AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn Cadre_cat_1On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn Cadre_cat_2bisOn ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn Cadre_cat_3
 

On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn

 
Message posté : Jeu 4 Juil 2013 - 20:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Journée ennuyante, suite à quelques « démêlés » qu'il avait eu avec son supérieur, Jay avait été invité à prendre quelques jours de congé le temps que la situation se tasse. Inutile de dire qu'il aurait préféré tout envoyer bouler et se concentrer sur la procrastination, mais étant donné que beaucoup de choses dépendaient de son boulot aux docks, le texan n'avait pas vraiment eu le choix. Il avait donc opté pour la solution pacifique, se montrer conciliant – même si ça l'emmerdait – et aller passer ses nerfs ailleurs. Étant donné que la journée était déjà bien avancée lorsque l'américain était rentré chez lui, ses frangins étaient déjà partis, certainement occupés à faire des conneries dans une autre partie de la ville. L'idée de les chercher n'enchantait pas franchement Jay : il savait qu'ils n'avaient aucune logique et qu'ils pouvaient donc se trouver n'importe où, puis pour être franc, passer une journée en solitaire ne lui ferait pas de mal non plus.

C'était pour cette raison qu'il se retrouvait en plein centre-ville, zone qu'il prenait habituellement garde à éviter autant que possible. Le problème avec ce coin, c'était qu'il y avait beaucoup trop de monde et qui disait foule disait forcément problèmes décuplés. Jusqu'à aujourd'hui, Jay avait toujours cherché à éviter les lieux trop bondés pour la bonne et simple raison que lorsqu'il « sortait » avec ses frères, c'était pour délester quelques malheureux promeneurs de leurs affaires ou pour chercher la bagarre. En somme des activités qui demandaient généralement une zone assez dégagée et pas d'emmerdeurs pour surveiller ce qui se passait et aller prévenir les flics. Pourtant, dieu savait à quel point les Lane avaient été chanceux jusqu'à présent : ils n'avaient pas de casier judiciaire très chargé et passaient tous pour de simples semeurs des troubles sans pour autant représenter de réel danger.

Mais il fallait parfois changer d'air pour se ressourcer un peu. C'était du moins la bonne résolution que Jay venait de prendre : essayer de positiver ! Certes son patron venait de le faire chier, mais il gagnait l'occasion de passer une journée en solitaire ! La dernière fois qu'il s'était baladé tout seul, les choses avaient bien tourné : il était tombé sur une « amie d'enfance » et la soirée avait été bien animée. En matière de bagarre entendons-nous. L'idée que cette journée puisse être une nouvelle occasion de se divertir enjouait étrangement Jay dont l'humeur ne se trouvait pas gâtée par les quelques regards suspicieux qui lui furent lancés alors qu'il se promenait au milieu de la foule.

Il gagna rapidement une zone un peu « à l'écart », située non loin d'un cinéma où une foule s'amassait à l'entrée : signe évident que les séances allaient bien débuter. Bande d'idiots, dépenser leur fric pour enrichir des producteurs qui se foutaient pas mal du public, ces idioties étaient juste bonnes à flatter l'ego des stars qui se sentaient supérieures aux personnes du commun. Le plus ironique c'était certainement que sans public il n'y avait pas de célébrités, mais allez faire comprendre une telle chose à des personnes aussi vaniteuses. Et oui, Jay arrivait à râler sur quasiment tous les sujets ! Inutile de chercher à comprendre comment est-ce qu'il se débrouillait pour être toujours de mauvaise humeur. Mais celle-ci était au beau fixe pour une fois, l'américain s'était appuyé contre un muret et tâtonnait ses poches à la recherche d'une éventuelle cigarette. Il ne fumait pas comme un pompier, juste occasionnellement pour s'occuper les mains et l'esprit. Visiblement il n'avait rien sur lui, mais ce n'est pas ce qui le dérangea le plus. Le matin même il avait glissé son « porte-feuille » plutôt assimilable à une vieille pochette en cuir sale, dans sa poche, sauf qu'elle ne s'y trouvait plus. Lui ? S'être fait voler ? C'était l'hôpital qui se foutait de la charité, mais Jay n'en revenait pas : qui donc aurait osé ?! Se redressant il posa rapidement son regard sur une silhouette qui avait pas mal traînée de son côté, un petit minet dans le genre de Gula et qui pouvait bien être responsable. Pourquoi ? Juste parce que sa gueule ne lui revenait pas ! Sans se faire prier, Jay s'approcha de lui d'un pas bien décidé, envolée la bonne humeur !

« Hey toi là, reste là ! » Le ton était autoritaire, sans se faire prier l'américain abattit sa main sur l'épaule du gars pour le forcer à se retourner et lui faire face. « Rends-moi ce que tu m'as piqué ou ça va mal se passer pour ta gueule ! »

Tout de suite l'agressivité, c'était plus fort que lui, même s'il n'avait absolument aucune preuve de ce qu'il avançait. C'était l'apanage des idiots : ne douter de rien.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 5 Juil 2013 - 23:22 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur


    Il y eut un jour où Sveinn eut envie de tout plaquer, sans même prendre le temps de dire au revoir à quiconque, sans même prendre de bagages, pour aller se réfugier dans un endroit reculé, tel que l'Alaska, où le seul danger qu'il courrait serait de se faire attaquer par un ours polaire sanguinaire raffolant de chair humaine - s'il y en avait. Tout, plutôt que de passer une minute de plus dans cette ville de cinglés qu'était Star City.
    Peut-être possédait-il encore une parcelle de bon sens, ou bien s'était-il rendu compte qu'il n'avait pas assez d'argent pour se payer un billet d'avion. Quelque fût sa raison, Sveinn ne partit pas ce jour-là.

    En fin de semaine, sa mère fêterait son anniversaire. Chaque année, Sveinn y pensait. Il ne pouvait s'en empêcher, pas plus qu'il ne parvenait à s'arrêter de respirer. À cette occasion, Sveinn ressentait toujours un curieux mélange de culpabilité et de soulagement. Un bon fils serait resté près de sa mère et ne l'aurait certainement pas laissée sans nouvelles depuis si longtemps. Peut-être avait-il commencé à développer une phobie du téléphone, à force de ne jamais l'appeler. Mais Sveinn savait qu'il avait fait le bon choix. Les grimaces qu'elle tentait de cacher pour faire bonne figure, il en avait eu assez eu. Il avait eu raison.
    Sveinn se savait perturbé, mais il n'avait pas remarqué à quel point cela avait rejailli sur les personnes qui le croisaient. Fort heureusement pour lui, il bénéficiait d'une journée de congé qu'il avait décidé à passer en ville afin de chercher un cadeau pour sa mère. Sveinn s'était dit que cette année, il lui enverrait quelque chose. Il ne voulait surtout pas que sa mère le crût mort, voilà pourquoi il marquait le coup. Il avait tenté des dizaines de boutiques différentes, allant de la décoration aux livres en passant par les petits bazars, sans rien trouver de convenable dans son budget.  Sveinn avait du mal à trouver quelque chose susceptible de lui plaire, et c'était avec malaise qu'il s'était rendu compte qu'il n'avait aucune idée de ce qu'aimait vraiment une femme qu'il considérait pourtant comme la plus importante de sa vie. L'Islandais avait reposé tous les objets, dépité. Il n'avait pas remarqué que de nombreuses personnes commençait à avoir mal à la tête ou aux articulations, et un vendeur qui avait un peu trop insisté auprès de lui avait développé une migraine. Sveinn ne faisait pas le lien entre ce qui se passait et ce qu'il était réellement.
    Il consulta sa montre afin de vérifier qu'il lui restait encore du temps pour tenter d'autres boutiques. L'heure du goûter approchait tant que Sveinn calcula qu'il allait devoir s'en passer, quoiqu'il fît. Cela le dérangeait un peu : son estomac était encore calme, mais crierait bientôt famine, sans compter le fait qu'il ressentait le besoin de se remplumer, puisque son travail avait un peu trop affiné sa silhouette, le rendant squelettique à ses yeux. Son humeur n'en fut pas arrangée.

    À l'heure du crime, Sveinn avait déjà abandonné ses recherches désespérées. Il avait compris qu'il était trop négatif pour faire quelque chose d'utile. Le cinéma était apparu là, comme par magie, bien que le bâtiment eût été bâti bien avant la naissance de Sveinn à cet endroit précis. Avec surprise, le jeune homme se demanda depuis combien de temps il n'avait plus mis les pieds dans un endroit pareil. Cela datait sans doute de l'époque où il était encore chez ses parents, car il n'avait pas souvenir d'avoir vu un film en anglais ici. Poursuivant ses réflexions, Sveinn aborda la question capitale de ses loisirs... ou de ce qu'on pouvait considérer comme tel. Il se rendit compte qu'il sortait très peu, non parce qu'il n'en avait pas envie, mais parce qu'il avait conservé ses vieilles habitudes de sans-abri qui le poussaient à se soustraire à la plupart des distractions. Il n'avait que très peu d'amis, et aucun de son ami ; quant à celui qui aurait pu être son meilleur ami, il se demandait toujours s'il accepterait de le revoir un jour. Sveinn était trop solitaire, et c'était sans doute pour cette raison qu'il préférait passer son temps devant les écrans ou une pelote de laine. Quand il sortait, le poids du passé venait toujours le trouver et assombrissait son humeur comme un nuage noir de pluie.
    Restait à savoir si Sveinn allait se laisser tenter par une séance. Il n'avait qu'une vague idée des films à l'affiche, qu'il se souvenait avoir vus brièvement sur le net. Le seul argent qu'il possédait était destiné à sa mère et, par égoïsme, il aurait pu le dépenser pour son plaisir personnel. Bien souvent, ce dilemme s'était posé à Sveinn, durant ses premiers mois à Star City. La nécessité l'avait souvent emportée. Et aujourd'hui ? L'argent lui brûlait les doigts, mais Sveinn ne savait pas s'il lui commandait de le dépenser ou non. Énervé par cette tentation malvenue, l'Islandais décréta mentalement qu'il était en état de réduire en charpie quiconque s'en prendrait à lui.
    Mais la main qui appuya sur son épaule, après une apostrophe rapide qu'il ne lui avait pas cru destinée, détrompa cette pensée.

