas de prison, si on l’aide lui.

Journal aurait bien répondu, mais les sirènes de l’ambulance et la voiture de police hurlaient. Quand la secrétaire de Charlie avait entendu la conversation, même par bribes, elle n’avait pas hésité une seule seconde : il n’était que trop évident que l’avocate était en danger. Chase se redressa encore un peu plus et, d’une voix plus forte, parvint à articuler :

— Agent Neutron-Grey, UNISON.

Première étape, identification. Deuxième étape, les droits.

— Vous êtes placés en état d’arrestation. Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz pourra et sera… retenu contre vous devant… Un tribunal. Vous avez le droit à… un avocat. Si vous ne pouvez pas… en payer un, il vous en sera… fourni un… commis d’office.

Les droits Miranda, c’était fait aussi. C’était, somme toute, sa première arrestation formelle. Il en avait le droit, puisqu’il était, même très ponctuellement, un agent de l’UNISON, mais il n’en avait jamais eu l’occasion : accompagné souvent d’un agent de terrain professionnel, il l’avait toujours laissé se charger des arrestations, quand arrestation il y avait eu. Mais la situation était urgente : si les trois hommes avaient fui avant d’être arrêté, la situation leur était moins grave que s’ils le faisaient désormais — c’eût été une évasion.

Ils en avaient tous les trois parfaitement confiance et maintenant que les échappatoires avaient disparus, ils baissèrent de concert leurs armes, tandis que les ambulanciers et les policiers débarquaient brusquement dans la salle de jeu. En bon agent, Chase parvint encore à lancer aux hommes en uniforme :

— Agent. UNISON. Sous notre… juridiction.
— Oui, oui, maintenant taisez-vous.

C’était une ambulancière qui n’avait guère envie de voir son patient se lancer dans une bataille de juridiction alors qu’il continuait à saigner. La femme força Charlie à relâcher prise de la blessure pour prendre le relai, tandis que les policiers menottaient les trois hommes armés, avant de regarder Grosse Loque d’un air perplexe. Chase grogna de nouveau de douleur, mais lança :

— Lui aussi.

Les policiers observèrent le blessé d’un air suspicieux. Agent de l’UNISON, ce gamin avec une balle dans l’épaule ? Chase tira de sa main valide la manche de Charlie et murmura :

— Poche… blouson… intérieur… badge.

Il laissa l’avocate présenter le badge aux policiers, tandis que l’ambulancière insistait pour partir sur le champ. Elle fixa Charlie :

— Vous l’accompagnez ? C’est maintenant ou jamais.

Pendant ce temps, l’un des policiers appelait le Central pour décrire la situation — en tout cas ce qu’il en comprenait — tandis qu’un autre répondait d’un air exaspéré à Johnny, qui commençait déjà à développer sa défense :

— Oui, oui, on verra ça au commissariat, hein.

Le brancard fut hissé dans l’ambulance et Chase ne sentit pas vraiment le véhicule démarrer. Toutes ces nouvelles consciences qui avaient surgi avaient un peu embrouillé son esprit et les sédatifs qui commençaient à affluer dans ses veines n’arrangeaient pas l’affaire. Il murmura encore :

— Échecs et mat.

Avant de sombrer dans l’inconscience avec un sourire ravi.
 
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Message posté : Mer 18 Sep 2013 - 19:48 Message
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Définitivement, Chase n’avait rien de l’idée qu’elle pouvait se faire des personnes de sa condition. Blessé, il trouva le moyen d’annoncer les droits à la petite bande, histoire de pouvoir bloquer leurs possibilités de manœuvre. De mémoire, Charlie n’avait jamais été aussi soulagé d’entendre les sirènes au loin. Combien de fois elle les avait fuis avant de devenir avocate ? Là, elle les attendait, heureuse de savoir que la secrétaire du bureau avait fait le nécessaire, qu’elle avait tout compris et agit en conséquence. Il fallait vraiment que Charlie songe à la remercier pour ça.

