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On a comme un problème - Jay

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Message posté : Mar 3 Sep 2013 - 1:14 Message
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Le passé, voilà le véritable enfer, on n’en sort jamais (Armand Salacrou). Sans oublier d’où l’on vient, on espère que les autres, autour de nous, le fassent, qu’ils arrêtent de juger de notre provenance, qu’ils nous voient comme on est aujourd’hui. Notre passé nous a façonné, nous a fait prendre des choix, on ne l’oublie pas. Pas besoin que d’autres nous le rappellent sans arrêt, comme si, ce passé, constituait une tare. On sait que ça va nous retomber dessus un jour, on explore les possibilités pour le contrer, on imagine tous les scénarios possibles. Ce jour arrive et, malgré toute notre préparation, ce n’est pas plaisant !

A la minute où Luc Shaham, un avocat, avait passé la porte de son bureau, Charlie avait eu des envies de meurtre. Elle ne l’aimait pas, lui et ses préjugés à la noix sur les différents milieux sociaux, elle détestait son sourire supérieur de parfait fils à papa. Et, puis, sérieusement, qui portait encore des cravates à pois ?

_ Je te l’avais dit Lane, on ne change pas

Il avait dit ça de manière tellement victorieuse, balançant son dossier comme on afficherait un trophée de guerre. Pitoyable, le seul combat qu’il avait dû gagner dans sa vie, devait être contre un moustique un peu trop virulent. Charlie n’était pas objective, elle le détestait au plus haut point et c’était réciproque mais, à aucun moment elle n’avait enlevé ce sourire de ses lèvres. Ca énervait Shaham, elle ne s’en privait pas. Elle avait quand même daignée regarder le dossier en question, son nom en évidence – celui de ses frères surtout, pour l’occasion -, quelques lignes plus tard c’est le mot « cambriolage » qui sortait du lot.

_ Ton frère va finir là où devrait être et, les autres suivront

C’était tellement évident pour lui, comme un besoin compulsif de prouver que ceux qui n’ont pas les moyens finissent forcément dans une prison. L’agrafeuse qui était posée sur le bureau de Charlie avait des charmes insoupçonnés, des airs de douce mélodie semblaient s’en échapper comme pour demander d’être envoyée, fortement et précisément, dans ce sourire Colgate un peu trop parfait. Charlie n’avait jamais aimé qu’on puisse dire la moindre chose négative sur ses frères mais, dans un effort qui lui paraissait surhumain, elle avait continué de sourire.

_ Plutôt pessimiste comme raisonnement pour quelqu’un qui est censé le défendre. Pas étonnant que tu sois toujours celui qui est commis d’office.  

Shaham avait perdu son sourire avant de partir en claquant la porte. Susceptible en plus d’être un con fini. Le sourire irritant de Charlie s’était volatilisé également, une fois seule, pour se concentrer sur ce dossier qu’elle avait toujours craint. Les heures qui avaient suivi furent consacrées à ce dossier si particulier pour elle, impliquant Seth et ses conneries. Shaham le plomberait plus qu’il ne l’aiderait et, elle avait beau y réfléchir dans tous les sens, elle n’avait pas cinquante options qui s’offraient à elle : Charlie irait chercher les informations à une source, plus ou moins indirecte.

Parce qu’il était impossible pour Charlie d’aller voir Seth – il ne lui laisserait probablement pas le temps d’en placer une – c’est au port qu’elle avait décidé de se rendre. L’idée d’aller voir Jay l’enchantait autant que ça l’inquiétait, il lui en voulait, elle avait réussi à s’en persuader mais, elle devait faire quelque chose. La famille, c’est une notion sur laquelle il était impossible de revenir, malgré son départ, son envie d’autre vie, ils étaient ses frères et elle ne laisserait pas Shaham se faire les dents sur l’un d’entre eux. Lui et personne d’autre. Elle savait qu’être là signifiait savoir où Jay travaillait. Etre là à la fin de son temps de travail signifiait, aussi, s’être renseignée sur ses horaires de la journée. Avait-elle seulement eut le choix ?

Tournant en rond en faisant les cent pas, Charlie regardait sa montre un peu trop souvent pour paraitre complètement sereine. Elle envisageait toutes les approches possibles mais aucunes ne lui semblaient satisfaisantes. Jay avait toujours été celui avec qui elle s’entendait et parlait le mieux et, aujourd’hui, elle ne savait même plus comment elle devait l’aborder. Leurs brèves, et précédentes, entrevues n’avaient pas aidé à combler ce faussé. Charlie s’était installée près de la sortie, se disant que, de cette manière, elle ne pourrait pas le raté. Il allait bien finir par apparaître, non ? Elle avait fini par l’apercevoir et, en prenant une grande inspiration elle avait fini par se mettre bien droite. Elle était, maintenant, une femme sûre d’elle, qui n’avait peur de rien, qui savait parfaitement où elle met les pieds, qui… était désespérément humaine, capable de se faire rétamer à la moindre bourrasque de vent, incapable de gérer objectivement un problème lié à sa famille. Fermant les yeux, deux secondes, elle fit taire ses pensées et avança.

Elle remercia une entité au hasard d’avoir choisi de mettre des talons avec son jean, au moins, elle gagnait quelques centimètres. Sa veste en cuir, finalement bad gamme comparée à celles de certains de ses collègues, cachait les grains de sa peau qui auraient pu trahir un certain stress.

_ Jay, on peut parler ?

Interpellation diplomatique, elle voulait lui laisser le choix, c’est ce qu’elle faisait souvent après tout. Après, deux secondes de réflexion, elle en venait à se dire que ce n’était peut-être pas la meilleure tactique qu’elle pouvait employer avec lui. Parce que, en réalité, il n’avait pas le choix ! Elle devait lui parler, point. Et attention, si elle devait lui courir après, même avec ses talons, ce n’était pas un problème. Charlie avait toujours été endurante… c’est après que ça serait bien plus compliqué, même si elle en avait envie, elle ne voyait pas comment elle pouvait l’enchainer juste pour le forcer à une discussion. Elle lui offrit un sourire désolé, parce qu’elle n’avait pas le choix, parce qu’elle imaginait qu’il avait envie d’être partout mais sûrement pas, ici, avec elle, parce que… Elle n’en savait rien, c’était juste compliqué.

_ C’est important.

Tout est relatif, bien évidemment mais, une menace sur Seth en direction de la prison la plus proche, elle estimait que c’était important. Rien n’était fait, c’était peut-être un peu alarmiste sur les bords mais Seth n’allait pas bénéficier du meilleur avocat, encore moins du plus volontaire pour essayer de faire quelque chose pour son client.
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Message posté : Mar 3 Sep 2013 - 15:13 Message
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Bien qu'il n'était pas tous les jours fidèle au poste, Jay devait se débrouiller pour pointer assez souvent de manière à ne pas se faire renvoyer. Oh, ce n'était pas que l'idée le dérangeait, mais ce poste sur les docks lui permettait d'effectuer quelques petites actions pour le Cartel, notamment lors d'échanges qui se déroulaient souvent de nuit entre les conteneurs des docks. Cette journée-là avait été particulièrement pénible pour la bonne et simple raison que son responsable – qui ne l'avait jamais eu à la bonne – avait eu vent de ce qui arrivait à l'aîné des Lane. Comment ? Jay n'en avait aucune idée, ce n'était pas connu du grand public et logiquement sa vie privée n'entrait pas en ligne de compte lors des contrôles du personnel. Peut-être un collègue mal intentionné, allez savoir. Toujours est-il que l'homme en question avait passé le plus clair de la journée à sous-entendre que si quoi que ce soit laissait entendre que le texan était mêlé de près ou de loin aux activités de son frère, ce serait la porte sans possibilités de revenir. Un de ces journées ou tout allait mal en somme.

C'était pour cette raison qu'il avait hâte de quitter les lieux le soit venu, aussi lorsque son équipe eut terminé le boulot à faire, Jay s'empressa de se diriger vers la sortie. Quelques autres dockers l'accompagnaient, mais sans qu'ils ne se parlent : ils n'avaient rien en commun. Eux étaient des pères de famille qui rentraient retrouver leurs femmes et leurs gamins, puis lui le type bizarre qui ne parlait pas de lui et ne mettait jamais rien dans la caisse lors des quêtes pour les départs à la retraite. Autant dire qu'il ne s'attendait pas à ce qui arriva ensuite. S'il avait bien vu une silhouette s'approcher d'eux, le trentenaire n'y avait pas porté d'attention, aussi lorsque son nom fut prononcé – par une voix féminine qui plus est – il mit quelques instants à comprendre de quoi il s'agissait. Ce léger battement laissa à Charlie le temps d'ajouter quelques mots qui empêchaient Jay de l'envoyer bouler. De toute manière, l'aurait-il fait ? Peut-être pas.

« Bah, c'est que j'ai des trucs à faire... »

Mais ce n'était pas un refus. De toute manière il n'avait jamais rien pu refuser à Charlie, au mieux il pouvait esquiver. Un bref regard vers les types à côté de lui suffisait à lui faire comprendre qu'ils ne pourraient pas parler tranquillement. Ces gars devaient certainement attendre la suite pour pouvoir raconter quelques ragots dès le lendemain. Une chose était certaine, il était difficile d'imaginer qu'un type comme lui puisse connaître une fille comme Charlie, même s'ils étaient nés dans le même milieu, elle présentait beaucoup mieux. Décidant de s'éloigner de la zone, Jay s'approcha de sa sœur et lui attrapa le poignet – sans brutalité – avant de la tirer derrière lui.