    Il fallut quelques secondes à Sveinn pour comprendre qu'il se faisait agresser par un fou dangereux qui lui reprochait quelque chose qu'il n'avait pas commis. Au lieu d'être prêt à se battre, le cœur du jeune homme battait la surprise et la peur. Le type qui venait de l'empoigner n'avait pas l'air très commode, ce qui inquiétait beaucoup Sveinn : si l'inconnu le voulait, il pourrait très certainement l'abattre par simple fantaisie. Les témoins ne l'arrêteraient pas et tout ce qu'il récolterait dans cette histoire, ce serait une balle dans le crâne, si l'homme choisissait une mort rapide. L'Islandais aurait voulu s'enfuir, mais la poigne de l'inconnu était trop forte, sans compter qu'il ne devait pas être du genre à laisser s'enfuir sa proie. Les yeux écarquillés par la peur lorsque la surprise disparut, Sveinn ne se sentit pas plus rassuré d'avoir compris qu'il ne s'agissait que d'une méprise.
    « Mais je ne vous ai rien volé, je vous jure ! » débita Sveinn à toute vitesse, en se disant que cela ne suffirait pas à le disculper.
    L'autre n'avait pas l'air de plaisanter. Il devait s'attendre à ce que sa victime démentît d'emblée avoir commis un vol. Malheureusement, Sveinn n'était pas très rapide lorsqu'il s'agissait de se sortir de situations de ce genre. Il avait beau se remuer la cervelle, il avait l'impression de brasser du vide. Il regrettait de ne pas connaître le moyen de faire sortir à cette brute l'idée implantée dans sa tête.
    « D'ailleurs, pas la peine d'être violent, hein ? J'en aurais fait quoi, de votre truc ? Je ne l'ai pas, foutez-vous ça dans le crâne ! »
    Sveinn désigna ses poches, vides en dehors de son argent et de ses papiers pour prouver sa bonne foi. Puis une peur glacée commença par lui remonter le dos. Était-il stupide de provoquer ainsi un fou furieux ? Sveinn n'avait pas réfléchi à ses propos et commençait déjà à le regretter. Il se serait peint une cible sur le front qu'il ne se serait pas senti plus vulnérable. Mais déjà, une autre idée prenait forme dans son esprit... et si c'était lui, le voleur ?
    Inquiet, Sveinn se mit à fouiller dans ses poches pour vérifier que tout y était bien en place.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Sam 6 Juil 2013 - 15:29 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Lorsque Jay décidait de s'en prendre à quelqu'un, il ne fallait pas grand-chose pour l'énerver. En réalité, même s’il avait jeté son dévolu sur ce gars-là, il n'aurait pas agi différemment face à quelqu'un d'autre. Le texan n'était pas un homme très compliqué : lorsqu'il était énervé, il se défoulait sur la première personne irritable qui passait à portée de main, coupable ou non ! Même si le minet lui prouvait par A + B qu'il ne pouvait pas être responsable de ce dont Jay l'accusait, ce dernier s'en moquerait éperdument. C'était l'avantage d'être la grosse brute sans cervelle et pas l'intellectuel : personne n'osait vous contredire et vous vous fichiez pas mal d'avoir totalement tort. Le mieux dans ces cas était de ne pas avoir une tête à énerver les gens. Du coup à agacer Jay. Manque de bol pour le gars qu'il venait « d'aborder », celui-ci ressemblait beaucoup à Gula avec sa gueule de jeune premier, de chouchou des filles – et des mecs certainement, un comble – et dieu savait à quel point Jay ne s'entendait pas avec cet homme. C'était donc en raison d'une malheureuse ressemblance que le gamin allait passer un sale quart d'heure. Enfin gamin, il avait tout de même l'air assez âgé, mais pour Jay tout ce qui avait une tronche d'ado pré-pubère était assimilable à un gamin. Cela dit, même si l'américain était un homme relativement impulsif et violent, il ne frappait jamais personne dans des lieux publics et ne tuait pas sans bonne raison – à comprendre pour une mission ou un combat du Circus.

Le gars commença par se défendre d'une manière plutôt... pitoyable. Même Jay aurait fait mieux, c'était dire ! Alors que celui-ci s'apprêtait à lui rebattre le caquet, le gamin enchaîna pour lui balancer qu'il n'était pas obligé d'être violent. Pas obligé ? Allez dire ça à quelqu'un qui passait son temps à agir de manière brutale, ce serait comme de demander à un génie de ne pas réfléchir pendant une journée : impossible. Au lieu de l'apaiser, ces déclarations ne firent que renforcer l'irritation du trentenaire qui raffermit sa prise sur l'épaule du minet, quitte à lui faire mal, peu lui chalait. Au final lorsque l'autre commença à chercher dans ses poches comme pour vérifier quelque chose, Jay décida de prendre les choses en main à sa manière.

« C'est ça ! Fous-toi de ma gueule, tu me prends pour un demeuré ou quoi ? » Ce n'était pas très difficile dans un sens, il était clair que Jay ne sortait pas d'Harvard avec un diplôme en poche. « Tu crois que je sais pas comment vous agissez ? Tu serais sacrément con si tu gardais ce que t'as tiré sur toi, tu l'as juste refilé à quelqu'un. » Il savait bien comment est-ce que ce système fonctionnait et pour cause, il agissait de la sorte avec ses frères. Mais déclarer une telle chose pour étayer ses dires n'était pas forcément une excellente idée. « Et me fais pas la leçon, me dire de pas être violent c'est le meilleur moyen pour que je t'arrange le portrait. » Et comme pour montrer qu'il était sérieux, Jay le secoua légèrement. En fin de compte, il s'amusait plutôt bien. « Parle-moi encore une seule fois comme ça et tu bouffes de la soupe pendant le mois à venir. » Menace en l'air ou non ? Souriant légèrement, il ajouta quelques mots. « Ça te fera pas de mal vu comme t'es gringalet. »

Ce n'était pas forcément très fin comme déclaration il fallait l'avouer, mais Jay ne pouvait pas tenir plus longtemps face à un gars avec une telle dégaine. C'était plus fort que lui, même si ce gars ne lui avait peut-être rien volé – même s'il n'en était pas certain – rien que sa manière de parler invitait Jay à venir lui montrer qu'il valait mieux fermer sa gueule dans certains cas. Dans un sens, c'était un comportement assez idiot, pour ne pas dire inutile : le texan passait ses nerfs sur le gamin qui ne lui avait rien fait, mais peut-être qu'il avait simplement oublié son porte-feuille ailleurs ? Rien ne lui prouvait que c'était ce type le responsable, il se trouvait certainement au mauvais endroit au mauvais moment. Les petits minets dans son genre ne s'en prenaient pas à des brutes comme Jay, pourtant ce dernier n'en démordait pas. Au pire, s'il passait ses nerfs sur lui il rentrerait de meilleure humeur et vu que la culpabilité ne l'étouffait pas, il ne s'en voudrait pas d'avoir corrigé un gamin innocent.
Parce que oui, dans son esprit ce serait forcément lui qui corrigerait le minet et pas le contraire. Question de logique.

Pourtant, décidé à faire preuve de « compassion », Jay lâcha quelques mots à l'attention du gamin, même s'ils apparaissaient hostiles ils étaient en réalité relativement bienveillants. Pour quelqu'un comme l'américain du moins, tout était question de point de vue.

« Je te laisse une chance de me dire la vérité, sinon ça va mal finir. »

Peut-être qu'au final, le mieux restait de lui mentir vu qu'il apparaissait clair qu'il n'en démordrait pas. Parfois le fait de mentir était le plus prudent pour ne pas finir la journée à l'hôpital.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Dim 7 Juil 2013 - 22:57 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

    Il devait y avoir un asile quelque part dans le coin. Ce devait être la seule explication logique pouvant expliquer qu'un type pareil pût se promener en liberté dans les rues bien famées d'une si jolie ville. Il serait étrange d'y placer justement un asile, mais Sveinn ne voyait pas d'autre solution : cet homme devait s'échapper d'un hôpital psychiatrique. Il n'aurait su dire si celui-ci avait une lueur de folie dans les yeux, puisque l'Islandais n'osait pas le regarder trop fixement, par peur de le provoquer plus que nécessaire. Cependant, sa façon de parler, de se mouvoir ainsi que son comportement indiquaient clairement que Sveinn avait affaire à une personne qui aurait dû être enfermée.
    Que fallait-il faire, dans ces cas-là ? Sveinn ne s'en souvenait plus vraiment. Paradoxalement, le fait de se trouver dans une ville assez dangereuse le faisait relâcher sa vigilance lorsqu'il se trouvait dans des quartiers calmes de la vie quotidienne. Sveinn ne pensait plus qu'aux grandes intrigues entre gangs et organisations de supers, à tel point qu'une petite agression de quartier lui passait par dessus la tête. Il ne comprenait décidément rien à la vie. Heureusement que la plupart des gens étaient gentils et serviables avec lui, car sinon, cela ferait déjà longtemps qu'on l'aurait retrouvé allongé dans un caniveau. Cependant, dans cette situation précise, Sveinn ne pouvait que compter sur lui-même - et l'on a vu ce que ça a donné lorsqu'il a essayé de vivre seul : un désastre. Il espérait avoir plus de chance cette fois-ci.
    Une chose était sûre : lorsqu'un type dangereux pointait le bon de son nez dans une rue marchande, la meilleure chose à faire était de bien s'en éloigner. Malheureusement, Sveinn ne l'avait pas remarqué, sans quoi, à cause de son côté froussard, il se serait promptement détourné du chemin de l'homme fou. Il tenta alors de se rappeler ce qu'il fallait faire en cas d'agression. Il ne s'en souvenait pas. Le bon sens lui dictait qu'il ne devait pas donner de motifs au cinglé pour l'attaquer, mais Sveinn avait bien l'impression que celui-ci n'en avait pas besoin pour être violent. Sans doute le plus sage était-il de tenter de le calmer en espérant voir arriver rapidement les hommes de l'asile ou bien la police, tant qu'à faire. Bien sûr. Et tant que tu y es, tu ne veux pas un bunker ultra-sécurisé ?