C’était étrange parce qu’on lui demanda de lâcher Chase et, elle en fut incapable dans un premier temps. Pourtant, l’ambulancière était bien plus qualifiée qu’elle pour ce genre de situation mais Charlie se sentait responsable. Elle lâcha prise, parce qu’on ne lui laissa pas tellement le choix et elle se retrouva debout, un tas de personnes autour d’elle faisant leur boulot. Pas son domaine, pas son monde, elle se sentit soudainement impuissante en posant son regard sur ses mains qui portaient les traces de la blessure de Chase. Sa responsabilité, sa faute…

Un mouvement sur sa manche attira son attention et elle porta à nouveau son regard sur Chase avant de hocher la tête positivement. Ce ne fut qu’après avoir frotté ses mains, comme elle le put, sur son jean qu’elle attrapa le badge pour prouver les dires de Chase aux policiers. Voir le nom de Neutron-Grey écrit sur le badge, bizarrement, les fit se confondre en excuses. Ils ne l’avaient pas reconnu et, histoire d’alléger cette faute, ils reconnurent le bon boulot fait dans ces lieux, alors qu’ils ne comprenaient même pas ce qui s’était passé.

_ Oui, j’arrive.

Charlie confirma pour l’homme qui pleurait sur le sol. Une longue histoire, ils finiront par comprendre ce qui s’était passé ici à travers les différents témoignages. Elle se détourna de la scène pour retrouver la sortie. L’air frais fut plus qu’agréable. Combien de temps étaient-ils restés dans la pénombre de la salle de jeux ? Elle s’installa dans l’ambulance alors que Chase, toujours Chase, ne put s’empêcher d’une référence aux échecs. Elle laissa passer un sourire en prenant place à l’arrière du véhicule.

_ Vous êtes de la famille ?

Charlie passa une main sur son visage, plus par réflexe que par souci de l’esthétisme à en juger par ses mains maculées, en essayant de refaire le point sur la situation, de comprendre ce qu’on lui demandait.

_ Non, je suis…

Bonne question. L’avocate débile qui avait entrainé Chase sur une affaire, qui lui avait donné rendez-vous pour finir ici ? Devant le regard interrogateur de l’ambulancière, Charlie finit par soupirer.

_ C’est une longue histoire. Comment il va ?

S’ensuit tout un discours sur la chance qu’il avait eu, de la balle qui n’était pas restée mais qui s’était contenté de traverser son épaule. Quelques termes techniques, parce que, évidemment, tout le monde devait comprendre les bases du jargon pseudo médical. Ce que Charlie comprenait c’est qu’il allait bien, enfin, qu’il s’en remettrait, rien d’alarmant. L’ambulancière chercha bien à savoir ce qui s’était passé là-bas mais, dans la mesure où ça ne la regardait pas, Charlie resta silencieuse. Le trajet fut court, l’hôpital vite rejoint et Chase emmener très vite vers des médecins.

Postée dans une salle d’entente, Charlie prit son téléphone pour appeler la secrétaire, la remercier une première fois. Lui dire qu’elle avait assuré. La remercier une deuxième fois. Lui expliquer que tout allait bien maintenant. La remercier une troisième fois, et lui promettre de la tenir au courant avant de la remercier une dernière fois. Aucune idée du temps passé dans cette salle mais, un médecin avait fini par débarquer.

_ C’est vous qui êtes arrivée avec Mr neutron-Grey ?
_ Oui.
_ Vous êtes ?
_ Charlie Lane.

Elle lui montra sa carte, celle qui la définissait comme avocate. Le médecin avait décidé qu’il fallait faire de prudence avec un patient comme celui-là, après tout, on lui avait tiré dessus. Les vérifications faites, les explications données sur l’état de Chase et, le médecin accompagna Charlie jusqu’à la chambre qu’il occupait. Elle se passa très bien de se demander si tous les patients avaient le droit à une chambre comme celle-là. Pour l’heure, elle s’en foutait pas mal.

