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Lorsque rôde la Mort... [Chase & Liam]

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Message posté : Mer 11 Sep 2013 - 1:05 Message
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Le Hasard

ϟ Sexe : Masculin
ϟ Arrivée à Star City : 07/04/2012
ϟ Nombre de Messages : 3595
ϟ Nombre de Messages RP : 3226
ϟ Célébrité : L'Homme Mystère
ϟ Crédits : © Renan
ϟ Âge du Personnage : Tous et aucun
ϟ Statut : Tous et aucun
ϟ Métier : Hasard
ϟ Liens Rapides : Star City Heroes
A Star City, tout le monde ou presque connaissait les légendes de la Colline aux Lanternes, en particulier celles qui entouraient le tristement célèbre Valet de la Mort. Qui était-il ? Que voulait-il ? Nul ne le savait vraiment, mais une chose semblait certaine, quand on parlait de lui, ce n'était jamais pour de bonnes raisons. Il avait commis plusieurs apparitions sanglantes dans l'histoire de la ville, disparaissant ensuite comme il était apparu, sans laisser la moindre trace. Nombreux étaient ceux qui s'étaient lancés sur ses traces mais personne n'avait jamais pu l'arrêter. Était-il un esprit qui revenait hanter la ville pour une raison inconnue ? Un monstre créé par la magie ? Un être envoyé par une quelconque force supérieure ? Un psychopathe immortel ? Tout était possible, malheureusement.

Trois. C'était le nombre de dossiers que l'inspecteur Gregorio avait déjà sur son bureau du poste de police de la Colline aux Lanternes. Des dossiers de meurtres qui semblaient afficher d'étranges similitudes entre eux, des similitudes que l'on retrouvait aussi dans les dossiers de crimes passés, ceux imputés au Valet. Est-ce que cela voulait dire qu'il était de retour ? Ou était-ce simplement le hasard, voire un imitateur ? L'inspecteur ne savait pas mais devant l'absence flagrante de preuves matérielles sur les scènes de crime, il avait demandé conseil à son capitaine et ce dernier avait immédiatement contacté les services de l'UNISON et de la Légion des Étoiles.

Au vu de la nature de l'affaire, le Commander avait demandé à Liam Archer, un mentaliste, de se mettre à disposition des services de police. S'il n'y avait pas de preuves matérielles, il restait toujours possible d'imaginer d'autres formes de preuve, non ? C'était un raisonnement que partageait l'UNISON et c'est pour cela que même s'il n'était en théorie pas un agent de terrain, l'organisation avait décidé d'envoyer le jeune Chase Neutron-Grey. Un nom lui aussi célèbre à Star City, mais un nom accompagné de capacités à la hauteur. N'était-il pas supposé être un mentaliste des plus puissants sur Terre ? La question restait de savoir ce que les deux hommes parviendraient à trouver, en menant leurs recherches. Et surtout, que pourraient-ils faire de ces découvertes, si elles s'avéraient être au-delà de ce que les hommes pouvaient percevoir ?


*** *** ***


Voilà pour vous, chers Enfants du Hasard !

Vous souhaitiez une rencontre du Destin sur le thème de l'Héroïsme et nous vous avons mis face à une enquête que vous devez mener. Un criminel sème la terreur dans le quartier de la Colline aux Lanternes et vous devez le retrouver ! Il est peu probable que ce soit l'insaisissable Valet de la Mort mais les possibilités sont toutefois très nombreuses. Et puis, s'il s'agissait du Valet, qui sait si vous pourriez l'arrêter ! Quoi qu'il en soit, c'est à vous de décider

Ceci n'est qu'une introduction pour vous et à partir de là, vous entrez dans un sujet à mener vous-mêmes, selon vos envies ! N'hésitez pas à communiquer entre vous, si vous le souhaitez et surtout, ne tardez pas trop à répondre à votre partenaire ! Je me réserve toutefois le droit d'intervenir à un moment que je jugerais opportun, si besoin est, pour vous servir une belle surprise...

Prenez garde aux caprices du Destin !
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Message posté : Mer 11 Sep 2013 - 12:13 Message
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Chicalors, une mission. Telle avait été la réaction de Chase lorsqu’on l’avait tiré de sa salle informatique, alors qu’il était innocemment en train de hacker une base de données du gouvernement coréen et qu’on lui avait dit que, cette fois, il allait partir sur le terrain — seul. Trois meurtres avaient besoin d’être résolu, et les grands yeux d’enfant de Chase s’étaient illuminés comme devant un sapin de Noël. Déjà, il imaginait tout : les rapports d’autopsie, les suppositions erronées puis enfin justes, les interrogatoires, la Colline aux Lanternes, les hiboux hululant sinistrement dans les cyprès squelettiques d’un cimetière abandonné. Un vrai parc d’attractions.

C’était que depuis son aventure avec Charlie, Chase avait pris goût aux enquêtes. Hélas, sa fonction d’expert en sécurité au sein de l’UNISON ne lui donnait que rarement l’occasion de laisser libre cours à cette passion nouvelle mais, à tout hasard, il avait introduit une demande dûment copiée en quatre exemplaires, tamponnés chacun par tous les bureaux et secrétariats compétents, pour obtenir plus de missions sur le terrain. Sans trop d’espoirs. Sans trop d’illusions. Après tout, on cherchait toujours à le contraindre.

Heureux comme un pinson, matinal comme un oiseau qui se lève tôt mais dont je n’ai pas le nom, parce que je ne suis pas ornithologue, Chase se présenta donc aux aurores au commissariat de quartier de la Colline aux Lanternes, où officiait l’inspecteur Gregorio. L’inspecteur Gregorio eût été un homme séduisant et dynamique si, depuis une semaine, il n’avait passé de longues soirées à tourner et retourner ses dossiers dans tous les sens et si, tous les matins, il n’avait pas eu des appels de tout ce que le quartier comptait de notables, le sommant de résoudre au plus vite cette préoccupante affaire.

L’affaire était à vrai dire d’autant plus préoccupante que les victimes de ces crimes horribles étaient bien connues. Point de prostituées décharnées dans la morgue de la Colline aux Lanternes, certes non, mais bien deux banquiers soulagés du poids encombrant de leurs pancréas et une juge qui avait perdu une foie dans l’affaire. Aucun des notables du quartier n’avait particulièrement envie de céder un organe à la psychopathie galopante d’un mystérieux tueur et tous le faisaient savoir à Gregorio qui, par conséquent, ne dormait point. C’était qu’il n’avait pas envie de finir sa carrière dans le service d’enregistrement des preuves, à compléter des formulaires toute la journée, l’inspecteur Gregorio.

Alors, évidemment, il était plein d’espoir, Gregorio, lorsque le jour J arriva — le jour où les prestigieuses institutions qui veillaient sur Star City lui enverraient de redoutables héros, des justiciers, des experts dans ce genre d’affaires, en somme, pour mettre la main sur ce fuyant coupable et restaurer le calme dans les esprits des trop influents habitants de la Colline. Il les voyait déjà tout moulés dans leurs collants, ces forces de la nature et de l’intellect, lui servir la réponse à toutes ses nocturnes angoisses sur le plateau argenté de la balance de la Justice.

— C’est une plaisanterie ? Si c’est une plaisanterie, jeune homme, sachez que…

Chase fouilla dans sa poche et colla son badge de l’UNISON sous le nez de l’inspecteur, qui sentit brutalement tous ses rêves s’effondrer : le service d’enregistrement des preuves arrivait à grands pas, c’était sûr. Chase rangea son badge et l’inspecteur détailla de la tête aux pieds la petite tête blonde que l’UNISON avait daigné, dans son infinie mansuétude, dépêcher à ses côtés pour l’aider dans sa difficile épreuve. Il était difficile de ne pas se sentir découragé.

— Vous euh…

Il avait bien lu « Neutron-Grey », sur le badge, bien entendu, et ce n’était pas une médiocre assurance, mais tout de même, il aurait préféré avoir l’aide de l’aînée, enfin celle qu’il supposait l’ainée, comment s’appelait-elle déjà ? Tesla. Voilà. Le génie des génies, paraissait-il, tout à fait ce qu’il lui fallait. À la place, il avait hérité d’un piètre succédané.

— …avez déjà mené une enquête ?
— Une fois. À peu près.
— À peu près ?
— Je peux voir les dossiers ?

Chase était de trop bonne humeur pour se laisser démonter par la fraîcheur de l’accueil qu’on venait de lui réserver. Un peu décontenancé pour sa part, l’inspecteur finit par hocher la tête — la tête d’un homme qui vit un mauvais rêve — et il conduisit Chase dans les couloirs du commissariat, jusqu’à une petite pièce à part, de quelques mètres carrés, que l’on avait généreusement attribuée le temps de l’enquête. Trois volumineux dossiers étaient étalés sur une table en aluminium renforcée et quatre ou cinq tableaux, tout autour, affichaient des cartes, des plans du quartier, des photographies des scènes de crime et des diagrammes de relations sociales.

Chase fixa les tableaux et leurs punaises d’un air un peu dubitatif.

— Vous n’avez pas d’écrans numériques ?
— Non, ça, c’est dans les séries télés…
— Dommage.

La vie était tout de même toujours beaucoup plus drôle avec des écrans numériques. Chase tira une chaise, en aluminium renforcé également, devant la table, s’assit et se mit à parcourir les dossiers, dont il avait déjà un résumé succinct, celui qu’une secrétaire probablement débordée avait consenti à envoyer à la Ligue et à l’UNISON, à défaut de pouvoir photocopier les documents originaux. La coopération entre agences demeurait un idéal inaccessible sur le continent américain, de toute évidence.