    Le fou se mit à le secouer, ce qui coupa la parole à Sveinn. Les mouvements brusques auraient pu être plus forts, mais la sensation n'était pas du tout agréable. S'il avait eu l'estomac plus rempli, Sveinn aurait certainement eu la nausée. Au lieu de cela, il se fit simplement mal à la nuque, qui s'était bloquée à cause de la situation stressante. La petite douleur lui arracha un gémissement qui aurait pu passer pour de la peur à l'idée de devoir « bouffer de la soupe pendant le mois à venir » : qu'est-ce que cela signifiait, au juste ? En dehors du fait que cela devait faire très mal, Sveinn manquait d'imagination et d'expérience dans le sujet. Ou du moins, il en savait juste assez pour être certain de ne pas vouloir en arriver à de telles extrémités. En revanche, Sveinn tiqua tout de suite sur le rapport fait entre la soupe et sa propre corpulence, puisque c'était un domaine de pensée auquel il était plus habitué. Comment cet homme voulait-il qu'il se remplumât s'il ne devait manger que de la soupe ? Assurément, la double impression de Sveinn se confirma : cet homme était bien un fou et un criminel. Évidemment, ça n'aurait pu être l'un ou l'autre.
    « Mais... » commença Sveinn en manquant cruellement d'éloquence.
    Avant de se taire en se rendant compte que, s'il avait bel et bien envie de démentir le fou, il ne savait pas du tout comment faire. Il se rappela la règle numéro : ne pas énerver un fou, et coupa donc net à ses protestations véhémentes. Elles seraient inutiles, puisque l'autre ne l'écoutait qu'à moitié, ne retenant que ce qui lui plaisait.
    Se faisant plus hostile, le fou le relança encore. Sveinn en fut plus effrayé, car il paraissait plus implacable qu'avant. À ce qui paraît, les personnes les plus calmes sont les plus dangereuses, et Sveinn s'estimait assez chanceux pour avoir réussi à tomber sur une de ces personnes. Sans aller jusque là, cette façon de poser un ultimatum ne plaisait pas du tout au jeune homme qui, toujours plus tendu, commença à se concentrer un peu trop sur sa survie. Une pointe de pouvoir se mit à lui tirailler l'esprit pendant qu'il lui criait mentalement de s'en aller, qu'il n'avait pas besoin d'agresser cet homme. Si ce dernier s'en rendait compte... il n'aurait même plus de tête pour manger une soupe.
    Pour se calmer, mais aussi pour calmer l'homme, tout en masquant le fait qu'il était terrorisé, Sveinn fit l'effort de prendre un ton don.
    « Je vous ai dit la vérité, vous savez ? »
    Regrettant de n'avoir ni saint ni dieu à prier pour être vite débarrassé de l'agresseur, Sveinn sentit son cœur battre encore plus fort en se disant que l'autre allait devenir violent d'une minute à l'autre. Ses pensées s'emballèrent : je ne veux pas mourir, ce type est fou, je suis malade de rester aussi prêt de ce gars, pourquoi je ne m'enfuis pas, il ne pourrait pas me lâcher un peu...
    L'avantage de ce flot de pensée est qu'il en ressortait quelques bonnes idées - en appliquant à « bonnes » une valeur toute relative, puisque ce qui était bien pour Sveinn ne semblait pas l'être pour cet homme. Il pencha donc pour une approche un peu plus logique :
    « D'ailleurs, on peut reprendre votre parcours, non ? Je ne sais pas ce que vous avez perdu, ou si on vous l'a volé, mais déjà.. quand est-ce que vous l'avez vu pour la dernière fois ? Vous étiez sûr de l'avoir il y a une heure, par exemple ? Moi, je n'étais pas là il y a une heure. »
    Sveinn avait rarement parlé aussi rapidement. Pratiquer l'anglais quotidiennement l'avait beaucoup aidé dans sa diction, mais en général, il était toujours un peu hésitant, comme s'il tenait absolument à sortir une phrase parfaite qu'on pourrait retrouver dans un beau dictionnaire bien relié à un prix si exorbitant qu'il n'aurait jamais les moyens de se l'acheter. Comme quoi, la peur donne des ailes.
    Toujours par peur de se prendre un coup s'il laissait la parole vite trop longtemps, Sveinn continua dans sa lancée.
    « Je vous jure que je suis prêt à retrouver votre... truc. » affirma-t-il pour tenter de tempérer le fou.
    Puis il se demanda ce qu'il faisait. Sveinn ne trouvait pas grande logique à ce qu'il faisait. Il ignorait totalement le but qu'il se fixait en proposant de l'aide à quelqu'un qui, après tout, semblait près à le passer à tabac pour seulement calmer ses nerfs. Si seulement le monstre de Sveinn ne daignait pas faire son apparition, il s'en sortirait peut-être.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Lun 8 Juil 2013 - 15:13 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Le minet n'avait pas l'air rassuré, c'était un fait ! Ce n'était pas Jay qui allait s'en plaindre : en général lorsque les gens flippaient, ils avaient moins tendance à la ramener. Il scruta rapidement le gamin, est-ce qu'il était plutôt du genre à s'écrouler par terre ou s'évanouir, ou alors à essayer de se débattre pour s'en-aller ? Bonne question, l'américain allait bientôt pouvoir le savoir. L'espace d'un instant, en voyant la manière dont le minet réagissait, le texan songea qu'il risquait encore de se mettre à chialer en plein milieu de la foule. Et s'il le faisait ? Bordel, Jay avait beau avoir une bonne expérience en matière « d'agressions », il n'était encore jamais tombé sur quelqu'un qui avait eu l'audace – ou la stupidité – d'agir de la sorte. Pour être franc, le trentenaire n'avait pas franchement envie d'expérimenter cette possibilité, il préférait encore le voir s'évanouir le temps de lui faire les poches.

La voix du petit minet le tira de ses pensées, il lui lâcha une fois de plus qu'il lui disait la vérité et pour être franc, Jay le croyait sur parole. Mais il ne pouvait plus faire machine arrière. Ce n'était pas une question de fierté ou quelque chose de ce genre, non, c'était simplement l'envie de pouvoir emmerder un gamin certainement tout droit sorti d'une bonne petite famille. Le côté « délicat » du malheureux éveillait son besoin de lui refaire le portrait, même s’il ne s'était pas encore décidé quant à cette possibilité. Peut-être qu'il allait simplement l'emmerder un peu et le laisser s'envoler en fin de compte, tout dépendrait de sa motivation du moment.

Ce fut à ce moment que le gamin avança une idée qui était loin d'être idiote. Refaire le chemin en sens inverse pour vérifier qu'il n'avait rien paumé sur le chemin. Est-ce qu'il se souvenait de l'avoir eu en main récemment ? Autant être honnête : Jay avait surtout l'impression qu'il avait bel et bien oublié son porte-feuille chez lui, mais ce n'était pas maintenant qu'il allait avouer cela. Bizarrement, cette « gentillesse » ne fit que l'énerver encore davantage, au final lorsque le minet lui avait parlé comme à un demeuré c'était plus acceptable : au moins ça, il en avait l'habitude ! Arborant une expression qui montrait clairement que la tournure des événements avait le don de l'emmerder, le texan agita sa main libre d'un geste presque agressif, mais simplement destiné à imposer le silence à son comparse.

« Ça va ! Tu vas pas te mettre à chialer ou à te pisser dessus, nan ? »

C'était toujours étrange, Jay appréciait de voir qu'il faisait son petit effet sur les autres, qu'il les effrayait et les inquiétait, mais dès qu'ils restaient plus de dix secondes dans cet état, le trentenaire s'énervait aussitôt : il ne supportait pas les manifestations de faiblesse. Pourtant, il y avait fort à parier que si le minet n'avait pas réagi comme il le faisait à ce moment, le combattant se serait aussi énervé. Pour résumer la situation : Jay était un individu qui s'énervait en permanence, il était incapable de prendre les choses de manière relative.
Il lâcha un sourire agacé, mais sans retirer sa main de l'épaule du minet dont il ne connaissait toujours pas le nom d'ailleurs.

« Bien sûr que je l'avais, sinon tu crois peut-être que je réagirais que maintenant ? Tu me prends pour un demeuré ou quoi ? » Il appuya sa question d'une légère secousse, encore une fois. « Et qu'est-ce qui me dit que t'essaye pas simplement de m'attirer vers tes potes pour me tirer le reste de mes affaires ? »

Parce qu'il n'avait que de la merde sur lui ? Parce qu'il n'avait pas vraiment la gueule du mec qu'on arnaque et le minet la tronche de celui qui arnaque ? Tellement de possibilités que Jay refusait de voir.

« On va voir ça. » Appuyant ses dires d'un geste, le trentenaire força le minet à se retourner avant de le pousser d'une tape – assez forte – dans le dos. « N'essaye pas de te barrer ou ça va mal se passer. » Il n'en dit pas davantage, si le gamin décidait de filer il n'arriverait peut-être pas à le retenir en vérité. « On va remonter la rue et si t'es foutu de ma gueule, je crois qu'on va avoir de quoi discuter tous les deux. »

C'était toujours aussi amusant de contrarier les jeunes dans ce genre. C'était un peu comme avec ces garces qui se sentaient au-dessus du lot et le regardaient comme le dernier des crétins parce qu'il n'avait pas la tronche et la dégaine des petits minets qu'elles chérissaient. Tous ces cons lui donnaient envie de vomir. Mais visiblement l'étrangeté de leur duo ne manqua pas d'être remarquée, en jetant un coup d’œil sur le côté, Jay vit qu'un groupe de quelques adultes – trois hommes et deux femmes – les dévisageaient. Il soupira détournant son attention d'eux en espérant que cela suffirait à régler le problème, mais ce ne fut pas le cas. Malheureusement. Alors que Jay poussait le gamin devant lui, quelqu'un les interpella, mais le trentenaire ne ralentit pas. Il fallut que les trois types d'avant viennent se planter devant eux, au pas de course je vous prie, pour que le combattant arrête de marcher. Posant ses yeux sur le minet, celui qui semblait être le plus âgé s'adressa à lui.

« Tu as un problème mon garçon ? »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mar 9 Juil 2013 - 21:39 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

    Une phrase revint dans son esprit, appelée depuis les gouffres de sa mémoire par la situation insolite : si tu crois que tu es en enfer, demande-toi ce que tu as fait pour y arriver. Sveinn l'avait associé à la voix de sa grand-mère paternelle, même si, à la réflexion, sa mère devait répéter cette phrase bien plus souvent. Il s'agissait d'une sorte de leitmotiv qu'elle exhibait devant lui à chaque fois qu'il croyait devenir fou, durant les premiers mois où il avait découvert son monstre. C'était devenu un point focal, en quelque sorte, même s'il n'y reconnaissait jamais la voix de sa mère. Puis Sveinn s'était mis à la laine et il n'en avait plus eu besoin. La phrase avait été perdue et il était amusant de penser aux circonstances qui avaient permis de l'exhumer... ou du moins, cela aurait été amusant, si Sveinn justement n'avait pas l'impression d'une épée de Damoclès suspendu au dessus de la tête.
    L'enfer... ce pouvait être un beau nom pour cette ville si joyeuse et si triste. Sveinn n'avait jamais été autant agressé nulle part ailleurs. Il avait découvert un autre type de peur, celle relative au danger pesant sur la vie, mais aussi la trahison, la solitude, la mort... autant d'expériences désagréables qui pouvaient lui occulter le fait que la vie quotidienne n'était pas forcément si cruelle avec lui. Il passait parfois de bons moments, et avait découvert des facettes de générosité qu'il ignorait totalement. Quel faible acquis, face à toutes les horreurs qu'il avait l'impression d'avoir contemplé.
    Persuadé d'être perdu dans un enfer moderne duquel il ne pourrait jamais s'échapper, Sveinn se demandait si la meilleure des solutions ne serait pas, un jour, de se laisser aller et de se faire bien gentiment tuer quand il aurait l'occasion. Une balle lui conviendrait très bien : il ne verrait pas son agresseur, il aurait mal, mais ça serait rapide, du moins, il le croyait. Une mort comme ça mettrait un terme à sa vie bien malheureuse et résoudrait tous ses problèmes... Malheureusement, tandis que Sveinn tentait vainement de calculer les probabilités de sortir vivant de cet affrontement, il les trouvait trop élevées, car il y avait fort à parier que le fou avait plus l'intention de l'effrayer que de le tuer. Au pire des cas, Sveinn se ferait ruer de coups, ce qui lui faisait peur, car il pouvait en réchapper et, dans le cas inverse, la mort serait bien trop lente à venir à son goût.
    Allait-il pleurer ? Bonne question que lui posait le fou. Dans celle-ci, il n'y avait pas de réelle compassion, comme s'il cherchait plus à reprendre la parole qu'à vraiment le rassurer, même si... la perspective de voir Sveinn pleurer semblait l'exaspérer. Quelques mois plus tôt, Sveinn aurait sans doute tout fait pour contrecarrer cette réaction, pour se prouver qu'il était un homme, après tout. Désormais, cela ne lui venait même plus en tête, preuve qu'il était éprouvé par le temps. La peur, cette fidèle compagne, ne le quittait jamais. Tout le reste, en revanche... dire qu'il était incapable de changer en bien !
    Et l'autre fou qui était toujours avec ses histoires de complices cachés... il devrait apprendre à changer de disques, lui aussi. Finalement, chacun d'entre eux avait un gros problème à régler.
    « J'ai pas de potes. » répliqua Sveinn d'un ton amer qui faisait passer ce fait pour la meilleure raison du monde.
    Après tout, si avoir des potes, cela signifiait traîner avec quelqu'un qui était très certainement corrompu par le pouvoir, Sveinn ne risquait pas de trouver son bonheur ici-même. Il se montrait toujours suspicieux envers toute personne s'approchant de lui, depuis qu'il avait été trahi par Narcyz. Et lorsqu'il n'était pas en train de chercher la moindre trace de pouvoir chez tout le monde, il suffisait à Sveinn d'entendre quelqu'un se plaindre de douleurs quelconques pour qu'il se mît à culpabiliser. Tout compte fait, Sveinn semblait ne jamais pouvoir être heureux nulle part dans le monde. Réflexion faite, il était bien en ville. Au moins, ceux qui subissaient les effets secondaires du monstre avaient déjà eux-mêmes quelque chose à se reprocher, le fou en premier, même s'il ne leur souhaitait jamais de mal.
    Mais Sveinn n'eut pas le temps de s'apitoyer sur son sort. Déjà, le fou le poussait en avant, visiblement décidé à suivre les conseils de Sveinn. La tape dans le dos fit tousser le jeune homme, qui en oublia presque de respirer, mais cela ne l'empêcha de mettre un pied devant l'autre pour éviter de se faire lamentablement traîner devant une foule de passants. Malgré tout, Sveinn trouva que c'était déjà une bonne nouvelle : le fou était capable de prendre en compte ce qu'il disait, il avait donc au minimum une lueur de raison. Cette maigre consolation calma un peu Sveinn, même si en prenant la route avec son agresseur, il ne se sentait pas en sécurité pour autant.
    Étrange l'impression que cet homme lui faisait. Bien que le fou ne le menaçât avec aucune arme visible, il semblait aussi douloureusement dangereux qu'un garde armé et baraqué. Pouvait-il lui briser la nuque par la simple force de ses mains ? Sveinn avait entendu dire qu'il était difficile d'avoir la force nécessaire, mais il n'était pas sans savoir que certains à Star City devaient l'avoir... il repensa à sa rencontre avec ce traitre de Colin, et à la façon qu'il avait eu de le pousser comme s'il était aussi léger qu'une brindille. L'Islandais commença à se sentir vraiment mal à l'aise, et seule la perspective de « discuter » s'ils ne retrouvaient pas le foutu objet perdu permettait à Sveinn de se dire qu'il allait avoir le droit à un peu de répit.

