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Les promesses n'engagent que ceux qui y croient... Et ceux qu'on motive à les tenir

 
Message posté : Sam 25 Mai 2013 - 23:48 Message
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La pièce roule entre ses doigts, puis saute en l'air, enfin, elle retombe sur sa paume sans qu'elle ne regarde le résultat de son lancé. L’œil morne, pâle et absent de la Matriochka est posé sur un coin de rue où est garée une voiture. L'engin est vide et le capot est froid – elle a vérifié – mais elle connaît ce véhicule, pour l'avoir déjà braqué.

La pièce bruisse et scintille de nouveau dans l'atmosphère trouble du début de soirée. Il commence tout juste à faire nuit et le crépuscule s'annonce brumeux et moite, pas vraiment frais pour autant – augure d'orage ou de grand vent. Pour l'instant rien ne bouge et, adossée à son coin de mur, la Russe ne remue que la main, la tête légèrement penchée sur le côté et le regard toujours fixe. Ils n'ont pas rendez-vous, mais il lui a fait une promesse. Ce n'est pas qu'elle y tienne vraiment – pour tout dire, elle l'avait à moitié oubliée – mais ce soir, en cherchant un distributeur d'argent à sa portée, comprendre un malheureux promeneur qui semblerait plus fortuné que la moyenne ou un conducteur arrêté à un feu sans assez de témoins aux environs pour retenir sa main, elle est passée devant cette voiture précise, qu'elle a reconnue.

C'était une poignée de jours avant cette nuit, peut-être une semaine ou deux, c'était un soir semblable à celui-là. La Starchina frottait sa fesse droite contre sa fesse gauche à la recherche d'un individu assez bête pour l'aborder ou assez distrait pour ne pas l'apercevoir alors qu'elle l'approchait, la première opportunité étant plus fréquente que la seconde, non pas qu'elle avait un charme si ravageur, mais plutôt à cause de son pas particulièrement lourd ; pourtant, c'était par la « ruse » qu'elle avait attaqué l'homme qu'elle allait attendre plusieurs jours plus tard. C'était un type banal, de taille moyenne, d'âge moyen, aussi américain qu'elle puisse l'imaginer, du moins de prime abord. Elle n'était pas connue pour chercher au delà des apparences et s'en tint à cette image, avant de plonger la main au travers de la vitre entrouverte côté conducteur de la voiture, pour saisir le col de cet individu, dans le but premier de passer rapidement par les menaces pour obtenir de l'argent et quelques larmes sur le revers du poignet – peut-être de la morve s'il était émotif, ou du sang s'il était rebelle. Dehlia ne se rappelle pas très bien comment, ni pourquoi, mais après quelques instants, ils se sont retrouvés à discuter et, au lieu de repartir avec un petit paquet de dollars, elle s'en tira avec l'assurance de se faire enseigner un meilleur anglais, ainsi qu'une bonne dose d'incompréhension et de questions sans réponses.

Fort heureusement pour elle, l'introspection n'est pas son fort et son trouble passager ne lui tira rien de plus qu'un haussement d'épaules et un retour aux affaires. Un autre fit les frais de sa soirée ; sa mémoire avala l'incident curieux comme un autre des illogismes de cette époque. Mais voilà, elle avait recroisé cette voiture et son esprit avait recraché tant la scène que la promesse. C'est décidé, Mamie est têtue : elle veut sa leçon ce soir. Pourquoi la voiture est garée ici, habite-t-il par là, travaille-t-il dans le coin, aime-t-il juste un bar des environs, elle ne le sait pas et s'en fiche éperdument. Tout ce qu'elle veut, c'est ce qu'elle vient de se mettre en tête.

Ce soir, elle est en chasse théorique, donc elle s'est vêtue de façon un rien plus discrète qu'à son habitude. Si elle arbore un short d'une taille peu raisonnable et sans doute plutôt destinée à un enfant à l'origine, ce dernier est en jean et sérigraphié de fleurs criardes sur les poches arrière, ainsi qu'un blouson aviateur très large, un peu bouffant, qui atténue un peu l'effet de sa poitrine et sa vague allure de tapineuse sur le retour. Elle a plutôt l'air d'une paumée qui a pris trop de came et qui regarde, immobile, un monde de choses magmatiques en face d'elle, donc on l'aborde finalement peu, malgré le kilométrage de peau de cuisse qu'elle laisse à l'air. Si de loin, elle peut paraître appétissante, un coup d’œil à ses mirettes de psychopathe ayant bénéficié d'une remise en liberté par erreur suffit à détourner la plupart des mâles en quête de compagnie plus ou moins rémunérée.

Du reste, elle attend, patiente comme une papesse – vertu tirée davantage de son obstination crasse plutôt que d'une quelconque sagesse. Il lui faut une heure avant de voir la silhouette déjà croisée pointer au bout de la rue. La nuit est jeune, mais elle est tombée, la chaleur, elle, ne décroît pas encore. Lançant une dernière fois la pièce en l'air, elle l'attrape au vol tandis que le moteur ronfle et, alors que le véhicule commence tout juste à frémir pour s'élancer avec lenteur sur la route, elle se campe devant, mains sur les hanches, menton levé, sourire forcé – et peu rassurant, malgré ses efforts – sur les lèvres. Posant le bout du pied sur le rebord du pare-choc, elle se penche en avant pour bien montrer sa trogne et se faire reconnaître, avant de lâcher.
    « Salut le chéri. Il se reconnaît ma visage ? »

C'est sûr – s'il ne remet pas ce délicat minois si inexpressif au premier regard, le timbre de voix et cette façon si délicieuse de massacrer la langue anglaise devrait suffire à lui rafraîchir la mémoire. Reculant d'un pas avec une lenteur calculée, elle commence à faire le tour du véhicule, par l'avant, pour s'appuyer à la fenêtre, du côté de l'individu scruté.
    « Tu dois quelque chose. Il a disponible, ou je devine le persuasion ? »

Deviner, devoir, pareil – seul les esprits chagrins ne voudraient pas comprendre. L'essentiel est là. Bras repliés l'un sur l'autre, plaqués contre la vitre, elle guette l'habitacle – tiens, c'est vrai. Elle ne connaît pas son prénom. Peu lui importe.
 
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Message posté : Mar 28 Mai 2013 - 10:28 Message
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This is a portrait of the tortured...

La journée avait été longue comme beaucoup d'autres passées à la morgue. C'est amusant, parce que les cadavres ne courent plus après le temps, mais la famille était bien souvent pressée que celui-ci rejoigne la paix qu'ils méritaient. Pourtant, Judas observait bien les morts et il pouvait affirmer que la paix, ils l'avaient déjà. Qu'ils étaient bien heureux les morts de ne plus souffrir, il pouvait opérer sans douleur. C'était étrange parfois, l'on se demande s'ils auraient vraiment voulu qu'on leur replace un ose juste pour qu'il soit beau pour leur famille. C'était tout aussi malheureux, ces personnes qui venaient chez lui sans que jamais aucune famille ne vienne le réclamer, des hommes et femmes qui finissaient dans la fosse commune. Judas avait toujours pensé qu'il finirait ainsi, parce que si son frère avait eu des funérailles dignes de ce nom, Judas n'était plus rien. Très peu de relation sociale fiable, il ne s'attachait pas parce qu'il était dangereux. Parce qu'il craignait de faire bien du mal aux gens sans le vouloir. Pourtant, cela avait changé le jour où il avait rencontré Emeraude, peut-être la seule auprès de qui il avait un peu de valeur. Mais était-il utile de penser à la mort à cet âge ? Judas y pensait toujours, comment ne le pourrait-il pas à force de la côtoyer ? Il était entré dans la légion depuis trois mois, il était juste pathétique. Aidant le mauvais camp, perdant le contrôle, il était juste instable. Il ne savait pas s'il devait continuer ou tout abandonner, c'était si flou et dans le fond sa vie l'avait toujours été.