Gregorio s’adossa au mur, les bras croisés, et se mit à observer d’un air atterré celui qui devait lui servir d’associé. Au bout d’un moment, il sortit de son noir mutisme et interrogea :

— Vous savez qui la Ligue envoie ?
— Hmm ?
— La Ligue.
— Non. Vous avez remarqué les organes ?
— Manquants ? Oui, merci, difficile de faire autrement.
— Je veux dire, ce sont des organes qu’on peut transplanter.
— Je sais.
— Les victimes étaient en bonne santé ?
— Relativement.
— Alors, le marché noir ?

Bon, ce n’était peut-être pas un complet incompétent. Gregorio quitta son poste d’observation et vint s’asseoir de l’autre côté de la table, en face de lui. Il poussa un nouveau dossier vers Chase.

— Rien de très actif ces dix dernières années, ce qui ne veut pas dire qu’ils n’opèrent pas en-dessous de nos radars, bien sûr. Mais je vois mal quel intérêt des trafiquants d’organe aurait à s’en prendre à des victimes aussi visibles. Généralement, ils vont chercher chez ceux qui ne manqueront à personne, pour éviter de trop attirer l’attention de la police.
— C’est peut-être le but.
— Se faire arrêter ?
— Non, attirer l’attention. Je veux dire, un trafic d’organes, ça se finance. On protège ses arrières. On a besoin de banquiers. De juges. Et parfois, ceux qui nous aidaient nous tournent le dos. Alors on envoie un message. Et tant qu’à faire, autant faire d’une pierre deux coups, et on récolte quelque chose qu’on peut revendre au passage.

Gregorio fixa Chase d’un air un peu perplexe. Lentement, pour tenter de lui faire saisir la gravité de ses assertions, il demanda :

— Vous insinuez que l’Honorable Juge Samantha Weldis était corrompue ?

Chase haussa les épaules d’un air dégagé.

— Je ne crois pas que ce serait la première fois.

Gregorio devait bien avouer que, puisqu’il n’avait pas examiné cette possibilité, il n’avait pas particulièrement cherché à savoir si la juge avait des ennemis personnels. Trois personnes que rien ne connectaient invitaient peu à enquêter en profondeur sur les activités des victimes, au-delà de leurs routines quotidiennes et des lieux communs qu’elles avaient pu fréquenter pour attirer l’attention du ou des tueurs.

— C’est une théorie un peu compliquée pour expliquer ces faits, tout de même.

Un bon travail de police, c’était ce qu’il avait toujours appris à l’Académie puis sur le terrain, se satisfait de ce principe scientifique simple : l’économie des moyens. Chase lui préférait un autre principe finalement tout aussi scientifique : l’imagination et l’ambition. Le mentaliste désigna l’ensemble de la pièce, les dossiers sur les victimes, les dossiers sur autre chose, et reposa le regard sur le visage fatigué de l’inspecteur, avant de dire avec un sourire :

— Les théories pas compliquées n’ont pas l’air de tellement bien marcher…
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Message posté : Mer 11 Sep 2013 - 17:01 Message
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    « L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », disait on. Et bien soit, l'avenir ce n'était pas pour moi puisque aujourd'hui, nous sommes Mercredi et c'était mon jour de repos, ma coupure dans ma semaine de travail. Eh oui, j'avais donc coupé le réveil la veille et m'étais préparé psychologiquement (rude préparation qui plus est) pour me réveiller sur les coups de midi et me reposer de toutes ces journées éreintantes qui s'enchaînaient : entre mon boulot pour survivre financièrement et mon autre occupation qui consistait à la modeste tâche de sauver des innocents, je n'avais pas vraiment de temps pour moi et pour mes autres projets personnels.

    Être dans la Légion des Étoiles était certes prestigieux, me permettait de faire de grandes choses et d'assouvir mon besoin de protéger les gens et la ville qui me sont chers mais faire un break de temps en temps relevait du domaine de l'indispensable aussi bien pour ma santé physique que mentale.

    Alors que je me blottissais dans les bras de Morphée comme un gosse, rêvant de soleil et de tranquillité, un bruit sourd, dérangeant et significatif de bien de choses chiantes retentit.

    Mon portable. Et pas n'importe quel portable... LE portable. Celui utilisé uniquement en cas d'urgence et lorsqu'on avait besoin de moi à la Légion et celui là, je ne pouvais pas l'éteindre, par bonne conscience mais aussi à cause (oui, à cause!) de mon sens moral.

    Je tendis le bras vers ma table de chevet et cherchais à tâtons le coupable de mon réveil brutal, je décrochai tout en me frottant les yeux de ma main libre puis étouffai un bâillement avant de répondre présent.

    - Oui, pas de soucis Commander : je suis votre homme. Ça sera classé aussi vite que possible, ne vous inquiétez pas ! dis je pour rassurer le chef de la Légion qui semblait soucieux, dérangé par ces récents événements.

    Une fois le portable de nouveau en veille, je me mis en position assise sur mon lit, histoire de pouvoir réfléchir à ce qu'il venait de se passer. Parce que même si je l'avais joué décontracté avec le Commander, je n'en restais pas moins suspicieux : faire appel à un Légionnaire et un membre de l'UNISON pour traiter d'une affaire de meurtres était peu chose courante et vraisemblablement, les hautes instances de Star City mettait tout en œuvre pour élucider cette affaire qui concernait à priori des hauts fonctionnaires de la ville : banquiers, juge en particuliers.
    Tant pis pour le jour de repos, il fallait que j'aille à la Colline aux lanternes et voir cet inspecteur Grégorio au plus vite.

    Alors que je sirotais mon thé matinal, un message avec des pièces jointes apparut sur mon portable : les dossiers des victimes et les rapports d'autopsies : ablations d'organes dans les trois cas, même mode opératoire avec le même type de victimes... Mais il fallait que j'aille voir ça de mes propres yeux, en personne.

    Une fois sorti de mon appartement, je pus constater qu'une voiture m'attendait déjà en bas, avec chauffeur et tout le touti. Décidément, cette affaire trottait dans la tête de beaucoup de gens hauts placés, c'était certain. Je fis signe au chauffeur puis il m'emmena vers le district sud direction la Colline aux Lanternes.

    L'endroit n'avait pas changé depuis ma première arrivée en 1991, les légendes qui entouraient le lieu étaient célèbres, persistaient à travers les âges et la plus connue de toute était évidemment celle du Valet de la Mort, aussi macabre que connue mais pour le moment, je ne m'en préoccupais guère tout en gardant en tête que toute légende, tout mythe avait une part de vérité

    L'arrêt de la voiture puis l'ouverture de la porte par le chauffeur me fit sortir de ma torpeur et surtout de ma profonde réflexion suite aux documents qui m'avaient été fournis via mon portable. Plusieurs idées se bousculaient dans ma tête et alors que je pénétrai dans le commissariat, j'ignorai complètement le flic qui avait été averti de mon arrivée. Slalomant entre les couloirs du lieu et guidé par mon unique instinct de télépathe, je ne pus qu'esquisser un sourire quand je compris que le membre de l'UNISON affilié à l'enquête était un de mes confrères. Puissant ou pas, je ne saurais que dire mais cela ne pouvait pas être une mauvaise chose en tous les cas mais ce que je pouvais ressentir était un brin de naïveté, d'une jeune innocence …

    À l'instant même où j'ouvris la porte, je savais que j'étais au bon endroit, d'un côté se tenait l'inspecteur Grégorio, d'une trentaine d'années, la mine fatiguée et de l'autre, un jeune homme de la vingtaine tout rayonnant et qui semblait excité de participer à l'enquête.
    Non pas que ça me gênait, mais je savais que les jeunes héros étaient généralement trop pressés, imprudents et trop sûrs d'eux, il fallait être en permanence aux aguets de la moindre pulsion de folie et d'impétuosité. Il s'agissait du cas général, restait à savoir si le jeune blondinet était de cette sorte et difficile de le savoir autrement que dans la pratique : un mentaliste, ça se fait difficilement sonder.

    - Eh bien je vois que vous avez commencé sans moi ! Liam Archer, Légionnaire, enchanté. dis je en serrant la main de mes nouveaux collègues, tout en posant mon manteau sur le dossier d'une des chaises à notre disposition.

    Alors qu'ils me faisaient un bref débrief de ce qu'ils pensaient, j'analysais plus en détail mes nouveaux compagnons, apparemment l'inspecteur semblait sceptique quant à l'agent de l'UNISON et je ne pouvais lui en tenir vigueur mais si les hautes instances l'ont amené ici, c'est pour une bonne raison alors je me faisais guère de soucis.

    - L'idée du trafic d'organes me semble plausible tout comme l'idée de la vendetta. Mais il ne faut pas émettre d'accusations trop hâtives. Pourquoi le tueur n'aurait il pas tué Maître Weldis parce qu'elle refusait d'apporter son aide et en effet, servir de message pour les autres encore vivants ? Pourquoi ne pourrait elle pas être une simple victime, utilisée comme exemple pour rafraîchir les ardeurs des plus retords ?

    - Et puis, je ne sais pas pour vous, mais plaçons ces meurtres dans son contexte. Nous sommes sur la Colline aux Lanternes et les légendes urbaines peuvent resurgir de nulle part voire inspirer les plus dérangés.

    L'inspecteur Grégoria semblait pâlir suite à mes propos, il voyait de quoi je parlais.

    - Le Valet de la Mort est très ancré dans les esprits des habitants des parages, pourquoi ne pas penser à un imitateur qui se sert de ce mythe pour assouvir son besoin du sang ? Ou peut être se cacherait il sous cette identité pour un mobile bien précis ? Ce n'est qu'une piste parmi tant d'autres mais je pense qu'il faut étendre notre champ d'action et de réflexion ...

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Message posté : Mer 11 Sep 2013 - 17:40 Message
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— Hmm…
— Quoi ?
— Rien, il arrive.
— Qui ça ?
— Le Légionnaire.