Assise sur une chaise de la chambre, Chase encore endormi pour le moment, Charlie entreprit d’envoyer quelques messages, de passer quelques appels, histoire de savoir comment s’étaient déroulées les choses de l’autre côté. Elle raccrocha d’une conversation qui confirmait l’arrestation de tout le monde, et la demande de témoignages d’eux deux dans les plus brefs délais, quand Chase sembla s’animer un peu. Charlie se releva pour s’approcher du lit, à une distance toutefois raisonnable.

_ Comment vous sentez ?

Question stupide... Elle lui expliquerait volontiers ce qu’elle venait d’apprendre mais, elle n’était pas certaine que les effets des sédatifs soient en accord avec cette envie.
 
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Message posté : Mer 18 Sep 2013 - 21:21 Message
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Chase commençait à avoir la vision un peu embrumée : ce halo de cheveux blonds, ce devait être Charlie (à moins que Tesla ne se fût brusquement téléportée devant lui) et cette chose en uniforme, c’était sans doute l’ambulancière. Les bruits confus des sirènes se mêlaient à des bribes de pensée et, au bout de quelques secondes, il s’était définitivement endormi — jusqu’à un soubresaut, dans la salle des urgences, qui n’avait guère consisté qu’en une longue suite de plafonds lumineux, puis de visages masqués. Quelques anesthésiants plus tard et tout était fini.



* Je mangerai bien une madeleine. *
* Pipi. Pipi pipi. Pipipipipipipipipipi. *
* Elle est peut-être nue sous sa blouse la coquine. *
* Je veux mourir. *
* Mais faites-le taire… *
* J’peux quand même pas lui dire qu’il est moche son bébé. *
* C’est du jambon, ça ? *

Les paupières de Chase se soulevaient lentement tandis que son esprit tentait d’organiser méthodiquement : 1) les pensées qui lui appartenaient et 2) celles qui venaient des différents humains de l’hôpital puis 1) les pensées qui l’intéressaient et 2) les commentaires sur le menu du soir dont il pouvait sans doute se passer. Pendant un instant, il se demanda ce qu’il faisait dans un pareil endroit, avant de se souvenir de leur plan qui avait réussi (presque) à merveille, leur plan à Charlie et à lui.

Il tenta de se redresser dans ses coussins, avec son bras en écharpe et son bandage qui lui entourait, aurait-il dit, la moitié du torse avec l’épaule. Un excès de zèle, peut-être.

— Grmph.

Bon, ça faisait toujours mal. En tentant de combattre la migraine qui commençait à se former, Chase tourna son regard bleu sur Charlie et esquissa un sourire. Il était pâle, encore, et il avait l’air encore embrumé. Un peu.

— Tess… ?

Beaucoup. Il fit un effort de concentration et murmura cette fois-ci :

— Oh, Maître… Désolé.

Il recommença à gigoter comme un idiot dans son lit, pour éviter d’être avachi en face de l’avocate, tout en constatant avec horreur qu’on lui avait mis l’une de ces blouses d’hôpitaux qui n’étaient pas faites pour respecter la pudeur de ceux qu’il portait. Il fallait dire que ses habits avaient été découpés aux ciseaux pendant l’opération d’urgence et qu’ils étaient parfaitement inutilisables désormais.

— Je me sens… euh… euh…

Flagada.

— Un peu déphasé.

Ce qui ne l’empêcha pas d’esquisser un sourire ravi et fatigué.

— Mais on les a eus, quand même ! On s’en est bien tirés.

Sauf qu’ils étaient à l’hôpital, bien sûr, et que ce n’était pas demain la veille qu’il allait pouvoir jouer à nouveau du tennis. Fort heureusement, Chase ne jouait pas au tennis : tout s’arrangeait donc. En somme, le jeune Neutron-Grey avait l’air plutôt content de son aventure, même avec un (petit) trou dans l’épaule. Lorsque, comme un téméraire inconscient qu’il était, il essaya de bouger un peu la dite épaule, il fut beaucoup moins content, évidemment, pendant trois secondes.