La nuit tombait quand il se dirigeait vers ce quartier, direction la synagogue. Voila là, un bon père juif mort d'une crise cardiaque, scénario habituel pour des personnes prédisposé par une alimentation assez riches. Cet homme avait été aimé de beaucoup de monde, et il en avait vu défiler dans son atelier prières après prière à son chevet. En principe, les juifs sont préparés dans leur maison, mais la famille ayant de petits enfants avaient accepté de déroger cette règle et Judas avouait préférer de loin travailler dans un environnement qui était davantage approprié pour ce genre de soins. Mais voila, il avait oublié dans son atelier un objet de culte et ni une ni deux, il eut traversé la ville pour le rapporter. Sortant du lieu de culte où le mort viendrait être enterré dès le lendemain matin, il laissait la famille à la prière.

Rejoignant sa voiture, il n'avait pas vu la jeune femme s'approcher de lui, il était monté dans celle-ci, le visage marqué par la fatigue. Réajustant sa chemise noire, couleur de deuil l'exige, il démarrait la voiture. Un bon chocolat chaud, voila ce qui lui faisait vraiment envie. L'homme allait prendre son départ quand une jeune femme venait se mettre devant lui, immobilisant le véhicule il la fixait quelques instants. C'était quoi encore cette tarée ? A vrai dire, c'était la même folle qu'il y avait quelque jour auparavant qui avait tenté de le braquer avant qu'il ne lui retourne le cerveau pour qu'elle le laisse tranquille. Est-ce qu'il la reconnaissait ? Evidement, mais il avait assez envie de mentir pour passer son chemin, mais il était vrai qu'il s'était engagé à lui enseigner la douce langue de Shakespeare qu'elle piétinait joyeusement avec cet accent russe adorable. Il la laissait s'approcher de la vitre, avant d'exiger qu'il lui donne une leçon d'Anglais. Elle n'était pas le genre de femme à qui l'on devait souvent refuser quelque chose, plutôt sure d'elle et dangereuse... Probablement que ceux qui se sont vu dire « non » à la jolie rousse ne sont plus là pour en témoigner, pourtant Judas n'avait pas vraiment peur de cette fille. Bien sur, il avait su semer le doute une fois dans son esprit et il serait tout à fait capable d'en faire de même. Pourtant, cette fille aux allures arriérée n'était certainement pas aussi idiote qu'elle laissait croire. Elle savait ce qu'elle voulait, aussi dangereuse soit-elle, il trouvait cela appréciable. Lui, il ne savait rien de ce qu'il voulait... La paix, oublier, le repos... Des choses abstraites et difficilement atteignable en dehors de la mort.

Doucement il dessinait un léger sourire sur son visage froid comme la mort, au fond de ses yeux brillaient cette lueur triste qui ne s'éteignait jamais malgré lui. « Je me souviens. » répondait-il, de toute façon il était très mauvais menteur alors à quoi bon ? Puis il n'avait pas vraiment envie qu'elle tente de lui rafraîchir la mémoire en le prenant par le col comme la fois précédente réclamant l'argent de sa journée de travail. L'expérience lui avait suffi en une fois. Il soupire faiblement avant de couper le moteur de la voiture, il était hors de question qu'il emmène cette fille chez lui et encore moins dans les pompes funèbres, il préférait trouver un lieu plus propice qui lui permettrait de garder sa vie privée bien en sécurité. C'était important de se préserver lorsqu'on n'a plus rien. L'homme chétif sortait de la voiture, il faisait face à celle qui avait tout à fait l'allure d'une psychopathe, il en avait croisé à l'hôpital des criminels dangereux, il avait été soigné parmi eux alors qu'il n'avait fait pour crime que celui de ne vouloir accepter la mort de son frère... « Je ne pensais pas que tu reviendrais me voir. » lui disait-il en verrouillant la voiture, il ne savait pas vraiment si elle avait compris, mais peu importe. Il pouvait bien lui consacrer un peu de temps, être parfois avec les gens bels et biens vivants ne pouvait pas lui faire de mal n'est-ce pas ? « Tu veux boire quelque chose ? » bien sur il pourrait s'amuser à mimer, mais il ne la prenait pas pour une idiote. Plongeant son regard azuré dans celui de la femme, elle avait des yeux tout aussi magnifiques que le siens et il se plaisait assez à s'y noyer. Il l'invitait, espérant qu'elle ne lui sorte pas le cliché de la Vodka, il ne lui ferait certainement pas un cours sur les boissons. Le quartier était assez paisible ce soir là, il espérait qu'il le resterait.



