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Le ZYL234 et ses fabuleuses propriétés (Zachary)

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Message posté : Lun 9 Sep - 20:59 Message
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Une nuée de jeunes adultes ( ?) avec des tee-shirts à l’effigie de Yoda : tel était donc le visage de l’école où il avait failli aller. Chase Neutron-Grey, brillant informaticien, les mains bien enfoncées dans les poches de son blouson, se promenait au petit bonheur la chance dans les couloirs du H.I.T. et son regard était sans cesse attiré par une nouvelle particularité de ses étranges pensionnaires. Chase avait beau ne prêter aucune attention aux défilés de mode, il prenait peu à peu conscience qu’entre ses tenues conventionnelles, mais, enfin, raisonnablement accordées, et les accoutrements pour le moins surprenants des étudiants du lieu, il y avait un fossé. Un gouffre béant. L’abîme.

Tous les tee-shirts étaient noirs ou presque, mais c’était le motif qui en faisait bien entendu le principal intérêt. Chase croyait avoir distingué trois grandes catégories. Dans la première il rangeait ce qu’il supposait être des groupes de metal, ou de hard rock, ou quelque chose comme ça : en tout cas, de la musique qu’il n’écoutait pas. Les mélomanes pouvaient se délecter de noms évocateurs, comme « Dark Wisdom of Infinite Hell » ou « Goatkillers 6 6 6 ». C’était charmant. Dans la deuxième, il y avait les personnages des films de science-fiction voire, à la rigueur, mais c’était déjà plus rare, de fantasy. Ceux-là, Chase les connaissait tous. Et puis enfin, dans la troisième catégorie, il y avait les plaisanteries, généralement d’ordre mathématique ou informatique, qui le faisaient sourire.

En plus de cette étude ethnographique des coutumes de tissage et de parures des étudiants en informatique, Chase laissait traîner une oreille pour soupeser la teneur des conversations. Par ordre de popularité, les sujets locaux semblaient être les suivants : 1. les nouveaux matériels informatiques, 2. la prochaine convention sci-fi qui allait bientôt se tenir dans l’État voisin, 3. le dernier épisode de la série adaptée d’un cycle de romans héroïques à la mode et 4. les filles, qui étaient des créatures mystiques, à l’existence pas tout à fait attestée, mais auxquels l’étudiant type rêvait tout éveillé. Généralement, Chase s’en rendit compte en sondant (légèrement) les esprits, la « fille » était imaginée avec des oreilles pointues, une armure de combat qui ressemblait à un bustier pour dominatrix et des yeux violets.

C’était, somme toute, un univers un peu étrange. Pris de l’une de ses fréquentes crises de vocation, quand il s’ennuyait ferme dans son bureau de l’UNISON et que personne ne venait (hélas) de lui demander de hacker le serveur de la C.I.A. ou du F.S.B. ou, à défaut, tant qu’à faire, de purger les ordinateurs de l’équipe des virus récalcitrants qui étaient parvenus à s’y frayer un improbable chemin et qu’il songeait à tous les chemins de son existence qu’il n’avait pas empruntés, Chase, ce jour-là, avait décidé d’avoir un aperçu de ce qu’eût été sa vie s’il s’était inscrit au H.I.T., plutôt que de poursuivre son parcours d’autodidacte. Après tout, il n’était peut-être pas trop tard.

Quinze minutes après le début de sa déambulation hasardeuse dans le méandre architectural que constituait le complexe d’enseignement, Chase se félicitait de sa précoce clairvoyance. Ce n’était pas que les intitulés de cours n’eussent pas l’air alléchants, mais il ne se voyait décidément pas passer deux heures à méditer l’architecture des réseaux, plus deux nouvelles heures, et deux encore après cela, et ainsi de suite, avec autant de vitalité, soupçonnait-il, qu’une limace qui rampait sur une feuille de salade défraîchie — un peu orgueilleux, peut-être, le Neutron-Grey.

Ce n’était pas non plus que tous ces hommes barbus habillés en noirs ne lui inspirassent pas une quelconque sympathique, mais simplement, Chase, même avec toute la bonne volonté dont il était capable de faire preuve — d’aucuns diraient qu’elle était assez limitée — ne s’intéressait pas assez à la vie de l’inventeur du dernier système d’exploitation underground du moment pour débattre pendant des heures de son héroïsme ou de son imposture. Non, décidément, Chase en était absolument convaincu : il n’était pas fait pour le H.I.T.

Le H.I.T., hélas pour lui, ne partageait pas sa conviction. Mû par un amour destiné à n’être jamais réciproque, le H.I.T. posait, par l’intermédiaire de ses étudiants, sur Chase un regard enamouré. Ou, si ce n’était énamouré, du moins curieux et peut-être un peu admiratif. Parce qu’il y en avait assez, dans cette foule étrange et exotique, à avoir compiler fiévreusement les chroniques scientifiques des générations passées, pour reconnaître sans difficulté un Neutron-Grey quand ils en voyaient un.

D’ailleurs, voilà qu’on le tirait par la manche, et un type qu’il ne connaissait pas, mais qui avait l’air, fallait-il croire, de le connaître vraiment depuis toujours, en passant un bras velu autour de son épaule, pour épater ses copains, l’interrogea sans ambages :

— Pas vrai, Chase, que le ZYL234 n’est pas rétrocompatible avec les modèles précédents ?
— Pardon ?

Cette entrée en matière un peu abrupte conduisit Chase, qui n’était pas familier des dernières évolutions dans le domaine pourtant trépidant des fers à souder, à regarder successivement les trois participants à la discussion d’un air pour le moins perplexe.

— Vous voyez, il est d’accord avec moi.

Conclut le type au gros bras velu, qui avait apparemment l’art d’interpréter en sa faveur même les réponses les plus déconcertées. La discussion sauta aussitôt sur un autre sujet — le quatrième dans l’ordre de priorité.

— Et sinon, Tesla, elle est célibataire, ou bien… ?

Chase, qui n’imaginait tout de même que quelqu’un comme cela pouvait parler de la sorte de sa sœur-à-lui, demanda naïvement :

— Tesla qui ?
— Ta sœur.

Fut la réponse perplexe qu’il obtint. Apparemment, un consensus tacite venait de passer silencieusement d’un esprit à l’autre : la réputation de petit génie de Chase Neutron-Grey était largement surfaite, puisqu’il ne connaissait pas le ZYL234 et qu’il n’était pas capable de savoir quand on parlait de sa sœur. Le groupe de trois se sépara donc de lui pour reprendre son chemin vers un cours, vous l’aurez deviné, d’architecture des réseaux, laissant un Chase pour le moins déboussolé devant le panneau en liège destiné à l’affichage des prochaines soirées étudiantes.

Il était couvert d’annonces pour des LAN parties.
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Message posté : Ven 13 Sep - 10:10 Message
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Zachary se trouvait pour la première fois dans un environnement vraiment familier.
Il n'aurait jamais pensé que le HIT puisse être rempli de gens aussi semblables à lui. Il s'était toujours cru marginal, mais cette école rassemblait en un seul bâtiment toute une flopée de geek divers et variés. Personne n'était en costume cravate, c'était plutôt jean et t-shirt. Il avait croisé un gars qui portait un t-shirt Ryze, un autre avait Yoda. Un troisième le logo de Star Trek avec la mention U.S.S Enterprise, un quatrième...Bref, tout un tas de gens qui avaient apparemment des goûts semblables en jeux vidéos et en cinéma que lui. Pour un gamin qui avait du se farcir les cours à domicile à cause du métier de ses parents, c'était rassurant de constater qu'en fait, ici, il se fondait complètement dans le décor et qu'on appréciait même sa conversation. Il lui avait fallu un jour ou deux pour se sentir à l'aise mais n'hésitait plus, désormais, à placer une blague intelligente ou à faire une petite référence à un film ou un jeu, le plus souvent en étant compris. Il avait lié quelques connaissances parmi les étudiants en ingénierie, chose qu'il n'aurait jamais cru possible. Lui, Zachary Blake, avait non seulement une petite amie sublime depuis quelques jours déjà mais en plus avait des amis. Il commençait à se créer une vie sociale et son ascension ressemblait un peu à celle du héros d'un film. Aussi attendait-il la chute ou plutôt, les moments douloureux dont il était censé sortir plus fort.
Oui, il voyait vraiment sa vie comme un film. Et même parfois comme un jeu vidéo.
Pour le moment il explorait le niveau inconnu des rapports sociaux.