— Mais qu’est-ce que vous fabriquez, là ?

Ce n’était pas Journal — qu’on se rassure — qui avait miraculeusement réussi à échapper à ses geôliers, mais une volumineuse infirmière qui foudroya Chase du regard — le jeune homme aussitôt cessa de rouler des mécaniques.

— Vous savez combien de temps ça prend à faire, des bandages comme ça ?
— Euh…
— Va falloir rester calme, Monsieur, sinon on va devoir vous attacher.
— Ça ne sera pas nécess… héé !

L’infirmière venait de lui envoyer une lumière droit dans la rétine en lui soulevant les paupières.

— Bon.

Chase cligna des yeux pour recouvre une partie de sa vision. L’infirmière dit gravement :

— Il va falloir prendre votre température.

Le jeune homme déglutit péniblement et s’apprêtait à protester quand l’infirmière lui fourra un thermomètre… dans l’oreille.

— Bon.

Elle pointa Charlie du doigt.

— Votre petite amie, là, elle ne pourra pas rester toute la nuit, je vous préviens.
— C’est pas…
— Dans votre état, ce genre de choses, ce n’est pas recommandé.

Chase rougit jusqu’aux oreilles.

— Mais…
— C’est ça. Le médecin passera dans une heure.

Et la volumineuse infirmière sortit de la chambre pour aller brusquer d’autres malheureux patients. Chase jeta un regard un peu honteux à Charlie avant de glisser :

— Désolé. Et vous, ça va ?

Il ignorait si l’avocate avait été blessée dans la cohue des événements.
 
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Message posté : Mer 18 Sep 2013 - 22:34 Message
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Charlie, bien avant d’avoir le temps de répondre quoi que ce soit, s’était déplacée dans un coin de la pièce pour laisser de la place, et de l’espace, à l’infirmière. Impressionnant, on pouvait menacer et torturer avec des lampes et des thermomètres. Tout ça à cause d’une balle ! Sa petite-amie ?! Sérieusement ! Charlie préféra se dire qu’elle faisait plus jeune que son âge, ou Chase plus âgé, plutôt que de penser qu’une personne pouvait avoir ce genre d’idée. Une fois l’infirmière disparue, Charlie s’approcha à nouveau, toujours avec cette distance raisonnable. C’était connu, manquer de mourir dans une salle de jeux clandestine – et fermée – ce n’était pas fait pour rapprocher les gens.

_ Moi ?

Elle parut vraiment surprise, en fait, elle ne s’était pas posé la question. La priorité avait toujours été Neutron-Grey pour tout le monde et, en plus de ça, Charlie n’était pas blessée. Qui s’intéressait à son état ? Même pas elle… Elle secoua la tête, à croire que ça l’aida à réfléchir parfois.

_ Très bien.

Elle était entière, les choses ne s’étaient pas passées comme prévu – pour peu qu’il y ait eu un plan d’établi dès la base – mais avaient trouvé une bonne finalité, et lui allait s’en remettre. Alors, oui, elle pouvait estimer que tout allait bien pour elle.

_ Ils ont tous été arrêtés et, en fait, ils se balancent tous entre eux. Il faudra quand même aller faire une déposition dès que ça sera possible.

Pas tout de suite, il pouvait prendre le temps de se remettre. Les policiers n’étaient pas sans réponses vu que les trois hommes – le quatrième continuait de chouiner dans le fond de sa cellule – avaient donné leur version des faits. Elle attrapa son téléphone pour se rendre compte qu’elle n’avait toujours pas pris le temps de se laver les mains. Bravo. Non, elle n’avait pas du tout été inquiète !

_ Tenez, je vous le laisse, le temps que j’aille me laver les mains. Si vous avez quelqu’un à prévenir.