Il avait prononcé ce dernier mot avec une inflexion un rien sarcastique, sans s’en rendre compte. Mais il avait toujours trouvé que ce nom, « légionnaire », avait quelque chose de désuet et, à vrai dire, de contre-intuitif. Un super-héros était par nature fondamentalement individualiste et très loin de cultiver l’esprit de groupe compact de la Légion romaine. Mais enfin, à Star City, on aimait les jolis noms et Chase n’en avait, au bout du compte, que faire.

— Comment vous savez ça ?

Chase releva les yeux et l’inspecteur secoua la tête.

— Non, laissez tomber, question stupide.

La présence du Légionnaire se précisait de plus en plus dans l’esprit de Chase, une présence lisse et réfléchissante, caractéristique d’un bouclier mental. Chase n’en avait pas rencontré tant que cela dans son existence. Il laissa un instant son esprit glisser à la surface de cette protection, dont il soupçonna bien vite qu’elle était un peu plus rudimentaire que la sienne — rien de très surprenant : protéger son esprit avait été sa principale préoccupation pendant plus d’une décennie. Une obsession, même.

Le Légionnaire apparut, les présentations furent faites et Chase comprit vite que sa belle idée de la liberté enfin conquise dans une enquête à l’air libre se heurtait à une réalité bien difficile : il n’avait que vingt-et-un ans et, pour l’essentiel, il allait devoir suivre les ordres du Légionnaire, plus haut gradé d’une certaine façon et, en tout cas, plus vieux et donc plus expérimenté que lui. Il aurait dû sans douter : il y avait toujours de l’autorité quelque part.

— Le Valet de la Mort ?

Chase haussa un sourcil, appuyé contre le dossier de sa chaise.

— C’est un peu folklorique, quand même…

Il y avait eu dans cette remarque tout le positivisme d’un Neutron-Grey, toute la méfiance d’une dynastique scientifique à l’égard des légendes d’esprits frappeurs. Mais presque aussitôt il sentit, quelque part dans Star City, la présence familière de Qaletaqa et le lien psychique qu’il entretenait depuis quelque temps avec Chaman servit à lui rappeler que le folklore n’était pas toujours aussi immatériel qu’il voulait bien le penser parfois.

Le jeune homme laissa échapper un soupir et admit donc :

— Je suppose que c’est possible. Inspirant, en tout cas. Mais…

Il attrapa quelques photographies d’autopsie et se mit à les fixer d’un air songeur, comme si ce spectacle de chairs atrocement découpées n’éveillait pas en lui le moindre dégoût. Et après tout, pour Chase, ce n’était jamais qu’un autre des éléments d’un gigantesque puzzle.

— Il n’y aurait pas…

Il releva les yeux vers Gregorio.

— …une loupe ?

L’inspecteur désigna un objet qui ressemblait à une lampe de bureau. Chase le tira vers lui, l’allume et abaissa la loupe au-dessus de la photographie. Il pointa la photographie du doigt :

— Très chirurgicale, quand même, les incisions. Trafic d’organes ou pas, nous recherchons quelqu’un qui sait découper.
— Le légiste a remarqué cela, oui. Chirurgien, vétérinaire. Boucher même.
— …je suppose que cela pourrait bien fonctionner dans les deux sens…

Il regarda tour à tour ses deux camarades de jeu, pardon, ses deux co-enquêteurs, et expliqua un peu plus clairement sa pensée :

— Pour un tueur qui chercherait simplement des proies, prélever des organes est une bonne manière de nous lancer sur une piste plus rationnelle et plus complexe. Remonter un trafic, ça prend du temps à la police, plus que d’enquêter sur de simples meurtres. C’est une excellente diversion. Mais à l’inverse, pour des trafiquants, sévir sur la Colline aux Lanternes et profiter de sa sinistre réputation, c’est une bonne manière d’orienter les suspicions du côté d’un malade mental reproduisant les méfaits du Valet.

En tout cas, que le Valet de Sang en personne pût revenir d’entre les morts (ou les vivants, ou… on ne savait trop, en fait) ne paraissait pas le convaincre. Poursuivant avec un systématisme tout méthodique son raisonnement parallèle, Chase reprit la parole :

— En d’autres termes, les autopsies et les scènes de crime sont énantiosémiques et…

L’inspecteur Gregorio toussa et Chase releva un instant un regard d’incompréhension vers lui. Avant de s’expliquer :

— Je veux dire que cette série de faits là peut appuyer aussi bien une théorie que la théorie opposée. Ils sont tout à la fois vérité et contre-vérité et, par conséquent, en attendant des données extérieures qui puissent hiérarchiser les hypothèses, parfaitement inutiles.

En d’autres termes, son premier avis était d’écarter ce qui constituait la plus grande des indices matériels des deux dossiers. Il jeta un coup d’œil légèrement nerveux au Légionnaire, comme s’il cherchait confusément un signe d’approbation — et en attendant, puisqu’il avait réussi à capter la parole, il en profitait pour suivre son idée jusqu’au bout, avant qu’on ne le remît à sa place et qu’il fût condamné à suivre docilement les indications sans protester, comme cela arrivait encore trop souvent à son goût.

— Mais, psychopathes ou trafiquants, ni les uns ni les autres ne choisissent leurs victimes au hasard. Or, toutes les victimes paraissent n’avoir pas de points communs. Quelle est la probabilité que trois personnes appartenant à la même classe sociale et vivant dans le même quartier, somme toute, restreint, puissent n’être pas connectées en quelque manière ? Le hasard ne fait pas si bien les choses : quelqu’un l’a un peu aidé à éviter les coïncidences.

Donc, son deuxième avis, c’était de dire que l’absence d’indices constituait un sérieux indice. Dans le domaine des raisonnements contre-intuitifs, Chase venait sans doute de remporter la palme.
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Message posté : Sam 14 Sep 2013 - 2:01 Message
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    Cela ne faisait aucun doutes, les Neutron-Grey étaient tous les mêmes et ce depuis des générations : intelligents, curieux et pleins de bonne volonté. Je regardais et écoutais patiemment mon nouveau collège de travail, il semblait être en pleine effervescence sachant d'autant plus qu'on l'écoutait sans broncher, sans l'interrompre dans son discours et ses explications. Bon, Grégorio semblait décrocher de temps en temps, sûrement à cause de ses rudes et courtes nuits à essayer de résoudre ce problème qui s'avérait être une belle épine dans le pied de la société de Star City mais l'essentiel était assimilé et compris, du moins c'est ce que je pensais !

    Dans tous les cas, aussi intéressant que soit le discours du jeune Chase, on n'avait pas avancé d'un poil de cul parce que pour résumer, le Neutron se contentait de dire que tout était possible.

    Géniale comme avancée.

    Je m'assis calmement après qu'il ait fini son discours, regardant attentivement les cartes et les photos qui se trouvaient face à moi. Tout cela était trop clean, trop pro. Cette affaire allait bien me faire chier, c'était certain mais il fallait à tout prix arrêter le tueur avant qu'il ne récidive, qu'il tue de nouveau et si l'on supposait qu'il suive son mode opératoire, un autre haut fonctionnaire allait être la cible de sa folie.

    Je sortis de mon mutisme et de ma réflexion pour m'adresser à l'assemblée.

    - Chase, ton raisonnement est bien beau mais au final, quelles conclusions tu peux en tirer ? À part dire que tout est possible au vue de la situation ? Et puis au contraire, je pense qu'il faut être plus terre à terre et pragmatique dans notre approche et ton intelligence voire ton imagination sont beaucoup trop poussées pour résoudre ce genre de meurtres, conclus je en souriant : le ton adopté n'était pas sarcastique et critique mais au contraire, je voulais lui montrer que je l'écoutais et que je respectais ses propos tout autant que l'inspecteur ici présent.

    Oui je l'avais appelé Chase, tout simplement parce que je n'aimais pas mettre de distances inutiles entre une autre personne : tout le monde avait sa place ici et la hiérarchie était faible voire inexistante, du moins c'était ma philosophie de travail. Et puis, le fait qu'il s'agisse d'un Neutron me rappella de nombreux souvenirs, même s'il n'était pas encore au courant que j'ai connu sa famille. Dans de malheureuses circonstances toutefois.

    - Cette affaire fait la une des journaux, les médias s'y intéressent plus que d'accoutumée : en quoi cela reste profitable à un trafic d'organes souterrain ? Tu parles de moyens de pression mais crois moi, il est très facile d'exercer une pression sans pour autant attirer les feux des projecteurs. Non, je suis quasi sûr qu'il s'agisse d'un meurtrier en quête de reconnaissance et de gloire, cela me paraît même l'unique solution à notre dilemme initial.

    Je faisais tournoyer un stylo à quelques centimètres de la table par le biais de ma pensée : cela m'apaisait et me permettait de réfléchir, de clarifier mes idées.

    - Et puis, le pancréas n'a aucun sens dans un trafic d'organes, il existe des pancréas artificiels et ce n'est pas l'organe le plus prisé dans ce genre de commerce en terme de rentabilité. On trouve plus communément des reins, des cœurs ou des foies. Non, je pense juste qu'il s'agit d'une lubie, un moyen de rendre l'affaire célèbre et médiatique.

    Cette fois, je dirigeai le stylo vers les photos des scènes de crimes et tout en continuant mon raisonnement, pointai les cadavres en montrant les diverses zones du corps intactes.

    - Vous avez raison pour l'expertise chirurgicale, cela ne fait aucun doute quant aux capacités de notre tueur. Ce qui reste inquiétant, c'est le manque de traces de lutte, comme si les victimes connaissaient le tueur... Et puis regardez, les lieux des meurtres ne sont pas si éloignés que ça. Cela pourrait être un début de piste, de réflexion du moins.

    Puis je ramenai le stylo près de la table puis fermai le poing, le stylo tomba alors délicatement sur la table.