« Y'a trop d'oreilles qui traînent ici. »

Même si les concernés se moquaient certainement du fait qu'ils avaient été captés.
Jay ne s'éloigna pas beaucoup, il se contenta d'entraîner la jeune femme un peu plus à l'écart, une vingtaine de mètres plus loin. Ils n'étaient pas directement visibles de la route et dans l'éventualité où ses frères débarqueraient, mieux valait éviter qu'ils ne la voient avec elle, dans le propre intérêt de la jeune femme. Ce ne fut qu'à ce moment qu'il lâcha le poignet de la blonde, un peu brutalement comme s'il venait de se rendre compte du geste qu'il avait eu à son encontre. Son regard se glissa jusqu'au visage de Charlie alors qu'il reprenait d'un ton contrit.

« Qu'est-ce qu'il y a ? T'as eu un problème ? »

L'idée qu'elle puisse être au courant des ennuis de Seth lui traversa l'esprit et il se sentit mal à l'aise. C'était assez humiliant de se dire qu'elle était au courant de leurs conneries. Mais pourquoi aurait-elle fait le déplacement juste pour ça ? Elle était partie de la maison et comme Seth le disait, elle ne faisait plus partie de la famille. Alors à quoi bon se soucier des ennuis qu'ils pouvaient tous avoir ? Préférant ne pas se sentir secrètement ravi de l'idée qu'elle puisse s'inquiéter pour les siens, le texan enchaîna d'un ton un peu bourru.

« Tu devrais pas être là, tu sais comment ça s'est passé la dernière fois que t'as vu Seth.... » Lui il s'en souvenait comme si c'était hier. « Il passe des fois ici. » Ajouta-t-il en précision.
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Message posté : Mar 3 Sep 2013 - 17:48 Message
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Elle avait roulé les yeux au ciel quand il annonça avoir des trucs à faire. Elle s’en foutait de ce qu’il avait prévu, selon elle, Charlie avait bien plus urgent sur le feu. Bien sûr, ils n’étaient pas seuls et, balancer son problème pour attirer son attention, lui prouver une certaine urgence, n’était pas l’idée du siècle. Elle soupçonnait les autres hommes d’être des collègues de travail – c’était le plus logique -, mais cela ne leur procurait pas le droit de savoir ce qui se passait dans sa famille. Le temps pour elle de mettre son cerveau en route, à la recherche d’une protestation quelconque, et Jay avait déjà entrepris de l’entrainer un peu plus loin. Geste pour le moins inattendu, assez en tout cas pour que, sous l’étonnement, elle se laissa faire. Son regard glissa sur cette main entravant son poignet alors que les mots de Jay raisonnaient dans sa tête. Elle voulait bien entendre qu’elle était blonde mais, tout de même, elle avait bien vu qu’il y avait d’autres personnes, elle n’aurait rien dit devant eux, ça ne les concernaient pas.

_ Merci, j’avais vu !

Elle avait à peine marmonné, un peu boudeuse en ayant l’impression d’être redevenu cette petite fille qu’on traîne derrière soi.  Réplique qui était contreproductive au possible, qui ne servait à rien hormis le fait de signifier qu’elle n’était pas aussi stupide que ça. S’en était presque puéril, comme une envie, un besoin, de faire savoir qu’elle avait grandi, qu’elle était capable de réfléchir et de prendre de bonnes décisions. Finalement, c’était presque une façon de se justifier alors qu’elle n’avait aucune raison de le faire. Jay la détestait, elle se l’était tellement dit qu’elle avait réussi à s’en convaincre. La façon dont il l’avait lâché n’était qu’une preuve de plus à ajouter à ce qu’elle savait déjà. Et, parce qu’elle était fière, qu’elle voulait prouver que ça ne l’atteignait pas, l’avocate garda un visage fermé, sans le moindre sourire.

Elle s’anima en l’entendant parler de problèmes. Le regard étonné qu’elle posa sur lui cherchait à sonder si cela pouvait avoir une quelconque importance pour lui. Est-ce qu’il s’en inquiétait ? Est-ce qu’il posait la question pour mieux lui dire de se démerder toute seule après ? Elle avait envie de croire qu’il s’inquiétait, c’était la version qu’elle préférait dans toutes celles qui avaient traversé son esprit en quelques secondes. Le ton qu’il employait par la suite, avait fini d’étouffer cette petite lueur qu’elle avait voulu entrevoir. Un léger soupir en traversa ses lèvres.

_ Tu ne me laisses pas tellement d’option si je veux être certaine de te croiser. C’est ici ou la maison. Leur maison à eux pour être exacte mais, elle avait toujours du mal à faire la distinction malgré les années passées. De toute façon, il ne me fait pas peur.

Elle croisa les bras contre elle et, dans un hochement de tête, elle chercha à se rendre convaincante. La trentenaire était flippée, en réalité, elle s’était même forcée à ne pas regarder derrière elle pour s’assurer que personne n’arrivait, encore moins Seth. Il était celui qu’elle n’avait pas envie de voir, pas qu’elle le détestait, ça restait son frère mais, c’était lui qui avait décidé de la rayer de l’arbre généalogique. Charlie avait envie de plein de choses dans la vie mais sûrement pas de provoquer Seth, se retrouver nez à nez avec lui… Eh bien, disons que ça pouvait être considéré comme une provocation. La petite blonde ne savait pas qui elle comptait tromper en affirmant qu’elle n’avait pas peur de lui, elle laissa ses bras retomber contre son corps en secouant doucement la tête.

_ Je n’ai aucun problème mais, Seth en a et, ça risque de vous retomber dessus aussi.

Sincèrement, elle ne le souhaitait pas, pour aucun d’entre eux, encore moins pour Jay. Elle n’allait quand même pas rester les bras croisés, sans rien faire ? Charlie aurait préféré lui demander comment il allait, ce qu’il devenait mais, elle s’abstenait pensant que cela serait mal perçu, qu’il lui demanderait de s’occuper de ses affaires et de le laisser tranquille.

_ Vous vous êtes foutu dans un beau merdier. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Elle décida de ne pas parler ouvertement du cambriolage. Si Jay était au courant, il y avait de grandes chances qu’il sache de quoi elle parlait. Si, au contraire, il ne savait pas de quoi elle parlait – et elle gardait un infime espoir que ce soit le cas – ça prouverait certainement, pour elle, qu’il n’avait pas été impliqué dans cette histoire. L’avocate savait que c’était naïf de vouloir penser que Jay n’était pas impliqué dans ce cambriolage, il suivait ses frères, ça avait toujours été comme ça. Mais, c’était son petit frère, elle ne voulait pas qu’il ait des ennuis, c’était plus fort qu’elle.
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Message posté : Mar 3 Sep 2013 - 20:28 Message
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Elle avait franchement l'air contrariée, à moins qu'elle ne soit distante ? Il n'avait jamais été doué pour décrypter les expressions des gens et pour être franc, jusqu'à présent il s'en contrefoutait. Mais pour le coup, ça n'aurait pas été du luxe de pouvoir deviner ce qu'elle pensait réellement. Tant pis, il verrait bien comment est-ce qu'elle réagirait à ce qu'il avait à dire. Après un bref soupir qui lui donna encore plus l'impression qu'elle n'aimait pas se trouver ici, Jay fut assez surprit de l'entendre dire qu'elle n'avait pas peur de lui. De Seth bien sûr. Le texan entrouvrit les lèvres comme pour lui dire qu'elle devrait pourtant, mais il referma aussitôt la bouche. Non, mieux valait éviter de l'inquiéter inutilement, si elle se sentait en sécurité, même après la.... discussion animée qu'elle avait eu avec leur aîné au moment de quitter le cocon familial, bah c'était tant mieux pour elle. Pourtant, Jay savait parfaitement de quoi il était capable et il avait la certitude que si Charlie croisait un jour Seth, celui-ci ne lui ferait pas de cadeaux. Il lui avait toujours clairement dit que s'il avait un jour l'idée d'imiter Blondie, il lui arriverait des bricoles. Jay se persuada finalement que la blondinette était suffisamment futée pour savoir se protéger, il ne lui arriverait rien. Normalement.

C'est à ce moment qu'elle décida d'aborder le sujet qui tracassait le trentenaire. Il n'avait jamais réussi à masquer ses sentiments – sauf derrière un air bourru – aussi la surprise fut clairement visible sur son visage. Est-ce qu'elle faisait référence au cambriolage ? Jay bouscula ses pensées pour essayer de se souvenir si Charlie pouvait faire référence à une autre emmerde qu'ils avaient, mais non.... C'était donc obligatoirement ce point. Comment est-ce qu'elle pouvait savoir ? Peut-être qu'elle bossait dans le même cabinet que l'avocat de Seth ? C'était pitoyable, il ne savait même pas où Blondie passait ses journées, Jay aurait été bien incapable de faire le lien entre les deux avocats si tel était le cas.
Après quelques hésitations, il décida finalement qu'il était inutile de mentir sur ce point.

« Ça devait pas se passer comme ça, c'est juste la faute à pas de chance. » Ce n'était pas l'excuse du siècle, mais au fond, il ne se voyait pas lui dire qu'ils étaient venus ici juste pour profiter de la vue. « On s'est pas foutus dans la merde, c'est pas différent des autres fois. Tu sais, c'est pas la première fois qu'un de nous se fait arrêter. » Autrement dit, ils se démerdaient très bien avant. Son intervention n'était pas nécessaire. « Et rien ne va retomber sur nous, y'a juste Seth qui n'a pas eu le temps de partir. S'ils avaient d'autres preuves, ils l'auraient dit tout de suite. »

Le ton était sur la défensive, il ne lui en voulait pas, bien au contraire. Pour être franc, Jay était vraiment étonné de voir que la jeune femme s'intéressait à leur cas, il avait encore du mal à en comprendre la raison simplement. Seth lui serinait toujours qu'elle s'était barrée parce qu'elle avait honte d'eux, peut-être qu'elle avait peur que leurs noms ne soient associés et que tout ceci lui fasse de la mauvaise publicité ? Non, sinon elle aurait tout simplement changé de nom. Mais c'était peut-être le cas ? Une fois de plus, Jay se rendait compte qu'il ne savait quasiment plus rien de la vie que menait sa sœur. Elle était au courant de tout, la honte l’étreignit soudain alors que le texan se disait qu'elle devait être en train de penser qu'elle avait bien fait de partir de la maison familiale, sans quoi elle aurait fini comme eux. Pour le coup, Jay réagissait presque comme un gamin pris en faute, mais elle avait l'avantage de la surprise.

« Je te l'ai dit Blondie, c'est pas une première, on sait se démerder. T'as pas à t'inquiéter, si jamais quelqu'un nous parle de toi, on dira qu'on te connaît pas. » Bourru, têtu, il l'était sans aucun doute. « Tu t'en fous peut-être, mais il n'appréciera pas de savoir que tu fous ton nez dans son affaire. Si les choses s’aggravent il dira que c'est de ta faute. » Toujours lui, même sans être là, il s'incrustait toujours dans la discussion, s'imposant entre eux. « Vaudrait mieux que tu restes de ton côté et nous du nôtre. »

Un avertissement ? Non, un simple conseil. Cependant, quelque chose ne cessait de lui dire qu'elle n'était pas ici pour elle. Pourquoi est-ce qu'elle prendrait la peine de venir jusqu'ici, prendre le risque de croiser Seth ou les deux autres si ce n'était pour les aider ? Bonne question, il hésita quelques secondes avant d'ajouter une question.

« Qu'est-ce qui te fait croire que ça va nous retomber dessus ? »

Ce n'était qu'une question innocente après tout, il ne perdait rien à la poser et cela ne signifiait pas qu'il lui demandait conseil. Même si c'était presque ça en vérité, mais fierté oblige, il ne l'admettrait pas.
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Message posté : Mar 3 Sep 2013 - 23:19 Message
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Charlie avait envie – plus qu’elle ne le pensait – que Jay ne soit pas impliqué dans cette affaire de cambriolage. Il avait à peine eu le temps de paraître surpris qu’elle avait commencé, très doucement, à sourire avec l’envie d’y voir là son innocence. Un sourire qui se stoppa aux premiers mots de son frère. Les lèvres pincées, elle passa une main dans sa nuque, des signes qui pouvaient être mal interprétés mais qui, pour elle, signifiaient un moment de réflexion. Elle était déçue, pas de ce qu’ils avaient fait mais, du fait que Jay puisse être impliqué. Elle n’avait jamais compris d’où lui venait cette envie, particulièrement présente avec son jeune frère, de vouloir le protéger de cette manière. Un juste retour des choses ? Elle n’en savait rien, s’en était juste viscérale. Il pouvait la détester au plus haut point, l’envoyer se faire voir à chaque fois, il pouvait faire n’importe quoi, qu’elle continuerait à s’accrocher.

Blondie… Elle avait envie d’en sourire de l’entendre prononcer ce surnom. Charlie essuyait un nombre incalculable de blagues – parfois vaseuses – sur les blondes et, à un aucun moment, elle n’avait eu l’idée de changer sa couleur de cheveux. La texane avait changé de vie, pas ce qu’elle était. Sa couleur de cheveux, son surnom, c’était comme une identité, un rappel de ce qu’avait été sa vie avec ses frères. Elle arrivait même à trouver assez pitoyable de s’accrocher autant à une couleur de cheveux. Spontanément, elle releva la tête, sa bouche formant un « quoi » indigné qui resta bloqua dans le fond de sa gorge quand il expliqua qu’il dirait ne pas la connaître en cas de problème. Elle aurait dû voir les choses du bon côté mais, tout ce qu’elle voyait c’était qu’ils vivaient dans des mondes tellement différents qu’il préférait dire ne pas la connaître.

Finalement, il ne s’agissait que ça : une question de côté. Elle n’était pas du leur alors, elle devait les laisser se débrouiller tout seul. Ce n’était pas ce qu’elle voulait mais, elle ne voulait pas non plus se donner le rôle de la petite fille capricieuse qui avait absolument besoin de ses frangins dans sa vie. Fierté à la noix, qui créait plus de malentendu qu’autre chose. Heureusement – ou pas – elle était têtue, bornée sur les bords, elle avait décidé qu’elle ferait quelque chose alors, même si Jay lui conseillait – un avertissement ? – de ne pas s’en mêler, elle le ferait. Elle sauta sur sa dernière question pour faire valoir cette envie.

_ L’avocat commis d’office pour Seth.

Tout le problème résidait dans cet homme qui voyait dans cette affaire l’occasion de salir le nom des Lane. Objectivement parlant, toute la famille s’était très bien débrouillée toute seule pour ne pas rendre ce nom très glorieux. Elle ne l’était pas. Objective. Elle s’en voulait même un peu, se demandant si ce n’était pas parce que cet avocat avait un problème avec elle, qu’il se faisait un plaisir de pouvoir couler un de ses frères en voulant embarquer les autres dans la chute.  Charlie ordonna ses idées et prit une inspiration.

_ Écoute Jay, le problème ce n’est pas ce que vous pourrez dire ou non. Elle haussa les épaules. De toute façon, on a le même nom alors l’association a déjà été faite. Le truc, c’était qu’elle en était fière. Sa famille ! Le truc c’est que son avocat ne va pas le défendre comme il le devrait, au contraire.

Elle eut un sourire désolé, ce n’était pas ce qu’elle leur souhaitait. Le problème c’était que Seth était accusé, ça lui donnait moins de marge de manœuvre. Elle pouvait oublier la discussion posée autour d’un verre avec lui pour lui expliquer les différentes options.

_ Il va vouloir vous faire tous tomber et, honnêtement, j’pense qu’il est capable de faire comprendre à la partie adversaire que Seth ne pouvait pas agir seul pour pouvoir vous mettre en cause derrière.

C’était bien le genre de ce type. Pourquoi se contenter d’une seule personne quand on pouvait avoir toute la fratrie avec. Jay avait raison sur un point : ils s’en étaient toujours bien sortis mais, là, en l’absence de défense concrète pour laisser un doute planer, les choses allaient être plus compliquées. Peut-être que c’était Charlie qui dramatisait un peu, elle n’en savait rien, tout ce qu’elle comprenait c’est que l’avocat commis d’office les voulait tous coupables. C’était lui qui avait la défense de Seth entre les mains, pour le moment, ça lui donnait un peu trop d’importance au goût de Charlie.

_ Franchement, les humeurs de Seth, pour le moment je m’en tape un peu.

Ce n’était pas le cas, vraiment pas. Sa voix n’avait pas été aussi assurée que ce qu’elle avait espéré. Ca l’énervait parce qu’elle devait trouver une solution pour les aider, tout en restant en retrait. Si ça avait été un autre de ses frères qui avait été interpellé, les choses auraient pu être plus simples… Quoiqu’elle n’en était pas certaine.

_ J’vais pas regarder un type essayer de vous démolir juste parce qu’il croit qu’il a tous les pouvoirs en main.

La bonne excuse, qui n’impliquait pas de dire qu’elle les préférait dehors plutôt que d’avoir des démêlés avec la justice. Bien sûr, l’avocat l’énervait, essentiellement parce qu’il avait une conception de la justice bien loin de la sienne mais, pour le coup, ça allait bien au-delà de ça. On ne touche pas à la famille, c’est sacrée. Charlie avait beau être partie, il y a des choses qui restaient ancrées.
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Message posté : Mer 4 Sep 2013 - 11:09 Message
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Charlie avait réussi à toucher un point sensible, Jay ne parvenait plus à se dire que tout se passerait bien et qu'ils s'en sortiraient sans problème. Si la jeune femme avait jugé utile de se déplacer en personne, c'était déjà le signe que les choses étaient plus graves – ou plus mal engagées – qu'ils ne le pensaient tous, non ? C'était l'explication la plus logique, à moins que Blondie avait tout à coup décidé de rentrer au bercail, mais c'était peu probable. Il n'avait pas eu le temps ou l'envie de lui dire, mais elle avait sacrément bonne mine et présentait bien. Elle n'avait plus rien d'une Lane, du moins si l'on considérait que les membres de cette famille avaient une propension à l'échec et à une vie de merde. C'était une bonne chose pour elle dans le fond, même s'il n'aurait jamais avoué, même sous la torture, qu'il avait pu penser une telle chose.

La suite du discours de Charlie ne trouva pas de réponse auprès de son frère. Jay restait silencieux en l'écoutant, essayant d'avoir l'air aussi indifférent que possible à ce qu'elle disait, mais sans vraiment y parvenir. Que pouvait-il répondre à un pareil aveu ? Le texan se disait que si ce type qui était censé les défendre s'amusait à les plomber, c'était peut-être parce qu'il avait des problèmes avec eux. Ils avaient suffisamment côtoyé des avocats pour que le trentenaire sache que ce n'était pas personnel : il n'aurait jamais été commis d'office pour leur dossier s'il avait été le pote d'un ancien « client » de la famille Lane. C'était donc que le problème venait d'ailleurs et vu qu'il avait le même métier que Charlie, c'était peut-être de là que tout venait.
Le silence était retombé depuis quelques secondes alors qu'il la dévisageait avec insistance. C'était aussi l'explication qui justifiait la venue de la jeune femme ici. Elle se sentait peut-être coupable de les avoir collés dans la merde et pour ne pas avoir de dette à leur égard, elle venait les prévenir de ce point.

« Tu le connais ce type ? »

Question rhétorique, il était sûr que oui. Allait-elle lui dire ce qu'il en était vraiment, ou est-ce que Jay était parti pour lui tirer les vers du nez ? Alors qu'il s'interrogeait sur tout ceci, quelque chose s'imposa à lui. Elle disait ne pas regarder un type essayer de les démolir, mais c'était parce qu'il en avait la capacité et non parce que ça les concernait directement. Charlie, la justicière comme l'avait surnommée Seth lorsqu'ils avaient vus dans le journal un article qui parlait de l'une de ses victoires. Forcément, les causes perdues c'était son truc et au final, la situation dans laquelle ils se trouvaient c'était la même que celle des types qu'elle avait l'habitude de défendre au quotidien. Une fois de plus, il en revenait à l'idée que la demoiselle ne voulait pas qu'ils finissent au trou parce que ça risquait de faire tache sur son dossier. Des frangins en prison c'était le signe qu'elle n'était pas une bonne avocate, non ?
En vérité les incessantes critiques de Seth à l'égard de Charlie avaient fini par s'installer dans l'esprit de Jay sans même qu'il ne s'en rende compte et voilà qu'il doutait réellement de la parole de la jeune femme.

Il ne savait pas combien de temps exactement est-ce qu'il était resté silencieux, mais cette « prise de conscience » le poussa à enchaîner sur la même lancée.

« De toute manière, les avocats c'est tous des pourris, c'est pas étonnant qu'il essaye de nous faire un sale coup. » Il réalisa alors qu'il avait justement affaire à l'une d'entre eux. « Enfin, ça te concerne pas. » Cette qualification de « pourri » bien entendu. « Je croyais que dans ce pays on était considérés comme innocent jusqu'à preuve du contraire ? Il peut pas nous balancer comme ça, ça fera pas tache sur son dossier ? » Les avocats n'aimaient jamais perdre leurs procès après tout, sauf si les choses avaient changé. « Et j'pense qu'il sait qu'on a pas les moyens de changer d'avocat. »

L'idée que Charlie puisse être mêlée à cela lui apparaissait de plus en plus logique. Elle avait l'air bien trop au courant, puis surtout elle devait se douter qu'ils n'auraient pas remarqué les coups bas de leur avocat. Quoi qu'il en soit, cette situation ne l'embarrassait pas. Pour le coup il ne savait pas franchement comment réagir, même si la justice le connaissait bien, le contraire n'était pas forcément vrai. Une dernière question s'imposait donc.

« Et tu suggères quoi exactement ? » Et oui, il lui demandait conseil. Elle devait bien avoir une idée derrière la tête après tout. Mais comme pour atténuer l'importance de sa question, Jay jugea utile d'ajouter une remarque pour clore son intervention. « T'as l'air de bien savoir comment il fonctionne... »

Un ancien copain qui cherchait à se venger ? Il n'avait jamais aimé l'idée que des crétins puissent s'intéresser à sa sœur, mais aucun n'avait jamais trouvé grâce à ses yeux et ce n'était pas près d'arriver.
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Message posté : Mer 4 Sep 2013 - 14:02 Message
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_ On travaille dans le même cabinet.

Charlie souffla sa réponse, d’une traite trop rapide, haussant les épaules pour balayer l’importance que pouvait avoir la question de Jay. L’avocate n’avait aucune envie de rentrer dans les détails de ce qui les liait tous les deux, refusant de donner une excuse qui pouvait l’impliquer dans cette histoire et qui serait une preuve que, même à distance, elle était capable de les pourrir.  Ils la détestaient bien assez sans avoir à en rajouter, de toute façon, elle n’était même pas certaine qu’il s’agisse uniquement d’une vendetta personnelle de la part de l’avocat commis d’office.

Elle ne savait pas à quoi elle s’était attendu, un peu plus de réaction de sa part ? N’importe quoi mais le silence qu’il laissa s’installer était en train de la tuer. Charlie demandait à être prise au sérieux, sans se voir envoyer bouler ailleurs, au moins pour cette fois. Elle le détailla, un instant, histoire de chercher quelque chose à dire pour le convaincre que, cette fois, ça allait être un peu plus compliqué que d’habitude. La seule chose qu’elle trouva fut les cicatrices qu’il avait, pour celles qu’elle pouvait voir, la forçant à se poser un tas de questions sur ses activités. Sortant de ses pensées, elle reconnecta quelques neurones ensembles pour entendre dire que tous les avocats étaient des pourris. Deux fois, elle cligna des yeux avant de croiser les bras contre elle, un sourcil légèrement relevé. Charlie se serait très vite défendue de ce genre d’accusation si Jay, de son côté, n’avait pas rattrapé le coup en l’excluant de son équation.  

Charlie en arriva au constat suivant : il n’y avait pas que le fait qu’elle soit partie qui posait problème, ce qu’elle était devenue l’était aussi. Elle ne revenait pas sur ses positions, quand elle avait décidé quelque chose, elle l’avait vraiment décidé. Des fois, elle regrettait, elle avait peut-être gagné un métier et une autre vie mais, il fallait voir ce qu’elle avait perdue de l’autre côté. Elle chassa un constat qu’elle avait déjà fait pour revenir à ce qu’il disait avec l’impression d’être jugée coupable parce qu’elle savait comment fonctionnait l’autre avocat.

_ Qu’est-ce que tu veux ? Entre pourris, on sait comment on fonctionne !

Provocation gratuite mais, d’un autre côté, il cherchait un peu, non ? Il ne s’agissait pas d’elle, de ses relations et de ce qu’elle savait de ce type mais de Seth, de ses conneries et de sa tendance à embarquer tout le monde avec lui. Dans un soupir, elle laissa cette phrase derrière elle histoire de se concentrer sur le réel problème du moment.

_ Il n’a pas besoin de vous balancer. Dans un premier temps, c’est surtout lui et l’avocat de la partie adverse qui vont se rencontrer pour négocier un arrangement. S’ils n’y arrivent pas, ça va se finir devant un tribunal où, la partie adverse pourra retracer votre historique juste pour prouver que vous n’êtes pas des saints.

Pas de critique là-dedans, c’était une constatation. Ils avaient le passif qui leur collait une étiquette de délinquant sur le front, il faudrait des preuves évidemment mais, un tribunal c’était aussi un jury avec des personnes humaines qui, des fois, laissaient un peu trop leurs jugements personnels prendre le dessus. Encore plus si l’avocat chargé de la défense, ne faisait pas grand-chose pour contredire les arguments avancés par la partie adverse.

_ Mais je ne pense pas qu’il va s’y prendre de cette manière. Il va surtout chercher à prouver, en guise de défense, que Seth n’était pas apte à faire ce cambriolage tout seul. Ça va permettre à la partie adverse, si elle ne veut pas abandonner, de demander l’ouverture d’une enquête et vous allez être en première ligne.

Ils n’avaient pas été arrêtés, il n’y avait donc pas eu assez d’éléments sur le moment pour les accuser. Si une enquête demandait à être ouverte, les recherches pourraient être un peu plus poussées. Charlie ne connaissait pas la stratégie qu’allait employer l’avocat mais, si elle était à sa place – difficilement concevable – c’est de cette manière qu’elle s’y prendrait.

_ Il n’y a pas tellement d’option. Seth peut refuser un avocat et se défendre tout seul mais c’est du suicide, en plus de ne pas être très bien perçu. Ou alors, je peux vous trouver quelqu’un d’autre pour assurer sa défense.

En réalité il restait encore une solution mais ça impliquait d’avoir un contact direct avec Seth et, pour le coup, c’était pour elle que ça allait être du suicide. Elle avait beau crier haut et fort qu’elle s’en foutait, qu’il ne lui faisait pas peur, en réalité elle jouait juste les grandes. Si Charlie pouvait l’éviter, elle ne s’en portait que mieux.
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Message posté : Mer 4 Sep 2013 - 19:57 Message
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Visiblement sa bourde n'avait pas échappée à la jeune femme qui n'avait pas eu l'air d'apprécier de se faire taxer de pourri, même indirectement. C'était bien une chose qui les différenciaient, lui il se moquait pas mal de ce que les autres pensaient de lui. Quoique, en vérité pas en ce qui concernait Charlie, sans quoi il n'aurait pas autant tourné autour du pot avant de lui dire la vérité. Connerie de famille, ça ne lui apportait que des emmerdes, tout aurait été bien plus simple s'il avait tout pu envoyer bouler pour faire sa propre vie comme Blondie l'avait fait. Sauf qu'en vérité, il n'avait pas le courage nécessaire pour agir de la sorte. En réponse à sa provocation, il se contenta de lâcher un soupir en levant les yeux au ciel. Les gonzesses ! Toujours à piquer la mouche si vous aviez la connerie de dire une boulette, inconnue, frangine ou mère possessive, elles étaient toutes les mêmes !

Il n'avait bien évidemment pas remarqué l'empressement avec lequel la jeune femme avait répondu à sa question. C'était comme lorsque quelqu'un lui disait que tout allait bien avec une tronche de déterré : il n'avait jamais été doué pour comprendre les mensonges ou les cachotteries de ce genre.
Toujours est-il que les explications fournies par Charlie apparaissaient comme particulièrement inquiétantes. Les avocats étaient vraiment doués pour manipuler les gens, Jay n'aurait jamais eu l'idée de pousser ses adversaires à coincer son client de la sorte. Quel connard ! L'envie d'aller le trouver pour lui arranger le portrait le démangea subitement, mais ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire s'il avait déjà une dent contre eux. Et pour quelle raison ? Juste parce que c'était un connard friqué sans aucun doute. L'agitation du texan était palpable bien qu'il essayait de rester aussi calme que possible – avec lui, c'était relatif – mais lorsque Blondie émit une idée pour les tirer de là, il posa son regard sur elle pour l'observer avec attention.

« Ou bien tu pourrais t'en occuper toi. »

C'était une possibilité. Peut-être pas la meilleure, mais d'un côté, la situation ne pouvait pas être pire entre eux deux, il avait été loin lors de son départ. Sur le coup, l'idée lui sembla franchement intéressante, mais après quelques secondes Jay regretta déjà ses paroles. Non, si Seth voyait Charlie débarquer il comprendrait qu'elle avait parlé avec quelqu'un et vu qu'elle avait toujours été plus proche de Jay que ces autres, même avec son QI d'huître il comprendrait l'embrouille et là, ça lui retomberait sur la gueule. Réalisant la connerie qu'il venait de dire, le texan ne laissa pas à Charlie l'occasion de répondre.

« Ouais, mais en fait vaut mieux éviter. » Oui, se mettre Seth à dos lui foutait les boules, pourtant il aurait été capable de se débarrasser de lui sans problèmes. « Je suis pas sûr que s'il tentait de te sauter dessus en plein milieu d'un tribunal, ça plaiderait en sa faveur.... » Elle n'était pas idiote, elle savait comment il réagirait si leurs chemins se croisaient à nouveau. « Faudra que j'en parle à Seth, il va vouloir savoir comment j'ai appris ça, tu sais comme il est... »

Il avait un besoin compulsif de tout contrôler, de savoir d'où venait chaque information et où chacun se trouvait à telle heure. Un comportement pénible et étouffant, mais difficile à fuir. Cette situation était pesante, il avait envie de lui en demander plus, mais le sentiment qu'elle allait finir par se lasser ne le lâchait pas. Elle était peut-être juste venue se donner une conscience tranquille pour mieux dormir la nuit qui sait. Agacé par le fait d'être aussi indécis, il se redressa comme sous un coup de fouet, puis reprit son expression de départ. Pourquoi est-ce qu'il se conduisait comme un crétin ? Hésiter n'était pas dans ses habitudes, surtout pas lorsqu'il traînait au Circus. Glissant l'une de ses mains vers sa poche dans un geste nerveux, il esquissa un pas vers Charlie sans pour autant se rapprocher réellement d'elle.

« Et d'ailleurs, comme ça se fait que tu saches que je bossais ici ? » Il venait juste de réaliser, il ne travaillait pas encore là lorsqu'elle était partie. « T'es au courant de quoi d'autre exactement ? Tu nous espionnes ? »

Le ton était presque hostile, mais ce n'était en aucun cas dirigé contre la pauvre Blondie. La simple idée qu'elle puisse savoir qu'ils trempaient tous dans les affaires du Cartel avait le don de le rendre malade. S'il y avait bien une chose qu'il n'avait pas envie de voir, c'était une expression de déception sur le visage de sa sœur, surtout si elle lui était destinée. Parfois pour mieux éviter de décevoir les gens, il valait mieux de montrer un peu brutal pour s'assurer qu'ils ne viendraient pas mettre le nez dans vos affaires. Et ce même si ça vous en coûtait.
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Message posté : Jeu 5 Sep 2013 - 1:55 Message
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Elle le trouva particulièrement irritant à lever les yeux au ciel. Rien de bien méchant, ça restait Jay, elle était capable de le trouver énervant ou chiant pendant quoi ? 3 secondes, montre en main et, après, ça lui passait. S’en était navrant, à croire qu’elle manquait cruellement de volonté quand son frère se trouvait dans l’équation. A bien y réfléchir, il aurait été bien plus simple pour tout le monde si elle s’était contenté de faire sa vie de son côté, en se détachant réellement et définitivement de ses frères. Et comme il n’existait pas de livre au nom évocateur : « comment se débarrasser de ses 4 frères délinquants sans laisser de trace », on en revenait à son manque de volonté le concernant, elle était incapable de ne pas s’inquiéter et de ne pas se renseigner.

Charlie resta interdite, bouche légèrement ouverte à la manière d’un poisson rouge hors de son bocal, quand – très naturellement – Jay exposa la possibilité qu’elle avait esquivée. L’idée de le secouer un peu pour lui expliquer, de manière plus convaincante, qu’en réalité elle flippait de Seth lui traversa l’esprit. Cela ne dépassa pas ce stade, elle n’avait pas la force physique pour que ça puisse avoir un réel impact, dans le meilleur des cas tout ce qu’elle arriverait à faire était de se retourner trois phalanges dans l’action. Heureusement, elle n’eut pas à expliquer à Jay les raisons pour lesquelles ce n’était pas possible. Elle se contenta de secouer la tête, pour confirmer le fait qu’il ne ressortirait rien de bon si un avocat se faisait tuer devant témoin en voulant assurer la défense de son client de frère.

_ Je sais… Elle soupira plus par constatation que par réelle critique. Si tu lui dis que je fais ça pour que ça ne me porte pas préjudice, il y verra peut-être un intérêt commun, non ?

C’était loin d’être la raison de sa motivation mais, de toute façon il verrait ça de cette manière. Sauf que, si Seth ne voulait pas d’ennui, il allait peut-être éviter de l’envoyer dans l’hôpital le plus proche juste pour se sauver lui. Elle pinça les lèvres en réfléchissant aux options qu’ils pouvaient avoir concernant Seth et son besoin de tout savoir. Elle avait espéré que ce côté se soit estompé un peu avec le temps, parce que ça faisait toujours du bien de rêver un peu, en plus de pouvoir l’arranger dans cette situation. Le mouvement de Jay vint l’interrompre dans ses réflexions, plissant légèrement les yeux elle releva le regard sur sa main dans sa poche, puis sur son visage. L’air nerveux qu’il avait ne lui avait pas tellement échappé mais, Charlie mettait ça sur le compte de ce qu’elle venait de lui dire et sur le fait que, comme il n’avait pas envie de la voir, la situation n’avait rien pour le mettre à l’aise. L’avocate avait même espéré ne pas en arriver à sa dernière question. Croisant les bras, elle alla braquer son regard dans celui de son petit frère, plus si petit que ça d’ailleurs.

_ Jay, je sais où tu travailles, je sais à quelle heure tu finis, je suis au courant dès qu’un dossier sort à notre nom. Elle haussa les épaules dans un léger sourire plein d’évidence. Alors, sérieusement, tu crois qu’il y a quoi qui peut m’échapper ?

C’était dans ce genre de moment qu’elle se disait que tester le poker pouvait être un moyen rapide de se faire de l’argent… Si elle ne se faisait pas bouffer en moins de 10 minutes. Bluff. Elle n’était au courant de rien d’autre, rien en tout cas concernant ses activités avec le Cartel. Elle ne le soupçonnait même pas une seule seconde, s’était son frère, il ne pouvait pas tremper là-dedans ! Elle savait qu’elle aurait dû expliquer la vérité, dire qu’elle ne savait que le strict minimum mais, avec un peu de chance, bluffer lui permettrait d’en savoir un peu plus. Elle n’y croyait pas tellement mais, ça ne coutait rien d’essayer.

Bien que c’était la vérité, ça sonnait un peu trop comme « je surveille parce que je m’inquiète pour vous », elle ne voulait pas que ça ressemble à ça. Charlie alimentait sûrement la non-compréhension entre les deux à ne pas vouloir paraître faible en avouant simplement qu’elle se sentait concernée par ce qui leur arrivait. Ce fut dans un air qu’elle voulait parfaitement détaché qu’elle releva la tête pour poursuivre rapidement.

_ Je suis avocate Jay, on a le même nom, il faut bien que je sache ce qui risque de mon tomber dessus. Ce n’est pas comme si vous aviez tous le boulot le plus légal du monde.

Elle parlait, évidemment, des activités qu’ils avaient déjà au Texas, ses réflexions n’allaient pas plus loin par manque d’information. Charlie, malgré un air détaché, n’employa pas de ton critique, seulement de constat. Ce n’était pas elle qui allait critiquer leurs activités – pour celles qu’elle connaissait -, elle savait comment ça fonctionnait… Elle comprenait. Après tout, ils venaient tous du même endroit. Alors, oui, Jay pouvait justifier de son boulot au port mais, il n’avait pas nié son implication pour le cambriolage, il était loin de s’être rangé dans une vie parfaitement légale. C’était même pire que ce qu’elle pouvait imaginer.
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Message posté : Jeu 5 Sep 2013 - 22:32 Message
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L'idée émise par Charlie à propos de leur intérêt commun avait de quoi marcher. Mais est-ce que Seth accepterait de mettre de côté sa fierté mal placée pour accepter de se faire aider par la jeune femme ? Pour être franc, Jay n'aurait pas parié là-dessus, il n'était absolument pas convaincu par le fait que l'aîné des Lane pourrait préférer la liberté à l'occasion de remettre – une fois de plus – sa petite sœur à sa place. Le risque était bien trop grand pour qu'il s'amuse à y aller au pifomètre. Charlie comme Seth pouvaient s'en tirer à très mauvais compte. Il ne voulait pas trop se mouiller, ne tenant pas à laisser entendre à la jeune femme que son frère tant redouté pouvait bien la détester au point de sacrifier sa liberté juste pour lui faire mal. Elle ne le méritait pas.

« Mouais, c'est possible, mais si tu fais ça maintenant, il va te sonner chaque fois qu'il aura la moindre emmerde. »

Une manière de l'effrayer un peu pour qu'elle évite de se mêler de leurs affaires à chaque fois qu'ils encouraient quelque chose. Au fond, c'était autant pour elle que pour eux. Charlie n'en finirait jamais si elle commençait à tendre la main à Seth, il en profiterait sans pour autant lui pardonner et n'hésiterait pas à la sacrifier si un jour tout ceci pouvait arranger ses affaires. Quant à eux, ils finiraient par se reposer sur leurs lauriers en se disant qu'ils étaient en sécurité avec une frangine qui connaissait la loi et ses failles sur le bout des doigts. Non, le mieux était que chacun reste de son côté.

De son côté.... une notion mise à mal par la réplique suivante de la blondinette. Le fait qu'elle parlait de « notre » nom montrait bien qu'elle se considérait encore comme l'un des leurs. Au fond, c'était une constatation qui lui faisait plaisir, même si Jay avait du mal à comprendre que Charlie n'ait pas opté pour une autre identité histoire de se sortir pour de bon de son rôle de « sœur de délinquants ». Peut-être que ça faisait vendeur auprès de ses clients ? Leur balancer que ses frères fréquentaient le même milieu qu'eux devait certainement les amadouer. Pour être franc il préférait penser que c'était parce qu'elle souhaitait garder un lien avec eux, mais la voix sournoise de Seth s'insinuait dans son esprit en lui disant que ce n'était pas ça.

Jay commençait à peine à se laisser convaincre par l'idée que Blondie était là pour leur passé commun et pas autre chose, qu'elle lâcha une phrase qui le fit aussitôt réagir. Si Charlie l'avait giflé, le texan ne se serait pas montré plus étonné. Il mit quelques secondes à assimiler ce qu'elle venait de dire, le ton n'était pas critique, elle se contentait de soulever une évidence et Jay ne pouvait pas le nier. Pourtant.... Pourtant il se sentait honteux et humilié à l'idée qu'elle puisse comprendre qu'ils n'avaient strictement pas évolués depuis son départ. Toujours les mêmes ratés qui vivaient en marge des lois. Revêtant inconsciemment une expression de fierté blessée, Jay darda son regard sur son aînée de quelques mois.

« Ouais, c'est ça. On était des ratés délinquants y'a dix ans, alors on est forcément restés les mêmes. J'imagine que t'as dû t'attendre plusieurs fois à ce qu'on finisse en tôle, c'est pour ça que tu surveillais l'affaire. » Ce n'était pas une question, juste une constatation. Inspirant péniblement, Jay esquissa un pas vers sa sœur pour se rapprocher sensiblement d'elle. « Tu te plantes Charlie. On fait peut-être encore des conneries je l'admets, mais je te signale que j'ai trouvé un boulot honnête et que je suis payé pour ça. Forcément ça suffit pas à faire vivre tous les autres alors ils se démerdent comme ils peuvent de leur côté. » Il pinça les lèvres un bref instant, surprit par sa propre capacité à mentir aussi ouvertement. « Mais on est pas les mêmes que lorsque tu t'es barrée. » Non, c'était vrai, ils avaient même aggravé leur cas ! « Si t'as tellement peur de te ramasser quelque chose sur la tronche à cause de nous, t'as qu'à changer de nom. Tu vas pas me faire croire que t'as pas réussi à appâter un gentil avocat d'une bonne famille avec ton nouveau style, il n'a pas voulu t'épouser à cause de tes frangins ? C'est sûrement notre faute là aussi. »

À peine eut-il terminé sa réplique qu'il regretta déjà d'avoir osé le dire. Sa fierté blessée l'avait fait parler plus que de raison, Jay avait dit des choses qu'il ne pensait pas et qui n'avaient pas raison d'être. Elle ne les avait jamais accusés de quoi que ce soit et si elle l'avait fait, ça aurait été à raison. Charlie méritait d'avoir une vie plus normale, Jay s'était souvent dit qu'elle était née dans la mauvaise famille. La faute à pas de chance. Ne pouvant revenir sur ce qu'il avait dit sans passer pour un imbécile, il baissa les yeux vers le sol avant de rajouter quelques mots dans l'espoir d'atténuer la remarque blessante.

« Peut-être que tu devrais arrêter de penser à nous et simplement t'occuper de toi. »

Les histoires de famille devenaient trop compliquées pour lui, à croire qu'il ne pouvait jamais dire ce qu'il pensait réellement, tout foirait toujours dès que ça sortait de sa bouche !
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Message posté : Ven 6 Sep 2013 - 0:11 Message
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Elle trouvera une autre idée, forcément, elle le devait en plus de le vouloir. Avoir Seth sur le dos ne l’enchantait pas, même si elle avait du mal à croire qu’il se retournera vers elle de manière aussi régulière. Il la détestait vraiment et avec sa fierté à la noix… Non, définitivement, si Charlie se devait tenter quelque chose – et elle le ferait d’une manière ou d’une autre – ça ne devait pas impliquer de contact direct avec son aîné. Elle y réfléchira plus au calme. N’empêche que si la trentenaire avait une petite idée de tout ce que pouvait se dire Jay, il y a bien longtemps qu’elle aurait tenté de rétablir quelques vérités. La télépathie ne faisait pas partie de ses capacités inexistantes et elle n’était pas douée pour être des plus objectives quand il s’agissait de sa famille. Partant de là, comment pouvait-elle imaginer la façon dont Jay voyait les choses. Tout ce qu’il lui donnait c’était des preuves mettant en évidence le fait qu’elle était partie.

Une fois de plus ça ne loupait pas. Exaspérer par le ton qu’il employa avec elle, Charlie laissa passer un soupir en penchant la tête en arrière avant de reporter son regard sur son frère. Il avait beau faire un pas dans sa direction, elle ne le quitta pas du regard qui, à bien y réfléchir, sonna comme un défi : Vas y approches toi, tu vas faire quoi ? Le problème c’est qu’il tapa atrocement juste dans son discours. Elle avait bien trouvé un avocat avec qui ça se passait bien, et miracle, elle avait même fini par emménager avec lui jusqu’à ce que ça se transforme en disputes sur disputes. Devinez le sujet principal ? Ses frères.  Elle ouvrit la bouche mais se força à inspirer de l’air avant de répondre quoi que ce soit, sa patience mise à rude épreuve.

_ Pourquoi est-ce qu’il faut toujours que ça revienne sur le tapis ? D’un tempérament parfois trop affirmé, elle fit un pas en avant sans le lâcher du regard. Elle aussi pouvait avancer vers lui ! Sérieusement c’est quoi ton problème, c’est si grave que ça d’avoir voulu une vie un peu plus légale ? Je ne vous ai pas suivi alors, quoi ? J’ai plus qu’à changer de nom !

C’était ça qui l’énerva le plus en réalité : parler de changement de nom. Elle ne l’avait jamais voulu et, combien même il aurait été question de mariage, elle aurait encore gardé le sien en plus du nouveau. Ils étaient SA famille. Ca l’énerva d’autant plus que si elle avait ce sens aigu de la famille c’était de leur faute, à eux, à répéter tout le temps que c’était important. Elle était née et avait grandi avec cette idée et, maintenant, ceux qui lui avaient appris ce principe lui tournaient le dos parce qu’elle avait choisi une direction différente. Il la détestait et, c’est pour ça qu’elle ne voulait pas lui donner la satisfaction de comprendre que ce rejet pouvait l’affecter.

_ Et pour ton information si je n’ai pas changé de nom c’est uniquement parce que je passe trop de temps à essayer de donner une autre chance à des gens qui n’en ont rien à faire.

Évidemment ce n’est pas la vérité mais, elle n’allait pas lui donner raison, encore moins confirmer son hypothèse. Dire que ses frères avaient été une cause de rupture dans son couple c’était les considérer comme un problème. Ce dont elle était incapable. Charlie avait volontairement passé sous silence la dernière réplique de Jay, elle n’avait pas envie d’envisager cette possibilité. Cela dit, elle n’avait pas non plus envie de s’énerver contre lui. Pour elle, il n’y avait qu’une solution pour se sortir de ce genre de conversation, elle soupira avant de se lancer.

_ Je crois que c’est après moi que l’avocat de Seth en a.

Maintenant, elle se sentait coupable mais, de cette manière, il n’y avait pas besoin de chercher pourquoi elle voulait s’occuper de cette affaire. Du moins, c’était moins évident qu’elle veuille le faire juste pour les aider eux. Dans un haussement d’épaules, elle avoua une impuissance face à cette situation.

_ Faut croire que lui aussi pense que ma place n’est pas dans un tribunal, Seth c’est juste une affaire en or pour lui, histoire de prouver à tout le monde que la délinquance est une histoire de famille.

Elle baissa le regard, pas parce qu’elle se sentait coupable mais parce qu’elle mentait. D’une certaine manière c’était vrai, l’avocat avait réellement cette vision là des choses mais, elle mentait dans le sens où ce n’était pas le raison de sa visite. Loin de là. Elle s’en voulait parce qu’elle savait qu’elle donnait des arguments à Jay pour lui faire croire qu’elle ne se souciait pas d’eux mais uniquement de son nom. Elle n’affronta pas son regard parce qu’elle avait juste envie de lui dire qu’elle s’en foutait de ce que les gens pouvait penser, qu’il n’y avait qu’eux… Eux et ses perspectives d’avenir à elle. Et parce qu’elle avait voulu concilier les deux sans aucune réussite.
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Message posté : Ven 6 Sep 2013 - 17:36 Message
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Les autres Lane avait beau prétendre que Charlie n'était plus des leurs, la manière dont elle répliqua montrait qu'elle possédait pourtant le bon caractère. Si la blonde s'était reculée pour fuir la critique, Jay aurait certainement donné raison à Seth, mais il était forcé d'admettre que la jeune femme avait toujours autant de mordant et qu'elle n'avait pas l'intention de se laisser marcher sur les pieds. Pourtant, la manière dont Blondie répondait empêchait le texan de s'énerver encore plus contre elle. Le pire c'était qu'elle parvenait à le faire réellement culpabiliser, ce qu'il pouvait détester ce type de discussion. Avec sa taille de mannequin, ce n'était pas elle qui pourrait lui en coller une bonne, mais cela ne l'empêchait pas de lui tenir tête. Idiote, une voix dans sa tête alors qu'il se demandait si elle était aussi inconsciente face à des types qu'elle ne connaissait pas. Jay espérait que non, mais il était fort probable que ce soit malheureusement le cas.

Il oscillait entre l'envie de s'énerver et l'envoyer sur les roses, puis celle de lui dire de se calmer, qu'il ne lui reprochait rien. Mettre ses sentiments à plat n'était pas une manière d'agir familière aux Lane – aux hommes du moins – et pour le coup tout ce que le trentenaire trouvait à faire, c'était de rester silencieux.
Grand bien lui fit d'ailleurs ! Lorsque la blondinette avoua qu'elle pensait être responsable de ce qui arrivait, Jay songea qu'il se serait – encore une fois – sentit bien idiot s'il l'avait invectivée à propos de tout ça juste avant. Il persista dans son silence face à la gêne manifeste de sa sœur, parfaitement incapable d'avoir un geste rassurant à son encontre. Quelle connerie, vraiment ! Soupirant à son tour, il lâcha quelques mots d'un ton presque lassé. Une manière comme une autre de masquer sa culpabilité.

« J'ai jamais dit que ta place était pas dans un tribunal. »

Et à raison : il considérait qu'elle était dans son élément. Charlie n'était pas taillée pour la vie de délinquant, il lui en aurait amèrement voulu si elle avait terminée strip-teaseuse dans un boui-boui pourri ou si elle avait suivi le chemin de leur mère en se faisant engrosser par le premier dealer qu'elle croiserait. Non, sa place était bel et bien dans un tribunal, surtout qu'elle semblait s'en sortir haut la main. Mais bien entendu, il était parfaitement incapable d'exprimer ce qu'il pensait et se contenta d'un bref résumé.

« Si t'es encore avocate maintenant, c'est que t'es faite pour ce métier, si c'était pas le cas t'aurais été virée et tu bosserais au fast-food du coin maintenant. » Ou comme docker à son instar. « Ce type est un crétin s'il est incapable de faire la différence entre toi et nous. » Elle pouvait le prendre positivement ou négativement, au choix ! « En fait, il a surtout envie de te plomber, nous il s'en contrefout ? »

Le texan ne savait pas s'il devait se réjouir ou se sentir vexé du fait que sa sœur passait avant leur affaire. En fait, ce qui l'emmerdait le plus, ça restait le fait qu'un pauvre idiot pensait pouvoir s'en prendre à elle en les utilisant eux. Le sentiment familier de la contrariété monta soudain dans un esprit, il sentait presque le goût aigre de la colère lui venir en bouche. Mais pour qui est-ce qu'il se prenait ce connard ? Même si les frangins et la sœur étaient en froid, personne n'avait le droit de se servir d'un contre les autres. L'avantage dans cet aveu, c'était que Jay avait totalement oublié le sujet du nom et tout ce qu'elle avait balancé comme réponse à ses provocations. Maintenant ce qui occupait son esprit, c'était surtout que Blondie avait des problèmes et qu'un abruti tout droit sortit d'une grande école et issu d'une bonne famille pensait pouvoir la malmener.
Essayant de conserver un ton aussi neutre et désintéressé que possible, il reprit.

« Et ça fait longtemps qu'il te tire dans les pattes comme ça ? Je pense qu'un connard dans son genre ne doit pas te laisser en paix. » Jay hésita un bref instant avant d'ajouter la question qui le taraudait le plus. « Et tu sais où il habite ? On connaît juste son nom, l'adresse des papiers c'est le cabinet où vous bossez... »

Bon d'accord, il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu'il ne posait certainement pas la question d'une manière innocente, mais peu importait. Ajoutez à cela qu'aller casser la gueule de l'avocat qui vous défendait n'était pas une excellente idée, mais Jay avait toujours été parfaitement incapable de prévoir sur le long terme. Pour le moment, la seule chose qui accaparait ses pensées c'était qu'un abruti s'en prenait à Blondie. Le reste viendrait plus tard.
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Message posté : Ven 6 Sep 2013 - 19:59 Message
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Non, il ne l’avait jamais dit mais, formatée dans son idée, c’était de cette manière qu’elle prenait les supposées critiques. Sensible, absolument pas objective sur le sujet, elle préféra ne rien dire et éviter de passer pour la petite fille boudeuse et capricieuse à qui on vient de refuser un morceau de chocolat. A tort, elle s’était attendue à devoir justifier de son choix de carrière de manière plus intelligente mais elle se fit souffler par Jay et sa réponse. Elle bloqua un court instant, il venait réellement de dire qu’elle était faite pour ce métier ? Oui bon, mais cela ne voulait pas dire qu’il ne lui en voulait pas d’avoir choisi cette voie. Une bonne chose d’être allé sur le sujet de l’avocat commis d’office, ça avait au moins le mérite d’éviter une discussion sur un départ précipité datant de plusieurs années.

Ils étaient d’accord sur un point Shaham était, est toujours, un crétin fini. Charlie laissa passer un sourire, parce qu’ils étaient d’accord et, surtout, parce que ça se faisait au détriment de l’avocat en question. Un sourire qui s’effaça quand elle se mit à réfléchir sur la manière d’expliquer les choses, c’était un peu plus compliqué. Elle ne pensait pas que Luc cherchait à la plomber particulièrement mais, il avait un sérieux problème avec les milieux défavorisés. Une population qui, selon lui, devait rester où elle était, ne pas se mélanger à moins que ce soit pour se retrouver dans le fond d’une cellule. Bon, peut-être qu’il lui en voulait aussi personnellement étant donné que les relations professionnelles entre les deux n’avaient jamais été au beau fixe. Divergence d’opinion.

Ce qui l’intriguait le plus restait le fait que Jay lui demanda depuis combien de temps ça pouvait durer. Il n’était pas censé se préoccuper de ce genre de considérations, ça ne collait absolument pas avec ce qu’elle imaginait. Dubitative, elle essaya de trouver une raison logique à sa question. Que Jay puisse être inquiet pour elle fut exclue. Elle avait envie que ce soit la raison principale de sa question mais elle n’avait pas envie de se bercer d’illusions. Naturellement, dans un raisonnement des plus faussés, elle en arriva à se dire qu’il posait la question pour savoir si on allait le laisser tranquille ou pas. S’il allait avoir des ennuis dans le futur à cause d’elle. Parce qu’elle était sa sœur, elle alla le rassurer sur ce point mais, au lieu de ça, ce fut une expression hallucinée qui se peignit sur son visage.

_ Jay !

Il était sérieux là, à demander une adresse ? Elle ne lui demanda même pas ce qu’il avait dans la tête parce que c’était plus qu’évident. Elle ne se montra pas déçue mais surtout étonnée pour deux raisons. La première était qu’il puisse avoir dans l’idée de s’expliquer – et elle se comprenait en employant ce terme – avec un avocat. Un avocat ! Un type payé pour faire valoir des droits juridiques. Inconcevable, autant se tirer une balle dans le pied tout seul. La deuxième raison était plus personnelle parce qu’avec une accumulation de petites phrases, Jay était juste en train d’ébranler tout ce qu’elle avait pu imaginer. S’il lui en voulait autant, pourquoi vouloir l’adresse d’un type qui pouvait l’ennuyer ? C’était un non-sens pour elle. Elle laissa tout ça de côté, ce n’était pas le moment de commencer à revoir ses positions, il devait y avoir une autre raison. Elle se faisait des films.

_ Hors de question que je te donne son adresse, parce qu’hormis te mettre dans le pétrin après, ça n’a pas grand intérêt.

La voix diplomatique, dans un premier temps. Passer par la justice ensuite, quand c’est possible. Le recours qui impliquait une discussion musclée était proscrit de son vocabulaire. Sans parler du fait qu’elle n’avait aucune envie que Jay puisse avoir des ennuis comme ceux-là. L’avocate savait très bien que son frère n’avait rien de l’enfant de chœur, qu’il évoluait avec ses frères dans un cadre illégal –Bonjour le cas de conscience quand on savait que son boulot à elle consistait à appliquer les lois – mais ce n’était pas pour autant qu’elle avait envie de lui mettre d’autres problèmes sur le dos.

_ De toute façon, je ne suis sûre de rien. C’est le genre de type avec des idées très arrêtées sur les différentes classes sociales qui part du principe que l’endroit d’où tu viens va te définir toute ta vie. Alors vous tomber dessus c’est une façon pour lui de prouver qu’il a raison. De le lui rappeler à elle aussi par la même occasion. Ça fait 3 ans qu’on bosse au même endroit et qu’il n’a pas bougé une virgule à son discours. Il n’est pas plus évolué qu’un calamar en cravate. Sa façon à elle d’être vulgaire, du moins quand elle n’est pas parfaitement énervée. Aller le voir, ça va juste lui donner raison.

Elle minimisa un peu, donna ses précisions d’un ton qu’elle voulait détacher. Elle passa sous silence les trois ans à entendre des critiques sur ses frères, les blagues douteuses sur son milieu social, sur l’imagination débordante qu’il pouvait avoir de la vie qu’elle avait vécue et des suppositions qu’il avait pu faire sur le moyen qu’elle avait eu d’obtenir sa place. Finalement, Luc était plutôt chanceux comme type parce que, si Charlie n’était pas aussi patiente, elle n’aurait pas attendu Jay pour lui refaire la mâchoire… A moins essayer. La volonté, y a que ça de vrai !

_ Non, le mieux c’est que je sache ce qui s’est vraiment passé, de trouver un truc après pour qu’il ne puisse pas avoir le choix de défendre Seth correctement en vous laissant en dehors de ça.
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Message posté : Ven 6 Sep 2013 - 21:28 Message
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À la manière dont elle prononça son prénom, il avait presque l'impression d'être revenu vingt ans en arrière et qu'ils étaient de retour à Houston dans leur quartier pourri. C'était étrange comme les souvenirs restaient frais malgré le fait qu'ils s'étaient passés il y a si longtemps. Visiblement Charlie n'avait pas oublié que si l'un de ses frangins lui demandait où telle ou telle personne habitait, ce n'était pas simplement pour aller tailler une bavette avec lui. Combien de fois avaient-ils agis de la sorte par le passé ? Bien trop pour que la jeune femme ne voit pas venir les intentions de Jay. Ce dernier se renfrogna légèrement, comme pris en faute, mais sans se départir de son expression butée. De toute manière, maintenant qu'il savait que ce con pensait pouvoir les utiliser contre Blondie, il était évident que les choses n'allaient pas se régler aussi facilement. Le problème avec Charlie, c'était qu'elle voulait toujours essayer de faire les choses de manière diplomatique, sauf qu'avec ces types, il n'y avait que la force brute qui fonctionnait.

Le refus de sa sœur allait lui compliquer la tâche, mais Jay était bien décidé à surveiller l'avocat la prochaine fois qu'ils seraient en contact. Après tout, si jamais il n'arrivait pas à trouver son adresse, il pourrait toujours l'attendre à la sortie du bureau ou même carrément lui coller un pain juste avant de lui dire « Au revoir, à la prochaine ! » ce serait une belle conclusion.
Pourtant, quelque chose lui disait que Charlie n'apprécierait pas. Elle avait d'ailleurs l'air de vouloir faire tout son possible pour lui montrer que ce n'était pas la peine d'agir de la sorte. Peine perdue, si Jay n'était pas très futé, il était plus que têtu et c'était mission impossible que d'essayer de lui sortir une idée de la tête. L'expression qu'il arborait d'ailleurs devait amplement suffire à la jeune femme pour comprendre qu'elle usait sa salive pour rien.

« Ça va, tu vas pas prendre sa défense en plus ? C'est pas parce qu'il roule dans une caisse qui vaut plus cher que notre baraque qu'il peut se permettre de s'en prendre à nous. » Son ton était clairement contrarié. « Si ce crétin croit qu'il peut nous utiliser pour te faire des emmerdes, je compte certainement pas le laisser faire ! » Il renifla d'un air buté. « De toute manière, il est sûr d'avoir raison alors que je lui montre que c'est vrai ou pas, ça changera quoi ? Peut-être que s'il comprend qu'il peut pas ouvrir sa gueule pour utiliser les gens sans récolter des emmerdes, il arrêtera de se la jouer comme ça. » Bien entendu, il ne songeait pas une seule seconde aux conséquences. « On est déjà dans le pétrin d'après ce que t'as dit, alors ça de plus ou de moins... Au moins ça soulagera. »

Un furtif sourire passa sur ses lèvres, c'était bien la première fois depuis plusieurs années qu'il souriait. Quoique, lors de sa dernière rencontre avec Andrea aussi. Décidément, ça commençait à devenir une habitude !

« Franchement Blondie, ose me dire que ça te ferait pas plaisir de le voir avec le portrait refait ? »

Elle ne pouvait pas, pour la bonne et simple raison qu'il était absolument persuadé qu'elle serait franchement ravie de le voir avec le portrait arrangé. Un type comme ça devait comprendre qu'il ne pouvait pas critiquer des personnes comme eux sans assumer les conséquences de ses paroles. Sans la remarquer il avait d'ailleurs à nouveau adopté le surnom alors que quelques instants plus tôt il avait utilisé son prénom comme la tension montait entre eux.
Cela dit, Charlie n'allait pas lâcher l'information, alors autant ne pas s'éterniser sur le sujet : leurs avis divergeaient beaucoup trop. Elle voulait savoir ce qui s'était passé ? Jay sentit une fois de plus la honte se mêler à la culpabilité alors qu'il reprenait la parole, détournant son regard de celui de sa sœur.

« Et pour ce qui s'est passé.... J'étais allé en reconnaissance la veille, j'avais vu que les habitants chargeaient des valises alors je pensais qu'ils partaient en vacances, c'est pour ça qu'on est allés là-bas. » Sauf qu'en réalité ils avaient juste amené leur fille à la gare. « On est revenus le lendemain et les trois autres sont allés dans le jardin pour passer par derrière. Moi je fais le guet alors j'étais dans la rue. » Sauf qu'il n'avait servi à rien cette fois-ci. « Seth a essayé de rentrer par la porte arrière pendant que Terry et Earl fouillaient la bagnole garée dehors, sauf qu'il y avait la nana à l'intérieur et qu'elle dormait dans sa chambre. Elle a appelé les flics et lorsqu'ils ont débarqués, Seth n'a pas eu le temps de se tirer tout de suite. La nana l'a vu avant qu'il sorte. Mais pas les flics, c'est déjà ça » Il hésita un bref instant, avant de se gratter l'arrière du crâne dans un geste nerveux. « Faut que tu saches que si Seth avait besoin de l'argent, c'est parce qu'il a commencé à prendre des trucs pas très clairs ces derniers temps... »

À comprendre de la drogue bien entendu. En réalité c'était les trois autres, lui avait été le seul à être fermé à ces conneries. Il était inutile de préciser qu'ils étaient chargés à bloc le jour du cambriolage.
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Message posté : Ven 6 Sep 2013 - 23:37 Message
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Évidemment qu’elle allait prendre sa défense ! Elle n’en avait pas la moindre envie mais si ça pouvait éviter à Jay d’aller au-devant d’ennui, ça lui posait un peu moins de soucis. Charlie avait toujours été doué pour trouver toutes les excuses du monde même quand la personne ne les méritaient pas vraiment. Elle évita de s’engager dans ce débat où, elle en était certaine, ils ne tomberaient pas d’accord. Jay et Charlie ne se voyaient quasiment plus, ce qui la rendait incapable de donner un pourcentage « sourire » dans les journées de son frère. Pour elle, il n’y avait rien d’étonnant à ce qu’il puisse sourire. Qu’il puisse le faire à l’idée d’aller s’expliquer avec quelqu’un lui posait plus de soucis. Il avait l’air d’avoir déjà pris une décision – Bon courage pour lui faire entendre raison après ça -  et elle regretta aussi vite de lui avoir parlé de ça.

Elle le regarda contrariée par sa question. Moralement parlant, elle ne pouvait pas lui répondre oui. C’était une évidence qu’elle avait envie que quelqu’un lui apprenne les règles élémentaires de la courtoisie. Façon de parler. Mais elle ne pouvait pas non plus lui mentir en lui disant non. Une envie fugace et irréalisable d’étrangler son frère lui passa par la tête. Elle maudissait quand il avait ce genre de question. Vexée de ne pas pouvoir répondre mais incapable de lui laisser le dernier à ce sujet, elle décida de ponctuer cette discussion à sa manière.

_ Et tu m’expliques comment tu feras pour continuer à aider les autres quand t’auras plus ton boulot et que tu seras en prison ? Elle laissa tomber les arguments qui, de toute façon, n’avaient jamais fonctionné avec ses frères. De toute façon, Jay, si je le vois en jour avec la tronche en travers, c’est moi qui te poursuis en justice.

Si les arguments ne fonctionnaient pas, les menaces pouvaient peut-être faire l’affaire. Charlie était déjà la traitresse de la famille alors, un peu plus ou un peu moins, si ça pouvait éviter à Jay s’enfoncer dans des ennuis, elle voulait bien en assumer les conséquences. L’absence de promesse dans sa phrase prouvait, pour qui la connaissait, qu’elle ne s’y tiendrait pas. Quoi qu’il arrive, la famille passait en priorité. Ca l’ennuyait d’en arriver à ce genre de phrase surtout après avoir l’impression d’avoir fait un pas en avant. Un petit. Celui où elle avait juste envie de croire que Jay, comme avant, voulait la protéger à sa manière. Ça aurait pu lui donner envie de sourire, de sauter de joie, en plus d’avoir l’impression d’être revenue plusieurs années en arrière mais ils avaient grandi. Les conséquences n’étaient pas les mêmes. De toute façon, c’était elle la grande sœur, donc elle qui avait raison ! A son tour d’essayer de le protéger avec les moyens qu’elle avait.

Pour une oreille extérieure, la discussion en cours pouvait être perturbante : Hey ouais les gars, chez les Lane on est comme ça, on parle de cambriolage comme on pourrait parler de crêpe au Nutella. Tout à fait normal ! Charlie n’allait pas lui faire la morale, encore moins lui dire de quitter ses frères et de faire sa vie avec son boulot légal. Hors de question qu’elle lui demande de faire ce qu’elle avait fait, elle savait ce que c’était. Pourtant, il n’imaginait pas à quel point elle avait envie de lui demander de tout plaquer, quitte à l’emmener avec elle qu’il puisse refaire sa vie loin des trois autres. Bref, aucun discours moralisateur et avant même de réfléchir aux informations qu’il avait donné, une seule question passa ses lèvres.

_ Il doit de l’argent à quelqu’un ou c’est juste pour pouvoir se fournir ?

Question à peine voilée, d’une voix plus soucieuse que réprobatrice, pour savoir si Seth avait des ennuis ou pas. Elle n’adhérait absolument au fait qu’il puisse prendre quelque chose et, ça ne serait pas aussi tendu qu’elle n’aurait pas hésité deux secondes avant d’aller le voir pour lui dire ce qu’elle en pensait. Mais, le plus important, c’était surtout de savoir s’il devait de l’argent à plus grand, plus fort que lui. Une raison de plus pour culpabiliser de son départ, elle aimait croire qu’elle aurait pu éviter cette facette-là, si elle était restée présente. L’espoir, c’était important dans la vie. Un éclair de lucidité lui passa par la tête.

_ Et toi, tu prends quelque chose ?

Elle fut incapable de retenir cette interrogation, sûrement à cause du regard qu’il avait baissé en expliquant ce qui s’était passé. Elle ne savait pas si c’était parce qu’il racontait le braquage, ou si c’était à cause de ce que Seth prenait. Depuis qu’elle était arrivée sur le port, qu’elle s’était retrouvée face à Jay, c’est la première fois où son inquiétude était réellement visible. Pas besoin d’avoir 3 ans  en psychologie pour le comprendre. Si Jay prenait quelque chose, pire, si c’était de la faute à Seth… Aîné ou pas, plus baraque ou pas, c’est la main de Charlie que Seth se prendrait au travers de la tronche. Et là, il n’était pas question de seulement essayer, elle y arriverait d’une façon ou d’une autre.

_ Parce que si c’est le cas, je préfère le savoir.

Et tant pis si ça ne collait pas avec l’image qu’elle devait renvoyer, elle avait oublié ce genre de considérations au moment où cette question lui était venue à l’esprit. A aucun moment elle n’oubliait pourquoi elle était là, encore moins les informations que Jay lui avait donné, c’est juste qu’elle parait au plus urgent. Une histoire de cambriolage lui était bien moins importante qu’une histoire de drogue, surtout si Jay était dans l’équation.
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On a comme un problème - Jay

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