Elle laissa son téléphone près de Chase, ce qui lui semblait être une meilleure option que de fouiller dans les vêtements du jeune homme pour trouver son téléphone à lui. Et elle s’éclipsa de la chambre un instant. Se laver les mains, elle aurait pu le faire dans sa chambre mais, elle avait fini par se dire qu’il avait peut-être envie d’un peu d’intimité pour passer un appel ou deux… réflexion qu’elle s’était faite quand il avait commencé à l’appeler par un autre prénom. Sûrement celui de sa sœur. La joie d’avoir une famille connue, même sans les connaitre personnellement, les gens savaient un peu près qui était qui.

Plusieurs minutes plus tard, elle était de retour dans la chambre d’hôpital de Chase, mains propres, deux gobelets dans les mains.

_ En tant que supposée petite amie de Chase Neutron-Grey, on m’a laissé me servir dans la salle du personnel, parait que c’est un peu meilleur que les machines à boissons dans les couloirs.

Elle n’était pas certaine que ce soit, pour autant, un gage de qualité. Elle haussa les épaules en tendant un des gobelets vers Chase.

_ J’ai cru bon de démentir leur théorie, une fois servie. Chocolat ?

Ou ce qui s’en rapprochait… C’était un hôpital, il ne fallait pas trop leur en demander non plus. Si on y mangeait et y buvait bien, les gens y passeraient volontiers plus de temps.

_ Je ne vais pas pouvoir rester, en plus du couvre-feu offert par Super Nanny, je vais avoir un tas de formalités et paperasse à remplir.

Les joies de l’administration. De toute façon, elle en était certaine, sa place n’était pas ici. Chase avait de la famille, des amis, non ? Elle n’avait pas vraiment envie d’interférer dans tout ça. Pourquoi elle était là, alors ? Elle aurait tout aussi bien rentré avec le premier taxi venu.

_ Je voulais juste m’assurer que vous alliez bien et… C’était vraiment du bon boulot, là-bas.

A défaut de s’excuser pour la culpabilité ressentie, elle pouvait au moins souligner la performance dont il avait fait preuve. Pas si étonnant que ça que le jeune Neutron-Grey soit, déjà, un agent d’UNISON. Charlie haussa les épaules dans un sourire, ce genre de discours, ça ne devait pas être son truc en fait. Du coup, c’est assez vite qu’elle en dévia.

_ Vous avez réussi à joindre quelqu’un ?

Comprendre : est-ce que quelqu’un va venir, ou pas ?
 
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Message posté : Mer 18 Sep 2013 - 23:08 Message
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Chase grimaça. Pas parce qu’il avait mal à l’épaule — ça, aussi — mais parce que la nécessité de faire une déposition, opportunément rappelée par Charlie alors que le jeune homme s’imaginait déjà gambader libre comme l’air dans la campagne verdoyante, lui rappela que cette formalité ne serait pas la seule qu’il allait devoir accomplir : il y aurait le rapport à l’UNISON, d’abord celui pour sa directrice de laboratoire, Tesla, puis celui pour le responsable des agents de terrain, puis celui pour le responsable des usages exceptionnels de la force mentale, puis… Il en était déjà désespéré.

Ensuite, évidemment, Tesla allait vouloir savoir comment s’était passée l’utilisation de ses pouvoirs, notamment celle du rarissime mais toujours si redoutable choc mental : il faudrait donc un autre rapport, privé, pour les Neutron-Grey. Chase se voyait enterré sous une montagne de formulaires virtuels et il laissa échapper un lourd soupir de désespoir à cette perspective malheureuse. Inévitablement, il y aurait aussi les journalistes, qui allaient vouloir une interview — un plaisir que Charlie goûterait certainement à son tour.

Il attrapa le téléphone de l’avocate. Ce qui était bien, avec Chase, c’était que, comme de toute façon il pouvait fouiller à volonté dans votre esprit, on n’hésitait pas trop à lui confier des appareils contentant des données potentiellement personnelles. Le jeune homme composa le numéro de sa sœur et entreprit de minimiser la situation sur tous les fronts : non, il n’était pas dans un état critique, oui, tout avait toujours été sous contrôle, oui, il allait bientôt sortir, non, elle n’avait pas besoin d’atterrir en volant sur le toit de l’hôpital, au milieu des hélicoptères.