Ce qui ne l'empêchait pas d'être un geek dans toute sa splendeur et, à l'heure actuelle, d'être penché sur un tableau en liège couvert d'invitation à des LAN diverses et variées. Il en cherchait une qui pourrait éventuellement intéresser Chloé et fini par tomber sur une invitation à tester la bêta de la nouvelle extension TERA. Il s'empara de la feuille comme si sa vie en dépendait. C'est pile à ce moment la qu'un évènement extraordinaire vint bouleverser sa journée.
Il n'avait pas spécialement entendu la conversation qui venait de se dérouler, mais un nom avait attiré son attention. Tesla. C'était comme sonner un signal d'alarme dans sa tête. Et ça faisait remonter les souvenirs d'une honte éternelle qu'il s'était pris au mariage de son ami Dieter quand il avait essayé d'adresser la parole à cette femme sublime qu'il admirait tant. Echec critique sur toute la ligne, il avait ensuite passé la soirée à l'éviter au mieux sans pour autant parvenir à s'empêcher de la regarder. Elle était si belle...Mais plus important, elle était si intelligente ! Il adorerait pouvoir bosser avec elle, vraiment. Enfin bon, des tas d'autres filles pouvaient s'appeler Tesla. Il le savait. Pourtant il écoutait, et un autre mot vint le frapper. Tesla qui? Ta soeur. Ah tiens, cette Tesla avait un frère aussi. Curieux, Zachary jeta un oeil.
Et eu un bug complet de son système interne.
Chace Neutron Grey. C'était CHACE NEUTRON GREY ! LE Chace Neutron Grey ! La, à deux pas, l'air un peu dérouté par ce que lui disait l'un des types. L'un de ses héros, lui qui adorait la bande dessiné relatant les aventures de la nouvelle génération des Neutron Grey... Mais même outre ça, Chace était un esprit brillant, l'un des plus grand de ce siècle si pas le plus grand. Oh bon sang et il était la, il pourrait même lui parler...
Ouais, peine perdue. Il était trop sous le choc pour ça.
Et alors, contre toute attente, il s'approcha de lui. Enfin, pour être exact, il s'approcha du tableau pour le regarder. Zachary tenait toujours en main la feuille qu'il avait ôté de la. Et le regardait. Non. Il le fixait, carrément. C'était gênant, il devait se reprendre. Vu ce qui était arrivé avec Tesla il ne devait pas se ridiculiser devant ce Neutron Grey aussi ! En plus ce n'était pas une femme, ce qui lui facilitait la tâche. Zachary était vraiment timide avec les filles, même avec sa propre petite amie. Chloé s'en amusait souvent un peu à ses dépends, mais il savait que ce n'était pas méchant.
Il savait aussi que ce n'était pas le sujet.
« B...Bonjour. » Super, bonus d'xp pour l'originalité de l'approche. Comme si on captait l'attention d'un tel génie juste comme ça, en disant bonjour. En même temps, que dire d'autre? Je suis un grand fan? J'aime ce que vous faites? Franchement vous êtes encore mieux en vrai, quoi que je vous voyais plus grand? Non c'était assez naze comme approche. Il aurait voulu un truc cool, mais comme il n'avait pas entendu le début de la conversation, hormis ce qui concernait Tesla...Et il n'allait pas parler de sa soeur, oh que non. Si ça se trouve elle lui avait dit des choses sur "le type bizarre au mariage de Dieter". Ou elle l'avait juste oublié, zapé de son monde. Ô rage Ô désespoir.
Bon allez, les autres types la lui avaient parlé ! Il le pouvait aussi. « Comment ça va? »
Okey.
Naze, zéro pointé.
Il ne restait qu'une solution. La mort par pendaison.
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Message posté : Ven 13 Sep - 12:00 Message
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Chase — avec un s, comme dans sérendipité — Chase n’allait pas se laisser abattre par cet accueil un peu glacial. Après tout, des abrutis, il en avait croisés beaucoup dans son adolescence, qui avaient pris un malin plaisir à tenter de l’humilier pour une raison X ou Y : parce qu’il ne connaissait pas tel cocktail, parce qu’il n’avait jamais fumé une cigarette, parce qu’il avait vanté la séduisante musculature d’un joueur de baseball. Et ces abrutis avaient toujours été victimes d’une indifférence royale de la part de Neutron-Grey, qui avait estimait n’avoir pas de temps à perdre avec les futilités.

Néanmoins, c’était tout de même un peu vexant, parce que ces abrutis-ci étaient d’un genre nouveau : ils étaient censés avoir plus ou moins les mêmes centres d’intérêt que lui, du moins en partie. Ils étaient censés pouvoir communiquer. Chase avait l’impression de se retrouver brusquement cinq ou six ans en arrière, lorsqu’il était sorti de sa tour d’ivoire du Bigsby Building la fleur à la main, plein d’espoir et d’hormones, pour se lancer dans le grand monde sans doute accueillant.

Sauf que non. C’était une partie de sa vie que la légende ne racontait pas et ne raconterait, espérait-il, jamais. Pas plus que la légende ne faisait étalage de ses préférences sentimentales, dont il ne s’était pourtant jamais caché et, en feuilletant distraitement ce qu’on disait de lui dans les rubriques hagiographiques consacrées aux supers de Star City, Chase avait rapidement compris que son rôle était en grande partie déjà écrit et que toutes ses petites particularités embarrassaient ceux qui voulaient le peindre comme le digne héritier de son père et certainement pas comme un jeune comme les autres, qui rêvait au hacking, au nombre de lancers francs dans le dernier tournoi interuniversitaire de basketball et aux garçons.

Bref, la légende, Chase ne l’aimait pas trop. Fort heureusement, sa jeunesse beaucoup plus confidentielle que celle de ses frères et sœurs l’avait quelque peu préservé de l’attention trop soutenue des médias, tout en cultivant, hélas pour lui, un mystère d’autant plus alléchant pour certains d’entre eux. Depuis qu’il était entré à l’UNISON, la situation changeait à la vitesse grand V, évidemment, et les incidents se multipliaient.

Par exemple — à tout hasard — les gens le fixaient. Perdu dans ses réflexions, Chase manqua de sursauter quand, dans le brouhaha qui s’amuïssait progressivement parce qu’une partie des étudiants retournait en cours, une voix se dégagea. Chase regarda à droite, à gauche, pour vérifier que c’était bien à lui que l’on parlait, avant de poser le bleu regard des Neutron-Grey sur le jeune homme à deux doigts de l’apoplexie qui le regardait avec un petit air de psychopathe.

— Euh…

De la circonspection.

— Bonjour… ?

Il n’avait pu s’empêcher de donner à son salut l’inflexion légèrement interrogative qui suggérait plutôt une réponse comme : « mais qu’est-ce que tu m’veux, toi ? » Mais il fut bientôt submergé par une vague d’admiration névrotique qui l’eût atteint quand même il ne fût pas continuellement attentif aux variations de surface de l’esprit des gens. Mon dieu. C’était la première fois qu’il en rencontrait un spécimen vivant. Ses aînés lui en avaient parlé, bien sûr. Mais pour lui, la créature avait toujours été un peu lointaine, irréelle. Elle était là, pourtant, devant lui. Incarnée. C’était…

…un fan.

Un frisson parcourut l’échine de Chase tandis que le Fan entamait sa parade nuptiale. Chase se mit à réfléchir à toute vitesse. On l’avait bien averti de se tenir éloigné autant que possible de ces humains dangereux qui pouvaient l’entraîner dans les situations les plus improbables et, dans le pire des cas, tenter de le séquestrer dans une cave pour le forcer à répéter en boucle certaines de ses répliques célèbres. D’un autre côté, Chase ne croyait pas avoir de répliques célèbres. Alors il s’estimait à peu près en sécurité.

Et puis, il avait besoin d’un guide. C’était instructif d’errer au hasard dans le couloir, mais il aurait aimé en apprendre plus sur le HIT. Et cela n’avait rien à voir avec le fait qu’il tentait depuis deux bonnes semaines de draguer un charmant étudiant en mathématiques. Absolument rien à voir. Ses motivations étaient de la première noblesse (ou presque). Il haussa donc les épaules.

— Je crois que je suis un peu perdu. J’imaginais les choses, ici, différentes.

Il esquissa l’un de ses sourires philosophiques.

— Je crains que nous ne supposions toujours à tort que ceux qui nous ressemblent par certains côtés doivent nous comprendre en tout.

Ça, c’était une méditation typique de Chase Neutron-Grey. Chase l’ignorait, mais on lui prêtait des phrases aussi profondes et aussi peu compréhensibles que : « l’unité de l’aperception est le principe transcendantal de la nécessaire conformité des phénomènes à des lois dans une expérience ». Cette phrase pleine de bon sens, lui savait que c’était Kant — le philosophie, pas le super-vilain — qui l’avait prononcée, mais apparemment, dans la bouche d’un super jeune, blond et pas trop, trop moche, elle gagnait un peu plus de glamour que dans celle d’un vieux quiétiste allemand passablement aigri.

Chase, lui, ne pensait qu’à obtenir une visite guidée du Fan. C’était comme jouer avec le feu.

— Je voulais découvrir un peu l’Institut. C’est après tout, à peu près, dans mes domaines de compétences, ce que l’on y enseigne. Mais je n’ai pas pensé à prendre un plan.

Le regard bleu qui s’était détourné pendant quelques secondes revint brusquement dans celui de Zachary. Il était temps de ferrer le poisson. Chase commença par une présentation sans doute inutile :

— Je m’appelle Chase, au fait.

Avant de demander :

— Et vous ?

Un plan machiavélique.
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Message posté : Sam 21 Sep - 12:33 Message
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Bonjour.
Sérieux, il lui avait répondu ?
Zachary n’en revenait pas et souriait, il faut bien le dire, un peu bêtement à Chase Neutron-Grey qui ne semblait pas le considérer comme une mouche au bourdonnement désagréable.
Il lui avoua être un peu perdu et imaginer les choses différemment de ce à quoi il venait d’être confronté. Zachary hochait la tête pour marquer sa compréhension. La première fois qu’il avait mis les pieds au HIT il s’était lamentablement perdu et avait failli arriver en retard à son premier entretien. Il était entré dans le bureau essoufflé, en sueur d’avoir tant couru  et à deux doigts de la syncope. Chase lui, ne ressemblait à rien de tout ça. Il arborait un sourire tranquille comme s'il s’attendait à ce que le chemin se trace de lui-même sous ses pieds. Il faisait même de la philosophie ! Zachary regrettait de ne pas avoir un enregistreur, mais il garda cette phrase enracinée dans sa mémoire en se la répétant un nombre incalculable –et effrayant- de fois. Il était totalement d’accord avec ce qu’il disait et cela n’avait rien avoir avec le fait qu’il soit un Neutron-Grey. Zachary avait beau être un fan il était plutôt fier d’affirmer qu’il avait un cerveau. Et qu’il savait s’en servir ! Aussi s’il avait estimé que le garçon se trompait, il le lui aurait dit. Avec force de rougissement et de gêne, mais il l’aurait fait.