    Les regards que jetaient les passants mettaient Sveinn en colère. Ils semblaient s'interroger sur les deux personnages mal assortis qui avançaient devant eux, dont l'un avait manifestement l'air d'un condamné sur le chemin de la mort tandis que l'autre était certainement capable de faire peur à un lion. Pourtant, ils restaient là, dans leur coin, sans rien faire pour l'aider. Pour une fois, Sveinn rêva de super-héros. Ils lui pourrissaient la vie sans le savoir en se pavanant avec leurs supers-pouvoirs et en se targuant d'être les plus nobles des hommes, mais quand on avait besoin d'eux, personne ne venait. Sveinn aurait même accueilli très chaleureusement Narcyz s'il apparaissait comme par magie pour le sauver, oubliant par la même occasion à quel point il lui en voulait.
    Peut-être ses semblants de prière mentale avaient-ils été entendus, car bientôt, des individus commencèrent à s'approcher d'eux. À leur manière coordonnée d'agir, nul doute que ce ne devaient être de simples citoyens comme Sveinn. À tout le moins avaient-ils l'habitude de combattre en règle. Restait à savoir s'il s'agissait de gentils ou de méchants. Dans les deux cas, cela ne satisfaisait pas Sveinn, qui venait de retourner sa veste. Alors que quelques secondes plus tôt, il aurait accueilli en sauveur n'importe quel super, pas forcément un héros d'ailleurs, qui l'aurait aidé à se débarrasser du fou, Sveinn pestait désormais contre ces supers qui se mêlaient de ce qui ne les regardaient pas et qui faisaient passer des gens comme lui pour des imbéciles. Voilà pourquoi Sveinn devenait la victime de gens comme l'inconnu : comme il n'était pas super, il devait forcément être victime.
    Tiraillé entre deux sentiments contraires, Sveinn n'osa pas répondre tout de suite lorsqu'un des trois hommes postés devant eux lui demanda s'il avait un problème. Manifestement, le jeune homme semblait gêné parce qu'il ne savait pas s'il voulait être envie. Ou plus exactement : Sveinn rêvait d'être sauvé, mais quelque chose en lui se rebellait contre cette idée. Une petite part de fierté, peut-être.
    Cependant, Sveinn hésitait encore à se livrer à trois illustres inconnus, et ce pour la simple et bonne raison qu'il ignorait tout de leurs motivations. En effet, il ignorait totalement ce qu'ils comptaient faire de lui. Étant donné que les héros et les vilains entraient plus ou moins dans le même sac pour lui, Sveinn ne savait pas s'il devait affronter sa peur de l'inconnu. Qu'allaient faire ces hommes s'il désignait le fou comme le méchant ? Tirer sur la foule et faire des morts ? Il ne devait pas le permettre, même s'il ne savait pas ce qu'il comptait faire s'il les laissait partir. Sveinn ne voulait surtout pas être à l'origine d'une bagarre quelconque et décida qu'il valait mieux essayer de tempérer les choses. Ses chances de succès étaient minces, puisqu'il était vraiment terrifié.
    Alors que celui qui avait parlé était sur le point de répéter la question et lui lançait un regard signifiant qu'il se demandait si Sveinn était un simple d'esprit, ce dernier prit son courage à deux mains.
    « Euh... je ne sais pas. »
    Nul doute qu'il devrait recevoir un prix pour son éloquence. Mais au moins avait-il réussi à aligner ces quelques mots sans pauses excessives ni sans faire trembler sa voix. Cet exploit apaisa Sveinn et lui donna la force de continuer. Et cela valait mieux, car le nouveau venu était un peu désarçonné par l'aveu de Sveinn ; après tout, quand on est en danger, on le sent, non ?
    « En fait, ce n'est pas moi qui ai un problème, c'est lui ! » dit-il en désignant le fou qu'il trouvait trop proche de lui.
    Sveinn détestait la façon dont sa voix trahissait sa peur, mais que pouvait-il y faire. Arquant le dos pour se mettre un peu à distance de son agresseur, l'Islandais adopta un grand sourire forcé, comme pour calmer les esprits.
    « D'ailleurs, il se fait tard, vous devriez l'aider à ma place, non ? Ce n'est pas ce que vous vouliez faire, d'ailleurs ? »
    Il s'apprêta à prendre la poudre d'escampette.

 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 10 Juil 2013 - 14:22 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Cette histoire commençait à lui porter sur les nerfs. Sérieusement. Ce type avait l'air aussi passif qu'une larve, s'en était à se demander comment est-ce qu'il avait réussi à survivre jusqu'à aujourd'hui sans se faire bouffer par les autres. Les gens aussi « inutiles » avaient le don de le débecter, il en avait presque la nausée ! Jay lui décrocha d'ailleurs un regard lourd de sens lorsque le minet commença par dire qu'il n'en savait rien. Même pas capable de répondre à une question aussi simple. Levant les yeux au ciel, le trentenaire songea que même si cette perspective lui aurait compliquée la tâche, il aurait tout de même préféré que ce gamin soit capable de le dénoncer, il aurait au moins fait preuve d'un minimum de caractère. Mais non, même pas !

Jay s'apprêtait à le balancer dans les bras d'un des mecs BCBG, il apparaissait clair que ce minet n'avait pas le caractère nécessaire pour voler quelque chose à quelqu'un ! Cependant, il ne le fit pas. Ce fut juste au même moment que le gamin commença à s'énerver en lâchant le fait que c'était lui le problème. Un problème ? Pour qui est-ce qu'il se prenait ce jeune crétin ? L'irritation de Jay fit un pic alors qu'il se demandait si finalement, il ne ferait pas mieux de s'occuper immédiatement de ce petit jeune à la langue trop pendue. Caractère versatile oblige. Mais pas en public, pas devant des témoins qui pourraient le dénoncer auprès des flics, il valait mieux la jouer un peu plus finement, si du moins il en était possible. Remarquant que le gamin était prêt à détaler, le texan tendit la main pour l'attraper une fois de plus par l'épaule afin de l'obliger à rester dans le coin, puis il tourna la tête vers le trio pour leur balancer quelques mensonges pas forcément très fins.

« C'est mon frangin, vous n'avez pas autre chose à faire que venir nous emmerder ? » Ils n'avaient absolument aucune ressemblance, mais rien ne prouvait qu'il ne disait pas la vérité ! « Il a essayé de se faire la belle pour aller rendre visite à sa copine. » Histoire de s'assurer que le minet n'allait pas lâcher d'énormité, Jay le secoua légèrement, du moins selon ses critères, avec ceux du gamin c'était peut-être autre chose. « Maintenant mêlez-vous de vos affaires et lâchez-nous. »

Visiblement ce mensonge semblait avoir pris de court les trois imbéciles, car ils restèrent immobiles, la bouche ouverte sans vraiment savoir quoi répondre. Histoire de ne pas se soucier d'eux plus longtemps, Jay raffermit sa prise sur le minet – et tant pis s'il lui faisait mal – avant de l'entraîner derrière lui sans aucune douceur. N'étant pas d'une nature particulièrement patiente, le texan avait pour habitude d'expédier les choses avec rapidité et le simple fait que cette affaire de porte-feuille volé puisse durer aussi longtemps l'ennuyait profondément. Alors qu'il s'éloignant, le trentenaire entendit bien les trois hommes l'interpeller au loin, mais il ne s'arrêta pas et continua son chemin d'un pas décidé. Ce ne fut que lorsqu'ils avaient enfin mis une bonne distance entre eux et les inopportuns – à comprendre une cinquantaine de mètres – que Jay ralentit l'allure pour pousser une fois de plus le minet devant lui. Qu'il tente donc de s'enfuir et il allait voir ce qui se passait lorsqu'il était réellement énervé.

« T'avise pas de te faire la malle ! » Pourquoi ? Parce qu'il allait lui courir après ? Oh, le gamin pourrait certainement s'échapper sans que l'autre ne le rattrape, mais le ton employé devait suffire à le dissuader d'agir de la sorte. « T'aurais dû me balancer lorsque t'en as eu l'occasion, t'es vraiment con ou c'est juste que t'as des envies suicidaires ? » La délicatesse à l'état pur comme toujours. « Par là. »

Le « là » désignait une ruelle comme il en existait tant en ville : jonchée de caisses et de poubelles et qui servait surtout à relier une autre rue principale. Le type d'endroit où généralement l'on traînait uniquement en bande entre individus peu recommandables. Le trentenaire s'assure que le minet s'y rendait bien avant de jeter un coup d’œil aux alentours. Il venait souvent dans ce type d'endroits parce que c'était beaucoup plus tranquille que dans les rues passantes, ils venaient de le voir d'ailleurs. Après quelques pas une fois qu'ils furent en partie isolés, Jay s'arrêta.