Il raccrocha et hésita à appeler Ellis. La tentation était grande de lui dire qu’il avait été blessé pour son action héroïque dans le cadre de l’enquête qu’ils avaient mené pour son compte. Une blessure comme cela lui permettrait sans doute de regagner les faveurs du jeune homme. Chase commença à faire tourner le portable entre ses doigts, partagé entre le véritable héroïsme qui se satisfaisait du devoir accompli et l’envie de se faire un peu mousser aux yeux d’un garçon qui lui plaisait.

Charlie interrompit heureusement son dilemme. Chase releva les yeux vers elle et troqua le téléphone contre un café.

— Merci.

Il esquissa un sourire lorsque l’avocate évoqua la relation qu’on leur prêtait.

— C’est ridicule, hein ?

Il fallut quelques secondes à son cerveau pas encore bien redémarré pour se rendre compte de ce que sa réaction pouvait avoir de désobligeant. Il rougit et précisa (ou s’embourba, selon les points de vue) :

— Pas parce que vous avez l’air vieille, ce n’est pas ça, je veux dire, vous n’avez pas l’air vieille, du tout, au contraire, vous faites jeune, très jeune… enfin, pas trop jeune non plus, c’est juste, voilà, vous êtes…

Cette périlleuse justification s’acheva par une évidence bien sentie :

— Une femme.

Il était vrai cependant qu’une bonne partie de la presse était encore rétive à l’idée d’afficher publiquement l’homosexualité d’un super-héros en vue — il fallait croire que pour le lectorat, cela ne collait pas encore avec l’emploi. Chase, pourtant, n’avait jamais fait le moindre mystère de ses préférences. Heureux cependant de se tirer dans cette ligne de conversation extrêmement périlleuse, Chase hocha la tête lorsque Charlie évoqua brièvement leur aventure « là-bas » et reprit :

— C’était grâce à vous, surtout.

Puis, un peu timidement, et avec un air embarrassé, il souligna :

— Vous m’avez sauvé la vie, après tout.

Sans Charlie pour achever de faire plier les trois hommes et pour contenir son hémorragie, Dieu sait ce qui lui serait arrivé ! Mort, peut-être ? En tout cas, salement endommagé. Chase lui adressa un petit sourire. Il hésita à lui souligner que « sauver la vie d’un Neutron-Grey » était un élément qui risquait fort de lui acquérir une popularité à court terme sur laquelle elle pouvait aisément capitaliser, mais il commençait à comprendre que ce genre de choses n’était pas la préoccupation principale de Charlie.

Le jeune homme hocha la tête.

— Tesla (c’est ma sœur) va venir.

Il se pencha un peu, grimaça à cause de son épaule, et essaya de jeter un coup d’œil au ciel par la fenêtre.

— Ça dépend des nuages, mais elle sera bientôt là.

Il fallait croire que cette remarque devait avoir du sens dans le monde un peu étrange des Neutron-Grey, où les membres de votre famille venaient vous rendre visite dans votre convalescence en volant à travers les cieux, parce que Chase s’abstint de toute explication. Il reporta donc son attention sur Charlie et lui adressa un nouveau sourire.

— Bref, vous pouvez y aller. Vous reposer, vous en avez sans doute besoin. Ne vous inquiétez pas pour moi, ça ira. Et puis j’ai la télé.

Il désigna le téléviseur dans un coin d’un geste du menton.

— Je crois qu’en plus, c’est bientôt l’heure de la rediffusion de la première série de Star Trek.

Brusquement, Chase passait du mentaliste prodige blessé dans une périlleuse mission au contact de criminels sanguinaires à un jeune homme de vingt-et-un ans qui suivait assidument sa série de science-fiction et, dans son lit d’hôpital, on aurait pu croire qu’il s’était simplement démis l’épaule au base-ball.
 
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