 
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Message posté : Jeu 6 Juin 2013 - 1:38 Message
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Il la scrute de longues secondes avant de sembler se décider à la reconnaître. Les traits de l'américain sont lourds de fatigue, empêtrés de lassitude, le bord de ses yeux est bleui de l'encre dont on écrit les chansons tristes, et de tout ça la russe n'a rien à faire. Elle s'en carre, de déranger, de maltraiter, ou de s'imposer à quelqu'un qui pourrait être – peut-être – au bord du suicide. Ce qu'elle veut, elle ne le demande qu'une fois – et parce que sa mère a élevé une fille polie, oui monsieur – mais elle ne le réclame pas une seconde fois. On lui donne, ou elle prend – et ce, parce que son père a élevé une fille déterminée. Elle en est donc fière : elle a du caractère et de la volonté, c'est tout l'essentiel, se préoccuper de savoir si on a mal fait, c'est au mieux perdre du temps, au pire être une lavette. Il affirme se souvenir d'elle, tout en lui adressant un semi rictus qu'on aurait volontiers vu sur les lèvres d'une jeune fille qui ferait de la balançoire à une seule corde qu'à un jeune homme de sortie, ce qui, vu par d'autres, aurait pu être interprété de mille manières et sans doute encourager des questions ou au moins une réaction, une expression, un geste pour inviter à s'épancher ou à écourter si l'humeur n'y est pas. Ça ne heurte tout simplement pas l'esprit de la slave en short. S'il se taille les veines pendant la leçon, elle pourra au moins apprendre comment dire « poignets » et « appelez les urgences » en anglais correct.

Elle s'écarte de la voiture d'un pas en arrière, changeant de hanche d'appui et redressant le buste, mains posées bien à plat sur les reins, ce qui lui donne une cambrure redoutable, elle penche vaguement la tête de côté alors qu'il s'extirpe de son véhicule en laissant échapper un rapide soupir, qu'elle entend, mais qu'elle ne relève pas. Ses yeux trop clairs et trop vides scrutent avec lenteur l'individu, ses appuis, sa façon de se tenir : à priori, il n'a pas d'armes sur lui, il n'a pas l'air de savoir se battre, ni de savoir se nourrir. C'est quand même pas croyable, la jeunesse américaine : pour trois types gras à s'en étouffer dans leurs propres seins – et elle se remémore bien des hommes à cette pensée, pas des femmes – on trouve un garçon bien proportionné et une poignée de crevettes dans le genre de celui-là. Trop maigre, trop petit, trop pâle – franchement, avec quoi leurs mères les nourrissent ? Ces espèces de choses horribles qu'ils appellent « aliments diététiques » et qu'elle même préfère surnommer « mousse comme celle qu'on fout dans les oreillers » ? Se priver de manger, il faut être malade pour ça, c'est une récidiviste qui le dit.
    « Pendant qu'on doit faire un chose, il faut le faire. Sinon, c'était le mal. »

Pour un peu, il devrait la remercier d'être venu lui faire payer cette dette qu'il n'a contractée qu'à défaut de tabassage. Ah, elle est ainsi, la Starchina, parfois généreuse dans l’extorsion. Il ferme la voiture, en bon petit bonhomme prudent, puis lui fait une proposition qui aurait pu lui faire lever un sourcil si ses muscles moteurs d'expression n'avaient pas été considérés comme quantité négligeable parmi ses nombreuses reconstructions. Boire quelque chose ? Voilà qui n'est pas courant. La plupart des hommes qu'elle croise lui demandent soit d'aller en leur compagnie pratiquer diverses acrobaties impliquant quelques unes de leurs muqueuses, soit lui exposent leur livret de famille, comme si leurs trois enfants, leur labrador et leur dernier Sims pouvait l'émouvoir au point de lui faire renoncer à la pratique de la chiropraxie à la sauvette quand le porte-monnaie de ces messieurs restait fermé. Elle hoche la tête et affirme.
    « Oui. Tu payes. »

Étonnant comme certaines phrases ont pu être très vite imprimées dans son crâne aussi épais qu'étroit. Dans une certaine mesure, tant que les mots restaient simples et les concepts pragmatiques, Dehlia comprend assez ce qu'on peut lui dire. Si elle est tout sauf une lumière ou une assoiffée de connaissances, son sens de l'adaptation et son instinct de survie hypertrophié lui donnent cette capacité commune aux rats, aux cafards et à tous les parasites, humains compris, qui peuvent être stupides au point de ne pas distinguer leurs doigts de saucisses, mais parviennent toujours à s'incruster, quel que soit l'endroit et le soin qu'on prenne en appliquant les diverses manières de faire le ménage. Au moins, sa bêtise lui donne une magnifique tranquillité d'esprit, ainsi qu'une volonté remarquable. Elle fait un quart de tour sur le côté, le visage rivé à celui de son professeur improvisé, attendant l'impulsion de son pas avant de faire résonner le sien, lourd, puissant et franc, sur le bitume du rebord de la route, puis du trottoir. Ce n'est pas par politesse qu'elle le fait – c'est pour pouvoir l'agripper s'il essaye de lui filer entre les doigts et c'est assez sensible. Elle reprend, alors qu'ils commencent à peine à avancer et qu'elle guette, sans chercher à être discrète – il fixe ses yeux depuis un moment, aussi n'estime-t-elle même pas cet effort comme valant la peine d'être esquissé – s'il n'y a pas des ombres ou quoique ce soit qui puisse s'apparenter à des amis moins maigres et plus récalcitrants que lui.
    « Et je me parle que lui peut nourriture aussi. Tu es gros comme le ficelle de un culotte de strip-taiseuse. »

Elle lève la main et lui tapote le coude, sans trop de force, ce qui reste tout de même un peu plus appuyé que nécessaire, compte tenu de son punch ordinaire. Encore une fois, sa remarque peut paraître prévenante, elle est surtout l'expression de sa franchise et de sa façon de juger chaque personne à l'emporte-pièce. La rue est passée, une autre s'ouvre, chargée de gargotes comme de lieux un rien plus chics, elle dirige spontanément son pas vers la droite – parce qu'elle est droitière – et relève le nez vers la première enseigne qui s'annonce. Petite nappe à carreaux dessinée, sur laquelle une olive humanoïde ouvre les bras au visiteur, manifestement plus un restaurant qu'un bar, bien que quelques personnes soient attablées près de la vitrine éclairée et avalent cafés ou verres de vin. Elle repose son regard pâle et inerte sur l'américain, lui présentant un visage toujours aussi vide d'expression et désigne l'endroit du menton, sans se rappeler qu'elle ne peut avoir l'air interrogatif. Elle a, dans l'instant, surtout l'air d'un général guidant sa troupe bien réduite dans un assaut mal coordonné. Mais elle aime bien les olives, ça a bon goût – surtout les noyaux. Certes, le bruit qu'ils font en éclatant entre ses dents fait frémir la plupart des gens, mais elle ne va pas s'empêcher d'en grignoter pour si peu.
 
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Message posté : Mar 18 Juin 2013 - 23:15 Message
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This is a portrait of the tortured...


Cette femme avait un franc parler déconcertant dans certaine situation, il songeait que même s'il lui enseignait l'anglais et qu'elle venait le maitriser à la perfection elle aurait toujours cette façon singulière de s'exprimer. D'où venait-elle ? Il ne tenait pas vraiment à connaitre son histoire, pourquoi faire de toute façon ? Il ne voulait pas plus connaitre l'histoire de cette étrangère qu'il ne voulait qu'elle prenne part de la sienne, chacun avait le droit à sa vie. Peut-être qu'elle avait aussi des pouvoirs, elle est certainement malfaisante pour l'avoir braqué de la sorte, mais il s'en fichait ? Judas avait une conception des choses assez dérangeantes et il était souvent déstabilisant dans ses choix. Il lui proposait alors de boire un verre, la réflexion de la jeune femme le fit légèrement sourciller. Amusant, elle savait assez bien parler l'anglais quand cela l'arrangeait. Probablement pourrait-il lui enseigner d'autre phrase de ce type, mais ne serait-ce pas l'inciter au débordement ? Mais il doutait que la langue l'en empêche, elle avait une force phénoménale et cet argument devait être suffisant pour en convaincre plus d'un. Ils commençaient à marcher en direction du premier café qui se présenterait sur leur route, il sent le regard et la présence de la jeune femme particulièrement intrusif, il connaissait ce genre de choses, dans son passé il avait été là chose des médecins à l'hôpital, on l'avait surveillé à toute heure comme s'il s'agissait d'une bête de foire. Mais dans le fond, il trouvait la situation assez dérangeante parce qu'il n'avait guère envie de revivre cette impression d'être épié de la sorte par autrui, alors il lui jetait un coup d'oeil pour lui annoncer d'un ton calme et rassurant comme employer le jour où elle avait essayé de le violenter « Je ne vais pas me sauver tu sais. » Il lui aurait bien ajouté l'idée de se détendre, mais il pensait que la remarque serait probablement malvenue. Il esquissait un sourire et poursuivait son chemin alors qu'elle ne l'invite à manger puisqu'il n'était pas bien gros, une réflexion qui fit légèrement rire l'homme lui répondait après avoir eu le coude quelque peu secoué, il ne répondait rien. Probablement devait-elle songer qu'il avait été mal nourrit. Disons que naitre à deux induisait forcement un partage de la place... Il avait été le plus faible des deux, mais il était celui qui avait survécu jusqu'à l'âge adulte. Il savait que ça n'était pas lié à la force, juste au hasard... Judas préférait ne plus y penser, pourquoi se torturer ?

Elle désignait d'un signe de la tête un restaurant, il haussait doucement ses épaules frêles d'un air de dire que s'il lui plaisait, ils pouvaient très bien diner ici. Alors il la suivait en direction du restaurant, ils devaient quelque peu patienté en raison du monde qui était arrivé avant eux. Pourvu qu'elle soit patiente n'est-ce pas ? Bateman posait son regard azuré dans les beaux yeux vers de la rouquine et lui disait d'un ton toujours aussi posé « Où as-tu appris l'anglais par le passé ? Seule ? » Si elle l'avait véritablement appris quelque part, sur le tas comme on dit. Il avait bien apprit à se servir de son pouvoir sur le tas en se proposant lui-même comme triste victime. Comme quoi, il était vraiment possible d'être la victime de soit même. Il s'intéressait plus ou moins à elle, se perdant avec aisance dans ses pensées, chose que la jeune femme n'avait pas vraiment l'air de faire. Elle semblait avoir les yeux partout, comment pouvait-elle supporter d'être ainsi que le qui vive en permanence, à être distrait avec tant de facilité et de ne jamais pouvoir se poser, remettre de l'ordre dans ses idées. Peut-être se trompait-il à propos de cette jeune femme, mais c'était là l'impression qu'elle donnait. Il voulait pourtant croire qu'elle était plus intelligente qu'elle ne le paraissait, tout être possédant un cerveau ne pouvait pas être complètement idiot. Etait-elle humaine ? Il ne le savait pas, mais si elle l'était, elle devait être capable de bien plus de choses qu'elle ne l'était, le cerveau humain était un complexe unique en son genre. Tout le monde ne voyait pas la chose sous cet angle, les percepts d'un fait variaient tellement d'un individu à l'autre, par la théorie et l'expérience de chacun, sa culture et même de nos jours : sa nature. Même si Judas était un humain malgré ses pouvoirs, il était assez en colère contre cette espèce qui l'avait si malmené, et pourquoi avait-il décidé de rejoindre la légion ? Et bien, il se posait encore bien souvent la question... C'était bientôt leur tour de passer commande, à vrai dire il n'avait pas vraiment faim. Offrir le repas à cette inconnue ne le dérangeait pas, un peu de compagnie ne pourrait pas lui faire de mal dans le fond n'est-ce pas ? Après, tout cela dépendait de cette compagnie, cette femme n'était pas l'incarnation de la douceur, mais qu'est-ce que ça pouvait bien changer ? C'était un être comme les autres à ses yeux. Peut-être se trompait-il, mais pour Judas les êtres exceptionnels n'avait pas la définition dont on en donnait de façon usuelle.
 
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Message posté : Mer 10 Juil 2013 - 0:25 Message
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Alors qu'elle vient de désigner le restaurant qu'il ne regarde pas encore, le maigrichon à la voix douce lui lance une remarque qu'elle a déjà entendu de nombreuses fois, dans différentes langues, avec des tons plus ou moins empressés, selon les cas. On lui avait murmuré sur un ton suppliant quand on avait estimé qu'elle pourrait être attendrie, on lui avait glissé sur un timbre suave quand on avait cru qu'elle pourrait être séduite, on lui avait pleurniché en hoquetant dans la plupart des autres occurrences. Là, le petit sec – hm, ouais, il ressemble à un boudoir, un de ces gâteaux qu'on s'échine à refiler aux mômes mais qu'aucun d'entre eux n'aime, il a même le côté tout blanc, même si elle ne l'imaginait pas avec des fesses roses et une croûte au sucre – tente un sourire, une légère décrispation des épaules, quelque chose qui doit vouloir dire de se détendre. Dehlia ne se détend presque jamais. Au juste, elle est rarement tendue au sens commun du terme : elle s'agace, s'énerve, explose, mais pour être tendu, il faut commencer par être contenu, et ce n'est pas exactement son genre. Aussi, se contente-elle d'affirmer.

    « Ça, je save. De toute la manier, ils coursent moins vite quand le genou elle plie à la reverse. »

Sourire automatisé enclenché, ajoutant un rictus psychopathique à la phrase épicée par cet humour douteux, qui tient davantage de la blague potache que de la réelle plaisanterie – dans le sens où, oui, pour elle, c'est drôle de voir quelqu'un tenter de courir sans ses rotules, tout comme elle serait parfaitement capable de lui en faire la démonstration par l'exemple sous peu. Mais, pour l'heure, Mémé Incendie est de bonne composition, aussi se fend-t-elle d'un clin d’œil très forcé, pour souligner de façon grotesque que l'instant a été voulu drôle. Le rendu est à mi chemin entre le pathétique et le burlesque.

Le restaurant est adoubé et, forte de la certitude de se faire payer quelque chose – quand bien même profiterait-elle davantage du fait de manger les couverts plutôt que les contenus des assiettes, ce qui est offert par un autre n'est pas déboursé de sa poche, ce qui est par principe parasitaire une victoire – Dehlia pousse la porte de l'établissement avec une aisance de reine en parade. L'endroit n'est pas désert, il n'est pas plein pour autant et l'air, parfumé de fragrances de pain cuit et de fromage fondu, enrobe d'une écharpe chaude et appétissante les arrivants. Deux couples sont attablés non loin des fenêtres, avisant les nouveaux venus avec un silence rétracté : il faut avouer qu'une rousse incendiaire en short et un croque-mort en goguette font un assortiment étrange plus digne d'un très, très mauvais film plutôt que de l'ordinaire banalité. Un serveur assez dodu, assez âgé et très souriant s'approche d'eux avec bonhomie après avoir cillé, professionnalisme oblige, saisissant deux cartes à la volée, il s'inquiète sans se départir de son sourire.

    « C'est pour dîner ?
    _Da,
    répond la Russe avec un hochement de tête.
    _Très bien,
    enchaîne l'homme en sur-articulant, masquant avec une remarquable adresse toute trace de rire moqueur ou de répulsion surprise. Pour deux personnes ? »

Mémé Incendie se retourne, avise son pourvoyeur de protéines, revient sur le serveur, et claque de la langue de cette manière appliquée et pesante, qui sait signifier très clairement qu'il s'agirait d'agir et non plus de l'impatienter. Encore une fois, le serveur fait montre de sa maîtrise professionnelle et lâche un petit rire en se tapotant son bedon replet.

    « Ah ah, oui, on pose toujours des questions stupides, hm ? Suivez-moi. »

Avec une prudence courtoise, il les installe à une table excentrée, accolée à un mur et derrière un poteau, donnant une visibilité réduite sur la salle – ce genre de tablée qu'on nomme entre gens du métier « le râtelier à cassos ». Indifférente à toute forme d'humiliation publique, du moins envers des étrangers, et plutôt arrangeante avec l'espace lorsqu'on s'efforce de lui en donner beaucoup, elle s'en réjouit plutôt et s'installe lourdement sur la chaise qui ne manque pas de grincer sous le quintal de métal et de peau qui viennent de s'élancer joyeusement sur son assise. Prenant la carte que le serveur a laissé avant de s'éclipser pour les laisser choisir, la Russe lance sans ambages la réponse à la question de l'Américain, qu'elle avait laissée à la porte et ignorée jusque là, poussée par l'avidité plutôt que l'impolitesse – les deux se rejoignant toutefois.

    « Je apprends comme ici et comme toi. Je regarde dans la télé, et j'ai aussi des briques que quelqu'un il m'a données en expliquant, mais il explique comme la merde, alors ça l'est pas facile. »

Elle repose la carte, tapotant le centre du double feuillet d'un doigt déterminé.

    « Je prends menu Venise. Je sais pas tellement ce que c'est comme goût Venise, mais je prends ça. »

Un hochement de tête. Elle reprend brusquement le prospectus et, après y avoir collé son nez, elle ajoute.

    « Et de la coca. On est en Amérique. Falloir de la coca. »

Un nouveau rictus sans rien de naturel s'étire sur ses lèvres, alors que ses yeux pâles et froids ne font que refléter ceux de l'homme face à elle. Difficile d'excaver de ses traits ou de ses attitudes ce qu'elle peut bien ressentir, ou penser. Au juste, elle se dit qu'elle a seulement faim, que ça la change de traîner ses savates dans les rues, et qu'elle trouvera bien quelque chose à piquer aux toilettes d'ici la fin du repas. Rien de bien plus complexe que cela.
 
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» Esteban Ibañez. « Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves. »
» L'avenir appartient à ceux qui s'lèvent à l'heure où j'me couche ♦

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Les promesses n'engagent que ceux qui y croient... Et ceux qu'on motive à les tenir Cadre_cat_6Les promesses n'engagent que ceux qui y croient... Et ceux qu'on motive à les tenir Cadre_cat_8
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