« C'est pas chiant d'être aussi trouillard que toi ? C'est à se demander comment t'as fait pour rester en vie jusqu'à maintenant vu comme t'as l'air incapable de bouger ton cul sans être menacé. Ça doit être chiant d'être à ta place. »

Simple provocation, le porte-feuille était presque oublié, finalement il préférait s'amuser un peu. À sa manière, même s'il risquait de s'en lasser aussi rapidement qu'il s'en amusait actuellement. C'était l'avantage de ne pas avoir grand-chose à faire : vous pouviez être à l'écoute de vos envies !
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 10 Juil 2013 - 18:10 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

    Sveinn se fit une note mentale à destination de lui-même : il devait vraiment travailler ses réflexes. Incapable de faire deux choses en même temps, Sveinn n'avait pas pensé qu'il aurait pu s'éloigner en même temps qu'il parlait. Il se serait alors retrouvé plus loin du fou, qui n'aurait pas pu le rattraper aussi impitoyablement. Ce type avait une sacrée poigne, et puisque Sveinn n'était pas non plus très fort, celui-ci ne parvint pas à se dégager facilement. Encore une autre chose qu'il aurait dû apprendre à faire. Il désespérait que son éducation comprenait autant de lacunes en matière de survie élémentaire. C'est pourquoi il se tortillait encore lorsque le fou se mit à inventer une histoire de jeune frère amoureux tout en se remettant à le secouer, obligeant Sveinn à abandonner ses efforts pour se libérer s'il ne voulait pas perdre l'équilibre et s'effondrer lamentablement au sol. Cela faisait au moins un élément qui, à défaut de le rendre fier, maintenait en quelque sorte un semblant de dignité.
    Sveinn aurait voulu répliquer qu'il n'avait rien à voir avec cet homme, dont il ne connaissait pas le nom et qu'il n'avait jamais vu avant aujourd'hui, mais les secousses lui donnaient le hoquet. Les prétendus sauveurs devaient être des imbéciles s'ils gobaient une histoire pareille. Le fou n'aurait jamais pu passer pour son frère : ils n'avaient en effet aucun trait commun, des corpulences bien différentes et surtout, l'homme était bien trop âgé pour être son frère. Même sans cela, la troupe des justiciers aurait dû comprendre qu'on ne secouait pas un frère ainsi, même s'il était désobéissant et tapait sur les nerfs de l'aîné. Ils regardèrent donc Sveinn et le fou s'éloigner d'eux avec un air de poisson hors de l'eau. L'Islandais leur en voulait pour leur manque flagrant de discernement, et s'en voulait encore plus, car il avait désormais la confirmation qu'ils ne pouvaient pas être plus dangereux que son agresseur. Après tout, peut-être avait-il eu les sauveurs qu'il méritait, des personnes qui lui ressemblaient bien plus qu'il ne croyait.

    C'était un miracle que son épaule fût encore entière, parce qu'après que la poigne de l'homme se fit plus forte, elle aurait dû être réduite en bouillie. Cela étant, Sveinn n'était pas certain qu'elle s'en sortirait indemne : il aurait très certainement une horrible marque violacée sur l'épaule durant les jours à venir, si l'autre ne décidait pas qu'il était grand temps de lui briser les os. Puisque le fou le traînait derrière lui, l'air excédé, Sveinn ne pouvait toujours pas voir son visage. S'il se retournait pour appeler le trio héroïque, le fou le saurait peut-être et alors adieu son épaule. Quoique, vu le temps de réaction de ceux-ci, il n'était pas certain qu'ils fussent capables de vraiment l'aider.
    Finalement, le fou le lâcha. Le premier réflexe de Sveinn fut de soulever son T-shirt pour regarder les dommages causés par la poigne de fer. L'épaule était bien rouge, mais aucun os ne saillait, ce qui signifiait qu'il était bien entier. C'était au moins une bonne nouvelle. Les mauvaises nouvelles, quant à elles, ne manquaient pas. Le fou ne semblait pas décidé à le laisser partir, comme le laissait voir le ton de sa voix. Réflexion faite, c'était vraiment incroyable de se sentir incapable de s'enfuir par peur de représailles de la part d'un homme qui l'avait pour l'instant laissé entier. C'était bien là tout le problème de la psychologie humaine : bien souvent, l'homme qui avait peur imaginait bien pire que ce que l'homme qui menaçait avait l'intention de faire. Or, Sveinn avait toujours peur, ignorait tout des intentions du fou, mais savait reconnaître une menace lorsqu'il en entendait une. Il s'était donc persuadé que cet inconnu était capable du pire - le tabasser, le couper en rondelles, pourquoi pas le plonger dans un bain d'huile bouillante... toutes sortes de tortures médiévales dont Sveinn avait pu entendre parler durant ses cours d'histoire. Et le fait de ne voir ni couteau ni huile ne faisaient que rendre plus fertile son imagination.
    L'homme commençait à se moquer de lui, à douter de ses facultés mentales et à le considérer comme un suicidaire. Non, Sveinn n'était pas ainsi. Il était simplement bien trop peureux pour son propre bien, au point de ne même pas faire confiance à une personne qui pourrait l'aider. Mais si le fou s'interrogeait vraiment sur sa santé mentale, il lui fit signe d'entrer dans une ruelle adjacente. Même sans expérience, les signaux d'alarme commencèrent à sonner dans sa tête. La dernière fois qu'il était entré dans une ruelle, cela s'était très mal passé. Mais après ce que lui avait dit le fou, Sveinn n'avait pas le courage nécessaire pour se mettre à courir loin de tout, ainsi que le lui soufflait sa raison.

    L'endroit était aussi lugubre que ce à quoi Sveinn s'attendait : plus sombre que la rue qu'ils venaient de quitter à cause de la largeur moins grande, donc plus susceptible de cacher des personnes mal intentionnées et des dangers inattendus. Se pouvait-il qu'il y eût des rats, dans ce taudis ? Sveinn espérait que non, car comme toute personne bien constituée, il n'était pas particulièrement à l'aise avec ces petites bêtes. Il chercha un coin où les rats ne pourraient pas lui grimper dessus. Le fou bloquait l'entrée de la ruelle, évidemment, tandis que Sveinn n'était pas fou au point de s'aventurer trop loin, ou bien de s'engouffrer dans une maison, comme il avait fait l'autre fois.
    Le fou avait envie de le provoquer : il se mit à le traiter de trouillard et à lui rappeler sa lâcheté et son inaction. Bien que ces paroles étaient rigoureusement justes - dire de Sveinn qu'il était trouillard était aussi pertinent que d'affirmer que le soleil se lèverait demain -, cela ne plut pas du tout au jeune homme. Comme la plupart des gens, Sveinn avait du mal à faire face à ses plus grands défauts et refusait de mettre des mots simples et explicites sur sa personnalité. Il avait beau savoir qu'il était mort de peur, il n'était pas prêt à l'avouer. Se faire qualifier de trouillard alors qu'il en était un, c'en était vraiment trop pour lui ! Sveinn détestait encore plus cet homme, à présent que ce dernier lui avait dit ses quatre vérités. Il était bien décidé à prouver qu'il n'avait pas peur, ce qui signifiait lui répondre et risquer son courroux... Au diable la prudence !
    « Ce n'est pas vrai ! grogna d'abord Sveinn, blessé dans son orgueil. De toute façon, vous ne savez rien de la peur, parce que vous vous contentez d'être une brute qui fait peur aux autres ! Alors ce n'est pas que je suis trouillard, c'est juste que n'importe qui aurait peur en se retrouvant face à un fou comme vous ! Vous sortez de l'asile ou quoi ? Vous pourriez foutre les jetons à l'homme le plus courageux du monde ! »
    Et lui de se dire qu'il n'en manquait pas, de courage, à ce moment précis. Sveinn n'avait pas prévu qu'il allait sortir aussi facilement le jugement qu'il portait sur son agresseur. Après tout, l'homme avait sans doute raison : il devait vraiment avoir des pensées suicidaires pour venir chercher refuge dans la ville la plus dangereuse du monde, pour discuter avec un type comme lui alors qu'il rêvait de s'enfuir alors qu'il n'avait pas le cran de le faire.
    « Moi non plus, je n'aimerais pas être à votre place, de toute façon... » conclut Sveinn en haussant les épaules pour masquer le fait que sa voix se faisait tremblante.
    Non seulement Sveinn méritait bien son nom de trouillard, mais en plus cette part orgueilleuse en lui, celle qui le poussait à refuser l'aide des autres, à se sentir supérieur aux supers et à les rejeter, le faisait accomplir des actions inconsidérées.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 10 Juil 2013 - 21:05 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Le gamin était comparable à un roquet, finalement ce n'était pas un minet, mais un petit caniche. Ou plutôt un chihuahua, il avait la tête de l'emploi, il ne lui manquait plus que les yeux globuleux et le crâne rasé pour que la ressemblance soit parfaite ! La manière dont il rétorqua donnait vaguement l'impression que le gamin cherchait à chasser un tigre en agitant la main : il avait plutôt l'air de vouloir s'attirer des emmerdes que de réussir à régler le problème. Bon, autant être honnête : Jay n'avait pas l'intention de le laisser filer quoi qu'il dise. Il pourrait le fils caché – ou même légitime – du maire de Star City que le trentenaire ne changerait pas d'avis. C'était ça que d'avoir un esprit aussi buté.

Le texan le regarda d'un air indifférent alors que le gamin – dont il ignorait toujours le prénom – pestait en lui disant qu'il n'en savait strictement rien de la peur. C'était vrai dans un sens. Jay avait déjà eu peur bien évidemment, comme tout humain normalement constitué, mais il n'avait jamais eu cette frousse qui vous glaçait le sang et vous nouait l'estomac. Il n'était pas froussard dans l'âme, mais se révélait surtout trop idiot pour voir le danger lorsqu'il était devant son nez. Certes, Jay n'avait que rarement peur, mais ce n'était que par stupidité et non lié à un quelconque courage. L'héroïsme et le courage c'était bon pour les super-héros, pas les types comme lui. Oh, pourtant le combattant avait eu la frousse récemment, encore une fois Gula et ses pouvoirs de lavette se repointaient dans son esprit : le sale gosse avait le don de balancer les peurs des gens en pleine face et comme tout le monde, Jay s'y était fait piéger. Ne pas avoir peur était impossible, même les péteux de super-héros avaient peur à un moment où à un autre, le tout était de ne pas se laisser pétrifier, bien qu'il était facile de tenir un pareil discours lorsqu'on ne connaissait pas ce genre de panique.

Immobile, le trentenaire observait toujours son interlocuteur comme s'il était face à un Chinois qui débitait des conneries dans sa langue natale. Tout ceci ne rimait à rien et ne faisait qu'augmenter la frustration de Jay. Ce dernier secoua la tête d'un air contrarié lorsque l'autre lui balança qu'il ferait flipper n'importe qui : des conneries ! Qu'il aille donc au Circus et il verrait seul qu'il n'était qu'un rigolo à côté de beaucoup d'autres combattants. Rien que le caniche d'Atia, celui qui se prenait pour un dieu : William. Avec sa tête de clebs et son apparence humanoïde, n'importe qui se pisserait dessus en le croisant dans la rue. Non vraiment, Jay n'avait rien d'effrayant, ce n'était qu'un abruti, brutal sur les bords et juste bon à faire chialer les mômes du quartier. Il ne se priva pas de le faire savoir au premier concerné.

