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Pour une poignée de Yen [Andrea]

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Jeu 13 Juin - 0:40 Message | (#)

La nuit était tombée sur Star City. Une nuit de de fin février, une nuit qui se laissait toujours un peu plus grignoter par le jour. Son temps cédait de la place, le solstice d'hiver était passé et le monde obscur perdait sa place. Dommage. Greg aimait la nuit. La preuve il en profitait en ce moment même, là dans son appartement face à ses grandes baies vitrées qui dominaient la Pyramide Plaza. Il observait ce monde qu'il connaissait bien, ce monde plus calme, plus simple que celui qui était dominé par le soleil flamboyant. Ici il n'y avait rien, plus que quelques traces de vies furtives qui avaient pris le monde nocturne comme royaume. Greg s'y sentait bien, rien ne l'agressait tout y tranquille et personne ne venait s'incruster dans son espace vital.

Derrière lui son immense sono avait abandonné certains sons sauvages que pouvaient avoir l'habitude l'homme brutal pour quelque chose de plus léger, une composition de Sergei Liapunov. Emmenné par les corde il descendait son verre, d'eau. Il n'était pas d'humeur à l'alcool ce soir là. Il voulait juste être paisible. Loin de tout ceux qui pouvaient lui pourrir la vie en ce moment. Loin des sourires forcés et des faux semblant que le monde imposaient parfois pour pouvoir continuer à faire ce que l'on aimait et ce que l'on devait faire. C'était une pierre essentielle de la vie certes, homme à ses limites. Greg en avait eu marre, dans son esprit, il n'avait eu de cesse de faire ça ces derniers temps. Réunion, gala, signature, presse … Sourire toujours sourire. Il en avait marre. Pourtant sa vie était elle vraiment différente d'avant ? Peut être pas. Peut être avait il simplement envie de sourire pour une autre raison. Ses pensées se retournèrent vers Andrea, il aimerait bien sa péquenaude, elle lui manquerait. Depuis l'histoire des russes, il lui avait voué une confiance totale. Elle était trop entière, trop elle pour qu'elle le trahisse. Elle était sa bouffée d'air frais.


Quelques gouttes commencèrent à briser le ciel noir. Éclatant contre les parois du building, Greg repensa une nouvelle fois à une fois tout particulière. Un de ses amis de l'époque de l'université qui lui avait dis « Ça sent la pluie. ». C'était le bon temps, il n'avait pas encore toute ses histoires sur le dos … Si seulement il avait su. Ce même amis qui, il faut croire venait de Seattle, avait dis qu'avec les gouttes venait les nouvelles comme portées par le vent.

Il semblait qu'il avait raison. Son téléphone sonna, la pluie s'intensifia brusquement. Triste nuit d'hiver. Greg posa délicatement son verre sur sa table basse et mollement et tout en se frottant les yeux burinés de fatigue, il alla décrocher pour mettre une rouste vocale à celui qui osait le déranger à .. Il regarda sa montre, deux heure et demi du matin.

La voix n'était hélas pas de celle que l'on doit recadrer au plaisir. Intonation asiatique mais anglais confortable, Greg soupira longuement et monta sa main à son front en soupirant. A croire qu'il n'aurait jamais la paix. Finalement dans un japonais parfait, il acquiesça et assura sa future présence. Il raccrocha, un éclair déchira projeta des flash de lumière sur lui. C'était parti mais pas seul. Dernier moment peut être mais il ne voulait pas y laisser sa vie et puis on ne savait jamais.

Bonne excuse, de toute manière il avait envie de la voir. Il reprit le combiné et de cette même main, il activa une des touches raccourcis de son téléphone, le deuxième pour être plus précis. La tonalité s'enclencha une fois, deux fois et ainsi de suite. Pas de réponse. Comme c'était étonnant. Il recommença, la sonnerie retentit une nouvelle fois mais ce coup si, ce fut bien une voix caverneuse et pour bien féminine qui lui répondit dans des grognements partielles sûrement destiné à l'origine à être des mots.

« Andrea ? C'est Gregory. Levez vous faites vos bagages pour quelques jours. Je viens vous chercher et je vous explique en chemin. »

Quelques grognement cette fois plus surpris l'accueillir, lui laissant un sourire bête sur le visage. Un vrai sourire. « A tout de suite. » Et il raccrocha. Partant lui même préparer quelques vêtements.


Ils volaient depuis maintenant environs onze peut être douze bonne heures. Gregory était bien enfoncé dans le siège de cuir de son jet privé. L'immense cockpit n'était qu'à lui et seul une hôtesse de l'air privée ne venait interrompre son vol que pour venir lui apporter quelques boissons, livres et grignotages au besoin. Mais là rien de tout ça, il était simplement là, à regarder l’extérieur. Ironiquement et par décalage horaire et temps de voyage, il n'avait vu ces dernières vingt quatre heures que deux heures de soleil. Bizarre ce dit il, petit détail sans réelle importance mais qui le laissait prendre du plaisir. Il aimait la nuit, même au dessus du pacifique. Enfin la côte était apparue. Remarque côte, le mot était bien grand car ici pas de plage, pas de falaises grimpantes et impressionnantes bordées de criques où les amoureux pouvaient se bécoter loin des regards. Seul du béton, de l'acier et des lumières. Beaucoup de lumières. Il était quatre heure du matin, l'appelle qu'il avait eu s'était bien déroulé il y a de ça presque maintenant treize heure. La voix du commandant de bord résonna. Ils allaient atterrir à Tokyo. Ils au pluriel car juste devant lui, avachie sur son siège, Andrea dormait profondément, prenant sa revanche sur le destin qui l'avait tiré de son lit à une heure indécente.

Allongeant son bras, Gregory lui tapota le bras et l'appela doucement pour la réveiller.

Doucement elle émergea, vraiment doucement mais sans trop râler. Quand enfin le milliardaire put voir l'ensemble de ses iris, il lui fit un léger sourire en coin et lui jeta d'un signe de tête de regarder par le hublot. « C'est votre première fois non ? » Lâcha t-il armé d'un grand sourire.







Dernière édition par Gregory Williams le Jeu 13 Juin - 0:44, édité 2 fois
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Ven 14 Juin - 21:41 Message | (#)


    Bercée par une nuée d’étoiles. Son corps las se prélassait, délaissé, au son d’une couleur morte. Ses palpitations pulsaient dans les veines diamantines de son esprit, des perles d’or et de pluie qui roulaient, roulaient. La pluie. Coulait de bas en haut et s’écrasait aux nuages comme le tonnerre d’abat sur le malheur, et grondement incertain, enveloppe et noie, et enchaîne, et prend aux tripes. Elle rêvait. D’une sonate. D’un clair de Lune dans un ciel infini, et vide. Elle rêvait. Les muscles détendus de son corps étaient agités de soubresauts légers, des chocs fébriles qui ne la réveillaient pas, car son sommeil était paisible et pénétrant. Nue au fond de ses draps, recroquevillée dans l’étreinte chaleureuse de son propre corps, puisqu’elle n’avait plus partagé le lit de qui que ce soit depuis quelques mois déjà. Trop accaparée par une vie au rythme infernal. Les boucles de ses cheveux caramel étalés sur le renflement de son oreiller, une mèche agitée par son souffle profond, les paupières frémissantes.

    Le téléphone sonne, sonna, comme au sortir d’un rêve. Une fois. Deux fois. Trois fois. Répondeur. Le téléphone sonne et l’extirpe à son rêve. La belle tend une main tâtonnante sur le combiné, glisse les doigts autour et le porte à son visage, encore fermé au réveil. D’une voix pâteuse, elle articule un inaudible « Allo », et c’est la voix de Gregory qui, du réel où tombe encore la pluie d’or de son rêve, lui demandait de faire ses bagages pour quelques jours. Ses sourcils se froncent au-dessus du vert lumineux de ses yeux maintenant entrouverts, témoignant d’une contrariété tout à elle, à laquelle se mêle une incompréhension parfaitement naturelle. Que signifiaient « quelques jours » ? Mais les explications, tel qu’il l’avait rassurée, viendraient en temps et en heures et pour le moment, Andrea devait se contenter de lui faire confiance. La confiance. Depuis quelques jours, sa confiance en Greg était devenue absolue, de même que la sienne l’était en elle. Qu’est-ce qui avait changé ? Bonne question. Peut-être avait-elle enfin entraperçu son vrai visage. À cette pensée, douce quoiqu’irréelle, un sourire tendre ourla ses lèvres encore fraîchement ensommeillées de la jeune femme. Replongeant une dernière fois dans le creux de ses draps, elle s’étira dans un grognement lascif et sauta au bas de son lit.

    Une valise fermée et un manteau passé plus tard, Andrea était assise sur son canapé, et jouait du bout des doigts sur la tasse brûlante de café qu’elle était bien décidée à ingurgiter avant le départ, dans l’espoir d’un coup de fouet salvateur. Mais elle en avait déjà avalé la moitié, et il n’y avait pas une trace du milliardaire. De surcroît, sa torpeur ne semblait pas vouloir la quitter et la voix maligne de l’assoupissement lui susurrait que fermer les yeux quelques minutes serait un excellent moyen de rattraper les dix heures de sommeil qui lui manquaient. C’est au moment où elle commençait à envisager que le PDG lui ait joué un mauvais tour, ou que le coup de fil ait été une vue de son esprit, que la sonnerie stridente de la sonnette d’entrée résonna dans l’appartement. Avalant d’un trait ce qui restait de café dans le fond de sa tasse, elle attrapa sa valise et quitta son appartement.

    Comme elle s’y attendait, la limousine rutilante du milliardaire l’attendait à l’entrée du bâtiment, puisque Gregory n’était pas capable de voyager léger, détail qui l’amusait au plus haut point. Elle accorda un léger signe de tête et un sourire au chauffeur qui lui ouvrit l’une des nombreuses portes, par laquelle elle s’engouffra, accordant un sourire et un salut hésitant à son ami qui, comme promis, ne tarda pas à lui expliquer les raisons qui l’avait poussé à l’arracher au bien-être du sommeil à quelques… Trois heures du matin, maintenant qu’elle regardait sa montre. Il avait reçu un coup de téléphone, à peine plus tôt dans la matinée, d’un grand entrepreneur japonais, avec lequel il était en relation depuis de nombreux mois, et qui se trouvait enfin prêt à requérir aux exigences de la fondation Rhodes. C’est donc tout naturellement qu’il lui annonça qu’ils se rendaient à Tokyo. Un juron –
    « Bordel de merde » – encore englué de sommeil s’échappa des lèvres entrouvertes d’Andrea qui, sous le coup de la surprise, venait de se réveiller parfaitement. Tokyo, la capitale nippone. Elle peinait à y croire. Elle, elle allait à Tokyo ! Pour lui, ça ne devait être qu’une formalité, pour elle c’était sûrement, tristement, le voyage de sa vie. Un sourire comblé aux lèvres, elle posa la tête contre le verre blindé de la fenêtre et se laissa aller à rêver aux Geishas des hanamachi de Fukagawa alors que la limousine se rendait paisiblement à l’aéroport privé où les attendait le jet de Gregory.

    Une fois embarqués, le voyage lui sembla interminable. Impatience ou excitation, Andrea n’avait jamais été à l’aise dans les avions et avec pour seule compagnie sa léthargie et son milliardaire, lequel n’était que peu loquace, la jeune femme était pressée d’atterrir. Les douze heures que durèrent le vol se trouvèrent rythmées par l’assoupissement régulier d’Andrea et par l’ingurgitation de barres énergétiques qui n’énergisaient rien. Tandis que, de temps à autre, elle jetait des regards par le hublot dans l’espoir d’apercevoir le soleil, ou une ville. Mais ses yeux ne cessaient de se perdre dans les circonvolutions noires d’une épaisse couche nuageuses qui ne semblaient jamais se résorber, et elle avait raté les deux heures de soleil qui lui avaient été prodiguée par un rayon malingre qui avait balayé la surface de la croûte terrestre. Quand le commandant de bord leur annonça qu’ils seraient arrivés dans un peu moins de deux heures, Andrea se permit le luxe d’une dernière sieste, duquel elle devait être, à nouveau, tirée par la voix du PDG.

    Ses paupières papillonnèrent, par deux fois. Encore alourdies de sommeil, ses pensées s’égrainaient doucement, alors que le visage souriant de son ami lui offrait un bien délicat réveil. Elle eut une moue fatiguée, irritée, qui sans nul doute devait avoir arraché un sourire à son ami, et l’envie de refermer les yeux, et de se détacher du regard perçant du milliardaire, jouait de la curiosité qui tiraillait sa conscience, alors qu’il lui demandait de jeter un œil par le hublot entrouvert. Ses iris anisées se tournèrent vers la petite percée ronde, et s’écarquillèrent ; Sous ses yeux une myriade de lumières qui flamboyaient dans la pénombre, d’une ville qu’elle n’avait jamais vu. Un sourire béat dessina sur ses lèvres la candeur qui peignait son visage, et alors que ses yeux pétillaient d’excitation, elle tourna son regard vers Gregory et lui demanda d’un air enjoué :
    « On est vraiment à Tokyo ? » Il lui rendit un sourire sincère et, du bout des lèvres lui, rétorqua : « Et nul par ailleurs. »

    La route jusqu’à leur hôtel ne se fit qu’à peine souffrir ; Les yeux pétillants, comme une enfant émerveillée par le rêve accompli de toute une vie, Andrea ne cessait de tourner la tête de droite et de gauche pour apercevoir un lieu, une personne, une scène. Il faisait nuit noire, et rien ou presque n’arpentait les rues, mais c’était plus fort qu’elle, elle ne pouvait s’empêcher de vouloir graver dans son esprit chaque image, chaque instant. Avec amertume, elle songeait qu’elle aurait de loin préféré goûter à l’immensité du Japon dans d’autres circonstances… Gregory devait bien la trouver stupide. Quand ils arrivèrent aux abords de leur hôtel, le jour se profilait à l’horizon, et la silhouette mastodonte de leur palace se dessinait dans le jour à peine naissant. Un hôtel de luxe, bien entendu. De grand luxe. Au prix proprement exorbitant. Indécent. La jeune femme se tourna brusquement vers le milliardaire, entrouvrant les lèvres pour lui poser quelques questions qui les lui brûlaient. Mais le voyant occupé à fouiller dans un porte-document plein à craquer, duquel s’échappaient quelques feuillets de couleur, et par crainte de le déranger ou de l’ennuyer, elle préféra le laisser vaquer à ses occupations. C’est à ce moment précis qu’il reçut un coup de téléphone ; Andrea, bien entendu, ne comprit par un traître mot de la conversation que le PDG menait d’une main de maître avec le représentant d’une société nippone – du moins était-elle prête à le parier – mais, une fois raccroché, l’homme ne tarda pas à lui faire un rapide résumé de la situation : Par la grâce d’un sushi dépassé, son négociant se trouvait contraint de garder le lit pour la journée, ce qui leur faisait une journée de libre dans le centre névralgique du pays du soleil levant. Murée dans le silence, sa jeune garde du corps eut un hochement de tête affirmatif, et reporta son regard sur le paysage urbain qui défilait sous ses yeux.




    Comme de juste, l’hôtel, l’Hotel Nikko Tokyo, était un monstre d’ostentation, parmi les plus chers qu’offrait la capitale à sa clientèle privilégiée. Mais naïf était de croire que Gregory s’arrêtait à ce genre de considération, non pas ! L’homme s’était fait fort de s’offrir la chambre la plus chère du plus cher des hôtels. La Royal Garden Suite, une chambre de près de deux-cents mètres carrés qui possédait son propre jardin privé. Sans parler des avantages qui allaient avec. Comme le wi-fi gratuit. Un éclat de rire mourut aux lèvres d’Andrea alors qu’elle parcourait la brochure de la chambre ; À ce prix-là, qui s’offusquait encore de devoir payer internet en supplément ? On leur remit une carte magnétique – la clé nouvelle version des palaces du type – et leur indiqua la chambre qui prenait à elle-seule tout le dernier étage du bâtiment. Un groom muni d’un pass leur permis l’accès à cet Eden qui leur était réservé et, leur souhaitant un bon séjour dans un anglais tranché doublé d’un salut très formel, typiquement japonais, les laissa dans un couloir moquetté, au bout duquel une large porte, sobre d’apparence, devait les mener à leur chambre. Leur appartement.




    Où pouvait-elle bien poser les yeux une fois la porte passée ? Le lit. Le lit attira son regard, inexorablement, comme un insecte captivé par une flamme. Et ce bien avant l’immense baie vitrée qui donnait en plein sur la baie de Tokyo, ou le faste de la salle de bain en marbre, ou le jardin privatif, ou… Non. L’amas de coussins et de draps, et de couettes et de coussins, au milieu duquel elle se jeta, attira son regard bien avant tout ça. C’était comme de sauter sur un nuage. Tournant alors son regard vers Greg qui n’avait, jusque-là, pas bronché, elle l’apostropha :
    « Alors, qu’allons-nous faire maintenant ? »
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Sam 15 Juin - 12:41 Message | (#)

Les voyages en limousine étaient, par habitude, d'une longueur interminable. Le faste, le luxe, le commun des mortels aurait sans aucun doute trouvé ici de quoi s'amuser à profusion, mais pas Gregory. Lui, et depuis un temps incalculable, avait toujours trouvé ça mortellement ennuyeux. Peut  être était à force d'usage et du temps. Peut être était ce devenu son quotidien au point qu'il trouve ça routinier. Il ne savait pas, ne se posait pas la question. Il n'aimait simplement pas les allers et venus.

Sauf celui ci ….

De l'aéroport à l'hôtel, il n'avait presque pas lâché Andréa du regard. Il souriait à la voir sourire, il s'amusait de ce regard enfantin et admiratif qu'elle lâchait collée à sa fenêtre, comme irrésistiblement attirée par les lumière de la mégalopole. Ses propres yeux se détachèrent quelques instants et se tournèrent vers le monde urbain rayonnant du japon. Il chercha, il tenta, mais rien n'y faisait. Il n'arrivait même plus à s’extasier. Bien sûr, il trouvait ce pays, cette ville incroyable. Mais un rien le bloquait, l'empêchait, il n'y arrivait pas. Un arrière goût de voyage en limousine ... A vrai dire, il était lui même attristé de cet état de fait, triste de ne pas se sentir capable de partager ce petit moment de rêve qu'Andrea vivait pleinement. Bête de ne pas être capable de sortir un sourire bête.
Ce constat déclaré, le milliardaire lâcha une moue attristée et son regard se posa  une derniere fois sur sa garde du corps assignée. Elle n'avait pas bougé. Elle continuait de papillonner à droite à gauche, emplie d'une vie soudaine qui tranchait tellement avec son mauvais réveil d'il y a quelques minutes. Le milliardaire sourit, au moins elle, elle était heureuse. Il ne lui en fallait pas moins. Le bonheur avait depuis bien trop longtemps été chassé de sa proximité.
Pourtant, voilà que l'homme eu un réflexe idiot, une auto-flagellation de la pire espèce. Comme un réflexe et au lieu de profiter de ce petit moment à part avec elle comme il l'aurait dû, il plongea ses mains dans un attaché-case qu'il avait amené avec lui. Dossiers rouge, jaune, gris. Pochettes ardentes et multicolores, lui même se demandait comment il pouvait bien se retrouver dans cet amas insurmontable de paperasse qui, sans le moindre doute, aurait se transformer en monstre de papier pour le dévorer depuis déjà un certain moment. Et puis enfin la bonne se laissa retrouver alors que leur palace se dessinait un peu plus loin. Perdu dans les lignes et les logogrammes, Greg se sentait une migraine naître. Une simple histoire d'entrepreneur japonais, de contrat et autre racontards d'homme d'affaire. Du classique pour lui, de l'ennuyeux mais inévitable.

Autant en finir au plus vite.

C'était ironiquement la pensée qui lui traversait l'esprit quand son téléphone marqua sa présence en sonnerie et vibreur incessant qu'il se pressa de stopper en répondant. Des mots simples et discrets, des syllabes qui lui arrachèrent des soupirs et finalement la fatalité. Foutu sushis. Il raccrocha, et le smartphone retrouva son sanctuaire qu'était la poche du milliardaire. Lui par contre relevait les mains et s'étirait dans tout les sens, à la fois heureux de ne pas avoir à penser à tout ça pour le moment et en même temps légèrement écœuré d'imposer ainsi à son petit duo un séjour légèrement ennuyeux. Le minimum était bien de lui en parler.

« Bon changement de programme. Un sushi pas frai … Je vous remercie de ne pas rire. Bref mon cher collègue est pour le moment indisponible et je ne pourrais le voir que demain. On va donc devoir passer la journée ici. Désolé du contre temps »
Andrea ne fit que hocher la tête. Il sentait bête, pas d'excitation, pas de plaisir. De son point de vue, elle hochait la tête pour ne pas l'accabler mais elle devait lui en vouloir de la kidnapper comme ça.


Il ne savait pas quoi dire et se mura dans le silence jusqu'à leur chambre. Coup de frein, baggagiste,  ascenseur, groom, révérence et enfin explosion de luxe. Greg n'eut pas le temps d'enchaîner trois mots qu'Andrea avait déjà fuit pour se rouler dans les coussins et les draps qui, apparemment, l’appelaient fortement. L'homme d'affaire ne dit rien, pas un mot, en même temps, qui y avait il à dire à ça. Sans un mot il l'observait, il observait son environnement. Il avait déjà posé ses affaires ici quelques fois et bon gré ou non, il savait tout autant que malgré ses deux cent mètres carrés, la Royal Garden Suite était ennuyeuse. Pris d'un certain malaise à se demander comme se dépêtrer du malheur dans lequel il les avait fourré, il eu l'occasion de voir deux yeux vert presque félin se tourner dans tout les sens pour enfin se poser sur lui avec une question qu'il aurait aimé un peu plus tardive. Bafouillant et ne sachant que répondre, le pauvre homme tenta de s'en sortir comme il pouvait. « Heum … Et bien écoutez. Je ne sais pas trop y a une télé avec des chaîne américaine, il y a ... » Mais l'air apparemment d'un seul coup contrarié d'Andrea le coupa net dans sa liste non exhaustive. Toujours lionne à ses heures perdues, l'agente de l'UNISON sortit de son royaume de coton pour se planter devant le milliardaire les bras croisée et l'air décidée. « Vraiment ? Rester une journée enfermés ? J'ai une meilleure idée. » Lâcha t-elle en s'éloignant d'un coup pour se plonger sur la vue unique qui leur était offerte. « Nous sommes à Tokyo pour une journée de libre ! Et si j'ai bon souvenir vous me devez une journée seul à seul avec le vrai Gregory. Vous vous souvenez le pub ? » Elle se retourna, souriante et fière, déjà sûre de la réponse du milliardaire. Elle le connaissait bien.
Williams porta sa main à sa nuque qu'il frotta fortement l'air en pleine réflexion. Oui il se souvenait de cette promesse bien entendu. Et pourtant quelque chose le dérangeait. Il n'y avait jamais vraiment crû en fait. Comme si ce jour ne pouvait arriver. Il était toujours trop occupé, trop pris pour ça. Mais là, là tout de suite dans cet appartement de luxe, il ne trouvait rien à redire.
Le risque était à prendre et au fond de lui, il espérait qu'Andrea ne serait pas déçu.

« Tu as gagné. » Dit il résolu.« Maintenant de là à savoir ce que nous allons faire ... » Il réfléchissait, il sombrait dans ses pensées. Tokyo, six heures du matin. Où pouvait il l’emmener. Car oui bien entendu c'était à lui de choisir. La pécore devait être légèrement néophyte dans les choses à voir dans la tentaculaire cité nippone là où lui s'y était déjà rendu plus d'une fois. Pourtant en connaissait il plus ? Il n'y avait rien de moins sûr. Réflexion amena à souvenir et finalement Gregory retomba sur sa première venu ici, dans de plus jeunes années, le Koishikawa Kôrakuen.
Il avait visité ce jardin japonais il y a maintenant une bonne vingtaine d'année et pourtant voilà que cet endroit lui avait laissé un souvenir impérissable. Un pourquoi pas résonna dans son esprit.
Un sourire se dessina sur son visage.
« Allez reprends ton manteau et suis moi. »

Et ainsi fut fait. Il redescendirent dans la froide nuit de février et devant l'hôtel, l'homme d'affaire attrapa un taxi au vol. Pressant Andrea d'y entrer pour enfin être au chaud et surtout parce que d'un coup il se trouvait bien excité de lui montrer ce petit coin qui pour lui était semblable à un paradis, il réussit finalement à prendre place à ses côtés sur la banquette arrière. Sans attendre il se pencha vers le chauffeur pour lui lancer quelques mots dans la langue du pays que l'homme salua sans rien dire avant de démarrer.
Durant tout le voyage Andrea lui demanda où ils se rendaient. Il ne répondit jamais, trop heureux de la surprise. La journée ne commençait pas trop mal, enfin il l’espérait et surtout ce n'était que le début le reste serait tout autant à tenir.


Une demie heure plus tard, les pneus crissèrent, Gregory lâcha assez de Yen pour payer le voyage et remercier le chauffeur puis il descendit sans même attendre Andrea. Il ne se faisait pas de souci, elle le suivrait bien assez vite. L'air frais s'abattit à nouveau sur eux, il se sentait vivant à lutter contre ce froid, à voir une légère buée sortir vaporeuse de son souffle. La grille était bien sûre fermée. Petit détail qu'il n'avait pensé qu'un peu tard. Mais au fond rien d'insurmontable. Elle voulait sa journée avec Gregory elle l'aura, quoi qu'il en coûte. Sans dire un mot, le milliardaire s'approcha de la grande structure de fer et commença à l'escalader. A mi-chemin, il se tourna même pour lancer un simple
«  Alors tu viens ? »



Et là dans le creux de la nuit, il put lui montrer ce qu'il aimait tant. Les cours d'eau, les arbres magnifiques même creusés et agressés par l'hiver, ce perfectionnisme japonais, ce semblable de calme et de pureté qui se dégageait de cette endroit. Ils déambulèrent plus d'une heure au moins, ils parlaient, riaient discutaient. Gregory lui expliquait se qu'il savait sur cet endroit, son histoire. Le Koishikawa Kôrakuen serait le plus vieux jardin de Tokyo. Début 1600 pour être précis. Enfin précis. Ce lieu était chargé d'histoire, chargé de conte. Il lui expliquait pourquoi il aimait ce jardin, pourquoi il était de ces rares endroits qui dans sa vie avait réussit à lui apporter un réconfort et un répit plus stable que le genre humain.


Accoudé à un pont flirtant avec un petit ruisseau, la visite se terminait et au fond de lui, le milliardaire était heureux. Heureux d'être revenu ici, heureux d'avoir pu partagé une de ses petite faiblesse. Son seul espoir tenait à ce qu'Andrea ait apprécié tout autant que lui.
« Alors tu en penses quoi au final ? » Demanda t-il souriant, le regard se détachant enfin de l'eau claire et courante pour se poser sur sa protectrice et amie. « Et surtout maintenant qu'est ce que tu veux faire ? Toi ? »
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Dim 16 Juin - 14:45 Message | (#)


    Bafouillages, inintelligibles. Hésitations. Mesure.

    Le regard d’Andrea s’était instillé dans le creux des prunelles céruléennes de son ami, le berçant d’une impression candide, désintéressée. Au-dessus de ses émeraudes placides, les sourcils levés en signe d’interrogation, en-deçà la bouche étirée en un délicat sourire. Elle s’était redressée sur un coude d’abord, pour pouvoir couver du regard l’imposante silhouette du milliardaire, mais son inconstance et son hésitation l’avaient contrainte, dans un soupir, à sauter au bas de son nuage pour se diriger d’un pas ferme vers lui. La contrariété perlant au bout des lèvres, une moue boudeuse enflant sa lippe inférieure, Andrea avait rappelé son ami au bon souvenir du serment qu’il lui avait fait quelques semaines auparavant, alors qu’ils avaient délaissé la concupiscence de la gymnastique russe pour la chaleur d’une proximité sincère.
     « Oubliez vos obligations pour la journée. Laissez Williams de côté, soyez juste Gregory, lui avait-elle alors demandé avant d’ajouter dans un sourire : Juste aujourd’hui, s’il vous plaît. » La demande était innocente, mais ç’avait été déjà trop lui réclamer, et les arguments qu’il avait avancé… N’étaient que par trop réalistes. Et elle, trop idéaliste. Elle avait baissé les yeux sur sa tasse de café, murmuré un marmoréen « Oui, je comprends. » et s’était apprêtée à partir. Puis il y avait eu la promesse, une promesse soufflée du bout des lèvres, à peine plus qu’un murmure, comme si elle le lui avait arraché et, qu’acquiesçant d’un signe de tête et d’un sourire triste, elle s’était promis de ne plus jamais faire mention, puisqu’elle savait que ce jour n’arriverait jamais. Mais pas là, pas aujourd’hui. Aujourd’hui était l’occasion, la seule, et la belle était déterminée à ne pas la laisser filer. C’est dans le reflet implacable de ses prunelles pers qu’il avait trouvé la volonté de faillir.

    Elle avait gagné. Elle en revenait à peine, comme si l’inconcevable venait de naître d’un chaos de déception. De ses mots, du creux de ses lèvres, alors qu’il avait abandonné le vouvoiement formel pour un très familier tutoiement, qui la mettait horriblement mal à l’aise. Elle avait gagné. Sans nul doute lui faudrait-il un certain temps pour s’habituer à cette soudaine contiguïté, et s’entendre elle-même le tutoyer en retour risquait, à ses oreilles, de sonner faux pour un moment. Mais qu’importait ? Andrea avait enfin obtenu ce qu’elle voulait et qu’importait comment, qu’importait pourquoi ou pour combien de temps, dix minutes ou dix heures, elle entendait en profiter un maximum. De chaque seconde. Gregory pouvait très bien se lasser d’elle avant la fin de la matinée et décider de mettre fin à cette pantomime de bons sentiments qui – Elle le connaissait assez pour ça – devait atrocement l’ennuyer, ou l’ennuierait tôt ou tard. Elle pourrait alors se targuer d’avoir passé la meilleure matinée de sa vie. L’homme s’était perdu dans ses réflexions, et l’espace d’un instant, la jeune femme avait craint qu’il ne change brutalement d’avis. Mais loin s’en fallait, force lui fut de constater que, bien au contraire, les circonvolutions sinueuses de ses pensées avaient fait naître au fond de ses prunelles une esquille exaltée qu’elle ne lui connaissait pas. Ce simple éclat d’intérêt qu’on voyait pourtant brûler à l’écueil de n’importe quel regard, ce simple éclat qu’elle n’avait jamais vu chez lui, au point de concevoir l’horrible impression que Greg Vivait pour la première. Et cette vision inespérée ébranla quelque peu ses certitudes sur le milliardaire. Il avait un cœur, après tout ? Sans se faire prier, la texane passa son manteau et sortit à la suite de son ami qui avait souri, leur prochaine destination bien en tête.

    Il avait attrapé le premier taxi qui s’était présenté à eux. Exit la limo, pour le plus grand plaisir d’Andrea qui s’engouffra juste avant son ami, pressée par sa main dans le creux de ses reins et le froid mordant qui avait embrassé ses lèvres entrouvertes. Gregory s’était penché pour glisser quelques mots, qu’elle ne comprit pas, au conducteur qui acquiesça sans mot dire et démarra, s’engouffrant dans le premier tunnel qui s’était présenté à eux. Le voyage ne dura pas longtemps ; S’ils étaient partis sur les coups des sept heures, ça, au moins, elle savait le lire, ils n’avaient pas mis plus d’une demi-heure pour atteindre leur destination. Destination dont Andrea n’avait rien jusqu’à ce que la voiture freine brusquement devant le portail clos d’un jardin typiquement japonais.
    « 我々が到着しました- Wareware ga tōchaku shimashita. » Alors que la jeune femme lui adressait un sourire poli, Gregory remercia le chauffeur en lui glissant une grasse poignée de yen dans la main, puis s’extirpa de l’habitacle sans l’attendre. À quoi bon, puisque la jeune femme était de toute façon sur ses talons ? À la moue contrariée qui ourlait les lèvres du milliardaire, Andrea comprit que quelque chose n’allait pas avec la grille irrémédiable fermée du jardin puis, avec un sourire bête, elle comprit rapidement que le célèbre Koishikawa Kōrakuen, qu’elle ne connaissait pas le moins du monde, était tout simplement fermé. À bien y réfléchir, et quoiqu’elle ne comprenne strictement rien des écrits du panneau qui surplombait l’entrée,  l’heure matinale ne pouvait qu’être la cause de leur déconvenue. La jeune femme, dont la déception imprégnait le visage, s’apprêtait à suggérer à Greg de faire demi-tour quand l’homme, à sa grande surprise, s’était mis tout naturellement à escalader le grillage.

    « Mais Greg v… » ous ne pouvez pas. Mais son injonction mourut à ses lèvres. D’un air circonspect, et sentant que la jeune femme n’était pas très encline à l’accompagner, l’homme lui demanda tout simplement si elle le suivait, faisant preuve d’une incroyable détermination. Sans un mot, et de toute façon il n’y avait rien à dire, Andrea grimpa à sa suite et, sautant à bas du grillage, s’introduisit dans le jardin, en un instant devenu leur paradis privé. Et là, dans le creux de la nuit, la magnificence rivalisait de la catharsis sensorielle qu’offrait le kaiyushiki teien, pour apaiser, exalter, purger, et Andrea n’échappait pas à cette aliénation du rationnel au profit du phantasme. Au clair de ses yeux, où se mêlait extase et admiration candide, elle se plaisait à détailler chacune des singularités  du parc qui semblait, à chaque détour, se métamorphoser pour transcender d’un autre univers, d’une autre époque. Là, le calme s’adonnait à la fraîcheur pour lénifier corps et esprit, là encore les éclats de couleur jouaient des reflets timides des premiers éclats de soleil sur la surface de l’eau. Dans leur cocon préservé, la placidité était hypnotique. Il ne leur fallut pas moins d’une heure pour faire le tour des sept hectares boisés, parlant peu, admirant sans s’en lasser. Gregory avait, bien entendu, mené l’essentiel de la conversation en rythmant leur promenade d’explications, plus terre-à-terre, sur le jardin botanique ; Le « jardin de la réjouissance ultérieure » était, disait-il, vieux, très vieux, et portait merveilleusement son nom. Comment ne pas s’y sentir transporté ? Le visage reposant dans le creux de ses bras, les yeux délicieusement fermés, Andrea écoutait le ruissellement apaisant du cours d’eau qu’alimentait une cascade naturelle dont on percevait sans mal le chant vivifiant, dans le calme de la matinée.


    L’Engetsukyō, le « pont de pleine lune, était une merveille d’ouvrage, la texane devait en convenir. L'arche, en forme de demi-cercle, voyait sa réflexion dans le plan d'eau donner un cercle entier, dont la forme n’était pas sans rappeler celle d’une pleine lune. Reproduction d'un pont chinois, dont l'auteur était une dénommé Shu shinsui, avait expliqué Greg, le pont était l’un des rares éléments du jardin a avoir été conservé dans son état d'origine. Sous la pulpe de ses doigts, la pierre chargée de mémoires, semblait pouvoir conter de son anamnèse, elle pressentait chacune des aspérités comme le renflement de l’Histoire, un point d’ancrage dans le passé. Qui avait, à jamais, immortalisé leur venue. Les yeux plongés dans les sinuosités houleuses, à l’ombre d’un abricotier en fleurs qui embaumait l’hiver, la jeune femme observait silencieusement leurs reflets, côte à côte, et se demanda singulièrement si ce Reflet si entier, si vrai, n’était pas Gregory, et si Gregory n’était pas qu’un Reflet. Et elle se prit à penser qu’elle aurait bien aimé que le temps, à cet instant, s’arrête. Au bout d’un moment, elle vit le visage de son ami se tourner vers elle, elle entendit sa voix, ses mots s’extirper du visage changeant de son reflet. « Je ne sais pas, murmura-t-elle. Ses iris liliaux se tournèrent vers lui, un sourire étira ses lèvres. J’ai l’impression qu’aucun mot n’est assez lourd de sens pour le décrire. J’ai l’impression que donner mon impression lui ferait affront. » Là, elle ne pouvait pas résumer plus justement la situation. Il lui demanda aussitôt après où elle désirait se rendre ensuite, et la belle se devait d’avouer qu’elle n’en avait aucune idée. Amassant le peu de connaissances qu’elle possédait sur la capitale nippone, elle piocha dans ses souvenirs pour décider de leur prochaine destination.

    Les sources chaudes japonaises étaient réputées pour leurs bienfaits, ainsi que pour la qualité du repos qu’elles offraient. Plusieurs mois auparavant, Andrea avait lu un article de journal présentant l’Ōedo-onsen-monogatari, un établissement de onsen situé à Odaiba dans la zone portuaire aménagée de Tōkyō. Et à présent qu’elle y repensait, la jeune femme se disait que l’idée d’y finir la matinée ne lui déplaisait pas. Les bains étaient, en outre, bordés d’un restaurant où l’on servait les meilleures de spécialités japonaises, et avec la journée qui attendait Gregory dès le lendemain, un peu de détente ne serait sans doute pas pour lui faire du mal. Elle lui fit part de son idée qu’il accepta immédiatement. Gregory tourna les talons pour partir, Andrea voulut rester un instant de plus pour prendre une photo ou deux à l’aide de son smartphone puis se ravisa ; Les meilleurs souvenirs resteraient ancrés dans son cœur. Sa garde du corps sur les talons, le milliardaire rebroussa chemin et sortit du parc aussi simplement qu’il y était entré : En sautant par-delà les grandes barrières qui l’entourait. Il héla un taxi, un des seuls qui devaient se trouver là à cette heure, dans lequel ils s’engouffrèrent, se frottant les mains pour en chasser le froid qui s’y était accroché. Comme précédemment, Gregory se pencha vers le chauffeur et lui indiqua leur prochaine destination ; Le voyage serait toutefois bien plus long que le précédent, du fait du réveil de la grande métropole, des embouteillages monstres avaient commencé à se former. Il leur faudrait sans doute un certain temps avant d’arriver jusqu’au lieu-dit de leur prochaine destination, et la jeune femme songea que c’était le moment ou jamais d’entamer une discussion : « Dit… Dis. Elle rougit imperceptiblement. Combien de fois es-tu venu ici ? »


Dernière édition par Andrea Parker le Mer 19 Juin - 14:04, édité 1 fois
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Mar 18 Juin - 17:20 Message | (#)

«  Un affront … Oui c'est exactement le mot. Comme si ce jardin était son propre et maître et qu'une fois en son antre, il  devenait votre maître et juge. Que vous ne soyez plus rien et qu'il vous fasse taire car c'est tout ce qui se doit d'être ici. » Gregory marqua à nouveau un silence, ces mots ce soupesèrent les uns aux autres et quand enfin il réalisa vraiment ce qu'il venait de dire. « Oui  je parle bien d'un jardin qui a réussi à me faire taire là ou beaucoup ont échoué. C'est bête mais le plus simple est parfois le plus efficace. On me dit que je parle parfois trop durement mais on ne m'a jamais demander d'être plus gentil pour autant. » Son regard se pencha vers l'eau sinueuse qui continuait son parcours juste sous leur pied. Les gens devaient ils vraiment demander ? Oui et mille fois oui, car c'est dans les prises d'initiatives que Gregory voyait s'il proférait de l’intérêt ou de la peur. Cette réalité lui fit pousser un léger soupire sec accompagné d'un rictus plein d'ironie. Devoir ainsi vérifier et attendre, percer et comprendre, n'était pas une vie. Il s'en rendait compte, mais que faire, que faire quand il n'y a que ça qui tient un semblable de réalité dans un vécut plein d'illusion.

La discussion était inutile, Andrea devait maintenant le connaître assez bien pour commencer à cerner correctement ces traits du personnage. Autant lui demander où elle désirait aller. Le milliardaire s'amusa alors de cette mine réfléchie qu'arborait sa garde du corps. Elle n'était jamais venu ici. Il le savait, elle lui avait dit et ça se voyait. Autant dire que ce petit air de réflexion mêlé à celui d'une moue presque boudeuse devant ce sourire moqueur qu'il  arborait, laissait le monde s'arrêter. Il était de ces quelques moments privilégiés dont on pouvait se rappeler longtemps.
Finalement la texane le surprit et sous un petit sourire malingre  et victorieux elle lui afficha en quelques mots l’Ōedo-onsen-monogatari  comme prochaine destination.
Étonné mais agréablement surpris, le milliardaire qui s'attendait plus à devoir aller se balader dans les grands carrefour de Tokyo lui afficha un grand sourire. Les sources chaudes étaient un plaisir bien méconnus des touristes de bases. Alors venant de quelqu'un qui il y a vingt-quatre heures ne savait même pas qu'il venait au japon. Amusé, il lui sourit de toute ses dents et se décida dans un petit élan d'importun moqueur à l'embêter un peu
« Öedo. Avec une accentuation. Sinon tu ne te débrouilles pas trop mal. Et sinon .. Bonne idée,excellente idée. Je te suis.» 
Et sans plus un mot, les deux occidentaux décollèrent de ce pont de pleine lune pour fuir la beauté du jardin ancestrale. Il ne savait pas exactement combien de temps ils étaient resté ici. Une heure peut être plus. Quoi qu'il en soit, le soleil commençait à pointer son nez entre les building et ses traits lumineux venaient enfin frapper la capitale nippone et ses habitants. Car oui Andrea et Greg n'étaient plus seuls au monde et les rues de la mégalopole commençait déjà à fourmiller de monde mais surtout et hélas pour eux de voitures. Des klaxons incessants, des moteurs grondants. La paix disparaissait à force de voir le portail se rapprocher d'eux. Finalement dans un effort commun, ils quittèrent leur petit paradis et retombèrent de l'autre côté, Greg un peu pataud et gémissant, Andrea souple à ne plus en finir. « C'est l'âge .. » Maugréât par mauvaise foi milliardaire. La totalité des sensation musculaire retrouvée, le quadragénaire appela un taxi qui s’arrêta promptement, les taxis aimaient les occidentaux.
Pas une minute de plus et ils s'engouffraient dans le véhicule, Andrea la première, lui s'apprêtait à la suivre quand tête baissée, il aperçut au loin à la grille, un garde au képi qui s'amusait à vouloir déverrouiller le portail en bavant sa colère. Comprenant allègrement qu'il venait de se faire repérer, Gregory ne lui offrit qu'un petit haussement de sourcil et un regard plein de fierté avant de monter à bord à son tour. La porte claqua, il gloussa de cette petite aventure idiote tout en se demandant si Andrea avait remarqué la petite altercation qui finissait leur escapade matinale. La destination fut donnée, une avance dans foulée. Autant arriver rapidement que de se faire traîner pour laisser le compteur tourner.
Le temps ne lui donna pas raison. Pour faire tourner le compteur, pas besoin de de tourner à droite à gauche dans de grand détour. Les japonais faisaient ça très bien eux même et sans plus attendre, sur les grandes rocades de la ville, les masses de travailleurs s'entassaient pour aller à leur gagne pain journalier. Attendant, patient, Andrea finit apparemment par vouloir profiter du temps qu'ils avaient pour poser la question fatale par excellence. Combien de fois était il venu ici ?  Grande question …

Grattant sa barbe toujours naissante, le milliardaire réfléchit et plongea dans des souvenirs magiques à jamais gravé dans sa mémoire. Des moments incroyables qu'ils avait pu passer  dans ce monde à part. Les voyages … Voilà longtemps qu'il ne voyageait plus à son grand regret.
« A Tokyo ? Ça sera la sixième fois. Au Japon en totalité sept. La première fois j'avais quoi la vingtaine à peine. Tu sais j'étais un étudiant comme d'autres, à vouloir juste vivre. Mais mon nom m'en empêchait. Tu imagines un Williams sur les photos du Springbeak. La grande classe. Alors pendant que d'autres se saoulaient et faisaient des plongeons dans les piscine de  Floride, je suis venu ici.
J'ai passé un mois au japon, j'avais au moins la fortune familiale pour me le permettre et j'y ai découvert une nouvelle façon de se sentir vivant : Découvrir. Agiter et gaver sa curiosité de toute sorte. Laisser des myriades de nouveautés et de couleur exploser à vos yeux. Bienvenu au japon …
Hélas quelques années après j'entrais à la Rhodes. Plus de vacance, plus de plaisir. Juste du travail acharné pour le prestige du nom. Mes autres voyages ici n'étaient que d'affaires. Rien de bien reluisant. »

Ces vieux souvenirs lui remontèrent tous d'un coup, le laissant pensif, le regard déambulant de voiture en voiture à travers la vitre. Il y avait bien des choses qu'il regrettait. Mais le passé était le passé. Ses choix étaient assumés, il ne devait pas s'effondrer dans la nostalgie et les « Et si .. ». Il se devait d'être présent maintenant, là, tout de suite. Une voix maussade résonna dans la cabine. « Et toi les voyages ? Les congés ? »

La suite du voyage dura bien une bonne heure. Une heure d'embouteillage où heureusement la discussion les sauvait. Il papotait toujours et encore, parfois pour ne rien dire en enchaînant des  onomatopées idiots. Juste parce que voilà ils eux étaient et s'en contentaient dans une complicité parfaite. Puis enfin le cab les lâcha à destination et ainsi Greg et Andrea se retrouvèrent devant le gigantesque ensemble de ce que l'on pourrait appelé une thalassothérapie à la nippone.




Le hall fourmillait de tout côtés et finalement une hôtesse en tenue traditionnelle les intercepta. Quelques mots en japonais, des saluts, des remerciements et voilà que souriant, le milliardaire expliquait la situation à sa garde du corps.
« Alors en fait il n'y a que le ruisseau extérieur de mixte et je suppose qu'on ne se lâche pas l'un l'autre. J’espère que vous n'avez pas peur des coups de froid. » L'explication était donnée. Le moment était venu donc de plonger tête la première.
Ils se séparèrent quelques secondes, temps nécessaire à se changer. Traversant comme il le pouvait ce labyrinthe gargantuesque de bois et de toile à la japonaise, Greg finit par trouver les vestiaires hommes et y enfila dans un soupir - tradition oblige - une simple serviette sur un corp maintenant dénudé. Les japonais ... Ne serait que l'idée de se mettre nue devant Andrea le gênait mais sans vraiment qu'il sache pourquoi. Peut être peur du ridicule ?
Grelottant, et se frottant les corps de leur mains, les deux occidentaux traversèrent l'immense  jardin japonais qui faisait habitat aux ruisseau d'eau chaude. De vrais touristes. Puis  vint le moment tant attendu, l'immersion.




Greg se laissa entièrement porter par le  léger courant chaud qui d'un coup revigora son corps entier. Le choc thermique provoqua frisson et fourmis et pendant quelques délicieuses secondes son corps ne répondit plus. Seule la tête dépassait, il se relaxait, il était bien. L'eau butant, contournant sa peau était une agréable sensation. Ses  muscles se détendaient doucement. De léger picotements douloureux apparaissaient même comme si ces derniers ne s'étaient jamais décontractés depuis des années.
Il ferma les yeux, les minutes passèrent et enfin, il lâcha un profond soupire, finissant d’extérioriser son ressenti. Sa nuque se posa contre la petite rive de pierre. Il ne bougeait plus, les yeux toujours clos.
« Ah et l'hôtesse m'a parlé d'un restau spécialité japonaise qu'ils ont dans le complexe. Je propose qu'on larve encore quelques heures et … Je suppose que vous ne mangez pas japonais tout les jours ? »

Finit il amusé par l'idée d'une texane mangeant avec des baguettes.
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Mer 19 Juin - 14:03 Message | (#)


    La jeune femme était pendue à ses lèvres. Attentive, elle l’écoutait et se plaisait à imaginer les souvenirs qui imprégnait son esprit tandis qu’il parlait ; Lui, à vingt ans, encore jeune espoir et plein de promesses. Regrettait-il ce temps ? Rien n’était plus sûr. Alors qu’il évoquait ses voyages, de vrais voyages, Andrea voyait briller une petite lueur indescriptible de bonheur dans le fond de l’acier bleuté de ses yeux. Ses yeux qui s’étaient perdus dans les méandres d’un embouteillage qui n’en finissait pas. À quoi pensait-il ? Certainement pas aux toyota qui roulaient au pas, à leurs côtés. Non, Gregory regardait plus loin, bien au-delà. Il avait plongé un regard mélancolique sur son passé et s’était laissé envahir par les réminiscences d’un temps où il était heureux. Mais le passé était le passé. Andrea n’avait osé lui répondre, ne sachant que trop bien combien ces instants lui étaient rares, et précieux. Elle ne reprit la parole que lorsqu’il lui demanda, à son tour, quels avaient été ses voyages, mais sa voix était morne et la jeune femme se demanda vaguement s’il en avait, en vérité, quelque chose à faire. De toute façon qu’y avait-il à raconter, au fond ? « Je n’ai jamais quitté les Etats-Unis. » Dit-elle simplement, pour couper court au dialogue. Elle le regarda à peine, un demi-sourire aux lèvres. C’était aussi la raison pour laquelle elle avait envie de profiter de chaque instant qu’elle passerait ici avec lui. Elle ne voyait pas de meilleure compagnie puisque, aussi fou que ça paraisse, elle se sentait bien avec lui. Elle ne voyait pas non plus qu’elles seraient ses autres possibilités de quitter le territoire américain à l’avenir, ne nourrissant ni la prétention d’apercevoir un jour la tour Eiffel, ni de voguer sur les canaux de Venise.

    L’embouteillage les avait happés et ne les recracha qu’au bout d’une heure. Une heure interminable pendant laquelle ils parlèrent de tout, de rien. Beaucoup de rien,… Mais ça faisait bien longtemps qu’ils n’avaient plus besoin de parler pour se comprendre. Il leur arrivait même de se contenter, pour tout dialogue, que d’un échange d’onomatopées stupides, et le chauffeur devait les prendre pour des fous, mais ils s’en fichaient et ça leur suffisait. Il arrivait encore qu’Andrea s’étonne de leur complicité, se prêtant à regretter que ça soit avec lui et pas avec un autre, mais jamais, jamais, quand il lui souriait. Ils arrivèrent enfin aux abords de l’onsen, une bâtisse typiquement japonaise aux toits bas et pentus, et pénétrèrent le hall humide qui, quoique fourmillant de monde, n’était que peu rempli de clients. Une hôtesse les interpella et, démontrant une nouvelle fois son talent pour la langue nippone, Gregory expliqua à sa garde du corps qu’il leur faudrait se contenter, pour tout bain, que du ruisseau extérieur, le seul qui soit mixte.
    « Je devrais survivre. » Lui glissa-t-elle sur le ton de la fausse confidence. La jeune femme lui sourit une dernière fois avant de suivre l’hôtesse qui, par chance, parlait un anglais approximatif, jusqu’aux vestiaires. Où elle ne trouva, pour tout vêtement, qu’une serviette de coton d’un blanc immaculé. Aïe. Une grimace déforma ses traits ; Voilà un détail qu’elle avait oublié ! Avec une moue contrariée, Andrea laissa tomber ses vêtements au sol, et les glissa dans le casier qui lui était dévolu. Puis elle se drapa du mieux qu’elle put dans la serviette et sortit rejoindre son ami qui l’attendait au jardin zen, lui aussi dans le plus simple appareil. C’est, tous deux grelottants, qu’ils s’approchèrent du bassin et quand enfin le moment fatidique arriva, Andrea eut une seconde d’hésitation. Gregory, lui, n’en eut aucune. Laissant tomber sa serviette, et sans même avoir l’air de se soucier de sa nudité, de laquelle l’ultime détourna les yeux en rougissant, le milliardaire se plongea dans l’eau fumante avec un soupir de délice. La jeune femme considéra, quant à elle, un instant l’hypothèse de fuir à toute jambe, puis se ravisa.

    Laissant tomber la fragile barrière du coton qui masquait son corps, frissonnant, nue dans la froide morsure de février, Andrea glissa une jambe effilée, puis l’autre, dans l’eau. Puis, une fois habituée à la chaleur piquante, s’immergea entièrement, dans un frisson de plaisir. L’eau était trouble du sodium et du calcaire, et si on parvenait à distinguer quoi que ce soit, c’était tout juste de vagues formes dans l’eau. Avec un soupir de délice, et de soulagement, Andrea posa sa tête contre le rebord du bassin et ferma les yeux, laissant ses sens s’imprégner de la sensation de ses muscles se délassant. La voix de Gregory s’éleva doucement, murmurant presque pour ne pas briser la quiétude de l’instant.
    « Larver oui, ça me va, susurra-t-elle d’une voix pâteuse, presque endormie. J’ai déjà mangé japonais, mais je doute qu’on ait le même standing. » Elle ouvrit doucement les yeux, laissant ses prunelles plonger dans les volutes du ciel laiteux, avant de glisser son regard sur le visage apaisé de son ami. Un léger sourire barrait son visage rongé par une barbe naissante, et elle ne doutait pas un instant de ce à quoi il était en train de penser. Elle était dans sa tête. « Arrête, idiot, je sais très bien manger avec des baguettes. » Ils échangèrent un sourire complice, avant de retomber dans un mutisme relaxant.  




    Le reste de la matinée s’écoula tranquillement, sans qu’ils n’échangent plus de paroles. Au bout d’un certain temps, ils reprirent conscience de ce qui les entourait et de l’heure avancée qu’il était. Le soleil était presque au zénith et quoiqu’à travers la couche nuageuse et les feuilles d’un abricotier en fleurs, ils sentaient poindre les rayons sur leur peau dénudée. Gregory leur proposa d’aller manger, ce qu’elle accepta vivement. Ils sortirent de l’eau, enroulés dans leurs serviettes, se séparèrent le temps d’aller se changer puis se retrouvèrent dans le hall d’entrée. De là, ils se dirigèrent vers le restaurant, où ils furent accueillis et installés, à une table à l’écart plongée dans une semi-pénombre. On leur apporta la carte, intégralement rédigée en katakanas et à laquelle, bien entendu, Andrea ne comprit rien. Lançant un regard dépité au milliardaire, elle murmura :
    « Tu m’aides ? »
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Dim 23 Juin - 3:25 Message | (#)

Le temps sembla s'écouler à une vitesse folle dans ce petit ruisseau d'eau exceptionnellement chaude. Greg venait à peine d'y plonger son corps que déjà il avait fermé les yeux, profitant d'un moment plaisant qu'il n'avait pas vécut depuis bien longtemps. Les bains à remous allaient bien cinq minutes, rien de valait l’atmosphère de cet endroit. Chaque muscles délaissaient son stress, sa tension et le milliardaire pouvait sentir cet amas d'humeurs malsaines partir au fil du courant. Les paupières toujours closes, il soupira – comme à son habitude – mais de bonheur cette fois ci. La pécore avait finalement peut être raison sur le bien fondé de cette journée qui, même lui devait l'avouer, ne commençait pas mal du tout. C'était d'ailleurs bien là que cette idée de restaurant lui avait traversé l'esprit.
Andrea était à ses côtés. Greg n'avait même pas fait attention à son petit jeu de pudeur, trop accaparé par le bonheur que lui procurait cette légère vapeur enivrante qui lui montait au visage, combattant le froid mordant. En fait l'idée que cela la dérange ne lui avait même pas traversé l'esprit. Tellement peu de chose l'atteignait, c'était comme si il n'avait plus peur de rien, comme si plus rien de pouvait le choquer. Gregory Williams était parfois un homme qui ne touchait plus terre et en fait, même en sentant les remous et vaguelettes que l'immersion d'une Andrea nue, le milliardaire n'avait pas dû calculer ce bien des hommes auraient voulu pouvoir observer. Une journée aussi rare ne se gâchait pas avec de bas instinct.

La jeune femme s'apposa sans retenue à côté de lui et en quelques secondes, Gregory put sentir les quelques échos de la plongée de sa gracieuse partenaire s'endormirent et le courant reprendre son droit. A moitié somnolent, la voix d'Andrea lui parvint comme un répit de plus. Larver en sa présence ? Une idée qui lui convenait parfaitement si ce n'était cette désagréable sensation d'un estomac qui se vidait de plus en plus. Sa proposition fit sensation, la réponse que lui délivra Andrea encore plus. Il la connaissait bien, très bien et il savait que cette soudaine affirmation quant à une pré-connaissance des restaurant japonais sentait à plein nez le ridicule. Il n'avait pas réagit au dévoilement soudain de sa nudité, le milliardaire ne sentit par contre pas la volonté de laisser une petite pique s'envoler. Ses deux yeux s'entrouvrirent, traversant l'épais nuage de vapeur, son sourire narquois se marqua de ses dents parfaitement blanche. Andrea le repéra directement et sans même qu'un mot de trop ne s'envole, elle réagit au quart de tour annonçant fièrement sa capacité à utiliser les baguettes traditionnelles.  Un tantinet de mauvaise foi qui laissa un sourire complice échapper des deux amis.

Les heures passèrent indubitablement, implacablement. Ils n'avaient pas bougé d'un centimètre, à quoi bon bouger quand l'on est sûr d'avoir déjà atteint le firmament. Le silence ne se brisa quelques fois. Andrea était curieuse, Greg avait les réponses. Ils 'étaient adonnés à ce petit jeu deux trois fois. La texane demandant notamment pourquoi cette tradition de mixité et de nudité dans ces ruisseaux.  Le milliardaire lui expliqua brièvement : Les onsen, les traditions, le respect du corps et de la nudité. Il déblatérait ses infos à la pelle comme un long récit qu'il connaissait par cœur. Une fine histoire durant laquelle il bafouilla maladroitement alors que ses mots lui imposait une vérité troublante. Andrea était nue à ses côtés, il l'avait vu avant, mais c'est comme si il ne l'avait jamais remarqué.
Perdant un peu ses moyens et surtout ne sachant maintenant plus où poser les yeux, Gregory se força à retrouver ses moyens en replongeant dans la relaxation des yeux clos. Il n'avait rien vu et ce n'était pas le moment d'y penser.
Heureusement pour lui son petit malaise sembla passer inaperçu et doublement heureusement Andrea changea rapidement de sujet pour un plus à double tranchant qu'autre chose. Son médaillon … Il pendait fièrement à son cou ce scarabée aux reflets d'or et d'onyx attirait l'attention à des kilomètres.
Bafouillant, Greg prétexta – comme à chaque fois qu'on avait pu lui faire la remarque – un simple souvenir d’Égypte. Une relique familiale. L’explication ne sembla pas des masses convenir à la garde du corps, mais elle n'en demanda pas plus, sentant qu'elle devait de toute manière s'y suffire.
Et tout redevint calme.
Le soleil pointa à son pic hivernal et l'estomac du milliardaire criait son envie de vengeance sur le décalage horaire. Les discussions et la détente finissaient par être vaines. Même lui s'en rendait compte. Deux, trois paroles à la texane qui acquiesça en grommelant dans son état semi végétatif, et voilà qu'ils étaient tout deux enroulé dans de larges serviettes blanches et parfumées, grelottant pour tenter de vainement se réchauffer. Ils ne mirent pas de temps à revenir sur leurs pas.
Vestiaire, douche et vêtements chauds suffirent à les remettre d'aplombs et voilà que les deux touristes se retrouvaient l'un en face de l'autre à contempler les cartes traditionnels de ce restaurant typiquement japonais.
Andrea montra sa détresse. Gregory lui fit un sourire carnassier et profiteur.
Retournant la carte dans sa main pour la placer sous le nez de la pécore, il commença à glisser son doigt le long des appellations et des différents plats.



    « Répète après Gregory … Nūdorusūpu ! C'est une soupe de nouille classique. Là c'est Niwatori. Poulet si tu préfères. Ca va je ne vais pas trop vite ? En tout cas tu ferais mieux de vraiment répéter si tu ne veux pas avoir l'air d'une touriste. Je suis sûr que quand tu parles japonais, on a l'impression que tu inventes des mots. »



Et il passa ainsi dix bonnes minutes à lui initier chaque mets présents. Riant à ces prononciations douteuses et aux regards incompréhensif de sa garde du corps. Un autre bon moment. Ils finirent finalement par réussir à commander et les plats commencèrent à arriver les uns après les autres. Greg était un classique, un américain aux goûts peu changeant malgré ce qu'il avait vécut. Sushis, Poulet Teriyaki et simple riz lui suffirent.
Agressant l'un de ses morceaux de viandes d'un coup de crocs, il observa sa pécore et une idée germa dans son epsrit toujours un peu tordu.




    « Tiens autre chose. Formule de politesse classique. Prête ? Alors répète, Watashi no jōshi wa subarashī otokoda. » Rien de bien dur hein … De toute manière et lorsque ce fut fini, il ricana fier de sa bêtise. «  Ça veut dire mon patron est génial. Alors certes je ne le suis pas vraiment et plus pour longtemps mais au moins profitons en. Je suis encore en vie. »


Le repas se termina finalement plutôt de bonne manière. Une bonne heure à juste se goinfrer de tout ce qui se passait à porter et un verre de saké pour finir le tout. Le milliardaire avait finalement succombé et toute cette histoire lui plaisait bien. Il avait tombé le masque pour le moment et dans son nouvel élan, loin de Star City et de sa vie, il se décida même à prendre un peu les rênes. Il paya l'ensemble, remercia toujours comme il se devait les membres de l'établissement et tout en respect demanda à ce qu'on lui appelle un taxi. Ainsi fait, il franchit les portes des délicieux bains japonais, refait à neuf et surtout trépignant d'attaquer la suite.



    « Je vais te montrer un truc que j'adore dans ce pays. Bon ça c'est pas améliorer depuis que j'étais jeune mais … Enfin tu vas voir. »
    Lâcha t-il en sautillant presque sur place tel un gamin intenable.


Finalement la voiture arriva et tout deux entrèrent sur les sièges arrières. Sans attendre Gregory se pencha au conducteur, toujours une liasse de yen à la main. L'argent toujours l'argent, la journée se basait dessus certes, mais elle ne tournait pas autour et c'était bien ça le plus important.


    « Shima Odaiba ! » Le conducteur acquiesça, les pneus crissèrent, ils étaient repartis.
    « Alors que je t'explique ! On va actuellement vers l'île d'Odaiba. C'était une ancienne île artificielle devant protéger Tokyo pendant les guerres. Ils en ont fait un quartier shoppings, babioles et détentes assez sympa. Pour ce que je m'en souviens en tout cas. Il y a une grande roue aussi si ça te tente. »


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Sam 29 Juin - 14:24 Message | (#)


    Céruléen était le ciel qui s’étirait au-dessus d’eux, comme une toile adamantine dont chaque reflet ébauchait un nuage sur lequel venait mourir les rayons d’un soleil agonisant. Frisant la ligne d’horizon, l’astre brûlait ses derniers espoirs dans le creux de terres infinies, qui s’étendaient bien au-delà de son regard. Tokyo était belle, à l’ombre d’un soleil agonisant.




    L’instant était parfait. Idéal. Inespéré. Elle s’était laissé happer par la beauté de la toile que la métropole nipponne dessinait sous ses yeux, en oubliant presque la déception de l’après-midi qui n’était désormais plus rien qu’un point las et vide dans son esprit. En s’oubliant même elle-même. En l’oubliant surtout lui. Son esprit était vide, contemplatif, et le repos prenait le pas sur l’éblouissement que les merveilles japonaises suscitaient en elle. Une chaleur bienheureuse venait caresser sa peau joliment hâlée par le crépuscule, elle pouvait fermer les yeux, et un vent délicat viendrait flatter une mèche folle du caramel de ses cheveux. Et il y avait le calme, ce calme absolu. Oui, l’instant était vraiment parfait. Elle se pelotonna dans le creux de la nacelle, enfoncée dans un siège de mousse et de cuir qui épousait parfaitement son corps. Les jambes repliées contre sa poitrine, la tête posée sur la rambarde dure et froide, la jeune femme s’autorisa un soupir de contentement, et un sourire de plaisir vint caresser ses lèvres. Comblée, elle murmura :
    « C’est magnifique, tu ne trouves pas ? » Andrea n’avait pas eu à cœur de le solliciter jusque-là, profitant du rare instant de répit que l’ascension lui prodiguait, et lui-même n’avait pas pipé mot. Elle l’avait entendu sourire, son horrible sourire en coin, juste avant qu’il ne lui crache la remarque acerbe qui lui avait brûlé les lèvres dès le début. Elle l’avait senti jubiler à ses côtés, alors qu’elle-même s’était sentie emplie d’une incommensurable tristesse, que brodait la prompte colère qui lui empourprait les joues. Ses mains se crispèrent sur la barre de métal, et la tordirent. Et lorsqu’une larme silencieuse roula le long de la courbe de son visage, elle décida que ç’en était trop.

    C’était au restaurant que Gregory s’était vraisemblablement senti le besoin immanent de tout gâcher entre eux. Il l’avait traitée comme la pire des imbéciles, redevenant en une fraction de seconde l’insupportable milliardaire pédant et moqueur qu’elle avait connu dans les premiers jours de leur rencontre. Elle s’était dit qu’il ne s’agissait que de réminiscences isolées de ce qui avait été les fondements de leur relation, comme un clin d’œil malvenu mais bien intentionné. Erreur. Il s’agissait bel et bien d’un violent retour en arrière, dont elle ne comprenait ni l’origine, ni le but. Avait-ce été trop lui demander, après tout ? Pourquoi dans ce cas ne pas tout simplement lui avoir dit qu’il préférait rentrer à l’hôtel ? Oui, ça elle l’aurait compris. Elle aurait été déçue, mais elle l’aurait compris. Mais ce petit jeu auquel il s’adonnait, elle ne pouvait ni le comprendre, ni l’accepter. La texane avait mangé dans le silence le plus complet, après sa tentative infructueuse de glisser un peu de douceur et d’intimité dans leur conversation. Une fleur, une toute petite fleur arrachée à une serviette en papier. Un origami qu’elle apprit à faire alors qu’elle n’était qu’une gamine, qui avait décoré la chambre de ses parents de ces fleurs qui ne pouvaient mourir. Il s’était esclaffé que c’était donc ça qu’on apprenait dans les écoles à pécores. Mais qu’elle était jolie, cette fleur.

    Avec joie, Andrea avait vu la fin du repas arriver et avait pensé que leur prochaine destination allait jeter une bouffée d’air frais dans leur conversation. Là encore, erreur. Alors elle se contenta alors de l’ignorer peu ou prou, le sollicitant quand elle en sentait la nécessité et le plus souvent pour lui demander où ils allaient et ce qu’ils faisaient ensuite. La jeune femme ne voulait pas le laisser gâcher son « séjour » unique à Tokyo, c’est pourquoi elle se concentrait sur les merveilles que recelait la métropole et le dédaignait, lui et ses remarques critiques. Ils passèrent au travers d’un marché typiquement japonais, où les goodies extravaguant – qui pouvait bien avoir imaginé un faux chat se tortillant dans un paquet de chips ? – côtoyaient le fleuron de la culture artisanale nipponne ; Estampes, porte-bonheurs, poupées kokeshi, yukata,… Elle s’arrêta pour caresser le tissu d’un yukata de coton sur lequel le reflet du soleil venait faire miroiter des veinules d’argent, brodées à même le tissu, s’émerveilla de l’éclat d’un bijou d’argent ciselé main, d’une précision et d’une finesse stupéfiantes, croqua avec délice dans un mochi glacé, alors pourtant qu’ils se trouvaient en plein mois de février, qu’importait ?

    Elle n’en voulait pas à Tokyo. Ce voyage resterait le plus beau qu’elle ait fait. Mais il aurait pu être parfait, et c’était là son seul regret. Elle lui en voulait à lui. Elle le détestait pour ça. Bien entendu, c’était l’amertume qui parlait pour elle, et elle en était consciente. Dès demain le souvenir ne laisserait qu’une vague effusion âpre, mais tout redeviendra normal. Et quand bien même ce ne serait pas le cas, et Gregory redeviendrait-il l’homme qu’il avait toujours été, elle n’aurait plus à le supporter très longtemps. C’était déjà ça de pris. La pensée lui retourna l’estomac. Et lorsqu’une nouvelle larme silencieuse roula le long de la courbe de son visage, elle décida que ç’en était trop.
    « Je veux qu’on retourne à l’hôtel, lâcha-t-elle, glaciale et irrévocable. Maintenant. » Elle planta ses prunelles acérées dans le regard véritablement incompréhensif du milliardaire, répéta un « Maintenant » mauvais et détourna les yeux de lui, de sa mine attristée, de son air de celui qui ne comprend pas ce qui vient de lui tomber sur le coin de la gueule. Lorsqu’ils posèrent pied à terre, l’homme se décida enfin à lui demander le pourquoi de ce revirement soudain, dans un balbutiement hésitant et, en dépit de tout ce qu’Andrea s’était promis – garder son calme, entre autre – elle éclata.

    « Vous êtes un gros con, lui hurla-t-elle. Si vous ne vouliez pas passer cette putain de journée de merde avec moi, il suffisait de me le dire ! » Un « quoi » blême suivi d’un « mais je veux passer cette journée avec toi » s’extirpa d’entre les lèvres livides de Gregory, mais la jeune femme était bien décidée à laisser éclater sa rage. Elle exprima tout ce qu’elle avait sur le cœur, depuis le début de l’après-midi, tout ce qu’elle s’était retenue de lui dire. Sa voix se brisait à mesure que les insultes fusaient de sa bouche et lorsque finalement elle termina sur un malingre « Pourquoi faites-vous ça ? », elle essuya les sillons humides que les larmes avaient tracés sur ses joues du revers de la main. « J’ai cru que vous aviez changé…  Si je vous en avais trop demandé, vous auriez tout simplement pu refuser. M’expliquer. Vous n’étiez pas obligé de tout gâcher… »
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Mer 3 Juil - 14:49 Message | (#)

« C'est sûr que c'est autre chose que Dallas ... » La pique avait été lancée. Ici haut à quelques dizaine de mètres du sol. Gregory avait peut être voir sûrement prononcé les quelques mots de trop. Il avait lâché son sourire. Son léger sourire de fierté d'avoir réussi une nouvelle fois à piquer sa garde du corps, son amie. Rien de bien méchant dans l’œuvre, juste un pointe d'incompréhension.
Tout avait commencé comme ça. C'était ainsi qu'Andrea l'avait connu. Loin des bureau de Pyramide Plaza. Loin de son travail, de cette forme où avec elle il n'était autre que le maître de la Rhodes, il ne savait faire autrement pour attirer son attention. Elle lui avait dis un soir ce qu'elle pensait de lui. Un soir poussif où il avait tenté le tout pour le tout et avait découvert qu'elle n'était comme bien d'autre. Où il avait découvert qu'au fond d'elle Andrea se foutait royalement de lui, si ce n'était pour lui même.
Le masque tombé, la situation lui  avait échappé. Quoi et comment faire. Ils s'étaient rapproché l'un de l'autre. Ils s'étaient montré complice au combien complices jusqu'à au final dépasser le léger stade de cette relation professionnelle et qui pourtant avait débuté ainsi.
Sous couvert de son poste de PDG, il pouvait agir comme bon lui semblait. Il trouverait toujours une excuse folichonne pour s'être montré gentil ou attentionné – bien que ne nous voilons pas la face, le terme excuse n'était valable qu'à ses yeux – Car oui, Gregory avait bien peur de ce qu'il était réellement.

Il repensa à cet nuit dans son building la nuit de l'appel. Quelques secondes avant que la sonnerie ne retentisse, une insomnie l'avait frappé de plein fouet. La protection prendrait bientôt fin. Si il voulait continuer à voir et à être à ses côtés ce serait en temps que Williams l'homme. L'idée le déstabilisait dans ce simple fait. Lui trouverait elle encore un intérêt ?
Lui même en doutait. Se trouvait il un intérêt à lui même ? Peut être était ce pour ça qu'il avait tout sacrifié à son travail. L'homme ne valait pas grand chose.
Pris de court et de peur, une vieille promesse rameuta plus rapidement cette situation qui l'angoissait. Il n'avait pas eu le temps de réfléchir, il n'avait pas eu le temps de peser ses actes.
Par un réflexe protecteur. Gregory Williams s'était tout simplement affalé sur ce qu'il pensait être ses valeurs sûres. Provoquer l’intérêt par la pure provocation, tout avait commencé ainsi, il semblait au fond logique que cela prenne la continuité.

Le point de rupture arriva alors que la barre de sécurité de leur nacelle se pliait sous une poigne de fer. Surpris, pris en flagrant délit de stupidité, il recula instinctivement dans son siège incompréhensif et les yeux écarquillés alors qu'une larme coulait sur une joue qu'il n'aurait jamais pu croire plus heureuse qu'en ce jour. L'erreur était simple à comprendre. Il était au fond assez hésitant et doutait. Dans son esprit, il y avait lui et il avait le masque de la Rhodes. Il jouait ainsi entre deux facettes qui à son regard faisaient toute la différence. Tant de complexité qu'il avait érigé en un but simple. Éviter les erreurs, se protégé de ce qu'il avait déjà bien trop pris de plein fouet. Erreur, stupide erreur. Andrea était passé outre et quoi qu'il en dise où en pense. La moindre de ses actions prenaient bien leur origine dans son esprit, dans ses mains et sa voix.


    « Mais .. Mais pourquoi ? » Des mots écorchés et balbutié auxquelles elle ne répondit même pas préférant simplement lui apposé un regard accusateur. La bouche serré, la respiration coupé. Gregory n'osa plus prononcé un mot, alors que son regard la fixait, tentant d’apercevoir un méfait de son origine que lui même n'avait pas conscience d'avoir commis.
    Il chercha, il chercha en vain une solution pour réparer son erreur car c'était bien tout ce qui lui importait. Mais rien, un néant d'incompréhension masqua son esprit.
    La grande roue finit son tour de manège et une fois le pieds à terre, Andrea partit rageuse sans même l'attendre, d'un pas rapide il la rattrapa et tout aussi innocemment qu'un homme ne comprenant jamais ce qu'il venait de faire – comme bien des hommes – il tenta un tout pour le tout avec un
    « Qu'est ce qu'il y a ? » suppliant.


Sa garde du corps le souffla une nouvelle fois. L'accusant de toutes parts. L'accusant de vouloir détruire cette journée simplement parce qu'il n'avait en réalité jamais voulu la passer avec elle.
Des mots qui l'accrochèrent et le traînèrent encore plus loin dans des abysses de l'ignorance.
Bien sûr qu'il avait voulu passer cette journée avec elle. Bien entendu qu'il adorait cette journée. Elle l'accusa enfin fondamentalement. Pourquoi faites vous ça ? Mais qu'avait il seulement fait.

Tenté de vouloir à tout prix rattrapé le coup, il se sentait l'âme de demander des exemples, quelque chose qu'il aurait pu comprendre. Mais la main d'Andrea essuyant de légers filets de larmes l'en dissuada. Il ne savait même pas quoi dire. Quoi faire. Il se sentait au bord d'un ravin et une réalité – idiote ou non - tenace le paralysait. Si il n'avait même pas comprit se qui se passait, le moindres moindres mots de trop pouvait juste tout faire basculer vers un point final qu'il redoutait.

Gregory Williams resta silencieux. Il observa Andrea sans même bouger, alors qu'elle alpaguait un taxi pour rentrer seule. Il restait bête et se disait qu'au fond il était bien un idiot et un con. Il l'avait toujours su. Seule resta une petite voix d'espoir au fond de lui. Vous avez tout gâchez … C'est bien qu'il y avait gâché quelque chose. A cet instant, il pria sourdement tant il aurait voulu être dans la tête de l'Ultime pour comprendre. A sont tour il arracha un taxi. Les journées les mois défilaient dans ses souvenirs. Le regard perdu dans la circulation nippone. Il réfléchit encore et encore. Vous avez tout gâché … Vous. Le vouvoiement lui sauta alors à la gorge comme un ressassement sec et au flot interrompu. Son esprit flou aperçut une lumière et ce simple pronom le fit retomber bien bas et bien loin. A une époque où ils n'étaient que l'enfoiré et la texane. Il avait agis comme un idiot. Il s'en rendait maintenant compte en se basant sur sa théorie fumeuse et encore sombre mais il lui semblait qu'il tenait quelques chose.

Tapotant sur l'épaule du chauffeur, il fit arrêter le taxi en pleine rue et en descendant en trombe. Un choix, une décisions qui lui paraissait risqué mais bonne lui apparut.


    De retour à l'hôtel, quelques bras chargés. Il toqua à la porte d'une chambre close où il parvenait tout de même à deviner les mouvements sombres de son amie. En espérant qu'elle le soit encore.


    « Andrea ? Euhm. Écoute. Je suis désolé. Je ne sais pas vraiment ce que je dois dire. En fait non je ne sais absolument pas ce que je dois dire. Mais je suis désolé. J'ai toujours voulu passer cette journée avec toi sinon je n'aurais pas accepté. Et j'ai passé une excellente journée. Enfin pas la fin mais … Bref. Il y a peut être .. Enfin j'ai pris quelques suhis et californias. Je ne les ai pas fais mais, je suis allé les chercher moi même. Et puis j'ai découvert qu'en 2013 on pouvait encore louer des dvds. Le silence des agneaux. Je ne sais pas si tu le connais. Je comprendrais si tu ne veux même pas répondre. » Mais mon dieu, ce qu'il espérait qu'elle aille jusqu'à ouvrir cette porte.
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Jeu 4 Juil - 13:54 Message | (#)


    En dépit de sa détresse, de sa tristesse, de sa frustration. En dépit de son envie de savoir, de comprendre, son besoin d’avoir des réponses. En dépit de la douleur qui enserrait son cœur. Il était resté silencieux. Elle avait plongé ses prunelles suppliantes dans les yeux glacés de Gregory, mais loin d’y trouver l’éclat de regret qu’elle avait espéré susciter chez lui, la jeune femme s’était heurtée à une profonde incompréhension, et à un mutisme qui perdurait, malgré la pesanteur du silence qui s’était abattu sur eux. De la déception. Jusqu’au bout. « D’accord… » Avait-elle marmonné. Puis, sans l’attendre, sans plus le regarder, elle avait récupéré les affaires qu’elle avait rageusement jeté à terre, et avait fait signe à un taxi de passage, lequel s’était arrêté quelques mètres plus loin, lui permettant d’embarquer. Seule, puisqu’elle n’avait pas à cœur de supporter un énième voyage à ses côtés. « 我々はどこに行くの?- Wareware wa doko ni iku no ? » La gorge d’Andrea se serra l’espace d’un instant, alors qu’elle comprenait être livrée à elle-même dans une ville étrangère et sans connaître un mot de la langue. Hésitante, trébuchante, elle bafouilla un « Nikko Hotel » suivi d’un « Arigatō », revenu de très loin. Espérant secrètement qu’elle ne venait pas de lui demander un bol de nouille, la jeune femme glissa dans sa main une maigre poignée de yen, priant qu’il y ait assez pour retourner jusqu’à l’hôtel. Avec un sourire acerbe, elle se rappelait de s’être dit qu’il valait mieux prévenir que guérir, et avait décidé de faire changer quelques-unes de ses économies au cas où les choses tourneraient au vinaigre avec Gregory. Force était de constater qu’elle avait eu raison. Avec un sourire, le chauffeur démarra en trombe.

    Elle s’était efforcée de ne pas penser, laissant son regard se perdre dans les pleins et les déliés de la jungle urbaine. En vain. Elle n’avait plus envie de s’accabler par de vaines réflexions à ce sujet, bien entendu. C’était trop douloureux, et le reflet d’une déconvenue trop sévère, d’une désillusion trop cuisante. Mais c’était dans sa nature de chercher à comprendre, d’extirper la vérité de situations inextricables et, plus encore, il s’agissait de Gregory. Elle avait besoin de savoir. Savoir ce qui l’avait poussé à agir ainsi. Ainsi. Envahie par l’émotion, la jeune femme refoula encore quelques larmes, cette fois la conséquence de ses propres fautes. Elle avait agi comme une idiote et craqué stupidement pour ce qui, quelques mois auparavant, ne lui aurait arraché qu’un sourire dépité. Peut-être qu’au fond, c’était elle la grosse conne, elle qui avait tout gâché. Elle avait peut-être tout simplement trop attendu de Gregory, avait pensé qu’il avait changé là où il n’en était rien. Là où il n’y avait juste rien à changer. Pourquoi voulait-elle qu’il change ? Peut-être était-il schizophrène, peut-être était-il juste lunatique. Peut-être qu’il n’y avait jamais eu de masque, auquel cas cette journée de rimait à rien. Peut-être qu’il n’y avait rien à comprendre, songea-t-elle, enfin. Plongée dans le renflement de ses draps, dans la demi-pénombre de son immense chambre, Andrea fixait la petite aguille de la grande horloge, le regard triste et absent. Elle était parvenue à atteindre l’hôtel, et en saluant à peine le personnel de l’accueil, s’était précipitée dans l’ascenseur, puis dans la suite, puis dans sa chambre. Là, elle s’était enfermée, avait pris un bain et s’était affalée sur son lit, qu’elle n’avait plus quitté. Lorsqu’elle entendit la porte s’ouvrir, son cœur s’emballa légèrement avec l’espoir qu’il l’ignorerait, et l’envie qu’il vienne la voir.  

    Les quelques coups firent frémir le battant. Il parla, elle l’écouta sans sourciller, sans exprimer ni colère, ni déception. Plus de colère, plus de déception. Une fois sa prompte rage passée, Andrea s’était rendue à la sordide évidence qu’il n’y avait rien à attendre de Gregory et, toujours sans comprendre ce qui l’avait, elle, poussée à le vouloir différent, elle avait décidé de tracer un trait sur ses espérances. Il était son ami, il était ainsi, et ainsi devait-elle le prendre. Pourtant rassérénée, Andrea laissa échapper un
    « Laissez-moi »  calme mais nimbé de tristesse. Et c’est d’un ton tout aussi peiné qu’il souffla quelque chose sur du poulet qui allait être froid, et la laissa ainsi seule avec ses pensées. Sa pensée. Comment pourrait-elle encore le regarder en face ? Il y allait avoir un malaise. Il y avait toujours un malaise. Elle détestait les malaises. Pourtant elle ne pourrait pas l’éviter éternellement, quand bien même le voulait-elle très, très, fort, c’était impossible. Avec un soupir las, Andrea laissa glisser ses jambes effilées hors du lit. Se levant enfin, non sans contrecœur, la métisse ultime se mit en quête de quelque chose à passer et lorsqu’enfin elle posa la main sur l’estrasse qui lui servait de pyjama elle estima qu’il était temps pour elle d’affronter le regard perçant de Gregory Williams. Tournant minutieusement la poignée ronde de la porte, Andrea approcha à pas de loup sur la moquette impeccable du salon, savourant la sensation du spandex sous ses pieds nus, retenus par l’hésitation et la crainte. Lorsque les belles prunelles du milliardaire se tournèrent vers elle, en silence, elle les soutint quelques instants avant d’en détourner les yeux, pour lestement venir s’asseoir près de lui, les genoux remontés contre la poitrine, marmonnant un marmoréen « n’en parlons plus ».

    D’un ton hésitant, l’homme lui tendit un plateau de boudins de riz recouvert de cœurs de filet de poisson en soufflant un malingre « sushis ? » sous le couvert d’un sourire faiblard, à peine plus affirmé que le tremblotement d’une flamme dans un courant d’air. Dans un nouveau soupir, les lèvres délicates d’Andrea s’étirèrent d’une risette attristée mais réelle, tandis que, d’un coup de baguette, elle piocha un sushi au saumon frais qu’elle noyait de sauce soja. Le reste de la soirée passa tranquillement ; Ils échangèrent quelques timides mots, des remarques sur le film, essentiellement. Sur le FBI, aussi. Elle lui avoua avoir lu, et adoré, le roman bien avant d’intégrer Quantico, expliquant à demi-mot que son intérêt pour l’organisation gouvernementale lui était peut-être un peu venu de là, et en rougissant franchement. Et lorsqu’enfin le générique défila à l’écran, laissant les derniers crédits – noirs sur blanc – défiler en éclairant la pièce d’une grège lumière, ils avaient fini de parler depuis longtemps et s’étaient laissé sombrer dans un sommeil lourd et bienfaiteur. Ainsi blotti contre les cuisses nues de sa garde du corps, et alors que sa main délicate se perdait dans le crin rêche de ses cheveux poivre et sel, Gregoy aspirait enfin à un repos sans rêves.
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Dim 14 Juil - 0:09 Message | (#)

Un mal de tête prenant martelait son esprit et l'obligeait à froncer ses sourcils. Son sommeil était agité, ses rêves déformés. Comme toujours … Le sommeil de Greg n'était plus un lieu de repos depuis bien longtemps. Ce que toute personne attend finalement impatiemment au bout de sa journée. Ce moment si bon qu'était celui de s'écrouler dans dans le creux d'un matelas sculpté au fil des nuits pour se laisser traîner vers les songes, lui, le redoutait depuis déjà des années.
Un rayon de soleil bienvenu réussit finalement à passer quelques nuages de février et à traverser les grandes baies vitrées du Niko Hotel. Fusant sur son visage, la lumière frappa de plein fouet ses paupières closes. Il grimaça, bougea dans tout les sens en ruminant, cherchant instinctivement un espace d'ombre. Rien n'y fit. Il ouvrit d'un coup ses deux yeux bleus sur le monde qui l'entourait.

Sa conscience reprenait doucement le dessus. Une mauvaise nuit, une de plus. Mais pourtant il se sentait bizarrement plus reposé. Plus serein. Pourquoi ? Peut être était ce grâce à son oreiller improvisé. En effet contre le creux de sa joue burinée, une douce chaleur vaquait contre une barbe rêche.
Il tourna lentement son visage, dans la petite matinée, il posa son regard sur une Andrea encore toute assoupie. Il sourit. Sourit de la voir ainsi. Elle était si … Il ne trouvait pas vraiment de mot pour décrire sa garde du corps, son amie endormie. Choupie peut être ? Greg pouvait il trouver quelqu'un choupie ? Il fallait croire.
Les souvenirs de la soirée d'hier lui remontèrent. Une soirée pesant et pourtant toujours plaisante. Une soirée où il avait blablaté devant un bon film que tout deux semblaient connaître. Le milliardaire en avait appris un peu plus sur la vie d'Andrea. Le Fbi toute cette partie de sa vie. Son aspect de profiler. D'ailleurs ils avaient tout autant longuement parlé  de la nature humaine. Vaste sujet dans lequel ils pouvaient confronté leur regard : Celui d'experte policière et celui d'homme d'affaire apprenant plus en autodidacte.
Une bonne soirée où il avait pu lui dire qu'il remerciait Harris, l'auteur du bouquin. Sans le vouloir, il avait offert au monde ce que Greg malgré ses moqueries considéraient comme une agente hors pair. Il fallait bien l'avouer  avec tout le nombre de fois où elle lui avait sauvé la vie. Il devait bien se rendre compte de sa faiblesse là où elle était forte. Et dire qu'il était sûrement plus menacé que la plus part des héros sur-blindés de la ville. Karma de merde.
Quoi qu'il en soit. Ils auraient pu en avoir une bien meilleure, plus sereine, plus libre, à l'image des derniers temps. A l'image du pub irlandais. Le milliardaire le savait et il s'en repentait.

La promesse qu'il s'était faite dans le taxi lui revint à l'esprit. Oui il n'abandonnerait pas ce coup là. Il ferait des efforts. Il y arriverait. Il la garderait auprès de lui. Mais comment faire ? Lui demander ? Et si elle disait non ? Et puis lui demander quoi au final ? Lui même ne savait pas vraiment quels mots il devrait poser la dessus. Un comble pour un aussi bon orateur.
Remarque, si il régnait sur le monde de la finance depuis des années, celui de sa vie privée  et de ses relations humaines lui était une friche abandonnée aux allure de Sahara atomisé puis recouvert de sel avant d'être passé au lance flamme.

Enfin bref. Les mots n'y pouvant rien et de tout manière, il n'aurait pas voulu la réveiller. Il se décida à passer à l'acte. Mais peu habitué, il chercha une idée – Oui toujours la tête toujours posée contre cette cuisse qui l'avait accueilli. - Il finit par trouver. Peu original, mais c'est bien tout ce qui lui venait à l'esprit, surtout face à ce huit heure trente qu'affichait obstinément l'écran plat. Le brave appareil s'était mis seul en veille et dispersait maintenant des infos par ici et par là sur la température, l'heure et autres détails.
Doucement Gregory se releva, prenant appuis d'une main endormi sur le canapé. Andrea grogna se retourna. Amusé, il lâcha doucement quelques mots à peine audibles.


    « Rendors toi je reviens vite. »


C'est aussi là qu'il remarqua que sa Andrea se blottissait dans un énorme T-Shirt. Seulement un énorme T-shirt par une nuit de février. Lui même – pourtant en costume trois pièces froissés – en eu un frisson. Une idée lui passa par l'esprit. Bonne ou mauvaise. Il se rappela alors qu'elle aussi avait déjà fait ça une ou deux fois alors qu'il s'était écroulé après une journée de cavale de bureau en bureau. Promptement il se dirigea vers l'une des chambres et en arracha la couette. Délicatement, il l'a reposa sur le corps assoupie de sa garde du corps. Il pouvait maintenant aller faire ses quelques emplettes librement et l'esprit en paix.

Dix heure trente frappait le coin inférieur de l'écran plat. Greg s'était installé dans le deuxième grand salon de la suite après être revenue et avoir fermé les store électriques de celui qui servait de dortoir pour Andrea.
Il dégustait un bon café, des croissant à la française, des œufs brouillés, du bacon et autres œuvres de petit-déjeuner continental que l'on pouvait trouvé dans les boutiques des grands hôtels de luxes international. Il regardait tranquillement le journal japonais en usant des sous-titre alors que le son était coupé. Il voulait qu'elle dorme. Elle ne dormait pas assez à  son goût, il l'avait toujours pensé.
Son corps se figea alors qu'il mordait dans une pâtisserie japonaise, son regard se détourna et la sucrerie toujours dans la bouche, il entendit bien des pas avancer discrètement vers lui.

Il ne bougea pas de son canapé. Il ne savait pas vraiment ce qu'il aurait pu faire de toute manière. Non il attendit simplement qu'un visage auquel – il en était maintenant sûr – il tenait fermement apparaisse encore légèrement dans le patay.


    « Confiture d'abricot ? Si je me souviens bien tu me l'as donné un matin de débat sur le meilleur moyen de commencer une journée. »
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Mar 16 Juil - 23:42 Message | (#)


    Un rayon de soleil acerbe venait frapper la courbe endormie de son visage, comme un psaume blasphématoire au milieu d’une confession : malvenu. Un frisson la saisit, du plus profond de son sommeil, et elle chercha machinalement de quoi couvrir ses jambes nues, mais sa main tâtonnante ne trouva rien, si ce n’est la plissure parfaite d’une chemise hors de prix. Émergeant d’un réveil, encore engloutie par le rêve, elle concéda qu’elle ferait d’office une parfaite couverture et y crispa sa main, sans toutefois la tirer à elle. Sans qu’elle sache pourquoi, ce simple geste requérait un effort qui était surhumain et dont elle ne sentait pas capable, pour l’heure. Lentement, elle s’était de nouveau laissé glisser dans le sommeil, et sur le canapé, une main ainsi agrippée à l’étoffe, l’autre se balançant du rebord de cuir, où ses doigts entrouverts comme une fleur, venait comme délicatement cueillir les perles de coton que pleurait la moquette. Elle jouissait d’un repos clair-obscur, car sa conscience se baignait d’enténébrées pensées tandis que son corps, lui, était frappé de plein fouet par la crue lumière d’un matin de février, au sommet d’un building où rien n’entravait son passage. N’importe qui d’autre aurait été dérangé par cet infime trait lumineux, mais pas elle, non. Sa propension à dormir était bien trop inhumaine pour qu’elle s’en trouve dérangée. Le froid lui, l’aurait pu.

    M
    ais elle s’était de nouveau laissé happer par la pesanteur du sommeil et rien ne semblait trouver assez de grâce à ses yeux pour l’en sortir. Ainsi absorbée par l’égide d’une nuit dénuée de rêves, elle ne sentit pas même l’enflée tête grégorienne se détacher de la moiteur de sa cuisse. Elle eut conscience, sans trop savoir comment, qu’il s’était levé, puisqu’elle avait désormais la place d’étendre longuement ses jambes effilées, ce qu’elle fit avec délice. En contrepartie, la chemise avait quitté sa peau, et le froid s’y instillait lentement, rongeant ses chairs à coup de crocs glacés. Elle sut aussi qu’il s’était penchée au vers le creux de son oreille pour lui murmurer qu’il reviendrait vite, et l’invitait à se rendormir ce contre quoi elle ne voulut, bien sûr, pas aller. La lumière s’était brusquement éteinte, la plongeant dans une pénombre abyssale, lui permettant de remarquer combien l’éclat sec avait pu lui être désagréable, et le moelleux d’une couette vint épouser les formes de son corps encore enlacées de torpeur. Sa conscience eut un maigre sursaut, lorsqu’elle prit conscience qu’il était de Son fait que la couverture soit venue se déposer sur elle. Elle voulut le remercier, mais ce ne fut qu’un faible soupir de contentement qui trouva son chemin entre ses lippes entrouvertes de plaisir avant qu’elle ne replonge dans les limbes de l’oubli.

    Lorsqu’elle rouvrit les yeux, deux nouvelles heures s’étaient écoulées. Il lui fallut une poignée de minutes pour prendre conscience d’où elle se trouvait et de ce qui l’avait amené là. Elle se souvint de leur dispute, de son retour, de la – bonne – soirée qu’ils avaient passé ensemble avant que la fatigue ne les rattrape tous les deux et qu’ils ne s’endorment, sans même prendre le temps de regagner leurs lits. Pourquoi faire au fond, n’étaient-ils pas bien, là ? La dernière image qu’elle avait eu de lui, c’était son visage lové contre ses jambes, apaisé, presque beau.

    Andrea se redressa doucement sur un coude, attirée par l’odeur du café, et mirant d’un œil encore endormi le vaste salon de leur suite en grande partie plongée dans le noir. Le dos courbé du milliardaire accrocha son regard, dans l’autre pièce, et à la vue de cette silhouette, tournée vers un écran plat qui diffusait des informations en continu, les lèvres de la métisse ultime s’étiolèrent d’un sourire véritablement heureux. Elle avait craint un instant d’avoir dormi trop longtemps et qu’il soit déjà parti pour son rendez-vous, sans qu’elle ait pu le voir. Se glissant hors de la couverture, elle se dirigea d’un pas leste et silencieux vers la table basse baignée de soleil. S’il avait entendu ses discrets pas s’avancer vers lui, il ne le montra nullement et, lorsqu’elle s’installa à ses côtés, il l’accueillit par quelques mots qu’entravait une succulente pâtisserie japonaise.


    « Comme quoi, il t’arrive de m’écouter, marmonna-t-elle, en se frottant les yeux. Taquinerie bonne enfant, bien sûr. Quoi d’autre ? Une petite pointe d’amertume, peut-être. Elle replia ses jambes contre son buste, les glissant sous le t-shirt qui lui servait de pyjama. Tu as bien dormi ? »

    La demande était légitime ; Elle-même n’avait pas très bien dormi, et c’était en grande partie dû au fait que ses jambes recroquevillées sur elles avaient été privées de sang une bonne partie de la nuit. Gregory, lui, avait eu tout loisir de s’étirer. En contrepartie, il n’était pas de ces hommes à qui le sommeil apportait le repos et ses nuits semblaient aussi agitées que ses jours, Andrea en était témoin. Elle ne comptait plus les fois où elle l’avait vu s’écrouler de fatigue, ni les fois où il lui avait avoué n’avoir pas du tout dormi, parce qu’une insomnie féroce l’avait arraché au bienfaiteur sommeil. Il portait toujours ce masque buriné, aux traits tirés par la fatigue et à l’air mélancolique. Au fond, elle espérait qu’il puisse un jour goûter à une vraie nuit de sommeil.

    « Au fait… À quelle heure est ton rendez-vous ? Elle saisit la tasse de café qu’il lui offrait et le remercia d’un sourire, glissant un sucre dans le liquide noir qui, sans ça, était bien trop amer à son goût. Elle jeta un regard à l’écran aussi, mais les sous-titres en katakana la découragèrent bien vite de comprendre ce qui se disait à l’international. Elle préférait de loin reporter ses yeux d’anis sur la courbe de son visage. La jeune femme tendit une main hésitante vers l’assiette où s’entassaient des pâtisseries toutes plus savoureuses les unes que les autres. Saisissant une qu’elle n’avait jamais goûtée, une viennoiserie en forme de spirale et parsemée de raisins secs, elle croqua dedans avec gourmandise. Tu veux que je vienne ? »

    La question était moins de savoir s’il le voulait ou s’il en avait besoin. Loin des affres de Star City, ils pouvaient espérer bénéficier de la protection toute trouvée de l’anonymat. Mais il valait mieux prévenir que guérir, et elle ne se pardonnerait jamais qu’il lui arrive quelque chose.
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Feuille de RP
Jeu 19 Sep - 2:34 Message | (#)

Toujours la bouche pleine et l'air un peu béat, il observa encore et toujours Andrea qui déambulait dans le grand salon de la suite. A peine heurté par l'air endormi et ce petit air de « je ne suis pas du matin ne m'emmerde pas » qui attrayait tant à sa garde du corps, Gregory eu par contre le souffle coupée par la remarque qu'elle lui projeta à la face.
Lui ? Lui ne l'écoutait jamais. Si, bien sûr que si qu'il l'écoutait. Du moins il en était sûr. Enfin soyons réaliste aucun homme n'est infaillible même pas lui. Il se pourrait bien, dans d'infime probabilités que quelques détails, quelques paroles délicieusement placées par sa compagne des derniers mois lui soit passé au dessus. Discussion prenante, sons intrigants ou couleurs chatoyantes attirant l’œil. Il en fallait peu pour attirer l'attention d'un homme tel que lui.
Ça c'était sa version. A ne pas en douter, Andrea en avait une tout autre.
Mais ça, le comprenait il simplement ?


    Ce petit mélange de mauvaise foi et en même de confiance en soi qui lui souffla l'intonation de sa réponse montrait sûrement que non. Ainsi et pour seul écho à sa légère pique, la texane ne reçut qu'un
    « Shé faux ! Shtécoute tout le temps ! » Parsemé de miettes volant sur la table, semblable à un bombardement de 45.


Réplique hautement ridicule qui heureusement pour lui, sembla tomber dans le vide d'un esprit mal réveillé. Paré à rattraper les erreurs passées, le milliardaire se saisit tranquillement d'une des merveilles de viennoiseries qu'il avait plus tôt, pour allègrement la tartiner de la précieuse confiture. Le résultat n'était pas probant et plutôt coulant sur la masse orange et visqueuse, mais l'intention y était.
Le milliardaire n'en était pas pour le moins dupe et malgré toute la bonne initiative qu'il avait pu y mettre, son sens de la réalité prit rapidement le dessus. Se ravisant de tendre le bras pour l'offrir à sa protectrice, il engouffra la bête dans sa bouche pas encore vidé. Ne laissant ainsi aucune trace de son chef-d’œuvre matinal.

La bouche remplie, les joues grosses et ronde et la mâchoire aux trois-quart bloquée. Il dût se résoudre à un simple hochement de tête, lorsqu'elle lui demanda comment s'était déroulée sa nuit.
Ne perdant pas de temps à la conversation, Andrea enchaîna à peine le léger acquiescement réalisé sur le rendez-vous. Centre de toute cette petite affaire.
Le langage corporel étant plus complexe et restreint pour ce qui est de donner une réponse complexe et détaillé. Le milliardaire dût se résoudre à mâchouiller vulgairement et à boulotter la masse de nourriture pour donner une réponse claire.


    « Treize heure normalement. »


Une phrase courte et efficace, ne laissant que le minimum d'information. De toute façon, il n'aurait pas pu faire bien plus long tant sa dégustation forcée lui avait coupé le souffle. Semblable à un plongeur en apnée, le milliardaire reprit difficilement son souffle. Elle le regardait un peu bizarrement – Y avait il de quoi ? - et finalement, s'attaquait à ce café qui l’appelait vers une plus grande lucidité, loin du pays des songes. Il la vit s'attaquer aux pâtisseries. Sans surprise, il sourit.
Une nouvelle question tomba. L'homme balbutia. Il n'y avait même pas pensé.

    « Euh si tu veux. Enfin si tu aimes voire des vieux hommes en costumes faire des courbette et parler japonais. Sinon je pense pouvoir m'en sortir seul. Et puis je voudrais pas t'empêcher de voir un peu du pays tant que tu le peux encore. A toi de voir. »


Il se tût, elle mangeait. Un silence presque dérangeant tomba alors. Il ne savait pas quoi dire. Il était gêné. Presque maladroitement, Gregory Williams se leva tout en continuant à bafouiller.

    « Je … Je vais peut être allé me préparer. Et merci pour .. Enfin pour le coussin .. Cette nuit. Ta jambe. Enfin j'y vais. »
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Pour une poignée de Yen [Andrea]

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