Chase lui expliqua qu’il voulait visiter l’institut par curiosité, mais avait besoin d’aide. « J’ai besoin d’un plan moi aussi parfois. Je l’ai collé au dos de mon agenda ! » Il sortit avec un petit air de triomphe le dit agenda et ouvrit la couverture pour désigner le plan qu’il y avait collé. Il avait entouré en couleur les différentes salles où il devait se rendre et le chemin le plus cours pour y parvenir sans se tromper. Il commençait à pouvoir s’en passer mais il n’était pas ici depuis assez longtemps pour en être certain. « Blake. Zack. Euh…Zachary Blake, je veux dire. » Il aurait pu lui faire remarquer qu’il était inutile de se présenter, parce que n’importe qui ayant allumé un poste de télévision pouvait savoir qui il était, mais ça aurait peut-être paru un peu trop lourd. Ou trop stupide. « Si vous voulez je peux euh…Vous montrer quelques endroits. Ya des choses qui vous intéressent plus que d’autres ? Les laboratoires je suppose bien sur…Les salles de classes se ressemblent toutes. Quand on en a vu une c’est bon. C’est pour ça que parfois je galère…Enfin heureusement j’ai repéré des types qui sont en ingénierie comme moi donc si je ne les vois pas dans la salle quand j’y entre je sais qu’il y a un soucis. » Heureusement ça n’était arrivé qu’une fois ou deux. Il y avait aussi eu ce jour où le gars qu’il avait pris comme point de repère avait été malade, ce qui lui avait valu un grand moment de solitude. Raison pour laquelle il en avait désormais pris plusieurs. « Désolé c’est pas intéressant, j’ai tendance à parler beaucoup quand je suis nerveux. Euh…Ca aussi en fait c’est pas important. » Enfin au moins avec ce Neutron-Grey la, il parlait. La seule et unique chose qu’il avait jamais dite à Tesla était un misérable « bjour » avant de frôler l’arrêt cardiaque.

Sans attendre la réponse de Chase, Zachary l’emmena vers un ascenseur qui conduisait aux étages supérieurs et aux laboratoires de recherches. Il y en avait de tous types, allant de l’ingénierie à la microbiologie, ainsi que les labos de physique appliquée. Zachary avait été extrêmement attentif pendant cette partie de la visite parce que c’était l’endroit où il voulait arriver, à terme. Il savait qu’il serait un pitoyable super-héros sur le terrain alors il s’était dessiné un rôle d’acolyte sur mesure. Le gars qui fabrique les armes, la technologie nécessaire au héros. Les gadgets sympas, qui fait une ou deux blagues douteuses –il bossait dessus- avant que le héros ne parte en mission. Il aurait adoré travailler pour l’UNISON et Lucrèce l’y avait vivement encouragé. C’était vraiment sympas d’avoir des amis, le geek n’en avait jamais eu l’habitude jusqu’ici. « En fait l’institut est divisé en département, donc suffit d’appuyer sur celui qu’on veut. J’ai une légende à côté de mon plan pour savoir quel étage correspond à quoi. Moi je suis souvent au troisième, normal. Y’en a un qui vous intéresse en particulier ? Ah zut je l’ai déjà demandé ça… »
Mais au moins faisait-il des phrases complètes.
Grande amélioration, on applaudit !
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Message posté : Sam 21 Sep - 15:20 Message
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L’enquête ethnographique de Chase progressait bon train. D’ores et déjà, une constatation s’imposait : le Fan était prolixe. Chase tenta de garder son air le plus poliment stoïque alors que son futur guide le noyait sous un flot d’informations aussi capitales que l’organisation de son agenda, qu’il lui montrait comme une œuvre d’art. Le mutant posa un regard vaguement intéressé sur le plan soigneusement collé et annoté, avec l’impression qu’un enfant lui présentait son dernier dessin. Grâce à toute sa bonne volonté, il parvint à commenter :

— Ah, c’est… Ingénieux.

N’est-ce pas. Un peu rudimentaire, aussi : il s’était attendu à ce qu’un élève du HIT eût conçu une application smartphone avec un GPS très précis pour s’orienter dans les couloirs des différents bâtiments, mais il fallait croire que les techniques les plus éprouvées étaient encore les plus populaires, même dans ce temple de la technologie. Quoi qu’il en fût, Chase parvint même à forcer un sourire courtois, non sans se demander s’il n’eût pas mieux fait d’extraire séance tenante de l’esprit de Zachary ce qu’il pouvait bien savoir du bâtiment et de continuer par ses propres moyens.

Grâce à une habileté conversationnelle éprouvée dans les plus belles réceptions de Star City, Chase parvint (à ses risques et périls) à glisser entre deux tirades :

— Les laboratoires, c’est bien : faisons cela.

Et le voilà embarqué dans les couloirs, à côté de Zachary qui ne paraissait pas avoir tellement besoin de reprendre son souffle — peut-être un super-pouvoir en train de germer. Le destin offrait cependant à Chase la chance de suggérer à son guide de se taire pour de bon quand ce dernier s’excusa de la profusion de ses paroles, mais toujours extrêmement poli, le mentaliste secoua la tête :

— Mais pas du tout, enfin, je vous écoute avec beaucoup d’intérêt.

En fait, ce n’était pas tout à fait faux. Il y avait dans le comportement nerveux (et un peu énervant) de Zachary quelque chose de touchant et, certes, d’un peu flatteur, qui changeait Chase de l’intérêt toujours un peu trop circonstancié et pressé des journalistes ou, au contraire, des fans hystériques qui ne passaient pas par quatre chemins. Écouter l’art de coller un plan sur son agenda, c’était toujours mieux que de répondre à des demandes à mariage non sollicitées.

Après que Zachary lui eut aimablement expliqué le fonctionnement d’un ascenseur, Chase répondit :

— On peut aller voir l’ingénierie, puisque c’est votre spécialité.

Avant d’ajouter, sans réfléchir :

— Un peu la mienne, aussi, d’ailleurs.

Il préférait certes les programmes informatiques par dessus tout, mais la robotique et l’électronique tenaient malgré toute une place conséquente dans son existence : un héritage Neutron s’il en était. Il laissa donc Zachary appuyer sur le bouton approprié et l’ascenseur commença à s’élever dans l’atmosphère que les ascenseurs seuls excellaient à produire : le silence embarrassé.

— Donc vous n’êtes pas là depuis longtemps…

Chase, qui avait immédiatement regretté d’avoir laissé en suspend, parce qu’il craignait que Zachary n’en profitât pour lui raconter l’histoire de sa vie depuis sa naissance dans les profondeurs de l’Oklahoma sauvage jusqu’au moment où il avait collé son plan du HIT dans l’agenda, s’empressa de circonscrire plus rigoureusement le sujet de la conversation :

— Ça doit être exaltant, de découvrir tout cela, ces laboratoires, ces enseignants experts, tous ces camarades. Je veux dire : ce n’est pas comme si l’on enseignait tout cela dans les écoles secondaires.

Il y eut un bref instant de silence, après lequel il ajouta machinalement :

— Enfin, je suppose.

En vérité, il n’avait aucune idée de ce que l’on enseignait dans les établissements secondaires, pour la bonne et simple raison qu’il n’avait jamais mis les pieds dans une école — du moins, plus après ses sept ans. Alors lui, il avait appris les rudiments de la robotique en apprenant à parler, parce que tel avait été son univers dans le Bigsby Building, mais s’il avait bien compris, ce n’était pas le cas de tout le monde.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent et Chase laissa Zachary le précéder d’un pas pour se laisser guider. Tous les étudiants n’avaient pas cours, certains professeurs non plus : des gens jeunes et moins jeunes, selon leur statut, circulaient encore dans les couloirs, et quand ils posaient le regard sur Chase, il était aisé de voir qu’ils le reconnaissaient sans peine. Quand ils se promenaient en groupe, le passage de Zachary et Chase étaient généralement suivis de murmures échangés sur un ton étonné.

Chase, lui, avait appris à ne pas prêter trop d’attention à ce genre de manifestations.

— Et qu’est-ce que vous préparez comme, euh… diplôme ?

Il essayait de donner l’impression de savoir à peu près de quoi il parlait, pour ne pas paraître complètement déconnecté des réalités. Les établissements d’enseignement préparaient des diplômes, jusque là, ça allait. Il ne fallait juste pas lui demander de les nommer et de les distinguer entre eux.

— Qu’est-ce que vous voudriez faire, plus tard ?

Pour Chase, ces questions étaient un peu une manière de se représenter la vie normale qu’il aurait pu avoir et qu’il s’était parfois souhaité.
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Message posté : Sam 21 Sep - 18:08 Message
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Zachary avait conscience de parler énormément. C’était le stress, il avait du mal à gérer ses nerfs en présence de personnes qu’il admirait pour leurs actions et leur intellect. Bon il avait du mal à se gérer avec les femmes en général aussi mais là c’était leur sexe qui posait problème. Il était donc plutôt content que Chase ne se braque pas et l’encourage même un peu à sa façon, essayant de le rassurer. Zack le trouvait vraiment sympas et ne comprenait du coup pas comment certains pouvaient le qualifier de connard imbu de lui-même. La jalousie sans doute, l’envie de lui ressembler sans jamais pouvoir y arriver…

Une fois dans l’ascenseur, Chase lui proposa de voir l’étage dédié à l’ingénierie puisque c’était sa spécialité. Le geek était assez impressionné par son amabilité. Il n’avait vraiment pas l’air de se moquer de lui. Peut-être était-il intéressé par politesse, ou parce qu’il s’y connaissait un peu dans le domaine. Comme tous les Neutron-Grey en somme. Zachary lui sourit et appuya sur le bouton. Puis il parvint à se taire, ce qui laissa place à un…Silence. Il était un peu gêné, mais être dans le même ascenseur que Chase Neutron Grey était déjà beaucoup pour lui en terme de grâce, alors il n’avait pas spécialement besoin de parler. Pourtant l’autre relança la conversation. « Bin depuis la rentrée quoi. » répondit-il, et il allait enchaîner quand Chase en rajouta, assurant que ce devait être exaltant. Et bien oui en fait ça l’était, surtout pour un garçon comme Zachary qui avait été déménagé d’un pays à l’autre, obligé de suivre l’école à domicile, n’ayant pour seul ami que son garde du corps et devant se réfugier dans ses bandes dessinées et ses jeux-vidéos. Le net l’avait sorti de sa solitude, et le fait qu’il ait passé son enfance et son adolescence isolé expliquait pourquoi il était aussi maladroit en société, ou même avec les femmes. Avant Chloé il n’avait jamais eu de petite amie, pas même eu droit à un baiser. Il songeait à tout cela, quand Chase ajouta qu’il supposait tout du moins.
C’était l’une des raisons pour lesquelles Zachary appréciait tant le garçon.

Comme lui, il avait été coupé du monde en quelque sorte. Pas pour les mêmes raisons et il était tout de même entouré par sa famille qui le soutenait et l’aimait. Mais quand il voyait son génie, Zachary se disait qu’un jour il serait comme lui, son égal sur bien des plans. Ca l’avait souvent aidé. « Je n’ai jamais été à l’école avant ça en fait. Je suivais des cours à domicile, mes parents…Voyagent pas mal. J’ai dû batailler pour pouvoir rester ici mais je suis content, ça change vraiment ! »
La porte de l’ascenseur s’ouvrit.

Zachary en sortit, suivi de Chase. Dans le couloir, il y avait quelques personnes. Des professeurs, qui firent un signe à Chase. Puis des étudiants, qui le regardaient comme s’il était un nouvel élément apparut sur le tableau périodique. On regardait Zachary aussi, en se demandant ce qu’il pouvait bien faire avec un gars comme Chase Neutron-Grey. A vrai dire le geek se posait la même question…Dommage que Dieter n’ai pas été dans les parages. Il était ami avec Tesla, il connaissait sûrement son frère et aurait contribué à détendre l’atmosphère.
Non pas que Chase ne s’en sorte pas bien. Il posait des questions et semblait s’intéresser à ce que faisait Zack de sa vie. Cela le perturba un peu, il n’en avait pas l’habitude. Mais comme il était un incorrigible bavard chronique quand il s’y mettait –encore plus quand on le lançait sur ce genre de sujet- il ne put s’empêche d’expliquer. « Je prépare un diplôme d’ingénieur électronique. En fait…J’aimerais bien bosser pour l’UNISON ou pour la Légion, concevoir des gadgets pour les agents, du matériel qui pourrait les aider quoi. Faire quelque chose d’utile pour le bien commun. J’ai pas la carrure d’un super-héros…Mais bon ils ont tous besoin d’un acolyte ! » Zachary sourit, ce rictus gêné qui peignait si souvent son visage. « Puis je suis pas mauvais en informatique, du coup ça me fait une deuxième corde à mon arc. J’avais pensé faire informatique en réalité, mais j’étais presque certain de m’ennuyer. Enfin…Sans me vanter hein. Mais je préfère que mes parents paient des études où j’apprendrais vraiment des choses, où je pourrais me donner à fond dans un domaine nouveau. » Il était même plus que pas mauvais en informatique mais il n’était pas censé dire qu’il avait piraté des ordinateurs du gouvernement. On le lui avait bien expliqué, et il avait promis de ne pas recommencer.

« Et vous ? Enfin je veux dire…Vous êtes vous. » Constatation d’une profondeur philosophique intense. « Mais si vous deviez suivre des études ? Ici ou ailleurs, vous feriez quoi ? » Il était toujours un peu nerveux mais la question l’intéressait vraiment. Après tout, Chase n’avait que deux ans de plus que lui…Et était déjà tellement. Le nom de Neutron-Grey aidait, bien évidemment, pourtant il n’y avait pas que ça. Puis Zachary était curieux de pouvoir lui poser en direct toutes les questions qui le turlupinaient. Lire une interview n’est jamais pareil.
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Message posté : Sam 21 Sep - 19:49 Message
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Le regard de Chase s’était arrêté un temps sur Zachary, quand le jeune homme lui confia n’avoir jamais été à l’école. Le mutant eut un sourire un peu triste. Lui, il l’avait longtemps regretté et à cette époque encore, quand il songeait à toutes les années de son existence enfermé loin des enfants de son âge, des autres enfants, plutôt que de son frère, de ses sœurs, il ne pouvait s’empêcher de sentir monter en lui un vague malaise. Il s’était toujours fait de la vie en communauté un tableau idyllique.

D’une voix lointaine, il répondit :

— Je suppose oui, ce doit être… un soulagement.

Il était loin de s’imaginer que Zachary pouvait sans peine deviner ce qui le rendait ainsi songeur. Si Chase avait bien intégré que la plupart des gens le connaissaient de près ou de loin, il n’avait pas encore tout à fait mesurer le degré de familiarité avec sa propre existence qu’un inconnu un peu persévérant pouvait acquérir. Et s’il avait découvert l’étendue des connaissances de Zachary à son propos, il eût sans nul doute été un peu effrayé.

Chase répondait poliment mais sobrement à l’attention dont il était devenu le centre, en jetant des coups d’œil curieux plutôt à ce qu’on apercevait des laboratoires à travers les vitres des portes qu’aux professeurs, certains pourtant fort réputés dans leurs domaines, qu’ils croisaient. Chase en connaissait quelques-uns personnellement cependant, qui venaient de temps à autre prêter main forte à l’UNISON, quand une technologie particulièrement exotique était récupérée par les agents de terrain ou quand le projet Passerelle atteignait une nouvelle étape. Il ne pouvait donc s’empêcher de serrer quelques mots.

Son attention était cependant principalement accaparée par les explications de Zachary, dont l’histoire, qui avait de toute évidence du rapport à la sienne, lui inspirait de la sympathie. Et de toute évidence, ils avaient beaucoup en commun : le projet professionnel de Zachary était peu ou prou d’occuper le poste qui était celui de Chase au sein du laboratoire Tesla Neutron-Grey. Ce qui certes impliquait de lui parler, à Tesla. Encore un détail sur lequel il allait falloir travailler.

La question de Zachary le prit un peu de cours. Chase détacha le regard d’un panneau couvert de posters de recherche, reliques d’anciens colloques, pour le poser, un peu perplexe, sur son interlocuteur.

— Eh bien…

Il s’était si longtemps dit qu’il lui était impossible de s’inscrire dans la même université qu’il n’avait jamais sérieusement réfléchi à la question. C’était une manière de fuir le problème, bien entendu : il était probable qu’avec un peu d’insistance, il eût obtenu sans peine une dérogation, malgré son absence de parcours scolaire. Mais Chase avait beaucoup trop peur de se rendre compte que ses compétences intellectuelles n’avaient rien de très remarquables pour prendre le risque de passer le moindre contrôle — une peur tout à fait irrationnelle, mais solidement ancrée en lui par la compagnie quotidienne de Tesla. Difficile de ne pas se sentir écrasé intellectuellement par un sœur comme la sienne.

— À vrai dire, j’aime bien les histoires, aussi… Les romans, les films ou bien les jeux de rôles. Alors, vous savez, parfois je me dis que j’aimerais bien en créer moi-même.

Certaines de ses illusions remplissaient tout à fait ce rôle, mais ce n’était pas exactement le genre d’objet médiatique que l’on pouvait diffuser facilement. D’ailleurs, Chase avait l’air un peu gêné de parler ainsi de sa sensibilité artistique, héritée de son part : c’était beaucoup plus facile de se cacher derrière les belles et froides régularités de la science et de l’informatique.

— Peut-être que j’aurais fait des études de lettres, peut-être.

Il eut un sourire un peu amer, détourna le regard et commenta :

— Mais c’est bientôt futile.

En d’autres termes : on attendait de lui qu’il prît les responsabilités qui venaient avec le nom de Neutron-Grey et des pouvoirs comme les siens. Chase n’avait jamais eu l’impression d’avoir beaucoup le choix sur ce qu’il ferait de sa vie et, en dehors du service à l’intérêt supérieur de l’humanité, il ne se permettait que deux passions véritablement envahissantes : les garçons et les échecs. Encore dans le premier domaine n’avait-il pas de réussite très stable pour se consoler.

Il sentit un peu obligé de préciser :

— Mais ça ne me déplait pas, ce que je fais. À l’UNISON. C’est utile, bien entendu, et puis c’est important.

Ce qui n’était pas la même chose que plaisant et agréable, mais qui s’en souciait ? D’ailleurs, Chase ne répugnait pas, la plupart du temps, à s’engager dans des recherches techniques et scientifiques : il avait pour elles une véritable passion. Mais comme s’il était soucieux de ne pas laisser Zachary se fermer trop tôt trop de futurs possibles, il remonta un peu le fil de leur conversation et suggéra :

— Et puis vous savez, de nos jours, pour être un super-héros, comme vous dites, inutile d’avoir une carrure particulière. Il y a des armures extrêmement performantes qui sont bien plus efficaces que de nombreux pouvoirs. Et elles pourraient encore être améliorées.

Particulièrement dans le domaine des voyages galactiques et des combats dans le vide. Chase s’était toujours intéressé à la question : les super-armures étaient un peu l’exact inverse de lui-même. Lui était tout d’esprit et de psychologie ; elle était toute d’informatique et de puissance physique.

— Tenez, par exemple, les explosifs, c’est bien beau, mais si les armures avaient des interfaces de hackage automatisées pour la plupart des systèmes de navigation militaire, on pourrait résoudre pacifiquement de nombreuses situations délicates.

Évidemment, même si, quelque part dans ses pensées, il rêvait d’être scénariste de séries policières, Chase pouvait parler des heures de ses domaines de prédilection.
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Message posté : Mar 1 Oct - 10:56 Message
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Zachary avait pas mal parlé, et il avait posé une question qui semblait plonger le Neutron-Grey dans une certaine réflexion. Que ferait-il s’il n’était pas lui ? S’il n’était pas né au sein de l’empire NG ? Il lui fit une réponse qui le déstabilisa. L’histoire ? Les Jeux de rôle ? Les romans ? Créer lui-même ? Zachary et lui avaient tellement de point commun que s’en était déstabilisant ! Le geek était fan, lui qui était grand maître de guilde, qui adorait le jeu de rôle même s’il le pratiquait surtout en ligne, qui aimait lire de la fantasy, était fan de séries futuristes…« Pourquoi futile ? Il faut suivre ses propres rêves… » répondit Zachary sans vraiment s’en rendre compte. Il l’avait pensé, et s’était sorti tout haut. Il trouvait dommage que quelqu’un se force à suivre une voie qu’il n’appréciait pas mais le Neutron-Grey le rassura. Il aimait son travail à l’UNISON. C’était utile, important. Mais étais-ce palpitant ? Était-il heureux ? Le rêve de Zachary le poussait sur le chemin qu’avait emprunté Chase. Il était destiné à bosser pour cette prestigieuse organisation, il voulait protéger les citoyens de ce pays qu’il aimait, être un vrai héros à sa manière. C’était son rêve, son désir, sa folie peut-être. Il ferait tout ce qu’il pouvait pour y arriver. Il se tuerait au travail si cela pouvait aider. Il aurait pu disserter sur le sujet, et c’était étrange de le voir essayer de pousser Chase Neutron-Grey loin de ce qu’il était actuellement, de celui qu’il admirait. Zachary était prêt à l’encourager à faire des études de lettre, mais l’attention se ramena sur ce qu’il avait dit précédemment. Il eut un petit sourire.

« D’où les études d’ingénieries. J’ai déjà dessiné l’armure que j’aimerais créer, je travaille encore sur la mise au point des gadgets. » avoua-t-il. Il se baladait toujours avec les dessins sur lui et il y travaillait quand il avait des heures à perdre. Vu son cursus, ça n’arrivait pas si souvent que ça mais bon, il s’était suffisamment penchée dessus quand il suivait des cours à domicile pour avoir pris une avance confortable. Il l’améliorait au fur et à mesure des connaissances qu’il acquérait ici. C’était une espèce de projet de fin d’étude avant l’heure. « Je suis assez d’accord. D’ailleurs je travaille sur un dispositif à résonnance magnétique, qui serait capable de mettre hors service les armes de ce type. Le soucis pour l’intégrer à une armure c’est qu’actuellement euh…Ca met l’armure hors service aussi. » Il eut un petit sourire gêné. « Mais je ne désespère pas de trouver le bon matériel pour l’isoler ! En même temps je n’ai fait les expériences que dans le garage de mes parents, j’aimerais bien avoir accès au labo mais je dois attendre l’an prochain pour ça… » expliqua-t-il, se sentant idiot d’avouer qu’il avait dû se servir du garage familial. Chase devait avoir eu son propre laboratoire à quatre ans et demi. « Du coup en théorie, on pourrait protéger un groupe d’élite entraîné au sabotage par exemple, qui pourront se rendre dans une zone armée et…La désarmer complètement, sans un seul mort ! Avec une telle technologie ceux qui voudront encore faire la guerre devront en revenir aux épées et aux catapultes mais bon on a inventé des boucliers assez puissants pour contrer ça. Il faudra bien régler ses problèmes en parlant, du coup. » Et avec la parole, on risquait au mieux de blesser un ego.

Malgré ses rêves de grandeur héroïque, Zachary était un pacifiste. Il n’aimait pas la violence, ni même la guerre. Il aspirait à un monde en paix, tout en sachant que c’était contraire à la nature même de l’homme. Pourtant il continuait à imaginer tout un tas de gadgets dans ce sens.
Ils continuaient d’avancer dans le couloir des ingénieurs. Ils passèrent devant un labo où des hommes en blouse testaient une espèce de rayon laser qui sortait d’un bras mécanique. Un rayon continua, probablement conçu pour fonctionner dans l’espace puisque le bras en question était dans une boîte à vide comme on disait vulgairement. Une boite qui reproduisait les conditions identiques à celles que l’on retrouvait là-haut. La haut…Zachary aurait bien aimé y aller, voir la terre par le hublot d’une station spatiale. Mais il n’était pas certain d’avoir la santé adéquate pour ça, puis ça l’aurait embêté de se séparer de Chloé. Il pouvait très bien mener ses rêves à bien sur la terre ferme ! « Enfin je parle, je parle, du coup vous ne voyez pas les labos…En même temps ceux de l’UNISON doivent être genre trois millions de fois plus excitant. J’adorerais les voir un jour…J’ai une amie qui y travaille, mais c’est un agent de terrain. Vous connaissez peut-être Lucrèce ? Enfin, elle m’a dit qu’un jour elle me montrerait, mais je crois qu’il faut une habilité secret défense numéro je sais pas combien. Enfin du moins pour les labos vraiment intéressant… » Ca y est, il était reparti.
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Message posté : Mar 1 Oct - 11:24 Message
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Probablement que si Chase avait été assis dans un amphithéâtre pendant mon cours de littérature, il se serait ennuyé. Comme bien des jeunes gens, Chase aurait aimé avoir tout à la fois : la science, les aventures, les histoires, sans avoir jamais à choisir. Et même s’il était éternellement insatisfait, il devait bien reconnaître qu’il ne s’en était pas trop mal sorti. Mais à force de vouloir tout équilibrer, de vouloir faire un peu de tout, il ne faisait rien complètement et se trouvait frustré sur tous les fronts. Une stratégie pas très efficace.

Tout en écoutant d’une oreille de plus en plus intéressé les explications enthousiastes de Zachary, qui en dehors de sa prolixité semblait avoir un esprit redoutable, capable de concevoir conceptuellement les besoins d’une force armée et de suivre cette idée d’abord abstraite dans sa réalisation pratique, Chase jeta un coup d’œil au laser que l’on expérimentait. Ah, l’espace. Il songeait au projet de station orbitale de l’UNISON, aux bases de la Légion, aux vaisseaux des invasions… L’espace lui avait toujours paru un peu trop loin, un peu hors de ses compétences et c’était bien ainsi : il aimait songer qu’il y avait là une limite bien nette à ce qu’il pouvait faire. Les perspectives infinies l’auraient effrayé.

Chase hocha la tête.

— Madame Feuerbach, oui, je connais.

Lucrèce avait toujours été pour lui « Madame Feuerbach », une amie de Tesla, une adulte, en quelque sorte. La grossesse de la jeune femme n’avait rien arrangé à l’inconfort que Chase éprouvait à ses côtés, parce qu’il ne savait jamais comment se comporter. Les deux jeunes gens poursuivirent leur chemin, tournant dans le couloir, pour observer de loin d’autres laboratoires. Chase ne tenait pas vraiment à y entrer et à avoir des explications détaillées : c’était l’ambiance, qui l’intéressait. La science, il l’avait à domicile, elle ne serait pas une découverte.

— Je vous dirais bien que je vais vous rendre la pareille et vous faire visiter les laboratoires de l’UNISON, mais ça risque d’être un peu compliqué, en effet.

Personne ne lui avait fait de difficultés, à lui, lorsqu’il avait voulu intégrer l’organisation, mais il était un Neutron-Grey et le frère de deux agents déjà bien placés dans la hiérarchie : cela avait facilité beaucoup de choses, naturellement. Il était rare d’ailleurs que Chase eût tout à fait conscience que ce qui constituait, somme toute, l’essentiel de son existence, était environné, pour les gens qu’il côtoyait en dehors de l’UNISON, d’un profond mystère, propre à toutes les recherches militaires dument protégées.

Il trouvait dommage cependant qu’un esprit aussi prometteur que semblait l’être celui de Zachary dût attendre de finir ses études pour avoir accès à l’UNISON. Chase n’était pas vraiment un expert des subtilités administratives de son propre employeur, qu’il supposait considérables, comme toujours les administrations, mais il était prêt à parier qu’il y avait des solutions.

— Vous savez, bien sûr, qu’il y a des équipes ici qui travaillent en collaboration avec les laboratoires de l’UNISON ? Je crois qu’on développe des parties de projets dans les unités de recherche, au HIT. Rien de secret, évidemment, mais c’est une première étape et un bon moyen de vous faire des contacts.

Parce que si c’était une chose qui lui était devenue naturelle en fréquentant Keiko, penser en termes de réseaux, de contacts et d’opportunité, il savait bien que pour les gens comme lui, pour les geeks, tout cela n’était pas spontané. Lui-même avait eu du mal à l’intégrer.

— Au risque de paraître terre, je dois vous dire que c’est important. Connaître les bonnes personnes, qui pourront glisser un mot entre votre faveur au bon moment. Les bons directeurs de recherche qui vous associeront aux bonnes publications dans les bonnes revues scientifiques, ce genre de choses.

Il lui adressa un sourire navré.

— Je dois admettre que ce n’est pas toujours très agréable, mais enfin, c’est un peu comme un marché. Ils vous offrent un capital social et vous le leur échangez contre une force de travail intellectuel.

Marxiste, Chase ? Un peu, inconsciemment, sans doute.

— Il y a beaucoup de demande pour entrer à l’UNISON, et si vous voulez rester dans les environs et ne pas vous retrouver affecté au fin fond de l’Antarctique dans une base subglaciaire, mieux vaut mettre toutes les chances de votre côté.

Parce que les collègues qui revenaient d’Antarctique (ou quelque chose comme cela), à part les glaciologues à qui il manquait de toute façon une case, n’avaient pas toujours l’air ravi de leur petit séjour. Comme souvent, cependant, Chase veilla à arrondir les angles :

— Cela dit, avec les idées que vous avez, la passion et les projets, vous partez avec de sérieux atouts. On a assurément besoin de gens comme vous, de gens qui savent réfléchir en dehors de la logique de celui qui aura la plus grosse bombe.

Les menaces continuelles d’invasions, sans compter les ennemis intérieurs, avaient de fait développer à l’UNISON une mentalité obsidionale que Chase ne voyait pas toujours d’un bon œil et la course à l’armement à laquelle se livraient certaines composantes de l’organisation lui paraissait un peu douteuse. La façon qu’avait Zachary d’envisager les choses, beaucoup plus raisonnable, était de loin préférable.

— Quoi qu’il en soit, le HIT et l’UNISON ne sont pas les seuls à avoir des laboratoires. Vous savez que dans les ateliers du Bigsby Building, nous accueillons parfois de jeunes inventeurs talentueux, pour qu’ils puissent profiter du matériel.

Il fallait bien dire que ce n’était pas la place qui manquait dans l’immeuble des Neutron-Grey.

— Vous pourriez peut-être venir faire un tour, un jour, pour me montrer vos plans et voir ce qu’il vous faudrait pour continuer à progresser ?
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Message posté : Lun 7 Oct - 13:26 Message
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Zachary était bien conscient qu’il n’était pas prêt de voir un véritable laboratoire avant longtemps. Il lui manquait beaucoup de choses. Déjà, un nom pour s’ouvrir des portes. Et ce nom, il était loin de l’avoir. Bien sûr il avait des contacts, enfin…Un contact. Lucrèce. Et il doutait qu’un seul nom soit suffisant, aussi époustouflante que puisse être la femme de son ami. « Ils ne donnent pas vraiment leur chance aux premières années, pour les équipes de recherche. Ils vont piocher dans les doctorants qui préparent un projet en rapport avec celui qui doit être développé. Autant dire que j’ai encore un peu le temps. » répondit Zachary, toujours avec son sourire un peu gêné qui, au final, ne semblait jamais le quitter. Il savait qu’il était loin de ses rêves, qu’il devrait encore travailler dur, à moins d’un miracle. Ce miracle était d’ailleurs peut-être à côté de lui, en lui donnant des conseils plutôt précieux pour l’avenir. Lui, il savait ce dont une personne pouvait avoir besoin pour entrer dans le monde du fermé des projets gouvernementaux et / ou héroïques. « Des contacts, vraiment ? » Pour publier dans une revue scientifique, il fallait avoir fait une découverte d’importance et comme il n’avait pas de laboratoire, Zachary était coincé à ce niveau. Il devrait continuer à créer des programmes encore longtemps et de noter ses idées au fur et à mesure dans son fameux carnet personnel. Le chemin qui se traçait devant lui était long, semé d’embûches et avec sa chance, Zack ferait partie de ceux qu’on enverrait à l’autre bout de la planète pour des recherches qui n’avaient pas l’air des plus excitantes.

Il en était plus ou moins la dans ses réflexions quand Chase le complimenta, expliquant qu’ils avaient besoin de personnes comme Zachary au sein de l’UNISON. Le geek se sentit rougir de plaisir, un peu comme s’il avait été une fille à son premier rendez-vous…C’était ridicule, mais il était sincèrement heureux d’entendre un de ces héros le complimenter. L’idée que ça puisse être ironique ne le traversa même pas, il n’était d’ailleurs pas certain que Chase prendrait la peine de s’amuser de cette manière avec lui. Il allait le remercier, quand le NG enchaîna, lui parlant des laboratoires du Bigsby Building. Zachary écarquilla les yeux. C’était bien une proposition qu’il venait de lui faire ? Il accepterait d’ouvrir les portes de son antre à un gars lambda dont il aimait les idées, pour lui donner la chance de peut-être trouver ce qu’il lui manquait dans la conception de ses projets.
Lui montrer ses plans.
Utiliser son labo.

« Je…Vous…Vraiment ? » Il avait la bouche un peu sèche, peut-être à force de la garder entrouverte et de le regarder avec des grands yeux. « Ah mais je j’ai les plans ici ! La, enfin dans mon sac. » Il avait déjà ramené le sac en question devant lui pour fouiller dedans et en sortir glorieusement le cahier en question. Il n’avait rien de particulier, il était bleu, les coins étaient bien élimés à cause de tous les transports, et l’intérieur était couvert de croquis, de plans pour l’intérieur, de notes et d’idées potentielles pour les faire fonctionner. Certaines manquaient un peu de réalisme, parce qu’il avait quand même noté l’adamantium en composant probable pour le blindage de son armure, mais bon. Le métal le plus solide actuellement ne résistait pas aux obus à haute température, lui avait besoin d’un composant qui pouvait tout encaisser, du moins pour laisser à l’armure le temps d’approcher suffisamment pour déclencher son disrupteur magnétique –il avait déjà le nom et le trouvait juste énorme. Il ouvrit son cahier et montra la première page à Chase, qui contenait l’apparence extérieure de l’armure. « Bon le design général…Disons que c’est l’expression d’un geek. Je sais pas si je le garderais. » C’était un mensonge, il adorait l’armure du roi liche qu’il avait customisé pour la rendre plus maniable tout en restant imposante. Puis le casque…Il y tenait au casque, de même qu’à l’épée qui, en fait, pourrait probablement contenir le disrupteur. Ou être customisée en l’équivalent d’un sabre laser. Après tout, les scientifiques n’avaient pas encore réussi à stabiliser le laser en question. Zachary aurait adoré y arriver. Il avait d’ailleurs dessiné, à côté de Deuillegivre, la même épée mais en version laser –on le voyait avec les petits traits tout autour censé symboliser la radiation. « Là j’ai imaginé plusieurs armes. Elles pourraient coller à plusieurs supers, des ajouts sur leur costume principalement… Mais qui iraient aussi sur l’armure de base. » Il y avait toute une panoplie d’épées et autres armes issues de l’imaginaire médiéval-fantasy. Chacune avec son modèle interne détaillé.

Puis il se rendit compte qu’il s’était presque collé contre Chase en lui montrant son carnet, dont il tournait les pages en donnant des explications avec une bonne dose de passion sans savoir si ça l’intéressait vraiment. Alors il fit presque un bond sur le côté, ramenant son carnet contre lui. « Euh…Désolé je…Je m’emballe un peu. Enfin mh voilà à quoi je ça ressemble tout ça. »
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Message posté : Lun 7 Oct - 15:18 Message
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Pour être tout à fait honnête, si Chase était si souvent exaspéré par les comportements des respectables scientifiques professionnels qui peuplaient les laboratoires de l’UNISON, c’était précisément parce qu’il avait grandi dans ceux du Bigsby Building où la science, pour être tout aussi exacte, avait un aspect parfois beaucoup plus chaotique. Les créations des jeunes Neutron-Grey avaient longtemps eu l’énergie et l’inventivité improbables de la jeunesse, avant de rencontrer des applications plus pratiques, et Chase avait gardé, dans ses propres recherches, son goût pour une liberté désordonnée qui faisait frémir les scientifiques les plus rigoureux et les plus disciplinés. Tesla n’avait aucun problème pour s’imposer dans un milieu qu’elle dominait de très haut mais lui, tout génial qu’il fût, restait de ce point de vue un être humain ordinaire, bien loin de pouvoir convaincre d’austères institutions scientifiques de faire une entorse à leurs préjugés pour accepter de le regarder comme autre chose qu’un amateur tout à fait fantasque aux projets farfelus.

Alors, en proposant à Zachary de venir au moins visiter les fameux ateliers du Bigsby Building, c’était un peu lui-même qu’il sauvait de l’oppression trop hiérarchisée et trop régularisée de la recherche universitaire. Chase était convaincu que bien des génies du mal, du moins dans les comics, eussent connu une existence plus paisible et plus productive en d’autres circonstances, si l’on n’avait pas épuisé leur patience en leur demandant de soutenir une thèse puis d’attendre leur recrutement avant d’exposer leurs idées. (La mort de leurs proches et la pathologie psychopathique devaient aussi aider au développement d’une fureur destructrice mondiale, cela dit.)

— Mais oui, vraiment. Ce n’est pas la place qui nous manque, après tout.

Il n’avait pas promis de lui offrir un voyage à travers le Portail Dimensionnel ni de le laisser ne fût-ce qu’approcher le laboratoire privé de Tesla, qui renfermait les véritables merveilles technologiques du Building, mais il y avait déjà de quoi faire et Zachary paraissait déjà enchanté. Trois secondes plus tard, Chase contemplait une armure… eh bien, une armure…

— Hmm…

Chase ne savait pas trop bien comment tourner les choses, mais peu importait : Zachary était lancé et le jeune homme lui montra ses plans successifs, qui témoignaient d’une obsession prononcée pour les épées que Chase eût bien psychanalysée. D’ailleurs, Zachary s’était tout à fait collé à lui et, pendant une seconde ou deux, le mentaliste se demanda si son enthousiaste interlocuteur ne cherchait pas à lui faire passer un message et à visiter autre chose que les ateliers du Bigsby Building.

Fort heureusement pour tout le monde, Zachary se recula d’un pas, sous le regard tout de même un peu perplexe du Neutron-Grey, habitué à des passions plus contenues.

— La conception technique a l’air très prometteuse. Parfois un peu ambitieuse, bien sûr, mais mieux vaut imaginer des choses impossibles et chercher les moyens de les atteindre que de se contenter de ce qui existe et ne jamais rien améliorer.

Et le fait qu’à l’époque, lui-même cherchât beaucoup plus à se contenter de pouvoirs aussi médiocres que possibles plutôt qu’à exploiter son plein potentiel n’avait rien à voir dans l’histoire. Ce n’est pas parce qu’au moment précis où j’écris ces lignes, Chase vient de rejoindre les super-vilains indépendants qu’il n’était pas, à l’époque où il parlait à Zachary, aussi doux et raisonnable qu’un gentil petit mouton. Ou presque.

— En revanche, je dois vous avouer que le design est peut-être un peu… impraticable.

Les références de Chase étaient bien moins médiévales et beaucoup plus science-fictives — par conséquent beaucoup plus épurées et en phase avec les tentatives du monde réel.

— Je comprends l’intérêt, hm, psychologique d’adopter une apparence susceptible de… euh… déconcerter les antagonistes…

Ça, ils seraient déconcertés, en voyant ce machin débarquer sur le champ de bataille. Et Chase était à vrai dire très sérieux : si tout le monde était terrorisé ou même un instant subjugué par l’apparence d’un ennemi, l’avantage était considérable. Mais pas assez considérable, à ses yeux, pour justifier cette débauche stylistique.

— Mais disons qu’une armure plus légère serait sans doute moins gourmande en matériau et en énergie, plus facile à assembler, à transporter, vous voyez… Quant aux épées…

Les épées, de toute évidence la grande passion de Zachary (ça, et se coller à de jeunes mentalistes dans la force de l’âge, sans doute). Quoi qu’il en fût, Chase lui aussi rêvait d’avoir un sabre laser, comme Mace Windu.

— C’est assurément très séduisant. Mais je crains que les recherches s’orientent plutôt vers les canons, les ondes, les sphères d’énergie, ce genre de choses. Mais enfin, pourquoi ne pas imposer votre marque. Après tout, la conception des armures, c’était aussi de la haute couture, d’une certaine façon.

Dire à un geek qui voulait construire l’armure du Roi-Liche que ses problèmes étaient à peu près les mêmes que ceux de Jean-Paul Gautier au moment de dessiner la robe de mariée qui ferait le clou du défilé de la nouvelle saison n’était peut-être pas la plus belle preuve du tact de Chase, mais il faisait son possible pour ne pas décourager tout à fait Zachary avec ses quelques critiques.

— Et vous avez déjà eu l’occasion de fabriquer les prototypes de quelques-unes de ces inventions ? Les moins offensives, par exemple.

Les brouilleurs, par exemple, ou bien les programmes de navigation.
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Message posté : Lun 7 Oct - 16:00 Message
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Heureusement, Chase ne se formalisa pas de la proximité de Zachary. Il n’y avait absolument rien de tendancieux à la situation, notre petit geek était fou amoureux de sa Chloé et même si la jeune femme représentait son unique expérience dans le domaine de la proximité physique, il était presque certain de ne pas avoir de tendances bisexuelles. Aussi l’idée que Chase ai pu l’interpréter de la sorte ne l’effleura pas et il se contenta de faire un bond superbe en arrière, ôtant de la vue du NG ses croquis divers. Il s’attendait à une remarque, mais il n’y eu rien. En revanche, Chase lui donna quelques conseils et lui fit part de son avis sur le travail qu’il avait eu le loisir d’observer, c’est à dire peu de choses au final. Il pensait que certaines idées étaient trop ambitieuses mais considérait cela comme un atout plutôt qu’une faiblesse. Vint ensuite les critiques, concernant le design. Zachary savait que ce type d’idée n’était pas trop à la mode mais lui trouvait cela absolument original. Il adorait le concept d’une armure médiévale et bien qu’il était plutôt d’accord sur le fait qu’il fallait prendre en compte le poids total de l’invention pour qu’elle puisse quand même servir à quelque chose, il tenait vraiment à ce qu’elle ressemble à ça. Comme le disait Chase, ce pourrait être sa marque de fabrique. S’il arrivait à ses fins, on pourrait dire « C’est le docteur Blake qui a construit ces modèles » rien qu’à l’œil nu. Il avait même déjà travaillé sur son logo, sur la dernière page du cahier, mais le gardait pour lui tant que maintenant.

« C’est important moi je trouve, tant qu’on ne néglige pas l’intérieur. Puis comme vous dites, ça surprend au premier abord. » Il était un peu triste que Chase n’adhère pas au concept graphique mais après tout, les goûts et les couleurs ne se discutaient pas. Il avait l’air de bien aimer l’intérieur des inventions, ce qui comptait le plus pour Zack. « Je sais que la mode c’est d’avantage les canons et autres, mais justement imaginez. Vous êtes un super méchant, et vous voyez une épée en face de vous. Une grosse épée, avec une grosse armure de chevalier. Vous aurez tendance à croire que l’épée en elle-même est une arme, alors qu’elle peut renfermer tout un tas de choses et conserver sa fonction première. C’est donc un outil de combat multiple ! Enfin c’est comme ça que je le vois. Puis bon pour ce projet d’armure-ci, j’avais pensé mêler de la magie à de la technologie. Je crois que ce sont des travaux qui n’ont jamais été mené, et peut-être que la magie serait la solution pour le problème avec le disrupteur. Mais bon pour ça il me faudrait un magicien et je n’en connais pas. Enfin pas personnellement. » Il ignorait que sa petite amie était une sorcière et ne considérait pas Adrian Pennington dans l’équation, parce que le mage aurait plutôt tendance à vouloir l’éloigner de la magie plutôt que de l’aider à avancer. Ce qui était vraiment dommage vu la motivation de Zachary. « Enfin je m’égare un peu et je perds des points la, non ? » Il lui resservit son sourire gêné, alors qu’ils arrivaient devant la porte de l’ascenseur du fond. Au final ni le geek ni le Neutron-Grey n’avaient véritablement prêté attention aux laboratoires autour d’eux, ou aux personnes qu’ils croisaient dans le couloir. Lorsqu’il se séparerait de Chase, Zachary allait être assaillit par tout un tas de gens et gagner une certaine dose de popularité, parce qu’on penserait qu’ils étaient amis. Et comme on ne laisserait pas à Zack le temps d’en placer une sur le sujet, tous allaient le prendre pour un acquis. Chase l’ignorait mais grâce à lui la vie sociale de Zachary avait fait un bond gigantesque en avant.
Mais là n’était pas le sujet.

« Mais pour répondre à votre question, non je n’ai aucun modèle que je pourrais vous montrer. En fait…Je peux facilement travailler les programmes sur mon ordinateur, parce que s’il y a une chose sur laquelle je suis intransigeant c’est bien mon matériel informatique. C’est un vrai bolide mon pc, du coup…J’ai pas mal avancé à ce niveau, mais il me manque encore le concret. J’aimerais bien pouvoir mettre au point quelques prototypes, qui sait. Quelqu’un à l’UNISON sera peut-être intéressé, et ça me fera des contacts…Et peut-être qu’un jour on bossera au même endroit ! » Il avait dit ça en plaisantant à moitié mais, intérieurement, il espérait vraiment arriver au niveau de la famille Neutron-Grey et même, pourquoi pas, les dépasser. « Avec tout ça j’en oublie la visite. A l’étage au-dessus c’est le département des mathématiques appliquées, ils font des trucs de dingue avec leurs équations…En soi c’est pas impressionnant, visuellement je veux dire. Ce sont des bureaux avec des tableaux blancs un peu partout, mais quand on s’arrête pour lire un peu c’est juste dingue. Parfois ce genre d’équation aide même dans la résolution d’affaires criminelles ! » Et il l’annonçait fièrement, comme si Chase l’ignorait.
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Message posté : Lun 7 Oct - 16:47 Message
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Chase imaginait sans difficulté l’expression déconcertée de l’infâme criminel qui se retrouverait devant la réplique grandeur nature du Roi-Liche et, hélas, il n’avait pas plus de difficulté à se représenter l’expression sceptique du comité de financement de telle ou telle organisation, quand son interlocuteur leur présenterait les croquis censés représenter ses idées. Il n’avait qu’à se souvenir de la fois où il avait tenté de convaincre son service à l’UNISON de lui laisser donner la forme de chasseurs TIE miniatures aux robots volants qu’il avait conçus pour l’exploration de terrain pour deviner que l’épée-de-la-mort-qui-tue n’était pas encore à l’ordre du jour. Rude.

Il ne devait pas avoir su conserver son impassibilité polie, lorsqu’ils étaient revenus vers l’ascenseur et que Zachary avait évoqué son fabuleux projet magico-technologique digne d’Arcanum, mais en moins conflictuel, parce que le jeune homme souligna son air dubitatif. De la magie, à l’époque, Chase n’avait jamais eu pour aperçu que les rares discussions entretenues avec Adrian Pennington et il n’était pas très convaincu du profit que la science, la vraie, pour tirer d’une semblable association.

Le mentaliste haussa les épaules.

— Je vous avoue que je n’ai jamais été très emballé par les sortilèges.

Que ses propres pouvoirs fissent pâlir de jalousie bien des mages et s’arracher les cheveux à bien des neuropsychologues ne le convainquait pas de se départir de son positivisme, alors encore un peu trop rigide. Avec diplomatique, il reprit néanmoins :

— Mais je suppose qu’il n’y a au moins pas de mal à le tenter. Au pire, ce sera une perte du temps.

Le mode verbal qu’il avait employé ne laissait guère planer de doutes quant à la confiance qu’il vouait en une semblable union. Une fois dans l’ascenseur, son premier souci fut de s’éviter un voyage au pays des tableaux blancs et il commença donc par répondre :

— Oui, des équations, j’en ai aussi beaucoup à la maison. Je crois qu’on peut retourner au rez-de-chaussée.

Il n’avait pas à proprement parler vu les laboratoires, mais il avait découvert ce qu’il était venu chercher : l’ambiance du HIT, les gens dans les couloirs, l’art affairé des savants devant les expériences que l’on pouvait apercevoir à travers certaines portes et, surtout, la personnalité atypique d’un spécimen indigène. Ce n’était finalement pas très différent de l’UNISON, juste un peu plus juvénile de population et un peu moins austère d’apparence, peut-être.

Pendant que l’ascenseur les ramenait à leur point de départ, Chase revint sur la question des prototypes.

— Gardez à l’esprit que vous n’aurez jamais à convaincre que des scientifiques, qui pourront apprécier de façon abstraite la qualité de vos travaux. Il y aura les gens qui vont les financer et qui sont peut-être des politiciens, des administrateurs ou bien des militaires et puis il y aura les gens qui risquent de les utiliser et qui peuvent avoir leur mot à dire sur ce qu’on tente de leur refourguer.

Et nombreux étaient les super-héros, c’était bien connu, à se montrer extrêmement critiques envers les gadgets qu’on leur proposait, soucieux de leur liberté de mouvement, de leur image de marque et surtout, surtout, de ne pas avoir à faire trop d’efforts pour en comprendre le fonctionnement.

— Avoir un vrai prototype qui fonctionne, même comme une partie détachée ou même en miniature, ça aide les gens qui ne sont pas des professionnels à se représenter ce que ça pourrait rendre et à se dire que c’est vraiment possible. Et puis aussi, évidemment, ça fait émerger tous les défauts qu’on n'avait pas prévus et qui tiennent parfois à des problèmes d’ergonomie assez élémentaires. Mais ça, vous le savez déjà.

Le HIT n’était pas une institution spéculative de sciences pures, à la différence de certains départements de l’Université, et les élèves y étaient encouragés à penser aux applications concrètes de ce qu’ils étudiaient — même les mathématiciens, comme venait de le souligner Zachary. Les portes de l’ascenseur se rouvrirent et les deux jeunes gens se retrouvèrent une nouvelle fois dans les couloirs plus traditionnels du rez de chaussée. Après s’être décalés de quelques pas, Chase se retourna vers Zachary.

— En tout cas, c’était très aimable de votre part de m’avoir un peu guidé et surtout de m’avoir parlé de vos inventions. Tenez…

Le mentaliste fouilla dans la poche de son blouson puis tendit une carte de visite à Zachary. Sous le logo de l’UNISON, on trouvait son numéro de téléphone à l’UNISON et son adresse électronique professionnelle.

— Le téléphone, je n’y suis pas toujours, quand je vais sur le terrain, mais enfin, l’adresse, elle, elle est redirigée, bien sûr. Écrivez moi un peu pour me raconter vos recherches plus en détail…

Il s’attendait déjà à recevoir un manuel technique de trois cents pages.

— …et on verra ce que vous pourriez faire au Bigsby Building. Là, vous auriez de quoi assembler vos prototypes.

Sans parler de l’assistance d’un super-ordinateur qui, niveau « vrai bolide » devrait combler n’importe quel informaticien — tout en le frustrant beaucoup, parce qu’ALEX était somme toute assez autonome. Conscient des regards qui ne cessaient de se poser sur eux dans ces couloirs plus fréquentés, au lieu de se détourner avec un sourire comme il l’eût fait habituellement, Chase tendit la main pour serrer celle de Zachary et conclut, un peu plus fort, pour que d’autres l’entendissent.

— En tout cas, merci beaucoup Zack, ton a été très précieuse.

Über cool.
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Message posté : Jeu 10 Oct - 18:13 Message
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Visiblement Chase n’était pas très attiré par l’idée de magie. C’avait toujours été quelque chose de fascinant aux yeux du geek, peut-être parce qu’il avait beaucoup joué à des MMORPG fantasy…Il avait l’impression que, ce dont la science était encore incapable la magie pouvait y parvenir, et qu’au fond ce n’était qu’une seule et même chose désignée sous un nom différent. Il aurait voulu pouvoir apprendre les arts magiques mais il n’avait jamais mis la main sur un grimoire et le seul grand magicien qu’il connaissait n’avait pas voulu lui accorder ce privilège, campant sur ses positions comme de quoi la magie était dangereuse. Il l’utilisait bien, lui, pourtant…
Mais c’était une autre histoire.

Le NG n’avait pas l’air emballé à l’idée de voir des équations, peut-être parce qu’il était en contact perpétuel avec ce genre de calcul. Zachary était un peu déçu mais comprenait parfaitement, si bien qu’il appuya sur le bouton « 0 » de l’ascenseur et qu’ils se retrouvèrent dans le même hall qu’ils avaient quitté plus tôt. Une vie entière plus tôt, aux yeux de Zachary. C’était vraiment une journée extraordinaire, il avait rencontré son idole, ce dernier lui avait donné des conseils pour percer et mener ses rêves à bien, lui proposant même son aide. Une fois dans le hall il le mit en garde contre le monde dur qu’était celui des scientifiques, puis lui conseilla de travailler sur un prototype. Le geek aurait été ravi de pouvoir s’y coller et était même prêt à s’enfermer à double tour dans un laboratoire du HIT et à avaler l’unique clé pour ne pas être dérangé. Pris d’un regain de motivation et d’une certaine frénésie, il était plus que déterminé. C’est ainsi que, tout sourire, il s’empara de la carte de Chase Neutron Grey, sachant par avance qu’il la garderait comme un véritable trésor pour le restant de ses jours. C’était sans doute une pensée un peu bizarre, voire carrément glauque, mais il le pensait sincèrement. Cette carte était l’équivalent pour un fan de base-ball d’une balle rattrapée dans les gradins. Un chef d’œuvre qui prouvait que oui, il avait rencontré Chase Neutron-Grey et que oui, Chase Neutron-Grey lui avait donné sa carte. « Merci mille fois à vous ! J’espère qu’on se reverra bientôt. » Il avait demandé ça avec un vrai sourire de crétin mais il l’espérait de tout cœur, et le plus sincèrement du monde. Ainsi Chase le quitta, non sans l’avoir remercié d’une voix forte pour son aide.

A peine fut-il parti que Zachary fut assailli par ce qui ressemblait fort à une marée humaine. On lui posait mille questions mais on ne lui laissait pas le temps d’y répondre, si bien que d’autres personnes formulaient les réponses à sa place et, très vite, il eut la réputation d’être « l’ami de Chase Neutron-Grey ». Des gens venaient lui parler dans les couloirs, le saluaient d’un signe de tête, comme si un peu de la gloire de son héros avait jailli sur le pauvre geek qui n’en demandait pas tant et qui essayait toujours de rectifier les erreurs d’interprétation. Il ne pensait pas être à proprement parler l’ami de Chase mais c’était assez agréable, parfois, de se le laisser imaginer.
Ce jour-là quand Zachary mit les pieds dans son appartement il prit deux longues heures pour écrire un e-mail où il explicitait plus en détail les idées de ses inventions qu’il trouvait les plus abouties et où il expliquait de quoi il aurait besoin exactement pour les finaliser. Quel type de matériel, de composant, entre autre chose. Il demandait à Chase son avis concernant la meilleure de ses inventions, pour savoir sur laquelle il devait travailler en priorité en guise de prototype à présenter. Un email gigantesque, somme toute, avec de nombreux fichiers photos en pièces jointes. Zachary n’avait qu’un espoir, celui d’avoir un jour une réponse et de franchir, peut-être enfin, la porte du fameux Bigsby Building.
Mais ça, et bien…C’est une autre histoire.
And that’s all… ?
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Le ZYL234 et ses fabuleuses propriétés (Zachary)

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