« Raconte pas de conneries, t'as jamais croisé certains types de cette ville si tu crois franchement que j'foutrais les foies à n'importe qui ! » Mieux valait qu'il rentre chez lui, s'enferme à double tour ne ne mette jamais plus un pied dehors. « Puis ça tombe bien, t'y seras jamais à ma place. T'as trop l'air d'une gonzesse, qu'ce soit dans ta manière de t'comporter ou avec ta dégaine de petit minet. » Ah, le physique, décidément c'était un sujet qui revenait souvent ces derniers temps. « J'sais pas dans quel monde tu vis si t'as jamais croisé pire que moi. »

Il lui faisait presque pitié le gamin. Enfin, si Jay avait été capable de compassion, ce qui n'était bien évidemment pas le cas, pas avec des types comme lui du moins. Enfin, en imaginant qu'il n'ait pas paumé ses attributs en même temps que sa fierté ou que son courage, chose dont l'américain doutait sérieusement. Toujours est-il qu'il avait noté un point intéressant : visiblement le petit minet avait réellement peur de lui, ce qui signifiait qu'il pouvait s'amuser un peu en sa compagnie. Quoi de mieux que de malmener un peu un gars qui avait peur de vous ? Pas forcément physiquement, c'était chiant à force et il préférait les adversaires qui soient à sa hauteur comme ceux du Circus. Non, ce qui l'intéressait c'était de le secouer un peu sur le plan « mental », en lui balançant des remarques peu agréables. Vu le nombre que Jay récoltait par jour, il n'avait qu'à les ressortir en les adaptant un peu. Le texan avait beau ne pas être quelqu'un de très éloquent, les insultes il connaissait bien. Vu le que minet n'avait réagi qu'en se faisant provoquer, peut-être que la suite allait se révéler plus intéressante que jusqu'à présent ?
Avançant de quelques pas, Jay se plaça à la hauteur du gamin avant de lever la main juste pour le repousser au niveau des épaules. Rien de bien embêtant en temps normal, sauf lorsque le type en face faisait la moitié de votre taille bien sûr. Il devait s'envoler rien qu'à se faire souffler dessus.... C'était pitoyable, franchement !

« T'as vraiment rien pour toi ! T'es qu'un gringalet et en plus t'es pas capable de te défendre lorsqu'on te cause, c'est à se demander ce que tu fous encore là. » Nouvelle poussée au niveau de son épaule. « Qu'est-ce que tu vas faire si je décide de t'emmerder jusqu'à ce que t'y passe ? Pleurer ? Appeler à l'aide ? J'espère que t'as un autre plan, parce que personne va se ramener ici pour te sauver la mise. »

Ou peut-être un super-héros qui avait du temps à perdre, allez savoir. Jay ne s'en inquiétait pas vraiment, il ne comptait pas en venir aux mains, mais juste voir ce qu'il pouvait faire à ce gamin rien qu'en lui causant. Une expérience scientifique, voilà ! La bonne blague, finalement c'était bien plus amusant que celles que les profs de lycée pouvaient faire. Enfin, c'était ce qu'il imaginait vu qu'il n'y avait jamais vraiment été.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Mer 10 Juil 2013 - 23:32 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

    Que n'aurait-il donné pour être un peu plus âgé à ce moment précis ! Sveinn n'aurait pas voulu être un vieillard, ça non. Ç'aurait été l'idéal pour l'expérience, mais il n'aurait jamais été pris au sérieux parce qu'il aurait été encore moins capable de se défendre que maintenant. Il se serait bien vu avec une dizaine d'années en plus : s'il avait cet âge, le fou n'aurait pas pu se la ramener avec sa foutue expérience des bas-fonds de la ville. Certes, Sveinn y avait malencontreusement fait un tour, ce qui l'avait décidé à ne plus y remettre les pieds sciemment ; mais il ne pouvait pas dire qu'il s'y connaissait vraiment. Après tout, le fou avait peut-être raison : il n'était peut-être pas la pire personne de la ville, puisque Sveinn était toujours en vie. Et il avait l'air de connaître tous les dangers qui s'y cachaient. Sveinn ne pouvait pas nier que le fou avait raison, mais il en avait très envie, ne serait-ce parce qu'il en avait marre de se faire traiter de haut par un déchet pareil. Il n'apprécia pas non plus de se faire comparer à une femme, même si pour le coup, il garda le silence. Après tout, c'était tellement courant comme insulte que ça n'en avait plus de sens. Ou du moins, Sveinn se foutait complètement que le fou l'appelât ainsi. Il savait bien qu'il ne correspondait pas à ses vrais critères d'hommes, et puisqu'il n'avait nulle envie d'y correspondre, cela ne le dérangeait pas. En revanche, la « dégaine de petit minet » lui resta en travers de la gorge. Il n'avait rien d'un minet, voyons ! Il était certes indéniable qu'il était plus beau que le fou, mais ce n'était pas une raison pour avancer des choses pareilles. Peut-être cet homme était-il jaloux, après tout. Cela expliquait pourquoi il éprouvait le besoin de s'en prendre à un pauvre type innocent comme Sveinn. Un jeune qui n'avait pas vu le pire du monde dans lequel il vivait.
    Quoique le fou avait raison, même s'il n'avait pas l'intention de lui donner cette piste. Effectivement, il y avait bien pire que cet homme effrayant qui lui barrait la route. Sveinn pouvait le reconnaître même sans avoir rencontré la lie de l'humanité. Rien, à ses yeux, ne pouvait être pire que le monstre violent qui se reposait au fond de lui. Son pire ennemi n'avait été autre que lui-même pendant de longues années. À part la torture physique, il ne voyait pas ce qui pourrait lui arriver de pire, car niveau mental, il était déjà saturé, même si le fou avait prouvé que les limites de sa résistance à la peur étaient peut-être un peu plus grandes que ce qu'il croyait.
    « M'en fous de ce que je suis, bouda Sveinn. Je n'ai peut-être pas croisé les pires types, mais ça ne signifie pas que je n'ai rien vu. De toute façon, je ne vois pas comment j'aurais pu croiser quiconque, je ne vois jamais personne. »
    Ne serait-ce pas un peu de rancune ? Sveinn trouvait étrange d'éprouver le besoin de cracher sur sa vie pour se défendre des accusations du fou. Il avait besoin de se justifier. C'était stupide. Il ne s'agissait que d'un fou. Sauf que Sveinn avait vraiment l'impression que celui-là l'était un peu moins que ce qu'il voulait montrer de lui. Il semblait trop bien juger Sveinn alors que ce dernier n'avait qu'une envie, celle de le démentir. Qu'espérait-il, de toute manière ? Éveiller sa pitié ? Sveinn n'était pas le genre de personne qui détestait être pris en pitié ; seulement, il voulait agir par lui-même parce qu'il ne faisait pas confiance aux autres. Le fou ne devait pas savoir se montrer compatissant. Raison de plus pour dire qu'il était stupide. Au moins cela révélait-il une chose à Sveinn : il n'était pas complètement heureux, même dans sa vie actuelle.

    Comme il fallait s'y attendre, le fou ne laissa pas émouvoir par les plaintes de Sveinn - quoique ce dernier n'en attendait pas moins de lui. Au contraire, un discours larmoyant ne semblait pas être un moyen d'arranger la situation. À le voir s'approcher, Sveinn s'interrogea sur ses intentions. Selon lui, c'était un très mauvais signe. Tant que le fou se contentait de garder l'entrée de la ruelle, Sveinn parvenait encore à respirer normalement, mais le voir si proche de lui qu'il pourrait lui briser le coup lui donnait des sueurs froides ainsi que l'envie de se taire à jamais. Il essaya de regarder derrière le fou - surtout, ne pas baisser les yeux comme un animal dominé, cela ferait mauvais genre, et il avait cru comprendre que le fou n'aimerait pas. Cependant, Sveinn n'avait pas le cran de le regarder. Il retint son souffle, sentant son heure arrivée. Il s'étonna de se sentir si calme à cette idée. Mais il resta en vie : le fou avait décidé de le torturer un peu plus. Les coups étaient désagréables et résonnaient dans ses os, mais au moins, Sveinn respirait toujours.
    « Faites pas ça ! » s'exclama-t-il en s'empêchant de crier avec une voix trop aigüe.
    Bon sang ce qu'il détestait sa faiblesse ! Le fou l'avait sûrement compris, parce qu'il lui donnait l'impression de jouer avec lui. Pas de menaces, mais encore et toujours des constats alarmants. Mais que faisait-il donc et que voulait-il ? Sveinn devait se la jouer fine, trouver un moyen de prendre l'autre à son propre piège, mais ce n'était pas facile. Il ne dominait pas la situation et ne pouvait pas juger de qui il avait vraiment en face de lui. Sveinn aurait eu tendance à le dire violent, mais il était presque indemne, ce qui ne collait pas vraiment. Peut-être psychopathe par certains côtés : cela paraissait probable, mais dans ce cas, il préférait ne pas savoir ce qui adviendrait de lui à la fin de toute cette affaire. Malheureusement, il ne pouvait pas quitter son corps - pour une fois qu'il aurait aimé avoir un pouvoir... Le fou était peut-être tout simplement énervé... restait à trouver le moyen d'apaiser sa colère. Et comment ? Pas de pitié, pas de larmes... le fou semblait vouloir de bonnes raisons pour le tourmenter, même s'il se réjouissait en même temps de ne pas les avoir complètement. C'était à n'y rien comprendre, vraiment.
    Sveinn fut encore plus dans le flou lorsque le fou lui demanda ce qu'il comptait faire s'il devait le tuer. Peut-être les méchants réagissaient-ils toujours ainsi. Sveinn avait croisé quelques personnes peu recommandables - bien que ce qu'il considérât comme non-recommandables comprenait également des personnes honnêtes et vertueuses - mais aucune n'avait jamais été prêt à le tuer et à le lui faire comprendre. Même le plus mégalomane d'entre eux ne s'en était pas personnellement pris à lui : il ne cherchait que des témoins à l'édification de son vaste empire.
    Sveinn avait encore une botte secrète dont il détestait se servir. Cependant, dans sa détermination à ne pas le maîtriser, Sveinn avait laissé passer toutes les chances de ne pas être victime de son pouvoir. Même si une telle pensée le révoltait, Sveinn ne pouvait s'empêcher de penser qu'en dernier recours, il ne pourrait rien faire pour l'empêcher de se déchaîner. Son pouvoir lui donnerait un répit, une, deux secondes, un peu plus le temps que le fou réalise ce qui lui arriverait. Ce n'était pas suffisant pour s'enfuir. Si le fou voulait le tuer, il y parviendrait sans aucun doute.
    « Je n'appèlerai pas à l'aide, affirma Sveinn de son ton le plus triste. Et peut-être que je vais pleurer, qui sait ? Et ensuite, je mourrai. Mais... »
    Bien qu'à son ton, Sveinn avait tout l'air d'un homme se résignant à un triste sort, il avait laissé sa phrase en suspens. Ce n'était peut-être pas l'espoir qui laissait dans ce silence volontaire. Il l'avait perdu. En revanche, quelque chose avait envie de sortir, et c'est presque malgré lui que Sveinn dit avec une joie malsaine :
    « Mais si je meurs, vous allez souffrir. »
    Cette maigre consolation était la seule chose qui lui permettait de ne pas s'effondrer en larmes sur le champ. Il était inutile que Sveinn désirât faire du mal : à un moment ou un autre, sa nature profonde se réveillerait et le dominerait.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 11 Juil 2013 - 16:20 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Visiblement en plus d'être un gamin trouillard, le petit avait aussi l'air d'être du genre ermite. Pas très étonnant en fin de compte, les deux étaient liés. Certainement qu'il devait venir d'une famille où les parents veillaient à la sécurité de leur mioche qui était la prunelle de leurs yeux ! Pitoyable, plus Jay en « apprenait » sur ce gosse, plus il le prenait en grippe. En réalité il représentait un peu son opposé et comme un bon ignare qu'il était, le texan n'aimait pas tout ce qu'il ne connaissait pas ! Le regard de l'américain ne quittait pas le visage de son interlocuteur, tantôt moqueur, tantôt blasé, il passait d'un sentiment à l'autre au fil des répliques de l'autre. Franchement, c'était à se demander comment est-ce qu'il avait pu imaginer qu'un type pareil puisse lui avoir volé quelque chose. D'un geste de la main, il balaya les dires du minet.