    - Qu'en pensez vous ?

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Message posté : Sam 14 Sep 2013 - 11:46 Message
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Chase était vexé. Lui, il avait proposé une belle analyse logique, paradoxale et contre-intuitive du problème, exactement ce qu’il aurait fallu pour remporter une partie d’échecs, et voilà qu’on le ramenait à des considérations plus terre à terre ! Le terre à terre, c’était tout de même beaucoup moins amusant, et l’hypothèse du sadique qui allégeait ses victimes d’un bout de viscère était tout de même beaucoup moins excitante que celle d’un puissant cartel ne reculant pas devant un peu de publicité.

Et le Légionnaire avait beau enrober ses reproches de courtoisie et de compliments, tout ce que Chase voyait, c’était qu’on ne voulait pas de sa théorie, parce qu’elle venait d’un esprit fantasque et déconnecté des réalités. Il était idiot, en fait, c’était ça qu’Archer lui disait. La capacité du Neutron-Grey à faire un complexe d’infériorité quant à son potentiel intellectuel, cultivée par des années de proximité avec Tesla et ALEX, était donc intacte et, quelques secondes après le début du discours de Liam, Chase se sentit idiot et humilié.

Si on lui avait posé la question, évidemment, il aurait répondu en bougonnant que les explications de Liam faisaient beaucoup plus de sens que sa théorie élégante, mais trop nébuleuse, sur la réversibilité du réel et l’incertitude des faits, mais il préférait se murer dans le silence et enregistrer sans rien dire, persuadé que son avis était de toute façon superflu : comme il l’avait prévu, le Légionnaire prenait la direction des opérations. La vie, c’était vraiment trop injuste.

Néanmoins, Chase n’était pas (seulement) un adolescent en mal de reconnaissance : alors, même s’il s’était renfrogné, il suivait les différents éléments qu’indiquait Liam, sur les cartes, sur les photographies. L’ultime question du Légionnaire fut accueillie par un sobre :

— Sans doute.

Gregorio, qui avait servi assez longtemps dans différentes brigades pour savoir que la coopération entre deux parfaits inconnus, particulièrement lorsqu’ils venaient d’agences différentes, relevait parfois de la mission impossible, sentit qu’il était de son devoir de combler le silence. Il attrapa un dossier et déclara :

— Tous les meurtres ont été commis dans une zone restreinte qui est un lieu de passage. Les experts médico-légaux assurent que les cadavres n’ont pas été déplacés et d’ailleurs les scènes de crime sont plutôt… sanglantes. Donc, c’est une sorte de petit parc, là…

Gregorio indiqua une surface verte sur la carte du quartier épinglée sur l’un des tableaux de liège.

— Un endroit pour faire du footing, pour promener son chien, mais guère plus. On a évidemment passé le parc au peigne fin : aucune trace du tueur ou, en tout cas, rien qui sorte vraiment de l’extraordinaire. Une des victimes avait l’habitude de venir y courir le matin, mais les deux autres, selon la famille, ne s’y rendaient pas particulièrement.
— Il n’y a pas d’information sur le cerveau des victimes, dans le rapport d’autopsie.
— Euh…
— Certains télépathes rudimentaires provoquent des microlésions quand ils exercent leur influence sur leurs victimes. Ça peut se voir à l’autopsie…
—Hélas, les corps ont été rendus aux familles.
— On ne peut pas exhumer ?

Gregorio fit une sorte de grimace.

— Pas des gens comme ça.

Chase hocha la tête d’un air songeur. À nouveau, il regarda les photographies rougeoyantes des scènes de crime.

— Vous n’avez pas reçu de lettres ? Je veux dire, si c’est effectivemment un tueur en mal de célébrité…

Le jeune homme jeta un coup d’œil à Liam.

— …je suppose qu’il aimerait qu’on le reconnaisse. Pas forcément sa personne civile, mais une sorte de personnage. Qu’il revendique ses crimes.

Gregorio poussa un soupir.

— On a reçu plein de lettres du genre, mais c’est toujours le cas. Tous les tarés de ville aimeraient faire croire qu’ils sont le Tueur de la Colline, voire le Valet Sanglant. Notre psychologue n’en a jugé aucune crédible.

Chase se releva et observa la carte, avec le parc et les rues adjacentes.

— Il y a combien d’habitants, dans ces immeubles ?
— Tout autour du parc ? Je ne sais pas. Disons, cinq étages en moyenne, trois appartements par étage, trois personnes par appartement, quatre rues, dix immeubles par rue, alors, euh…
— 1800.
— Si vous le dites. Pourquoi ?
— Si c’est la zone de confort du tueur, il est peut-être parmi eux. Pour pouvoir regarder le lieu de ses crimes. Se souvenir. Revivre. On pourrait aller leur rendre visite.
— À 1800 personnes ?!

Chase esquissa un sourire énigmatique.

— 1800 esprits… Une goutte d’eau.

Gregorio avait l’air un peu perplexe, mais après avoir observé le stylo de Liam flotter pendant cinq bonnes minutes, il était prêt à reconnaître que ces deux-là avaient des ressources qu’il ne possédait pas. Finalement, Chase, de bien meilleure humeur qu’il ne l’était à la fin du discours du Légionnaire, ayant retrouvé son pétillant enthousiasme, s’exclama d’un air ravi :

— Le Conseiller Archer a raison. Le parc constitue notre meilleure piste. On va jeter un œil ? Qui conduit ?
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Message posté : Jeu 19 Sep 2013 - 23:44 Message
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    Chase était certes un Neutron Grey, il n'en restait pas moins un gamin un peu trop vite propulsé dans le chaos qu'était la vie active et professionnelle ; persuadé que ses théories flottantes et ses folles extrapolations pouvaient mener à quelque chose de tangible et de concret, il ne faisait cependant de progrès dans l'enquête : on n'essayait pas de résoudre un problème algébrique, trouver une inconnue à une équation farfelue mais à établir des faits et à les organiser dans un tout logique, plausible et surtout très concret. J'aperçus directement l'embarras ou du moins le mécontentement de Chase - qui ne faisait rien pour le cacher, même aux yeux de Grégorio - : pour moi, c'était juste un caprice de gosse pourri gâté qui n'avait pas eu ce qu'il voulait ou qu'on n'avait pas brossé dans le sens du poil.

    Avec tout le respect que j'éprouvais pour sa famille et même pour sa propre personne, je n'allais pas me rabaisser à jouer le gentil mentor ou je ne sais quelle personne que je n'étais pas. Si on coopérait, c'était aussi pour débattre et pour échanger nos idées et non pour suivre aveuglément l'esprit intelligent de l'un ou de l'autre, d'où mon agacement suite à son simple et froid « sans doute » qu'on pouvait traduire comme quelque chose du genre : « c'est ça, gros con ».

    Mais cet agacement n'était bien sûr que passager et bref, je n'allais pas m'embêter avec des broutilles, nous devions résoudre une série de meurtre et arrêter un coupable, et le vrai.
    Fort heureusement, la moue de l'agent de l'UNISON ne dura pas et son pétillement du départ était de nouveau au beau fixe.

    - Difficile que ça soit moi puisque je ne suis pas venu par mes propres moyens, dis je en tournant la tête vers l'inspecteur de police qui comprit immédiatement le message après avoir vu mon sourire en coin.

    Je retirais mon manteau du dossier puis l'inspecteur ouvrit la marche, Chase à côté de moi.

    - Tu sais, ne penses pas que je te sous-estime ou que je te mets de côté, c'est tout le contraire. J'ai toujours respecté les Neutron-Grey, ça s'arrêtera pas aujourd'hui donc si tu le veux bien , j'aurais besoin de toi sur ce coup, à 100%, lui dis je en posant ma main sur son épaule.

    Une fois arrivé devant la modeste voiture de Grégorio, je me mis devant non pas pour mettre à l'écart Chase ou pour montrer une certaine autorité, juste que je considérais que nous étions plus à ces enfantillages et à ces futilités désormais, du moins je l'espérais. Alors que le moteur vrombissait et que la voiture commençait à faire crisser les pneus pour démarrer, je m'adressais de nouveau au jeune mentaliste.

    - Au fait, concernant les victimes, est-ce que le fait qu'elles soient enterrées te poserait problème pour les sonder ? Tu parlais bien de sonder 1800 personnes dans un immeuble entier, pourquoi pas 3 pauvres morts six pieds sous terre – avec tout le respect que j'ai pour eux – ?

    Je regardais dans le rétroviseur pour voir la réaction de Chase puis enchaînai par une autre interrogation qui me brûlait les lèvres.

    - Et aussi, je pense que tu l'as remarqué mais seule une des victimes était un habitué de la scène du crime alors que les autres n'étaient pas des fervents coureurs et n'empruntaient guère le chemin. Cela me semble très louche, peut être avaient ils rendez vous avec le tueur, peut être est il bien plus lié aux victimes que nous le pensions... J'espère que nous allons trouver des réponses et vite : l'heure tourne...
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Message posté : Ven 20 Sep 2013 - 0:21 Message
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— Moi, je ne conduis pas vraiment.

Les regards des deux super-héros s’étaient donc tournés vers l’inspecteur qui, avec un soupir et après avoir naïvement espéré pouvoir dormir dans un coin de la voiture où personne ne ferait attention à lui, hocha lentement la tête et guida les deux hommes vers le parking du commissariat. Sur le chemin, Liam tenta une approche diplomatique qui fut accueillie par Chase avec… Une lucidité olympienne.

— Je suis désolé. C’est juste…

Il baissa un petit peu la voix, pour ne pas trop entamer sa crédibilité auprès de l’inspecteur.

— Les gens attendent perpétuellement que je fasse mes preuves, sans me donner l’occasion de faire mes preuves. Difficile de savoir sur quel pied dansé. Parfois, c’est épuisant.