« J'ai jamais prétendu que t'avais rien vu, te montes pas la tête tout seul ! »

Les gens avaient toujours l'air de croire qu'il médisait ou prenait les autres de haut. Pourtant, tout ce que Jay avait dit c'était qu'il était loin d'être le plus effrayant du coin, il n'avait pas cherché à rabaisser l'autre, pas à ce moment-là du moins dirons-nous !

En fin de compte il s'en contrefoutait, ce gamin lui faisait réellement penser à une nana : elles avaient aussi l'habitude de se monter la tête avec des conneries en prétendant que tout était entièrement la faute de l'autre. Certes, sa vision des femmes était particulièrement stéréotypée, mais c'était sans importance, tout le monde se moquait de ce qu'un type comme lui pouvait bien penser. Sans jouer au Caliméro, c'était la stricte vérité : Jay n'avait absolument rien à apporter à un débat, il n'était pas assez qualifié pour.

Toujours est-il que l'autre semblait commencer à perdre patience, il se mit à crier d'une voix aiguë comme si cela allait pouvoir l'empêcher de se faire malmener. Pour le coup, Jay avait presque l'impression d'être revenu des années en arrière lorsqu'il chahutait avec les gamins dans les rues. Ennuyer les enfants de bonne famille était un bon moyen de passer sa frustration, comme toutes les petites frappes il s'en prenait aux gens qui étaient plus intelligents, plus riches ou plus tout que lui. Inutile de dire que c'était 95% de la population mondiale, Jay avait de quoi faire !

L'envie d'ennuyer le minet retomba lorsque Jay l'entendit dire qu'il ne comptait pas appeler à l'aide et qu'il se contenterait de se laisser tuer en chialant. Il n'y avait rien d'intéressant dans cette situation. Quoique.... L'avis du texan changea lorsqu'il entendit la dernière phrase balancée par le gamin. Le faire souffrir ?

« Ah ouais ? J'demande à voir. »

Masochiste sur les bords ? Non, même pas. Le pouvoir dont il était doté lui proférait la capacité de ne pas ressentir la douleur, autant dire que la perspective que le gamin puisse être un muté capable de provoquer la souffrance chez les autres ne l'inquiétait pas grandement. Jay ne connaissait pas le fonctionnement de son don, il savait uniquement comment faire pour le déclencher et le stopper, il savait aussi que cela l'empêchait de souffrir et ça s'arrêtait là. Est-ce que le minet pourrait passer outre ? Peut-être bien, ce serait la surprise du chef.

« J'crois pas que tu puisses me faire souffrir tu vois. »

Le ton utilisé par le texan n'était pas hautain, mais simplement sûr de lui, un peu comme s'il venait de dire que l'eau mouillait ou que l'obscurité rendait la visibilité difficile : c'était une évidence pour lui. À trop se reposer sur ses acquis il finirait par avoir une surprise un jour, mais pour le coup la seule chose qui importait c'était que le petit avait commencé à montrer les dents. Toujours proche de lui, Jay le repoussa une fois de plus – avec plus de force – avant de lui attraper le bras juste sous l'épaule, puis de commencer à serrer. Malmener plus petit que soi, il savait comment faire !

« J'attends de voir ! Tu m'as promis un truc, j'veux voir de quoi t'es capable ! J'espère simplement que t'y arriveras avant de passer l'arme à gauche, ce serait con pour toi. »

Belle remarque, preuve que l'idée de tuer ne l'embarrassait pas vraiment, même si pour le coup il n'avait absolument pas l'intention de le faire. Mentir n'avait jamais tué personne.
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Jeu 11 Juil 2013 - 21:28 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur

    La menace de Sveinn n'avait pas fait frémir le fou. Quoique, c'était normal. Il fallait regarder les choses en face : comment aurait-il pu être menaçant, alors qu'il tremblait de peur ? Il devait être à peu près aussi dangereux qu'une guêpe : s'il piquait, cela pouvait faire mal, mais ce n'était pas dramatique, tant qu'on n'y était pas allergique. Une gêne loin d'être insupportable, et qu'on oublie quelques jours après. Ça ne changeait rien à la vie de celui qui était piqué, mais la guêpe mourait. Sveinn aussi se mourrait à petit feu. La peur permanente ne devait pas être très bonne pour la santé. Mais, telle une guêpe, il était facile à éviter. On pouvait faire attention à ne pas écraser la guêpe, on pouvait même la chasser, et la tuer était très facile : on pouvait l'attraper dans un verre jusqu'à la faire étouffer, même si cela prenait des heures, on pouvait l'écraser avec une chaussure, ou encore la faire griller à la raquette électrique. Même Sveinn était capable de tuer une guêpe. Alors, le jour où quelqu'un se débarrasserait de lui, ce quelqu'un n'aurait pas plus de mal à le supprimer que s'il lui fallait écraser un insecte insistant. Il finirait oublié dans son caveau, puisqu'il n'y aurait personne, ou presque, pour penser à lui.
    Au contraire, cela amusait le fou. Logique, en même temps. Tous les méchants type niark niark adoraient se moquer de leurs pauvres victimes - et un certain d'autres aussi. Le fou, quant à lui, était bien niark niark, compte tenu du contenu de ses paroles. Dommage pour Sveinn, il n'était pas capable d'analyser toute la part de mensonge et de raillerie dont il faisait preuve. Il se reprochait cependant de s'être montré aussi stupide. Le fou semblait le défier de le faire souffrir. Bien sûr qu'il allait lancer ce défi. Mais où donc Sveinn avait-il la tête ? Elle était bien vissée sur ses épaules, mais à l'entendre parler, il donnait l'impression qu'il l'avait abandonnée quelque part derrière lui.
    Pauvre Sveinn, pris à son propre jeu. À présent, le fou le pressait de lui montrer ce qu'il savait faire, et Sveinn devait avouer sa propre ignorance dans la matière. Il ignorait comment faire fonctionner son pouvoir et était soumis au bon vouloir de son monstre. Énoncer des menaces qu'il était incapable de mettre à exécution était quelque chose de vraiment insensé. En fait, Sveinn avait cru que le fou allait s'y mettre tout de suite, et qu'il n'avait pas plus de cinq minutes à vivre dans une forme plutôt correcte. Il pouvait peut-être agoniser un peu plus longtemps, mais il ne se voyait pas passer l'heure. Alors, ça y est, était-ce vraiment la fin de sa vie ? Quelques mois plus tôt, il avait cru que la mort allait frapper dans son dos, de manière lâche et brusque. Une balle dans la nuque avait été la cause de mort la plus probable, mais il avait aussi pensé mourir brûlé ou asphyxié - jamais des morts très agréables, en tout cas. Sveinn avait eu peur de mourir, mais cette perspective ne lui avait pas paru aussi effrayante que face à un inconnu dans une ruelle qui lui parlait de la sienne comme du temps qu'il faisait. En parler l'actualisait, en quelque sorte. Sveinn avait quand même du mal à y croire, tant qu'il vivait encore et qu'il restait debout. Il commençait à y penser - mais, il n'avait pas l'âge pour ! Sveinn avait seulement vingt ans et n'avait jamais été heureux ! Il méritait tant de vivre tranquille.

    Toujours menaçant, l'autre fou. S'il connaissait un moyen pour s'éloigner rapidement, Sveinn aurait foncé sur l'occasion. Il n'en connaissait pas et il devait justifier des paroles qu'il regrettait à double titre, parce qu'il considérait qu'en plus, il s'agissait d'une faiblesse de sa part que de parler de son monstre.
    « Je ne peux pas. Parce que j'ai des valeurs et que je ne m'abaisserai pas à en venir aux mains simplement pour mon plaisir ou celui d'un autre. »
    Ce n'était pas entièrement faux, après tout : Sveinn n'en venait jamais aux mains. Il ne se souvenait même plus de la dernière fois qu'il avait frappé quelqu'un, mais ce devait être une frappe d'enfant : ce coup ne comptait donc pas. Sveinn abhorrait la violence. Si l'homme n'avait pas été fou, il l'aurait vraiment haï pour se montrer si bestial. Cependant, Sveinn avait de la pitié pour lui. Être à moitié fou, c'était pire que tout, parce qu'une partie de lui avait perdu toute maîtrise tandis que l'autre s'en rendait compte tous les jours. Peut-être était-ce cela, qui le retenait encore. La pitié pour celui qu'il considérait comme un fou. Même s'il n'était pas un bon samaritain, Sveinn avait trop bon cœur. Bien sûr, sa pitié était toujours mal placée : il n'avait jamais pitié du pauvre qui dormait dans la rue, alors qu'il aurait pu être un jour à sa place, ni pour l'enfant battu, parce qu'il avait l'impression d'en avoir été un également. Seule une victime des supers pouvait lui attirer une pleine compassion. Non, vraiment, avoir pitié d'un fou était une très mauvaise idée - peut-être la pire qu'il avait eue.
    Mal à l'aise avec cette idée qu'il n'avait pas su reconnaître dès le départ, Sveinn décida qu'il en avait assez de penser. Jusqu'alors, ça ne l'avait jamais vraiment servi, voire ça n'avait fait qu'empirer la situation. S'il avait moins pensé, il serait déjà en sécurité avec le trio depuis bien longtemps.
    « Bon, de toute façon, je ne ferai rien, alors décidez-vous de ce que vous, vous voulez faire. Et si vous pouviez faire vite, parce que je crois que j'en ai vraiment marre de vivre. »
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 12 Juil 2013 - 14:04 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur
Pour changer l'autre ne se montra pas plus actif. Il ne faisait que parler et Jay s'emmerdait grandement, pourquoi est-ce qu'il n'arrêtait pas de tomber sur des personnes passives et incapables de faire autre chose que de bavarder ? Ce n'était pas son truc et il avait déjà bien trop parlé, au moins pour les trois mois à venir ! Secouant la tête, le trentenaire se contenta de décrocha un regard lourd de sens au minet : il lui faisait vraiment pitié. Enfin, si l'on pouvait appeler ce sentiment « pitié », c'était plutôt qu'il était navré de voir qu'il existait quelqu'un avec aussi peu de caractère. Jay détestait les personnes foncièrement bonnes, il les considérait comme des hypocrites. Pourquoi ? Parce que c'était dans la nature humaine de se montrer hostile. Sans virer dans la philosophie, depuis toujours les humains se battaient entre eux, pourquoi l'évolution pousserait-elle les gens à se comporter différemment ? Lorsque quelqu'un vous manquait de respect ou se montrait vulgaire, la première chose que vous aviez envie de faire c'était de lui en coller une bonne pour lui faire fermer sa grande gueule et non se vous excuser d'exister. À moins d'être une véritable larve bien entendu. Quoi qu'il en soit, la violence était toujours la première idée de riposte et Jay considérait donc que la franchise était liée à la violence. C'était assez étrange comme manière de voir les choses il fallait l'avouer, mais c'était ainsi ! Le texan pensait être moins hypocrite que la moyenne en s'abstenant d'enrober ses paroles dans des explications inutiles uniquement destinées à ne pas blesser l'autre. Si les habitants de cette ville n'étaient pas capables d'entendre la vérité en face, tant pis pour eux ! Il n'allait pas s'emmerder à se compliquer la vie pour leurs beaux yeux alors qu'ils n'avaient jamais rien fait pour lui. Égoïste comme tout le monde !