Comme d’habitude, Chase exprimait sans détour superflu ses impressions quand il les estimait légitime. Après tout, il n’avait pas grand chose d’un enfant-star auquel on aurait tout passé — bien au contraire, il était perpétuellement l’objet d’une surveillance étouffante et de restrictions multiples destinées à encadrer ses dons à la puissance préoccupante. Cette enquête était une occasion pour lui de voir autre chose que les murs du Bigsby Building.

Il esquissa un sourire et glissa :

— Mais je suis moins irritable que je n’en ai l’air.

Et sur ces bonnes paroles, avec une solide habitude des taxis, il s’installa sans protester sur la banquette arrière. La voiture démarrait et Chase, installé sur le siège du milieu, se pencha entre les deux sièges avant pour poursuivre la conversation. La première proposition de Liam était inédite : jamais il n’avait eu l’occasion de pénétrer l’esprit d’un macchabée — on ne l’avait pas laissé jouer dans les morgues quand il était petit.

Au début, l’idée lui parut parfaitement improbable, mais si le Légionnaire la proposait, c’était qu’il avait déjà dû au moins en entendre parler. Après tout, les pensées, en sillonnant les réseaux neuronaux, laissaient des empreintes, et comme les cadavres ne devaient pas être entièrement décomposés, il était possible que le cerveau fût en assez bon état pour garder une empreinte. Visiblement aussi peu refroidi par la perspective de fouiller dans l’esprit d’un mort que par les photographies de l’autopsie, Chase répondit :

— Jamais essayé ce genre de choses. Mais si c’est théoriquement possible, alors je peux.

Ce n’état pas de la vantardise, mais une simple inférence : il n’avait jusqu’à lors rencontrer aucune limite dans le cadre théorique de ses pouvoirs télépathiques et il ne voyait pas de raison pour que cela commençât aujourd’hui. Gregorio néanmoins se racla la gorge :

— Westfore a été incinéré.

C’était le banquier numéro 1.

— Et la juge était juive.

Cette remarque attira un regard d’incompréhension de Chase, mais comme Gregorio ne paraissait pas décider à l’expliciter, le jeune homme fut contraint d’avouer son ignorance.

— Et alors ?
— Enterrée sans embaument, dans un cercueil aéré.
— Oh.
— Voilà.
— Il ne doit plus en rester grand-chose.
— Mais il y a toujours Perlington.

Le second banquier. Chase essaya de ne pas voir un motif de suspicion dans le fait que seul un des trois corps eût été conservé : ce pouvait aussi bien être l’effet du hasard et Liam avait bien laissé entendre que mieux valait, pour l’heure, se passer de théories trop complexes, avant d’avoir récolté tous les faits. C’était aussi ce que disait Sherlock Holmes, se rappela Chase, et Sherlock Holmes était, bien entendu, un modèle à suivre.

— Le cimetière est loin d’ici ?
— À peine un petit détour par rapport au parc. Allons y.

Gregorio avait bien quelques réticences à l’idée qu’on pût lire dans l’esprit des victimes, mais au point où il en était… La voiture tourna dans une rue transversale. Restait la question du parc. En habitué des soirées mondaines et du milieu qui les fréquentait, Chase interrogea brusquement :

— Les gens comme ça que je connais, les juges, les grands banquiers, ils ne se déplacent pas souvent seuls. Je veux dire, ils ont des chauffeurs. Aucune des victimes ne vivaient vraiment à côté du parc. Je veux bien que quelqu’un court jusque là-bas pour son jogging. Mais les deux autres, elles n’avaient pas des chauffeurs ?
— Si.
— Mais pas le soir de leur assassinat ?

Gregorio secoua la tête.

— Peut-être qu’elles avaient envie de marcher. Ou peut-être qu’elles ne voulaient pas qu’on assiste au fameux rendez-vous. Dans un parc, même s’il est petit, il y a toujours un moyen de trouver un endroit discret. Pour se parler quand on ne veut être vu de personne.

La voiture s’arrêta devant les grilles en fer forgé d’un petit cimetière de quartier. Les trois hommes en descendirent et Gregorio pointa une tombe en loin.

— Par là.

Quelques mètres plus loin, ils s’arrêtèrent devant une stèle portant l’inscription :

Edward Patrick Perlington
1976 — 2013
Époux aimant
Père dévoué

Chase jeta un regard incertain à Liam. Debout comme ça au-dessus du cadavre, il se sentait un peu idiot.

— Bon…

Puisqu’ils étaient là… Le jeune homme ferma les yeux et les consciences du Légionnaire et de l’inspecteur le frappèrent aussitôt. Il en fit sans peine abstraction, pour se concentrer sur ce qui se passait en-dessous. Il y avait bien quelque chose. Quelque chose de très différent d’un esprit vivant. Aucun mouvement. Aucune cohérence. Que des bribes. Comme une collection de très vieilles photographies calcinées. Il restait quelque chose — mais il ne restait plus grand-chose.

Chase avait la désagréable sensation de visiter une maison abandonnée. Tout bas, il commentait son tour du propriétaire, moitié pour lui-même, moitié pour les deux hommes qui se tenaient à ses côtés.

— Souvenirs d’enfance. Encore souvenirs d’enfance. Ça… Impossible à dire. Ça… euh. Oh. Ah. Fantasme sexuel.

Les pulsions les plus profondes ou les souvenirs les plus souvent revisités avaient laissé les traces les plus durables, mais même ces pensées régulières étaient désormais presque entièrement dissipées. Des événements récents, il ne restait rien.

— Je crois que c’est peine…

…perdue ? Il s’était interrompu brusquement et un frisson parcourut son corps. Ça, il connaissait bien. Cette petite cicatrice, cette rugosité dans la conscience — enfin, la conscience. La pensée. Ce n’était pas la première fois qu’il « voyait » ça. Il laissa son esprit l’envelopper, puis, quelques secondes plus tard, il rouvrit les yeux et se retourna de nouveau vers ses deux acolytes, avant de dire gravement :

— Je ne suis pas le premier à visiter ce cerveau-là. Quelqu’un est passé avant moi. De son vivant. Assez récent. Mais… Assez ténu. Pas comme si on lui avait implanté une idée puissante ou modifier profondément sa mémoire. Ni même exercé une suggestion. Si je devais faire une hypothèse, je dirais que c’est presque comme l’effet collatéral d’un pouvoir psychique puissant. Pour le reste…

Chase secoua la tête en signe d’impuissance.

— Le cerveau est déjà trop endommagé. Il ne reste que les souvenirs les plus denses, les plus anciens. Pour les derniers événements, comme je le disais, peine perdue.

Au moins savaient-ils qu’à un moment ou un autre, dans les jours qui avaient précédé sa mort, le jour de sa mort peut-être, l’une des victimes avait été en contact rapproché avec un pouvoir psychique, peut-être sans s’en trouver la cible directe. La perspective que le tueur pût être un mentaliste, qui confirmait en partie la théorie des dirigeants de l’UNISON et de la Légion qui les avaient choisi tous les deux pour cette tâche, n’avait rien de très réjouissante : elle rendait bien des suppositions sur la psychologie des victimes et la raison de leurs actions caduques.

Gregorio regardait fixement la stèle. L’atmosphère lugubre du cimetière, aux premières heures du matin, disposaient aux pensées les plus macabres. Partageant ses pensées à haute voix, l’inspecteur murmurait :

— Et la possession, c’est un pouvoir psychique ?

Dans son esprit se profilait encore la silhouette du Valet de Sang. Chase à son tour jeta un regard à la stèle, mais son esprit positiviste, toujours peu disposé, malgré ses discussions avec Adrian, à envisager la magie comme hypothèse principale, se tourna vers une perspective plus pragmatique et plus immédiate de leur enquête.

— On passe au parc, alors ?
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Message posté : Mar 24 Sep 2013 - 19:07 Message
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    Les premières tensions avaient fait place à une entente cordiale entre Chase et moi. Après tout, le Neutron-Grey n'était peut être pas l'enfant gâté que je soupçonnais mais tout au contraire : un gosse enfermée dans une cage dorée, à l'abri des regards afin de le protéger d'un monde qu'il allait fatalement rencontrer bien assez tôt. Je n'avais pas ressenti cet étouffement à son âge et je me rendais compte de la chance que j'avais eu : mes parents m'avaient toujours encouragé pour ce que je faisais et pour ce que j'étais, sans jamais me mettre des bâtons dans les roues. Ils avaient été d'un soutien et d'un réconfort permanent lors de mes remises en questions et mes interrogations de jeunesse sur ce que j'étais et sur ce que j'allais devenir.

    La reconnaissance : cette chose qui motive un être humain, qui lui fait se sentir utile et lui donne une raison de vivre. Certains en ont plus besoin que d'autres, se satisfaisant alors de leur situation sans se préoccuper du regard d'autrui : c'était mon cas à la différence de mon confrère mentaliste.

    Le fait que les victimes avaient congédié leur chauffeur était plutôt préoccupant voire étrangement suspect. L'hypothèse d'une rencontre qui avait mal finie s'affirmait de plus en plus dans mon esprit devenant ainsi pour l'instant la seule supposition cohérente et plausible pour cette affaire.
    Alors que la voiture roulait toujours en direction du cimetière, je lâchais un simple :

    - Je ne peux qu'être d'accord avec toi sur ce coup, Chase. Et dire que les deux non-habitués voulaient se promener le jour même de leur mort me semble difficilement envisageable... À ce moment là, je vis Chase qui allait s'apprêter à élaborer une théorie sur la contre-logique des faits et je le stoppai immédiatement avec un regard qui en disait long, puis lâchai un petit sourire quand je vis qu'il feignait une moue boudeuse lorsqu'il comprit le message...

    J'aimais bien ce gosse : aussi intelligent que susceptible !

    Une fois arrivé au cimetière, un léger frisson me parcourut l'échine, les souvenirs de ma dernière visite dans un tel lieu resurgirent subitement sans crier gare et pendant une poignée de minutes, je m'étais plongé dans un léger mutisme avant d'arriver devant la tombe de notre victime qui allait nous faire un brin de causette – si je puis dire ! –.

    Une fois l'introspection faite de Chase, j'eus un léger moment de réflexion jusqu'à être plongé dans mes pensées et tentant de me rappeler mes dernières discussions avec un mentaliste de la FORCE qui avait été comme un maître pour moi et qui m'avait appris énormément de choses sur l'étendue des pouvoirs des mentalistes aussi différents soient ils.
    Alors que Chase pensait avoir fini avec le cadavre, j'étais persuadé qu'il était capable de plus si je lui disais où chercher exactement, c'est pourquoi lorsqu'il me demanda si on pouvait partir, je sortis de mon silence pour faire un signe de la main, pour stopper Grégorio et le jeune Grey qui étaient déjà en direction de la voiture.

    - Attendez, je pense que nous n'en avons pas fini ici... Dites moi, connaissez vous Jules Verne ?

    Moment de stupéfaction et d'incompréhension du côté de mes deux collègues.

    - Jules Verne, vous voulez dire l'écrivain du Tour du monde en 80jours ? Lança Grégorio, suspicieux.

    - Oui, en personne. Je ne sais pas si vous connaissez l'intégralité de son œuvre et de sa vie mais il n'avait pas peur de l'inconnu et de l'étrange. Il travailla avec un mentaliste pour l'une de ses œuvres la moins connue intitulée les Frères Kip, dans laquelle il a émis l'hypothèse que la dernière image vue lorsque l'on est en vie, juste au moment de la mort, reste en permanence imprimée sur la rétine oculaire.

    Je posais un ton afin de reprendre mon souffle et pour qu'ils ingurgitent ce que je venais de leur dire.

    - Ce qui veut dire que nous, mentalistes, pouvons lire cette image par le biais du cerveau en se connectant aux nerfs optiques. Si tu te concentres sur cette image, sur cet objectif, il te sera alors possible de décoder pour nous la dernière image de Monsieur Perlington et si on a de la chance, cela sera son meurtrier...

    Puis je me rapprochai de Chase, le regardant dans les yeux.

    - Tu voulais faire tes preuves ? Voilà ta chance.
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Message posté : Mar 24 Sep 2013 - 19:55 Message
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Jules Verne ? Chase avait haussé un sourcil. Bien évidemment, il avait lu Jules Verne. Des romans scientifiques auxquels se mêlaient des aventures, ou des romans d’aventures auxquels se mêlaient la science, quoi de mieux pour un Neutron-Grey ? De toute façon, tous les romans où il se passait des choses, où les personnages vivaient des moments extraordinaires, étaient un jour ou l’autre passés par la table de chevet du jeune Neutron-Grey. Il n’empêchait qu’il ne voyait pas tellement où le Légionnaire voulait en venir.

Quand Liam se fut expliqué, Gregorio et Chase regardèrent la tombe. L’inspecteur avait beau être bonne pâte, sonder le cerveau d’un mort, c’était déjà beaucoup, alors récupérer une image hypothétiquement fixée sur le nerf optique, c’était peut-être un peu trop. D’un air franchement sceptique, il interrogea :

— Vous y croyez vraiment, à ce genre de choses ?

C’était une question un peu paradoxale, dans la mesure où elle s’adressait à des mutants dont le propre était précisément de voir des choses étranges à longueur de journée. Chase, qui avait l’habitude d’exprimer ses pouvoirs d’une manière moins physique et plus imagée, tenta de traduire un peu les propos de Liam :

— Disons… Vous voyez quand vous dites, après avoir vu quelque chose de particulièrement marquant, « je me souviendrai toute ma vie » ? C’est un peu comme si votre esprit était un matelas en mousse et que les souvenirs étaient des choses plus ou moins lourdes. Quand l’événement se retire, le souvenir est la marque dans la mousse. Plus l’événement est marquant, plus la marque est profonde, plus la mousse met du temps à se reformer. Mais…

Il haussa les épaules.

— Je peux toujours essayer.

Il n’avait pas l’air franchement convaincu, mais Chase sous-estimait lui-même l’ampleur de ses pouvoirs — il était difficile, dans son cas, de faire autrement, puisque précisément ils n’avaient pas de limites connues. Il ferma de nouveau les yeux et tria les souvenirs, rejetant les plus anciens, les plus complexes, ceux qui mettaient en jeu trop d’impressions diverses, trop de pensées ou de sensations, pour ne chercher que les images, et les images fixes, fugitives, les captures d’un instant.

Et c’était là. En tout cas, le supposait-il : le même parc, la nuit, un visage. Un homme, un jeune homme, vingt-cinq ans tout au plus, un fin collier de barbe, des cheveux noirs bouclés et désordonnés, pâle, le visage émacié, et dans les yeux une lueur inquiétante. C’était la dernière chose que Perlington avait vue. Chase rouvrit les yeux.

— Bon, je crois qu’on a un suspect.

Gregorio ne put réprimer un soupir, découragé par l’étrangeté dans laquelle son monde avait été plongé. Tentant de reprendre un semblant de routine dans cette enquête de plus en plus surnaturelle, il décréta :

— Bon, alors, on va appeler un artiste pour que vous lui fassiez établir un portrait, comme ça on saura tous les trois à quoi…
— Ce n’est pas nécessaire.
— Comment ça ?
— Je vais vous le montrer. Tout va bien se passer, ne résistez pas.

À vrai dire, face à un télépathe comme Chase, même la résistance la plus farouche eût été superflue. Une seconde plus tard, le mentaliste partageait l’image récupérée dans les limbes de Perlington à ses deux confrères du jour. Gregorio réprima un frisson et marmonna :

— Ouais, bon, on va essayer de ne pas faire ça trop souvent.
— Vous le reconnaissez ?

L’inspecteur secoua la tête.

— Il faudrait vérifier dans nos bases de données, mais le visage ne me dit rien. Pas un habitué de nos services, en tout cas.
— Peut-être un habitué du parc ? Ou, en tout cas, je sais ce qu’on doit chercher dans le souvenir des gens. Il y aura forcément quelqu’un, là-bas, qui aura croisé son chemin à un moment ou un autre. Il n’a pas pu tué trois personnes sans jamais avoir de témoin et ne pas avoir fait de repérage auparavant pour planifier son crime.

Cette fois, l’inspecteur hocha la tête.

— Il y a un petit kiosque à journaux dans un coin du parc et un vendeur de sucreries de l’autre. On les a bien interrogés, mais ils voient des dizaines de personnes par jour et sans rien de précis à leur demander…
— Un type avec cette tête-là, il doit marquer les gens. Je veux dire : il a quelque chose de…

Chase laissa sa phrase en suspend, mais il se doutait bien que ses deux confrères savaient ce qu’il voulait dire : d’un certain côté, le dernier visage que Perlington avait vu avant de mourir évoquait sans peine le psychopathe. Forts de cette nouvelle information, les trois hommes regagnèrent leur voiture, pour en descendre quelques minutes plus tard à peine et rejoindre le parc à pied.

En ces heures matinales, il n’était pas encore très peuplé : les enfants étaient à l’école et les bancs étaient occupés sur par des personnes âgées qui parcouraient le journal et les allées par des joggeurs.

— Eh bien les crimes ne découragent pas les passants.

Gregorio haussa les épaules.

— C’est somme toute un petit quartier. Les gens ne se laissent pas facilement déposséder de leurs lieux familiers. Le kiosque est là-bas.

Il pointa une allée du doigt. Chase se tourna machinalement vers le Légionnaire, pour savoir par où il souhaitait commencer leur exploration des lieux.

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Message posté : Mar 1 Oct 2013 - 11:36 Message
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    Chase regorgeait de ressources, c'était indéniable d'autant plus que j'étais persuadé qu'il ne connaissait toujours pas ses propres limites. Après, il est vrai que pour les gens comme nous, il est difficile de pouvoir dresser des barrières, des limites à nos pouvoirs car un événement, une forte émotion ou même un simple entraînement peuvent nous permettre de découvrir une autre facette de nos capacités alors insoupçonnée jusqu'à lors...

    Il avait donc réussi à fouiller dans l'esprit du cadavre, tout comme on me l'avait enseigné (sans pour autant que ça soit mon champ de compétence) et avait réussi avec brio.
    L'image qu'il nous transmit, celle du présumé tueur, restera ancrée dans ma mémoire et même avec mes talents physionomistes, je suis quasiment sûr de n'avoir jamais vu cet homme. Ce qui frappait quand on analysait son visage et surtout l'expression laissée sur ce dernier, c'était une certaine lueur de folie dans ses yeux, un plaisir franc mais aussi un certain calme, une maîtrise de la situation et un parfait contrôle de ce qu'il faisait.

    Le tueur était extrêmement dangereux, méticuleux et intelligent : cela nous faisait une belle jambe !

    J'écoutais Chase qui commençait à prendre de l'assurance dans cette histoire, il savait qu'il était écouté et cette fois, il était complètement dans le vrai.

    - On n'a pas de temps à perdre : allons au parc.

    Star City était incroyable tant par ses institutions hors du communs que pour la diversité des lieux, alors qu'à une poignée de kilomètres, on se trouvait entouré de buildings plus hauts les uns que les autres dans une foule agitée et dans une ambiance électrique, alors qu'à présent, nous nous trouvions dans un petit havre de paix, dans cette étendue d'herbe encore mouillée par la rosée matinale où se mêlaient petits moineaux et écureuils.

    Je regardais vers ma gauche et on pouvait apercevoir au loin le kiosque qui était déjà ouvert à cette heure et qui attirait toute sorte d'individus : du jeune travailleur qui prenait son journal avant de partir au boulot au vieil homme qui s'apprêtait à acheter son divertissement de la matinée...

    Il était tout à fait logique de commencer par là, le gérant du kiosque avait une superbe vue sur le parc et sur les accès, les allées et venues des passants.

    - Allons voir le gérant du kiosque, je mettrais ma main à couper qu'il sait plus de choses qu'il ne le croit et tu vas être bien utile pour lui rafraîchir sa mémoire, Chase.

    Notre petite troupe se dirigea alors vers le kiosque, les passants nous regardaient, nous dévisageaient : peut-être qu'ils reconnaissaient Grégorio et que sa seule présence rappelait les affreux meurtres de ces lieux. J'espérais juste que très prochainement, la seule présence de Grégorio inspirera la sécurité et la justice une fois que nous aurons attrapé cet enfoiré psychopathe.

    Une fois arrivé près du fameux kiosque, je pris les devants et m'adressai directement au gérant qui avait l'air plus jeune que je ne l'aurais imaginé, il approchait la trentaine tout au plus.

    - Bonjour, nous sommes de la Police et nous enquêtons sur les meurtres perpétrés en ces lieux. Nous savons que mes collègues vous ont déjà interrogés mais nous avons de nouvelles preuves et de nouvelles informations qui pourrait peut-être vous rappeler une information quelle qu'elle soit qui pourrait nous être utile..

    Puis je fis un signe de la tête en direction de Chase.
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Message posté : Mar 1 Oct 2013 - 15:23 Message
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Le moins que l’on pût dire, c’était que, sur la colline, il était facile de se sentir étranger. Habitué à l’anonymat presque parfait, même dans son cas à cette époque, des rues surpeuplées de l’extrême centre de Star City, là où il était, à cette heure de la matinée, difficile de distinguer seulement le visage des passants qui se pressaient aussi vite que possible, en masses indécidables, vers les immeubles de bureaux, Chase était un peu déconcerté par la proximité curieuse de ces habitants du quartier, comme avait dit Gregorio, qui eussent sans doute deviné qu’ils étaient de la police, Liam et lui, quand même ils n’auraient pas été accompagnés d’un inspecteur local.

Chase hâta le pas, tandis que Gregorio adressait, de temps à autre, un signe de tête à ceux qu’il connaissait le mieux. Ils ne tardèrent pas à arriver devant le kiosque et, après avoir laissé une jeune femme acheter Auto Magazine (comme quoi), Liam entama la conversation. Le tenant du kiosque laissa échapper un soupir.

— C’pas comme si j’avais qu’ça à faire, c’l’heure d’pointe là, faut qu’j’vende mes journées, regardez y a plein d’clients qui…

Il écarquilla les yeux. Les deux trois personnes qui s’étaient tenues derrière eux, mues toutes par une soudaine inspiration, venaient de s’éparpiller dans leur parc, privées par Chase du désir d’acheter la presse du matin. Le buraliste les regarda tour à tour d’un air suspicieux, mais Chase lui adressa son sourire le plus innocent et la présence de Gregorio confirmait leur histoire. Les épaules de l’homme s’affaissèrent et, d’un air résigné, il finit par déclarer :

— Bon, j’vous écoute.

Chase fit mine de fouiller dans sa poche et tendit à l’homme une feuille imaginaire, illusion parfaite, pour lui seul, d’un portrait robot qui représentait très exactement l’image du tueur, implantée quelques minutes plus tôt dans l’esprit de ses deux compagnons. Pour ne pas brusquer leur témoin, il préférait recourir d’abord à des techniques plus traditionnelles (en apparence) que la pure télépathie. Le buraliste fixa le papier qui n’existait pas.

— Vous avez déjà vu cet homme dans les environs, peut-être ?
— Le jour des meurtres ?
— N’importe quand.

Il plissa des yeux et finit par secouer la tête.

— J’crois pas. Il passe beaucoup d’gens par ici.
— En vous concentrant peut-être ? En vous concentrant sur ses yeux

Et les yeux de Chase, eux, pupilles un peu dilatées, avaient capté toute l’attention des yeux du buraliste. L’homme parut dans un état second, proche de l’hypnose, tandis que Chase lui transférait le détail saillant qu’était le regard de leur suspect, depuis la mémoire d’un cadavre. Il aidait l’homme à écarter les souvenirs à toute vitesse, une pratique qu’il avait bien vite acquise quand il fouillait dans l’esprit des autres et qu’il n’avait pas le temps de s’encombrer de leur première bicyclette ou des parties de pêche à marée basse qui peuplaient leur mémoire.

Lentement et d’une voix un peu lointaine, le buraliste murmura :

— C’est le petit Brody, je crois…

Chase baissa la main, détourna le regard et l’homme retrouva son expression normale.

— Le petit Brody ?

Gregorio saisissait sa chance de se rendre utile, à côté de ces deux mutants par lesquels il se sentait un peu dépassé.

— Quoi ?
— Vous avez dit que c’était le petit Brody.
— J’ai dit ça ? Oui, peut-être, maintenant que vous me le dites, mais il a bien vieilli alors. En même temps, ça fait un moment que j’l’ai pas vu. Il venait ici avec sa mère, Jessy, qui habite par là, je crois, derrière le parc.

Il fit un vague geste vers une rangée d’immeubles, au-delà des arbres.

— Elle, elle vient toujours, acheter le New York Times, une gentille dame, un peu triste, si vous voulez mon avis. Mais lui, ça fait un moment. ‘Doit faire ses études, quelque part.
— Des études de quoi ?
— Aucune idée. Maintenant, si vous voulez bien, j’ai des clients…

Les premiers clients chassés par Chase n’étaient pas revenus, mais une petite foule s’était constituée derrière eux. Les trois hommes se décalèrent pour leur céder place et Gregorio se mit à parler à voix basse.

— S’il a accompagné sa mère ici pendant des années, il peut très bien connaître le parc. C’est pas comme si les lieux avaient beaucoup changé, vous savez. Depuis que je suis ici, ce sont les mêmes allées, les mêmes bancs, les mêmes personnes.
— Reste à savoir comment il a attiré ses victimes ici. La nuit, ce n’est pas vraiment l’endroit où l’on irait se promener.
— On peut toujours aller jeter un coup d’œil chez eux. Avec un peu de chance, Mrs. Brody ne travaille pas ce matin et elle nous laissera entrer. Le nom est sans doute sur l’interphone et la rue n’est pas très longue. On a qu’à se séparer, on la couvrira plus vite.

Et Chase découvrit un peu plus de la fastidieuse réalité du quotidien d’enquêteur : le porte-à-porte. Parti du milieu de la rue, Liam à un bout, Gregorio à l’autre, ils inspectaient consciencieusement les listes de noms pas toujours lisibles sur l’interphone, à la recherche de la fameuse Mrs. Brody. De temps en temps, une vieille dame sortait de l’immeuble devant lequel il plissait les yeux pour tenter de déchiffrer un nom particulièrement mal écrit et lui signalait qu’il n’avait pas intérêt à squatter. Un jour, Chase songerait à porter son badge de l’UNISON en épingle, pour s’attirer un peu plus de respect.
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Message posté : Jeu 10 Oct 2013 - 12:03 Message
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    S'il y avait quelque chose que j'aurais bien aimé éviter dans cette enquête, c'est le porte à porte. Être à la recherche d'informations aussi floues que bancales, entre les regards assassins des habitants ou ceux de crainte, on ne savait jamais vraiment ce à quoi pensait les témoins. Après évidemment quand on a un Neutron Grey dans sa poche c'est tout de suite plus facile de percevoir le vrai du faux mais en l'occurrence, nous nous étions séparés pour couvrir plus facilement l'intégralité de la rue. Mes capacités de mentaliste se limitant à la télékinésie, je n'avais donc pas de vrais atouts pour faire la distinction entre la vérité et le mensonge.
    Après, ce que l'on recherchait en priorité était juste l'endroit où habitait cette Mrs. Brody, je m'étais d'ailleurs abstenu de demander à Chase de faire un repérage et une recherche spécifique pour trouver cette dame, jugeant qu'il fallait mieux qu'il économise ses forces pour l'avenir. Nous étions loin d'avoir résolu cette affaire et avoir un télépathe en pleine capacité allait être déterminant : c'était mon intime conviction.

    Alors que j'allais d'immeuble en immeuble, de palier en palier, je réfléchissais à notre possible coupable : pourquoi ferait il ça ? Dans quel but ? Connaissait il vraiment les victimes ? Quel était le lien logique entre toutes ces personnes ? Les questions se bousculaient sans pour autant avoir de réponses claires et logiques. Je n'essayais pas de m'embrouiller l'esprit avec des folles hypothèses même si je commençais de plus en plus à penser que cette histoire sortait de l'ordinaire et qu'en fait, il faudrait sortir de la normalité pour arriver à quelque chose.

    Après une vingtaine (voire plus, je ne m'en rendais même pas compte) de résultats infructueux, je parvins enfin à lire le nom de Brody sur la liste des résidents de l'immeuble. Il semblait assez moderne et aisée, pas comme certains immeubles lugubres qui ne donnaient aucune envie d'y habiter. Là, pas de tags, pas de crasses, il était nickel chrome. J'appelais alors mes deux collègues pour aller interroger tous ensemble notre témoin potentielle, celle qui allait nous révéler tout ce qu'elle savait...

    De gré, ou de force, cela m'était égal : il fallait qu'on avance, et vite.

    Sortant de nulle part, le concierge nous demanda ce qu'on faisait ici à roder aux alentours, il se calma immédiatement lorsqu'il vit l'inspecteur Grégorio qui était une figure familière dans le quartier, il nous fit entrer et nous montra la direction vers l'appartement de Mrs. Brody, je sentais comme une boule qui se formait dans mon ventre, j'avais l'intime sentiment que quelque chose ne tournait pas rond, je ne sentais aucune présence derrière cette porte alors que le concierge nous avait expressément dit « que Mrs. Brody n'était pas sorti depuis hier ». Je toquais à la porte puis lançai.

    - Mrs Brody, nous sommes de la Police, ouvrez nous la porte, nous avons des questions à vous poser.

    Aucune réponse.

    - Mrs Brody, nous savons que vous êtes là !

    Toujours pas, je regardais mes collègues d'un air interrogateur, fallait il ouvrir la porte de force ou pas ?


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Message posté : Jeu 10 Oct 2013 - 20:05 Message
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— Encore les témoins de Jéhovah…
— Pas de publicité, merci.

Furent quelques-unes des réponses que Chase obtint des concierges courtois mais fermes, lorsqu’ils le trouvaient à examiner consciencieusement la liste des habitants à la porte de chaque immeuble. Si, au début, le mentaliste avait cru bon d’expliquer qu’il était de l’UNISON, il s’était bien vite résolu à accueillir ces remarques par des haussements d’épaules peu concernés et à passer aux immeubles suivants, pour l’heure sans le moindre succès. Ce fut donc avec un soulagement considérable qu’il entendit Liam sonner le rassemblement des troupes.

À en juger de l’air las de Gregorio, qui avait dû faire cela pendant des heures et des heures les jours précédents, et particulièrement au tout début de l’enquête, il n’était pas fâché non plus de tenir enfin une piste solide et de cesser de s’arracher les yeux sur des listes de noms. Les trois hommes grimpèrent les trois étages qui les séparaient encore de l’appartement de Mrs Brody et frappèrent à la porte. Aucune réponse.

Ils échangèrent un regard. Chase plissa les yeux, chercha une présence et se heurta à quelque chose qui ne fut pas sans lui rappeler la sensation qu’il avait éprouvée, une heure plus tôt, en visitant l’esprit d’un cadavre. Il y avait néanmoins quelque chose d’un peu différent. D’une voix un peu pressante, le jeune homme murmura :

— Il faut qu’on rentre. Soyez sur vos gardes.

Un déclic retentit : la serrure venait de tourner toute seule, poussée par le pouvoir télékinétique de Liam et, si l’intérêt de Chase fut éveillé par cette manifestation pour le moins riche de potentiel des capacités d’un mentaliste, il remisa pour l’heure les idées qu’elle avait fait naître en lui et emboîta le pas à Liam et Gregorio, qui en bons hommes forts, l’un avec sa télékinésie, l’autre avec son arme de service, le précédaient pour sécuriser les lieux.

Il n’y eut en fait rien à sécuriser. L’appartement de Mrs Brody est propre, assez spacieux et bien entretenu. Difficile d’y trouver quoi que ce fût de remarquable, la moindre entorse à la stricte monotonie d’un intérieur bourgeois : des livres, quelques photographies, où une femme d’une cinquantaine d’années posait à côté de celui qui semblait être son fils et qui ressemblait, de fait, trait pour trait à l’image que Chase avait extraite de l’esprit de l’une des victimes.

Il y avait aussi Mrs Brody. Mrs Brody eût paru en bonne santé si elle n’avait été assise droite comme un I, le regard fixe, sur le bord de son canapé, les genoux serrés, les mains sur les genoux et les lèvres pincées. Gregorio baissa son arme et marmonna :

— Au moins, elle est vivante.

Chase fronça les sourcils avant de murmurer :

— C’est euh… Techniquement. Sans doute.

Le mentaliste s’approcha de la femme, s’agenouilla devant elle, chercha son regard et commença à sonder son esprit. La visite fut assez courte. D’esprit, Mrs. Brody n’avait plus grand chose : elle avait ses souvenirs, stockés froidement dans son cerveau, ses capacités purement fonctionnelles, qui la faisait respirer et encore bouger les yeux, parfois, mais son score de Glasgow, en dehors de ces manifestations pour ainsi dire purement mécaniques, était abyssal.

— Elle est partie.

Gregorio, qui avait décidément du mal à se faire à la tournure que prenait cette enquête, s’exclama :

— Mais comment ça, partie ?
— Plus d’esprit. Plus de pensées, plus de volontés, de sentiments, d’intentions. Un peu comme un état végétatif profond, sans espoir de rémission. Écoutez…

Chase se releva avant de fixer les deux hommes et de dire gravement :

— Dans le cimetière, j’avais déjà senti que quelqu’un m’avait précédé. Mais ce n’était rien comparé à ça. Ça…

Il désigna la femme sur le canapé.

— Je peux le faire moi. Je connais peut-être cinq ou six autres télépathes capables d’y arriver, plus ou moins péniblement. Mais aucun n’a commencé à découper des gens. Moi, personnellement, je pense ne rien risquer de ce côté-là…

Il posa les yeux sur Liam.

— Vous, je ne sais pas. De ce que j’en devine, a priori, ça devrait aller. Mais je ne vous garantis rien.

Puis sur Gregorio.

— Par contre, inspecteur… à partir de là, il serait peut-être plus sage de nous laisser.
— C’est mon affaire. Et je sais me protéger, merci bien.
— Contre des criminels traditionnels, je ne dis pas. Contre quelque chose comme ça, et on ne sait même pas encore quoi, vous aurez oublié votre propre prénom avant d’avoir songé à vous protéger.

Le policier paraissait être extrêmement contrarié de s’entendre dicter la prudence par un jeune homme de vingt ans son cadet. Les recommandations de Chase lui étaient d’autant plus difficiles à admettre que tout ce que sentait le télépathe lui échappait totalement et que, par conséquent, les dangers qu’il évoquait étaient entièrement abstraits pour lui. Instinctivement, il tourna le regard vers Liam, comme pour chercher un appui.

Avec un soupir, Chase haussa les épaules, espérant simplement que le Légionnaire parviendrait à convaincre leur chaperon de ne pas s’exposer à une mort psychique quasi certaine pour prouver son courage. Abandonnant les deux hommes en tête, il se mit à faire le tour de l’appartement, à la recherche de la chambre de Mr. Brody Jr., télépathe sadique psychopathe présumé.
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Message posté : Ven 1 Nov 2013 - 11:31 Message
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    L'ambiance qui se dégageait de l'appartement était pour le moins glauque, froid et dérangeant. Comme si Mr Brody avait imprégné de sa noirceur d'âme les lieux. J'analysais chaque recoin, chaque pièce à la recherche d'indices, d'indications sur notre présumé criminel. Je me dirigeais vers la mère, faisant un bref checking de ses capacités physiques et mentales : c'est comme si on l'avait mis en mode veille, tout en ayant bien formater son cerveau mais la machine marchait toujours, elle était juste vierge d'informations. J'avais déjà vu ce genre de prouesses durant la guerre, pour enlever des informations confidentielles à des civils voire juste pour leur éviter un traumatisme trop important mais ça... C'était clairement inhumain, clairement contre l'éthique et surtout extrêmement cruel : le faire sur sa propre mère, celle qui l'avait mis au Monde, celle qui l'avait éduqué et vu grandir. Il me serait jamais venu à l'idée de faire une chose pareille aux miens, c'était ma chair, mon sang : mon passé et mon présent.

    Lorsque Chase me demandait si j'allais pouvoir résister à une telle attaque, je lui répondis calmement, gardant mon sang-froid devant le spectacle qui se tenait devant nous.

    - On n'est jamais à l'abri d'une surprise Chase, tu es certes puissant, j'en conviens mais il ne faut jamais sous-estimer ton adversaire. Tu trouveras toujours plus fort dans cette galaxie et écarter cette possibilité, c'est signer son propre arrêt de mort.

    Je savais que Chase avait un certain ego et une trop grande confiance en ses capacités, ça se voyait dans sa façon de se comporter, ça crevait les yeux.

    - Mais à nous deux, on devrait pouvoir s'en sortir mais il va falloir toujours rester sur nos gardes. Face à cette menace, il faudra jouer de concert, ensemble.

    Puis je tournai la tête vers notre ami Grégorio.

    - Écoutez, je sais que vous voulez vous impliquer dans cette affaire autant que nous. Je sais que vous avez déjà beaucoup donné pour attraper ce salaud mais la situation a évolué et dépasse désormais vos compétences – sans vouloir vous offenser –, nous prenons le relais mais nous aurons toujours besoin de vous, au commissariat pour faire des recherches et pour accéder à la base de données de la police. Vous comprenez ?

    L'inspecteur semblait douter, hésiter et surtout bouillir sur place. Il était tiraillé entre son besoin d'aider et son instinct même de survie : la raison face à la spontanéité.
    Puis au bout d'une poignée de secondes, il soupira tout en relâchant ses bras en signe d'abnégation.

    - Vous avez intérêt à attraper ce connard et je veux en être le premier informé. Je ferais tout mon possible pour vous aider du commissariat. Prenez ma voiture, je vais appeler le central pour qu'il vienne me chercher.

    Il commençait à tourner les talons puis s'arrêta, se retourna puis nous tendis la main.

    - Bonne chance. À vous deux.

    Je lui serrai la main puis posai la seconde sur la sienne avant de lâcher un
    « ne vous inquiétez pas, on va l'avoir et vous aurez l'honneur de le foutre en prison pour longtemps et merci Mr Grégorio ».

    Une fois que l'inspecteur était parti, je retournais à mes occupations et sachant que Chase s'était aventuré dans ce qui semblait être la chambre de notre meurtrier, le rejoignis.


    - Alors, t'as trouvé quelque chose d'intéressant ici ? demandai je tout en regardant cette pièce qui devait renfermer beaucoup de secrets et d'informations, étant donné le semblant de précipitation de la part de Brody vis à vis de sa mère....
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Lorsque rôde la Mort... [Chase & Liam]

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