C'était pour cette raison qu'il ne voulait plus perdre son temps avec ce gamin. S'il voulait la jouer « bon samaritain », tant mieux pour lui ! À se laisser marcher sur les pieds il finirait par en crever, ce type n'allait pas faire long feu et Jay en était persuadé. Mais ce ne serait pas lui qui « s'occuperait » de lui, le combattant avait certaines règles qu'il s'imposait. Du moins si l'on pouvait appeler ça de la sorte. Disons surtout qu'il ne voyait pas l'intérêt de se battre contre des personnes qui n'étaient pas capables de tenir le rythme : il n'y avait aucun enjeu et il s'ennuyait rapidement. C'était encore une fois par pur égoïsme qu'il ne s’en prenait qu'à des types de son calibre et non par altruisme. Il ne fallait pas se leurrer : le texan n'était pas un « gentil méchant » comme dans les bandes dessinées pour gamin.
Reniflant d'un air agacé, l'homme se recula finalement.

« T'es chiant, ennuyant comme pas possible. J'vais pas perdre mon temps avec un type comme toi, si t'en as marre de la vie, t'as qu'à aller sur un pont et en sauter. » Il détourna son attention de lui avant de reprendre. « Nan, en fait va te pendre, ça fera chier moins de monde. T'es tellement insipide et inutile, ce serait con que tu fasses chier plus de plus en crevant qu'en restant en vie. » Pas très aimable, mais Jay n'était pas forcément quelqu'un de très avenant lorsqu'il n'était pas de bonne humeur. Très souvent donc. « J'espère qu'on se reverra plus jamais, je viens de perdre un quart d'heure de ma vie à te causer. »

Oh, pas parce qu'il risquait de s'en prendre à lui, mais simplement parce qu'il n'avait plus envie de s'emmerder. Jay aimait les rencontres qui bougeaient et pas celles statiques à simplement bavarder comme ils venaient de le faire. Le plus frustrant restait certainement le fait qu'il n'avait pas réussi à « rentabiliser » cette rencontre, le gamin n'avait pas lâché le morceau et le trentenaire avait surtout le sentiment qu'en persistant il ne ferait que perdre encore plus de temps. Ce type n'avait rien d'intéressant et n'aurait jamais rien à donner.

Sans sa soucier davantage de lui, l'américain lâcha un nouveau soupir et rebroussa chemin, empruntant une fois de plus la ruelle d'où ils venaient pour quitter enfin ce gamin qui venait de lui faire perdre une bonne partie de la matinée. Il en avait carrément oublié son porte-feuille, le mieux restait certainement de rentrer pour vérifier qu'il n'était pas quelque part là-bas.
Alors que Jay s'en-allait, les trois hommes intervenus plus tôt débouchèrent devant la ruelle où se trouvait Sveinn, cherchant visiblement à savoir si les choses n'avaient pas trop mal tournées et la réponse était un simple « non ». Pas cette fois-ci du moins !

Spoiler:
 
 
Revenir en haut Aller en bas

Message posté : Ven 12 Juil 2013 - 19:34 Message
Obtenir l'URL : Cliquer ici

Invité
Invité

Anonymous
Invité

Invité
Personnage
Joueur


    Sveinn était persuadé que cette fois-ci était la bonne. Il se demanda pourquoi il n'avait pas pensé à la mort plus tôt. Peut-être parce qu'il n'avait pas le cran nécessaire pour sauter le pas. Même maintenant, il n'avait toujours pas ce courage : Sveinn faisait comme s'il était courageux, mais ç'avait été trop facile. Il ne s'agissait pour lui que d'accepter un sort qui lui paraissait inévitable. Il avait eu le temps de voir cela arriver de loin, il pouvait donc se préparer.
    Mais sa vie ne défila pas devant lui, pas plus qu'il ne vit de tunnel blanc apparaître devant lui. Sveinn en fut déçu : il aurait au moins aimé voir ses manifestations familières, qui l'auraient rassuré. Au lieu de cela, il craignait de sombrer dans un sommeil sans fin au prix de longues et terribles souffrances. La douleur lui faisait peur, qu'elle vînt de lui ou non.
    Le fou se recula et Sveinn rouvrit des yeux qu'il avait instinctivement fermés. Tant étonné par ce geste, il n'eut pas le temps de se maudire pour sa propre lâcheté. Sveinn avait perçu ce mouvement derrière sa paupière en pensant qu'il s'agissait du premier coup, mais ça n'avait pas été le cas. Au contraire, son agresseur n'était pas dans une position d'attaque ; même lui pouvait s'en rendre compte. Il était difficile de savoir quels sentiments alimentait cet homme, mais l'ennui venait de le gagner. Le regard de Sveinn se fit interrogateur. Il n'avait pas du tout prévu que les événements tourneraient ainsi. Ce répit inattendu lui donnait l'impression de revivre, comme un condamné à mort gracié au dernier moment... comme Dostoïevski. Il referma les yeux, les rouvrit, et vit que le monde n'avait pas changé. Ainsi, c'était donc vrai. Sveinn ne rêvait pas.
    Ce fut ébahi que Sveinn entendit les dernières paroles du fou, celles qui le libéraient. Pour l'heure, il s'en foutait totalement de ce qu'elles signifiaient. Le fou pouvait le trouver aussi chiant qu'il voulait, le rabaisser autant qu'il le souhaitait, cela ne changeait rien à cette sorte d'extase mystique qui lui donnait le goût de la vie. Sveinn n'avait plus du tout la volonté de mourir, et les suggestions de suicide du fou ne l'atteignaient même plus. Ce n'est pas aujourd'hui qu'il sauterait du pont. Mais il n'excluait pas de le faire un jour.
    Un sourire soulagé se dessina sur le visage de Sveinn. Puis une larme, unique et belle, coula sur sa joue, scintillant dans la lumière rayonnante du soleil. Pour lui, il ne s'agissait pas d'un quart d'heure perdu dans sa vie : il avait échappé à la mort et en ressortait grandi, il s'était découvert un goût particulier pour la vie... et une aversion ciblée, une amertume qui avait toujours grandi en lui, mais à laquelle il n'avait jamais vraiment prêté attention. Sveinn se rendait compte qu'il avait toujours détesté les personnes exceptionnelles. Les intellectuels, les célébrités, les supers, et lui-même, par la même occasion, bien que ce fût plus secondaire. Tout ce qui sortait de l'ordinaire, ou plus précisément, de son ordinaire, l'énervait. Ce n'était pas vraiment de la haine, mais de la jalousie... de l'envie. Sveinn avait l'impression qu'il ne pourrait jamais bien faire les choses, que tout ce qu'il tenterait serait frappé du sceau de la misère, et qu'il raterait tout ce qu'il tenterait. Ne l'avait-il pas prouvé face au fou ? Quelle fierté pouvait-il en tirer, alors qu'il se comportait comme un lâche ? Même le fou était moins ordinaire que lui : il savait faire face à la vie, malgré son aliénation. Il savait quelque chose. Sveinn, lui, était persuadé de ne rien savoir. Il n'avait même pas entamé d'études. Quant à la seule chose qui le rendait un tant soit peu exceptionnel, il la haïssait plus que tout au monde, parce que cela ne correspondait pas à ce qu'il attendait de la vie.
    « Merci. » conclut Sveinn.
    Il ne savait pas exactement de quoi il remerciait le fou. De l'avoir laissé en vie ? Probablement. Cela n'aurait pas dû être un don aussi inestimable, car Sveinn avait le droit de vivre, pourtant, il se sentait reconnaissant d'être en vie. Peut-être aussi le remerciait-il pour l'avoir fait comprendre qu'il détestait les gens comme le fou et n'aimait rien d'autre que lui-même, en fin de compte. Cela ne le gênait pas, de remercier : le fou s'en foutait, de toute façon.

    Sveinn se redressa pendant son agresseur s'éloignait. Un poids terrible avait été ôté de ses épaules à l'idée que tout était fini. Quel miracle, selon lui ! Il regarda la silhouette s'éloigner en se demandant comment il avait fait pour le trouver aussi effrayant. Évidemment, Sveinn, fidèle à son habitude, avait tôt fait de se débarrasser de ses souvenirs les plus déplaisants. Comme il l'avait expliqué à Narcyz le mois dernier, il était passé spécialiste dans l'art de nier ce qui lui arrivait. C'était son secret pour ne pas perdre toute estime de lui-même. S'il devait se remémorer toutes les fois où il s'était comporté comme un froussard, Sveinn n'aurait même plus le courage de sortir de chez lui... enfin, de chez Lukaz, en ce moment.
    « Est-ce que ça va ? » demanda une voix familière.
    Sveinn sursauta, tiré de ses rêveries éveillées, par l'un des trois hommes qui, apparemment, les avait suivi à distance raisonnable. Ces gens-là avaient le beau rôle : ils s'approchaient de ce qu'ils jugeaient être une pauvre victime, mais attaquer l'agresseur ? Jamais ! Mieux valait attendre dans le coin, pour voir si la victime s'en sortait. Si c'était le cas, on pouvait toujours lui porter secours. Peut-être aurait-elle besoin d'aide pour être amené à l'hôpital. Elle se devait de savoir que des héros avaient veillé sur elle, mais n'étaient pas intervenus. Ce soir, ils rentreraient chez eux en s'enorgueillissant de leur bonne action. Ces êtres-là aussi étaient exceptionnels, mais se distinguaient plutôt par leurs pitreries. Ils ne valaient pas mieux que le fou qui s'éloignait toujours.
    « Pas grâce à vous. » répondit Sveinn en guise de reproche.
    Il ne voulait pas avoir affaire à eux. Il les jugeait incompétents : il devrait les dénoncer à Narcyz, même s'il ne savait pas ce que le super pouvait faire. Pour Sveinn, cela constituait une façon de décompresser et d'oublier la façon dont il s'était comporté : il s'adonnait au petit jeu du je-déteste-les-gens-à-pouvoir, qu'il avait doublé du vous-êtes-inutiles-et-je-ne-veux-plus-vous-voir, en oubliant qu'il les avait empêchés de le sauver un peu plus tôt à cause d'un trop plein d'orgueil.
    « Je m'en vais, je suis attendu. Merci pour votre aide, les gars. »
    Pas la moindre trace de plaisanterie n'adoucissait sa voix. Sveinn détestait déjà les héros, mais s'il fallait en plus des héros qui ne savaient pas faire leur travail... Autant interdire leur métier tout de suite. L'un d'entre eux allait le proposer de le ramener, mais Sveinn se mit à courir pour leur échapper. Et échapper à l'image de ces hommes plus courageux que lui.

    Et maintenant, qu'allait-il faire ? Sveinn ne le savait pas. Peut-être attendait-il une vision mystique pour le guider.



Spoiler:
 
 
Revenir en haut Aller en bas

 
On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn
 
Page 1 sur 1Revenir en haut 
On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn Cadre_cat_6On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn Cadre_cat_8


On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn Cadre_cat_1On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn Cadre_cat_2bisOn ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn Cadre_cat_3
 Sujets similaires
-
» On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn
» Gros Mek avec CFK et Krameur
» Une Danse avec l'Ange Démoniaque, Nyx Hela
» Jud [ Voleur ]
» Combat avec boucliers de duels judiciaires

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn Cadre_cat_6On ne discute pas avec un voleur. On le cambriole ▬ Sveinn Cadre_cat_8
Sauter vers: